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FrancoisCarmignola - Page 11

  • Les mémoires de Péan

    On a lu les mémoire de Pierre Péan, le journaliste "investigateur"  ou plutôt, selon ses dires de "journaliste d'initiative", ou d'"enquêteur". L'investigation, c'est Plénel, et cela consiste à publier au jour le jour les compte rendus des enquêtes judiciaires en cours, selon le principe de l'accoquinage bien connu entre la "violation du secret de l'instruction" et la "protection du secret des sources". 

    Tout est là (une bonne partie) : Péan déteste Plénel et l'a flingué magnifiquement "je cherche une façon de me payer Le Monde" avec la "Face cachée du Monde" qui abat la direction du Monde (Colombani, Plénel) en quelques mois. Une conception du métier, une conception de l'éthique personnelle, toute la vie publique de Péan qui se révèle ainsi comme une personnalité pensante majeure de notre époque, qu'il a traversée en fait comme un homme politique. 

    Car tout est là aussi (la seconde partie, la plus importante). Péan est un prince, un homme d'Etat, en tout cas leur égal, en fait (il les fréquente, recueille leurs vraies vérités, Mitterand comme Chirac) et en droit : il les flingue publiquement sans y toucher au nom de la vérité dans des cérémonies auxquelles ils doivent se plier, il les cajole, se fait cajoler par eux, les combat, les fait plier, tout cela dans une symbiose étonnante.

    Tout un ensemble de réflexions se déclenche à cette lecture: l'homme est d'une puissance incroyable, et atteint des sommets émouvants dans ce qui concerne les jugements que l'on peut faire sur l'histoire, et les hommes, du passé et du présent. 

    On commencera par comparer justement cette conception là du "jugement". L'exemple est Mitterand: admiré depuis les années 60, il est globalement épinglé par Péan comme "bon" et "nécessaire" on pourrait dire "a priori". À partir de là, et dans le cadre d'une fidélité morale totale et jamais remise en cause (il ne s'agit pas de cela, ou plutôt, justement, il s'agit de cela), Péan accumule sadiquement à propos de cet homme-là toutes les informations qu'il arrive à dénicher et les compose dans un portrait saisissant qui à la fois, se trouve être le dévoilement de ce que toute une carrière politique avait réussi à cacher (sous peine de mort publique) et aussi se trouve obtenir l'assentiment de la victime, qui réussit à cracher le morceau quelques mois avant sa mort tout en ayant, objectivement (mais pas médiatiquement) réussi aussi à ne pas "manifester contre les métèques en 35", car il n'a jamais été raciste, ou plutôt (c'est mieux) a toujours été "antiraciste". 

    Péan est il dupe ? En tout cas, il a le culot de mettre en exergue une clé (comment cela ne pourrait-il pas en être une"? ), la citation de Mitterand: "Qui se confesse ment ! La confidence toujours songe à la gloire et à la propagande". 

    Gérée jusqu'au bout, la légende du vieux truand a donc réussi à passer, se déguisant derrière un opprobre que Péan d'ailleurs dénonce presque à raison, en étant la cause. Un chef-d'œuvre. 

    Au centre de l'accord passé avec Lucifer, l'appartenance à la Cagoule, niée absolument et définitivement par Mitterand, qui en fait manifestement un casus belli, déterminant l'existence du livre, la seule chose à quoi tient vraiment Péan. 

    La fréquentation assidue pendant tout l'après guerre de tous les responsables cagoulards, les liens familiaux, l'emploi salarié, le lien avec les Bettencourt, tout cela ne compte pas. Casus belli, vous dis-je. À sa décharge, il n'a que 21 ans lors des attentats cagoulards et a protégé, sorti de prison et toléré des gens de la mouvance d'extrême droite, jusqu'à la ressusciter à des fins électorales 50 ans plus tard...  

    Et puis la Francisque... La défense du monstre est que De Gaulle lui même l'avait nommé ! Un député gaulliste lui rétorque en 53 à l'assemblée (

    « En faisant cette désignation, le général de Gaulle s'était peut-être trompé. Vous aviez jeté votre Francisque aux orties suffisamment à temps !  »

    puis: 

    « Je suis convaincu que vous vous intéressez beaucoup moins à la France qu'à la carrière de M. Mitterrand ! »

    Tout cela Péan le "décrit". En ce sens, il remplit son contrat: donner les faits permettant de juger au lieu d'affirmer un jugement de vérité qui dans le contexte de son activité (publier des enquêtes) n'a en fait aucun intérêt. Le "tu ne jugeras pas" des chrétiens est donc entièrement endossé par Pierre Péan le chrétien (il l'est profondément, d'après son fils)... 

    On a donc l'entièreté de cette manière d'être et de penser qui caractérise effectivement ce qu'on appelle "hypocrisie chrétienne" et qui a un sens, comme on dit, en tout cas une existence, la preuve. Le jugement y est celui que l'on attribue au divin et que l'on a l'impudence de s'approprier. La foi donne souvent de l'assurance en ces matières, hélas. 

    Péan se permet même le luxe de dénoncer l'entourage dénué de moralité de Mitterand et même d'affirmer ses désaccords politiques. Mais, il l'affirme: il n'a  pas de "comptes à régler" et n'est pas un "déçu du socialisme", n'étant pas socialiste. Un aveu ? Sincère hypocrisie, toute la complexité du personnage... Qu'est Péan lui même !!!  

    Et puis le revers de la médaille. On a dit qu'il était un "homme politique". Un brin de suffisance à ce sujet: un "je" qui est peut-être une coquille le rend décideur entouré de décideurs en action dans une passe difficile: il en jouit, clairement. De manière générale, cette familiarité avec la transparence de l'action politique, qui la rend évidente et claire, est parfaitement assumée, sans vrais doutes ni vrais problèmes. Une assurance en béton. 

    Pourtant, les marques d'attention, qu'elles soient de Mitterand ou de Chirac, ne lassent pas d'interroger: comment ne pas chercher à séduire l'incorruptible fonceur, mais en y mettant tous les moyens que des animaux politiques supérieurs sont capables de mettre ? 

    Il est connu, et Péan n'y fait pas allusion (à moins que je ne me trompes), que l'essence du politique comme humain est d'abord la capacité de séduire: l'interlocuteur doit avoir l'impression de compter, d'être considéré et compris. Les marques d'affection privées sont permanentes, multiples, exagérées: les larmes, les protestations de fidélité les plus excessives se multiplient sans jamais d'oublis. Pris dans cette nasse, toutes les manipulations peuvent être essayées, toutes les nuances introduites, tous les mensonges proférés. La victime de l'insecte prédateur dont la position essentiellement asymétrique ne doit pourtant pas laisser place à aucun doute sur toutes les attitudes empathiques, ne peut être que celle de la femelle pénétrée égoïstement ou bien celle de l'ennemi mortel combattant de toutes ses forces pour sa vie. Voir les larmes c'est la jouissance femelle d'avoir contre cela donné ce dont elle n'a pas idée de l'importance, ou le plaisir de voir la victime à terre si on a réussi à abattre. Chirac, comme Mitterand ne furent pas abattus, sinon par la maladie: rien ni personne ne les découvrit, et les biographies se succèdent sans avoir trouvé les failles. 

    Comment imaginer une relation d'amitié effective, voire sincère, même occasionnelle, entre Péan et Chirac, entre Péan et Mitterand ? Sachant tout ce qu'ils savent, tout ce qu'ils sont ? 

    Pour comparer, et c'était ce que je voulais dire, De Gaulle fut abattu non pas par la maladie mais par le désaveu: sa grandeur fut de s'en plaindre, et nulle "enquête" n'en "révèlera" quoique ce soit... Quant aux relations sincères de De Gaulle avec qui que ce soit, à part sa femme, et encore, je ne vois pas, et qui peut y attacher de l'importance ? 

    Continuons sur Chirac, le soit disant "inconnu" surtout connu pour sa médiocrité globale, et l'éloge par Péan de ses engagements "artistiques" et aussi tiers mondistes n'y change rien, bien au contraire. 

    Président d'une République Française passionné par les arts premiers, la culpabilité occidentale, les souvenirs des communistes en Espagne, l'homme, anti-fasciste et anti-raciste convaincu a séduit le tiers-mondiste Péan. Non pas que sa passion ne soit pas ancienne, elle est celle de sa médiocrité globale et de son désintérêt profond pour son propre pays, mais il put pour la première fois l'exposer en détails sans risque de se faire mettre minable, au contraire, c'était pour la postérité : au seuil de sa sortie de la scène, il peut enfin se valoriser aux yeux de ceux qui le conspuent depuis toujours... Suprême modestie, l'ex président reconnait même que son pire ennemi connaissait mieux l'histoire de France que lui: désespérant, et c'est bien ce qu'on lui reproche. 

    Que la destruction de l'éducation et la culture française ait commencé avec lui, incapable de se choisir un autre successeur que Nicolas Sarkozy (ce président là fut sodomisé par son prédécesseur ET son successeur), ne lasse pas d'interroger: mais bon dieu à quoi pensait-il ? A l'entrée de la Turquie dans l'Europe ? À l'immigration massive qu'il inaugura ? A l'assistance sociale généralisée qu'il installa ? À sa propagande écologique ? Son seul fait d'armes : avoir rompu avec l'Amérique sur l'Irak, nous rendant pour toujours hors course et exclu de tout respect de la part des USA... 

    Le mystère de cet homme est en fait sa nullité profonde. Ce n'est pas de sa méchanceté qu'il fallait se garder, mais bien de sa connerie. Pardon, mais le message de Péan n'est pas passé, là. Pourtant, l'homme au sommet du pouvoir qui en profite pour vivre ses passions (intérêt pour l'asie, les religions, la profondeur de vies humaines) et qui finalement défend avec bonheur un certain idéal de respect de l'humanité et de paix globale du monde, a aussi un peu mérité de l'histoire. Voilà t-il pas que je me péanise... 

    Et pourtant, que de jugements superficiels de satrape prétentieux, qui se croit au sommet du monde ! Pour lui, c'est Péan qui le révèle un peu navré, Rome et Athènes sont des civilisations coloniales. L'homme a bien le jugement de valeur incarné comme l'ongle. 

  • Les parallèles historiques

    A l'occasion d'un article génial de littérature et d'histoire comparée (1), on a lu aussi Kapuscinski sur Hérodote.

     

    559 BC , Cyrus le grand, un perse Achéménide, succède à son père Cambyse et se libère de la tutelle Mède en 550BC en prenant Ectabane. Il fonde alors un Empire gigantesque. 

    Il commence par la Lydie, le pays de Crésus, en prenant Sardes en 546. Il prend ensuite Babylone et libère les juifs en 539. Cela fait sa réputation de libérateur. Il serait l'inventeur des droits de l'homme et fut admiré des Grecs au point en fait de justifier le rêve d'Alexandre... 

    Cyrus est admiré partout, au contraire de ses descendants, Darius battu à Marathon en 493, puis Xerxes qui brûle Athènes, mais est battu à Salamine en 480. Il faut par contre attendre Alexandre pour voir Darius III vaincu en 330.

    Cette admiration grecque pour un étranger ennemi héréditaire fondateur est l'objet de la même fascination qui fait de Poutine un objet d'admiration ou de détestation en Occident... Tout le parallèle est là et la contemplation du barbare, de quel côté que l'on se place est l'occasion de réflexions variées... 

     

     

    (1) https://laviedesidees.fr/Vous-allez-detruire-un-grand-pays.html

  • Les islams des lumières

    On s'interrogera sur la notion d'islam "des lumières" ou du moins sur la possible existence au sein du monde musulman de positions diversifiées effectives qui rendraient l'islam moins "monolithique".  

    Jaloux de son unité, la chose semble ne pas pouvoir être divisée. Elle l'est en fait et un côté de la barrière se trouve vraiment différent de l'autre. L'appeler "des lumières" a un côté oxymorique voire ridicule car il signifierait en toute rigueur que le religieux correspondant aurait disparu, complètement absorbé par l'autonomie complète acquise lors de l'émancipation en rapport, mais bon. Al-tanwir: les lumières... En plus cela a un côté délicieusement zoroastrien... 

    On commence donc par par Ali Abderraziq(2), qui en 1925, un an après l'abolition du califat, écrit l'islam et les fondements du pouvoir, qui fait justice du califat et aussi des califats bien guidés. L'anti salafisme donc, au point qu'on peut parler de nouvelle grande fitna. Hassan Al Banna fonda l'organisation des frères musulmans en 1928, avec comme objectif la restauration du califat.  

    Le reste de l'islam connu explosa en djihadisme au point de s'identifier avec l'islam aujourd'hui et qui fait la différence, elle existe pourtant. La thèse qui est celle du célèbre Mohammed Arkoun (mort en 2010) est qu'il y a confusion en islam entre le religieux et le politique (ce que tout le monde sait) et que cela n'est pas essentiel mais historique : le religieux fut utilisé pour légitimer un pouvoir particulier. 

    On commencera par la théorie de Ibn Kaldun, des trois phases: le califat idéal, la monarchie tyrannique et la monarchie éclairée par la Charia. La  3ème forme est la réalité incontournable, la célèbre "transition". On a là le problème fondamental du "romantisme islamique": l'écart insupportable entre l'idéal irréalisable et la réalité inacceptable... 

    Et on établira qu'il y a bien trois questions, posées doctement par des intellectuels subtils, plus ou moins menacés et dont l'expression prudente est toujours à cheval entre la hardiesse insupportable pour beaucoup et le foutage de gueule à destinations des occidentaux... 

    1) L'islam peut-il se passer du califat, est-il indépendant du califat ? 

    2) Les discours religieux sont ils distincts des ensembles de pratiques et de leurs discussions ? 

    3) la modernité technique est-elle inaccessible aux musulmans et l'État de droit incompatible avec l'islam ? 

    À partir de là, on peut broder et les "intellectuels" du monde musulman ont de quoi arguer. Il faut par contre bien distinguer, en fait comme dans les discours chrétiens correspondants, entre les réflexions objectives et les atteintes raisonnables et raisonnantes aux principes de la foi dont ces gens sont tout de même investis, et qui rendent de ce point de vue leur discours crédible. L'athée moyen qui se déclare en faveur de l'État de droit n'a bien sûr aucunement voie au chapitre, cela va sans dire. 

    Au hasard des lectures on pourrait citer Mohammed Talbi (1), un tunisien irascible compagnon de Bourguiba, et résolument opposé à Ennahda, (la "Renaissance", le parti frériste Tunisien). Adorateur d'un coran sacré, il s'est distingué dans des polémiques en considérant la charia comme radicalement humaine et historiquement dépendante tandis que le Coran lui serait sacré au point de ne pouvoir accepter de lecture historique, ce qui le mit en opposition avec certains.

    On voit donc les camps et les lignes de défense successives... 

    On comprend d'autant mieux tous ces gens en réalisant qu'il s'agit bien de percevoir (certains disent "interpréter") un texte d'origine divine émis (certains disent "révélé") au VIème siècle dans un milieu culturel tout de même particulier, mais qui fut, cela est indubitable, à l'origine de changements géopolitiques majeurs, et cela en très peu de temps...

    On a lui Talbi, au style agréable et dont le côté carré est plaisant. Il représentera pour nous une expression claire et circonstanciée et aussi cultivée, de ce que peut être la foi musulmane d'un homme intelligent. 

    Sa description du Coran, comme équivalent en terme de foi avec la personne du Christ, donc inaccessible à la critique historique exprime bien la chose avec le fameux hadith: "quiconque glose sur le Coran en s'appuyant sur son jugement, même s'il tombe juste, est tout de même dans l'erreur". 

