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16/01/2016

Les Catégories

La théorie des catégories est le sommet de la représentation des choses et encore, il y a mieux, vous allez voir.

Définition

Bon, une avancée dans ma compréhension: une catégorie est formée de deux ensembles d'objets : des objets et des flèches qui relient les objets. Une sorte de graphe avec en plus  que les flèches composent: si ya a vers b et de b vers c et bien y a de a vers c; et que ya une flèche de chaque objet vers lui même et que aussi la composition des flèches est associative. 

Il faut bien comprendre que chaque flèche (arrow) a autant d'existence qu'un objet et n'ESTPAS une fonction, mais UNE ligne entre deux points, un tuple d'objets la représente: son domaine et son codomaine. 

L'assimilation d'une flèche à une fonction (à un être multiple, donc) est possible mais n'est pas obligée. Par exemple, un arbre de classes dans un langage de programmation est exemple de connexion par des flèches (la relation "extends") d'un ensemble d'objets, et c'est une catégorie. 

On peut aussi interpréter les flèches entre deux objets qui sont des types comme une fonction entre les deux types, sachant qu'il y a autant de flèches entre deux types qu'il y a de fonctions possibles entre les deux types. C'est pour cela qu'on parle de "morphisme" au sujet des flèches, mais c'est un abus de langage destiné à perdre les andouilles.  

Bien sur le fait de parler tout de suite de "type" est en soi un peu abstrait, comme si la notion était évidente. De fait elle l'est, je(nous) suis(sommes) des programmeurs n'est ce pas? Quoi de plus naturel qu'un type ? 

Mais il y a plein de types de catégories, et toute la difficulté tient au interprétations de la notion, au modèles qu'on lui donne et ils sont infiniment variés, et c'est tout le problème. 

On monte

La catégorie des catégories avec comme flèches les foncteurs entre les catégories s'appelle Cat. Ca c'est de la belle abstraction (mal à l'estomac ?).

Un foncteur entre deux catégories associe les objets et aussi les flèches, mais en préservant les compositions. Il y a autant de foncteurs qu'on veut bien sur, et deux catégories peuvent être fonctorisées de plusieurs manières. Un foncteur est ainsi un homomorphisme. Quand il relie une catégorie à elle même, c'est un endomorphisme, un endofoncteur donc. Loin de se contenter des misérables catégories elle même, nous voilà donc à les brasser par paquets, les seuls objets dotés de sens étant les façons de les associer... 

Et bien cette manière de tirer des choses de conventions de relations entre d'autres choses est une façon de créer le monde, celui surgissant littéralement du langage, pour notre plus grand plaisir: c'est le concept du feu d'artifice, moteur de magnifiques spéculations fantasmatiques. Comme si le monde pouvait se définir lui même. Toutes ses caractéristiques sortent ainsi de ses repliements sur lui même comme des assertions dans le parler, assertions sujettes aux contraintes du monde, celles qui sont démontrables dans ce même langage, et donc absolument vraies. 

Accrochez vous, il y a mieux.

Car il y a les topos. Inventés par Alexander(re) Grothendieck le génial fou mort récemment après avoir fasciné deux générations de semi-fous,  ils sont une sorte de catégorie, et la catégorie des ensembles en est un.

Cet objet est particulièrement intéressant car il se substitue à l'ensemble de tous les ensembles qui n'existe pas lui; il s'appelle Set. Qu'une tel machin ne soit qu'une instance me réjouit particulièrement : quel homme cet alexandre ! 

Notons que les axiomes des topos furent donnés par Jean Giraud, qui n'a rien à voir avec le célèbre dessinateur de bandes dessinées Moebius (ou Gir). 

Une théorie particulière peut être encodée dans un topos, qui peut ou non avoir l'axiome du choix, par exemple. Mais on peut faire mieux, la chose permettant la matérialisation ex nihilo de concepts particuliers, la notion de groupe par exemple pouvant être tordue au point de dire que les groupes "sont" les endofoncteurs qui préservent la structure d'un topos particulier. 

Au sujet de Grothendieck, il faut savoir que ses univers (les univers de Grothendieck) fournissent des modèles de la théorie des ensembles. Ils sont des ensembles particuliers qui contiennent certaines de leurs parties de manière tordue. Ils permettraient ainsi de faire "mieux" que les autres théories des ensembles. 

Rappellons qu'aprés Zemerlo Franckel  Axiome du choix (ZFC) (Axiome du choix n'est ni fou, ni mort, il n'est pas le nom d'un humain), la théorie des ensembles la plus connue, il existe aussi von Neumann-Bernays-Gödel (NBG), la magnifique théorie des classes, qui avec un nombre fini d'axiomes permet de tout faire: on a ainsi des classes et des ensembles, les ensembles étant les classes appartenant à au moins une classe. La notion de classe ne serait, dit on, pas bien décrite dans ZFC.  

Au passage, les considérations sur l'infini induites par toutes ces belles théories amènent à une conception de celui ci qui a un intérêt peu connu: il n'est aucunement borné, c'est à dire ne cesse jamais de susciter plus grand que lui et ce à l'infini, ce qui est une manière élégante de dire qu'il n'existe pas en fait. 

 

Et finalement

 

Et donc pour finir, une encore plus splendide considération sur l'infini: si un cardinal inaccessible se définit comme étant plus grand que la puissance de 2 (l'ensemble des parties) de tout cardinal qui lui est inférieur, et bien il est indécidable (dans ZFC) de dire que tout cardinal est majoré par un cardinal inaccessible. De plus, et là je me marre, cela est équivalent (et donc tout autant indécidable) à dire que tout ensemble appartient à un univers de Grothendieck.

Il y a alors une théorie des ensembles de Tarski Grothendieck, qui autorise cet indécidable là. Je ne vous raconterais pas ce qu'elle doit s'autoriser par ailleurs... 

 

 

15/01/2016

Les Théologies

La théologie est un domaine de l'activité et de la pensée humaine au niveau de la philosophie, voire supérieure à celle ci car s'occupant aussi, et c'est Duns Scot qui le dit, de l'homme d'avant la chute et aussi d'après le jugement dernier.  Mais aussi, pour Philon d'Alexandrie, Moise est "ho theologos" celui qui interprète la parole de Dieu.

Cela signifie que la science de Dieu c'est une science de l'homme qui inclut les caractères divins de l'homme, tandis que la simple philosophie se trouve réduite à ses cotés terrestres, historiques, dépendant de sa déchéance provisoire. 

Comprendre une telle conception illustre que ce domaine du savoir, complètement ignoré dans une France qui ne donne pas de cours de cette belle discipline (alors que c'est le cas en Allemagne) hors des centres catholiques spécialisés ou des officines protestantes ou juives, et exclusivement réservés à la formation des prêtres et apparentés. 

Et bien alors que Dieu et tout surnaturel n'ont aucune réalité, je l'affirme et c'est mon avis, les conceptions du divin exprimées dans le langage avec la cohérence qu'exige la raison on droit de cité : elles expriment des conceptions et des réalités qui sont d'ailleurs les seules qu'on puisse effectivement rattacher aux différents sentiments religieux.

Alors que l'on a que faire des traditions, des superstitions,  et des respects divers aux lamentables pratiques régressives qui ridiculisent tous les religieux, on se doit de comprendre et de considérer comme parties fondamentales de la culture les dogmes et concepts qui constituent les grands systèmes religieux. Ils ne sont pas ridicules, eux: ils sont le produit de réflexions profondes, d'inventions magnifiques, de conceptions grandioses ! Ils sont ce qu'expliquent, expriment, rationalisent les théologies.

Ils sont ce qui intéresse LA théologie, je ne sais pas si on peut passer à ce point à la limite, la discipline ne se partageant évidemment pas, et c'est un aspect important de la question. S'il y a du "théologique" c'est pour rationaliser l'expression non pas de ce qu'on appelle la "croyance", et qui n'a pas d'intérêt en soi tant elle peut être diverse, désordonnée, superstitieuse ou fanatique, mais de ce qu'il faut bien appeler Dieu, le "théos" objet de science, et oui. Car cette chose là existe figurez vous: la preuve on peut en parler de la sorte, raisonnablement.

Je ne parle pas d'un dieu particulier, par exemple l'entité prouvable de Descartes ou même de Thomas d'Aquin. Je parle des Dieu des traditions, qui n'a d'autre existence manifeste que celle, équilibrée et rationalisée par les théologies sous la contrainte des Eglises. Cette existence là a deux caractéristiques: elle n'est pas réelle (point de surnaturel en théologie, ou bien par l'intermédiaire du concept de miracle), et elle est cohérente, contrainte par la nécessité de la raison qui la décrit dans l'histoire. Elle peut évoluer, mais pas trop et le contrôle de cette évolution, qui ressemble à une danse, est tout l'objet de la discipline. 

Commençant d'abord par la chrétienne: on doit passer par dessus le catholicisme, car le XXème siècle fut d'abord celui des grands théologiens protestants allemands: Adolf von Harnack, Ernst Troeltsch, Rudolf Bultmann, Paul Tilich sont de très importants auteurs. 

Mais parlons de la juive: Martin Buber, Gershom Scholem, Franz Rosenzweig sont tout aussi importants. Walter Benjamin les connut tous.

Que dire de l'islam ? N'en parlons pas ici, le théologique en islam est sans doute autre chose, en tout cas à traiter séparément. 

Quel est le contenu de ces discours ? Et bien, il me faut bien reconnaitre que je suis loin de pouvoir l'estimer véritablement. Qui le peut vraiment et qui en connait vraiment tous les complexes contenus ? 

Ce qu'on sait, c'est que coté chrétien, la question du Christ lui même est un problème: est il Dieu lui même ou autre chose, et si oui quoi ?  Et peut on parler de tout cela sans s'exposer à la rupture avec ce qu'affirment les dogmes ? Car toute la complexité de la chose est que ces hommes n'ont pas les coudées franches pour inventer une nouvelle religion; il décrivent quelque chose qui a une cohérence, en laquelle ils croient ou non mais qui ne s'invente pas, ne se crée pas, quelque chose qui existe et dont on ne peut que découvrir les propriétés, le théologien étant ce découvreur là, c'est ce que je disais plus haut. 

La situation fut déjà difficile à l'aube de ce christianisme, que dis je à l'aube, au matin: à partir du moment ou existait cette reconnaissance du contact avec cette identité humaine là, et qu'il était une expression d'un projet divin à expliquer, il fallut mettre en musique un discours (...) qui exprimait rationnellement la chose. Il fallut conceptualiser un divin d'une manière proprement inconcevable: avec un homme qui s'identifiait à lui, et qui se trouvait devoir trouver son origine dans un projet hors du temps, tout cela après avoir disparu, remplacé par un esprit sensé remplacer tout le monde...

La légende chrétienne solution du problème est certes absurde, contradictoire voire inimaginable: elle reste cohérente et rationnelle même si basée finalement sur un mystère que l'on peut refuser d'admettre, la question du messie advenu et disparu, ce problème magnifique qui hante la civilisation occidentale: celui de Dieu dans l'histoire. Et bien les théologies qui en exprimèrent, découvrirent et décrirent les solutions font partie de la culture à un point que peu réalisent vraiment. Ils s'inscrivent dans la trame de l'histoire, dans le tissu de la civilisation et de la culture. 

Les juifs eurent le même problème: Dieu dans l'histoire, à l'origine de la loi, fondation de l'identité, et cette fois dans un avenir mystérieux mais catastrophique dont le sens est le sujet de la réflexion. Je m'arrête là, car le judaïsme a un problème avec l'universel, celui ci étant l'objet de sa réflexion pour son malheur: son identité, son particuliarisme étant précisément cette réflexion, alimentée par le concept du messianique.  

Quand Walter Benjamin philosophe, questionne la sécularisation du religieux, il inscrit dans les conceptions du monde les éléments du malheur juif, personnel et collectif: est il un créateur d'universel à partir du seul sentiment possible ou le vulgarisateur d'un religieux identitaire particulier ? Mieux,  n'est il pas un théologien en fait ? 

Bref, comme le caractère irréfutable, ni physique, ni même métaphysique, de la chose ne peut être clos, le grand vent du divin surnaturel en arrière plan garantit que ces discours là continueront, quoiqu'on en dise... Car tout autant que le religieux le théologique est une passion. Bien que plus cérébrale. 

Qu'est ce que le christianisme ? Qu'elle est son "essence" ? Harnack, Troeltsch en parlèrent...

Un autre problème chrétien : le salut, la grâce, la rédemption. Absurde, incompréhensible et totalement en dehors de toutes les préoccupations modernes. Totalement doté de sens et puissamment ancré dans toute l'histoire pourtant. Comment le qualifier et s'en débarrasser ou vérifier sa désactivation ? A moins qu'il ne soit toujours figé dans l'inconscient (dans ce qu'on se refuse de parler explicitement) actif et prêt à surgir sous une forme ou une autre. 

