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FrancoisCarmignola

  • Les Rwandas

    Un article du monde, le 2 Avril 2021, signé de Patrick de Saint Exupéry commente la remise du rapport Duclert sur le Rwanda, Duclert étant décrit comme un "spécialiste des génocides". Il est en fait spécialiste de l'affaire Dreyfus, et n'a jamais travaillé en Afrique. Ça commence bien. L'article continue et évoque la guerre secrète menée par des militaires français depuis l'Elysée:  

    "Une guerre qui permit la réalisation d’un génocide, le plus fulgurant, le plus brutal jamais vu, «un génocide sous sa forme la plus pure», nota l’historien Raul Hilberg".

    La confusion des affaires, l'inanitié d'une citation du génocide juif qu'on applique immédiatement au Rwandais pour accentuer rhétoriquement la culpabilité française est décisive pour le lecteur attentif: un putain de tutsi de merde membre des services de propagande de Kigali tient la plume. Le reste de l'article est une litanie d'accusations contre le complot français qui a caché la vérité depuis vingt-cinq ans... On peut néanmoins nuancer: la plume fut témoin de l'affaire de Bisesero qu'on décrira plus bas.

    Dans le même journal, la révélation d'un général: le général Varret parle d'un risque de génocide qu'il a évoqué en Avril 1993 (un an avant l'affaire)  auprès de sa hiérarchie et qu'on n'a pas entendu, en fait il a été évincé de son poste à la coopération militaire avec l'Etat Rwandais, alors dirigé par Juvénal Habyarimana. Un colonel coopérant lui demanda des armes pour "liquider tous les tutsi", "ils ne sont pas si nombreux". Horreur. Un problème, au nom du "devoir de réserve" et sur injonction, il ne le rapporta pas à Paul Quiles en charge d'enquête en 1998... Il fut au courant, avant de se faire dégager d'actions secrètes (évidentes bien sur) contre le FPR en Ouganda. 

    Alors impliquée contre une guérilla formée de tutsi exilés et venue d'Ouganda, la France s'employait à stabiliser le Rwanda militairement. Tout vient de là: la présence d'une guerilla de conquête menée par une minorité ethnique au Rwanda objet de la part de la majorité d'une haine ethnique séculaire et entretenue. 

    Poussée par des intérêts économiques opposés à la France,  qui justifiait sa politique, par ailleurs attachée à stabiliser aussi le Zaire voisin en pleine explosion (un ambassadeur français tué en 1991, tout de même), certains voulaient les diamants et les anglo-saxons de l'est, silencieux toute la période, aidaient les tutsis. La démocratie exigeait que le hutus gouvernent à condition de traiter convenablement les 20% de tutsis, et aussi de faire la paix avec la guérilla révoltée depuis toujours. La diplomatie française travailla et aboutit juste avant le génocide en 1993, aux accords d'Arusha (Octobre 93) qui lui permirent d'évacuer tous ses militaires. Ouf ! 

    Comme le TPI (Tribunal Pénal International) l'asserta au bout de vingt-cinq ans de ses assises, il n'y a pas de preuves de la préméditation du génocide et les Français n'y furent pas mêlés, et d'ailleurs ils évacuèrent complètement le Rwanda juste avant l'assassinat du président.  

    Assassinat mené clairement (du moins il y a des indices importants en faveur de cette thèse) par le FPR, le parti de Paul Kagamé, chef de la rébellion tutsi et qui reste le principal bénéficiaire de l'histoire, génocide compris. Mené en réaction instinctive et sauvage par tout un peuple, perpétré essentiellement à l'arme blanche par les voisins des victimes, il ne fut pas prémédité, fut absolument inouï et impensable, et continue de surprendre le monde. Les français n'y furent absolument pour rien et furent les seuls à faire quelque chose avec l'intervention militaire qui fut faite à sa toute fin. Perpétré en Avril et Mai, le génocide était achevé quand les français revinrent fin Juin avec l'opération Turquoise, chargée de protéger les populations tout en restant "neutre". 

    Les massacres de Hutus en représailles furent inouïs aussi, mais inférieurs en volume au génocide. Ils se traduisirent par des masses en mouvements de plus de deux millions de personnes réfugiées dans des conditions abominables. Submergé, l'est du Zaire fut la proie à un désordre sans nom et Mobutu en perdit le pouvoir. 

    Les crimes de guerres les plus inhumains eurent donc lieu dans ces régions, et continuent encore... "L'horreur, l'horreur.." C'est le cri de Kurtz dans "au coeur des ténèbres" de Joseph Conrad, repris dans "Apocalypse now". 