    On y trouve une chose remarquable est qui est le dogme (ijaz) de "l'inimitabilité du coran". Des gloses variées de la chose en font donc un bloc de langage particulier, une théorie sur le langage lui même, et ainsi une "guidance" unique. Se dérive de cette idée, entre autres, les ridicules tentatives d'extraire du Coran toutes les découvertes scientifiques. C'était Al Ghazali lui même qui affirmait que "le Coran est l'océan sans limites de toutes les sciences"... L'"ijaz scientifique". 

    On doit pourtant considérer qu'il y a plusieurs débats distincts. D'abord la nature du Coran, le problème de Talbi, mais aussi d'autre part celui de la nature de la charia et du califat, les choses s'entremêlant. 

    Pour ce qui concerne la nature du Coran, Talbi hélas semble être marqué par le fameux ijaz scientifique en ce qu'il identifie la révélation à une science descendue du ciel, un rapport de connaissance entre l'homme et l'"Omniscient". À ce propos Talbi dénonce le "concordisme" en gros le projet de Teilhard de Chardin, qui se perdit dans l'abandon définitif des vérités scientifiques propres à la religion, ce qui asséchait toute interprétation "catholique" de la science. L'islam prétendument différent ne l'est que parce qu'il faut partir du Coran révélé etc. Gros avantage à celui qui possède un authentique discours divin... 

    Le discours est en fait un peu plus que cela. On est dans un engagement "ontologique" de l'homme à Dieu, crée non pas dans un jeu mais pour autre chose. Doté pour cela de la liberté et donc d'un libre arbitre inconnu des anges et de la création (sauf du diable), le projet reste ainsi de raison inconnue... Talib dit pourtant que la liberté fut crée avec Iblis, et celui-ci d'ailleurs reproche à Dieu de l'avoir "fourvoyé". Et on se retrouve alors avec une identification de la liberté et d'Iblis, devenu nécessaire, Dieu a donc crée le mal, mais ne le fait pas. Dans la lignée du concept, le fruit défendu consommé n'est pas une chute, la liberté n'est pas aliénée par le péché, elle EST le péché... 

    Qu'est-ce que la vie choisie par Adam ? " la vie est une brulure perpétuelle" (Mohammed Iqbal).

    Cette manière de voir, si elle est effectivement de bonne théologie musulmane, d'une part et bien comprise de ma part, signe ma rupture complète avec la grande religion de paix qui est donc, dans ses tréfonds, ce qu'on en attendait confusément. Étonnant que le très sincère et cultivé Talbi nous balance la vérité comme ça, sans réaliser l'ampleur du désastre. 

    Ainsi donc l'homme est créé faible, et a besoin de la miséricorde (Rahma). 

     

    Au passage, on reconnait le mystère commun à toutes les religions du livre, le Dieu Juif ayant manifesté son besoin de l'homme qu'en quelque sorte la loi ferait exister, le Dieu chrétien plus subtil étant éternellement dans le passé porteur de son fils, déjà humain (je m'égare). Disons que le mystère islamique mériterait d'être théorisé: le besoin d'une victime à menacer  peut être ? (je m'égare aussi). 

    En tout cas, il n'est pas une "alliance" (Mithaq) basée sur un sacrifice rédempteur ou un peuple élu. Les prophètes révèlent, en fait, rappellent cet engagement ontologique. La vocation de l'homme serait alors de lire le livre de l'univers crée par Dieu. La vocation de l'homme est "scientifique". 

    Au passage on égratigne les soufis, ou plutôt on explicite la méfiance sunnite envers les soufis jugés coupables de prétendre "connaitre" Dieu. C'est le reproche traditionnel aux mystiques, bien sûr. On note cependant cette fusion mystique/science qui est celle de Gazhali décidément préféré à Rushd. 

    Cet engagement primordial de l'homme (fitra) fait par contre de la conception et donc de la situation de l'homme quelque chose de premier et donc l'islam est la religion première en fait. Les derniers seront les premiers. On a ainsi un anti péché originel, le prophète rappelant l'homme à sa vocation première. 

     

    (1) Talbi https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/05/mohamed-talbi-l-eclaireur-du-coran_5123219_3212.html

    (2) Abderraziq dans l'histoire https://journals.openedition.org/ema/542#bodyftn14

  • Les légendes du ciel

    On va commencer par la Grande Ourse. 

    Il y avait une nymphe, Callisto fille de Lycaos, associée aux chasses d'Artemis qui se fit violer par Zeus déguisée en la déesse chasseresse vierge (un comble). C'est elle ou bien Héra la jalouse qui pour se venger de la grossesse de Callisto la transforme en Ourse. Pour la protéger, Zeus la catastérisa ainsi que son fils Arcas devenu roi d'Arcadie, de manière à former deux constellations dont les catastérismes similaires tournent autour du pôle céleste sans jamais plonger dans l'océan. On dit hélix

    Arctos est l'ours en grec, et l'espèce d'ours brun est nommé pléonastiquement "Ursus Arctos". 

    Mais on a aussi le chariot et ses 7 boeufs, les septem-terios guidés par le Bouvier dont l'étoile alpha Bootis est Arcturus, le gardien de l'Ours. 

    On notera ces moyens variés de désigner le nord, arctique, et aussi le septentrion qui désigne aussi la grande ourse elle même.

    Les 7 étoiles du septentrion sont en commençant par la queue et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre pour faire le tour du chariot: 

    Alkaid, Mizar, Alioth, Megrez    Dubhe, Merak, Phecda

     

    Ophuichus ou le Serpentaire divise le serpent en deux: la tête du serpent et la queue du serpent. Ophis le serpent.

    Il est Asclepios le guérisseur qui vit un serpent en soigner un autre, castastérisé par Zeus par crainte de le voir ressusciter les morts. 

    La constellation est juste au dessus du Scorpion et a pour alpha Rasalhague

     

    Le Scorpion, meurtrier d'Orion qui le fuit (il se couche quand l'autre se lève) a aussi dévoré les testicules du Taureau.

    Orion est un chasseur aimé d'Artémis qui selon d'autres traditions aurait été tué par elle, volontairement ou non. Le grand chien (Sirius) est le chien d'Orion, et le petit chien (Procyon) est "canicula".  

    Orion est le fils du Taureau ou d'une dépouille de génisse dans laquelle urinent 3 dieux Poséidon, Hermes et Zeus lui-même.

    Le Taureau livra Europe à Zeus qui le catastérisa en récompense. Pasiphae fille de Minos, fut amoureuse de lui et engendra le minotaure. 

    Les Pléïades sont sept et membres de la suite d'Artemis furent poursuivies par Orion. Elles sont les soeurs des Hyades. Les deux ensembles sont dans la constellation du Taureau, d'alpha Aldébaran

    Andromède (alpha Alpheraz) est la fille de Céphée (alpha Alderamin) et de Cassiopée (alpha Shedar). Cassiopée voulut rivaliser de beauté avec les Néréïdes (qui personnalisent à 50 les mouvements des vagues) et Héra elle même, et on s'en prit à sa fille. 

    Condamnée à être livrée enchainée à la Baleine (ketos, le monstre marin), Persée (alpha Mirphak) la délivra.

    Pégase (alpha Markab) fut monté par Bellorophon, le Cocher (alpha ). Il fit jaillir la fontaine du fleuve que verse le Verseau (Aquarius). Issu de Médée décapitée par Persée le malin, il fut monté par lui pour sauver Andromède.

    (1) Tout depuis les légendes, les poèmes et les constellations https://www.cosmovisions.com

  • Les calculs simples

    Pour calculer 1+2+3+...+n, on fera ça: 

    Capture d’écran 2022-08-08 à 11.43.06.png

    Du triangle n x n dont la surface est ce qu'on veut calculer, on va extraire ce qu'il y a en trop pour obtenir exactement la moitié du carré, soit n^2 / 2, et on va rajouter ce qu'on a enlevé est qui est exactement la surface de "n" carrés coupés en deux, soit n/2. On a donc bien  n(n+1)/2. 

    Un autre moyen est de calculer deux fois la somme , mais en présentant les choses: 

     1   +   2    +     ...   + n- 1  +   n

    + n   +  (n-1) +   ...    + 2      + 1 

    On retrouve donc  n * (n + 1) / 2 ... 

    Encore plus fort: (1)

     

     

    (1) les 12 manières : https://www.youtube.com/watch?v=eHbtc50-qXo

  • Les ordres

    L'ordre en général est une bonne chose, encouragée chez les enfants qui doivent ranger leur chambre mais pas seulement. 

    L'ordre national est d'abord celui qu'on doit établir comme principal rôle de l'État qui doit établir l'ordre judiciaire afin d'assurer l'égalité entre des individus assurés de leur sécurité. Ce n'est qu'à ce moment qu'est possible la liberté d'agir au mieux dans la recherche de la meilleure vie matérielle. La liberté économique, seul garant de la prospérité générale ne s'obtient qu'à ce prix: que l'Etat  joue d'abord son rôle principal. 

    Cette justice doit s'accompagner dans l'assurance aux deux sens du terme: qu'il ne soit pas conclu de contrats léonins, d'usures insupportables ou d'esclavage, ce qui romprait l'égalité et la sureté des citoyens, cela d'un part, et que les malchanceux, les malades, les débiles soient protégés et entretenus pour que l'égalité symbolique de droit ne puisse être rompue physiquement, ne serait ce que par accident et cela d'autre part. 

    Ces deux assurances constituent avec la justice de force, la deuxième justice, celle qui protège. Les deux, ensemble, garantissent la possible expansion libre du social. 

    Mais cela ne concerne que l'intérieur de la Nation. Que faire entre les nations ? Des empires ? 

    La question de l'ordre international ne peut être considérée en dehors du premier support des relations entre les nations: celui de la monnaie. Alors que l'on pourrait croire en un état de nature entre nations, barbares pour toujours et dont les souverainetés ne peuvent être violées, il y a la question de l'échange libre sans État et donc de la régulation de la monnaie qui doit être réglée. 

  • Les Brandebourgs

    Après un voyage à Berlin en 1718/1719, Bach dédicace en 1721 les concertos dits "Brandebourgeois" à Christian Louis de Brandebourg-Schwedt, mort en 1734. 

    L'obséquiosité de la dédicace évidemment choque l'âme moderne, mais Christian Louis était un protecteur des arts, avait un orchestre et il est enterré dans la crypte des Hohenzollern à Berlin. 

    Bon, il est le dernier fils de Fred Guillaume 1er de Brandebourg, et demi frère du premier roi de Prusse Fred 1er qui transforme son duché en royaume à l'occasion de la grande alliance contre la France lors de la guerre de succession d'Espagne. On rappellera qu'à Utrecht 1713, on perdit l'Acadie, l'Angleterre gagna Gibraltar et les Habsbourg renoncèrent pour toujours à l'Espagne définitivement déclassée.

    Fred 1er fut ainsi le dernier duc de Prusse, et mourut en 1713.

    Son fils Fred Guillaume 1er de Prusse, lui succéda: il fut le roi soldat autoritaire au delà du possible et fit dire à Voltaire que la Turquie était une république en comparaison de la Prusse... 

    Notons qu'il participa à la bataille de Malplaquet en 1709, qui perdue par la France, fit tellement souffrir les impériaux qu'elle sauva en fait les frontières françaises. 

     Son oncle maternel fut le roi Georges 1er d'Angleterre. 

    Il martyrisa son fils Fred II de Prusse, qui fut roi en 1740. Cette année là, commença la succession d'Autriche avec la mort de Charles VI d'Autriche auteur de la "pragmatique sanction" permettant de faire hériter sa fille Mariethé. Celle ci fit couronner son mari chéri François de Lorraine, empereur. En échange de la Toscane, celui-ci céda la Lorraine (et le Bar) à Stan Leczinski, le beau père de Louis XV qui renonça ainsi au trône de Pologne, Louis XV héritant finalement du tout sauf la Pologne... 

    On notera que la fille de Stan, Marie Leszczynska,  fut une très trompée Reine de France qui fut très populaire en France  car très bonne et très pieuse. Elle dut s'arranger avec la Pompadour... 

    Fred II pour la Silésie (la corne sud de l'Allemagne jusqu'en 45, la corne nord étant la Prusse orientale avec Königsberg) se transforma de roi philosophe en roi conquérant. Pour Breslau/Wroclaw. C'est pour lui qu'on travailla dit encore Voltaire, lors du traité d'Aix la Chapelle en 48 ou Louis XV renonça au produit de toutes ses victoires... 

    Fred II mourut en 1786. Il apprit le latin en cachette de son terrible père. On notera qu'à l'époque, l'armée c'est 85% du budget de l'Etat de Prusse, pauvre royaume morcelé, mais par pour longtemps, Fred II était un machiavel et aussi un génie militaire: sur sa tombe, Napoléon a dit: "Messieurs, nous ne serions pas là s'il était ici".

    Passons aux Augustes. 

    Auguste le fort, qui brisait des fers à cheval à mains nues, fut le roi de Pologne et grand duc de Lithuanie, titres électifs fut Auguste II, mort en 1733. Son fils Fred Auguste 2 évinçant Stan, devint le roi de Pologne Auguste III. On retiendra en 1716 son voyage à Venise, accompagné de Pisendel, Richter et Zelenska. On rencontra Vivaldi, Veracini et Lotti et Heinichen qui y vivait. 

    Les Augustes étaient de Saxe. Auguste le Fort était Fred Auguste 1er de Saxe, qui fit de Dresde la "Florence de l'Elbe".

    Auguste III était le fils de Christiane-Eberhardine de Brandebourg-Bayreuth, luthérienne qui refusa de se convertir au catholicisme pour devenir reine de Pologne. La Trauerode (BWV 198) était pour elle, à Leipzig lors de ses funérailles en 1727. Elle était la fille de Christian-Ernest de Brandebourg-Bayreuth qui participa à la bataille de Kahlenberg en 1683. 

    Bon, tout commence avec l'adoption du luthérianisme par Albert de Brandebourg-Ansbach l'hériter de l'État teutonique en Prusse extrême orientale. On a donc un duché de Prusse, vassal du royaume de Pologne. Une université Luthérienne est fondée à Königsberg en 1544. 

    En 1618, Anne de Prusse, épouse de l'électeur du Brandeboug hérite. La Pologne renonce à sa suzeraineté sur la Prusse au traité de Bromberg (Bidoscz) en 1657.

     

  • Les dissuasions

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  • Les victoires

    Indépendamment de tout fait, mais en relation avec lui se pose le jugement de valeur, l'"estimation", qui est tout de même une forme de description, et pour certains la seule. On peut être pour ou contre ou les deux mais en rester là, et cela en bavant sur toute description "objective", l'objet n'étant QUE ce qui vu ainsi.

    L'invasion de l'Ukraine par la Russie devait être à l'avantage de la Russie mais sous la forme d'une victoire éclair qui n'a pas eu lieu. Condamnée à être longue, cette victoire fut donc d'abord un échec complet, voire une défaite de fait dont on a cherché à trouver les apparences, toutes les explications de la non-victoire rapide étant autant de faiblesses coupables et définitives qui rendent la défaite possible, donc certaine, pourvu qu'on y mette le prix. 

    Bien sûr dire que la victoire est nécessairement retardée pour en éviter le cout trop cher en militaires tués excite le jugement, qui est bien sur celui des pertes énormes des Russes, garant supplémentaire de leur défaite à venir. 

    Dire que la victoire arrive forcément est alors un truisme prévisible, et le seul discours devient celui de son retard, attribué à une défaite manifeste, par voie de conséquence. Petit à petit on arrive à une victoire totale de la Russie qui sera associée de fait à son épuisement complet et donc à sa quasi-destruction. Pyrrhus, vous dis-je, Pyrrhus. 

