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02/08/2015

Les médias c'est fantastique

Une émission de public sénat:

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/caricatures-presse-enjeux-numerique-replay-video-lemission-politique-cest-net-29-mai-2

Combien de temps cette merveille restera t elle publiquement exposée ? 

Merci et honneur à la démocratie que de dévoiler ce type de nudité! Gêne et honte à ce qu'on peut en penser. Pour une fois, je me permettrais de mépriser et haïr avec indulgence, avec amitié, avec amour, tant l'humiliation est crue, évidente, manifeste.

Tout plein de larmes dans les yeux après la mort de Cabu, assassiné je vous le rappelle en janvier dernier, je dois donc composer avec leur successeurs. Louison et Hervé Baudry. J'en repleure.

Inconnus, sans doute écrasés par les images (et les dessins) tutélaires, ils vécurent enfermés tels les lémures, entre les pattes des dinosaures, jusqu'à la libération (pardon du mot) que causa, de fait,l'astéroïde.

En gros: firent-t-ils le dessin de Ribery à genoux, clamant les paumes tournées vers le ciel : "mahomet on t'encule!". Non.

Louison, maintenant à France Culture, son visage vieilli, son chignon 11ème, sa chemise vichy me la faisant voir comme "mode", au sens ou Piem ou Dilem sont "modes", c'est à dire horriblement, et systématiquement, à coté de la plaque, toujours.

Tout comme son comparse - et néanmoins concurrent, observez- ayant vendu et voulant encore vendre une sirène danoise (quelle délicate allusion) clamant dans un langage inconnu de l'immigration française quelque chose de sans doute subversif.

Un dessin de Dieu sur un nuage, se plaignant des dessins de "bites", (sexes masculins tournés vers le bas) que charlie pratiquait est l'exploit de Louison, qualifié de "première fois" par son rival cruel. On en est là.

Les deux tremblants personnages, manifestement à la recherche de financements, furent éviscérés par une journaliste qui ne vaut guère mieux, mais qui au moins révéla le pot aux roses. Ses grandes dents (la denture, quand elle n'est pas contrôlée est spectaculaire, mais c'est le spectacle qui vaut ça, je n'en serai jamais), exultèrent à la fin. Merci encore de me permettre de voir ça.

Cette détestation est elle si cruelle ? Ou comme je l'avais annoncé, indulgente et aimante pour mes semblables humains, souffrant malgré eux ? 

Car il s'agit du "spectacle" tout de même. Spectacle dénoncé par les debord et muray, qui ne réalisèrent pas qu'il est maintenant produit par le nouveau prolétariat, des acteurs prolétaires, misérables et humiliés vendant leurs pauvres forces sur twitter, au lieu de s'en moquer.

Cabu et Wolinski (volAINski comme on disait dans les années soixante) sont morts. 

04/07/2015

La Grèce

Il faut traiter de la Grèce qui nous a occupé ces dernières semaines. 

Pour cela il faut des références, car on parle aussi de l'Europe, le projet multi national qui occupe le continent. 

On ne peut tout faire à la fois, prenons une dame, dans le Figaro, un journal de droite, pro establishment, pro européen, normal quoi. Ouvert au pluralisme, on peut difficilement faire plus: 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/03/31003-20150703ARTFIG00361-referendum-grec-quoi-qu-il-arrive-rien-ne-sera-plus-jamais-comme-avant.php

Elle s'appelle Coralie Delaume. Elle est porteuse de tous les poncifs, de toutes les faussetés et de toutes les bêtises. Que dis je, elle la porte, elle la transporte, la répand, la gluante fausseté, squelette puant, figure de la misère et de la mort. 

1) Juncker ne sait pas ce qu'est la démocratie, d'ailleurs il l'a dit: "il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens". Que voulait il dire ? Les différents pays d'Europe ont signé des traités qui les engagent. Des élections peuvent avoir lieu dans ces pays qui peuvent remettent en cause les traités, mais certainement pas de les modifier à la marge. Car cela, précisément, ne serait pas démocratique... Et oui. 

Pour beaucoup dont la dame, cette position est révoltante et constitue un déni de démocratie, c'est ce que pense par exemple Maxime Tandonnet, ex conseiller du président Sarkozy, bloggeur connu. 

Et bien cette illusion est couramment répandue: on considère démocratique de remettre en cause une décision d'un gouvernement précédent à l'égard de l'extérieur, comme si cet extérieur était LUI AUSSI soumis à la volonté de l'intérieur. Une telle erreur de jugement est de l'ordre de la pathologie mentale, elle est encouragée et propagée dans un article à haute visibilité publique dans la presse nationale par une dame présentée comme spécialiste du droit communautaire. Aberrant. 

2) Il y a donc une erreur concernant la démocratie en Europe. 

La citation de l'"économiste" Lordon, (un activiste souverainisto communisto déconnant connu) est là pour légitimer la chose: la démocratie locale s'étend à toute l'Europe et l'immeuble bobo ou vit la dame a droit de faire la loi dans l'Europe entière, c'est la démocratie qui le veut. Car les traités ont tout ossifié et on ne peut les changer (telle ma robe) comme on veut.

Ces traités ont eu précisément pour but, rôle et fonction explicite de tenter de soustraire aux décisions démagogiques de dirigeants soumis aux intérêts particuliers la mise en oeuvre des politiques qui ne mènent qu'à la ruine, celles menées en Grèce pendant les années 80 en étant l'exemple absolu.

Elles sont donc "anti démocratiques". Une telle ignorance semble naïve, presque rafraichissante, elle semble être le fait d'une jeune fille un peu cul cul, gentiment gauchiste comme on peut l'être lors de ses premiers émois, du moins dans certains milieux (mais pas tous). La dame est adulte pourtant, et donc responsable, ne pourrait on pas dire plutôt qu'elle est instrumentalisée, payée pour débiter ces désinformations ? Quitte à sombrer dans le complotisme je suggère une manipulation de l'Etat Islamique: il est notre ennemi et doit nous fragiliser par tous les moyens. La dame aurait elle un voile dans son sac ?  La question se pose. En tout cas, vu l'énormité des crétineries qu'elle nous sert, on ne peut que se tourner vers ce type d'interprétation ! 

 

3) La suprématie du droit communautaire. 

Nous sommes là dans la spécialité de la dame. Parlons en. En gros, la dame souhaite que la France quitte l'union européenne. Sans le dire.

Car l'Europe n'est pas un monstre dont nous sommes victime à notre insu: tout cela fut décidé par des gouvernement élus, par des parlements qui après l'avoir annoncé avant leur élection contredirent un référendum acquis à force de disputes dans le principal parti de gauche à l'époque. 

Bref, tout est légal, public et évidemment nécessaire: le droit communautaire décidé collectivement est CE qui s'impose à tous, (sinon il n'aurait AUCUNE valeur, et serait donc inopérant complètement). Le problème est son étendue, qui elle se décide. La dame dénonce donc le principe en faisant mine de découvrir telle la jeune mariée les organes déplaisants de la vie biologique de sa propre espèce. A moins que. Le moyen orient suscite des discordes, la dame a un bâton de henné dans son sac.  

4) Le scandale revendiqué du référendum

Syriza est en négociation depuis cinq mois sur des sujets sensibles. Manifestement à l'écart des consensus européens, à de multiples reprises, ils s'affrontèrent à des gens qui tentèrent de leur expliquer les choses. 

Il y eut des éclats de voix entre ministres entre Schauble et Varouflakis par exemple. Pourquoi le gouvernement grec, manifestement en minorité face à ses "partenaires", à qui il doit par ailleurs de l'argent, aurait pu, aurait DU poser la question à son peuple au sujet de la fameuse contradiction remarquée par sa sagacité: faire des réformes ou quitter l'euro ? Il fallait le faire loyalement, raisonnablement, et on le sait déjà depuis des mois. 

Et bien ils mentirent à tout le monde et décident "démocratiquement", à une semaine du grand saut, de consulter un peuple abusé, qui a cru que cela allait passer. C'est de l'escroquerie à la Grecque, cela révulse tout le monde. C'est une manipulation communiste, à la limite de la légalité, et cela fut remarqué. Ce n'est pas un référendum digne, c'est un plébiscite de loubards.

 

5) L'Europe d'aujourd'hui

Ainsi donc, le président du parlement européen, Martin Schutz, est le complice des nazis d'"Aube Dorée" ?

Que le très social démocrate rondouillard moustachu soit un nazi est une révélation de la vision de la dame. Merci pour la mesure de ce jugement qui éclaire la nature réfléchie des autres.

