Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

FrancoisCarmignola

  • Les éthiques

    On va parler des justices bien sur, mais avant tout de ce qui les constituent, l'éthique étant la loi réfléchie, celle qui préside à la décision de ne pas commettre ce qui est punissable et qui fait l'objet d'un raisonnement rationnel de nature philosophique ou à tout le moins, personnelle. 

    Le conflit d'intérêt

    On parlera donc du conflit d'intérêt, telle qu'un médecin, clinicienne spécialiste de l'hépatite C, nous le décrit. Elle fut employée moyennant finances à plusieurs reprises par le détenteur d'un brevet sur un médicament pour cette maladie. Pas de problème, et il n'y a pas de délit à se faire rembourser ses frais pour parler en tant qu'expert(e).

    Il s'agit de Karine Lacombe, qui dépose devant l'assemblée (1)

    On notera l'emploi de la féminisation de l'expertise quand désignant un de ses possesseurs, la possession de ces gonades là la promouvant au rang suprême des prostituées, l'"experte", celle qui a "une" spécialité et qui est la seule à l'assumer avec une vraie efficacité. Le graveleux méprisant la féministérie est un droit, je l'exerce. 

    Un lien d'intérêt réunit un employeur et quelqu'un qu'il rémunère quand ce quelqu'un est capable d'agir en faveur de l'employeur, en défendant ou promouvant un produit de cet employeur. Il y a conflit d'intérêt quand le lien d'intérêt est en position de se matérialiser. Déclaré, ce qui est une obligation légale dans un certain nombre de cas, le lien d'intérêt manifeste permet alors d'imposer que la personne en cause n'intervienne à aucun titre dans une décision qui pourrait favoriser ou non l'autre partie prenante du lien, en l'occurrence, l'employeur.  

    Participation à un conseil scientifique, jugement public sur une stratégie thérapeutique, qu'il y ait ou non pacte de corruption, l'intervention d'une personne en conflit d'intérêt sur ces questions est illégale et doit être sanctionnée. 

    5 des membres du conseil scientifique du président de la république, employés par l'entreprise Gilead eurent à donner un avis sur l'emploi massif de l'hydroxychloroquine comme traitement des formes peu graves du Covid 19. Gilead sciences a eu pendant l'épidémie, son cours de bourse indexé sur cette question. Son traitement à 2000 $ par patient contre le Covid était en cause. 

    Il apparait donc que le concept même de conflit d'intérêt tel qu'exposé est battu en brèche, et considéré nul et non avenu par les plus hautes autorités de l'état, sans parler de l'assemblée nationale qui goba les explications de madame Lacombe sans moufter alors qu'ils dénotent l'ignorance crasse, l'amoralisme cynique et de fait la corruption manifeste de la dame, menteuse deux fois. Elle piétine le principe d'une part, puis l'explique faussement d'autre part. Le comble : le criminel fait la loi. 

    L'éthique est la réflexion qui consiste à penser la nécessité de la loi, et le comportement qui se soumet à la loi en en ayant compris le caractère moral indispensable. Élément essentiel de la notion même du principe de la loi, qui ne fait qu'en exprimer objectivement la caractérisation, positive (en le décrivant) et négative (en se rendant capable d'en punir les manquements), elle pré-existe à la loi, et la justifie. Elle est l'intention de la loi, et ce qui préside à son respect. 

    Un principe éthique n'est pas lié à la caractérisation objective du manquement à la loi, typiquement l'intention de commettre l'acte prohibé, mais à l'esprit a priori qui préside au possible soupçon de manquer à la probité. Ainsi, le lien d'intérêt n'a rien de coupable ou même de soupçonnable : il est même nécessaire et respectable dans la plupart des cas. Même en conflit d'intérêt, rien ne rend obligatoire ou nécessaire que le choix d'une recommandation puisse être influencé par l'emploi en question dans le lien. Pourtant, éthiquement, la personne en conflit doit s'abstenir, mieux refuser d'intervenir en mettant en avant le conflit possible. Ce faisant, elle s'en libère et fait son devoir. 

    Il est frappant de voir des personnes éduquées, en possession apparente du sens moral le plus confirmé voire d'une vraie réflexion éthique sur beaucoup de sujets, apparemment incapables intellectuellement de concevoir la notion exposée plus haut. 

    Karine Lacombe s'estime en position de juger un médicament concurrent de celui de son employeur, Patrick Balkany d'attribuer des marchés publics au vendeur de sa villa. François Fillon de ... (voir plus bas). Or, la question n'est pas là: éthiquement, tout comme Jean François  Delfraissy, consultant Gilead et président du conseil scientifique, ces gens doivent s'abstenir de conseiller sur ces questions, le dire et se taire.  

    C'est pas moi

    Le principe en question, qui est un principe de juste comportement, donc de justice est ignoré à cause des sentiments implicites et instinctifs que toute personne a du "coupable". Le "c'est pas moi" est une réaction instinctive, ancrée dans les psychés humaines, indépendant de toutes les cultures, et aussi profondément enraciné dans les cerveaux que la jalousie instinctive du bébé requin: un sentiment basique de survie, un réflexe hormonalement commandé, une preuve de vie... 

    Que faut-il de hauteur de vues, de sentiment élevé, de vrai éducation pour accéder aux sommets de la réflexion éthique ? Que faut-il de bassesse, de vulgarité, de corruption infâme pour ne rien y comprendre?  Des coups de fouets, des gifles, des meurtres sont nécessaires pour imposer de force à la lie de la société, presque entièrement formée de sur-éduqués professeurs de médecine la réalité qu'impose la civilisation. Que faut-il infliger à leurs familles, de viols, de passages à tabac pour que leur race débile accepte enfin de sortir de leur addictions infâmes aux excréments intellectuels dont ils se nourrissent ? 

    Le professeur Raoult, en cause pour un manque d'éthique supposé dont l'accusent tous les éthiquiciens en question nous explique tranquillement la situation, les réflexions qui l'entourent, ce qu'il fait pour la prendre en compte. Pas eux : qu'ils crèvent et j'aimerais être l'auteur des menaces de morts qui leur sont adressés. 

    Mais la chose est de suffisamment d'importance pour en voir les autres aspects et les conséquences. 

    Car le jugement éthique quant à la culpabilité de principe a d'abord bien des aspects, liés aux circonstances. On peut (ou pas) être dans le jury de thèse de son fils, ou témoin de mariage de sa mère (là je rigole). 

     

    La confiance

    Ensuite, il a un caractère, il est a priori et conventionnel et implique un jugement au delà de l'intention. S'y soumettre est honorable et honorant, vouloir s'y soustraire preuve de bêtise ou de malignité. Cela sans qu'il y ait eu faute, et on est au coeur de la confiance, ce qui rassemble les humains par delà les devoirs de soumission ou les appartenances, l'honneur pur: la certitude de l'absence de manquement avant même qu'on puisse se poser la question, quelque chose qui se rapproche de l'amour, la confiance sans cause, elle bien sur au delà, mais on s'en rapproche. 

    Le comportement délibéré qui éloigne le soupçon est une forme supérieure de respect de soi et  des autres et on en vient à ce qui gangrène la justice même: le soupçon brut, démocratique en ce qu'il s'adresse à tous, et que les expressions publiques généralisées sur l'internet rendent universelles : aucune personne ne peut être protégée de l'accusation, du déshonneur d'être soupçonné, de la honte de l'insulte. Quelque soit ses mérites, ses actions passées les services qu'elle a rendu, elle est sur le pilori pour ce que j'estime moi être honteux et rien ne peut l'excuser. 

    De ce point de vue, j'ai un principe qui est celui "de l'attaque" : quand publiquement on se permet une attaque directe contre quelqu'un, mieux vaut avoir les fesses propres. Un principe humanoïde essentiel veut en effet que la foule lyncheuse se déchaine toujours contre le moindre faux pas qui suit l'accusation en question, et moi aussi par conséquent... Raffinons toutefois : on peut critiquer bien sur, mais hors de l'insulte, cela est très important. 

    Une critique se doit éthiquement de porter sur un comportement, sur une erreur, pas sur la personne ou ce qu'on suggère être une caractéristique de la personne. Voilà l'essentiel et là nous sommes dans l'éthique et non pas sur la loi concernant la diffamation... La critique doit toujours supposer avec indulgence quelque chose qui peut être corrigé, ou même réclamer l'indulgence si elle-même n'est pas fondée. Dés ce moment, le principe de bienveillance minimal permet d'argumenter, et a contrario, son absence mène immédiatement à la violence. 

    Pour bien des affaires, le passage à la violence et à l'insulte dés que ce principe n'est pas respecté n'est que juste montée immédiate aux extrêmes dont le risque doit être affronté par toute expression publique. Il n'y a que l'extrême politesse d'expression qui doive être pratiquée. C'est pour cela que sur twitter tous mes avatars sont systématiquement, atrocement et graveleusement offensifs. Il n'y a guère que les quelques menaces de mort supposées et autres marques sexistes qui sont détectées par les robots ou prises en compte par les modérateurs à qui certains se plaignent, alors ?  

     

    Justice 

    Il y a ce me semble un principe judiciaire connu qui est la validité d'une pièce du dossier, qui en son absence ou déclaration comme non considérable, ne peut peser sur le jugement. Principe symétrique de l'invalidité d'un avis sous conflit d'intérêt, il permet de qualifier a priori non pas la vérité d'une preuve mais sa considération et sa validité simple dans le raisonnement du juge. Se situer au delà de la simple culpabilité factuelle pour adopter les formes du jugement au delà de l'impartialité basique est fondamental et caractérise la possibilité même d'une justice. La notion de recevabilité d'une plainte ou d'une preuve est fondamentale. C'est alors que l'on peut considérer la notion même de diffamation publique comme secondaire ou liée à la recevabilité de la déclaration. Qu'importe qu'une accusation sans preuves nuise à une réputation si l'accusation n'est pas recevable et qu'on puisse se prévaloir de la non recevabilité de la déclaration du méfait ! 

    Le jugement moral pourrait peser et c'est cela la fameuse "réputation". Cependant, affirmer sur la foi d'une non recevabilité reconnue universellement que cette tache sur la réputation est invalide devrait suffire: la parole offensante, ou même insultante n'aurait pas d'effet et donc pas de vérité. 

    Si la parole est un acte, pouvoir la désarmer à distance par avis et valeur devrait être possible. A partir de là, l'éthique de la discussion pourrait s'organiser sans censure, celle ci pouvant être évitée car annuler purement et simplement les pièces qui ne sont pas acceptables suffisent à effacer un mal qui n'est que parole. 

    Soustraire à l'examen des pièces à refuser ou à oublier, et ne pas compter dans l'évaluation argumentative certains éléments dont la vérité n'a plus d'importance, ou se trouve suspendue est fondamental: on ne peut tout prendre en compte.

    Les croyances

    Les croyances sont réglées par l'éthique et c'est l'objet de théories philosophiques élaborées (2). On y trouve les éléments de vérité, normatives ("devoir"), et aussi le caractère second de s'y soumettre (le "vouloir"), ce qui considère le vrai bien pour soi, et puis le "pouvoir" qui met en jeu ses capacités, ses vertus à y accéder et à en tirer les conséquences. 

    On trouve dans les croyances tous les jugements prouvés sans preuves ou dont les preuves ne sont pas considérées valides par tout le monde. L'espaces des oppositions entre croyances, ou toutes les éthiques s'opposent. Les distinctions entre les phases d'exercice des différentes phases analysées permettent elles de résoudre personnellement toutes les questions ? 

    Là encore la suspension des pans qui gênent ou qui obscurcissent les positions pourrait aider. Mais je ne suis qu'un faux juge. 

    L'idée est ici aussi, quand la pièce est sur la table, de la considérer. En particulier et pour donner le coup de pied de l'âne, de considérer inadmissible l'expression d'une croyance comme forme immorale de contentement de soi quand l'exigence à laquelle on ne peut pas se soustraire, la suspension de son jugement et de son conseil dans les affaires qui pourraient nous rendre suspect est elle même suspendue, ce qui ne devrait pas. 

     

    (1) http://videos.assemblee-nationale.fr/video.9257997_5ef45df30ffa5.impact-gestion-et-consequences-de-l-epidemie-de-coronavirus-covid-19--pr-karine-lacombe-cheffe-de-25-juin-2020

    (2) https://www.nonfiction.fr/article-10383-que-devons-nous-croire.htm

  • Les autorités

    Alors que la maison blanche est assiégée après que l'Elysée ait été menacé, que l'état français et sa politique sanitaire ait été défiée absolument par un expert régional qui mena en pleine tempête une action radicalement contraire avec de biens meilleurs résultats, on peut se poser la question de l'autorité, concept et puissance dont le pouvoir semble vaciller en Occident. On ne parlera pas du pape, on ne parlera pas de Dieu lui même, toute espèce d'autorité a priori étant considérée comme menacée et en proie dans tous les cas de son exercice à de radicales contestations. Le mot "contestation" lui même, qui berça mon enfance de post soixante huitard, n'en finit plus d'exercer sa nouveauté... 

    On glosera sur ce qui permet à l'autorité de s'exercer, en l'occurrence les discours qui la soutiennent ou qui la font s'exercer, par domaines.

     

    La quadripartition du discours

    Définissons: dans nos sociétés on a des discours dans des lieux différents dont le politique, le journalistique, le policier et le scientifique.

    Le discours politique ou l'argumentation soumise au vote se doit de respecter et de flatter le destinataire, est le lieu du symbolique sentimental et madré, dispensateur de promesses et de bons sentiments.  

    Le discours policier ou étatique est le lieu de l'autorité qui a le monopole de la violence et le droit de saisir au collet, au moins les délinquants, mais aussi d'éborgner les gilets jaunes. Au service de cette partie du politique qui peut provisoirement lui donner des ordres. Le discours est celui, judiciaire et policier, du droit abstrait que le "juste" se donne de sévir. L'hypocrisie, la cruauté mais aussi l'aveugle indulgence y règnent en maitre. 

    Le discours journalistique est celui, second, de l'information pure, soit disant libre mais évidemment manipulé par tous les intérêts objectifs, les délices de savoir la rumeur salace ou le chiffre qualifiant l'évènement n'étant que plaisirs de la vie et une voie pour transmettre qui les promesses du politique, qui les obligations d'une loi qu'on peut trop facilement ignorer. Un tuyau, qui peut se mettre à penser: certains y font carrière, mais de moins en moins, l'automatisation apparente du processus d'informer a fait considérablement baisser le niveau d'une activité qui s'apparente de plus en plus complètement au divertissement pur. 

    Reste le discours scientifique en relation avec la vérité et son autorité indiscutable tant qu'on ne la discute pas, et sa prétention qui à la liberté souveraine de la prétention de n'importe qui, qui à la nécessaire "communauté" que certains croient en  charge de vérifier l'application d'une méthode que certains croient unique. Domaine ignoré nécessairement que le sommet de l'activité symbolique et cognitive humaine, celui qui ne dépend d'aucune institution, qu'on peut épouser, révérer ou maudire à volonté de tous les autres endroits... 

    Ce n'est que récemment que ce discours là a acquis le pouvoir de vraiment fasciner. Alors qu'on ne considéra jamais l'aiguisage des lames comme une science comparable à l'astronomie, elle même inutile à la guerre jusqu'aux conquêtes océaniques et encore, ce qu'on appelle la techno science ne devient vraiment décisive qu'à la deuxième guerre mondiale, qui épuisant le concept dépassé de "science juive" fit de l'ordinateur et du nucléaire les vrais vainqueurs de toutes les magies simplement techniciennes de l'hyper motivation. 

    Ce faisant, le discours scientifique fut subordonné à la guerre et donc au politique, le scientifique en bon patriote se devant l'état à dominer la nation et à la manipuler, via un journalisme tout aussi guerrier... 

    Pourtant, il dispose d'une indépendance structurelle étonnante et aussi d'une capacité à se dérouler dans ce que n'abordent pas les autres ou en sont dépourvus: la question du "véritable" en son sens de réel et de tangible, cela par delà les limitations qu'on aurait pu croire attribuer au concept. 

    C'est pourtant le scientifique qui détruisit le concept de vérité en l'expulsant de sa nécessité religieuse. Galilée réussit l'exploit en détruisant le relativisme nécessaire au nom du simple et surtout de l'observable: la théorie héliocentrique est bien plus mauvaise que sa concurrente, et même si le réfutable du vrai provisoire a recouvert le monde, le "vrai" absolu n'en finit plus de souffrir sa mort, à la fois effective, regrettée et nécessaire... Le vrai discours scientifique reste subversif et inconnu. 

    Qu'au nom d'une "méthode scientifique" certains continuent à exiger que tout acte de connaissance se plie à des simagrées procédurières ridicules infaisables ou inutiles (on pense aux fameux essais cliniques en double aveugle plus ou moins truqués dont l'actualité nous a épuisé), montre bien que le vrai et le prouvable continuent de hanter les cerveaux et les psychés, y compris dans un monde éduqué qui vit littéralement de ces procédures, le grand nombre de thèses et de diplômes venant justifier l'activité d'humbles laborantins persuadés de faire de la science alors qu'il n'essuient de des burettes remplies de vieux jus. Sans parler de la bureaucratie en superstructure, qui fait de la science décisionnelle en attribuant les budgets au nom de ses visions lointaines qu'elle s'épargne de confirmer en demandant l'avis des scientifiques eux mêmes, réduits à proposer ce qui semble plaire en ne rédigeant que de demandes de resources et de "moyens", seule vraie activité d'un chercheur de nos jours... 

    Procédures et rites absurdes à tous les niveaux. Sauf là ou ça bouge vraiment, et il y a toujours des endroits ou l'intelligence et la faconde font fi des contingences et réussissent à tromper vexer et finalement moquer tous les bureaucrates. Ainsi, la question du vrai, que cela soit celui de la manière ou du contenu continue de tarauder le domaine, de fait exclusivement consacré à son service... 

    Les "c'est pas vrai" permanents associés par le professeur Raoult à toutes ses déclamations y montrent un scientifique obsédé par la dénégation, et d'ailleurs il le dit lui même: il ne veut rien de moins que la ruine prouvée des certitudes, selon lui nombreuses et injustifiées. Le vrai comme réfutation du trop bien connu. Nous sommes bien là en tout cas au coeur du non manipulable désir de réfuter et de contester, tout et toujours. 

    Les discours s'assurent et se manifestent par des actes illocutoires ("en plus", le message, d'après Austin), qui sont la promesse du politique, l'information non vérifiée du journaliste, l'arrêt du juge ou la "prévision" du scientifique. Parlons en, et Raoult l'aura assez nié, cette fonction divinatoire du successeur de l'astrologue, celui vers lequel le politique se tourne pour prendre ses décisions. Il refuse donc de prédire, ce contentant d'affirmer la fin de l'épidémie sur la base d'un probabilité élevée, un virus de maladie respiratoire ne revenant pas, en général. Sa certitude basée sur le savoir est plus puissante que le pari du devin foutraque ou escroc. 

    Parlons en: il semblerait que ce qui fit si peur aux dirigeants de toute la planète soit issu d'un calcul foireux mené par un anglais matheux qui en dix milles de lignes de C++ (2) annonce l'apocalypse de manière indéterminée, pour le moins: le stochastique de ses méthodes rend des résultats différents à chaque fois. En voilà du ventre de pigeon ! 

    Et nous voilà dans les figures qui m'enchantent: 2 formes d'opinions et de forfanteries qui contrecarrent comme expliqué l'opinion et la forfanterie tout en étant, et de belles, avec deux résultats différents. Il est pourtant évident que basé sur l'observation celle de Raoult est supérieure, et d'ailleurs confirmée par les faits, alors que le modèle mathématique brillant déconnecté lui ne l'est pas et n'est pas non plus une prédiction tout à fait en l'air: une technique est utilisée, et des entrailles fumantes versées sur une table... 

    Pour confirmer au delà de tout la chose, un élève de Ferguson, Simon Cauchemez (3) consomme la décadence de l'institut Pasteur en confirmant ces prévisions et modèles pour le compte du système décisionnaire français. Dés la mi Avril, Raoult avait des éléments, en particulier venus d'Islande, confirmant que les enfants, et par extension les moins de cinquante ans disposaient d'une immunité a priori contre le SARS COV 2 et donc pouvaient être sorti des calculs d'immunité croisée. L'épidémie s'est finie en Mai, on pouvait déconfiner en Avril... On a fait le contraire. La poursuite de la folie a donné à la France la pire récession du monde occidental, merci les modèles. 

    Cette confrontation entre les modes de savoir illustre au delà de tout la différence d'autorité entre observation du réel, et intelligence de cette observation, et la prétendu application des "méthodes" qui quand elles sont basées sur des présupposés irréels ou faux ne conduisent qu'à la catastrophe. Les deux acceptions de science dans le monde d'aujourd'hui: faute de l'instinct du vrai, qui n'habitent que les intuitions des gens qui réfléchissent, la misérable folie suicidaire prétentieuse qui détruit les intellects dégénérés ravage le monde.  

    Carmignola a gagné son pari et a fait confiance à De Gaulle. Désespéré par la connerie irréductible et désespérante d'un pays, d'un peuple et d'une civilisation qu'on fait semblant d'aimer, on prévoit, on hurle et on perd: on n'a pas convaincu. La plainte de Raoult, qui produisit un moment de sincérité déchirant dans son interview à Ruth Elkrief en fait l'écho: "j'ai parlé à tout le monde, j'ai fait tout ce que j'ai pu, et j'ai échoué". Il y a 80 ans un drame similaire se produisait et un pays entier, le même pays de pauvres cons, courut au désastre unanimement. 

     

    Les Vérités

    Un chapitre entier mérite d'être rajouté. C'est la différence entre les vérités présentées par les journalistes et celles présentées par les scientifiques. Une vérité journalistique est un compromis entre opinions exprimées, arbitré non pas par un vote mais la fausse objectivité du journaliste qui ne conçoit la vérité que comme l'équilibre entre les options que fabrique son esprit et qu'il veut imposer à ses lecteurs. Une fabrication de point de vue qu'il sert bien sur hors ses sources, celles-ci n'étant que faire valoir trié. 

    La science se fait arbitrer par l'expérience plus exactement par le pouvoir de conviction exprimé par un résultat d'expérience tel qu'il vu par lui même. Construite par le discours scientifique, la fameuse expérience finit par se substituer au réel et constitue LE réel, la supposition d'un réel abstrait derrière cette réalité manifestée suffisant à solidifier cette conception là de la vérité. Bien sur il y a le consensus scientifique, mais celui n'existe pas de fait: il n'est que le résultat, comme disait Einstein, de la mort de vieillesse des opposants les plus acharnés à la nouvelle théorie... 

    La position de Raoult sur sa potion est ici manifeste et s'oppose directement à la conception faussement objective du journaliste ironique, en fait balancé entre les influences et girouette mue par le vent. L'assurance de Raoult est réelle, à la hauteur de sa conception de la réalité, qui indépendante de l'opinion (il ne lit pas les journaux et ne regarde pas la télé) se fait exclusivement sur le monde qu'il manipule, théorise, expérimente et cerise sur le gateau, parfaitement en plus, il "soigne", c'est à dire applique au bien de ses concitoyens le résultat de son savoir. 

    Cette capacité de soigner est un "plus" de la science médicale: l'utilité n'est pas technologique mais bénéfique et cela change tout. "Avez vous déjà soigné quelqu'un ? " lance Raoult à Bourdin. La puissance de cette vérité là est impressionnante. 

    Les crédibilités

    C'est pour cela que Raoult se ramène à la "crédibilité" (d'ailleurs immédiatement justifiée  par un sondage  qui lui donne raison, l'opinion le préfère au ministre de la santé) des "champions". Il n'y a pas de vérité, et s'il faut croire quelqu'un c'est lui et il l'affirme, avec autorité... L'autorité de celui qui a déjà eu raison et à qui on doit faire attention. Ce rétablissement du "fuhrerprinzip" est à mon sens particulièrement bienvenu: que faire in fine au cabot enfantin, dont la seule critique, qui était déjà une révolte de petite fiotte contre une autorité détestée, se résume après cela à la seule critique que l'autoritaire prince de la science aurait "la grosse tête" ou "voudrait se faire mousser"? Le frapper, bien sur. 

    Un point est bien sur la notion d'expert décrite en (4) et conduisant assez vite à découvrir que Raoult lui même est un authentique expert scientifique, l'un des premiers au monde. Cela n'empêche rien à la disjonction des autorités de discours, la différence étant splendidement exposée pendant cet interview: le politique, c'est autre chose... 

    Tous les tropes de la dénonciation vicieuse, hors de propos et misérable de l'autorité furent accumulés contre le professeur qui en vient donc à se déployer avec munificence comme absolument souverain et impérial prince de l'élite scientifique menacé par des envieux de seconde zone. Et il se trouve que cette position, toujours perdante en général se trouve là absolument victorieuse et convaincante, pas loin de la victoire totale assumée, avec en plus, et là la "punchline" comme on dit est admirable, le reproche justifié au conseil de d'ordre de ne pas avoir été défendu contre les insultes publiques inadmissibles de certains de ses collègues. 

    Cet admirable retour aux fondamentaux d'un prince de la communication, réincarnant la parole gaulliste, digne et puissante, guerrière et victorieuse est absolument merveilleux. De la jouissance pure pour les connaisseurs. D'une certaine manière, on pourrait y voir la vengeance contre Mai 68, le "ferme ta gueule" de Cohn bendit lui ayant été renvoyé comme cela aurait du être fait il y a 50 ans. La dénonciation de l'autorité enfin remise à sa vraie place, celle du guerrier face à l'état failli devant un peuple souffrant, et non pas celle du révolté libertin, du pédophile empêché. Juin 40 contre Mai 68: Avril 2020.  

    Encore mieux, cette révolte du soldat mettant en ligne sa division testante et soignante se fait au nom de la déconstruction et du rizhome parangon de la remise en cause philosophique des certitudes du sujet, contre le fondateur de Nanterre, Ricoeur, l'employeur du président !! Et au nom du "contre la méthode" de Feyerabend. Revendiquées par le vieux druide, ces déjà anciennes philosophies de la remise en cause, celle qui abattirent De Gaulle, précisément servent à nouveau, pour autre chose. 

    Tout le panel des symboles autoritaires se trouve ainsi exposé, déchiré et agité dans un combat public essentiel et profond, au coeur de ce qu'il faut bien appeler une tragédie, humaine, sanitaire et maintenant économique. 

    On a donc en action une figure de l'autorité dans le domaine le moins autoritaire qui soit, et pourtant le plus critique qui soit, sa propre image ayant été précisément trainée dans la boue par d'autres petits jeunes, cette fois défenseurs de la méthode, de la rigueur et du sérieux... Mieux ! Face à ces accusations débridées, le vieux prince se réclame de l'élite et se reposant sur ses lauriers (il a tout eu), il s'affirme ETRE l'élite que les seconds couteaux veulent abattre. En y ajoutant sa peur explicitement décrite de la panique des populations, qu'il se trouve prêt, en bon médecin, à soigner et traiter en toutes circonstances, il se situe à très grande hauteur face au monde, à la foule haineuse déchainée, aux évènements malins. Un grand homme, en fait. 

    Il se trouve que ce genre de figure, exemple de la "bonne" autorité, celle qui est à la fois refusée par les pathologies secondaires, hontes depuis toujours du caractère français, et qui ne peut se montrer dans sa vraie grandeur qu'au milieu du désordre français, est ce qui régénère périodiquement l'histoire de notre nation en rendant possible au moins de temps en temps le nécessaire respect envers l'institution, enfin dotée pour un temps d'un représentant respectable. 

    Car les trop longues périodes de temps où le drapeau n'est servi que par des misérables use le respect envers celui ci et cela pourrait finir par en détourner les désespérés, trop dégoutés de devoir baisser la tête devant des hommes ou des déguisements qu'ils méprisent. La science est possible, la révolte saine et constructive contre l'Etat est possible, la preuve: un exploit herculéen, à l'antique, a eu lieu devant nous et le monde s'en est trouvé mieux: il s'en souviendra. Pardon d'un lyrisme, dont on imagine bien qu'il pourrait susciter de la part de la lie intellectuelle, (la glaire vérolée des sceptiques dont je boucherais la fosse sceptique (je ne me lasse pas de cette contemplation scatologique de la punition nécessaire) après mon jet de grenades) bien des sarcasmes, mais une telle figure régénère le symbolique, le fera revivre pour une nouvelle période, par opposition à ce qui fait le contraire, le dégénéré qui abaisse et salit le monde, et plonge le peuple, nous, moi, dans la peine et le dégout du monde. 

    L'autorité dans son beau sens de méritée, d'active, de respectable et de nécessaire s'en est trouvée ainsi illustrée.

    Pour finir, le ministre des deux interdictions de la dangereuse chloroquine, décisions prises à chaud sur la base de deux études bidons et signalées comme telles, nous exorte début Juin: l'épidémie n'est pas finie dit il. Les foules se pressent sur les terrasses et manifestent collés serrés malgré l'interdiction, l'autorité de l'Etat est elle en jeu? Le dégout de tout cela est indicible... 

    La bonne autorité

    Bien sur et pour confirmer la figure de style, le contraire fut illustré tout autant et au combien. Le succès de Raoult est à la hauteur des effroyables dérives qui ont justifié les points de vues acharnés à le contredire et surtout à faire adopter les mauvaises décisions celles qui hélas eurent gain de cause. Car il faut bien l'admettre: Raoult a perdu et sa faconde échoua. 

    Car l'autorité manifeste suscite sa contestation au point qu'on pourrait imaginer la "bonne" autorité comme celle qui tout en affirmant le vrai, le ferait d'une manière qui contenterait la contestation et l'éviterait. C'est le mythe de la "bonne" autorité au sens non pas de la "bonne" direction, mais de la "bonne manière", celle qui séduit même ses opposants. On avait raison de critiquer Raoult: de par son être même il échoua à faire admettre le bien et donc se trouve responsable de l'échec collectif. Jésus est responsable de sa mort de part son "impuissance" (il fut "incapable") à convaincre la foule de son origine divine. On lui préféra Barabbas et c'est sa faute à lui s'il fut crucifié. 