    Roi d'Epire (l'Albanie) puis roi de Macédoine, Pyrrhus vainquit plusieurs fois les Romains (Héraclée 280, avec des éléphants), ratant Rome de peu, se bat aussi contre Carthage, puis contre les macédoniens mais ses victoires furent couteuses d'après Plutarque, et il finit assommé par une tuile lancée par une vieille femme... 

    Eloignées dans l'histoire, les victoires et les défaites se succèdent avec les morts et les souffrances des combattants, et qu'est-ce que gagner pour un général, un empereur ou un demi dieu ? 

    Mais on peut continuer les considérations sur le sujet, et en particulier sur ce qui concerne la publicité faite sur les petites victoires, celles qui agrémentent le quotidien. Publicité ou silence d'ailleurs, car on notera qu'après l'incroyable bruit fait autour des grandes défaites Russes, ceux-ci n'ont répondu que par des coups de canons, sans se vanter en rien, car on ne peut considérer comme des vantardises les petits sourires tristes de Vladimir Poutine...

    Mystérieuses tactiques de communication...

    D'abord on notera que pour qu'il y ait victoire il faut une prétention: on ne gagne que les batailles qu'on se propose à l'avance de gagner. Et réciproquement pour les défaites. L'échec majeur de Poutine à prendre Kiev fut-t-il précédé d'une prétention affichée à cela ? Nullement. Pourtant, hier soir, un commentateur avisé, général "émérite", réaffirma le jugement, l'utilisant, comme indiqué plus haut, pour faire passer l'appréciation de l'échec global Russe, le projet agressif ne pouvant se relever d'un tel insuccès, qui grève donc définitivement toute prétention Russe à une quelconque victoire. 

    Dans les faits, la prise de Kiev ne fut jamais annoncée comme un but de guerre, fixa une partie importante de l'armée Ukrainienne, et permit la conquête éclair initiale, en particulier au sud. Elle faillit déstabiliser le pouvoir kyévien, qui proposa rapidement de négocier et ne fut remis en selle, apparemment du moins, que par des interventions extérieures, disons l'OTAN, qui le poussa à résister quoi qu'il en coute. L'évacuation ultérieure, menée dans l'ordre, des troupes rassemblées pour l'occasion fut menée sans dommages, et on ne vit de la grande victoire Ukrainienne, aucune offensive destructrice, aucune destruction organisée, aucune pénétration visible: comme si elle avait beaucoup couté elle-même... 

    Affichés les buts de guerre sont bien le Donbass, la neutralisation et la dénazification plus le sud, c'est-à-dire la façade maritime de la mer noire, qui devra y passer. Rien n'indique une volonté de conquête au-delà, les zones susceptibles de faire partie de la fédération de Russie étant exclusivement visées, le cauchemar d'avoir à subventionner le reste d'un pays failli et pourri de sa corruption étant laissé aux Européens, seuls capables d'envisager pareille absurde politique.

    Rien que du rationnel, et du prévisible, du moins si on a deux sous de réflexion. Se mettre à la place de Poutine est assez simple en fait: il suffit de considérer les intérêts objectifs de la Russie et de se détendre... 

    Un autre point est la vantardise victorieuse, propre à certains tempéraments exaltés, que ce soit par l'origine ethnique ou la quantité d'excitants absorbés. Elle a deux inconvénients: d'abord de mettre en avant le cout humain de ces entreprises, qu'il faut à la fois féliciter et aussi, le succès étant acquis promettre d'arrêter. Ni l'un ni l'autre ne sont souhaitables pour l'instant. Les morts au combat de la victoire ne seront mis en avant qu'à la fin, et encore, on trouvera un soldat inconnu pour ne pas trop faire pleurer: moins il y en a, mieux c'est, la victoire en est plus joyeuse. 

    Ensuite, de montrer la direction de sa volonté et de laisser transparaitre certaines tactiques préférées. La guerre doit être d'abord ce qui est caché à l'ennemi, les coups délivrés devant surprendre, car la douleur infligée se doit d'être maximalement intense. Rien de ce qui réjouit ou indique le mouvement ultérieur ne doit être dévoilé. Ce qui caractérise pour l'assaillant un objectif local atteint (par exemple, en soulageant une faiblesse à cache) doit rester secret toujours. 

    Que cela nuise au spectacle extérieur, cela est certain, mais en principe, nulle femelle au spectacle n'est présente, à part des opinions extérieures qu'on a déjà traité de toute façon, et qui n'entendent rien à toutes ces choses. 

    Et puis, il y a les délices de l'incertitude. Ces canons Français vendus ou capturés, en cours d'examen au-delà de l'Oural, sont ils fictifs ou non ? Le doute introduit permet à l'ennemi de se consumer en démentis, en reproches larvés, en perte de temps et d'efforts qui sont autant de blessures infligées. Et si en plus c'est vrai, alors là, les renseignements obtenus devront bien sûr rester cachés d'autant plus. 

    Il y a derrière les sourires tristes des vraies puissances tout un monde... 

  • Les trans

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  • Les juges

    On persiste à penser qu'il y a un problème avec la justice dans ce pays, et on n'est pas le seul (1).

    D'abord, la justice n'est pas soupçonnée ou à peine: à part quelques lazzis, la plupart du temps de droite, point de doute à avoir quant à l'intégrité du juge en tant que tel: protégé tel un marcheur sur la lune par un scaphandre à toutes épreuves, jamais on n'envisagerait de surveiller ses notes de frais ou le métier de son épouse. Ceux qu'il surveille et condamne par contre, en sont à se dégouter de vivre pour justifier à chaque culotte en dentelle si elle est autorisée. 

    Ensuite il y a les lois: elles n'existent plus en tant que telles car essentiellement révisables et soumises à toutes les vérifications possibles au point d'en être virtuelles: constitution (2), cour de justice européenne, cour pénale internationale, on ne peut plus rien faire et décider d'une loi c'est décider de rien. D'où sans doute le nombre pharamineux de celles ci, on ne sait jamais dans le nombre, certaines seront acceptées et appliquées. 

    On évoquera donc la QPC source d'un travail infini pour la cour con, avec l'incompétence négative (2), argument délicieux. En gros: des principes vagues permettent aux juges de méta-controller les lois et d'y introduire leur subjectivité. 

    Et puis, il y a l'Etat, dont on contrôle le pouvoir, enfin dans un certain sens, oubliant la définition de la liberté de Montesquieu: 

    « la tranquillité d’esprit du citoyen qui provient de son opinion que le gouvernement non seulement ne l’assujettit pas, mais fait en sorte qu’il ne puisse craindre d’un autre citoyen ».

    La balance entre les deux oppressions devrait être un méta principe: est-ce le cas ? 

    En parlant de balance, la subjectivité des juges a donc lieu de s'exercer, d'abord à l'encontre des hommes politiques tous pourris et aussi des crimes sociaux, tous explicables et excusables. Et puis bien sur il y a les plaintes sociétales variées, le nombre d'associations et autre lobbies pouvant se porter partie civile étant devenu infini et l'Etat condamné pour inaction climatique n'a toujours rien fait.

    Revenons à la QPC, ou contrôle constitutionnel à postériori, qui n'est pas une condition exclusive de l'Etat de droit et dont on abuse. 

    Tout cela fait partie de ces réformes "libérales" accumulées par des pourtant tenants de l'autorité (Giscard, Chirac, Sarkozy) qui affaiblirent délibérément l'Etat en le livrant au juridique. A des fins de modernisation on fit exactement comme Louis XVI: en rétablissant les parlements, il se priva de la possibilité de réformer et cela finit mal. 

    Faudra-t-il une révolution pour abolir ce fatras juridique d'un trait de plume ? 

     

    (1) Eric Schoettl  sur les juges https://www.revuedesdeuxmondes.fr/jean-eric-schoettl-droits-chacun-interets-de-tous/

     

    (2) L'incompétence négative analysée: https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/l-incompetence-negative-dans-la-qpc-de-la-double-negation-a-la-double-incomprehension

  • Les échiquiers

    On a lu le "grand échiquier" de Brzezinski, prénom Zbigniew. Sorti en 1997, il est totalement démodé, bien sûr, ne parlant ni du 9 septembre, ni de Poutine et pourtant tout y est, la politique et la pensée américaine y est exposée sans fard, et c'est la même aujourd'hui, quoiqu'on en dise... Utilisé comme "preuve" de la méchanceté américaine par tous les complotistes et tous les complotismes, il ne s'agit pas d'en tirer quoi que ce soit en ce sens, simplement ce qui est logique de penser en tant qu'américain quand on regarde le monde. 

    D'autre part, il suffit de lire, et la position actuelle des "occidentaux" telle qu'elle est exprimée actuellement est très exactement ce qui est décrit dans le livre. 

    Allons à l'essentiel. 

    L'Amérique "est" hégémonique, point. La Russie post soviétique est trop faible pour partager l'hégémon, point. Son projet géopolitique, seul projet qui lui reste après la fin de l'empire et du communisme est donc de coopérer avec l'Europe et l'Amérique. Ici le mot "coopérer" est bien sûr le sens de la coopération entretenue par l'Europe avec les USA... 

    C'est le seul moyen de récupérer son rang et de se moderniser.

    L'alternative, faire avec d'autres une alliance visant à contrer l'hégémonie américaine "n'est pas souhaitable". Elle se ferait à l'avantage de la Chine, qui elle pourrait revendiquer des territoires, ce qui n'est pas le cas de l'Europe. 

    En revanche, pour être acceptée dans le club, la Russie doit 1) renoncer à toute ambition impériale 2) cesser de craindre les alliances entre l'Europe de l'Est et l'Amérique. Et pour cela, la reconnaissance de l'existence séparée de l'Ukraine est fondamentale. 

    Et voilà. Les considérations suivantes sont accessoires : la Russie n'a pas encore son Ataturk (on est en 1997), et prétendre imposer à des pays des restrictions à sa politique étrangère (rejoindre l'OTAN) sous des prétextes variés n'est pas acceptable. L'hégemon est absolu, il est celui de la Grèce dans un monde "mélien" : Athènes ne négocie pas avec des puissances inférieures: elle assiège Mélos qui voulait rester neutre, tue les hommes et met en esclavage le reste. 

    Avant de crier contre les complotistes, comme dans un certain nombre de cas, il se révèle qu'il n'y a pas complot du tout: c'est écrit dans "Mein Kampf" ou dans "Le grand échiquier", il suffit de lire et les choses sont claires. 

    Brzezinski là devient visionnaire: 

    « En revanche, l’intégration de l’Ukraine bouleverse les certitudes les plus enracinées. L’admettre, c’est reconnaître que le destin de ce pays ne dépend plus d’un lien organique avec la Russie. La survie de l’Ukraine comme État indépendant suppose qu’elle s’arrime fermement à l’Europe centrale et s’émancipe de la région eurasienne. En toute logique, il lui revient de partager les liens que l’Europe centrale entretient avec l’OTAN et l’Union européenne. L’attitude de la Russie sur ce sujet servira de révélateur : aura-t-elle choisi de devenir un acteur européen, ou, rejetant cette option, s’entêtera-t-elle à poursuivre une identité eurasienne et un destin solitaire, émaillé de conflits avec son proche voisin ? »

    Ainsi les choses sont limpides: la Russie doit rompre avec le rêve funeste de l'Eurasie. Le carrefour des carrefours doit se normaliser et abandonner la tentative grecque de fusionner avec la Perse, la Viking d'avec les slaves, la Mongole d'avec les Turcs. Tout cela pour partager avec l'Ukraine les subventions européennes sous la protection militaire Américaine. 

    On sent derrière tout ça la, très justifiée historiquement, haine féroce du Polonais envers la Russie, et l'apatride fanatisme envers son maitre d'un revanchard haineux... 

    Bien sûr, il y a plus, et l'évocation gourmande d'un toujours possible "flirt" entre la France et la Russie comme déjà plusieurs fois dans l'histoire, le montre: l'Amérique ne veut pas d'une souveraineté alliée à son est, l'Europe ne doit pas s'allier à la Russie comme ensemble souverain. C'est ce qu'explique Del Valle (2) qui ajoute qu'à la fin de leur vie, aussi bien Georges Kennan (3) que Brzezinscki lui même ont expliqué qu'en fait cela était une erreur totale, et que cela précipiterait la Russie vers la Chine. 

    De fait, la sous-estimation de la Russie et sa perception comme un pays failli est une erreur monumentale. Obama, élu en 2008, architecte du Maidan et aussi de la catastrophe Daech est le plus taré de tous les présidents US. Avoir laissé un keynian prendre les US fut ainsi une erreur monumentale de la part de l'Occident... 

     

    (1) Friedman et Stratfor : https://blogs.mediapart.fr/jocegaly/blog/170515/g-friedman-c-est-cynique-amoral-mais-ca-marche-discours-au-council-foreign-relations-de-chicago

    (2) Del Valle sur l'Ukraine: https://www.youtube.com/watch?v=iVGDj2m_VWs

    (3) Georges Kennan https://fr.wikipedia.org/wiki/George_F._Kennan

  • Les élections législatives

    Pour mieux se confronter à la réalité, il convient de donner son avis dans les phases intermédiaires, alors que le destin n'a pas encore frappé. 

    Au lendemain du premier tour des élections législatives, "Ensemble" a une microscopique avance 25,75/25,66 sur la NUPES, d'après le ministère de l'intérieur, débunkant ainsi la fake news du Monde qui à 6h30 annonce toujours sur son site le chiffre 26,10/25,81 en faveur de NUPES en vigueur à 22 h la veille... Incompétence et propagande quand tu nous tiens... 

    Bon, Mélanchon s'est planté en fait, et des sondages récents lui donnaient beaucoup plus, sa prétention à être premier ministre, qui lui était monté à la tête, était vaine. Macron reste, en dépit de toute rationalité, de tout examen objectif de sa personne, de ses politiques, et de son entourage, au pouvoir. 

    Une majorité relative ? On ne voit pas bien si elle lui sera gênante, tant la NUPES, vaste coalition de carpes et de lapins et qui va exploser dès la semaine prochaine, si cela n'est pas le cas dés celle-ci, n'a pas d'existence et que son échec est patent, malgré tous les cris de victoire. Maintenant cible unique de tous, son islamo gauchisme assurera une majorité absolue à son adversaire et il pourra partir en retraite la tête relevée, à défaut d'être haute.

    La France s'abandonne à sa déprime prudente et l'indexation des retraites en quoi les retraités croient, plus le chèque carburant qui a calmé les gilets jaunes déjà calmés par leur oeil en moins, ont suffit à persuader tout le monde que tout va continuer comme avant. Education, Immigration, Industrie, Dette, Agriculture sont en ruines, l'Europe est un dégueulis belliciste sans stratégie ni puissance qui va se faire saigner à blanc, et tout le monde est content. 

    J'ai espéré une victoire Russe rapide, avant les présidentielles, puis une plus lente, avant les législatives. L'Ukraine a tenu jusque-là, sans que le moindre débat, la moindre prudence, la moindre lucidité ne change rien à la course à l'abime qui se continua en silence. Aucune information, aucune explication, un tombereau de mensonges éhontés, et d'indicibles stupidités. 

    Electeur de Zemmour, j'ai fait zinc % , encore pire que d'habitude et donc me réfugie dans ma tristesse. Je m'en vais voter NUPES, tient, la semaine prochaine, cela me fera passer pour un mec ouvert dans certains milieux et me permettra encore une fois de perdre, je vais finir par aimer ça. 

