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FrancoisCarmignola

  • Les juges

    On persiste à penser qu'il y a un problème avec la justice dans ce pays, et on n'est pas le seul (1).

    D'abord, la justice n'est pas soupçonnée ou à peine: à part quelques lazzis, la plupart du temps de droite, point de doute à avoir quant à l'intégrité du juge en tant que tel: protégé tel un marcheur sur la lune par un scaphandre à toutes épreuves, jamais on n'envisagerait de surveiller ses notes de frais ou le métier de son épouse. Ceux qu'il surveille et condamne par contre, en sont à se dégouter de vivre pour justifier à chaque culotte en dentelle si elle est autorisée. 

    Ensuite il y a les lois: elles n'existent plus en tant que telles car essentiellement révisables et soumises à toutes les vérifications possibles au point d'en être virtuelles: constitution (2), cour de justice européenne, cour pénale internationale, on ne peut plus rien faire et décider d'une loi c'est décider de rien. D'où sans doute le nombre pharamineux de celles ci, on ne sait jamais dans le nombre, certaines seront acceptées et appliquées. 

    On évoquera donc la QPC source d'un travail infini pour la cour con, avec l'incompétence négative (2), argument délicieux. En gros: des principes vagues permettent aux juges de méta-controller les lois et d'y introduire leur subjectivité. 

    Et puis, il y a l'Etat, dont on contrôle le pouvoir, enfin dans un certain sens, oubliant la définition de la liberté de Montesquieu: 

    « la tranquillité d’esprit du citoyen qui provient de son opinion que le gouvernement non seulement ne l’assujettit pas, mais fait en sorte qu’il ne puisse craindre d’un autre citoyen ».

    La balance entre les deux oppressions devrait être un méta principe: est-ce le cas ? 

    En parlant de balance, la subjectivité des juges a donc lieu de s'exercer, d'abord à l'encontre des hommes politiques tous pourris et aussi des crimes sociaux, tous explicables et excusables. Et puis bien sur il y a les plaintes sociétales variées, le nombre d'associations et autre lobbies pouvant se porter partie civile étant devenu infini et l'Etat condamné pour inaction climatique n'a toujours rien fait.

    Revenons à la QPC, ou contrôle constitutionnel à postériori, qui n'est pas une condition exclusive de l'Etat de droit et dont on abuse. 

    Tout cela fait partie de ces réformes "libérales" accumulées par des pourtant tenants de l'autorité (Giscard, Chirac, Sarkozy) qui affaiblirent délibérément l'Etat en le livrant au juridique. A des fins de modernisation on fit exactement comme Louis XVI: en rétablissant les parlements, il se priva de la possibilité de réformer et cela finit mal. 

    Faudra-t-il une révolution pour abolir ce fatras juridique d'un trait de plume ? 

     

    (1) Eric Schoettl  sur les juges https://www.revuedesdeuxmondes.fr/jean-eric-schoettl-droits-chacun-interets-de-tous/

     

    (2) L'incompétence négative analysée: https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/l-incompetence-negative-dans-la-qpc-de-la-double-negation-a-la-double-incomprehension

  • Les échiquiers

    On a lu le "grand échiquier" de Brzezinski, prénom Zbigniew. Sorti en 1997, il est totalement démodé, bien sûr, ne parlant ni du 9 septembre, ni de Poutine et pourtant tout y est, la politique et la pensée américaine y est exposée sans fard, et c'est la même aujourd'hui, quoiqu'on en dise... Utilisé comme "preuve" de la méchanceté américaine par tous les complotistes et tous les complotismes, il ne s'agit pas d'en tirer quoi que ce soit en ce sens, simplement ce qui est logique de penser en tant qu'américain quand on regarde le monde. 

    D'autre part, il suffit de lire, et la position actuelle des "occidentaux" telle qu'elle est exprimée actuellement au sujet est très exactement ce qui est décrit dans le livre. 

    Allons à l'essentiel. 

    L'Amérique "est" hégémonique, point. La Russie post soviétique est trop faible pour partager l'hégémon, point. Son projet géopolitique, seul projet qui lui reste après la fin de l'empire et du communisme est donc de coopérer avec l'Europe et l'Amérique. Ici le mot "coopérer" est bien sur le sens de la coopération entretenue par l'Europe avec les USA... 

    C'est le seul moyen de récupérer son rang et de se moderniser.

    L'alternative, faire avec d'autre une alliance visant à contrer l'hégémonie américaine "n'est pas souhaitable". Elle se ferait à l'avantage de la Chine, qui elle pourrait revendiquer des territoires, ce qui n'est pas le cas de l'Europe. 

    En revanche, pour être acceptée dans le club, la Russie doit 1) renoncer à toute ambition impériale 2) cesser de craindre les alliances entre l'Europe de l'Est et l'Amérique. Et pour cela, la reconnaissance de l'existence séparée de l'Ukraine est fondamentale. 

    Et voilà. Les considérations suivantes sont accessoires : la Russie n'a pas encore son Ataturk (on est en 1997), et prétendre imposer à des pays des restrictions à sa politique étrangère (rejoindre l'OTAN) sous des prétextes variés n'est pas acceptable. L'hégemon est absolu, il est celui de la Grèce dans un monde "mélien" : Athènes ne négocie pas avec des puissances inférieures: elle assiège Mélos qui voulait rester neutre, tue les hommes et met en esclavage le reste. 

    Avant de crier avec les complotistes, comme dans un certain nombre de cas, il se révèle qu'il n'y a pas complot du tout: c'est écrit dans "Mein Kampf" ou dans "Le grand échiquier", il suffit de lire et les choses sont claires. 

    Brzezinski là devient visionnaire: 

    « En revanche, l’intégration de l’Ukraine bouleverse les certitudes les plus enracinées. L’admettre, c’est reconnaître que le destin de ce pays ne dépend plus d’un lien organique avec la Russie. La survie de l’Ukraine comme État indépendant suppose qu’elle s’arrime fermement à l’Europe centrale et s’émancipe de la région eurasienne. En toute logique, il lui revient de partager les liens que l’Europe centrale entretient avec l’OTAN et l’Union européenne. L’attitude de la Russie sur ce sujet servira de révélateur : aura-t-elle choisi de devenir un acteur européen, ou, rejetant cette option, s’entêtera-t-elle à poursuivre une identité eurasienne et un destin solitaire, émaillé de conflits avec son proche voisin ? »

    Ainsi les choses sont claires: la Russie doit rompre avec le rêve funeste de l'Eurasie. Le carrefour des carrefours doit se normaliser et abandonner la tentative grecque de fusionner avec la Perse, la Viking d'avec les slaves, la Mongole d'avec les turcs. Tout cela pour partager avec l'Ukraine les subventions européennes sous la protection militaire Américaine. 

    On sent derrière tout ça la, très justifiée historiquement, haine féroce du Polonais envers la Russie, et l'apatride fanatisme envers son maitre d'un revanchard haineux... 

    Bien sur, il y a plus, et l'évocation gourmande d'un toujours possible "flirt" entre la France et la Russie comme déjà plusieurs fois dans l'histoire, le montre: l'Amérique ne veut pas d'une souveraineté alliée à son est, l'Europe ne doit pas s'allier à la Russie comme ensemble souverain. C'est ce qu'explique Del Valle (2) qui ajoute qu'à la fin de leur vie, aussi bien Georges Kennan (3) que Brzezinscki lui même ont expliqué qu'en fait cela était une erreur totale, et que cela précipiterait la Russie vers la Chine. 

    De fait, la sous estimation de la Russie et sa perception comme un pays failli est une erreur monumentale. Obama, élu en 2008, architecte du Maidan et aussi de la catastrophe Daech est le plus taré de tous les présidents US. Avoir laissé un keynian prendre les US fut une erreur monumentale de la part de l'Occident... 

     

    (1) Friedman et Stratfor : https://blogs.mediapart.fr/jocegaly/blog/170515/g-friedman-c-est-cynique-amoral-mais-ca-marche-discours-au-council-foreign-relations-de-chicago

    (2) Del Valle sur l'Ukraine: https://www.youtube.com/watch?v=iVGDj2m_VWs

    (3) Georges Kennan https://fr.wikipedia.org/wiki/George_F._Kennan

  • Les élections législatives

    Pour mieux se confronter à la réalité, il convient de donner son avis dans les phases intermédiaires, alors que le destin n'a pas encore frappé. 

    Au lendemain du premier tour des élections législatives, "Ensemble" a une microscopique avance 25,75/25,66 sur la NUPES, d'après le ministère de l'intérieur, débunkant ainsi la fake news du Monde qui à 6h30 annonce toujours sur son site le chiffre 26,10/25,81 en faveur de NUPES en vigueur à 22 h la veille... Incompétence et propagande quand tu nous tiens... 

    Bon, Mélanchon s'est planté en fait, et des sondages récents lui donnaient beaucoup plus, sa prétention à être premier ministre, qui lui était monté à la tête, était vaine. Macron reste, en dépit de toute rationalité, de tout examen objectif de sa personne, de ses politiques, et de son entourage, au pouvoir. 

    Une majorité relative ? On ne voit pas bien si elle lui sera gênante, tant la NUPES, vaste coalition de carpes et de lapins et qui va exploser dès la semaine prochaine, si cela n'est pas le cas dés celle-ci, n'a pas d'existence et que son échec est patent, malgré tous les cris de victoire. Maintenant cible unique de tous, son islamo gauchisme assurera une majorité absolue à son adversaire et il pourra partir en retraite la tête relevée, à défaut d'être haute.

    La France s'abandonne à sa déprime prudente et l'indexation des retraites en quoi les retraités croient, plus le chèque carburant qui a calmé les gilets jaunes déjà calmés par leur oeil en moins, ont suffit à persuader tout le monde que tout va continuer comme avant. Education, Immigration, Industrie, Dette, Agriculture sont en ruines, l'Europe est un dégueulis belliciste sans stratégie ni puissance qui va se faire saigner à blanc, et tout le monde est content. 

    J'ai espéré une victoire Russe rapide, avant les présidentielles, puis une plus lente, avant les législatives. L'Ukraine a tenu jusque-là, sans que le moindre débat, la moindre prudence, la moindre lucidité ne change rien à la course à l'abime qui se continua en silence. Aucune information, aucune explication, un tombereau de mensonges éhontés, et d'indicibles stupidités. 

    Electeur de Zemmour, j'ai fait zinc % , encore pire que d'habitude et donc me réfugie dans ma tristesse. Je m'en vais voter NUPES, tient, la semaine prochaine, cela me fera passer pour un mec ouvert dans certains milieux et me permettra encore une fois de perdre, je vais finir par aimer ça. 

     

  • Les guerres en Ukraine

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  • Les totalitarismes

    L'Occident est en train de devenir totalitaire. C'est l'explication que toute l'opposition au monde actuel est en train de réfléchir et discuter, à différents niveaux. 

    Jusqu'ici caractérisé par son "libéralisme" qui même rendu "néo" par les résidus marxistosistes restait marqué par la victoire symbolique de 91 sur le totalitarisme soviétique, et encore, on passa l'éponge sur le goulag, la distinction entre totalitarisme immoral des nazis et totalitarisme moral attribué au bolchos restait  présente, les vieux cons devenus capitalistes exigeant qu'on respecte leur adolescence, car seul le nazisme était immoral et encore, sauf Azov. Après tout le wolfangel n'est qu'un Z barré et en cela excuse Ouradour sur Glane; bref nous voilà dans le sujet. 

    Les 3 caractéristiques du totalitarisme

    Qu'est-ce que le totalitarisme ? Je dirais 3 choses: une langue, celle de Klamperer, le mot image imposé se devant d'être utilisé pour penser et agir sur le seul réel disponible; une contrainte permanente, la douleur faible devant toujours permettre de garder à l'esprit qu'elle peut s'accentuer si besoin ou par faute; un ennemi collectif identifié avec qui par définition il n'est pas possible physiquement et moralement de négocier. 

    Il faut bien sûr se référer à Arendt et je voudrais exposer ici que je ne suis pas d'accord avec elle, au moins sur certains points, en particulier sur le caractère soi-disant "banal" du mal totalitaire. Le totalitaire est civilisationnel et culturel et se trouve un mode de gouvernement et de domination. 

    Tout d'abord, les 3 caractères du totalitaire sont ceux du dressage ordinaire, et l'éducation qu'elle soit celle des enfants ou des chiens est basée sur ces 3 principes. Système de communication, de maintien et de collectivisation, système de domination tout simplement. Soumis à une vie dans un espace totalitaire, le chien, ou le chinois sont d'accord et acceptent leur sort. L'éduqué aussi, et le caractère non totalitaire d'une éducation n'est du qu'à l'autonomie qu'a su garder l'individu malgré son dressage et qu'on ne lui a pas inculqué, par définition, de force. 

    La liberté d'esprit et la liberté tout court est ce qui survit à l'éducation, charge aux professeurs d'en parler de temps en temps, pour être sûr que leur dressage a échoué au final, heureusement. Certains cours sont ainsi assuré par des profs bizarres, qui à contre-emploi, s'efforcent de montrer l'exemple de l'indiscipline, de l'autonomie, de la liberté et de l'indépendance d'esprit. 

    Les grandes distinctions

    Mais il faut bien sûr passer d'abord par les grandes distinctions classiques du politique rappelées par Arend. 

    D'abord les types de domination (aristocratie, démocratie, autocratie) qui identifient l'entité en charge du pouvoir, ensuite le mode de gouvernement suivant qu'il sépare ou non formation et exécution des lois, ce qui distingue la raison du despotisme. Kant en établissant cela pose tout le débat: la liberté c'est la loi, et la démocratie a deux sens suivant qu'on l'identifie à la liberté ou au pouvoir. Cet admirable mic mac est le terrain de jeux des manipulations, des hypocrisies et aussi de l'histoire... 

    On introduira alors deux axes supplémentaires, l'un de Montesquieu qui introduisit la notion du principe accepté du pouvoir (vertu, honneur ou crainte) et ainsi les notions d'homme public et privé,  l'autre de Machiavel qui introduit les notions de politique intérieure et extérieure. Les deux dualités sont constitutives de tout système de pouvoir et on pourra y voir son caractère d'"ouvert" ou de "fermé".

    Le totalitaire serait alors ce qui dissout les deux distinctions: l'individu est entièrement public et le gouvernement mondial. 

    On commencera par l'individu: l'homme citoyen est égal à tous les autres, et l'homme individu différent de tous les autres. La distinction vie privée, vie publique est fondamentale car elle distingue droit et morale et fonde par là même le possible du droit respecté. Le totalitarisme s'opprime la distinction: la loi règle la morale et la représente. Par là même elle interdit à la personne d'être plus indulgente ou plus sévère que la loi, elle abolit donc le jugement moral, devenu inutile car, forcément, entièrement assuré par la loi. L'homme n'est plus juge, ni de lui-même, ni des autres ni de rien: la loi s'assure complètement de régler toute évaluation. 

    On continue avec le gouvernement mondial: l'homme n'a pas de nation et pas de région, sinon un département dans une administration mondiale, une sous préfecture de l'unique pouvoir. Cela pour sa paix: toute appartenance fractionnaire est source de revendication territoriale ou sociale et se trouve un facteur de guerre. Soumis à une unique loi, on y revient toujours, l'individu n'a qu'un seul président. Le dissident porte atteinte à la paix et se trouve donc fauteur et cause de guerre et du mal suprême: il est donc l'objet de la guerre civile, la guerre juste, la seule, celle que va lui faire le monde entier qui l'entoure. 

    Les lumières

    Il faut bien comprendre que ces deux formes extrêmes de l'oppression sont d'abord des idéaux fondamentaux issus des lumières du XVIIIème siècles, idéaux poursuivis jusqu'à aujourd'hui par toutes les vraies élites et cultivés par les vrais philosophes ceux qui, au sommet du monde, au milieu des plus riches, se sentent investis du pouvoir de régler et d'améliorer le monde dans son ensemble. 

    On note que Kant qui parle de la confédération des peuples et de l'impératif catégorique, inspirateur du juridisme pur est l'un de ceux, sinon celui qui préside au fameux complot. Est-ce un complot ? Plutôt un rêve éveillé qui continue de bruler les coeurs, et notamment ceux des nouveaux jeunes maintenant complètement détachés des derniers feux du nazisme et du communisme et qui ne furent jamais brulés donc par les flammes de l'enfer sur terre du XXème siècle. Ils reprennent tout à zéro... 

    Il suffit pourtant d'avoir connu un militant trotskyste des années 70 pour savoir et comprendre ce qui anima un Netchaiev. Trop effrayés de ce qu'ils avaient pratiqué en secret dans leurs cénacles, les monstres se convertirent au libéralisme social pour faire leur carrière, n'osant partager ce qu'ils avaient vécu. Exactement ce qu'avaient vécu leurs pères nazis ou pétainistes ou bolcheviques : la honte éternelle et impardonnable d'avoir vibré et joui à l'assassinat nécessaire des méchants.

    Les lumières dénoncées par le cardinal Lustiger et par tous les contempteurs des droits de l'homme furent elles justiciables de toute cette infamie. On verra pourtant le concept de Nation se forger dans la révolution bien au delà des idéaux mondialisés des philosophes, comme si l'Europe avait d'abord besoin de se fractionner avant de s'unir, tout en s'unissant pourtant, et ce fut le cas de l'Allemagne, de l'Italie, voire de l'Autriche et de la Hongrie... 

     

    Contre le totalitarisme 

    Qu'est-ce qui peut s'opposer au totalitarisme ? Et bien il n'y a pas grand-chose. Une occasion unique pour les grandes philosophies adossées au christianisme et qui se sentent chargées de restaurer la grande foi que ce monde a maintenant complètement abandonnée. On pourrait conclure avec l'essence de ce qu'avec la religion, l'Occident a abandonné, c'est-à-dire le concept de "salut", seule vraie raison d'avoir besoin (on ne prie que ce qui peut rendre service) de quelque chose d'autre. Il n'y a que quelque chose d'autre qui pourra nous sauver du totalitarisme qui est déjà là... 

    Car le totalitarisme une fois en place agit. En particulier et là Arendt introduit le concept de terreur, il s'agit de rendre la situation effectivement comme on l'a prévu à l'avance. Suppression des classes et des races il faut accomplir dans le réel ce que l'on a théorisé et pour cela bien sur retirer tout obstacle à cela. 

    Le totalitarisme progressiste comme idéologie veut éliminer toute négativité. Par conséquent, sera détruit comme négatif justement tout ce qui critique et dévalorise, seul le positif acquiescement étant toléré. L'éducation et la rééducation sont donc permanentes et constituent l'axe essentiel de la domination, le dressage comme but en soi. 

    Cette boucle fermée de l'éternelle amélioration positive et positivée de soi est l'objectif et la raison d'être d'un savoir technique suprême, seule manière de faire mieux avec soi. Voilà  je crois, le ressort secret de ces formations à n'en plus finir, de ce culte omniprésent du développement personnel, seul objectif de tous. Ou presque. 

    Le groupe "reinfo covid" (1) mentionne et concrétise les deux caractères essentiels du totalitarisme mis en oeuvre lors de la folie covid. Langue et idéologie. 

    La langue

    La langue transformée du monde totalitaire est bien sûr celle qu'a décrit Klamperer, elle fut lors du covid, d'abord une tentative d'effacer le passé et tout le savoir accumulé sur le domaine à considérer: celui des maladies infectieuses. D'abord, on n'a pas un "virus" mais le Sars Cov2 ce qui radicalement différent et niveau, non pas une "grippe" mais "la" Covid. Tout le bon sens médical dispensé par la médecine fut dénié et remplacé par un langage global technocratique entièrement confisqué par l'État. Cela alla jusqu'à l'organisation d'une défiance explicite envers le conseil scientifique, par ailleurs mis en scène selon les besoins. 