Car la religion, tout comme le sexe, ne se dit pas vraiment: d'abord c'est gênant, en plus ce n'est pas si facile. Expliciter le sensoriel pur reste toute une affaire. Dans cette époque de multi tout (identité, culture, religion) encore plus. Ca refoule comme on dit, et quand cela ressort, le désordre est grand, forcément. Le théologien connaisseur des problèmes, et donc de leur réalité, à la fois logique et sensorielle sera t il le grand médecin de l'époque moderne? En tout cas sa science doit être rendue publique et sa culture aussi: sur la table les grandes idées. 

Reprenons les deux questions sur le christianisme, en commençant par la première.

La solution (l'ensemble du discours trinitaire) finalement retenue reste inexprimée dans des termes dotés de sens pour nous (je veux dire qu'elle est totalement dénué de sens  pour un occidental moyen d'aujourd'hui, chrétien ou non); pourtant elle le fut longtemps. Ce sens là est il tout entier contenu dans un discours autoritaire qui imposait finalement l'acceptation d'un mystère ou bien cela pouvait il être ressenti et intériorisé depuis une réalité collective, donc une réalité ? Et bien c'est ce dont la théologie peut parler, c'est précisément son sujet. 

Le second problème (toute l'histoire de la grâce et de la justification) est sans doute encore plus grave, en ce qu'il peut entrainer le refus de conceptions bizarres que l'on peut vouloir refuser: par exemple le caractère sacrificiel de la mort du Christ, c'est à dire  le rôle salvateur de sa mort ignominieuse. Le religieux tout entier doit il être refusé au nom du refus moderne de cette rédemption là ou bien n'est il qu'une erreur intellectuelle tardive ? Cette réflexion là demande des ressources énormes, et se trouve loin d'être finie, la encore les théologiens doivent oeuvrer.

Surtout que les deux problèmes du christianisme pourraient bien ne faire qu'un et là encore Duns Scot à son avantage serait le meilleur des théo-riciens: qu'importe la déchéance, qu'importe la faute, et le plan de Dieu d'envoyer son fils serait donc, c'est lui qui le dit, indépendant des petits péchés de l'histoire, et réalisé dans tous les cas, dont celui ci. On pourrait donc, et cette théologie-là est super-créative, se réjouir de sa venue sans en ressentir aucune tristesse, la violence pouvant être rejetée dans tous les cas, dont celui-ci. Sommes nous là dans le possible théologique ? 

Nous avions évoqué Karl Barth et ses ennemis. Parlons de Paul Troeltsch : un protestant qui va jusqu'à rejeter la révélation historique de Dieu, celui se faisant connaitre de manière immanente et naturelle. On peut ainsi aller, tout en maintenant la supériorité du christianisme, jusqu'à un Dieu révélé de manières multiples. 

Et bien le spectacle de la bête qui tourne et se retourne, entaillée par ces questions là est magnifique. Olé ! 

 

12/01/2016

De Gaulle, Vichy le libéralisme et la liberté.

Voici rassemblés ici un ensemble de commentaires fait à un texte (la monnaie) dont le sujet n'avait rien à voir avec le propos. Le sujet en est tout de même extrèmement intéressant. 

Je me permet de les re-publier ici sans modifications aucune, que son auteur n'y voit nulle offense, juste une commodité.

 

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Bonjour,

Je suis tombé par le plus grand des hasards sur votre blog qui me paraît, sinon à nul autre pareil, en tout cas fort original; à la fois dans la forme (on trouve rarement accolées des démonstrations mathématiques et des considérations philosophiques) et dans le fond (vous vous proclamez libéral mais vénérez le Général et refusez la libre circulation des hommes; réactionnaire mais amoureux de le science; opposé aux Le Pen tout en étant favorables aux identitaires; contre les religions mais admirateur de René Girard).

Bref, vous représentez une forme de chatoiement du monde (excusez ma pédanterie) qui m'intrigue et me laisse penser que j'aurai peut-être beaucoup de choses à apprendre de conversations avec vous (étant entendu que je suis bien moins porté vers l'abstraction que vous ne l'êtes).

Seriez-vous disposez à engager le débat avec moi?

Écrit par : odp | 07/01/2016

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Je vous remercie de votre gentillesse.
Simplement, De Gaulle fut libéral en 58 et présenta lui des budgets en équilibre.
D'autre part, la libre circulation des hommes (celle des autres) s'oppose à la libre détermination de ses frontières (des siennes). L'idéologie dite libérale et qui effectivement inclut le refus des nations n'est qu'une domination par une idéologie justement et aussi par les prédateurs.
Le pragmatisme politique consiste à utiliser le libéralisme pour ce qu'il est: une nature des choses dont la considération convient à l'instauration de sa puissance. C'est une définition du gaullisme.

Réactionnaire certes, mais je m'en explique, l'autonomie du jugement étant nécessaire pour reconnaitre soi même le nouveau ou le vrai (autant qu'il est possible), ce qui est la marque du scientifique.

Favorable aux identitaires ? Franchement je ne crois pas, ou secondairement, car ce qu'on veut appeler "identité" est parfaitement mal défini, l'expression "identité nationale" étant quasiment un oxymore pour moi.
C'est peut être ça le débat: l'identité est par définition multiple, et privée. Elle ne peut se manifester que comme abdication et humiliation devant le sentiment national. Que cette attitude soit considérée comme marquant une identité particulière, je veux bien, mais là on parle d'autre chose.
En tout cas ma détestation de la famille Lepen et de tout ce qu'elle représente est totale, ça c'est vrai. De plus ma détestation pour les communautarismes est à la hauteur: je ne respecte en rien les identités religieuses catholique ou musulmane, et veut les humilier pour les raisons dites. Pour moi, le spirituel et le religieux s'assimilent au sexuel: liberté absolue pour toutes les turpitudes, mais dans l'espace privé, s'il vous plait, cela pourrait gêner ceux qui ont la tête ailleurs momentanément.

René Girard n'est pas un religieux, et vous devriez savoir pourquoi, vu son explication de la chose. Ma haine des religions, en fait un dégout profond pour toute référence à toute espèce de sacré vient de lui.

Bien à vous, et cela n'a rien à voir avec la monnaie.

Écrit par : François Carmignola | 09/01/2016

 

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Bonjour,

Commençons par le plus simple: mon interrogation quant à l'adéquation entre Gaullisme et libéralisme. Sauf erreur de ma part, le libéralisme est fondé sur un postulat dont découle tous les autres: la primauté de l'individu sur la communauté. Or s'il est un homme politique qui a constamment placé la communauté (la France) au dessus des individus, c'est bien de Gaulle, n'hésitant jamais à sacrifier des individus (Darlan, Pucheu, Salan) ou des groupes d'individus (les marins de Mers-El-Kebir, les français d'Algérie, les Harkis) aux besoins de l'Etat. A ce titre, il me semble que le budget en équilibre de 1958 est un épiphénomène qui reflète plutôt le traditionalisme du Général en matière économique qu'un quelconque "libéralisme".

De la même manière, vous vouez aux gémonies le "sacré"; mais là encore, s'il fut un homme politique qui eût le sens du sacré, c'est bien de Gaulle. Sans sens du sacré, il n'y a pas de 18 juin 40 ; et il n'est pas innocent que la Résistance fut peuplée d'homme du sacré (grosso le PCF et l'Action Française) et la collaboration d'agnostiques (libéraux et radical-socialistes).

Écrit par : odp | 10/01/2016

 

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Il est tout à fait certain que De Gaulle ne fut pas un idéologue libéral. Simplement il utilisa le libéralisme économique d'un Rueff pour restaurer pragmatiquement la puissance française.
Votre définition du libéralisme est un peu étroite, je mentionnerais plutôt le primat de la liberté comme source d'efficience sociale, économique et morale. De ce point de vue De Gaulle, tout militaire catholique qu'il fut, ne fut jamais un ennemi de cela. Démocrate convaincu, sauveur de la république contre tous les fascismes, tous les communismes, figure fondatrice de l'Europe, il est pour moi un héros de la liberté, et donc, à mon sens je vous l'accorde, un libéral.

Si je puis me permettre, De Gaulle n'a aucunement "sacrifié" ceux que vous dites.
- Darlan fut assassiné par un activiste gaulliste, mais pas sur l'ordre de De Gaulle.
- la grâce de Pucheu fut refusé par De Gaulle intentionnellement et avec raison: Pucheu était un traitre
- Salan fut un glorieux militaire, puis intenta un coup d'Etat contre la république. Il fut gracié en 68.
- les marins de mers el kebir furent victimes du refus de leurs chefs de participer à la lutte contre
l'Allemagne. Churchill a eu raison de couler leur bateaux; De Gaulle ne fut pas consulté mais approuva la chose.

L'affaire d'Algérie, c'est autre chose. D'abord, il n'était pas prévu que les français d'Algérie quittent aussi vite leur "pays". Et les harkis n'avaient pas vocation non plus à venir tous en France, pour les mêmes raisons. Mais on pourra en reparler si vous voulez.

Au sujet du sacré, je ne vois absolument pas ce que le 18 Juin a de "sacré": un général appelle à la lutte contre l'ennemi, voilà qui est parfaitement laïc.
En 40, l'action française et les communistes n'ont pas vraiment suivi ce chemin et pour des raisons différentes (les uns car Maurras soutenait Pétain, les autres car Staline soutenait Hitler).
A Londres, en 40, il n'y avait personne, à part De Gaulle et "quelques juifs". Ceux qui suivirent De Gaulle le firent pour des raisons personnelles et rien, absolument rien des partis ou des corps constitués français, y compris l'armée et l'église ne le suivit.
Le reste ne fut que la victoire militaire américaine, la sauvegarde inespérée de la souveraineté française grâce à lui, et une immense ingratitude.

De Gaulle n'a rien sacrifié du tout: il a agit dans l'intérêt de son pays en toute occasion, et c'est bien ce qu'on retient de lui.
Bien à vous et au plaisir de la conversation.

 

 

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Je vais commencer par réfuter votre postulat selon lequel la liberté est en toutes circonstances une source d'efficience sociale, économique et morale. Dans ce cas, en effet, pourquoi vouloir restreindre la liberté de circulation des hommes? Et ne me dites pas que la liberté c'est aussi celle d'interdire...

Par la suite, que de Gaulle ait été, après guerre, un défenseur de la démocratie contre le totalitarisme, c'est tout à fait vrai; mais ça ne fait pas de lui, dans l'acception actuelle, un libéral. De fait, à part quelques extrémistes isolés, les anti-libéraux actuels, de droite comme de gauche, sont favorables à la démocratie ; et c'est d'ailleurs parce qu'ils estiment que le libéralisme, tel qu'il se déploie actuellement via la liberté absolue (ou presque) de circulation des capitaux, des marchandises et des hommes, sape la démocratie qu'ils s'y opposent. Vu le merdier que ledit système a créé au cours des 40 dernières années, il est difficile de réfuter leur analyse d'un revers de main.

De fait, ce sur quoi s'affrontent libéraux et anti-libéraux actuellement c'est sur le thème de la frontière, pour les hommes, les capitaux et les marchandises. Et de Gaulle, étant entendu qu'il était d'abord et avant tout un défenseur de la Nation et qu'il n'existe pas de Nation sans frontières, me semble très clairement devoir être rangé, à cette aune, dans le camp des anti-libéraux. Une autre façon de voir les choses, est que les libéraux postulent le primat de l'économie sur le politique tandis que les anti-libéraux postulent l'inverse. Point n'est besoin d'être très versé en exégèse Gaulliste pour estimer que de Gaulle appartient également, sur ce point, au camp anti-libéral.

Écrit par : odp | 11/01/2016

 

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Sinon, quelques précisions historiques et de mon point de vue.

Pour Juin 40, vous avez tronqué la fameuse citation: il n'y avait pas personne à part de Gaulle et "quelques juifs"; mais personne, à part de Gaulle, "des aristocrates (i.e. des membres de l'Action Française) et quelques juifs". L'essentiel de l'Etat-Major Gaulliste en 40 est Action Française; à commencer par le Général Leclerc, le Colonel Passy, le Général de Larminat ou le Colonel de Boislambert.

De Gaulle lui-même a été très longtemps (jusqu'en 40) un admirateur de Maurras qui le lui a très longtemps rendu. On connaît la fameuse citation: "Maurras est devenu fou à force d'avoir raison". Je vous engage à lire la notice wikipédia de Maurras à la section "Maurras et de Gaulle", c'est sans équivoque:https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras#Maurras_et_...

Enfin, sur le terrain (i.e. en France), une très large part des mouvements de la Résistance non-communiste était d'obédience Action Française, à commencer par le plus important d'entre eux, Combat, d'Henri Frenay; mais j'aurai pu également citer Alliance de Loustanau-Lacau, Ceux de La Libération de Ripoche, l'Organisation Civile et Miliaire de Jacques Arthuys ou l'Organisation de Résistance de l'Armée.

Quant aux communistes, ils attendirent certes l'invasion de l'URSS par les nazis pour entrer réellement en résistance, mais il est difficile de contester qu'ils y jouèrent un rôle capital.