    L'exemple chrétien fait le lit du mythe de la bonne autorité: notre civilisation est construite sur son refus, c'est bien le mythe contraire qui prévaut, ou du moins deux de ses acceptions, elle même contradictoires: soit c'est bien le peuple pêcheur qui est responsable et les juifs (plus ceux qui en tiennent lieu) paieront l'addition, soit c'est Dieu lui même qui insista pour qu'on crucifie son fils, dette au diable à payer pour sauver l'humanité. 

    Appliquée à Raoult, la seconde thèse nous lance sur des pistes intéressantes, la condamnation sacrificielle de Raoult ne paraissant pas pour l'instant établir une nouvelle religion, mais patience, Saint Paul est à peine né... 

    De fait la figure christique de Raoult se fondrait elle dans celle de la défense d'une conception du savoir qui serait "bonne", c'est à dire libérée des deux écueils qui la menacent depuis toujours: l'assurance directe de l'idéologie incontestée et la soumission aux rites de répétition ? Une "bonne" science, celle qui donnerait aux évolutions du climat leur vraies raisons et aux homme la "bonne" vie qui convient. La question est une question moderne, qui fait face à l'avenir. 

    "Dégout du monde"

    Quelle meilleure illustration de ce qui peut conduire un petit groupe de chasseurs cueilleurs isolés par le froid dans une malchance géologique et alimentaire à se disputer férocement et à consommer la destruction du groupe et la mort de tous. Enfuis et traumatisés, les survivants de ces malheurs se sont ils jurés de ne pas recommencer et de toujours respecter certains principes qui les sauveraient cette fois? A l'origine des sociétés, de ce qu'il faut faire collectivement, on trouve cela, bien sur. Souvenir des réussites (le sacrifice fondateur) ou des échecs ( ce qui revient au même, le fait même du souvenir valant succès, c'est à dire survie du remémorateur ?). 

    Nous voilà donc chez Girard, et la foule déchainée, alimentée par l'information manipulée et l'injuste police au service du corrompu se jette sur sa victime. A part que cette fois, cela n'a pas marché. Comment l'institution va-t-elle se former donc ? 

    Un chemin est la "post modernité" inévitable, théorisé par (1) comme refus de l'autorité et aussi de la contre autorité moderne: réunis en tribus les peuples se forgent au hasard des collectifs des avis ballotés par les circonstances sans y attribuer de vraie puissance: des modes de vies et  avis comparables, des points de vue silencieux, ceux qu'on entend de la part des pauvres gens sans passion qui cherchèrent à se faire un avis "de journaliste" en équilibrant les forces en présence et en évitant de prendre des risques. Nulle recherche d'un parti, d'un avis principal: la foi au moyen terme d'une confrontation indistincte d'égaux tous animés des mêmes "bonnes" intentions. 

    Et bien cela est une définition de la post modernité tribale à la Maffesoli: les éthiques contre la morale, voilà le sens de "l'avenir". A partir de là, on ne cherche que la prévision comme arbitre suprême, tout se valant et on ne peut croire finalement qu'à ce qu'on est sur de ne pas avoir à croire: à l'astrologie, qui est le seul rituel convenant finalement à tout le monde, le "vrai" post moderne étant en lui même, dés son émission, assez flou pour être à la fois remis en cause et accepté par tous. C'était écrit. 

    Alors que tout est en place pour la suite, c'est à dire l'éviction et la punition des incapables, gouvernementaux et scientifiques responsables d'un désastre à la fois humanitaire et économique; alors que les journalistes stipendiés et haineux devraient être trainé(e)s dans les rues et lynchés, alors que tout montre que tout le système s'est déchainé contre la raison et la sauvegarde nécessaire de nous tous pour de mauvaises raisons, il ne se produira sans doute, la loose étant attachée au bien, rien de tout cela, et aucune leçon ne sera tirée. Le mal aura vaincu et le monde, ce monde misérable qui échoue toujours, n'en sera encore et toujours, que plus dégoutant. 

    Le Paris vide du mois d'Avril était sinistre, et tout cela me révulse. 

     

    (1) Maffesoli chez Taddeï  : https://youtu.be/anj-q63ijiI

    (2) le github de ferguson (dérivé) https://github.com/mrc-ide/covid-sim

    (3) https://www.axa-research.org/fr/news/simon-cauchemez

    (4) interview Raoult sur les experts: https://youtu.be/ThxEa22vcWs

  • Les morts

    Alors que s'achève une période mortelle pour beaucoup, pour pas tellement en fait, mais tout de même: 35 à 40 000 personnes en deux mois sont morts d'une maladie pénible qui consiste à ne plus pouvoir respirer, et bien on peut réfléchir sur ce que c'est que la mort. 

    La Peste, Camus: 

    « Après tout…, reprit le docteur, et il hésita encore, regardant Tarrou avec attention, c’est une chose qu’un homme comme vous peut comprendre, n’est-ce pas, mais puisque l’ordre du monde est réglé par la mort, peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu’on ne croie pas en lui et qu’on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait. »

    « – Oui, approuva Tarrou, je peux comprendre. Mais vos victoires seront toujours provisoires, voilà tout. »

    « Rieux parut s’assombrir.
    – Toujours, je le sais. Ce n’est pas une raison pour cesser de lutter.
    – Non, ce n’est pas une raison. Mais j’imagine alors ce que doit être cette peste pour vous.
    – Oui, dit Rieux. Une interminable défaite. »

    La Peste,  Camus

    « Non, mon père, dit-il. Je me fais une autre idée de l’amour. Et je refuserai jusqu’à la mort d’aimer cette création où des enfants sont torturés. »

     

    « Rieux décida alors de rédiger le récit qui s’achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l’injustice et de la violence qui leur avaient été faites, »

     

    Tout est là: la révolte contre la mort, la "guerre" contre la mort, le Dieu absent qu'on évoque quand même. Le XXème siècle, quoi et le sentiment moral qui en découle, celui de Camus et de tous les autres, l'absurde et lamentable dégueuli lâche et aveugle qui renonce à tout le passé, à toute l'histoire au nom d'une conception pourrie et veule du progrès. Quelle plus belle définition du progressisme: la "guerre à la mort"... 

    Soumise à la peste comme tragédie, la saloperie esclave de la religion de l'avenir en fait donc une signification. Cela est typique du "truc" de Camus (l'Etranger et le reste reposent sur ce paradoxe, c'est ce qui l'a fait vendre). On en sort encore plus réconforté: soumis à l'absurde inévitable, on se branle avec sa tristesse, cela fait profond d'autant plus qu'on ne lui échappe pas. Etranglé dans les années cinquante par son conflit avec l'abomination communiste (personne ne s'étant battu contre le nazisme), le brillant philosophe et ses copains de cette époque engendrèrent les looseurs de la fin du XXème siècle, ma génération, qui finit de ruiner son pays dans une ultime "guerre à la mort" qui se révèle n'être qu'un suicide organisé, de ses vieux et de son économie.

    D'abord, la mort est inéluctable et ses circonstances une partie de la vie de ses témoins. Jeune ou vieux, quoiqu'on ait vécu, rien dans l'être de ceux qui la vivent n'est vraiment en rupture avec elle, au contraire, ils ne sont que pour finir comme cela et sans sombrer dans le gothique, l'horreur de la mort n'est rien moins que ridicule et fausse. L'horreur c'est de l'attendre ou de la craindre ou d'en être triste, rien à voir avec ce qu'elle est vraiment et de comment elle apparait ou plutôt disparait. Car elle est d'abord disparition.

    Bien sur il y a les encombrants cadavres, et peut être sont ils de manière décisive ce qui est sans doute le plus gênant dans la chose. Remarquons que le mort s'en fout, et l'horreur de la mort est toute entière transférée comme par magie, instantanément, dans l'oeil du témoin, désormais dépositaire de tout ce qui reste: l'image du visage d'un mort, image qui disparait d'ailleurs aussi, comme toutes les autres. Rien de bien grave, à part ces fourgons qui vont au cimetière sans être suivi (c'est trop loin il y aura des embouteillages, et on a faim et soif aussi) et bien sur cette interdiction bien vue et bien sentie des enterrements en période d'épidémie. Les 500 000 urnes funéraires des chinois ne furent livrées que plus tard, comme nos masques... 

    La première chose est qu'on ne fait pas la guerre à la mort mais aux vivants, pour leur imposer notre volonté méchante. Que pour cela on n'hésite pas à tuer et cela de la manière la plus violente possible: visages explosés, corps brûlés longuement,  membres arrachés, castrations variées: voilà nos actions et y renoncer c'est être esclave et accepter d'obéir à bien pire dans l'autre sens. Faire la guerre à ça est évidemment un non sens et l'homme "qui s'empêche" slogan de l'anti communiste, seule alternative à la révolution implacable qui elle ne s'embarrassait pas de ce genre de détails, a tout oublié de l'ancienne sagesse de la mort, qui elle l'avait maitrisée: s'empêcher, c'est être pacifiste, soumis à la violence, par peur de la mort, celle qu'on ne veut pas donner, celle qu'on ne veut pas subir et qu'on nie de toutes ses forces, la force c'est fait pour ça: subir.

    Sortie de la gauche, la logique progressiste nie le coté charnel et violent de la vie humaine et au nom d'une éthique dévoyée, celle qui avait acceptée sans rien dire la domination nazie au nom de la nécessité de vivre des goys, puis justifié au nom de la misère sociale la barbarie communiste, et qui s'est mise à refuser la mort, son existence même, au nom d'un fatalisme horrifié, au nom d'un déni enfantin et terrifié.  

    Au point d'applaudir tous les soirs les viandards impuissants qui ont entubé à tour de bras (les destructions de trachées fragiles sont irréversibles et mortelles dans 50 % des cas) de pauvres vieux qu'on n'avait ni testé ni soigné sans parler de leur soignants qui les avaient torché les mains sales au nom de la science. 

    La mort n'est rien en soi, et certainement pas l'horrible, injuste, ou insupportable (pourquoi pas "invivable"?) limite de la vie. Elle se pense comme existante, et sans doute nécessaire, et respectable et possible. Elle est soulagement, entrée dans un autre monde, au moins celui du souvenir du mort, bref elle n'a pas à être sujet de révolte en tant que telle. Ce sont les circonstances de la mort, son environnement, le nôtre, celui des vivants qui peut révolter ou enthousiasmer, pas l'évènement inéluctable ponctuel que la connerie progressiste idolâtre comme signification limite, la seule que le crétin inculte puisse concevoir: le caniche "souffre" de l'inaction du dispensateur de croquettes mort, avant de lui dévorer le bas ventre. 

    Cette signification donnée à la mort par notre époque est une infamie bizarre toute de contradictions en forme de dénis variés. Comme évènement injuste on retiendra la technologie: quelle malchance de mourir avant qu'on ait trouvé le vaccin ! Et aussi le mépris des vieux: moi jeune je vivrais la découverte. Et puis tous ceux qui nient l'avancée à venir: ils ne la méritent pas et on les punit de mort. Surtout qu'il y a plusieurs façons de la nier: le manque d'exercice, l'obésité, sont autant de crimes punis de la mort dont la cause est toujours celle d'une culpabilité. Le péché dévoyé des progressistes est ainsi récompensé. Mais il y a la suite, car la mort est toujours échec, et le réel ne peut pas être nié, juste oublié ou réinterprété. On oublie donc les enterrements, on l'a dit, ou on l'interprète, comme un nombre qui désangoisse, et qui est orchestré en messe journalière: d'abord les morts ensuite les applaudissements. Sinistre et macabre cérémonie de l'atroce religion qui a détruit tout l'honneur d'un pays... 

    Pour finir, le mort se met à exister par une autre mort, celle de la veuve, qu'on sacrifie et avec toute la famille. Ici il s'agit de l'ignoble capitalisme, et de la pollution qu'on détruit en même temps que nous même:  misère pour tous, ruine et destruction de tous les projets, de tout ce qui restait de ...vie. 

    La Peste est rempli du prêtre, et de sa foi, celle que refuse le docteur au nom de la souffrance insupportable, incompatible selon lui avec le Dieu qui tout puissant ne fait rien, et donc n'existe pas. Ce point nodal de l'autocontradiction lamentable (on insulte le dieu qu'on punit en n'y croyant plus car il ne soulage pas du mal) est un grand truc de Camus et du monde moderne. Ca fait moderne et justifie l'abandon du catholicisme, ça fait CFDT, celui qui a réfléchi sur la vie. Merdique sentiment débile de crétin ! 

    Dieu n'existe pas comme force surnaturelle et ne peut s'opposer en rien ni à l'écrasement des mouches ni au lynchage des bourreaux nazis, ni non plus aux chtis "nenfants" (comme si l'enfant mort méritait plus que le vieillard mort) écrasés contre les murs. On commence comme ça. Donc le regret des souffrances ne peut plus passer par là. Et si on est croyant, s'opposer à Dieu au nom de cette inaction même est un blasphème enfantin (ou gateux) qui nie sa toute puissance: bien sur qu'il le fait exprès et le mystère du surnaturel devant être arbitré par le con, pêcheur en plus, qu'est ce que vous en faites ? De bout en bout, ce qui reste dans les crânes de ces abrutis après leur formation religieuse ratée est d'un vulgaire et d'une connerie, je vous dis pas. 

    Par contre, coté sacrifice revenchard, on se pose là: la mort de ces vieux doit, au moins en principe, être évitée. Alors on sacrifie ce monde injuste au cruel dieu des enfers: par un potlatch magnifique et inutile on détruit le monde entier pour faire semblant d'agir alors qu'on ne fait rien à part laisser mourir... Incapable de laisser mourir vraiment, et aussi de s'organiser pour éviter vraiment la contagion en fait faire les deux ce qui la seule attitude virile possible aux âmes bien nées, et on fait l'inverse: la non action suicidaire. Comme si on voulait mourir aussi, pour ne pas voir... 

    Toute la tradition musicale et culturelle européenne qui a fondé notre monde est une réflexion sur la mort et ses qualités et sa vraie tristesse plus l'espoir fou fondateur d'une refondation du monde basée sur sa défaite finale, avec l'espoir d'un futur ou tout revivrait et des connards couverts de dégueulis viennent t'expliquer qu'ils ont compris le monde : nous sommes seuls,  c'est trop injuste ? 

    Qui parle des 10000  (au moins) pauvres vieux ou obèses timides trop flemmards pour aller faire la queue aux urgences qui se sont mis à mal respirer et qui sont morts chez eux sans rien dire, sans être ni consolé, ni entubé ni compté ? Qu'ont ils pensé ou souffert ou maudit pendant leur chtite agonie au doliprane ? Rien d'intéressant pour les humanitaires et les incapables qui n'organisèrent en rien ni leur protection ni celle de leurs enfants, maintenant au chômage. 

    Et tout à l'avenant: on peut imaginer que les instants qui précèdent le passage au rien font partie de la vie et il est sur que goinfré du fameux rivotril (autorisé et bon, contrairement à la chloroquine, interdite et mauvaise) et donc déjà dans les vapes le mourant peut penser à l'avenir: il en a eu le loisir dans les instants qui ont précédé l'absorbtion du cacheton, date effective de son départ du monde. Les moyenâgeux, connaisseurs de la torture,  retardaient au maximum, quitte à souffrir un peu, la perte du sens de la vie: cela jouait dans les combats, dans les agonies interminables, dans les morts en couches qui n'en finissaient plus. Nous n'avons plus ce souci: l'abrutissement ordinaire est tel qu'il doit être un culte jusqu'au bout. Et puis après dix ans d'altzheimer à penser et dire n'importe quoi, qu'importe finalement la mort terminale ? Qu'aura-t-on gardé ? Une petite étincelle de conscience, réelle quoiqu'on en dise, cela est certain. Raison de plus pour ne pas en faire une chose et donc accepter qu'elle disparaisse, comme cette chose qui s'appelle la vie et dont la valeur ne serait rien si elle durait toujours. 

    Comparons les cultures: la grande culture littéraire française, le Camus révéré fondateur de la conscience moderne, mort dans un accident de voiture (a-t-il souffert ? ), le parangon de la conscience spirituelle des hommes d'aujourd'hui avec ses petits cris aigus de révolte contre la mort. Les crétins incultes dégénérés qui n'ont que ça à se mettre dans le cul ont-ils ne serait ce que dix minutes tenté de comprendre la grandeur d'un texte de Luther mis en musique par qui vous savez ? 

    Den Tod niemand zwingen kunnt
    Nul ne peut contraindre la mort
    Bei allen Menschenkindern,
    Parmi le genre humain,
    Das macht' alles unsre Sünd,
    La faute en revient seulement à nos péchés,
    Kein Unschuld war zu finden.
    Il n'existait pas d'innocents.

    Davon kam der Tod so bald
    C'est pourquoi la mort fut si prompte
    Und nahm über uns Gewalt,
    À s'emparer de nous
    Hielt uns in seinem Reich gefangen.
    Et à nous retenir captifs dans son empire.

    Et en plus, le rythme lent est plaisant et il y en a 7 des couplets  comme ça ! Jouissez de la mort pour rien de nos vieux abandonnés mais pensez à eux, il ne leur reste que ça et nous serons bientôt comme eux. 

  • Les Frances

    Admirable et passionnant débat entre deux juifs dont Finkie a raison à la fin de proclamer les irréductibles divergences. Ces divergences sont française ET juives et cela n'en est que plus intéressant. 

    D'abord, on va y aller carrément, le mot étant prononcé et disputé par les deux protagonistes, il y aurait un "franco-judaïsme", cette passion des juifs français qui est d'identifier, quelque part, la France à la nation de la promesse messianique, l'exact inverse réciproque de la jalousie moyenâgeuse française envers l'Israël nation idéale: émancipé par la révolution ou admirateur migrant car soumis au pogromes, le juif voit dans la France la seule nation possible; c'était avant l'Israël du XXème siècle dit Finkie, qui est le pays de l'hubris de 67 dit Zemmour. 

    Revenons au franco judaïsme, il est clé et magnifiquement isolé, tel le virus(héhé). Il est celui du juif sans nation, aujourd'hui oublié, mais qui se dévoua corps et âme à celles qu'il habitait, France et Allemagne avec les déceptions du début du XXème siècle et au combien. Belle ambition, mais elle suscita un rejet à sa hauteur. Car ni en France ni en Allemagne elle ne se priva d'un égoïsme à la fois compréhensible et d'intensité variable. 

    Pressé dans un monde moderne et médiatique qui existait avant la guerre, tu parles, il s'y constitua, le sentiment national fut fragilisé partout par un modernisme encouragé par le xxx-judaïsme, et cela aussi en Allemagne. Ce qui fait que le bien connu sentiment de dépossession de soi que cherchent à recycler nos post heideggeriens (je pense à Finkie et à tous les réacs, Rappin compris) est en fait peu ou prou ce qui fut théorisé sous le nom d'antisémitisme avant la deuxième guerre mondiale. Dans toutes ses nuances, dans toutes ses acceptions dont certaines furent gaullistes d'ailleurs et aussi bien sur mitterandistes, toutes les personnes qui ont vécu à cette époque en sont porteur sains ou non. Vous voyez ce qu'est un virus? C'est pareil. 

    La "youtrerie" dénoncée par Rebatet est là et le progressisme actuel n'en donne qu'une faible idée: la dissolution dans un idéal à la fois ultra moderne (on s'abstrait des traditions) et ultra traditionnel (on ne garde comme tradition que la seule qui vaille, la circoncision) fut mal perçu ET perçu hélas. Ce deux poids deux mesures est ce qui justifia un sentiment aujourd'hui inconnu et répandu partout. On y sacrifia contre nos traditions un nombre excessif d'innocents, Zemmour considéra qu'on a surtout sauvé les autres, au point d'ailleurs de laisser entendre que ce fut là la fonction de Vichy...  

    Zemmour se situe dans un franco judaïsme assimilationniste forcené qu'il veut généraliser et reproche à Finkie son tropisme sioniste (le français est un langue à calembours). Cela face à l'autre menace, celle d'un fascisme islamiste, celui là sur  notre sol. Les deux font la leçon à la France au nom de ses traditions, et ce qui est en quelque sorte un comble, car il y a ici deux manières de le faire... 

    On passera sur la position de Finkie, nationaliste conseiller des nations, qui est de la sienne, spirituelle, tout en étant patriote français et porteur de cette idée inversée d'Israël comme modèle pour les nations, justement, l'enracinement nécessaire étant porté par ce qui le déracine de la France. Admirable destin paradoxal, à nouveau que cet homme conspué comme sioniste par les nouveaux arrivants qui le haïssent pour des raisons opposées ! 

    Faut il être logique pour avoir abandonné son pays, ne pas s'assimiler dans son nouveau et mener pour le compte d'autres pays, une guerre contre un autre au prétexte qu'il serait envahisseur et surtout habité par ceux qu'on a chassé de sa zone d'origine ? L'effroyable cauchemar identitaire d'une immigration perdue, rongée par les pires démons de la connerie la plus effroyable ne peut que promettre à l'enfer, ou à la guerre civile des êtres perdus qui, nous parlons de la France, ne nous sont rien. Non pas comme les juifs autrefois, cachés secrètement au coeur de nous même et voulant nous changer de l'intérieur, mais installés sur notre sol, avec leur déguisements et leurs visages reconnaissables (on peut gloser sur les gueules, Bennatar nous le dit assez), par exemple le jeune salopard à l'accent haïssable qui par lâcheté, s'excuse d'avoir craché sur Zemmour en le niant bien sur. Est il de France, l'émouvant désaccord avec Zemmour qui s'est exprimé deux fois dans deux sens différents sur un réseau social ? Fermons le banc, ces gens doivent partir, ils ne nous sont rien. Bon ça c'est fait.

    Tous les deux parlent de la France en regrettant quelque chose, l'un la vieille culture livresque l'autre la vieille puissance. On parle alors de cette France féminine (Zemmour dénonce assez le féminisme du XVIIIème siècle battu en brèche par la révolution machiste) et littéraire, le sentiment littéraire effectivement animant cette France du roman, et c'est sans doute la même, le roman étant courtois, inventé pour les femmes au moyen âge. La France ? Une femme nerveuse, et on ne le sait que trop, à la fois robuste et superficielle, sentimentale et cynique, le coté "femme" de la France satisfait effectivement à tous les poncifs connus sur la question. 

    On notera contre Zemmour que la dévirilisation de l'aristocratie est en fait venue de la création de la cour, Louis XIV ayant du castrer la féodalité au nom de l'état qu'il voulut construire, avec certes du succès mais au prix de bien des erreurs funestes, dont la mise en orbite de l'Angleterre, et du fait des grands bourgeois rationnels artistes et administrateurs, de la ruine du pouvoir à terme des rois. Fut ce une erreur ? Et bien oui, me voilà royaliste désolé que les lamentables coucheries d'un grand roi nègre et de son arrière petit fils aient effectivement vérolé le respect qu'un grand peuple doit vouer à ses chefs. 

    Parlons de Dreyfus. Zemmour adopte ici le point de vue de la vieille droite, la lutte pour l'innocence de Dreyfus aurait donc bien affaibli l'armée, faible en 14. Son état major vérolé, on l'avait vu avec l'affaire aurait il baissé la garde après la réhabilitation du capitaine, d'ailleurs héros de 14, il faut le savoir et le dire ? Le pantalon resta garance et les morts furent nombreux. Pourtant, et Finkie le rappelle, la plus belle des thèses est celle de Polanski: le commandant Picquart normalement antisémite mais soumis à la vérité garantit le juste sans fanatisme et rend son honneur à l'Armée et aussi à la France. C'est cette France là, stratosphérique pour les petites rancoeurs d'un Zemmour, qui fait l'admiration des vrais juifs et des vrais hommes, tout simplement. 

    La thèse de Zemmour est bien sur absurde et l'union sacrée de 14 le montra bien, sans parler de la victoire, acquise malgré les nombreux morts, les mutineries sanctifiées par la gauche ne l'ayant été que pour s'excuser de la lâcheté générale de 40, point essentiel de la stratégie histérico-politique de Zemmour le réconciliateur. Deux Frances donc, entre 14 et 40 et rappeler l'affaire des fiches et Dreyfus, au nom de la réhabilitation de Pétan et Maurras est bien le péché de Zemmour et il n'est pas mignon. Finkie s'oppose à cela de tout son sentiment navré et le fait est que seul un vrai gaulliste pourrait rentrer dans le lard du petit kabyle pétainiste. 

    Mais il y a plus. Son rappel de la France "seule" ou "d'abord" slogan zambéziste de Maurras, échoue devant la terrible phrase de De Gaulle "les tenants de la France seule ont accepté la compagnie de l'ennemi héréditaire qui l'avait vaincue et pillée". Zemmour en rajoute; après la trahison des anglo saxons en 36 (comme si le front populaire avait eu besoin d'eux pour ne pas intervenir) , on a  ni yes ni ya (la balance semble équilibrée pour Zemmour jugeant Pétain équilibrant) et cerise sur le gâteau, l'insupportable évocation de la fameuse "zone libre" sur laquelle régna Pétain victorieux et qui justifia l'armistice... Zemmour va même quel culot faire remarquer que la politique extérieure de la France de 1960 était celle décrite par Maurras en 1895, 45 ans avant que l'anti allemand fanatique se réjouisse de la défaite... 

    De plus en plus exhalté sur cette thèse mortifère que les vieux férus d'histoire se contentent de regretter navré, on n'a pas voté Mitterand pour rien, Zemmour dénature complètement sa vision de la France et le message pourtant agréablement réac qu'il porte par ailleurs. Il montre en fait à l'occasion le visage profondément médiocre d'une France qui se refuse d'avoir eu besoin de De Gaulle pour survivre. Une revanche de l'affaire algérienne sans doute et Zemmour a un inconscient, mais cela va plus loin: la collaboration aurait été ainsi un bon tour qu'on aurait joué aux allemands: une manière féminine de se relever d'un viol: on n'a pas joui ou bien le contraire, mais ça va finalement... La France éternelle à l'oeuvre en quelque sorte, alors qu'on a touché le fond, disparu comme jamais depuis le traité de Troyes, et qu'on épongé le mépris de ses ennemis et aussi de ses alliés... Car elle refusa de se battre et c'est bien le sentiment inverse qui anima d'abord les gaulliste de 40 (2) et non pas le maurassisme. Que Zemmour puisse faire fi de cette réalité, là de cet honneur sauvé (le fut il vraiment?) par quelques types, est désespérant: peut être qu'en fait il n'y avait pas lieu de le faire. Un honneur perdu et perdu et le testament de Zemmour, finalement celui là, le coup de pied de l'âne du kabyle vaincu de 1830: votre France a maintenant disparu. 

    Surtout que c'est cette France là qui vient de se vautrer économiquement et sanitairement et qui va encore plus plonger sous nos yeux dans l'année qui vient. Les chiottes au fond du jardin vont réapparaitre et le peuple superficiel va encore une fois, sans se le dire bien sur, vivre un de ces incroyables et sinistres abaissement méprisables qui marquent son histoire. Tout cela au son des trompettes. Conformément aux attentes, le progressisme foutu et vérolé issu de la ruine de la gauche qui s'est glissé au pouvoir a manifesté et au combien son talent: incapacité totale, couacs permanents entre eux, avec l'opinion, avec le réel. La plus forte récession du monde occidental attend le pays le plus meurtrier du monde occidental. La honte, plus la défaite, plus la ruine. La honte surtout: une communauté méprisable foutraque et minable, qui a préparé, voulu et administré sa honte. 

    A quoi peut on sentir cet inéluctable faiblesse ? D'abord à l'absence totale de discours public lucide de la part de quiconque. Tous dégoulinant de pleurnicherie vantarde, tous vautrés dans le n'importe quoi, tous respectueux du méprisable: un état failli dont il ne reste que le nom et dont ils s'acharnent à vénérer la lamentable autorité, en espérant en récupérer un jour le hochet, pour faire la même chose. 

    Bien sur orphelin de Fillon je regrette encore son style, mais faut il qu'il soit inimitable, il n'est pas remplacé: la droite glappit sans puissance et ne met rien en avant, ligoté par les opinions nouées qu'elle représente. Quand à la gauche, si l'on oublie celle qui a disparu, on ne voit que Mélanchon qui continue d'espérer, l'homme qui caresse l'immigration pour avoir ses voix. 

    On rigole au "front populaire" d'Onfray, auquel Raoult participerait, on va bien voir ça va être marrant vu le genre de type, à rebours de tous les débats, le pauvre réac girondin, faux philosophe, va plaider pour la proportionnelle intégrale. 

    C'est bien pour cela que Zemmour, sans illusions sur Lepen, bataille pour la réconciliation des droites, d'où pourrait émerger quelque chose, mais on se demande quoi. Quand viendra l'épreuve, que faudra-t-il faire? Suivre la nécessité de l'heure ou bien ses penchants éthiques ? Courir qui au fascisme qui pourrait être puni ou pas, ou bien à la destruction de soi et à l'alliance avec les médiocres ? Facile d'imaginer qu'un De Gaulle puisse permettre de choisir, car il n'y en aura pas.  Là où Zemmour a raison sans doute, c'est que quand la médiocrité rédhibitoire de tout ce que le normal propose sera établie et que l'extrême de l'autoritarisme sera nécessaire, il faudra suffisamment de gens de qualité dans ce camp là pour faire la balance face à l'autre médiocrité, celle de la revanche et de la corruption. Belle ambition et préparation à l'avenir, et cela n'est pas gagné. En tout cas le prix à payer, la réconciliation avec la sale droite me parait bien trop élevé. Ce sera au contraire aux énergiques à se fédérer au dernier moment: ne faites pas confiance aux vrais fachos ! 