    Plus généralement, on notera bien sur l'abus de mots "concepts" destinés à introduire de nouveaux objets comme radicalement nouveaux. Un exemple récent est le fameux "Conseil National de la Refondation". Scandale absolu pour le bon sens (refonder quoi? Rome?), l'histoire (le Conseil National de la Résistance arriva à la fin de la 2ème guerre mondiale, et se trouve un référent transpartisan), et bien sur pour le Conseil Economique et Social, constitutionnel et soigneusement tenu à l'écart de ce qu'on veut dire et faire. Le pouvoir s'exerce par la langue, et le nouveau pouvoir par la nouvelle langue. 

    L'Idéologie

     

    L'idéologie est un scientisme, tel que défini assez précisément en (1: 1.07) et la modélisation abusive, telle que présentée  au début de la pandémie et qui a convaincu les dirigeants occidentaux est sans doute la cause racine du basculement. Il s'agissait d'appliquer l'onction mathématique aux deux domaines collectifs les moins susceptibles d'être modélisés comme peut l'être la physique: l'épidémiologie et l'économie. Ces deux domaines, abusivement mathématisé, et cela d'ailleurs initialement afin de modéliser leurs concepts explicatifs généraux permettent à un discours public mis en oeuvre explicitement de décider péremptoirement.

    On nous annonce ainsi que 1) la modélisation épidémiologique justifie le confinement 2) la modélisation économique justifie le pass sanitaire. Deux foutaises totales que rien, absolument rien ne justifie: bien au contraire, des simples comparaisons entre pays montrent que le confinement n'eut pas d'effet globaux notables et les simples mesures montrent que le vaccin ne protégeant pas de la contamination, son obligation généralisée n'eut pas d'utilité. 

    Le scientisme qui peut se définir comme une conception profondément faussée de la science, qui vise à la considérer comme expression de la vérité sur la base d'une idôlatrie de sa méthode. Tous les discours qui imposent les fameux critères méthodologiques (échanges entre pairs, expérimentation, pratiques) comme critères du vrai sont scientistes, transformant des critères locaux pratiques en critères du vrai. Les fameux critères du "scientifique" qualifient non pas la vérité des résultats scientifiques, mais le discours scientifique lui même (celui qui organise sa réfutabilité) seule possibilité pour produire des résultats provisoirement acceptables, la "vérité" bien sur étant définitivement hors d'atteinte. 

    Outil des idéologies classiques du XXème siècle, le scientisme est aujourd'hui l'idéologie des technocrates, les membres des classes sociales élitaires sous éduquées, ou exclusivement éduquées aux savoirs utilitaires du droit et de la politique, à l'exclusion des sciences, qu'ils ignorent et ne pratiquent pas, et des techniques, jugées secondaires ou à importer. Comme idéologie et donc comme méconnaissance et ignorance, la science scientiste est instrumentalisée comme fétiche, ses tenants n'étant que des subalternes soumis au politique. Car le technique, tout comme le médical et le militaire ne sont que des domaines administrés soumis par définition et donc manipulables. Leurs vérités ne sont que de méthodes, donc de procédures à vérifier et à manipuler à loisir.  

    Formés à l'administratif, les praticiens de haut niveau de ces domaines n'ont bien sur plus de vraies compétences, juste le vernis permettant de dominer les opérationnels et de convaincre les politiques de leur donner tout pouvoir sur les carrières. Loin de la méritocratie, la soumission et l'instrumentalisation deviennent la règle: plaire est le moyen. La conséquence est actuellement en place, partout: tous les domaines techniques deviennent "consultables" c'est à dire organisables par une seule methode de direction, qui ne se trouve même plus politique, mais managériale. 

    Que vous soyez militaire, technicien ou médecin vous ne dépendez plus que du même jeu de slides qui vous hiérarchise et vous met en situation de répondre aux questions et surtout d'obéir. 

    Cette perte d'autonomie des secteurs savants est organisée, d'abord au nom de la gouvernance mondiale. Localisés dans l'OTAN, les grands groupes industriels mondiaux et les laboratoires pharmaceutiques les autonomies créatives ne sont plus nationales et ne se connectent que via les grandes alliances et les discussions transnationales. Elle caractérise aussi bien sur les entreprises "individuelles": il n'y a plus de possibilités d'individuation créative hors le passage dans la moulinette massive industrielle: point de startup qui ne soit d'abord rachetée, point d'entreprises qui ne soit contrôlée par un grand groupe ou par des alliances nécessaires. L'individu local ne peut exister: il est nécessairement inclus dans une structure organisée, qui plus est, et par définition transnationale. 

    Le religieux

    La disparition du religieux traditionnel est général et se trouve être l'une des causes du développement du totalitarisme, ou du moins un phénomène associé à son développement. Se pose alors la question du totalitarisme lui même comme phénomène religieux de remplacement.

    La question est ancienne et tient à la polémique avec le Marxisme, qui introduisit le terme "idéologie" pour désigner le capitalisme et ses soutiens intellectuels, avant de se faire désigner lui aussi comme "idéologie" (cela viendrait de Karl Mannheim dans Idéologie et Utopie). Mais avant cela, Marx décrit bien l'idéologie comme une fausse conscience auto justificatrice à l'intérieur du mécanisme de la superstructure, soumise au moteur violent de l'histoire de la lutte des classes. L'idéologie ne disparait que dans le monde de la victoire finale du prolétariat, qui abolit la distinction. 

    De fait, une telle description du monde est du religieux au sens strict, une réalité souterraine dirigeant un monde créé et qui se consume finalement dans une parousie. Un peuple élu, marqué par son destin célèbre en permanence les rituels de l'abolition de l'individu... Là se marque par contre ce qu'il y a de non chrétien dans le totalitarisme celui-ci voulant abolir l'essence du christianisme qui est l'absolutisation de l'individu, caractère de sa liberté. 

    D'une certaine manière, ce religieux là rompt avec la forme finale du religieux (si l'on peut définir le christianisme de cette manière, sa foi étant en fait abolition du religieux classique) au nom de la mécompréhension de ce qui fut à l'origine de sa décadence terminale actuelle: le refus de la responsabilité morale de l'individu qu'impose sa liberté. L'association moderne de l'état souffrant de l'homme à des circonstances extérieures (sociales ou historiques), rompit avec la seule raison de cette souffrance: l'éloignement du divin, seule justification de la foi qui anime le religieux chrétien. 

    Il ne resta alors que la nécessité du rituel, et de l'histoire totale, le tout basé sur une foi explicite en l'assujetissement du sujet. On en vient alors aux prétentions kantiennes d'Eichman, qui se prétendait bureaucrate aveugle, simplement inséré dans un système de lois. Il mentait. Persuadé par l'histoire nazie, par la supériorité de sa race et la nécessité de l'extermination des juifs, il fit ce qu'il fit avec conscience, volonté et efficacité. Le totalitarisme est voulu, car convainquant, enrichissant et vu comme nécessaire. Ses soutiens sont persuadés par sa nécessité et se battent en conscience, ne l'oublions jamais. 

    On en revient alors à ce qui peut s'opposer à cela. Je parle en connaissance de cause, car je devrais en être... Libéral, post chrétien avec ma génération, anti marxiste enfant je suis le macroniste typique et pourtant je vais voter Mélanchon presqu'à coup sur de manière à exprimer ma haine totale de cette infamie. Que m'a-t-on injecté pour que ma cutie vire de cette sorte là ? 

    Une fille de philosophe (quel macho ! Stiegler est philosophe elle même) nous explique (2) la différence entre les conceptions individuelles et collectives de l'intelligence et de l'inadaptation. Croyant en l'intelligence individuelle (alors qu'elle n'est que collective et socialisée) et donc en la bêtise individuelle (alors qu'elle n'est que collective et socialisée), le monde au pouvoir a substitué lors de la pandémie une gestion institutionnalisée des affaires publiques (en gros l'Etat Nation dont on dispose depuis le moyen âge) par une gestion déléguée, toutes les décisions et leurs mises en oeuvre étant le fait de cabinets de conseils qui ont bypassé tous les experts, tous les profs, tous les scientifiques, tous les ex ministres. Ceux ci ont inventé des moyens inédits de domination du peuple acceptés car c'était pour son bien, et qui ont remplacé défintivement tout débat, représentation ou respect d'iceux : les commissions parlementaires se sont succédées ont évoqués certains problèmes, mais cela fut sans conséquence. Le pouvoir fut reconduit. 

    Comment résister ? La dame pose la question et parle de collectifs variés, il y en a. Encore une tentative pour remplacer  ce qui l'est déjà: la démocratie traditionnelle a cessé d'exister, déjà. 

    (1) https://www.arianebilheran.com/post/interview-avec-vincent-pavan-pour-le-cnt

    (2) Un exposé récent de Stiegler: https://www.youtube.com/watch?v=Z71oV00aqxk

  • Les délires

    Qu'est-ce que le délire ? Je suis bien placé pour le savoir, tenant ici une forme de délire, justement. 

    Il s'agit d'un discours, donc une production communicable mue par ce qui semble raisonnable et non contradictoire, MAIS qui apparait en fait comme "fou" ou inadapté. Cette inadaptation, signe vrai de la folie peut être interprétée de diverses manières par exemple, comme une excentricité amusante provisoire, une exagération signifiante (il faut la retenir, celle là),  une exigence de rigueur, ou, et là on part dans le pire, un rappel au bon sens dans un cas grave. Ceci pour décréter qu'il ne s'agit pas d'un délire, en fait, simplement d'une déviation. 

    Cette déviation peut être détectée dans deux directions différentes. Car le délire, c'est d'abord cet original qui se met à parler tout seul dans le métro, exprimant tout ce qui peut interprété comme cité plus haut. Amusant ou compréhensible il est réel et cohérent simplement inapproprié et manifestement "délirant". Son auteur, qu'on a peur d'avoir à maitriser physiquement et dont on écarte le regard sera sans doute attrapé pendant le reste de son voyage. Drôle, répétant sans arrêt la même incantation, obscène ou hurlant, il mérite d'être mis à l'abri, il a perdu le "sens commun" (et non pas la raison). 

    Mais il y a aussi le monde médiatique actuel. En dix minutes de zap télévisuel, le 31 Mai, l'impression étrange d'être enfermé dans le métro, obligé d'écouter des délires variés de personnes manifestement en pleine crise de folie me saisit, et me glace... 

    D'abord les récits hallucinés des supporteurs anglais ou espagnols fuyant les gaz lacrymogènes de la police française dans les couloirs de métro de Saint Denis à 2 heures du matin dimanche, entourés d'arabes hurlants cherchant par tous les moyens à les détrousser et à les frapper, récits rapportés par des journalistes déplorant tous quelque chose de différent entre les mensonges du ministre, le silence du président, l'hypocrisie des anti racistes, l'incapacité policière, les salaires des footballeurs, que sais-je... 

    Au même moment, le ministre affirme qu'il n'y a pas eu de morts, que les faux billets étaient 30 000 (il parait qu'il n'y en eu que 3000), et que c'est la faute des anglais en fait. 

    Indifférent au football, et déjà convaincu que le département de la Seine Saint Denis, occupé à 50% par l'immigration extra européenne est invivable et doit être cédé, comme la Louisiane ou le département de Constantine, ou récupéré par la force, comme le Donbass, que sais-je, je me permets de ricaner sarcastiquement, riant de me voir pris en plein délire, celui là même que ce même ministre attribue explicitement à l'extrême droite (42% aux dernières élections présidentielles) et qualifie (bien sûr) de "nauséabond".  

    Zappant de lassitude je suis immédiatement mis en face de la mort d'un journaliste français dans un convoi humanitaire, déplorée par la frange pro-Ukrainienne des médias français (frange qui en occupe en fait la totalité, sans que cela ne le leur pose aucun problème, au contraire, l'unanimité en matière journalistique faisant maintenant foi de vérité). 

    Voulant exprimer sa tristesse navrée un commentateur se lança alors dans une diatribe qui afin d'évoquer la cruauté intentionnelle Russe, évoqua aussi les guerres (sans doute passées plus celles de l'avenir espérons-le) où on savait se tenir, un homme ça s'empêche. Un artilleur Russe prisonnier avait été condamné pour bombardement de civils aujourd'hui même. Mon éclat de rire fut bref, puis j'appuyai sur le bouton et me rua sur mon clavier pour délirer à moi tout seul. 

    Au passage j'appris qu'alors que les Pays Bas et bientôt le Danemark se privaient eux même du pétrole Russe, avec le paquet no6 des sanctions européennes âprement négociées cette semaine (pour le gaz on va attendre un peu), les USA voyaient la Russie augmenter considérablement leurs livraisons de pétrole alors même qu'ils étaient sous embargo... 

    La soirée avait commencé avec l'évocation du touriste déguisé en vieille dame qui jeta un gâteau à la crème sur la vitre qui protégeait la Joconde, cela au nom du climat. Un commentateur évoqua la tristesse identitaire de la vie moderne qui rend désespéré et anomique. 

    Ma thèse est différente. Le délire public est officiel, permanent, absolument déconnant et universel en Occident, qui est devenu complètement fou. Seuls les abrutis goinfrés de médicaments ou ivres de tout ce qu'on peut trouver ne trouvent rien à dire à tout cela. Comment réagir sinon en disant n'importe quoi ou alors en faisant n'importe quoi ? Pourquoi réagir, d'ailleurs ? 

    Non, comme dans le métro, baisser les yeux, avoir honte et passer à autre chose. À quoi ? 

     

  • Les sonates de Scarlatti

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  • Les nations

    Habermas (1) prédit la fin de l'État Nation, au nom du mondialisme et du communautarisme. Les deux forces sont puissantes et vont en sens contraire: elles détruisent le local au nom de l'universel et de son contraire. Écrasé entre l'autre qui englobe et l'autre qui concurrence, le natif, le national donc, n'a plus de motivation à soutenir l'État qui ne devient plus qu'un État de citoyens attachés à leurs droits. 

    Décrit comme Allemande donc raciale et géographique, sans parler de la langue, la nation Allemande de Fichte est pourtant différente de la nation Française de Renan, on a déjà assez opposé les deux conceptions. 

    La Nation française est donc l'expression d'une volonté et non pas d'une nature... On en vient donc à Herder, et à sa conception "naturelle" de l'humanité, naturellement segmentée en natures distinctes, toutes légitimes et par là même toutes particulières, à l'opposé de l'universel caressé par l'Esprit Français dont il critique les lumières. 

    Décrit par Taylor lui-même comme le père du relativisme culturel, Herder est donc le chantre proto nazi de la terre, du volkich (sans en vouloir la suprématie toutefois, MAIS). 

    Tout est dans le "mais". On essaiera donc d'appliquer à la volonté française le "mais" nationaliste Allemand, qui qualifiant la nature allemande comme propre et donc principale, s'attachera à établir sa suprématie, la tendance étant, elle aussi, naturelle... 

    On est là en plein dans le mécanisme de différentiation des différences opposant en dédoublement multiples les préférences terrorisées par ce qu'à quoi peut nous mener nos propres divagations. 

    Car la volonté française peut s'exercer dans les deux sens. Qui a dit qu'il ne s'agit  QUE de la volonté de venir ? Etouffé par la conception de la liberté et de la volonté, le système universaliste Européen ne donne jamais à la volonté propre, initiale, celle d'accueillir, la moindre importance... 

    Volontaire à l'entrée dans l'UE, la Turquie eut longtemps licence à cela, sa population musulmane en faisant à terme le premier pays européen ne gênant en rien les légistes, persuadés que les critères suffiraient à pacifier tout cela. 

    Heureusement que les primitifs kurdes, attachés aux meurtres d'honneur et abominablement réprimés pour leur irrédentisme ont tenu éloignée la dictature asiate passionnée de déportations de populations.  Il fallut aussi ce chef d'Etat Français d'origine hongroise qui ne pouvait imaginer coucher dans le même lit de ce qu'il avait combattu mille ans, comme de juste. Bref, la question de la volonté d'accueil se pose. 

    La demande de l'Ukraine, sanctifiée par la souffrance injuste de qui avait prévenu une agression dans l'autre sens, fut évidemment acceptée sous les hourras par l'UE et l'OTAN, le désespoir de ne pas pouvoir le faire "tout de suite" étant exprimé publiquement. La question de l'adhésion à l'OTAN, évidente, ne peut être refusée: on ne refuse pas l'adhésion à un club qui devient plus puissant à chaque nouveau membre... Ce réflexe est extrêmement puissant en Europe, qui a abandonné toute préférence "propre", toute stratégie identitaire dans son expansion. 

    Se vivant elle-même comme DEJA cosmopolite, elle ne peut admettre qu'il y ait de frein à toute nouvelle arrivée, la différence du nouveau avec elle-même, déjà pensée comme nouvelle à soi, ne pouvant qu'être nulle. 

    Que cela la rende radicalement différente de tous les autres, les puissances individualistes qui dans les faits se contentent d'exploiter à leur profit cette attitude délirante, n'est manifestement pas perçu et nous introduit ainsi au sentiment national. 

    Il est bien sur pour eux le négatif de ce triste état, conçu comme moderniste et évident par toute l'intelligentsia et toutes les élites clouées par la raison sur la croix du légalisme. Celui-ci qui a obturé tous les pores qui pouvaient exsuder ses humeurs, ses préférences, ses sécrétions, sa nature, en quelque sorte, et de fait, ses volontés et nous y sommes. 

    Ainsi donc, et c'est ce que je veux dire, il faut réhabiliter au-delà de la simple volonté d'entrer, la volonté d'accueillir, caractère à mon sens décisif de la cohésion nationale et critère de sa constitution, spécialement dans le contexte dynamique de celle-ci. 

    On peut caractériser cette volonté là dans deux directions, qui sont d'une part la liberté d'exprimer des préférences, d'autre part la légitimité à ne pas en donner de raisons. 

    La liberté est un droit de décider, à garantir, et elle permet d'exprimer le choix. La légitimité de l'expression du choix est celui de ne pas avoir à s'en justifier, le refus toujours mal perçu ne devant, par définition, pas être augmenté d'appréciations négatives qui le rendrait encore plus conflictuel.

    Il est donc essentiel de mettre en œuvre et de développer, au titre de l'élaboration de nouveaux droits, des procédures de choix collectifs destinés à exprimer des volontés collectives déterminées et explicites, mais non explicitées. De fait, le statut de citoyen doit pouvoir permettre d'exprimer la volonté nationale qui se résume en quelque sorte à la possibilité de déterminer qui peut le faire aussi. Sans ce choix, il n'y a plus de liberté et plus de nation.

    Cette association de la liberté à la nation constituée qui décide de sa constitution au sens de ce qu'elle fait et de qui elle est constituée pour en décider est fondamentale. Sa dissolution du fait de phénomènes qu'on se croit incapable de réguler est donc un crime contre la liberté mal connu. 

     

     

     

     

    (1) Habermas et l'évolution de l'Etat Nation https://www.implications-philosophiques.org/habermas-et-lavenir-de-letat-nation/

     

  • Les valeurs

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  • les hydrocarbures

    Quelques chiffres (2020) voir (1). 

    La Russie exporte au total 240 Gm3 de gaz par an dont 150 Gm3 de gaz par an vers l'Europe.

    Le Qatar, 2ème exportateur mondial, exporte 126  Gm3 par an. 

    L'Europe (UE 27) importe au total 400 Gm3 de gaz par an.

    Nord Stream2 c'est 50 Gm3, égal au pipeline Russie Chine qui ouvrira en 2025.

    L'Allemagne importe 120 Gm3 par an, le premier des importateurs de gaz. La France importe 50 Gm3, tout de même.

    La Norvège exporte 120 Gm3 de gaz par an 

    Les US exportent 25 Gm3 de gaz de schiste vers l'Europe, et pensent monter à 50 Gm3 en 5 ans. Le total de leurs exportations est de 90 Gm3. 

     

     

    Le pétrole est  à 110 $ le baril au 5 Mai 2022.

