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FrancoisCarmignola

  • Les Croyances

     

    Alors qu'on pourrait croire les dogmes clairs et les sens univoques, il apparait en fait que malgré bien des écrits et des précisions pourtant longues et détaillées, on puisse s'évader dans des croyances finalement bien différentes et mieux, révéler le sens de bien des comportements qu'on pourrait croire absurdes par la réactivation de la signification profonde de bien des comportements. 

    Je veux parler de la croyance religieuse, que l'esprit moderne, en fait déchristianisé depuis plus longtemps qu'on ne pense a profondément transformé au point de la renverser complètement, donnant lieu à des contre sens complets qui se sont établis dans la civilisation, peut être d'ailleurs pour son profit, si cela se trouve dans un premier temps, puis finalement à son détriment. 

    L'idée est la suivante, et on peut faire court. La venue du Christ sur terre est un accomplissement, voire un accomplissement définitif: le Messie est venu, Dieu s'est fait homme, point final. À partir de là, il n'y a aucun futur meilleur que celui-là et l'unique activité de l'homme consiste désormais à célébrer la chose, point final.

    Cette célébration et cette adoration est l'unique projet réaliste, la seule chose à faire. Toutes les exigences morales, sociétales, familiales que chacun peut imaginer n'ont aucune espèce d'importance ni de valeur réelle par rapport à l'exigence fondamentale décrite: répéter, comprendre et manifester sa reconnaissance pour l'essentiel: Jésus est le Christ, et picétou. 

    On notera le sens vrai de ce qu'il convient d'admirer: "Jésus" désigne le personnage historique, donc l'évènement réel, qui ne peut être mis en doute; le "est" désigne l'article de foi, objet de la célébration perpétuelle, et qui établit la signification de la chose; le "Christ"  désigne la chose, c'est-à-dire  l'onction divine, soit la valeur éternelle de la chose ointe, révélation suprême, acte divin, percement de l'histoire de l'univers, etc. 

    À partir de là, on peut diverger. Il semblerait bien qu'après de longues périodes de temps ou on se contenta de ce que je dis, quoiqu'on pourrait nuancer, on se soit mis à penser à un après la révélation et qu'on ait voulu, une fois établi que cela ne suffisait (manifestement) pas, réglementer explicitement la vie des hommes en fonction de l'état de fait, de façon à leur faire jouer un rôle actif supplémentaire pour assurer la réalité de la fameuse chose. 

    Bien se comporter pour compenser la manifeste faillite de cette révélation bidon qui n'améliorait en rien le sort des miséreux, problème essentiel qui a donc, au cours du temps, détourné complètement l'humanité de l'adoration pourtant évidemment suffisante de l'évènement fondamental, le dernier avant la fin du monde, l'espace de temps laissé libre n'étant que le temps nécessaire à l'humanité de se retourner (comme on dit) pour prendre conscience de la seule véritable vérité, cette prise de conscience étant la seule chose raisonnable à faire, à l'exclusion de toutes les autres. 

    C'est ainsi que nous suivons en fait, une abominable hérésie, et que me voilà Savonarole et qu'il faut tout brûler pour restaurer la vrai foi. Car le soin des pauvres, la sécurité sociale, les restos du coeur  et tout le taintouin ne  sont que des diversions et des dépenses inutiles: elles n'ont d'intérêt que pour persuader ceux qui sont matériellement le plus loin des saints mystères du contraire: qu'en fait, du fait de leurs malheurs, ils en sont les plus proches, voire les plus aptes à les célébrer le plus honnêtement qui soit. Il s'agit de les provoquer à la prière et non pas à la satisfaction de leurs besoins. Il faut les faire chanter et  non les faire chier, ce qu'ils font finalement, après la becquetance à quoi on réduit le soin supposé sauver les fonctionnaires payés plus grassement qu'eux pour les nourrir. Corruption, tromperie et oubli de la vraie foi, la voilà votre charité publique à quoi vous réduisez ce qu'on vous a pourtant dit clairement.  

    Ainsi donc tout le communisme, toute la croix rouge et tous les Coluches ne sont qu'erreurs, et incompréhensions complètes de l'essentiel. On a pris le doigt pour la Lune et on s'est abimé dans la folie du non sens, se roulant dans l'ombre du vrai. Tout cela mérite bien le bucher, afin de repartir à zéro. 

    Mais avant de vouloir arranger les choses, prenons conscience des conséquences de la terrible erreur d'interprétation: la volonté de réaliser le fameux royaume de Dieu sur terre que l'on crut donc être l'injonction chrétienne... Et puis aussi, et là on est dans le coeur du sujet, du deuxième temps de cette volonté de satisfaire l'injonction, qui est l'interrogation sur l'échec manifeste à le faire (1). 

    À ce point, on peut commencer à parler de l'Antéchrist, le trompeur, précisément le christ hérétique qui veut soi-disant faire le bonheur de tous en commençant, un comble, par les pauvres, à rebours de ce que Dieu a créé. Il est beau, il est bon et promet tout ce qu'on veut et à tout le monde. À part que c'est un menteur et que les satisfactions matérielles qu'il donne ne suffisent pas et conduisent inévitablement à désirer autre chose, jusqu'au sommet du spirituel seul satisfaisant, qui se trouve alors être le satanique et  nous y voilà: Epstein fournit le matériel pour satisfaire les véritables désirs élevés qui sont je vous le donne en mille, les sacrifices pédophiles au diable... 

    Voilà donc l'aboutissement de deux mille ans d'Eglise. La voilà la vraie conspiration ! Le pape et ses successeurs en Antéchrist ? C'est ce qu'a pensé une partie de la réforme et du changement "protestant" de relation à l'origine chrétienne. Mais il y eu aussi le rôle "catechontique" de l'Eglise, destinée à retarder à tout prix la fin, et donc l'Antéchrist, qui s'identifie donc au modernisme religieux, qui finalement a vaincu et c'est ce dont on se plaint. Communisme, socialisme et Vatican II pour finir afin d'instaurer cet Antéchrist idéologique, le combat contre icelui entrant maintenant dans une phase nécessaire et aigue. LGBT, wokisme et tout le taintouin sont donc les images de l'Antéchrist, le faux bon, le faux vrai. 

    Peut il y a voir un retour de la vraie croyance ? A moins qu'on n'en vienne à autre chose, comme toujours, l'histoire se devant d'avancer. Une super réforme, ou plus simplement un changement d'attitude dans le sens indiqué plus haut? Ou bien ce que dit l'Apocalypse (le texte), c'est à dire l'Apocalypse, la grande "révélation" de tout cela, qui tranchera définitivement entre les interprétations et en fait qui consumera la fin de ce monde, le lieu de l'ambiguité. 

    Identifier cette fin du monde à l'apocalypse nucléaire me parait un peu "petit pied": je ne crois pas que même la pire guerre nucléaire abolira la vie sur terre, et même la vie humaine. Toute la science fiction est là pour nous prouver le contraire et on ne peut craindre cela. Fin de l'homme vaincu par les robots ? Pourquoi pas ? Mais alors le spirituel final sera il robotisé  ? Dieu lui même le sera-t-il ? Bref, on se pince: toutes ces belles traditions pour se retrouver dans un gros bug, franchement... 

    On se retrouve donc avec un problème global qui reste entier et qui est celui de la seule chose qui compte: la "vérité". Identifié à elle, le Christ ("je suis la vérité et la vie") est donc bien l'enjeu global unique, comme voie d'accès au divin, seule chose qui puisse nous départager. 

    On notera l'identification russe entre vérité et justice (c'est le vrai sens du mot "pravda") ce qui consacra la terrible erreur de la Russie anticipée pourtant mais effective, mais c'est du passé maintenant. 

     

     

     

    (1) Soloviev et l'Antéchrist: https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/06/lantechrist-de-soloviev-troisieme-partie/ 

  • Les deux philosophies

     

     

     

    À l'occasion de la mort d'Habermas, autant évoquer les grands débats. On a donc le clivage fondamental Hume/Kant, et bien sûr le moderne boche et son intersubjectivité qui dépasse le tout (1).

    Les deux philosophes sont à la tête de tous les clivages entre rationalisme et scepticisme, Hume inaugurant tous les Nietzsche et autres positivismes, tandis que Kant crée le système unifié théorique, pratique, esthétique et autres idéalismes. 

    Pour Hume le sceptique, il n'y a pas de causalité ni de nécessité et la raison n'est qu'une passion comme une autre, l'humain étant guidé par ses sentiments. 

    Pour Kant l'idéaliste rationaliste, la causalité, l'espace et le temps sont a priori et le phénomène manifeste l'invisible noumène visible. L'humain est guidé par les lois de la raison. 

    Habermas nie l'un et l'autre et fonde la raison sur l'intersubjectivité qui dépasse sentiments et raisons. 

     

    (1) le dernier interview https://legrandcontinent.eu/fr/2026/03/14/habermas-in-memoriam/

  • On a bien le droit de rêver

     

    Laisse moi rêver par Françoise Hardy

    Regard bleu pâle
    Qui filtre
    À travers les cils
    Je me sens mal
    Verdict:
    Le coeur trop fragile

    Ne plus trembler

    Regard bleu pâle
    Qui teste
    Intense, immobile
    Pression brutale
    Du geste
    Audacieux, habile

     
    Ne plus jouer

    Mais se laisser séduire
    N'être plus que désir
    Et objet

    Se laisser, se laisser aimer
    Le laisser, le laisser m'aimer
    Laisse-moi, laisse-moi rêver

    Douceur spéciale
    Du grain
    De peau sous les doigts
    Moment crucial
    Comme un
    Éclair qui foudroie

    Ne plus parler
     

    Issue fatale
    Déjà
    Je vole en éclats

    Ne plus penser

    Brûler du même désir
    Se fondre et s'évanouir
    En fumée

    Se laisser, se laisser aimer
    Le laisser, le laisser m'aimer
    Laisse-moi, laisse-moi rêver
  • Panique à AI land

     

     

     

     

    Ça flippe dans la culture: qui peut encore créer ? Dans une succession de poncifs, mais aussi d'idées intéressantes, on voit se déployer les heurs et malheurs de l'humain paniqué par l'IA.

    D'abord la question de la combinaison d'existants. L'évidence de ce procédé méthodologique est telle qu'elle ignore en fait que de temps en temps, le hasard (qu'on peut simuler) introduit de nouveaux éléments. Et il y a aussi le "renforcement", l'expérience s'accumulant par suite de ces trouvailles, le robot s'entrainant tout seul sur ses propres productions et tout comme l'humain, la brave IA peut aussi et ainsi se lancer dans l'innovant. 

    À ce point, l'inquiétude apparait... 

    L'assurance des "progressistes" est là affirmative, audacieuse et inquiétante (leur angoisse transparait): la création est robotisée, c'est fait. Pourtant un doute persiste, en quoi cela change-t-il quelque chose et l'humain n'était-il pas DEJA une intelligence artificielle ? Et puis, qui décide de tout ça ? Quelle AI va-t-elle se lever le matin pour se lancer dans cela, sans qu'un lascar fainéant ou vicelard n'agite des éprouvettes pour lancer le processus (fatal) de la création ? Combien de ces lascars ne sont pas DEJA à l'oeuvre, pilotant de loin 100 tubes (plutôt qu'un) qui inondent les streams, ou les ... librairies.

    Tout cela pour introduire le grand doute de l'athée qui se refuse à voir apparaitre à chaque tournant d'immeuble une nouvelle entité: l'IA est en fait un outil, une méthode, un sac de billes qu'on agite pour faire un bruit tentant... Elle n'est qu'un moyen de produire de la productivité. 

    La question de l'oral de l'X, passé brillamment par les IA est-elle vraiment inquiétante ? Après tout, pour le taupin moyen qui s'entraine rudement, faire au moins aussi bien que toutes les annales ingérées est un but valorisant et ce qui va vous remplacer soi-disant sera d'abord un modèle à dépasser qui tient dans la poche, et donc un moyen de s'élever spirituellement, quoiqu'on en dise. Je travaille jour et nuit pour dépasser mon téléphone, et alors ? Faites en autant. 

    On arrive alors à la distinction "fondamentale", celle qui oppose l'automatisation des tâches (ce  qu'on continuera d'affirmer) et le remplacement de l'humain, objet du fantasme. Là, se profile le "stade du miroir" quand l'IA devient partenaire sentimental, producteur de dark romance, bref sex toy... La menace actuelle ressemble ainsi à une vieille, dévalorisante, et dévirilisante, il faut le dire... On notera ici cependant dans ce thème sexualisé du remplacement, la double suspicion, sex toy contre porno, amant contre prostitution, la machine opérant comme instrument toujours plus sophistiqué de menace haineuse érotique réciproque. 

    On en vient alors à l'objet crée par la machine: semblable et indistinguable, a-t-il un intérêt ? Car l'objet produit par l'art-disant est toujours inséré dans des préoccupations humaines à repérer, à identifier. Peut-il apparaitre comme satisfaisant cette demande, sachant son origine ? Toute la question est là: imaginons que l'on apprenne que le clavier bien tempéré de Bach, comme on pouvait s'en douter, est en fait issu d'une IA (de l'époque). Hors son utilité pour apprendre à pianoter, gardera-t-il sa magie envoutante ? Ou pas ? 

    Le label "made by human" devra donc apparaitre tatoué sur les objets informationnels. Gage de qualité ? Ou pas ? 

    La discussion se poursuit: le cout de la création devient modique. Matériellement d'abord, avec les ordinateurs, le cloud, les automates, mais aussi avec les producteurs de musiques, d'images, de plans, d'effets spéciaux devenus fastoches à faire. Cela révolutionne l'"industrie" du cinéma, de la musique, des images, bref de tout ce que la modernité industrielle avait arraché à l'art manuel d'antan et dont on s'était d'ailleurs amèrement plaint voici un temps. L'industrie ! Tout est dit. L'ouvrier aliéné dont on plaignait la soumission à la machine est devenu inutile, même dans ses formes modernes du machiniste, du cameraman, du scénariste, de l'acteur, d'ailleurs tous chieurs exigeants syndiqués et hors de prix. Voilà que tous ces inutiles sont remplacés ! Le metteur en scène seul en scène peut alors produire son oeuvre, tel Rembrandt, tel Velasquez !!! Qui peut regretter le passé ? 

    Cette facilité de création se traduit par une réduction des assistances: les césar, les block buster, les journaux télévisés ont leurs audiences réduites par dix, déjà. La limite est de un spectateur par spectacle, une atomisation complète de la communication et une division à l'infini des audiences, du moins jusqu'à la constante minimale, le h barré. L'argument, tout aussi inquiétant, a l'inconvénient d'être en concurrence avec son inverse: la création automatisée, basée sur le consensus et surtout l'origine ethnique des clouds producteurs, va uniformiser les gouts. Que dire ? 

    D'abord que les contenus ingérés par le monstre sont d'abord annotés et dans les pays du tiers monde. Certaines tournures de l'Anglais parlé au Nigéria auraient déjà pénétré les contenus produits et on voit parfois brièvement apparaitre dans les solutions aux problèmes de maths juste avant traduction, des caractères chinois, langue de la réflexion... 

    Un dernier thème est celui du stagiaire. Alors que cela fait déjà quelque temps qu'on doit se plaindre régulièrement d'articles de journaux bizarres inspirés par des délires enfantins ahurissants, et qu'on ne peut attribuer qu'à un stagiaire déluré qui a perverti la confiance de son mentor, il apparait qu'en fait le stagiaire n'est plus sexuellement consommable: il est virtuel. Impossible désormais d'être apprenti avocat ou journaliste, le poste est pris. 

    Bon on a fait le tour, et l'apprenti jeune con enthousiaste du passage à l'échelle voit monter à l'infini les capacités de l'IA (à l'infini ? ) sans bornes et proportionnel à l'infini de la puissance de calcul... 

    Alors que les techniques actuelles qui effectivement continuent de passer à l'échelle, s'orientent plutôt vers d'autres principes qui profiteront, elles aussi, de l'énormité des puissances informatiques mises à la disposition du domaine, on voit surtout des mutations qui pourraient et cela est souhaité, profiter à des sociétés devenues récemment pas si productives: l'espoir est là d'un redépart des croissances économiques. Et puis il y a aussi les robots humanoïdes qui pourraient révolutionner encore une fois la classe ouvrière et banaliser les appareillages et les productions dans le contexte d'un effondrement démographique en Occident qui va avoir besoin d'autres bras que ceux qu'on croyait. 

     

    (1) Eugénie Bastié et l'IA https://www.youtube.com/watch?v=fuHqOvDqv6w

  • Les Esprits

     

     

    Bernardo Kastrup est un drôle de type, et son "idéalisme analytique" (1) est bien rigolo. 

    Et pourquoi pas? 

    Il n'y ainsi que l'Esprit comme substrat unique de toutes les consciences, un esprit qui ne serait pas issu du matériel, et qui ne serait pas un logiciel en exécution dans les ordinateurs animaux. 

    Les consciences individuelles ne seraient que des tourbillons au sein de cet esprit, et communiquerait et partageraient un inconscient collectif et une appréhension commune des mêmes réalités. 

    Kastrup ne décrit pas la nature de cet esprit, de peur de le plonger dans un matérialisme, mais on pourrait l'imaginer comme un préexistant logique, ce qui explique les "lois" de la physique. Après tout la probabilité non nulle de surgissement dans le vide de paires de particules crée la matière exactement comme un doigt de Dieu. Le "champ" immatériel et omniprésent probabilistiquement est ainsi "mental". Le voilà l'esprit "créateur" ! 

    Notons qu'il n'est pas issu de l'évolution animale, mais préexistant à toute réalité matérielle. Qu'il se manifeste comme "loi" dans les organismes biologiques et soit perceptible de manière réfléchie dans les organismes supérieurs est concevable. L'aspect intéressant est qu'il n'est pas "logiciel", mais législateur pour le fonctionnement biologique des cerveaux qui se trouvent alors supports matériels sans être causaux. 

    Le "problème difficile" du rapport esprit cerveau est ainsi résolu. 

    Mais revenons à la création. Qu'importe que le réel n'existe pas : tout pourrait n'être qu'illusion, façonnée par un logiciel pur dont la simple cohérence suffirait pour "créer" un monde purement immatériel qui au final produirait l'univers comme image pure, comme simulation pure, et donc les images du réel que nous percevons. 

    C'est l'intuition indienne, et celle de Kastrup... C'est aussi celle de Schopenhauer, le vouloir immatériel étant ainsi vraiment l'origine de tout.

    Irréfutable et donc vraie, cette image du monde est splendide. Mieux elle est compatible avec toutes les spiritualités qu'on peut imaginer, l'"Esprit" pouvant les contenir toutes et toutes les partager ! 

    (1) https://www.actu-philosophia.com/bernardo-kastrup-entre-critique-du-materialisme-et-elaboration-dun-idealisme-analytique/

  • Les islamismes

     

     

     

     

     

    Le fameux "motto" "l'islam n'est pas l'islamisme" ou son contraire sont en débat. 

    On connait les positions, dont la principale variante, répétée à plus soif, est que l'islam, religion pacifique intégrée n'est pas l'islamisme, expression d'un islam politique meurtrier qui ne serait pas l'islam et même qui n'aurait rien à y voir, l'"écrasante majorité" des musulmans ne pouvant qu'être "stigmatisés" par la fausse accusation d'extrémisme qui leur serait faite ne les accusant d"islamisme". 

    Le mot était pourtant l'équivalent de "christianisme" et désignait avant ce qu'on appelle aujourd'hui l'islam tout court. Le mot "islam" revêtant maintenant les contours sacrés d'un être multiforme lui même sacré, car intouchable et à la fois respectable par force, car menaçant, toute interprétation à son sujet devant difficile car suscitant, et là ça devient intéressant, agressivité maximale systématique que ce soit des fanatiques déclarés, ceux que bien sûr on condamne mais aussi, et c'est le point, des innocents respectables qui accusent eux aussi: d'être accusés à tort. 

    L'accusation d'être accusé à tort est en effet le premier paradoxe du musulman respectable, être humain doté des droits de l'homme, qu'il entend faire respecter et qu'on ne peut contredire, sa respectabilité justifiant sa position, inexpugnable. 

    Le plus gluant et le plus suave des musulmans réformateurs, Ghaleb Ben Cheikh (1) est ainsi aussi le plus intransigeant contempteur de toute allusion qu'il estime islamophobe à un islam dont il est le seul à maitriser la complexité, s'estimant en débat avec un autre inexpugnable théoricien de ce n'est pas l'islam, Tarek Obrou (2), engagé dans une redéfinition théologique qui tout en lui assurant une incontestable influence auprès des musulmans semble pourtant, mais je n'ai pas compris, forcément, en désaccord complet avec tout ce qu'on entend d'habitude: prétendant travailler à l'adaptation d'un islam forcément déjà compatible avec une modernité évidente, il entend conserver l'orthopraxie dans la vie moderne et c'était comme si c'était fait, car il faut connaitre sociologie et herméneutique pour comprendre les détails du projet. 

    Question: les sciences humaines doivent-elles être limitées ?  Sont elles les seules à utiliser pour accéder au texte coranique ? 

    On retiendra, à propos de la réforme, une remarque immortelle de BenCheikh: "les séquences Descartes et Freud ont été ratées dans le contexte islamique". Et le monsieur de citer au nom de la connaissance les thèses de Mutazilites confirmés, comme si cela était d'actualité, la prétention intellectuelle se permettant de briller sans consistance, la  question de l'incréation du Coran ne se posant évidemment pas ou plus, et pourquoi ne pas faire semblant de croire que si ? 

    On retiendra aussi de la part d'Obrou ses questions sur l'accès au religieux des jeunes: sont ils formés à la théologie spéculative et mystique ? À l'herméneutique fondamentale et appliquée ? Aujourd'hui, il n'y a plus la pensée complexe qui existait au Moyen-Age (...). La poussière de l'histoire et la violence des sondages, c'est de la sociologie, pas de la théologie. Et il met en avant son projet théologique d'extraire le souffle de transcendance de la révélation coranique exprimée dans son époque pour l'acculturer avec la postmodernité occidentale... 

    On formera la thèse qu'à travers ces palinodies se profile quelque chose de culturel, l'intensité de la foi, sa manifestation dans un contexte orthopraxique, celui d'une religion connue pour cela, se manifestant ainsi dans un plus/moins qui affecte toute la relation avec le religieux considéré. Plus ou moins musulman ? Voilà le problème et il se décline à l'infini, dans une religion avec prescription, mais sur un axe orienté. Doute, pratique personnelle, adaptation au réel, un même substrat, une même obligation globale se manifeste, se réfléchit, se choisit, s'anticipe, se prévoit, s'invite, se prédit.  

    On peut débattre des interprétations, des modernisations, des réformes qui se présentent selon nos intellectuels sous la forme d'une digestion de l'inacceptable enrobé par tout ce que l'occident peut proposer comme "méthodes", en fait de stratégies convoluées pour noyer le poisson derrière la complexité des analyses, l'essentiel étant de préserver un principe qui lui ne souffre pas de modification. Mieux, il suffit (c'est ce qui apparait d'après leur verbiage) de mentionner qu'on va ou qu'on devrait mettre en oeuvre ces "méthodes" pour atteindre le but, esbrouffe à blancs et prétention occidentaliste pédante. Il n'est que de consulter la liste des sciences que BenCheik met en oeuvre pour travailler: 

    " sans prétendre à l'exhaustivité bien entendu la psychologie et la sociologie et en plus leur mythique l'exégèse la philologie, la grammaire, l'historiographie, la codicologie, la paléographie, la sémiotique, la médiologie, la linguistique, tout cela doit concourir à la compréhension du fait religieux et en l'espèce du fait islamique". 

    C'est donc bien dans ce contexte qu'on a bien un "islamisme" comme pathologie d'un corps déjà malade, la bonne santé consistant à ne pas faire ce qu'on devrait, c'est-à-dire suivre littéralement la barbarie islamique. Inversons les deux termes: "islam" devient la frénésie fanatique qui se décline à l'infini dans tous les littéralismes débiles qui agitent les différentes visions, stratégies de conquête, identifications ethnico-civilisationnelles qu'on peut voir, toute architecturées autour d'une pseudo révélation obscure autoritaire, et "islamisme" devient l'ensemble des manières de ne pas appliquer ou mettre en oeuvre ces absurdités, de manière à pouvoir vivre tout simplement, que ce soit dans un pays musulman travaillé par la modernité et ses nécessités ou dans un pays européen sécularisé qui est en train de rejeter religion et peuple invasif devenu insupportable. 