    Car cette France là c'est aussi celle qui se vautre dans la défaite et qui en jouit: la part féminine de l'abjection, ce qui fait qu'il y a des nations qui ont abandonné le manche, l'Espagne de Franco, le Portugal de Salazar, la France de Pétain, bref tout ce qui ne veut qu'être tranquille dans sa petite famille sous développée avec ou sans le pouvoir: car il est plaisamment sectaire de partager la fange avec ses copains les fachos: cela fait de la merde à lancer sur tout ce qu'on déteste. Par instinct, figurez vous, cela me dégoute et j'admire en fait l'absence de ressentiment de Raoult ! Mon ressentiment à moi n'est que tristesse. 

    En tout cas, une chose est sure et la France dans ces heures là aura toujours la même boussole: il n'y a de valeur que ce qui la concerne vraiment et les funestes alliances avec l'étranger sont le signe de l'ennemi à combattre. Si assis sur la collaboration des "classes populaires", on veut faire l'unité nationale en faisant appel aux indigènes pour combattre le fascisme, et bien il faudra en profiter pour résoudre le problème et tout détruire. Là au moins, ce sera clair. 

    Rebondissons sur le discours de Zemmour: alliance avec l'étranger ? Qu'a fait De Gaulle sinon s'allier, il voulut même s'unir, avec l'anglo saxon cause de notre faiblesse ! Là est la marque du choix et qui me conforte dans ma haine du véritable étranger. L'Allemagne de Hitler n'était pas occidentale pas plus que le lamentable ramassis de berbères islamisés qui nous a envahi. Il n'y a pas à hésiter, l'hésitation de Zemmour en fait un berbère neutre, un ennemi donc, et il n'est pas sur qu'il ne souhaite pas finalement ce qu'il prévoit. L'éloignement du caractère historiquement catholique et chrétien pourrait faire croire que tout se vaut, et l'athéisme de Pétain ne fut par pour rien dans sa trahison. Me voilà donc réfugié chez le petit jésus, et chez le roi ? Diable !  

    Revenons à Finkie, le littéraire qui se plaint de la baisse du niveau culturel. On a là et c'est Todd qui le dit (3), la structuration de la France en distinction entre haut et bas, et là le bas s'enfonce. Finkie est anti Raoult et fut conspué par un gilet jaune (en fait un maghrébin déguisé): il hérite du mépris de la France cultivée contre le peuple obscène et barbare. Or la France c'est aussi ces 80% de classes moyennes qui vivent le déclassement de leur pays et qui incluent, c'est Todd qui nous le révèle, les tenants de la fausse conscience, ceux qui croient encore à Macron et à ses fables à la fois humanitaristes et pseudo libérales: ils ne sont que les larbins d'une société sociale démocrate taillé à leur avantage et qui s'effondre sans qu'il l'admettent ni ne le réalisent. 

    Le débat avec Zemmour le montre: il y a aussi ce peuple cultivé de la vieille histoire, celle que Zemmour propage, et qui pourrait se tourner vers autre chose, c'était la question. Car les sbires de Macron sont doublement dégénérés: ils ont abandonné non seulement le peuple, mais aussi la nation et son histoire, et ils veulent son oubli et sa destruction. C'est le sens de la révolution de l'enseignement et du bourrage de crâne pro immigrés: il faut détruire le fond anthropologique français, tout ce qu'à tort le soixantehuitardisme nous a appris à détester et à mépriser. Coluche et les deschiens même combat. 

    Il faudrait redécrire Todd et sa stratification: les gilets jaunes furent visibles sur tout le territoire, ce qui abroge la différenciation familiale française et la remplace par la pyramide du mépris, l'égalitaire libéral est maintenant populaire, c'est ça l'intuition géniale ! Tandis que le méprisant intellectuel supérieur devient autoritaire... La France cul par dessus tête, et je suis aussi gilet jaunes, par conséquent, vive la sociale !

    Un seul bémol aux brillantes analyses de Todd (4), on lira son bouquin, est que son physique "arabisant" lui fit subir enfant des "sale bicot" et son gendre serait algérien: juif lui aussi (le 3ème gourou juif français et pas le moindre) il prophétise, mais pas sur ce sujet là: pour lui, le coup d'état sera le fait d'une alliance Macron Le Pen , les deux partageant les mêmes valeurs de haine !!! Et surtout le fait que l'Etat est soutenu par l'armée et la police, deux bastions du vote FN. Il va même, pour sortir du mal absolu qu'est l'Euro allemand, jusqu'à prôner une alliance avec les US ! 

     

    P.S. Au passage et entre deux  confidences, il faut noter que Todd exprime très bien, sans s'en rendre compte, que la France n'est PAS libérale (son élite est fonctionnaire) mais il ne va pas jusqu'à admettre que ce n'est pas l'Euro qui est responsable de son abaissement mais bien l'absence de libéralisme (c'est cela qui me sépare de lui). Pourtant il est très proche de la vérité et reconnait pleinement que d'une certaine manière, les vrais libéraux sont les gilets jaunes ! Quand on pense que pour moi, ils étaient la cible de la vraie libéralisation nécessaire que visait Fillon... 

    Surtout que Todd tire un trait sur les errements anti libéral/libertaires (Michéa etc: les prolos étaient déjà indifférents à l'homosexualité dans les années 30) et acceptes les évolutions sociétales, ramadan et homosexualité.  C'est là le pli ou tout se redéploie et où la complexité du problème des frances se manifeste le plus... 

    Je ne vois pour ma part qu'alliance entre Macron et toute la gauche, sociétal mélanchonien et immigrationniste compris, le bloc central décrit par Todd étant par essence libéral au vrai sens du terme et devant s'allier, drapeau français en tête, avec les désespérés prolos en souffrance du RN. Simplement il ne faut pas que cela soit à la Zemmour et ce n'et pas De Gaulle qu'il faut oublier mais bien Pétain et l'Algérie. Il y a quatre vingt ans, la France s'effondrait. Nous y sommes. Les cartes vont être redistribuées et on ne sait pas comment. 

    80 ans ! C'est ce qui sépare la prise de la bastille de la déroute de 1870 !  

    (1) le débat Zemmour Finkielkraut https://youtu.be/K4Z4H8ITRug

    (2) le résumé des thèses de Zemmour: ???

    (3) longue péraraison de Todd: https://www.youtube.com/watch?v=kYWYlvYhZM8

    (4) Le très long interview de Todd https://lvsl.fr/emmanuel-todd-macron-nest-plus-republicain/

  • Les risques

    Mon coté youtubeur est tombé dans la marmite: j'ai regardé des youtubeurs  (1).

    Et c'est pas mal, le fantasme de l'absolue clarté est beau à voir, on peut l'éprouver mais à l'envers, et je suis donc dans le genre un minable obscur looser, ce que les faits prouvent. 

    Une remarque: le youtubeur est authentiquement cultivé. Peut on capter du vrai savoir (au deuxième degré) en l'écoutant ? 

     

    La statistique, c'est ce qui permet de "réduire" des données multiples à une valeur, mais qui reste significative, faire la moyenne, donc. 

    Ecarts moyens et Ecarts types

    D'abord, l'écart moyen, qui est la moyenne des écarts à la moyenne est absolument différent de l'écart type, qui n'est que la racine carrée de la moyenne du carré des écarts... 

    Imposée par Fisher, l'écart type décrit bien sur la distribution normale, et 2 sigma c'est le fameux 95% des données situées sous la cloche.  1 sigma c'est 68%. 

    Au fait le 2 sigma c'est faux: 2,5% c'est la proba à 1,96. C'est pas pareil. 5% c'est 1,64. On se comprend on voulait dire 5% et 10% si on tient compte des deux cotés de la cloche... 

    Le tableau de contingences

    Notre youtubeur parle du tableau de contingences, l'alpha et l'oméga de la donnée. 

    On a donc 4 chiffres et on peut gloser. On va prendre un biais particulier et considérer une notion de "risque". 

    Le risque c'est d'avoir ou pas et on le portera en colonnes. Colonne A : j'ai , colonne B, j'ai pas. 

    Avoir, c'est avoir le cancer, ou le gain du loto: on essaiera d'abstraire ces contingences là... 

    La contingences sont ce qui va permettre d'avoir ou pas, ou du moins d'avoir ou pas dans un cas et dans un autre. Un risque, c'est d'abord quelque chose qu'on évalue et évaluer c'est comparer, bien sur. 

    On a donc deux cas, et deux lignes faire comme çi ou comme ça:

                     J'AI           J'AI PAS
    comme çi               j'ai çi            j'ai pas çi
    comme ça               j'ai ça            j'ai pas ça

     

    Le "risque" ici ou "la bonne fortune", selon les cas, c'est la chance d'avoir dans une ligne... 

    Ainsi le risque de comme çi sera :   j'ai çi / j'ai çi + j'ai pas çi

    On a une sorte de probabilité, le risque étant inférieur à 1. 

    Pour comparer comme çi et comme ça, on fera la division entre les risques, ce qui donnere un risque "relatif" entre les deux options. 

    On peut utiliser une autre mesure, qui est la "cote", utilisée par les parieurs. La cote de "j'ai" par exemple dans le cas "comme çi" est la division de "j'ai çi" par "j'ai pas çi". 5 contre 1. C'est ce qu'on appelle un "odd".

    La comparaison de deux cotes consiste à les diviser et on obtient un "odds ratio". 

    Le "risque relatif" et l'"odds ratio" sont deux choses différentes qui sont égales quand la probabilité (base de la mesure du risque) est faible: p est alors égal à p /(1-p). 

    Intéressant la différence entre la cote, qui mesure le pari sur une occurrence, et la probabilité, qui mesure l'occurrence seule.

    Statistoches

    Un bref rappel des bases. Si on fait la moyenne d'un ensemble de N variables aléatoires indépendantes mu sigma, on va trouve une distribution normale mu sigma/racine(n), c'est le théorème central limite (Laplace 1809).

    Un ensemble de distributions plutôt étalées tend ainsi à l'infini vers une belle cloche bien étroite. 

    A partir de là, on peut déjà faire plein d'exos d'une part et on peut se souvenir qu'une fois centrée réduite, la gaussienne a plein de bonne propriétés. On considèrera les parties aux extrémités, loin de la moyenne. 

    A 1,68 on a 10% , et à 1,96 on a 5% (bilatéral).  hop.

    la comparaison des moyennes

    Le problème fondamental des stats c'est bien sur la comparaison des moyennes entre deux mesures ou objets semblables statistiquement mais différent: la différence est elle du au hasard ou non? Et bien c'est toute la question. 

    On va passer sur les ridicules et oiseuses gaussiennes et autres cloches et sauter directement à Willcoxon et bien sur au tryptique  Wilcoxon-Mann-Withney , le seul qui compte au delà de 20 individus. 

    L'idée est d'intercaler les deux séries de nombres et de mesurer les recouvrements. 

    ^^^^^^ VVV ^^^^VVVVVVVV ^^VVVVVVVV 

    C'est pareil ou non? 

    La méthode suppose un tri rapide accessible uniquement si on dispose d'un ordi: la méthode est ultra moderne.

    En gros: on trie TOUTES les mesures (en gardant leur références et leur nom de série) et on calcule. On a donc une suite de rangs pour les séries x et y de longueur nx + ny. La SOMME des rangs de nx, Sx, est une gaussienne de moyenne nx * ny/2 et de variance nx * ny * (nx + ny + 1) / 12. 

    Le risque alpha

    Un risque est quelque chose d'apriori c'est à dire qu'il précède la situation à risque. C'est donc une notion purement théorique, et qui ne se tire pas de l'expérience... Ce qu'on tire de l'expérience c'est une mesure, qui peut être interprétée. 

    On a suivi l'excellent et classique (2) Ancelle et on a retenu que le petit p, qui pose des problèmes d'interprétation à tout le monde et depuis longtemps, n'est pas un risque... 

    Le risque c'est alpha, le risque alpha, quoi, celui qu'on se donne à l'avance. C'est le risque accepté que l'hypothèse nulle soit fausse. On dit "sous l'hypothèse nulle". Il faut bien voir que le contexte est lourd: l'hypothèse nulle est supposée vraie d'une part, et en plus, on ne démordra de cette confiance que pour un petit p exhibé inférieur à 5%, c'est à dire un évènement mesuré qui ne se produit que dans moins de 5% des cas. 

    Le risque béta, c'est l'autre: le risque accepté que l'hypothèse nulle soit fausse alors qu'on la croit vraie. En gros, que la mesure soit conforme à l'hypothèse nulle sans justification. Il n'existe rien qui puisse mesurer ça et c'est tout le problème. En fait béta dépend des tailles d'échantillonnage, c'est pour cela que  1 - beta est la PUISSANCE du test... 

     

    Le vilain petit p

    Le petit p ne mesure rien, d'abord, car il dépend complètement de la taille de l'échantillon utilisé pour l'expérience de comptage. Simplement, il est une mesure de la probabilité que le risque estimé soit trop faible: si supérieur à ce risque, et bien c'est l'hypothèse nulle qui devra être remise en cause. etc etc, on peut en faire des phrases, sur cette base. De toutes façons, le petit p n'est PAS:

    - un risque d'erreur

    - la probabilité de la véracité de l'hypothèse nulle

    - la mesure d'un effet contraire à l'hypothèse nulle

    Mais il y a pire. Le petit p est satanique et reptilien. 

    Il y a plusieurs critiques. Retenons que:

    - le petit p ne quantifie rien. C'est un indicateur binaire en fait: oui/non on rejette ou non.

    - sa valeur dépend du nombre d'échantillons, un comble. 

    - il est instable: si on refait l'expérience plusieurs fois, la probabilité de tomber "juste" n'étant pas nulle, on peut finir par avoir à rejeter l'hypothèse nulle. Typique des petits acharnés: à 5% il suffit de répéter 20 fois... Etonnant non? Le parangon de la dénonciation de l'établi aussi grossièrement facile à tromper: toute une "science" bidon est basée sur ce genre de manip. 30 % des publications "scientifiques" seraient vérolé par le petit p. Pas petit, quand même. 

    Les Bayésiens 

    Puisqu'on en aux youtubeurs, je voudrais réexprimer ma nouvelle compréhension (après visionnage) du mystérieux bayésianisme. Celui ci se voudrait "principe du savoir" comme appuyé exclusivement sur les probabilités... 

    En gros, il introduit la notion de savoir "a priori" en différenciant données (D) et théories (T). 

    La probabilité "sachant que " se trouve alors exprimée avec une asymétrie, et LA question que l'on doit se poser, c'est d'abord et avant tout: quelle est la probabilité que LA théorie soit vraie, sachant que ces données là le sont ? 

    Tout le truc est alors d'exprimer une fonction EF telle que:   T%D = EF(  D%T, T, D%N ) avec N une ou plusieurs alternatives à T. Les probabilités des T sont données à priori, c'est l'état de départ, et les D% se calculent dans chacun des cas... 

    La formule de Bayes est alors:  T%D = 1 / 1 + SIGMA (N)  (     N . D%N   /   T . D%T    )

     

    Le raisonnement Bayésien c'est donc: 

    0) on a des données 

    1) On détermine les théories à confronter et on leur attribue des probabilités

    2) Pour chacune d'entre elles, on calcule en la supposant vraie, la vraisemblance des données.

    3) On score les théories avec la formule de Bayes.

     

    Par exemple, le coup du rideau, des 2 chèvres et de la voiture: le problème de Monty Hall, qui donna lieu en 1990 à une polémique grandiose, l'auteur de la rubrique "ask marilyn", Marilyn vos Savant s'étant fait traiter de conne par tout l'establishment mathématique pour sa solution au problème, pourtant vraie... On choisit un rideau, et après la découverte d'un rideau dévoilant une chèvre, faut il changer son choix initial ? 

    Une exploration basique de la combinatoire en partant des 3 situations possibles, et des 9 choix initiaux possibles, monte qu'il FAUT changer son choix. Pourtant "évidemment", rien n'y oblige.

    Que dirait un bayésien? Qu'il y a 3 théories, une par position de la voiture, avec une probabilité 1/3.

    Supposons que le choix initial soit le rideau 1. 3 cas suivant les 3 théories: 

    - si la voiture est en 1, la probabilité de dévoiler un rideau ou l'autre sera 1/2

    - si la voiture est en 2 ou 3, la probabilité de dévoiler le rideau sera 1 (pas le choix). 

    Bayes en éliminant tout de suite les 1/3 multiplicateurs partout : 

    - Théorie voiture en 1,   D%T = 1/2,   1/(1 + 2 * (1/2)/ (1/2) ) = 1/3   (les 2 alternatives sont 1/2) 

    - Théorie voiture ailleurs ,    D%T = 1 ,  1/ ( 1 + 1/2 + 1) = 2/3   (les alternatives sont 1 et 1/2) 

     

    Le raisonnement bayésien est donc un moyen de résoudre les problèmes de probabilité, et toute l'astuce est dans la somme sur les théories alternatives, qui transforme la formule de Bayes en moteur de résolution. 

     

     

     

     

     

     

    (1) les risques relatifs par "risque alpha" https://youtu.be/e5QMapt8Wfg

    (2) critique du petit p  Thierry Ancelle https://www.youtube.com/watch?v=G7kqxPMP2yg

    (3) stats fac https://www.math.univ-toulouse.fr/~san/proba5.pdf

    (4) le pas beau petit p, par un youtubeur brillant: https://www.youtube.com/watch?v=1P-HyzGvde4

     

  • Les Nazis

    Engagé il y a bien longtemps dans une interminable conversation avec un concurrent de Johann Chapoutot, Jean Louis Vuillerme (1), la question du nazisme n'a jamais cessé de m'intriguer... Voilà qu'avec son livre sur le management nazi, deux questions importantes de notre époque se télescopent, et pour le plus grand bonheur des combinatoires: Rapin s'y met (2).

    Mais d'abord Chapoutot, dont l'offensive médiatique récente, un certain nombre d'entretiens vidéos passionnant sont présents ici et là, illustre une forme nouvelle de l'appréhension du nazisme, qui décidément n'est pas ce qu'on croit.

    Il y a à cette occasion, moyen de mélanger les arguments contradictoires, et il ne faut résister au plaisir de s'y livrer sans retenue et il y a de quoi faire. 

    Un projet et un idéal

    Loin de l'identification exclusive à la folie barbare que fut le projet d'extermination des juifs, le nazisme est en fait un projet et un idéal, deux choses qu'on attendait pas.

    Le projet est celui de la colonisation de l'Europe, principalement à l'Est, et l'apogée du projet c'est la vision à la mi 41 d'une union soviétique vaincue, démembrée et colonisée. 

    L'idéal est celui de la liberté acquise par la race germanique supérieure dominant enfin la totalité de son espace vital historique. Cette liberté se trouve être l'accomplissement humain et social majeur des individus supérieurs d'une race supérieure. 

    L'antisémitisme là dedans n'est qu'une conséquence logique, et se trouve second: présent sur les territoires à conquérir, le juif doit disparaitre et sa mort programmée, d'ailleurs décidée sur le tard n'est que le sort le plus extrême que l'on réserve aux colonisés d'abord à chasser de la première zone d'installation de la colonisation à mener: en gros la Pologne. Sa population à classifier doit être germanisée pour une part, esclavagisée, chassée et finalement exterminée d'autre part. Le juif, absolument non humain, et qui n'est même pas un esclave acceptable, est un bacille dont il faut se débarrasser absolument. 

    Le projet fut particulièrement important: il est décrit, planifié, organisé, et rêvé par l'élite allemande de l'époque acquise au nazisme. Ce rêve fut un caractère fondamental de la puissance nazie: les allemands se battaient à l'est pour eux mêmes ! 

    L'idéal (cela m'avait toujours intrigué que des nazis puissent parler d'un "idéal") est lui aussi fondamental: l'homme germanique voit, à condition d'être un germain, une possibilité d'accomplissement absolu de son humanité, et cela inclut une liberté idéale et un bonheur parfait ! 

    Cette description là du nazisme, résolument originale et nouvelle a l'immense mérite de faire justice de tous les dénis français concernant une possible "collaboration" dans une Europe allemande nazie: la France était une zone de colonisation et le maintien de son gouvernement une méprisante habileté pour inhiber plus fortement la neutralité espagnole, et puis les nazis français des esclaves combattants de seconde zone, a peine mieux considérés que des nègres ou des arabes. Tous les degrés du fascisme français étaient ainsi, objectivement, totalement racisés et méprisés: s'y livrer redouble la honte qu'il y eut à le faire et cela à un quelconque degré. 

    Chapoutot, bien plus subversif qu'on ne croit consume là la honte française, celle qui eut dans les années trente l'opportunité de combattre efficacement le "projet" et l'"idéal". Il mit le feu au monde, et nous n'avons même pas essayé d'éteindre l'incendie quand cela était encore possible, alors que tout était là, quasiment décrit et explicité: projet et idéal. 

    Racisme civilisationnel

    Pardon de ma petite tentative à moi de conceptualiser, mais le nazisme comme exaltation de sa race germaine, il ne s'agit pas ici de sa cousine, mais de sa patrie, se pose un peu là: le germain est à l'origine de tout, origine de tout. Ce qui est germain, bien sur, le reste sans même avoir à parler du juif étant de la merde vraiment barbare. 

    Ce racisme propre à la civilisation, intrinsèque à l'appartenance raciale est un chef d'oeuvre d'autocentrement: quand on est à l'intérieur on doit en être profondément et définitivement satisfait. La jouissance de cette appartenance là, qui vous fait "déjà sauvé" doit être intense. Bon bien sur, il y a les classifications et il y a plus germain que d'autres: au sommet est le SS et il y a des gradations. Le polono-germain d'extraction mal définie est tout en bas, mais a droit au travail dans la joie, comme les autres. 

    Les intermédiaires sont commandés ou suspectés, ou même menacé à l'occasion, mais virilement: un système social extrêmement généreux leurs accorde les résultats des pillages du reste du monde sans limites aucunes: jusqu'au bout, on mangea et bu confortablement en Allemagne et les femmes violées par les russes étaient girondes. Rien à avoir avec les terribles restrictions de la première guerre mondiale. Prédateurs ultimes, les germains nazis mirent le monde qu'il soumettait en coupe réglée.

    Croire collaborer ou avoir "collaboré" avec cette spoliation opulente est marque d'un déni corrompu inadmissible et inacceptable. 

    Au passage on refait l'histoire: les germains sont les vrais grecs et les vrais romains, la civilisation étant issue du monde nordique aryen. Ce sont les juifs et donc (le "Donc" a toujours une importance capitale en ces matières) les chrétiens qui détruisirent l'empire et les germains firent tout pour le sauver !!! Il furent contaminés cependant par tout ce que le juif et le chrétien inventèrent pour abolir les moeurs libres et naturels des germains.  

    On a donc les bon et les mauvais barbares (comme il y a les mauvais et les bons chasseurs, pour les inconnus) et les germains clairement sont les bons. On se réjouira d'un mélange de sang à succès entre germain et asiate: Gengis Kahn était roux et ne doit sa puissance qu'à sa germanité ! 

    On en vient alors à ce qui motive le caractère extra germain essentiel du juif: son Dieu et sa loi. On a là le contraire exact des Dieux germaniques mortels et faillibles et surtout de leur absence de conception de la loi. Seule la nature sauvage, avec survie du plus apte sans autre règlement que la violence peut être considérée ici comme une "loi". 

    Ce refus de la loi extra nationale, de la loi "divine" est essentiel et se retrouve partout dans le caractère civilisationnel de la germanité dont les moeurs libres, issus naturellement du sang et de la race ne se résument que dans des droits discutés entre égaux racialement, à l'exclusion du reste des humains, qui d'ailleurs ne sont PAS humains, tout simplement. 

    L'autocentrement naturel humain et racial de la germanité nazie est complet, irréductible et essentiel. Un état de fait. 

    Revenons sur cette histoire de "loi". En l'associant à la juiverie pour mieux la déprécier, les nazis en vinrent, il faut le réaliser, à déconsidérer la science. Dés le moment qu'il peut y avoir une science "juive", c'est à dire assimilée à l'étude talmudique d'un livre divin, c'est toute la science qui se trouve contaminée: faute d'avoir gardé Einstein, les nazis se sont privés de la trop enjuivée bombe atomique et cet échec à la fois scientifique et technique nous les fait bien mériter de Heidegger: "la science ne pense pas". Tu parles: ce sont bien les nazis qui n'ont pas pensé, malgré leurs armes secrètes, à conserver et à manager une science qui pouvait leur donner l'avantage. Le paradoxe est saisissant et il n'est pas le moindre. Le nazisme, déconsidéré comme technique de mort est fait une authentique barbarie, rendue impuissante par les cultes magiques. Un autre exemple est le Messerchmidt 262: Hitler voulut absolument en faire un bombardier, ce qui est un gachis effroyable: conçu comme le chasseur suprême la merveille scientifique et technique est "pensée" comme un engin de démotivation de l'adversaire au lieu de servir efficacement à lutter contre l'ennemi. 

    Adolf_Galland.jpg

    Adolf Galland

     

    On a donc ici atteint les limites de ce racisme là: une connerie qui fait perdre la guerre. Tant mieux mais pourquoi dire de ces gens qu'ils sont "technique" ou même "occidentaux"?  Des germains débiles encore tatoués avec leur cochonneries de moeurs cruels de leurs forêts: une pensée?  

    De fait, et je maintiendrais l'avis défendu mordicus devant Vuillierme, on a bien une pensée religieuse à l'oeuvre, la pensée qui est le contraire de la non pensée (la scientifique): la contemplation émerveillée de son érection barbare, jusqu'à la mort, ici franchement peu glorieuse: les beaux nazis, tous morts ou en amérique du sud laissèrent leurs chère femmes blondes se faire trombiner à mort par les asiates, au point de les dégouter de continuer la race, maintenant en voie d'extinction, une grande perte. 

    Par contre, refuser le caractère religieux à cette religion là sous le prétexte fallacieux et justifié (bien sur) qu'on a quelque chose de très différent des religions juive ou chrétienne (tu parles) me parait informe, et illogique. C'est tout le sens de mon argumentation de l'époque. Le nazisme et ses cérémonies sont une forme de résurrection d'un chamanisme ancien avec possession publique et terreur collectives exprimées et animées. Une religion, oui mais avec DES dieux, disons des démons, tout ce que le surnaturel décore dans la nature terrifiante où ne règne que la puissance et la violence des forts.

    Passons sur l'autre paradoxe nazi, à rebours des lieux communs:  l'Etat y est détesté, au moins autant que la loi. L'état nazi n'est pas vraiment un état, mais un foutoir incroyable d'"agences" en concurrence qui toutes se réfèrent à un Fuhrer négligent qui se contente d'arbitrer au sommet entre des propositions toutes plus violentes et radicales les unes que les autres pour obtenir l'assentiment. 

    Le cas de Galland est un peu exceptionnel: il réussit à obtenir la confiance d'Hitler pour faire un peu de chasse; mais resta l'ennemi personnel de Göering qui le poussait au suicide (sauvé du suicide par Hitler, faut le faire !). 

    Mais sinon, la déperdition d'énergie de la "polycratie" nazie fut considérable. Paradoxalement la disparition de la loi,  organise un état d'urgence permanent et donc une police politique omnipotente, capable de destituer tout fonctionnaire ou juge s'opposant aux principes de conduites nazis. Cette haine de la bureaucratie est typiquement nazie. 

     

    L'Etat

    On en vient alors à la thèse du livre récent de Chapoutot ("Libres d'obéir"), qui a d'ailleurs suscité une polémique, tant il dérange aussi bien les dénonciateurs traditionnels du management, tous acharnés contre le néo libéralisme, que les libéraux eux mêmes (on les traite de nazis), sans parler des réactionnaires semi nazis, que l'on traite ici non seulement d'antisémites, mais de libéraux ! 

    Car le discours du management nazi fut d'abord celui d'un disciple de Schmitt, le fameux Reinhard Höhn, découverte du livre de Chapoutot. Disciple ? Renégat plutôt, car Schmitt fut un nazi déçu, un étatiste qui fut méprisé et Höhn démontra en théoricien le caractère obsolète de l'Etat comme hypostase: il n'est qu'un instrument au service du pouvoir, la "Führung". Il est d'autre part dépositaire d'une autorité qui viole la vraie liberté germanique. 

    Il est d'autre part organisateur et c'est comme ça qu'est vu la sécurité sociale Bismarckienne, comme empêchant le laisser mourir nécessaire au darwinisme social idéologique qui marque tant le nazisme. 

    Au passage, on remarquera la théorisation "néo darwinienne Spencerienne" du mal nazi par Chapoutot: on a là le point commun avec le néo libéralisme néo darwinien tant condamné de nos jours... Au passage, on fera remarquer que Spencer est un optimiste, et sa théorie plutôt "pré" darwinienne à mille lieux de la violence du plus apte... 

    Ainsi, le Reich n'est pas un Etat, il est un "règne", une "ère", une "epoche". Va régner la belle anarchie de la "liberté des forêts", célébrée par tous les libéraux, qui se retrouvent donc ... nazis. 

    Et puis on a l'admirable et explicite opposition entre l'état promoteur de l'individualisme et la communauté qui promeut la vraie liberté. Toutes les opposition croisées du libéralisme se retrouvent ici renversées... On ne gouverne plus, on dirige. Le Führer n'a pas de sujets, mais des compagnons qui le suivent.

    On oppose donc explicitement le menchenführung (management) à la Verwaltung (Administration),typiquement l'administration despotique "française". Tout le mal vient de Louis XIV, l'Etat c'est moi.  

    Au passage on parlera de la liberté: non pas à l'orientale, le "despotisme asiate" selon Hegel faisant du souverain le seul homme libre, tous les autres étant esclaves, mais à l'allemande, c'est à dire celle de tous (tous les germains). C'est ainsi que la communisme est représenté: un esclavage asiate, dont d'ailleurs on ne souhaite pas, bien au contraire, en changer le cours: slave esclave un jour, esclave toujours... La propagande anti soviétique est donc à la fois un repoussoir: voilà ce que vous serez et une prédiction: voilà comment ils vivront quand ils seront NOS esclaves.