6) Les Banques

Le coeur du reproche, de la plainte, du cri, du hululement. En 2010, on a sauvé les banques. La foudre: mon dieu mais c'est bien sur, comment ai-je pu être aussi bête. Sortie de l'enfance à ce moment, la dame et sa jeunesse heureuse se trouve confrontée à DSK. Tout l'argent fut versé aux banques et non pas au peuple grec, c'est horrible, c'est du gaspillage, c'est du vol ! 

La Grèce était en défaut et menaçait l'équilibre de l'Europe entière. Devant aux banques ce qui les conduisait à la ruine et à celle de toute l'économie de la zone, des gouvernements énergiques, plutôt que de se suicider, on fait le nécessaire et sanctuarisé  ce qui devait l'être: ils ont repris les dettes à leur compte, ce qui permit à l'économie Européenne de continuer à fonctionner.

Cinq ans après, le "système" qu'on avait dit perdu se trouve merveilleusement solidifié: l'argent est là où il doit être et la ruine de la Grèce ne nous fera rien. De l'argent bien sur disparaitra, mais on l'a ré emprunté depuis, et nous nous sommes viables pour le rembourser tranquillement avec les ans. 

La dette Grecque est toujours là par contre, et devra être payée. Bien sur elle fut réaménagée, diminuée, restructurée comme on ne l'a jamais fait. Elle est parfaitement soutenable pourvu que ce peuple de fainéants s'organise convenablement. Ils paieront longtemps, mais ils le peuvent. Bien sur il y aura une TVA (tiens, un impôt qui rentre, ça va nous changer) et des retraités qui ne pourront plus faire vivre toute leur famille de chômeurs qu'ils n'ont pu faire embaucher à un travail inutile, mais bon: la vie est tragique et la pitié pour de tels voleurs n'a pas de mise. Laissons la morale aux communistes, elle leur sert. 

 

7) Le coup d'Etat en Grèce.

En plus on accuse. Par contre là on a raison: Tsipras ne voulait pas du référendum, c'est pour cela qu'il a tant tardé à faire de la "démocratie", et donc il a perdu: c'est ce que NOUS voulions. 

Le pauvre grec, acharné à sauver sa clientèle électorale, 30% de l'opinion, les fonctionnaires quoi, a du jouer ses dernières cartes, et ses mensonges se trouvant visibles, se doit de sortir du bois. Il va donc se trouver confronté à sa "démocratie": si c'est oui ciao. Si c'est non, il va assumer. Sa dictature.

Evidemment que Bruxelles veut le virer: comment imaginer le contraire?  

Au fait, l'Europe n'aime pas les dictatures: que va choisir Tsipras seul sans argent dans la pampa en cas de non? Les Russes? L'Etat Islamique ? La dame a une kalachnikov dans son talon. 

8) L'antisémitisme. 

On ne voit pas le rapport: une accusation a du faire mal, on ne veut pas associer souverainisme débile et extrême droite apparemment, bien qu'un parti souverainiste fasse partie de la coalition avec Styriza. Bref, un contre feu de la collusion brun rouge à la lutte contre l'Europe et dont fait partie la dame du Figaro. J'avais évoqué à propos de Natacha Polony l'alliance du rose fluo et du caca d'oie, et bien cela s'applique ici.  

 9) L'organisation du vote

Bien sur, les grecs résidant à l'étranger ne pourront pas voter. Trop cher, pas le temps. Cela fait toujours ça de gagné pour le communiste: on ne s'isole pas du monde pour rien, lui va en profiter c'est sur. L'appartement avec vue sur l'acropole du spécialiste de la théorie des jeux joue gagnant. 

A Dimanche ! 

14/06/2015

Les libéralismes

En bouquinant on peut être amené à faire finalement de belles et grandioses classifications, qui rendent clair ce qui se superposait avant (du moins dans ma pauvre tête).

La liberté comme principe organisateur des conceptions du monde a donné lieu à des théories très variées, qui se sont succédées dans l'histoire et qui ont données lieu à maintes condamnations et confusions variées. Il faut distinguer la dedans, distinguons. 

Droit Naturel et Utilitarisme

Ainsi, il y a  confrontation entre droit naturel et utilitarisme, et nous avons là la grande et peut être unique polémique. Dans cet enchevêtrement on va trouver tout et son contraire. 

Tout d'abord il faut mettre les Bodin et autres inventeurs du droit naturel, par exemple les espagnols de Salamanque: il existe un droit antérieur à tous les autres et cela peut profiter à tout le monde. Que la considération du sort des indiens d'Amérique ait pu donner lieu à ces réflexions doit être pris en compte. 

Puis il y eut l'utilisation des sentiments moraux pour fonder l'économie: une activité locale, motivée par ce qui suffit à l'interaction, la sympathie, se trouve capable, sans volonté particulière, de fonder et de faire fonctionner des systèmes entier. Smith en est le premier grand exemple. Une économie librement organisée, adossée sur une théorie morale qui promeut des interactions saines entre individus.  

Cette alliance local/global introduira l'utilitarisme, qui s'exprimera ensuite clairement: le bien maximum pour le plus grand nombre. De Bentham au socialisme de Mill, l'affaire fut lancée.

Cependant, cette idée de l'utilitarisme explicite est en fait différente de tout ce qui précédait. Elle constitue, très au delà de Smith, une dangereuse hérésie et d'ailleurs elle devient LE soutien rationnel au socialisme qui commence alors ses ravages obscurantistes.

Car l'homme est mauvais, et il faut qu'il veuille le bien pour que celui ci s'instaure. La lutte fondamentale contre la théorie des droits naturels est instaurée par Bentham. Nous y sommes toujours.  

Avec Walras et la révolution marginaliste, les mathématiciens arrivent avec les néo classiques en économie et une forme mathématisée de l'utilitarisme,l'optimum étant décrit par Arrow-Debreu, quoique seulement possible, toutes les autres formes de courbes l'étant aussi, ce que démontre Sonnenschein-Mantel-Debreu. 

 

Les Autrichiens

On se doit d'en distinguer les Autrichiens, engagés dans la lutte contre les interventionnistes socialistes, nazis et communistes et immigrés aux US pour ces raisons. Ils occupent une position particulière, parlant de philosophie, de sociologie et d'économie.

S'en séparent radicalement les "néo libéraux", en fait les monétaristes c'est à dire l'école dite de Chicago, libérale mais interventionniste et utilitariste, ce sont eux qu'on dénonce actuellement et qui jettent l'argent par pelletées depuis leurs hélicoptères. Ainsi, eux et les marginalistes dirigent le monde.

Pendant ce temps, les ronchonneurs de toutes obédiences, enfermés dans leurs socialismes ne font que ressasser leur médiocrité et l'impasse de tous leurs idéaux. De passage au pouvoir chaque fois ils ruinent leurs pays en attendant la correction d'après. Qu'en est il ? 

Tout d'abord il faut savoir que le courant "utilitariste" (auquel on peut rattacher tous les tenants des optimaux) est extrêmement large et couvre tous les calculateurs depuis les adeptes de la théorie des jeux, en passant par les anticipations rationnelles ( l'utilité non pas du bien, mais de la probabilité du bien).

Cette identification de la description et du calcul en fait, à mon sens inéluctablement, un socialisme c'est à dire une décision calculatrice, acharnés à mijoter son "plan" global pour le bien général. 

Il n'y a pas de bien général calculable. Il n'y a que la volonté humaine libre de se détruire ou de créer, elle en a le droit absolu. 

Et bien il faut en revenir aux Autrichiens. Ils couvrent tout le spectre de la réflexion humaine et sont à l'origine (non pas eux, mais leurs élèves et enfants) des vraies innovations anarchistes de l'absolue liberté, celle sans aucune espèce d'état d'autorité ni de "régulation" organisée.

En cela, l'anarchisme total politique et économique (improprement appelé "capitaliste", d'ailleurs)  reste un sommet incontournable de la pensée humaine. S'en départir est indigne et ne peut être toléré que de manière provisoire.

Vive la Liberté ! 

 

 

 

 

 

06/06/2015

La Gnose

Puisque nous y sommes, une belle classification à l'emporte pièce, comme je les aime et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. 

Les deux voies

Il existe deux sentiments fondamentaux de l'esprit, irréconciliables et clivants, et qui divisent et classifient les intellects: ils se distinguent par leur appréciation de la bonté des êtres. 

Ceux qui croient en gros que l'homme est mauvais sont des gnostiques, héritiers d'une soit disant connaissance du monde, qui ne s'expliquerait que s'il avait été crée par un être inférieur, et qu'il faut connaitre cette réalité pour accéder après macérations à un ineffable et irresponsable état de fusion avec lui.

