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31/12/2015

La Monnaie

Comprendre les mécanisme monétaires est une gageure, et semble impossible. Partout véhémences et dénonciations, ce qui incompréhensible pour qui voit le monde marcher tout de même. Comment cela se fait?

LES FONDAMENTAUX

Il faut d'abord comprendre les fondamentaux. Ils ne changent pas, et sont toujours les mêmes. C'est cela qui est rassurant. 

On a les particuliers, les entreprises, les banques et la banque centrale (d'émission). 

Les banques et la banque centrale sont imposées par l'Etat: tout vaut mieux que l'usure et les désordres que causent l'exploitation sans limite de la pauvreté, de l'ignorance et de l'alcoolisme. Il faut une monnaie et faire en sorte que des règles s'imposent.

Elles permettent à des entités libres de faire des choix en permettant des calculs cout/avantages suivi d'effets prévisibles, ceux-ci étant mesurés et maintenus dans des limites acceptables. 

Les banques prêtent de l'argent et constituent un secteur économique régulé par des lois spéciales: on le comprend, car il s'agit d'empêcher l'usure on l'a dit, mais aussi de permettre, en le limitant, le crédit,  sur une base qui est au grand scandale de beaucoup, est basé sur du vent: le principe des réserves fractionnaires permet en effet aux banques de prêter à intérêt de l'argent qu'elles n'ont pas et en fait de créer ex nihilo de la monnaie. Et oui.

Car prêter de l'argent c'est d'abord en créer: le phénomène inquiétant et scandaleux, sans doute à l'origine de bien des révoltes contre le funeste liquide n'est toujours pas passé dans les esprits; y ajouter que ce qui est prêté non seulement est crée mais en plus n'existe pas ajoute à la révolte. C'est bien naturel, tout autant que le mécanisme lui même, d'ailleurs, le niveau d'abstraction pour le comprendre étant hors d'atteinte pour la plupart des gens: comment ? La monnaie n'est pas l'argent ? 

La banque centrale, elle, a pour vocation à maintenir en équilibre les échanges bancaires en général, un principe connu depuis plusieurs siècles en occident étant qu'on ne peut influer qu'à "la marge" sur toutes ces décisions prises par un peuple, l'examen de tout achat de bonbons devant des fonctionnaires assermentés étant considéré comme hélas impraticable concrètement. Il faut ainsi un mécanisme INDIRECT d'influence sur les banques. Le contrôle de certains taux de profits le permet. Un nombre à gérer plutôt que des millions, à changer tous les mois plutôt que toutes les secondes, bref, un mécanisme, une habileté. 

Les critères de ces régulations sont fixés par ses statuts, en principe il s'agit de maintenir une inflation basse mais pas trop, un chômage bas, et une économie en bonne santé (...). On passera sur la priorisation de ces objectifs, l'important étant de savoir que la banque centrale était autrefois directement sous le pouvoir de l'Etat. Ce n'est plus le cas, car la banque centrale, en Europe, maintenant européenne depuis la création de l'Euro, est indépendante,  car définie sur le modèle de la très "ordo libérale" banque centrale de la république fédérale d'Allemagne, jugée universellement responsable de la merveilleuse santé allemande depuis la fin de la guerre. 

LE CREDIT

On a donc la politique du crédit à l'intérieur d'une zone monétaire. D'abord, les banques font crédit, c'est leur métier, leur fonction. Ensuite les entreprises se font crédit entre elles, par émission d'effets de commerce de clients à fournisseurs, les fournisseurs pouvant les transformer en bon argent auprès des banques moyennant un taux d'escompte. Les banques peuvent alors envoyer l'effet à la banque des banques, la banque centrale, et se faire prêter de l'argent au taux de réescompte. Bref, ça circule. 

Les banques ont de l'argent, c'est celui des déposants, qu'elles font immédiatement disparaitre en le prêtant, bien sur. Mais elles peuvent en avoir besoin, ne serait ce que pour garnir les distributeurs. Elles doivent aussi compenser les chèques envoyés ou reçus des autres banques, et cela tous les jours (on équilibre ses comptes tous les jours, dans la vie).

Ces compensations en temps réel se font sur le marché inter-bancaire (le lieu du fameux taux "libor", mot employé en Angleterre, et qui fit l'objet d'une fraude retentissante récemment), et les versements de compensation se font dans une monnaie spéciale, dite "monnaie banque centrale" qui n'est faite que des comptes ouverts par les banques auprès de la banque centrale. C'est sur ces comptes que passent les achats de devises, les réserves obligatoires, les réescomptes. Ces comptes doivent être "créditeur" d'un montant minimal, qui est le montant des réserves, montant qui a un minimum pour que la banque puisse exercer, et qui doit être en rapport avec la quantité totale des crédits accordés par la banque. Une banque peut ainsi prêter plus mais doit avoir (tout de même) les réserves en conséquence. Refinancer une banque, c'est lui permettre d'accorder davantage de crédit, et aussi de pouvoir régler les autres banques, soit qu'elles l'exigent soit qu'elles proposent en échange des titres alléchants. 

Les interventions de la banque centrale sur le marché interbancaire s'appellent les opérations d'"open market" ou de "refinancement". Les taux d'intérêts de ces interventions sont les taux "directeurs". Rappelons qu'il y a 3 taux directeurs : le taux de dépôt (celui qui est actuellement négatif), le taux de refinancement (LE taux directeur, celui qui contrôle l'octroi de liquidité aux banques), et le taux d'escompte, le bien connu. 

L'important est le concept de "monnaie banque centrale", mal connu mais fondamental. Il y a donc deux monnaies.

La monnaie normale (dite masse monétaire) est ainsi facteur de la monnaie banque centrale (dite base monétaire), dans la mesure du taux de réserves obligatoire (disons 10%) et de la masse de biftons (monnaie fiduciaire) en circulation. 

La monnaie banque centrale, ou base monétaire, est M0, le premier agrégat monétaire. On qualifie de "fuite" la masse des biftons, dans la mesure ou cela est de la monnaie qui n'est pas crée par du crédit mais par la banque centrale, et qui "fuit" hors du circuit bancaire. 

Mais au fait qu'est ce que la monnaie? 

LA MONNAIE ET L'ETALON OR  

La monnaie est un pouvoir d'acheter, un pouvoir d'achat. Point barre. Maintenant cela dépend où, auprès de qui, et dans quelles conditions. C'est donc un bien. De fait c'est un signe de la possession d'un bien échangeable, les conditions de validité du signe étant évidemment variables. Une condition de validité bien connue est que le signe soit un bloc d'or certifié comme pesant un certain poids (pour éviter de le peser toutes les cinq minutes). Evidemment, on passa vite (en fait il y a très peu de temps, historiquement) à des signes moins directs, dont le fameux bifton. 

Le principe de base de toute conceptualisation de la monnaie est évidemment le principe de l'étalon or, en vigueur de 1879 à la première guerre mondiale puis brièvement entre 27 et 31. En gros, on n'a de monnaie qu'autant qu'on a d'or, l'or étant gardé par les états, et échangé à la demande de toute personne présentant un billet dans la monnaie en question. Naturellement, on peut acheter de l'or, et le marché de l'or ne change rien à l'affaire: ce sont les états qui décident bien sur, d'un prix intangible. 

Passons tout de suite à la balance des paiements, qui s'applique aux états. Elle est bien sur équilibrée, comme toute balance, et ce sont ses sous balances qui ne le sont pas. Le déficit des paiement est ainsi le nom conventionnel de celui de la balance commerciale, les autres balances, financières et excédentaires, faisant compensation pour respecter la contrainte globale du balancement équilibré. 

En régime d'étalon or, un commerce déficitaire nécessite de donner au fournisseur de l'argent que celui ci peut présenter quand il veut à l'échange contre du métal, réduisant donc la quantité d'or disponible, ce qui va "détruire" de la monnaie.

C'est là qu'intervient un mécanisme décrit par David Hume en 1752, et qui va influer "automatiquement" sur la balance des paiements. Défenseur de l'utilisation du papier monnaie, plutôt que du métal directement, Hume réfléchissant sur un thème de l'époque (que la hausse des prix était due à l'afflux d'or venant du nouveau monde) conçut d'abord les effets bénéfiques de cet accroissement sur l'activité humaine, seule vraie expression selon lui de  la richesse. Hume commence donc par lier quantité de monnaie et niveau des prix, en modélisant la transition qui lie le changement de l'un avec celui de l'autre.

Le mécanisme est donc que la quantité de monnaie (qui diminue dans l'exemple) va influer négativement sur les prix et donc favoriser l'offre faite aux étrangers, qui vont donc acheter plus, ce qui va rééquilibrer la situation par apport d'or et recréation de monnaie. 

Tout le bénéfice de l'étalon or est là: une contrainte quasi physique qui va vertueusement maintenir la situation conventionnelle des sociétés dans un ordre immuable et sage, proportionnel aux mérites et bénéfique à la richesse globale des nations. Ce concept de la convention transformée en nature est l'essence des lumières et de la civilisation occidentale ! Il n'y aura ainsi de vraie activité que proportionnelle à la monnaie disponible et en équilibre avec l'activité des autres, ce qui garantit la paix et la prospérité générale.

 

LA FIN DE L ETALON OR

Après la première guerre mondiale, on instaura le gold exchange standard (étalon de change or), qui consistait à n'avoir plus que le dollar de convertible en or, son utilisation étant celle d'une monnaie de "réserve" à la place de l'or. Cela donna un avantage léonin donné aux USA, les "réserves" pouvant être immédiatement investies aux US, ce que ne permettait pas l'or gardé bêtement en coffre. Cela favorisa un déficit commercial US abyssal qui menaça de déséquilibrer tout le système: les avoirs en dollars étaient immenses et il aurait suffi qu'on en demande leur remboursement en or pour que tout explose. Lorsque la convertibilité fut abandonnée (le 17 Mars 1968 pour autres que les états, le 15 Aout 1971 définitivement) Ford Knox avait 20 G$ d'or et il y avait 60 G$ dans la nature... 

L'année 1968 fut terrible: une spéculation effrénée sur l'or eu lieu dans les premiers mois, et on instaura un quasi contrôle des changes aux US avant de geler la convertibilité, les états  "amis" se trouvant sommés de ne pas rogner davantage le stock d'or en voie d'instinction. Mai 68 fut bien sur en plus affreux pour le trésor français, la grande inflation commençant immédiatement. Le 15 Aout 1971, Nixon supprima définitivement la convertibilité de la dernière monnaie de réserve, et supprima donc l'étalon or. 