    La performance

    Leistung c'est l'action, et l'action efficace, la performance. 

    L'homme nouveau est celui qui dépassant l'aristocrate et le bourgeois (Ernst Junger) fut l'idéal du XXème siècle: moderne, industriel, guerrier, badaud et travailleur, jouisseur des loisirs modernes, massifié... Cet homme là est AUSSI nazi, bien sur. Aussi au sens que le nazisme fut de son époque, tout simplement. Ces jeunes sportives, ces propagandes des années 30 et 40, elles sont toutes les mêmes et leur pendant nazies autant que davantage. 

    L'approche nazie reprend donc l'idéal mais a l'originalité de penser l'exclusion de ce type humain là: ceux qui ne sont pas jugés conformes doivent périr. Au point qu'Hitler considérait à la fin que l'incapacité allemande à gagner signait son arrêt de mort, du fait de son infériorité prouvée. 

    Mais (et ainsi là encore, une dialectique sombre est à l'oeuvre: soigner la faiblesse et sélectionner le plus apte a un recouvrement et une hygiène "préventive" doit être à l'oeuvre. Au coeur de l'empathie moderne pour la maladie à soigner (si possible gratuitement) se situe l'injonction à s'adapter au monde et à ne pas provoquer la maladie, que ce soit en fumant ou en sortant dans la rue lors des confinements. 

    Le docteur Kötschau, spécialiste du "Leben führen", spécialiste de la "révolution nazie de médecine", homéopathe et naturopathe est un partisan de la Vorsorge (prévention) plutôt que de la Fürsorge (assistance). 

    Revenons au "social". Même si le mot, qui irritait Hitler et justifia l'élimination physique de tous les prolétaires un peu trop sociaux, les SA en l'occurrence, ne fut d'abord qu'un attrape ouvrier lors de la conquête du pouvoir, l'organisation du social nécessite une considération du travailleur. D'où les slogans égalitaires, l'exaltation du mérite, puis la "joie", tout simplement à travailler. "Kraft durch Freude" , l'organisation (le KDF, une agence) d'un comité d'entreprise à l'échelle du pays, pas les congés payés, les congés organisés, le loisir de regénération de la force de travail, le KDF étant subordonné au syndicat (unique) le Deutsche Arbeitfront. La KDF wagen c'est la coccinelle, la Volkswagen, dont la production s'arrête net en 39 au profit de la Kubelwagen, la jeep quoi. 

    Karajan joue des symphonies dans les ateliers des usines, etc : le "chief hapiness officer" est déjà en place, au nom de la performance. 

    Les nazis

    J'avoue avoir toujours été ébahi par les histoires d'ex nazis reconvertis, qui ont donné lieu aux plus incroyables contresens, mensonges, fantasmes et légendes absurdes

    On commencera par Eichmann, décrit par Anna Arendt comme un fonctionnaire "Kantien" (c'était ses arguments de défense), alors qu'évidemment, et Chapoutot le confirme sans ambages, il s'agissait d'un nazi convaincu de la nécessité de l'extermination, acteur convaincu de l'histoire etc etc. 

    Que l'on puisse continuer à trouver sous la plume de crétins intellos abrutis de mielleuses considérations sur la "banalité du mal" reste ahurissant. Il faudra encore combien d'années pour que l'on cesse d'invoquer, au nom du féminisme, les conneries sans nom de la maitresse d'Heidegger ? 

    Et puis il y a les masques. Celui du professeur Schwerte, démasqué en 1995, car nazi et membre influent de l'Ahnenerbe, l'organisation qui combattit Harrisson Ford dans "les aventuriers de l'arche perdue", sans rire, l'organisation qui organisa des expéditions à Carnac, Montségur et jusqu'au Tibet pour trouver les origines de la race aryenne. Schwerte avait ré-épousé sa femme sous sa nouvelle identité et prof de littérature contemporaine Allemande, fricoté avec les gauchistes dans les années 60... 

    Et bien d'autres, qui continuent d'agiter la société allemande, les masques qui tombent aujourd'hui étant ceux de la RDA. On n'imagine pas la malédiction du mensonge, de l'imposture et de la cruauté qui hante ce peuple, que dis-je cette "race".

    Le Management

    Après la guerre, Höhn ne se cache pas: il se fait heilpraktiker, c'est à dire chiropracteur, imposeur de main et oméopathe... Herr doktor, mais il fut condamné pour cela tout comme il fut aussi condamné en 58 pour diffusion d'idées nazies à l'université: 1500 euros d'amende. Tout comme le Dr Six autre pilier de l'école de management de Bad-Harzburg: jugé à Nuremberg comme chef de Einsatzgruppen, il dirigea la publicité de Porsche, puis prof de Marketing, il en rédigea un manuel réédité en 71. A noter que Höhn n'a pas de sang sur les mains: un pur intello et on ne peut rien lui reprocher. Spécialiste d'histoire militaire, il réfléchit, gagne de l'argent et publie. 

    Ce qu'il semble avéré là dedans, c'est qu'il parle de tout ce qui l'a toujours intéressé, (racisme, extermination et colonisation mis à part): l'autonomie de l'individu libéré des règles écrites, et capable de s'adapter aux situations, le contraire du positivisme militaire (Frédéric II dont l'armée est écrasée à Iéna) et par suite, juridique. 

    Ce refus des règles érigées en système, de la machine militaire est typiquement nazi, donc. Mieux ! C'est de ne pas l'avoir été assez qu'est mort le III ème reich ! Trop autoritaire, trop mécaniste... C'est le célèbre "espèce d'imbécile, c'est à cause de crétins comme toi que nous avons perdu la guerre" de Michel Audiard. 

    On retrouve là l'extraordinaire dénonciation à contre emploi que Heidegger fait de la technique, supposée nazie (pour les hypnotisés) alors que le projet nazi était précisément de s'en affranchir, ce qu'il n'a pas fait ASSEZ, (hélas). Ah le beau sac de noeuds dont le fil se suit merveilleusement, à travers la quenouille. 

    Höhn fait ainsi l'éloge du voltigeur français de la révolution et surtout de l'officier de terrain entrainé à penser, la "tactique par la mission" théorisé par Scharnhost, et étudié par Höhn. Simplement, tétanisé par sa responsabilité, et fou d'angoisse, il reste la brute hurlante représentée partout et échoue finalement, violant les préceptes de la flexibilité nazie, on n'a pas été ASSEZ nazi. D'où l'opportunité (il faut faire de chaque échec une opportunité) d'une réforme (encore) et cela donne une nouvelle méthode de management dite "de Bad Harzburg" qui finalement trouve son plein succès dans la revanche finale: l'effondrement du mur de Berlin une nuit de novembre 1989. 

    On notera qu'en suisse alémanique, il y a aussi la fameuse méthode "de Sankt Gallen" (la ville ou se produit Bachstiftung, tout se recoupe). 

    Bref, on se retrouve avec un système réformé de l'administration de l'Etat ET des entreprises, la nouvelle gestion publique n'étant ni plus ni moins que le fameux "new public management", parangon de la révolte des fonctionnaires contre le management, thème d'actualité et là Rapin peut parler. 

    Car la méthode de Bad Harzburg est elle même remise en cause ! Effectivement bien trop tatillonne, et en plus dénoncée comme énoncée par un ancien nazi dans l'allemagne "rote armee fraktion" des années 70 (le chef du pratronat allemand Hans Martin Schleyr, ancien SS (il était jeune à l'époque) est assassiné par eux en 77), elle est remplacée par le très actuel management par objectifs, en fait du même genre.

    Bad Harzburg fait faillite, mais Höhn meurt en 2000, célébré pour son oeuvre. 

    Le succés de Höhn et de l'ordo-libéralisme allemand (magnifique oxymore, typik) fut par contre sur la période, éclatant. En tout cas effectif: des milliers de managers (les grades sont cités en annexe) furent formés et tout cela illustre une "explication" du nazisme : le fait que le nazisme a négocié avec le peuple allemand sa domination et aussi que le pouvoir de l'Allemagne de l'ouest négocia la "délégation de responsabilité" et la cogestion avec la société allemande d'après guerre, cela CONTRE l'est (le combat continua jusqu'à la victoire, il faut le rappeler). 

    Le livre de Chapoutot se situe alors dans un coup de pied de l'âne socialisant qui dénonce en expliquant notre société actuelle. De la même manière que Vuillierme voulait faire du nazisme un miroir de l'occident, Chapoutot veut combattre l'aujourd'hui avec l'explication du passé. Cela bien sur n'enlève rien à ses découvertes proprement historiques et il avait expliqué le coté déprimant de la fréquentation permanente des monceaux de documents nazis qu'il s'est tapé (il est payé pour ça). Il insiste cependant sur la nocivité (hélas non explicitée précisément) du darwinisme social et de la nécessité moderne d'être un "battant". 

    Il est par contre bien, donc, dans la réflexion moderne sur le rôle et la motivation de l'individu au travail, et qui connait des jeunes confrontés à ce monde appréciera l'ampleur et l'actualité du problème. 

    Disons que la question est celle de la liberté, d'abord de nature, puis limitée par l'objet du "contrat", c'est Rousseau, ou de la "communauté" entrepreneuriale c'est ... Hitler ? Il y a bien sur les projets d'autonomie, d'artisanat ou même d'entreprises "personnelles" (ce qui séduit)...

    La conclusion de la recension de Rapin est elle même décevante: il réduit la question à une impossible prise de position entre les responsabilités historiques dans la domination du management, Hitler ou Ford, et l'identification des deux maux l'américain et le nazi, garde un coté gênant et non crédible. Evidemment mettre en avant Staline a aussi des inconvénients, mais on dirait que Chapoutot se fait critiquer de ne donner comme alternative que de mettre en avant Hitler ...  

    Je dirais en bon synthétiseur européen que oui les nazis, et les plus talentueux d'entre eux, Schmitt, Höhn (l'un fut l'élève de l'autre, on a peut être là, malgré leur nazisme daté, quelque chose) furent tout simplement des hommes extraordinaires, liés à l'aventure nazie, mais comme Karajan finalement (qui était loin d'être communiste): ils révélèrent que par delà le naufrage absolu qui a détruit l'Europe, et déshonoré à tout jamais l'Allemagne et la France, une volonté propre, intellectuelle et créatrice, fut possible. 

    Quand au management, c'est une autre histoire, et la question de la dévastation nazie de la planète par le néo-capitalisme est d'abord, on le verra dans le futur proche, le résultat du communisme et de l'action des chinois, dont on rappellera qu'ils sont à l'origine, du fait de leur détestable cuisine à base de pangolin, de notre confinement présent. Pollueurs, contaminateurs: il faut faire quelque chose contre ces salopards de chinetoques ! 

     

     

    (1) https://disqus.com/by/jlvjlv/

    Mes humbles contributions, sur Disqus aussi, sont trouvables mais plus difficilement il faudrait un florilège que je ne livrerai que si on me le demande, c'est à dire jamais. 

    Bon le voilà j'ai trouvé:

    https://disqus.com/home/discussion/miroir-de-loccident/echange_avec_lauteur_45/#comment-1815145876

     

    (2) http://www.actu-philosophia.com/johann-chapoutot-libres-dobeir-le-management-du-nazisme-a-aujourdhui/

     

    Les Grades                    

            

             
    Reichführer Generalfeldmarschall   Himmler  
    Oberst Gruppenführer  Generaloberst  Général d'armée   Amiral

    OberGruppenführer

    General

    Général de corps d'armée Heydrich Vice Amiral d'Escadre
    Gruppenführer GeneralLeutnant Général de division      Vice Amiral
    Brigadeführer General Major  Général de brigade   Contre Amiral
    Oberführer        
             
    StandartenFührer Oberst Colonel  

    Capitaine de Vaisseau

    Cap de Vau

    ObersturmbannFührer Oberstleutnant Lieutenant Colonel   

    Capitaine de Frégate

    Frégaton

    SturmbannFührer sMajor Commandant  

    Capitaine de Corvette

    Corvettard

    HauptsturmFührer Hauptmann Capitaine Barbie,Mengele

    Lieutenant de Vaisseau

    Loufiat

    OberSturmFührer OberLeutnant Lieutenant  

    Enseigne de Vaisseau 1ème classe

    Enseigne

    UnterSturmFührer Leutnant Sous Lieutenant     

    Enseigne de Vaisseau 2ème classe

    Enseigne

             
             
    Sturmscharführer StabsFeldWebel Major   Major
    Hauptscharführer OberFeldWebel Adjudant-chef  

    Maitre Principal

    Cipal

    Oberscharführer FeldWebel Adjudant  

    Premier Maitre

    patron

    Scharführer UnterFeldWebel Sergent-chef  

    Maitre

    patron

    Unterscharführer Unteroffizier Sergent  

    Second Maitre

    chef

    RottenFührer OberGefreiter Caporal-chef  

    Quartier Maitre 1ère classe

    chouf

    Sturmmann Gefreiter Caporal  

    Quartier Maitre 2ème classe

    crabe

     

     

     

     

     

            

  • Les Hérésies

    En ces temps de fièvre, contagieuse qui plus est, considérons les hérésies, assimilées par Tertullien à la fièvre, précisément (1). 

    "Mais voilà ! comme chacun sait que
    la fièvre est un fléau et par sa cause et par ses effets, nous
    l'abhorrons plus que nous n'en sommes étonnés, et nous nous en
    garons dans la mesure du possible, faute de pouvoir l'extirper à
    notre gré. [4] Tandis que devant les hérésies qui apportent la
    mort éternelle et l'ardeur d'un feu autrement redoutable,
    certaines gens préfèrent s'étonner de leurs grands effets au lieu
    de paralyser ces effets en s'y soustrayant : ce qui dépend d'eux."
     
    Il fallait le dire... 
     
    Et tout à l'avenant, la description du rapport à la vérité, de la faillibilité des hommes, de la victoire de l'erreur est haletante, exaltante et surtout, profondément séduisante. 
     
    En particulier le: 
    "Jugeons-nous de la foi d'après les personnes ou des personnes d'après la foi? "
    est assez saisissant et montre une belle agressivité, qui est d'ailleurs celle de Tertullien tout entier et dont la forfanterie affirmative, impérieuse et magnifique me parait enviable et imitable et splendidement appliquée à tout. 
     
    Et quand à la fidélité, la voilà bien décrite: 
    "Ils sont sortis d'entre nous , est-il écrit,
    mais ils ne furent pas des nôtres. S'ils avaient été des nôtres, ils seraient à
    coup sûr demeurés avec nous". Fataliste et philosophique en fait: on reste ce qu'on est, et on est ce qu'on reste, ce qu'on est demeuré... 
     
    Bon en résumé, cette histoire d'Hérésie revient à considérer que la vraie foi est un "précepte", la chose qui désigne, non pas la doctrine secrète qu'"ON" va maintenant vous révéler mais bien la chose qui les déclare toutes non avenues, le contraire exact de la théorie du complot, en quelque sorte... 
    Cette histoire de "prescription" de la vraie foi est le point de Tertullien, son point fixe, focal. 
     
    "Etsi angelus de caelo aliter evangelizaverit citra quam nos, anathema sit" (et quand bien même des anges venus du ciel vous prêcheraient un autre évangile, qu'il soient anathèmes).
     
    Un autre aspect est l'aspect nécessaire des hérésiarques: ils rendent nécessaire les écritures: pour les contrer mais aussi pour qu'ils fabriquent leurs élaborations. Nécessaires mais non souhaitables, et là encore la prodigieuse énergie sarcastique du Tertullien acharné à la vraie vérité fait merveille.  
     

    (1) http://www.patristique.org/sites/patristique.org/IMG/pdf/Prescriptions.pdf

  • Le couillonadovirus

    Rhinolophus affinis.jpeg

    Lire la suite

  • Liberté Egalité Fraternité

    Le bloc des 3 célèbre mots est souvent perçu manière confuse, et en restant bref, il faut clarifier tout ça. 

    On a lu (1) qui articule tout cela avec habileté. 

    Les types familiaux

    On connait les analyses de Todd qui identifient chacun des mots à un type familial, la liberté étant l'individualisme du bassin parisien avec ses familles nucléaires et indépendantes de leur parents; l'égalité à la famille souche, avec ses familles de frères qui se partagent l'héritage à égalité et la fraternité à ses familles communautaires qui restent à la maison et vivent ensemble. 

    Les trois déclinaisons sont trois polarités, trois archétypes et la fusion des trois est un bloc signifiant à la fois équilibré et fragile et dont toute l'histoire tente de s'approprier les pôles tour à tour. 

    En gros, il s'agit de la forme française de l'union des contraires, conceptualisée et claire, et scellée par l'histoire. 

    Elle est par contre datée par la révolution et bien sur niée par la conception éternelle de l'histoire de la France, dont elle ne peut que représenter un stade, ultime ou simplement récent, à moins qu'elle ne soit que la meilleure expression possible de toute cette histoire, et on en est pas loin.

    Penser le contraire c'est sauter dans l'inconnu, et on ne fera pas ici, bien qu'à mon avis l'historie n'étant jamais finie, on ne soit pas à l'abri de surprises dans le futur, et le concept servira de référence, cela par contre est tout à fait sur... 

    La révolution est un bloc 

    De fait le "bloc" que constitue la révolution c'est l'assemblage de ces trois blocs là, tout simplement, et on comprends mieux les choses en les disant. 

    Car l'écartèlement est patent et historique: fondée par la "Liberté" associée à la définition d'une constitution politique et de droits de l'homme décidés et proclamés, la révolution se consuma ensuite dans l'"Egalité" seule capable de maitriser le "vain fantôme" qu'est la liberté (selon Robespierre) par les règles d'une société de partage, puis dans la "Fraternité", les soldats de la Nation en armes étant rassemblés derrière leur général, puis leur empereur.

    A chaque fois un pôle disparaissait, et ces successives et déséquilibrées assemblages de devises perdaient une jambe au point d'en faire un de ces théorèmes structurels dont on peut se complaire: on ne peut jamais avoir les trois en même temps. 

    Affirmer les trois ensemble est donc une proclamation idéelle, un défi à l'impossible, un glorieuse et joyeuse affirmation de l'utopie, magnifique et fascinante, et c'est toute la gloire d'un certain esprit révolutionnaire et de sa synthèse dans la république française moderne que de le proclamer. 

    On parlera ici de la Nation, qu'on peut confondre avec Patrie et dont elle est la forme "active", la Patrie n'étant que race, celle qu'on a à la naissance, l'identité à qui on doit le respect. La Nation engage et permet d'exercer une volonté. Elle se conduit, elle se construit. 

    C'est cette notion, la plus récente des trois qui pose le plus de problèmes et qui constitue une invention moderne mais pourtant mondiale, car elle explique et justifie les mouvements des peuples, dans leurs évolutions historiques, présentes et futures. Elle est ce qui fait l'histoire sous nos yeux et exprime nos volontés. 

    D'abord la Nation c'est la fraternité, exprimée comme sentiment positif d'appartenance à un ensemble qui justifie à la fois solidarité et obéissance. C'est pour cela qu'elle le support du militaire et donc de l'autoritaire justifié par l'efficacité. Elle est aussi le lieu du choix, et de l'arrivée des nouveaux venus qui par serment, se joignent à l'ensemble. C'est en cela qu'elle est aussi le lieu de l'identité révolutionnaire à la fois menaçante et étrangère. 

    La Patrie

    La Patrie, que les naïfs, les ignorants, et les traitres veulent substituer à la Nation, est une autre notion. D'abord elle est ancienne, et d'une certaine manière pourrait bien être ce qui justifie la devise et la contient tout entière. 

    D'abord car elle est ambigüe. Elle peut être la région, le village, voire la famille ou la tribu et cela en fait une forme générique de l'association humaine, qui va jusqu'à la patrie comme celle du roi, rassembleur des pays et des régions, voire des sous royaumes nobiliaires, donc, "père de la patrie". 

    Et puis la patrie, comme mot, se manipule et donc on veut (et on peut, sémantiquement ) l'identifier à l'inéluctable, donc typiquement à ce qui est provisoire et qu'on veut rendre définitif. Car quand on insiste sur quelque chose c'est qu'on a un projet. La "patrie" devient la révolution elle même, et la défendre, c'est la défendre (la patrie, la révolution). Cette volonté d'utiliser le mot et l'énergie qui lui est associée pour autre chose que la simple patrie est typique. 

    Note: on cherche ici à comprendre le sens des mots en suivant ses évolutions, et cherchant ce qui est commun à ses différentes acceptions. Alors que l'analyse historique stricte suit le changement de sens en le considérant définitif à chaque occurrence, et finit par la voir déstructurante, voire déconstructive !

    Un mot n'a qu'un sens et n'a que des interprétations qui s'expliquent par l'histoire, et non pas l'inverse, voilà ce que je crois. 

    La Patrie devient alors le mot qui soutient les nationalismes et les justifie. Elle est ce dont le mot chargé d'énergie va mettre en avant et promouvoir, au point de s'y identifier ce fut le cas à la fin du XIXème quand on combattait pour puis contre l'instauration de la république. Le mot est donc baladeur et fut mis à toutes les sauces, au point que le manipuler encore doit être considéré comme suspect: il est un mot "bloc"... 

    On glosera sur le terme "apatride" identifié au cosmopolitisme et donc au "juif", et plus exactement ce qui est le contraire de la devise: sans loi (donc sans constitution, et sans liberté), sans foi (donc sans société, ni respect de l'égalité foi suprême), et sans nation, sans patrie donc... Manipulation confuse de vocabulaire et absence de clarté, il pourrit le mot de "patrie" et c'est bien le mot de "nation" qui représente vraiment ce qu'on veut dire quand on parle de la chose effective que l'on veut défendre. 

    Au fait, la première nation fut bien la juive, qui identifia peuple et projet (divin) national: l'essence de la nation est bien l'élection le rassemblement sacré des choisis, de ceux qui choisissent, c'est pareil. Conçue contre l'empire, en l'occurrence l'empire germanique auquel le royaume de France n'a JAMAIS appartenu, la nation ou royaume mit les rois juifs nationalistes au fronton de Notre Dame, et il n'y furent enlevés à la révolution que par contre sens: ils y représentaient le "verus israël", la véritable nation, la française. 

    Et c'est  bien "Vive la Nation" qu'on cria à Valmy. Et il ne s'agissait pas d'une sombre lutte ethnique, partisane ou revencharde, mais de la liberté de la patrie, la vraie, la seule. 

    On le répète et il faut le répéter, la fondation de la république française actuelle, en 1872 et qui magnifia la devise, fut une admirable construction idéologique, et qui résolu splendidement le problème de ce siècle. 

    La Nation Allemande

    Le discours de Fichte "à la nation Allemande" en 1808, serait le parangon de l'expression ethnique de la Nation, alors qu'il vient, il faut bien le comprendre, du coté Allemand, celui qui n'a pas de Nation, précisément, et qui vient de réaliser en voyant passer Napoleon, qu'il lui en faut une... En l'occurrence, il s'agit de "résister" à la France de Napoléon comme les germains ont résisté à Rome. 

    Car on décalque la France, royaume en opposition à l'Empire Germanique, dont l'état assimilé au Roi est policier, héréditaire et irrationnel face à l'état de droit électif rationnel, porteur de la spiritualité intrinsèque au social Allemand. Luther en 1520: "A la noblesse chrétienne de la Nation Allemande" (Adel Deutscher Nation)

    Le discours est fait le lendemain de Iéna (la bataille) par un membre de Iéna (l'Université). Fichte est à la fois un aufklärer et un romantique et peut être interprété de toutes les manières possibles. Il tente et c'est tout l'objet du discours, de concilier universalisme et nationalisme. Entre Goethe et Herder. 

    On a lu (2) qui exprime la complexité du discours, qui en expose tous les termes. Il y a des antinomies à dépasser, figurez vous !

    La pire est évidemment universalisme/différentialisme, qui à moi m'a toujours paru se résoudre dans l'universalisme du différentialisme (évident: tout le monde veut être différent, et cela justifie l'égalité et aussi le respect mutuel) , et le caractère différentiateur de l'universalisme (quand on proclame l'universel on se différencie bien sur de tous les chauvinismes). 

    Et puis il y a la langue et la patrie. Le point de vue allemand est que l'un est la marque de l'autre, le germain étant celui qui parle allemand et qui déjà refusa de s'assimiler à l'empire romain. Les deux points, constitutifs de l'identité allemande exprimée sont fondamentaux. Le peuple c'est la langue. "Au peuple Allemand" sur les frontons.

    C'est pour cela que la première caractéristique du discours de Fichte et de vouloir transformer ce peuple en nation, et le faire advenir au monde nouveau. Au passage, le caractère "moderne" du mot nation généralise l'originalité de ce peuple porteur de talents spéciaux, et donc destiné (il a maintenant un destin) à l'apporter à l'humanité. Uber Alles. 

    On retiendra au passage le schème "juif" : première nation au monde, peuple qui fut élu et désigné, le peuple juif est dépositaire d'une loi qui le constitue en nation première, certes, mais que le monde entier peut adopter à la fin. L'interprétation commune d'une telle destinée est bien sur la domination universelle (d'où le protocole des sages de sion etc) mais tout autant "bien sur", il s'agit de l'introduction d'une idée, d'un principe essentiellement réutilisable: chaque peuple peut avoir sa nations et faire "comme les autres". 

    Cette universalisme de la spécificité, cette imitation entre les peuples qui peuvent tous ainsi se doter d'une nation à leur convenance me parait être la conséquence de l'invention du nationalisme et toute l'histoire le montre c'est bien la bonne interprétation. On dit, à raison, et cela depuis longtemps: "LES" nations. 

    On voit ainsi qu'il résout tous les universalismes, par exemple le catholique (bien nommé !). Tous les chrétiens sauf les jésuites veulent vivre dans LEUR nation et en expulser les migrants illégaux. Il n'y a que les antisionistes et les papistes qui veulent voir dans l'universalisme une ridicule et impossible domination mondiale de chapeaux pointus, les uns contre, les autres pour. 

    Car contrairement à ce qu'on croit, le christianisme, né dans l'empire et au départ partisan d'icelui, fut ravagé par sa créature, la barbarie arienne germanique (celle que les germains des lumières prétendit être en fait une régénération). 

    Et bien le schéma s'applique à l'Allemagne. S'est il appliqué à la France ?  

    La fausse distinction

    On a lu aussi (3). En gros depuis science po, la conception "progressiste" de la distinction patrie/nation. 

    Voltaire: "La patrie c'est un sol, là où je suis bien"  

    Romain Gary: "Le patriotisme, c’est d’abord l’amour des siens, le nationalisme, c’est d’abord la haine des autres".

     

    Que de telles aberrations puissent éduquer nos dirigeants actuels, maintenant totalement incapable de gouverner, et dont l'exclusion et la punition sont maintenant indispensables est absolument révoltant. Au point de légitimer ce qui est nécessaire, et inéluctable à terme: l'incendie de leurs palais, le viol de leurs femmes et la pendaison de leurs enfants. Delenda est la république qui chie sur sa devise et son histoire, et qui parce qu'elle n'a pas pu maintenir sa nation face à l'histoire devant le national socialisme, s'est réfugiée dans le socialisme et maintenant abandonne sa nation à n'importe qui.

     

    (1) https://books.openedition.org/pur/16117?lang=fr#text

    (2) http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1144

    (3) https://www.humanite.fr/non-au-nationalisme-oui-au-patriotisme-613343

  • Les choix

     

    Lire la suite

  • Les vérités

    A propos des vérités comme correspondance et cohérence, mis à part le caractère extraordinairement irritant de la vidéo qui accompagne (1), la prétention à écarter pour toujours Kant et la vérité comme cohérence me parait tout à fait critiquable et je me poserais en partisan résolu, contre Russel, de la vérité cohérence. 

    Kant 

    D'abord Kant! Pour lui, la chose en soi étant inaccessible, la correspondance de la pensée avec elle est bien sur impossible et le problème est réglée. La chose avec laquelle on voudrait se mettre en correspondance est inaccessible et nul jugement ne peut être prononcé à son sujet. Exit le réel réalisant (2).

    Kant définit pourtant la réalité comme conformité de la pensée vraie avec les lois de l'esprit, c'est à dire les lois qui ont présidé à sa formation. Le jugement relie les intuitions et les concepts et la notion de vérité ne s'applique qu'au jugement. 

    D'autre part, les jugement analytiques, a priori et explicatifs ne sont pas susceptible de vérité au sens strict, simplement de non contradiction, de correction.  

    Les jugements synthétiques de perception ne sont pas susceptibles de vérité non plus.
    Les jugements synthétiques d'expérience si: ils peuvent mettre par un jugement la pensée en accord avec un objet lui même construit correctement selon les lois de la pensée. C'est  un jugement objectif. La "normalité" de l'objet, en accord avec les lois, fait et constitue la vérité du jugement. 

    Cet "objet" avec lequel on est en accord de part un jugement est en fait une représentation correcte, normée. 

     

    Vérité correspondance

    Le concept de vérité cohérence est sans cesse critiqué, et la chose est fréquemment décrite comme source de doute sur la réalité des choses exprimée par des scientifiques variés, par l'impossible "unicité" de la théorie. Comme si la possible multiple description des choses était le garant de l'impossible "réalité" des choses. 

    De fait c'est bien le contraire que Kant a décrit: l'unique de la réalité étant inaccessible, la règle est bien la multiplicité des adéquations possibles entre théories et représentations de la réalité. Le réel n'est pas dicible du tout, qu'importe qu'il puisse être dicible de plusieurs manières différentes ?  C'est bien au contraire l'essentiel de ce qu'on en sait, histoires individuelles, préjugés et langues humaines s'affrontant pour obtenir la meilleure, la plus courte et la plus élégante des descriptions. Cela n'obère en rien le réel, lui indubitable et bien sur unique, qui se cache derrière. 