    Depuis, le Rwanda pays clairement prédateur des ressources minières de l'est du Zaire échangées par les milices diverses dont des tutsis délurés qui ne gênent en rien, est une dictature autoritaire membre maintenant du Commonwealth, qui n'en finit plus de se "réconcilier" avec la majorité de sa population privée d'expression démocratique pour toujours. Elle fait assassiner à travers le monde tous les opposants à son pouvoir et fait même juger pour terrorisme (2021) un héros national, le directeur de l'hôtel des milles collines Paul Rusesabagina qui sauva des centaines de personnes et dont un film à succès (Hotel Rwanda) raconte l'histoire. 

    Avec l'argent des diamants, on a donc acheté le Monde et aussi Macron qui fit nommer à la tête de la francophonie une rwandaise dont le pays a adopté l'anglais comme langue nationale et pour finir, commandite à un taré tout aussi corrompu un torchon ignoble qui tout en reconnaissant, bien obligé, l'absence totale de preuves, accuse la France, son pays, de complicité de génocide. Une infamie totale. 

    La même semaine, on ferme les écoles et la Macronie enfermée dans sa folie continue de faire sombrer le pays dans le n'importe quoi. 

    Le Rwanda

    Dernier pays d'Afrique colonisé par les européens (1894), il fit d'abord l'objet d'un coup d'Etat fondateur qui mit au pouvoir le roi Musinga (le Mwami) dont les belges, gagnant le pays sur l'Allemagne, héritèrent après 18. Ce n'est qu'en 61 que le dernier roi (Tutsi bien sur) se fait remplacer par un président Hutu Grégoire Kayibanda, plutôt anti tutsi, et l'exode en Ouganda des royalistes et de l'élite Tutsie eut lieu. Il se fit renverser par Juvénal Habyarimana, au départ plutôt pacifique et partisan de la fameuse "réconciliation" mais combattu par des extrémistes, ceux qu'on accuse de l'avoir assassiné en fait. 

    Tout partit alors de la Baule en 1990, quand selon Lugan, Mitterand lança la désastreuse injonction démocratique qui consacra la domination démographique partout, et en particulier au Rwanda. Déchiré par les désaccords dans le camp Hutu, le Rwanda explosa, accentua un terrorisme anti tutsi qui forgea la résolution tutsie ougandaise. Celle-ci mit alors tout en œuvre pour diviser l'adversaire, qu'elle se charge maintenant de dominer, comme elle l'avait fait pendant des siècles. 

    On notera que c'est à propos du Rwanda que la polémique sur l'"invention" des ethnies par les colonialismes bat le plus son plein. Inventé par les pères blancs qui christianisèrent (mal) les populations au début du XXème siècle, le caractère "nègre blanc" (dixit Wikipedia) des tutsis fut accentué, voire fut créé de toutes pièces, alors que la langue est la même, la cohabitation millénaire, le métissage avéré et les génétiques quasiment similaires (quoique pas tout à fait, en fait)...

    Le fait est que le contentieux était patent lors de la fin de la royauté, et le ressentiment Hutu soumis d'après eux au double colonialisme (tutsi et belge) était constitué. Voilà. On peut dire aussi que l'étape finale de la colonisation/civilisation que fut l'intervention européenne au Rwanda fut l'exigence de démocratisation, qui força le pouvoir Hutu à donner des gages à la rébellion tutsi. Dès lors, la "démocratie" fit exploser ce pouvoir morcelé entre modérés et extrémistes les derniers se livraient à des assassinats caractérisés dés avant le génocide, et cela avec une frénésie particulière. Frénésie qu'on retrouvait au Burundi voisin et sur les mêmes thèmes. 

    La "saison des machettes" de Jean Hazfeld est fatigant à lire et atterrant. Les milices villageoises étaient néanmoins encadrées, et sévèrement, avec des injonctions à tuer caractérisées et des sanctions pour les "lâches", mais pas par des généraux ni par des fonctionnaires, plutôt des milices diverses dont les fameux Interahamwe. Les journées de "travail" étaient parait-il partie prenante d'une coutume de travail collectif héritée du passé. Le phénomène reste mystérieux... On pourrait le situer dans une modernisation du type nazi chez des peuples avec des réflexes disciplinaires hérités des  profondeurs. Jamais la sauvagerie héroïque n'alla si loin chez les "paisibles" africains dont la barbarie sanglante est bien à la hauteur de celle des européens... Voilà. 

    Les questions touchant à la France sont liées aux actions un peu brouillonnes de la France, d'abord formatrice de l'armée Rwandaise du début des années 90, alors en prise à la guérilla Tutsie, puis inspiratrice (moyennant finances) de la "réconciliation" (qui en fait mis le feu aux poudres), puis qui abandonna le chaudron à son sort fin 1993. 3 Mois après BOUM...