Bref, je réitère mon premier point : la Résistance, ce fut d'abord et avant tout l’Action Française et les Communistes, anti-libéraux s’il en fût ; de libéraux on ne vit point, trop occupés qu’ils étaient à « dîner en ville » comme disait de Gaulle parlant de la bourgeoisie. En la matière,

Ce qui m’amène à préciser en quoi j’estime que le 18 juin 40 reposa sur les ressorts du sacré.

Pour partir, comme vous l’avez dit, seul contre tous les corps constitués, institutions et partis, il a fallu à de Gaulle des ressources morales qu’il ne pût trouver que dans le caractère pour lui « sacré » de la France telle qu’il la concevait. De Gaulle avait clairement la religion de la France (bien plus que celle de la liberté). D’autres qui partageaient cette foi firent d’autres choix (je pense notamment aux vichysso-résistants) ; mais il est sûr que seuls ceux qui étaient animé d’un « feu sacré » (national ou communiste) se retrouvèrent dans la résistance. Les agnostiques choisirent soit la collaboration, soit le retrait du monde.

Sur Pucheu, qualifier de traitre un homme qui, après avoir tenté d’administrer la zone libre dans ce qu’il pensait être l’intérêt de la France, décide, après le débarquement allié en Afrique du Nord, de rejoindre Alger pour combattre les allemands est un peu étrange. Pucheu fût « sacrifié » parce que les communistes l’exigeaient (suite à l’affaire des otages Chateaubriant) et que de Gaulle avait besoin d’eux pour unifier la Résistance intérieure. Si Pucheu était un traitre qui méritait d’être passé par les armes alors il aurait fallu faire subir le même sort à Michel Debré, Maurice Couve de Murville ou Maurice Clavel qui tous servirent d’abord l’« Etat français » avant de perdre leurs illusions.

Écrit par : odp | 11/01/2016

 

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Le ton va vite monter, nous ne sommes pas du même bord...
D'abord la citation exacte (de De Gaulle) est "une poignée d'aristocrates, quelques juifs éclairés, et les pêcheurs de l'Ile de Sein". Les aristocrates en question n'étaient certes pas des envoyés de l'Action Française, et si vous le supposez, ou vous laissez vous même le croire et bien vous vous fourvoyez gravement.
Boislambert était plutôt cagoulard à l'origine (la cagoule fut toujours détestée par l'Action française)
Dewavrin (Passy) fut accusé d'être cagoulard, mais ne fut pas action française. Vous confondez avec un autre colonel, Rémy, le gaullo pétainiste des années 50...
De Larminat n'était certainement pas action française. Lisez l"'Esprit des français libres"
http://www.france-libre.net/lesprit-des-francais-libres-par-le-general-de-larminat/
On en vient à la liberté: c'est le maitre mot de l'épopée de ces aristocrates et de ces juifs là, et elle ne doit rien à l'action française, qui s'est ralliée toute entière à la révolution nationale et à la collaboration.

Au fait pour ce que je pense. Selon moi, toute citoyen qui a pendant l'année 1940 pensé qu'il était nécessaire de cesser le combat et de suivre le maréchal Pétain est un traitre, un lâche et un mauvais patriote. Il a perdu le droit d'émettre un avis et en particulier de reprocher quoique ce soit au seul homme qui se soit dressé contre l'ignominie de l'armistice.

J'y inclus naturellement la "résistance de l'intérieur", Frenay, et les autres, qui se permirent d'en remonter à De Gaulle, ce qui est méprisable et désolant.
Sans parler d'un mitterand, ami très cher et très indulgent de René Bousquet, un autre perdant des paris géo-politiques risqués, assis sur ses ordres à la police française de préparer l'assassinat de 13 000 juifs.

J'en exclus bien sur Arthuys et Ripoche qui furent des combattants de la première heure et des morts glorieux.

Clavel avait vingt ans quand il échappa à Boutang et fut un résistant valeureux, vous déraillez. Debré et Couve de Murville furent des fonctionnaires, aux ordres. Debré n'était pas sensé réfléchir, quand il le fit, à propos de l'Algérie, ce fut hors de propos.

Pucheu reste un traitre, responsable d'avoir guillotiné des otages, un comble. Condamné par la justice française, il ne fut pas gracié et avec raison.

En résumé, vos "name dropping" sont hasardeux et mal venus, désolé. 

Après avoir traité l'AF, traitons les communistes, les glorieux 75 000 fusillées, disons 2000 plutôt, et qui passèrent les saisons 39/41 à soutenir leur allié Hitler.

AF et Communistes dites vous ? Tous adeptes selon vous du "feu sacré"? Au fait, vos jeux de mots là dessus sont impropres: êtes vous francophone ?

De Gaulle fut le seul dépositaire de la lutte contre un occupant à qui on avait livré le pays.
Il ne fut pas le chef d'une résistance dont le rôle militaire fut à part quelques torturés, bien réduit. Il permit par contre à une armée française dotée d'armes lourdes de participer à la victoire. Ainsi il représenta la France, la seule qui vaille, celle qui se bat vraiment. Ce ne sont pas résistants qui prirent le nid d'aigle, mais des soldats français. Cette chose a une importance capitale: c'est l'armée qui se bat et qui défend le pays, pas les civils indisciplinés qui veulent discuter de leurs idées.

La nation française a-t-elle disparue pendant cette période ? Les anglo-saxons, les russes et les allemands le pensent. Ils se sont battus jusqu'au bout, eux. Il n'y eut que De Gaulle pour le savoir, et ne pas le vouloir. On fit grâce à sa lucidité et à son arrogance, car elles forçaient le respect.

Il n'y a rien de religieux dans cette attitude: elle est celle d'un patriote qui voulait se battre. La France ne le voulut pas, et la douleur n'est pas celle d'un quelconque sacrifice, simplement celle d'un homme d'état qui pleure sur une flotte magnifique qui se saborde et qui retrouve quatre ans après son bureau: aucun crayon n'y avait été taillé dans l'intervalle. Ce drame est un drame historique, et Dieu n'a rien à y voir.

Vous parlez de libéralisme. Je vous concède sa définition "idéologique" qui inclut des principes que je refuse (liberté de circulation des hommes, voir même refus de l'Etat dans ses formes extrêmes).
Mais je maintiens mon appartenance au camp de la liberté tel que je l'ai définie.
Car il n'y a pas de liberté sans liberté ontologique, au sens de Duns Scot (j'en parle sur ce blog): celle-ci inclut celle de Dieu, égale à celle de l'homme et celle du souverain.
Pour la définition du souverain, voyez Rousseau: c'est le peuple rassemblé, et c'est la liberté de l'homme que d'y participer et donc de l'être, souverain.
On ne peut être libre si on se soumet à quoique ce soit, par exemple à un principe qu'on ne choisit pas explicitement. C'est pour cela que -comme idéologie prescriptive- le libéralisme au sens défini plus haut est un esclavage. La liberté absolue est suppression de toute nécessité: j'ai raison parce que je suis libre et réciproquement.

De ce point de vue, vous avez donc raison dans les termes: votre "libéralisme" n'est pas le défenseur de la liberté.

Par exemple la "liberté de circulation des hommes": elle est la justification par des envahisseurs de leurs migrations de masse à motivations économiques. Ce qui revient à une invasion tout court, son but étant de s'approprier ce qu'on ne peut créer ou construire soi même sur sa zone géographique d'origine.

Et bien la liberté de créer des états a précisément pour objet de développer collectivement la puissance qui permet de s'opposer à ce type de phénomène. Etats, migrations, guerres et victoires, voilà qui est somme toute bien connu et bien normal, le conflit faisant partie du réel, l'envie de se battre, nous l'avons vu plus haut, étant célébrée par certains et parfois avec succès.
Car il ne vous pas oublier que la liberté n'a pas de limites idéologiques ou religieuses, elle est volonté pure et ne craint pas d'utiliser la violence quand on nuit à ses intérêts.
Non pas la violence du sacré, celle qui réconcilie, mais la violence des armes, celle des peuples libres qui détruisent la force de leurs ennemis.

De Gaulle est le porteur de ce nationalisme là, qui est liberté des nations, construite sur la liberté des hommes et donc de la liberté tout court.

Au sujet de la liberté économique, que vous opposez à la liberté politique. Dans la mesure ou le peuple le décide, et il est souverain, il peut considérer que l'organisation sociale qui consiste à laisser aux acteurs économiques le libre choix de l'allocation de leur ressources est la meilleure. Et avec raison, c'est ce qu'il faut faire.
Je sais, vous allez me dire que De Gaulle instaura un commissariat au plan et vous avez raison, il fut au moins partiellement autoritaire dans ces matières.

Mais la France ne cessa jamais d'être une économie de marché en tout cas bien plus sous son règne qu'elle ne l'est aujourd'hui: impôts, subventions, budgets en déficit, dette; tous ses attributs de la souveraineté et de la liberté nous ne les avons plus et on peut souhaiter en disposer à nouveau.

Et bien il va nous falloir un gaulliste pour très énergiquement restaurer la grandeur du pays. Et oui cela passera par la restauration de la liberté en matière sociale, économique et morale.

C'est le programme de François Fillon. L'histoire continue, nous aurons cette année à en décider, et je vous la souhaite bonne.

Écrit par : François Carmignola | 12/01/2016

 

 

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Pour enfoncer le clou au sujet de l'Action française et de la thèse ridicule qui fait de De Gaulle son assujetti.
L'AF fut d'abord le creuset intellectuel et littéraire de de la jeunesse de droite du début du siècle,
une passion, un snobisme, la marque de la réaction et cela pendant une vie d'homme, Maurras,
né en 1868, est une personnalité chatoyante, un polygraphe talentueux et séduisant qui
fascina deux générations entières.
Ce fut aussi une personnalité faible et fantasque (voyez ce qu'en dit Rebatet qui le décrit magnifiquement)
et à 70 ans en 38, quand le germanophobe guerrier se fit pacifiste,
il entraina ses fascinés vers l'abime.
De Hautecloque et De Gaulle n'en furent pas, quoique leurs sentiments aient du à cette littérature là.
De Gaulle était républicain, et cela n'est pas maurassien, pas du tout.

Maurras était une personnage très moderne mais très complexe et fragile, à la française.
Il fut le fasciste français, et Nolte le décrit dans toute sa complexité, qui est celle d'un
déracinement dégénéré qui se pare de l'anachronisme royalisant construit sur le volkich français,
les félibriges et autre danses avec pipeau de son midi natal.
Cela pour mieux cacher son incapacité à vivre le modernité.
Il fut ainsi essentiellement un intellectuel fragile, chéri de ses dames, et spirituellement dégénéré.
Ajoutez à ça le sinistre antisémitisme de l'anti dreyfusard borné, incapable de comprendre
ce qui s'était passé à ce moment.
La France en guerre contre les juifs ! Il faut vraiment être un plouc méridional
pour en rester là. La "revanche de Dreyfus" dit-il à la toute fin pour mieux sceller son indignité,
sanctionnée par la dégradation nationale.

On met au crédit de Maurras d'avoir intellectuellement réussi à fusionner réaction royaliste et nationalisme,
et donc d'avoir modernisé le sentiment français.
On pourrait dire pourtant que ce sentiment était déjà là sous Napoléon, sauf bien sur pour les
traitres allés se battre avec les rois. 
Et puis, on ne voit pas ce que la France de De Gaulle doit vraiment à Maurras:
à part "les 40 rois qui en mille ans firent la France", la belle formule d'un journal longtemps for lu.
Culte provincial, antisémitisme, refus de la démocratie, du libéralisme économique, de la science moderne,
Maurras sera pour toujours associé au retour de la nation à l'état d'avant cette royauté,
quand Paris n'est plus la capitale et que tout l'Etat a disparu, déguisé en bien pire et bien plus
indigne que la royauté de Bourges. De Gaulle fut Jeanne d'Arc. C'est à dire le contraire.

Que des royalistes, qui plus est maurassiens, ne le comprennent pas est leur problème. Voir plus bas.

Car Maurras fut l'un des instigateurs de ce drame absolu dont la France ne s'est sans doute pas vraiment relevée,
et ce malgré De Gaulle... Car la déchéance fut totale, et le dévoiement complet, comme jamais cela n'arriva dans
toute l'histoire.
Les Céline, Pétain et Maurras ne voyaient que les juifs et il n'eurent même pas le courage de se battre en fascistes
car il ne le furent même pas vraiment. Trop français: il est désolant de voir que l'abaissement de ces misérables
donna raison au racisme nazi qui les méprisait pour cela.

Il n'y a de patriotes que de gens prêts à se faire tuer, et ces méprisables lâches en étaient incapables. Qu'ils soient maudits, ils sont notre honte. 

Écrit par : François Carmignola | 12/01/2016

 

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Au plaisir de la suite de la conversation, et j'assume ma détestation absolue de l'Action française. 

 

 

 

 

 

 

31/12/2015

La Monnaie

Comprendre les mécanisme monétaires est une gageure, et semble impossible. Partout véhémences et dénonciations, ce qui incompréhensible pour qui voit le monde marcher tout de même. Comment cela se fait?