    Poincaré

    On aborde alors le très kantien "réalisme structural", qui fait fi d'une réalité insaisissable, et s'attache aux relations entre les objets qui peuvent survivre aux métaphores différentes des sciences en évolution. Ce réalisme des pensées et des équations qui désigne un existant indépendant "dur" sans que l'on doive prétendre le connaitre intimement est évidemment la bonne conception. La chose est pourtant contestée (3). 

    On parle de réalisme structurel "ontique" quand il n'y a carrément plus d'objets, mais uniquement des relations... En fait il  y a une position modérée qui conserve une notion d'objet, mais réduite à celle de ses relations. 

     

     

     

     

     

     

    (1) https://monsieurphi.com/2018/11/11/la-verite-grain-de-philo-21/

    (2) https://www.persee.fr/doc/phlou_0776-5541_1904_num_11_43_1844

    (3) http://encyclo-philo.fr/realisme-structural-gp/

  • Les péchés originels

    PECHE-ORIGINEL-MYKAIA.jpg

    Lire la suite

  • Les sexes

    A l'occasion des dénonciations variées qui accompagnent les scandales récent, un rapprochement essentiel et qui est l'état de la justice dans les années 60 caractérisé par l'indulgence silencieuse à l'égard du viol des femmes et l'extrême sévérité à l'égard de celui des  petits garçons (2). Toute la "libération sexuelle" qui a suivi (60 années tout de même) a visé dans un premier temps à réduire l'écart, les pétitions pour la liberté homosexuelle se succédant jusqu'à la baisse à 15 ans de la majorité homosexuelle votée en 82, à tort considérée comme la fin de l'interdiction de l'homosexualité en France (l'ignoble Fillon ne l'avait pas voté), les affaires de viol par ailleurs embouteillant les cours de justice (46 % des condamnations en assise pour l'année 2017 (1)). 

    On a bien sur ici un caractère "anti patriarcal" de l'évolution des moeurs, la bite de l'adulte et aussi le cul du petit garçon se devant d'être protégés, quoique bien sur l'accès aux enfants est bien sur aussi celui de celui aux jeunes filles et on en revient à la première pratique, il faut le dire, majoritaire dans les gouts. Les féministoïdes ne s'y trompent pas, d'ailleurs et les deux interdictions sont maintenant clairement associées et défendues (par l'attaque) vigoureusement. 

    Dans le principe, on ne peut évidemment que s'associer à la dénonciation des violences, mais le sujet trop facile à écarter est bien sur hanté par autre chose qui d'une certaine façon n'a rien à y voir, quoique, et c'est tout le débat. 

    A l'occasion de la folie anti Polanski de ces derniers mois, l'affaire Matzneff (Décembre 2019) en étant la suite, on peut donc gloser et il y a ainsi plusieurs sujets. On a traité la question de l'époque, les temps changeant, effectivement, on pourrait traiter celle de la censure, du matriarcat et de la prescription, l'acharnement judiciaire contre de vieux messieurs bien plus de vingt ans après des faits critiquables mais anciens relevant, cela sera mon premier point, de la pathologie. Pathologie purulente et au combien: un ministre ferait examiner la possibilité de l'interdiction de toute réédition des livres du monstre !!! En parlant de prescription, on notera tout de même de manière générale l'incroyable de ce qu'il faut appeler une tendance: la dénonciation trente ans après. 

    Cela avait commencé avec la dénonciation par des actrices embauchées moyennant bouche cul qui une fois leur salaire touché et dépensé considèrent ne l'avoir du qu'à leur mérite intellectuel et moral. Dés l'arrivée de la ménopause frigidaire (elle est pas mal cette là), on se révolte, c'est le moment. On enchaina avec tous les résultats des  (psych)analyses engagées sur le tard pour d'autres raisons poussant des rangés des voitures à se souvenir brusquement de tripotages anciens voire très anciens, en tout cas au delà de toutes les prescriptions. 

    Cela étant dit, le fond demeure et on peut gloser sur le sexe.

    D'abord, celui ci entretient avec la mort un rapport particulier, lié à son individualisation: alors que le moral ou l'intellectuel, associé au contraire à l'éternité et au transmissible sont par essence collectifs ou du moins communicables, le sexe ne transmet que des maladies et se trouve par essence et structurellement promis à la disparition, le bénéficiaire de la jouissance étant le seul à en profiter et même d'ailleurs brièvement, les échos d'un plaisir s'évanouissant toujours un peu avec le temps et sa description littéraire étant impossible.

    On pourrait parler de la musique, comme technique disponible pour transmettre ou encoder des sensations de cet ordre, mais même si l'écoute et la compréhension d'une interprétation musicale peut se ramener à un épisode sexuel, la danse, les larmes et les exclamations enthousiastes en étant comparables, le rapprochement porte plutôt sur les préliminaires, la véritable jouissance restant d'un autre ordre, et radicalement distincte, du moins à mon avis.

    Bien sur, l'appréhension "jouissive" de la musique stimule toute la sensualité et ce n'est pas moi qui rabaisserait ou relativiserait la possible très intense compréhension du son musical que l'on peut éprouver. Néanmoins elle reste par essence partageable, au moins en principe, et porteuse d'une réalité intellectuelle. Cette réalité peut être indescriptible, on y reviendra, mais sa présence, sa survie et sa transmission suffit à la rendre effective. Une réelle réalité, dont par contre la description littéraire est impossible, c'est bien connu. 

    Alors que le caractère solitaire de la jouissance sexuelle reste entier, c'est d'ailleurs sa fonction, la prime à la réplication de soi offerte par la nature se devant d'être rigoureusement individualisée. Le deuxième caractère essentiellement solitaire de la vie, en l'occurence la mort, elle aussi heureusement individualisée par cette même nature, en fait donc, en voilà une deuxième raison, le compagnon littéraire idéal, je veux dire dans l'échec absolu d'icelle à en décrire quoi que ce soit. 

    On s'est donc ici attaché au caractère indescriptible (par des mots ou des images) du sexe, de la mort et de la musique. Il faut savoir qu'il s'agit d'une thèse, et que l'un des fondements pour certains de ce qu'on appelle la littérature est précisément de la dénigrer, de la contredire, voire de l'attaquer. Et bien je voudrais exprimer mon plus profond mépris pour les tenants de cette opposition là, selon moi malsaine, gênante et vulgaire, et surtout absolument vaine, totalement inutile et surtout atrocement chiante. Le personnage de Gabriel Matzneff, que la vidéo(3) montre dans sa vieillesse comme atrocement superficiel et vain illustre cette ambition, menée cinquante ans avec le soutien d'éditeurs prestigieux pour un résultat qui se trouve aujourd'hui vivement contesté, y compris, et il s'en plaint, par des anciennes "victimes" autrefois jeunes amoureuses transies, aujourd'hui rétrospectivement sous emprise et s'en en plaignant.

    Sans vouloir me joindre au lyncheurs, le pauvre vieillard, mélange de Giscard d'Estaing et d'une vieille dame indéterminée à la voix chevrotant l'aigüe, n'attirant pas la haine (et non) mais au contraire la gentillesse méprisante, je proclame cependant, ce qui pourrait lui faire plus mal qu'on ne croit, la totale vacuité de ses idéaux, et le bonheur de ne pas avoir perdu mon temps précieux d'humain à les approcher, les envier ou même les vivre sans parler de les lire, les récits empoulés de viols de petits garçons ayant tendance, mais je ne suis qu'une bête, à me faire chier grave. 

    Car le caractère du monsieur est doublement faux au sens de faux cul et de menteur. La volonté de décrire, d'abord, en prétendant à la littérature; l'incapacité complète de ses romans à clé, (le héros c'est lui) ou des ses "journaux intimes" (le héros c'est lui) à décrire ou à communiquer quoique ce soit d'autre que sa prétention à donner envie de tringler (à qui d'ailleurs ?) comme il le fait en permanence étant manifeste. Il ne parle bien sur pas du tout d'amour ou de sexe, mais simplement de sa personne en position de contrôler les discours ou attitudes en rapport. On peut imaginer un lectorat féminin, l'évocation de ces thèmes donnant envie de passer de l'autre coté du manche, ou un lectorat masculin jaloux, cherchant à puiser des arguments ou des mimiques pour pécho aussi. Bref, rien de très glorieux. 

    Mais il y a autre chose, et c'est sa conception de la vie, et en particulier des rapports avec les objets de sa libido assumée. Décrite comme "perverse" par des critiques et par l'air du temps, je crois qu'il s'agit effectivement de cela: la volonté  de décrire et de vivre, l'assujettissement transgressif de l'objet de ce qu'on appelle amour et qui n'est que vaniteuse haine absolue de ce qu'on prétend aimer et que l'on consomme avec rage.  

    Bien sur excité par la violation de l'interdit à l'égard du jeune, il faudra en parler, la question de la confusion entre décrire et vivre, objet propre du fantasme réalisé, coeur de la perversion, est ainsi présente et reste le principal péché, selon moi. Péché d'autant plus absurde qu'il est artistiquement vain, par définition, toute la culture nous étant par essence communiquée afin de prévenir de cette impossibilité. C'est ainsi que barbe bleue est doublement planté: comme écrivain et comme jouisseur. 

    Car bien sur cette perversion est aussi proprement sexuelle: l'attrait pour le corps "jeune", d'ailleurs parfaitement relatif, étant d'abord volonté de posséder ce qu'on a perdu, ou bien ce que l'autre va perdre, ce qui est encore mieux, l'essentiel étant de le soustraire à quelqu'un, par exemple un rival qu'on est aussi en capacité de tringler aussi d'ailleurs. Pour cela il faut naturellement de la santé, et quand on en est doté, en plus de la beauté et des attitudes propres à séduire, et bien cela facilite les choses et bien sur les rend possibles, il n'y a plus qu'à s'y livrer. 

    La très grande solitude qu'évoque tout cela peut paraitre émouvante, et cela est sans doute le sentiment littéraire qui en découle sans doute, à part que l'évocation me laisse de marbre, je la trouve chiante et triste, en tout cas sans grand intérêt. 

    Bien sur il y a les jeunes filles que le gars m'aurait volé: de toutes façon interdites à l'époque, il ne m'a pas volé grand chose même s'il pense avoir pu sodomiser de belles âmes; et quoique cela ne soit pas certain, après tout:  les âmes en question ont elles été si belles que cela, avant et après le traitement qu'il leur a fait subir ?  En tout cas, ayant approché à au moins deux reprises ce qu'on appelle des "jeunes filles" sans avoir rien fait de ce qu'il décrit et en avoir gardé toutefois un souvenir ému et grandiose, je pense qu'en fait il s'est tapé des thons, ce qui arrive à tout le monde.

    Car la "jeune fille" a plusieurs aspects. Un grand nombre d'entre elles sont affreuses, très bêtes, etc. Certaines par contre sont aventureuses et quand en bonne santé particulièrement aptes au sexuel le plus débridé, cela du fait de la nature, tout simplement: l'attirance qu'elles suscitent est exclusivement biologique et destinée à les faire mettre enceinte le plus vite possible, idéal de la capacité reproductive oblige, les contraceptifs et autres retardateurs n'étant que de désastreux instruments de l'utilisation sub optimale de leurs merveilleux organes, dont le vieillissement inéluctable et inévitable n'entrainera que raideurs et douleurs au lieu de souplesses et joies.  Vouloir en jouir tant qu'il en est encore temps est donc naturel mais a des inconvénients: trop exclusivement attachée au sexe, la jeune fille ne se cultivera pas suffisamment et ne soignera que négligemment ses rejetons et ses amants futurs, voilà le problème. Et puis trop précocement abandonnée, elle perdra confiance en elle et deviendra méchante, voire pire: féministe. 

    Voilà le triste sort des jeunes filles, qui plus est besognées la plupart du temps par moins délicat que les écrivains bragards, leur condisciples caïds des cours d'école, trop natures pour être pervers, mais tout aussi négligents. D'où le terrible féminisme, qui entend se venger de tout cela. 

    Et puis il y a l'amour et le rapport sexuel. Variante de l'impossibilité de la description artistique dont on parlait tout à l'heure, je crois aussi qu'elle est impossibilité tout court, la deuxième transmission de l'esthétique en général, et y compris l'esthétique musicale, étant précisément la proclamation artistique de cette impossibilité. 

    Le "il n'y a pas de rapport sexuel" proclamé par tous les romanciers et tous les psychiatres est bien sur nié par tous les pornographes et tous les sexologues, mais cela ne change rien: le thème est bien là, et reste convainquant; la sagesse de ses tenants incluant en plus et d'autre part l'amour de la liberté (de soi et des autres). Il n'est pas lié à la perversion, il faut bien le comprendre, même si c'est d'ailleurs l'un des objets de la perversion, et de la perversion moderne, que de vouloir le transgresser, d'y jouer ou de prétendre l'avoir fait.

    Comme on l'a dit essentiellement solitaire, le sexuel ne peut être transcendé en principe par rien, ce qui fait d'ailleurs sa valeur brute. On peut trouver à cette limitation un coté pitoyable ou sympathique, et être charitable à l'occasion mais cela n'y change pas grand chose. Les prétentions à autre chose sont pitoyables et soumises au dédain évident que l'arbitraire décide en toute solitude avec ses propres sécrétions: les vouloir dépasser au nom d'une illusion qui évidemment ne peut se manifester que par la violence est criminel, à un degré ou à un autre et cela des deux cotés du manche. 

    Parlons d'amour dans ce contexte: charité charitable essentiellement et souvent tout de même échange à part que ce n'est jamais bien sur la même chose qui circule dans les deux directions, mais là on en revient au point précédent. La sentimentalité supérieure qui peut pourra ou pourrait s'exprimer ne devra rien au chimique et à l'excitation mais tout à autre chose, l'habitude jouant un rôle essentiel, le même que celui qui enfant nous liait à nos origines physiques immédiates. Peut on remonter encore plus haut? Sans doute, tout sera toujours possible, mais on se devra alors d'élaborer un peu voire communiquer au delà des sincérités convenues, qui bien sur peuvent à l'occasion se transformer en haine à une vitesse folle... Cela empêche-t-il les arrangements pacifiés et l'humaine lutte contre contre la solitude, qui peuvent aboutir à de vraies tendresses et à de vraies loyautés, voire plus ? Sans doute pas, tout est possible. 

    Par contre, les comportements de soumission, même s'ils sont partiellement chimiques, n'en restent pas moins éthiques pour ceux qui en profitent et utiliser la terreur silencieuse reste une violence. Quand cela ne gâche pas le plaisir mais au contraire l'accroit, et bien on peut dire qu'il y a un problème, un petit. Entre les deux il y a tout le reste et cela est compliqué, certains supportent certaines violences voire y trouvent un certain gout, et les adultes font ce qu'ils veulent: la sagesse de la limitation des concepts encourage toutes les conceptions de la liberté. 

    La codification des pratiques est une tentation de l'incroyable frénésie féministoïdale de notre temps. Il faut réaliser qu'elle n'est que le pendant de la connerie masculiniste dont un Matzneff est un (vieux) représentant et qui doit être moqué et méprisé avec le même esprit. Car le sexuel féminin, moins bavard, mais tout aussi avide en fait, a le droit d'exister et d'ailleurs existe. il n'en est pas moins haïssable d'ailleurs dans ses formes pourries et se trouve d'ailleurs tout autant utilisé par les prédateurs que son symétrique, le prédateur étant d'ailleurs là une prédatrice, pas moins avide de chair fraiche et de domination spirituelle et physique que ses pendants (...) genrés autrement. 

    Au passage, la féminisation de bien des métiers devrait entrainer les mêmes problèmes que précédemment et le sexuel féminin dominateur se manifeste, avec les mêmes rejets et mises à l'écart de soi même qu'on observait du temps des hommes. Ce serait par exemple la cause de la désaffection pour le savoir des jeunes garçons (parait-il), qui ne trouvent pas d'identification pour leur agressivité hormonale naturelle auprès de maitresses trop sourcilleuses. Le "nique ta mère" vient de là, quand la voilée se met à parler d'autorité, en l'absence d'icelle. 

    C'est ce genre de lascar qui peuvent à l'occasion vendre leur cul à de gras et vieillissants hommes de lettre cultivés pour qu'il se les enfilent pourvu que le bordel soit à l'étranger, le gredin restant sous contrôle et sa haine maitrisé par une autorité non paternelle extérieure et il y en a à revendre. On admirera à distance la hauteur de vue et la nécessité humaine et littéraire de ces homosexualités là (5). 

    Le très révéré Gide de la génération de mon père avait dans le genre bien servi la modernité, et mépriser hautement son communisme et sa pédérastie reste un crime, je ne parle pas d'Aragon, l'ignoble vieille folle tarée dont je conchie avec Céline la totalité des déjections. 

    Car il y a aussi la pédophilie... Ouvertement soutenue en public, décrite sans honte par des personnages connus et dans ses détails (Matzneff semble bien avoir décrit des ébats avec des enfants de dix ans, comme on dit (n<10)), qui sans doute et au bénéfice du doute, fantasmés par lui, mais cela ne change pas grand chose à la nature et à l'intérêt de ses fantasmes, ont accompagné la "libération" de l'homosexualité, en l'occurence de la séduction (la philopédia) de garçons jeunes voire très jeunes pour certains. On cherchera les excuses, l'époque et le petit nombre des vrais pédophiles, mais Matzneff semble bien en avoir été un, son gout pour les jeunes filles, un peu plus tardif, ressemblant à une pénitence que son gout religieux pour "le christ" et ce qui s'en rapproche ayant du le stimuler, on ne sait jamais, l'amour a ses lois et leurs applications deviennent plus sévères avec le temps. 

    Comme de bien entendu, et ils s'en défendent, toutes les pédophilies ne sont pas strictement violentes et celles qui furent tolérées (ou plutôt pas poursuivies comme les vieux réacs cul serrés traités partout de fascistes voulaient le faire dans ces années là, paix à leurs âmes à eux) demandèrent sans doute de la participation à certains caractères enfantins un peu vicelards, bien que cela ne soit pas une raison. C'est la ligne de défense, au demeurant fragile, du vieux salopard. J'avoue avoir semblé voir ça au premier rang de certaines cantates chantées par des enfants dont certains étaient un peu cabotins, mais rien qui ne me poussa à les attendre à la sortie. 

    Tout ce que j'ai exposé avant aggrave son cas, et sa vieillesse sera malheureuse, on veut le renvoyer de son logement social. Manifestement incapable de se suicider à la romaine, comme il le conseilla à Montherlant, il faut donc le protéger comme la vieille épave qu'il est. J'ai toujours été étonné par l'incapacité, comme dans les mangas, des victimes de ce genre de crime à se venger plus tard en allant écorcher les bourreaux de leur enfance. Mais Dumas, ce n'est pas de la littérature, et peut être que les petits vicelards séduits sont en fait passés de l'autre coté, car il parait que ça se transmet, comme le gout pour la littérature. 

    (1) http://www.justice.gouv.fr/art_pix/Stat_Les_condamnations_2017.pdf

    (2) https://www.20minutes.fr/societe/2684023-20191229-affaire-gabriel-matzneff-autre-epoque-argument-passe-mal

    (3) Interview surréaliste du vieux Matzneff  https://www.youtube.com/watch?v=tJGjKKJtXpc

    (4) http://leoscheer.com/blog/?2010/10/10/1409-l-amour-selon-matzneff-entretien-avec-franck-delorieux

    (5) la pédophilie, histoire: https://www.cairn.info/revue-le-temps-des-medias-2003-1-page-31.htm#pa25

  • Les corans

    eiil-etat-islamique-en-irak-et-au-levant-drapeau-860x573.jpg

    Lire la suite

  • Les 19èmes siècles

    philippe-muray-genial-et-inac.jpg

    Lire la suite

  • Les balances

    Pacioli.jpg

    Lire la suite

  • Les consciences illusionnistes

    On n'en finira jamais avec le problème de la conscience. On avait vu (1) , mais aussi par la suite (2) avec en exergue, le merveilleux entretien cité par (3).

    En gros, il y a un "méta" problème de la conscience: comment se fait il qu'on parle de cette question ? 

    Foin de distinctions, soit elle existe, soit non. Les "illusionnistes" sont persuadés que non, et qu'elle "est une illusion". A ce point je diverge. Une illusion, c'est quelque chose, et son apparence doit s'expliquer et se décrire. Par conséquent, cette théorie est en fait, à mon point de vue, réaliste et s'inscrit dans le fonctionnalisme, même si elle a des aspects particulièrement redoutables. 

    Pourtant, il y a un argument très fort en faveur de cette illusion: si on était capable de la décrire et aussi de décrire pourquoi nous la subissons, et cela sans faire usage de la conscience elle même, et bien celle ci est inutile conceptuellement. C'est le "debunking" argument de Chalmers.  Par contre, Chalmers est un réaliste et son argument lui permet d'introduire la conscience, précisément, au centre de son explication des croyances. La croyance en la conscience devient première... 

    D'abord, elle (la conception illusionniste)  permet une identification moderniste au robot et à l'animal: ce qui s'explique fonctionnellement est donc partagé en principe et tout le monde a des droits. Car pour éviter le caractère "méchant" de l'illusionnisme (on peut donc torturer, y a rien derrière...) c'est le sentiment illusoire qu'il convient de révérer et là on se trouve dans une forme étendue de la démocratie moderne: le sentiment de douleur reste absolument subjectif. Particulièrement vicieuse, l'absence de responsabilité apparente se transforme en son contraire, d'autant plus réel qu'il est illusoire, et donc à préserver à toute force, au prix de la soumission au n'importe quoi. 

    Et puis, cette histoire de douleur me parait un peu bêtement juvénile. La douleur et le fait qu'on l'éprouve est une altération de son système global, et perturbe l'appréciation du temps, qui se trouve consacré à la perception et à la conscience de la douleur. La douleur c'est le mal pour un système, et cela ne peut être relativisée au nom de la présence d'une conscience ou non. 

    C'est un peu la même chose pour ce qui concerne l'inversion des couleurs, autre fiction "philosophique": la couleur n'est pas neutre et se trouve liée à des phénomènes physiques complexes, qui mettent la perception en jeu en bout de chaine. Mais le vert et le rouge ne sont pas à la même position dans l'arc en ciel pour des raisons profondes et la chimie de la perception n'est pas une illusion, mais une adaptation avec un partage de lois physiques universelles. D'une certaine manière, je crois qu'on "touche" l'arc en ciel en fait... 

    C'est pour cela que je trouve l'argument de "mary" (physicienne aveugle qui cesse de l'être et qui voit la couleur rouge pour la première fois) particulièrement débile: du fait que tout son savoir est incapable de décrire "ce que ça fait" de voir du rouge, on en déduit qu'il (le "ceuhksafé") n'est pas physique... C'est le fameux argument dit "de la connaissance". 

    Ainsi le sentiment de la douleur est objectif et lui accorder le subjectif absolu tout comme la conscience de soi c'est d'une part mélanger les choses, et d'autre part donner des droits aux electro-sensibles. L'expression des préférences est dévoyée par le droit c'est bien connu: cela d'autant plus qu'une réalité théorique lui est donnée. Alors que le mélange est un dévoiement: la douleur n'est pas "soi", ou du moins ne peut s'identifier avec l'essence du soi, dans la mesure ou elle est un "mal" qui concerne tout le système vivant autour du soi. 

    Pourtant philosophiquement, la chose était claire: le sentiment des choses depuis l'intérieur doit naturellement utiliser les organes de la perception et l'intérieur est chosifié, et perceptible, c'est la catégorisation de l'imagination et mon Kant décrit tout cela très bien. Pourtant, la perception de la conscience de soi, c'est autre chose et l'on passe à l'illusion du sujet, chose excitante et redoutable. C'est là que la perception de la douleur, ou bien tout autre perception se concentre: dans le "ce que ça fait" que de percevoir la chose, en gros l'entité ou se focalise cette perception que l'on qualifie de "consciente". 

     

    Les arguments de Chalmers

    D'abord ce n'est pas une perception, même si cela est similaire à une perception: c'est un "effet". Et la question est de savoir si cet effet a une réalité ou non. 

    Chalmers tente d'introduire le "méta" problème de ces considérations en considérant non seulement la conscience elle même, mais la conscience de la conscience, ou la considération de son existence et tente de lier la conscience et la méta conscience. 

    Au niveau du débunking d'abord: si on oublie la métaconscience, une explication de la conscience qui ne la mentionne pas la supprime par définition: elle se trouve inutile. 

    Au niveau du réalisme d'autre part: il n'y a pas d'explication qui vaille de la chose qui ne doive considérer aussi l'utilité ou la manifeste présence de la question: pourquoi est elle aussi difficile ? 

    On se retrouve alors dans une critique a priori de la possibilité logique de l'illusionnisme, que l'on cherche à contraindre de manière exagérée pour mieux le détruire. 

    Mais partons du point de départ: comme réflexion "primitive" l'expérience de la conscience de soi, ou conscience "phénoménale" semble, ou plutôt "est" indubitablement non matérielle. 

    Les arguments sont multiples, l'un d'entre eux est l'absence de nécessité de cette expérience et donc son caractère "primitif", non causé mais cause au contraire.

    Et de plus, l'argument dit de l'"explication" enfonce le clou: comme une explication physique ne fait intervenir que des aspects physiques, elle ne peut, par définition, rendre compte de ce qui n'est pas physique (le phénoménal). Elle est donc incomplète. 

    Et puis il y a l'argument de la concevabilité ou "du Zombie". L'idée est que comme on peut concevoir un être identique à nous, mais sans conscience (le zombie) ALORS la conscience est non physique. 

    Et pi alors

    Tout en partageant la fascination philosophique pour la déduction supra (meta?) physiques issue de simples tripatouillages du langage et de ses argumentations, j'avoue rester profondément incrédule, et les preuves ontologiques de l'existence d'entités me semble à jamais vaines, Chalmers et Nagel compris. 

    Nous avons là des approches langagières de l'objet G, somme toutes assez classiques et qui ne font pas assez justice il me semble du caractère fonctionnel des logiciels s'activant dans nos ordinateurs de cerveaux.

    Le mot "fonctionnel" d'ailleurs m'a toujours paru un peu réducteur. Comme si un manque de culture de la programmation était à l'oeuvre: le calcul programmé, écrit, acquiert une autonomie du fait du respect des règles qu'on lui impose et qu'il suit sans relâche, en plus ce celles, elles non crées, de la logique formelle et des mathématiques (il n'est pas question qu'il s'en autonomise, de celles là). Cette autonomie est bien physique, car l'encodage des structures faites par le programmeur n'induit AUCUNE correspondance physique entre l'encodé et le codé, sinon la simulation, pas toujours adroite, de certains comportements, eux mêmes supposés, de l'encodé. 

    Le dérapage est tout le temps possible. Bien sur c'est là que les chtarbés situent la fameuse bifurcation, mais je parle surtout du non intentionnel (rapporté au concepteur du programme), de la faute, du bug, qui peut très bien ne pas être destructeur tout le temps et induire des comportement déviants quoiqu'en équilibre et c'est toute la question: une structure encodée (l'ADN en est une) ne pourrait elle pas -au bout d'un certain temps- s'équilibrer dans une ou des consciences ? 

    Cette histoire de l'erreur est d'ailleurs à la mode: on distingue en programmation deux sortes de résultats à un calcul: le résultat proprement dit et une erreur possible qu'on suppose distincte. L'erreur "fatale" qui se traduit par la destruction du système et son arrêt brutal n'est pas considérée bien sur. La prise en compte de l'erreur comme résultat alternatif du programme ouvrant le possible déploiement d'autres programmes est un surcroit de puissance à l'expression des encodages et semble résoudre le paradoxe de la machine "robotisée" simplement capable de faire des additions, toujours les mêmes. Les erreurs de transcription de l'ADN ne tuent pas toujours, bien au contraire, elles donnent naissance aux espèces... 

    C'est pour cela que bien que réluctant à la grande bifurcation, que je crois impossible en fait, je crois la conscience formée d'un logiciel très complexe, qui stocke de manière finie une représentation improbable de son héritage historique, une configuration des ses flux internes, obtenue de trois manières: par disposition génétique d'une part, il faut bien un socle qui l'autorise, par épigénétisme d'autre part, la configuration de l'embryon en croissance étant sélectionnée par des mécanismes biologiques stables issus de l'organisme maternel et transmis directement. Tout se passe comme si une mémoire de l'organisation biologique était transmise sous forme d'une aptitude statistique à exprimer un type de comportement. Cette capacité à transmettre trouve enfin une forme encore plus sophistiquée dans le troisième étage, l'étage affectif et social qui lui même est un "monde" complet en équilibre de transmission autonome. 

    Nulle possibilité de conscience sans interactions entre ces trois étages, ce qui fait de cette organisation quelque chose de non modélisable symboliquement ou même physiquement, car régi par des mécanismes temporels stabilisés pendant toute l'histoire de l'évolution, la lente transformation physico chimique qui a conduit aux systèmes dont nous parlons. La simuler ou la réaliser à nouveau pourrait imposer la simulation de l'ensemble du processus évolutif qui y a conduit et qui s'y trouve représenté. 

    Si pour une raison ou une autre, la solution obtenue est unique d'un point de vue organisationnel, situation qui pourrait, c'est vrai, être infirmé par la rencontre avec une autre espèce "intelligente", et bien nous nous retrouverions dans une situation "noire", condamnés pour toujours à ne jamais maitriser la chose.

    Une telle situation se retrouve en astrophysique avec un monde spatio temporellement trop vaste pour être exploré ou décrit dans les limites de notre existence évolutive. A noter que la question de l'"autre espèce" est ainsi liée à cette question, un espace trop grand annulant la probabilité de rencontre et consacrant donc notre solitude. 

    C'est le mérite des recherches métaphysiques, et méta mathématiques, que de viser à démontrer ces impossibilités, ce qui pallie le coté dépressif de toutes ces impuissances, en les transformant en victoires ! 