     

    La Russie exporte 10 Mbj (Millions de barils jour) de Pétrole 

    L'Europe importe 3.5 Mbj de pétrole de la Russie

    l'OPEP exporte 11 Mbj

     l'Iran pourrait fournir 1,1 Mbj

     

     

    (1) https://www.indexmundi.com/map/?t=0&v=138&r=xx&l=fr

  • Le filioque

    Il est ce qui sépare l'Orient et l'Occident (1).

    Pourtant "à l'origine" et c'est en 381 que le concile de Constantinople, dit Nicée-Constantinople l'établit, il n'est pas dans le texte originel. Les Orthodoxes ont raison, et donc Poutine a raison... 

    Cela d'ailleurs est reconnu par l'œcuménisme moderne et en 1995 on reprend les textes originaux, sans le filioque, bref on se met d'accord avec les orthodoxes (leur dénomination est parfaitement adéquate) sur l'origine, bref, ce qui est commun à tout le monde. En plus, les occidentaux reconnaissent que ce n'est qu'un ajout finalement "naturel" c'est à dire sans grande importance.  Le pape Léon en disait : "permis mais pas exigé". 

    Il faut noter de plus que la chose fut d'abord Carolingienne et c'est Charlemagne lui-même qui insista pour la chose, puis les empereurs Germaniques après l'an mille. 

    Le Saint Esprit 

    « Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père, qui est coadoré et coglorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes. »

    Le théoricien de l'Esprit Saint Basile de Césarée ajoute ainsi au Nicée 325, un Esprit Saint au rôle détaillé, mais en ligne avec le fait qu'il est "souffle de Dieu" et "procède du Père", seulement. 

    C'est ce que disait l'évangile de Jean ("esprit de vérité qui procède du père"), le paraclet (avocat, parakletos). Le mot "procéder" qui reste mystérieux, signifie ici "envoyé par le père". Le procédé, c'est la manière de faire. Procéder c'est faire de la part de quelqu'un. On a donc ici le père qui est en action avec l'Esprit et qui procède, envoie, met en action l'Esprit. Celui ci, donc, "est procédé par", on dira "procède du".  Ekporeuomenon. "Sortir de", d'une certaine manière. 

    L'ajout du "et du fils" vise à solidifier la position du fils dans la trinité, face aux hérésies arienne ou adoptionatiste. Par contre, et le patriarche Photios avec la "mystagogie du Saint Esprit", ne se privera pas de le dire, cela ouvre la voie à une forme de polythéisme, ou de modalisme, toujours les mêmes débats. 

    Tout cela dans le cadre de la définition de la trinité, la grande idée du christianisme, ce qui fait tenir l'ensemble...

    (1) Le comité oeucuménique qui explique tout https://www.usccb.org/committees/ecumenical-interreligious-affairs/le-filioque-une-question-qui-divise-leglise

  • Les guerres

    A l'occasion d'un long article sur la fin de la première guerre mondiale, (1), (2), expliquant en détails les affres du président US Wilson à l'issue de la guerre, qui se termine par un traité de Versailles, entièrement piloté par lui, et qu'il ne signe pas, finalement. 

    La SDN, embryon de l'ONU n'eut pas pour membre les USA. Partant de là, la déjà première puissance mondiale n'eut aucun rôle dans la marche diplomatique à la guerre en 38, 39 et 40. Avec les crises économiques, les fautes des diplomates et toutes les défaillances humaines et civilisationnelles du monde, on alla tout droit à la grande tragédie, bien pire que la première, et qui elle se termina bien. Enfin, "bien": on renonça à conclure, et 45 ans supplémentaire de guerre froide furent tout de même nécessaire pour clore l'épisode principal de la 1ère guerre mondiale: la révolution communiste... 

    Wilson avait des problèmes de personnalité. Ses idéaux, ses revirements, son hypocrisie anglo-saxonne et ses inimitiés font que c'est le docteur Freud en personne qui écrit un livre sur lui (avec la coopération du fameux William Bullit) et c'est l'objet de la réflexion faite ici par Patrick Weil, l'immigrationniste bien connu, en fait historien qui a retrouvé le manuscrit original et qui raconte toute l'histoire. Wilson n'est pas ce qu'on en a dit. 

    Installé 6 mois à Paris en 1919, Wilson négocie le traité basé sur les fameux 14  points, programme destiné à assurer la paix dans le monde, à tout jamais. 

    Dans le traité, une alliance militaire avec la France: elle aurait été décisive en mai 40 et tout est dit... 

    Mais les républicains au Sénat US sont inquiets des engagements à entrer en guerre induits par le traité. Wilson développe alors toute une interprétation des critères d'entrée en guerre, qui ne convainc pas. C'est alors que Henry Cabot Lodge fit témoigner , devant le Sénat le fameux Bullit , témoin des négociations et diplomate, révélant toute une série de faiblesses et de jugements négatifs sur le traité, y compris des avis tenus secrets de certains acteurs dont le secrétaire d'Etat de Wilson. 

    Wilson catastrophé fit un accident cérébral et se trouva paralysé. Refusant la mention dans le traité d'une réserve concernant la nécessité de l'accord du congrès pour toute entrée en guerre, il appelle à refuser la ratification. BANG.

    Les motivations complexes de ce refus quasi suicidaire justifient les questions sur la folie de Wilson, liée apparemment à sa haine insensée de Cabot Lodge, l'auteur de la "réserve". 

    Les considérations sur Bullit et Wilson, personnages déchirés par l'histoire dont ils furent acteurs à un niveau décisif sont passionnantes. 

    Une conception du diplomate Bullit: le destin de l'humanité est décidé à l'échelle des temps géologiques par la géographie, à celle des siècles par la démographie, à celle des années par l'économie et à celle des jours par la psychologie, à laquelle il se consacrerait entièrement, cela s'appelle la diplomatie. Belle leçon du premier diplomate Américain de la domination du monde par les USA, celle qui commençait. 

    Celles sur la fin de la guerre de 14 aussi, bien sûr. 

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    D'abord, les 14 points. Le plus important pour Wilson était la société des Nations. Représentant des crypto bolchéviques anglo saxons, dont Bullit en fait, Wilson était le porteur de l'idée du siècle: un parlement mondial où seraient représentés toutes les forces politiques et non pas simplement les gouvernements. Idée grandiose qui fut bien sur trahie, d'où l'horrible déception des progressistes qui cherchèrent à torpiller la ratification par les US. Bullit fut bien sur un élément quasi décisif de ce refus... 

    Il s'agissait pour Wilson d'échanger auprès de Clemenceau la rive gauche du Rhin contre une garantie d'assistance à la France. Foch reprocha à Clémenceau cet échange ALORS que la ratification était en discussion au congrès Américain. Clémenceau répondit qu'on ne pouvait empêcher des Allemands de rester allemands. Il se protégea de l'annulation de l'alliance par une simple occupation temporaire de la Rhénanie, celle qui fut renforcée en 23 quand les Allemands refusèrent de payer les fameuses réparations, que les Britanniques avaient rendues énormes pour être sûr que ce ne soit pas que la France qui les reçoivent. Ces excès furent décisifs. 

    La France refusa l'union entre Autriche et Allemagne, pourtant demandée par leurs représentants respectifs... 

    De fait Wilson, et son âme damnée, le colonel House, avaient deux stratégies pour convaincre Clémenceau et Lloyd Georges: s'appuyer sur les peuples d'Europe ou négocier avec leurs chefs. Le groupe des jeunes progressistes, dont les journalistes, Bullit et bien sur Lippmann étaient les tenants du premier camp. On a donc, et c'est l'ironie et le sens de l'histoire les partisans devenus opposants à Wilson qui étaient en fait les fédéralistes mondiaux déçus qui inaugurèrent la grande confrontation du monde contre le communisme, celle où nous sommes encore. 

    Car Wilson détestait les socialistes et s'arrangeât avec Clémenceau et Lloyd Georges. Clémenceau devint l'ami de House. et misa tout pour sa stratégie d'alliance américaine conditionnée par la ratification US. 

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    Bullit eut une vie de roman, facilita l'expatriation de personnalités menacées dont bien sûr le vieux Freud (82 ans) qui dut assister sans broncher à la destruction de sa bibliothèque par des militants nazis le lendemain de l'Anschluss... 

    Appelé "Monsieur l'ambassadeur" par De Gaulle (il faut l'ambassadeur US qui décrivit à Roosevelt l'abaissement proto fasciste de Pétain arrivé au pouvoir) il fit la fin de la guerre traducteur de De Lattre et admirateur du stratège qui faisait la guerre comme un poète. 

    La suite de l'action de Bullit consista à rompre avec le Roosevelt en fin de vie qui jouait au grand dam de notre héros une politique d'"apaisement" qu'il dénonça dans un grand livre. Mais ce fut Forster Dulles qui conceptualisera pour l'histoire l'"endiguement"  en décrivant l'optique soviétique d'éradication de tout ce qui n'est pas communiste... 

    Bullit était l'anticommuniste essentiel et attribuait au seul christianisme la capacité de lutter efficacement contre le communisme. C'est pour cela qu'il différa et édulcora jusqu'au bout la publication du livre écrit avec Freud, porteur d'une théorie du christianisme comme idéal de la conjonction masculin/féminin, la passivité féminine envers le père nécessaire au devenir Dieu, cet homosexualité latente qui animait Wilson.

    Au passage on apprend (et réapprend) qu'alors que Freud n'avait pas d'hostilité envers l'homosexualité, décrite comme identification au désir de la mère envers son fils. Elle ne pouvait ni ne devait être guérie, malgré son coté tragique, surajoutant à la tragédie du désir humain en général celui de la mise au ban de la société. C'est le mouvement psychanalytique international, sa fille et ses successeurs qui développèrent la cure anti pédé et toutes les horreurs qui ont déshonoré de ce point de vue la psychanalyse (3). 

    L'analyse faite par Freud et Bullit décrit en suite Wilson comme en conflit inconscient avec son père vénéré et son opposition maniaque à Lodge, à qui il ne voulu faire aucun concession. Il préféra saboter la ratification du traité plutôt que d'y inclure une réserve d'un homme qu'il haïssait pour l'avoir humilié publiquement. 

    On terminera par la réparation de la suprême injustice, toujours objet d'avis sédimentés qui ne reposent sur rien. Dans "les conséquences économiques de la paix", Keynes, soutient la thèse du montant exagéré des réparations exigées soit disant par la rapacité française. De fait, ce montant exagéré fut obtenu par l'Angleterre en convainquant Wilson de les doubler en y incluant le paiement des pensions aux agressés dont les anglais. 

    De fait, la non-ratification des USA fragilisa la position de la France qui devint véritablement fétichiste des réparations. Et puis Clemenceau échoua à la présidence de la République (refusant en janvier 1920 le chantage de députés catholiques qui voulaient des relations diplomatiques avec le Vatican). Élu, il aurait pu pousser Lodge et Wilson à s'entendre.

    La responsabilité de Wilson reste entière: il entérina ce qui justifia la plainte Allemande et la montée de Hitler (les réparations) et empêcha que s'installe le contre feu (l'alliance France-USA). On remarquera toutefois que c'est cette alliance-là, bien plus que l'appartenance des USA  à la SDN qui manqua à l'histoire et ... détruisit la France. 

    Pour finir, c'est bien dans le projet de la SDN qu'on inventa le principe des sanctions économiques à administrer à tout agresseur... 

    La conclusion signée par Freud et Bullit: 

    « Les faits valent mieux que la foi. La vérité est une alliée plus précieuse qu’aucune divinité. »

    Bullit l'effaça, estimant sans doute, que pour lutter contre le communisme, la foi valait mieux que les faits. Le livre ne fut publié qu'en 1966... 

     

    (1) https://actualitte.com/livres/419244/le-president-est-il-devenu-fou-le-diplomate-le-psychanalyste-et-le-chef-de-l-etat

    (2) https://histoireetsociete.com/2022/05/01/le-president-est-il-devenu-fou-entretien-avec-patrick-weil/

    (3) Roudinesco sur psychanalyse et homosexualité : https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2002-1-page-7.htm

     

  • Les théories de l'esprit

    A l'occasion d'un vagabondage, (1) illustre rapidement ce qui prend des dizaines d'heures de vidéo à grasp.

    On remarquera le degré de branchitude: "grasp" plutôt que le stupide francocisisme "grasp-er" en conformance avec le jeunisme qui consiste à ne plus franciser les infinitifs de manière à s'abstraire de cette terrible faute de français qui en imposant de faire sans cesse la différence entre participe passé et infinitif humilie et abaisse le semi-francophone qu'il soit remplaçant ou remplacé, bref. 

    La "cognition" est donc modélisée comme un "flow", un processus perpétuel d'adaptation à un état de fait et non plus comme une expression d'un savoir, qu'il soit expérimental ou propositionnel. Tout est dit et nous avons la main sur le futur de l'éducation et du contrôle social. Exprimé dans l'opinion, la relation à la vérité et à juste représentation qu'on sait discutable, la cognition représentation, destinée à élaborer via le beau la phrase séduisante qui entourloupe le crétin, il faut l'éthique du vrai pour s'y soustraire, et aussi atteindre le sublime du vrai, l'absolument beau qui signe le bien du vrai.

    Le flow est adaptation pure, précise adéquation du geste et du but, l'ajustement permanent au contexte étant le rôle du système cognitif programmé pour cela. 

    On y associera les concepts de "relevance" ce qui est approprié à l'exécution de la "tache" (ouh ouh) et de "realisation" ce qui objectifie le but cherché. Il y a aussi le concept de "recursive" plus obscur, qui semble installer le processus de feedback absolument partout, entre les sous systèmes humains (perception, emotions etc) et avec l'extérieur bien sûr.

    Bref, un gourou, une théorie et la boucle de rétroaction qui vous lie au gourou via ses perceptions transmises quant à votre compréhension de ce qu'il dit, ce qui fait que non seulement il vous note, mais aussi que vous lui donnez de l'argent sachant (pardonnez-moi, je me lâche) qu'en plus il baise votre femme. Ici le gourou a des boucles d'oreilles et des tatouages mystérieux sur les bras. 

    On notera ainsi la disparition progressive en Occident du concept de vérité, la chose ayant été prouvée absolument cette année par la conjonction brutale de 3 évènements l'ayant fait disparaitre peut être pour toujours: le woke, le covid, la guerre en Ukraine donne l'occasion à l'ensemble du sociétal occidental soumis aux médias et à la démocratie de dysfonctionner complètement, donnant lieu à un unanimisme complet en faveur du médiocre, de l'absurde et du faux, guidé par l'hypocrisie cynique et peut être la franche folie. Satan règne sur le monde, et lui fait faire et dire n'importe quoi.

     Ce concept occidental de vérité est, il faut le dire, d'origine chrétienne, l'originalité fidéiste chrétienne qu'est la résurrection matérialisant complètement une chose qui pour ne pas être absurde et invraisemblable doit être absolument vraie. La chose fondant le consensus religieux ayant réussie, la vérité aussi, celle-ci étant représentée par une foi commune en un espoir fabuleux mais fondateur, dont la représentation magnifique marque tout de même magnifiquement deux mille ans d'une histoire assez glorieuse. 

    Cette époque se termine. Dernier morceau du monde occidental (si l'on excepte la Russie, mais là on a un autre problème) à avoir résisté à l'athéisme de masse, les USA viennent d'y succomber et c'est Todd qui le dit. L'abolition des vieux réflexes se généralise, et donc, nécessairement, ce qui nous rattachait à la "vérité" aussi. 

    Le dysfonctionnement global de l'Occident est patent. Il avait jusqu'ici réussi, grâce à la vérité immanente d'une foi transcendante à juguler les problèmes que posent la liberté grâce à la sainteté naturelle que lui offrait une civilisation encadrée par un souvenir encore vivant. Cela lui avait permis de vaincre les démons nazis et communistes. Il est maintenant lui-même démoniaque et va s'effondrer dans un grand incendie, cela devient son destin. 

    Comment caractériser cette perte de contact avec l'évidence ou plutôt avec ce qui jusque-là l'était ? 

    On a d'une part une exacerbation du sentiment de regret vécu face à l'abaissement d'un bien perçu, et aussi manifestation barbare de la volonté d'imposer le bien. Deux sentiments enseignés dans la morale chrétienne et qui étaient l'atténuation de l'impérium civilisationnel lié au religieux. Car le fidéisme est absolu et ne s'accommode pas de ce qu'il méprise: le religieux. Or c'est bien le religieux qui s'est effacé; et il ne reste alors que la volonté de revenir aux origines, une forme de djihadisme chrétien, qui bien sur fait fi de la sagesse originelle compréhensive que le religieux avait pour rôle de transmettre. 

    Détaillons. 

    Un bien souhaitable peut ne pas se produire, et il faut le regretter tout en le comprenant et en l'acceptant : mort d'un proche, ruine d'un commerce, bien des injustices de la vie doivent être assumées et le religieux ou ce qu'il en reste facilite cette acceptation/compréhension: fatalisme, capacité de se projeter sur ce qui reste et qui doit être protégé, refus du désespoir complet: bien des réactions positives peuvent être mobilisées pour surmonter le terrible et le navrant. Du moins pas quand d'autres sentiments du type "plus jamais ça" sont montés en épingle. Or toutes les souffrances d'aujourd'hui sont refusées par principe et exigent donc leurs exemplarités: tout est vécu comme crucifixion et exige à tort, ce qui est un contre sens, une loi pour la rendre désormais impossible, un "quoi qu'il en coute" pour mobiliser le monde entier à son service, une guerre ruineuse pour que l'éloigné ne souffre plus, bref contre ce qui nous soudainement devenus insupportable. Cette folie sociétale, qui remplit les tribunaux de "travaux de deuil", les cabinets psychiatriques d'enfants de divorcés, les lois d'alinéas débiles, les journaux de fait divers incroyables, anime notre monde en permanence, le remplissant d'ordures navrantes et désespérantes. 

    Le bien hypostasié comme le contraire de ce que notre siècle de progrès ne peut pas supporter, l'expression "au XXIème siècle , cela n'est plus possible" fait flores, doit s'imposer par la force. Sentiment barbare, celui qu'exprima Clovis lors de son catéchisme tardif, quand il se convainquit qu'avec un peloton de ses guerriers, il aurait facilement défait les gardes du mont des oliviers et sauvé Jésus, il consiste à subordonner le mal de la violence colérique au bien de la délivrance du bien, celui-ci par définition excusant tout. On sacrifie l'économie d'un pays développé aux valeurs qui consistent à garder vivant de grabataires quelques mois de plus quoi qu'il en coute, on fait la guerre à son fournisseur d'énergie pour sauver un pays corrompu qu'on croit agressé, on justifie un mois d'émeutes au nom d'un défoncé mort d'une résistance insensée à la police. Cette exagération démoniaque et imbécile de la folie violente au nom d'un idéal du bien tellement anormalement valorisé qu'il excuse, justifie et permet le mal absolu est propre au démoniaque, là encore. 

     

     

     

    (1) un méta pointeur :  https://www.psychologytoday.com/us/blog/theory-knowledge/202101/john-vervaeke-s-brilliant-4p3r-metatheory-cognition

  • Les sonates violon piano de Beethoven

    Bon, il y a 10 et groupées en opus.

    Opus 12 : no1, no2 et no3

    Opus 23, no 4 

    Opus 24: no 5  "le printemps", la délicieuse

    Opus 30 : no6, no 7, no 8 

    Toutes dédiées au Tsar Alexandre 

    Opus 47 no 9 la fameuse, dédiée au violoniste Rodolphe Kreutzer

    Opus 96 no 10

  • Les viols

    À l'occasion d'un film (1) vu par hasard, et pas si mal fait et joué, la question de la vérité se pose  : 

    "« Il n’y a pas qu’une vérité. Il y a deux perceptions différentes d’une même scène » (Benjamin Lavernhe, l’avocat de Ben Attal).

    Le film est une séance au tribunal, où LA juge est soigneusement épargnée, où l'avocate de la jeune fille se déchaine, et où on arrive à maintenir l'équilibre entre la réalité et le politiquement correct, dans cet entre deux soumis (le jeune homme s'excuse humblement à la fin) qui est soigneusement respecté au prix de l'abandon de ... la vérité. 