    Et puis il y eut "Turquoise" avec l'affaire de Bisesero. L'un des derniers massacres du génocide eut lieu dans la région particulière de Bisesero. Le 27 Juin un groupe de survivants fut identifié et laissé sur place par un détachement français de quelques hommes qui promirent de revenir. Les secours n'arrivèrent que 3 jours après, donnant le temps au massacre de continuer... Le fameux Patrick de Saint Exupéry journaliste du Figaro fut témoin de la scène de l'abandon mais ne chargea pas personnellement les officiers français. La question du délai, à la charge des autorités françaises, complices ou incapables fait toute l'affaire. 

    L'autre affaire est celle de l'exfiltration de génocidaires par le fameux Jacques Hogard l'un des chefs de la légion à Turquoise. Là un autre acteur ; Guillaume Ancel, ancien militaire au Rwanda, accuse l'armée française d'avoir livré des armes aux génocidaires en fuite, ceci sur la foi d'un ordre donné mais sans traces et d'un témoignage de sa part sur des camions qui passaient. Cela est nié par Hogard (les armes auraient été du matériel humanitaire livré en Juillet) et c'est toute l'affaire. Dans les faits, l'obligation de neutralité et la situation des forces ne permettait pas  aux français d'agir sur la migration en cours (le flot de réfugiés Hutus qui fuyaient). Les génocidaires qui passaient purent s'enfuir au Zaire. 

    Le fond de l'affaire est que l'expression "zones d'ombre dans l'action de la France au Rwanda" est transformé par la propagande de Kigali en "participation de la France au génocide", et célébré explicitement comme tel dans toute la région, et bien sur utilisé par le pouvoir Rwandais pour maintenir sa dictature, comme indiqué. 

    Participer à la "recherche de la vérité"  au sens progressiste du mot est donc tout simplement une attitude typique de la modernité française, qu'assume la présidence actuelle, pour notre déshonneur et notre honte. De quoi vexer l'armée. 

     

    (1) Chrétien contre : https://www.cairn.info/revue-politique-africaine-2009-1-page-121.htm

    (2) le rapport Duclert (pour) : https://www.causeur.fr/genocide-rwanda-le-rapport-duclert-195445

     

  • Les nudges

     

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  • Les orthodoxies radicales

    "Radical Orthodoxy" (1) est une théologie catholique réactionnaire qui a pour intérêt, mérite et valeur de dénoncer Scot (et Ockham) comme les initiateurs de la modernité. Rien que ça et on en est d'accord. Refondateurs de l'ordre ancien celui qui fut donc abandonné au tournant du XIVème siècle, ils exposent ce qu'est le catholicisme et aussi la chrétienté et tapent sur tout ce qui suivit, Scot introduisant le diable, c'est-à-dire le transcendantalisme, ruinant le transcendant.  

    Les oppositions termes à termes de concepts et conceptions, plaisant à mes pensées binaires, sont saisissantes et illustratives, nul n'imagine la profondeur et la richesse des vieilles conceptions recyclées dans l'obscurité mais oubliées, et cela, c'est la faute à Scot, depuis longtemps. 

    En fait je découvre émerveillé, confirmée par ses ennemis, la grande thèse que le tournant moderne eut bien ieu en 1277 à Paris, là où Scot allait passer le bac, sur les bords de la Seine: la condamnation d'Etienne Tempier... A partir de là Aquin quoiqu'on en dise, avait perdu et l'avenir s'annonçait.

    Les noms d'Olivier Boulnois, André de Muralt, doivent être cités. 

    Moi qui d'habitude paraphrase, je cite: 

    """

    S’il fallait résumer la position ‘radical-orthodoxe’, ses thèses fondamentales sont les suivantes : la théologie et métaphysique de Scot et d’Ockham, en établissant le primat de l’intellect sur l’objet intelligé, ont érigé en ultime principe d’abstraction la représentation aux dépens de l’élévation et ainsi ont privilégié l’épistémologie par rapport à l’ontologie ; Scot et Ockham ont concouru de façon décisive au passage de la chrétienté et d’une économie liturgique à la modernité et à un ordre spatial en substituant une théologie et une métaphysique de la volonté à la théologie et à la métaphysique de la participation en son articulation suprême chez Thomas d’Aquin. 