    (1) Débat BenCheikh Obrou https://www.youtube.com/watch?v=s1qVCn6xLbo

    (2) Débat Obrou Azihari https://youtu.be/2hocN3pVwvo

     

  • Les Résurrections

     

    Ce qui doit être évidemment central dans les discussions sur la mort, c'est la mise au clair des différentes traditions de la culture occidentale sur le vaste et essentiel sujet de la résurrection, espérance chrétienne fondamentale et d'une certaine manière, premier argument essentiel en faveur de cette religion. 

    Tout d'abord, le judaïsme, qui initialement ne considérait après la mort qu'une existence silencieuse dans un Shéol assez sinistres. C'est sur le tard qu'apparait une résurrection débattue entre les pharisiens qui y croyaient et les sadducéens plus traditionalistes. 

    Ensuite le catholicisme et la question de la relation entre la résurrection de la chair, proclamée indispensable à la véritable vie éternelle, et la simple survie de l'âme, immédiatement après la mort. 

    Le protestantisme se partage entre la position orthodoxe qui insiste sur la résurrection de la chair, avenir du monde, et un calvinisme qui donne à l'âme une existence suffisante pour pouvoir s'en passer quasiment. 

     

  • Les Religions

     

     

    Alors qu'on parle beaucoup de la chose, de sa fin, de sa résurgence et de ses évolutions, et aussi des choses nuisibles qui l'accompagne, la question de la religion mériterait d'être mieux définie, pour être mieux apréhendée. 

    Je dirais, avec forfanterie, que la religion c'est 3 choses. 

    D'abord le surnaturel sous la forme qu'il veut et il y en a beaucoup, mais cet "arrière monde" impalpable et réel, cette chose dont on parle en tremblant. Bref.

    Ensuite il y a les rites, les génuflexions, les discours, les relations publiques entretenues avec le précédent. Et aussi les engagements publics, eux aussi, entretenus et déclarés et sans qui il n'y a pas de religieux à proprement parler. 

    A ce point, on pourrait croire avoir fini. Mais il reste peut-être le principal et qui est le discours sur les deux précédents. Discours descriptif (qu'est-ce que Dieu?) et aussi impératif (il faut faire cela pour le satisfaire) mais également l'histoire, le pourquoi, bref l'explicatif, tout ce qui justifie et ancre dans la raison la chose. Tout ce qui répond aux questions et qui pourrait être le "narratif" qui justifie l'ensemble, mais aussi qui constitue le "méta discours" sur l'ensemble du religieux concerné. Son existence dans l'histoire, dans l'écrit, dans la civilisation: bref tout ce qui décrit l'ensemble de ce qui préoccupé les hommes à son sujet. 

    On en vient alors à ce qui reste après la disparition d'un au-delà incroyable et d'un rituel devenus vide de sens: et bien il reste l'explication de l'ensemble et je me vois ravi de croire que ces choses ont bien existées, au niveau de profondeur dont les créateurs et pratiquants de ces choses les ont décrites. S'il ne reste que cela  et qu'on les révère et compare, et bien c'est déjà quelque chose et nul ne peut décemment ignorer ce qui devient de l'histoire, de la culture et de l'identité. 

    Les jeter comme part à oublier du passé est un non sens pathologique impardonnable, et s'il existe une idéologie, une pratique ou une morale qui  veut le faire ou qui le laisse faire, et bien c'est qu'elle est aussi une religion de remplacement qu'on peut donc aussi décrire. Et là on se marre: on peut alors comparer les dogmes, ligne à ligner, et commenter ! 

    C'est là que les choses deviennent palpables et manifestes: il y a bien des hiérarchies entre les cultures, et le raffinement, la profondeur et la beauté se voient quand ceux qui les portent se tiennent côte à côte. 

  • Les Contre propositions

     

     

    À propos des interrogations actuelles dans le monde de gauche sur les "lumières sombres" en général (1), on se prend à contempler des beaux spectacles et surtout ce qui apparait comme un mode de pensée, une attitude intellectuelle générale, une caractéristique de cette pensée, voire une partie de sa signification. 

    Dans l'émission citée, on voit une dame ( Nastasia HADJADJI ) parler de "techno fascisme" et s'étonner que Peter Thiel théoricien du dépassement de la démocratie, qui opposait "démocratie" et "liberté", soit reçu devant le portrait de Montesquieu. Tout était dit, et la dame voulait "cancel" le monstre. Et puis, elle situe la Silicon Valley dans le techno fascisme, qui a inventé le QI, exalté la supériorité des entrepreneurs tout ça financé par le complexe militaro-industriel. 

    Cette manière de voir traduit bien la notion de "situation", élément fondamental de la culture woke et qui positionne et valorise les entités et objets de pensée en fonction de leur situation dans leur existence et ou dans le combat politique. On pourrait penser que l'on puisse chercher dans les idées, dans leurs relations abstraites, dans les rapports avec les cultures des nouveautés, des rapprochements, bref on pourrait se faire un peu "intellectuel". Las ! Un intellectuel, ce n'est pas cela, c'est un combattant contre le viol, le fascisme, le racisme, et s'il est fasciste, il faut non pas le comprendre ou l'expliquer mais le "combattre", ou au moins le "condamner". 

    Ce qu'il y a de frappant, et d'ailleurs de naturel dans cette attitude, c'est qu'elle voit finalement quelque chose de juste dans ce qu'elle décrit et qui est précisément dirigé contre elle! Car les lumières sombres, c'est d'abord et avant tout, mais d'un point de vue intellectuel, un dépassement, ou une critique radicale du moralisme, forme première de l'expression du camp de la gauche en général, à qui on peut tout attribuer, depuis le communisme d'antan jusqu'au woke global actuel. 

    Mieux la sombre clarté, c'est l'émancipation au sens de la définition qu'en donne les lumières, de ce moralisme et le rejet des appartenances toutes faites, et des religions moralinaristes de notre époque. 

    La discussion à ce sujet porte d'ailleurs ensuite sur Deleuze, penseur de gauche s'il en est, mais évidemment (il suffit de lire) récupérable et récupéré par nos fachos, qui d'abord issus des libertariens (Curtis Yarvin et Nick Land en premier lieu) font leur miel des concepts de "déterritorialisation", de "rizhomes" (plutôt que de hiérarchie), d'"axiomes" (du libéralisme et des droits de l'homme), de "corps sans organes" (pour matérialiser plutôt le désir et la culture), de "machine de guerre" (pour exprimer la guerrilla culturelle contre l'Etat). On voit là à l'oeuvre et magnifiquement le caractère novateur d'un intellectualisme novateur qui se situe délibérément au-delà des engagements politiques et le désarroi qui saisit le gauchiste quand il réalise qu'un penseur "de gauche" se voit récupéré par les fascistes fait plaisir à voir. 

    Bien sûr il y a la preuve suprême, Peter Thiel, tout girardien qu'il est, dirige la société Palentir qui permet aussi de détecter les fascistes sur Twitter (on n'évoque pas la chose), et qui donc veut remplacer... l'Etat ! Formidable auto contradiction du camp du bien, incapable de réaliser ce qui lui arrive. Et puis ses lectures ! Schmitt (le juriste du IIIème Reich) et Girard (le théoricien de la violence, qui a donc une vision du monde basée sur la violence). 

    Heureusement qu'Eugénie Bastié, qui a compris elle, explique qu'il s'agit d'une philosophie "à coup de marteau" dirigée contre la religion progressiste. Cette affirmation, celle de la "Cathédrale" de Yarvin laisse nos gauchistes stupéfaits: les clercs de la nouvelle religion pris dans leur soutane en sont saisis ! 

    Et puis on les flingue: vous vous croyiez jeunes, riches et intelligents, et vous vous réveillez vieux, appauvris et ruinés, et apprenant la vie de la part du monde entier. Mais on se rassure: c'est aussi une critique du "néo libéralisme", qui là fera l'unanimité à gauche, désormais à la recherche d'un contre discours, qui sera difficile à trouver. 

     

     

    (1) https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/saison-6/8078292-silicon-valley-les-milliardaires-contre-la-democratie.html

  • Les Hypothes.is

     

    Un site d'annotation du web, connu depuis longtemps, à l'ergonomie impeccable (1).

    Permettant l'annotation et le commentaire. 

    Je n'ai pas fait de groupe spécial, le public me suffisant... 

    L'extension chrome est bien sur en charge, et affiche sur toute page visitée, la présence d'annotations. 

     

    (1) Hypothes.is de francois carmignola : https://hypothes.is/groups/__world__/public?q=user%3Afrancoiscarmignola

  • Les propositions

     

     

     

    A l'occasion de l'excellente publication par le Grand Continent des doctrines complètes des affreux fachos ricains (1), il convient de réaliser l'état de la "droite" aujourd'hui, sur fond de désespérance et de dépression face à la ruine et l'apparente inéluctabilité de sa continuation pour encore plus d'abaissement, celui-ci devant devenir à terme complet. 

    On a donc le clivage essentiel entre conservateurs puis "néo-conservateurs" d'un côté et réactionnaires puis "néo-réactionnaires" de l'autre, le camp NRx (2) étant l'avenir, fasciste ou pas. Le réactionnaire est positif et veut créer un ordre nouveau. En fait l'affaire est plus complexe et plus essentielle. La droite, ce qui s'oppose à la gauche marxiste et plus généralement au progressisme "éternel" est d'abord "conservatrice" libérale, ou pas. Aujourd'hui, le conservatisme devient centriste, et son libéralisme sociétal, ce qui le met à la portée de ses ennemis, qui le dévorent alors qu'il se converti à eux. Les réactionnaires, longtemps cantonnés aux extrêmes, et aux chimères de l'ordre nouveau de droite, ce trouvent désormais les seuls à combattre. Et il leur faut savoir ce qu'ils proposent.

    Il faut savoir que l'opposition est réelle et la critique féroce de la part de NRx, le conservatisme ayant vocation à se faire balayer par le progressisme, de par sa faiblesse et son attachement à des formes exploitées par l'ennemi pour le vaincre. 

    Le Trumpisme au pouvoir est ainsi assimilé à du conservatisme avec la fameuse stratégie gagnante de celui qui va le vaincre, et qui consiste à l'accuser de ce qu'il n'a pas encore fait, et que par faiblesse il accepte de ne pas faire... 

    Curtis Yarvin appelle donc directement à un parti unique du type chinois, et donc à une suspension complète de la démocratie au sens actuel. On notera une motivation extrémiste du type "politique du pire": si nous perdons l'élection, ils nous chasseront impitoyablement partout où nous serons et donc, nous ne pouvons nous permettre cela. C'est la fameuse métaphore du "rebelle", dans le camp du bien jusqu'à la victoire finale, celle qui m'énervait tant à la fin des "starwars"...

    On pourrait dire que la chose, comme les violences de la police anti immigration, est "contre productive", le camp du bien aidé par bien des gens qui se veulent neutres, peut se réveiller pour agir dans le mauvais sens, et toute la réflexion est là: comment prendre le pouvoir en douce ? Comment prendre tout le pouvoir tout court ? 

    Yarvin décrit ce qui s'appelle la "cathédrale", alliance des universitaires et des médias qui dirige en fait l'État  soumis à sa propagande unitaire, ruinant déjà la démocratie rêvée à tort par les naïfs qui croient encore vivre dans une société "ouverte" qui a déjà en fait aboli toute critique. 

    C'est cette cathédrale-là (la gauchiste) qu'il faut incendier et abattre, non pas pour la remplacer par une plus belle peinte en noir, mais par rien du tout, le parti unique en charge de contrôler la société pouvant tout faire. 

    Car la démocratie n'existe plus quand elle se réduit à une guerre civile froide, des fractions ennemies de la population qui se haïssent se contentant de tirer un coup de feu avec leur vote. 

    J'avoue donc à ce point, à ma grande honte de crypto facho, participer à la désunion de la droite, et je voudrais y aller de ma proposition à moi. En gros établir une société vraiment ouverte, mais dotée des moyens d'éviter qu'elle ne se corrompe. Car tout système doit d'abord survivre, et on ne meurt pas de ses ennemis, mais de son incapacité progressive à les vaincre... 

    Car la puissance gauchiste tient en fait à peu de choses, en fait beaucoup, mais localisées. Car "ils" sont là où règne ce qui pourrait être aboli et qui s'appelle la subvention. Particulièrement présente en France et en Europe,  où la charité publique a été nationalisée, la subvention dans tous ses ordres fait vivre notre cathédrale à nous. 

    Bien plus que l'assistance, par ailleurs décentralisée, la subvention aide les aidants, qui développent alors leurs raisons d'exister, culturelles, informationnelles et surtout morales. Une action de l'Etat "pseudo fasciste" peut alors régler ce problème en supprimant toute cette aide publique, si possible avec une brutalité extrême, condamnant ainsi toute les populations en rapport et les fonctionnaires chargés de les piloter, à la misère et à la prolétarisation de leurs ouailles. 

    La lutte effective contre la ruineuse charité publique étatisée devrait suffire, l'assumer devant des médias réorganisés par ailleurs étant le combat "démocratique" à assumer. 

    Car les médias de la cathédrale sont subventionnés. Cesser ces prébendes les feraient taire: audiovisuel public, presse écrite, fact checkers, tout cela peut disparaitre du jour au lendemain par de simples et brutales décisions. Leur non rentabilité effective dans un monde où la pub est captée par plus intéressant les rend de toute façon bien trop chers pour le service rendu. 

    Et puis il y a l'université. La destruction explicite et volontaire par rupture des financements de toutes les sciences humaines consacrées aux subversions artisitiques, philosophiques et sociologiques ne portera pas tort à la culture, bien au contraire. Réduits aux travaux solitaires amateurs, les théories en rapport pourraient devenir plus concises, incisives et essentielles qu'elles ne le sont actuellement. Les étudiants inutiles de ces matières inutiles pourraient alors être plus utiles. Antifa, sans doute, mais là, c'est autre chose. 

    Bref, on détruit, mais sans être fasciste et avec l'assentiment électoral d'un peuple à convaincre, avec comme résultat l'obtention d'une vraie liberté d'expression. Car il faut le comprendre, la liberté n'est pas la cathédrale. Celle-ci l'étouffe. 

    La liberté est expression publique totale non contrôlée et non censurée, sinon pour des raisons d'ordre public (pas d'appel à l'émeute ou la violence). La question des médias addictifs aux mineurs (peut-on  vraiment les interdire ?) est un problème distinct, sachant que les adultes sont aussi soumis à ce problème de santé publique. 

    Bref, le libéralisme extrême, contraire du fascisme directif est aussi nocif à la gauche progressiste, qui ne peut vivre comme distributrice de ce qu'elle n'a pas. 

    Il faut savoir aussi que tout l'appareil interne de l'État consacré aux programmes d'assistance directs ou indirects est concerné: une partie importante de l'État se consacre à ces choses et doit être non pas réformé, mais supprimé. 

    Et puis il y a les normes: forme essentielle de l'État en fait déjà fasciste qui nous afflige, l'édiction et la vérification des normes doit être détruite aussi et leurs acteurs renvoyés. Normes et subventions: l'infernal diptyque doit être ruiné, au nom de la liberté, ce qui encore une fois, serait la plus extrême façon de ne pas être fasciste, justement. Normes pour les produits, les comportements, les bâtiments, les contrats : tout cela doit être remâché et réduit au strict nécessaire sans que jamais le nécessaire principe de la convention commune ne soit appliqué exclusivement.

     

     

    (1) Curtis Yarvin: https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/30/curtis-yarvin-le-plan-pour-faire-des-etats-unis-un-etat-parti-fasciste/

    (2) Ego Non: le NRx : https://youtu.be/dbrVsUnhD5c

  • Les hommes et les femmes

     

     

    La question maintenant brulante de la dénatalité amène à s'interroger: pourquoi ? 

    Au-delà du mystère essentiel de la chose, on se doit d'abord de dire que la chose est ancienne et sans doute liée aux complexes interactions entre la société en évolution et Dieu sait si elle évolue, et la forme et la nature des relations entre hommes et femmes en dehors du simple lien sexuel. Avant le smartphone, la voiture a considérablement étendu le champ des rencontres possibles, et la "révolution" dure depuis pas mal de temps, disons au moins un siècle. 

    D'abord le baby boom de l'après guerre fut exceptionnel, la baisse tendancielle de la natalité en France fut constante, et on était à 1,8 enfant par femme en 1939... La France vient de rentrer dans le rang de toute l'Europe, à 1,6, après avoir fait la maline prolifique pendant toutes les années 2000.

    Quelques réflexions tirées des enquêtes citées par les sociologues. 

    D'abord que les choses ont basculé vers 2010. Comme dirait Todd, le mariage pour tous (2014) fut la date d'entrée de la France (avec ses voisins en Occident) dans un autre régime anthropologique concernant la représentation qu'on a des sexes. La campagne "balance ton porc", contemporaine de "Mee too", symétrise une représentation de l'homme comme toxique et violent, tempérée par la banalisation en rapport de son homosexualité. 

    C'est avec la génération Z (1997-2012) socialisée avec les réseaux sociaux, et qui gère l'arrivée des smartphones (2010) que commence le désastre qui succède à une période ou "cela faillit marcher" en matière de coopération entre les sexes, ce qui permit le baby boom de l'an 2000, vite effacé. Les enquêtes le montrent : cela a alors changé brutalement.

    Les jeunes femmes émancipées et revendicatrices se sont alors mis à s'opposer à des jeunes hommes violents et réciproquement. La romance impossible contre les jeux vidéos. Cela s'appelle la "sexcession" les sexes se sont séparés. 

    L'extrême du désaccord, c'est le "masculinisme", regroupement de loosers passifs perçus côté femme comme des terroristes féminicidistes en puissance. C'est ce soupçon, qui fait l'identité de l'incel percevant lui-même l'accusation comme injuste et justifiée... 

    À l'origine du changement, la notion de l'enfant comme "projet" , la famille étant contractualisée et projetée volontairement. Or, une plante ne choisit pas de croitre. En rendant les choses conscientes et volontaires, on a tué  une envie, et forcé l'égoïsme individualiste, le projet en question n'étant que personnel et individuel. 

    La projection en public, via les réseaux sociaux de cet individualisme-là a bouleversé la donne: les codes communs ont alors disparu, remplacé par les multiples identités en compétition, l'exemple étant le possible (voire admis et envié) polyamour qui évite tout attachement obligé. Pire, la "peur" a envahi la sexualité, au-delà de la peur du sida, il y a la peur de l'homme violent, de la femme castratrice: ça tombe bien, le porno permet de satisfaire bien des pulsions, s'évitant bien ainsi des risques anxiogènes. 

    Les relations hommes femmes sont ainsi devenues en remplacement de la saine exploration et de la bienveillance, pathologisées et aussi politisées. Le féminisme a ainsi exercé ses ravages: la séduction et l'attachement sont devenus à risques. Tout cela n'augure rien de bon. 

    Revenons à la différence homme femme: le monde moderne et cela est ancien, réduit la distance entre les individus en améliorant la situation des sexes de manière asymétrique : accédant aux activités des hommes les femmes peuvent s'identifier à eux de bien des manières alors que l'inverse est à jamais rendu impossible par la permanence de l'accouchement, à jamais incompréhensible pour l'homme dont le symétrique, l'incapacité indulgente ou pas des femmes à comprendre l'angoisse fondamentale des hommes, ne peut être l'équivalent. Cela s'exprime d'ailleurs par le malheur rendu public en forme de déni des transgenres (les M2F en tout cas). 

    Il faut donc un narratif nouveau de la différence sexuelle, au-delà du politique et de la philosophie bébéte de l'infection féministe. La seule chose qui peut nous consoler, c'est que cette nécessité est ancienne et que c'est le rôle des civilisations que de la formuler si elles veulent (vraiment) se continuer.  

    On terminera par cette espèce de scarabées australiens en voie de disparition: les mâles s'accouplent avec un type de bouteille de bière qui ressemble en mieux aux femelles. 

  • Les Démocraties

     

     

    À l'occasion de diverses manifestations des actions collectives et des choix, donc des procédures de décision qui y ont mené on se doit de poser la question de la démocratie telle qu'elle se manifeste à différents niveaux. 

    Les thèmes sont ceux des élections truquées ou dévoyées, des débats parlementaires truqués ou dévoyés et des votes non décisionnels de manière générale, dont les votes ethniques. 

    Nous avons à l'heure actuelle en France des exemples manifestes de toutes ces situations, qui exemplifient splendidement à la fois le caractère fragile de l'optimalité démocratique, et le danger manifeste qu'il y a à s'y soumettre sans réflexions. 

    On passera sur la simple fraude, la chose pouvant se contrôler policièrement, et permettant trop facilement des consensus. Le dévoiement, c'est autre chose. 

    Quand pour éviter, compte tenu du scrutin employé, des effets de cliquets majoritaires qui compte tenu des expressions électorales manifestées au premier tour de l'élection législative de 2024, amenaient quasi mécaniquement une majorité RN à l'Assemblée, on mena délibérément des politiques d'alliances opportunistes précipitées, qui au prix de certains sacrifices assuraient la défaite de candidatures RN face à des coalitions improbables négociées de manière ad hoc entre des partis politiques par ailleurs adversaires forcenés, on produisit deux choses, en plus de la paralysie de l'adversaire: la paralysie du pays lui-même, mais aussi la paralysie du système électoral lui-même, conçu précisément pour éviter cette situation. 

    Cette situation, c'est le régime dit "des partis", qui réduit la politique à des négociations d'appareil menées par quelques personnes défendant des intérêts propres aux partis eux même, excluant ce qui l'essence de la discussion démocratique, et qui doit porter sur des politiques coordonnées à mener. 

    Il faut comprendre que cette situation pourrait être interprétée comme partant d'une bonne intention. Quand une politique est décidée puis discutée dans un contexte collectif, la prise en compte marginale des soucis ou intérêts d'une opposition permet de fluidifier son application et éviter des effets pervers solidifiant des désaccords irréductibles. Les poids électoraux, plus les habiletés entre personnes permettent cela.

    Mais quand la totalité de la décision elle-même est négociée dans son essence, le projet politique à discuter disparait complètement. C'est ce qu'on observe à l'Assemblée nationale française en ce moment, quand  un budget, forme quantitative de l'exécution des projets politiques  se trouve discuté sans aucune référence à aucun projet, sinon sous la forme de déclarations d'intentions idéologiques creuses, marques superficielles d'appartenance aux différents camps en présence. 

    On peut donc affirmer que ce contexte d'exercice de la politique de la Nation n'est pas ou plus, au sens strict, démocratique. Nous sommes entrés dans un autre type de régime, à caractériser et à analyser, malgré l'extrême difficulté de la chose, le dévoiement visible et évident se produisant dans un cadre réglementaire pourtant compatible avec une constitution formellement respectée dont le maintien sourcilleux pérennise d'ailleurs le dévoiement dont nous parlons. Comme si la démocratie consistait à attacher les mains du peuple pour qu'il se soumette mieux au contraire de ce qu'il veut. 

    Il y a d'autres exemples, visibles simultanément du principe du dévoiement du vote. D'abord bien sûr, le principe du vote bloqué, l'opposition collective à l'inéluctable entrainant pour les mêmes raisons que celles évoquées, l'opposition forcenée à une alternative, des coalitions improbables, voire absolument contradictoires. 

    Sans les voix de l'extrême gauche mélanchoniste, Emmanuel Macron n'aurait pas accédé ni maintenu son pouvoir. Ce simple fait est d'une certaine manière accablant: la démocratie construit des faux consensus, à la fois contradictoires et globalement suicidaires, tout en prétendant défendre une démocratie, conçue comme excluant la possibilité de conséquence d'un choix démocratique ainsi refusé. Là encore, on a une aporie de la démocratie qui s'exerce par calcul contre elle-même et ses principes. 

    Il y a plus grave. Les coalitions instinctives entre soutiens "identitaires" de certaines orientations des partis, nous évoquions ici bien sûr tout ce qui se rattache à "la gauche" et plus généralement à ce qui s'oppose à l'"extrême droite", peuvent aussi apparaitre lorsque se manifestent les votes ethniques. 