    Car, dans la mesure où le scénario, tout de même légèrement vicieux, l'indique, la jeune fille -en fait- se venge vicieusement d'un désarroi contre lequel elle n'a pas lutté, le reste du discours global étant le papier autour du bonbon, géré de main de maitre, il faut le dire, par le couple phare du PAF : Attal/Gainsbourg, on fait pas mieux... 

    Le jeune homme est un enfant gâté par le sort, l'intelligence et le talent (il joue du piano comme un Dieu)  du genre de ceux qui d'ordinaire passent entre les gouttes et qui là en prend tout de même cher pour ce qu'il n'avait pas l'intention véritable de commettre. Cependant, on peut faire remarquer que : 

    1) L'expression collectivement perverse mais assumée collectivement de se débaucher un peu est assez marquée.

    2) Tout de même (alcool+cannabis+coke) est-ce atténuant ou aggravant  ?

    3) Lui même largué par le partenaire d'une relation tout de même salée, voulait se venger, c'est clair.

    Le scénario, consciemment ou pas utilise le témoignage de l'ex-maitresse au grand nez pour faire passer pour "normales" les expressions obscènes et brutales assénées à la jeune juive, qui l'a mal pris, c'est clair, mais bon. D'où la phrase sur la vérité, qui moi me parait inadmissible.

    On se lancera à l'occasion dans un peu d'antisémitisme de base, le politiquement correct "critique" ici démontré tirant son équilibre miraculeux, à mon avis, de l'expression d'une culture qui n'est pas catholique. 

    Car il y a UNE vérité. Celle du réel d'une part, et aussi celle des cœurs et de l'amour, divin et unique, promu par les chrétiens comme au-delà des lois et des actes. Cette vérité je l'ai exposée plus haut, et personne n'ose la révéler.

    Le fiston gâté est un petit salopard brutal éduqué par des parents tarés avec une frénésie très "mère juive" pratiquant un féminisme qui c'est le moins qu'on puisse dire, n'est pas passé auprès de sa progéniture trop chérie, surtout avec l'exemple d'un père braguard lui-même violeur (mais avec service après-vente). Des mœurs relâchés et haïssables, des personnes soumises au sexe qui se mentent à eux-mêmes, en reconstituant des couples et familles improbables, qui en plus jouent aux "marieurs" sans vraiment de délicatesse. Donnée à une fête d'étudiants bizuteurs par son père ignorant des mœurs estudiantins quoique prof lui même, la pauvre petite est ainsi mal traitée aussi par son père et sa belle mère... 

    Pourtant la "pauvre petite" fut la maitresse d'un homme marié doté d'enfants, a dû assouvir ses envies sentimentales et sexuelles tout en étant finalement frustrée de la conclusion (le service après-vente n'avait pas fonctionné, et le divorce à son avantage n'eut pas lieu). Elle aussi avait à se venger, doublement comme enfant et femme et le fait est que la vengeance fonctionna, l'excuse finale qu'on lui décerne étant, d'après le politiquement correct, le but recherché, alors qu'il n'est que l'excuse finale qu'elle s'adresse à elle-même pour avoir ruiné la vie d'un petit salopard certes, mais cela sans avoir vraiment souffert, sinon pour d'autres raisons. 

    Maltraitée par ses parents, par un vieux qui l'a déniaisé, et aussi par un jeune de son âge, alors que c'est bien avec lui qu'elle devait vivre et s'expliquer, elle se venge avec cruauté sur le petit jeune, avec l'appui de la société et de sa justice... 

    Bon, fermons le ban. Mais mon antisémitisme est peut-être injustifié. C'est un film, ce que j'ai vu, quelqu'un l'y a mis. Attal serait-il un moraliste chrétien persuadé de la noirceur de l'âme humaine et appelant au salut ? Ou bien un intelligent cuisinier de scénario, talentueux cuisinier de tout et son contraire ? 

    Et puis, pour finir, je l'avais oublié, le témoignage de l'organisateur de la soirée, c'est lui le vrai satan, et qui est une horreur de discours soumis faux cul, en ligne avec la délirante (et quasi hilarante) plaidoirie de l'avocate décrivant sans sa largeur la théorie officielle concernant l'égoïsme masculin. 

    Les déguisements théâtraux sont diaboliques, on avait raison de les interdire, à l'époque. 

     

    (1) compte rendu du film: https://www.weculte.com/cinema-cultures/cinema-les-choses-humaines-un-film-sobre-et-fort-autour-du-viol/

  • Les libertés

    Un échange particulièrement signifiant eut lieu lors du débat Macron Le Pen, qui opposa deux faces du même argument et de la même problématique éminemment actuelle: l'opposition entre l'interdiction du port du voile et l'obligation du port du masque, deux injonctions gouvernementales impossibles ou pas à faire accepter et qui toutes les deux ressortent du domaine des libertés individuelles et des obligations nécessaires et/ou autoritaires. Bref, un sujet pour moi. 

    De fait, ce qu'on appelle le "grand reset" est dont on accuse les organisateurs et contrôleurs de la gestion de la crise sanitaire est grosso modo une réflexion sur une nécessité conjointe. En gros, l'idée est de "profiter" de l'effort civique réussi lors de l'imposition universelle du confinement pour rendre à la fois possible et nécessaire, possible parce que nécessaire, un changement d'organisation des sociétés libérales qui accepteraient de voir réformer certains de ses principes de fonctionnement au nom de l'intérêt commun. 

    On passera sur l'inquiétude que cela suscite, l'exemple chinois particulièrement terrifiant étant là pour nous montrer ce à quoi on a échappé pour l'instant: des hurlements et des suicides, la nuit, de la part des gens enfermés dans leurs immeubles, et mal nourris par l'Etat qui leur distribue leur pitance dans la gigantesque prison qu'est devenu Shangaï. 

    Un complotisme déchaîné se manifeste à propos des innocentes rêveries progressistes de Karl Schwab: il n'est pourtant que le fils d'un Suisse qui travailla avec l'Allemagne nazie mais ses mystérieux sous-entendus réformateurs restent étranges. 

    On remarquera que cette ou ces réformes portent sur les libertés, jugées pesantes et excessivement défendues par les lois. On notera que trois domaines sont dores et déjà concernés: la santé, l'environnement, l'immigration. 

    Les 3 dangers qui guettent notre monde nécessitent des réformes évidentes que les lois sur les libertés, excessivement libérales, empêchent de se déployer. Il faut donc d'urgence les abolir afin que les bonnes mesures puissent être prises, et c'est là toute l'histoire. 

    On remarquera que l'immigration que vicieusement je met dans la barque est protégée par plus que des libertés: des règlements que le progressisme environnemental et sanitaire juge absolument nécessaires et impossibles à abolir. Voyages partout, assistances sociale et médicales pour tous, abolition des frontières et des nations, on va même jusqu'à considérer les obstacles à ces nécessités réformables et finalement rendre ce phénomène second de la mondialisation, finalement similaire aux deux autres (pandémies incontrôlables et extensions planétaires des économies étant en fait du même type) non pas pernicieux et à empêcher, mais au contraire à encourager. Bing ! Une couille dans le potage et une contradiction manifeste, qui devrait contrarier aussi bien les progressistes que les conservateurs. 

    Il y a dans la théorie exposé (le Grand Reset) de sincères émois, sur la possible révolte des injustement condamnés à la pauvreté. Le mouvement BLM aux USA, en plein covid, c'est à dire en plein dans le massacre épidémique des noirs obèses (deux fois plus de morts que les blancs), en est un exemple inquiétant. Il faut ajouter que la mortalité latinos ne la cède en rien à celle des noirs, et on peut le dire, on a tué nos migrants de toute nature, chez nous les blancs, les seuls concernés vraiment par cette épidémie... Car le massacre des noirs et arabes en île de France fut à la hauteur de la cruauté scientiste... On trouve donc à Davos, un plaidoyer en faveur des dépenses sociales. Amusant et plaisant pour un natif d'une pays ruiné par icelles et qui ne s'en trouve pas mieux: le monde occidental est divers, voire carrément schizophrène, avec les même tropismes cependant: que dire de ces deux mondes l'un avec, l'autre sans -protection sociale- (soit disant) et qui assassine et intube cruellement avec entrain les mêmes populations qu'ils détestent autant ? 

    On évoque alors la jeune génération, beaucoup plus "radicale". Elle sera en pointe dans la future réinitialisation... 

    Bon, cette réinitialisation, elle est économique, sociétale, géopolitique, environnementale et technologique. Totale, quoi.

    On parlera de la gouvernance mondiale, jugée nécessaire, mais en échec, et seuls les USA seraient capables de se coordonner collectivement, uniquement sur leur territoire (ce qui est une affirmation douteuse). Quand est-il de la Chine qui a fait au moins aussi bien (mal) ? On a donc un monde, G -2 (moins les USA et la Chine, rivaux et seuls). Quand est il donc des autres, nécessairement asservis ? 

    En tout cas, la perception nette d'un monde maintenant nettement divisé en deux, introduit à une perception d'icelui décrite comme "quantique", c'est-à-dire dépendant de l'observateur nécessairement double et le réel se trouve donc clivé, la vérité ayant disparu. 

    Une remarque désagréable, que nous avons traduit (dans notre partie du clivage) comme une conséquence de notre "désindustrialisation", sans doute attribuée à la Chine elle-même: la Chine nous a en fait "aidé" humanitairement en nous envoyant les masques que nous avons obligé nos enfants à porter. Une sorte de verroterie. 

    Au sujet du choc environnemental, la nécessité d'une élite éclairée se fait jour et nous y sommes bien sur, la chose étant évoquée régulièrement par nos écolâtres, dont l'autoritarisme éducatif commence à devenir vraiment énorme... 

    Le grand reset a pour cela l'idée qu'elle est bonne: les dirigeants éclairés devraient lier leurs subventions aux engagements écologistes. Pratique essentielle de la liaison entre lumières et tyrannie planificatrice. Une idée qu'elle est bonne aussi: le covid a augmenté l'activisme social, qu'il soit protestataire ou capitalistique: y aurait-il en fait convergence des luttes écologistes hippies dépenaillées et des décisions pour notre bien prises dans les conseils éclairés ploutocratiques ? 

    Quelques mots clés: "économie sans contact", "distanciation économique", tout ce qui technologiquement va réduire la dépendance au contact humain se trouve donc en  vogue. L'ère des robots, en fait de l'automatisation des processus et donc de la traçabilisation généralisée de toutes les activités, activités que l'on ne pourra plus qualifier d'humaines, car effectuées en fait par des processus automatisés, d'où le titre. 

    Traçabilité signifie en fait deux choses, d'abord le traçage, ensuite son suivi, car une trace non suivie n'a pas d'intérêt. Il y a donc monitoring permanent de l'activité traçée. On notera le double intérêt de la chose, au-delà de la simple boucle de rétroaction managériale travaillant pour des objectifs fixés à l'avance. Il s'agit là de détecter à l'avance (une autre forme de l'avance) toute anomalie pathologique, virale ou autre, de manière à contenir explicitement le mal, maintenant à éradiquer à la racine. On pense au tracking pandémique, permettant de faire respecter le confinement, les alarmes sonnant lors des localisations hors de zones autorisées, en plus bien sur de la simple localisation simultanée d'une proie et d'un prédateur viraux dans la même zone de contamination. La boucle de rétroaction est donc maintenant resserrée, et temps réel, l'attribution d'une contamination étant maintenant certaine, et l'attribution du mal maintenant micro-décidable, disons le clairement: individuellement. 

    On remarquera au sujet des applications de traçage épidémique, les différent points de vue allant de l'anonyme technologie bienveillante quasi libertarienne, à la nécessité d'une large adoption (un seul salopard négligent pouvant contaminer tout le monde s'il n'est pas adepte) et donc à son caractère obligatoire, l'identification des contrevenants annulant toute prétention à la liberté d'usage. Certaines bonnes idées sont donc intrinsèquement mauvaises, en fait et en voilà la preuve. Que de grands esprits énarques ou polytechniciens aient pu faire perdre du temps au monde avec de pareilles âneries est hallucinant, on en profitera donc ici de clamer la puissance du Dieu Connerie, le seul qui existe. 

    En tout cas, à Davos, en 2022, on a la totale avec en plus la toute récente guerre qui touche à l'alimentation en gaz, domaine intéressant à contrôle et bien sur à réguler, la nécessaire privation à venir nécessitant des arbitres (2). 

     

    (1) Klaus Schwab, Thierry Malleret: la Grande Réinitialisation

    (2) Le Davos 2022 https://www.anguillesousroche.com/videos/videos-les-elites-de-davos-previennent-que-les-etats-nations-ne-doivent-pas-sopposer-a-la-douloureuse-transition-mondiale/

     

  • Les nombres

    On se permettra de digresser sur les nombres, la question "qu'est ce qu'un nombre?" valant bien la question duale "qu'est ce qu'une femme?"... 

    Un nombre est une classe d'équivalence d'ensembles pour la relation de bijection. 

    La définition s'étend bien sûr aux ensembles infinis et le tour est joué. 

    On notera que la non injection en a et b signifie que le domaine a est "plus grand" que b et que la non surjection qu'il est "plus petit".

    Reprenons:

    L'injection suppose que deux sources distinctes ont forcément deux destinations distinctes. Cela est impossible si l'ensemble des sources est "trop grand". Une fois toutes les sources allouées, le résidu devra utiliser des destinations déjà atteintes. 

    La surjection suppose que toutes les destinations sont atteintes. Cela est impossible si l'ensemble des sources est "trop petit". Une fois toutes les sources allouées, il reste des destinations non atteintes.

    Cette définition permet de considérer l'infini comme  un nombre, mais dans un sens spécial. En effet, depuis Aristote l'infini a deux acceptions: l'une comme quantité, l'autre comme numéro d'ordre, l'impossibilité de la quantification empêchant toute identification d'un objet défini comme essentiellement privatif: l'infini est, négativement, le non fini. 

    On en vient alors à une définition de l'infini comme essentiellement "potentiel", l'infini en acte ne pouvant être matériel et donc réservé au divin, donc mystérieux. 

    Une manière de définir l'infini d'une manière inversée est celle de Dedekind: "est infini ce qui est semblable à l'une de ses partie propres". Le fini est alors défini négativement, ce qui est original et se trouve être la première définition positive d'un indubitable, qui plus est caractérisé. 

    Cantor invente alors les deux concepts fondamentaux de l'infini moderne, le "cardinal" et l'"ordinal". Il qualifie lui-même les deux concepts comme de "nouvelles irrationalités".

    - Le cardinal (d'un ensemble) est le "nombre", la "puissance" d'un ensemble, en gros sa grosseur infinie ou non. Le cardinal du plus petit ensemble infini est ainsi Aleph 0. N0. 

    - L'ordinal est un nombre spécial, égal à la suite des ordinaux qui le précède. Le premier ordinal non fini est omega, "w".

    Les deux concepts sont distincts à l'infini est strictement similaires pour ce qui concerne le fini, le cardinal d'un ensemble fini étant donné par un ordinal fini qui est un nombre entier.

    Cantor, de manière surprenante, ne croyait pas aux infiniment petits (et les combattait !) et le fait que la description des infinitésimaux ne se fera au XIXème siècle qu'avec la notion de limite, qui réactualise la notion d'infini "potentiel". C'est l'analyse "non standard" (Robinson) qui traita la chose au XXème siècle. 

     

     

     

    (1) la lecture: https://www.academia.edu/372421/Georg_Cantor_et_la_d%C3%A9couverte_des_infinis?email_work_card=view-paper

  • Les monnaies

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    Charles Ponzi

    RIP

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  • Les échecs de Zemmour

    Bon c'est fini et sans doute pour longtemps, quelles que soient les tentatives pour reconstruire une ferveur qui a fini par être le problème et qui a échoué à mobiliser, voire a découragé: 7%. On pourrait dire, pour rigoler Z %...

    On distinguera parmi les thèmes l'immigration, l'amour de la France, le positionnement économique, la personnalité. 

    L'arrêt brutal de l'immigration avec toutes ses mesures immédiates explorant tous les cas possibles d'entrées sur le territoire et les fermant toutes était impressionnant. Son caractère d'urgence que même Le Pen dénonçait, reste pourtant entier et les "détails" tous mentionnés par tous les exposés de la situation nécessaires à aborder. Les caser tous dans un projet unique et immédiat était enthousiasmant et terrorisant... Expliciter dans le temps une telle réforme est il une critique ou une volonté de remettre le coeur à l'ouvrage pour redéfinir le projet ? Il le faudra bien. En tout cas, malgré l'arrivée des expressions "grand remplacement" et "remigration" dans le vocabulaire public courant, il semble qu'ils soient en fait déjà "casés", c'est-à-dire laissés à leur place sur une étagère que personne ne va plus regarder pendant longtemps. 

    La créolisation semble donc inévitable, et l'accent mis sur son caractère insupportable ne se traduisit pas vraiment par des explications sur ce qui doit advenir en réalité. Le "Liban en grand" et "l'Afghanistan à 1 heure de Paris" ne furent que des expressions. Comme si la visualisation du grand danger qui nous menace n'était pas possible. Car le dilemme pour la société est presque insoluble. Refuser tous les colorés c'est refuser ceux qu'on prétend accepter parce que déjà là et il en faisait partie. Cette contradiction insupportable qui nourrit l'accusation de "racisme", forme implicite de toute description de Zemmour qui tienne, d'autant moins explicitée qu'elle permet de refuser toute sa proposition est le point faible du discours du grand remplacement qui est donc, c'est le problème, à la fois déjà là et donc accepté et acceptable et en même temps, futur et improbable, aucun chiffrage effectif et vraisemblable de la couleur du peuple français dans un siècle n'étant fait, sinon pour réaffirmer qu'"il n'y a pas de grand remplacement". 

    Son acceptation est à la hauteur de la puissance de la civilisation française, censée absorber évidemment tous les étrangers possibles la preuve, Mbappé et Zidane, en plus on en a besoin et Zemmour le prouve lui-même.  Ceux-là d'ailleurs ne se sont pas assimilés, et donc ne peuvent l'exiger des autres, la preuve, on sait d'où ils viennent. 

    Salah Abdelslam est assimilé, d'ailleurs, il est français, et a demandé pardon aux victimes du Bataclan... 

    L'expérience Zemmour est sans doute terminale, et la prochaine offensive anti-immigration, (celle que mène Le Pen est déjà perdue à mon avis, on verra si je me trompe) devra ne pas en parler... Car il est de fait trop tard. La seule maitrise du problème qui pourra passer à l'avenir ne pourra être qu'une garantie supplémentaire de sévérité des tribunaux et de l'application de leurs décisions. Car le déni de démographie ne peut s'exprimer racialement dans l'espace public. Le rejet de l'autre ne peut être qu'implicite, désormais. De ce point de vue, à moins qu'il ne réussisse à force de députés, à influencer le débat public avec ces thèmes là, le silence va régner pour longtemps. Sauf si je me trompe, bien sur. 

     

    L'amour de la France laissait une arrière-gout. D'abord celui d'un regret générationnel de petit boomer qui vit arriver la télévision en couleurs. Plusieurs générations similaires sont passées depuis, sans parler de celles d'avant qu'il oubliait, préférant se réfugier derrière un archétype qui n'était pas identifié, ni symbolisé, en fait. Le micro de De Gaulle était faux, et l'échec de son clip de début de campagne, en plus condamné par la justice, a hélas pesé sur le thème. Cette France qu'on prétendait aimer plus que tout n'était pas représentée. Il essaya de faire des images supplémentaires (celles-ci autorisées) mais cela n'imprima pas non plus.  Qu'est ce qu'il lui trouve à la France ? En plus ingrate et oublieuse, elle court à sa perte démographique et nationale menée par un crétin corrompu qui continue de la ruiner et qui se fera, sauf miracle, réélire. Et cela était inscrit depuis le début de la campagne, qu'il n'a en fait perturbé que quelques mois... 