    """

    On pourrait reprendre les thèmes, mais le statut cognitif de l'analogie par rapport à l'univocité est ici décisif: le religieux qui imprégnait le réel et qui donc devait s'en distinguer radicalement devient un être éloigné du monde, mais tout puissant tel qu'on peut le décrire. L'onto-théologique devient différent et au contraire de ce qu'on croit savoir, l'être devient un caractère auquel se soumet Dieu au lieu d'être ce qu'on pourrait lui reprocher: Dieu lui même, trame du monde. Scot est bien un moderne et il n'y a qu'une volonté, qu'un seul être et Dieu en dépend. Ce faisant, et cela est le paradoxe, Dieu est absolument libre et fait ce qu'il veut, on dirait que cela compense sa sujétion, à part que l'homme en profite: lui aussi, l'être étant univoque, est libre. Complètement.  

     

    La différence formelle

    Il est important d'avoir les idées claires là-dessus. La différence "formelle" est une différence qui se conçoit et se pense entre deux choses qui ne peuvent être qu'identiques. L'exemple est la différence (en fait l'identité) entre "création" et "créature". 

    La "création" est une relation, et la créature est une chose. Néanmoins, les deux s'identifient. En effet, l'une ne peut exister sans l'autre. On voit là l'importance de la notion même de création dans cette ontologie et l'influence de la vision "créé par qqchose" du monde... Néanmoins, on n'a là qu'un exemple, c'est tout, même si bien le concept est élaboré pour décrire un fondamental... 

    Néanmoins, le cependant a un néanmoins. La relation est moins prioritaire que la chose, et donc est contenue dans la chose, non pas comme un "accident" (elle serait alors créé, et donc on partirait à l'infini, la relation de la relation apparaissant tout de suite), mais comme  une chose identique ET moins prioritaire. La relation de création est "transcendantale" au sens du Moyen Âge, c’est-à-dire "non catégorique": elle n'ajoute rien à l'être, mais est, (en quelque sorte) une "condition" d'existence et est identique à la chose. Saint Bonaventure le disait déjà. On rappelle que les relations catégoriques relient aux dix catégories de l'être, selon Aristote. 

    "et ideo relationes creaturae ad Deum sunt transcendentes, propter quod non sunt in genere relationis". 

    La relation revient à son étant AVANT toute espèce de genre (...). Elle est la relation entre les personnes de la trinité, réellement indistinctes, et formellement distinctes. (C'est en fait l'une des questions: il faut penser la trinité). 

    Il y a là un désaccord fondamental avec Aquin, pour qui la relation est distincte de l'objet. La "justification" (tout se pense au service de certains intérêts) de cette conception est liée à la doctrine générale d'Aquin qui distingue les DEUX ordres ("duplex ordo in universo"): entre les hommes et Dieu d'une part et entre les hommes d'autres part. 

    La relation est ainsi pour lui un "accident", ce qui a deux conséquences: d'une part la relation au  créateur est première et permanente, source d'être et participation à l'être divin. D'autre part, comme la relation est "accidentelle", elle autonomise dans un second temps la création et la rend rationnelle. On a donc les deux aspects de la question, dualisés chez Scot qui en prend le contrepied. Au nom de l'évidence existentielle de la création, on se retrouve avec une dépendance corporelle à l'arbitraire divin et aussi ce qui rattrape la chose, avec  une identification au divin avec qui on partage l'être. 

    Il n'y a plus d'"ordre" et de fait, c'est l'enjeu de la prétention radicale orthodoxe que de refuser la chose. 

    On peut alors tenter de diviser les théologiens modernes, Lubac et son surnaturel du côté Aquin et Rahner avec son "être constitué par la transcendance" (parait-il mais c'est à voir) du côté Scot. 

    Cette histoire de "participation" est en tout cas bien séduisante à concevoir: une conception pro déiste de l'humain qui fait de la présence nécessaire de Dieu un caractère du religieux, un soutien à la solitude humaine et surtout un caractère du monde, intrinsèquement religieux. Cela serait le prix à payer pour son autonomie rationnelle, qui serait alors un don de Dieu (comme c'est bien fait...), qui peut même encourir le reproche d'être un peu trop "naturalisant". 

    Aquin insiste alors sur la différence essence/existence, au détriment de l'essence (les êtres sont différents, seulement analogues, c'est d'ailleurs toute une histoire), on favorise la présence de Dieu dans le monde. 

    Alors que la moderne, au fait de l'évidence divine, et dont il devient alors facile de se débarrasser, se caractérise surtout par sa liberté et donc par l'arbitraire divin et humain. 

    Au passage, une définition de l'"être" comme relation entre essence et existence. Qu'est-ce que l'être ? Les différentes formes de cette relation... Pour Scot, l'existence dépasse l'essence et a pour vocation d'aller à la béatitude. Ah que c'est beau, tout ça. 