LES FONDAMENTAUX

Il faut d'abord comprendre les fondamentaux. Ils ne changent pas, et sont toujours les mêmes. C'est cela qui est rassurant. 

On a les particuliers, les entreprises, les banques et la banque centrale (d'émission). 

Les banques et la banque centrale sont imposées par l'Etat: tout vaut mieux que l'usure et les désordres que causent l'exploitation sans limite de la pauvreté, de l'ignorance et de l'alcoolisme. Il faut une monnaie et faire en sorte que des règles s'imposent.

Elles permettent à des entités libres de faire des choix en permettant des calculs cout/avantages suivi d'effets prévisibles, ceux-ci étant mesurés et maintenus dans des limites acceptables. 

Les banques prêtent de l'argent et constituent un secteur économique régulé par des lois spéciales: on le comprend, car il s'agit d'empêcher l'usure on l'a dit, mais aussi de permettre, en le limitant, le crédit,  sur une base qui est au grand scandale de beaucoup, est basé sur du vent: le principe des réserves fractionnaires permet en effet aux banques de prêter à intérêt de l'argent qu'elles n'ont pas et en fait de créer ex nihilo de la monnaie. Et oui.

Car prêter de l'argent c'est d'abord en créer: le phénomène inquiétant et scandaleux, sans doute à l'origine de bien des révoltes contre le funeste liquide n'est toujours pas passé dans les esprits; y ajouter que ce qui est prêté non seulement est crée mais en plus n'existe pas ajoute à la révolte. C'est bien naturel, tout autant que le mécanisme lui même, d'ailleurs, le niveau d'abstraction pour le comprendre étant hors d'atteinte pour la plupart des gens: comment ? La monnaie n'est pas l'argent ? 

La banque centrale, elle, a pour vocation à maintenir en équilibre les échanges bancaires en général, un principe connu depuis plusieurs siècles en occident étant qu'on ne peut influer qu'à "la marge" sur toutes ces décisions prises par un peuple, l'examen de tout achat de bonbons devant des fonctionnaires assermentés étant considéré comme hélas impraticable concrètement. Il faut ainsi un mécanisme INDIRECT d'influence sur les banques. Le contrôle de certains taux de profits le permet. Un nombre à gérer plutôt que des millions, à changer tous les mois plutôt que toutes les secondes, bref, un mécanisme, une habileté. 

Les critères de ces régulations sont fixés par ses statuts, en principe il s'agit de maintenir une inflation basse mais pas trop, un chômage bas, et une économie en bonne santé (...). On passera sur la priorisation de ces objectifs, l'important étant de savoir que la banque centrale était autrefois directement sous le pouvoir de l'Etat. Ce n'est plus le cas, car la banque centrale, en Europe, maintenant européenne depuis la création de l'Euro, est indépendante,  car définie sur le modèle de la très "ordo libérale" banque centrale de la république fédérale d'Allemagne, jugée universellement responsable de la merveilleuse santé allemande depuis la fin de la guerre. 

LE CREDIT

On a donc la politique du crédit à l'intérieur d'une zone monétaire. D'abord, les banques font crédit, c'est leur métier, leur fonction. Ensuite les entreprises se font crédit entre elles, par émission d'effets de commerce de clients à fournisseurs, les fournisseurs pouvant les transformer en bon argent auprès des banques moyennant un taux d'escompte. Les banques peuvent alors envoyer l'effet à la banque des banques, la banque centrale, et se faire prêter de l'argent au taux de réescompte. Bref, ça circule. 

Les banques ont de l'argent, c'est celui des déposants, qu'elles font immédiatement disparaitre en le prêtant, bien sur. Mais elles peuvent en avoir besoin, ne serait ce que pour garnir les distributeurs. Elles doivent aussi compenser les chèques envoyés ou reçus des autres banques, et cela tous les jours (on équilibre ses comptes tous les jours, dans la vie).

Ces compensations en temps réel se font sur le marché inter-bancaire (le lieu du fameux taux "libor", mot employé en Angleterre, et qui fit l'objet d'une fraude retentissante récemment), et les versements de compensation se font dans une monnaie spéciale, dite "monnaie banque centrale" qui n'est faite que des comptes ouverts par les banques auprès de la banque centrale. C'est sur ces comptes que passent les achats de devises, les réserves obligatoires, les réescomptes. Ces comptes doivent être "créditeur" d'un montant minimal, qui est le montant des réserves, montant qui a un minimum pour que la banque puisse exercer, et qui doit être en rapport avec la quantité totale des crédits accordés par la banque. Une banque peut ainsi prêter plus mais doit avoir (tout de même) les réserves en conséquence. Refinancer une banque, c'est lui permettre d'accorder davantage de crédit, et aussi de pouvoir régler les autres banques, soit qu'elles l'exigent soit qu'elles proposent en échange des titres alléchants. 

Les interventions de la banque centrale sur le marché interbancaire s'appellent les opérations d'"open market" ou de "refinancement". Les taux d'intérêts de ces interventions sont les taux "directeurs". Rappelons qu'il y a 3 taux directeurs : le taux de dépôt (celui qui est actuellement négatif), le taux de refinancement (LE taux directeur, celui qui contrôle l'octroi de liquidité aux banques), et le taux d'escompte, le bien connu. 

L'important est le concept de "monnaie banque centrale", mal connu mais fondamental. Il y a donc deux monnaies.

La monnaie normale (dite masse monétaire) est ainsi facteur de la monnaie banque centrale (dite base monétaire), dans la mesure du taux de réserves obligatoire (disons 10%) et de la masse de biftons (monnaie fiduciaire) en circulation. 

La monnaie banque centrale, ou base monétaire, est M0, le premier agrégat monétaire. On qualifie de "fuite" la masse des biftons, dans la mesure ou cela est de la monnaie qui n'est pas crée par du crédit mais par la banque centrale, et qui "fuit" hors du circuit bancaire. 

Mais au fait qu'est ce que la monnaie? 

LA MONNAIE ET L'ETALON OR  

La monnaie est un pouvoir d'acheter, un pouvoir d'achat. Point barre. Maintenant cela dépend où, auprès de qui, et dans quelles conditions. C'est donc un bien. De fait c'est un signe de la possession d'un bien échangeable, les conditions de validité du signe étant évidemment variables. Une condition de validité bien connue est que le signe soit un bloc d'or certifié comme pesant un certain poids (pour éviter de le peser toutes les cinq minutes). Evidemment, on passa vite (en fait il y a très peu de temps, historiquement) à des signes moins directs, dont le fameux bifton. 

Le principe de base de toute conceptualisation de la monnaie est évidemment le principe de l'étalon or, en vigueur de 1879 à la première guerre mondiale puis brièvement entre 27 et 31. En gros, on n'a de monnaie qu'autant qu'on a d'or, l'or étant gardé par les états, et échangé à la demande de toute personne présentant un billet dans la monnaie en question. Naturellement, on peut acheter de l'or, et le marché de l'or ne change rien à l'affaire: ce sont les états qui décident bien sur, d'un prix intangible. 

Passons tout de suite à la balance des paiements, qui s'applique aux états. Elle est bien sur équilibrée, comme toute balance, et ce sont ses sous balances qui ne le sont pas. Le déficit des paiement est ainsi le nom conventionnel de celui de la balance commerciale, les autres balances, financières et excédentaires, faisant compensation pour respecter la contrainte globale du balancement équilibré. 

En régime d'étalon or, un commerce déficitaire nécessite de donner au fournisseur de l'argent que celui ci peut présenter quand il veut à l'échange contre du métal, réduisant donc la quantité d'or disponible, ce qui va "détruire" de la monnaie.

C'est là qu'intervient un mécanisme décrit par David Hume en 1752, et qui va influer "automatiquement" sur la balance des paiements. Défenseur de l'utilisation du papier monnaie, plutôt que du métal directement, Hume réfléchissant sur un thème de l'époque (que la hausse des prix était due à l'afflux d'or venant du nouveau monde) conçut d'abord les effets bénéfiques de cet accroissement sur l'activité humaine, seule vraie expression selon lui de  la richesse. Hume commence donc par lier quantité de monnaie et niveau des prix, en modélisant la transition qui lie le changement de l'un avec celui de l'autre.

Le mécanisme est donc que la quantité de monnaie (qui diminue dans l'exemple) va influer négativement sur les prix et donc favoriser l'offre faite aux étrangers, qui vont donc acheter plus, ce qui va rééquilibrer la situation par apport d'or et recréation de monnaie. 

Tout le bénéfice de l'étalon or est là: une contrainte quasi physique qui va vertueusement maintenir la situation conventionnelle des sociétés dans un ordre immuable et sage, proportionnel aux mérites et bénéfique à la richesse globale des nations. Ce concept de la convention transformée en nature est l'essence des lumières et de la civilisation occidentale ! Il n'y aura ainsi de vraie activité que proportionnelle à la monnaie disponible et en équilibre avec l'activité des autres, ce qui garantit la paix et la prospérité générale.

 

LA FIN DE L ETALON OR

Après la première guerre mondiale, on instaura le gold exchange standard (étalon de change or), qui consistait à n'avoir plus que le dollar de convertible en or, son utilisation étant celle d'une monnaie de "réserve" à la place de l'or. Cela donna un avantage léonin donné aux USA, les "réserves" pouvant être immédiatement investies aux US, ce que ne permettait pas l'or gardé bêtement en coffre. Cela favorisa un déficit commercial US abyssal qui menaça de déséquilibrer tout le système: les avoirs en dollars étaient immenses et il aurait suffi qu'on en demande leur remboursement en or pour que tout explose. Lorsque la convertibilité fut abandonnée (le 17 Mars 1968 pour autres que les états, le 15 Aout 1971 définitivement) Ford Knox avait 20 G$ d'or et il y avait 60 G$ dans la nature... 

L'année 1968 fut terrible: une spéculation effrénée sur l'or eu lieu dans les premiers mois, et on instaura un quasi contrôle des changes aux US avant de geler la convertibilité, les états  "amis" se trouvant sommés de ne pas rogner davantage le stock d'or en voie d'instinction. Mai 68 fut bien sur en plus affreux pour le trésor français, la grande inflation commençant immédiatement. Le 15 Aout 1971, Nixon supprima définitivement la convertibilité de la dernière monnaie de réserve, et supprima donc l'étalon or. 

Depuis, et bien les choses sont devenues ce qu'elles sont: le dollar a gardé son rôle et la virtualisation des économies s'est encore accentuée, avec la quantité de monnaie globale disponible. Les catastrophes prédites par Jacques Rueff ne se sont pas produites, ou bien se sont produites et nous vivons avec sans nous en rendre compte. 

LA BANQUE CENTRALE EUROPEENE 

Depuis la création de l'Euro, la BCE gère la politique d'émission et la politique monétaire. Elle supervise les 130 banques européennes et gère les réserves de change de la zone Euro. De fait avec les banques centrales des pays membres de la zone Euro, elle gère la monnaie unique. Elle est l'organe central de l'Eurosystème et décide des opérations d'open market menées par les banques centrales nationales. Elle dispose des taux directeurs qui lui permettent d'intervenir et de réguler le marché interbancaire et donc le fonctionnement du crédit à l'intérieur de la zone euro. 

LES RELATIONS ENTRE LA BANQUE CENTRALE ET L ETAT

De toute éternité, le souverain bat monnaie. La confusion entre tous ces beaux principes du fait des souverains violents dont nous ne sommes pas complètement débarrassé, est donc possible. Il faut rappeler que l'Etat Islamique bat monnaie.  

Le grand avantage du souverain en matière de monnaie est qu'il peut rogner les pièces qu'il met en circulation pour accroitre son pouvoir d'achat (de prébende et de corruption). Ce qui revient à augmenter la quantité de monnaie, et donc d'augmenter les prix. Cette augmentation des prix, qui diminue la richesse du reste de la nation est en fait un impôt, mais un impôt des plus précieux, car invisible.

Emprunter (prendre)  à la banque centrale, quand on est un Etat, revient strictement au même: la création de monnaie à activité constante, augmente les prix, cette augmentation allant directement dans la poche corruptrice de l'Etat au prix d'une inflation funeste qui appauvrit les pauvres en se faisant passer pour un innocent changement climatique. 

Et bien, la fameuse réforme de 1973 fut précisément l'interdiction définitive de cette vilenie ! Le complot Pompidou Rotschild qui visa à enrichir les juifs (comme son nom l'indique) et que dénoncent avec vigueur tous les complotistes depuis dix ans est de fait un progrès majeur de la civilisation, de fait un droit de l'homme supplémentaire. 

Elle est d'autre part évidemment un préalable à tout action monétaire commune en Europe: comment imaginer laisser un tel pouvoir aux Etats avec une monnaie commune ? Cela signifierait donner à Malte le pouvoir d'imposer davantage les pauvres français. Même Hollande s'y opposerait ! 