    La France n'est pas "aimable" et ses bégaiements lors de l'émission catastrophe où il se ridiculisa lui-même, tel un amoureux déjà éconduit, au bord des larmes, l'enterra sans doute bien plus qu'on ne peut le croire. Comme si ce seul vrai raté d'expression avait été définitif. C'était en janvier je crois, et cela m'avait glacé. 

    Son positionnement économique, ressassé inutilement pendant ses interminables redites devant toujours la même sempiternelle émission d"information", ces pensums TV auxquels Macron s'est à raison refusé et que Zemmour acceptait sans jamais rechigner, comme le bon élève qui refaisait sans cesse les oraux d'entrée à l'ENA qu'il a donc absolument tous raté... Son positionnement économique, donc était classique, rond et sans aspérités avec la dose de pouvoir d'achat en plus, le travailler plus pour gagner plus qu'il fallait (un gadget que Macron pourrait reprendre) une retraite à 64 ans et une volonté de réindustrialiser la France en réglant vraiment la question des impôts de production qui faisait plaisir à voir. 

    Par contre, pas d'équilibrage avec des économies, pas d'attaque directe des fonctionnaires, pas d'arbitrage entre particuliers et entreprises. Quelques allusions aux dégraissages des règlementations, mais pas vraiment exploitées. Tout l'accent était mis sur les fameuses économies tirées de la misère infligée aux étrangers non européens dont on avait du mal à se convaincre qu'elle était le pactole nécessaire... Les économies tirées de la récupération des fortunes fraudées ne font pas  un programme. Bref, avant qu'on ai capté qu'une période d'inflation arrive à toute vitesse, on rêvait encore un peu, comme d'ailleurs tous les autres candidats.

    Personne, et pas lui non plus, n'eut l'idée de mettre en avant l'essentiel: que 600 milliards avaient été dépensés pour rien et que l'augmentation prochaine des taux d'intérêts allait rendre la vie insupportable, il ne fallait pas gâcher la fête, et on ne tenta pas de la gâcher. 

    En tout cas, on verra après les législatives, mais les thèmes à venir seront économiques: le grand déclassement français se produira pendant ce quinquennat, et peut être même immédiatement du fait de la guerre qui va faire éclater les solidarités européennes. La France est trop endettée, et ne sera pas aidée: elle devra payer par une chute brutale de son niveau de vie les 20 ans de coquetteries sociales corréziennes qu'elle vient de s'offrir. C'était le cadeau d'adieu de Mitterand, la cave est bue, il faut passer à autre chose. 

    La personnalité laisse un peu hésitant. Sympathique et rigolo du temps de ses saillies chez Ruquier, passionnant et intéressant  à CNews, où il fit des merveilles, il se transforma petit à petit au fil de la campagne pour devenir un peu autiste, mécaniquement attaché à répéter ses éléments de langage, en se lançant de moins en moins dans les merveilleuses improvisations qui faisaient le prix de sa conversation. Ses dix dernières apparitions furent très peu variées, et, il faut le dire, un peu chiantes. 

    Pourquoi ces lunettes qui apparurent, se firent écraser plusieurs fois, et qu'il tripotait maladivement sans cesse ? C'est l'unique reproche sur son physique qu'on peut lui faire, physique à prendre où à laisser et qui le marquait, il faut le dire: Gargamel, Iznogood, bref, il ne pouvait s'en défaire malgré toute l'évidente (et réussie) gentillesse dont il fit preuve. Mais la nature avait parlé, et n'était pas à son avantage. Il n'était pas beau, cela est clair. 

    Sa maitresse, conseillère, compagne, enceinte en plus (parait-il) sans qu'on ose le dire a pesé aussi. Trop en gencives et qui ne fut pas présentée officiellement sinon au détour d'une trop brève confidence qui fut à la fois trop et trop peu, elle grand remplaçait une mère de famille de trois enfants et cela a déplu, c'est sûr. Étrange et sans importance, pourtant. 

    Au sujet de la bande de jeunes, incontestablement sympathiques et peu patibulaires qui soutinrent sa campagne, il faut dire qu'ils étaient très minoritaires dans leur génération, malgré leur branchitude internet et leur dynamisme. Comme ils ont bien bossé et comme ils doivent être déçus. Pourtant, les sondages ont tranché assez tôt et la guerre en Ukraine a eu bon dos: le plafond était atteint depuis longtemps. Le Pen était impossible à battre sociologiquement: Zemmour n'intéresse pas le populo et sans ralliements LR conséquents, il n'en eu il faut le dire, aucun, et il n'y put rien. Hélas, les Fillons qui étaient passé chez Macron à 50% pendant le quinquennat continuèrent leur exode. On plaint sincèrement les bulletins de vote Pécresse qui restèrent, le débat meurtrier que cette conne crut bon de tenir a sans doute découragé tout projet individuel réfléchi à l'égard des deux concurrents... 

    Voilà, l'histoire continue son cours inexorablement et tout espoir s'éloigne, cette fois définitivement. Il n'y aura pas de sursaut démocratique en France et il faudra attendre un vrai drame pour que peut-être des solutions effectives soient considérées. Comme d'habitude dans l'histoire. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, l'Occident n'a pas les ressources humaines ou même intellectuelles pour maitriser son présent et on futur, et il lui faut, une fois encore, courir à sa destruction violente pour qu'il puisse percevoir et sentir quelque chose du réel. On y va tout droit. 

    Le vote Macron, sans doute important y compris dans les parties les plus à gauche de l'opinion, les plus révoltées contre la personne et l'action directe du président, apparait ainsi comme un vote d'abandon: une sorte de plongée volontaire qui plus est, dans une eau inconnue ou toute responsabilité est abolie, toute volonté d'avance laissée au seul qui veut: l'arbitraire, l'européen, l'inévitable et inéluctable "consensus" qui recouvre tout de son apparente bienveillance immotivée et incompréhensible. 

    Pour l'instant on ne voit donc que l'abandon dans la plus lâche et la plus désespérante des absurdes conneries. Beuark. 

     

    P.S. les raisons de l'échec de Zemmour seraient à chercher dans les réfugiés Ukrainiens, de civilisation européenne, qu'on refuse... Plus un déficit de selfies sur les marchés, parait-il, alors qu'il y réussissait très bien. 

    Une autre affaire est le débat avec Pécresse où il se fait boxer les 20 premières minutes qui sont hélas celles diffusées par TF1 (5 millions de spectateurs, le reste du débat sur LCI n'en a que 500 000). 

    D'autre part, il aurait trop méprisé Le Pen, et donc son électorat populaire qu'il n'a pas réussi à capter, car trop bourgeois et perçu comme tel. Et puis le ministère de la remigration au pire moment est sans doute l'erreur capitale de communication. 

    L'urgence (le pouvoir d'achat) l'a emporté sur l'importance(l'immigration), le candidat de la fin de l'essence l'emporte sur le candidat de la fin de la France (P. de Villiers dixit). 

    (1) La pire des émissions, en 18:18  https://www.youtube.com/watch?v=xMUBZM37yyA

  • Les cours de l'or

    La monnaie et ses cours

    La monnaie permet, de par son unicité, d'éviter d'avoir à convertir chaque quantité de bien en toutes les quantités de tous les autres biens. Elle sert de pivot, et toute quantité de tout bien, exprimée en monnaie permet d'être comparée directement avec toute autre quantité, cela avec un seul nombre. 

    Par exemple le cours de la banane c'est  : 

    banane:Euro = 2.5    1 banane vaut 2.5 Euro. 

    On notera la notation, le ":" indiquant une division et permettant toutes les conversions. 

    L'or dont la quantité est donnée en "once" (beuark) a un cours en Dollar de  oG:$ = 1931, ou aussi gG:E= 56. 

    gG est le gramme d'Or, bien sûr. 

    Sachant que gG:$ = 62.07, on va pouvoir calculer (c'est l'objet de la contribution) que: 

    gG:E = gG:$ * $:E     

    On notera que dans la multiplication a:b * b:c, le b se "simplifie"  et que donc: <a:b * b:c = a:c>  et < a:b / a:c = c:b>. 

    Sachant que E:$ = 1.10,  et que $:E = 1/ E:$, on a donc  gG:E  = 62 / 1.10 = 56, le compte est bon. 

    Au passage, oG:gG = oG:$ * $:gG = oG:$ / gG:$ =1930.32 / 62.07 = 31.1  

    Une once est 31.1 grammes... Notons qu'il s'agit de l'once troy (ozt) pour le poids des métaux précieux anglo saxons. 

    Il y a actuellement une tentative Russe de s'adosser à l'or, la banque de Russie achetant de l'or au prix de 

    gG:R = 5000, ce qui nous fait, au cours de l'or actuel, 

    gG:R / gG:$ = $:R = 5000 / 62.07 = 80.55 , qui est donc le cours "cible" des Russes pour le Rouble, sachant qu'il est encore de 96, soit le cours d'avant sanctions. Une manière comme une autre de faire monter le Rouble, mais aussi l'Or.

    Celui-ci est encore sous évalué, donc...  

    Les opérations en devises

    Pour vendre des devises, une banque doit être adossée à la banque centrale du pays qui émet la devise. On réalise alors l'exorbitant avantage de la banque centrale US, la federal reserve, qui peut contrôler ou juger les utilisateurs de sa monnaie. C'est ce qui fit l'affaire Alsthom, si vous payez en dollars, vous êtes dans la main des US. 

    Ainsi pour payer en dollars, vous devez créditer une banque US. Pour cela, votre banque, par exemple SG, doit avoir une filiale aux US SGUS, qui est un banque US à qui elle peut donner des ordres. C'est son correspondant aux US. 

    Entre SG et SGUS une étrange (et ancienne) association existe. SG a un compte en $ auprès de SGUS et SGUS a un compte en € auprès de SG. Le premier compte s'appelle "nostro" (le nôtre) et le second "loro" (le leur). 

    Pour payer en devises, on crédite loro avec le débit du payeur en €, et on débite nostro de la conversion en $ pour créditer le compte chez SGUS du payé. 

    payeur - SG - loro     <ordre donné au correspondant>  nostro - SGUS - payé

    Ce mécanisme est vieux comme la banque, il permet de payer à travers l'Europe sans avoir à transporter de l'or sur des routes peu sures. Il utilise les messages chiffrés transportés cachés dans les vêtements des voyageurs. Montre ça à ton oncle exilé, il te nourrira...

     

     

     

  • Les synthétiques

     

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  • Les conflits

    Élément essentiel de l'activité humaine, le conflit peut être pensé comme un objet ou pas, et le fait est que souvent il ne l'est pas, toute situation conflictuelle étant trop naturellement considérée comme une opposition binaire, par définition, l'un étant le gentil et l'autre le méchant. La situation actuelle de conflit armé sur le sol Ukrainien étant bien sûr de ce type, l'Occident, ses médias, ses gouvernants, ses entreprises étant toutes dressées sans nuances ni problèmes contre un État Russe agresseur, partie condamnée et sanctionnée sans nuances ni scrupules, jusqu'à la montée aux extrêmes qui est en train de se manifester sans que rien vienne la tempérer, sauf sa possible transformation en conflit nucléaire, mais qui reste possible on va en reparler. 

     

    Le conflit comme objet

    Pensé comme objet, le conflit devient un troisième terme, et permet de symétriser les deux parties, qui se trouvent alors parties prenantes d'un phénomène, objectifié et réel, porté par une dynamique propre et auquel on ne fait que participer comme un feu alimenté à tour de rôle dans un échange symétrique. 

    Cette manière de voir, on l'a vu peu usitée, voire complètement absente des esprits de tous ceux ayant un quelconque pouvoir sur le déroulement de la chose, a de nombreuses conséquences. 

    D'abord, elle permet de comprendre que la chose (le conflit ) n'est jamais "créée" mais existe toujours depuis longtemps et passe simplement par des phases plus ou moins aiguës. De basses intensités souvent, ou par moment horriblement violentes, elles font que l'objet n'est "que" susceptible de changer d'état. 

    Cette simple considération permet de relativiser les phases violentes, simples épisodes concernant des choses de long terme qu'on peut tenter de prévoir, d'anticiper et de réduire, tout en considérant par ailleurs leurs inconvénients. Réduire le conflit à ces phases, en conjurant son démarrage par son horreur, c'est en fait mieux rendre possible son avènement et donc les dommageables destructions affectant toutes les parties... Car la violence, c'est l'une de ses caractéristiques essentielles, inflige des souffrances à tout le monde, quel que soit le résultat (perdant ou gagnant) de l'action violente en rapport. 

    Toute action a une réaction et le coup mortel blesse toujours aussi l'assaillant. Toute guerre, même gagnée, coute à ses héros, et obtenir le même résultat sans ces couts-là devrait être un élément essentiel de toute rationalité. 

    Le rationnel est donc de considérer le conflictuel comme objectif et donc de l'objectiver. 

    De même, le maintien du conflit dans des états dits acceptables a aussi un cout, et peut signifier épargne ou discipline sur soi-même, eux-mêmes couteux, tout est une question de mesure. L'essentiel est le calcul, appliqué sur l'objet dont on doit soigner et contrôler l'évolution. 

    La dissimulation

    Bien sûr, la gestion du conflit suppose dissimulation et si l'objet, constitué et observable, est bien visible, les intentions des parties quant à sa manipulation restent par contre secrètes voire inconnues ou méconnues. Considérer donc une phase violente du conflit comme transparente du fait de la réalité apparente des effets des chocs provoqués est donc doublement imbécile: on ignore l'intention des violences et aussi l'effet de ses résultats, pour toutes les parties. Sans parler bien sûr des discours respectifs des parties sur ces résultats, aussi bien sur eux même que ceux, supposés ou exagérés, sur l'autre partie. Dissimulation, exagération et discours variés restent des descriptions de l'objet conflit, et la violence n'est pas un discours substitué, mais certainement un discours "ajouté" au conflit... 

    Bref, on décrit ici ce qui se passe en ce moment (1er Avril 2022) dans le monde au sujet d'un objet par ailleurs connu et décrit et dont on pourrait aisément tirer autre chose que ce qu'on en tire publiquement. Il est vrai que je ne suis qu'un consommateur de médias et que j'associe (encore) le "public" à ces médias  "traditionnels" que ma longue fréquentation de quelques journaux connus et surtout de l'unique chaine de télévision noir et blanc de mon enfance m'ont habitué à croire "sérieux" et "uniques". À tort. 

    Désormais vissé à l'internet, consommateur d'informations gratuites et donc indirectement responsable de la grande misère du statut infâme de "journaliste" (être fruste, sous éduqué, à la psyché superficielle et vulgaire, incapable de réflexion et de méditation, dénué de culture historique, philosophique et politique, et incapable de former des jugements rationnels), je ne puis me faire un avis que supérieur et plus nuancé que toute synthèse que pourrait produire l'un des crétins évoqués. La fin de la chaîne, donc. L'électeur, quoi. Serais-je exceptionnel ? Unique ? 

    Conflit nucléaire

    Continuons sur le conflit... On parlait de la violence extrême. Marqué par l'équilibre nucléaire, le discours géopolitique admet et accepte l'impossible conflit violent entre certaines parties, car celui-ci serait "nucléaire" c'est-à-dire possible origine de dommages que tout le monde (ou presque) souhaite éviter à tout prix. On a donc bien une limite 

    Il faut comprendre que la prudence à cet égard peut être relativisée. La "zone d'exclusion aérienne" demandée avec véhémence par l'Ukraine ces jours-ci, demande par ailleurs rejetée par les Occidentaux, est sans doute connue par les Ukrainiens comme induisant le risque d'une confrontation dangereuse susceptible d'escalade, pourtant, elle est demandée. Nous avons là donc une méconnaissance de la nature objective du conflit, à expliquer, ou bien une volonté de peser sur celui-ci en utilisant le principe du gain "contre l'impossible", à expliquer aussi. 

    Pour ce qui concerne la méconnaissance, quand on considère un conflit "classiquement", c'est à dire comme une opposition avec un méchant diabolisé, on se situe dans le camp du bien dont la valeur est par définition "infinie". Mettre en avant un conflit nucléaire mondial pour ce bien infini "mondialisé" est donc dans un sens logique et constitue l'axe principal de la communication Ukrainienne au point de se sentir capable de convaincre même les Russes. Ceux-ci seraient alors convaincus du "mal" qu'ils supportent et donc se refuseraient d'abattre les avions de l'OTAN qui protègeraient les Ukrainiens des bombardements qu'on leur inflige, de peur de déclencher des représailles dangereuses justifiées. Le bien, univoque se propagerait... 

    Bien sûr ce raisonnement est inepte et les Russes bien au contraire, abattraient sans hésitation ces avions-là, en étant sûr que -justement- les occidentaux ne réagiraient pas, par peur de déclencher des représailles dangereuses, etc... On est là précisément dans la construction du fameux "jeu" guerrier qui ne peut se penser que par l'objectivation de la chose réglée autour de laquelle on joue, et qui est, précisément, le "conflit" objectivé dont chacun a des visions différentes symétriques. C'est le refus de ce 3ème tiers, précisément qui méconnait le caractère essentiellement symétrique du conflit, être persuadé qu'on est dans le "bien" étant essentiellement la méconnaissance fondamentale. 

    Pour ce qui concerne le gain "contre l'impossible", on a là une stratégie assez classique et qui consiste à vouloir imposer quelque chose (ce qui est un gain, donc une appropriation donc une capture) en échange d'une chose impossible à faire apparaitre mais dont on fait miroiter la manifestation possible par une invocation. 

    On estime donc possible d'obtenir un droit en échange d'une invocation purement "magique". Dans le cas des Ukrainiens invoquer une possiblement nécessaire guerre mondiale, permet d'obtenir encore plus d'adhésion à leur cause, ce qui est monnayable en un soutien prolongé par exemple, ou par un surcroit d'adhésion à leur cause, en tout cas. Pour ne pas avoir conscience de l'aspect artificiel et injustifié de l'argument, pouvant générer un refus immédiat d'une exigence basée sur une revendication aussi inacceptable, il faut soit disposer d'une méconnaissance totale du caractère artificiel de la chose, soit espérer une méconnaissance bien pire de l'adversaire, dans les deux cas avoir une méconnaissance totale de la notion de conflit objectivé, de la manipulation des parties qui l'entretiennent et de la symétrie que cela induit... 

    On peut ainsi voir qu'on peut "jouer" avec le feu nucléaire potentiel, bien sur dans le monde des communications. 

    Un autre type de jeu et l'accusation de méconnaissance. Assez vite dans les échanges de plateau, le ministre des affaires étrangères français, Jean Yves Le Drian évoqua (3) "qu'il fallait rappeler à Vladimir Poutine que l'OTAN avait des armes nucléaires". Maladroit pour le moins, et cela fut répondu par une "mise en alerte nucléaire de la Russie" peu après (2). On cite donc régulièrement, dans les argumentations complexes des plateaux le caractère cruel, voire menacant des Russes du fait de cette mise en alerte. Menace virtuelle, arme de discours... 

    On évoqua une possible utilisation de l'arme de théatre nucléaire, alors qu'elle ne fait pas partie de la doctrine militaire Russe, mais bien de celle des Américains, les fameuses "bombes à neutrons" des années 80 ayant été évoquées pour lutter contre une supériorité conventionnelle trop forte. Celle ci était bien la doctrine Soviétique traditionnelle, par contre. 

    Mais la vraie menace nucléaire est celle du missile invulnérable et surtout indédectable. Le fameux missile hypersonique dont le départ ne peut être détecté, et à la trajectoire imprévisible, pourrait être lancé contre un centre de commandement (par exemple une capitale) avec une bombe thermonucléaire aux effets majeurs sans même qu'une tension particulière ait pu laisser entendre qu'une telle attaque soit possible. Une centaine de tels engins pourrait s'assurer avec une certaine probabilité d'une domination initiale effective dans la grande guerre finale. 