     

    L'Analogie 

    Puisqu'on parle de l'ordre du monde, pour Aquin il y en a deux, comme on a dit. "duplex". Cela veut dire deux êtres, celui du créateur et celui de la créature (comme on se retrouve). Venons en aux prédicats attribués aux choses qui peuvent être 1) "univoques" c’est-à-dire caractérisant la réalité unique et commune des choses 2) "équivoques", c'est-à-dire caractérisant des réalités différentes, 3) possiblement "analogues" c’est-à-dire ordonnant les choses suivant leurs proximités  à un premier, celui-ci étant "causal" des autres. 

    De fait, la question est d'importance: l'être est-il un ou multiple ?  La question arrive dans le monde chrétien qui innove avec son créateur sémite radicalement original dans le cosmos incréé des grecs. Pour Aristote, l'être se dit "de plusieurs choses", mais en relation toujours avec la substance, sous un sens ou un autre, c'est la fameuse (parait-il) équivalence avec le "sain" qui conserve, figure ou produit toujours la même chose et qui est la "santé". 

    Bon, les moyen-âgeux hésitaient entre un être "univoque" (ça c'est Scot) qui conduirait au panthéisme car la nature devient identique au divin qui est ainsi rendu inutile, ou "équivoque" et là on ne peut plus connaitre Dieu du tout, car trop différent... Ce fut le mérite d'Aquin que de trouver un juste milieu... 

     

     

    (1) https://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2002-4-page-561.htm

    (2) Louis-Marie Chauvet https://www.nonfiction.fr/article-10681-dieu-les-sacrements-et-les-catholiques.htm$

    (3) La doctrine Aquinate de la création: https://doc.rero.ch/record/329816/files/emery_relation_creation.pdf

    (4) la distinction formelle et le pb corps esprit : http://martinetl.free.fr/philosophie/scot_davidson.htm

    (5) La doctrine de l'analogie d'Aquin : https://www.thomas-d-aquin.com/Pages/Forum/Montagnes_anal_entis.pdf

  • Les foncteurs

    aha! A force de lire de la vulgarisation neuneu, on finit par avoir quelques éclairs. 

    Ici on a réalisé la correspondance entre concepts de la théorie des catégories et autre fonctionnellations des langages de programmation. Plus exactement on a réalisé le sens des mots, la plus importante chose qui soit au monde. 

    Algèbre

    D'abord l'algèbre (al gabr)  c'est ce qui permet la réduction (chirurgicale, aussi) dans le calcul. L'"algébrique" c'est tout ce qui traite des "opérations" sur les objets. L'opération chirurgicale veut donc dire ce que ça veut dire... 

    Une structure algébrique est une collection d'objets (on ne dira pas "ensemble" par snobisme) et une opération, définie par une collection des flèches entre les objets. 

    Les structures algébriques se différencient suivant leurs propriétés... Les principales d'entre elles concernent la composition entre les flèches. On doit bien distinguer flèche et composition entre flèches. En fait la véritable "opération" est bien sur celle qui s'applique entre deux flèches et qui produit une autre flèche. "Produit" et non "Réduit" à moins que ce ne soit l'inverse, la réduction consistant à remplacer les deux flèches originales par une nouvelle. 

    Une "catégorie" se caractérise par une composition associative des flèches, avec une flèche identité pour chaque objet qui compose à l'identique dans les deux directions. La catégorie est la première structure de ce type, la structure "première" donc.

    D'un certain point de vue, une catégorie est exclusivement un ensemble de flèches, les flèches "identité" représentant très bien les objets...

    Le "monoïde", catégorie à un objet, n'a qu'une flèche identité et autant de flèches composables de et vers l'unique objet qu'on veut. Une seule flèche composable suffit pour toute les avoir par composition. L'image de tout cela est évidemment l'ensemble des entiers défini par zéro (la flèche identité) et l'incrément (la flèche "inc") qui peut générer tout entier par exemple 1000 (inc composé 1000 fois avec elle-même). 

    Une catégorie n'est pas "fermée", car deux flèches peuvent très bien ne pas "composer".  Elle n'est pas forcément ni "invertible" ni "commutative", comme les groupes et les groupes abéliens. 

    Un "monoïde" est évidemment "fermé" et un "semi groupe" n'est pas "invertible".

    Un "groupoïde" est une catégorie "invertible".

    Un "magma" n'a qu'une propriété: la "fermeture"... 

    Entre catégories, on a les "foncteurs" qui sont des transformations de catégorie à catégorie qui préservent la structure de la catégorie, c’est-à-dire associent une flèche associative de l'un à une flèche  associative de l'autre... 