     

  • Les guerres en Ukraine

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  • Les totalitarismes

    L'Occident est en train de devenir totalitaire. C'est l'explication que toute l'opposition au monde actuel est en train de réfléchir et discuter, à différents niveaux. 

    Jusqu'ici caractérisé par son "libéralisme" qui même rendu "néo" par les résidus marxistosistes restait marqué par la victoire symbolique de 91 sur le totalitarisme soviétique, et encore, on passa l'éponge sur le goulag, la distinction entre totalitarisme immoral des nazis et totalitarisme moral attribué au bolchos restait  présente, les vieux cons devenus capitalistes exigeant qu'on respecte leur adolescence, car seul le nazisme était immoral et encore, sauf Azov. Après tout le wolfangel n'est qu'un Z barré et en cela excuse Ouradour sur Glane; bref nous voilà dans le sujet. 

    Les 3 caractéristiques du totalitarisme

    Qu'est-ce que le totalitarisme ? Je dirais 3 choses: une langue, celle de Klamperer, le mot image imposé se devant d'être utilisé pour penser et agir sur le seul réel disponible; une contrainte permanente, la douleur faible devant toujours permettre de garder à l'esprit qu'elle peut s'accentuer si besoin ou par faute; un ennemi collectif identifié avec qui par définition il n'est pas possible physiquement et moralement de négocier. 

    Il faut bien sûr se référer à Arendt et je voudrais exposer ici que je ne suis pas d'accord avec elle, au moins sur certains points, en particulier sur le caractère soi-disant "banal" du mal totalitaire. Le totalitaire est civilisationnel et culturel et se trouve un mode de gouvernement et de domination. 

    Tout d'abord, les 3 caractères du totalitaire sont ceux du dressage ordinaire, et l'éducation qu'elle soit celle des enfants ou des chiens est basée sur ces 3 principes. Système de communication, de maintien et de collectivisation, système de domination tout simplement. Soumis à une vie dans un espace totalitaire, le chien, ou le chinois sont d'accord et acceptent leur sort. L'éduqué aussi, et le caractère non totalitaire d'une éducation n'est du qu'à l'autonomie qu'a su garder l'individu malgré son dressage et qu'on ne lui a pas inculqué, par définition, de force. 

    La liberté d'esprit et la liberté tout court est ce qui survit à l'éducation, charge aux professeurs d'en parler de temps en temps, pour être sûr que leur dressage a échoué au final, heureusement. Certains cours sont ainsi assuré par des profs bizarres, qui à contre-emploi, s'efforcent de montrer l'exemple de l'indiscipline, de l'autonomie, de la liberté et de l'indépendance d'esprit. 

    Les grandes distinctions

    Mais il faut bien sûr passer d'abord par les grandes distinctions classiques du politique rappelées par Arend. 

    D'abord les types de domination (aristocratie, démocratie, autocratie) qui identifient l'entité en charge du pouvoir, ensuite le mode de gouvernement suivant qu'il sépare ou non formation et exécution des lois, ce qui distingue la raison du despotisme. Kant en établissant cela pose tout le débat: la liberté c'est la loi, et la démocratie a deux sens suivant qu'on l'identifie à la liberté ou au pouvoir. Cet admirable mic mac est le terrain de jeux des manipulations, des hypocrisies et aussi de l'histoire... 

    On introduira alors deux axes supplémentaires, l'un de Montesquieu qui introduisit la notion du principe accepté du pouvoir (vertu, honneur ou crainte) et ainsi les notions d'homme public et privé,  l'autre de Machiavel qui introduit les notions de politique intérieure et extérieure. Les deux dualités sont constitutives de tout système de pouvoir et on pourra y voir son caractère d'"ouvert" ou de "fermé".

    Le totalitaire serait alors ce qui dissout les deux distinctions: l'individu est entièrement public et le gouvernement mondial. 

    On commencera par l'individu: l'homme citoyen est égal à tous les autres, et l'homme individu différent de tous les autres. La distinction vie privée, vie publique est fondamentale car elle distingue droit et morale et fonde par là même le possible du droit respecté. Le totalitarisme s'opprime la distinction: la loi règle la morale et la représente. Par là même elle interdit à la personne d'être plus indulgente ou plus sévère que la loi, elle abolit donc le jugement moral, devenu inutile car, forcément, entièrement assuré par la loi. L'homme n'est plus juge, ni de lui-même, ni des autres ni de rien: la loi s'assure complètement de régler toute évaluation. 

    On continue avec le gouvernement mondial: l'homme n'a pas de nation et pas de région, sinon un département dans une administration mondiale, une sous préfecture de l'unique pouvoir. Cela pour sa paix: toute appartenance fractionnaire est source de revendication territoriale ou sociale et se trouve un facteur de guerre. Soumis à une unique loi, on y revient toujours, l'individu n'a qu'un seul président. Le dissident porte atteinte à la paix et se trouve donc fauteur et cause de guerre et du mal suprême: il est donc l'objet de la guerre civile, la guerre juste, la seule, celle que va lui faire le monde entier qui l'entoure. 

    Les lumières

    Il faut bien comprendre que ces deux formes extrêmes de l'oppression sont d'abord des idéaux fondamentaux issus des lumières du XVIIIème siècles, idéaux poursuivis jusqu'à aujourd'hui par toutes les vraies élites et cultivés par les vrais philosophes ceux qui, au sommet du monde, au milieu des plus riches, se sentent investis du pouvoir de régler et d'améliorer le monde dans son ensemble. 

    On note que Kant qui parle de la confédération des peuples et de l'impératif catégorique, inspirateur du juridisme pur est l'un de ceux, sinon celui qui préside au fameux complot. Est-ce un complot ? Plutôt un rêve éveillé qui continue de bruler les coeurs, et notamment ceux des nouveaux jeunes maintenant complètement détachés des derniers feux du nazisme et du communisme et qui ne furent jamais brulés donc par les flammes de l'enfer sur terre du XXème siècle. Ils reprennent tout à zéro... 

    Il suffit pourtant d'avoir connu un militant trotskyste des années 70 pour savoir et comprendre ce qui anima un Netchaiev. Trop effrayés de ce qu'ils avaient pratiqué en secret dans leurs cénacles, les monstres se convertirent au libéralisme social pour faire leur carrière, n'osant partager ce qu'ils avaient vécu. Exactement ce qu'avaient vécu leurs pères nazis ou pétainistes ou bolcheviques : la honte éternelle et impardonnable d'avoir vibré et joui à l'assassinat nécessaire des méchants.

    Les lumières dénoncées par le cardinal Lustiger et par tous les contempteurs des droits de l'homme furent elles justiciables de toute cette infamie. On verra pourtant le concept de Nation se forger dans la révolution bien au delà des idéaux mondialisés des philosophes, comme si l'Europe avait d'abord besoin de se fractionner avant de s'unir, tout en s'unissant pourtant, et ce fut le cas de l'Allemagne, de l'Italie, voire de l'Autriche et de la Hongrie... 

     

    Contre le totalitarisme 

    Qu'est-ce qui peut s'opposer au totalitarisme ? Et bien il n'y a pas grand-chose. Une occasion unique pour les grandes philosophies adossées au christianisme et qui se sentent chargées de restaurer la grande foi que ce monde a maintenant complètement abandonnée. On pourrait conclure avec l'essence de ce qu'avec la religion, l'Occident a abandonné, c'est-à-dire le concept de "salut", seule vraie raison d'avoir besoin (on ne prie que ce qui peut rendre service) de quelque chose d'autre. Il n'y a que quelque chose d'autre qui pourra nous sauver du totalitarisme qui est déjà là... 

    Car le totalitarisme une fois en place agit. En particulier et là Arendt introduit le concept de terreur, il s'agit de rendre la situation effectivement comme on l'a prévu à l'avance. Suppression des classes et des races il faut accomplir dans le réel ce que l'on a théorisé et pour cela bien sur retirer tout obstacle à cela. 

    Le totalitarisme progressiste comme idéologie veut éliminer toute négativité. Par conséquent, sera détruit comme négatif justement tout ce qui critique et dévalorise, seul le positif acquiescement étant toléré. L'éducation et la rééducation sont donc permanentes et constituent l'axe essentiel de la domination, le dressage comme but en soi. 

    Cette boucle fermée de l'éternelle amélioration positive et positivée de soi est l'objectif et la raison d'être d'un savoir technique suprême, seule manière de faire mieux avec soi. Voilà  je crois, le ressort secret de ces formations à n'en plus finir, de ce culte omniprésent du développement personnel, seul objectif de tous. Ou presque. 

    Le groupe "reinfo covid" (1) mentionne et concrétise les deux caractères essentiels du totalitarisme mis en oeuvre lors de la folie covid. Langue et idéologie. 

    La langue

    La langue transformée du monde totalitaire est bien sûr celle qu'a décrit Klamperer, elle fut lors du covid, d'abord une tentative d'effacer le passé et tout le savoir accumulé sur le domaine à considérer: celui des maladies infectieuses. D'abord, on n'a pas un "virus" mais le Sars Cov2 ce qui radicalement différent et niveau, non pas une "grippe" mais "la" Covid. Tout le bon sens médical dispensé par la médecine fut dénié et remplacé par un langage global technocratique entièrement confisqué par l'État. Cela alla jusqu'à l'organisation d'une défiance explicite envers le conseil scientifique, par ailleurs mis en scène selon les besoins. 

    Plus généralement, on notera bien sur l'abus de mots "concepts" destinés à introduire de nouveaux objets comme radicalement nouveaux. Un exemple récent est le fameux "Conseil National de la Refondation". Scandale absolu pour le bon sens (refonder quoi? Rome?), l'histoire (le Conseil National de la Résistance arriva à la fin de la 2ème guerre mondiale, et se trouve un référent transpartisan), et bien sur pour le Conseil Economique et Social, constitutionnel et soigneusement tenu à l'écart de ce qu'on veut dire et faire. Le pouvoir s'exerce par la langue, et le nouveau pouvoir par la nouvelle langue. 

    L'Idéologie

     

    L'idéologie est un scientisme, tel que défini assez précisément en (1: 1.07) et la modélisation abusive, telle que présentée  au début de la pandémie et qui a convaincu les dirigeants occidentaux est sans doute la cause racine du basculement. Il s'agissait d'appliquer l'onction mathématique aux deux domaines collectifs les moins susceptibles d'être modélisés comme peut l'être la physique: l'épidémiologie et l'économie. Ces deux domaines, abusivement mathématisé, et cela d'ailleurs initialement afin de modéliser leurs concepts explicatifs généraux permettent à un discours public mis en oeuvre explicitement de décider péremptoirement.

    On nous annonce ainsi que 1) la modélisation épidémiologique justifie le confinement 2) la modélisation économique justifie le pass sanitaire. Deux foutaises totales que rien, absolument rien ne justifie: bien au contraire, des simples comparaisons entre pays montrent que le confinement n'eut pas d'effet globaux notables et les simples mesures montrent que le vaccin ne protégeant pas de la contamination, son obligation généralisée n'eut pas d'utilité. 

    Le scientisme qui peut se définir comme une conception profondément faussée de la science, qui vise à la considérer comme expression de la vérité sur la base d'une idôlatrie de sa méthode. Tous les discours qui imposent les fameux critères méthodologiques (échanges entre pairs, expérimentation, pratiques) comme critères du vrai sont scientistes, transformant des critères locaux pratiques en critères du vrai. Les fameux critères du "scientifique" qualifient non pas la vérité des résultats scientifiques, mais le discours scientifique lui même (celui qui organise sa réfutabilité) seule possibilité pour produire des résultats provisoirement acceptables, la "vérité" bien sur étant définitivement hors d'atteinte. 

    Outil des idéologies classiques du XXème siècle, le scientisme est aujourd'hui l'idéologie des technocrates, les membres des classes sociales élitaires sous éduquées, ou exclusivement éduquées aux savoirs utilitaires du droit et de la politique, à l'exclusion des sciences, qu'ils ignorent et ne pratiquent pas, et des techniques, jugées secondaires ou à importer. Comme idéologie et donc comme méconnaissance et ignorance, la science scientiste est instrumentalisée comme fétiche, ses tenants n'étant que des subalternes soumis au politique. Car le technique, tout comme le médical et le militaire ne sont que des domaines administrés soumis par définition et donc manipulables. Leurs vérités ne sont que de méthodes, donc de procédures à vérifier et à manipuler à loisir.  

    Formés à l'administratif, les praticiens de haut niveau de ces domaines n'ont bien sur plus de vraies compétences, juste le vernis permettant de dominer les opérationnels et de convaincre les politiques de leur donner tout pouvoir sur les carrières. Loin de la méritocratie, la soumission et l'instrumentalisation deviennent la règle: plaire est le moyen. La conséquence est actuellement en place, partout: tous les domaines techniques deviennent "consultables" c'est à dire organisables par une seule methode de direction, qui ne se trouve même plus politique, mais managériale. 

    Que vous soyez militaire, technicien ou médecin vous ne dépendez plus que du même jeu de slides qui vous hiérarchise et vous met en situation de répondre aux questions et surtout d'obéir. 

    Cette perte d'autonomie des secteurs savants est organisée, d'abord au nom de la gouvernance mondiale. Localisés dans l'OTAN, les grands groupes industriels mondiaux et les laboratoires pharmaceutiques les autonomies créatives ne sont plus nationales et ne se connectent que via les grandes alliances et les discussions transnationales. Elle caractérise aussi bien sur les entreprises "individuelles": il n'y a plus de possibilités d'individuation créative hors le passage dans la moulinette massive industrielle: point de startup qui ne soit d'abord rachetée, point d'entreprises qui ne soit contrôlée par un grand groupe ou par des alliances nécessaires. L'individu local ne peut exister: il est nécessairement inclus dans une structure organisée, qui plus est, et par définition transnationale. 

    Le religieux

    La disparition du religieux traditionnel est général et se trouve être l'une des causes du développement du totalitarisme, ou du moins un phénomène associé à son développement. Se pose alors la question du totalitarisme lui même comme phénomène religieux de remplacement.

    La question est ancienne et tient à la polémique avec le Marxisme, qui introduisit le terme "idéologie" pour désigner le capitalisme et ses soutiens intellectuels, avant de se faire désigner lui aussi comme "idéologie" (cela viendrait de Karl Mannheim dans Idéologie et Utopie). Mais avant cela, Marx décrit bien l'idéologie comme une fausse conscience auto justificatrice à l'intérieur du mécanisme de la superstructure, soumise au moteur violent de l'histoire de la lutte des classes. L'idéologie ne disparait que dans le monde de la victoire finale du prolétariat, qui abolit la distinction. 

    De fait, une telle description du monde est du religieux au sens strict, une réalité souterraine dirigeant un monde créé et qui se consume finalement dans une parousie. Un peuple élu, marqué par son destin célèbre en permanence les rituels de l'abolition de l'individu... Là se marque par contre ce qu'il y a de non chrétien dans le totalitarisme celui-ci voulant abolir l'essence du christianisme qui est l'absolutisation de l'individu, caractère de sa liberté. 

    D'une certaine manière, ce religieux là rompt avec la forme finale du religieux (si l'on peut définir le christianisme de cette manière, sa foi étant en fait abolition du religieux classique) au nom de la mécompréhension de ce qui fut à l'origine de sa décadence terminale actuelle: le refus de la responsabilité morale de l'individu qu'impose sa liberté. L'association moderne de l'état souffrant de l'homme à des circonstances extérieures (sociales ou historiques), rompit avec la seule raison de cette souffrance: l'éloignement du divin, seule justification de la foi qui anime le religieux chrétien. 