    On se souvient de l'épisode du "docteur Folamour" , quand la discussion finale a lieu alors qu'on voit les bombardiers américains (ou les missiles balistiques) progresser lentement vers la Russie sur le grand écran affiché... 

    Le missilie hypersonique lui atteindrait son objectif "immédiatement". Il fut démontré, dans l'indifférence générale, aux occidentaux ce mois-ci. On alla même jusqu'à évoquer que son utilisation, pour un simple dépot de munitions, signifiait que les Russes manquaient déjà de missiles plus traditionnels... 

    L'action sur le contexte

    En bref, la guerre et celle-là autant que les autres est d'abord un discours agressif pesant sur les perceptions, actif sur l'environnement de la guerre, c'est-à-dire ce qui la nourrit, en ressources diverses, dont les versements d'argent aux dirigeants et bien sûr les armes, sans parler des "sanctions" à l'adversaire. Principale cible de l'effort principal de guerre les opinions occidentales sont soumises à un pilonnage majeur, celui des informations trafiquées, le vainqueur étant bien l'Ukraine, dont la réussite sur ces sujets est, pourrait-on dire, totale.  

    Le problème est que ce discours guerrier, unanimement repris sans aucun recul ni nuances par tous les médias, et bien sûr par les gouvernements, aucune divergence ne séparant les deux mondes, est exclusivement basé sur la conception binaire du conflit, les fausses objectivités des commentateurs militaires ne se départissant jamais du point de vue enfantin séparant gentils et méchants. L'opinion exprimée plus haut au sujet des journalistes est entièrement, je dirais affreusement confirmé. On pense à Karl Kraus, évoqué ici, le désastre intellectuel et moral subit et causé par la bêtise, le manque de culture et de recul, sans parler des affreuses lâchetés et corruptions qui accompagnent la chose, soulève le coeur. 

    "La guerre, c'est quand les gouvernants croient ce que disent les journaux qu'ils censurent... "

    On considèrera Hollande, téléphonant (parait-il) à un journaliste en Syrie pour s'informer sur la situation, ou même lisant tous les jours les journeaux pour savoir "ce qu'on disait de lui"... Le miroir du décideur est l'intrument de sa rétroaction... 

    Et pourquoi ce charnier à idées, honnêtetés et justifications ne serait pas bien plus plus malodorant que les ignobles photos qu'on nous montre par ailleurs sous le coude, sans que jamais elles ne participent à ce qui justifie les points de vue exposés ? Il l'est en fait et en réalité. L'enfer est dans notre coeur. 

    Pourtant, la guerre des sentiments exposés, base des motivations qui aident à vivre et à  mourir de tous les cotés, y compris de celui des civils, a toujours, dans toute l'histoire, été une caractéristique essentielle de l'objet conflit et se doit d'être décrit comme tel avec toute la mesure et la prudence qui s'impose. 

    Des questions se posent et on doit y répondre en adulte, pas en petit soldat d'une guerre fantasmée qui ne peut être ce qu'on nous en dit... 

    On parlera bien sur de la guerre économique, l'expression "guerre économique totale" (fallait la faire celle là) étant utilisée par le ministre Bruno Le Maire (4). Responsable d'une baisse initiale du Rouble, l'instauration du paiment du gaz dans cette monnaie instaurée le 1er Avril permit la stabilisation immédiate de la monnaie Russe à son cours ordinaire, plus la fin d'une époque, celle des "pétro-dollars", la domination de la monnaie US sur les marchés mondiaux des matières premières se terminant à cette date. Au passage, on notera que l'arrêt de la fourniture de gaz Russe à cette date aurait entrainé l'effondrement industriel immédiat de l'Allemagne, qui aura besoin de un à deux ans pour se passer complètement des approvisionnements Russes, si elle y arrive. Guerre totale ? En effet. 

    Malgré le caractère déjà meurtrier de ce paragraphe à l'égard d'un ministre d'Etat Français, je voudrais préciser tout de même qu'il reste étrange qu'un pareil connard, enculé de sa mère la pute et délirant petit macaque taré, puisse occuper le poste qu'il occupe. Quelle honte! 

    Distinctions

    Tout d'abord, les distinctions. On doit distinguer entre les accusations de diabolisation évidente et les intérêts bien compris. Entre les cachotteries transparentes et les volontés de vaincre. 

    Diaboliser l'adversaire est de bonne guerre et peut se faire à plusieurs niveaux. Au plus haut, le chef adverse étant le démon ordonnant à des robots de tuer avec le plus de cruauté possible, au plus bas, certains groupes de meurtriers étant accusés, avec obligation à l'adversaire de les contrôler ce qui veut l'enchainer et le paralyser. On peut alors jouer avec l'avantage ou non qu'a l'adversaire à "laisser faire", ce qui peut lui donnner une puissance militaire ou pas.

    Ces accusations peuvent être convainquantes ou pas. Par contre dans le cadre d'un combat en cours, l'exclamation de l'accusation, même absurde, recouvre tout.  

    Dans des région russophones à investir contre un adversaire militaire ultra nationaliste, les troupes Russes n'ont bien sur aucun intérêt à tuer ou faire tuer des civils, et c'est bien l'inverse qui est le cas. La mort révoltante de civils pris entre deux feux est donc, dans l'éclat de la bataille entièrement attribuée à l'agresseur, quelque soit la cruauté et le cynisme des "défenseurs",  dont la défense de Marioupol, célébrée comme héroïque par les médias et gouvernements occidentaux est en fait un crime de guerre épouvantable, qui n'a d'autre signification que d'alimenter le conflit avec un combustible inhumain et cynique, d'autant plus efficace qu'il ne fait que renforcer la nécessité de la libération en question. Marioupol devrait rester dans l'histoire comme le siège de ville "virtuel" le plus honteux de l'histoire pour le journalisme et les médias du monde libéral. 

    Les raisons de ce "narratif", le mot aussi entre dans l'histoire des médias, est bien sur expliqué par la nature "complexe" du conflit, et sa gestion très au delà de l'histoire directe. Des situations anciennes, des projets anciens trouvent dans cette violence localisée l'occasion de règlements particuliers de réenforcements et de vengeances anciennes, de tous les côtés. Qui dit que la prise de la ville ne fait pas écho pour les Russes à la prise de Berlin, pour les Ukrainiens à la même chose, mais vu de l'autre coté ? Une histoire centrée sur les civils dont le sort ne peut être attribué qu'à celui de "victime", donc de peuple à la fois responsable (on le décrit forcément comme "Ukrainien", puisque c'est l'Ukraine  qui défend son territoire, élément caractéristique du conflit) et donc coupable "virtuel" de la libération/agression qu'il subit. 

    L'épouvantable bouillie confuse qui remplit les têtes mal faites des opinions manipulées, et qu'il sera difficile à reformater saisit l'imagination de dégout... 

    On voit à l'occasion de déchainer, comme automatiquement, des rappels implicites à des inconscients historiques ancrés dans la longue durée. La lutte contre "les nazis" est psychologiquement effectives pour des russes marqués et au combien par ce qu'ils continuent d'appeller la "grande guerre patriotique" (1). De l'autre coté, une nation construite récemment, arrosée de propagande, et surexcitée par la guerre se souvient de l'holodomor et oublie Babi Yar... Des milices ultra nationalistes, formées dans le culte de Stepan Bandera, en charge des coups bas qui ont réalisé un authentique coup d'état en 2014,  se trouvent chargées peu après d'encadrer des armées, voire de former des bataillons dont le projet de reconquérir les territoires perdus est manifeste. 

    Objectivement, cette volonté de reconquête est indubitable, et en fait ancrée dans la réalité: nul pays ne peut accepter (ou bien il le reconnait officiellement), de voir son territoire amputé. Le fait des sanctions occidentales, l'indubitable (ici encore) violation du droit international que constitue l'annexion de la Crimée et la protection militaire accordée à des républiques auto proclamées ne peut qu'alimenter de tels projets. 

    A partir de là le conflit dans toute sa réalité inéluctable est constitué. Ses conséquences sont posées à l'avance... Il ne peut y avoir de réflexions sur ce sujet qui fasse abstraction de cela. Même la participation de l'OTAN à cette militarisation est "naturelle" et elle aussi automatique et d'une certaine manière "juste" au sens d'"explicable" ou de "justifiable". 

    Ce qui arbitre donc les décisions prises au sujet du conflit sont les volontés de part et d'autre et la compréhension des volontés de part et d'autres intégrées dans les volontés propres. Cet écheveau se classifie de 3 manières. D'abord l'état de ses intérêts propres bien compris avec ses projets et possibles projets de long terme, en relation avec l'état du monde est donc ceux des autres. C'est le caractère statique, disons "historique" du conflit.  Ensuite, la volonté de changement d'état de ce conflit, en liaison avec ce que l'on perçoit de la volonté correspondante de l'autre. C'est la partie la plus délicate, la plus dangereuse, car elle signifie planification, connaissance de la planification adverse, et source de la décision. Pour finir, il y a la volonté locale, celle qui s'applique  à la violence ou à la diplomatie effective et publique et qui est le but immédiat à conduire dans l'instant. Elle aussi se confronte à son équivalent de l'autre coté. 

    On résumera la chose en disant que le conflit est entièrement constitué par l'explicitation Russe de la nécessité de la neutralisation de l'Ukraine, cela officiellement et définitivement, cette neutralisation voulant à toute force être évitée par les américains au nom de la préservation d'un avantage militaire, celui de pouvoir disposer sur le territoire de l'Ukraine d'une zone de deploiementsmilitaires variés, allant des armemements atomiques jusqu'aux laboratoires de recherches sur les nouvelles armes, en bénéficiant d'un pays fragile, sans vraie souveraineté économique ou militaire, et surtout terriblement corrompu. Un tel avantage en centre Europe est militairement conséquent et ne peut être abandonné comme cela. Projet multi-décennal, et évidement stratégique, l'OTAN ayant la bonne structure idéologique et financière pour permettre cela, il serait dommage de ne pas le mettre en oeuvre. 

    Le reste n'est qu'entretien du feu et chacun doit s'y positionner, consciemment ou pas. Les illusions européennes ou allemandes sur la question ne sont le fait que des réflexions collectives qui y sont possibles et la question des structures psychologiques et sociales des participants aux centres de décision se pose. 

    On en avait déjà parlé ailleurs. L'état de faiblesse extrême des organes européens, absolument incapable de saisir ce niveau de réflexion, plus sa manifeste corruption, rend absolument incapables les membres de l'OTAN d'être autre chose que de lamentables marionnettes acharnées à leur propre perte. L'absence complète de la moindre réflexion stratégique, économique ou militaire, l'absence complète de considération de sa puissance, de ses intérêts fait mal au coeur. Beuark ! 

    L'abandon de Nord Stream 2 par exemple, premier but de guerre des US, fut obtenu immédiatement de la part des allemands, contre leurs intérêts, sans raison véritable. Bêtise totale ? Corruption ? Folie collective au sein de la coalition au pouvoir ? De grands malheurs se préparent quand les acteurs d'un tel conflit font à ce point n'importe quoi. 

    Ce qu'il faudrait faire 

    Briévement évoqué par Zemmour lors des commentaires malheureux (apparemment) qu'il fit lors du déclenchement de la guerre, ce qu'il faut faire au niveau Français est évidemment de ne pas s'"aligner". 

    L'attitude, supportée avec plus d'habileté par Jean Luc Mélanchon, ce qui d'ailleurs semble montrer que le discrédit de Zemmour a d'autres causes, consiste à refuser de suivre sans réflexion ni considération de ses intérêts, une attitude américaine bien trop univoque, et qui semble faire fi des vrais intérêts Européens et Français. 

    Mais là encore, on ne peut se contenter de "réaction". Souvent réclamé avec exigence par les journalistes le "que feriez vous concrètement, là, maintenant ? " ignore qu'une réaction se produit dans un contexte, et qu'un contexte se prépare à l'avance, cela s'appelle une politique. D'abord ignorer l'Europe. Alors que les traités ne sont pas concernés par la défense, s'efforcer d'avoir "une seule voix" face à la Russie dans le cas d'une agression qui à première vue ne concerne pas économiquement l'Europe, sinon en perturbant l'Ukraine, à part demander la paix, l'Europe n'a rien à faire. 

    L'action diplomatique consistait à vérifier l'application des accords de Minsk et à l'imposer à l'Ukraine. C'est donc à l'égard de l'Ukraine que l'Allemagne et la France aurait du exercer des pressions, voire en appliquant des sanctions. Le refus de l'adhésion à l'OTAN aurait du être réaffirmé hautement. Cela n'a pas été fait, et le contexte est donc d'avance pourri. 

    Ensuite, refuser à l'OTAN sa posture d'accueil sans condition de l'Ukraine, en contradiction manifeste avec ce qui avait été négocié en 2014 et qui ne la concernait pas. L'incapacité de mettre les points sur les "i" sur cette question a encouragé le novice et incompétent Zelensky, balloté par ses corrupteurs, à commettre impairs et provocations à l'égard de la Russie. Jusqu'au casus belli, encouragé en sous main par pire que l'OTAN, les USA eux mêmes, organisateurs depuis Maidan d'un conglomérat d'ONG et de groupes de pression, allant jusqu'à envoyer le fils du président lui même. Des remarques à ce sujet auraient été bienvenues, si on en avait le courage, naturellement. 

    Il faut noter que la question de l'entrée dans l'OTAN est bien entendu connue depuis le début, prise en compte à de multiples reprises et fut le cheval de bataille des accords de Minsk, discutés avec la France et l'Allemagne qui apportèrent toutes les garanties de vive voix possibles. C'était du temps de Hollande et Merkel, Merkel se voyant reprocher aujourd'hui ces réticences là ! Ce n'est que plus tard que Porochenko fit modifier la constitution de l'Ukraine à ce sujet et que depuis l'arrivée de Biden que la chose devient totalement inaudible, Stollenberg, le patron de l'OTAN, affirmant publiquement que pouvait entrer dans l'OTAN qui voulait...

    Une partie de l'opinion progressiste instrumentalisée de manière étrange croit sincérement que si on avait accepté l'Ukraine dans l'OTAN, la Russie n'aurait pas attaqué cette année. Vrai: elle aurait attaqué juste avant cette fameuse "solution", il y a 8 ans. La bêtise c'est comme le caca: ça colle au culcul. 

     

    Evidemment toutes les sanctions, notamment celles qui mettent en péril des grandes entreprises Françaises, dont les intérêts vitaux sont de commercer avec la Russie, doivent être immédiatement arrêtées. Cette affirmation et sa mise en oeuvre immédiate, quitte à se faire mettre au ban du monde civilisé par M. Zelensky est absolument indispensable et devrait être annoncé à haute voix par au moins un candidat à l'élection présidentielle, s'il y en avait un à la fois assez lucide et assez courageux. 

    Mais j'ai prononcé le mot: défendre ses intérêts, et c'est se faire mettre au banc du monde civilisé. Celui qui se déshonore sans doute à jamais sous nos yeux en soutenant ce qui reste du "nationalisme" d'Adolf Hitler. 

    Les Russes prétendent se retirer de la région de Kiev. J'espère que c'est un leurre. La mort de Zelensky devient nécessaire. Flippe, salopard de clown nazi drogué. 

    La considération du concept de conflit, on le voit bien, n'empêche pas une prise de parti, la considération globale d'un écheveau d'intérêts dont les siens permettant finalement de se faire un avis. J'aimerais qu'on m'explique comment, à part les sentiments énamourés de lamentables fiottes progressistes soumises aux USA, on peut justifier l'attitude actuelle de nos dirigeants... 

    La stratégie Américaine

    Elargissons maintenant la question du conflit. L'absence totale de considérations rationnelles à ce sujet par les dirigeants européens et leur maitres américains fait émettre des hypothèses surréalistes: l'Occident serait il devenu "irrationnel" ? La notion d'"acteur irrationnel" vient à l'esprit. Car ces fameuses sanctions, dont on demande l'arrêt immédiat avant qu'il ne soit trop tard, constituent à bien regarder, le comble de la stupidité suicidaire. 

    L'affaire des gels des avoirs en devises de la banque centrale Russe, dont la conséquence et l'obligation du paiement en roubles des matières premières Russes, effectif à partir du 1er Avril 2022 sonne la fin de la notion de "pétro dollar". Plus rien ne justifie le monopole du dollar et Biden a-t-il vraiment souhaité cette réaction Russe là?

    On avait suggéré que le conflit, élargi à la dimension de la planète et effectif entre deux parties du monde qui viennent de se séparer irrémédiablement, a été volontairement provoqué de manière à se séparer pour toujours de l'opportunité d'une domination militaro-économique de la Russie, explicitement poussée dans le camp chinois. 

    Les raisons profondes en restent obscures. On pourrait imaginer un sentiment de supériorité basés sur la conscience d'une grande faiblesse.  D'abord, l'avance russe dans les missiles hypersoniques ne devrait pas durer éternellement et l'incroyable puissance d'innovation scientifique et technique des USA reste monumentale et écrasante. On n'imagine pas l'invraisemblable orgueil qui en découle, à la hauteur des plus grands de l'histoire humaine. 

    Cet orgueil est toutefois matiné de certaines craintes, par ailleurs justifiées et qui tiennent sans doute à la fragilité de l'infrastructure monétaire et financière de tout le bazar monté depuis vingt ans. Une fois la Chine mise en orbite définitivement, et là encore, on peut se poser la question de la rationalité des stratèges de l'ère Clinton, il faut réaliser que les volumes de dettes, de cavaleries variées dans les domaines monétaires et financiers atteignent des niveaux invraisemblables et que l'on peut s'en inquiéter. 

    Le recours à la bonne vieille guerre pour apurer tout ça serait il devenu indispensable pour les "acteurs" du monde ? 

    La question des épidémies et de l'épuisement des matières premières, bref l'ensemble des sujets qui agitent Davos d'habitude, seraient ils l'occasion de nettoyer tout ça, ce qui expliquerait l'apparente irrationalité des acteurs ? 

    (1) Guerre Sacrée : https://www.youtube.com/watch?v=3GGf7SMhc8I

    (2) https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-russie-la-mallette-nucleaire-est-decachetee-affirme-un-general-russe

    (3) https://www.bfmtv.com/international/ukraine-le-drian-rappelle-a-poutine-que-l-alliance-atlantique-est-aussi-une-alliance-nucleaire_AD-202202240685.html

    (4) https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/03/01/nous-allons-provoquer-l-effondrement-de-l-economie-russe-affirme-bruno-le-maire_6115679_823448.html

  • Les empires

    Afin de révolutionner les sciences politiques et la science des relations internationales, j'introduirai ici le concept de souveraineté-puissance, qui structure l'histoire et par delà toutes les "dominations" explique vraiment ce qu'est la puissance nationale à la fois individualisée dans les tyrans et les chefs d'État, et collectivisée dans les grands ensembles populaires et civilisationnels. 

    Au début il y a eu l'Empire Romain, première grande souveraineté, puissance vraiment mondialisée, régnant sur la totalité du monde. Bien sur il y avait la puissance chinoise, au-delà des montagnes mais elle n'avait pas de relations avec l'Europe ou très peu; disons qu'il y avait deux mondes de chaque côté de la terre. 

    Bien sûr il y avait eu Alexandre et il fut en fait le vrai premier, mais, et c'est là un critère, cela n'alla pas au-delà de sa personne et cela est rédhibitoire pour ma théorie. 

    Démembré assez tôt en Occident, il subsista assez longtemps en Orient et quoiqu'on en dise, maintint tout ce temps l'essentiel du concept: égoïsme sacré, cruauté dynastique, violence légitime totale et pérennité au nom d'une idée de l'Empire à la fois collective et personnalisée avec ce qu'il fallait de folie à chaque génération pour tout mettre en oeuvre afin d'accéder à l'impérium. Au final il fut vaincu, mais militairement. On prétendit que c'était le sexe des anges, mais en fait il n'avait plus de soldats...  La souveraineté puissance qui lui succéda en Anatolie, l'empire Ottoman, dura moins longtemps, mais fut redoutable et le mythe de la force des turcs obséda l'Occident pour assez de siècles. 