    L'appartenance à des populations partageant des projets vitaux essentiels, par exemple l'installation en France de flux de populations allogènes suppose des coalitions implicites qui mènent aux mêmes comportements de dévoiement de la procédure démocratique. Le vote musulman ou immigré est actuellement homogène et orienté, mais aussi calculé et espéré à terme décisif dans l'arrivée au pouvoir de certains partis. Ce pari est actuellement mené explicitement et conduit au plus suprême dévoiement du principe démocratique lui-même : la sélection et la justification d'un pouvoir ethnique pur, celui de la population majoritaire, se mettant en position d'imposer ses moeurs et ses choix derrière la mesure "démocratique" de l'appartenance ethnique majoritaire. 

    On remarquera que toutes ces luttes, et tous ces dévoiements sont absolument tous dirigés contre la seule entité politique qui a pour projet explicite de supprimer ou de réduire ce dévoiement ultime entretenu par une immigration de masse qui aura bien pour résultat de réduire la France non seulement à la démocratie du tiers monde, mais au tiers monde tout court. 

  • Le virtuel, la vérité et la commission

     

     

     

     

     

     

    À l'occasion des auditions à l'Assemblée nationale de la commission "Neutralité et financement de l’audiovisuel public " (1), viennent à l'esprit bien des considérations sur l'information, le virtuel et la vérité. 

    L'audition de la personne à l'origine du scandale (Thomas Legrand) est absolument passionnante, et toutes les oppositions et les conflits philosophiques sur des questions essentielles sont mises en avant avec éclat. 

    Tout d'abord le virtuel. Nous sommes à l'époque de l'enregistrement, du téléphone portable, des micros partout mais aussi de l'intelligence artificielle, et  une grande partie du débat est là. Car l'IA est en position, et la chose a commencé, de fournir des "enregistrements" du réel entièrement simulés. L'étrange impression de réalité produite par le témoin de retour de voyage, par ses articles de journaux, par ses photos, par ses vidéos, par ses documentaires (là cela s'atténue avec la scénarisation perceptible) aboutit finalement au montage par IA, qui peut représenter absolument n'importe quoi, y compris les plus délirantes mises en cause de personnages publics. 

    Au point que ceux-ci s'émeuvent. Emmanuel Macron, saisi par la frénésie du fake, est allé jusqu'à publier des vidéos artificielles délirantes (et étrangement féminisées) de lui-même, pour illustrer on se demande vraiment quoi. Comme si la prédiction d'Eric Sadin se vérifiait et que l'on se mettait à inclure dans son expression des images vraies d'un faux réel, désormais inclus dans la communication. Que cela soit fait depuis le sommet de l'État est atrocement inquiétant: ça commencerait à déraper sévère, donc. 

    La question serait donc que les rézososios devraient être interdits ou contrôlés, ou labellisés pour ne distribuer que des likes sincères et des informations vraies à des consommateurs à la fois avertis et menacés. Ou pas.

    Car il y aurait une autre possibilité et dont on plaint Thomas Legrand, affreusement torturé virtuellement lors de son audition, de ne pas disposer: du droit de ne pas répondre ou parler au sujet de vidéos vraies ou pas, mais dont les circonstances de la production ne seraient pas légales. Car elles ne le sont pas: un enregistrement pirate d'une conversation privée ne devrait pas avoir de valeur, pas plus qu'une image de soi trafiquée qu'on ne reconnaitrait pas. 

    Alors bien sûr il y aurait les caméras de surveillance, qui elles, pourraient servir le droit. Mais pas les autres... Pourquoi ne pas jouer cette défense-là et établir le statut "fake" des productions audiovisuelles dites de "témoignage" dont la prolifération commence à perturber le monde. Prendre l'habitude de les considérer telles et donc d'en négliger complètement la circulation sinon à des fins de plaisanterie serait le moyen d'assainir bien des débats, et bien des conflits.

    Le journaliste convaincu de complot pourrait nier être coupable de quoi que ce soit, et négliger la preuve de sa vilénie en la renvoyant à son illégalité de création, et donc à son ambiguïté fondamentale concernant la vérité. Car la question se déplace: qu'est-ce que la vérité dans tout procès ou chose similaire ?  La querelle Legrand-Cohen est bien une affaire de détermination de vérité. 

    Faite non pas dans une instruction, ni un tribunal, mais dans une commission d'enquête, où à des questions factuelles s'opposent des réponses vérifiables factuellement mais contradictoires c'est-à-dire maintenant des prétentions à des vérités contredites. 

    La phrase "on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi" arrête net la vidéo diffusée. C'est donc un montage hors contexte qu ne veut rien dire etc. A ce point on réalise que la vidéo est acceptée et qu'on essaye de contredire ou d'attaquer la signification qu'on en tire. On accepte donc sa validité comme pièce de débat contradictoire, et on ne refuse pas simplement de la considérer, comme je le conseillais. Et ça démarre. 

    Dans les échanges, surréalistes qui ont lieu ensuite, on s'envoie alors des accusations de mensonges en miroir, un constat d'huissier interprété diversement actant pourtant le non-niable: la vidéo n'est pas montée, n'est pas un fake, les paroles sont bien prononcées etc. A force, on se résout à admettre que la phrase est maladroite et peut être mal interprétée: elle veut dire qu'on va s'en occuper "journalistiquement" et c'est reparti pour des hurlements...

    Daniel Schneidermann en (2) évoque un procès de Moscou, effectivement, mais rate le mal qui l'affecte aussi et qui est commun à tous ces "journalistes" : leur engagement dans un combat moral et politique qui motive et oriente tous leurs avis. C'est là que la notion de "virtuel" et de "fake" au sens moderne apparait en pleine lumière. 

    Car on est là dans la grande révolution passée des années 90, et dont sont "originaires" tous ces gens, finalement des vieux cons dépassés hantés par la grande époque Mitterandienne qui a rongé leurs âmes. Il faut bien en comprendre la complexité et la ... durabilité. Mitterand était un aventurier retors qui issu de l'extrême droite des années 30, puis des années 40, devint résistant, puis d'extrême droite à nouveau, puis charnière pour être ministre et finit socialiste après avoir liquidé le communisme. Ce n'est pas fini, pour les fidèles qui suivirent son ascension finale, il est un traitre à la gauche pour avoir inauguré la social démocratie libérale française. 

    Embrasser tout cela a transformé le journalisme. Initialement purement arriviste mondain, amateur de danseuses à critiquer et de coups à boire pour agrémenter les bouclages chaotiques, le journaliste était autrefois un cynique, gros travailleur et d'abord un producteur et amateur de ragots, cela tous les jours pour le jour même, d'où son nom. 

    Ce cynisme détaché lui donnait une valeur dans un monde ou de multiples valeurs s'affrontent: pas de meilleure neutralité que le cynisme détaché qui trahira tous les idéaux au nom du vraisemblable et qui donc s'approchera finalement le mieux de la vérité, celle qui ne pourra jamais être témoignée par le militant bêlant ou le sinistre et sincère philosophe obsédé par ses découvertes. Car la vérité dans le vrai monde libéral moderne qui émergea après la Révolution était conflictuelle et produite par la liberté et la diversité des opinions. Un pari civilisationnel, mais qui semble avoir été complètement oublié.

    Plongé dans un océan historique encore plus cynique que lui, le journaliste mitterandien, pour rendre compte de ce cynisme supérieur au sien donc, se piqua alors de sincérité, et se mis à dénoncer la gauche au nom de la gauche. Voilà le fond moral de tous ces hommes qui trahirent absolument tout au nom de cet idéal là, la trahison consistant à rester, et à juger des élégances en approuvant ce qui allait dans le bon sens à toute occasion. Mais petit à petit l'essentiel se décala, la gauche plus ou moins gauche avait un ennemi à combattre et là pas d'ambiguité, la sincérité avait de quoi vivre : il s'agissait maintenant de lutter contre la droite et surtout son extrême. 

    Que l'on soit analyste du virtuel comme Schneidermann ou pas, on reste un combattant du bien, donc et ça se voit. Et cela devient affreusement ringard. Ringard au point d'être directement accusé par des députés LFI de "faire le jeu du Front National" crime rituel à gauche, et dont s'accusent les membres qui se défendent en refusant la "culture de l'affrontement" typique. 

    Y aurait-il un nouveau journalisme, un peu grasseyant mais capable de faire la part des choses, et donc de se déterminer sans être le jouet d'un idéal (3) ? 

    C'est bien Arthur de Watrigant qui a révélé la fameuse vidéo (4). Un homme d'un nouveau monde: il décrit et c'est une enquête extraordinaire, toutes les réactions des journalistes "de gauche" à la publication de la vidéo. Un régal de faux culterie et de mensonges au service du bien, avec l'affirmation explicite que voler des vidéos dans un café ne peut être honnêtement que pour dénoncer la droite et la fameuse accusation de "barbouzerie" à la fois réelle et virtuelle... Le camp du bien est une fake news à lui tout seul. 

    Au passage, l'exemple de l'humour France Inter par François Morel ("enculé", "fils de pute") (5). Insultes, engagement délibéré dans la lutte contre l'extrême droite, et les rires derrière veulent dire ce qu'ils veulent dire: un humoriste s'en prend donc en ces termes aux coupables d'avoir diffusé une vidéo volée. La défense par Adèle Vanreth de son humoriste, spécialiste et expert de la langue est particulièrement ahurissante, lente, alambiquée et prétentieuse. Enculée de sa mère, salope, oups, me voilà expert de langue. 

    Au passage, on s'interrogera aussi sur la possibilité de la part du très agressif rapporteur de la commission d'enquête, de demander à tous ces gens s'ils avaient pris en compte, ce que, à leur avis, pouvaient penser de leurs choix éditoriaux et de personnes, les auditeurs "de droite" usagers du service public de l'audiovisuel qu'ils étaient chargé d'animer. Cette capacité de se mettre "à la place de"  pourrait en effet être une faculté nécessaire à la production d'émissions destinées au plus grand nombre dans sa diversité propre. La dame imagine-t-elle ce que peut penser de son explication sur l'expertise linguistique de François Morel une personne dont l'opinion est que le service public est entre les mains de la gauche ? 

     

     

     

     

     

     

    (1) https://videos.assemblee-nationale.fr/video.17971742_6943fffa44853.neutralite-et-financement-de-l-audiovisuel-public--m-patrick-cohen-journaliste--m-thomas-legran-18-decembre-2025$$

    (2) https://www.arretsurimages.net/chroniques/obsessions/legrand-cohen-a-lassemblee-un-proces-a-blanc

    (3) Arthur de Watrigant sur Sarkozy https://youtu.be/8xP97iTcTlM

    (4) Arthur de Watrigant sur sa video https://youtu.be/soSB6RPufaQ

    (5) Francois Morel fils de pute et enculé https://youtu.be/ZtNxmvcraYo

  • La Stratégie Américaine

    Trump publie ces jours-ci un brûlot étonnant (1) rassemblant toute une série de voeux pieux, qui je pense devrait stupéfier en Europe. 

    On peut le résumer brièvement en disant qu'il s'agit de rétablir la situation compromise de l'Amérique dans un certain nombre de domaines, en faisant l'inverse de ce qui était fait précédemment... Et puis un surprenant diagnostic de la situation européenne. 

    Mais d'abord, des constats sévères sont fait, en toute lucidité, quant aux politiques menées depuis trente ans par les USA, soit la stratégie américaine, qu'il convient de changer complètement. Car les élites américaines se sont "gravement trompées" en voulant assumer un état providence massif et une domination militaire mondiale  basée sur un libre échange qui a détruit la classe moyenne et la base industrielle qui faisait la puissance des USA. Elles ont liée la politique étrangère à des institutions internationales ouvertement anti-américaines. En bref, on s'était fixé un objectif irréalisable en sapant la base de sa puissance.

    Immigration, wokisme doivent être arrêtés. 

    Et puis il y a la position vis à vis de l'OTAN, 

    Le diagnostic européen est lui, absolument sinistre: "le continent sera méconnaissable d'ici vingt ans". Sa part du PIB mondial est passée de 25% à 15% en vingt ans, elle subit une immigration incontrôlée, une restriction des libertés politiques, une explosion de réglementations, la perte des identités nationales, et une perte globale de confiance en soi qui se traduit par une attitude conflictuelle problématique avec la Russie considérée comme une menace existentielle. 

    Et puis, le document à ce point précis semble déraper, évoquant des gouvernements européens minoritaires qui répriment leurs oppositions et manifestent des attentes irréalistes concernant la guerre en Ukraine, ceci à rebours de leurs opinions qui souhaitent la paix. Une inquiétude réelle des USA est exprimée ici, évoquant une instabilité européenne, et un enlisement dans une crise politique. 

    La réaction de Valérie Hayer, députée européenne macroniste ne s'est pas fait attendre: "Ce document est inacceptable et dangereux. L’administration Trump n’a pas à se mêler de nos politiques intérieures ". Tout commentaire est superflu. 

    C'est donc le moment de parler de l'Europe, et un pessimiste terrifiant nous la décrit (2) avec cruauté, en rapport avec ce qui est devenu la stratégie américaine à son égard. 

    D'abord le paradoxe européen. Engagé dans un projet de construction d'une fédération, les hommes et les institutions de l'Union européenne croient y être arrivés ou en passe d'y arriver, alors que tout montre le contraire: la faiblesse globale politique et économique de l'Europe est criante, et les positions qu'elle défend au sujet des négociations en cours entre USA, Russie et Ukraine en font un acteur méprisé, laissé de côté et piétiné régulièrement par les uns et les autres. 

    Simultanément, et là est le paradoxe, jamais les faiblesses en rapport des nations qui composent cette Europe n'ont été aussi apparentes: décidées à sacrifier leur souveraineté en faveur d'une puissance globale qui n'existe pas, elles se noient littéralement dans leurs impuissances respectives, les conciliabules entre les 3 nations qui dominaient le monde il y a un siècle n'ayant jamais été aussi ridicules et vains. Un naufrage global: l'Europe n'est plus rien et justifie entièrement le sombre diagnostic américain.

    Elle devient une zone à prendre, exploitée par l'Amérique et la Chine et narguée par la Russie qui s'agrandit à ses dépens, notamment, on va le voir, en mer Noire. Elle est aussi visée par ce que del Valle appelle l'empire islamiste, le consortium international issu des mondes musulmans qui tente de prendre pied en Europe en utilisant l'immigration musulmane en croissance, et qui pourrait conduire à la constitution en Europe d'enclaves islamisées qui changeraient l'Europe au sens évoqué par le document américain.

    Que peut faire Mario Draghi pour restaurer la confiance ? Que peuvent faire les penseurs de l'européisme pour redresser la barre ? En rendant public le diagnostic de leur échec et de leur impuissance ? Tout se passe comme si la fuite en avant dans une construction de la confrontation avec la Russie, qui pourrait survivre à tout arrêt des combats, était considérée comme la solution à la construction du fédéralisme indispensable qui reste l'horizon historique de nos dirigeants. Cette confrontation, on le voit déjà explicitement (les accusations contre des bloggers connus, Xavier Moreau, Jacque Baud, en étant la preuve ) pourrait servir à durcir les positions vis à vis de l'opinion, qu'on voudrait contrôler par une propagande de guerre. 

    Le récent discours de Friedrich Merz au Bundestag allemand (3) évoque le sursaut allemand. Il n'évoque pas l'immigration, sinon en disant qu'il a fermé les frontières, il n'évoque pas le nucléaire sinon en évoquant vaguement des erreurs, évoque à peine l'imbécile interdiction des moteurs thermiques en train d'être abandonnée, et se concentre furieusement sur la guerre à nos portes, en évoquant service militaire et industrie d'armements. 

    Une seule fermeté: l'Allemagne ne peut remettre en cause son industrie au nom d'un problème de climat qu'elle ne peut résoudre toute seule. Autant le dire: quel courage ! 

    La France n'est pas mentionnée. 

     

    (1) Le document stratégique américain: https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/06/strategie-de-securite-nationale-americaine-le-plan-de-la-maison-blanche-contre-leurope-texte-integral/

    (2) Thinkerview d'Alexandre del Valle https://www.youtube.com/watch?v=v-67JVP42bI

    (3) Discours de Merz: https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/15/friedrich-merz-lallemagne-et-la-fin-de-la-pax-americana-texte-integral/

  • Les plans de paix

    On veut discuter des accords de paix et des discussions en cours avant Noël 2025. 

    D'abord, on assiste à un tour supplémentaire de la spirale du deal Trumpien: décidé à abandonner l'Ukraine, les USA doivent convaincre les Européens de lâcher leur stupide étreinte sentimentale avec la honteuse nation "en devenir". Mais cela n'est pas fait. Alors on continue. 

    La question est bien sûr celle des territoires, toujours considérés comme incédables par la conception du "droit international" que se font les Européens: nul ne peut changer les frontières, même les plus absurdes, les plus tyranniquement constituées, les plus absolument représentatives de l'arbitraire et de la violence. C'est-à-dire précisément celles de l'Ukraine, dont la Crimée (donnée lors d'une soirée alcoolisée), le Donbass (donné par un partisan des nations qui créa celle là), le reste (des terres historiquement russes cédées par contrainte). C'est bien toute l'inculture, toute la propagande forcée, toute la fausse conscience historique manipulée qui préside à l'avis autorisé européen. Une honte, une vilénie, une saloperie en fait: derrière, toute la stratégie de conquête séculaire à l'est de l'Allemagne, demeurée inentamée, et surtout toute la volonté expansionniste américaine de régner sur le monde en en contrôlant le coeur, c'est-à-dire l'Ukraine. 

    La Russie, depuis les référendums de 2022 en en fait une question de principe: Donbass plus Novaya Russia (qui inclut bien sûr Odessa, mais chut) sont maintenant russes, et les Ukrainiens doivent en sortir, de gré ou de force. 

    Arc boutés sur la question, les Européens refusent d'accepter cela, et alignent les poncifs (souveraineté, droit international, paix durable, garanties de sécurité) pour continuer à tourner autour du pot, en assurant le dirigeant ukrainien (comme depuis le début, après le rejet des accords d'Istambul) de leur soutien éternel. 

    On assiste alors à un double dévoiement. D'abord celui qui a conduit l'Amérique à réaliser son but de guerre principal: découpler l'Europe de la Russie et rompre toute possibilité d'une Eurasie super puissance, cela avec, c'est le deuxième point, l'accord voire le soutien fanatique de la victime désormais acharnée à sa ruine, son isolement et surtout sa défaite militaire pourtant inéluctable et qu'elle refuse de voir. 

    Mais il y a plus, et le Grand Contient se précipite : l'Europe veut devenir grande et se précipite, voire s'excite à mort. 

    Et d'abord, et là on se marre en tirant le constat qu'effectivement totalement rejetée par la Russie dans les discussions à venir, sa cécité sur la question des territoires en faisant un acteur qui s'enfonce dans une conflictualité permanente avec la Russie, elle commence à se plaindre de l'allié qui l'a plongée dans le conflit.

    Celui-ci s'entendrait avec la Russie sur son dos !!! 

    Réaliser après que ce même allié se soit engagé dans un conflit assumé (par la corruption organisée de l'Ukraine au service de son fils ,et le refus de Biden de négocier globalement au dernier moment), et cela sur son dos, en ruinant pour longtemps sa source d'énergie pas chère, condition sine qua non de prospérité pour toute zone de production de premier plan; réaliser donc que cet allié, maintenant, sans le lui dire, négocie une paix selon ses intérêts propres continués et cela sur son dos, a de quoi inquiéter, dérouter et hystériser davantage. 

    Nous en sommes donc là, l'abominable Russe, qu'on avait raison de croire ennemi, serait en train de "séparer" les USA de l'Europe, c'est la manière de présenter les choses qu'on va maintenant chercher à promouvoir. L'Europe est seule face à son destin, et les hiérarques corrompus nous guident vers notre avenir qu'ils voient radieux, le Grand Contient nous l'explique. Il va falloir larguer les amarres !!! 

    De fait l'Europe se retrouve comme Hitler en 45 entourée des Américains et des Russes réconciliés. Va-t-elle se faire envahir conjointement comme d'habitude ? Cela serait piquant, on va pouvoir recommencer le baby boom et le jazz... 

    En attendant, un florilège de déclarations illustrant l'accablant déni, le désastreux aveuglement, la honteuse prétention, et l'absolue impuissance: 

    de Macron: 

    "Nous devons continuer à faire pression sur la Russie pour la contraindre à la paix."

    "Les Européens seront nécessairement un pilier important de la solution juste et durable que nous sommes en train de bâtir tous ensemble."

    de Kaja Kallas:

    "Imposer des restrictions et des contraintes à l’Ukraine ne nous apportera pas une paix durable."

     

    Avant de se laisser aller à rire, notons le dernier document de stratégie américain qui se fixe pour but la réconciliation avec la Russie et la stabilisation stratégique de la situation. On ne saurait mieux décrire la reconnaissance du démembrement ukrainien et l'accord "sur notre dos". Vae victis. L'Europe encore vaincue ? Caramba ! 

     

  • Les extrêmes droites

    Le Grand Continent, revue européiste et de la rue d'Ulm, mène une enquête sur l'extrême droite globale et interroge sur le concept, d'un point de vue "de gauche" à même d'illustrer ce que l'empire du mal appelle la "7èmedroate", la chose immonde qui justifie son (je parle de l'empire du mal) existence et le maintien suicidaire de son (toujours le même empire) détestable pouvoir. 

    Le contenu de l'enquête peut être résumé ici (1) et on peut fournir les notes prises à l'occasion, et donc fournir des définitions. On se contentera d'aller directement à l'essentiel: la volonté tyrannique dont le passage par les urnes n'est qu'un pis aller, un "préalable" à la réalisation du projet essentiel. 

    On notera donc ici l'essentialisation de deux pôles, démocratie libérale contre son adversaire, la "droite" intégrée à l'alternance acceptée se voulant toujours qualitativement distincte de ED, et donc libérale, tandis que l'ED qui se voit comme la "vraie droite" n'est que quantitativement distincte de ce avec quoi elle veut faire l'"union des droites", vieux marronnier des loosers éternels, réduits à se suicider régulièrement sur la tombe de leur maitresse après leur échec politique. 

    Toute la question est bien sûr dans cette conceptualisation préalable, qui est très exactement le point de vue antifa, juste recouvert d'une épaisse couche de merde érudite entièrement émise par des salopards sectaires qui seront toujours nos ennemis mortels en plus d'être ceux de la Nation elle-même et que l'histoire, en les condamnant régulièrement à l'échec, n'en finit pas de démontrer la nocivité, nocivité qui s'étend, il faut le dire, au succès parfois excessif des réactions à ce qu'ils sont. On citera donc le nazisme lui-même, dont on se permettra de résumer l'échec final comme celui de la social-démocratie allemande. 

    On voudrait donc décrire le monde autrement, en reprenant d'abord un athéisme radical qui ferait qu'on devrait cesser de "démoniser" le monde en attribuant au réel les caractéristiques des mots, et aux mots les caractéristiques du réel, les attributions identifiant par ailleurs dans l'histoire celles, les mêmes, qui furent faites à toutes les époques. 

    La Révolution

    Les grandes références à la Révolution, dont a vu les conséquences qu'elles eurent ne serait-ce que dans son camp (celles de 1830, 1848 et 1870, par exemple) plus ne l'oublions pas celles d'Allemagne et surtout de Russie, ne sont pas anodines, et la question de son évitement se pose historiquement en plus de celle de son refus comme référence positive, qui peut faire partie de toute opinion raisonnable. 

    La Révolution française fut une erreur, une ignominie et un chaos, et cela aurait très bien que l'on s'en passât. Cette opinion raisonnable peut structurer bien des idéaux acceptables et l'on se doit de le dire, bien qu'étant inacceptable aux opinions communes et ne préjugeant rien quant à la tyrannie qu'on souhaiterait instaurer en lieu et place. 

    À partir de là, qu'un complexe projet politique ait pu naitre à l'époque moderne comme alternative à la Révolution, faisant de celle-ci, de fait non pas simplement un repoussoir, mais un évènement fondateur, n'est pas "forcément" c'est là que l'essentialisation fait son effet, une volonté tyrannique, pas plus d'ailleurs, que réciproquement, la tyrannie effective que fut le projet révolutionnaire ne couvre forcément l'évolution politique qui lui succéda ! 

    On en vient alors à la définition de la "droite" surtout que celle-ci, traumatisée par des échecs historiques dus à plus fort qu'elle et en particulier à son isolement idéologique lié aux accusations qu'on lui faisait de faire le jeu de ce dont elle s'était désolidarisée à tout prix, s'est finalement jointe à un bloc central conspué de toute part, au point de fondre comme neige au soleil, après tout de même quinze ans de règne sans partage... Peut-on parler politique au bout du compte, face à l'échec retentissant, moral, national, éducatif, militaire, énergétique, économique, fiscal, sécuritaire et démographique d'un pays à l'arrêt, démoralisé, et en passe de sombrer à nouveau dans ses terribles travers moraux et sociaux ? 