    C'est pour cela que contrairement aux progressistes, qui veulent "finir" le monde en faisant une pure machine, je serai toujours dans le camp des baroques, ceux qui pensent le monde comme absolument infini, et donc infiniment disponible pour toutes les solitudes, ce qu'on vient de voir, mais aussi pour toutes les aventures. Cette attitude n'engage en rien à une quelconque croyance, Dieu lui même étant un concept trop étroit pour l'immensité du monde présent et à venir, sur lequel nous nous dressons et qui reste ouvert à nous. Amen. 

     

    (1) http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2018/06/09/les-consciences-6058213.html

    (2) http://www.francoisloth.com/le-metaprobleme-de-la-conscience/

    (3) http://www.francoisloth.com/le-mirage-de-lillusion-une-derive-scientiste-au-sujet-de-la-conscience/

    (4) Thèse sur Chalmers:  https://archipel.uqam.ca/11297/1/M15482.pdf

  • Le sabre de El Hadj Omar

    773x435_cmsv2_52ccadab-f7ad-5ab7-9e4c-fe7a4cc8c0a1-3902070.jpg

    Lire la suite

  • Les SU

    flanker.jpg

    Lire la suite

  • Les Attali

    attali.jpg

    Lire la suite

  • Les identités

    finkie.jpg

    Lire la suite

  • Les êtres

    heidegger.jpg

    Lire la suite

  • Les constitutions musulmanes

    La constitution de Médine est préchée à Gonesse (1)  à l'époque de l'attentat d'un de ses fidèles à la préfecture de Paris. 4 policiers poignardés dans l'île de la cité, tout de même.

    Pour commencer, on notera le caractère non haineux du prêche: nul appel à la haine raciale ou à la violence dans l'exposé, qui se conclue par des exhortations à "être musulman par la douceur" et à considérer négativement le port des vêtements (on n'aborde pas la question du voile) différents de ceux du contexte dans lequel on vit. 

    On se contentera donc de noter et de préciser ce qui, sous la forme d'une prêche "progressiste", se trouve en fait assimilable (mais on a l'esprit tordu) à un foutage de gueule torride et sucré dont les fondamentaux restent par ailleurs bien connus. 

    La constitution de Médine

    Ce pacte entre tribus fut ce qui, violé, justifia l'extermination d'une tribu juive. Ce qui permet à un imam de considérer l'islam à la hauteur des républiques occidentales qui l'accueillent, selon certains, à tort, n'est donc pas du tout une constitution et les garanties de l'exercice du culte sous la domination implacable du  "messager" ne sont rien moins que contraintes, dire le contraire, et le culotté progressiste n'hésite pas à le faire, n'est en fait qu'une insupportable provocation. Foutage de gueule ? Plutôt une admirable transcription en un français juste un peu accentué de mensonges éhontés traduisant le plus patent cynisme. 

    Rapportant la saillie d'un autre imam frèriste (ses dénégations chez Bourdin n'y changent rien, on est bien chez les musulmans de France, dirigés par un frère bien connu), le très acidulé Bajrafil, et qui voyait les régimes occidentaux plus respectueux des musulmans que bien des pays arabes, l'homme signe son appartenance: il se plaint, c'est clair des ignobles persécutions contre les frères menées il est vrai par bien des régimes musulmans dont l'Egypte et les émirats, qui les considèrent terroristes. 

    Rien n'est plus faux bien sur, et tout cela est injuste, tout comme le lien avec les frères entretenus par les "musulmans de France", pardon de paraître faire l'amalgame, je voudrais le re-préciser, l'ancien UOIF s'est renommé de manière prédatrice, et bien sur absolument cynique. Cela signe l'inacceptable et pourtant acceptée confiscation du terme de "musulman français" par une organisation fasciste porteuse d'initiations secrètes, de signes de la main le pouce plié (le fameux "rabia", explicitement utilisé par le président Turc, par ailleurs en ce moment à l'offensive), et d'investissement systématique de toute la représentation publique de la foi musulmane. 

    Pour tout dire, ce qu'on appelle l'islam Français en général ne s'oppose pas à cette prédation linguistique: alors ? On n'est pas français, donc on s'en moque, ou ces gens ne sont pas musulmans ? 

     

    Le discours

    Bien sur la dénonciation de l'Etat Islamique, dont par ailleurs on assume la nécessité mais dans un autre sens, ceux qui comprennent ce qu'il veut dire ont compris, est véhémente: des "voyous" qui n'ont pas fait un Etat (bien qu'ils s'en prévalent et qu'ils l'aient organisé comme tel). L'Etat islamique n'en est pas un, et le vrai reste souhaitable. On sent une gêne là dedans, comme si les assassins n'étaient pas musulmans et que l'islam, le vrai ne pouvait pas être "ça". La dissonance cognitive, source de tous les dénis est bien sur à l'oeuvre ici: et le fond de l'affaire est bien là. L'imam progressiste, tout à sa manoeuvre, dévoile tous ses avis, toutes ses vraies convictions, toues ses méthodes et elles font horreur... 

    On a donc à la fois affirmation d'une innocence historique de l'islam, et un déni de sa violence originaire, même pour l'excuser: il est entièrement juste et sensé et historiquement immune de ce que toute l'histoire connait: massacre, guerre de conquête impitoyable. Il n'y a même pas une recherche de compréhension de la chose, de mise en perspective historique, pouvant assumer la genèse d'une religion et d'une spiritualité à partir de cela; non. Pour "passer" au yeux de on se demande qui, on assène sans hésiter la parfaite actualité de la législation en question. On la prend en exemple, mieux on en fait un sujet de prêche. 

    Car le but de la chose est d'illustrer une nécessité du bon comportement, en regard de la législation qui le fonde et qui s'identifie à lui. Car l'islam est "une religion organisée". Jamais un prêche qui se veut "progressiste" et donc "modernisant" n'a pu à mes yeux mettre en lumière aussi crument le caractère totalement "alien" de ce religieux là, entièrement contenu dans les édits législatifs d'une bande de pillards du désert de la fin de l'antiquité. Il identifie bien, c'est d'ailleurs ce que tout le monde se tue à dire, gouvernement des hommes et religion sous une même loi et une même nécessaire direction, tout en se prétendant "intégrable" dans un monde dont la définition même est basée sur la négation de ce point de vue, là même. 

    Pour cela, il lui faut mentir et se dire respectueux des autres religions, au point d'identifier l'islam à ce respect là, manière inversée d'imposer le respect envers lui même, méthode de domination typique des caïds menaçants. En même temps, il semble qu'on veut passer un message à destination des extrémistes. Comme si le pauvre imam, seul pacifiste de l'assemblée, s'évertuais à calmer et à tranquilliser des personnes menaçantes égarées on se demande comment dans l'assistance. Il fait donc oeuvre de paix.

    Ce type de positionnement réthorique est assez typique de la déradicalisation menée par les frères et dont Tarek Obrou, le fameux imam de Bordeaux, qui avait pratiquement converti Alain Juppé (qu'une infâme propagande prénomma Ali), se prévalait: un discours délicatement agressif s'évertuant à calmer un public présenté comme encore plus agressif. Tariq Ramadan utilisait aussi cette forme de double négation. 

    Et puis, bien sur la référence au Coran, qu'il suffit de lire pour se persuader de sa sagesse et aussi qu'il ne faut pas citer hors d'une mise en contexte exclusivement réservée au savants. Toute l'ambiguité du moyen âge là devant vous. 

    Nulle contraintes en religion

    On passera alors sur bien plus intellectuel et bien plus intéressant. Sur le "nulle contrainte en religion" subtilement analysé en (2) au point d'affirmer:

    "le Coran est sans nul doute le seul texte fondateur d’une religion mentionnant explicitement le principe de liberté religieuse."

    Ce foutage de gueule là, tout aussi ahurissant, a pour mérite d'y mêler le Coran dont on se permettra de dire qu'il met en avant littéralement, non pas la sauvagerie barbare de la bande de pillards qui fonda la religion en question, mais l'implacable cruauté tout aussi barbare (on pourrait dire barbare en regard) du Dieu même dont on parle sans cesse ici. 

    En gros: 

    - le "nulle contrainte en religion" verset 2/256 est immédiatement suivi de 2/257 qui promet le feu éternel aux tenants des démons. Voilà donc une définition simultanée de la religion et de ses contraintes qu'elle est bonne et claire. 

    Mais il y a mieux ! Car le verset anarchiste troublant, aurait été "abrogé" par le verset dit "du sabre", le plus hallucinant appel au meurtre convertisseur qu'une religion ait pu édicter: 9.5. Tuez etc... 

    Cette histoire d'abrogation est intéressante: on aurait même dit qu'en fait 2/256 abrogeait le sabre, au prix d'une validation de l'idée même d'abrogation, problématique tout de même. 

    En effet, une partie du Coran aurait été abrogée par le sabre: 

    2:83 | 2:139 | 2:191 | 2:192 | 2:217 | 3:20 | 4:63 | 4:80 | 4:81 | 4:84 | 4:90 | 4:91 | 4:140 | 5:2 | 5:99 | 6:66 | 6:68 | 6:91 | 6:104 | 6:106 | 6:107 | 6:108 | 6:112 | 6:137 | 6:159 | 7:183 | 7:199 | 8:61 | 8:72 | 8:73 | 9:2 | 9:7 | 10:41 | 10:99 | 10:108 | 11:12 | 11:121 | 11:122 | 13:40 | 15:3 | 15:85 | 15:88 | 15:89 | 15:94 | 16:82 | 16:125 | 16:127 | 17:54 | 19:39 | 19:75 | 19:84 | 20:130 | 20:135 | 22:68 | 23:54 | 24:54 | 25:63 | 27:92 | 28:55 | 29:50 | 30:60 | 31:23 | 32:30 | 33:48 | 34:25 | 35:23 | 36:76 | 37:174 | 37:175 | 37:178 | 37:179 | 38:70 | 38:88 | 39:3 | 39:14 | 39:15 | 39:36 | 39:39 | 39:40 | 39:41 | 39:46 | 40:12 | 40:55 | 40:77 | 41:34 | 42:6 | 42:15 | 42:48 | 43:83 | 43:89 | 44:59 | 45:14 | 46:35 | 47:4 | 50:39 | 50:45 | 52:31 | 52:45 | 52:48 | 53:29 | 54:6 | 60:11 | 68:44 | 68:48 | 70:5 | 70:42 | 73:11 | 74:11 | 76:8 | 76:24 | 76:29 | 86:17 | 88:21 | 88:22 | 88:23 | 95:8

    Rien que ça d'après (4) 

    Revenons à la contrainte, telle qu'expliquée par (2) qui n'hésite pas analyser aussi le fameux verset suivant, en tentant d'en relever les contradictions littérales, tout en admettant au passage l'évidente invraisemblance que l'islam puisse accepter d'autre religions que lui, ce dont on se doutait... L'astuce mise en avant, particulièrement retorse, consiste à dire qu'il n'y a pas de "contrainte" (au sens mécanique) au sujet non pas de la religion, mais de la "foi"; ce qui laisse libre d'être un mécréant, donc d'être susceptible d'encourir le feu de l'enfer. Il n'y a pas de liberté sans responsabilité. 

    On a là un foutage de gueule de deuxième niveau, qui se permet de différencier foi et religiosité avec talent, tout en rappelant les fondamentaux historiques (la volonté de domination musulmane fut gênée par le verset, au point de vouloir l'abroger) et les fondamentaux spirituels: l'islam reste implacable avec les mécréants mis au courant de la révélation, ce qui était bien ce qu'on voulait dire. 

    Et pourtant

    Il y a pourtant dans la personnalité de l'imam une bonne volonté absolue, qui est celle du converti persuadé de voir l'indicible et dont le devoir est de transmettre bien plus que des paroles, une certitude surnaturelle qui n'a pas d'équivalents. Au point que les pires mensonges et les pires dénis peuvent être exprimés "pour la bonne cause". Le problème de cette naïveté étant qu'elle fait le lit de toutes les manipulations de toutes les autorités intéressées. 

    Instrumentalisés par de sombres philosophes italiens, les curés de la fin du siècle qui se roulèrent dans la foi suprêmement autoritaire de la fin du XIX ème siècle, avant de présider impuissants à la montée de la gauche et à l'effondrement actuel, dont on se demande d'où il vient, ces pauvres curés avaient bien du mérite pourtant et bien des convictions. Mais pas tous, et ils avaient en face leur égaux, et leurs frères: une société a évolué. 

    Que dire à cet imam qui ne m'est rien et dont les références sectaires sont celles d'un tiers monde que mes ancêtres on combattus, puis soumis, et dont toute ma culture ne peut que mépriser et les références et la foi naïve que je considère comme sortie de l'histoire ? Bien sur, il me faut pour connaitre mon époque réaliser en assistant à ses prêches l'incroyable distance qu'il peut y avoir entre les hommes, et qu'à dix kilomètres près, le plus obscur moyen âge a pignon sur rue. Plus que jamais côtoyer en direct ces personnes et leur discours ne peut que fragmenter la société. Il faudrait interdire youtube et l'internet. Ou pas. Qui s'informe comprends. 

    Pour finir

    On se finira alors par une expression de dégout absolu de tout cela. Défense et défense de deuxième rang, interprétation alambiquée, mensongère ou idéaliste, interprétation littérale finalement encore plus cruelle: tout ici tourne autour de l'agrément que l'on doit obtenir d'une idole moyen orientale à la bouche puante, acharnée à réclamer l'obéissance absolue. Qu'une civilisation entière ait pu tomber dans le fantasme schizophrène d'acquérir la toute puissance mystique par la soumission mystique absolue, en fait celle de ces esclaves devenus maitres, celle de ces eunuques devenus vizir, de ces orphelins captifs devenus guerriers est terrifiant.

    Nos ennemis historiques sont dominés et martyrisés par une plaie bigote infâme à dénoncer et à détester absolument.

    Et pourtant

    Le fouteur de gueule critiqué plus haut (2) est pourtant porteur d'une compréhension du sens littéral du Coran qui nous avait réjoui. Elle est en fait profonde et élaborée et la thèse sur laquelle s'appuie la chose (5) introduit à l'herméneutique moderne, porteuse de l'infinité des interprétations tant destructrice pour notre modernité. Le lascar et son sens littéral directement issu de Dieu n'est il pas un ambitieux intellectuel, et l'objet G directement bavard, protégé par le littéral strict des interprétations islamistes et de tout cet "islam" que nous détestons tant ? 

    Bel idéal et coup magnifique en principe, mais soumis sans doute à bien des difficultés (6). 

    On dira donc que c'est l'hanbalisme (ce qui ferma l'interprétation) qui bien au contraire, expliqua qu'il n'y a QUE l'interprétation  qui soit possible, le "littéralisme" enfermant le texte dans le carcan des autorités savantes au nom d'une meilleure fidélité. Le "littéral" du monsieur est donc le vrai et il se permet de séparer le Coran de l'islam. Très fort. 

    Mais il y a mieux, et l'homme (l'A. comme on dit) a d'autres choses à dire. D'abord que le Coran serait indépendant de l'islam et introduit à une réflexion sur la foi originale. Il suggérerait que l'homme dispose d'une foi naturelle, ontologique, qui lui permet de ne pas (notez la négation) ignorer Dieu, et donc (cela serait le sens du "nulle contrainte en religion") d'avoir la liberté de développer une foi personnelle, celle en l'unicité de Dieu, caractère essentiel de la foi -non religieuse-. Cette idée de la séparation foi/religion, évidemment moderne est la thèse du monsieur.

    On en vient alors à d'autres versets progressistes du Coran, dont le fameux 5.48, "Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait une seule communauté de croyants etc". La pluralité des religions est dans le Coran, noir sur blanc. 

    Pourtant, suivant ma méthode de l'exploration de la contiguité, je remarque que dans 5.49, on parle bien de ce qui arrive à ceux qui refusent le jugement révélé (le feu éternel). Libéral mais ferme, le créateur de l'univers, du moment que cela ne s'applique qu'au spirituel, on peut le comprendre. Car c'est cela l'argument: la description de l'enfer des catholiques (une souffrance liée à la privation, et non pas un châtiment corporel sadique infligé avec cruauté et barbarie) a sans doute bien des parentés avec celle ci, sauf que là on a bien de manière littérale une évocation de la chose, et par Dieu lui même: faut il le mettre en doute pour croire? 

    On arrive alors à la communauté de la foi, au delà du religieux proprement dit et on introduit la notion de "voie" (shira) à ne pas confondre avec la loi (sharia). On élabore une notion de salut non exclusif et dans une veine soufi, on établi le Coran au delà des différents monothéismes et en deçà de la religion islam, une simple interprétation possible. Au passage, on considère (furtivement) le soufisme comme l'une d'entre elles.  

    Belle synthèse qui fait fi de l'histoire, passée et présente, et qui oublie hélas le caractère non monothéiste d'une des religions du livre, en l'occurence le christianisme qui rompt clairement avec l'unité transcendante du Dieu du Coran en affirmant la divinité qui plus est éternelle d'un homme. Point de synchrétisme avec cet autre Dieu, car il en est un autre, jamais cela ne fut plus clair. On se distinguera d'autre part d'une troisième larron, lui aussi assez différent, car intermédiaire et revendiqué de fait par les deux et aussi attaché surtout à un peuple, et  qui n'est pas celui du messager d'où bien des problèmes. Bref, le coran nous parle d'un lieu unique, lui aussi, hélas il me semble. 

    D'autre part, même si ce n'est pas la révérence à l'islam comme religion qui entraine les effroyables châtiments mentionnés par le merveilleux Coran, mais simplement le rejet de la foi originelle, cela ne change en fait strictement rien à l'effroyable cruauté du dieu jaloux dont le Coran est l'expression. Littérale ou interprétée, la barbarie de la menace ne tient pas la rampe face à la gentillesse du dieu chrétien acharné à sauver tous les hommes. Celui ci a même dans sa version calviniste le bon gout de ne pas du tout s'intéresser aux mérites au point de rester une conception qu'on le veuille ou non très supérieure à celle du jaloux miséricordieux, essentiellement acharné à jouer le rôle du diable avec son feu brulant dont il ne se lasse pas d'évoquer les douleurs qu'il cause si on a le culot de lui désobéir. 

    Provocateur en chambre et blasphémateur mystique, je me dois de dire les yeux dans les yeux à l'idole musulmane que je la conchie à la hauteur de la connaissance que j'ai d'elle, ce qui me promet un sort malheureux, mais qu'elle vienne me chercher elle même. Je prie tous les objets G du monde pour qu'elle soit oubliée des hommes à qui elle ne sert de rien. En attendant, on l'étudiera pour ce qu'elle est: inutile, cruelle et grandiose. 

     

     

    (1) Prêche de l'imam de Gonesse https://www.youtube.com/watch?v=5ywfiPtnTiE

    (2) https://www.alajami.fr/index.php/2018/12/13/nulle-contrainte-en-religion/#_ednref12

    (3) Le coran http://islam.faq.free.fr/livres/coran/index.htm#toc

    (4) le sabre https://www.thisissparta.eu/2017/11/22/apres-que-les-mois-sacres-expirent-tuez-les/

    (5) La thèse de Moreno https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01556492/document

    (6) Litteral et litteralisme http://www.alajami.fr/index.php/2018/01/21/sens-litteral-et-litteralisme/

  • les oedipes

    En ce jour de manif contre le décidé, le plié, l'inéluctable, le sanctifié et l'absolument certain, la question de l'insémination post mortem étant cependant encore en balance mais pas pour longtemps, on va donc se livrer à l'exercice de son jugement propre. Les conclusions sont sans appel: notre monde dérive dans la choucroute, mais cela ne changera pas grand chose, on le savait depuis longtemps. 

    Une simple phrase, qui évoque le théologique: "déjà quand il y avait un père, ça donnait ça, alors quand il n'y en a pas... ". 

    Une vieille audition en fait foi, la conclusion étant saisissante et illustrative (1). 

    Il est assez étonnant de voir certaines personnes en capacité de dire en peu de mots des choses très intéressantes, tout à fait informatives et "nouvelles" dans le sens que malgré une connaissance globale d'un sujet, on peut se retrouver tout à fait novice sur ce même sujet et s'y voir donner des leçons, ici assez magistrales. 

    L'audition 

    On résumera d'abord le point du monsieur expliqué là.

    D'abord que la question du mariage pour tous (ce dont on parlait en 2013) EST la question de la PMA et de la GPA. De la même manière qu'en 99 on parlait des mêmes sujets, les engagements sur l'honneur à ne pas aller plus loin étant bien sur (au point qu'on n'en tient même plus compte) de la guimauve hypocrite au mauvais gout accepté. Autant le dire virilement c'est fait, on avait glosé sur la chose en évoquant les divers clystères à cran qui illustrent le concept, mais ce n'est même plus la peine. Les sénateurs hochent la tête et se préparent à l'avenir. Nous y sommes, le rythme de l'empapaoutage est de tous les cinq ans. On rappellera donc en tordant le nez, et en réprimant un haut le coeur, tout en assumant un renvoi, l'attitude hautaine des détracteurs du Pacs en 1999 (par exemple la sociologue spécialiste "des familles" Irène Théry), maintenant totalement convertie en éloge de la GPA comme mode de vie à recommander. 

    Ensuite que l'adoption et toutes les variantes de familles sans père sans mère etc ont toujours posé des problèmes et des problèmes gravissimes et destructeurs. Or l'argument décisif dans toutes les élaborations législatives est de partir de ces situations, précisément, pour rendre leur équivalents légiférés anodins, similaires et acceptables, voire mieux encadrés, voire souhaitables, on va y revenir. C'est précisément contre cette conceptualisation là que s'élève Winter en rappelant que pour la psychanalyse, la question du bon père, ou même de l'éducation ne se pose pas vraiment, l'essentiel étant d'avoir un père point final. L'accident devient règle, devient loi et c'est le problème: on a bien suppression par la loi d'un cadre "psychique", ou du moins, là c'est moi qui me lance, l'abandon par la loi civile, ce qui restait de la loi religieuse ancienne, de la législation symbolique de la filiation. 

    Cet abandon est le fond de l'histoire et rend finalement la chose acceptable une fois le principe du financement par la collectivité des petites manies de ces minorités avalé. On s'en fout complètement et on peut faire ce qu'on veut, la société n'ayant pas à se préoccuper du tout des modalités de sa reproduction et de toutes façons, cette collectivité n'existe pas (les nations c'est la guerre), et mieux on va la remplacer, son rythme de reproduction, même forcé à la louche restant trop faible. 

    On a pu gloser sur le complot lesbien et féministe pour s'approprier le phallus et régner au nom du collage de timbres sur un monde débarrassé de la violence masculine: il s'agit en fait d'un laisser aller ou d'une forclusion. La loi ne veut plus s'occuper de tout ça, et c'est le choix délibéré de la société actuelle, unanime et non questionné, essentiellement lassé de se faire traiter d'homophobe ou de cul serré, tout ça c'est pareil. 

    Et bien c'est tout le mérite de Winter de "faire question" de cette chose. 

    Au passage, il nous réconcilie avec le psychanalysme, et il est réjouissant de voir le gauchisme de mon adolescence qui transverbérait l'autorité au nom de Freud devenir réac et partisan du symbolique autoritaire nécessaire à tous crin face à ce qu'il a suscité... 

    Bon, Winter nous dit que Freud a découvert non pas l'inconscient (il est vrai que cette stupidité n'est plus du tout à la mode), mais la "réalité psychique". Autre forme de l'affirmation de sa découverte, en fait, du "conscient", cette manière de décrire l'originalité de Freud est tout à fait intéressante et explique bien le pouvoir de la psychanalyse et de fait de ses successeurs: il y aurait donc une "réalité" psychique au delà de la simple volonté. On appelait ça avant la "psychologie" mais bon, une certaine autonomie de la personne existe, au delà ou plutôt en deça de sa simple individualité.

    Le rappel de la néothénie humaine, c'est à dire de l'existence de l'humain comme infra sujet, pendant sa petite enfance, voire sa vie de jeune adulte (...) (on ne parle pas de son gâtisme à la fin de sa vie) conforte la position: l'humain est changeant et maintient son humanité dans ses différents états. C'est effectivement le rôle des civilisations et des cultures que de marquer ces périodes et de leur donner des statuts, et bien sur des protections, les variétés successives de ces réalités psychiques influant les unes sur les autres, je dirais bien sur. 

    On passe au dur, et à l'évident: Levi Strauss n'est toujours pas contredit par l'évidence qu'il assène: aucune société ne pratique l'indifférenciation des sexes. Ah si ! La notre: c'est son projet essentiel. 

    On rappelle donc l'oedipe, un pont aux ânes qui se définit en gros par la renonciation (nécessaire) à son désir premier, seul moyen d'avoir un avenir. Cette loi qui n'en est pas une car elle s'adresse à un non sujet (l'infans, parangon du celui qui en dénué) est au dessus des lois: prohibition de l'inceste, les anthropo-psychanalystes en font tout un fromage et celui ci me semble bien pourri, en tout cas trop puant pour continuer à séduire. 

    Un deuxième élément proprement psychanalytique est la question de l'éducation. En fait, l'éducation n'a pas d'importance, c'est le grand truc de Freud: "Madame (sous entendu, pauvre conne hystérique maniaque) faites ce que vous voulez avec votre bambin, cela n'a pas d'importance". De fait, la question du "bon" père, comme indiqué plus haut ne se pose pas du tout non plus, son rôle éducatif est nul, l'essentiel étant d'en avoir un. La leçon a bien sur été retenue par la pelouse qui en a tiré toutes les conclusions possibles. De manière générale, c'est donc toute la question de la "construction" qui se pose alors. Non pas celle des enfants, bien sur, on s'en tape, mais du concept de construction de tout, d'ailleurs affirmé par les psy: la filiation est construite. 

    Pour finir, la question de la sexualité enfantine, qui ne peut ni ne doit se ramener à la sexualité adulte sans être atrocement traumatisante. Que dire à l'enfant à tendances fragile et hésitant dans un monde compréhensif ? Pourquoi faire l'amour quand on en a pas d'enfants (question comme un autre d'un gamin déluré) ? 

    Pour finir encore mieux, un écart vers le "symbolique". Il s'agit de l'accord entre les mots et la réalité, et donc quelque part entre le fantasmé et le réel. On est là dans les spéculations sur le social institué et sur ce qu'il fait aux hommes, sur sa nécessité, ou pas. Car la société, ce n'est que du social. 

    Et enfin, le monsieur dénonce le complot contre les pères de la société actuelle. Il le verrait en consultation. 

    La filiation

    Il y a donc 3 filiations: psychique, juridique, biologique. Dans le cas des naissance "complexes", la question est de vivre et de maitriser la dissociation entre la filiation biologique et la filiation psychique. Domaine d'études psy, on peut se prendre à sourire quand aux "explications" variées qui règnent ici, il montre surtout que toutes les combinaisons sont possibles, tous les délires et semi fantasmes, toutes les gymnastiques du monde "psychique" (on on n'en niera pas ici la réalité). Les fantasmes enfantins, adolescents et ceux des adultes névrosés, tous en interaction déjà sans que les psychotiques de service s'y mettent aussi, redoublent leurs tempétueuses "folies". C'est humain. 

    On glosera sur les tests ADN infligés à des cadavres (toutes les stars y ont droit, on attend le fils caché de Chirac), on plaisantera sur le fils de Louis XVI, mais la question est que la technique se joint maintenant à la partie fantasmatique de la filiation, rattachement à l'espèce, au passé, que dis je aux bactéries primordiales, voire aux météorites porteuses d'une vie essentielle, bref à tout ce qui nous fait être non-humains et donc plus qu'humains. On verra que la naissance technicisée, c'est aussi du transhumanisme. 

    Et puis il y a bien sur l'immigration. La grande absente du débat, mais dont un article récent (4) montre le lien avec la question de la filiation. Adoption d'un étranger, ou rejet de celui ci (il y a l'argument de la PMA comme permettant de se passer de l'immigration, la technique qualitative se projetant dans le quantitatif, son cout étant bien sur considéré négligeable), on évoquera le diablotin de Rosemary's baby, bien sur image de la chose, comme de juste. 

    Moi aussi j'ai droit à mes petits fantasmes et ce ne sont pas tout à fait seulement les miens. Au fait, il y a des rejets psychiques par certaines mères de l'être qui grandit en elle, mettez vous à sa place. Plus les fantasmes divers, plus les injections variées, plus le rôle des tiers, le grand injecteur se déclinant en la figure du patron du service, grave, poilu et vu à la télé, et l'infirmier black et costaud qui tenait la pipette. Que du bonheur. 

    Bref, autant en rajouter, avec un peu de bonne techno, ça donne du piquant. On pense à ces godemichets géants, branchés sur des moteurs, filmés par "sex machine" et qui testent la maturités physique et sexuelles d'aventurières délurées au final toujours contentes on dirait. C'est tout ça la filiation, mon enfant. 

    L'oedipe

    On passe alors au coup de grâce, qui se trouve donc asséné aux homosexuels en désir d'enfant: l'oedipe c'est aussi pour les parents. Le fantasme (premier) de la négation du père ou de la mère, au delà de la négation du sexe reste  un fantasme, et c'est cela l'oedipe psy, dans ce qu'il a de réactionnaire, la renonciation à ce fantasme. Ou pas. De fait ce que je pense depuis longtemps: la stérilité est une hystérie et celle des homos définitive et structurelle aussi. Par conséquent, leur problème (pas le mien) est de faire leur deuil de cette impossibilité. S'il n'y arrivent pas et cherchent à s'en affranchir et bien ce sont des branques méprisables et je les conchie. Le mépris et le dégout, c'est celui de la connerie et de la prétention, et je le leur rend bien. Point final.

    L'absence de force mentale, de propreté sur soi et de bon sens qui conduit à accepter les lamentables pratiques dégueulasses de la conception artificielle à grands coups de main éponge et autres ignobles injections de sperme de chimpanzé est une faiblesse de civilisation et conduit à produire des débiles et des délinquants, au mieux des pauvres chiffonnés à la naissance avec une couille en moins ou en plus. Quand à ceux qui naissent dans une ambiance normale, et bien il leur faudra subir le lavage de cerveaux des pro-gouines qui n'auront de cesse que de traiter leur père d'assassin, de violeur et de sale blanc. 