    Le moyen âge instaura en Europe un régime particulier de petits royaumes, qui à part l'épisode Charlemagne, lui aussi beaucoup trop individualisé, ne donna que ce saint empire germanique, qui introduisit en Europe une double expression de mon concept. 

    D'une part un partage entre royaumes assez complexe dont la seule expression impériale fut la germanique sans souveraineté et sans puissance, d'autre part l'impériale puissance Autrichienne avec une belle pérennité au centre de l'Europe, la succession multi séculaire de Charles Quint certes, mais sans l'Espagne, et sans l'Allemagne. Puissant et pérenne, l'empire d'Autriche n'avait pas de nation centrale, pas d'histoire donc, le désespoir final et monacal de Charles l'ayant décapité par avance... 

    Vienne, quoiqu'on en dise, était faible et ne fut défendue contre les Ottomans que par la Pologne, le prince Eugène ayant sauvé l'honneur de la France, mais pour des raisons qui lui étaient propres. 

    Les royaumes (à par l'Empire de Napoléon, historiquement une farce, en fait) s'opposaient basés sur des nations, toutes souveraines et puissantes mais, c'est le charme de l'Europe, non impériales. Les royaumes barbares qui avaient succédé à Rome semblaient vaccinés. Pour en revenir à Napoléon, le grand oncle rêva d'Empire, et celui du petit neveu ne fut que colonial, puis se transforma en République. 

    Ensuite arriva le XXème siècle et la volonté impériale Allemande, qui en trente ans d'une guerre atroce (1914-1944) détruisit pour toujours l'Europe. Du moins ruina pour longtemps toute souveraineté puissance en cet endroit du monde. Nous y sommes.

    On avait oublié ici la Russie: persuadée (en fait à raison) d'avoir succédé à Byzance, une souveraineté puissance impériale de première grandeur se construisit avec les siècles au point de constituer un immense empire eurasiatique. Confortée par le bolchevisme puis le Stalinisme, ce qui s'effondra qu'en 1991 restait important, et on vit assez vite, mais encore identifiée à une seule personne (Poutine bien sûr) une resucée vigoureuse de puissance souveraineté impériale qui cherche à exister et qui devra se pérenniser pour vraiment convaincre. 

    On avait aussi oublié aussi les USA. Empire continental mais puissance thalassocratique qui fit des européens émigrés rassemblés en Amérique le grand empire mondial qui finit de dominer le monde ces jours-ci, il protège, domine et instrumentalise ce qui reste en Europe de la grande saignée du XXème siècle. 

    Au fait qu'est-ce qu'il reste en Europe ? Et bien il ne reste rien de cette fameuse puissance souveraineté et c'était ce que je voulais dire. L'idée, le concept, le sentiment s'y sont effacés complètement. 

    Il y eut bien la France. Conscient des réalités du monde, mais exclusivement nationaliste au sens de la tradition royaliste Française, De Gaulle ne comprenait pas les empires et ne les voyait que comme les excroissances de leurs cœurs nationaux. 

    Il se débarrassa d'ailleurs de celui que la France s'était fait en Afrique pour se venger de l'échec napoléonien, et tenta quelque chose de très original, qui reste une voie possible que pourrait prendre l'avenir incertain: une nation souveraine, dotée de la puissance nucléaire et de la jalousie qui va avec, mais sans empire et sans volonté impériale et capable de faire la balance dans un monde maintenant exclusivement impérial et abominablement puissant et cruel.

    Car nous sommes maintenant des nains au spectacle: 3 empires sont en train de se partager le monde, et l'Europe n'est qu'une province américaine qui fait semblant et pérore dans le vide et la choucroute (et je ne plaisante pas, l'Allemagne s'y complait) et ne réalise même pas que faute de puissance, elle est convoitée sur son propre continent. 

    La Russie joue son destin, ayant pensé s'allier à l'Occident, mais inconsciente des haines qu'elle avait suscitées, elle est maintenant clairement poussée vers la Chine. C'est bien elle la puissance "d'équilibre" velléitaire si tant est que l'Amérique le souhaite, car seule une vraie bipolarité peut assurer la victoire, le camp du bien ne pouvant se diviser sous peine d'être trop manipulé et donc trop affaibli. On l'avait expliqué: les USA souhaitent que la Russie qu'ils méprisent économiquement soit exclusivement asiate plutôt qu'Européenne, car l'alliance Russie Europe représentant le possible 3ème larron qui pourrait l'affaiblir dans sa lutte contre la Chine, elle doit absolument être évité. 

    On en vient alors à la souveraineté puissance telle qu'elle se manifeste dans l'esprit des dirigeants, des vrais... 

    Le sentiment est pour ainsi dire ignoré complètement des honnêtes gens de notre temps. Managérisés, moralement castrés, privé de sentiment religieux ou historique, les individus démocratiques occidentaux sont entièrement moralinisés et n'ont aucune envie autre que le maintien du confortable statut qu'ils estiment devoir à "leurs" luttes. Abrutis, inconscients et en déni complet, on pourrait avoir envie de les voir s'"éveiller" et la perversion woke quelque part, répond à un besoin. Personne parmi eux ou leurs "élites" n'a en effet aucune chance, vélléité ou capacité de l'éprouver. 

    Ce fameux sentiment est d'abord profondément amoral et égoïste, et correspond à ce "sens de l'Etat" qui met la nécessité du commandement au delà des conventions et des idéaux. Mais cela n'est pas toute l'affaire: il faut aussi ressentir l'impérieuse nécessité de créer ou de transmettre une puissance agressive expansionniste persuadée de sa supériorité. Il faut vouloir dominer et transmettre, et cela d'autant plus qu'on est conscient des sentiments équivalents qui règnent dans les autres parties du monde. Exemples des volontés de puissance vitale des animaux qui luttent pour leur survie, on n'est jamais méchant ou dominateur que pour éviter d'être victime de plus méchant ou dominateur. 

    Car le monde est sans pitié et les sentiments et les volontés sont celles-là, par définition, structures et réalités du monde. 

    C'est pour cela qu'une chose comme la "paix" peut exister: elle n'est jamais négation du mal ou sanctification des hommes, mais négociation entre tueurs invétérés, d'autant plus abominablement cruels qu'ils règnent sur plus grand. 

    Poutine, Biden ou Xi sont des monstres froids cruels et sans limites, qui doivent assumer la ruine des peuples et le meurtre des bébés, je dirais bien sûr et c'est leur fonction. Imaginer autre chose est une naïveté et on ne considère ici que leurs intérêts propres, poursuivis en toute occasion et sans limites morales ou humaines. Vae victis. lls sont nommés par des infrastructures qui les soutiennent et qu'ils représentent ou dominent mais c'est la même chose. 

    C'est ce sentiment assis sur le collectif national puis impérial qui dicte sa loi à ce qui sont LES dominations régionales des souverainetés puissances, forces qui régissent le monde humain depuis toujours. 

    Ce type de "gouvernance" n'a bien sur rien à voir avec la tranquille direction d'une mairie, ou ce qui revient au même des gentils arbitrages entre partis des petites démocraties et autres états de droit pépères du centre Europe. Se croyant supérieurs, ces gentils royaumes de contes de fées jugent de tout avec hauteur et régentent le monde, convoquant devant leurs tribunaux tous les criminels de guerre de toutes les guerres auxquelles leurs journalistes assistent, corrompus et ou  intoxiqués. Réunis dans une union dirigée comme d'habitude par de travailleurs et (pour l'instant ) silencieux germains, nos villages de schtroumpfs pérorent et jacassent, se pensant puissance mondiale... Tour à tour, un roumain, un portugais, un letton dirigent l'Union 6 mois. En ce moment c'est la France... 

    La France assista silencieuse à un élargissement post chute du mur qui fut précipité mais jugé indispensable par l'Allemagne qui reconstitua en temps de paix ce que la guerre avait fait péniblement: un hinterland sous-payé très supérieur en efficacité à l'ex empire colonial français, lui installé à grand frais à demeure avec ses problèmes, n'en parlons pas ici. Elle perdit à l'occasion, socialisme impécunieux et ruineux oblige, toute possibilité de peser vraiment, l'autorisation qu'elle donna à l'Allemagne de se réunifier en échange de sa monnaie étant la dernière chose qu'elle imposa, profitant ainsi par la suite de 30 ans de gaspillages sans conséquences financières mais pas sans conséquences économiques, n'en parlons pas ici non plus. 

    Toujours détentrice de sa bombe, de son siège à l'ONU et de sa prétention, la France a une situation instable, qu'il ne tient qu'à l'Allemagne d'exploiter maintenant. En tout cas, on est loin de la souveraineté puissance, qui pourrait bien disparaitre complètement du seul pays d'Europe qui en détenait encore quelques restes. 

    De mon point de vue, la réélection de Macron devrait en sonner la disparition complète. Mais je m'attriste sans doute trop tôt, profitons encore quelques semaines d'un espoir fou. 

    Glosons encore un peu sur l'Allemagne qui pourrait vouloir (ou pas) disposer de la puissance après l'instauration de sa souveraineté complète sur une Europe qu'elle domine maintenant seule, comme on l'a dit. Après tout, l'historique de Charlemagne est là pour servir enfin. Une théorie serait qu'elle se contente de tout donner aux USA, après tout ce ne serait que justice. Seul peuple à n'avoir jamais émigré aux amériques, la France le ferait enfin, en commençant par ses élites entièrement en télétravail. Ca c'est le scénario US, qui utilisera avec force promesses l'Europe en s'arrangeant pour lui vendre assez d'armes pour qu'elles s'estime protégée, et eprête au grand combat contre les forces asiates rassemblées qui pourraient bien se toquer d'aller enfin faire boire à leurs chevaux l'eau salée de l'Atlantique. Faut il vraiment détruire le monde pour éviter cela ? Et bien ce sera aux USA d'en décider et après tout, chacun son continent, cela est plus simple, les puissances souverainetés aiment ce qui est limpide. 

    Pour finir, distinguons ce qu'on appelle les "occidentaux" du reste du monde du point de vue de la puissance et du sentiment de sa maitrise, la souveraineté, la conjonction des deux faisant les volontés nationales. Cette différence s'exprime dans le conflit en cours en Occident et Russie. On évoquera trois points, exprimés d'ailleurs en Russie et totalement inconnu à l'ouest de l'Eurasie: les valeurs, l'idéal LGBT, le woke. 

    On commencera par fameuses "valeurs" présentées par les occidentaux et qui marquent tous leurs discours, non seulement internes mais externes, brandis en permanence sous la forme de credos internationaux et qui président aux motivations exprimées publiquement dans toutes les organisations financées par les USA, et progressivement phagocytées, qui par les pays du tiers monde, qui par la Chine, maintenant fortement impliquée dans celle-ci avec d'autres prétentions, en tout cas, décrites différemment...  Ces valeurs brandies à toute occasion sont non négociables. Or, le retrait de certaines choses importantes du caractère négociable de toute opposition ou séparation des points de vues est un facteur de conflit essentiel et une source majeure de méfiance. C'est ce qui rend le monde définitivement clivé, et le caractère moral des sanctions appliquées à la Russie par l'Occident le démontre définitivement. 

    La question de l'idéal LGBT est bien plus importante qu'on ne croit, il allie dans la moitié du monde un instinct social de rejet basé sur l'homophobie "naturelle" de toutes les sociétés traditionnelles avec l'idéologie manifeste, disons les "valeurs" des dirigeants de tous ces pays. Elle tient à l'officialisation de la fameuse égalité entre les deux sexualités. Sans parler de l'interdiction des pratiques homosexuelles, liée à la tolérance, essentiellement variables des différentes sociétés, prétendre que l'institution du mariage, perçu comme hétérosexuel par définition et symbole de la famille fertile, soit accessible à l'homosexualité est absolument inacceptable pour la moitié du monde. Lier cette conception à une valeur universelle obligatoire est un facteur majeur de division du monde et signe une incapacité complète à relativiser une pratique culturelle particulière pour en faire une "valeur" essentielle. 

    Le dernier point est la mode "woke" qui fait des ravages dans les universités américaines et qui commence à infecter les milieux académiques européens. Il se caractérise par une rupture essentielle avec une notion essentielle liée à la puissance souveraineté telle qu'on l'a décrit ici: l'acceptation inconditionnelle du passé national garant de l'éternité de la souveraineté, et gage de son apparition dans l'histoire. Vouloir au nom d'idéaux réformer le passé et changer l'histoire est le suicide national par excellence gage d'une tyrannie nouvelle et refus de la vraie puissance souveraineté qui ne tire sa légitimité que de son passé respecté. 

     

  • Les ailleurs

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  • Les guerres

    Alors que nous voilà concernés par une guerre en Europe, qui, même si elle de même type que ce qu'on a vécu dans les années 90 dans la Yougoslavie démembrée, semble inquiéter les gens à un point bien trop exagéré; il importe de réfléchir à ce qu'elle signifie exactement et cela à plusieurs titres. 

    D'abord il faut définir la guerre. Dans la mesure ou le mot s'applique à des violences causant la mort volontaire de milliers de personnes, cela pour exclure les guerres économiques, les maintiens de l'ordre et les guerres froides, on doit considérer 3 types de guerre. 

    D'abord la guerre nucléaire généralisée. Devant causer sans aucun doute la destruction et la stérilisation d'une grande partie de la terre, même si cela ne devrait pas interrompre complètement la vie (à mon avis), la perte de la quasi-totalité de l'humanité et la destruction complète de toute son activité est quasiment certaine. 

    De fait, elle ne peut pas se produire, non pas au sens que tout se passerait comme si les bombes n'existaient pas, mais au sens que des comportements quasi automatiques se manifestent systématiquement pour l'éviter si l'occasion peut s'en présenter. 

    Un exemple est la zone d'exclusion aérienne demandée la semaine dernière par le président Ukrainien et une partie de l'opinion tant en Ukraine qu'en Occident: marque de la nécessité humanitaire d'empêcher les bombardements de civils que certains pensent systématiques et volontaires, elle fut refusée sèchement par l'OTAN au nom de l'évidence: cela signifierait prendre le risque d'actes de guerre directs entre des puissances nucléaires. OR, comme certains semblent l'ignorer, cela n'est pas "possible". 

    De la même manière, qualifier de "munichois" certains renoncements à des confrontations directes avec la Russie est un anachronisme patent. Les armes nucléaires n'existaient pas en 38, et ce nouveau type de guerre, type de ce qui ne peut pas se produire, pèse sur les appréciations, et bien sur les décisions. 

    Tout cela pour dire que ne pas le prendre en compte, de la part d'adultes s'exprimant en public est marque de cynisme et de volonté de manipuler les bêtises et les fanatismes (de la part des propagandistes Ukrainiens, leur président compris) et d'inculture complète, voire de la forme de bêtise qu'on appelle "connerie" pour les occidentaux qui s'y livrent.

    Par exemple Jean Dominique Guliani (1) président de la fondation Robert Schuman, s'est permis d'évoquer l'argument "munichois" pour demander à l'Europe une activité agressive plus forte, cela d'un ton ému, mu par une nécessité intérieure en proie à des sentiments brouillés. Un tweet vengeur, du genre "Comment peut laisser parler en public un pareil connard?" semblait justifié. L'homme voit la Russie comme un ennemi et décrit en termes peu amènes, hostiles et militant ce qu'il appelle la tyrannie Russe dont la dictature selon lui est pire que celle de la Chine (2) ! 

    L'homme affirme que l'Europe a l'habitude depuis les années 30 des dictateurs paranoïaques, il vit dans tout son esprit et toute sa chair cette époque dont il n'a pas compris qu'elle a scellé la sortie de l'histoire de "son" Europe, qui a renonçé, précisément, à l'arme nucléaire et dont il n'a manifestement aucune idée de la nature. 

    "Pour arrêter la force brutale, il faut être fort; la Russie ressemblera à la Corée du Nord après les sanctions". 

    A quoi l'Europe va ressembler si la Russie arrête dès demain ses livraisons de gaz à l'Allemagne ? 

    Le deuxième type de guerre est la guerre "classique" dite de "haute intensité" utilisant des armes lourdes (chars, artillerie, missiles) et qu'on peut caractériser par le bruit terrible et assourdissant d'explosions destructrices proches 24 heures sur 24. Causant de terribles souffrances aux populations civiles prises dans ces destructions, elle peut aussi les épargner complètement si elles sont derrière les lignes de front. Ce type de violence ne peut se vaincre que directement avec des armes en rapport et des puissance de feu supérieures, éventuellement du premier type, des tirs nucléaires "tactiques" pouvant détruire rapidement les concentrations de matériels lourds qui y sont associés. De manière générale, ce type de guerre est très dépendant de la logistique, qui peut être mise en défaut par des encerclements ou des embargos.  

    Elle peut se trouver mise en échec si on renonce à priori aux bombardements systématiques sur les populations civiles, des guerrillas sur des territoires étendus pouvant rester actives longtemps après une défaite de ce type. Ce qui mène au 3ème type de guerre. 

    Notons toutefois, que la guerre du 2ème type est absolument gagnante face à toute guérilla si les populations civiles sont déplacées avant les bombardements lourds systématiques (ce qui fut fait en Algérie par exemple) ou tout simplement négligées (par exemple lors de la fin de la 2ème guerre mondiale) mais avec les conséquences qu'on a vues. 

    Le troisième type est la fameuse guerre asymétrique qu'on vit au Moyen-Orient ces dernières années. Une armée du deuxième type face à une guérilla qui exploite et utilise des populations civiles au milieu desquelles elle vit comme des "poissons dans l'eau". On a là à la fois la défaite inéluctable après enlisement (Viet Nam, Afghanistan) ou la victoire pénible et affreusement douloureuse (Syrie, Irak) avec les prises de ville maison par maison tels que lors des cauchemars de Kerbala ou Mossoul, avec ou sans évacuations des populations civiles. Confronté au problème en Syrie, la Russie a sans doute des stratégies à mettre en œuvre pour la conquête des villes Ukrainiennes. L'avoir provoqué à faire cela, sans réaliser les épouvantables et inhumaines souffrances que cela peut entrainer, soulève le cœur. Concentrer exclusivement ses critiques ou ses condamnations sur l'auteur direct de ces souffrances, en considérant inhumain cet auteur, c'est faire fi, DONC, de la seule responsabilité "humaine" dans cette affaire: la nôtre.

    Enjeu diplomatique et humanitaire de toute guerre, les populations civiles sont donc au centre de toute réflexion sur les guerres, et doivent en permanence occuper les esprits quand on parle de cela. 

    Pour évoquer des polémiques récentes et confirmer ce que je veux dire, il faut évoquer la stratégie Gaulliste lors de la deuxième guerre mondiale, qui consista, tout en refusant de capituler, à faire la guerre de l'extérieur du pays, à faire renoncer les résistants aux attentats meurtriers générateurs de représailles sanglantes et inutiles, et à revenir en étant sûr de gagner en faisant la "vraie" guerre avec une "vraie" armée. Le contraire de Munich mais aussi de Kiev quand on distribue des armes individuelles à des civils peu formés pour les exposer inutilement à des armes lourdes contre lesquelles ils ne pourront rien et qui ne feront, -dans le but précis d'émouvoir les opinions publiques internationales- qu'exposer des civils. La guerre avec des boucliers humains qui plus est de sa propre population est fondamentalement non-éthique. Cela discrédite complètement (à mon avis) les dirigeants Ukrainiens. C'est le concept de guerre totale des nazis, et cela doit être absolument et toujours rejeté. 