Pour finir, emprunter à la banque centrale pour un Etat, c'est de fait se faire financer un déficit budgétaire, ou bien comme on dit, "faire marcher la planche à billets". Cela est maintenant interdit, au nom de la séculaire lutte entre les citoyens libre et l'Etat oppresseur. L'Etat doit prendre ses responsabilités et faire fonctionner la démocratie qui consiste essentiellement à négocier auprès des citoyens le montant de l'impôt: celui ci doit être sa seule source de revenus (à part la dette).

Quand on parle de l'Etat, on parle en fait du "Trésor". Il vend des bons "du Trésor" aux banques (et non pas à la banque centrale) pour obtenir de l'argent. Mieux, il peut emprunter sur les marchés mondiaux de capitaux. Ce sont des obligations (des titres remboursables à une échéance). Ils sont payés en monnaie banque centrale, directement depuis le compte dont l'Etat dispose auprès de la banque centrale. C'est le seul moyen légal pour l'Etat d'obtenir de l'argent hors impôts: l'emprunt sur les marchés financiers et non plus la création directe d'argent par manipulation de la monnaie qu'il est chargé de faire respecter. Du moins en principe: il y a contradiction fondamentale entre les deux rôles de l'Etat vis à vis de la monnaie, et l'indépendance de la banque centrale  a pour vocation d'écarter le chat des pots de confiture afin de maintenir les prix stables. 

A ce sujet, il faut savoir que le trésor public est séculairement client de la banque centrale, tout comme les banques. De fait, il se comporte comme une banque, mais qui ne prête jamais, bien au contraire: il perçoit, que dis-je il spolie, de fait il transforme la monnaie perçue en monnaie banque centrale tout en payant ses fournisseurs et prébendiers avec.  

 

LES MARCHES FINANCIERS

Les marchés financiers ne sont pas équivalents. Par exemple, le marché interbancaire, on l'a vu, est radicalement différents du marché du porc breton: il n'est pas, du tout, de même nature. 

On distinguera, c'est important, les marchés primaires et secondaires des titres, le marché secondaire étant un marché de l'occasion, seul le primaire pouvant émettre (créer) des titres. 

Les différentes politiques accommodantes des banques centrales se distinguent suivant qu'elles agissent sur les marchés primaires (c'est le cas de la QE de la banque d'Angleterre) ou secondaires seulement (c'est le cas de la QE de la BCE). 

LA QE

La QE est en vigueur en Europe depuis Mars 2015.

D'abord, le QE (quantitative easing) n'est pas une injection directe d'argent, mais une augmentation des réserves des banques. CE N EST PAS une activation de la planche à billets, donc. Presque pas. 

Cela n'a rien à voir, et ne correspond pas (évidemment) non plus  à un don d'argent à des rapaces aux nez crochus. Car il faut comprendre que ces réserves sont de la monnaie banque centrale, monnaie qui n'a rien à voir avec le vrai argent, et ne se trouve pas comptabilisée dans la vraie monnaie, celle qui permet par exemple d'acheter des bitcoins, en l'occurrence les aggrégats monétaires connus. 

Ces réserves (argent porté aux comptes des banques auprès de la banque centrale) sont augmentées du fait de l'achat par la banque centrale de titres variés émis par les banques. Cela permet à la banque centrale de "créer" de la monnaie banque centrale suivant le mécanisme bien connu commun à toutes les monnaies. Le but est bien de favoriser les banques (et rien qu'elles tu parles, qui d'autre ? ) mais dans un marché monétaire particulier: l'interbancaire.

Bien sur, les titres achetés peuvent être des bons émis par les états et que les banques s'échangent entre elles sur ce même marché. Il peuvent avoir été acheté par les banques aux états, si elles ont confiance naturellement ou si ces mêmes états leur forcent la main. 

Mais les banques vont mal. Elles ont "en banque" beaucoup de titres de valeurs douteuses (pour ne pas dire totalement pourries) qui fait qu'elles se suspectent mutuellement d'une faillite prochaine. Elle ne se font plus confiance et ne se prêtent plus rien. Or elles ont besoin de réserves pour pouvoir avoir le droit de prêter. C'est cela la crise de "liquidité": les banques sont clouées au sol et ne peuvent plus prêter à personne et en particulier à l'économie "réelle". D'où la volonté somme toute louable du "easing". 

En tout cas, la chose est indirecte, c'est l'essentiel. 

EN CONCLUSION

Plutôt que dénoncer à l'aveugle l'argent corrupteur, la méchanceté des riches, ou la rapacité de la finance juive (minoritaire partout, les pauvres, ils est très possible que leur rapacité soit en faite inférieure à celle de la finance non juive, si tant est d'ailleurs que la finance soit rapace plutôt que partie de la réalité du monde, en fait), on peut donc d'abord avoir quelques notions de base de cette réalité. Celui ci n'est pas absurde ou irraisonné, ou soumis à la folie de je ne sais quel démon. Il a ses problèmes, et tente de les régler. 

 

P.S. Pour enfoncer le clou et préciser la chose, un évènement récent en Allemagne est le ré-examen par la cour constitutionnelle allemande de la possibilité pour la banque centrale Européenne de mener la politique dite OMT, qui consiste à racheter des obligations d'Etat, ce qui au moins en principe viole les principes de la loi fondamentale toute "ordolibérale", de l'Allemagne fédérale. Un point intéressant, rappelé à ce propos est cette politique n'a PAS été utilisé par la BCE...

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/16/la-bce-de-nouveau-sur-le-gril-de-la-justice-constitutionnelle-allemande_4865972_3234.html

 

P.S. 21 Juin 2016 A deux jours du Brexit, la cour constitutionnelle Allemande accepte l'OMT, toujours pas appliquée, sachant qu'elle ne peut se faire qu'en échange d'un programme d'ajustement structurel (à base d'éventration de bébés innocents et de viols de femmes enceintes). 

27/12/2015

Les guerres idéologiques

Le terme "guerre idéologique" est précis et doté du sens qu'on peut accorder à une expression qui n'est pas appropriée par un camp. "Conflit de civilisation", "guerre de religions" et même "guerre civile", sont des termes qu'on utilise de manière partisane pour dénoncer leur utilisation ou bien pour faire peur.

Alors qu'une guerre idéologique c'est mobilisateur, c'est effectif et cela se situe justement avant que l'on soit obligé de passer à la vraie violence, celle qui règne au moyen orient ou en Afrique, et qui se trouve précisément désignée par les termes décrits plus haut.

Une idéologie est définie par une description qui se veut prescriptive. C'est la définition de Raymond Aron (le mélange entre les descriptions et les jugements de valeur). Les prescriptions en question, quand elles apparaissent comme menaçantes, peuvent être combattues en s'attaquant aux descriptions qui les soutiennent, ou bien globalement, par l'explicite combat contre l'ensemble de la volonté idéologique identifiée, considérée comme ennemie et combattue comme telle afin de la  déconsidérer et de la détruire.

L'idéologie à combattre de nos jours n'est pas l'extrême droite factieuse des années trente, ni le communisme de cette époque. Ce n'est pas le communisme des années cinquante, ni le socialisme des années quatre vingt. Ce n'est pas le front national des années 2000, ou le communautarisme homosexuel de 2012.

C'est le communautarisme musulman de notre temps, réplique exacte de forces européennes comparables que l'histoire a connu, assis sur la volonté de s'approprier une partie du peuple, par la propagation d'une religion menaçante.

L'aspect religieux de la chose ne doit pas surprendre. Au risque de me différencier exagérément de bien des gens, je ne ferais pas de différence essentielle sur ce point entre l'islam et le communisme: tous deux ils n'ont pour objet que d'asservir, par des rites, par des conceptions métaphysiques agressives et des sentiments moraux dévoyés. Voila ma définition de la religion et voilà ce dont il faut se défendre.

Mais commençons par l'aspect "guerrier". Il n'y a pas de guerre sans une puissance étrangère. A moins qu'on ne veuille qualifier de "civile" une guerre avec des arrivants récents dont l'étrangeté culturelle et religieuse est patente, et entretenue par l'étranger. 

Comment qualifier les vêtements étranges, les voiles, les prières en Arabe qu'on ne comprend pas, les prêches pakistanais ou wahaabites qu'on voit pourtant interdit jusqu'en Algérie ou au Sénégal ? Comme des expressions populaires traditionnelles de l'immigration économique africaine ? Absolument pas: on a là l'importation en Europe, à des fins de communautarisme agressif de moeurs qu'on veut imposer à des gens du fait de leur faciès. C'est de guerre idéologique dont on parle. Et le racisme n'y est qu'un instrument: on se trouve condamné pour respecter ou ne pas respecter le ramadan du fait de son appartenance visible à une minorité. Voilà où nous en sommes, au pays de la liberté. 

L'aspect "puissance étrangère" de la chose ne doit pas non plus égarer. Le complot n'est pas ourdi par une puissance unique. L'Algérie et la Turquie, tout comme l'Etat Islamique sont parties prenantes séparées dans une confrontation qui sans être un choc de civilisation y ressemble bigrement. Confronté à un monde qui quoiqu'on en dise, est déstabilisé démographiquement à terme, des puissances en devenir cherchent à gagner de l'influence sur des zones nouvelles qu'ils perçoivent comme fragiles. La manipulation, sur le sol de la cible, des facteurs qui sont à la base de leur pouvoir s'impose. Mettez vous à leur place.

Il faut bien différencier Algérie et Turquie. Alors que l'Algérie, dos au mur démographiquement et économiquement, se trouve dans une impasse historique et cherche surtout à protéger ses élites corrompues et les pieds à terre de leurs enfants, la Turquie se voit en expansion. Tout comme l'Algérie, arrosée par l'histoire contemporaine par de l'argent tombé du ciel, mais elle directement en argent comme membre de l'Otan (l'Algérie, elle c'est via le gaz), elle voit son avenir comme prédatrice, faute d'un développement économique suffisant. La Turquie se trouve être le pays le plus subventionné et le plus corrompu qui soit, base avancée contre l'URSS oblige.

Qu'en est il du Maroc ? Le Maroc est une forme de Turquie. Seul royaume musulman indépendant de la porte au cours de l'histoire, déjà investi au sud, il est dirigé par un gouvernement maintenant marqué par un islam politique qui l'identifie clairement comme non occidental, quoique soigneusement pacifique, pour l'instant. Il se contente de contrôler son islam européen, et cela plus que jamais, ses rapports avec l'Algérie n'étant toujours pas, et je dirais moins que jamais, normalisés. Que peut il se passer dans le grand sud si ça pète à l'Est ? 

La Turquie soutient, encourage et utilise la confrérie des frères musulmans. Bien au delà d'un réveil arabe, la confrérie a vocation à fournir le sous bassement idéologique internationalisé de la fameuse guerre idéologique. Oublions les djihadismes et toutes les formes de salafisme fétichiste qui nous font si peur: le vrai islam autoritaire et borné, réactionnaire et impérialiste, soumis aux hiérarchies ottomanes au nom de la défense de l'oumma est bien là, il est fait pour ça: la restauration du califat, à Istamboul. 

Mais il n'y a pas que cela, il y a aussi l'expansion territoriale. Avec le retrait US du moyen orient pour cause de plus besoin de pétrole et de fatigue militaire, l'Arabie Saoudite se trouve à prendre. La constitution de l'Etat Islamique et tous les remous "islamiques" du moyen orient ont cela pour enjeu. Que l'on soit perse ou turc, l'odeur du désert et des lieux saints attire et donc voilà la cible. Pour paralyser une Europe, qui pourrait gêner, il faut donc lui infliger, profitons de l'occasion, une gêne thématisée sur son propre sol. Et puis, pourquoi ne pas vouloir la prendre elle aussi, à terme ? 

Et bien les récents évènements qui auraient pu nous surprendre récemment se trouvent expliqués. Les US qui contrôlent l'Otan et donc les nouveaux arrivés dans l'UE, bavards et rancuniers (les ex colonies russes) ont l'intention de laisser la Turquie, elle aussi membre de l'Otan, gérer leur abandon de la zone. Equilibré par l'empire perse, l'empire ottoman est le seul capable de mettre de l'ordre dans le foutoir arabe qui, moins que jamais, est capable de se gouverner.

On rançonne l'Allemagne pour le prix des migrants qu'on envoie, leur nombre commençant à gêner, et on aide quasiment ouvertement l'EI qui sera chargé d'envahir l'Arabie pour commencer, et surtout on ne veut pas de Kurdistan, mais cela on le savait. La stratégie Turque est ainsi partiellement défensive, mais c'est une constante, l'ottoman nouvel arrivé dans l'histoire n'ayant jamais vraiment réussi à se faire accepter...  

Contre ce destin, qui rien moins qu'inéluctable, n'est pour l'instant qu'une ligne de fuite, et une raison pour les stratégies, il y a la Russie et il y a le Qatar, ou disons le golfe. Doté d'argent sans avoir de problème sociaux, les joueurs du golfe pourront  garder leur indépendance au prix des grands équilibres, comme ils ont toujours fait, mais à condition de continuer leur double jeu, médiatique, sportif, aérien, et financier. 