    Car le drame, en fin de compte, est bien l'échec apparent de la démocratie libérale en Europe, et le constat mérite d'être fait ! Échec multiple, comme on l'a dit plus haut, et aussi échec de la méthode, du fameux État de droit, voire de la philosophie politique, bref des lumières elles-mêmes: l'Europe moderniste est confronté à sa fin, et à sa sortie de l'histoire. Se plaindre de l'extrême droite dans ces circonstances semble incongru, hors sol, voire décliniste:  les pires intuitions se sont vérifiées et nous voilà quasiment dans l'abime du fait de son contraire qu'elle a bien raison de déplorer, faute d'avoir rien pu faire par ailleurs, la pauvre... 

    Et l'on peut alors reprendre toute l'analyse, et dérouler le constat, et prenant les exemples, expliquer les motivations anciennes, aujourd'hui justifiées. 

    Les deux fondements

    Les deux premiers fondements de E.D. seraient donc le rejet de l'égalité et de la liberté dans le cadre du rejet historique de l'évènement révolutionnaire qui aurait brisé un ordre harmonieux. Égalité des droits fondamentaux des femmes et des esclaves, déjà pratiquement acquis de par les progrès des moeurs qui avaient fait accepter les choses? Les femmes furent les grandes ignorées de la Révolution, et les esclaves furent libérés par l'Angleterre en 1815. Quant à l'égalité, elle ne fut certes pas celle des proscrits de la tyrannique Révolution, ni celle des ouvriers de la société libérale promue par la Révolution bourgeoise, et dont les droits ne furent conquis que bien plus tard, et pas plus tôt qu'ailleurs en Europe. 

    Parlons de la liberté, avec donc la tyrannie brutale révolutionnaire puis napoléonienne: un symbole face à la fausse oppression nobiliaire qui n'était, dans le cadre d'une civilisation européenne déjà première au monde, qu'autoritarisme résiduel de lui-même en train de se libérer, précisément, du pire. De la propagande, et on aurait pu s'éviter la catastrophe chaotique et violente, ou du moins la révérer moins pour elle-même, objectivement. 

    Que l'opposé global fantasmé dans un extrême suscité par l'évènement et ses excès qui introduisirent le thème, il faut le souligner, et avec une ampleur que ne méritait pas la tranquille décadence qui conduisit à la catastrophe veuille restaurer une autorité fondée sur des hiérarchies moins cruelles, absurdes ou bourgeoises, voilà qui n'est point absurde, et sans doute pas à la hauteur des tyrannies que la Révolution a permis ! Bref c'est celui qui dit qui y est: la menace était-elle réelle ? Elle ne s'accomplit jamais, contrairement à l'autre dont on a bien senti la violence et la cruauté. 

    La seule vraie exception, le nazisme, peut-il être considéré d'"extrême droite" ? Certes, la théorie politique peut bien le qualifier ainsi, en oubliant qu'inclure un tel excès dans une telle catégorisation revient à en rendre absurde la notion même, l'identification entre idée et instance rendant ici philosophiquement impossible, au sens européen, la conceptualisation devenue ainsi anhistorique et impensable !

    En réalité, toute la sinistre, confuse et étroite pensée "politique" menée par l'Européen décadent blotti dans son cénacle bourgeois pour théoriser gentiment avant d'aller assister aux déshonorantes séances de l'Assemblée nationale de son époque, quand ce n'est pas aux déshonorantes séances du Conseil constitutionnel qui valide ou invalide les horreurs ou les pis aller de la précédente, toute cette "pensée" n'est qu'absurde impuissance inculte de l'acte de réfléchir et d'évaluer, et doit être abandonnée et moquée. Mort aux cons ! 

    Les trois moyens

    On en vient aux trois moyens de l'E.D:

    La destruction de la démocratie libérale, on vient de le dire, devient nécessaire, et la discussion sur le budget de la Nation française  en ce mois d'octobre 2025  la rend indispensable: un cénacle de crétins abrutis de sous culture, trafiquants de drogue, drogués eux-mêmes ou alcooliques (voulant d'ailleurs s'interdire, par sagesse, l'accès à la buvette de l'assemblée), décident de 40 milliards d'impôts supplémentaires pour le pays à la spoliation fiscale la plus élevée du monde, mis à l'arrêt du fait des errements fiscaux d'une gouvernance paralysée d'absolument tout y compris de ce qui résoudrait la situation, sa démission immédiate ! 

    Personnages imbéciles, velléitaires, vicieux, ils sont la preuve par leur existence et leur action de la nocivité et de l'absurdité de ce qu'on appelle la démocratie, hideuse discussion dans le noir entre abrutis.

    Et puis il y a l'explication par le complot, ou cause extérieure. Faute de s'en prendre à la volonté vicieuse du Diable qui gèrerait personnellement ces monstruosités, tellement étendues qu'on ne puisse imaginer qu'elles soient d'origine humaine, on doit bien qualifier quelques forces historiques en marche, prenons en trois: l'Union européenne installée par une Amérique dominatrice, ce que l'histoire, connue, confirme largement; une volonté maintenant explicite et longtemps sous-entendue car refusée hautement par certains (les gaullistes, pour ne pas le dire) de fédéralisation de l'Europe et donc de l'abaissement définitif des pouvoirs nationaux; une volonté partagée par les milieux économiques d'installer en Europe des migrants africains aux prétentions salariales moindres et palliant une tendance à la réduction quantitative et à l'embourgeoisement des jeunes natifs. Invraisemblable et complotiste, ou expression de la plus stricte réalité historique ? 

    Les trois choses sont bien d'indicibles et inavouables réalités, balayées depuis toujours avec hauteur et dont tout le monde accepte pourtant l'évidence. Le voilà le complotisme inhérent au fascisme moderne ! 

    Et puis le pire: le refus du progressisme.

    Longtemps identifié aux progrès concernant l'humanité elle-même, du moins la partie d'entre elle engagée dans l'aventure communiste soviétique qui dura tout de même soixante-douze ans, le renouveau social et identitaire du prolétariat humain qui devait régner heureux sur le monde après avoir exterminé la bourgeoisie, partie non désirable de la nouvelle humanité, le terme muta, car le progrès humain toujours sociétal s'exprima par autre chose d'un peu différent. Toujours adepte de changement fondamental dans la nature humaine, on déclara à nouveau la supériorité humaine de certains, qu'ils soient racisés, ou sexuellement autres, en tout cas à la fois minoritaires et principaux, de quoi soumettre le reste des gens au respect envers une nouvelle aristocratie. Le progrès étant la progressive admission de ces  nouvelles règles, à rebours du bon sens, il n'y a de révolution qu'en mettant les évidences cul par dessus tête. 

    La contre révolution

    La réaction contre ces absurdités, qui plus est largement acceptées sans recul ni discussion, à part des imprécations contre une résistance fantasmée (qui n'eut pratiquement pas  lieu, l'opinion se rengeant à toutes les inventions par lassitude et déintérêt) ne peut se manifester que par un élitisme bien senti (mon sentiment de supériorité quasi raciale envers les abrutis qui dévoilent leurs "opinions" ou "idéaux" de ces sortes n'ayant jamais failli, au point d'en faire un sentiment partagé avec mes amis, membres de la même organisation secrète des désespérés). 

    Il y a la violence. Première et évidente dans les années trente, la violence fasciste qui eut son heure de gloire dans les années 70 fut complètement éteinte assez rapidement. D'abord par bien plus violente et nombreuse qu'elle, ensuite, par une action déterminée et autoritaire des pouvoirs organisés par, il faut le dire et l'admettre, les parents des gauchistes en fait maitres de la rue. Nous en sommes toujours là et l'extrême droite aujourd'hui n'a pour milices, nervis, ninjas et sicaires que de braves colleurs d'affiches, souvent des retraités terrorisés que des hordes de racisés et d'antifas tabassent impunément au nom de l'antifascisme. 

    L'intransigeance, la troisième réaction,  est  par contre réelle. Le passage au vote "national" est définitif et le mépris haineux pour l'adversaire qui vous insulte devient structurant. Pas de retour en arrière tant l'offense est profonde, et on ne mesure pas la chose, au point de donner raison à la prévention contre nous: comment nous vengerons nous quand nous pourrons le faire ? Ce thème, celui de la vengeance, mériterait d'être creusé et analysé. 

    La vengeance est en cours, par exemple en Amérique avec les actions de Trump, on en est à la destruction systématique du fonctionnariat fédéral en profitant d'un désaccord parlementaire, le blocage têtu et égoïste de l'action fédérale de la fédération américaine durant depuis un mois avec des dommages humains déjà perceptibles. 

    Les sources 

    La grande source, et là on ne peut historiquement qu'approuver, c'est le rejet réactionnaire des lumières, de l'"émancipation" qui fut d'abord l'essentiel et furieux refus de l'Eglise et de sa direction des humains. L'extrême droite serait elle d'abord la revanche du catholicisme ? 

    On préfère là encore se la jouer "morale": le refus serait celui de l'individualisme et du rationalisme, au profit donc d'un collectivisme (tiens donc) et d'un irrationalisme (étonnant pour qui a lu Philippe Muray et son histoire du XIXème siècle, qui établi que la gauche issue des lumières s'est en fait plongée dans un irrationalisme de substitution à la religion abattue). 

    Bref, on s'interrogera sur ces sources là qui apparaissent en fait comme des faux et des mauvais procès. La contre révolution, notamment la volonté d'en finir avec le woke qui se manifeste aux USA étant autre chose. Car si on revient à l'athéisme radical, et bien il faudra bien admettre un jour que les circonstances peuvent changer, et que de nouvelles choses apparaissent sous le Soleil, malgré tout. 

     

    (1) Le Grand Continent et la nouvelle histoire de l'Extrême Droite  https://legrandcontinent.eu/fr/2025/11/02/comment-ecrire-lhistoire-de-lextreme-droite-une-conversation-avec-baptiste-roger-lacan/

  • Les amalgames

    À l'occasion de la déposition de Ghaleb Bencheikh à l'assemblée nationale (1), quelques commentaires sur le très gluant et ambigu musulman. 

    D'abord la tendance déplaisante et au combien du monsieur à l'allusif name dropping prétentieux et à la confusion des termes, voire à l'enfumage vicieux. 

    Sur la mention de l'exigence des oulémas algériens des années 30 de voir appliquer la loi de 1905: il s'agissait pour eux de rétablir leur autorité religieuse et pourquoi pas étatique face au colonisateur qui en prudent dominateur, contrôlait et nommait l'infrastructure religieuse qu'il savait bien influente sur les populations colonisées... Qui plus est ces oulémas étaient influencés par les "réformateurs" (Rida, Abdu) c'est à dire par les fondateurs de l'islamisme moderne, les frères musulmans ayant commencé en 1928. De quoi alimenter encore l'influence méconnue de l'islamisme au sens strict sur la guerre d'indépendance, les oulémas algériens ayant en fait pris parti et motivé l'"indépendance".

    Islamisme

    Au passage, le monsieur définit "l'islamisme", après le sempiternel rappel de l'inocuité du mot, (c'est le but de la manoeuvre réthorique ) utilisé par Caratini ("le génie de l'islamisme") comme l'était "christianisme" et transformé en terme négatif lorsqu'on utilisa l'expression "islamisme radical" (Bruno Etienne) qui se transforma en "islamisme" plus tard... Le monsieur se réfugie alors derrière la dichotomie Islam/islam, celle de Rémi Brague, par ailleurs bien connue, et qui permet de réunifier l'islam, au passage... 

    Revenons à "islamisme" défini donc par "idéologisation de préceptes autres que spirituels aux fins d'un projet politique". On complète la définition par "discours alternatifs puisés dans la tradition islamique, sirènes qui attirent notre "jeunesse française".  On voit là l'amorce du fond du message du monsieur: l'islam est en France, et il faut, il le dit clairement un contre discours pour aider les "jeunes français" à s'intégrer. Le thème revient plusieurs fois et se trouve être le message, en fait triple, dont un, subliminal, rien moins que menaçant.

    D'abord des jeunes qui peuvent être séduits par les sirènes islamistes (voilà la menace) ne sont pas français par définition et cela contrairement à ce qu'affirme un peu vite le monsieur comme si c'était fait. Largement binationaux, on peut les déchoir de leur nationalité et les renvoyer à leurs origines. C'est la fameuse "tenaille" identitaire, qui veut rendre équivalentes les identités française de souche et les identités colonisées algériennes. Et faire un compromis en atténuant simultanément les deux ? 

    Issus de l'immigration au point de pouvoir, si on ne prend pas soin d'eux, verser dans le pire des fanatismes allogènes, en fait des ennemis à priori, et  c'est ce que rejette à priori le monsieur. Voilà le drame. Et le remède, c'est le 3ème point, est qu'il faut un islam "gentil" pour amadouer tout cela. 

    Adepte d'un soufisme mou qui prône ouvertement et ici même une sorte de réforme, le monsieur qui pourtant avait accueilli lors d'une inauguration en France un hiérarque saoudien responsable de l'OCI et ministre de la justice fouetteur de dissidents, nous sert le fameux congrès de Grozny en 2016 quand, à l'initiative russe, on déclara les wahhabisme/salafismes comme sectaires. Al Azar, présent, atténua la chose auprès de Riyad, bien sûr. On a ici une sorte d'ambiguïté: dire qu'à Grozny, on déclara le salafisme comme sectaire, est ce dit pour séduire le blanc ou pour regretter qu'on l'ait fait? 

    Les chantiers

    On veut donc ouvrir des "chantiers théologiques". Les buts à atteindre montrent la vraie nature de la situation actuelle. Il s'agirait donc d'abord de désacraliser la violence et de mettre au clair le djihad, et aussi de séparer croyance et connaissance pour permettre une vraie herméneutique  (tant qu'à faire). Il y a aussi la formation d'imams éclairés, compétents courageux, la désintrication religion et politique, l'égalité entre les humains, la liberté d'expression et de croyance, l'Etat de droit. Tout cela est un travail "titanesque" à mener (...)

    Qui plus est, ces chantiers ne sont possibles qu'en Europe, où règne la liberté. Liberté qui permet aux musulmans de s'affranchir de l'expression à refuser qui est le "respect des valeurs de la république": soit on respecte la loi, soit non et c'est tout... Cela naturellement avant que les fameux chantiers soient terminés. En attendant, on doit se coltiner un islam menaçant laissé aux fanatiques qui endoctrinent une jeunesse fragile avec une violence politique d'essence religieuse et une confusion entre savoir et croyance. Et surtout, ce qui est radicalement contradictoire, conserver une estime globale pour quelque chose qui est à revoir de fond en comble et dont l'état actuel est responsable de toutes ces ignominies. 

    Pour ce qui concerne la théologie, le monsieur a de l'ambition, et dans (2) on trouve des choses assez extraordinaires, qui me semble-t-il n'ont pas encore reçu l'approbation de tous les musulmans... En gros, sous le vocable comique de la volonté de guérir de la "sclérose en place" (l'ironie manifestée ici s'applique-t-elle aux propositions faites?): 

    • considérer que la partie prescriptive de la révélation n'est que jurisprudence du VIIème siècle arabe
    • déjuridiser la révélation (encore mieux)
    • admettre l'égalité ontologique entre homme et femme
    • désacraliser la violence

    La politique

    Pour ce qui concerne les frères, et le fameux rapport, et bien une seule et brève réponse (brièveté à la hauteur des interminables laïus qui ont précédé): les frères musulmans se sont "délités", ils ont vieilli, et il n'y a plus rien de comparable aux rassemblements du Bourget d'antan. Point barre. 

    Pour ce qui concerne la France Insoumise, pour qui votent en majorité les musulmans, la raison en est simple: ils sont les seuls qui ne les insultent pas !!! L'affirmation, et l'explication est lumineuse, mais hélas infamante pour le monsieur, qui se lance alors dans une véhémente contestation du mot "islamo-gauchisme" qu'il considère (mazette) non scientifique et contraire au bon sens... 

    Le parti Reconquête, le RN, insultent les musulmans, selon lui, et comble du comble, au sujet du voile, dont il se réclame ennemi (la chose n'est apparue qu'après 1979), un ministre de l'intérieur a dit, alors que ce n'était pas son rôle, "à bas le voile". Gluant? En effet. Se prononcer contre le voile sans être musulman c'est perturber des discussions théologiques argumentées, et ... à venir ! 

    L'islamophobie

    Et puis, il y a l'islamophobie. Là, le radical "islamo" n'est plus gênant et le monsieur nous sert la défense classique frériste sur le mot, alliance de la révocation de l'interprétation comme création des khomeinistes (le mot fut utilisé intensivement par eux, et cela suffit) et de l'attribution du mot à la France de 1910 (qui voulait éviter qu'on donne des droits républicains aux indigènes mieux gérés, à moins qu'on soit islamophobe, par les coutumes religieuses, mais il ne le précise pas). Et puis le laïus sur les bénéfices de la critique de l'islam, les musulmans étant même "demandeurs" nous plonge dans le malaise hilarant, comme s'il s'était mis torse nu en hurlant "nike ta mère"... 

    Le monsieur se lance alors dans la proposition d'un autre mot, "misislamie" (haine de l'islam) qui serait l'hostilité aux musulmans et à tout ce qui est islamique, et qui serait puni par la loi... L'imprécation contre la religion ET ses adeptes.

    Très exactement la fonction de "islamophobie", racisme anti musulmans permettant de fermer les portes de la détestation de la vérole islamique, sous le prétexte qu'on ne peut mépriser en public ce qui est respecté par certains. Précisément ce qu'on veut dénoncer : l'association identitaire entre le musulman et le putain de texte dégénéré qu'il révère à tort. 

     

     

     

     

     

    Personne physiquement désagréable, et laissant un sentiment d'hypocrisie agressive et prétentieuse, Ghaleb Bencheikh succéda à Jean Pierre Chevènement à la tête du FIF (Forum de l'Islam de France ). Il est membre du FORIF (le successeur du CFCM qui ne fait ... rien, le règlement de compte est sanglant) et voyage... Il ne représente rien et pérore pour masquer l'effrayante nocivité de la religion invasive du tiers mode qui vérole coeurs et esprits et se fait instrumentalisée par les pires fanatiques auxquels personne ne s'oppose vraiment et surtout pas lui, son rôle étant de continuer par étalage de sa fausse culture, à garder respectable cette pourriture. 

    Car le message de respectabilité islamique de Bencheikh est aussi un plaidoyer pour l'intégration des citoyens discriminés (pourtant d'après lui-même à juste titre, vu leur arriération à corriger qu'il reconnait et affirme) de l'immigration et là est sans doute le fond de sa vocation inquiète. 

     

     

     

     

    (1) Ghaleb Bencheikh https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/videos/CRVANR5L17S2026IDV17521416?timeCode=599

    (2) On a lu aussi "le petit manuel pour un islam à l'usage des hommes"

     

  • Les Apocalypses

    J'ai enfin tout compris à Thiel (1), et sur l'Apocalypse.

    La théorie

    En gros, le troisième grand trope chrétien après le Christ sauveur du monde, et le Dieu trine,  c'est la forme compliquée que prendra la fin du monde (ou fin des temps): elle sera précédée d'une période intermédiaire de mille ans, celle-ci étant initiée par la victoire d'Armageddon du Christ (revenu lors de la Parousie) sur l'Antéchrist. Une variante mentionne la Parousie à la toute fin, après la dernière bataille contre Gog et Magog décrite par l'Apocalypse. L'orthodoxie catholique identifie tout cela en un seul évènement. 

    Personnage mystérieux, l'Antéchrist est un séducteur, un trompeur quasi christique qui entend lui aussi sauver l'humanité, mais de la fin du monde. Son apparition est ainsi signe de celle-ci, mais aussi d'une tentative d'y échapper.

    Le katechon, concept subtil, vise s'opposer à l'eschaton, en "retenant" l'apparition de l'Antéchrist. Identifié à l'Église, il est la force conservatrice qui tient le monde. 

    Son interprétation

    Suivant l'interprétation de Schmitt, chaque époque a son katechon, à nommer. 

    Aujourd'hui pour Thiel, la fin du monde est causée par l'homme sous la forme des menaces atomiques ou climatiques, l'homme étant, c'est le christianisme qui le révèle, la vraie cause de la violence  (Girard est là) et donc de la violence extrême capable de détruire le monde. 

    L'Antéchrist est alors celui qui va se proposer pour maitriser cette violence. Greta Thunberg est l'Antechrist...

    Plus généralement, la figure de l'Antéchrist est celle de toutes les organisations mondialisées visant à forcer à la maitrise de la violence (ou aux mauvais comportements en général)  par la contrainte. L'Antéchrist du libertarien ! 

    Pourtant l'opposition est bien entre deux pôles: Antéchrist et Fin du Monde. 

    Thiel élabore à partir de là un discours complexe, visant à proposer une troisième voie, un katechon 2.0, pour détromper sur l'Antéchrist tentateur qui veut en fait instaurer une gouvernance mondiale éternelle privant l'homme de toute liberté. 

    Pour cela, il propose à la fois des formes nouvelles d'innovation et aussi une méfiance ambiguë contre tout katechon illusoire qui serait en fait une forme de l'Antéchrist lui-même. 

    Toute la question est de savoir si on peut développer l'humain dans une liberté qui maitriserait sa violence ou son inconséquence. Belle ambition, et à la hauteur du sujet ! 

    Les situations

    Thiel est à la tête de Palentir qui vit des contrats logiciels de l'a

    (1) Les notes interdites par Thiel https://legrandcontinent.eu/fr/2025/10/24/peter-thiel-pensees-de-lantechrist/

  • Les IAs

    À l'occasion d'un extrait du dernier livre d'Eric Sadin (1), la question de l'IA et de sa vraie nouveauté se pose. 

    Les 3 effets pervers

    On passera d'abord sur les 3 grands effets pervers qu'on se doit de dénoncer et qui ressortent de son pouvoir d'illusion, la vraie portée de l'IA "générative", due à sa capacité de manipuler le langage naturel, produisant une (fausse ) impression de présence humaine à l'origine de la fameuse génération. Ce qui entraine l'installation d'un monde simulé qui virtualise encore davantage la nature des informations qu'on manipule. 3 domaines sont concernés: 

    1) La relation sentimentale: affectant 20% des utilisateurs, il s'agit de discussions avec un partenaire, sentimentales ou érotiques. Addicitives et attachantes les pratiques en rapport sont hautement toxiques et déceptives. Elles peuvent participer d'une structuration pathologique de la sentimentalité et de la sociabilité de millions de personnes, similaire aux résultats des attaques à la prise massive de drogue qu'on vit dans la passé. 

    2) La production de fausses images, paroles ou musiques. À des fins de production de contenus en général, la technique permet de produire à peu de frais, à l'aide d'un interface en langage naturel des illusions de prises d'informations réelles permettant toute forme de chantage, faux témoignages, mais aussi croyances politiques ou informatives variées. Un pan entier de la perception du réel devient manipulable à toutes fins. 

    3) L'automatisation sur foi d'interaction simulée. L'interface utilisateur en langage naturel peut être utilisé pour saisir l'information nécessaire à l'activation d'automatismes variés. La richesse de la prise d'information en question et son ambiguïté fondamentale pourra alors être utilisée par la bande pour des prises de décision à l'insu des utilisateurs en utilisant leurs caractéristiques personnelles exprimées dans leurs discours. 

    Les trois effets non voulus d'une généralisation de l'usage des techniques en question sont clairement inquiétants et se situent à la frontière d'usages "pratiques" de cette technique. 

    Mais la thèse d'Eric Sadin concernant les méfaits de l'IA est bien plus globale et plus fondamentale, bien qu'on puisse la relier aux trois points concrets exposés ici. 

    Un pouvoir global

    En gros, et la chose est complexe, un pouvoir global invisible se met en place, qui remet en question la relation à la vérité de l'ensemble de la société ou plus exactement les processus d'accès à la vérité mis en oeuvre par la société. Cette remise en question conduit à une remise en question de ce que nous appellons la démocratie et à l'instauration d'un système nouveau de domination politique. Rien que ça.