    Il ne resta alors que la nécessité du rituel, et de l'histoire totale, le tout basé sur une foi explicite en l'assujetissement du sujet. On en vient alors aux prétentions kantiennes d'Eichman, qui se prétendait bureaucrate aveugle, simplement inséré dans un système de lois. Il mentait. Persuadé par l'histoire nazie, par la supériorité de sa race et la nécessité de l'extermination des juifs, il fit ce qu'il fit avec conscience, volonté et efficacité. Le totalitarisme est voulu, car convainquant, enrichissant et vu comme nécessaire. Ses soutiens sont persuadés par sa nécessité et se battent en conscience, ne l'oublions jamais. 

    On en revient alors à ce qui peut s'opposer à cela. Je parle en connaissance de cause, car je devrais en être... Libéral, post chrétien avec ma génération, anti marxiste enfant je suis le macroniste typique et pourtant je vais voter Mélanchon presqu'à coup sur de manière à exprimer ma haine totale de cette infamie. Que m'a-t-on injecté pour que ma cutie vire de cette sorte là ? 

    Une fille de philosophe (quel macho ! Stiegler est philosophe elle même) nous explique (2) la différence entre les conceptions individuelles et collectives de l'intelligence et de l'inadaptation. Croyant en l'intelligence individuelle (alors qu'elle n'est que collective et socialisée) et donc en la bêtise individuelle (alors qu'elle n'est que collective et socialisée), le monde au pouvoir a substitué lors de la pandémie une gestion institutionnalisée des affaires publiques (en gros l'Etat Nation dont on dispose depuis le moyen âge) par une gestion déléguée, toutes les décisions et leurs mises en oeuvre étant le fait de cabinets de conseils qui ont bypassé tous les experts, tous les profs, tous les scientifiques, tous les ex ministres. Ceux ci ont inventé des moyens inédits de domination du peuple acceptés car c'était pour son bien, et qui ont remplacé défintivement tout débat, représentation ou respect d'iceux : les commissions parlementaires se sont succédées ont évoqués certains problèmes, mais cela fut sans conséquence. Le pouvoir fut reconduit. 

    Comment résister ? La dame pose la question et parle de collectifs variés, il y en a. Encore une tentative pour remplacer  ce qui l'est déjà: la démocratie traditionnelle a cessé d'exister, déjà. 

    (1) https://www.arianebilheran.com/post/interview-avec-vincent-pavan-pour-le-cnt

    (2) Un exposé récent de Stiegler: https://www.youtube.com/watch?v=Z71oV00aqxk

  • Les délires

    Qu'est-ce que le délire ? Je suis bien placé pour le savoir, tenant ici une forme de délire, justement. 

    Il s'agit d'un discours, donc une production communicable mue par ce qui semble raisonnable et non contradictoire, MAIS qui apparait en fait comme "fou" ou inadapté. Cette inadaptation, signe vrai de la folie peut être interprétée de diverses manières par exemple, comme une excentricité amusante provisoire, une exagération signifiante (il faut la retenir, celle là),  une exigence de rigueur, ou, et là on part dans le pire, un rappel au bon sens dans un cas grave. Ceci pour décréter qu'il ne s'agit pas d'un délire, en fait, simplement d'une déviation. 

    Cette déviation peut être détectée dans deux directions différentes. Car le délire, c'est d'abord cet original qui se met à parler tout seul dans le métro, exprimant tout ce qui peut interprété comme cité plus haut. Amusant ou compréhensible il est réel et cohérent simplement inapproprié et manifestement "délirant". Son auteur, qu'on a peur d'avoir à maitriser physiquement et dont on écarte le regard sera sans doute attrapé pendant le reste de son voyage. Drôle, répétant sans arrêt la même incantation, obscène ou hurlant, il mérite d'être mis à l'abri, il a perdu le "sens commun" (et non pas la raison). 

    Mais il y a aussi le monde médiatique actuel. En dix minutes de zap télévisuel, le 31 Mai, l'impression étrange d'être enfermé dans le métro, obligé d'écouter des délires variés de personnes manifestement en pleine crise de folie me saisit, et me glace... 

    D'abord les récits hallucinés des supporteurs anglais ou espagnols fuyant les gaz lacrymogènes de la police française dans les couloirs de métro de Saint Denis à 2 heures du matin dimanche, entourés d'arabes hurlants cherchant par tous les moyens à les détrousser et à les frapper, récits rapportés par des journalistes déplorant tous quelque chose de différent entre les mensonges du ministre, le silence du président, l'hypocrisie des anti racistes, l'incapacité policière, les salaires des footballeurs, que sais-je... 

    Au même moment, le ministre affirme qu'il n'y a pas eu de morts, que les faux billets étaient 30 000 (il parait qu'il n'y en eu que 3000), et que c'est la faute des anglais en fait. 

    Indifférent au football, et déjà convaincu que le département de la Seine Saint Denis, occupé à 50% par l'immigration extra européenne est invivable et doit être cédé, comme la Louisiane ou le département de Constantine, ou récupéré par la force, comme le Donbass, que sais-je, je me permets de ricaner sarcastiquement, riant de me voir pris en plein délire, celui là même que ce même ministre attribue explicitement à l'extrême droite (42% aux dernières élections présidentielles) et qualifie (bien sûr) de "nauséabond".  

    Zappant de lassitude je suis immédiatement mis en face de la mort d'un journaliste français dans un convoi humanitaire, déplorée par la frange pro-Ukrainienne des médias français (frange qui en occupe en fait la totalité, sans que cela ne le leur pose aucun problème, au contraire, l'unanimité en matière journalistique faisant maintenant foi de vérité). 

    Voulant exprimer sa tristesse navrée un commentateur se lança alors dans une diatribe qui afin d'évoquer la cruauté intentionnelle Russe, évoqua aussi les guerres (sans doute passées plus celles de l'avenir espérons-le) où on savait se tenir, un homme ça s'empêche. Un artilleur Russe prisonnier avait été condamné pour bombardement de civils aujourd'hui même. Mon éclat de rire fut bref, puis j'appuyai sur le bouton et me rua sur mon clavier pour délirer à moi tout seul. 

    Au passage j'appris qu'alors que les Pays Bas et bientôt le Danemark se privaient eux même du pétrole Russe, avec le paquet no6 des sanctions européennes âprement négociées cette semaine (pour le gaz on va attendre un peu), les USA voyaient la Russie augmenter considérablement leurs livraisons de pétrole alors même qu'ils étaient sous embargo... 

    La soirée avait commencé avec l'évocation du touriste déguisé en vieille dame qui jeta un gâteau à la crème sur la vitre qui protégeait la Joconde, cela au nom du climat. Un commentateur évoqua la tristesse identitaire de la vie moderne qui rend désespéré et anomique. 

    Ma thèse est différente. Le délire public est officiel, permanent, absolument déconnant et universel en Occident, qui est devenu complètement fou. Seuls les abrutis goinfrés de médicaments ou ivres de tout ce qu'on peut trouver ne trouvent rien à dire à tout cela. Comment réagir sinon en disant n'importe quoi ou alors en faisant n'importe quoi ? Pourquoi réagir, d'ailleurs ? 

    Non, comme dans le métro, baisser les yeux, avoir honte et passer à autre chose. À quoi ? 

     

  • Les sonates de Scarlatti

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  • Les nations

    Habermas (1) prédit la fin de l'État Nation, au nom du mondialisme et du communautarisme. Les deux forces sont puissantes et vont en sens contraire: elles détruisent le local au nom de l'universel et de son contraire. Écrasé entre l'autre qui englobe et l'autre qui concurrence, le natif, le national donc, n'a plus de motivation à soutenir l'État qui ne devient plus qu'un État de citoyens attachés à leurs droits. 

    Décrit comme Allemande donc raciale et géographique, sans parler de la langue, la nation Allemande de Fichte est pourtant différente de la nation Française de Renan, on a déjà assez opposé les deux conceptions. 

    La Nation française est donc l'expression d'une volonté et non pas d'une nature... On en vient donc à Herder, et à sa conception "naturelle" de l'humanité, naturellement segmentée en natures distinctes, toutes légitimes et par là même toutes particulières, à l'opposé de l'universel caressé par l'Esprit Français dont il critique les lumières. 

    Décrit par Taylor lui-même comme le père du relativisme culturel, Herder est donc le chantre proto nazi de la terre, du volkich (sans en vouloir la suprématie toutefois, MAIS). 

    Tout est dans le "mais". On essaiera donc d'appliquer à la volonté française le "mais" nationaliste Allemand, qui qualifiant la nature allemande comme propre et donc principale, s'attachera à établir sa suprématie, la tendance étant, elle aussi, naturelle... 

    On est là en plein dans le mécanisme de différentiation des différences opposant en dédoublement multiples les préférences terrorisées par ce qu'à quoi peut nous mener nos propres divagations. 

    Car la volonté française peut s'exercer dans les deux sens. Qui a dit qu'il ne s'agit  QUE de la volonté de venir ? Etouffé par la conception de la liberté et de la volonté, le système universaliste Européen ne donne jamais à la volonté propre, initiale, celle d'accueillir, la moindre importance... 

    Volontaire à l'entrée dans l'UE, la Turquie eut longtemps licence à cela, sa population musulmane en faisant à terme le premier pays européen ne gênant en rien les légistes, persuadés que les critères suffiraient à pacifier tout cela. 

    Heureusement que les primitifs kurdes, attachés aux meurtres d'honneur et abominablement réprimés pour leur irrédentisme ont tenu éloignée la dictature asiate passionnée de déportations de populations.  Il fallut aussi ce chef d'Etat Français d'origine hongroise qui ne pouvait imaginer coucher dans le même lit de ce qu'il avait combattu mille ans, comme de juste. Bref, la question de la volonté d'accueil se pose. 

    La demande de l'Ukraine, sanctifiée par la souffrance injuste de qui avait prévenu une agression dans l'autre sens, fut évidemment acceptée sous les hourras par l'UE et l'OTAN, le désespoir de ne pas pouvoir le faire "tout de suite" étant exprimé publiquement. La question de l'adhésion à l'OTAN, évidente, ne peut être refusée: on ne refuse pas l'adhésion à un club qui devient plus puissant à chaque nouveau membre... Ce réflexe est extrêmement puissant en Europe, qui a abandonné toute préférence "propre", toute stratégie identitaire dans son expansion. 

    Se vivant elle-même comme DEJA cosmopolite, elle ne peut admettre qu'il y ait de frein à toute nouvelle arrivée, la différence du nouveau avec elle-même, déjà pensée comme nouvelle à soi, ne pouvant qu'être nulle. 

    Que cela la rende radicalement différente de tous les autres, les puissances individualistes qui dans les faits se contentent d'exploiter à leur profit cette attitude délirante, n'est manifestement pas perçu et nous introduit ainsi au sentiment national. 

    Il est bien sur pour eux le négatif de ce triste état, conçu comme moderniste et évident par toute l'intelligentsia et toutes les élites clouées par la raison sur la croix du légalisme. Celui-ci qui a obturé tous les pores qui pouvaient exsuder ses humeurs, ses préférences, ses sécrétions, sa nature, en quelque sorte, et de fait, ses volontés et nous y sommes. 

    Ainsi donc, et c'est ce que je veux dire, il faut réhabiliter au-delà de la simple volonté d'entrer, la volonté d'accueillir, caractère à mon sens décisif de la cohésion nationale et critère de sa constitution, spécialement dans le contexte dynamique de celle-ci. 

    On peut caractériser cette volonté là dans deux directions, qui sont d'une part la liberté d'exprimer des préférences, d'autre part la légitimité à ne pas en donner de raisons. 

    La liberté est un droit de décider, à garantir, et elle permet d'exprimer le choix. La légitimité de l'expression du choix est celui de ne pas avoir à s'en justifier, le refus toujours mal perçu ne devant, par définition, pas être augmenté d'appréciations négatives qui le rendrait encore plus conflictuel.

    Il est donc essentiel de mettre en œuvre et de développer, au titre de l'élaboration de nouveaux droits, des procédures de choix collectifs destinés à exprimer des volontés collectives déterminées et explicites, mais non explicitées. De fait, le statut de citoyen doit pouvoir permettre d'exprimer la volonté nationale qui se résume en quelque sorte à la possibilité de déterminer qui peut le faire aussi. Sans ce choix, il n'y a plus de liberté et plus de nation.

    Cette association de la liberté à la nation constituée qui décide de sa constitution au sens de ce qu'elle fait et de qui elle est constituée pour en décider est fondamentale. Sa dissolution du fait de phénomènes qu'on se croit incapable de réguler est donc un crime contre la liberté mal connu. 

     

     

     

     

    (1) Habermas et l'évolution de l'Etat Nation https://www.implications-philosophiques.org/habermas-et-lavenir-de-letat-nation/

     

  • Les valeurs

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  • les hydrocarbures

    Quelques chiffres (2020) voir (1). 

    La Russie exporte au total 240 Gm3 de gaz par an dont 150 Gm3 de gaz par an vers l'Europe.

    Le Qatar, 2ème exportateur mondial, exporte 126  Gm3 par an. 

    L'Europe (UE 27) importe au total 400 Gm3 de gaz par an.

    Nord Stream2 c'est 50 Gm3, égal au pipeline Russie Chine qui ouvrira en 2025.

    L'Allemagne importe 120 Gm3 par an, le premier des importateurs de gaz. La France importe 50 Gm3, tout de même.

    La Norvège exporte 120 Gm3 de gaz par an 

    Les US exportent 25 Gm3 de gaz de schiste vers l'Europe, et pensent monter à 50 Gm3 en 5 ans. Le total de leurs exportations est de 90 Gm3. 

     

     

    Le pétrole est  à 110 $ le baril au 5 Mai 2022.

     

    La Russie exporte 10 Mbj (Millions de barils jour) de Pétrole 

    L'Europe importe 3.5 Mbj de pétrole de la Russie

    l'OPEP exporte 11 Mbj

     l'Iran pourrait fournir 1,1 Mbj

     

     

    (1) https://www.indexmundi.com/map/?t=0&v=138&r=xx&l=fr

  • Le filioque

    Il est ce qui sépare l'Orient et l'Occident (1).

    Pourtant "à l'origine" et c'est en 381 que le concile de Constantinople, dit Nicée-Constantinople l'établit, il n'est pas dans le texte originel. Les Orthodoxes ont raison, et donc Poutine a raison... 

    Cela d'ailleurs est reconnu par l'œcuménisme moderne et en 1995 on reprend les textes originaux, sans le filioque, bref on se met d'accord avec les orthodoxes (leur dénomination est parfaitement adéquate) sur l'origine, bref, ce qui est commun à tout le monde. En plus, les occidentaux reconnaissent que ce n'est qu'un ajout finalement "naturel" c'est à dire sans grande importance.  Le pape Léon en disait : "permis mais pas exigé". 

    Il faut noter de plus que la chose fut d'abord Carolingienne et c'est Charlemagne lui-même qui insista pour la chose, puis les empereurs Germaniques après l'an mille. 

    Le Saint Esprit 

    « Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père, qui est coadoré et coglorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes. »

    Le théoricien de l'Esprit Saint Basile de Césarée ajoute ainsi au Nicée 325, un Esprit Saint au rôle détaillé, mais en ligne avec le fait qu'il est "souffle de Dieu" et "procède du Père", seulement. 