    Entre les foncteurs, on a les "transformations naturelles". Elles jouent le rôle des flèches dans la catégorie des foncteurs. 

    Programmes

    La correspondance avec la programmation est basique. "Prog" est la catégorie des types et les flèches sont les fonctions entre les types. 

    On passe tout de suite aux "foncteurs", en fait les "endofoncteurs" restant dans Prog. 

    On les définira comme DEUX fonctions, une entre types (un type générique étant évidemment une application des types vers les types) et une entre flèches, c’est-à-dire entre fonctions. La deuxième fonction est une fonctionnelle, c’est-à-dire prend en argument une fonction simple entre deux types, une flèche, quoi. 

    Aha ! Un  trait "higher kind" F[_] doté d'une fonction "map" qui préserve la structure est donc un "foncteur". 

    Note: préserver la structure signifie préserver la structure des flèches: s'il y a flèche, l'image de la flèche sera une flèche. Par conséquent "map", la fonction de correspondance entre flèches aura pour signature dans "Prog": 

    A->B    ->    F[A]->F[B]

    Ce qui exactement la projection astucieuse et pratique que l'on utilise dans les langages Haskell et Scala. 

    Pour enfoncer le clou sur cette histoire de vocabulaire,

    1) On dit que la fonction (la flèche) originale mappée par map est "liftée" (soulevée, poussée) en une fonction de l'autre monde. 

    2) On dit que le type générique F[_] est en fait un "constructeur unaire" du type de destination du foncteur (en fait sa première fonction de mapping) 

    3) Toutes les associations possibles internes à Prog sont ainsi par extensions des "foncteurs", le mot étant la super classe des entités dérivées qui toutes rajoutent des moyens de produire des flèches dans Prog. 

    On trouvera ainsi parmi les foncteurs, les "Applicative"s et les "Monades". 

    Monades

    Les endo-foncteurs de Prog forment une catégorie (la démonstration est laissée au lecteur). 

    On va chercher à construire un monoïde dans cette catégorie là. Pour cela il nous faut un objet, un foncteur donc, et deux flèches. Une identité, qui associe le foncteur avec lui-même et une opération "binaire" ou une addition itérable.

    L'identité est une identité entre foncteurs appliquée au foncteur choisi. C'est une flèche qui s'identifie au foncteur lui-même c’est-à-dire à son constructeur. La fonction qui à partir d'un type donné donne son correspondant fonctor-arisé (...). Ce sera la flèche "zéro" du monoïde, qui transforme le foncteur en lui-même exactement. 

    La flèche "un" ("inc") du monoïde va transformer le foncteur en lui-même mais d'une manière différente. Pour décrire cette transformation, il faut considérer la signification profonde du foncteur, sa structure interne ! En effet un foncteur est lui-même une transformation de types et de flèches. Pour décrire une transformation de foncteurs on doit spécifier comment se font les mises en correspondances internes des objets. 

    Par exemple un carré peut être mis en correspondance avec lui-même de plusieurs manières, suivant la manière dont on le retourne. 

    Ici, on va mettre en correspondance les flèches de A vers F[B] et les flèches de F[A] vers F[B]. La transformation des flèches va s'appeller "flatMap". Est ce la bonne interprétation ? En tout cas je me comprends. 

    En fait, on se doit de considérer les "transformations naturelles", qui sont les flèches entre endofoncteurs.

    Une autre tentative est la définition stricte: les deux "transformations naturelles" à définir pour que le monoïde apparaisse sont :

    "éta" l'identité et "mu" la composition. En fait ce sont des contraintes supplémentaires sur le foncteur choisi.

    Une monade est donc un monoïde sur la catégorie des endofoncteurs, et s'identifie donc à un endofoncteur unique. 

    On se retrouve avec un nouveau foncteur, la "monade", et  une opération supplémentaire, flatMap. 

    Ce qu'il y a d'assez saisissant ici, c'est le boulevard de correspondances signifiantes et organisées qui s'ouvre devant nous. 

    Car la monade c'est aussi un foncteur sur la catégorie de Kleisli. 

    On a ici une transformation de flèches particulières, celle de A vers C ou C est en fait l'image par F d'un type B, que finalement on retrouve après la transformation. Ces flèches qui transforment par le foncteur leur type de destination, ici B, sont des "flèches de Kleisli". Leur type de destination est le résultat d'une transformation ou extension, qui modélise ce qu'on appelle en programmation fonctionnelle un "effet". Par exemple, le foncteur "option" ajoute une valeur indéterminée (None) à tout type. On avait déjà expliqué ce genre de chose. La catégorie de ces flèches est la catégorie de Kleisli. 