    La chose ici dénoncée ressemble étrangement à ce nouvel être infiniment plus intelligent que nous qui va acquérir une conscience au-delà de la nôtre. D'une certaine manière, elle l'est, mais avec une autre acceptation, en fait en ligne avec les images de la domination de la technique élaborées au XXème siècle par Ellul et les autres. 

    Le Covid et la Science

    Une manière d'appréhender le problème est de réfléchir aux pratiques et obligations mises en oeuvre à l'occasion de la crise du Covid, quand le rapport politique à la vérité fut mis en cause gravement et dont les effets, soyez en sûr, n'ont pas fini de se faire sentir. 

    En gros y fut proclamé une conception de la science en général radicalement nouvelle et en désaccord fondamental avec tout ce que la culture avait pourtant proclamé depuis l'aube de la modernité. Soi-disant en charge d'une vérité validée de manière certaine, qui plus est par un processus d'évaluation "par les pairs", la science se doit d'être respectée comme valide et comme "méthode", tout ce qui s'en écarte étant coupable et se devant d'être dénoncé, voire interdit. 

    Assis sur ces considérations, un pouvoir politique est ainsi fondé à imposer par des décisions unilatérales non discutées par quiconque, un changement radical des modes de vie des administrés condamnés pénalement si réluctants à y obéir. Un régime de vérité, une politique, quelle plus magnifique démonstration des concepts abstraits de la philosophie sociale et politique ! 

    Pourtant la science en général n'est absolument pas ce qui a dit plus haut. Il s'agit en fait d'un processus conflictuel d'accès à des vérités provisoires enchevêtrées, perpétuellement remises en cause et hautement dépendantes des modes intellectuelles, des rapports de pouvoir entre commanditaires et de processus d'élaboration hautement variables, tous différents et surtout complètement dépendants des domaines de connaissance abordés. 

    Le coté relatif et conflictuel des connaissances élaborées et réélaborées en permanence constituent un régime de vérité, étrangement originaire de l'époque où fut séparée les notions de vérité humaines et divines et où, sur fond des terribles guerres de religion, furent élaborés des systèmes politiques pluralistes à l'origine de nos démocraties actuelles. 

    L'idée de base pour ces constructions culturelles, sociales puis politiques est que la vérité est construite collectivement puis soumise aux interactions à l'intérieur d'une collectivité et non plus édictée centralement. 

    Le scientisme est à la science ce que le communisme est à la politique: la soumission d'une collectivité en interaction pour déterminer les bonnes décisions, à un impérium décidé par certains sur la base de l'édiction d'une vérité considérée absolue, ou de pratiques procédurales respectueuses de certaines vérités elles aussi édictées. 

    Et bien nous sommes menacés par cela, en bien pire, et d'une autre manière. 

    La gestion du Covid en attribuant le qualificatif de "scientifique" à des pratiques comminatoires de soumission à des pratiques (confinement, port du masque, vaccination généralisée) qui n'étaient aucunement certaines et pour toutes violemment contestées pour des raisons scientifiques avérées. Une fétichisation technocratique du scientifique fut mise en oeuvre en contradiction avec tous les principes de prudence et d'élaboration collective et spécialisées des décisions. 

    Il est aujourd'hui établi que le confinement a augmenté les contaminations, que le port du masque a nui grandement aux enfants des écoles, et que la vaccination eut des effets secondaires évitables aux personnes qui n'étaient pas concernées par une maladie dont la contamination n'était pas empêchée par la vaccination. Des décisions majeures d'obligation privative de liberté furent prises au nom de, et en fait en contradiction flagrante avec, la vérité scientifique ! 

    Les discours de vérité

    D'abord la chose (l'IA)  est technique, et nantie de son attrait "d'utilité" indéniable, elle diffuse des discours de vérité dans le cadre de cette utilisation. Cela suffit à transformer l'activité humaine qui consiste à comparer au niveau de chaque individu des sources d'informations distinctes, en une activité de consultation d'une conclusion déjà mâchée, et considérée véridique. De fait, cela revient dans tous les domaines où cela est appliqué, à abdiquer ce qu'on appelle la "démocratie". Pire, comme la nouvelle source d'information censée rassembler elle-même les différents points de vue possible peut évidemment être manipulée et instrumentalisée, elle devient enjeu de pouvoir et outil de domination. 

    Elle émet un discours déjà discuté, éventuellement en faisant référence à des disputes antérieures, mais déjà arbitrées et c'est cela le problème. Car cela correspond directement à l'abdication scientiste de la connaissance comme dynamique et conflictuelle par essence. En cela, le discours de l'IA devient virtuellement un monde simulé, donc déjà maitrisé, ce qui est le contraire exact du réel, lui en incertitude permanente. 

    On le voit déjà, et les exemples sont nombreux. Prenons-en un au hasard. Dans ses mémoires Obama parle de Sarkozy en le décrivant par ses origines familiales ( demi hongrois, quart de juif grec) en plus d'une description peu flatteuse de ses prétentions. Questionné, ChatGpt, même après qu'on lui demande la référence à l'allusion familiale refuse de mentionner l'allusion à la judéité et affirme qu'il n'y en a pas. Même réponse de DeepSeek, qui finit par cracher le morceau, mais après qu'on ait insisté. Un autre exemple plus technique est la fourniture de références chiffrées absolument fantaisistes pour des valeurs pourtant normalisées et bien connues de sites de références. 

    Tout sujet scabreux ou vaguement ambigu pour n'importe quelle raison est traité ainsi, et avec des affirmations d'autorité étranges. l'AI est un producteur d'information extraordinairement biaisé, et sa mise en position centrale, voire la prétention qu'ont certain de lui voir "remplacer" des productions humaines en fait une source de pollution grave de la cognition.

    On se retrouve donc face à une technique à maitriser, et d'abord à maitriser personnellement: l'information produite doit être soigneusement validée. On a déjà des exemples de rapports produits par des entreprises de conseil en temps record qui contiennent des absurdités inquiétantes. l'AI pollue, et pas que l'air ambiant. Mais c'est si pratique, si souvent...  

    LES IAs

    Tout poison ayant son contre poison qui lui ressemble étrangement, il se trouve que l'IA qui comme expliquée se substitue à la démocratie en éliminant les procédures compétitives associées aux humains pourrait être contrôlée par d'autres IAs. 

    L'idée, que n'importe qui peut mettre en oeuvre en vérifiant avec Deepseek  ce qu'affirme parfois à tort Chatgpt, consiste à disposer d'informations vérifiables automatiquement par une diversité d'outils. Les IAs sont concurrentes commercialement et doivent pouvoir se critiquer les unes les autres. 

    On se retrouve alors avec  un monde qui est redevenu plural, et le terme "La IA" chosifiant un être mythique qui évidement n'existe pas et n'a jamais existé, est impropre: il convient de disposer d'outils établissant et encodant nos problèmes d'humains dans des dossiers susceptibles d'être vérifiés par d'AUTRES outils, conçus indépendamment et capable de détecter erreurs, malfaçons, tromperies et autres biais. 

    Bref, il s'agit bien d'introduire  une post vérité, mais contrôlée et cela de manière multiple. L'essentiel est de déposséder "l'ordinateur" de son unicité totalitaire et de proclamer et d'affirmer la nécessaire essentielle disparité conflictuelle de l'information. Evidemment, ces contrôles doivent être technicisés et non pas assumés par d'autres autorités concurrentes prétendant à leur tour à l'universalité !  En cela, l'objectivité technique bêbète d'un artefact logiciel pourrait être, enfin, un outil de libération. 

    Que voilà un bel optimisme. Aïe ! Ca pique. 

     

     

     

    (1) Eric Sadin : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/10/03/pouvoir-total-lia-et-la-fin-de-limagination/

  • Les insoumis fréristes

    A l'occasion d'une audition saignante de la part d'un Syrien naturalisé français, et qui au contraire de Rima Hassan se proclame amoureux de sa nouvelle patrie, et se comporte comme un assimilé idéal, défenseur de sa nouvelle patrie, on peut réfléchir sur ce qu'il faut faire ou penser. 

    L'audition de Omar Youssef Suleiman à l'Assemblée Nationale est édifiante. C'est un journaliste, Syrien naturalisé français qui témoigne devant la commission sur les liens entre mouvements politiques & réseaux islamistes.

    Rima Hassan est une militante qui soutient clairement le Hamas et la flottille fut organisée par un militant Hamas.
    L'organisation Urgence Palestine, en pointe dans ces manifestations est une émanation du Hamas.
    Les députés de la France Insoumise, Bompart, Portes, Soudais, Panot ont manifesté aux côtés de militants Hamas.

    Toutes les manifestations en faveur de la Palestine organisée depuis deux ans sans réactions de l'État est ainsi directement organisée par la mouvance islamiste manipulée par les frères musulmans dont le Hamas est une émanation. Ils utilisent la France Insoumise comme paravent d'un entrisme politique caractérisé et revendiqué par des prêches menés depuis le Qatar à travers des média ouvertement fréristes. La France Insoumise en est consciente, l'encourage et mène délibérément une politique de stimulation de l'électorat musulman au sujet de Gaza pour gagner les 400 000 voix qui lui ont manqué pour être au second tour de l'élection présidentielle.

    Que faut-il de plus?

    Il faut impérativement que l'organisation des frères musulmans soit déclarée terroriste, comme c'est le cas dans totalité du Moyen Orient à l'exception du Qatar. Il faut fermer toutes les associations qui lui sont rattachées. Tout de suite.
    Il faut dénoncer et condamner les représentants de LFI qui se sont compromis avec ces organisations.

    Par contre l'essentiel de la discussion porte sur les musulmans en général et sur l'immigration musulmane en général, dont Omar Youssef Suleimane fait partie. Si l'on se place sur le plan démographique pur, l'entrisme islamique est directement lié à cette immigration dont il cherche à prendre le contrôle globalement. C'est ainsi un argument utilisé par les "séparatistes" que de lier explicitement islam et immigration, et la propagande islamiste associant explicitement identité ethnique et religieuse en un seul bloc dont elle dénonce la stigmatisation.

    Souleimane exprime clairement un point de vue "laïque" qui vise à séparer immigration et religion, en faisant la promotion d'une pratique laïque, disons privée de la religion musulmane qui deviendrait ainsi respectable. L'interdiction de l'islam politique frériste permettrait ainsi de sauver l'immigration musulmane du soupçon séparatiste.

    À ce point, on pourrait lui donner raison: imposer autoritairement une pratique privée de la religion musulmane est sans doute souhaitable, mais suppose précisément de se débarrasser non seulement de l'islam frériste, mais aussi de toutes les pratiques publiques sur lesquelles il construit sa suprématie idéologique au nom du respect de l'islam. Hallal, voile, ramadan sont des prescriptions islamiques. Peut-on les distinguer du frérisme et les considérer innocentes et acceptables, pourvu qu'on se soit débarrassé au préalable des frères musulmans ? C'est toute la question.

    Pour ce qui me concerne, tout en prenant l'argument, je considère que l'immigration musulmane, en fait africaine doit être arrêtée en urgence pour des raisons culturelles, la pratique de l'islam n'étant pas, même sans être sous influence directement frériste, acceptable en Europe, étant porteuse de principes fondamentalement inacceptables et irréformables. Je considère que l'un des moyens de pousser les populations porteuses de ces pratiques à quitter la France et l'Europe, ce qui est maintenant nécessaire, est d'empêcher ou de limiter ces pratiques, de manière à pousser explicitement et autoritairement à leur abandon ou au départ.

    Par contre, j'accepte tout à fait de comprendre que ce débat entre partis également conscient de la dangerosité du frérisme, peut être hautement contre productif, et utilisé par nos adversaires.

     

     

    (1) audition de Omar Youssef Souleiman à l'Assemblée : https://www.youtube.com/watch?v=Yd5SRliVMTM

    P.S. ceci est un commentaire d'article de Causeur. Le style s'en ressent. 

  • Les discours de Poutine

    Lisons un discours de Poutine (1). 

    Tout un ensemble de considérations sages, raisonnables et décrivant exactement la situation actuelle. 

    Tout d'abord, ce qui est sans doute le sommet de la raison de la position russe: l'ordre libéral global, tel que décrit d'ailleurs clairement par Zbigniew Brzezinski. Il suffisait d'en faire partie et d'y vivre heureux sans se poser de questions, on s'occupe de vous. C'était la place allouée à tout le monde, y compris à la Russie et c'est certainement la place de l'Europe, avec qui Poutine entretient d'ailleurs le dialogue pour le reste du discours. 

    Il faut comprendre que ce statut ne convient pas au monde qui devient multipolaire, et cela du fait même de l'établissement et maintenant de la tentative de préservation de l'hégémonie globale. Cela car rien ne s'oppose à la force, sinon une autre force...

    Le monde veut vivre dans l'harmonie d'accords globaux satisfaisant toutes les parties, et pas en étant obligé de respecter des "règles" conçues "dans la brume". La soumission de la minorité à la majorité, valable du temps de la domination hégémonique laisse la place à des approches multilatérales, respectant les intérêts légitimes affirmés de chacun. 

    Nous y sommes, les élites du monde occidental pour conserver leur pouvoir maintenant contesté, sont prêtes aux pires mensonges, aux pires manipulations de leurs opinions, et aux pires manigances à l'extérieur.  

    Le cadre est posé, et les motivations profondes posées. Le monde évolue et il va falloir en tenir compte. Toute la conflictualité est liée au refus des Occidentaux et de l'Europe, de s'adapter à une nouvelle donne qui change son statut. 

    La Russie a été victime de sanctions à un niveau jamais vu, et cela sans résultats. Le système mondial dont a voulu l'expulser continue d'avoir besoin d'elle et cela sans qu'on cesse de vouloir lui infliger une "défaite stratégique" voire sans manifester de honte de "faire souffrir le peuple russe". Serait-il temps de souffler ? 

    Poutine évoque alors une nouvelle ère pour la diplomatie, celle du XXIème siècle, qualifiée de "haut vol". Refus du principe hiérarchique, volonté d'obtenir des accords et refus de l'hégémonie, incapable d'assurer la sécurité. 

    L'Europe accroché à une volonté d'hégémonie devenue anachronique, incapable de résoudre ses problèmes multiples, dette, insécurité, crise sociale et migratoire, glissant hors de la compétition mondiale, se cherche un ennemi commun: la Russie, l'ennemi séculaire. Ses dirigeants, menteurs ou incompétents, délirent. 

    Veut-elle vraiment s'armer ? L'Allemagne veut-elle vraiment l'armée la plus puissante d'Europe? 

    Poutine décrit alors un principe d'indivisibilité de la sécurité, quand celle-ci, faute d'être mutuelle, ne peut exister pour personne. Et bien ce principe n'est pas conçu par les Européens et les Occidentaux, qui se croyant vainqueurs de la guerre froide, ont accumulé pendant trente ans des erreurs manifestes qui ont conduit à la situation actuelle. 

    Or dans un monde multipolaire, le règlement des conflits ne peut être mené que dans le respect mutuel et la considération des intérêts respectifs des parties prenantes. L'Occident et ses règles, voulant imposer avec condescendance par la contrainte ses intérêts exclusifs n'est plus en adéquation avec ce monde nouveau. 

    L'Ukraine est l'une de ces erreurs: excité au nationalisme, armée contre les intérêts de la Russie par ceux qui objectivement se foutaient des intérêts de l'Ukraine et de son peuple et les résultats sont là. 

    Le commentaire du Grand Continent

    À ce stade du discours, le Grand Continent commente le cynisme de Poutine, engagé dans une guerre d'agression contre le peuple Ukrainien victime de ses bombardements. 

    À Normale Sup, donc on ne comprend rien et on ne veut rien entendre. Pourtant, les choses sont claires. Mues par les nécessités historiques et les intérêts des États, les évènements de l'histoire ne sont pas moraux, ils sont réels et aboutissent à des états des choses objectifs que l'on ne peut éviter, s'ils sont nuisibles que par des actions en rapport. Déplorer, accuser, condamner c'est du verbiage inutile et vain.

    Poutine continue

    Aurait-il pu en être autrement ? La réponse est oui, et Biden aurait pu faire autrement. 

    À ce point, Poutine s'interroge: la fin du communisme aurait-il pu engendrer une "grande fraternisation" ? Il n'en a rien été, les intérêts géopolitiques (encore eux) étaient à l'oeuvre, et l'idéologie n'y joue aucun rôle. Aurait-on pu éviter la situation actuelle en Ukraine ? Oui, si on avait tenu compte des intérêts respectifs en présence, au lieu pour l'Europe, et les USA jusqu'à récemment, de poursuivre obstinément une escalade et qui n'a à mon sens, aucun autre objectif. 

    Et Poutine de rappeler encore et encore l'attitude à avoir au sein du monde multipolaire en prenant conscience de ses intérêts propres, sans qu'ils soient déformés par de funestes idéologies expansionnistes de toute nature, Union Soviétique, puis USA. L'absence d'antagonisme doit être érigé en principe fondamental. Ceci devient propre à une "majorité mondiale" de pays. 

    L'ONU garde un rôle à jouer en cette matière, mais en respectant la majorité mondiale au lieu de tenter  d'unifier les traditions respectives des différents pays. Un exemple est la restauration des relations entre Russie et USA, maintenant basées sur des expressions abruptes mais franches, ce qui évite l'hypocrisie et les faux semblants et favorise donc un règlement pacifique quelle que soit la dureté des négociations. 

    L'histoire de la Russie fut difficile et douloureuse. Cette complexité la prépare sans doute mieux que d'autres à affronter une configuration mondiale complexe. Elle reste une force avec qui il faut compter pour atteindre l'harmonie et l'équilibre.

    Que voilà un discours fondateur et éclairant, décrivant le monde bien mieux que beaucoup peuvent le faire. Il montre en tout cas, qu'il y a des dirigeants du monde qui savent ce qu'ils veulent. 

     

     

    (1) Discours de la conférence Waldei octobre 2025 https://legrandcontinent.eu/fr/2025/10/05/le-moment-maga-de-poutine-le-discours-de-valdai/

  • Les foutages de gueule

    À l'occasion d'un colloque sur Jacques Ellul et l'islam(1), on a l'occasion d'entendre d'éminents musulmans et puisqu'on est dans le Bordelais, nous avons Tarek Obrou, l'imam de Bordeaux à la manoeuvre. 

    Ex frère musulman est connu pour ses positions ambiguës et retorses qui en font un frère, frère un jour, frère toujours, notre imam sanctifié par celui qu'on appela "Ali Juppé", critique Ellul en se livrant à un ébouriffant foutage de gueule à destination des braves protestants qui tous, 1) prétendent engager un dialogue avec l'islam 2) se proclament ignorants sur la question de l'islam.

    Au passage, ceux-ci se permettent de "critiquer" les positions un peu dures d'Ellul sur la question précise de ce dialogue là, et d'écouter religieusement le prêche de Obrou, qui se révèle un tissu de faussetés manifestes concernant les traditions islamiques, et un foutage de gueule caractérisé à destination des pauvres blancs incultes. 

    Pour commencer, la position d'Ellul sur le dialogue entre christianisme et islam, qu'il voit comme une sorte de conversion obligée à des thèses qu'il juge fausses. 

    Les critiques d'Ellul

    D'abord, le "livre", et les "religions du livre". Les livres des 3 religions ne sont pas de même nature. Incréé le Coran est parole révélée de Dieu, valable en tous lieux et en tous temps, ce que ne sont absolument pas ni la torah ni les évangiles, tous témoignages humains accumulés. De fait, les religions dites du livre, interprétées et incluses dans l' islam par les traditions islamiques ne peuvent être que des précédents altérés à la véritable et dernière révélation divine, celle qu'apporte le Coran. Ils ne sont pas sources indépendante de révélation, même si thora, psaumes et évangile sont considérés être des révélation divines à Moise, David et Jésus, d'où le qualificatif attribué de religions "du livre". On notera que l'évangile "révélé à Jésus" a été perdu, les évangiles chrétiens n'en étant que des témoignages indirects. 

    On peut distinguer la récupération faite par les chrétiens de la torah, sous la forme d'un "ancien testament": il est bien considéré comme un livre saint simplement complété par les évangiles. C'est ce qu'on appelle le "judéo christianisme", comme religion dédoublée, le judaïsme ajoutant à la torah les talmuds et autres traditions ignorées des chrétiens. L'islam n'a pas cette délicatesse et c'est le Coran qui juge de la justesse des textes anciennement révélés. 

    Ensuite le monothéisme. Quoiqu'on en dise, le judéo christianisme, qui affirme une conception trinitaire de Dieu n'est pas monothéiste au même sens que l'islam. Celui-ci d'ailleurs ne s'y trompe pas et la qualification d'"associateur", crime suprême selon le Coran s'adresse bien aux chrétiens, suivant toutes les traditions islamiques. Pour le monothéisme obsessionnel qu'est l'islam, le christianisme trinitaire est bien un polythéisme, et les notions de fils de Dieu ou d'Esprit de Dieu sont inconcevables en islam. 

    Pour finir, la filiation abrahamique. Brague en avait parlé en détails, et l'appropriation du patriarche juif par l'islam est tout à fait caractérisée. Considéré comme le premier des musulmans, Abraham n'a pas d'existence originelle dans les traditions juives, il est un personnage du Coran, le premier des musulmans. 

    La question de la filiation abrahamique, multiple du fait des descendances d'Isaac et d'Ismael voire des autres enfants d'Abraham (il en eut 6 autres), ne signifie pas grand chose, dans la mesure où la Genèse attribue à Isaac la totalité de l'héritage, et le charge d'accomplir la promesse de Dieu. Nous ne sommes pas "tous" les enfants d'Abraham, et précisément la prédication chrétienne destinée aux nations, permet au salut divin de s'exercer hors d'une quelconque filiation. 

    Qu'est ce que l'islam ? 

    On considèrera ici que l'islam c'est l'islam sunnite et ses traditions, hadiths, Sirah et tafsirs connus et recommandés. 

    Les textes sont disponibles dans des versions littérales commentées qui confirment les sens usuels qu'on peut leur apporter. Ils sont commentés depuis mille ans et offrent une stabilité et une universalité conséquente. Les théologies islamiques certes diversifiées, ne le sont que sur des points secondaires, liés aux manières et méthodes à employer pour déduire des vérités révélées les cas non couverts par les écritures. J'exagère à peine. Il n'y a pas entre les écoles théologiques ou juridiques de différences de l'ordre de celles qu'on trouve entre réforme protestante et catholicisme, ou même entre sectes protestantes elles-mêmes. 

    Ce sont les islams "chiites" nombreux et ramifiés qui offrent de vraies différences entre eux et avec l'islam sunnite. On ne le considèrera pas, ils sont extrêmement minoritaires et bien trop compliqués à appréhender. 

    Il faut considérer l'islam "soufi" qui a plusieurs apparences, dont une liée à l'abandon (et à l'interdiction) de la philosophie en islam par Al Gazhali éminent savant sunnite, soufi à ses heures, mais profondément attaché en fait aux dogmes sunnites dans toute leurs rigueurs, comme si le mysticisme ne pouvait se manifester que dans la plus grande orthodoxie. Les autres soufismes, qu'on peut (trop vite) assimiler au culte des saints transmetteurs des sagesses s'y assimilent. 

    Les théologies douteuses de Tarek Obrou

    Nous voilà donc rendu au grand foutage de gueule, mené tout sourire et phrasé pseudo érudit par Obrou.

    D'abord le grand déni sur LES théologies islamiques, il y en aurait de multiples et de différentes, par exemple la Mutazilite.

    Le mutazilisme refusé de manière sanglante vers l'an mil, considère le Coran comme créé. Cela fait de la doctrine, en fait, un autre islam car tout l'islam proclame depuis mille ans que ce n'est pas le cas: le Coran est incréé comme parole de Dieu, attribut divin depuis toujours. Se référer à cette théologie comme à une autre est une hérésie refusée absolument par tous les musulmans actuels et l'évoquer autrement que comme cela est du foutage de gueule caractérisé. 

    Ensuite, l'Amour. Le mot n'est mentionné dans le Coran que pour désigner l'amour des richesses et l'amour de Dieu. Une conception du type "Dieu est amour" n'est pas pensée en islam, Dieu n'aime pas, il est miséricordieux et c'est tout. Obrou le dit bien, amour, miséricorde, aucune importance... Obrou évoque alors Al-Jawzilla l'auteur du "jardin des amoureux", qui décrit en détails les différents degrés de la force de l'univers qu'est l'Amour, depuis la sensualité jusqu'à l'amour de Dieu. Nous y sommes: Dieu ne nous aime pas donc... Le foutage de gueule qui affirme que l'amour musulman vaut son pesant d'or est donc en contresens théologique complet avec l'amour chrétien, qui s'exerce dans l'autre sens et dont l'amour humain doit s'inspirer entre les hommes et envers Dieu. 