    C'est ce que disait l'évangile de Jean ("esprit de vérité qui procède du père"), le paraclet (avocat, parakletos). Le mot "procéder" qui reste mystérieux, signifie ici "envoyé par le père". Le procédé, c'est la manière de faire. Procéder c'est faire de la part de quelqu'un. On a donc ici le père qui est en action avec l'Esprit et qui procède, envoie, met en action l'Esprit. Celui ci, donc, "est procédé par", on dira "procède du".  Ekporeuomenon. "Sortir de", d'une certaine manière. 

    L'ajout du "et du fils" vise à solidifier la position du fils dans la trinité, face aux hérésies arienne ou adoptionatiste. Par contre, et le patriarche Photios avec la "mystagogie du Saint Esprit", ne se privera pas de le dire, cela ouvre la voie à une forme de polythéisme, ou de modalisme, toujours les mêmes débats. 

    Tout cela dans le cadre de la définition de la trinité, la grande idée du christianisme, ce qui fait tenir l'ensemble...

    (1) Le comité oeucuménique qui explique tout https://www.usccb.org/committees/ecumenical-interreligious-affairs/le-filioque-une-question-qui-divise-leglise

  • Les guerres

    A l'occasion d'un long article sur la fin de la première guerre mondiale, (1), (2), expliquant en détails les affres du président US Wilson à l'issue de la guerre, qui se termine par un traité de Versailles, entièrement piloté par lui, et qu'il ne signe pas, finalement. 

    La SDN, embryon de l'ONU n'eut pas pour membre les USA. Partant de là, la déjà première puissance mondiale n'eut aucun rôle dans la marche diplomatique à la guerre en 38, 39 et 40. Avec les crises économiques, les fautes des diplomates et toutes les défaillances humaines et civilisationnelles du monde, on alla tout droit à la grande tragédie, bien pire que la première, et qui elle se termina bien. Enfin, "bien": on renonça à conclure, et 45 ans supplémentaire de guerre froide furent tout de même nécessaire pour clore l'épisode principal de la 1ère guerre mondiale: la révolution communiste... 

    Wilson avait des problèmes de personnalité. Ses idéaux, ses revirements, son hypocrisie anglo-saxonne et ses inimitiés font que c'est le docteur Freud en personne qui écrit un livre sur lui (avec la coopération du fameux William Bullit) et c'est l'objet de la réflexion faite ici par Patrick Weil, l'immigrationniste bien connu, en fait historien qui a retrouvé le manuscrit original et qui raconte toute l'histoire. Wilson n'est pas ce qu'on en a dit. 

    Installé 6 mois à Paris en 1919, Wilson négocie le traité basé sur les fameux 14  points, programme destiné à assurer la paix dans le monde, à tout jamais. 

    Dans le traité, une alliance militaire avec la France: elle aurait été décisive en mai 40 et tout est dit... 

    Mais les républicains au Sénat US sont inquiets des engagements à entrer en guerre induits par le traité. Wilson développe alors toute une interprétation des critères d'entrée en guerre, qui ne convainc pas. C'est alors que Henry Cabot Lodge fit témoigner , devant le Sénat le fameux Bullit , témoin des négociations et diplomate, révélant toute une série de faiblesses et de jugements négatifs sur le traité, y compris des avis tenus secrets de certains acteurs dont le secrétaire d'Etat de Wilson. 

    Wilson catastrophé fit un accident cérébral et se trouva paralysé. Refusant la mention dans le traité d'une réserve concernant la nécessité de l'accord du congrès pour toute entrée en guerre, il appelle à refuser la ratification. BANG.

    Les motivations complexes de ce refus quasi suicidaire justifient les questions sur la folie de Wilson, liée apparemment à sa haine insensée de Cabot Lodge, l'auteur de la "réserve". 

    Les considérations sur Bullit et Wilson, personnages déchirés par l'histoire dont ils furent acteurs à un niveau décisif sont passionnantes. 

    Une conception du diplomate Bullit: le destin de l'humanité est décidé à l'échelle des temps géologiques par la géographie, à celle des siècles par la démographie, à celle des années par l'économie et à celle des jours par la psychologie, à laquelle il se consacrerait entièrement, cela s'appelle la diplomatie. Belle leçon du premier diplomate Américain de la domination du monde par les USA, celle qui commençait. 

    Celles sur la fin de la guerre de 14 aussi, bien sûr. 

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    D'abord, les 14 points. Le plus important pour Wilson était la société des Nations. Représentant des crypto bolchéviques anglo saxons, dont Bullit en fait, Wilson était le porteur de l'idée du siècle: un parlement mondial où seraient représentés toutes les forces politiques et non pas simplement les gouvernements. Idée grandiose qui fut bien sur trahie, d'où l'horrible déception des progressistes qui cherchèrent à torpiller la ratification par les US. Bullit fut bien sur un élément quasi décisif de ce refus... 

    Il s'agissait pour Wilson d'échanger auprès de Clemenceau la rive gauche du Rhin contre une garantie d'assistance à la France. Foch reprocha à Clémenceau cet échange ALORS que la ratification était en discussion au congrès Américain. Clémenceau répondit qu'on ne pouvait empêcher des Allemands de rester allemands. Il se protégea de l'annulation de l'alliance par une simple occupation temporaire de la Rhénanie, celle qui fut renforcée en 23 quand les Allemands refusèrent de payer les fameuses réparations, que les Britanniques avaient rendues énormes pour être sûr que ce ne soit pas que la France qui les reçoivent. Ces excès furent décisifs. 

    La France refusa l'union entre Autriche et Allemagne, pourtant demandée par leurs représentants respectifs... 

    De fait Wilson, et son âme damnée, le colonel House, avaient deux stratégies pour convaincre Clémenceau et Lloyd Georges: s'appuyer sur les peuples d'Europe ou négocier avec leurs chefs. Le groupe des jeunes progressistes, dont les journalistes, Bullit et bien sur Lippmann étaient les tenants du premier camp. On a donc, et c'est l'ironie et le sens de l'histoire les partisans devenus opposants à Wilson qui étaient en fait les fédéralistes mondiaux déçus qui inaugurèrent la grande confrontation du monde contre le communisme, celle où nous sommes encore. 

    Car Wilson détestait les socialistes et s'arrangeât avec Clémenceau et Lloyd Georges. Clémenceau devint l'ami de House. et misa tout pour sa stratégie d'alliance américaine conditionnée par la ratification US. 

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    Bullit eut une vie de roman, facilita l'expatriation de personnalités menacées dont bien sûr le vieux Freud (82 ans) qui dut assister sans broncher à la destruction de sa bibliothèque par des militants nazis le lendemain de l'Anschluss... 

    Appelé "Monsieur l'ambassadeur" par De Gaulle (il faut l'ambassadeur US qui décrivit à Roosevelt l'abaissement proto fasciste de Pétain arrivé au pouvoir) il fit la fin de la guerre traducteur de De Lattre et admirateur du stratège qui faisait la guerre comme un poète. 

    La suite de l'action de Bullit consista à rompre avec le Roosevelt en fin de vie qui jouait au grand dam de notre héros une politique d'"apaisement" qu'il dénonça dans un grand livre. Mais ce fut Forster Dulles qui conceptualisera pour l'histoire l'"endiguement"  en décrivant l'optique soviétique d'éradication de tout ce qui n'est pas communiste... 

    Bullit était l'anticommuniste essentiel et attribuait au seul christianisme la capacité de lutter efficacement contre le communisme. C'est pour cela qu'il différa et édulcora jusqu'au bout la publication du livre écrit avec Freud, porteur d'une théorie du christianisme comme idéal de la conjonction masculin/féminin, la passivité féminine envers le père nécessaire au devenir Dieu, cet homosexualité latente qui animait Wilson.

    Au passage on apprend (et réapprend) qu'alors que Freud n'avait pas d'hostilité envers l'homosexualité, décrite comme identification au désir de la mère envers son fils. Elle ne pouvait ni ne devait être guérie, malgré son coté tragique, surajoutant à la tragédie du désir humain en général celui de la mise au ban de la société. C'est le mouvement psychanalytique international, sa fille et ses successeurs qui développèrent la cure anti pédé et toutes les horreurs qui ont déshonoré de ce point de vue la psychanalyse (3). 

    L'analyse faite par Freud et Bullit décrit en suite Wilson comme en conflit inconscient avec son père vénéré et son opposition maniaque à Lodge, à qui il ne voulu faire aucun concession. Il préféra saboter la ratification du traité plutôt que d'y inclure une réserve d'un homme qu'il haïssait pour l'avoir humilié publiquement. 

    On terminera par la réparation de la suprême injustice, toujours objet d'avis sédimentés qui ne reposent sur rien. Dans "les conséquences économiques de la paix", Keynes, soutient la thèse du montant exagéré des réparations exigées soit disant par la rapacité française. De fait, ce montant exagéré fut obtenu par l'Angleterre en convainquant Wilson de les doubler en y incluant le paiement des pensions aux agressés dont les anglais. 

    De fait, la non-ratification des USA fragilisa la position de la France qui devint véritablement fétichiste des réparations. Et puis Clemenceau échoua à la présidence de la République (refusant en janvier 1920 le chantage de députés catholiques qui voulaient des relations diplomatiques avec le Vatican). Élu, il aurait pu pousser Lodge et Wilson à s'entendre.

    La responsabilité de Wilson reste entière: il entérina ce qui justifia la plainte Allemande et la montée de Hitler (les réparations) et empêcha que s'installe le contre feu (l'alliance France-USA). On remarquera toutefois que c'est cette alliance-là, bien plus que l'appartenance des USA  à la SDN qui manqua à l'histoire et ... détruisit la France. 

    Pour finir, c'est bien dans le projet de la SDN qu'on inventa le principe des sanctions économiques à administrer à tout agresseur... 

    La conclusion signée par Freud et Bullit: 

    « Les faits valent mieux que la foi. La vérité est une alliée plus précieuse qu’aucune divinité. »

    Bullit l'effaça, estimant sans doute, que pour lutter contre le communisme, la foi valait mieux que les faits. Le livre ne fut publié qu'en 1966... 

     

    (1) https://actualitte.com/livres/419244/le-president-est-il-devenu-fou-le-diplomate-le-psychanalyste-et-le-chef-de-l-etat

    (2) https://histoireetsociete.com/2022/05/01/le-president-est-il-devenu-fou-entretien-avec-patrick-weil/

    (3) Roudinesco sur psychanalyse et homosexualité : https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2002-1-page-7.htm

     

  • Les théories de l'esprit

    A l'occasion d'un vagabondage, (1) illustre rapidement ce qui prend des dizaines d'heures de vidéo à grasp.

    On remarquera le degré de branchitude: "grasp" plutôt que le stupide francocisisme "grasp-er" en conformance avec le jeunisme qui consiste à ne plus franciser les infinitifs de manière à s'abstraire de cette terrible faute de français qui en imposant de faire sans cesse la différence entre participe passé et infinitif humilie et abaisse le semi-francophone qu'il soit remplaçant ou remplacé, bref. 

    La "cognition" est donc modélisée comme un "flow", un processus perpétuel d'adaptation à un état de fait et non plus comme une expression d'un savoir, qu'il soit expérimental ou propositionnel. Tout est dit et nous avons la main sur le futur de l'éducation et du contrôle social. Exprimé dans l'opinion, la relation à la vérité et à juste représentation qu'on sait discutable, la cognition représentation, destinée à élaborer via le beau la phrase séduisante qui entourloupe le crétin, il faut l'éthique du vrai pour s'y soustraire, et aussi atteindre le sublime du vrai, l'absolument beau qui signe le bien du vrai.

    Le flow est adaptation pure, précise adéquation du geste et du but, l'ajustement permanent au contexte étant le rôle du système cognitif programmé pour cela. 

    On y associera les concepts de "relevance" ce qui est approprié à l'exécution de la "tache" (ouh ouh) et de "realisation" ce qui objectifie le but cherché. Il y a aussi le concept de "recursive" plus obscur, qui semble installer le processus de feedback absolument partout, entre les sous systèmes humains (perception, emotions etc) et avec l'extérieur bien sûr.

    Bref, un gourou, une théorie et la boucle de rétroaction qui vous lie au gourou via ses perceptions transmises quant à votre compréhension de ce qu'il dit, ce qui fait que non seulement il vous note, mais aussi que vous lui donnez de l'argent sachant (pardonnez-moi, je me lâche) qu'en plus il baise votre femme. Ici le gourou a des boucles d'oreilles et des tatouages mystérieux sur les bras. 

    On notera ainsi la disparition progressive en Occident du concept de vérité, la chose ayant été prouvée absolument cette année par la conjonction brutale de 3 évènements l'ayant fait disparaitre peut être pour toujours: le woke, le covid, la guerre en Ukraine donne l'occasion à l'ensemble du sociétal occidental soumis aux médias et à la démocratie de dysfonctionner complètement, donnant lieu à un unanimisme complet en faveur du médiocre, de l'absurde et du faux, guidé par l'hypocrisie cynique et peut être la franche folie. Satan règne sur le monde, et lui fait faire et dire n'importe quoi.

     Ce concept occidental de vérité est, il faut le dire, d'origine chrétienne, l'originalité fidéiste chrétienne qu'est la résurrection matérialisant complètement une chose qui pour ne pas être absurde et invraisemblable doit être absolument vraie. La chose fondant le consensus religieux ayant réussie, la vérité aussi, celle-ci étant représentée par une foi commune en un espoir fabuleux mais fondateur, dont la représentation magnifique marque tout de même magnifiquement deux mille ans d'une histoire assez glorieuse. 

    Cette époque se termine. Dernier morceau du monde occidental (si l'on excepte la Russie, mais là on a un autre problème) à avoir résisté à l'athéisme de masse, les USA viennent d'y succomber et c'est Todd qui le dit. L'abolition des vieux réflexes se généralise, et donc, nécessairement, ce qui nous rattachait à la "vérité" aussi. 

    Le dysfonctionnement global de l'Occident est patent. Il avait jusqu'ici réussi, grâce à la vérité immanente d'une foi transcendante à juguler les problèmes que posent la liberté grâce à la sainteté naturelle que lui offrait une civilisation encadrée par un souvenir encore vivant. Cela lui avait permis de vaincre les démons nazis et communistes. Il est maintenant lui-même démoniaque et va s'effondrer dans un grand incendie, cela devient son destin. 

    Comment caractériser cette perte de contact avec l'évidence ou plutôt avec ce qui jusque-là l'était ? 

    On a d'une part une exacerbation du sentiment de regret vécu face à l'abaissement d'un bien perçu, et aussi manifestation barbare de la volonté d'imposer le bien. Deux sentiments enseignés dans la morale chrétienne et qui étaient l'atténuation de l'impérium civilisationnel lié au religieux. Car le fidéisme est absolu et ne s'accommode pas de ce qu'il méprise: le religieux. Or c'est bien le religieux qui s'est effacé; et il ne reste alors que la volonté de revenir aux origines, une forme de djihadisme chrétien, qui bien sur fait fi de la sagesse originelle compréhensive que le religieux avait pour rôle de transmettre. 

    Détaillons. 

    Un bien souhaitable peut ne pas se produire, et il faut le regretter tout en le comprenant et en l'acceptant : mort d'un proche, ruine d'un commerce, bien des injustices de la vie doivent être assumées et le religieux ou ce qu'il en reste facilite cette acceptation/compréhension: fatalisme, capacité de se projeter sur ce qui reste et qui doit être protégé, refus du désespoir complet: bien des réactions positives peuvent être mobilisées pour surmonter le terrible et le navrant. Du moins pas quand d'autres sentiments du type "plus jamais ça" sont montés en épingle. Or toutes les souffrances d'aujourd'hui sont refusées par principe et exigent donc leurs exemplarités: tout est vécu comme crucifixion et exige à tort, ce qui est un contre sens, une loi pour la rendre désormais impossible, un "quoi qu'il en coute" pour mobiliser le monde entier à son service, une guerre ruineuse pour que l'éloigné ne souffre plus, bref contre ce qui nous soudainement devenus insupportable. Cette folie sociétale, qui remplit les tribunaux de "travaux de deuil", les cabinets psychiatriques d'enfants de divorcés, les lois d'alinéas débiles, les journaux de fait divers incroyables, anime notre monde en permanence, le remplissant d'ordures navrantes et désespérantes. 