Quand à la Russie, et bien elle revient comme force mondiale, c'est ce qui fut le but de toutes ses attitudes, mais surtout comme pays pétrolier. Il faut que ce damné prix des hydrocarbures remonte, et elle fait ce qu'il faut pour cela, la tension devant monter à cette mesure. Cela va durer encore deux ans, le temps que les saoudiens dépensent leur cagnotte. A ce moment elle sera là. 

Pour le futur, elle est évidemment un pays européen, et même son futur bras armé, qui devra sans les US occupés avec la Chine,  régler le problème militaire. Il faut pour cela s'allier avec, et faire donc le contraire de ce qu'on fait actuellement, mais la venue de Fillon en 2017 devrait arranger les choses, cela pourrait être immédiat. 

Activer avec la Russie et donc contre la Turquie, il est clair maintenant que cela sera le cas, une confrontation un peu tendue mais nécessaire, devra se  faire au prix d'une claire conscience des enjeux idéologiques, ce dont on va parler maintenant. 

Il n'y a évidemment pas de volonté néo communiste de Poutine d'asservir le monde, mais bien une volonté d'activistes musulmans payés par l'étranger de mettre la main sur des masses misérables laissées de coté. Car la déconvenue de l'immigration non nécessaire est bien là: elle est au chômage partout, contre toute attente, et on pense pouvoir l'occuper. 

Ainsi, les clercs qui les abrutissent voyagent et s'enrichissent. Le golfe est là pour ça (d'où viendraient les chemises blanches et les gandouras brodées de Tariq Ramadan, sinon ? ) et cela est d'évidence. Ce golfe là, arabe de coeur mais pas de migration, tu parles, envoie donc son peuple, et en fait d'ailleurs la propagande (les European Muslim Netwoks, cités ici même en sont l'exemple), coloniser l'Europe par paquets de mille en plein hiver et à la rame, les communautés sur place ayant vocation, bien sur et si possible au nom de l'état dont elles sont citoyennes, d'en promouvoir la subvention. 

Car le discours se répand, y compris chez les semi intégrés, dont les liens familiaux à reconstituer dans la tradition sont l'enjeu de l'affaire. Les journaux sur le Web, et le comité contre l'islamophobie (CCIF), bras armé du genou dans le ventre mou a pour vocation à installer un parti par la force des "idées". Un parti politique a fait ses premiers pas (l'UDMF), et espère un grand avenir. 

On pourrait croire que les attentats leurs portent tort. Au contraire, et cela est classique. Que peut on souhaiter de plus en ces périodes troublées que de gentils représentant de la force qui vous navre ? Et bien nous l'avons: elle se répand partout, miéleuse, dénuée d'amalgames, huilée de ce qu'on ne met pas sur le feu, et va même jusqu'à protéger les nuits de Noël des derniers chrétiens. L'offensive du déni islamique après les attentats est ainsi incroyablement bavarde et pacifiante, comme faite exprès, on dirait l'écho mentholé du bruit des balles. 

Là encore l'explication fonctionne magnifiquement: le ministre de l'intérieur, spontanément, "respecte la protection musulmane des églises pour Noël". Car bien sur, la police ne pouvant rien, c'est aux musulmans d'être mis à contribution. Il a fallut la saillie de Robert Ménard pour que l'on ronchonne un peu sur ce respect là, la plainte de SOS racisme devant avoir des conséquences, on va rire.  

Et bien cette "protection fraternelle" et ce "respect" font partie de la guerre idéologique. Bien joué sur ce coup là, l'imaginatif Mehdi Roland de Bézier étant un magnifique combattant, heureusement identifié comme tel, son soutien au CCIF et au BDS (Boycott Désinvestissements Sanctions) étant visible, et marqueur parfait de sa martiale posture. 

Que lui opposer ? C'est toute la question et il faut bien avouer que les blancs ne sont pas encore en ligne comme il le faudrait. Il est sur que se précipiter sur une petite loi de déchéance sans effets n'est pas la bonne manière: il faut au contraire s'allier avec ce que l'immigration africaine compte de laïques (il y en a bien quelque uns) et non pas les vexer inutilement tout autant que les portugais, et cela pour rien. 

Alors? Et bien les propositions calmes d'un François Fillon sont évidemment la bonne approche dans un premier temps: un référendum sur une politique de quotas d'admission qui instaurerait une bonne fois pour toute la fin de l'invasion sans contrôle et la reconnaissance officielle que la France n'a plus besoin de l'immigration, si elle en a eu jamais besoin d'ailleurs. Rien ne se fera sans cela, et cela pourrait arriver vite (l'été 2017).

Au passage une fois saturée les institutions asilaires (d'ailleurs c'est déjà le cas), les migrations sans objet devront être bloquées énergiquement et cela sur les sols de départ, hors d'Europe. La mise en place du NOWAY est ainsi inéluctable, la pression démographique étant séculaire et maintenant elle se voit. 

A partir de là il faudra nettoyer. Au nom de la volonté souveraine du peuple français, on établira qu'on ne souhaite pas voir s'instaurer, à rebours des usages et du vivre ensemble, des moeurs  publics qui ne sont pas partagés par la majorité du peuple. La guerre idéologique va alors commencer vraiment. 

Elle devra se faire sur les thèmes descriptifs: qu'est ce que l'histoire de la religion musulmane sinon celle d'une foi conquérante, exclusivement architecturée sur la justification de l'action violente contre tout ce qui s'oppose à une domination politique totalitaire? 

Installée dans un empire d'abord arabe, sous trois acceptances qui se détruisirent successivement avec une cruauté invraisemblable allant jusqu'à l'extermination familiale absolue, elle fut définitivement éradiquée par des mongols et des turcs qui l'abaissèrent avec méchanceté pendant huit cent ans. Ceci au nom d'une foi que l'on qualifie d'islamique, définitivement déconsidérée, du moins il me semble, de part son instrumentalisation autoritaire par toutes les tyrannies, et par toutes les races successives issues du sombre orient.  

Une véritable horreur, justifiée par un texte invraisemblable, rempli des plus impitoyables malédictions envers tout ce qui s'y oppose, je ne vous raconte pas ce que les juifs y prennent... 

Car la lutte idéologique cette fois ne sera pas contre les juifs. Suspectés par toute l'histoire d'avoir causé toutes les crises de valeurs, nos braves hébreux pourtant bien connus depuis l'origine, ancêtres de nos dieux et, malgré leurs petites manies, reconnus nos alliés dans la lutte contre les gnostiques, sont encore nos amis. Ils vont se révéler indispensables, leur connaissance du terrain étant précieuse, mais là encore nous le savions, notre sagesse les ayant doté des conditions de leur existence.

Cela signifie t il un retour obligatoire du christianisme pour contrôler le religieux de l'affaire ? Jamais conquérant sinon sous l'égide de rêveries modernistes qui ont toujours échappé à leur instigateurs, il ne peut, le pauvre, que servir d'ultime prétexte. Moteur malgré lui des catholique zombies il est bien dévalorisé, quoique les drapeaux français ayant succédé aux charlie, on  peut imaginer une prise de conscience, mais qui ne sera pas catholique.

Car la vraie question est de bien se comporter quoiqu'il arrive, et il ne faudra pas abdiquer ses libertés, voilà l'enjeu, sinon la principale motivation disparaitra: c'est la seule chose que nous avons en commun, nous qui nous détestons sans nous tuer, nous les démocrates athées.

Le camp du bien est porteur de la liberté et donc il vaincra. 

 

 

02/12/2015

Le ton

Il y a dans l'appréciation des choses, dans le ton utilisé pour parler des choses, des caractéristiques qui dépendent du rôle que l'on occupe dans ce qu'il faut bien appeler le "système". Je voudrais parler ici des journalistes, des éditorialistes, bref de ceux qui expriment, sous l'angle de la neutralité journalistique, leur vision du monde. 

Ces types de jugements sont importants car ils correspondent, au moins à titre de figure rhétorique, à ce que pourraient dire des représentants choisis au hasard parmi la population: à priori objectifs, ils réfléchissent, pèsent le pour et le contre, et décrivent la réalité telle qu'elle "est". Dans une démocratie, ce ton est important, car même si il existe des sensibilités différentes, elles sont portées par des gens ayant fait des études comparables, ayant lu les mêmes livres et les mêmes revues et donc étant susceptibles de prononcer des jugement comparables, construisant ainsi la volonté générale dans le débat entre pairs. 

Ainsi, le discours de commentaire journalistique fait ainsi toujours "semblant" d'être naïf, utilisant le principe de la balance entre opposés pour réfléchir ou exprimer des opinions. Bien entendu, la neutralité n'est pas de ce monde, et toute expression favorise toujours, sinon un soutien, du moins une tropisme, comme on dit, en faveur de certaines opinions, le contrôle de la balance permettant d'en favoriser certaines à l'occasion, sans y toucher, mais pas plus. 

Et bien il semble qu'en ces temps un peu perturbés, cet équilibre n'a plus lieu d'être. Une politique est menée, qui se trouve hors de l'équilibre. Enfoncé dans une position extrême, l'un des camps perd les pédales et exagère ce qu'il devrait modérer: une confiance se perd, on n'a plus à attendre une prise en compte mais à deviner le prochain coup. Le conflit est ouvert: il n'y a plus que la violence, dont l'intensité n'a d'objet que la destruction.

Il est possible que cela ait commencé du temps de Sarkozy: une expression gourmande de violence non retenue a allumé de la part des hypocrites la levée de la haine. Nous en payons les effets aujourd'hui et la venue de l'échec allume davantage le feu: il n'y a plus de retenue. 

Surprenant de voir que cela suivit dix ans (1995-2005) d'une volonté caractérisée d'apaiser, au prix de tous les abandons. Apaiser car la déchirure était là et qu'il fallait réparer, réparer: l'inaction, la subvention, la dette et l'effondrement suivit. Encore dix ans de tensions, de yeux au ciel, et surtout d'échecs, de chômage et de désespérance, et nous y voilà. Une crise plus tard, en retard partout, nous sommes, nous le premier pays d'Europe, le premier aussi à lui avoir dit non, aujourd'hui en dessous de toutes les normalités: dépenses publiques, dépenses sociales, chômage, dette, croissance, industrie, le dernier de la classe... 

Les chiffres accablants sont cités au journaliste de France Culture: il répond qu'après les attentats, l'autorité de François Hollande s'est affirmée... Argument contre argument, voilà la balance qu'elle est faite. A pleurer. 

Car le chiasme est total: (...), il n'y a pas à discuter: les politiques mises en oeuvre sont les bonnes, évidemment. Comment faire plus libéral que Macron ? Comment inverser davantage la courbe du chômage dont la prévision vaut réalisation, la ministre parlant de de stabilisation en voie ? Comment faire mieux la guerre au terrorisme qu'en envoyant l'armée, Claude Bartolone président de l'assemblée nationale, en campagne électorale, parlant de réaction "au bon moment" ? 

Une telle folie et une telle perte de la conscience des choses est très inquiétante: quand on augment les impôts, on le fait massivement, quand on veut modifier la constitution, on instaure une ... on se demande quoi. Incompétent, sauteur mais surtout complètement taré, voilà le pouvoir en France.

Nous en sommes là: il n'y a plus de débat et les révoltés de gauche contre ces gens là doivent éprouver des sentiments voisins, qui ne pourront bientôt plus s'apaiser que par des moyens plus individualisés.

Car la souffrance d'innocents défoule certes, habituellement, mais là il va falloir que le défoulement soit mené plus énergiquement. Ce sera le prix à payer pour un délabrement qui s'accentue dangereusement. 

P.S. Pardon d'avoir parlé des révoltés de la gauche mais un auditeur de Brice Couturier décida cette semaine de l'abandonner pour excès de libéralisme. Comme quoi on en a tous vraiment marre. 

21/11/2015

La la la laïcité

Au lendemain des attentats récents une déferlante de communication musulmane s'abat sur nous. De toutes parts, de tous les pays, de toutes les obédiences, bref de partout, tombe sur l'opinion française, la liberté d'expression étant maintenue, des déclarations variées visant à séparer cognitivement les auteurs des attentats et l'islam en général. 

Au passage, notons la différence entre Islam (avec un grand I) désignant le monde culturel lié à l'islam (avec un petit i) signifiant uniquement la religion. Au delà de la remarque perfide qu'il faut donc toujours écrire "islamophobie" avec un petit i, la distinction est d'importance et fait partie de l'échange planétaire en cours sur la question. 

On pourrait multiplier les exemples de cette communication, l'une d'entre elles, particulièrement poivrée, étant formée d'une communication d'un professeur gazaoui, agrémentée d'une charmante photo montrant des enfants montrant chacun une affichette, écrite soit en arabe soit en français "Gaza en solidarité avec Paris". 

http://www.saphirnews.com/Les-Palestiniens-en-solidarite-avec-le-peuple-francais_a21536.html

Le texte, plutôt ambigu (tu parles), célèbre en fait la culpabilité d'Israël, les attentats étant l'occasion pour le peuple français de rejoindre leur "noble cause". Bien que décalé par rapport aux hommages variés incluant la visite à une mosquée de Cherbourg d'une famille de victimes du Bataclan, il est à mon avis précisément à l'image du reste de ces manifestations: hypocrite. 