    Et puis Ismael. Nommé directement dans le Coran plusieurs fois il est bien l'ancêtre des arabes et se trouve bien d'après les principaux interprètes de la tradition, le sacrifié (et non pas Isaac) mentionné seulement comme "le fils" dans le Coran. Que Obrou en profite pour dire qu'il n'y a pas de filiation dans le Coran, alors que que le roi du Maroc est descendant du prophète et qu'Obrou est d'ascendance marocaine fait bien rire. Mais on peut aller plus loin, et évoquer le "Jésus fils de Marie" qui tout en affirmant faire une place quasi oecuménique à Jésus en réinterpréte complètement l'existence et le message: là encore la réinterprétation agressive du passé est la marque des prétentions islamiques. 

    Les dhimmis : Obrou se met en colère ! Ce serait une plaisanterie !  S'il n'y avait pas eu ce statut il n'y aurait eu plus aucun juif ni chrétien dans le monde musulman (étrange saillie, à relents menaçants ou embrouillés).  Le dhimmi a un statut sacral, et paie pour être protégé par la contribution du sang du musulman, qui lui paie la zakhat ! Statut humilié du mécréant interdit de porter les armes il fut aboli dans l'empire ottoman entre 1840 et 1860. Et tous les juifs ont quitté le monde arabe dans sa totalité dans les années 50 et 60. 

    Et puis une sortie confuse en un français avec accent qui donne envie de marchander, sur l'inocuité de l'islam, avec une admirable saillie sur la plupart des musulmans qui ne lisent pas le Coran et ne le comprennent pas... 

    Car il faut comprendre. Vient alors l'impossible de la lecture du Coran sans être prévenu. Nous le voilà donc, et les différents contextes type de versets sont indispensables à connaitre. L'abrogeant et l'abrogé, les circonstances de la révélation, les versets principiels qui appellent à la paix, à la justice, au pardon, il y a les versets circonstanciels qui correspondent à une agressivité.

    Pour l'esclavagisme, un morceau de bravoure: il n'a pas été aboli (si mais en 1960 sur le marché aux esclaves de Ryad), mais "encadré dans la perspective de l'affranchissement" et là, la totale:  

    "c'est à dire que la prise en considération du modèle anthropologique du moment coranique n'est pas une canonisation de ce modèle, mais une prise en considération dans un compromis entre la valeur absolue et la réalité anthropologique des Arabes tout simplement. Malheureusement les intégristes, ils veulent reproduire l'anthropologie arabe pour pouvoir appliquer le Coran à la lettre. Ils inversent un peu le centre de gravité." 

    Au coeur de la différence entre islam et islamisme, et l'obligation de ne pas faire d'amalgame. L'argument reste pourtant étrange et associe le Coran au modèle anthropologique des arabes de l'époque, ce qu'on croyait avoir compris, mais semble en déduire la validité de ce message indépendamment de ce à quoi on l'excuse donc de correspondre. Mais pour dire quoi ? 

    On continue avec Maimonide, qu'il a lu en Arabe, et qui introduit la théologie dans la religion juive. Et alors ?

    Et puis, la pensée arabo musulmane enseignée au Moyen-Age à Paris et Saint Thomas et Albert le grand tout cela est "né" de la rencontre avec la pensée philosophique arabo-musulmane. Ce rappel véhément de nos origines de la part d'un vendeur à postériori fait fi de certaines réalités. D'abord que l'apport fut surtout celui de traductions d'Aristote issues des arabes, ensuite que la pensée arabo-musulmane fut surtout combattue sous la figure du "maudit Averroes".  Quand à dire qu'il y a de l'intrication voire de la subversion... C'est pourtant ce qu'a dit De Libera, et justement la figure d'Averroes comme repoussoir a pu subsister comme l'introducteur non pas de l'autre musulman, mais de l'autre tout court. Et puis Averroes fut oublié par l'islam. Complètement. 

    Dire que l'islam s'est "hellénisé" est aussi un peu fort, même si c'est vrai, le "kanun" musulman ressemble au canon (cest un mot grec) romain et byzantin. La sortie sur la "pollution heureuse" soit sur l'interfécondation entre les religions par le dialogue a des relents contemporains qui ne se manifestèrent pas à l'époque, et c'est le moins qu'on puisse dire. Raymond Lulle ne voulait pas "féconder" l'islam, mais bien convertir les musulmans au christianisme... Cette pollution réciproque est ensuite bien agressive, voire prétentieuse, surtout de la part de ce qu'on connait de l'islam. Cela "sent" l'entrisme frériste, ricanement oblige. 

    Pour finir, la reconnaissance des désaccord fondamentaux est bienvenue, enfin. Ellul a donc en partie raison: la trinité ne passe pas, et théologiquement, il faut bien l'admettre, le Dieu chrétien n'est pas le Dieu musulman. Rien à voir. 

     

     

    (1) colloque sur Jacques Ellul et l'islam https://www.youtube.com/watch?v=hZLAsAFOUFY

  • Les Occidentaux

    Alors que le dossier palestinien s'enrichit d'une action de notre part (le nous c'est nous et ceux que nous avons élu) (1), et que pourtant on sait à ce sujet certaines choses, voir le dossier, on peut s'interroger sur ce que cela dit de nous. 

    D'abord les faits: la Palestine est dans l'état décrit ici. Reconnaitre son "État" c'est précisément refuser de reconnaitre cet état là, pitoyable, corrompu, tyrannique et cruel. On distingue Hamas et OLP  ? On a tort, l'un et l'autre, corrompus jusqu'au coeur, qui n'ont pas organisé d'élection depuis dix ans, vivent de subsides, et tyrannisent leurs populations avec une police secrète gangstérisée. Ils se haïssent. Que faisons-nous de tout cela ? D'abord on s'en prend à notre semblable (Israël) en puissance et en raison, que l'on accuse de ne pas faire "ce qu'il faut". Au lieu de se soumettre au gangstérisme, à la mauvaise foi et à la corruption de peuples du tiers monde revendicateurs et fanatiques, irrédentistes religieux et culturels, et qui plus est manipulés par des fascistes, ici comme ailleurs, les frères musulmans, exploiteurs de la surinfection civilisationnelle qu'est l'islam régressif en train d'exploser face à la modernité, il (Israël) résiste et tente par la seule chose raisonnable, la violence institutionnelle et militaire organisée, d'éradiquer le prurit. 

    Israël réduit le Hamas comme nous devrions réduire les trafiquants de drogue de nos cités, et comme nous aurons à le faire: déplacement de population (on vide l'aquarium), et extermination des cafards (les poissons pourris nuisibles qui sont restés). La seule méthode. Celle qui a marché en Algérie avant que nous partions et qui si nous avions détruit l'armée des frontières qui venait prendre le pouvoir, nous aurait permis de rester faire suer le burnous encore quelque temps, mais hélas à un cout qui aurait été rédhibitoire à moins d'instaurer un vrai apartheid ce qui n'était déjà plus possible. Nous étions à 1 contre 10 et nous aurions raté les trente glorieuses, serions resté scotchés dans notre misère rurale, et cela des deux côtés de la méditerranée. Il fallait partir, mais nous avions vaincu la lèpre.

    Israël a un autre équilibre démographique, à égalité avec les arabes sur son territoire global (Israël + Gaza + Cisjordanie) avec 7 millions de juifs et 7 millions d'arabes. Il est donc en capacité de gérer un État juif qui donnerait assez de droits aux arabes pour développer économiquement et culturellement au sein d'un ensemble modernisé qui pourrait avec le temps devenir un peu moins confessionnel, aussi bien du côté juif que du côté musulman, cette sécularisation, inévitable, pouvant à terme tout résoudre. Il n'y a pas d'autre solution. Tout le monde sait cela, et c'est l'évidence morale et géopolitique, souhaitée d'ailleurs par toute la région, qui sait très bien qu'on ne pourra jamais rien faire avec ce peuple palestinien sans Nation, tout à fait incapable de se gérer lui-même.

    Mais "nous" ne comprenons pas cela et exposons au monde notre incapacité car nous sommes prisonniers d'un point de vue civilisationnel (aussi paralysant que la glèbe islamique) qui nous condamne à ne voir qu'un présent éternel, celui de notre lâcheté qui pense, en reculant l'exercice possible de notre violence et en y renonçant de fait, limiter celle des autres ou la rendre acceptable, voire supportable. Nous préférons instaurer un état de violence perpétuel à notre détriment quitte à souffrir partiellement, plutôt que de tenter par notre violence légitime, de le réduire. 

    C'est exactement la politique européenne actuelle en matière d'immigration: on tolère par moralisme une élévation sensible de l'insécurité due à un phénomène qu'on refuse de contrôler car il nous salirait les mains. Plutôt dix fois plus de femmes violées tant que toutes ne le sont pas, c'est le prix à payer de la modernité. On accepte la violence arabe causée par la haine éternelle qu'on nous voue, à quoi s'ajoute donc le mépris. Voilà la stratégie.

    Macron généralise avec la reconnaissance de la Palestine l'abaissement humilié d'un Occident en déclin sur toutes ses frontières. L'abjection c'est lui et c'est nous.

    L'un des arguments en faveur de la paix par la "reconnaissance" de l'abcès, plutôt que par son éradication, est que l'application de la force serait une impasse: au bout de deux ans, le Hamas n'est toujours pas éradiqué. Reconnaitre que la chose est difficile et nécessitera sans doute encore plus de temps contredit-il le fait que la stratégie de subventions aux réfugiés, et de maintien du dialogue avec les entités de résistance (ce qui est expliqué en (1)) n'ait changé en rien le projet palestinien d'éradication d'Israël toujours vivace après 80 ans ?

    La chose ne semble pas troubler les tenants de la théorie de l'impasse militaire, qui continuent de penser, non pas qu'ils vont réussir à faire la paix (ils savent que cela n'est pas possible) mais qu'ils auront eux la paix, morale, et sans doute militaire, provisoirement, et en plus se feront bien voir par leurs arabes à eux, avec qui ils ont exactement le même problème. 

    La réalité est que l'éradication complète du pouvoir insurrectionnel palestinien qui n'a jamais pu être envisagé jusque-là, à cause des coalitions bien pensantes qui existaient d'ailleurs en Israël même (le pauvre Rabin en fut l'illustration) est maintenant à portée, et aussi à portée idéologique. Bien plus qu'à aucun moment de l'histoire n'apparait en effet l'éclatante vérité et qui est que la "Palestine" n'est pas une Nation, mais un cloaque manipulé par le fascisme frériste, ennemi internationalisé de l'humanité, et que nous avons une occasion de réduire. Le faire disparaitre dans la bande de Gaza, même si cela prend un an de plus est possible et doit être fait. Allez Netanyahou! 

     

    (1) le dossier reconnaissance de l'"Etat" de Palestine : https://www.causeur.fr/reconnaitre-la-palestine-le-jour-du-nouvel-an-hebraique-roch-hachana-le-22-septembre-appose-un-sombre-sceau-dans-lhistoire-316408

     

  • Les allocations non contributives

    Allocations non contributives

    Se pose encore et ce n'est pas la première fois, la question des allocations sociales non contributives, en l'occurrence les allocations étatiques hors assurances sociales décidées en faveur de certaines catégories de la population qu'on souhaite favoriser en raison de leur pauvreté excessive (vieillards, personnes sans ressources)   ou de leur rôle dans la nation ( allocations familiales, aides à la petite enfance, adultes handicapés). 

    Décidées "royalement" par la société, ces aides sont le résultat de politiques délibérées destinées à aider des personnes vivant sur notre territoire, cela au titre de la solidarité nationale. Là se pose alors la question de savoir si les étrangers, les non-citoyens, les non-nationaux sont justiciables de ces aides. 

    Revenons sur les allocations sociales contributives, c'est-à-dire attachées par voie assurantielle à une activité professionnelle dont une partie sert à payer les primes. Quels qu'en soient les montants ou les politiques d'attributions, il parait naturel, voire obligatoire d'y associer des étrangers, leurs salaires égaux par principe aux nationaux les faisant participer à égalité à la collecte permettant les allocations auxquelles ils ont naturellement droit qui font en fait partie du salaire versé. Un principe d'égalité stricte s'applique ici. 

    Les allocations sociales non contributives ont un autre rôle, et semblent avoir pour objet, au titre de la solidarité dite "nationale" de favoriser les nationaux. Prenons le cas des allocations familiales. Elles ont pour objet de favoriser la natalité française au titre d'une politique d'expansion démographique de la Nation française: quel meilleur exemple d'allocation non contributive qui n'est pas, par définition, destinée à encourager une autre natalité que la notre ? 

    Le même raisonnement semble s'appliquer aux autres allocations de ce type, qui sont toutes intentionnelles et destinées à encourager, favoriser ou faciliter la vie sur le territoire français, des français.

    Toute la question et le débat et qu'il ne semble pas que les étrangers soient concernés. En effet, dans leurs intentions, ces politiques n'ont pas pour objet à priori d'encourager la venue d'étrangers, en leur garantissant des avantages dont ils ne disposeraient pas sur leur propre sol. Bien que faisant partie de la protection sociale, ces mesures sont nationales, en ce qu'elles ont pour origine et destination une intention nationale et les nationaux.

    C'est tout le sens de l'expression "solidarité nationale", le mot "nationale" y désignant précisément la source et la destination de cette solidarité. Expression de la Nation, la solidarité s'adresserait à la Nation.

    Et bien il faut savoir que ce n'est pas le cas. Les interprétations couramment admises du droit actuel, défendues par la cour constitutionnelle, se basent sur une compréhension particulière de l'un des textes à valeur constitutionnelle, le préambule d'une constitution abandonnée, la constitution de 1946 pour affirmer que la protection sociale est indistincte et que donc les allocations non contributives en font partie, et s'applique sous certaines conditions de résidence uniquement, à tous les étrangers présents légalement sur le sol français, originaire de l'Union européenne ou non. 

    Le cout de cette interprétation est de 20 milliards d'euros par an. 

    Le préambule de la constitution de 1946, au même titre que la déclaration des droits de l'homme de 1789 est cité par la constitution de 1958 au titre de la proclamation par le peuple français de son attachement aux principes des droits de l'homme et de la souveraineté nationale tel que définis dans. 

    Nous sommes au coeur du problème.

    7144 DC 

    D'abord, il n'était pas établi que ces deux documents faisaient partie des textes à valeur constitutionnelle pouvant être cités par le conseil constitutionnel dans ses décisions. Cela aurait été établi en 1971, par la décision 7144 (3), qui décide de la non conformité d'une loi voulant vérifier à priori la légalité d'une déclaration d'association. Cette décision est basée sur le principe de la liberté d'association, considérée faisant partie des "principes fondamentaux de la république", suivant la loi de 1901 (qui proclame la liberté d'association, et remplace donc la loi Le Chapelier) ET le préambule de la constitution. 

    En fait, les choses sont plus subtiles que cela. 7144 affirme que "les principes fondamentaux" sont ceux affirmés dans le préambule de la constitution et qu'"il y a lieu" d'y adjoindre la liberté d'association. 

    << Considérant qu'au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et solennellement réaffirmés par le préambule de la Constitution il y a lieu de ranger le principe de la liberté d'association ; que ce principe est à la base des dispositions générales de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association ; qu'en vertu de ce principe les associations se constituent librement... >>

    Le fait est que pourtant, la liberté d'association n'est pas mentionnée dans les droits de l'homme de 1789, et pour cause, les ultra libéraux révolutionnaires interdirent les syndicats (Loi Le Chapelier) mais pas non plus dans le préambule de 46, ni d'ailleurs dans la constitution de 58 tout court, qui ne parle que des partis et groupements politiques. 

    Voilà toute l'affaire... 

    Disons qu'en gros, l'attribution de la valeur constitutionnelle aux deux textes en question pose deux problèmes: d'abord qu'il a conceptualisation des "principes fondamentaux" qui n'étant que principes ne peuvent qu'orienter les articles de la constitution, ensuite qu'il s'agit d'une décision jurisprudentielle déduite dans le paragraphe cité ici et qui n'est rien moins qu'allusive et en fait tout à fait indirecte, voire factice: pour affirmer que la liberté d'association est constitutionnellement imposée, on décide de la constitutionnalité de textes qui ne la mentionnent pas ! 

    Les inconvénients

    Surtout qu'il y a des inconvénients. 

    D'abord la déclaration des droits de l'homme à valeur constitutionnelle qui affirme ainsi l'égalité de tous les hommes y compris les non nationaux. Les lois françaises, en fait exclusivement celles qui leur bénéficient, s'appliquent ainsi à tous les hommes. La chose va jusqu'à l'aide à la violation de nos lois, ou du moins à l'aide au séjour illégal au nom du principe de fraternité, qui donne droit à encourager et aider l'immigration illégale. 

    Et puis il y a les droits sociaux, présentés dans le préambule de 46 sous une forme en fait ahurissante de bêtise et d'inconscience: 

    10 "La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement."

    Chose qui s'interprète par le fait que la Nation assure à TOUS les individus à portée de l'action de la Nation, c'est-à-dire résidents sur le territoire, les conditions nécessaires à son développement. 

    etc etc. 

    En particulier, les principes suivants du préambule:

    11. "Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.... "

    Mais par contre, ici la précision est étonnante: 

    12. "La Nation proclame la solidarité et l'égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales."

    Comme si les étrangers étaient dispensés complètement de ces charges, tout en pouvant profiter de leur application pour leur sauvegarde, au nom de la "solidarité nationale" qui s'impose donc ici aux français uniquement en son sens "actif".

    Et bien tout cela nous a été enquillé comme on dit. 

     

    La constitution de 1946

    On parle dans le préambule de l'"Union Française", 

    17. L'Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

    Cette chose infâme, qui fut détruite de réputation pendant les guerres d'Indochine et d'Algérie, pratiquait sans vergogne le contraire de ces principes d'égalité, en particulier les droits de vote non attribués ou pire, truqués. Fallait-il attendre toutes les décolonisations de notre part pour subir maintenant constitutionnellement la colonisation de nos colonisés ? 

     

     

     

    (0) déclaration des droits de l'homme de 1789 https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789

    (1) préambule de la constitution de 1946 https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946

    (2) préambule originel de la constitution de 1958 https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/evenements-et-manifestations-culturelles/les-revisions-de-la-constitution/constitution-du-4-octobre-1958-texte-originel.html

    (3) décision 7144 DC du 16 juillet 1971 https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1971/7144DC.htm

    (4) loi de 1901 sur les associations https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000497458

  • Les rapports

    Les rapports se succèdent depuis 2000 et le début du grand déclassement Français qu'on pourrait attribuer à l'Europe, ou simplement à l'air du temps qui lui fut synchrone. 

    Le rapport Camdessus de 2010 (Michel Camdessus, dénoncé comme le vampire qui ruina le tiers monde et la Russie, fut un président du FMI qui ne viola pas de soubrette, fut ce son catholicisme qui le contraignit ? ) est simple est clair: les finances publiques devraient être réformées pour être contrainte à respecter un plancher de recettes et un plafond de dépenses. Sinon: 

    « Nous sommes subrepticement engagés dans un processus de décrochage qui peut nous conduire, si rien n’est fait, à une situation, à terme d’une dizaine d’années, difficilement réversible. Les raisons […] résultent de nos choix collectifs et de politiques conduites depuis des décennies, beaucoup plus que d’une contrainte extérieure que nous sommes souvent tentés de retenir comme seule explication de nos maux. »

    On glosera (on l'a déjà fait) sur le splendide projet mené par un autre catholique (dont le sperme produisit l'alcoolique qui organisa les 35 heures) et qui consistait en obligeant l'Allemagne à nous donner sa monnaie, à nous permettre de nous endetter sans limites à ses frais pour réduire nos inégalités sociales, autre souci des chrétiens modernes. 

    À ce point il semblerait qu'il n'y ait pour éviter, ce qui faut bien appeler la faillite, avec la saisie de notre patrimoine par l'étranger (cela a commencé, en fait) que 3 options: 

    • diminuer les dépenses sociales
    • augmenter les impôts
    • augmenter la production

    La 3ème option, objectif majeur de tout humain positif et motivé (et de tout participant à la manne des rémunérations en rapport) serait évidemment à poursuivre. Vecteur essentiel de la catastrophe, à la fois empêchement de 3 et moyen de ne pas faire 1, la deuxième solution est ce qui actuellement proposé par 1) la gauche, 2) le bloc central. 

    L'exposé du paquet de mesures à mettre en oeuvre dans ce but, illustre bien l'intérêt de lire le "Grand Continent". Lucide et explicite, le défenseur de l'avenir, en charge depuis 25 ans, remet ça encore. 

    On notera l'absolue nécessité de l'immigration, notre dénatalité étant irrattrapable, sauf à accorder des allocations aux premiers enfants (on notera la pratique des allocations non contributives aux étrangers, et la suppression de 2015 des allocations familiales aux riches). On notera aussi le splendide "échange" de besoins entre travailleurs à faire venir et étudiants à former, les deux pratiques étant évidemment toutes deux des filières d'invasion destinées à consommer (1) intouchable et universel, on vient de le voir. 

    Et puis bien sur, la lucidité, toujours: il faut une politique pour corriger le défaut de 20% du taux d'emploi de l'immigration!  On l'imagine: à base d'alphabétisation des femmes forcées à se dévoiler sans doute, à défaut de l'interdiction du regroupement familial qui importe massivement femmes soumises du bled , et marmots destinés à faire le guet dans les points de deal. 

    On hochera la tête devant la ruée vers l'IA qui va augmenter la productivité de 20%. Ou pas. La présence de l'IA, sauf à attendre les 20 ans nécessaires à la refondation d'un système d'éducation digne de ce nom, ne pouvant impacter l'absence ou le déficit de formation en sciences et techniques, vraie raison de la désindustrialisation de la France. 

    On approuvera la nécessité de diminuer les impôts, les charges sur les entreprises les rendant non rentables, et donc non existantes, et qui active le principe suprême de l'économie qui est que l'absence de capitalisme est plus générateur d'inégalités que son développement, allez donc expliquer cela au gauchiste moyen... Faire donc le contraire de (2)  est ainsi recommandé, et cela, pincez-moi je rêve, le monsieur il y arrive sans faire (1) ? 

    On sourira d'une deuxième offensive pour plus d'immigration cette fois qualifiée, de nouveaux talents étant indispensables, une suggestion: faciliter l'installation de leurs familles, et aussi de la splendide opportunité du marché européens de l'automobile, désormais fourni par les chinois pour la gloire de notre interdiction courageuse de l'essence et du diesel, et qui nous permettra de leur imposer des partenariats stratégiques ! 

    Démasqué le Grand Continent ! Pour incontinence ! Pour se chier dessus à ce point sur les deux sujets majeurs (en fait 3 en comptant la décarbonation) qui justifient la destruction immédiate de l'erreur géopolitique majeure qu'est la construction de l'Union européenne actuelle ! 

    Et puis surtout, il y a le reste. Surprenant comme certains "rapports" peuvent sembler différents des autres.

    On va commencer par l'IFRAP, et ses remarques désagréables sur des économies à faire sous forme non pas d'arrêts de subventions et de mise à la rue des handicapés mentaux, mais bien de suppression de postes de fonctionnaires: un million de plus que dans l'OCDE toute chose étant égales par ailleurs, les fonctionnaires travaillent trop: un seul guichet pour toutes les 47 allocations sociales sauvegarderait 10 milliards d'euros en frais de fonctionnement. 

    On passera par la politique dite de la ville, consistant à construire puis à reconstruire les médiathèques et autres écoles maternelles que chaque émeute urbaine massive incendie et pille, puis squatte pour vendre de la  drogue: 8 milliards d'euros annuels tout compris, au lieu des 600 millions que le ministre de la ville, une gourde prouvée ainsi incompétente, prétend gérer. 

    On n'y compte pas les allocations sociales non contributives de 15 milliards d'euros annuels, destinés à encourager les étrangers à faire des enfants, mieux se loger comme chez nous, vivre sans travailler (RSA), vivre handicapé etc etc. 

    Que la crevure qui chiale sur notre dette et qui dégage la semaine prochaine aille au diable ! 

    Restant néanmoins optimistes, les ptits neuropéens oublient ainsi que les échéances sont passées. Le mur est là. 