Depuis, et bien les choses sont devenues ce qu'elles sont: le dollar a gardé son rôle et la virtualisation des économies s'est encore accentuée, avec la quantité de monnaie globale disponible. Les catastrophes prédites par Jacques Rueff ne se sont pas produites, ou bien se sont produites et nous vivons avec sans nous en rendre compte. 

LA BANQUE CENTRALE EUROPEENE 

Depuis la création de l'Euro, la BCE gère la politique d'émission et la politique monétaire. Elle supervise les 130 banques européennes et gère les réserves de change de la zone Euro. De fait avec les banques centrales des pays membres de la zone Euro, elle gère la monnaie unique. Elle est l'organe central de l'Eurosystème et décide des opérations d'open market menées par les banques centrales nationales. Elle dispose des taux directeurs qui lui permettent d'intervenir et de réguler le marché interbancaire et donc le fonctionnement du crédit à l'intérieur de la zone euro. 

LES RELATIONS ENTRE LA BANQUE CENTRALE ET L ETAT

De toute éternité, le souverain bat monnaie. La confusion entre tous ces beaux principes du fait des souverains violents dont nous ne sommes pas complètement débarrassé, est donc possible. Il faut rappeler que l'Etat Islamique bat monnaie.  

Le grand avantage du souverain en matière de monnaie est qu'il peut rogner les pièces qu'il met en circulation pour accroitre son pouvoir d'achat (de prébende et de corruption). Ce qui revient à augmenter la quantité de monnaie, et donc d'augmenter les prix. Cette augmentation des prix, qui diminue la richesse du reste de la nation est en fait un impôt, mais un impôt des plus précieux, car invisible.

Emprunter (prendre)  à la banque centrale, quand on est un Etat, revient strictement au même: la création de monnaie à activité constante, augmente les prix, cette augmentation allant directement dans la poche corruptrice de l'Etat au prix d'une inflation funeste qui appauvrit les pauvres en se faisant passer pour un innocent changement climatique. 

Et bien, la fameuse réforme de 1973 fut précisément l'interdiction définitive de cette vilenie ! Le complot Pompidou Rotschild qui visa à enrichir les juifs (comme son nom l'indique) et que dénoncent avec vigueur tous les complotistes depuis dix ans est de fait un progrès majeur de la civilisation, de fait un droit de l'homme supplémentaire. 

Elle est d'autre part évidemment un préalable à tout action monétaire commune en Europe: comment imaginer laisser un tel pouvoir aux Etats avec une monnaie commune ? Cela signifierait donner à Malte le pouvoir d'imposer davantage les pauvres français. Même Hollande s'y opposerait ! 

Pour finir, emprunter à la banque centrale pour un Etat, c'est de fait se faire financer un déficit budgétaire, ou bien comme on dit, "faire marcher la planche à billets". Cela est maintenant interdit, au nom de la séculaire lutte entre les citoyens libre et l'Etat oppresseur. L'Etat doit prendre ses responsabilités et faire fonctionner la démocratie qui consiste essentiellement à négocier auprès des citoyens le montant de l'impôt: celui ci doit être sa seule source de revenus (à part la dette).

Quand on parle de l'Etat, on parle en fait du "Trésor". Il vend des bons "du Trésor" aux banques (et non pas à la banque centrale) pour obtenir de l'argent. Mieux, il peut emprunter sur les marchés mondiaux de capitaux. Ce sont des obligations (des titres remboursables à une échéance). Ils sont payés en monnaie banque centrale, directement depuis le compte dont l'Etat dispose auprès de la banque centrale. C'est le seul moyen légal pour l'Etat d'obtenir de l'argent hors impôts: l'emprunt sur les marchés financiers et non plus la création directe d'argent par manipulation de la monnaie qu'il est chargé de faire respecter. Du moins en principe: il y a contradiction fondamentale entre les deux rôles de l'Etat vis à vis de la monnaie, et l'indépendance de la banque centrale  a pour vocation d'écarter le chat des pots de confiture afin de maintenir les prix stables. 

A ce sujet, il faut savoir que le trésor public est séculairement client de la banque centrale, tout comme les banques. De fait, il se comporte comme une banque, mais qui ne prête jamais, bien au contraire: il perçoit, que dis-je il spolie, de fait il transforme la monnaie perçue en monnaie banque centrale tout en payant ses fournisseurs et prébendiers avec.  

 

LES MARCHES FINANCIERS

Les marchés financiers ne sont pas équivalents. Par exemple, le marché interbancaire, on l'a vu, est radicalement différents du marché du porc breton: il n'est pas, du tout, de même nature. 

On distinguera, c'est important, les marchés primaires et secondaires des titres, le marché secondaire étant un marché de l'occasion, seul le primaire pouvant émettre (créer) des titres. 

Les différentes politiques accommodantes des banques centrales se distinguent suivant qu'elles agissent sur les marchés primaires (c'est le cas de la QE de la banque d'Angleterre) ou secondaires seulement (c'est le cas de la QE de la BCE). 

LA QE

La QE est en vigueur en Europe depuis Mars 2015.

D'abord, le QE (quantitative easing) n'est pas une injection directe d'argent, mais une augmentation des réserves des banques. CE N EST PAS une activation de la planche à billets, donc. Presque pas. 

Cela n'a rien à voir, et ne correspond pas (évidemment) non plus  à un don d'argent à des rapaces aux nez crochus. Car il faut comprendre que ces réserves sont de la monnaie banque centrale, monnaie qui n'a rien à voir avec le vrai argent, et ne se trouve pas comptabilisée dans la vraie monnaie, celle qui permet par exemple d'acheter des bitcoins, en l'occurrence les aggrégats monétaires connus. 

Ces réserves (argent porté aux comptes des banques auprès de la banque centrale) sont augmentées du fait de l'achat par la banque centrale de titres variés émis par les banques. Cela permet à la banque centrale de "créer" de la monnaie banque centrale suivant le mécanisme bien connu commun à toutes les monnaies. Le but est bien de favoriser les banques (et rien qu'elles tu parles, qui d'autre ? ) mais dans un marché monétaire particulier: l'interbancaire.

Bien sur, les titres achetés peuvent être des bons émis par les états et que les banques s'échangent entre elles sur ce même marché. Il peuvent avoir été acheté par les banques aux états, si elles ont confiance naturellement ou si ces mêmes états leur forcent la main. 

Mais les banques vont mal. Elles ont "en banque" beaucoup de titres de valeurs douteuses (pour ne pas dire totalement pourries) qui fait qu'elles se suspectent mutuellement d'une faillite prochaine. Elle ne se font plus confiance et ne se prêtent plus rien. Or elles ont besoin de réserves pour pouvoir avoir le droit de prêter. C'est cela la crise de "liquidité": les banques sont clouées au sol et ne peuvent plus prêter à personne et en particulier à l'économie "réelle". D'où la volonté somme toute louable du "easing". 

En tout cas, la chose est indirecte, c'est l'essentiel. 

EN CONCLUSION

Plutôt que dénoncer à l'aveugle l'argent corrupteur, la méchanceté des riches, ou la rapacité de la finance juive (minoritaire partout, les pauvres, ils est très possible que leur rapacité soit en faite inférieure à celle de la finance non juive, si tant est d'ailleurs que la finance soit rapace plutôt que partie de la réalité du monde, en fait), on peut donc d'abord avoir quelques notions de base de cette réalité. Celui ci n'est pas absurde ou irraisonné, ou soumis à la folie de je ne sais quel démon. Il a ses problèmes, et tente de les régler. 

 

P.S. Pour enfoncer le clou et préciser la chose, un évènement récent en Allemagne est le ré-examen par la cour constitutionnelle allemande de la possibilité pour la banque centrale Européenne de mener la politique dite OMT, qui consiste à racheter des obligations d'Etat, ce qui au moins en principe viole les principes de la loi fondamentale toute "ordolibérale", de l'Allemagne fédérale. Un point intéressant, rappelé à ce propos est cette politique n'a PAS été utilisé par la BCE...

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/16/la-bce-de-nouveau-sur-le-gril-de-la-justice-constitutionnelle-allemande_4865972_3234.html

 

P.S. 21 Juin 2016 A deux jours du Brexit, la cour constitutionnelle Allemande accepte l'OMT, toujours pas appliquée, sachant qu'elle ne peut se faire qu'en échange d'un programme d'ajustement structurel (à base d'éventration de bébés innocents et de viols de femmes enceintes). 

27/12/2015

Les guerres idéologiques

Le terme "guerre idéologique" est précis et doté du sens qu'on peut accorder à une expression qui n'est pas appropriée par un camp. "Conflit de civilisation", "guerre de religions" et même "guerre civile", sont des termes qu'on utilise de manière partisane pour dénoncer leur utilisation ou bien pour faire peur.

Alors qu'une guerre idéologique c'est mobilisateur, c'est effectif et cela se situe justement avant que l'on soit obligé de passer à la vraie violence, celle qui règne au moyen orient ou en Afrique, et qui se trouve précisément désignée par les termes décrits plus haut.

Une idéologie est définie par une description qui se veut prescriptive. C'est la définition de Raymond Aron (le mélange entre les descriptions et les jugements de valeur). Les prescriptions en question, quand elles apparaissent comme menaçantes, peuvent être combattues en s'attaquant aux descriptions qui les soutiennent, ou bien globalement, par l'explicite combat contre l'ensemble de la volonté idéologique identifiée, considérée comme ennemie et combattue comme telle afin de la  déconsidérer et de la détruire.

L'idéologie à combattre de nos jours n'est pas l'extrême droite factieuse des années trente, ni le communisme de cette époque. Ce n'est pas le communisme des années cinquante, ni le socialisme des années quatre vingt. Ce n'est pas le front national des années 2000, ou le communautarisme homosexuel de 2012.

C'est le communautarisme musulman de notre temps, réplique exacte de forces européennes comparables que l'histoire a connu, assis sur la volonté de s'approprier une partie du peuple, par la propagation d'une religion menaçante.