Le mot est intéressant car il désigne précisément ce que l'on attribue généralement à l'expression publique du religieux. Privé de preuves du surnaturel, contredit par toutes les évidences, tous les rationalistes, le religieux ne peut se défendre que par la parole, qui se trouve donc, dès qu'elle est affirmée en responsabilité, mensongère par définition. Pour faire passer la chose, on se fait mielleux, et toute les rhétoriques sont mises à contribution: comment  faire croire qu'on croit à ce qu'on dit ? Cela s'appelle l'hypocrisie. 

Pour éclairer ma comparaison avec Gaza, je dirais que le gazaoui en guerre, sur de son bon droit, ne perd pas de temps en vaines sentimentalités, ou à peine: nous sommes victimes du terrorisme, comme vous, donc tous ensemble sus aux juifs. Clair et net, sauf que le Hamas eu l'occasion pas plus tard que jeudi dernier de se féliciter de la conduite héroïque du porteur de couteau qui eu l'occasion d'assassiner deux civils dans un synagogue, sus aux juifs vous dis-je. Et bien ceci a le caractère de l'hypocrisie.

L'hypocrisie religieuse est similaire et a des objectifs semblables: favoriser par le mensonge une domination intéressée.

Il se trouve que les sociétés européennes  eurent à faire face, puis à faire disparaitre, l'hypocrisie religieuse issue de sa propre culture, le moteur premier de cette éradication étant le profond sentiment de dégout et de détestation qu'inspire la doucereuse, ignoble, incestueuse et gluante tentative de justification de l'insensé.

Dans le cas de l'islam, il faut comprendre que pour un européen la chose est redoublée, et ce d'une manière particulièrement aigüe.

Alors que la religion chrétienne, celle que nous venons de faire disparaitre, est porteuse d'un historique pacifique et amoureux des hommes,  l'hypocrisie manifeste des pauvres prêtres étant essentiellement un moralisme borné; l'islam, porteur d'un historique fait de conquêtes militaires au nom d'un totalitarisme politique, est hypocrite au point de nier ces crimes là en permanence, pour mieux imposer le même moralisme détestable, voire pour restaurer la puissance politique de ses glorieuses origines. 

Qu'on me comprenne bien: je ne parle pas de l'histoire politique en général, l'impérialisme occidental chrétien infiniment plus violent, puissant  et oppresseur que tout ce qui a peu exister d'autre est hors de cause. Je parle des sources religieuses initiales: le christianisme est une théorie amoureuse de l'humanité, l'islam la foi millénariste de tribus nomades conquérantes.

Il n'y a donc, pour un européen aucun respect possible pour ce religieux là: non seulement il est moraliste et faux comme tout le bien connu des bigoteries séculaires que nous avons éradiqué, mais en plus il est révisionniste (et à quel point) et veut faire croire à rebours de toutes les évidences qu'il est autre chose que l'ignoble dévoiement d'une culture à célébrer en prétendant le contraire, l'assassinat, le crime, la folie sanguinaire et la dictature absolue.

Sans parler de l'esclavagisme, de la misogynie institutionnelle. Je mettrais en dernier les interdits alimentaires, l'interdiction de consommer vin et viande de porc étant sans doute le plus absurde, le plus ridicule, le plus invivable symptôme de l'affreuse connerie qui accompagne ce religieux là.

A partir de là il nous faut assumer ce rejet  (demandez à vos voisins si j'ai pas raison). Il est symbolique, culturel et surtout définitif. Que vont penser les "musulmans" de ce point de vue ? Qu'il est celui d'un raciste ? D'un islamophobe ?  

Il nous faut caractériser cette détestation. Elle s'adresse d'abord et avant tout à l'expression publique de ce religieux là. Comme partout le fait de clercs, qui en vivent matériellement et intellectuellement, elle a pour vocation de maintenir en sujétion des personnes issues d'un milieu culturel, et identitaire (le fameux Islam, comme de bien entendu, les mots ont un sens) naturellement sensibles à ces discours et à ces traditions.

Car leurs victimes essentiellement en bas de l'échelle sociale, plongées dans un monde qu'elles ne comprennent pas et qui les ignore et les discrimine. Sans culture autonome autre qu'un religieux démagogique en progression qui entend profiter de la situation. Quelle situation ?  L'échec patent de l'intégration en Europe d'un flux de migration ininterrompu qui finit, crise économique oblige, par constituer un sous système permanent de misère, de criminalité et de chômage qui finit par ressembler à ce que le monde moderne avait pensé éradiquer aussi au siècle dernier.

Il y a bien sur une classe "supérieure" de cet islam là. Formé en partie des clercs dont nous parlons, n'oublions pas que l'éducation c'est aussi savoir se tenir à table (si vous voyez ce que je veux dire), il est composé de personnes attachées à une tradition MALGRE les travers qu'il voient clairement. Déchirés, et bien plus que nos catholiques zombies qui eux ont au moins leurs petites bougies pour se défouler, il vivent un déni sans doute pénible, avec en plus la solidarité identitaire et ethnique pour accroitre le poids de leur fardeau.

Et bien ma thèse est que leur douleur trouvera non pas une fin complète, mais une grande amélioration s'ils se soustrayaient à la principale raison de toute cette situation: la religion musulmane. On peut les y aider: cela s'appelle la laïcité dans un sens à déterminer, avec en plus une attention spéciale à ceux qui furent musulmans,  qui ne le sont plus et qui le disent quand ils le peuvent. 

Car il faut le dire: alors que les désastres causés dans l'Islam par l'islam politique sont aujourd'hui patents, il semble évident et inévitable qu'une proportion de plus en plus grande des personnes éduquées d'origine musulmane vont être amenées à abandonner cette funeste foi. Il faut une structure pour les accueillir, et elle s'appelle la laïcité: ce qui impose à l'espace public d'être indépendant et libre du respect réclamé par le religieux.

Pour quelle raison principale ? On parle d'hypocrisie et l'hypocrisie a à voir avec le sexe. Je m'explique. Le sentiment spirituel est un sentiment intime, qui ne peut exister que protégé par une forme de pudeur. Au point qu'exposer son existence sous la forme par exemple d'une réflexion profonde sur tel ou tel sens de tel ou tel graffiti du 7ème siècle ressort de l'obscène, le pire qui soit: il suscite chez beaucoup, beaucoup trop de gens, et de plus en plus, de tels sentiments de colère que cela pourrait conduire à des troubles dans l'espace public.

Je ne parle pas des adeptes de ces obscénités, je parle de ceux que cela choque: la vision de femmes perpétuellement recouverte de sombre, la vision de porteurs de barbes hideuses, de bonnets étranges, de réclamations insensées, de prières bizarres et violentes sont des provocations à la violence chez des gens de plus en plus susceptibles. Majoritaires, il ne faut pas les offenser exagérément, des violences sont à craindre du fait des violations de la décence publique. Il nous faut nous en protéger. Assez d'huile sur le feu ! 

Au nom du droit des gens à vivre dans un espace public on ne sont exposés, en principe, ni actes sexuels ni actes assassins, et bien je demande donc à ce qu'on considère comme obscène et que l'on moque comme tel des écrits comme la sourate 5.33 (tiré de de http://kissislam.free.fr/, je ne sais pas si la traduction est la meilleure).

"La récompense de ceux qui font la guerre contre Dieu et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment,"

Ce qu'il y a d'intéressant c'est que ce beau texte d'amour et de paix (imaginons la purge que cela doit être pour les soufis que de l'interpréter en méditant au son de la flute) c'est qu'il suit la sourate 5.32, juste avant qui traite d'un thème voisin. Vous la connaissez c'est le fameux "celui qui tue un homme tue toute l'humanité", en fait plutôt: 

"C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre."

C'est à dire, littéralement: "Tuer un juif meurtrier ou corrompu, n'est pas un crime, on peut même l'épargner si on veut, il n'ont aucun droit car ils nous donnent tort malgré nos preuves. "

En gros, le fameux verset, qui en toute hypocrisie, nous est servi pour nous aider à pleurer nos morts, se trouve être un appel caractérisé à l'oppression sans limites des juifs, comme si le Coran avait pressenti l'injustice réservée à Gaza.

etc etc. 

Et bien je dis que cela est obscène. Au point que ça se voit. Quel musulman un tant soit peu sérieux peut en faire lecture à ses amis athées sans les gêner atrocement ou provoquer leur irritation ? 

Non pas que l'obscène soit inaccessible, on a le droit de le pratiquer, et dans ses acceptions les plus variées. Simplement il convient d'en protéger de ses éclaboussures les personnes qui ont d'autres passe temps et qui pourraient s'en offusquer. L'obscène a vocation a être pratiqué en privé, strictement, pour ne pas choquer; c'est une politesse dont beaucoup sont dépourvus. 

Donc la laïque c'est d'abord la pudeur, la décence commune chère à Orwell: seins nus et voiles hors de l'espace public, sauf à la plage, héhé. Voilà donc un argument nouveau, au delà du racisme dont on pourrait m'accuser: les âmes respectables savent qu'on ne peut traiter de ces choses que dans la discrétion, et il faut de la discrétion pour pratiquer sa religion, et aussi pour l'abandonner. Car on ne peut se débarrasser de ses vieux oripeaux que dans l'obscurité. La laïcité fournit cette obscurité, gage de la liberté des individus et de la paix des sociétés. 

Le laïc discret qui ignore la religion de son semblable peut alors parler d'autre chose, de politique par exemple. 

P.S. En reprenant le coran, examinons les versets "pacifiques" (sataniques en fait, vous allez voir), cités le 28 Novembre 2015 par un éminent représentant de l'islam de/en France: Mohamed Moussaoui. Le texte en question

http://www.saphirnews.com/Denoncer-et-condamner-inlassablement-la-barbarie-de-Daesh_a21579.html

est par ailleurs, il faut le noter parfaitement respectable, voire honorable, sans aucune des déformations visibles dont sont affectés en général ces genres d'écrit. J'insiste là dessus et sans ironie aucune: irréprochable et parfaitement écrit, le texte se termine par un hommage émouvant au pays et aux victimes: un magnifique discours. 

Sauf les citations. Allons y, je les prends une à une. Sélectionnée par un religieux éduqué, manifestement lettré et sincère, elle se doivent de représenter un message de paix propre à se justifier, et à convaincre. Ou pas.

<2.190 Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Dieu n'aime pas les transgresseurs !>

Le contraire exact de ce qui est prétendu dans l'article: il faut combatte, ce qui est interdit n'est évidemment pas l'agression, mais la transgression. Au cas, ou il y aurait un doute sur le contexte dont sort mon islamophobe interprétation, par ailleurs évidemment en ligne avec tout ce qu'on peut savoir par ailleurs, consultons le verset suivant: 

<2.191 Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. >

Là on est dans le régal des yeux, du coeur et du reste: enfin un appel au meurtre qui permet même de tuer auprès de la mosquée, la restriction délicieusement hypocrite, c'est le moins qu'on puisse dire, n'étant que mentale. Tuez vous dis-je ! 

Je passe sur 5.32, le parangon de l'enfumage (humanité je crie ton nom, mort aux juifs!), on en a parlé. 

<5.64 Et les Juifs disent : "La main de Dieu est fermée !" Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. Nous avons jeté parmi eux l'inimité et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Toutes les fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Dieu l'éteint. Et ils s'efforcent de semer le désordre sur la terre, alors que Dieu n'aime pas les semeurs de désordre.>

Une malédiction antisémite, tout simplement. Presque incroyable qu'une personne éduquée puisse être ignorante au point d'oser servir, qui plus est, avec une apparente bonne foi, une telle infamie aux occidentaux qu'elle veut séduire. 

<22.39 Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir >

Le texte est bien le même: l'exact contraire du pardon aux ennemis que proclame le christianisme. Rappeler la différence essentielle entre les deux fondamentaux religieux est nécessaire. Comme quoi, le morceau se crache, un peu enrobé, mais on est bien d'accord. Du bon sens, diriez vous? C'est ça, du bon sens: militaire et assassin.

<8.60 Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d'effrayer l'ennemi de Dieu et le vòtre, et d'autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais que Dieu connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés.>

Le terme "cavalerie équipée" fleure bon l'odeur du cheval armé pour la guerre, celle du métal des épées, et l'assurance de ne pas investir en vain dans la force militaire effrayante, gage de paix (les versets suivants). Appeler cela de la religion est à la fois convainquant (qu'est ce que le religieux sinon l'appel au meurtre ? ) et confortant (il faut donc à toute force le combattre et souhaiter sa disparition).