  • Les antisémitismes

    Un juif belge raconte l'histoire de sa famille(1): son père est venu d'Autriche, son grand-père de Pologne et son arrière-grand-père de Russie, tous chassés par les pogromes des XIXème et XXème siècle. Devra-t-il quitter la Belgique ? Il y a pense, les juifs sont 30 000 en Belgique, un pays qui s'intéresse beaucoup à un génocide qui n'a pas lieu. 

    Manifestations, débats au parlement enflammés, personnalités émues dès le soir du 7 octobre, par la résistance palestinienne, extrême perméabilité, sans retenue, pour des informations en provenance exclusive de ce qui n'est, depuis le début, qu'une opération de communication. Absence de relativisation, de mesure, et unanimité. Pays des personnes moquées en France comme imbéciles, la Belgique s'illustre de plus en plus comme tel, hélas. 

    Un tel empressement, une telle unanimité ressemble fort, et beaucoup de juifs paniquent, à du bien connu: s'installerait-il au centre de l'Europe ce qui n'avait que reflué et qui avait mal fini ? Faut il partir ? C'est la question. 

    Les 3 façons de se plaindre

    Il faut bien distinguer d'abord deux niveaux de protestation, en fait trois, si on élimine tout de suite la simple protestation, profondément ridicule et sans objet, pour des évènements lointains, très inférieurs en intensité à bien d'autres, demeurés ignorés (500 000 pour chaque guerre en Syrie, Yemen, Irak sans aucun émoi, seul le musulman peut égorger le musulman sans qu'on s'en plaigne, qui sait pourquoi ? ). 

    Le premier est le mal-être général, le mal social politique existentiel qui ravage les populations malgré toutes les "bonnes" gouvernances, tout le monde à "le cul qui lui gratte" et les sociétés dans leurs contorsions font bien des malheureux. 

    Le deuxième niveau est un mal particulier, représentatif (en quelque sorte) et surtout évident, mais pour des raisons souterraines. Ce mal là est celui du "bouc émissaire", phénomène pourtant bien connu, qui va du simple travers de langage à l'extermination de masse, l'histoire est faite pour être consultée. Ce qu'on appelle l'antisémitisme, et c'est son vrai nom, est précisément cela, l'identité juive, culturellement enchassée séculairement au sein des deux civilisations qui cohabitent actuellement pour leurs malheurs respectifs, n'étant que le point de focalisation "normal" du phénomène. 

    Voilà donc ma thèse: il faut un sparagmos (je n'utilise pas là à dessein, l'expression bouc émissaire, mais on se comprend) et c'est normal que ce soit le "juif" qui soit choisi. Le sparagmos est une violence collective ritualisée et c'est tout. Un sacrifice ultra violent, un lynchage sacrificiel. Cette "normalité" du choix est le refus de l'essentialisation, précisément, contrairement à ce qu'on pourrait croire. En effet, le "complexe" juif historique, culturel et aussi "récemment" culturel, la Shoah étant à part entière élément de la culture mondiale, maintenant, est suffisamment délimité, entouré, cadré etc pour être devenu et cela à la limite "plus qu'avant", le candidat idéal pour la chose. Cela non pas parce que le juif est élu par Dieu, jalousé, irrédentiste etc, mais parcequ'il est LÀ, candidat volontaire, et aussi, cela va être la partie délicate de ma démonstration, parce qu'il en "rajoute". 

    Un mot au sujet du motif "commun" à l'islam et à la chrétienté: les deux mondes qui se superposent en Europe, ce qui entraine fatalement des frictions (tu parles) ont séculairement et "familialement" intégré le motif "juif" dans leurs détestations collectives opérant le sparagmos purgatif. Cela renforce donc le caractère idéal du choix de la victime, au delà des explications qui ne sont de fait que "secondaires". On utilise le fétiche le plus adapté, celui qui fonctionne le mieux, et depuis le plus longtemps et surtout pour tout le monde. Le reste est de la "branlette intellectuelle", intéressante, certes, mais aussi "essentialisante", et cela nuit, on va le voir. 

    L'antisémitisme n'a rien à avoir avec la haine des juifs

    Bref, l'antisémitisme n'a rien à voir avec la haine des juifs (bon, si, un peu, en fait), en ce qu'il pourrait être défini précisément comme  "participation au rituel collectif de l'expression publique d'une haine souterraine destinée à réconcilier un inavouable". Voyez avec Girard pour les précisions. Ces rituels collectifs qu'on pourrait croire réservés aux barbares sont maintenant de retour partout, et y compris, cela pourrait être une surprise, dans le fameux Occident super civilisé, qui se montre ces temps-ci, il faut le dire, à nouveau "défaillant" et c'est un euphémisme. Comme on vient de le voir, c'est le signifiant "juif" qui a bien sûr été sélectionné pour recevoir cette haine, je dirais, "comme d'hab". Vouloir donc, par ce qu'on est juif, ou sympathisant, détourner la haine collective vers autre chose est donc insatisfaisant pour traiter le problème et c'est ce que je voulais dire. 

    Cette définition a plusieurs avantages, d'abord d'innocenter les protestataires de bonne foi: ce n'est pas parce qu'ils haïssent les juifs qu'ils manifestent contre le génocide, ni même parce qu'abrutis par des propagandes ils croient à tort à des génocides ou des famines qui n'existent pas, c'est parce qu'ils se laissent aller à une "panique" (ce qui vient du Dieu Pan), à un délire collectif, dont les effets seconds, non voulus en quelque sorte, seront des persécutions variées dont seront victimes de parfaits innocents, simplement victimes du fait d'être identifiés en rapport avec l'objet de la haine publique. 

    L'antisémite est donc celui qui se laisse aller à une détestation collective qu'il croit pouvoir expliquer. Il détesterait les homosexuels, ou les fumeurs de pipe, que cela serait la même chose. Là ce sont les juifs, et il dit pourquoi: sionisme, colonialisme, génocide agnagna agnagna. Les résultats sont gravissimes car générateurs de toute espèce de violente, collective, sanguinaire, folle. La lie de l'humanité se déverse dans ces collectifs haineux et la plus innoncente oie blanche qui hurle "free palestine" participe ainsi au repas des corbeaux dans les charniers immondes des innocents arrachés à la vie car ils passaient par là... Et qu'on ne dise pas qu'il faille venger l'horreur ! Si pour venger le bébé sacrifié, il fallait aussi manger son frère, et bien cela ne me conviendrait pas, au contraire. 

    C'est la fameuse anaphore d'Aymeric Caron: anti colonialiste, anti nucléaire, anti capitaliste,  anti bassine, anti corrida, anti spéciste, ... anti ... génocide! Qui illustre admirablement la dérive décrite ici qui aboutit dans la concentration de l'"anti" en miraculeuse réduction "at genocidum" vers le signifiant principal de tout ce qu'on hait et qui mérite mobilisation, suivez mon regard. Délirant dégeulis de haine pure et immonde saloperie humaine, vous n'avez pas fini d'empuantir l'univers. 

    A ce point, on s'arrête. Il est de la responsabilité des humains que de reconnaitre ce délire, de la haïr lui, et de ne jamais s'y livrer. Responsabilité morale ? Révélation chrétienne de l'horreur du sacrifice ? Vrai souci des faibles ? Transreligieuse, et transculturelle, anthropologique comme son contraire, cette essence de la morale, cette obligation essentielle doit être mise au dessus de tout.

    C'est pourquoi il ne faut pas parler de "bouc émissaire", allusion vicieuse à un rituel juif qu'on pourrait détester et utiliser comme justification du choix de la victime "nécessaire", nécessairement juive ( pas le bouc, bien sûr). C'est pourquoi aussi, il ne faut pas parler d'"holocauste" pour la même raison. Comme si les juifs se sacrifiaient eux-même (et puis quoi encore?). Le mot "Shoah" mot hébreu pour désigner le meurtre des juifs (en parlant du vent) est lui aussi , et c'est ma thèse ici, de trop. C'est bien haine sordide essentielle origine des meurtres injustes, éternelle et commune à tous, y compris aux juifs, qu'il faut dénoncer. 

    C'est la faute aux juifs

    Cette simplification abusive de la définition du vrai mal me permet alors (et ainsi) de me livrer à mon antisémitisme à moi, et qui considère "exagérée" (je vous avais prévenu) la plainte des juifs au sujet d'attaques à leurs égards qui ne sont qu'innocences collectives livrées au délire meurtrier humain et dirigées vers eux, les juifs, que parce qu'ils sont là. La biche ne peut porter plainte contre le léopard... Ce jugement va jusqu'à (presque) considérer le génocide nazi comme un détail de l'histoire, car il y en eut d'autres, peut être moins modernes, industrialisés, ou récents et commis par l'une des nations les plus civilisées du monde. Ce point de vue peut être extrême ne veut pas excuser ou relativiser l'horreur, j'en donne au contraire ici une explication globale qui va bien au delà du simple accident exceptionnel, ou du destin obligé d'une seule race qu'elle soit allemande ou juive. C'est bien toute l'humanité qui est concernée, comme coupable et comme victime. 

    Et puis, il existe, de la part des traditions juives, un sens exprimé de la responsabilité humaine de vérifier de par la loi, et sa relation responsable à Dieu, de la moralité exacte de ses actes. Je dirais, mais ce n'est qu'une dérive provisoire à mes principes explicatifs, que cette responsabilité là n'est que l'un des aspects de ce qu'on déteste derrière les bons sentiments attribués aux juifs (ceux là , toujours à se croire supérieurs aux autres, etc), et qui "expliquerait" qu'on les ait choisis pour les haïr. Mais je ne le dis pas. 

    Par contre, il est vrai que "les juifs", en fait un complexe antipersécutions par ailleurs justifié (au moins par l'histoire) et donc compréhensible, et soutenu par bien d'autres que les adeptes du judaïsme, a mis en avant la moralité propre au judaïsme, ou à ceux qui "vont dans leur sens" pour dénoncer la vilénie de ceux qui les "critiquent" ou qui se contente de ne vouloir que les "critiquer". Cette vilénie étant attribuée immédiatement à l'extrême du mal. 

    Qui sont les "juifs" en ce sens ? D'abord, les juifs eux-mêmes, qui se plaisent à se voir tels familialement en un sens qui va au-delà de la famille et bien sûr de la religion. L'appartenance ou l'identité, bref quelque chose de complexe, explicable et en gros justifié pour qui a un peu réfléchi la question. Mais il y a les autres, ceux qui "prennent exemple"  et qui donc ont compris l'irrédentisme juif tel qu'il se veut lui-même d'ailleurs: une appartenance qu'on pourrait croire "raciste" et qui d'ailleurs l'est, strictement, on y reviendra, mais non inclusive ! Et puis il y a ceux qui profitent, et qui derrière l'exemple,  instrumentalisent.

    Cela sera mon premier reproche: l'affaire Dreyfus ne fut pas complètement "pure" et symbolisa, déjà, non pas seulement l'antisémitisme moderne, mais aussi ce qui le justifia au moins partiellement. Car suivre l'exemple c'est aussi faire la chasse à ceux qui ne le suivent pas, voire à profiter que tout le monde ne le suive pas pour diviser l'humanité. Non pas entre juifs et non juifs, mais entre bons et méchants, distinguable suivant que l'on suit certains rituels, ceux qu'on s'invente. Nous sommes là au coeur du monde moderne et le juif fut d'abord politiquement de gauche. La "revanche de Dreyfus" murmura Maurras, pourtant traitre à son propre anti-germanisme, et Zola clairement exagéra.

    Cela au delà de l'hommage à l'honneur français restauré par la réhabilitation d'un innocent qui n'avait pas à être sacrifié. Car le fait est là: Dreyfus ne fut pas un juif persécuté, il fut un innocent sacrifié et notre honneur de français fut de saisir cet aspect là, c'est Péguy, c'est la vraie France qui réussit à élever la chose jusqu'à ce point, très au delà de la protection ou de la dénoncation de l'armée, ou de la gauche. C'est ainsi la France qui fut sauvée avec Dreyfus, et pas un juif ou la gauche... 

    Cependant, cela ne fut pas interprété comme cela par tout le monde, et loin de là: Dreyfus fut bien un étendard politique et au combien. Qu'on le propose  pour le Panthéon pour excuser notre justice trop indulgente envers les crachats maghrébins post 7 octobre le montre bien... 

    Surtout que cette impureté là fit des petits. La LICRA (crée pour défendre l'assassin en 1926 d'un tueur de juifs ukrainien) s'instaura en protection anti raciste communautaire, avec toutes les institutions, nécessairement "de gauche" qui confondirent protection des juifs et lutte pour le communisme et ses variantes, bref en décernant les brevets d'antisémitisme au grès de leurs passions politiques variées. La lutte contre l'antisémitisme de Lepen, exclusivement menée au service de Mitterand (le collabo pétainiste ami de Bousquet) fut largement hors de propos et l'immigrationnisme juif mené au nom du souvenir de sa propre arrivée de Pologne, fit aussi du tort à la France. Aux juifs aussi, qui se trouvent dotés, après 40 ans de militantisme sans frontières, de millions de maghrébins qui boivent la haine de leurs bienfaiteurs à la mamelle... 

    L'exemple juif

    Revenons à l'"exemple" juif. Il a un très beau côté, et je voudrais là me rattraper. Car il suffit donc de "faire comme eux" et c'est le principe de la communication de l'être juif au monde, qui se matérialise et c'est le meilleur exemple par la transmission au monde du principe et concept de "nation", à la fois non partageable (tu n'es pas de ma nation) et commun (comme moi, tu as ta nation). Reconnaitre cette transmission, cet exemple, c'est "être juif" ou du moins partager assez avec cet être-là pour être purifié (...) de toute espèce de haine particulière envers ces gens. Ils donnèrent culturellement les idées de nation et de loi à l'humanité, remettons donc les têtes de leurs rois aux frontons de nos cathédrales, au minimum...

    Suis-je un "philosémite" au sens de Todd, qui les définit comme des antisémites (obsédés par les  juifs) d'un type particulier ? Surtout que je vais jusqu'à me féliciter de la mort ignominieuse de Sinouhar et que je considère que les meurtres de civils pour se faire connaitre on déshonoré et invalidé pour toujours la "cause" palestienne, et cela depuis le début. Mais cela est du à mon vrai racisme, celui que j'éprouve pour les envahisseurs migrants musulmans qui selon moi doivent rester chez eux civiliser leur propre civilisation, comme tout le monde.

    En parlant de "racisme", il est tout à fait exact par contre, que l'identité juive, telle qu'on peut la percevoir à leur contact est "raciste" au sens ou cela est interdit aux français ordinaires de l'être. Voilà qui est simplement dit, et cela fut exprimé aussi cruellement que cela par des antiracistes idéologues de gauche qui au nom de l'antiracisme généralisé firent venir les ennemis des juifs en France: en gros seuls les étrangers et les juifs peuvent revendiquer leurs identités en France.

    Mieux ! Des tenants patentés d'un irrédentisme familial ontologique condamnèrent ainsi moralement le nationalisme français au nom d'un déshonneur meurtrier consommé soit disant pendant la guerre mondiale, alors que oui, la survie de 90 % des juifs français (et de 40% des juifs étrangers) fut énormément facilitée par la lâcheté française, c'est à dire par le pétainisme qui instaura la zone libre et qui évita aux français de trop se concentrer sur la lutte physique avec l'occupant. Mentionner cela couta très cher à un Eric Zemmour, par exemple... La dénonciation exagérée d'un Pétain qui aurait été plus antisémite que lâche fut une instrumentalisation contre les Gaullistes derrière lesquels se cachaient aussi les résistants de la dernière heure qu'on éborgna au passage mais sans le dire, c'est le sens de la reconnaissance par Chirac de la responsabilité de l'Etat français. 

    Bref, en matière de racisme, on pourrait, quand on pense à la puissance antiantisémite des 40 dernières années, ressentir de mauvais sentiments. Car l'antiracisme au  nom des juifs était en même temps indulgent envers Israël, c'est tout le drame actuel, quand s'est noué, avec la destruction de la gauche l'alliance des gauchistes avec les socialistes bien trop sionistes... Les trostkystes, longtemps hypocritement alliés de la social démocratie, ce qui fit faire de belles carrières à  beaucoup, sont maintenant émancipés et peuvent donc revenir aux fondamentaux évidents. Quitte à souffler sur bien des braises et notamment celles des haines traditionnelles de nouveaux arrivés qu'on encourage au lieu de vexer... 

    Cela se fait à l'insu, dans le déni ou tout simplement l'ignorance complète de ces fondamentaux mêmes, d'ailleurs. Un Macron ignorant qu'il n'y aura jamais deux états, reconnait LE état palestinien, c'est à dire la nécessité de la destruction de l'état juif, que Rima Hassan nous décrit en détails à la télévision sous les regards attentifs de journalistes à peine conscient de ce qu'on leur explique.

    Quand l'immonde Netanyahou, considéré comme le Hitler juif (un Hitler sans prépuce comme humoriste fameux dans une absolument hilarante saillie nous l'expliqua, il voulait nous faire rire) reproche, cette fois absolument à raison, que céder au Hamas c'est "rallumer l'incendie antisémite", on lui répond que proférer ce reproche pourtant absolument fondé et dans les bons termes, l'antisémitisme est bien un incendie collectif qu'on ne maitrise qu'à grand peine, on lui répond, donc, que dire cela est abject.

    Un point au sujet de la "critique" de la politique du monstre. Il ne s'agit évidemment pas d'une "critique", qui pourrait se laisser aller en expliquer les tenants, mais bien de "dénoncer" l'inacceptable corruption du monsieur, criminel au pouvoir indument, qui entraine son pays tout entier dans l'abjection, au point de nuire à son existence même. Une telle "critique" se trouve donc être en elle même, un appel haineux à la violence  contre un pays et tous ceux qui défendent ce qui est déclaré indéfendable. Quelle belle définition... des juifs ! Abject, en effet. 

    Un autre point au sujet de l'étrange parenté entre Netanyahou et Poutine, les deux boucs maudits des dénonciations "critiques" de l'abjection: ils partagent vilainie, corruption, cruauté et nécessité de les lyncher. Non ? 

    Ce qui est abject, c'est l'ignorance et la bêtise de dirigeants incultes incompétants jusqu'au trognon et qu'un peuple mal en point a élu deux fois, pour éviter l'abjection de ... l'antisémitisme essentiel de strème droate. L'ignorance est bien celle du vrai danger et qui produit la stimulation des haines collectives, que la prétention, l'inculture et la bêtise de dirigeants perdus stimulent et mieux, encouragent ! Car on sait que c'est haïssable, et donc on le convoque comme ennemi à haïr: acculé entre deux détestations le "bloc central" se drape dans sa vertu, juste avant de disparaitre et de laisser sa place à ce qui va devenir la violence. Alors pour unifier, on convoque la haine comme peur de la guerre: funeste tactique ! Et pour calmer la rue arabe, on "critique" Israël.

    Car il y a aussi l'Etat juif, Israël, et on a déjà assez parlé. Sa destruction est dans toutes les têtes, et le sionisme devient officiellement idéologie raciste, alors il n'est qu'un nationalisme, celui qu'on révère en Ukraine (là ils est dans la réalité agité par des néo nazis ex tueurs de juifs) et qu'on déteste en France (il gêne la souveraineté européenne, la seule qui compte). 

    Il convient d'être là dessus très ferme: force doit revenir aux monopoles (avec un s) de la violence qu'elle soit Israélienne ou Russe, ou même Française quand le bon sens de la vraie autorité reviendra chez nous, un jour, Inch Allah. Car seule la violence centralisée, sacralisée par le droit se doit d'avoir droit de cité, et certainement pas ni les dénonciations morales ni les déclarations de souveraineté absurde ou empruntées. La violence n'est pas "parole" mais écrasement physique par la force de l'Etat, injustice et mort d'enfants innocents laissés injustement par leurs parents dans des voitures volées ou des écoles proches d'usines d'armements. Elle ne s'arrange pas avec les fausses déclaration d'injustice, les ressentiments identitaires, les haines recuites et tout ce qui alimente l'ignominie suprême dénoncée ici. 

    IL fut de bon ton pendant toute la période moderne de lui opposer les "engagement", "condamnation" et autre révoltes d'impuissants qui criaillent leurs fausses conception de la politique ou du droit. Cette attitude de ressentiment, propre aux faibles, exigeante et hurlante est celle de cette perversion du jugement qu'on appelle la gauche et qui mène la lie de l'humanité à participer, inconsciente aux révolutions sanglantes, et donc à provoquer les années de malheur qui suivent. Le gout du sang des foules déchainées n'est que l'enfer du futur "qui chante". 

    Et bien ce mode d'activation des "idéaux politiques" est maitenant durablement installé comme seul moyen de motiver et de communiquer les engagements politiques, c'est à dire les actions politiques. Au nom de l'efficacité sans doute. L'antisémitisme, donc, comme seule politique de notre temps. 

     

     

     

     

     

     

     

    (1) Joel Rubinfeld sur "Mosaique" https://www.youtube.com/watch?v=R-OAaO4W6Fk

  • Le mécréant

    Je suis un mécréant. C'est-à-dire un incroyant actif. Non pas un "agnostique" préservant tout le religieux en faisant semblant de "ne pas savoir" afin de me réserver la possibilité de me convertir au dernier moment, voire dans cinq minutes si vous vous montrez convaincant, mais un athée effectif absolument persuadé par principe qu'il ne peut y avoir de surnaturel et qu'absolument aucune espèce de Dieu ne peut avoir créé le monde, ou ne peut veiller à son présent ou son avenir, et aussi, et c'est tout le problème, que tous les discours, dogmes textes disant le contraire sont absolument faux et dénués de signification intrinsèque. 

    Bien sûr, le mécréant est honnête homme et je suis respectueux des personnes, que je reconnais dotées de droits, et donc du droit de croire à tout ce qui ne me nuit pas directement. Le mécréant est laïque et reconnait à la personne privée l'absolue liberté de pratiquer collectivement ou individuellement les cultes qui leur conviennent pourvu que je ne sois pas obligé de croire ou de faire semblant de croire des choses que je rejette intellectuellement ou qui me répugnent. Mieux ! Je réclame le droit de dire publiquement que je rejette ces choses, ou qu'elles me répugnent, mais cela dans la mesure ou je ne nuis pas physiquement aux symboles ou personnes en question. Je veux pouvoir dire que le Coran est un tissu d'âneries révoltantes, MAIS je ne me permettrais jamais de le brûler en public ou même d'évoquer la chose, ni non plus de vouloir ou même d'évoquer ma volonté de me torcher avec. Les textes religieux méritent d'être qualifiés ou ridiculisés comme contenus informationnels, pas comme objets de culte ou de respect surtout si ce culte ou ce respect est le fait des milliards de personnes. 

    Il faut noter que la différence religion/fidèle est difficile à maintenir et à manifester. Après tout manquer de respect envers une parole divine exprimée telle qu'elle est crue par un fidèle, c'est offenser ce fidèle... Toute l'affaire est de contrôler ce manque de respect entre l'insulte et l'irrévérence, entre le blasphème et la déconstruction. Dans ces affaires, même si ce qui considéré blasphème peut l'être à tort ou même discutablement à tort, il est perçu comme tel et la chose doit être considérée quitte engager le fer: un texte religieux reste un texte et même si (c'est le cas du Coran) il est protégé des critiques par son caractère "divin", c'est-à-dire par la proclamation fidéiste qu'il est d'origine surnaturelle, je dois pouvoir affirmer que ce n'est pas le cas, respectueusement. Et ce point n'est pas négociable: nier cette possibilité revient à me faire la guerre, sainte ou pas, et la guerre est une mauvaise chose, elle autorise la violence... 

    Ces précautions doivent être complétées par le respect essentiel que l'on doit de toute façon aux manifestations du religieux, c'est-à-dire à ses textes, symboles ou traditions en tant que  manifestations anthropologiques. Ils font partie de l'humanité et de son histoire et ont, en tout état de cause, acquis une valeur irréfragable, celle que l'on accorde aux humains et aussi à leurs ancêtres, soit les vivants et aussi les morts. Mes ancêtres étaient croyants, et je ne peux ni ne doit les insulter à distance. Mon espèce même fut croyante et le nier est absurde. On peut même dire à ce propos qu'en fait, du simple fait de cet héritage, Dieu existe !  