    Ce qui est propre à la monade, c'est de transformer les flèches de Kleisli de manière à les rendre composables, la composition via flatMap ayant la sémantique du séquencement avec passage de paramètres, essence de la programmation "utile", celle qui consiste à programmer(...). 

     

    Les références explicitent tout cela bien mieux... 

    Applicatives 

    Il y a mieux et moins connu, mais tout aussi essentiel à la compréhension de la partie "catégorie" de la programmation fonctionnelle. C'est "Applicative", l'intermédiaire entre Foncteur et Monade, un autre foncteur (5).

    La fonction de mapping des flèches qui produit une flèche entre les images de deux objets par le foncteur est ici appliquée non pas aux flèches elles-mêmes (comme pour les foncteurs) , aux flèches de kleilsli (comme pour les monades) mais pour l'image par le foncteur d'une flèche:

    F[A=>B]    =>   F[A] => F[B]

    Pour comprendre "ap", il faut se ramener à "List". 

    La fonctorisation de la flèche va donner ici une liste de fonctions à appliquer: 

    (_+1 , _+2) ap List(0, 1) == (1, 2)  ++ (2, 3)  

    Le truc marrant dans l'histoire, est que l'on peut lors de cette fabrication, distribuer les fonctions ou les associer strictement dans la liste passée en argument. Les deux formes sont compatibles avec les lois. Tout sera alors une question de dénomination. 

    On doit évoquer aussi mapN... 

     

     

    (1) https://medium.com/free-code-camp/demystifying-the-monad-in-scala-cc716bb6f534

    (2) https://cdsmith.wordpress.com/2012/04/18/why-do-monads-matter/

    (3) histoire des langages de programmation http://james-iry.blogspot.com/2009/05/brief-incomplete-and-mostly-wrong.html

    (4) les monades par tous les bouts https://justinhj.github.io/2021/02/02/monads-in-scala-3-for-the-genius.html

    (5) Whatsap ? https://justinhj.github.io/2020/04/04/whats-ap.html

  • les fins

    A l'heure ou l'urgence sanitaire devient urgence tout court et quand tremble toute la société, suspendue à une décision arbitraire prise par un gamin capricieux drivé par une vieille pédophile, il convient de revoir ses fondamentaux. 

    Tout d'abord il y a la question "théologico-politique", titre de Spinoza et aussi traité de Carl Schmitt (1921). 

    En résumé, Il y a deux récits dont un généalogique, Schmitt tirant les institutions politiques d'une sécularisation des concepts, le souverain étant à l'image de Dieu et l'état d'exception jouant le jeu du miracle. La sacralité du pouvoir fait descendre le pouvoir de et donc celui ci se trouve expliqué. 

    On se retrouve alors avec des figures pensées par leur contrepartie, la violence dont le souverain a le monopole pouvant être violence policière et la laïcité une solution au problème du théologico-politique, le spectre qui nous hante. L'état d'exception devient permanent et donc critiquable, et au combien.  

    Voilà donc identifié un trope séditieux, support intello de la subversion moderne, de la nécessité des migrants et celle de la ruine des nations occidentales. Identifié mais pas complètement décrit. 

    Car la chose est encore amplifiée par la spectralité de la force en question, l'Etat souverain oppresseur, celui qui, Léviathan, refoule l'anarchie Hobbesienne est donc sacralisé et identifié: il est le "catechon", l'empire germanique,  l'Eglise , la néguentropie. Il est ce qui lutte en même temps contre l'anarchie et le totalitarisme, le règne du droit, de la demi-mesure. La puissance qui s'oppose à l'explosion finale.

    Explosion finale ? Non! Le désordre à venir n'est que péripétie et annonce le règne du Christ revenu sur terre pendant mille ans de paradis sur terre, le millénium, qui précèdera un last shoot résolu par le Messie qui accomplira finalement tout. 

    L'antéchrist est donc annonciateur paradoxal d'un mieux. C'est Saint Paul (Thessaloniciens 6.2) qui le dit: 

    """

    Que personne ne vous trompe d’aucune manière. En effet, il faut que l’apostasie arrive d’abord et qu’apparaisse l’homme de péché, le fils de la perdition,
    l’adversaire qui s’élève contre tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore ; il va jusqu’à s’asseoir [comme Dieu] dans le temple de Dieu en se proclamant lui-même Dieu.

    """

    On en vient alors à Joachim de Flore (prononcer "Joakain"), l'auteur du "psaltérion à 10 cordes" qui prédisit en 1260 l'avènement du 3ème règne (après le père et le fils, le "paraclet"). L'avènement du millénium. 