L'aspect religieux de la chose ne doit pas surprendre. Au risque de me différencier exagérément de bien des gens, je ne ferais pas de différence essentielle sur ce point entre l'islam et le communisme: tous deux ils n'ont pour objet que d'asservir, par des rites, par des conceptions métaphysiques agressives et des sentiments moraux dévoyés. Voila ma définition de la religion et voilà ce dont il faut se défendre.

Mais commençons par l'aspect "guerrier". Il n'y a pas de guerre sans une puissance étrangère. A moins qu'on ne veuille qualifier de "civile" une guerre avec des arrivants récents dont l'étrangeté culturelle et religieuse est patente, et entretenue par l'étranger. 

Comment qualifier les vêtements étranges, les voiles, les prières en Arabe qu'on ne comprend pas, les prêches pakistanais ou wahaabites qu'on voit pourtant interdit jusqu'en Algérie ou au Sénégal ? Comme des expressions populaires traditionnelles de l'immigration économique africaine ? Absolument pas: on a là l'importation en Europe, à des fins de communautarisme agressif de moeurs qu'on veut imposer à des gens du fait de leur faciès. C'est de guerre idéologique dont on parle. Et le racisme n'y est qu'un instrument: on se trouve condamné pour respecter ou ne pas respecter le ramadan du fait de son appartenance visible à une minorité. Voilà où nous en sommes, au pays de la liberté. 

L'aspect "puissance étrangère" de la chose ne doit pas non plus égarer. Le complot n'est pas ourdi par une puissance unique. L'Algérie et la Turquie, tout comme l'Etat Islamique sont parties prenantes séparées dans une confrontation qui sans être un choc de civilisation y ressemble bigrement. Confronté à un monde qui quoiqu'on en dise, est déstabilisé démographiquement à terme, des puissances en devenir cherchent à gagner de l'influence sur des zones nouvelles qu'ils perçoivent comme fragiles. La manipulation, sur le sol de la cible, des facteurs qui sont à la base de leur pouvoir s'impose. Mettez vous à leur place.

Il faut bien différencier Algérie et Turquie. Alors que l'Algérie, dos au mur démographiquement et économiquement, se trouve dans une impasse historique et cherche surtout à protéger ses élites corrompues et les pieds à terre de leurs enfants, la Turquie se voit en expansion. Tout comme l'Algérie, arrosée par l'histoire contemporaine par de l'argent tombé du ciel, mais elle directement en argent comme membre de l'Otan (l'Algérie, elle c'est via le gaz), elle voit son avenir comme prédatrice, faute d'un développement économique suffisant. La Turquie se trouve être le pays le plus subventionné et le plus corrompu qui soit, base avancée contre l'URSS oblige.

Qu'en est il du Maroc ? Le Maroc est une forme de Turquie. Seul royaume musulman indépendant de la porte au cours de l'histoire, déjà investi au sud, il est dirigé par un gouvernement maintenant marqué par un islam politique qui l'identifie clairement comme non occidental, quoique soigneusement pacifique, pour l'instant. Il se contente de contrôler son islam européen, et cela plus que jamais, ses rapports avec l'Algérie n'étant toujours pas, et je dirais moins que jamais, normalisés. Que peut il se passer dans le grand sud si ça pète à l'Est ? 

La Turquie soutient, encourage et utilise la confrérie des frères musulmans. Bien au delà d'un réveil arabe, la confrérie a vocation à fournir le sous bassement idéologique internationalisé de la fameuse guerre idéologique. Oublions les djihadismes et toutes les formes de salafisme fétichiste qui nous font si peur: le vrai islam autoritaire et borné, réactionnaire et impérialiste, soumis aux hiérarchies ottomanes au nom de la défense de l'oumma est bien là, il est fait pour ça: la restauration du califat, à Istamboul. 

Mais il n'y a pas que cela, il y a aussi l'expansion territoriale. Avec le retrait US du moyen orient pour cause de plus besoin de pétrole et de fatigue militaire, l'Arabie Saoudite se trouve à prendre. La constitution de l'Etat Islamique et tous les remous "islamiques" du moyen orient ont cela pour enjeu. Que l'on soit perse ou turc, l'odeur du désert et des lieux saints attire et donc voilà la cible. Pour paralyser une Europe, qui pourrait gêner, il faut donc lui infliger, profitons de l'occasion, une gêne thématisée sur son propre sol. Et puis, pourquoi ne pas vouloir la prendre elle aussi, à terme ? 

Et bien les récents évènements qui auraient pu nous surprendre récemment se trouvent expliqués. Les US qui contrôlent l'Otan et donc les nouveaux arrivés dans l'UE, bavards et rancuniers (les ex colonies russes) ont l'intention de laisser la Turquie, elle aussi membre de l'Otan, gérer leur abandon de la zone. Equilibré par l'empire perse, l'empire ottoman est le seul capable de mettre de l'ordre dans le foutoir arabe qui, moins que jamais, est capable de se gouverner.

On rançonne l'Allemagne pour le prix des migrants qu'on envoie, leur nombre commençant à gêner, et on aide quasiment ouvertement l'EI qui sera chargé d'envahir l'Arabie pour commencer, et surtout on ne veut pas de Kurdistan, mais cela on le savait. La stratégie Turque est ainsi partiellement défensive, mais c'est une constante, l'ottoman nouvel arrivé dans l'histoire n'ayant jamais vraiment réussi à se faire accepter...  

Contre ce destin, qui rien moins qu'inéluctable, n'est pour l'instant qu'une ligne de fuite, et une raison pour les stratégies, il y a la Russie et il y a le Qatar, ou disons le golfe. Doté d'argent sans avoir de problème sociaux, les joueurs du golfe pourront  garder leur indépendance au prix des grands équilibres, comme ils ont toujours fait, mais à condition de continuer leur double jeu, médiatique, sportif, aérien, et financier. 

Quand à la Russie, et bien elle revient comme force mondiale, c'est ce qui fut le but de toutes ses attitudes, mais surtout comme pays pétrolier. Il faut que ce damné prix des hydrocarbures remonte, et elle fait ce qu'il faut pour cela, la tension devant monter à cette mesure. Cela va durer encore deux ans, le temps que les saoudiens dépensent leur cagnotte. A ce moment elle sera là. 

Pour le futur, elle est évidemment un pays européen, et même son futur bras armé, qui devra sans les US occupés avec la Chine,  régler le problème militaire. Il faut pour cela s'allier avec, et faire donc le contraire de ce qu'on fait actuellement, mais la venue de Fillon en 2017 devrait arranger les choses, cela pourrait être immédiat. 

Activer avec la Russie et donc contre la Turquie, il est clair maintenant que cela sera le cas, une confrontation un peu tendue mais nécessaire, devra se  faire au prix d'une claire conscience des enjeux idéologiques, ce dont on va parler maintenant. 

Il n'y a évidemment pas de volonté néo communiste de Poutine d'asservir le monde, mais bien une volonté d'activistes musulmans payés par l'étranger de mettre la main sur des masses misérables laissées de coté. Car la déconvenue de l'immigration non nécessaire est bien là: elle est au chômage partout, contre toute attente, et on pense pouvoir l'occuper. 

Ainsi, les clercs qui les abrutissent voyagent et s'enrichissent. Le golfe est là pour ça (d'où viendraient les chemises blanches et les gandouras brodées de Tariq Ramadan, sinon ? ) et cela est d'évidence. Ce golfe là, arabe de coeur mais pas de migration, tu parles, envoie donc son peuple, et en fait d'ailleurs la propagande (les European Muslim Netwoks, cités ici même en sont l'exemple), coloniser l'Europe par paquets de mille en plein hiver et à la rame, les communautés sur place ayant vocation, bien sur et si possible au nom de l'état dont elles sont citoyennes, d'en promouvoir la subvention. 

Car le discours se répand, y compris chez les semi intégrés, dont les liens familiaux à reconstituer dans la tradition sont l'enjeu de l'affaire. Les journaux sur le Web, et le comité contre l'islamophobie (CCIF), bras armé du genou dans le ventre mou a pour vocation à installer un parti par la force des "idées". Un parti politique a fait ses premiers pas (l'UDMF), et espère un grand avenir. 

On pourrait croire que les attentats leurs portent tort. Au contraire, et cela est classique. Que peut on souhaiter de plus en ces périodes troublées que de gentils représentant de la force qui vous navre ? Et bien nous l'avons: elle se répand partout, miéleuse, dénuée d'amalgames, huilée de ce qu'on ne met pas sur le feu, et va même jusqu'à protéger les nuits de Noël des derniers chrétiens. L'offensive du déni islamique après les attentats est ainsi incroyablement bavarde et pacifiante, comme faite exprès, on dirait l'écho mentholé du bruit des balles. 

Là encore l'explication fonctionne magnifiquement: le ministre de l'intérieur, spontanément, "respecte la protection musulmane des églises pour Noël". Car bien sur, la police ne pouvant rien, c'est aux musulmans d'être mis à contribution. Il a fallut la saillie de Robert Ménard pour que l'on ronchonne un peu sur ce respect là, la plainte de SOS racisme devant avoir des conséquences, on va rire.  

Et bien cette "protection fraternelle" et ce "respect" font partie de la guerre idéologique. Bien joué sur ce coup là, l'imaginatif Mehdi Roland de Bézier étant un magnifique combattant, heureusement identifié comme tel, son soutien au CCIF et au BDS (Boycott Désinvestissements Sanctions) étant visible, et marqueur parfait de sa martiale posture. 

Que lui opposer ? C'est toute la question et il faut bien avouer que les blancs ne sont pas encore en ligne comme il le faudrait. Il est sur que se précipiter sur une petite loi de déchéance sans effets n'est pas la bonne manière: il faut au contraire s'allier avec ce que l'immigration africaine compte de laïques (il y en a bien quelque uns) et non pas les vexer inutilement tout autant que les portugais, et cela pour rien. 

Alors? Et bien les propositions calmes d'un François Fillon sont évidemment la bonne approche dans un premier temps: un référendum sur une politique de quotas d'admission qui instaurerait une bonne fois pour toute la fin de l'invasion sans contrôle et la reconnaissance officielle que la France n'a plus besoin de l'immigration, si elle en a eu jamais besoin d'ailleurs. Rien ne se fera sans cela, et cela pourrait arriver vite (l'été 2017).

Au passage une fois saturée les institutions asilaires (d'ailleurs c'est déjà le cas), les migrations sans objet devront être bloquées énergiquement et cela sur les sols de départ, hors d'Europe. La mise en place du NOWAY est ainsi inéluctable, la pression démographique étant séculaire et maintenant elle se voit. 