Les autres, les naïfs, croient en la liberté et se sentent innocents eux et leur Dieu de tout le mal du monde, qui n'est que ce qui permet d'espérer autre chose, à construire et à inventer. Ils aspirent à la divinité absolue et plus que ça sont marqués par un exemple bien connu que comme quoi c'est possible.  

Cette division enjambe bien sur les athéismes variés et alors que l'on peut ranger l'Islam, les bouddhismes, les communismes et autres nazismes, bref la gauche, dans le camp de l'horrible gnose, et bien les libéralismes et leurs variantes ultra, les franciscains, et tous les anarchistes absolus, ceux qui préfèrent l'erreur libre du désordre nécessaire que l'on peut corriger à la vérité indécidable qui ne peut qu'opprimer sont de vrais et pur chrétiens, seuls habilités à échapper aux buchers nécessaires.

La gnose

La gnose est structurée par de multiples principes que l'on retrouve partout.

D'abord, le plérôme. L'ineffable Dieu, bien sur au dessus, est totalement et irrémédiablement transcendant, c'est à dire inaccessible et intouchable, donc, à proprement parler suprêmement existant, c'est à dire à caractériser en permanence comme tel. On trouve là le "alaouakbar" et l'affirmation du communisme final inéluctable que la communauté des crétins n'arrive pas à se sortir de la tête. 

De ce sommet émanent des esprits variés, tous issus successivement par émantation d'une sainte et inévitable hiérarchie. On trouve là les fameux cieux, le septième étant (mal/bien) connu; Mahomet les escalada comme de juste, et la subtile distinction entre staline(méchant) et trotsky (bon), entre montebourg (bon) et macron (méchant) en donne un excellent aperçu. L'un d'entre eux, se trouva pris de l'envie de créer le monde, un autre, le dixième suivant Avicenne et d'autres, devint le fameux intellect agent. 

Cet esprit là resta bien sur seul. On trouve là l'esprit unique des arabes et de toutes les mystiques du monde, celui qui serait commun à tous les hommes et qu'il convient de rejoindre en abolissant la funeste illusion de notre individualité, pur sentiment issu de notre sale sexualité. C'est la théorie du "maudit Averroes" que le moyen âge occidental s'acharna à détruire et avec succès, ce qui nous fit gagner dès cette époque le fameux choc des civilisations.  

Viennent alors les pratiques nécessaires à cette belle conception  du monde. Car il faut donc s'en plaindre, de ce monde malfaisant, et ainsi de le meurtrir et de le vexer. De là les nécessaires soumissions aux polices variées de la pensée supposées corriger l'infirme corps (sans esprit propre) issu de la terre maudite. Partout autorités et contrôles, et processions en l'honneur du mal. 

Depuis les tours de la pierre noire pour lapider le diable, les fronts ensanglantés en souvenir d'Hussein, les défilés en souvenir de l'esclavage, les moulins à prières des lamas, les "je suis charlie" pour fêter des juifs assassinés. Toutes les marches de zombies, tous les rites, toutes les marches blanches, tous "les plus jamais ça" sont gnostiques, et ignobles. 

La liberté

Il faut lui opposer son contraire exact, directement issu des merveilleuses spéculations chrétiennes: la liberté absolue du divin, généreux et libéral au point de prévoir dès le début des temps de faire fusionner avec lui des poussières d'espace issues du hasard, de son propre principe, donc. L'immense communauté de tous ces individus libres s'appelle le monde.

Individus libres ? Oui, car sinon créer le multiple n'aurait rien signifié et Dieu l'éternel aurait perdu son temps ce qui est un comble, ça c'est de l'argument métaphysique.

Pour compléter la chose et passer à l'absence du surnaturel (il n'est pas nécessaire), le principe d'un monde à la fois absolument libre et totalement nécessaire (là par contre il l'est) c'est à dire spirituel, c'est à dire mathématique, celle ci prouvant par a + b le hasard fondamental dont l'espace des possibles est suffisamment grand (il a, et oui, toutes les complexités) pour garantir le libre arbitre le plus étendu qui soit. Bref, le confort. 

Confronté à cette admirable, aimante et optimiste conception du monde, en plus établie et prouvée par une tradition millénaire inventive à l'origine de toutes les sciences dignes de ce nom, on ne peut que se réjouir de l'infini des distractions qu'elle nous procure. 

Vive la Liberté! 

 

Les références:  Jonas

On ne peut que citer Hans Jonas et le "principe responsabilité", dont la thèse (sous Bultman) décrivait la gnose comme je le fais. Il s'opposerait ainsi au dualisme gnostique, la haine du monde étant celle portée par la technique triomphante. Décrivant la liberté comme ontologique (tiens tiens y a du Duns Scot ici), il y a associe (à mon sens de manière contradictoire) la notion de responsabilité qui doit la limiter, la notion de finalité la complèterait. Mieux, la liberté de l'homme est pour lui ambivalente (suivez mon regard).

De fait, les écologistes qu'il inspire se trouveraient ainsi anti gnostiques. Tu parles: c'est le contraire, en fait ils haïssent l'humanité, c'est à dire la part naturelle de l'humanité, soumise aux conséquences de ses actions et donc partie libre de la nature, ce qu'ils ne peuvent tolérer. C'est ains Jonas et ses sbires qui sont gnostiques et dualistes, et qui veulent vaincre les forces du mal qui ont crée le monde méchant. 

16/05/2015

Le ventre de la méditerranée

Au sujet de l'intervention à "ce soir ou jamais" de Fatou Diome. 

https://youtu.be/xgZ0LcMUghA

Fatou Diome est un écrivain Français auteur d'un livre à succès remarquable : "le ventre de l'atlantique". 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fatou_Diome

Je me permettrais de le commenter en détails. 

D'abord elle s'oppose avec véhémence à un néerlandais, auteur d'un livre sur la nécessité des frontières. Très prolixe, avec un ton accusateur elle semble (ce n'est pas très clair, car elle ne propose pas vraiment) affirmer la nécessité de l'immigration en général (elle semble l'assimiler à l'immigration Africaine). 

Le ton peut paraitre insupportable, ou entraînant, bref un véritable (et intéressant) spectacle à double interprétation. Un pur concentré d'incitation à la haine, entre ceux qui écoutent. Plutôt que de m'étendre sur cet aspect, on verra après, regardons le discours, il a un contenu. Je me permettrais de le contrer systématiquement. 

1) D'abord le passage a un cout: 1500/ 7000 euros. Cet effort serait à la hauteur d'une nécessité vitale que tout le monde manifesterait, par solidarité envers ceux qui peuvent faire cet effort. Une accusation alors est portée vers le "monsieur" , qui lui ferait pareil, ce qui justifie le comportement globalement.

En réalité, une infime partie du tiers monde (l'immigration transcontinentale ne concerne que des petits groupes de personnes, minoritaires partout) considère normal de se ruiner eux et leur familles (les sommes représentent des années de revenu) pour tenter de faire passer un de leur représentant en lui faisant prendre des risques qu'ils ne mesurent absolument pas. 

Ces groupes familiaux (des villages saisis par des rumeurs, on l'a vu au Sénégal par exemple) sont ainsi plutôt fortunés et mettent en oeuvre avec ces migrations des stratégies, non pas de survie (ils disposent de l'argent du passage, qu'il pourraient utiliser pour investir ou consommer sur place), mais d'expansion familiale, l'envoyé se devant de se montrer solidaire après. C'est le sens du mot "solidarité" utilisé par Fatou Diome: le devoir du à la famille étendue dont on est l'envoyé, le soldat. 

La croyance au succès de l'entreprise est issu de superstitions et de légendes colportées dans des milieux à l'écart des circuits normaux d'information. La force de la rumeur auprès des décideurs du voyage (des autorités familiales diverses, à la fois incultes, autoritaires et calculatrices fait tout: le contraire exact de la trop célébrée sagesse rurale africaine).

L'argent du passage enrichit des organisation criminelles qui les escroquent, qui les mettent en danger, qui les exploitent de toutes les manières possibles. Battus, violés, noyés, ils continuent avec une constance qui ne peut qu'apparaitre pathologique. La vérité est que l'injonction familiale à réussir le passage est très forte, et dépend des cultures et des volontés locales. 