    Dénoncer des textes reste ainsi effectivement un peu dérisoire (c'est l'histoire de la claque à sa grand-mère), et la dénonciation des croyances injustifiées de fidèles que donc l'on vexe reste tout le problème déjà évoqué. C'est donc dur d'être mécréant, mais je le suis quand même après avoir pris les précautions qui s'imposent, et qui ne rassurent que moi-même, voulant me laver par avance des impuretés ou maladresses qu'on pourrait me reprocher et qui me désoleraient. 

    On en vient donc à la première des victimes de ma mécréance, le Coran, ou plus exactement à l'assemblage des textes variés qui font de l'islam sunnite un ensemble de traditions quoiqu'on en dise unifié et identifié. Point d'interprétations variées ou de compréhensions indulgentes d'un corpus dont on ne peut dire au pire, que l'on se débrouille pour ne pas l'appliquer tant il est inapplicable. Quoique contenant à l'évidence des injonctions morales honnêtes à destination d'honnêtes gens, il est d'abord formé d'obligations et de réglementations visant à encadrer la vie des "fidèles" dans un étau de croyances tel que la seule spiritualité qui semble s'en dégager et cela sera ma critique première, n'est que la contemplation éperdue et terrifiée de son inflexibilité. Allah EST l'obligation de croire en lui et cette autoréférence que je qualifierai d'infernale, tant son efficacité est grande fait de l'islam, la religion des soumis, le plus terrible noeud au cerveau qui soit. La terreur du divin prouvée par elle-même et comment s'en sortir ? 

    Bien qu'on puisse dériver de ces terribles obligations bien des calmes profonds et des morales humanistes, l'essence de ce religieux-là est bien tourné vers Dieu directement, et l'islam, malgré sa rigueur rationalisante et à part quelques manifestations superstitieuses accessoires (les djins ou anges comme scories du passé ne comptant pas pour grand-chose) reste fondamentalement une religion totalement réaliste, dont le surnaturel est exclu, sauf la sacralité du Coran qui concentre tout le magique de cette religion-là. Le christianisme, en comparaison, est perclus de magies diverses depuis les mystères théologiques d'un monothéisme qui ne l'est pas vraiment jusqu'à la présence réelle et tous les saints. 

    Il faut par contre y rajouter (au Coran) les enfers et les menaces de supplices dans l'au-delà (le Coran en est rempli), pour compléter les choses et relativiser le matérialisme islamique prétendu.

     De plus, le contenu des textes est proprement largement atterrant et aberrant. On commencera donc par ce qu'on peut appeler les cinq piliers, déjà énumérés ici: sexualité avec les mineurs, réglementation de l'esclavage, amputation des voleurs, peine de mort pour les apostats, et discrimination des infidèles. Le caractère haïssable et insupportable de ces paroles divines là fait du Coran et de ses interprétations et commentaires sunnites qui tous confirment les atterrants et aberrants principes devrait être définitivement la preuve non pas seulement de sa fausseté mais de sa nocivité. Car la critique va jusque-là: le contenu même de cette religion est pernicieux et inacceptable. 

    On a évoqué les côtés inapplicables de ces principes et le fait que la civilisation nommée Islam (avec un grand i) a fait ce qu'elle a pu pour empêcher ou limiter dans sa plus grande extension géographique les pratiques mentionnées. Mais la règle qu'on ne peut abolir reste là, à la disposition de tout raidissement de toute doctrine pacifiée. Parents cools séduits par la modernité, renoncez y , mais attention: vos enfants sont là, l'âme pure prête à fouiller la bibliothèque pour y trouver des pépites et hop !  C'est reparti. Surtout que de larges espaces islamiques pratiquent d'une manière ou d'une autre par la bande ou au nom des "traditions" le mariage des enfants ou tout simplement l'esclavage, la chose n'étant pas religieusement repoussée, ou susceptible d'une pratique "éthique". La peine de mort pour les apostats non appliquée en tant que telle considère toujours très grave la chose, tous les pays du maghreb par exemple, proscrivent tout simplement tout prosélytisme chrétien dans une société officiellement islamique et qui entend le rester. 

    Ignorer, nier, démentir ou sous-estimer cette pression constante de principes archaïques et en fait barbares dans des sociétés établies et souveraines ne peut faire penser qu'à deux choses. D'abord que le monde n'est pas et ne peut être "universel": les libertés religieuses admises en Occident n'existent pas dans les sociétés du sud, et il faut y inclure non seulement le Maghreb, mais bien évidement le Pakistan, le BenglaDesh, l'Indonésie et la Malaisie. Mazette et il faut le savoir. L'idéologie islamiste, cruelle, méchante et inflexible est là, et demeure. 

    Ensuite que les musulmans présents sur notre sol ne peuvent ignorer ces libertés-là et leur absence ailleurs, et réaliser l'interdiction qui leur est opposée, et cela pour toujours, de réaliser même en principe en Occident la mise en correspondance des lois positives avec la loi musulmane, définitivement hors sol sur tous ces points. Ma mécréance à moi s'exprime ainsi par l'absolue volonté de ne jamais vivre suivant ces principes-là que je juge honteux, inacceptables et déshonorants. Allah et. ses lois me sont étrangers et je le refuse absolument. J'exige le droit de le dire en public et de tenter de convaincre mes compatriotes musulmans qu'ils se déshonorent à croire en ces choses, si du moins ils ont connaissance du contenu effectif de la religion qu'ils pratiquent, ce qui fait que ce déshonneur affirmé, qu'ils pourraient prendre pour une insulte, n'est en fait que le qualificatif évident de ce qu'ils ignorent et dont ils ne sont pas responsables, ayant été manipulés, ou endoctrinés par les hypocrites au courant de ces choses. 

    Il faut bien comprendre aussi que l'appartenance identitaire de ceux qui vivent dans ce culte là fait partie du sort de l'humanité souffrante, et qu'à partir du droit d'avoir une identité ancrée dans l'histoire, on peut dériver l'adhésion volontaire à l'insupportable symbolisé à condition d'en relativiser les aspects littéraux. 

    On pourrait théoriser ici, à l'attention de  Houria Bouteldja le nécessaire "éveil" à venir des musulmans envers leur civilisation et ses inconvénients identitaires. Pour réaliser l'amour sur terre, il va bien falloir que l'ex colonisé reconnaisse et intègre la barbarie de ces pratiques et symboles et s'excuse officiellement des méfaits commis par ces ancêtres en son nom. Le privilège musulman doit ainsi être débunké pour rompre avec la terrible responsabilité que portent les criminels musulmans pour tous les crimes contre l'humanité commis au nom du Coran. On ajoutera que cette responsabilité est spirituelle, car c'est bien la symbolique religieuse portée par l'islam, (encore une fois, il faut lire ses textes) qui est porteuse de cette culpabilité, et pas la faiblesse humaine des musulmans. Comparons avec le christianisme, qui quelque soit la vilainie des blancs, ne contient en lui même, aucun appel à la violence ou à la punition des mécréants...

    La mécréance revendiquée est il un "wokisme de droite" ? On pourrait ainsi se poser la question, tant il semble important de renverser la situation et de mettre cul par dessus tête des discours publics qui deviennent absolument insupportables. Il s'agit bien de refuser et de marquer négativement, voire de conspuer et de moquer systématiquement tout ce qui se rattache à l'islamisme sous toutes ses formes, depuis le respect à porter à la Mosquée de Paris, en charge de se goinfrer de l'argent du hallal pour le compte de l'Algérie, jusqu'à l'accusation infâme de "génocide" portée par les soutiens d'assassins fanatiques agissant pour le complot des frères musulmans, lui génocidaire par définition et dont les discours sont absolument transparents sur la question, depuis ses textes sacrés eux mêmes, jusqu'aux proclamations hystériques qu'il n'a jamais cessé de faire pendant toute son histoire.  

    Au delà des excès wokistes, de la cancel culture et de la volonté de rédemption explicite, tous excès délirants du fascisme woke et indigéniste, il convient d'abord d'affirmer le droit à la mécréance et le refus explicite public des textes fanatiques à rendre explicites et publics. Les hadiths de l'islam sunnites sont textuellement inacceptables, la preuve les voici ! A rebours de la cancel culture, il convient d'appliquer la stratégie de la lumière: voilà l'interprétation officielle donnée par les traditions sunnites de la lecture du Coran: pédophilie, esclavage, tortures publiques, oppression raciste, et cela est révoltant. Mentir ou minimiser l'abjection de ces écrits, préceptes et proclamations est déshonorant. Qui veut publiquement se déshonorer à défendre de telles abominations ? Qu'ils se désignent ! 

    Alors il y a le déni. On oppose au mécréant 1) la négation de ce qu'il affirme 2) sa volonté de nuire. Alors que (1)  est difficile à prouver (les textes sont là) mais facile à affirmer au nom de (2), on se retrouve vite dans l'accusation indistincte de racisme et bien sûr d'"islamophobie" , par ailleurs très débunkable vilainie, mais dont le volume sonore reste important. 

     

    (1) Yousef Cohen dans ses oeuvres https://youtu.be/eaL8ol--0mA

    (2) Jack explique en détails https://www.youtube.com/watch?v=-xJirYC2MwQ

  • Les Trois Niveaux

    Nous voilà plongés dans un monde virtuel apparemment exclusivement composés de masques et d'artifices, d'émotions et de paroles verbales exprimant insultes, condamnations et expressions rituelles. Un monde de folie douce, en fait, à la fois fascinant et insupportable. De fait, comme nous n'y croyons pas vraiment, force est bien d'admettre que cette folie là n'est qu'une partie du monde, en fait une simple couche, quoiqu'épaisse, qui recouvre le réel. La couche du réel, en dessous, demeure et on peut s'y ancrer, pour réfléchir, se souvenir et ... rigoler. 

    Nous voilà donc avec un monde formé de deux niveaux d'interactions, au moins.

    Le monde réel est celui des paroles décrivant des actions menées ou à mener, et dont les mensonges peuvent être décryptés ou reconnus raisonnablement. Le monde de la diplomatie, par exemple, déjà évoqué ici. C'est aussi le monde des vraies guerres, menée avec des stratégies objectives meurtrières raisonnables et ... victorieuses. Bref, il. y règne des rationalités opératives, tournées vers la réalisation d'objectifs tangibles: paix, prospérité et la défense de ses intérêts à défaut de ceux des autres, s'ils nous profitent. Ce que la civilisation a apporté à l'humanité, par-delà les anarchies violentes des mondes barbares. 

    Ce monde contenait autrefois un tissu informationnel en rapport avec sa rationalité: et qui fut même célébré comme hors du monde, à force d'objectivité, et de capacité à juger des oppositions entre les acteurs avec objectivité. Et bien c'est fini, le monde réel semble dépourvu de représentation officielle, tout a été absorbé par le monde virtuel, lui purement informationnel et qui n'est relié à son sous-bassement que par les liens ténus et fantasques des intérêts, des corruptions et des préjugés idéologiques affirmés avec violence et souvent aussi avec non sens, tout simplement. 

    La contemplation désespérée ou amusée des interactions de la folie virtuelle avec ce qu'on peut prévoir et décrire raisonnablement se fait à un autre niveau, le troisième, dont on ne sait s'il est au-dessus ou en dessous du réel, tant son ancrage avec lui est de l'ordre du spirituel, c'est-à-dire de la perception extra-sensorielle basée sur les traditions, ce qui propulse l'observateur effaré du monde dans une sorte de couvent à l'écart de celui-ci, en charge de préserver les anciens écrits et de décrypter sans trêve les folies et les péchés du monde (...).

    On placera à ce niveau la partie du tissu informationnel qui tente de se démarquer de la folie tout en y participant encore, tenté qu'il est de rejoindre une folie supplémentaire, celle de la dénonciation, fake news et complotismes s'empilant les uns sur les autres. Il sera en tout cas d'une autre nature que le journalisme traditionnel, le grand-père de toute façon déjà empêtré lui-même dans les corruptions de son époque, malgré ses prétentions, et ceci car explicitement alternatif car incapable, tout puissant qu'il soit, de dominer ou supprimer le monde virtuel, maintenant marque de notre époque. 

    Peut-on imaginer d'affaiblir ou de combattre le virtuel en dénonçant ou moquant ses travers ? Tout montre que non, ces ricanements-là faisant partie du virtuel lui-même, à l'évidence, et n'ont vocation par la citation, qu'à faire vivre la folie en la rendant existante, et au combien. L'alternative doit être un niveau séparé, indépendant, et oublieux de la folie destinée aux pauvres fous, hélas dotés de pouvoirs leur permettant en actionnant les parties dures du réel d'en toucher le fond, et donc de se mettre en position, finalement, de disparaitre physiquement (Inch Allah) hélas peut-être avec nous. 

    On terminera cette évocation avec celle de Macron annonçant pour après la censure de son premier ministre la reconnaissance d'un État palestinien inexistant, et répondant à un premier ministre israélien qui lui reproche d'alimenter l'antisémitisme, que cette accusation est abjecte. Échange purement virtuel, dénué de toute signification et exclusivement destiné à gonfler des voiles à l'odeur suspecte. 

    Allez encore pour la route: après avoir acté que tout cessez-le-feu est impossible avant l'accord de paix, on s'est consacré à évoquer "sa" (celle de la "coalition des volontaires") présence armée en Ukraine après cet accord, chose déclarée absolument impossible par la Russie, avec qui on veut négocier tout en affirmant qu'on ne peut lui faire confiance...  

    Les faits faux

    Le "deuxième" niveau a d'autre part, comme conséquence de son état "virtuel" coupé des réalités, d'affirmer comme faits des mensonges caractérisés. L'affaire est d'importance, et concerne d'abord la guerre en Ukraine, dont l'information distribuée aux médias est explicitement gérée par des organisations de gestion de la perception, typiquement au niveau de l'OTAN d'une part, et aussi conjointement par l'Ukraine dont les communiqués, déclarations et publications officiels sont repris sans nuances ni vérification par nos médias et décideurs.

    Le deuxième niveau ne prend qu'une source d'informations, celle du "bon" camp et nous théorise donc, pour ce qui concerne l'évaluation de l'information en général, que l'ennemi ment et que l'ami dit la vérité. Une telle révolution dans l'appréciation des faits objectifs rapportés "par le journal" ne pourra que saisir d'angoisse les "civilisés", habitués depuis Voltaire à chercher à déterminer la vérité du monde en pesant les informations qui s'y rapportent et qui voient que ces principes n'ont maintenant plus cours dans le monde médiatique français. 

    Les exemples des pratiques pourries de ces minables tarés qui se prétendent "journalistes" sont légions et constellent telles des taches de chiasse purulente la plupart de leurs rendus. Ainsi, un immeuble bombardé dans Kiev causant la mort de quelques civils n'est jamais décrit comme abritant une usine de drones, les dommages causés à l'industrie pétrolière russe par les attaques ukrainiennes sont décrites comme paralysant la Russie, sans que ne soient jamais vraiment évoqués les dommages causés aux infrastructures ukrainiennes par les attaques russes décrites comme anticivils exclusivement, ce que le nombre de morts, extrêmement faible, dément évidemment. 

    Il y a plus grave, le niveau virtuel s'étend au monde des dirigeants français.

    Un chef d'État-major des armées françaises affirme dans un discours officiel que la Russie est une menace directe et ciblerait principalement la France. Fondée sur rien, mais attribuée explicitement à tort, cette menace qui ne repose donc sur rien intervient dans les décisions de haut niveau prises par les chefs de nos armées. Effarant.

    Encore mieux, dans une sortie hallucinante, le président français, se prend à décrire le chef d'État russe comme un "prédateur", un "ogre" avalant tout ce qui se présente à lui, et en tout cas une personne en qui on ne peut avoir confiance. Cela sur fond de "négociations de paix" il est vrai mises très récemment de force sur la table par un président américain décrié dont on critiquait la personne de manière semblable il y a quelques mois. A l'écart de tout usage, mais aussi de toute réalité, de telles déclarations témoignent du côté halluciné de la vie dans ce niveau informationnel là, qu'on pourrait croire enfumé par des herbes exotiques arrachées à la moquette où l'on se masturbe. 

    Comment puis devenir "alternatif" ? En théorisant. Cela est-il utile ? 

  • Les Influences

    On sait a posteriori beaucoup de choses sur ce qui s'est passé depuis vingt-cinq ans en Occident. Cette période correspond en gros à l'expansion de l'internet et à pratique massive par les populations d'Amérique et d'Europe, mais aussi de Chine et d'Asie. Mais aussi par une subversion complète du monde médiatique qui commence à inquiéter. 

    Bien que cherchant à éviter le trop simple "c'est la faute aux rezosocios", force est de reconnaitre qu'une certaine pratique du net, très différente du merveilleux usage intello qui nous a, nous les intellos, charmé au-delà de tout, a ravagé les pratiques sociales et les pratiques individuelles, jusque-là absorbées par la télévision. Déjà considérée malsaine par son gout trop affirmé du divertissement stupide, jugement toutefois tempéré par des séries qu'on peut considérer égales aux grands films de cinéma qu'on avait aussi méprisé en son temps, la télé fut quasiment renversée par les fameux "réseaux", dont l'influence énorme sur les divertissements, et communications collectives de tout ordre n'est plus à décrire... Ou plutôt si. De la même manière que les pouvoirs du chah d'Iran furent contestés puis détruits par les cassettes audio que se passaient les islamistes, ce qui eut aussi son heure de gloire dans l'Algérie d'avant la décennie noire, les rézos sont maintenant à l'oeuvre en Occident et font effet.

    Alors que la télévision rassemble et unifie, voire hypnotise et abrutit, le rézo excite, stimule et abrutit. Ce n'est pas la même inconscience et le média internet (quand on pense que certains disaient qu'il n'était pas un média...) ou plutôt le "médium" internet chauffe et fractionne un social manipulé qui se prépare c'est quasiment sûr à un grand n'importe quoi dont on va entendre parler. 

    L'influence sur l'internet fait appel aux émotions plutôt qu'à la raison et c'est ce qu'on reproche de toute éternité à tout médium par définition, au-delà des "bons" usages toujours possibles. Le problème de ces émotions est qu'elles sont ressenties et stimulées dans des contextes fermés de type tribal en se passant quasi complètement des intrusions "océaniques" extérieures qui permettrait de tempérer ou de contredire des flux nécessairement orientés. 

    Bien qu'il faille noter que le fractionnement des consommations informatives permet une relative égalisation des pratiques d'accès à ces informations, l'intensité des affects échangés dans chaque zone du grand espace reste une source d'isolement, isolement d'ailleurs individuel: chaque consommateur doit gérer sa purée, ou sa soupe faite de mélanges variés de substances pas toujours compatibles, pour le moins. Cette très forte individualisation du mélange informationnel, du mélange des influences est l'acquis des rézos et sa caractéristique disons "égalisatrice" qui pourrait en faire, comme tout ce qu'a généré le monde moderne comme techniques libératrices, un facteur de stabilisation de la société globale.

    Cette société globale est ainsi actuellement fortement dépendante du réseau physique des réseaux, soit l'internet, dont il est devenu absolument impossible de se passer. Même derrière des isolats du type chinois, l'interconnexion de tout reste incontournable, le pouvoir s'étant déplacé sur les plateformes de contrôles des diffusions semi-automatique de l'information. 

    La dépendance physique envers les rézos est donc aussi une dépendance envers les algorithmes de contrôle de la diffusion. Tout contrôle étant basé sur une prise d'information, il faut réaliser que l'"accès" au réseau et aux rézos n'est pas gratuit: il est payé sous la forme d'un stockage de la totalité des interactions faites avec. Cryptées ou non au préalable, il a été révélé avec Snowden que ces interactions sont décodées et stockées par les organismes d'espionnage américains depuis l'origine et que rien ne permet que cet espionnage "total" du réseau ait depuis cessé. La révélation de l'espionnage des téléphones réalisé par le système "Pégasus" devrait suffire pour faire accepter l'efficacité de cet espionnage activé du fait des failles logicielles des téléphones du commerce par la simple réception d'un message, impossible à filtrer. L'activation similaire des failles logicielles des logiciels de mail produisait les mêmes effets antérieurement. Voilà donc pour le réseau. 

    Les rézos sont gérés de la même manière: archivage systématique, et aussi utilisation systématique malgré tous les engagements pris. Facebook, on en reparlera, revendait les informations personnelles à des fins de ciblage des publicités, le grand sport du Web, toujours en cours et au combien et avec un niveau d'efficacité et de sophistication toujours augmenté. Mieux, les profils ciblés par la publicité le sont par toute l'information "poussée" vers les utilisateurs. 

    La révélation des algorithmes modifiés de Twitter et de Facebook utilisés avant l'élection de Biden en 2020 montrent que la démocratie que serait (le conditionnel est de mise) les USA a fait l'objet d'un trucage massif des élections avec la manipulation à très grande échelle (au niveau de la centaine de millions d'utilisateurs) d'informations dissimulées, tronquées ou modifiées de part la distribution sélective des nouvelles courantes concernant l'évaluation des personnes et des politiques, cela en faveur d'un candidat, et à l'initiative d'organismes centraux d'espionnage et de lutte contre la criminalité. La révélation détaillée du complot dit du "russiagate" orchestrés par les mêmes services 4 ans avant, et convoyés par les même média asservies pendant 4 ans est du même ordre, et de la même gravité. L'expression "fake news" est à l'ordre du jour. 

    Il apparait que l'Occident global n'a pas conscience de tout cela et continue à l'aveugle de vivre en hurlant dans une ambiance gouvernée par les rumeurs, opinions et algorithmes de diffusion de médias presque entièrement vérolés. La fonction journalistique, dite un moment "le quatrième pouvoir" est aujourd'hui absolument effondrée, et la plus sinistre anarchie règne dans ce domaine. Alors que les média traditionnels aux audiences en baisse constante disparaissent progressivement, remplacés par un mélange désordonné de médias alternatifs plus ou moins diffusés par les plateformes dont on a parlé, et donc soumis, eux-mêmes ne s'en rendent pas complètement compte, aux "inconvénients" du contrôle masqué et invisible des diffusions. Quelques-uns d'entre eux (on pense aux transfuges récents des grands média, Tucker Carlson (venu de Fox News) ou Joe Rogan (venu du commentaire du MMA)) atteignent une célébrité nationale, mais restent peu nombreux dans le monde fractionné décrit ici. En France, les médias traditionnels restent associés à la fachosphère, j'exagère à peine, Blast ou GQG paraissent isolés (ou bien l'algorithme qui s'occupe de moi a renoncé à me convaincre). 

    Même si l'élection de Trump a semblé montrer que certaines réactions ont eu lieu contre les manipulations peu être trop grossières du passé, les contrôles restent en place, et il n'y a aucune espèce de transparence quant à leurs activations dont les possibilités sont maintenant décuplées par l'apparition soudaine d'un nouvel acteur, l'intelligence artificielle ou IA, dont les pouvoirs énormes n'ont pas fini d'avoir des effets variés. 

    Le premier, et le plus méconnu d'entre eux, est tout simplement l'illusion conversationnelle, pratiquée massivement actuellement par une foule inconsciente qui prend l'habitude d'une béquille intellectuelle et surtout émotionnelle dont les effets sur le fonctionnement du cerveau (dépendance de tout ordre) serait réels et puissants, générant des pathologies mentales (on parle de "ia induced psychosis"). Au-delà d'une contamination de masse, qui pourrait aller jusqu'à des phénomènes comparables à la prise de drogues dangereuses (héroïnes ou phentanyl etc) on voit ici tout ce que le "contrôle" peut tirer de tout cela. L'IA étant progressivement intégrée à tous les interfaces utilisateurs, conversationnels ou non, présents sur le web, les occasions d'engager les utilisateurs du réseau dans ces types de dépendance deviennent innombrables et se concrétisent déjà. 

    Sans parler de l'usage immodéré de l'AI pour créer fausses nouvelles, fausses images etc. La virtualisation du monde, c'est-à-dire son remplacement par une pure soupe informationnelle trafiquée et manipulée est en bonne voie, et va connaitre son apogée: les individus vont avoir l'occasion de s'isoler dans des mondes artificiels à leurs convenances et à celles de ceux qui en tireront profit. Un nouvel âge de l'influence commence, dans la continuité de ce qui l'a précédé et en beaucoup plus grand. Premiers impactés, les occidentaux sont immédiatement suivis du reste de la planète, peut être protégée par des systèmes autoritaires qui ont pris la mesure du danger.

    On note que pour l'instant, l'Europe et les USA forment un seul bloc non régulé du point de vue des plateformes informationnelles, Russie et Chine s'isolant par force.