A partir de là il faudra nettoyer. Au nom de la volonté souveraine du peuple français, on établira qu'on ne souhaite pas voir s'instaurer, à rebours des usages et du vivre ensemble, des moeurs  publics qui ne sont pas partagés par la majorité du peuple. La guerre idéologique va alors commencer vraiment. 

Elle devra se faire sur les thèmes descriptifs: qu'est ce que l'histoire de la religion musulmane sinon celle d'une foi conquérante, exclusivement architecturée sur la justification de l'action violente contre tout ce qui s'oppose à une domination politique totalitaire? 

Installée dans un empire d'abord arabe, sous trois acceptances qui se détruisirent successivement avec une cruauté invraisemblable allant jusqu'à l'extermination familiale absolue, elle fut définitivement éradiquée par des mongols et des turcs qui l'abaissèrent avec méchanceté pendant huit cent ans. Ceci au nom d'une foi que l'on qualifie d'islamique, définitivement déconsidérée, du moins il me semble, de part son instrumentalisation autoritaire par toutes les tyrannies, et par toutes les races successives issues du sombre orient.  

Une véritable horreur, justifiée par un texte invraisemblable, rempli des plus impitoyables malédictions envers tout ce qui s'y oppose, je ne vous raconte pas ce que les juifs y prennent... 

Car la lutte idéologique cette fois ne sera pas contre les juifs. Suspectés par toute l'histoire d'avoir causé toutes les crises de valeurs, nos braves hébreux pourtant bien connus depuis l'origine, ancêtres de nos dieux et, malgré leurs petites manies, reconnus nos alliés dans la lutte contre les gnostiques, sont encore nos amis. Ils vont se révéler indispensables, leur connaissance du terrain étant précieuse, mais là encore nous le savions, notre sagesse les ayant doté des conditions de leur existence.

Cela signifie t il un retour obligatoire du christianisme pour contrôler le religieux de l'affaire ? Jamais conquérant sinon sous l'égide de rêveries modernistes qui ont toujours échappé à leur instigateurs, il ne peut, le pauvre, que servir d'ultime prétexte. Moteur malgré lui des catholique zombies il est bien dévalorisé, quoique les drapeaux français ayant succédé aux charlie, on  peut imaginer une prise de conscience, mais qui ne sera pas catholique.

Car la vraie question est de bien se comporter quoiqu'il arrive, et il ne faudra pas abdiquer ses libertés, voilà l'enjeu, sinon la principale motivation disparaitra: c'est la seule chose que nous avons en commun, nous qui nous détestons sans nous tuer, nous les démocrates athées.

Le camp du bien est porteur de la liberté et donc il vaincra. 

 

 

02/12/2015

Le ton

Il y a dans l'appréciation des choses, dans le ton utilisé pour parler des choses, des caractéristiques qui dépendent du rôle que l'on occupe dans ce qu'il faut bien appeler le "système". Je voudrais parler ici des journalistes, des éditorialistes, bref de ceux qui expriment, sous l'angle de la neutralité journalistique, leur vision du monde. 

Ces types de jugements sont importants car ils correspondent, au moins à titre de figure rhétorique, à ce que pourraient dire des représentants choisis au hasard parmi la population: à priori objectifs, ils réfléchissent, pèsent le pour et le contre, et décrivent la réalité telle qu'elle "est". Dans une démocratie, ce ton est important, car même si il existe des sensibilités différentes, elles sont portées par des gens ayant fait des études comparables, ayant lu les mêmes livres et les mêmes revues et donc étant susceptibles de prononcer des jugement comparables, construisant ainsi la volonté générale dans le débat entre pairs. 

Ainsi, le discours de commentaire journalistique fait ainsi toujours "semblant" d'être naïf, utilisant le principe de la balance entre opposés pour réfléchir ou exprimer des opinions. Bien entendu, la neutralité n'est pas de ce monde, et toute expression favorise toujours, sinon un soutien, du moins une tropisme, comme on dit, en faveur de certaines opinions, le contrôle de la balance permettant d'en favoriser certaines à l'occasion, sans y toucher, mais pas plus. 

Et bien il semble qu'en ces temps un peu perturbés, cet équilibre n'a plus lieu d'être. Une politique est menée, qui se trouve hors de l'équilibre. Enfoncé dans une position extrême, l'un des camps perd les pédales et exagère ce qu'il devrait modérer: une confiance se perd, on n'a plus à attendre une prise en compte mais à deviner le prochain coup. Le conflit est ouvert: il n'y a plus que la violence, dont l'intensité n'a d'objet que la destruction.

Il est possible que cela ait commencé du temps de Sarkozy: une expression gourmande de violence non retenue a allumé de la part des hypocrites la levée de la haine. Nous en payons les effets aujourd'hui et la venue de l'échec allume davantage le feu: il n'y a plus de retenue. 

Surprenant de voir que cela suivit dix ans (1995-2005) d'une volonté caractérisée d'apaiser, au prix de tous les abandons. Apaiser car la déchirure était là et qu'il fallait réparer, réparer: l'inaction, la subvention, la dette et l'effondrement suivit. Encore dix ans de tensions, de yeux au ciel, et surtout d'échecs, de chômage et de désespérance, et nous y voilà. Une crise plus tard, en retard partout, nous sommes, nous le premier pays d'Europe, le premier aussi à lui avoir dit non, aujourd'hui en dessous de toutes les normalités: dépenses publiques, dépenses sociales, chômage, dette, croissance, industrie, le dernier de la classe... 

Les chiffres accablants sont cités au journaliste de France Culture: il répond qu'après les attentats, l'autorité de François Hollande s'est affirmée... Argument contre argument, voilà la balance qu'elle est faite. A pleurer. 

Car le chiasme est total: (...), il n'y a pas à discuter: les politiques mises en oeuvre sont les bonnes, évidemment. Comment faire plus libéral que Macron ? Comment inverser davantage la courbe du chômage dont la prévision vaut réalisation, la ministre parlant de de stabilisation en voie ? Comment faire mieux la guerre au terrorisme qu'en envoyant l'armée, Claude Bartolone président de l'assemblée nationale, en campagne électorale, parlant de réaction "au bon moment" ? 

Une telle folie et une telle perte de la conscience des choses est très inquiétante: quand on augment les impôts, on le fait massivement, quand on veut modifier la constitution, on instaure une ... on se demande quoi. Incompétent, sauteur mais surtout complètement taré, voilà le pouvoir en France.

Nous en sommes là: il n'y a plus de débat et les révoltés de gauche contre ces gens là doivent éprouver des sentiments voisins, qui ne pourront bientôt plus s'apaiser que par des moyens plus individualisés.

Car la souffrance d'innocents défoule certes, habituellement, mais là il va falloir que le défoulement soit mené plus énergiquement. Ce sera le prix à payer pour un délabrement qui s'accentue dangereusement. 

P.S. Pardon d'avoir parlé des révoltés de la gauche mais un auditeur de Brice Couturier décida cette semaine de l'abandonner pour excès de libéralisme. Comme quoi on en a tous vraiment marre. 

21/11/2015

La la la laïcité

Au lendemain des attentats récents une déferlante de communication musulmane s'abat sur nous. De toutes parts, de tous les pays, de toutes les obédiences, bref de partout, tombe sur l'opinion française, la liberté d'expression étant maintenue, des déclarations variées visant à séparer cognitivement les auteurs des attentats et l'islam en général. 

Au passage, notons la différence entre Islam (avec un grand I) désignant le monde culturel lié à l'islam (avec un petit i) signifiant uniquement la religion. Au delà de la remarque perfide qu'il faut donc toujours écrire "islamophobie" avec un petit i, la distinction est d'importance et fait partie de l'échange planétaire en cours sur la question. 

On pourrait multiplier les exemples de cette communication, l'une d'entre elles, particulièrement poivrée, étant formée d'une communication d'un professeur gazaoui, agrémentée d'une charmante photo montrant des enfants montrant chacun une affichette, écrite soit en arabe soit en français "Gaza en solidarité avec Paris". 

http://www.saphirnews.com/Les-Palestiniens-en-solidarite-avec-le-peuple-francais_a21536.html

Le texte, plutôt ambigu (tu parles), célèbre en fait la culpabilité d'Israël, les attentats étant l'occasion pour le peuple français de rejoindre leur "noble cause". Bien que décalé par rapport aux hommages variés incluant la visite à une mosquée de Cherbourg d'une famille de victimes du Bataclan, il est à mon avis précisément à l'image du reste de ces manifestations: hypocrite. 

Le mot est intéressant car il désigne précisément ce que l'on attribue généralement à l'expression publique du religieux. Privé de preuves du surnaturel, contredit par toutes les évidences, tous les rationalistes, le religieux ne peut se défendre que par la parole, qui se trouve donc, dès qu'elle est affirmée en responsabilité, mensongère par définition. Pour faire passer la chose, on se fait mielleux, et toute les rhétoriques sont mises à contribution: comment  faire croire qu'on croit à ce qu'on dit ? Cela s'appelle l'hypocrisie. 

Pour éclairer ma comparaison avec Gaza, je dirais que le gazaoui en guerre, sur de son bon droit, ne perd pas de temps en vaines sentimentalités, ou à peine: nous sommes victimes du terrorisme, comme vous, donc tous ensemble sus aux juifs. Clair et net, sauf que le Hamas eu l'occasion pas plus tard que jeudi dernier de se féliciter de la conduite héroïque du porteur de couteau qui eu l'occasion d'assassiner deux civils dans un synagogue, sus aux juifs vous dis-je. Et bien ceci a le caractère de l'hypocrisie.

L'hypocrisie religieuse est similaire et a des objectifs semblables: favoriser par le mensonge une domination intéressée.

Il se trouve que les sociétés européennes  eurent à faire face, puis à faire disparaitre, l'hypocrisie religieuse issue de sa propre culture, le moteur premier de cette éradication étant le profond sentiment de dégout et de détestation qu'inspire la doucereuse, ignoble, incestueuse et gluante tentative de justification de l'insensé.

Dans le cas de l'islam, il faut comprendre que pour un européen la chose est redoublée, et ce d'une manière particulièrement aigüe.