Pour la garantie du succès, voir 8.59: 

<8.59 Que les mécréants ne pensent pas qu'ils Nous ont échappé. Non, ils ne pourront jamais Nous empêcher (de les rattraper à n'importe quel moment).>

Et Pour finir l'édification, l'émouvante 21.107:

<21.107 Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers.>

Miséricorde relative, car elle ne s'adresse qu'à certains, c'est l'objet de tout le contexte: 

<21.98 "Vous serez, vous et ce que vous adoriez en dehors de Dieu, le combustible de l'Enfer, vous vous y rendrez tous.>

<21.103 La grande terreur ne les affligera pas, et les Anges les accueilleront : "voici le jour qui vous a été promis".>

<21.95 Il est défendu [aux habitants] d'une cité que Nous avons fait périr de revenir [à la vie d'ici-bas] !>

 

Sans parler du verset suivant celui de la miséricorde, la chose étant pratiquement téléphonée, et propre à séduire, surement: 

<21.108 Dis : "Voilà ce qui m'est révélé : Votre Dieu est un Dieu unique; Etes-vous Soumis ?" [décidés à embrasser l'Islam]>

L'injonction autoritaire oppressante et terrorisante est ici tellement révoltante qu'elle ne peut générer qu'un refus violent, ou au moins un geste obscène. Ce qui définit ainsi par la plus belle des escarboucles ce que nous nierons être de l'islamophobie, celle ci n'étant qu'une expression alambiquée pour désigner la détestation justifiée pour ceux qui la portent. 

 

P.S.

Mohammed Moussaoui, leader de l'islam marocain en France (l'UMF) se fend de sa culture sur saphirnews: 

http://www.saphirnews.com/S-engager-contre-les-extremismes-et-l-instrumentalisation-des-Textes-sacres_a22148.html?com#comments

Il publie avec élégance mon commentaire suavement critique, assimilant l'islam politique à la possibilité de l'état islamique dés qu'on confond "communauté" et organisation politique. Il citait: 

<2.143> Nous avons fait de vous une communauté éloignée des extrêmes pour que vous soyez témoins parmi les hommes et que le Prophète soit témoin parmi vous » 

Le "éloigné des extrêmes" se traduit aussi par "juste", c'est à dire membre de la communauté, tout simplement : ce n'est certainement pas la trace dans le coran de la possibilité d'un islam "modéré", comme suggéré. 

On continue avec le "nulle contrainte en religion". Expression de la possibilité de l'incroyance et autorisation de l'apostasie ? Tu parles. 

<2.256> Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroît au Rebelle tandis qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient.

En gros, la croyance est de l'ordre de l'évidence. Quand à ce qui se passe, quand on mécroit, allons au verset suivant:

<2. 257> Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi: Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Tagut, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement.

Les ténèbres où règne le feu: comme c'est sympa l'absence de contraintes ! Là encore enfumage, mensonge et pire que l'hypocrisie: le foutage de gueule menaçant ! 

 

P.S.2 J'utilise les corans en ligne

http://kissislam.free.fr/index.php?module=coran&sourate=21

http://www.lenoblecoran.fr/wp-content/uploads/Le-Coran-Traduction-de-Jean-Louis-Michon.htm#_Toc362284839

 

11/11/2015

Les écoles musulmanes

Plutôt que de me livrer à des sarcasmes pour compléter un sujet qui n'a de commun que le thème, autant résumer une autre question concernant les islams et qui concerne les écoles juridiques. 

Il y en a quatre, géographiquement distribuées, et qui se distinguent par l'ordonnancement qu'elles font entre les sources de la vérité dans le raisonnement juridique. Chacune se rattache à un imam particulier, et son nom se trouve un "isme" fait à partir du nom de celui ci. Je reprend l'orthographe de leur nom à partir de Wikipédia.

On a ainsi 4 "madhab".

 

Imam Commentaire Zone géographique Statut de l'analogie
Chafi combine Malik et Hanifa Indonésie Yemen, Comores inférieure à l'opinion
Hanbal Elève de Chafi Arabie Saoudite, Qatar minimale
Malik Le médinois Afrique, Maghreb, Qatar supérieure à l'opinion
Hanifa Ecole d'Irak Turquie Bosnie Pakistan maximale

 

On devra donc commenter les tendances, et expliciter les tropismes, toutes ces traditions "juridiques" ayant été fondées et établies avant l'an 900, et constituant une part importante des "sciences" islamiques. 

D'abord le statut de l'analogie, ou plutôt le rôle de celle ci comme source de droit. Typiquement en dernière position car elle suppose un raisonnement humain, et donc est susceptible d'être erronée. 

Un autre critère, est celui de l'opinion (celle d'un "compagnon"), qui peut être considérée comme devant primer le raisonnement ou non. 

Chafi rejeta comme innovante certaines pratiques de Malik et Hanifa, ce qui le situe, en libéralisme, juste après (ou avant) Hanbal, l'anarchiste bien connu. 

On notera l'importance du consensus (des compagnons bien sur), celui ci étant le signe de l'absence d'erreur par définition (il y a un hadith là dessus, les hadhits étant la deuxième source du droit). Et oui, il s'agit de la troisième source du droit, du moins sauf pour Malik qui privilégie à cette place les coutumes des médinois. 

Au sujet de Médine il faut savoir que le Coran serait divisé en versets médinois et mecquois, les médinois abrogeant les mecquois au grand dam des amoureux de la tolérance surtout séduits par les mecquois, révélés avant les terribles guerres nomades qui firent l'Hégire, l'exil à Yathrib, ou Médine. 

Il faut bien distinguer écoles juridiques et écoles théologiques. Il y a en fait 3 écoles théologiques dont deux apparentées l'asharite (majoritaire) et sa subordonnée la mutaridite. Les hanafites, par exemple sont plutôt maturidites. 

Al AShari fut d'abord un mutazilite, puis après un rêve, changea.  

 

06/11/2015

René Girard

Girard (l'autre, Jean Yves est toujours vivant) est mort. 

En trois mots: d'abord il pense l'humain comme issu du social, lui même issu du religieux, lui même défini par le meurtre réconciliateur lui même issu du meurtre généralisé lui même issu du désir mimétique social humain. 

Ensuite, il pense que le christianisme et aussi tous les grands écrivains et aussi toute la vraie culture, se définit par des tentatives incomprises (jusqu'à Girard) de révélation de la réalité du pot aux roses: le religieux protège de la violence du désir par la violence. Le christianisme, et il le décrit avec munificence, est la révélation de l'injustice du religieux, de la nécessité de la réconciliation totale et de la nécessité de l'amour absolu par abolition de la violence. 

Ensuite, il pense que la dénonciation du religieux est aussi (par la même occasion) une expression de la violence mimétique et donc conduit avec la suppression du religieux à la levée du seul frein à la violence généralisée apocalyptique qui menace notre monde. On a donc une conception double: le religieux est à la fois la source d'une violence injuste (le sacrifice) et la seule protection contre la violence totale. En cela Girard est un messager de l'apocalypse: l'abolition chrétienne de la violence s'identifie à la fin du monde ! 

Pourtant là il aurait changé d'avis et cela est intéressant: le christianisme comme religion du dernier sacrifice est il nécessaire, ou est il abolition totale du sacrifice ? Et bien il semble bien que pour Girard 2, le dernier, le sacrifice soit éternel, l'eucharistie en étant un; l'homme ne pouvant se soustraire au religieux. Dans un entretien à France Culture, il affirme que l'homme est fils du religieux et qu'en le détruisant, il se détruit lui même. Girard serait ainsi adepte du sacrifice ! 

Très puissant, parfaitement irréfutable, sans cesse renouvelé, avec une puissance d'expression incroyable, Girard est un magnifique prophète et se trouve décrire avec munificence ce que peut être un sentiment chrétien puissant et vraisemblable, propre à soulever l'esprit et à déclencher les grandes orgues de la vraie passion religieuse.   

Pourtant, il faut caractériser certains aspects de sa pensée. D'abord, et c'est le principal reproche qu'on peut lui faire, il n'est pas en phase avec les anthropologues, qui assez largement l'ignorent, voire le moquent: il y aurait beaucoup de cultures où le sacrifice à la Girard ne se manifesterait pas, en tout cas c'est eux qui le disent. La dessus, Girard est très saignant: il affirme le contraire et sa lecture de toute la mythologie est non ambigüe. Un tel conflit, qui se trouve affecter la philosophie (Girard n'est pas officiellement un anthropologue, mais un littérateur) fait de Girard un rejeté, un paria. En tout cas, un être à part. 

Un autre aspect tient à la pensée de Girard lui même: tout plein de christianisme, il ne pense pas Dieu. Cela peut paraitre étonnant, mais la chose est patente: alors que la pensée du religieux est ordinairement toute tournée vers le fameux Dieu qu'il soit bien connu, biblique ou caché, et bien Girard ne le considère pas du tout: il n'y a que le sacrifice, comme si les humains ne s'intéressaient qu'à eux mêmes. Pour lui, Dieu est déjà mort et il ne pense pas l'autre du monde, pourtant si présent dans toutes les descriptions, et qu'il qualifie un peu vite sans doute d'illusion, voire d'épiphénomène. 

Comme on l'a vu, il reste donc DANS le religieux, et par conséquent croyant en un Dieu invisible, le traditionnel mystère cause des moeurs étranges des humains, et ce malgré ses théories révélatrices. 

Mais il n'est plus là pour répondre, et ses vidéos sans parler de ses livres sont étonnants et fascinants.

Quel homme ! 

 

14/10/2015

Rousseau

Il y a sur Rousseau des rumeurs infondées. 

Dans certains milieux libéraux et aussi réactionnaires, on dit de lui en effet rien de moins qu'il aurait pensé la guillotine et donc les chambres à gaz, les deux instruments étant issus en ligne directe de l'infâme pensée des lumières, inventée par Kant, le proto nazi qui recommande de dénoncer sa maman à la gestapo. 

Sur les deux questions, nous avons un penseur de la gauche réactionnaire (à moins qu'il ne s'agisse d'une réaction gauchiste) le bon Onfray, petit paysan inculte et atrabilaire, aussi ignorant et crasseux adulte qu'enfant, un vilain pour toujours, donc. 

Dans les deux cas, au nom d'une dénonciation de paysan opprimé du mauvais caractère du majodorme qui le fouette, c'est à dire de la considération que la connaissance du caractère d'un philosophe suffit à caractériser sa pensée, il pontifie avec l'assurance du crétin.

Qu'est ce qu'un crétin? Un pauvre issu des montagnes (les crétins des alpes) souffrant de problèmes thyroïdiens et donc porteurs de goitre. Le mot est une déformation de "chrétien", au sens d'innocent. Il se caractérise aussi par la désastreuse ambition de dominer plus crétin que lui, et l'incapacité de convaincre un sang moins pollué que le sien par les déjections des fumiers sur quoi on l'a conçu. 

"Car cet homme acariâtre, atrabilaire, paranoïaque, misanthrope, mégalomane, a couché sur le papier nombre d’idées qui, reprises par de sinistres personnages, sont devenues depuis trois siècles des armes de destruction massive de l’humanité." Voilà donc le constat sur Rousseau. Accablant. Pour lui. 

 Rousseau est en fait un penseur libéral. Il pense, et oui, un philosophe, un vrai, ça pense, la liberté ET la souveraineté. Il le fait d'une manière incroyablement novatrice en mettant sur la table non pas un organe, non pas une salive, ou un jus macéré, mais un concept: celui de l'abstraction d'une existence humaine, d'un "état". L'état est multiple, d'abord "de nature", puis "social". A partir de là on a une définition abstraite de la  liberté, qui n'est PAS la liberté du chien, ni celle de la statue, ni celle que l'on peut attribuer à un objet, ou à quoique ce soit. La liberté, telle qu'on peut la penser, comme concept. Bref, je vous fais de la philosophie, ce qui nous distingue, depuis Socrate, des animaux et des ouvriers agricoles incultes, acharnés à décharner des volailles, ou dégouté par cet emploi, à leur avis insuffisamment payé, ce qui en fait des "hommes" de gauche.  

Je m'égare: la liberté de nature n'est pas consciente et se frotte à son contraire, la souveraineté, celle des autres ou celle de soi, ou bien celle de l'AUTRE. Celui que l'éternel esclave de son baron ne peut imaginer, ni concevoir: il a fécondé sa mère vierge, au point qu'il ne sait qui est vraiment son père, un ladre comme lui, ou le phénix des hôtes de ces bois, je veux dire l'obscur empereur que tout misérable veut vouloir régner à sa place: le surhomme, lui même ou son cocu (forcément, à qui pourrait on penser sinon?).

Rousseau explique LUI que l'esclavage ne peut être voulu, que la personne réelle du souverain individuel n'a pas de réalité, mais que la souveraineté est possible, du fait de nous même, et que nous pouvons la penser face au vilain tyran (la conjonction, au combien réelle, est tout à fait approprié au jugement en cours). 

Ce qui ravit chez Jean-Jacques, c'est qu'il n'a pas vraiment d'alternative: à qui se soumettre, au cas où cela serait nécessaire ? Et bien à nous mêmes, nous dit le premier romantique. Qu'il en soit remercié.