Cela a été fait, et se trouve recommandé par bien des associations internationales, et cela a réussit avec l'Espagne pour ce qui concerne les voyages suicidaires vers les Canaries: il faut absolument convaincre ces familles, sur les lieux de départ de l'inanité et de la dangerosité du passage. Ce principe général (convaincre de ne pas) est à l'origine d'actions et de discours tenus par des africains, ex migrants ou non; leur message est "NE VENEZ PAS" ! 

Le discours de Fatou Diome, qui quoiqu'elle en pense, justifie et encourage la revendication à venir se trouve donc irresponsable et, on peut le dire, criminel. Le fait que ce discours soit tenu avec véhémence ? On verra après. 

2) Les cerveaux blancs et noirs sont identiques et elle le proclame, l'allusion au fait qu'on pourrait trier les noirs suivant leur utilité la révolte. Enfin pas tout à fait, car il n'y a pas de travaux inutiles : elle est demandée dans les congrès tandis que son frère "par exemple" dans le bâtiment, lui, sera utile, quoiqu'on en dise. Bref une charge contre les quotas au nom de l'égalité.

La thèse est intéressante, et sa justification aussi. Elle fait fi de la liberté des nations à édicter des principes d'organisation de leur économie et condamne en un seul geste les politiques d'accès à leur territoire de pratiquement tous les pays occidentaux, dont la France.  La proposition d'abandonner ces politiques semble au bord de ses lèvres, mais elle se contente de condamner moralement leur mise en oeuvre, avec véhémence mais on verra après. 

3) Ensuite le droit humain, la revendication au nom de l'égalité des hommes à voyager ou bon leur semble. 

La dame dit beaucoup voyager et rencontre partout des européens qui ont "le bon passeport", et qui donc auraient tort de vouloir empêcher des Africains de faire de même. 

L'ignorance de l'usage qu'un passeport s'obtient, ainsi qu'un visa, et se trouve devoir être visé par des représentant de l'Etat qu'on visite (des douaniers) semble avérée. Pourtant la dame voyage: serait dans les avions privés, peut être mal acquis, de représentants diplomatiques qui lui ont fait ces formalités à l'avance ? Le terme "bon passeport" qui s'applique donc au fait de ne pas en avoir du tout semble la ravir. La véhémence de l'utilisation du terme ? On verra après. 

4) Quelques chiffres. La dame, lettrée est aussi chiffrée. Elle fournit à notre intelligence 2 chiffres faux. Gravement faux. 

D'abord que l'Afrique croit à 10% par an et se trouve être dominée par "vous" (nous les blancs sans doute). La chose est fausse: ravagée par les guerres et la corruption, l'Afrique ne se développe pas, au contraire : elle perd pied dans la mondialisation. Même sa croissance démographique est suspecte ! 

Ensuite qu'en Europe, 40% de la natalité est due à l'immigration. La thèse est plaisante, mais fausse. La population de l'Europe continue de globalement vieillir est sa population à terme va diminuer. L'immigration Africaine comme solution au problème, qui revient à la théorie du grand remplacement, merci madame de nous la proposer, n'est pas encore officiellement acceptée; il se pourrait au contraire qu'elle soit combattue... 

5) Bref la véhémence chiffrée, tout comme les autres, tombe à plat, c'est le moment d'en parler. De deux manières: 

a) Toute la stupidité gluante d'un termite revendicateur hystérique est visible à l'oeil nu. De quoi enthousiasmer certains, c'est vrai, car la véhémence convainc quand l'antiracisme veille en silence; de quoi révulser d'autres, d'autres discours très dangereux et violents se nourrissent de cette véhémence. En bref : un véritable appel au meurtre des noirs ! 

b) La véhémence est similaire et de même nature que celle de Christiane Taubira (le tract ambulant du front national) et de Calixte Beyala (l'ex maitresse de Drucker). 3 femmes noires éduquées hystériques dont la simple présence noue une audience, avec plaisir et révulsion. Un spectacle, un concept, un monde, que dis je un océan, un univers.

Que faire sinon n'en penser pas moins et arborer un sourire peiné ? 

10/05/2015

Duns Scot Docteur Subtil

Docteur Subtil

Le docteur Subtil est le philosophe objet de mes désirs. 

L'individuation

La question est l'individuation, question centrale s'il en est. Pour faire court, on est là au coeur de la dénonciation du "maudit Averroes" pour qui l'intellect est commun à tous les hommes. 

Au fait, Scot écrit après la grande condamnation : celle de l'évêque de Paris, Etienne Tempier, en 1277, contre les partisans d'Averroes, rue du Fouarre.

Le salut étant individuel, le  bienheureux Scot se doit de prouver absolument l'individuation absolue,  l'ultima solitudo de l'homme. Il prend la question comme il se doit, du point de vue "ontologique". 

L'Haccéité (terme que Scot lul même ne mentionne pas, ce sont ses disciples) est la chose merveilleuse qui fait l'individu, l'essence singulière.

D'abord, il y a bien des solutions au problème de l'individuation: par la négation (l'apophatisme d'Henri de Gand), par l'existence, par la quantité, par la matière (Thomas d'Aquin), par les accidents (Avicenne).

Quand on dit par la matière, on pourrait dire par son union avec la forme, la composition des deux étant le candidat aristotélicien principal (l'hylémorphisme) à l'explication de l'individuation.

Aucune ne convient à Scot. Il n'y a que l'essence singulière. 

Un point intéressant: Dieu, singularité absolue n'a pas besoin de cette chose là, car infini en acte, c'est à dire infini, en ce qu'on ne peut rien lui ajouter. 

Bon, arrive la notion de distinction formelle, entre les formes (à la différence de celle entre les choses, on dira "a parte rei", du coté des choses). Il y a une distinction du troisième ordre entre formalités (réalités), et qui distingue, tout en restant formelle, la nature "commune" de l'"essence singulière" celle ci n'étant commune à rien car strictement individuelle. Cette distinction là la rend possible. On notera aussi la distinction entre une forme et son mode, (entre la blancheur et son intensité), l'essence singulière n'étant ni un mode, ni une nature et se distinguant du reste d'une manière spéciale.

Le "a parte" se dit aussi pour ce qui concerne l'éternité dont on distingue "a parte ante" et "a parte post".

L'Ontologie

Scot décrit une ontologie: il explique ce qu'il y a et comme c'est. Plus qu'une vision du monde, une vision de ce qu'est le monde. 

Ainsi, entre la physique qui s'occupe des choses, la logique qui s'occupe des concepts, il y a la métaphysique qui s'occupe des natures. 

L'être (ens) est ainsi une nature commune à toutes les choses y compris à Dieu; mais absolument simple, il n'est pas un genre (cela voudrait dire qu'il a des espèces), il est  univoque et s'applique, de la même manière à Dieu et aux créatures. Pour Aristote, au contraire, l'être se dit "de multiples façons", les étants étant similaires par analogie uniquement. Pour Scot, il se dit de la même manière dans tous les cas, il est univoque.

Comme pour Avicenne, "l'être se dit en un seul sens de tout ce dont il se dit". Le concept d'être se prédique de tout, il renvoie toujours à la même réalité, et l'être est présent dans toutes les essences. 
Le concept d'être est le premier objet de l'intellect.

Dans ce cadre, Dieu est "ens infinitum", l'étant infini au sens de infini en acte (et pas en puissance) dépassant déjà toute grandeur concevable au lieu d'être infiniment extensible ce qui est une marque insultante d'imperfection.

Car Scot est un théologien, et se distingue des philosophes en ce qu'il décrit AUSSI l'intellect des hommes avant la chute, ou après le salut futur, la situation actuelle étant qualifiée de "pro statu isto".  

Scot appelle les les "passions de l'être", ses déterminations (fini/infini, crée/incrée, nécessaire/possible). L'être de ces transcendantaux n'est pas univoque, ils sont distincts mais formellement. 

Il distingue ainsi définition de Dieu (Dieu est Simple) et description (Dieu est composé d'essences formellement distinctes).

Il semble pourtant bien que pour Scot, la notion d'Etant est antérieure à celle de Dieu: il y a bien une métaphysique indépendante de Dieu, hors de l'onto-théologique à quoi s'en prend Heidegger.

Scot et Aquin

Thomas d'Aquin est le philosophe de l'Eglise Catholique, le "docteur angélique", le grand moyen âgeux. Et bien il faut savoir que Scot le contredit en pratiquement tout. Les différences sont innombrables.

Par exemple la relation entre la faute originelle et l'incarnation: pour Aquin, sans faute, pas d'incarnation, alors que Scot soutient le contraire: l'incarnation est le but de la création, et se trouve indépendante de la chute des anges et des hommes. 