Alors que la religion chrétienne, celle que nous venons de faire disparaitre, est porteuse d'un historique pacifique et amoureux des hommes,  l'hypocrisie manifeste des pauvres prêtres étant essentiellement un moralisme borné; l'islam, porteur d'un historique fait de conquêtes militaires au nom d'un totalitarisme politique, est hypocrite au point de nier ces crimes là en permanence, pour mieux imposer le même moralisme détestable, voire pour restaurer la puissance politique de ses glorieuses origines. 

Qu'on me comprenne bien: je ne parle pas de l'histoire politique en général, l'impérialisme occidental chrétien infiniment plus violent, puissant  et oppresseur que tout ce qui a peu exister d'autre est hors de cause. Je parle des sources religieuses initiales: le christianisme est une théorie amoureuse de l'humanité, l'islam la foi millénariste de tribus nomades conquérantes.

Il n'y a donc, pour un européen aucun respect possible pour ce religieux là: non seulement il est moraliste et faux comme tout le bien connu des bigoteries séculaires que nous avons éradiqué, mais en plus il est révisionniste (et à quel point) et veut faire croire à rebours de toutes les évidences qu'il est autre chose que l'ignoble dévoiement d'une culture à célébrer en prétendant le contraire, l'assassinat, le crime, la folie sanguinaire et la dictature absolue.

Sans parler de l'esclavagisme, de la misogynie institutionnelle. Je mettrais en dernier les interdits alimentaires, l'interdiction de consommer vin et viande de porc étant sans doute le plus absurde, le plus ridicule, le plus invivable symptôme de l'affreuse connerie qui accompagne ce religieux là.

A partir de là il nous faut assumer ce rejet  (demandez à vos voisins si j'ai pas raison). Il est symbolique, culturel et surtout définitif. Que vont penser les "musulmans" de ce point de vue ? Qu'il est celui d'un raciste ? D'un islamophobe ?  

Il nous faut caractériser cette détestation. Elle s'adresse d'abord et avant tout à l'expression publique de ce religieux là. Comme partout le fait de clercs, qui en vivent matériellement et intellectuellement, elle a pour vocation de maintenir en sujétion des personnes issues d'un milieu culturel, et identitaire (le fameux Islam, comme de bien entendu, les mots ont un sens) naturellement sensibles à ces discours et à ces traditions.

Car leurs victimes essentiellement en bas de l'échelle sociale, plongées dans un monde qu'elles ne comprennent pas et qui les ignore et les discrimine. Sans culture autonome autre qu'un religieux démagogique en progression qui entend profiter de la situation. Quelle situation ?  L'échec patent de l'intégration en Europe d'un flux de migration ininterrompu qui finit, crise économique oblige, par constituer un sous système permanent de misère, de criminalité et de chômage qui finit par ressembler à ce que le monde moderne avait pensé éradiquer aussi au siècle dernier.

Il y a bien sur une classe "supérieure" de cet islam là. Formé en partie des clercs dont nous parlons, n'oublions pas que l'éducation c'est aussi savoir se tenir à table (si vous voyez ce que je veux dire), il est composé de personnes attachées à une tradition MALGRE les travers qu'il voient clairement. Déchirés, et bien plus que nos catholiques zombies qui eux ont au moins leurs petites bougies pour se défouler, il vivent un déni sans doute pénible, avec en plus la solidarité identitaire et ethnique pour accroitre le poids de leur fardeau.

Et bien ma thèse est que leur douleur trouvera non pas une fin complète, mais une grande amélioration s'ils se soustrayaient à la principale raison de toute cette situation: la religion musulmane. On peut les y aider: cela s'appelle la laïcité dans un sens à déterminer, avec en plus une attention spéciale à ceux qui furent musulmans,  qui ne le sont plus et qui le disent quand ils le peuvent. 

Car il faut le dire: alors que les désastres causés dans l'Islam par l'islam politique sont aujourd'hui patents, il semble évident et inévitable qu'une proportion de plus en plus grande des personnes éduquées d'origine musulmane vont être amenées à abandonner cette funeste foi. Il faut une structure pour les accueillir, et elle s'appelle la laïcité: ce qui impose à l'espace public d'être indépendant et libre du respect réclamé par le religieux.

Pour quelle raison principale ? On parle d'hypocrisie et l'hypocrisie a à voir avec le sexe. Je m'explique. Le sentiment spirituel est un sentiment intime, qui ne peut exister que protégé par une forme de pudeur. Au point qu'exposer son existence sous la forme par exemple d'une réflexion profonde sur tel ou tel sens de tel ou tel graffiti du 7ème siècle ressort de l'obscène, le pire qui soit: il suscite chez beaucoup, beaucoup trop de gens, et de plus en plus, de tels sentiments de colère que cela pourrait conduire à des troubles dans l'espace public.

Je ne parle pas des adeptes de ces obscénités, je parle de ceux que cela choque: la vision de femmes perpétuellement recouverte de sombre, la vision de porteurs de barbes hideuses, de bonnets étranges, de réclamations insensées, de prières bizarres et violentes sont des provocations à la violence chez des gens de plus en plus susceptibles. Majoritaires, il ne faut pas les offenser exagérément, des violences sont à craindre du fait des violations de la décence publique. Il nous faut nous en protéger. Assez d'huile sur le feu ! 

Au nom du droit des gens à vivre dans un espace public on ne sont exposés, en principe, ni actes sexuels ni actes assassins, et bien je demande donc à ce qu'on considère comme obscène et que l'on moque comme tel des écrits comme la sourate 5.33 (tiré de de http://kissislam.free.fr/, je ne sais pas si la traduction est la meilleure).

"La récompense de ceux qui font la guerre contre Dieu et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment,"

Ce qu'il y a d'intéressant c'est que ce beau texte d'amour et de paix (imaginons la purge que cela doit être pour les soufis que de l'interpréter en méditant au son de la flute) c'est qu'il suit la sourate 5.32, juste avant qui traite d'un thème voisin. Vous la connaissez c'est le fameux "celui qui tue un homme tue toute l'humanité", en fait plutôt: 

"C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre."

C'est à dire, littéralement: "Tuer un juif meurtrier ou corrompu, n'est pas un crime, on peut même l'épargner si on veut, il n'ont aucun droit car ils nous donnent tort malgré nos preuves. "

En gros, le fameux verset, qui en toute hypocrisie, nous est servi pour nous aider à pleurer nos morts, se trouve être un appel caractérisé à l'oppression sans limites des juifs, comme si le Coran avait pressenti l'injustice réservée à Gaza.

etc etc. 

Et bien je dis que cela est obscène. Au point que ça se voit. Quel musulman un tant soit peu sérieux peut en faire lecture à ses amis athées sans les gêner atrocement ou provoquer leur irritation ? 

Non pas que l'obscène soit inaccessible, on a le droit de le pratiquer, et dans ses acceptions les plus variées. Simplement il convient d'en protéger de ses éclaboussures les personnes qui ont d'autres passe temps et qui pourraient s'en offusquer. L'obscène a vocation a être pratiqué en privé, strictement, pour ne pas choquer; c'est une politesse dont beaucoup sont dépourvus. 

Donc la laïque c'est d'abord la pudeur, la décence commune chère à Orwell: seins nus et voiles hors de l'espace public, sauf à la plage, héhé. Voilà donc un argument nouveau, au delà du racisme dont on pourrait m'accuser: les âmes respectables savent qu'on ne peut traiter de ces choses que dans la discrétion, et il faut de la discrétion pour pratiquer sa religion, et aussi pour l'abandonner. Car on ne peut se débarrasser de ses vieux oripeaux que dans l'obscurité. La laïcité fournit cette obscurité, gage de la liberté des individus et de la paix des sociétés. 

Le laïc discret qui ignore la religion de son semblable peut alors parler d'autre chose, de politique par exemple. 

P.S. En reprenant le coran, examinons les versets "pacifiques" (sataniques en fait, vous allez voir), cités le 28 Novembre 2015 par un éminent représentant de l'islam de/en France: Mohamed Moussaoui. Le texte en question

http://www.saphirnews.com/Denoncer-et-condamner-inlassablement-la-barbarie-de-Daesh_a21579.html

est par ailleurs, il faut le noter parfaitement respectable, voire honorable, sans aucune des déformations visibles dont sont affectés en général ces genres d'écrit. J'insiste là dessus et sans ironie aucune: irréprochable et parfaitement écrit, le texte se termine par un hommage émouvant au pays et aux victimes: un magnifique discours. 

Sauf les citations. Allons y, je les prends une à une. Sélectionnée par un religieux éduqué, manifestement lettré et sincère, elle se doivent de représenter un message de paix propre à se justifier, et à convaincre. Ou pas.

<2.190 Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Dieu n'aime pas les transgresseurs !>

Le contraire exact de ce qui est prétendu dans l'article: il faut combatte, ce qui est interdit n'est évidemment pas l'agression, mais la transgression. Au cas, ou il y aurait un doute sur le contexte dont sort mon islamophobe interprétation, par ailleurs évidemment en ligne avec tout ce qu'on peut savoir par ailleurs, consultons le verset suivant: 

<2.191 Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. >

Là on est dans le régal des yeux, du coeur et du reste: enfin un appel au meurtre qui permet même de tuer auprès de la mosquée, la restriction délicieusement hypocrite, c'est le moins qu'on puisse dire, n'étant que mentale. Tuez vous dis-je ! 

Je passe sur 5.32, le parangon de l'enfumage (humanité je crie ton nom, mort aux juifs!), on en a parlé. 

<5.64 Et les Juifs disent : "La main de Dieu est fermée !" Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. Nous avons jeté parmi eux l'inimité et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Toutes les fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Dieu l'éteint. Et ils s'efforcent de semer le désordre sur la terre, alors que Dieu n'aime pas les semeurs de désordre.>

Une malédiction antisémite, tout simplement. Presque incroyable qu'une personne éduquée puisse être ignorante au point d'oser servir, qui plus est, avec une apparente bonne foi, une telle infamie aux occidentaux qu'elle veut séduire. 

<22.39 Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir >

Le texte est bien le même: l'exact contraire du pardon aux ennemis que proclame le christianisme. Rappeler la différence essentielle entre les deux fondamentaux religieux est nécessaire. Comme quoi, le morceau se crache, un peu enrobé, mais on est bien d'accord. Du bon sens, diriez vous? C'est ça, du bon sens: militaire et assassin.