    Le bien hypostasié comme le contraire de ce que notre siècle de progrès ne peut pas supporter, l'expression "au XXIème siècle , cela n'est plus possible" fait flores, doit s'imposer par la force. Sentiment barbare, celui qu'exprima Clovis lors de son catéchisme tardif, quand il se convainquit qu'avec un peloton de ses guerriers, il aurait facilement défait les gardes du mont des oliviers et sauvé Jésus, il consiste à subordonner le mal de la violence colérique au bien de la délivrance du bien, celui-ci par définition excusant tout. On sacrifie l'économie d'un pays développé aux valeurs qui consistent à garder vivant de grabataires quelques mois de plus quoi qu'il en coute, on fait la guerre à son fournisseur d'énergie pour sauver un pays corrompu qu'on croit agressé, on justifie un mois d'émeutes au nom d'un défoncé mort d'une résistance insensée à la police. Cette exagération démoniaque et imbécile de la folie violente au nom d'un idéal du bien tellement anormalement valorisé qu'il excuse, justifie et permet le mal absolu est propre au démoniaque, là encore. 

     

     

     

    (1) un méta pointeur :  https://www.psychologytoday.com/us/blog/theory-knowledge/202101/john-vervaeke-s-brilliant-4p3r-metatheory-cognition

  • Les sonates violon piano de Beethoven

    Bon, il y a 10 et groupées en opus.

    Opus 12 : no1, no2 et no3

    Opus 23, no 4 

    Opus 24: no 5  "le printemps", la délicieuse

    Opus 30 : no6, no 7, no 8 

    Toutes dédiées au Tsar Alexandre 

    Opus 47 no 9 la fameuse, dédiée au violoniste Rodolphe Kreutzer

    Opus 96 no 10

  • Les viols

    À l'occasion d'un film (1) vu par hasard, et pas si mal fait et joué, la question de la vérité se pose  : 

    "« Il n’y a pas qu’une vérité. Il y a deux perceptions différentes d’une même scène » (Benjamin Lavernhe, l’avocat de Ben Attal).

    Le film est une séance au tribunal, où LA juge est soigneusement épargnée, où l'avocate de la jeune fille se déchaine, et où on arrive à maintenir l'équilibre entre la réalité et le politiquement correct, dans cet entre deux soumis (le jeune homme s'excuse humblement à la fin) qui est soigneusement respecté au prix de l'abandon de ... la vérité. 

    Car, dans la mesure où le scénario, tout de même légèrement vicieux, l'indique, la jeune fille -en fait- se venge vicieusement d'un désarroi contre lequel elle n'a pas lutté, le reste du discours global étant le papier autour du bonbon, géré de main de maitre, il faut le dire, par le couple phare du PAF : Attal/Gainsbourg, on fait pas mieux... 

    Le jeune homme est un enfant gâté par le sort, l'intelligence et le talent (il joue du piano comme un Dieu)  du genre de ceux qui d'ordinaire passent entre les gouttes et qui là en prend tout de même cher pour ce qu'il n'avait pas l'intention véritable de commettre. Cependant, on peut faire remarquer que : 

    1) L'expression collectivement perverse mais assumée collectivement de se débaucher un peu est assez marquée.

    2) Tout de même (alcool+cannabis+coke) est-ce atténuant ou aggravant  ?

    3) Lui même largué par le partenaire d'une relation tout de même salée, voulait se venger, c'est clair.

    Le scénario, consciemment ou pas utilise le témoignage de l'ex-maitresse au grand nez pour faire passer pour "normales" les expressions obscènes et brutales assénées à la jeune juive, qui l'a mal pris, c'est clair, mais bon. D'où la phrase sur la vérité, qui moi me parait inadmissible.

    On se lancera à l'occasion dans un peu d'antisémitisme de base, le politiquement correct "critique" ici démontré tirant son équilibre miraculeux, à mon avis, de l'expression d'une culture qui n'est pas catholique. 

    Car il y a UNE vérité. Celle du réel d'une part, et aussi celle des cœurs et de l'amour, divin et unique, promu par les chrétiens comme au-delà des lois et des actes. Cette vérité je l'ai exposée plus haut, et personne n'ose la révéler.

    Le fiston gâté est un petit salopard brutal éduqué par des parents tarés avec une frénésie très "mère juive" pratiquant un féminisme qui c'est le moins qu'on puisse dire, n'est pas passé auprès de sa progéniture trop chérie, surtout avec l'exemple d'un père braguard lui-même violeur (mais avec service après-vente). Des mœurs relâchés et haïssables, des personnes soumises au sexe qui se mentent à eux-mêmes, en reconstituant des couples et familles improbables, qui en plus jouent aux "marieurs" sans vraiment de délicatesse. Donnée à une fête d'étudiants bizuteurs par son père ignorant des mœurs estudiantins quoique prof lui même, la pauvre petite est ainsi mal traitée aussi par son père et sa belle mère... 

    Pourtant la "pauvre petite" fut la maitresse d'un homme marié doté d'enfants, a dû assouvir ses envies sentimentales et sexuelles tout en étant finalement frustrée de la conclusion (le service après-vente n'avait pas fonctionné, et le divorce à son avantage n'eut pas lieu). Elle aussi avait à se venger, doublement comme enfant et femme et le fait est que la vengeance fonctionna, l'excuse finale qu'on lui décerne étant, d'après le politiquement correct, le but recherché, alors qu'il n'est que l'excuse finale qu'elle s'adresse à elle-même pour avoir ruiné la vie d'un petit salopard certes, mais cela sans avoir vraiment souffert, sinon pour d'autres raisons. 

    Maltraitée par ses parents, par un vieux qui l'a déniaisé, et aussi par un jeune de son âge, alors que c'est bien avec lui qu'elle devait vivre et s'expliquer, elle se venge avec cruauté sur le petit jeune, avec l'appui de la société et de sa justice... 

    Bon, fermons le ban. Mais mon antisémitisme est peut-être injustifié. C'est un film, ce que j'ai vu, quelqu'un l'y a mis. Attal serait-il un moraliste chrétien persuadé de la noirceur de l'âme humaine et appelant au salut ? Ou bien un intelligent cuisinier de scénario, talentueux cuisinier de tout et son contraire ? 

    Et puis, pour finir, je l'avais oublié, le témoignage de l'organisateur de la soirée, c'est lui le vrai satan, et qui est une horreur de discours soumis faux cul, en ligne avec la délirante (et quasi hilarante) plaidoirie de l'avocate décrivant sans sa largeur la théorie officielle concernant l'égoïsme masculin. 

    Les déguisements théâtraux sont diaboliques, on avait raison de les interdire, à l'époque. 

     

    (1) compte rendu du film: https://www.weculte.com/cinema-cultures/cinema-les-choses-humaines-un-film-sobre-et-fort-autour-du-viol/

  • Les libertés

    Un échange particulièrement signifiant eut lieu lors du débat Macron Le Pen, qui opposa deux faces du même argument et de la même problématique éminemment actuelle: l'opposition entre l'interdiction du port du voile et l'obligation du port du masque, deux injonctions gouvernementales impossibles ou pas à faire accepter et qui toutes les deux ressortent du domaine des libertés individuelles et des obligations nécessaires et/ou autoritaires. Bref, un sujet pour moi. 

    De fait, ce qu'on appelle le "grand reset" est dont on accuse les organisateurs et contrôleurs de la gestion de la crise sanitaire est grosso modo une réflexion sur une nécessité conjointe. En gros, l'idée est de "profiter" de l'effort civique réussi lors de l'imposition universelle du confinement pour rendre à la fois possible et nécessaire, possible parce que nécessaire, un changement d'organisation des sociétés libérales qui accepteraient de voir réformer certains de ses principes de fonctionnement au nom de l'intérêt commun. 

    On passera sur l'inquiétude que cela suscite, l'exemple chinois particulièrement terrifiant étant là pour nous montrer ce à quoi on a échappé pour l'instant: des hurlements et des suicides, la nuit, de la part des gens enfermés dans leurs immeubles, et mal nourris par l'Etat qui leur distribue leur pitance dans la gigantesque prison qu'est devenu Shangaï. 

    Un complotisme déchaîné se manifeste à propos des innocentes rêveries progressistes de Karl Schwab: il n'est pourtant que le fils d'un Suisse qui travailla avec l'Allemagne nazie mais ses mystérieux sous-entendus réformateurs restent étranges. 

    On remarquera que cette ou ces réformes portent sur les libertés, jugées pesantes et excessivement défendues par les lois. On notera que trois domaines sont dores et déjà concernés: la santé, l'environnement, l'immigration. 

    Les 3 dangers qui guettent notre monde nécessitent des réformes évidentes que les lois sur les libertés, excessivement libérales, empêchent de se déployer. Il faut donc d'urgence les abolir afin que les bonnes mesures puissent être prises, et c'est là toute l'histoire. 

    On remarquera que l'immigration que vicieusement je met dans la barque est protégée par plus que des libertés: des règlements que le progressisme environnemental et sanitaire juge absolument nécessaires et impossibles à abolir. Voyages partout, assistances sociale et médicales pour tous, abolition des frontières et des nations, on va même jusqu'à considérer les obstacles à ces nécessités réformables et finalement rendre ce phénomène second de la mondialisation, finalement similaire aux deux autres (pandémies incontrôlables et extensions planétaires des économies étant en fait du même type) non pas pernicieux et à empêcher, mais au contraire à encourager. Bing ! Une couille dans le potage et une contradiction manifeste, qui devrait contrarier aussi bien les progressistes que les conservateurs. 

    Il y a dans la théorie exposé (le Grand Reset) de sincères émois, sur la possible révolte des injustement condamnés à la pauvreté. Le mouvement BLM aux USA, en plein covid, c'est à dire en plein dans le massacre épidémique des noirs obèses (deux fois plus de morts que les blancs), en est un exemple inquiétant. Il faut ajouter que la mortalité latinos ne la cède en rien à celle des noirs, et on peut le dire, on a tué nos migrants de toute nature, chez nous les blancs, les seuls concernés vraiment par cette épidémie... Car le massacre des noirs et arabes en île de France fut à la hauteur de la cruauté scientiste... On trouve donc à Davos, un plaidoyer en faveur des dépenses sociales. Amusant et plaisant pour un natif d'une pays ruiné par icelles et qui ne s'en trouve pas mieux: le monde occidental est divers, voire carrément schizophrène, avec les même tropismes cependant: que dire de ces deux mondes l'un avec, l'autre sans -protection sociale- (soit disant) et qui assassine et intube cruellement avec entrain les mêmes populations qu'ils détestent autant ? 

    On évoque alors la jeune génération, beaucoup plus "radicale". Elle sera en pointe dans la future réinitialisation... 

    Bon, cette réinitialisation, elle est économique, sociétale, géopolitique, environnementale et technologique. Totale, quoi.

    On parlera de la gouvernance mondiale, jugée nécessaire, mais en échec, et seuls les USA seraient capables de se coordonner collectivement, uniquement sur leur territoire (ce qui est une affirmation douteuse). Quand est-il de la Chine qui a fait au moins aussi bien (mal) ? On a donc un monde, G -2 (moins les USA et la Chine, rivaux et seuls). Quand est il donc des autres, nécessairement asservis ? 

    En tout cas, la perception nette d'un monde maintenant nettement divisé en deux, introduit à une perception d'icelui décrite comme "quantique", c'est-à-dire dépendant de l'observateur nécessairement double et le réel se trouve donc clivé, la vérité ayant disparu. 

    Une remarque désagréable, que nous avons traduit (dans notre partie du clivage) comme une conséquence de notre "désindustrialisation", sans doute attribuée à la Chine elle-même: la Chine nous a en fait "aidé" humanitairement en nous envoyant les masques que nous avons obligé nos enfants à porter. Une sorte de verroterie. 

    Au sujet du choc environnemental, la nécessité d'une élite éclairée se fait jour et nous y sommes bien sur, la chose étant évoquée régulièrement par nos écolâtres, dont l'autoritarisme éducatif commence à devenir vraiment énorme... 

    Le grand reset a pour cela l'idée qu'elle est bonne: les dirigeants éclairés devraient lier leurs subventions aux engagements écologistes. Pratique essentielle de la liaison entre lumières et tyrannie planificatrice. Une idée qu'elle est bonne aussi: le covid a augmenté l'activisme social, qu'il soit protestataire ou capitalistique: y aurait-il en fait convergence des luttes écologistes hippies dépenaillées et des décisions pour notre bien prises dans les conseils éclairés ploutocratiques ? 

    Quelques mots clés: "économie sans contact", "distanciation économique", tout ce qui technologiquement va réduire la dépendance au contact humain se trouve donc en  vogue. L'ère des robots, en fait de l'automatisation des processus et donc de la traçabilisation généralisée de toutes les activités, activités que l'on ne pourra plus qualifier d'humaines, car effectuées en fait par des processus automatisés, d'où le titre. 

    Traçabilité signifie en fait deux choses, d'abord le traçage, ensuite son suivi, car une trace non suivie n'a pas d'intérêt. Il y a donc monitoring permanent de l'activité traçée. On notera le double intérêt de la chose, au-delà de la simple boucle de rétroaction managériale travaillant pour des objectifs fixés à l'avance. Il s'agit là de détecter à l'avance (une autre forme de l'avance) toute anomalie pathologique, virale ou autre, de manière à contenir explicitement le mal, maintenant à éradiquer à la racine. On pense au tracking pandémique, permettant de faire respecter le confinement, les alarmes sonnant lors des localisations hors de zones autorisées, en plus bien sur de la simple localisation simultanée d'une proie et d'un prédateur viraux dans la même zone de contamination. La boucle de rétroaction est donc maintenant resserrée, et temps réel, l'attribution d'une contamination étant maintenant certaine, et l'attribution du mal maintenant micro-décidable, disons le clairement: individuellement. 

    On remarquera au sujet des applications de traçage épidémique, les différent points de vue allant de l'anonyme technologie bienveillante quasi libertarienne, à la nécessité d'une large adoption (un seul salopard négligent pouvant contaminer tout le monde s'il n'est pas adepte) et donc à son caractère obligatoire, l'identification des contrevenants annulant toute prétention à la liberté d'usage. Certaines bonnes idées sont donc intrinsèquement mauvaises, en fait et en voilà la preuve. Que de grands esprits énarques ou polytechniciens aient pu faire perdre du temps au monde avec de pareilles âneries est hallucinant, on en profitera donc ici de clamer la puissance du Dieu Connerie, le seul qui existe. 

    En tout cas, à Davos, en 2022, on a la totale avec en plus la toute récente guerre qui touche à l'alimentation en gaz, domaine intéressant à contrôle et bien sur à réguler, la nécessaire privation à venir nécessitant des arbitres (2). 

     

    (1) Klaus Schwab, Thierry Malleret: la Grande Réinitialisation

    (2) Le Davos 2022 https://www.anguillesousroche.com/videos/videos-les-elites-de-davos-previennent-que-les-etats-nations-ne-doivent-pas-sopposer-a-la-douloureuse-transition-mondiale/

     

  • Les nombres

    On se permettra de digresser sur les nombres, la question "qu'est ce qu'un nombre?" valant bien la question duale "qu'est ce qu'une femme?"... 