Au sujet de  l'individuation par la matière, défendue par Aquin, elle implique que l'âme (ou du moins certaines de ses parties) après la mort n'a pas d'individualité ! 

Une autre est l'équivocité de l'être:  Aquin suit Aristote et Scot proclame que l'être est univoque: Dieu et l'homme sont identiques de ce point de vue.  En résumé il n'y a qu'un seul Etre, celui de Dieu et celui de la pierre.

Une autre encore est que Dieu pour Scot n'est pas un moteur (primum movens), mais un être premier (primum ens). Encore une critique d'Averroes. 

Encore une autre: la liberté (et la volonté) sont supérieure à la raison. La volonté impose la contingence et de ce point de vue Dieu et l'homme partagent volonté et liberté. L'argument, limpide, est qu'il ne peut y avoir de contingence du tout s'il y en avait pas à l'origine, or il y en a... 

Encore plus: les anges; pour ce qui concerne la matière (ici une forme d'être) Scot considère qu'il y en a dans toute création, à rebours d'Aquin. Par exemple, les anges pour Aquin, n'étant pas matériels, ne seraient pas individués (il soutient que les anges sont des espèces). Ils le sont pour Scot.

La matière par ailleurs est en acte (et non pas seulement en puissance pour Aquin). Scot, nie donc l'hylémorphisme: la matière est indépendante de la forme, elle est crée séparée, immédiatement par Dieu. C'est un argument, car Dieu ne peut créer des choses imparfaites.

Encore: pour Scot Dieu est d'abord juste, puis ensuite Bon, de par sa volonté. Pour Aquin c'est l'inverse, la Bonté est prédominante. 

Encore: Scot pense possible la pluralité des mondes alors que pour Aquin il n'y a qu'un seul monde. 

Encore: le mariage pour Scot a d'abord pour rôle d'assurer la filiation puis de lutter contre la concupiscence. Mieux: cette question de la filiation prioritaire permet à Dieu de déroger (car il fait ce qu'il veut) à la règle de la monogamie et aussi de l'interdiction du divorce ! D'autre part, l'accouplement charnel, pas plus que le sommeil ne peut être rejeté comme une perte momentanée de la raison. Mieux, contrairement à Augustin, Scot affirme que le péché originel, propre à la nature humaine n'est pas transmis par l'engendrement copulatoire. 

La question du baptême des enfants juifs. Aquin était contre, au nom du droit naturel. Scot lui argumente pour, la seule chose en sa faveur étant de recommander aussi le baptême forcé des parents (minis et terroribus).  Il reste ainsi un défenseur de la liberté absolue du prince, intermédiaire hiérarchique entre Dieu et les hommes. 

A sa décharge, Scot refuse l'esclavage alors que Aquin l'accepte dans le droit des gens, pour Scot il est contraire au droit naturel. Note en passant: Scot est contre l'esclavage et aussi contre l'hylémorphisme, dont la forme est précisément celle de la marque sur le corps de l'esclave; belle cohérence.

La preuve de l'existence de Dieu, selon Scot ne peut se faire de manière inductive, au contraire d'Aquin. Scot fait donc de la théologie une voie de connaissance particulière, fonction de la révélation et distincte de la philosophie, ce qui est le contraire de la thèse d'Aquin. 

De plus, la théorie de la vérité comme illumination par Dieu est refusée par Scot: la vérité de Dieu lui même ne pourrait pas être obtenue de cette façon, donc...  

Au passage le débat entre Avicenne et Averroes. Alors que tout le monde s'accorde pour hiérarchiser les sciences (physique, métaphysique,théologie), Averroes prouve Dieu dans la physique et en fait un moteur, ce que rejettent évidemment Avicenne et Scot. Ainsi, une science ne peut étudier une réalité et sa cause, et la science de l'être se doit de démontrer Dieu et donc de le localiser dans la théologie. 

Pour Aquin et Aristote, "liber est causa sui". Cela est rejeté par Scot, rien ne peut causer l'acte volontaire.

Il faut aussi rappeler que Scot, auteur de la doctrine de l'immaculée conception convainquit son monde par le concept de "rédemption préemptive", ce qui est bien trouvé: "Dieu pouvait préserver sa Mère du péché de la race, il convenait qu'il le fît et il l'a fait" (Deus potuit, hoc decuit, autem fecit). Il étant d'ailleurs la chose à tous les justes du passé. 

Le droit naturel est celui d'avant la chute, quand les biens étaient d'usage commun. Après la chute, il faut un contrat social et le droit de propriété. On a ainsi la volonté du juge et aussi l'adaptation aux cas particuliers, c'est l'éthique franciscaine. 

Il y a ainsi historiquement un conflit séculaire dans l'Eglise entre Aquin et Scot, le vainqueur historique étant Aquin, et cela fut rappelé récemment (1879), ce jusqu'à la béatification tardive de Scot (1993).

Comme tous les franciscains (Olivi, Bonaventure) Scot est conventionaliste pour les sacrements et pour la puissance royale, et la volonté absolue des souverains, Dieu, l'homme, le prince prime comme convention. On a donc simultanément, et pour ces raisons, absolutisme et droit individuel subjectif.

La nature commune

On a dit que Scot fit la synthèse Augustin/Avicenne, mais aussi que c'était plutôt Henri de Gand, le conseiller de Tempier en 1277. Par contre, Scot reprend la notion d'essence d'Avicenne: equinitas est tantum equinitas.

Par contre, Scot en fait une réalité: la fameuse "nature commune", différente formellement de l'essence singulière, qui décrit aussi la nature divine trinitaire des 3 hypostases unies dans une seule singularité ! 

Cela donne ainsi une solution originale au problème des universaux, Scot étant un réaliste de l'essence commune et un conceptualiste des universaux, ceux-ci restant dans l'intellect. 

En gros: la nature commune est individuable et non prédicable tandis que l'universel est non individuable et prédicable. Entre la chose et le concept, la nature, l'essence antérieure à l'existence. 

Les autres: ce qu'on en a dit

Les ennemis scolastiques de Descartes, c'est Scot. Il prétendait qu'il y a des vérités éternelles indépendantes de Dieu, alors que Descartes attribuait la vérité des mathématiques à Dieu! 

Au fait, Heidegger fit sa thèse CONTRE lui, en fait contre un écrit a lui faussement attribué: il n'empêche, il dénonce Scot comme le créateur même de la fameuse onto-théologie. Les aquinates (sans parler des post aquinates) trop contents, soumis à l'injonction de H. l'en chargent donc. Le point est la distinction essence/existence, rejetée par Avicenne et Scot (pour eux l'essence précède l'existence, bien sur) et assumée par tous ceux avant, ce qui innocenteraient les grecs de la fausse (et infâme) accusation de H. 

En réalité, l'histoire romancée de la métaphysique fait par H. est largement caduque... 

Simondon avec sa pré-individualité très "nature commune" est clairement un scotiste anti hylémorphiste. Il va même jusqu'à individuer les objets techniques.

Pour finir, Scot est sans doute le plus extraordinaire philosophe qui soit. Célébré par Harendt, par exemple, il est sans doute un inventeur de la Liberté, la plus belle chose qui soit au monde, partagée par Dieu et les hommes, et c'est un théologien qui nous le dit !

Pour finir

Il passa son baccalauréat en 1304 à Paris. La légende dit qu'il aurait été enterré vivant à Cologne en 1308.

Bref, ce type est le théologien anarchiste le plus déconnant qui soit. Vive les franciscains ! 

 

 

P.S. Contrairement à ce qu'affirme François Loiret, le remède à la concupiscence est une fin seconde du mariage catholique dans le canon de 1917. Scot était en fait en accord avec Aquin sur cette question, sa position sur l'aspect contractuel du mariage étant simplement plus affirmée que celle d'Aquin.  

La Volonté (add.)

La question de la volonté chez Scot. D'abord Aristote: il y a la puissance et l'acte, et rien n'est mû sans moteur, le passage de la puissance à l'acte supposant un être déjà en acte. Scot, comme Henri de Gand font une exception à cela: la volonté. Cependant, la volonté de Scot reste volonté de quelque chose, ce qui la différencie de celle de Gand. La volonté est libre et aussi désir, telle est la subtitlité et la complexité du problème, qui est celui de l'Amour.Pourtant sur ces points Scot a évolué et s'est rapproché de Gand, la volonté devenant puissance rationnelle.

 

03/05/2015

Irrationnel

Il y a de l'irrationnel dans l'air. Je veux dire que dans les communications entre les hommes, alors que la raison a pour raison de fluidifier les dires en rendant acceptable ce qui est dit, il apparait trop souvent, hélas, que ce qui soit dit soit inacceptable parce qu'absurde, et ceci avant même d'être à proprement parler faux. 