<8.60 Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d'effrayer l'ennemi de Dieu et le vòtre, et d'autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais que Dieu connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés.>

Le terme "cavalerie équipée" fleure bon l'odeur du cheval armé pour la guerre, celle du métal des épées, et l'assurance de ne pas investir en vain dans la force militaire effrayante, gage de paix (les versets suivants). Appeler cela de la religion est à la fois convainquant (qu'est ce que le religieux sinon l'appel au meurtre ? ) et confortant (il faut donc à toute force le combattre et souhaiter sa disparition).

Pour la garantie du succès, voir 8.59: 

<8.59 Que les mécréants ne pensent pas qu'ils Nous ont échappé. Non, ils ne pourront jamais Nous empêcher (de les rattraper à n'importe quel moment).>

Et Pour finir l'édification, l'émouvante 21.107:

<21.107 Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers.>

Miséricorde relative, car elle ne s'adresse qu'à certains, c'est l'objet de tout le contexte: 

<21.98 "Vous serez, vous et ce que vous adoriez en dehors de Dieu, le combustible de l'Enfer, vous vous y rendrez tous.>

<21.103 La grande terreur ne les affligera pas, et les Anges les accueilleront : "voici le jour qui vous a été promis".>

<21.95 Il est défendu [aux habitants] d'une cité que Nous avons fait périr de revenir [à la vie d'ici-bas] !>

 

Sans parler du verset suivant celui de la miséricorde, la chose étant pratiquement téléphonée, et propre à séduire, surement: 

<21.108 Dis : "Voilà ce qui m'est révélé : Votre Dieu est un Dieu unique; Etes-vous Soumis ?" [décidés à embrasser l'Islam]>

L'injonction autoritaire oppressante et terrorisante est ici tellement révoltante qu'elle ne peut générer qu'un refus violent, ou au moins un geste obscène. Ce qui définit ainsi par la plus belle des escarboucles ce que nous nierons être de l'islamophobie, celle ci n'étant qu'une expression alambiquée pour désigner la détestation justifiée pour ceux qui la portent. 

 

P.S.

Mohammed Moussaoui, leader de l'islam marocain en France (l'UMF) se fend de sa culture sur saphirnews: 

http://www.saphirnews.com/S-engager-contre-les-extremismes-et-l-instrumentalisation-des-Textes-sacres_a22148.html?com#comments

Il publie avec élégance mon commentaire suavement critique, assimilant l'islam politique à la possibilité de l'état islamique dés qu'on confond "communauté" et organisation politique. Il citait: 

<2.143> Nous avons fait de vous une communauté éloignée des extrêmes pour que vous soyez témoins parmi les hommes et que le Prophète soit témoin parmi vous » 

Le "éloigné des extrêmes" se traduit aussi par "juste", c'est à dire membre de la communauté, tout simplement : ce n'est certainement pas la trace dans le coran de la possibilité d'un islam "modéré", comme suggéré. 

On continue avec le "nulle contrainte en religion". Expression de la possibilité de l'incroyance et autorisation de l'apostasie ? Tu parles. 

<2.256> Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroît au Rebelle tandis qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient.

En gros, la croyance est de l'ordre de l'évidence. Quand à ce qui se passe, quand on mécroit, allons au verset suivant:

<2. 257> Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi: Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Tagut, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement.

Les ténèbres où règne le feu: comme c'est sympa l'absence de contraintes ! Là encore enfumage, mensonge et pire que l'hypocrisie: le foutage de gueule menaçant ! 

 

P.S.2 J'utilise les corans en ligne

http://kissislam.free.fr/index.php?module=coran&sourate=21

http://www.lenoblecoran.fr/wp-content/uploads/Le-Coran-Traduction-de-Jean-Louis-Michon.htm#_Toc362284839

 

11/11/2015

Les écoles musulmanes

Plutôt que de me livrer à des sarcasmes pour compléter un sujet qui n'a de commun que le thème, autant résumer une autre question concernant les islams et qui concerne les écoles juridiques. 

Il y en a quatre, géographiquement distribuées, et qui se distinguent par l'ordonnancement qu'elles font entre les sources de la vérité dans le raisonnement juridique. Chacune se rattache à un imam particulier, et son nom se trouve un "isme" fait à partir du nom de celui ci. Je reprend l'orthographe de leur nom à partir de Wikipédia.

On a ainsi 4 "madhab".

 

Imam Commentaire Zone géographique Statut de l'analogie
Chafi combine Malik et Hanifa Indonésie Yemen, Comores inférieure à l'opinion
Hanbal Elève de Chafi Arabie Saoudite, Qatar minimale
Malik Le médinois Afrique, Maghreb, Qatar supérieure à l'opinion
Hanifa Ecole d'Irak Turquie Bosnie Pakistan maximale

 

On devra donc commenter les tendances, et expliciter les tropismes, toutes ces traditions "juridiques" ayant été fondées et établies avant l'an 900, et constituant une part importante des "sciences" islamiques. 

D'abord le statut de l'analogie, ou plutôt le rôle de celle ci comme source de droit. Typiquement en dernière position car elle suppose un raisonnement humain, et donc est susceptible d'être erronée. 

Un autre critère, est celui de l'opinion (celle d'un "compagnon"), qui peut être considérée comme devant primer le raisonnement ou non. 

Chafi rejeta comme innovante certaines pratiques de Malik et Hanifa, ce qui le situe, en libéralisme, juste après (ou avant) Hanbal, l'anarchiste bien connu. 

On notera l'importance du consensus (des compagnons bien sur), celui ci étant le signe de l'absence d'erreur par définition (il y a un hadith là dessus, les hadhits étant la deuxième source du droit). Et oui, il s'agit de la troisième source du droit, du moins sauf pour Malik qui privilégie à cette place les coutumes des médinois. 

Au sujet de Médine il faut savoir que le Coran serait divisé en versets médinois et mecquois, les médinois abrogeant les mecquois au grand dam des amoureux de la tolérance surtout séduits par les mecquois, révélés avant les terribles guerres nomades qui firent l'Hégire, l'exil à Yathrib, ou Médine. 

Il faut bien distinguer écoles juridiques et écoles théologiques. Il y a en fait 3 écoles théologiques dont deux apparentées l'asharite (majoritaire) et sa subordonnée la mutaridite. Les hanafites, par exemple sont plutôt maturidites. 

Al AShari fut d'abord un mutazilite, puis après un rêve, changea.  

 

06/11/2015

René Girard

Girard (l'autre, Jean Yves est toujours vivant) est mort. 

En trois mots: d'abord il pense l'humain comme issu du social, lui même issu du religieux, lui même défini par le meurtre réconciliateur lui même issu du meurtre généralisé lui même issu du désir mimétique social humain. 

Ensuite, il pense que le christianisme et aussi tous les grands écrivains et aussi toute la vraie culture, se définit par des tentatives incomprises (jusqu'à Girard) de révélation de la réalité du pot aux roses: le religieux protège de la violence du désir par la violence. Le christianisme, et il le décrit avec munificence, est la révélation de l'injustice du religieux, de la nécessité de la réconciliation totale et de la nécessité de l'amour absolu par abolition de la violence. 

Ensuite, il pense que la dénonciation du religieux est aussi (par la même occasion) une expression de la violence mimétique et donc conduit avec la suppression du religieux à la levée du seul frein à la violence généralisée apocalyptique qui menace notre monde. On a donc une conception double: le religieux est à la fois la source d'une violence injuste (le sacrifice) et la seule protection contre la violence totale. En cela Girard est un messager de l'apocalypse: l'abolition chrétienne de la violence s'identifie à la fin du monde ! 

Pourtant là il aurait changé d'avis et cela est intéressant: le christianisme comme religion du dernier sacrifice est il nécessaire, ou est il abolition totale du sacrifice ? Et bien il semble bien que pour Girard 2, le dernier, le sacrifice soit éternel, l'eucharistie en étant un; l'homme ne pouvant se soustraire au religieux. Dans un entretien à France Culture, il affirme que l'homme est fils du religieux et qu'en le détruisant, il se détruit lui même. Girard serait ainsi adepte du sacrifice ! 

Très puissant, parfaitement irréfutable, sans cesse renouvelé, avec une puissance d'expression incroyable, Girard est un magnifique prophète et se trouve décrire avec munificence ce que peut être un sentiment chrétien puissant et vraisemblable, propre à soulever l'esprit et à déclencher les grandes orgues de la vraie passion religieuse.   

Pourtant, il faut caractériser certains aspects de sa pensée. D'abord, et c'est le principal reproche qu'on peut lui faire, il n'est pas en phase avec les anthropologues, qui assez largement l'ignorent, voire le moquent: il y aurait beaucoup de cultures où le sacrifice à la Girard ne se manifesterait pas, en tout cas c'est eux qui le disent. La dessus, Girard est très saignant: il affirme le contraire et sa lecture de toute la mythologie est non ambigüe. Un tel conflit, qui se trouve affecter la philosophie (Girard n'est pas officiellement un anthropologue, mais un littérateur) fait de Girard un rejeté, un paria. En tout cas, un être à part. 

Un autre aspect tient à la pensée de Girard lui même: tout plein de christianisme, il ne pense pas Dieu. Cela peut paraitre étonnant, mais la chose est patente: alors que la pensée du religieux est ordinairement toute tournée vers le fameux Dieu qu'il soit bien connu, biblique ou caché, et bien Girard ne le considère pas du tout: il n'y a que le sacrifice, comme si les humains ne s'intéressaient qu'à eux mêmes. Pour lui, Dieu est déjà mort et il ne pense pas l'autre du monde, pourtant si présent dans toutes les descriptions, et qu'il qualifie un peu vite sans doute d'illusion, voire d'épiphénomène. 

Comme on l'a vu, il reste donc DANS le religieux, et par conséquent croyant en un Dieu invisible, le traditionnel mystère cause des moeurs étranges des humains, et ce malgré ses théories révélatrices. 

Mais il n'est plus là pour répondre, et ses vidéos sans parler de ses livres sont étonnants et fascinants.

Quel homme ! 

 

14/10/2015

Rousseau

Il y a sur Rousseau des rumeurs infondées. 

Dans certains milieux libéraux et aussi réactionnaires, on dit de lui en effet rien de moins qu'il aurait pensé la guillotine et donc les chambres à gaz, les deux instruments étant issus en ligne directe de l'infâme pensée des lumières, inventée par Kant, le proto nazi qui recommande de dénoncer sa maman à la gestapo. 