    A partir de là, l'école publique, les compétitions sportives, les enterrements de victime du terrorisme et le défilé du 14 Juillet deviennent interdits, car contaminants. Je suis devenu salafiste, ou témoin de Jéhovah, ce monde est trop pourri et trop con pour y vivre en public. Honte à vous. 

    Les conséquences

    On évoque la larme à l'oeil les épouvantables conneries qui se mitonnent dans les foyers lesbiens. Celui là est authentique: "tu n'as pas de papa, tu as deux mamans et tu es né parce qu'on s'aimait très fort. "

    Quand on pense aux cigognes, le charmant prétexte de nos enfances, on frémit, notre monde est un monde de monstres, de freaks, de queers. Et bien sur ils font des enfants, "parce qu'ils s'ennuient" disaient un couple candidat adoptant. L'ennui est père (...) de tous les vices. 

    On va essayer de faire court: il semble bien que tous les professionnels, déjà effarés par la jungle hétérosexuelle pourtant normée par toute l'histoire de l'humanité, sont très inquiets de la fragilisation qu'on lui surajoute.

    En même temps, ça leur fera des clients et on peut dire déjà que la psychiatrisation de l'enfance a des beaux jours devant elle. Les discussions (2) sur l'agrément aux adoptions ou aux PMA pour femmes seules (accompagnées cuir, ou pas) avec certifs sympas pour aller en Tchéquie sont déjà assez réjouissantes. 

    Les avortements demandés après des années d'échecs de PMA, et l'incroyable complexité des rapports mère enfant, père mère et père enfant qui remplissent les consultations sans parler des prisons est déjà préoccupante dans un monde en explosion ou la fragilité mentale et sociale se paye déjà cash. On va commencer par l'adoption. Elle est en échec grave dans un nombre incroyable de cas et concerne tout le monde, les parents en échec incrédules et impuissants devant la rage du gros haïtien haineux (il était si mignon bébé) qui les hait de toutes ses forces, les familles ravagées par des jalousies effroyables dans tous les sens, les enfants perdus arrachés à leurs arbres et traités plutôt mal par les sociétés plutôt tolérantes qui les ont achetés comme jouets ou médicaments. 

    On passe à la PMA. Aucune étude sur la question, les pratiques occidentales de cette folie absurde n'ayant pas intéressé les cliniciens qui se sont contenté de faire dire aux médias tétanisés par la peur d'être homophobe que tout va bien. Au contraire ! Comme le reprend le rapporteur de la loi de bio-éthique (l'expression ne s'invente pas) en charge de faire le sociétal de Macron, Jean Louis Touraine (le franc mac partisan de la PMA pour les transgenres, chut, c'est pour après), le désir exceptionnel d'enfant que manifestent ces parents là est un gage de bonne éducation et de choyage aggravé.

    Pas du tout, disent les psychiatres en urinant dans l'instrument à cordes: au contraire, même, l'infertilité (inexpliquée, à distinguer de la stérilité biologique) est partiellement psychologique et se trouve être une souffrance à compenser, le fameux désir, partiellement pathologique ou cachant des problèmes, étant une souffrance, et donc une pathologie qui ne peut que se traduire sur le bambin, ce qu'on observe plus fréquemment que quand pas, d'ailleurs. 

    En parlant de souffrance, le remède au défaut de père, la mise à disposition des origines, rendue indispensable, est en fait un état de l'incapacité souffrante d'accepter la filiation non biologique. Alors que dans les cas ordinaires, une petite minorité se lance dans cette recherche (élevés dans une famille "normale", cela ne les préoccupe pas outre mesure), la demande de la "véritable" filiation sera explosive et consacrera cette souffrance. A moins qu'elle n'est d'objet que de persuader davantage l'enfant des deux mamans que l'ignoble bite qui l'a pissé n'est que celle d'un alcoolique dégénéré qui s'est branlé pour de l'argent. 

    C'est ce que l'on constate, d'ailleurs, les petits pma-istes consultant bien plus que les autres.  

    Au passage, une polémique sur le terme d'"expérimentation". Alors qu'il n'y a tout simplement pas d'études cliniques sur les personnes issues de PMA qu'on accorde pourtant depuis vingt ans dans toute l'Europe globalisée, on proclame à tort qu'il n'y a pas de problèmes. De fait, la société du principe de précaution, celle qui exige des centrales nucléaires des émissions de radiations inférieures à celle des granits bretons, se lance dans une expérience d'eugénisme à grande échelle les yeux fermés. Ca tombe bien, cette même Europe, celle qui organisa un génocide il y a 80 ans, n'aime plus les enfants, n'en fait plus et ne considère leur rôle que comme fétiche à gouines, les seules être immatures et revendicateurs dont les fantasmes doivent être satisfaits immédiatement, oedipe oblige. 

    Le résultat sur les psychismes autonomes et inventifs des rejetons de ces délires devraient être gratinés. A part les créativités variées qu'on accorde aux hors normes aimants, tous les connaisseurs de l'humanité s'accordent pour accorder aux victimes (le mot est fort mais on peut le revendiquer) de ces expériences de chtarbées un fort pourcentage de ratés sévères dans le sens de troubles variés, tout le monde n'est pas solide et les meilleures mères se font parfois cracher dessus. En tout cas, les échecs de filiation du aux techniques seront à la hauteur des adoptions, voire très supérieurs. Sans parler de la transmission de son sentiment d'étrangeté à la deuxième génération: fils et petit fils de branleurs, le résidu de fond de capote de mon enfance innocente va passer à la puissance dix. 

    Heureusement une éducation nationale énergique est prévue. La prise en charge dés la maternelle des moqueries enfantines par les associations de qui vous savez devraient pallier le désastre pour les poly traumatisés des désirs d'enfants. Bonne chance à l'éducation sexuelle, qui sera l'éducation à la présence de l'homosexualité: les 10 % de la pratique justifiant une visibilité permanente et structurante, on ne voudrait pas rater une conversion pour rien au monde.

    Et puis, autant le dire, l'humain est essentiellement bi sexuel, quel serait le problème de généraliser, cela se fait dans certaines sociétés, des pratiques non genrées des jouissances génésiques ?  Sait on toujours qui on sodomise? Le supra humain sera tolérant, c'est moi qui vous le dit, et l'homosexualité a bien des visages, la ridicule et démoralisante pratique des déguisements (robes de mariées, alliances) et des imitations des poncifs hétéros pouvant n'avoir qu'un temps. Dans bien des cas, la pratique sexuelle libre, la généralisation des alliances multiples (40 % de divorces, on y est, et cela chez les hétéros, chez les homos...) au cours de la vie pouvant aller jusqu'à toutes les généralisations possibles. Viva la liberta.

    Sauf que pour l'instant, cette liberté (encore embryonnaire) est d'abord cause de souffrances. Chez les hétéros pour commencer: les enfants du divorce, trop nombreux dégustent. Bien plus que les autres, et cela bien sur: les gardes partagées, les disputes, les incroyables accusations et reproches que se jettent à la tête les couples désunis ont toujours ravagés les mémoires et les sentiments. Qui n'en veut des ces couples "harmonieusement désunis" (tu parles) qui couchent à droite à gauche, qui délirent sur LEUR bonheur (celui de leurs enfants y étant forcément assujetti, bien sur) en permanence ? 

    Conséquences pratiques

    En parlant d'argent, la loi consacrant un droit va immédiatement devoir faire face à la pénurie. 300 donneurs de sperme par an pour 6000 utérus assoiffés: une belle source de revenus pour les branleurs, j'aimerai en être. Ca plus les ovocytes (ça vaut la peau du cul ces trucs là, vu le délicat de l'opération, 10% de pertes) cela fait un nouveau secteur économique pour la startup nation. 

    Mais il y a plus drôle. L'obligation de foutre en l'air (et oui, et ça en fait des litres, depuis la toute première loi de "bio éthique") tout le sperme jusque là conservé, car ayant été produit anonymement. Le problème est réel, la bonne Buzyn s'en inquiète. A moins qu'il ne faille retrouver un à un, éjaculat par éjaculat tous les branlos pour leur faire signer leur autorisation à se faire visiter par un chtarbé délirant furieux de ce qu'on lui a fait bébé. Un holocauste de matière grise ! 

    Mais il n'y a pas que ça. "La société est prête" dit Agnes Buzyn. Tu parles: toute la pelouse s'engueule sur les accessoires, les discours et les lois secondes. Car il faut bien comprendre que ce tas de chtarbées, partouzant proche du but dans une monstrueuse bacchanale (ah la belle expression) en éruption, exulte de son exhaltation folledingue en se déchirant de toutes les manières possibles. On craint pour la vie d'Agnes Buzyn, menacée de mort pour une expression maladroite. 

    Des milliers d'amendements, des doctes considérations sur ce qu'on fait des embryons issus de la généralisation de leur production dans tous sens, et cela des nuits entières, soulève le coeur. Tout simplement: les références aux lois allemandes nous réjouissent, on ne sait plus trop lesquelles, mais le pays de la mort nous fait envie. 

    Une société entière se chie dessus en acceptant de verser dans les fantasme délirants de connasses qu'on devrait fouetter et bourrer de médocs pour qu'elles nous foutent la paix, voilà ce que je comprends de la situation. En fait c'est comme l'éolien. Des spécialistes du sujet se succèdent à l'assemblée pour expliquer en détails les absurdités et les risques insensés de la loi pour laquelle on les consulte. Leur expérience, leur bon sens, leur pratique sont exposées calmement et sont consultables facilement sur l'internet. Interrogés calmement par les décideurs qui consultent gravement les violons remplis de pisse et décident donc de faire le contraire de ce qu'on leur recommande, c'est la démocratie.

    "Ce sont les députés qui font les lois, pas les ministres", nous assène le franc mac gluant qui préside à la puante et ridicule cérémonie majoritaire dédiée au dieu Macron à l'écart du monde. Un grand merci aux enculés et aux connards qui ont mis ces débiles abrutis à l'Assemblée nationale, c'est la démocratie et il y a un putain de problème.

    Un jour viendront des dirigeants qui prendront toutes ces lois et d'un coup d'un seul les abrogeront en riant. Je déclare nulle les lois xxxxxxx. La séance est levée. Libérez les bébés. 

    En attendant, les clivages sociétaux s'accentuent. D'abord on commence par rejeter cette horrible prise en charge par la société de l'intime. Plus d'intime, c'est à dire plus d'enfants. Comme ça on est moins emmerdé. On pense aux femmes d'abord, médicalisées à outrance et qu'on ausculte du sein à la vulve en permanence. Certaines sportives pourraient en avoir marre et voudraient une vie plus "naturelle", dont l'enfant technicisé est exclu. On pense aux hommes, qui pourraient ne plus être attendris par les folies des parturientes et leur désirs d'enfant pathologiques; au point de vouloir sélectionner les sportives citées plus haut, voire à exiger des comportement "éthiques" à mille lieux des sentiers battus. On va en inventer des cérémonies de mariage bizarres dans les années à venir ! 

    Et puis bien sur il y a les traditionalistes: l'immigration c'est sur est séduite par les modes de vies bobos. Au point de se fournir au bled exclusivement (la brousse éduque mieux) et de pratiquer l'excision en Europe même là dis donc (des milliers de petites filles sont concernées, cela devient un problème comme en Afrique, l'éducation nationale vous dis je), sans parler des voiles etc, signes d'abord du refus de la "modernité". On les comprends, par ailleurs... 

    Quelques cathos, les fameux culs serrés homophobes semi fascistes défilent certains dimanches avec leur drapeau montrant un couple avec deux enfants... Des blancs, minoritaires parmi les chrétiens, eux majoritairement tolérants. 

    Le futur

    On conclura par ce qui nous attend en fait. Toute réalité a son point de fuite, et le transhumanisme tapi dans l'ombre parle, il suffit de l'entendre: trié pour ne pas rater la fécondation, l'embryon sélectionné sera immune et éternel, c'est le seul moyen: pas de trisomique dans la balance, ni de mucoviscidose d'ailleurs. On se souvient du conflit entre Pierre Bergé et le téléthon: le mépris était bien sur au sujet d'un gaspillage, pourquoi diable se faire chier à soigner une maladie qu'on peut éliminer par triage, l'argent se devant d'être consacré à la lutte contre l'homophobie, source de mortalité bien plus grave ? 

    Ainsi donc le fils du gazon n'est pas maudit bien au contraire: il est notre futur immortel. Les femelles encore fantasmatiquement rattachées à la bite (une espèce en voie de disparition, à sélectionner) l'ont pratiquement réalisé et les ovocytes se congèlent plafond de verre oblige, mais pas que. Dés qu'on se rendra compte (c'est d'ailleurs fait) que les grossesses tardives sont bien plus pathologiques, ces bon vieux ovocytes pourront être transférés dans des blacks misérables excisées, il y a de l'épigénétisme dont il faut profiter, et puis nos amis les hommes en profiteront aussi, les ovocytes sur étagère c'est pas pour les chiens, on les achètera aux pauvres blanches, il y en a chez les gilets jaunes. 

    Au passage, déferlement de technique, de bonne santé et de filiation technicisée à gérer, mais vous savez, il y aura AUSSI des médocs pour ça. L'investissement est énorme, mais c'est un droit, et puis en démocratie, on peut voter pour faire emprunter son pays sans limites, les taux d'intérêts sont négatifs et le droit à, ça se respecte. 

     

    P.S. Un slogan en pochoir dans les rue de Paris: "une paire de mères c'est mieux qu'un père de merde". Le contraire exact de la revendication psy: bien trouvé mais hélas absolument contraire à ce qu'est l'humain. Rendez nous oedipe, notre père de merde!

     

    P.S. Pour conclure, le dernier acte n'arrivera qu'après, mais c'est tout de même une conclusion: la GPA (pratique interdite en France) faite à l'étranger n'empêche aucunement de régulariser en France l'identité (il s'agit bien de ça) du rejeton, que ses parents soient hommes, femmes, ou n'importe quoi d'autre dans les limites de la bienséance (5).

    On a donc effectivement abandon complet par la loi de toute symbolisation de la filiation et de l'existence, la totalité des droits concernant ces sujets étant maintenant exclusivement sociaux, ça tombe bien on les a étendu aussi aux étrangers.

    Paradoxalement, la destruction de toute attitude meurtrissante aux mesures prises par la collectivité, cela au nom d'une forme de respect humain, consacre l'absolu mépris que l'on peut maintenant éprouver pour tous les bénéficiaires de ces gaspillages. Ils ne nous sont d'autant plus rien que leur sort est lié au collectif, désormais exclusivement misérabiliste, et oublieux de toute vraie justice. Allez vous faire foutre. 

    (1) Audition de 2013 Jean Pierre Winter au Sénat https://www.youtube.com/watch?v=P09biFg6DQ4

    (2) Audition 2018 Levy Soussan http://videos.assemblee-nationale.fr/video.6893197_5be2925c72bcb.revision-de-la-loi-relative-a-la-bioethique--auditions-diverses-7-novembre-2018

    (3) Guyotat : https://www.cairn.info/revue-dialogue-2005-2-page-15.htm

    (4) immigration et adoption https://www.nonfiction.fr/article-10046-une-psychologie-de-limmigration.htm

     

    (5) https://www.lefigaro.fr/actualite-france/gpa-et-parent-d-intention-la-cour-de-cassation-etend-sa-jurisprudence-aux-couples-homosexuels-20191219

  • Les calculs kantikes

    Au hasard des défis, celui d'expliquer le kantike est tentant. 

    Quel calcul? Et comment kil est puissant ? 

    QBIT 

    On partira donc d'un "qbit", nom affolant évoquant l'intrication je vous dis pas. 

    Son état final est 0 ou 1 comme de juste, mais il se calcule pas comme ça: il est en fait dans un état 

    qb = a*Zéro + b *Un = (a,b)  avec bien sur a^2 + b^2 = 1. Ce sont des probabilités. 

    En fait un qbit qui n'est pas DEJA Zéro ou Un, va évoluer comme un grand vers l'un ou l'autre, (Zéro ou UN) avec la probabilité a^2 ou b^2. Bien sur les deux probabilités sont liées (leur somme fait un). 

    Un point important, généralement passé sous silence et pour cause, il est troublant et se trouve être l'essence véritable du quantique, sa caractéristique première, son absolue bizarrerie: les coefficients "a" et "b" sont (bien sur) des nombres complexes... 

    Le qbit n'est donc pas un cercle mais une sphère, la sphère dite de "Bloch", l'oscillation entre les deux états opposés, les deux pôles de la sphère (1 et 0), se faisant en passant par les points de la surface de la sphère. 

    spherebloch.jpg

    Heureusement, le complexe peut ne pas être imaginaire (toujours), et le coefficient se réduire à un nombre ordinaire: cela devrait suffire à notre intuition bornée, ouf. Mais tout de même... 

     

    Calculer 

    Le calcul kantike consiste donc à: 

    - préparer des qbits, comme des couples (a,b)

    - leur appliquer des transformations variées qui les transforment en (a',b')

    - mesurer a' (et/ou b') en regardant les qbits se transformer. 

     

    Les transformations 

    1) Par exemple, on sait faire des transformations sur un qbit comme le "NOT" qui comme de juste, échange le Un et le Zéro: 

    NOT (a,b) = (b,a)   

    2) On sait faire aussi une opération trés "transistor", le "non contrôlé" (en fait il s'agit d'une négation contrôlée, au contraire), qui ne fait le non que quand il faut (un vrai rêve). On a donc un Qbit de contrôle et un Qbit de valeur. 

    On les accouple et hop ils se transforment ! En fait dans le résultat, la valeur du deuxième va dépendre de celle du premier. En gros, si le premier vaut zéro, on reste comme on est, sinon on s'inverse. 

    cNOT (0 0/1) = (0, 0/1) : pas de changement 

    cNOT (1, 0/1) = (1, 1/0) : on inverse.

     

    3) On sait aussi faire le Hadamard, dit H (grand hache), et qui fait: 

    (On note V2 racine de 2)

    H 1 0  = 1 1  /V2 

    H 0 1 = 1 -1  /V2

    Comme le kantike c'est linéaire, on remarque que H o H est l'identité: 

    H a b = (a a) + (b -b) = (a+b) (a-b)  / V2

    H H a b = 2a 2b / V2 / V2 = a b 

    H se représente bien sur par une matrice: 

    1 1

    1 -1 

     

    4) Il y en a plein d'autres... 

    Notons que ces "calculs" sont réversibles, c'est à dire que comme il ne peuvent être réalisés que par des opérations physiques par définition réversibles, et bien ils ne peuvent pas être destructifs... Pas moyen de mettre un Qbit à zéro complètement. 

    On montre qu'on peut quand même faire de l'algorithmique réversible, par ailleurs.

    Plusieurs Qbits 

    Quand on couple les qbits, on obtient des intrications. C'est là qu'on peut exprimer le miracle de la transmission de pensée à distance. 

    Soit le bi-qbit (2 qbits)  ( 00 + 11 ) /V2 

    Alors qu'en toute rigueur un biqbit doit avoir 4 coefficients (2 ^N avec N nombre de qbits) ici on en a pris un un peu spécial. Bon disons que si les deux qbits sont séparés par disons de chez moi à chez vous, et qu'on réduit le système et qu'en plus on obtient zéro, et bien, hop, vous vous aurez zéro. Pareil pour le un. C'est ça la magie du kantike. 

    J'avoue que cette explication, formelle et matheuse m'enchante complètement. J'ai -vraiment- l'impression d'avoir compris l'intrication. Cet état est l'état dit "de Bell". 

    Bien sur les opérations Hadamard et cNOT opèrent sur des états intriqués. On a là l'essence du calcul kantike: plongés dans l'hyperespace de l'intrication,  couplage absolu ensorcelant, on peut hacker et là ça va dépoter. 

    Memoire 

    Y a mieux: un état quantique c'est donc 2^N coefficients complexes pour un système à N qb. Ces coefficients sont "stockés" dans le système qui a donc une capacité mémoire en regard. Le système Sycamore de Google, à 53 qb, a donc une mémoire (un double float fait 8 octets) 8*2^53 = 64 * 10^15 = 64 peta octets. 

    Le parallélisme

    Le caractère parallèle du calcul kantike est difficile à appréhender, mais pas tant que ça. Disons que quand on a N Qbits, on a un état qui se décrit par 2^N vecteurs propres. L'application d'une fonction sur cet état intriqué se trouve en fait utiliser 2^N coefficients qui sont donc opérés en parallèle. Voilà l'accélération. Imaginons 100 Qbits: le degré de parallélisme est exponentiellement supérieur au classique et voilà toute l'histoire... 

     

    Suprématie

    La suprématie quantique, annoncée brièvement en Septembre 2019 sur une page soudainement retirée de la vision publique est évidemment une plaisanterie(3). Mais les gens y travaillent. 

    Le chiffre de 53 Qbits stabilisés est vu comme une limite à franchir (5), et il semble que le premier avion toilé maladroitement et volant comme une chauve souris ivre, ait décollé. 

     

    (1) https://www.intriq.org/uploads/Documents/Activités/Cegep2016/Alexandre%20Blais.pdf

    (2) http://dept-info.labri.fr/~ges/ENSEIGNEMENT/CALCULQ/polycop_calculq.pdf

    (3) https://www.scottaaronson.com/blog/?p=4317

    (4) https://www.industrie-techno.com/article/voici-sycamore-la-puce-de-google-qui-se-targue-d-avoir-demontre-la-suprematie-quantique.57369

     

    (5) https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/ordinateur-quantique-ordinateur-quantique-ibm-conteste-suprematie-quantique-clamee-google-64234/#xtor=EPR-57-[ALERTE]-20191022

  • Les vraiment libres

    Richard_Stallman_-_Fête_de_lHumanité_2014_-_010.jpg

    Lire la suite

  • Les climats

    On a parlé de l'écologisterie, il nous faut parler du climat, qu'en est il? 

    Dans l'océan de conneries glaireuses dont le niveau monte à la vitesse de la lumière au galop, il me semble qu'un discours construit séparé par on ne sait quoi du minable, quoique, se présente dans la sphère publique française. Je veux parler de Jean Marc Jancovici (1). 

    Le programme

    Prolifique auteur de slides au look un peu ringard qu'il présente partout, prof aux mines et communicant convaincu et efficace, il est d'abord, et c'est ce qui fait son attrait un pro-nucléaire convaincu, c'est ce qui fait sa valeur et son prix. Le reste est bien sur écolo à mort, avec le CO2 et tout le toutim, mais son plan pour sauver la planète est au moins contraint par le réel le plus immédiatement accessible et propose donc, et d'abord de: 

    - arrêter les centrales à charbon.

    - développer le nucléaire.

    Hors ces deux affirmations, assertives, obligatoires et imposées, qu'il reprend avec courage, toute discussion sur le climat et ses variantes est nulle et non avenue. Quand on sait et réalise que l'Allemagne de Merkel, le pays le plus développé et le plus riche d'Europe, le pays de Bach et d'Einstein, a fait sous nos yeux exactement le contraire au moment (à partir de 2000) où les chinois commençaient la multiplication par 4 de leur consommation et extraction de charbon(2), on réalise -vraiment- l'ampleur du désastre. Il n'est pas climatique, il est intellectuel et moral, bref absolument humain.

    L'Allemagne, laissée seule par l'impéritie socialiste de la France, s'est lancée à nouveau dans la folie intrinsèque à la race des germains tarés qui l'occupent depuis l'antiquité: la connerie ultra violente aux effets mortels pour le monde entier. L'équivalent en bien pire de la 3ème guerre mondiale que l'on redoutait: la ruine du monde, et l'alliance productiviste avec le Mongol à qui elle vend ses berlines à la réputation surfaite fit la gloire des années 2000. La fin du monde a eu lieu, on les appelait les "Huns" en 14, on sait maintenant pourquoi. Le plus fabuleux est que l'incendie qui va ravager le monde, selon toutes les bonnes mythologies, est allumé. Le fameux réchauffement est d'abord une augmentation considérable de la partie "brulâble" du monde, la montée des océans ne servant que de bordure à une terre brulante du feu total. Les nazis aimaient aussi l'ambiance glaciale des glaciers nordiques en plus des crématoires, ils avaient tort.  

    Cela étant dit, Jeancovici déroule ses chiffres et beaucoup sont très plaisants, et ont le mérite de clarifier bien des choses. 

    Le CO2

    D'abord, les émissions de CO2 et autres gaz à effets de serre dont on sait depuis la moitié du XIX ème siècle qu'elles réchauffent le climat dans un facteur à déterminer (les fabuleuses avancées scientifiques faites depuis n'ayant toujours pas vraiment affiné les prévisions, malgré toutes les vantardises, et puis Arrhénius prévoyait 4 degrés par doublement de CO2 en 1900) sont produites par quoi ? 

    - 20 % le charbon électrique

    - 20 % l'agriculture: le riz en particulier ! 

    - 10 % fioul et gaz électrique

    - 10 % transport 

    - 10 % déforestation 

    - 4 % cimenteries 

    etc. Le reste, (les avions 2%) ne comptant pour rien, ou pas grand chose. 

    Le reste des discussions est assez plaisant, tout ça pour ça ! Non seulement cela valide complètement les affirmations péremptoires assénées plus haut, mais cela ridiculise, invalide et pourrit tout le discours public officiel, exclusivement émis par des cons, des abrutis, des menteurs et des salopards. Qu'ils soient maudits eux et leurs descendants. Angela si tu m'entends, peut tu aller te faire mettre par ton million de syriens achetés à la Turquie? Merci. 

    C'est la faute aux chinois

    Vient bien sur alors mon assertion finale, le reste des remarques brillantes visant surtout à distraire ces dames dans les diners en ville, les anecdotes croustillantes étant nombreuses: la Chine fut responsable entre 90 et 2020 du doublement de la production de CO2 et donc des 5 degrés de plus en moyenne à quoi il va falloir s'habituer, la chose étant bien sur déjà pliée... Aussi simple que cela: riz et charbon voilà tout le drame. 

    On peut bien sur ajouter qu'une attaque nucléaire (héhéà immédiate contre la Chine, qui détruirait ses centrales à charbon et toute son industrie, sans parler de son milliard et demi de vieillissants et inutiles victimes de la plus grande tyrannie du monde parait maintenant indispensable à défaut d'être inéluctable, je ne vois pas bien comment cela finira autrement, de toutes façons. 

    Surtout que le CO2 est persistant, tenace, et à forte inertie. En gros, une fois émis et stocké dans l'atmosphère, il ne s'en détache que très lentement (50 % au bout de cent ans). Ce qu'on y a déjà mis y est pour longtemps, et ce qu'on y met encore plus.

    L'aspect indispensable de l'arrêt immédiat de la scandaleuse existence de la chine et des chinois s'impose donc, et c'est la petite greluche suédoise qui porte plainte contre la France aujourd'hui (3) qui nous le dit. Au passage, l'alliance de la jeunesse dévoyée et fanatique, de la féminité dévergondée délirante, et de la connerie abjecte et irréaliste la plus sinistre, toute incarnée dans ce lapin aux yeux rouges ne peut aboutir qu'à absoudre la Chine et l'Inde, inatteignables car non signataire des traités violés (hi hi) par les accusés. On se réjouit au passage de voir la Turquie enfin condamnée, ou du moins menacée de l'être: la moustache sent. 

    Renouvelable

    Revenons à Jancovici et terminons avec le nucléaire, ou plutôt à son remplaçant, le renouvelable, éolien ou solaire, qui ne fonctionnant pas en permanence, nécessite d'investir AUSSI dans des équipements assurant la totalité de la production nécessaire d'électricité quand nécessaire (la moitié du temps en gros). Le renouvelable ne sert strictement à rien sinon à mettre au repos la moitié du temps des équipements traditionnels conçus pour fonctionner en permanence. Je parlais de folie, de déconnade, de connerie totale: je suis en dessous de la vérité. Jancovici explique tout cela assez clairement mais sans mentionner en rien les nécessaires qualificatifs à attribuer à ses adversaires.  Les gouvernements français veulent consacrer 100 Milliards d'Euros au renouvelable, éolien terrestre et maritime. Pour rien. Nada. Et oui. Les larmes viennent aux yeux, le dégueuli à la gorge. 

    Au fait, vu son cout (équivalent à celui d'une deuxième programme nucléaire) il faut bien évidement arrêter immédiatement la totalité du renouvelable et pendre par les couilles tous les enfoirés qui ont eut le culot de le recommander. Jancovici ne parle jamais hélas des sanctions nécessaires, et il a tort. 

    Energie

    Spécialiste de l'Energie, Jancovici en fait le principe du monde. La définition qu'il en donne ("quantification d'un changement d'état d'un système"), est bien sur compréhensible, mais abstraite. L'énergie est d'abord quelque chose qui se conserve (le mystère s'expliquant par l'entropie, qui dissipe dans le néant l'énergie excédentaire) sans être de la matière, et surtout qui se transforme en s'attachant à des phénomènes physiques disparates lors de transformations naturelles ou pas qu'on assimile ordinairement à du "travail" dont l'unité est homogène à celle de l'énergie, le Joule ou son équivalent le KWh (égal à 3,6 mégajoule, le Joule valant un Watt seconde).

    Le cheval vapeur (75 kg m / s) vaut 750 W environ. 

    On expliquera le monde moderne par la machine. Un litre d'essence produit 10 KWh soit un mois de travail d'une force humaine. Tu m'étonnes qu'on se finisse avec des énergies carbonées partout... Le pétrole ayant remplacé le charbon dans le premier quart du XXème siècle, on se doit de méditer sur la vitesse de ce qui nous arrive... 

    Pensons à ces africains qui vendent des bouteilles d'essence siphonnée on ne sait où au bord des routes... Le nerf de la guerre. 