Le fait est que des habitudes ont été prises. Une nouvelle philosophie Française, disponible pour cette génération sur Youtube et autres, sans parler des articles, compte rendus en ligne etc, me semble aller dans cette belle direction avec un enthousiasme et une naïveté confondante. Tout le monde n'est pas dupe, bien sur, mais tout de même: même moi, pauvre ignare lecteur d'internet, les bras m'en tombent. 

D'abord Jean Luc Marion. Disert sur KTO, il est clair, un super bon prof, y compris de ses propres théories. Le problème c'est qu'elles sont totalement déraisonnables.

Au delà de la science traditionnelle, il y aurait ainsi les phénomènes saturés, ce qui se soustrait au principe de contradiction et qui établit donc le monde comme soumis au principe d'irraison cartésien, justification de l'existence de Dieu en gros, ou du moins de l'existence des choses irraisonnables dont fait partie Dieu. Le plus marrant, dans ce tissu d'absurdités est que le concept est explicitement exclu (ce qui fait l'originalité du système) dans une magnifique conceptualisation déguisée portant noeud papillon et pipe. 

Au passage les phénomènes (la phénoménologie étant la pensée des nouveaux objets, ceux que l'on obtient en détruisant les concepts et qui donc ne sont plus des objets) sont "donnés". Le "es gibt" allemand, célèbre jeu de mot, faisant de la péri phrase "étant donné que", la justification des dons gratuits que l'on se doit de faire aux migrants en goguette. 

La "donation" devient donc la source de tout. Une pensée contradictoire, par exemple, est un donné, tout comme Dieu d'ailleurs. Une splendide théorie de l'amour est alors produite et qui très justement substitue l'amour à la pensée, ce qui permet au passage de faire fi de la démocratie, l'égalité et la liberté étant forcément abolies par l'amour, on doit faire avec ce qu'on a. 

Cette histoire de l'éthique comme abandon du rationnel ou de l'ontologie en général, est une veille idée de phénoménologiste. Heidegger apparait, l'immense génie qui réussit à force d'obscurités à persuader ses étudiants juifs et toute l'intelligentsia occidentale que l'on pouvait appeller "Etre", bien mieux que Dieu, car lui, non existant, le vieil esprit germanique pré historique, garant de la nécessaire extermination de la judenmacht. 

Marion, élève de Derrida, mais catholique de l'Académie Française, est donc un grand philosophe Français. 

Il y a plus jeune. Quentin Messailloux, adulé au delà du possible par le dinosaurien Badiou, proclame bien mieux et en fait dans la même veine de la proclamation cartésienne de l'irraison du monde (Dieu fait absolument ce qu'il veut avec les lois de la nature) affirme donc la nécessité de la contingence, c'est à dire qu'il n'y a qu'une seule nécessité, l'absolue irraison du monde, et donc son absolue contingence arbitraire.

Une fois cela posé, tout est possible, y compris la résurrection des morts, et la révolution, voire un Dieu à venir. Cette splendide ouverture vers le n'importe quoi, pourtant justification du principe de contradiction lui même, exposé en détails dans les cours que le petit Quentin a séché à normale est revendiquée, considérée comme géniale et vendue à l'export. Pas mal. C'est moins dur à comprendre que Derrida, mais l'effet est le même: une gauche pleine d'espérance est au travail. 

Au passage je suis très reconnaissant à tous ces beaux esprit de m'avoir fait voyager au pays de l'Esprit: ce fut extrêmement distrayant.

On remarque tout de même que le penchant vers le religieux est particulièrement net, serait ce la mode? 

La description de Messailloux de la genèse des poèmes de Mallarmé, à savoir l'ambition de Hugo et Lamartine de fonder une nouvelle religion basée sur les cérémonies théâtrales et poétiques illustre magnifiquement la genèse de cette gauche.  Née pour le malheur du siècle dernier, dans les convulsions de la révolution française, elle fut d'abord une volonté irrationnelle religieuse, cette même cochonnerie qui  nous ronge à nouveau.

A bas la calotte ! 

 

Comme référence à mes autres lectures, celles qui m'immunisent contre tout cela pour l'instant, on peut citer d'abord une certaine anthropologie, celle d'un Marcel Hénaff pour qui le don c'est d'abord une structure triple, où le symbolique joue un rôle essentiel, ce qui permet de faire justice aussi bien du mimétisme de Girard que de la donation aveugle de Marion.

Pour préciser au sujet de Messailloux, il maintient tout de même le principe de contradiction dans sa contingence généralisée, comme quoi il y a des limites à tout. Il démontre cependant son irraison à partir de la non nécessité de la physique qui nécessiterait sinon un créateur "intelligent" (pas mal l'argument déiste, on dirait saint anselme).

Alors qu'on pourrait au contraire imaginer une immanence  de la nature sur la base d'une mathématique décidable (ou non, qu'elle importance) qui imposerait nécessairement le surgissement de la nature depuis le vide. Celle ci deviendrait alors purement spirituelle, c'est à dire constituée de la nécessité logique de se manifester telle qu'elle est, toutes les constantes étant démontrables et toutes les forces logiquement nécessaires. Voilà ma théorie, bien mieux que Descartes ! Quand au fameux indéterminisme, le hasard qui permet de prédire le réel avec 7 chiffres après la virgule, il est bien au contraire gage de la variabilité du monde, il ne faudrait tout de même pas que l'on puisse aussi décider de l'instant de la création. 

Il ne faut oublier Philippe Murray: le "XIX siècle à travers les âges", description de l'irrationalisme mystique de la gauche depuis son origine pour faire justice de ce qu'il y a derrière tout cela: l'effroyable arriération de la moitié de l'humanité, poussée du col par sa folie malgré ce qui heureusement avance et invente vraiment et qui continue de faire de moi un incurable optimiste: les méchants ont tort ! 

25/04/2015

Je suis un sale Réac

Ce titre m'accable mais il correspond à ce qui fait mes réactions à la triste réalité qui m'afflige jour après jour, du fait du passage de l'actualité. Ses éléments, la plupart navrants, tiennent moins aux faits qui restent ce qu'ils sont, que des réactions à ces faits, toutes plus absurdes, honteuses et révoltantes les unes que les autres. 

Comment puis je moi, qui ne suis qu'un citoyen finalement assez ordinaire, me trouver en déphasage à ce point avec (presque) toutes les opinions communes qui s'expriment ? Serais je vieux ? Déjà mort ? Habitant sans le savoir de la planète Mars ? Non, je suis un sale Réac. 

D'abord je ne respecte rien, intérieurement, de ce qui fait l'habituelle politesse. Une cérémonie d'anciens combattants ? Je n'y vois que la faiblesse physique et mentale de vieillards survivants, qui célèbrent hypocritement leur propre déchéance, en faisant semblant de révérer la jeunesse de ceux qui sont morts et qu'ils méprisent comme tels. Ignoble. Coprophile, littéralement.

On continuera avec les génocides, juifs, arméniens, rwandais: leur célébration "pour ne pas que ça se reproduise", me dégoutent tout autant. Une célébration, par définition, c'est pour, justement, que CA se reproduise. Ce que veut la célébration, c'est que CA recommence, la célébration ou bien ce qui est à son origine. Bref, le sacré me débecte et tout ce qui s'y rattache aussi. Je méprise, et refuse tout cela. 

Ce dégout va loin: il s'applique à la moitié de l'actualité depuis la petite machin qui a disparue, s'est faite violer, jusqu'aux victimes de toutes les cruautés du monde, dont je ne supporte plus la célébration des souffrances et dont je me fous par définition. Le moralisme activiste qui généralise des faits divers soit pour mieux excuser (l'immigration) soit pour mieux accuser (la société imprévoyante) me révulse systématiquement, toujours au contraire du bon sens. Le mien. 

La célébration indéfinie de ces meurtres, de ces violences à éviter devient invivable et constitue littéralement l'actualité. Ce n'est pas Charlie Hebdo qu'il faudrait pour vomir et ridiculiser toutes ces horribles hypocrisies mais bien plus fort: la célébration directe, honnête et cannibale du bien que cela nous fait de voir tout ce sang! Le culte de la violence effective, que l'on pourrait provoquer de manière à en jouir plus intensément. De la vraie barbarie, quoi, de la puissante ! 