Sur les deux questions, nous avons un penseur de la gauche réactionnaire (à moins qu'il ne s'agisse d'une réaction gauchiste) le bon Onfray, petit paysan inculte et atrabilaire, aussi ignorant et crasseux adulte qu'enfant, un vilain pour toujours, donc. 

Dans les deux cas, au nom d'une dénonciation de paysan opprimé du mauvais caractère du majodorme qui le fouette, c'est à dire de la considération que la connaissance du caractère d'un philosophe suffit à caractériser sa pensée, il pontifie avec l'assurance du crétin.

Qu'est ce qu'un crétin? Un pauvre issu des montagnes (les crétins des alpes) souffrant de problèmes thyroïdiens et donc porteurs de goitre. Le mot est une déformation de "chrétien", au sens d'innocent. Il se caractérise aussi par la désastreuse ambition de dominer plus crétin que lui, et l'incapacité de convaincre un sang moins pollué que le sien par les déjections des fumiers sur quoi on l'a conçu. 

"Car cet homme acariâtre, atrabilaire, paranoïaque, misanthrope, mégalomane, a couché sur le papier nombre d’idées qui, reprises par de sinistres personnages, sont devenues depuis trois siècles des armes de destruction massive de l’humanité." Voilà donc le constat sur Rousseau. Accablant. Pour lui. 

 Rousseau est en fait un penseur libéral. Il pense, et oui, un philosophe, un vrai, ça pense, la liberté ET la souveraineté. Il le fait d'une manière incroyablement novatrice en mettant sur la table non pas un organe, non pas une salive, ou un jus macéré, mais un concept: celui de l'abstraction d'une existence humaine, d'un "état". L'état est multiple, d'abord "de nature", puis "social". A partir de là on a une définition abstraite de la  liberté, qui n'est PAS la liberté du chien, ni celle de la statue, ni celle que l'on peut attribuer à un objet, ou à quoique ce soit. La liberté, telle qu'on peut la penser, comme concept. Bref, je vous fais de la philosophie, ce qui nous distingue, depuis Socrate, des animaux et des ouvriers agricoles incultes, acharnés à décharner des volailles, ou dégouté par cet emploi, à leur avis insuffisamment payé, ce qui en fait des "hommes" de gauche.  

Je m'égare: la liberté de nature n'est pas consciente et se frotte à son contraire, la souveraineté, celle des autres ou celle de soi, ou bien celle de l'AUTRE. Celui que l'éternel esclave de son baron ne peut imaginer, ni concevoir: il a fécondé sa mère vierge, au point qu'il ne sait qui est vraiment son père, un ladre comme lui, ou le phénix des hôtes de ces bois, je veux dire l'obscur empereur que tout misérable veut vouloir régner à sa place: le surhomme, lui même ou son cocu (forcément, à qui pourrait on penser sinon?).

Rousseau explique LUI que l'esclavage ne peut être voulu, que la personne réelle du souverain individuel n'a pas de réalité, mais que la souveraineté est possible, du fait de nous même, et que nous pouvons la penser face au vilain tyran (la conjonction, au combien réelle, est tout à fait approprié au jugement en cours). 

Ce qui ravit chez Jean-Jacques, c'est qu'il n'a pas vraiment d'alternative: à qui se soumettre, au cas où cela serait nécessaire ? Et bien à nous mêmes, nous dit le premier romantique. Qu'il en soit remercié. 

 

 

 

11/10/2015

Les races

En Anglais, "race" signifie course, compétition.

Que dire du mot, utilisé pour distinguer caniche et doberman (pourtant interféconds), les cons entre eux, et pour finir les blancs et les noirs, dont il faut convenir de la différence, et sur un point de surface ?

Le mot était employé au début du siècle sans problèmes particuliers; mais fut dévoyé par un scientisme qui a abouti à des caractérisations extérieures fixistes dont l'intérêt en soi discutable ne put hélas (pourquoi hélas ?) survivre à l'application inappropriée du concept à la perpétration d'un génocide (quoi, l'extermination d'une race en nierait elle le motif, et ce linguistiquement ?) dont la définition "scientifique" nous fait tourner la tête, donc.

Il convient donc d'empêcher l'utilisation d'un mot mal employé, celui éveillant des comportements naturels (seulement présent chez ceux d'une r... particulière, ceux des r... de l'autre coté du manche (qui lui même  a changé de coté), en étant exempts, comme de bien entendu; on ne se refait pas, disait Himmler.

Le mot est donc tabou et ne peut demeurer que dans la constitution, qui se trouve de fait invalide euh...

Le génocide concerna donc la "race juive", sous ensemble de la race blanche dont fait partie "la race arabe" aussi. Personne ne parle pourtant des arabes comme d'une "race", ce qui reste étonnant: ils sont pourtant blancs, avec un manche orienté du coté inverse de celui des esclaves, mais ce n'est pas leur faute, c'est leur religion, je m'égare.

Y a t il une race des trisomiques ? Non disent leurs familles, acharnées à un respect en voie de disparition et donc d'autant plus sensible: comment parler de génocide dans ce cas ?

En résumé: il  y  a dans les écrits publics maladroits quelque chose de malsain, d'insupportable et de nauséabond qui mérite le contrôle, voire l'interdiction dans certains cas, et qu'il est évident de caractériser quand on est élu. Elu ? Par une divinité, forcément associée, au moins en partie, parfois à la r... ou par une élection dont les gagnants, on le voit avec Hollande président qui considère aggravée la violence injuste quand elle a ce motif et donc moins grave celle ci quand elle ne l'a pas. Une banalisation du mal non raciste, donc.

Le caractère politique ou divin de l'élection nous montre le rapport de nos sociétés à la bêtise qui se trouve comme dans la race, cul par dessus tête et omniprésente, dégoulinante. Le vrai rapport humain, c'est le rapport à la connerie. Mais je m'égare encore, disons qu'il y a bien des races de cons. 

Reprenons toutes ces assertions à l'emporte pièce, et déminons. 

D'abord les noirs et les blancs sont différents de part la couleur de leurs peaux et ensuite qu'est ce qu'une race? 

Le fond de l'affaire est formé de deux doubles constatations.

La première est que l'espèce humaine est biologiquement unique et ses membres interféconds. Elle est vraisemblablement issue d'une seule souche à qui on pourrait peut être/sans doute attacher les néanderthaliens, et s'est segmentée dans le temps et l'espace pendant des périodes prolongées à la fois insuffisantes pour produire des espèces distinctes et suffisantes pour produire des caractérisations physiques variées.

L'utilisation du mot "race" lui même a des acceptions distinctes (le mot n'ayant pas la même utilisation, ni de fait le même sens aux Etats Unis et en France, par exemple, la mention de la "race" pouvant être portée par l'individu lui même sur ses papiers ). Je mentionne cela pour indiquer et confirmer l'existence de diversités de situations et de points de vue, y compris dans le monde occidental.

La deuxième est que l'espèce humaine, une biologiquement, l'est aussi "spirituellement" (comment appeler ce qui est pourtant commun à nous tous, humains): partout et quoiqu'on en dise, l'interfécondité est aussi culturelle, un même esprit, une même capacité à symboliser, à parler étant manifestement présente partout. Il y a plus en commun que l'espèce, il y a ce qui nous distingue, tous, des animaux. En même temps, la fameuse segmentation spatio-temporelle a produit aussi des différentiations: il y a plusieurs façons d'être un humain cultivé, et les différences entre cultures, représentations du monde voire de soi et de la nature, sont infinies. 

Ces caractéristiques, biologiques et culturelles, on peut parfaitement les qualifier de "familiales", la reproduction des individus se faisant par échange de "sang" comme on dit, entre familles vivant sur des territoires voisins, les ensemble de gênes échangés restant voisins, hors des périodes de migration, ou d'invasion, les moeurs, histoires catastrophiques et autres ayant partout  marqué les choses dans tous les possibles imaginables. 

Un point à noter est que , comme on dit, n'est pas que génétique: la constitution des individus et de leur caractéristiques visibles ou effectives (la taille par exemple) peuvent être produites par des contraintes liées à la petite enfance, ou par ce qu'on appelle l'épigénétique, c'est à dire la sélection naturelle pendant l'embryogénèse de l'activation ou pas de certains gênes, cette sélection pouvant agir en retour sur cette capacité de sélection dans l'organisme de la mère, elle même capable de sélectionner des rejetons mâles (et femelle aussi, bien sur) adaptés à la survie dans son propre organisme, bref, nos histoires ont bien des origines. Cette épigénétisme pourrait bien s'appliquer aussi au culturel, la part du hasard et de l'adaptation nécessaire à des circonstances variées forgeant le réel bien au delà du social et de la volonté des familles. Bref, y a du multiple. 

A partir de là, se produisit dans la langue des confusions liées à la considération de ce qu'il y a d'unique et de commun dans les choses. On appela "race" des groupes de familles apparentées par des ressemblances biologiques et/ou culturelles et susceptibles d'être isolées géographiquement ou socialement.  La mesure et la délimitation de ces races posa alors un problème à proprement parler épistémologique: quel modèle du monde peut attribuer une réalité à un concept linguistique dont le support dans le monde est constitué d'une multitude de critères stabilisés différemment suivant ses acceptions ? 


Le support cognitif du concept de race "noire" par exemple est parfaitement différent de celui de race "blanche" dont font partie, ce que je disais plus haut, juifs et les arabes pourtant candidats aussi à passer sous des différenciations "raciales". La notion de couleur de peau est d'autre part parfaitement relative, certains tamouls ont par exemple,  famillialement des peaux de couleurs bien plus sombres que bien des africains noirs. La race noire suppose l'introduction du concept de "négre", auquel ne se rattache pas les tamouls. Que dire des nilotiques, de peau noire, partiellement mélangés à des populations pourtant différentes ? On en sort plus. D'autant plus que les concepts partiellement dégagés pour les africains se révèlent inopérant quand aux classifications des peuples à peaux soit disant blanches, eux mêmes très variés, mais de manières différentes, les couleurs des peaux, de toutes les peaux,  se segmentant de manière distinctes, et même à l'intérieur des familles. 

Les comparaisons d'appariement culturels viennent d'autre part perturber considérablement ces belles classifications, les mêmes différentiations et conceptualisations se révélant toujours ad hoc, toujours locales, insaisissables et insatisfaisantes.