    En bref, la consommation de pétrole, d'énergie, quoi, est strictement parallèle à l'évolution du PNB du monde. On est là au coeur de la réflexion du bonhomme: pétrole = croissance économique.

    Or ce qui le préoccupe d'abord, c'est la disponibilité de la chose: la quantité de pétrole exploitable est finie. Les 100 millions d'années nécessaires à la constitution du stock sont derrière nous... Il se trouve que cela implique que l'extraction du pétrole va passer par un pic (5), puis diminuer pour tendre vers zéro avec la fin de la consommation du stock. Il se trouve aussi que apparemment, un pic de production est observé depuis la moitié des années 2000. C'est là qu'est la grande angoisse de notre ingénieur: y a plus d'essence. On se trouve alors avec une nécessité de décarboner qui se trouve doublée: ça pue et y en a plus. Plus que ça,  l'homme attribue à ce pic franchi en 2006 les effondrements grecs et espagnols (60% et 45% de pétrole dans leur mix énergétique, 30% pour nous). Tout tient à l'énergie et rien à la gestion, la corruption, ou au socialisme... La thèse est forte. Guerre en Syrie, printemps Arabes, tout tiendrait à ce pic de 2006. 

    De fait, c'est ce qui fait le charme de sa position: en enfant des années 70 (il est né en 62) il est écolo non pas contre la pollution, mais contre la pénurie, et développe son gout pour la décroissance au nom de la nécessité de faire avec ce qu'on a. Louable et vivant, il est un écolo "réaliste" et se trouve prêt à discuter en ingénieur de ce qu'il faut faire pour ramener la bouffe à la maison, au lieu de se livrer à la religion infâme de l'hystérie végano-bio.

    Il n'en est pas moins adepte de la "transition énergétique", l'infâme expression qu'il reprend à son compte le classant tout de même, il faut bien vivre, dans le petit marigot des crapauds infâmes. 

    On avait glosé sur les écolos-fachos qui veulent reprendre en main le monde pour son bien, et lui imposer les bonnes pratiques le solaire et le véganisme pour ce qui concernait un astrophysicien bien connu . Note homme évoque avec gourmandise le modèle chinois, qui permet de s'affranchir de la connerie des autres à bas cout. Il souhaite faire pression sur les gouvernements pour que ceux ci planifient correctement. Même s'il est sur que se lancer dans le nucléaire à tous crins est clairement une nécessité, les à cotés rendus indispensables pour faire passer la pilule (le véganisme et le tri sélectif) se trouvant rendus obligatoire sous peine de mort pourraient être considérés comme des inconvénients... Le problème est effectivement en tout cas, que l'effroyable connerie à laquelle il se confronte et qui fait douter de la démocratie pourrait bien accoucher à terme d'un tout aussi effroyable autoritarisme. Le tort de ces pratiques est qu'elles suscitent de la violence, et c'est bien la violence qu'on redoute, le chaud du sud de l'Europe pouvant pousser ses habitants à monter au nord, suivez mon regard, cela pourrait entrainer des résistances... 

    Pour ce qui me concerne, je reste partisan de la démocratie classique, simplement avec des dirigeants qui mènent les bonnes politiques, mais je ne suis qu'un rêveur dont certains rêves sont inverses. 

    Et puis, il y a le grand silence blanc sur les chinois,  je suis seul au monde à en parler comme ça. Responsables et acteurs majeur de la grande transition climatique, personne ne leur dit rien. Tyrannie active, acharnée à augmenter leurs émissions pour mieux nous narguer, ils souhaitent dominer le monde sans vergogne et nous enculer à sec sans moufter, leur mépris pour le non bridé étant à la hauteur de leur population, infini. Nous préférons ainsi nous décarboner nous pour passer avec fierté de 1% à 0,5 % des émissions mondiales, chacun devant faire sa part. Leur rire perfide et narquois devant notre invraisemblable stupidité devient strident et audible: ils font eux 30% des émissions mondiales, en croissance. Petites bites ? Mon cul ! 

    Je suis partisan moi de me précipiter vers le nucléaire pour diminuer ma facture pétrolière, le réflexe des années 70 (j'y fus enfant moi aussi) valant toujours et d'arrêter les frais pour le reste. Greta doit être sacrifiée, son petit corps démembré et mordu jeté dans le feu. Vouloir, là le monsieur est démagogique, un zéro carbone en 2050 (date magique point de fuite de toutes les promesses de Macron, restauration de notre dame incluse) est ambitieux et marque, voire mobilise les esprits et les corps. Tu parles. 

    Je crois moi à encore plus de nucléaire pour faire tourner NOS climatiseurs, ceux des autres étant à leur charge, le concept d'"autre" se devant d'être développé à nouveau. Au fait il faut re localiser d'urgence la production de munitions. 

    Pour ce qui concerne le reste, il faut bien sur s'adapter à la marge, et cesser de bruler connement le pétrole qui nous reste. Même s'il est vraisemblable qu'on en aie sous nos pieds, les recherches sur le pétrole de schiste se devant bien sur d'être démarrée d'urgence et les opposants aux forages éborgnés comme il se doit. 

    Jancovici est très réservé sur les piles à hydrogènes, seul espoir de stocker ce que produit le renouvelable et démontre son inexistence effective actuelle (ça commence comme ça) et surtout sa trop grande dépendance aux craquage d'hydrocarbures (c'est un comble) et aux catalyseurs hors de prix. Au passage, c'est le sens de l'allusion, il allume les abrutis (que n'utilise-t-il pas le terme) qui vantent l'éolien aujourd'hui au nom de cette possibilité là de stockage disponible "demain". L'argument réel et avancé et la SEULE justification rationnelle existante (et opérante, hélas) à la folie totale des décisions politiques prises aujourd'hui par les sinistres connards abrutis qui nous dirigent. Justification rationnelle, mais inexistante: le futur improbable justifie le présent inutile. Connards ? Abrutis ? Ah que les mots sont faibles à exprimer le réel. 

    Et là il parle en connaisseur: il fréquente les cercles de ces décideurs là. Rendus muets par leur salaires, les ingénieurs des mines de la France d'aujourd'hui rajustent leurs costumes et sucent, sucent sucent... 

    On le sent un peu déconnant toutefois, quand il aborde le numérique: sa consommation de courant devient équivalente à celle des cimentiers et la 5G qui ne sert à rien, devrait être abandonné. La vieille haine des mines contre les télécoms sans doute, et la décroissance doit se nicher là où ça fait le plus mal, donc... On notera l'interdiction des écrans à haute résolution, les pires. Au fait, Netflix, Youtube, le porno et les vidéos familiales font 80% de la consommation du réseau... 

     

    P.S. Aujourd'hui même, Donald Trump, nous refait à l'ONU, devant Greta furibonde, l'histoire de la décennie 2000; 2001 année de l'entrée de la Chine dans l'OMC. Alors qu'on aurait pu croire à une honnête libéralisation, on a vu la plus sinistre et cynique croissance démente qui soit, organisée par des pillards menteurs sans scrupules. 

    Trump ne mentionne même pas les raisons de son dédain du climat et de toutes les fiottes écolâtres: elles ne sont que les soumises des chinetoques, contre lequel il se dresse, en chef de l'Occident. Commentaire des journalistes et mezzo voce de tous les observateurs du monde: le constat est parfaitement fondé. Comme quoi, tout est une question de vocabulaire, et d'expression: nous vivons dans un monde poli où l'absolue évidence de la connerie la plus monstrueuse et la plus grande évidence de ce qui est nié et dénié en permanence ne peut être affirmé clairement. Les experts aux crânes chauves acquiescent à ce que dit Trump et soupirent à ce que dit Macron en dodelinant leurs têtes de la même manière: en silence. Le spécialiste de l'énergie dont tous les slides, présentés en public partout prouvent de manière absolument certaine la totale absurdité de politiques stupides à 100 milliards d'euros rechigne à l'insulte. Il espère convaincre. 

     

    (1) https://jancovici.com

    (2) https://jancovici.com/transition-energetique/series-longues/chine/

    (3) https://www.lci.fr/planete/rechauffement-climatique-greta-thunberg-et-15-autres-enfants-deposent-une-plainte-contre-5-pays-dont-la-france-2132994.html

    (4) https://www.youtube.com/watch?v=XkYTjeHIzGw

    (5) https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/a-quand-le-pic-de-production-mondial-pour-le-petrole/

  • Les connes

    jesuisclimat.jpg

    Lire la suite

  • Les immigrations

    Un débat anime le week end, relayé en TV et magazines. 

    La position de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, est assez claire: il n'y a pas de problème qualitatif ou même quantitatif avec l'immigration actuelle, et la France, creuset des libertés, est en train de réussir à "intégrer" (inclure?) le mouvement de population qui se déroule à l'heure actuelle. 

    Son discours, en gros celui de la gauche macroniste actuellement au pouvoir (elle l'est depuis longtemps), est extrêmement intéressant, non pas seulement parce qu'il s'oppose à celui du vilain Zemmour, (d'ailleurs essentiellement considéré comme un "trouillard"), mais parce qu'il est ce que croient et assument les dirigeants et responsables éclairés de la société française actuelle. Du moins ceux en charge des politiques sur la question, manifestement, sans parler des juges, des décideurs, des patrons, et des concepteurs, cela est sans doute le plus important, de la tentative de moralisation post moderne de la société, tentative (et non pas complot) d'ailleurs européenne et mondiale, socle et raison de l'attitude officielle de l'occident. 

    On oubliera ici Donald Trump, premier responsable occidental à se démarquer historiquement de cette doxa, on en reparlera il n'en sera que plus notre guide, notre messie, notre avenir et seul espoir etc etc. Pour l'instant, "Libération" est en charge. Le libertarisme moderne ex gauchiste maoiste, soutien de notre jeunesse libérale, devenu centriste et macroniste règne, souverain... 

    France terre d'immigration

    La France a toujours été une terre d'immigration, selon lui. La chose est bien sur totalement fausse, et les migrations celtes du premier millénaire BC qui firent les gaulois, se rajoutèrent aux basques installés antérieurement, les ligures étant considérés comme proto celtes les firent toutes. Depuis, statu quo.  La diversité française est celle de ces gens là, arrivés en petits groupes avec le temps, et chaque fois absorbés par la géographie française, seule véritable diversité de la constitution de la France. Cela concerne les normands arrivés sans femmes, les wizigoths que Clovis fit s'enfuir en Espagne, et tous les germains qui passèrent. Les romains nous exterminèrent les cimbres et les teutons à Aix et les arabes ne firent que circuler. 

    Il y eut les invasions germaniques avec l'arrivée des Francs, mais cela n'altéra pas sans doute vraiment le vrai fond ethnique de la vieille France. Des clans, ou tribus constituées en peuples armés, scandinaves ou germaniques n'ont pas remplacé une population estimée tout de même à 10 millions avant César (20 Millions sous Louis XIV), même s'ils la transforment culturellement.

    Les Gaulois sont les "galates". Les belges furent aussi des envahisseurs celtes, tardifs cependant, et les germains sont différents, César lui même les distinguant par le Rhin... Les théories sur la distinction celte/germains sont nombreuses, les germains appelant les celtes les welches (wallons donc). Le mot "germain" serait même belge d'origine... 

    Bref, des invasions culturelles, mais surtout de longues sédimentations sur une base ethnique unique. 

    Les italiens sous Napoléon III? 3 millions vinrent et seuls 1 millions s'assimilèrent, les autres repartant. 

    Les européens du XXème siècle s'assimilèrent complètement (Hidalgo, Valls, Martinez pour notre malheur, pas complètement). 

    L'immigration africaine du XXème siècle toujours en cours et en accélération franche depuis le début des années 2000 est absolument unique dans l'histoire de la France. France terre d'immigration ? Depuis 50 ans. Elle fut pendant toute son histoire une terre d'assimilation et n'est autre chose que depuis très peu et c'est tout le problème. Le mésestimer ou pire l'ignorer est un aveuglement coupable; pire insensé et suicidaire.  

    Ensuite identifier immigration européenne et africaine est d'une absurdité et d'une bêtise sans nom. En réalité, la part des africains dans l'immigration n'égale celle des européens que depuis 1990, et concerne des populations radicalement différentes: des catholiques d'origines sociales variées d'une part, des musulmans ou des animistes faiblement éduqués d'autre part. Des européens blancs d'un coté, des africains de toutes les couleurs de l'Afrique d'autre part. Séparés par l'histoire et la géographie depuis toujours, les arrivants africains n'ont pas de réelle communauté de sentiment avec ceux qu'ils trouvent en arrivant. Ils souhaitent simplement faire souche en restant dans leur communautés d'origine et vivre agréablement.

    Le problème est qu'ils se retrouvent, eux et leurs enfants dans un creuset collectif qui est celui de ghettos discriminés. La moitié d'entre eux, au minimum, ne s'y retrouvent pas du tout sinon dans celui d'un échec social et humain catastrophique. Perdant sur tous les tableaux, leur cultures d'origine détruites, la culture environnante occidentale inaccessible, ils inventent un mode de vie pauvrement populaire, qui affaiblit la société hôte et entérine le rejet dont il font l'objet. La moitié d'entre eux, au minimum, n'auraient pas du venir. Les meilleurs d'entre eux, si ils s'adaptent, ont appauvri les zones géographiques dont ils sont originaires et bien sur ne peuvent réussir qu'à condition de quitter à tout prix également les "quartiers" dont ils sont issus. Qui a émigré, émigrera, et on le voit bien: et pourquoi pas à destination de l'Afrique, à la toute fin? 

     

    Les influences culturelles

    On parle donc de François 1er l'allié du grand turc, et l'hôte de Léonard. L'influence italienne de la renaissance caractérise la France en devenir et la construction de son état. Lui comparer l'influence culturelle du maghreb ou de l'Afrique noire, éléments phares du monde au XXème siècle est donc un élément du discours de Laurent Joffrin. Qu'un éclat de rire méprisant ne recouvre pas l'effrayante stupidité de cette assimilation historique m'étonne: livrons nous y.

    Quand au grand turc, il s'agissait de Soliman le magnifique, l'apogée de l'Ottoman... On importa l'usage du harem, sans doute, et exclusivement au bénéfice des rois, et sous une forme sans eunuques. En réalité tout fut bon pour s'opposer à l'Autriche et l'alliance ne survécut pas aux traités forcés issus de la défaite de Pavie... Bien sur on fut à l'écart de Kahlenberg mais le prince Eugène en fut, et par la suite représenta brillamment l'aristocratie française.

    Le dernier rêve à l'oeuvre fut celui de Napoléon III avec son "royaume arabe". Fut il plus intelligent et visionnaire que le "rêve" républicain, parfaitement cynique malgré sa volonté affichée d'universalisme ?

    Hélas il fut le premier cran de la reconnaissance d'une valeur à ce qui n'en avait pas, le siècle qui suivit le démontrant. La vérité est que le monde islamique en tant que tel était mort depuis l'arrivée des Ottomans, Soliman n'ayant été qu'un feu de paille turco mongol semi barbare, incapable de faire la paix et incapable d'inventer, d'innover et de séduire, on l'a bien vu. Abruti et piétiste sous sa forme dominée, le musulman ne se réveille que pour se livrer de temps à autre à des fanatismes lamentables, qui se font écraser dans le sang. Cette religion de l'absurde n'est que quelque chose à abandonner, et le plus rapide était et sera le mieux. L'avoir laissé vivre pour mieux dominer des indigènes soumis (c'est cela l'originelle condamnation de l'"islamophobie") est une erreur atroce. Il fallait extirper ce système judiciaire débilitant au nom de la république ou ne pas s'installer, ce qui aurait été ma recommandation. L'oncle voulait coloniser l'Europe, le neveu se contenta de l'Afrique du nord, et la république se termina dans la savane. La honteuse évacuation de 62 eut le mérite de créer un précédent: les greffes impossibles n'ont pas vocation à durer. Que l'on se fasse encore tuer de temps à autre un commando dans ces contrées où il n'y a rien à faire en fait est d'une tristesse infinie. 

    Qui plus est, Joffrin le reconnait, comme l'immigration est pauvre et socialement défavorisée, son influence culturelle est faible. La contradiction se retourne immédiatement: les ghettos en constitution n'influencent pas: ils s'installent et règnent, les voilées prospèrent, la voilà l'influence: le religieux politique cynique contrôle son terrain. Il y a du grain à moudre, toute l'immigration est un marché à conquérir, le naïf noir, persuadé qu'on l'invite à la mecque gratos, marchant bien sur comme un seul homme vers le lieu de sa soumission. 

    Du fait des problèmes d'ailleurs culturels des populations nouvellement arrivées, problèmes fondamentaux liés à la fondamentale inadaptation (provisoire espèrent certains) de ces populations à la modernité en général, cause d'ailleurs de leur départ des régions d'origines, en explosion démographique et sociale; du fait donc de ce conflit avec le réel, elles sont pauvres, au chômage et en prison. Au point de couter. Et bien plus qu'elles ne rapportent: un quart de ces gens produisent des richesses, peut être moins (Zemmour dit 10%). Les autres survivent. A rebours du bon sens, l'Occident importe le tiers monde chez lui, sans raison autres qu'une sensiblerie ridicule et stupide. 

    Ces gens là ne sont pas nos frères, nous ne leur devons rien et ils ne doivent pas venir. 

    L'histoire

    L'histoire fait l'objet de lectures multiples. L'optimisme de Joffrin vient de la liberté française, selon lui essentielle et qui attire des immigrés donc déjà convertis. Incapable d'imaginer ce qu'est la migration africaine, celle des peuples sans états ni société, poussés par la survie et l'histoire, attirés par les possibles et motivés par la seule nécessité de leur multiplication indéfinie, et contrainte par rien d'autre que la violence. Nul projet ni idéal: le vent de l'histoire des hommes, celui qui poussa les peuples qui nous firent, il y a si longtemps que nous l'avions oublié, tout occupés que nous étions à construire une civilisation qui semble nous lasser. 

    Allons au chaos ! Il en sortira bien quelque chose ! 

    Zemmour décrit la France comme essentiellement fragile du fait de son multiple intérieur. Il est contesté par le Web, par un historien (3) refuse absolument la pluralité française, pourtant, les guerres civiles françaises furent nombreuses, et cruelles. Elles firent partir les anglais, les protestants, et aussi les pieds noirs. Les rois firent tout pour s'en prémunir, au point de constituer un état puissant et autoritaire, celui qui éborgna les gilets jaunes. 

    C'est cette guerre que l'on redoute. Zemmour est trouillard. Amusant de voir qu'est considéré comme courageuse la double attitude qui consiste à se cacher les yeux devant une subversion évidente (criminalités, inadaptations variées) et à refuser, horrifié, d'améliorer une situation qui se dégrade car cela supposerait action et force. La trouille se nie: elle doit au contraire de ce qui est dit être extrême et avoir déjà accompli ses ravages: on a déjà accepté les conséquences de la chose. 

    L'histoire a un futur, aussi: nous assistons à un déversement de populations des terres nombreuses et déshéritées vers les terres disponibles trop faibles. L'espèce humaine n'avait pas fait cela depuis longtemps. Alors que l'Europe maudite, déshéritée et en explosion démographique s'est déversée en deux siècles sur les amériques, en y détruisant tous ses empires, et en en tuant tous ses habitants, pourquoi l'Afrique maudite déshéritée et en explosion démographique devrait elle s'en priver ? Bien sur le désir ne fait pas l'affaire, et la résistance des indiens ne fut assez conséquente: qui dit que celle des natifs de la vieille Europe ne sera pas à la hauteur ? Ou pas ? 

    C'est d'ailleurs un peu cela le problème. On se prend à rêvasser au plumes aztèques et au désespoir de Montézuma (ah l'opéra de Vivaldi !). N'y aurait il pas une bêtise de vaincu à l'oeuvre en Europe, et qui se soumettrait à l'évitable par pure lâcheté, par pur désir de mort ? Après tout, nous en avons des choses à nous reprocher. Les horribles sacrifices humains de l'esclavage, des génocides amérindiens et juifs ne méritent-ils pas leur punition ? Et puis la planète ! Qui est responsable et qui doit être exterminé ? Les chinois ? Vous rigolez ? 

    Les lois

    Le programme de Zemmour, celui du RN, veut changer les lois, en fait les "droits", selon lui excessifs: du sol, au regroupement familial, au mariage, à l'assistance aux mineurs, à l'asile, aux soins. 

    Le programme législatif d'une majorité parlementaire "de droite" aurait ainsi de quoi mobiliser l'immigration qui ne disposerait plus des moyens de continuer à prospérer. Cela suffirait-t-il ? La mobilisation de la partie de l'opinion attachée à ces droits compterait aussi, sans parler de la date (forcément tardive, vu l'état du politique actuel) à laquelle la réforme serait en vigueur. On sait déjà que sans l'addition de politiques de retours effectifs de masses conséquentes de population, l'affaire est déjà pliée et les conflits seront nombreux. LE conflit pourrait structurer l'histoire future. Le considérer sans déni est d'actualité et on ne pardonne pas à Zemmour de le faire. Est ce un appel à la violence ou bien la considération lucide de ce qu'on devrait au moins penser à éviter ? 

    Le refus de cette immigration pourrait donc bien déchirer le tissu social et historique français: Zemmour est un boute feu, lutter contre lui, c'est lutter pour la paix. Quelle paix ? 

    Une chose est sure: l'immigration n'est pas représentée politiquement à l'heure actuelle. Quand le sera-t-elle ? On sait déjà qu'un député Sikh a pu prendre à partie avec véhémence (en le traitant de raciste) un premier ministre Britannique. Le basculement de la Seine Saint Denis fera mal: une majorité d'africains y vit actuellement, le grand silence des classes dites "populaires". L'expression veut dire ce qu'elle veut dire: pour Joffrin la pauvreté n'est qu'Africaine. Pauvreté et étrangeté, voilà tout ce qu'il faut pour constituer une belle lutte de classes, largement plus belle que l'ancienne. 

    Il faudra s'adapter au climat (chaud), il faudra s'habituer aux couleurs de peau (variées), et aussi à une sorte de conflit d'intérêts, une sorte de conflit de civilisations. Sur notre sol. 

    La chose a-t-elle commencé ? Oui et non. On évoquera la longue plainte de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France, obligée par la justice à faire métro et RER gratuit à des illégaux dotés comme seuls papiers d'une carte orange universelle de transport,  sans parler de la carte vitale universelle leur permettant de se voir attribuer sans frais les préventions anti VIH des actes sexuels contaminants. La rage des honnêtes gens doit être méprisée et écrasée par une augmentation d'impôts nécessaire et une humiliation ainsi complète. Bien pire que le lavage des pieds, l'abaissement nécessaire du blanc est ainsi absolu. La force de sa haine, ne me dites pas que je suis le seul, s'en trouve ainsi fanatisée au plus haut point et lors du conflit, on se vengera, et pas que des migrants. 

    Emise par le chef de l'Etat pour flatter sa droite (comme on flatte un boeuf), l'idée de "réguler" (d'autres termes peuvent être considérés, comme "abolir", ou "foutre dans le cul des humanitaires" etc)  l'aide médicale d'état, scandaleuse attribution aux immigrés clandestins déboutés du droit d'asile de la santé gratuite pour être sur qu'ils restent, révolte un rédacteur en chef parisien (5). Qu'il crève ce maudit salopard, on l'inscrit sur la liste.

    Les chiffres

    Les statistiques manquent et sont soigneusement camouflées autant que possible. On peut reprendre les flux, cités par Zemmour: 300K visas légaux, 100K asiles (aucun départ, débouté ou non), soit le double de l'an 2000. Stabilisés dans les années 90, ils sont supérieurs à ceux des années 60 et auront des effets majeurs. 

    Un minimum, sachant toute l'illégalité. Le stock s'en déduit ou pas, et là on tombe dans le grandiose et la nature exacte du "remplacement" petit, grand, et en tous cas absolument certain, le phénomène, en croissance, ne pouvant qu'aboutir à une certaine date, si bien sur on n'y met pas le holà. 

    On prendra Tribalat(2).

    En gros: on distingue dans les projections suivant qu'on est musulman ou non, et suivant qu'on compte l'immigration courante sur la période, et aussi suivant qu'on chiffre en 2050 ou en 2080 ou les deux.

    En gros, Tribalat trouve 20% de musulmans en 2050. Seulement. 

    70% de l'immigration serait musulmane, d'après les chiffres.  

    Mon estimation à moi est donc 30% d'africains en 2050 et 50% avant la fin du siècle. 

    Il n'y a pas le feu au lac, et on aurait le temps de s'adapter, ou pas. Pour ce qui me concerne c'est non, et ces chiffres, somme toute mesurés et avec un parfum de réalisme modéré, sont en fait absolument inacceptables: certains devront partir. Qui et quand ? Ce sera le problème de l'histoire de France à venir. 

    Puisqu'on parle de génocide, (et oui) mentionnant celui commis par Hervé Lebras en 1980 (4): une erreur de virgule fut à l'origine de la grande et nécessaire immigration indispensable... Se pourrait il que l'erreur, à moins que ce ne soit le mensonge, tout  simplement soit à l'origine de ce qu'il faut bien appeler un suicide démographique dont la vision serait mystérieusement sans douleur pour la race qui nous gouverne ? 

    L'Europe

    Il faut savoir tout de même que les animateurs de l'Europe unie vivent une certaine détresse: persuadés de la venue d'une troisième force avec ce qu'ils ont fait, ils voient avec déplaisir le vieillissement démographique enclenché et inéluctable qui privera la zone de son nerf humain à moyen terme. Ils se sont donc résolus à fusionner avec l'Afrique à moyen et long terme, en espérant imposer par la morale et le modernisme la nécessité libérale au nord de la Méditerranée sans complètement renoncer à pouvoir le faire au sud, même laissé aux guerres civiles et aux fanatismes. Cette vision en fait parfaitement colonialiste, et en cela les fasciste décoloniaux ont finalement raison de s'en plaindre, est évidemment une chimère absurde et ne traduit que la dévitalisation d'une Europe mille fois maudite que le Diable va emporter, cela est pratiquement sur. L'Occident sera réduit à la Russie, et l'Amérique basculera dés que Trump sera remplacé par un démocrate assoiffé de vengeance. Voilà ce que l'on prévoit, et cela n'est guère réjouissant. 

    La fusion a d'autre part des inconvénients. Elle ne sera pas métissage tout d'abord. Venus avec leurs religions et sans aucun désir d'en changer ni d'en changer vraiment les règles, bien au contraire, les peuples arrivants s'installent et ne se mélangent pas. Une fécondité en baisse, mais deux fois supérieure à celle des natifs suffit à permettre de marquer le territoire, les écoles publiques et les subventions à la "jeunesse" par des zones "prises" dans lesquelles, démocratie oblige, il faudra bien laisser de l'autonomie. Même Todd le reconnait: les mariages mixtes se sont arrêtés et le port du voile, refusée par les souschiennes, impose d'aller chercher kiki au bled. 

    Comme on l'a signalé cette exhibition du pouvoir "indigène" ne s'est pas encore produite du tout et l'on peut faire semblant de croire que cela sera pour l'éternité. Il faut pourtant s'attendre à un déferlement de discrimination positive et les quotas de noirs rendus publics auront pour vocation non pas de faire réagir les natifs, mais de leur imposer le poids de leur faible nombre partout où il ne seront pas encore minoritaires. Il faut s'attendre à bien plus d'interdiction de la haine raciale qu'aujourd'hui: pensons y, pour l'instant, ce sont encore des blancs qui nous enjoignent de ne pas être raciste... 

    On peut gloser sur la baisse de niveau. Déjà patente du fait des contaminations faciles par des gamins trop délurés issus de familles trop nombreuses et dont le père autoritaire trop absent, ou trop discriminé ne compte pour rien, elle contamine clairement l'école publique, inaccessible (le terme est plaisant, je l'utilise) aux souschiens dans certaines zones. On parle de niveau social, les mères battues, voilées ou excisées ne jouant pas assez leur rôle éducatif, on parle de problème génétique, la courbe en cloche fatalisant le déficit en QI des noirs n'ayant pas encore traversé l'atlantique, on parle d'inégalités en général à corriger d'urgence : rien n'y fait, la France s'enfonce dans le PISA. 

    L'ile de France sera à 30% de la classe d'âge très bientôt, elle l'est déjà partiellement. Toute la bourgeoisie est à l'école privée, les lycées parisiens sous la menace  des boursiers banlieusards deviennent hors sol, effectivement, mais en n'admettant que des premiers de la classe DEJA récompensés par un prix Nobel.

    Il faut savoir que cette baisse de niveau concerne aussi l'Afrique. 50 ans d'indépendance et de liberté retrouvée (tu parles) n'ont absolument pas développé le continent qui s'enfonce dans la misère, la guerre et la pauvreté. A l'écart du monde (plus personne n'y va, on n'échange pas ou plus avec elle), elle se contente de produire des enfants qu'elle jette sur les routes. Toutes les avancées économiques sont immédiatement mangées par la démographie, et aucun avancement sociétal n'est visible: l'Afrique se laisse vivre. Ah si! Elle expulse ses derniers blancs au Sud en finissant de ruiner le seul pays avancé du continent. Peut on imaginer que la partie nord, pourtant "blanche" se porte mieux ? En explosion démographique et sectaire, elle se consume en guerres civiles. Une exception, le Maroc, le seul royaume multi séculaire du continent, (comme par hasard, et on ne compte pas l'Egypte), et encore, il a ses problèmes.  

    Fusionner avec cet immense succés humain et culturel et historique est une étrange idée. Il faut être trouillard pour la craindre. 

     

     

    (1) https://planetes360.fr/immigration-eric-zemmour-contre-laurent-joffrin/

    (2) http://www.micheletribalat.fr et http://www.micheletribalat.fr/436796788

    (3) https://www.historionomie.net

    (4) l'erreur de Lebras: https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1986_num_5_1_1420

    (5) https://www.lejdd.fr/Politique/edito-immigration-reformer-laide-medicale-detat-est-une-idee-demagogique-inhumaine-et-absurde-3921063