    Un nombre est une classe d'équivalence d'ensembles pour la relation de bijection. 

    La définition s'étend bien sûr aux ensembles infinis et le tour est joué. 

    On notera que la non injection en a et b signifie que le domaine a est "plus grand" que b et que la non surjection qu'il est "plus petit".

    Reprenons:

    L'injection suppose que deux sources distinctes ont forcément deux destinations distinctes. Cela est impossible si l'ensemble des sources est "trop grand". Une fois toutes les sources allouées, le résidu devra utiliser des destinations déjà atteintes. 

    La surjection suppose que toutes les destinations sont atteintes. Cela est impossible si l'ensemble des sources est "trop petit". Une fois toutes les sources allouées, il reste des destinations non atteintes.

    Cette définition permet de considérer l'infini comme  un nombre, mais dans un sens spécial. En effet, depuis Aristote l'infini a deux acceptions: l'une comme quantité, l'autre comme numéro d'ordre, l'impossibilité de la quantification empêchant toute identification d'un objet défini comme essentiellement privatif: l'infini est, négativement, le non fini. 

    On en vient alors à une définition de l'infini comme essentiellement "potentiel", l'infini en acte ne pouvant être matériel et donc réservé au divin, donc mystérieux. 

    Une manière de définir l'infini d'une manière inversée est celle de Dedekind: "est infini ce qui est semblable à l'une de ses partie propres". Le fini est alors défini négativement, ce qui est original et se trouve être la première définition positive d'un indubitable, qui plus est caractérisé. 

    Cantor invente alors les deux concepts fondamentaux de l'infini moderne, le "cardinal" et l'"ordinal". Il qualifie lui-même les deux concepts comme de "nouvelles irrationalités".

    - Le cardinal (d'un ensemble) est le "nombre", la "puissance" d'un ensemble, en gros sa grosseur infinie ou non. Le cardinal du plus petit ensemble infini est ainsi Aleph 0. N0. 

    - L'ordinal est un nombre spécial, égal à la suite des ordinaux qui le précède. Le premier ordinal non fini est omega, "w".

    Les deux concepts sont distincts à l'infini et strictement similaires pour ce qui concerne le fini, le cardinal d'un ensemble fini étant donné par un ordinal fini qui est un nombre entier.

    Cantor, de manière surprenante, ne croyait pas aux infiniment petits (et les combattait !) et le fait que la description des infinitésimaux ne se fera au XIXème siècle qu'avec la notion de limite, qui réactualise la notion d'infini "potentiel". C'est l'analyse "non standard" (Robinson) qui traita la chose au XXème siècle. 

    Bon puisqu'on y est, on va revenir en arrière et parler de l'histoire. Les nombres furent introduits en occident en deux temps d'abord avec Gerber et ses abaques où le zéro était représenté par une case vide intercalée dans laquelle on pouvait transférer non pas des piles de jetons mais des jetons marqués d'un chiffre. Le ver était dans le fruit et c'est bien les croisades, épisode majeur des années mille, qui réalisa le grand miracle: la diffusion au monde du zéro indien avec les chiffres que les européens appelaient "arabes" et que les arabes appelaient "indiens". Alors qu'il est de bon ton que de se plaindre de l'invasion franque dans le doux pays de la religion de paix (propagande immigrationniste fuck off), on doit au contraire s'en réjouir: la translatio studiorum eut lieu et à notre bénéfice, le mongol et le turc ayant stérilisé pour toujours le brillant mais trop sentimental arabe qui s'en fut dormir mille ans, et ses ronflements nous dérangent encore. 

    Tout alors se passa aux alentours de l'an 1200. Commerçant à Bougie (Bejaia), la famille de Pise eut un fils Léonard, dit Fibonaci qui enseigna les maths 300 ans à toute l'Europe avec son traité le "Liber Abaci". Cette époque, celle de Saint Louis, de François d'Assise, de Frédéric, fut la plus brillante du Moyen Âge, la méditerranée encore un peu ouverte permettant aux peuples de se parler. 

     

     

    (1) la lecture: https://www.academia.edu/372421/Georg_Cantor_et_la_d%C3%A9couverte_des_infinis?email_work_card=view-paper

  • Les monnaies

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    Charles Ponzi

    RIP

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  • Les échecs de Zemmour

    Bon c'est fini et sans doute pour longtemps, quelles que soient les tentatives pour reconstruire une ferveur qui a fini par être le problème et qui a échoué à mobiliser, voire a découragé: 7%. On pourrait dire, pour rigoler Z %...

    On distinguera parmi les thèmes l'immigration, l'amour de la France, le positionnement économique, la personnalité. 

    L'arrêt brutal de l'immigration avec toutes ses mesures immédiates explorant tous les cas possibles d'entrées sur le territoire et les fermant toutes était impressionnant. Son caractère d'urgence que même Le Pen dénonçait, reste pourtant entier et les "détails" tous mentionnés par tous les exposés de la situation nécessaires à aborder. Les caser tous dans un projet unique et immédiat était enthousiasmant et terrorisant... Expliciter dans le temps une telle réforme est il une critique ou une volonté de remettre le coeur à l'ouvrage pour redéfinir le projet ? Il le faudra bien. En tout cas, malgré l'arrivée des expressions "grand remplacement" et "remigration" dans le vocabulaire public courant, il semble qu'ils soient en fait déjà "casés", c'est-à-dire laissés à leur place sur une étagère que personne ne va plus regarder pendant longtemps. 

    La créolisation semble donc inévitable, et l'accent mis sur son caractère insupportable ne se traduisit pas vraiment par des explications sur ce qui doit advenir en réalité. Le "Liban en grand" et "l'Afghanistan à 1 heure de Paris" ne furent que des expressions. Comme si la visualisation du grand danger qui nous menace n'était pas possible. Car le dilemme pour la société est presque insoluble. Refuser tous les colorés c'est refuser ceux qu'on prétend accepter parce que déjà là et il en faisait partie. Cette contradiction insupportable qui nourrit l'accusation de "racisme", forme implicite de toute description de Zemmour qui tienne, d'autant moins explicitée qu'elle permet de refuser toute sa proposition est le point faible du discours du grand remplacement qui est donc, c'est le problème, à la fois déjà là et donc accepté et acceptable et en même temps, futur et improbable, aucun chiffrage effectif et vraisemblable de la couleur du peuple français dans un siècle n'étant fait, sinon pour réaffirmer qu'"il n'y a pas de grand remplacement". 

    Son acceptation est à la hauteur de la puissance de la civilisation française, censée absorber évidemment tous les étrangers possibles la preuve, Mbappé et Zidane, en plus on en a besoin et Zemmour le prouve lui-même.  Ceux-là d'ailleurs ne se sont pas assimilés, et donc ne peuvent l'exiger des autres, la preuve, on sait d'où ils viennent. 

    Salah Abdelslam est assimilé, d'ailleurs, il est français, et a demandé pardon aux victimes du Bataclan... 

    L'expérience Zemmour est sans doute terminale, et la prochaine offensive anti-immigration, (celle que mène Le Pen est déjà perdue à mon avis, on verra si je me trompe) devra ne pas en parler... Car il est de fait trop tard. La seule maitrise du problème qui pourra passer à l'avenir ne pourra être qu'une garantie supplémentaire de sévérité des tribunaux et de l'application de leurs décisions. Car le déni de démographie ne peut s'exprimer racialement dans l'espace public. Le rejet de l'autre ne peut être qu'implicite, désormais. De ce point de vue, à moins qu'il ne réussisse à force de députés, à influencer le débat public avec ces thèmes là, le silence va régner pour longtemps. Sauf si je me trompe, bien sur. 

     

    L'amour de la France laissait une arrière-gout. D'abord celui d'un regret générationnel de petit boomer qui vit arriver la télévision en couleurs. Plusieurs générations similaires sont passées depuis, sans parler de celles d'avant qu'il oubliait, préférant se réfugier derrière un archétype qui n'était pas identifié, ni symbolisé, en fait. Le micro de De Gaulle était faux, et l'échec de son clip de début de campagne, en plus condamné par la justice, a hélas pesé sur le thème. Cette France qu'on prétendait aimer plus que tout n'était pas représentée. Il essaya de faire des images supplémentaires (celles-ci autorisées) mais cela n'imprima pas non plus.  Qu'est ce qu'il lui trouve à la France ? En plus ingrate et oublieuse, elle court à sa perte démographique et nationale menée par un crétin corrompu qui continue de la ruiner et qui se fera, sauf miracle, réélire. Et cela était inscrit depuis le début de la campagne, qu'il n'a en fait perturbé que quelques mois... 

    La France n'est pas "aimable" et ses bégaiements lors de l'émission catastrophe où il se ridiculisa lui-même, tel un amoureux déjà éconduit, au bord des larmes, l'enterra sans doute bien plus qu'on ne peut le croire. Comme si ce seul vrai raté d'expression avait été définitif. C'était en janvier je crois, et cela m'avait glacé. 

    Son positionnement économique, ressassé inutilement pendant ses interminables redites devant toujours la même sempiternelle émission d"information", ces pensums TV auxquels Macron s'est à raison refusé et que Zemmour acceptait sans jamais rechigner, comme le bon élève qui refaisait sans cesse les oraux d'entrée à l'ENA qu'il a donc absolument tous raté... Son positionnement économique, donc était classique, rond et sans aspérités avec la dose de pouvoir d'achat en plus, le travailler plus pour gagner plus qu'il fallait (un gadget que Macron pourrait reprendre) une retraite à 64 ans et une volonté de réindustrialiser la France en réglant vraiment la question des impôts de production qui faisait plaisir à voir. 

    Par contre, pas d'équilibrage avec des économies, pas d'attaque directe des fonctionnaires, pas d'arbitrage entre particuliers et entreprises. Quelques allusions aux dégraissages des règlementations, mais pas vraiment exploitées. Tout l'accent était mis sur les fameuses économies tirées de la misère infligée aux étrangers non européens dont on avait du mal à se convaincre qu'elle était le pactole nécessaire... Les économies tirées de la récupération des fortunes fraudées ne font pas  un programme. Bref, avant qu'on ai capté qu'une période d'inflation arrive à toute vitesse, on rêvait encore un peu, comme d'ailleurs tous les autres candidats.

    Personne, et pas lui non plus, n'eut l'idée de mettre en avant l'essentiel: que 600 milliards avaient été dépensés pour rien et que l'augmentation prochaine des taux d'intérêts allait rendre la vie insupportable, il ne fallait pas gâcher la fête, et on ne tenta pas de la gâcher. 

    En tout cas, on verra après les législatives, mais les thèmes à venir seront économiques: le grand déclassement français se produira pendant ce quinquennat, et peut être même immédiatement du fait de la guerre qui va faire éclater les solidarités européennes. La France est trop endettée, et ne sera pas aidée: elle devra payer par une chute brutale de son niveau de vie les 20 ans de coquetteries sociales corréziennes qu'elle vient de s'offrir. C'était le cadeau d'adieu de Mitterand, la cave est bue, il faut passer à autre chose. 

    La personnalité laisse un peu hésitant. Sympathique et rigolo du temps de ses saillies chez Ruquier, passionnant et intéressant  à CNews, où il fit des merveilles, il se transforma petit à petit au fil de la campagne pour devenir un peu autiste, mécaniquement attaché à répéter ses éléments de langage, en se lançant de moins en moins dans les merveilleuses improvisations qui faisaient le prix de sa conversation. Ses dix dernières apparitions furent très peu variées, et, il faut le dire, un peu chiantes. 

    Pourquoi ces lunettes qui apparurent, se firent écraser plusieurs fois, et qu'il tripotait maladivement sans cesse ? C'est l'unique reproche sur son physique qu'on peut lui faire, physique à prendre où à laisser et qui le marquait, il faut le dire: Gargamel, Iznogood, bref, il ne pouvait s'en défaire malgré toute l'évidente (et réussie) gentillesse dont il fit preuve. Mais la nature avait parlé, et n'était pas à son avantage. Il n'était pas beau, cela est clair. 

    Sa maitresse, conseillère, compagne, enceinte en plus (parait-il) sans qu'on ose le dire a pesé aussi. Trop en gencives et qui ne fut pas présentée officiellement sinon au détour d'une trop brève confidence qui fut à la fois trop et trop peu, elle grand remplaçait une mère de famille de trois enfants et cela a déplu, c'est sûr. Étrange et sans importance, pourtant. 

    Au sujet de la bande de jeunes, incontestablement sympathiques et peu patibulaires qui soutinrent sa campagne, il faut dire qu'ils étaient très minoritaires dans leur génération, malgré leur branchitude internet et leur dynamisme. Comme ils ont bien bossé et comme ils doivent être déçus. Pourtant, les sondages ont tranché assez tôt et la guerre en Ukraine a eu bon dos: le plafond était atteint depuis longtemps. Le Pen était impossible à battre sociologiquement: Zemmour n'intéresse pas le populo et sans ralliements LR conséquents, il n'en eu il faut le dire, aucun, et il n'y put rien. Hélas, les Fillons qui étaient passé chez Macron à 50% pendant le quinquennat continuèrent leur exode. On plaint sincèrement les bulletins de vote Pécresse qui restèrent, le débat meurtrier que cette conne crut bon de tenir a sans doute découragé tout projet individuel réfléchi à l'égard des deux concurrents... 

    Voilà, l'histoire continue son cours inexorablement et tout espoir s'éloigne, cette fois définitivement. Il n'y aura pas de sursaut démocratique en France et il faudra attendre un vrai drame pour que peut-être des solutions effectives soient considérées. Comme d'habitude dans l'histoire. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, l'Occident n'a pas les ressources humaines ou même intellectuelles pour maitriser son présent et on futur, et il lui faut, une fois encore, courir à sa destruction violente pour qu'il puisse percevoir et sentir quelque chose du réel. On y va tout droit. 

    Le vote Macron, sans doute important y compris dans les parties les plus à gauche de l'opinion, les plus révoltées contre la personne et l'action directe du président, apparait ainsi comme un vote d'abandon: une sorte de plongée volontaire qui plus est, dans une eau inconnue ou toute responsabilité est abolie, toute volonté d'avance laissée au seul qui veut: l'arbitraire, l'européen, l'inévitable et inéluctable "consensus" qui recouvre tout de son apparente bienveillance immotivée et incompréhensible. 

    Pour l'instant on ne voit donc que l'abandon dans la plus lâche et la plus désespérante des absurdes conneries. Beuark. 

     

    P.S. les raisons de l'échec de Zemmour seraient à chercher dans les réfugiés Ukrainiens, de civilisation européenne, qu'on refuse... Plus un déficit de selfies sur les marchés, parait-il, alors qu'il y réussissait très bien. 

    Une autre affaire est le débat avec Pécresse où il se fait boxer les 20 premières minutes qui sont hélas celles diffusées par TF1 (5 millions de spectateurs, le reste du débat sur LCI n'en a que 500 000). 

    D'autre part, il aurait trop méprisé Le Pen, et donc son électorat populaire qu'il n'a pas réussi à capter, car trop bourgeois et perçu comme tel. Et puis le ministère de la remigration au pire moment est sans doute l'erreur capitale de communication. 

    L'urgence (le pouvoir d'achat) l'a emporté sur l'importance(l'immigration), le candidat de la fin de l'essence l'emporte sur le candidat de la fin de la France (P. de Villiers dixit). 

    (1) La pire des émissions, en 18:18  https://www.youtube.com/watch?v=xMUBZM37yyA