Que dire des drames présents? Les migrants noyés, ou ceux qui ne peuvent se doucher faute des subventions payées avec mes impôts, et destinées à compenser l'imprévoyance des voyages aventureux dont ils refusent d'assumer les conséquences, que dis je, ils s'en plaignent. Et bien je  méprise ces voyageurs impolis. Leur sort, leur vies qu'ils estiment devoir se dérouler où ils le désirent m'indiffère totalement. Je n'ai que faire de leur noyade et réprouve leur saleté qu'ils n'ont pas les moyens (hors les milliers d'euros qu'ils versent à leurs maîtres esclaves) de nettoyer enfin. Des lâches, fils de petits bourgeois du tiers monde, assommés du porno occidental qu'ils consomment du fond de leur trou de ploucs minables, impuissants à réformer leur sociétés barbares, ça c'est du Céline ! Qu'ils repartent chez eux, qu'ils meurent, je m'en fous. 

Car on en vient donc à ce qui fait le réac, son racisme. 

Les peuples sont ce qu'ils sont, j'ai voyagé, je les ai vu chez eux, et j'en ai conçu ce que tous les hommes normaux conçoivent aisément: la diversité des géographies, des usages, des coutumes est par essence respectable et doit être respectée et ce d'autant plus qu'elle s'exerce en responsabilité, chez soi. Je regrette les colonisations inutiles et ruineuses, elle ne servirent à rien sinon à perturber brièvement l'histoire et à distribuer des médicaments qui multiplièrent les vies plutôt que de les améliorer. 

Transposée ailleurs cette diversité est par essence conflictuelle: sans égards, elle outrage ce qu'elle ignore et ce qui l'ignore. Il s'agit là d'un fait inéluctable, présent partout, et qui constitue une attitude humaine que l'on peut qualifier de fondamentale. La violer génère le conflit. Ce qui est normal ici est méprisé là.

La polygamie, le préjugé de séparation vis à vis des femmes, manger avec ses doigts, la circoncision. Des manies étranges dont il faut comprendre et respecter les pratiques sur les territoires qu'on a renoncé à réformer. Des pratiques infâmes et méprisables qui déconsidèrent, déshonorent et rendent à jamais incompréhensibles les hommes qui s'y livrent hors des territoires où cela est accepté. Des gens qu'on ne peut qu'utiliser, dont on se méfie, dont on ne veut pas les femmes. 

Les femmes ? Parlons en. Les usages sont multiples. Un point commun à toutes les cultures (elles sont nombreuses) qui ne promeuvent pas explicitement la monogamie stricte: la filiation n'est pas familiale et se fait par le père exclusivement; cela se fait via une structure dit patriarcale, dénoncée à tort exclusivement en occident: la femme n'a pas de droits, pas de filiation, pas d'intérêts. On la baise et elle accouche, c'est tout. La captive propage la vraie existence, celle des maitres, ou du moins du petit nombre (très petit) de ceux qui auto proclamés maitres, exercent un pouvoir sans limite sur les sexualités et les richesses de leur esclaves, tous les autres ceux dont la race faiblarde (hélas je suis un peu raciste) fait qu'ils ne se révoltent pas. Car il n'y a pas que les femmes qui sont esclaves de ces belles cultures, les hommes aussi bien sur. 

Il y a malgré cela les exotiques moeurs de la "nouvelle guinée" ou tout est renversé et où l'homosexualité règne, pour le plus grand bonheur des spécialistes de la future filiation occidentale, enfin non paritaire. Ils contredisent en tout mon racisme, bien qu'en quantité faible, mais cela n'a pas d'importance, évidemment. 

La circoncision? Parlons en. Au contact du judaïsme et des juifs, je sais très bien que le rite sépare et que les occidentaux juifs, naïfs ou madrés, méprisent secrètement les impurs barbares au pénis fromagé. Ils ignorent qu'au delà des nazis qui déculottaient les écoliers, les occidentaux chrétiens pas tous saisis par les rites de purification américains, considèrent indigne que l'on puisse se livrer à des mutilations sexuelles. Oui les chrétiens se sont séparés, païens, des juifs sur cette question et elle est définitive et fondamentale. Un jour viendra ou l'on interdira,  je dirais évidemment, que des adultes raisonnables puissent infliger à leur enfants, quelque soit leur âge, ce qui est une irresponsable, horrible, humiliante et méprisable scarification barbare.

Que dire du pauvre Islam, qui reprit l'usage, et en fit un supplice à supporter conscient, à l'adolescence; pour mieux marquer sa soumission et son esclavage envers l'horrible sujétion à l'infâme ?  Je déteste, conchie et méprise ces usages et je le proclame ! Que des hommes prétendent à ce que je les respecte et continuent secrètement de me mépriser pour ne pas pratiquer leurs infâmes macérations me révolte: je ne leur suis rien et veut m'en séparer tant qu'ils continuent à pratiquer d'aussi ignobles sévices qui ne sont que lamentables et honteuses violences pédophiles. 

On en vient donc à ce que certains continuent donc d'appeler le "respect". Je ne respecte rien de ces barbaries et veut les interdire. Voile, interdits alimentaires, circoncision, fêtes immondes célébrant des meurtres d'enfants ou pire leurs rétractations (le "enfin" qui l'accompagne en montre d'autant plus l'abomination), sans parler des sacrifices d'animaux qui loin de souiller les baignoires, irritent surtout le bon sens. Je veux des lois qui empêchent ces horreurs.

Mais parlons du fait même du voyage, du déracinement. Ainsi donc, né en Afrique, on souhaite changer d'air ? 

Pourquoi exactement ? Après tout, le continent en question, vaste géographiquement, habité de longue date, qui fut pour certains occidentaux (au siècle dernier) l'image même de l'aventure, devrait stimuler l'imaginaire de ses natifs. Et bien non. L'appel de la chaussure de tennis, de la casquette rigide, du short en soie est plus fort: c'est le nord qui va à mon imaginaire. A moins que ce ne soit la faim, l'ignoble faim du surnuméraire termite, rassemblé en ban et qui va là où on donne de la graine, tel le pigeon. Nul projet, nulle envie, seulement la faim, l'ignoble faim de la vie, qui n'est causée que d'antibiotiques délivrés à tort par des inconséquents. 

Et bien je ne respecte rien de cette faim là: elle me révulse, me dégoute et me donne envie de la rejeter voire pire. Car le problème est bien celui de la démographie: comment libérer ces pauvres femmes de l'obligation de faire plus de 2.0 enfants dans toute leur vie ? Et bien cela sera une politique, bientôt. Car elle se doivent enfin de peupler les terres où elles naissent et pas les autres où le désespoir qu'elles engendrent ne peut que se tourner. Qu'ont elles fait des médicaments qui leur sauvent la vie à la naissance de leur premier nés ? Des surnuméraires, que leur mères ne faisaient pas, et qu'elles produisent telle les machines qu'elles sont devenues. Il faut que cela s'arrête ! 

Cri de haine à interdire ma protestation ? Elle est celle de beaucoup, elle est celle de l'évidence. A rebours de l'actualité. A rebours des sentimentalités ignobles qui gonflent le moralisme moderne que je refuse. 

Je ne suis qu'un sale Réac. 

Un interview sur youtube d'un vieil algérien, exprimant son mépris souverain pour ceux qui partent en Europe. Exprimant avec racisme sa détestation des Français colonialistes et sa haine pour les jeunes dénaturés qui ne veulent vivre que comme eux.

Et bien il est l'image même de ce que je respecte et de ce que je recommande d'imiter: la sagesse des nations, la fierté des pays, ce qui fait les vieux cons, les sales réacs, plein de l'honneur des peuples qui se respectent car maitres de de leur cultures, de leur choix, de leur destin, de leur bon sens, de leur liberté. Qu'ils oppriment et massacrent ceux qui leur déplaisent, quand ils le font c'est chez eux et c'est leur droit car c'est eux que cela concerne. Leurs gamins en trop, ils se les gardent (ou ils le devraient) ou ils les avortent (ou il le devraient). 

Ce sont les sales Réacs. 

 

 P.S En l'absence de commentaires. 

Nous sommes le 21 Juin 2015. Après un long interview de Florient Philippot, Serge Moati, organisateur de la cérémonie au Panthéon de Mitterand, illustre interviewer des franges sombres de la société Française, évoque un sujet clivant pour stimuler la discussion, devenue trop technocratique. Il parle donc des migrants qui arrivent, et donc, du "cimetière marin" qu'est devenue la méditerranée. J'ai ressenti alors une violente bouffée agressive. Je ne suis qu'un sale réac.  