Bref, à part un arbitraire qu'on ne peut que vouloir introduire dans les lois, rien ne permet de se mettre d'accord sur ce beau sujet. Rappelons que légiférer sur ces questions a beaucoup d'inconvénients, l'exemple nazi venant à l'esprit immédiatement. 

Il fallut donc bien se résoudre à considérer l'évidence de l'évidence: ce que tout le monde distingue immédiatement, l'appartenance à une race supposée, est le résultat d'un processus acquis, d'ailleurs local, de reconnaissance des formes extérieures, et n'a pas de fondement rationnel explicite qu'on puisse caractériser par une classification partagée par tous. Cette conclusion, qui parait encore à rebours du bon sens pour beaucoup de gens, est pourtant maintenant universellement partagée. A raison. 

On se trouve donc avec un concept doublement construit: en fait, car sa description est impossible, en dire, car variables les significations du mot toutes plus évidentes et plus différentes les unes des autres ne font pas l'unanimité, c'est le moins qu'on puisse dire, ni dans le temps ni dans l'espace.

Pourtant, il y a la constitution, mais dont l'utilisation du mot est, il faut le dire, négative: la race n'est pas un critère, on ne peut faire de distinction avec. A partir de là, la chose n'a plus d'intérêt, et peut donc être méprisée, tout en maintenant son existence, mais comme ne pouvant advenir. 

On se trouve donc avec un concept qui tel la braise existe en se détruisant: nécessairement brillant, il faut qu'il s'assombrisse, un régal de littérature donc.

Bonsoir. 

  

 

 

 

09/10/2015

Le Climat

Il nous faut nous préoccuper du temps qu'il fait, ce qu'on appelle le climat, et qui change, bien sur, mais pas pour n'importe quelle raison: c'est ta faute. 

Allons directement à la conclusion: la propagande écologiste montre la banquise. Et bien celle ci est détruite. Polluée, fondante, elle n'est QUE l'image dégradée à l'extrême de ce qui doit me faire réagir. Vraiment ? 

Non, elle EST "détruite": comment se passionner pour un tas d'ordures froides, sans doute malodorantes, et dont le sort est déjà plié ? On voit la chose à la couleur. Blanche dans l'imaginaire officiel, la vraie banquise est en fait bleue vert, comme le montre la réalité (je l'ai vu en Islande, la glace flottante est partout pareille, bleue sale) et les images récentes des émissions de propagande. Cela signifie qu'elle ne va pas bien et que donc etc etc. Magie de la communication, blanche nous sommes dans les films en noir et blanc de Paul Emile Victor, bleue nous sommes dans le sommet internationaux du climat où des socialistes vont justifier des interventions supplémentaires de la part de l'Etat, que dis je, des impôts nouveaux. Pour la planète, soit disant, du moins ce qu'il en reste à filmer.

La situation est donc ce qu'elle est: je m'en tape complètement, et ne veut rien faire tant que les chinois seront ce qu'il sont: les esclaves d'un pouvoir communiste tyrannique que nos pères ont eu la lâcheté de laisser vivre au lieu de les attaquer à l'arme atomique, comme il se devait: cela aurait vraiment sauvé la planète, ruinée, bien sur, par le pharamineux développement absurde de cette explosion démographique issue des massacres de population maoïstes que nous avons eu la faiblesse de ne pas accompagner.

A partir de là, on peut revenir à certaines théories qui mettent bien sur en cause le mâle blanc occidental, qui non content d'être égoïste, pète au lit. Le climat change d'une part ( après avoir désintoxiqué ceux qui crurent avoir observé une stabilité en moyenne ces dernières années), du fait de la personne en question d'autre part: l'homme change le climat. On le savait de la vache, on le savait du chinois, maintenant c'est toute l'humanité qui est en cause.

Depuis les feux de bois de la limite sahélienne, jusqu'à mon horrible haleine, l'action anthropique nuit à la planète. La planète. 

Je finirais par un doute fondamental: plongée dans l'espace vide, le bout de dur entouré d'atmosphère qui constitue ce monde là est en fait plongé dans un espace ouvert entouré de quasi néant. Qu'est ce qui fait qu'il y ait trop de quelque chose ? En particulier de gazs soit disant nocifs, depuis le ziklon B jusqu'au CO je sais pas combien: comment toutes ces effluves ne fuient pas au diable dans l'absolue dilution du vide ? Il y a de la place pour tout le monde, pourtant ?  

Franchement entre ça et je ne sais quelles génuflexions matinées d'impôts supplémentaires, il n'y a que l'imaginaire qui convient: une boule bleue dans le vide sur laquelle s'entremêlent des filaments d'essences dont les effets ne se résument sans doute pas à une température moyenne, terre et mer comprises. 

 

03/10/2015

Proust Berl Mauriac Rebatet Céline

Pardon d'associer ainsi 4 noms oubliés qui marquèrent l'histoire des lettres en France, mais ça vaut le coup,on parle d'eux dans la presse. 

Emmanuel Berl, évoqué par Brice Couturier récemment, fut un personnage extraordinaire: mari de Mireille, qui forma Françoise Hardy, apparenté à Proust qui lui jeta ses pantoufles à la figure car il croyait à l'amour (Berl), celui ci (Proust) lui aurait proposé un faux certificat d'inversion pour l'aider à pénétrer les milieux littéraires.

Cette histoire du certificat d'inversion (le mot est utilisé par Proust dans ses merveilleuses descriptions de la société en question) est absolument fascinante: un certificat d'inversion signé Proust ! Combien cela vaudrait il aujourd'hui ? 

A propos de cette fameuse inversion, certains en souffraient à l'époque et wikipedia  rappelle ce qu'en disait Berl lui même: 

"Je voudrais que les invertis pratiquent sans être inquiétés la sodomie et renoncent à un sodomisme qui devient une sorte de nationalisme avec cérémonie et fanfares, haine de l'étranger, culte des grands hommes, panthéon des invertis célèbres et, sous l'arc de triomphe, la tombe du pédéraste inconnu."

L'appréciation est piquante, et on peut la partager à travers le temps: elle illustre magnifiquement une tendance qui ne dépend pas des époques, et on pourrait encore être d'accord avec lui. Eviter les mots "homosexuel"  ou "gay", trop modernes pour ne pas désigner la même chose afind de les remplacer par "inverti" ou "sodomisme" est trop délicieux. Cet homme reste notre presque contemporain, et si on peut lui reprocher d'avoir écrit quelques discours de Pétain, il faudrait être bien méchant pour le haïr pour cela. 

Cela permet de faire le lien avec Lucien Rebatet, réédité réecemment et dont l'inversion, cette fois antisémite, fut patente et active. Car la littérature n'a pas de frontières, surtout en France, et celles ci, surtout en cette période de droitisation de la gauche, peut se trouver appréciée même quand ses thèmes sont constitués d'appels au meurtre divers et de détestations variées ainsi donc d'après tous, très bien exprimées. 

J'avoue apprécier au delà du possible celle ci: 

L'"obscène coquin" Mauriac: "L'homme à l'habit vert, le bourgeois riche, avec sa torve gueule de faux Greco, ses décoctions de Paul Bourget macérées dans le foutre rance et l'eau bénite, ces oscillations entre l'eucharistie et le bordel à pédérastes qui forment l'unique drame de sa prose aussi bien que de sa conscience, est l'un des plus obscènes coquins qui aient poussé dans les fumiers chrétiens de notre époque. Il est étonnant que l'on n'ait même pas encore su lui intimer le silence." ("Les décombres").

Elle fait doublement le lien, merveilleusement "années trente" entre divers thèmes et diverses personnes et pourtant n'est pas antisémite, pour une fois. Mais Rebatet en fait était un négatif multiple. Tout comme Céline, à qui on veut l'attacher, le gout fumé de ce type d'oeuvre et de ce type de personne devenant à la mode, il détestait comme on respire, tout simplement. Pourtant il fut un critique musical et devint même sur le tard, par anti gaullisme sans doute, défenseur de l'Israël combattant de 1967. Né en 1903, il mourut en 1972...

J'avoue me rattacher comme être à ce type d'attitude personnelle, ma détestation de la gauche se voulant être à la hauteur de celles là,  qui ne furent que bêtement dédiées envers des gens qui n'y pouvaient rien: Proust le dit bien, on est juif ou pédé malgré soi. Alors qu'on se doit d'être de gauche: à moins qu'un gêne ? 

Pour évoquer Rebatet, l'interview par Jacques Chancel est saisissant: 

https://www.youtube.com/watch?v=rhMQHT9aifg

Une remarque: mon grand père, né en 1902, avait l'accent du sud ouest, et absolument pas celui là. 

Il parle des "gaffes" d'Hitler, et de la dramatique ignorance de l'accueil enthousiaste des ukrainiens. Et puis la chartreuse de Parme est une histoire de collaboration, ajoute t il malicieusement... Il dénonce Claude Roy comme renégat (il "nous" léchait les pieds et fut communiste après la guerre).

Il aimait beaucoup Céline, avec qui il alla à Sigmaringen. Nous y voilà donc, car Céline est considéré comme l'égal de Proust et d'ailleurs cela par Rebatet lui même... Voilà donc la littérature Française du XXème siècle... 

Pour conclure je dirais que Proust, né en 1871, me semble être la seule personne digne d'admiration là dedans: il échappa à la destruction. 

Se pose ainsi la question de cette destruction. Journaliste à l'Action Française, de quelles vilainies des juifs le jeune Rebatet fut il témoin? Une piste, d'après l'entretien ci dessus: il fut traité de nazi alors qu'il décrivait la montée du nazisme en Allemagne en étant, c'était le cas de Maurras lui même, anti allemand. Ce furent donc ces juifs là qui poussèrent à la guerre, alors qu'il fallait s'entendre avec Hitler ? A moins que le ressentiment aveugle de proto fascistes déchristianisés effrayés par le monde moderne libéral ne causa leur affaissement et pour finir la ruine du nerf Français, dépeuplé par une guerre que les fils des survivants finirent par détester.  

Tout l'épouvantable drame de l'époque, dont Rebatet fut partie prenante et acteur est partiellement là. La France y a t elle survécu ? Et bien c'est la question, et il est possible que non. 

Que fut le gaullisme dans cette histoire ? Celui dont Rebatet célébra joyeux la mort, à qui manque t il ?