    Une distinction à faire toutefois.  Dans la doctrine de la "totale krieg" qu'évoquait Goebbles, il y avait l'évocation héroïque de la disparition totale de l'Allemagne (et de sa population civile) en cas de sa défaite. Grandiose et meurtrier ! Hitler évoquait en plus comme justification de ce sacrifice suprême la disparition totale des juifs etc etc. Condamner des milliers de ses concitoyens (à qui on ne demande pas plus son avis, d'ailleurs) à une mort similaire sous l'écrasement destructeur du feu de l'ennemi, cela à seule fin de convaincre une opinion occidentale qu'on souhaite plonger dans la même violence est du même ordre à mon avis, et justifie l'appellation de "nazi" que Poutine utilise pour désigner de tels gouvernants. 

    Zelenski est tout simplement un clown assoiffé du sang de ses compatriotes, un fou délirant qui ne mérite que d'être assassiné dans son bunker. Pourvu que cela arrive vite. 

    Qu'un ministre des finances Français (Bruno Lemaire) ait pu utiliser l'expression "guerre totale (économique)" est ainsi une folie absurde du même ordre qui me le rend à tout jamais antipathique, comme crétin, et comme proto nazi, lui aussi. 

    Il n'y a pas de guerre totale ! Sinon la guerre nucléaire, qu'il faut rendre possible physiquement et impossible diplomatiquement, pour éloigner à tout jamais le spectre de ses intérêts vitaux violés, c'est-à-dire l'effroyable misère que pourraient subir tous les êtres fragiles de notre peuple !  

    On en vient alors à cette fameuse guerre économique, celle qui se profile et qui pourrait, hors du miliaire, provoquer AUSSI bien des souffrances, et que les niais, les imbéciles et les salopards de va-t-en-guerre pourraient bien provoquer. On avait dit qu'on ne parlerait pas, mais on va violer la promesse pour conclure. 

    Malgré toutes les rodomontades, l'Europe n'a aucun moyen de mener une quelconque "guerre économique" véritable face à la Russie. Si elle persiste au-delà de la victoire Russe (qui ne devrait pas tarder, la durée de ce type de guerre n'excède pas le mois ou disons 40 jours) à tenter de gêner outre mesure la Russie, les contre sanctions pourraient devenir instantanément extraordinairement cruelles. Il s'agirait de l'arrêt des hydrocarbures Russes, de la nationalisation sans indemnités de tous les avoirs Occidentaux en Russie, et du split du système financier mondial, la Chine pouvant fournir systèmes de paiement et monnaie de réserve. L'Europe comme puissance globale émergente serait alors définitivement condamnée et sa progression, contrairement aux naïfs et aux fous qui espèrent le contraire brutalement stoppée. 

    On attend une réaction de l'Allemagne à l'arrêt de Nord Steam 2, principal but de guerre des USA atteint dès les premiers jours et surtout à la menace directe de coupure du gaz et du pétrole, pas encore formulée (tout le monde n'est pas Bruno Le Maire) et qui mettrait à rude épreuve les économies Allemande et Française en quelques mois, malgré les réserves. 

    Certains en Allemagne seraient prêts à prendre le pari, et de le faire pro activement (2). La victoire militaire Russe aura des conséquences intéressantes. 

    Il faut noter l'accomplissement d'un autre but de guerre, que le président Macron présente à son avantage et qui serait le renforcement de l'Europe, et en particulier le renforcement de la "défense européenne", chimère stupide qui supposerait le don de l'arme nucléaire à l'Europe, alors que la réalité (on pourrait dire heureusement) est la soumission à l'OTAN, et d'ailleurs bien sur l'Allemagne vient de décider d'acheter les F35... 

    Les USA à la manoeuvre, enchainent définitivement l'Europe à leurs intérêts, au prix de laisser la Russie s'allier à la Chine. Cela a du sens au demeurant, car la Russie en paix avec l'Europe, voire assurant sa défense, aurait constitué un 3ème larron qui aurait dangereusement divisé le camp de la "liberté". On a préféré pour la grande confrontation à venir revenir à un monde binaire qui reconstitue d'ailleurs anthropologiquement (et c'est Todd qui le dit) la grande fracture entre les humains. On rappellera en effet, que Todd lie la longue durée des communismes en Russie et en Chine à la prédominance des familles dites "communautaires", autoritaires et égalitaires, et en cela radicalement opposées aux systèmes du monde occidental... 

    L'alternative est donc quasiment faite, et pour longtemps, on pense à ces européens qui auraient voulu jouer l'URSS à la sortie de la guerre, et qui ont pensé qu'on pouvait envisager une sortie du capitalisme à l'occasion du grand bouleversement. De grands esprits s'adonnèrent à la chose. Mais la tyrannie était bien trop visible, et même si le McCartysme était haïssable, il valait nettement mieux et puis disparu rapidement, lui. 

    Il y eut les non alignés du tiers monde, qui pensèrent possible de se développer ET de rester libre, hélas ils échouèrent deux fois: économiquement (leurs penseurs en ce domaine était socialistes) et culturellement (la religion fanatisée devint la seule ressource qu'il resta à ces peuples sans conscience en explosion démographique).

    Il y eut le Gaullisme, forme occidentale du non alignement avec peu ou prou les mêmes objectifs, plus de vieilles ambitions, et qui fonctionna tant que son génial promoteur put parler la grande langue magique impossible à imiter. Rattrappée par les sordides envies de consommer déguisées en socialisme partageur puis en progressisme égoïste, la chose n'eut qu'un temps. 

    Les choses risquent maintenant d'aller vite. Les despotismes asiates propres à ces peuples vont vite rendre les mondes communautaires eurasiatiques absolument impénétrables et nous auront pour toujours raté l'occasion de considérer Rackmaninov comme un membre de la famille. Je ne peux pas m'y résoudre. 

    (1) https://laref.org/intervenants/jean-dominique-giuliani/  

    (2) https://radionotredame.net/emissions/legrandtemoin/01-03-2022/

    (3) https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/03/09/guerre-en-ukraine-en-allemagne-des-experts-soutiennent-l-embargo-sur-les-importations-energetiques-russes_6116751_3234.html

    (4) https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-francois-hollande-appelle-a-arreter-les-livraisons-de-gaz-venant-de-russie-pour-l-europe_4999770.html

  • Les Simpsons comme paradoxes

    Le paradoxe de Simpson (1), qui continue de fasciner, d'étonner et de révolter peut s'expliquer de plusieurs manières, et j'en connais une de particulièrement "tactile", c'est à dire "intuitive" pour les doigts. 

    Soit 4 individus nommés 1,2,3 et 4 dont la note à un test quelconque soient respectivement de 2,1,4 et 3. 

    Vous remarquerez la division naturelle des 4 individus en deux groupes contenant respectivement 1 et 2 d'une part et 3 et 4 d'autre part. 

    Vous remarquerez que chaque groupe présente une corrélation inverse: plus votre numéro dans un groupe est important, et plus votre note est basse. Une double tendance, donc qui semble qualifier TOUS les individus.

    Regroupons alors les notes pour noter deux groupes dont les notes seront alors 2+1 = 3 d'une part et 4+3 =7, d'autre part. On a là une corrélation directe. 

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    En fait, l'agrégation des groupes inverse le sens de la corrélation, c'est le paradoxe de Simpson.  En effet, si on ne considère pas le groupage, on obtient une corrélation positive qui est en fait un résultat faux. 

    Sans considération des regroupements significatifs interne à une bloc de données, la corrélation ordinaire peut donner lieu à des conclusions erronées... 

    Supposons par exemple que les 4 individus soient ordonnés suivant leurs pratiques du sport (leurs numéros sont leurs nombres d'heures de jogging par semaine) et que la note soit l'espérance de vie. Clairement plus vous courrez, plus vous vivez longtemps. 

    Maintenant supposons qu'après recherche, on réalise que 1 et 2 sont des femmes et 3 et 4 des hommes. Cela pourrait se concevoir, dans certaines populations les hommes (parce qu'ils ont, les salopards, plus de temps libre) font plus de sport. 

    Et bien ce facteur supplémentaire (le groupement suivant le sexe) aboutit à la conclusion inverse: plus vous faites de sport, plus vous mourrez jeune... Le facteur est dit "de confusion". On ne peut tirer de conclusions sur une corrélation QUE si on a pris en compte tous les facteurs de confusion possibles, ou bien si, les connaissant, on a regroupé les notes en fonction des facteurs de confusions. Après le regroupement, le paradoxe ne doit plus se manifester, ce qui valide la corrélation... 

    De manière générale, il faut bien réaliser que ce n'est pas le partage en sous groupes qui donne toujours le "VRAI" et l'agrégation trop rapide qui fait illusion. Car un partage en sous groupes peut n'être pas significatif et ne contenir rien à part une relation arbitraire qui pourrait ne correspondre à aucune relation existante entre les membres du groupe...

    De fait il fut montré que la chose dépend du contexte, et que sans savoir extra-statistique, on ne peut valider l'une ou l'autre des alternatives (Lindley and Novick (1981) ou plutôt on peut à partir des mêmes données valider l'une au l'autre des versions. 

     

     

     

     

    (1) Judas Pearl Understanding the Simpson Paradox: https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2343788

     

  • Les présidents de l'Ukraine

    L'histoire de l'Ukraine indépendante est complexe, pleine de rebondissements et marquée depuis 1991 par une alternance permanente entre pouvoirs pro-Russe et pro-OTAN/UE.

    Un sondage de 2008 donnait 45% de pro UE et 35% de contre... La population étant divisée entre "Russes" (18%) et Ukrainiens (78%). 

    L'Union Soviétique disparait le 25 décembre 1991 avec la démission de Gorbatchev. L'Ukraine était indépendante depuis le référendum du 1er décembre (90% pour) et la Communauté des Etats Indépendants (Biélorussie, Ukraine, Russie) le 8 décembre entérina la chose. 

    Les présidents

    Leonid Kravtchouk de 91 à 94. Il abandonne les armes nucléaires. 

    Leonid Koutchma de 94 à 2005. Pro-Russe, il s'oppose au précédent. Il prend Ianoukovitch comme premier ministre. 

    Viktor Ioutchenko de 05 à 10. Il bat Ianoukovitch dont l'élection truquée de 04 est contestée. Chef de la révolution orange, il se rapproche de l'UE/OTAN. Un accord d'association avec l'Europe est signé.

    Viktor Ianoukovitch de 2010 à 2014. Pro-Russe. Décidant de suspendre l'accord avec l'UE, il est renversé par l'EuroMaidan. 

    Issu du Donetsk, dont il a été gouverneur de l'oblast. 

    Petro Porochenko de 14 à 19. Élu juste après la perte de la Crimée et les guerres perdue au Dombass, il cherche l'appui de l'Occident.

    Volodymyr Zelenski de 19 à maintenant. Ex Acteur, en même temps et successivement neutre, pro-Russe, pro-OTAN/UE. 

    Ses prises de position peu claires, sont devenues récemment obscures. D'abord son pedigree (il est mentionné dans les panamas papers, dispose d'une fortune énorme, et se trouve entouré d'oligarques. Ensuite, il est en lutte permanente contre une cour constitutionnelle hostile, qui invalide ses lois anticorruption; il tente de la maitriser mais se trouve désavoué par une commission de l'UE qui juge cela contraire aux principes du droit...

    On voit bien l'absurde rôle des "légistes" européens, qui en viennent à permettre, au nom de l'État de droit, l'inviolabilité d'une justice et d'une cour constitutionnelle corrompue !!! C'est d'ailleurs aussi le fond de l'affaire polonaise. 

    Pour ce qui concerne l'OTAN/UE, il déclare que c'est sa stratégie et sa priorité que d'y adhérer. D'ailleurs, il fit cette déclaration dés son intronisation, sachant qu'il n'a présenté, avant son élection, aucun programme concret. 

    Tout absolument tout est conduit et guidé par la demi (alternative, comme on l'a vu) volonté Ukrainienne d'adhérer à l'OTAN et à l'UE, ce que la Russie considère comme un casus belli... 

     

    Le discours de Poutine

    Pour comprendre l'agression en cours (nous sommes le matin du 24, début de l'offensive Russe), il faut considérer le discours de Poutine, quand il annonce reconnaitre l'indépendance des républiques du Donesk et du Lougansk. 

    Il rappelle le caractère historiquement Russe de l'Ukraine et aussi que son territoire fut isolé et constitué arbitrairement par Lénine . Poutine attribue ainsi à Lénine la volonté de satisfaire les "indépendants" en constituant des "entités étatiques nationales" destinées à satisfaire les exigences des "nationalistes" à l'intérieur du pays. 

    Cette charge contre la politique de Lénine de constitution de l'"union soviétique" est assez originale, en fait: il rend Lénine coupable de l'effondrement de l'empire russe et Staline, organisateur de l'Etat totalitaire, d'avoir négligé de supprimer le ver séparatiste dans le fruit bolchevique. 

    "Du point de vue du destin historique de la Russie et de son peuple, les principes léninistes de construction de l'État n'étaient pas seulement une erreur, c'était, comme on dit, bien pire qu'une erreur. Après l'effondrement de l'URSS en 1991, cela est devenu très clair."

    Et puis coup de grâce:

    "la politique bolchevique a abouti à l'émergence de l'Ukraine soviétique, qui, même aujourd'hui, peut être appelée à juste titre "Ukraine de Vladimir Lénine". Il en est l'auteur et l'architecte. Cela est pleinement confirmé par les documents d'archives, y compris les directives sévères de Lénine sur le Donbass, qui a été littéralement comprimé en Ukraine. Et maintenant, des "descendants reconnaissants" ont démoli des monuments à Lénine en Ukraine. Ils appellent ça la décommunisation."

    Et en 1989, on décida de transformer les républiques de l'Union en états souverains. 

    Et le drame: 

    "L'effondrement de notre pays uni a été causé par les erreurs historiques et stratégiques des dirigeants bolcheviques, de la direction du parti communiste, commises à différents moments de la construction de l'État, de la politique économique et nationale. L'effondrement de la Russie historique appelée URSS est sur leur conscience."

    Et pourtant notre pays a joué le jeu et aidé l'Ukraine au point de prendre en charge la totalité de la dette Russe, finalement remboursée en 2017. Malgré cela, les gouvernements ukrainiens corrompus ("La corruption a littéralement imprégné et corrodé l'État ukrainien, l'ensemble du système, toutes les branches du pouvoir.") ont activement joué l'opposition à la Russie et ruiné l'Ukraine au nom d'une promesse de rejoindre le camp occidental et crue par un peuple naïf.

    Pour finir, l'Ukraine est prête à se doter d'armes nucléaires et l'armée Ukrainienne est déjà associée à l'OTAN. Ses aéroports reçoivent déjà des avions et des drones américains. 

    Bon, on est en 1962, et Kennedy se rebiffe, mais AVANT que les missiles ne soient installés. 

    Poutine réitère l'historique de sa bonne volonté, et mentionne même une demande à Bill Clinton restée non divulguée : "Que penserait l'Amérique d'accepter la Russie dans l'OTAN ?". 

     

    (1) Discours de Vladimir Poutine 21 février 2022 https://fr.scribd.com/document/560538358/Le-discours-de-Poutine-du-21-fevrier#download&from_embed

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    Les deux héros sont Mégacle, l'athlète, (un soprano) et Aristéa , la princesse (un alto), amoureux contrariés, on va voir comment, c'est complexe...

    D'abord l'histoire avant l'histoire: Clystène roi de Sycone, pour éviter un parricide ordonna à son confident, Alcandro de noyer le mâle d'un couple de jumeaux, le petit Filindo; la fille étant Aristea. C'est la clé du dénouement. 

    En effet, juste au moment de sacrifier Lycidas(avec une grande hache), Clystène se voit révélé par Alcandro que Lycidas est en fait son fils sauvé des eaux. On remet alors tout en ordre : Mégacle avec Aristea, Lycidas avec Argene, et le peuple se réjouit, et c'est la fin. 

    Entre temps, on revient au début, Clystène promet sa fille Aristea au vainqueur des jeux olympiques, d'où le titre, l'opéra se déroulant sur les Champs Elysées, à Olympie. 

    C'est alors que le prince Crétois Lycidas, accompagné de son confident Aminta, tombe amoureux d'Aristea, oubliant ses promesses à Argene. Il décide alors de faire concourir à sa place son ami Mégacle sans lui parler de l'enjeun qu'une fois révélé, il continue de charger Mégacle devenu très malheureux  et qui se livre alors à un véritable maquereautage, étant l'obligé de Lycidas. 

    Argene et Aristea s'arrangent alors, et révèlent après la victoire de Mégacle, la substitution à Clystène, qui furieux condamne Lycidas à mort. Lycidas devient fou, Mégacle tente de se suicider et le drame est là... 

     

    Les arias 

    Acte 1 

    Scene 2 Air de Mégacle qui ignorant l'enjeu, accepte de concourir (Superbo di me stesso)

    Scene 3 Licidas éclate de joie (Quel destrier che all’albergo è vincino)

    Mais Aminta médite alors sur la passion amoureuse (Il fidarsi della speme), l'inouï aria clou de l'Opéra... 

    Scene 4  Un choeur de bergers ( O care selve) la réjouissance sylvestre... 

    Scene 5 Clystene informe Aristea  (Del destin non vi lagnate)

    Scene 6  Aristea maudit son sort barbare (E troppo spietato)

    Scene 7 Argene se lamente (Piu non si trovano)

    Scene 8 Lincinda révèle à Mégacle inscrit aux jeux, l'enjeu. Lincinda se réjouit ! (Mentre dormi, Amor fomenti)

    Scene 9 Mégacle se déchaine (Che intesi, eterni dei !) puis en plein quiproquo échange avec Aristea (Che intesi, eterni dei !)

    Acte 2 

    Scene 2 l'air d'Alcandro (Se tu sprezzar pretendi)

    Scene 3 Aristea se lamente (Sta piangendo la tortorella) Aristea est un alto et la voix est parfaitement charnelle. Elle apparait devant l'orchestre avec une présence humaine soliste magnifique. 

    Scene 4 Argene arrivée en Grèce, s'en prend à Aminta (Per que’ tanti suoi sospiri)

    Scene 5 Aminta évoque encore l'Amour (Siam navi all’onde algenti). L'aria inouï tout autant. Les vocalises sont ce qui faisait se damner les auditeurs des castrats: la folie de l'époque y est tout entière. 

    Scene 7 Clistene ne comprends rien aux réactions d'Aristea (Qual serpe tortuosa) après la victoire de Mégacle

    Scene 9 Mégacle dit à Aristea qu'il va partir puis se désespère (Misero me ! Che veggo ?)

    Scene 10 Mégacle confie Aristea à Licida (Se cerca, se dice )

    Scene 11 Aristea accable Licia de reproches (Tu me da me dividi)

    Scene 12 Convaincu de traitrise, Lincida devient fou (Gemo in un punto, e fremo).

    Acte 3

    Scene 3 Megacle jure son indéfectible amitié pour Licida (Lo seguitai felice).

    Scene 4 Argene jure de sauver Licida (Per salvar quell’alma ingrata)

    Scene 5 Aminta éperdu décide d'aller voir Clystène (Son qual per mare ignoto) L'Aria inouï ! 

    Scene 6 Clystène est ému par le futur supplicié Licida (Non so donde viene) La grande et mâle tristesse... 

    Scene 7 Le choeur implore la pitié de Clystène (I tuoi strali terror de’ mortali)

    Scene 10 Le choeur se félicite de l'issue heureuse (Viva il figlio deliquente)

     

    On trouve tout dans Olimpiade: Cosi fan tutte, le mariage de Figaro, un sacrifice, un suicide, un maquerautage, un infanticide, une crise de folie, un double échange de jalousie masquée... Une telle explosion d'intrigues et de symboles est invraisemblablement baroque. Quelle époque ! Quelle musique !!! 

    En parlant de la musique, on a toute la délicatesse et toute l'ampleur de chants extraordinaires, qui quand ils sont bien servis, sont absolument addictifs et charmants: la conjugaison de l'extrême virtuosité nécessaire à leur production et de la beauté des mélodies est surprenant. Une merveille totale !