 

21/03/2015

Heidegger

Un spectacle télévisuel inouï (à mon sens) est en ligne: il s'agit des vidéos du colloque "Heidegger et les juifs", qui s'est tenu à la BNF et au centre culturel Irlandais du 22 au 25 Janvier 2015. 

Les vidéos sont disponibles sur Dailymotion, mise en ligne par  la revue "la règle du jeu" fondée par Bernard Henry Levy. La plus importante, sans doute, celle de Peter Trawny:

http://laregledujeu.org/2015/03/03/19502/heidegger-et-les-juifs-la-conference-de-peter-trawny-en-video/

auteur de http://www.seuil.com/livre-9782021182552.htm consacré aux fameux «Cahiers noirs» («Schwartzen Hefte») de Heidegger, récemment publiés et révélant un antisémitisme dont la nature reste problématique de la part d'un philosophe de cette importance. 

Les tons, les accents, les attitudes, les mains tremblantes des orateurs lisant des feuilles de papier tournées nerveusement, font des interventions les scènes d'une pièce de théâtre fascinante et exceptionnelle. Qui plus est la manière dont les désaccords sont exprimés n'est pas commune: des divergences complètes sont exprimées calmement dans le cadre de prétentions philosophiques absolument inouïes: l'être du monde, l'histoire de l'être, l'être lui même sont évoqués, et flottent dans l'air, crevant l'écran. 

Bien sur, certaines interventions sont un peu moins prenantes, mais globalement le spectacle (...) est absolument fascinant.

En gros, il parait difficile de soutenir (même si cela est tenté par des intervenants calmes et courageux) que Heidegger ne fut pas nazi. On pourrait dire qu'il fut "ultra nazi" (au sens de "ultra violet") même si il fut finalement déçu par la tentative nazie de modifier la trame même de l'histoire, ce qui l'innocente d'une certaine manière, car les choses auraient pu être pires. 

Ainsi, il ne participa pas vraiment à la fête, n'y fut pas convié et ne fut pas cité (il fallut attendre pour cela les intellectuels Français de la seconde partie du siècle, à son grand dam, d'ailleurs). On verra avec les publications prochaines du reste de ses écrits à quel point il le regretta. 

Mais l'essentiel est ailleurs: il inventa un "post religieux" basé sur la manipulation du langage qui fascina le siècle. Plus que tout il est donc l'antithèse absolue à poursuivre éternellement: peut être la dernière tentative de l'humanité à fonder un ordre surnaturel. La fin de l'histoire de l'Etre, cette chose horrible, que, et c'était pourtant l'interdiction de la déesse de Parménide, il tenta de soustraire au principe de contradiction. 

A ce propos, il convient de laisser tout de même la place à la philosophie en faisant fête à Barbara Cassin, qui connut Heidegger, et présente ici justement le texte de Parménide: 

http://books.openedition.org/cdf/1449?lang=fr

A ce propos, Hadrien Laroche (http://www.dailymotion.com/video/x2j7x7w_colloque-heidegger-et-les-juifs-hadrien-laroche_creation) fut un intervenant qui infligea, non pas le bruit des feuilles tournées, mais le dos marqué par une pomme de l'ordinateur qu'il utilisait plutôt. Il est vrai que, sportivement, il mentionna que Heidegger condamna en son temps explicitement la machine à écrire, et ce justement dans son cours sur Parménide, dispensé durant l'hiver 42-43, pendant la bataille de Stalingrad. 

La question de la vérité est ainsi centrale (les arguties sur la notion d'aletheia sont sans fin, tu parles) et nous concernent tous, et pour toujours. Heidegger fut l'un de ceux qui sur ces questions, prirent position. 

Il fut ainsi un grand contempteur de la technique, de la cybernétique et de la science, au point d'ailleurs que ses projets en furent victimes et c'est l'une des leçons de cette époque là. Alors qu'un deuxième round de ce match est en cours, il convient ainsi de s'en souvenir. 

Pourtant, l'histoire quoique tragique, n'est pas finie, et nous réserve, forcément, des surprises. En gros, et c'est ce que j'en retiens, le questionnement philosophique reste et doit rester toujours "ouvert", et il se trouve, que oui, cela est sans doute le testament de Heidegger. 

(pas mal non?) 

02/03/2015

Les frères

Il faut se préparer à une évolution des discours publics (mais pas de tous) au sujet de la présence en Europe d'un grand nombre de personnes d'origines Africaines ou moyen orientales, et marqués à divers degrés par la culture musulmane. 

Cette évolution devrait accompagner, celle récente, d'un certains nombre de pays du monde au sujet d'une composante importante de ce que l'on appelle l'islamisme en général, et qui est la confrérie des "frères musulmans". 

Ensemble idéologique et politique transnational, à l'origine égyptien, la confrérie, qui n'est pas en elle même dotée d'une organisation centralisée, est connue pour influencer ou plutôt être soutenue par des organisation aussi dissemblables que l'UOIF Française (dont est membre un Imam Français respecté, Tarek Obrou), le Hamas palestinien, et bien sur l'organisation des Frères Musulmans en Egypte, brièvement au pouvoir avant un coup d'état militaire qui prononça la condamnation à mort de centaines de ses membres. On doit également mentionner le président de l''Association internationale des savants musulmans", Youssef Al Qaradawi, citoyen Qatari, prédicateur sur Al Jazeera, personnage clivant bien connu. Qaradawi est par ailleurs actif en Europe, où il préside (d'où?) Le "Conseil européen pour la fatwa et la recherche". 

Quels sont les rapports entre AlQuaradawi et Tareq Ramadan? La question est intéressante, et il faut bien reconnaitre que Ramadan à  part des allusions et des connivences géographiques n'est pas explicitement rattaché au personnage ni à la confrérie. Il a néanmoins des rapports qui ne sont pas hostiles avec l'éminent religieux Qatari. Ramadan est depuis peu (2012) directeur du "Centre de Recherche Islamique sur la législation et l'éthique", basé à Doha (Qatar). On le qualifie ainsi de "proche" de ce milieu et il parait difficile de soutenir qu'il en est l'adversaire idéologique. Au minimum un compagnon de route, dans le sens classique du terme. 

Le Qatar, publiquement soutien ces dernières années de la confrérie, est fortement battu en brèche par la défaveur récente de la confrérie dans le monde arabe. La récente classification comme "terroriste" (en Novembre 2014) par les Emirats Arabes Unis des associations liées aux frères (dont d'ailleurs UOIF Française) en est la marque. S'agirait de la résistance des pétro-monarchies à une idéologie, pourtant soutenue par l'une d'entre elles, qui pourrait remettre en cause leur autorité ? Intéressante question.

Un pan de la nébuleuse "islami(que,iste) se trouve donc identifiée, et les noms de Marwan Mohammed,  Nabil Ennasri, et bien sur Tariq Ramadan y sont associés. 

Nabil Ennasri est un jeune intervenant fréquemment invité pour parler (et défendre) le Qatar. Il est financé par l'Emirat et exprime des points de vues nuancés, très nuancés avec une grande prudence. 

Marwan Mohammed, du CNRS, l'un des concepteurs de l'Islamophobie, le sabre laser idéologique d'un mouvement d'opinion dont on peut saisir clairement les contours maintenant. On ne saurait être jamais assez reconnaissant à Caroline Fourest d'avoir identifié la lumière verte et de lui avoir magnifiquement résisté. La condamnation et la manipulation médiatique de la chose ainsi nommée est clairement une habileté, rendre illégale les opinions de son adversaire étant évidemment une stratégie. 

De quoi s'agit il? Non pas d'un complot, car tout cela est en fait parfaitement public, même si encore un peu obscur, mais d'une cohérente vision du monde, visant à instaurer un communautariste religieux en Europe en prenant le contrôle d'une partie de l'immigration de culture musulmane. 

Ce qu'il y a d'intéressant dans ce mouvement multiforme, c'est sa similarité avec le bien connu communisme, qui fut finalement mis à bas il y a 30 ans: même entrisme, même hypocrisie, même soin des banlieues et du peuple, même idéologie autoritaire et religieuse. Ce bien connu là devrait permettre à l'Occident de s'en débarrasser. Simplement cela pourrait lui prendre un peu de temps. 

Pour finir, il est vrai que M. Ramadan a trouvé plus "à droite" que lui, voir http://la-verite-sur-tariq-ramadan.over-blog.com.  On a les adversaires qu'on mérite et ceux là sont particulièrement saignants. Leur présence excuse en partie la prudence du prédicateur qui a sans aucun doute des préoccupations que nous n'avons pas: tous ces gens là sont très loin de nous, c'est assez clair.