    On évoquera ému (Bach me hante) la vie de Thomas Müntzer, étudiant à  Leipzig, millénariste protestant, dont les 5000 paysans révoltés furent massacrés en un jour, tandis que sa tête décora les remparts de Mühlhausen en 1525. 

    La prédication millénariste est d'origine juive et se trouve contenue dans le livre d'Enoch. 

    Mais c'est l'apocalypse de Jean qui donne les détails. Il y a donc 2 resurrections qui encadrent le millénium, ouvert le 7 jour par la rupture du 7 sceau par l'archange Gabriel. Chaque sceau correspond à une génération, une étape temporelle. La longueur des étapes permet de calculer QUAND l'évènement charnière doit se produire. 

    Bon, en gros, le "millénarisme" ou "chiliasme" est la croyance en une période de paradis sur terre, la durée de mille ans étant symbole de ce qui nous sépare de la "vraie" fin du monde OU et c'est là le hic, symbole de l'éternité... Fascinant, non? 

    Irénée était millénariste, mais pas Origène: juste avant Ephèse, qui le condamna, Augustin décrivit les mille ans comme en cours, ayant commencé avec Constantin, et la grande peur de l'an mille, c'était ça, à moins que ce ne soit 1500 etc etc. 

    Joachim introduisit le millénarisme dans la civilisation moderne, Hegel et Compte en étant des suppôts; mais avant cela, François d'Assise en fut un beau. Considéré lui-même comme un Christ revenu, le second Christ, le messie du 3ème age, celui qui va précher l'évangile nouveau, dit "éternel". Bref, le bon François caché derrière son gout des animaux fut bien un héros de la chose. 

    Un stop and go avec Weber: le millénarisme de Flore est en fait un symptôme de l'apparition de la rationalité et de l'introduction du monde comptable et compté. On prédit à l'année près et les franciscains inventent la comptabilité. Fils de petits bourgeois, Joachim et François ont ce souci de l'efficacité calculatoire commerçante, à l'aube du monde moderne. 

    On passe au XVIème siècle, et on reconnait des antéchrists annonciateurs partout. Charles V en fut un et si Luther ne fut pas chiliaste, Müntzer si. 

    On se doit de citer Bernard Rothman à Münster qui promeut le communisme polygame anabaptiste, Jean de Leyde est torturé et exécuté en 1536.

    Pour finir, la théologie de la libération sud américaine apparait comme un millénarisme sécularisé, comme on se retrouve. Condamné par l'Eglise il veut bien un paradis sur terre, d'abord signe de modernité, mais aussi porteur d'une forme ancienne de révolte contre l'ordre établi, on vient de le voir. Apocalyptique, le djihadisme l'est tout autant, dommage qu'il soit aussi meurtrier. 

    On retiendra l'étonnante force des idées constituées qui ne cessent de fasciner et d'exister, autonomes à travers l'histoire, enfin du moins c'est ce qu'on prétend ici. On retiendra la splendide trinité, illustrée par le psaltérion ou la musique: sonorité, parole et mode sont les 3 choses différentes qui composent la musique, séparées et unifiées à la fois. C'est Joaquim qui le dit. 

     

     

    (1) La doctrine anti nationaliste d'un Balibar https://www.cairn.info/revue-raison-publique1-2014-2-page-81.htm

    (2) Joachim de Flore et sa postérité https://journals.openedition.org/temporalites/1422

    (3) un air entrainant joué au psaltérion https://www.youtube.com/watch?v=76F6lUBXWrM

    (4) Le bouquin de Baruch http://ekladata.com/PFnTA2OMAs4yLlsqdx5o3ZIpgSI/Spinoza-Traite-Theologico-Politique.pdf

  • Les oeuvres

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  • Borges

     

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  • Les points de vues

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  • L'Internet

    L'internet est unique. Il est la chose qui ressemble le plus à Dieu.

    Bon, un point communicant sur le réseau universel a une adresse IP (Internet Protocol). 

    IP 

    Cette adresse est unique, certes, mais contrainte, car on peut l'adresser de partout. Pour cela, on dit qu'elle est "routable", car l'envoi d'un message sur le réseau des réseaux, comme son nom l'indique se fait en deux temps.

    IP en effet est un protocole de connexion ENTRE réseaux. On distingue donc l'envoi de messages DANS un réseau et l'envoi de messages ENTRE les réseaux. 

    Un réseau est souvent (mais pas toujours) un ensemble d'adresses IP qui partagent un préfixe. Ce préfixe est caractérisé par une adresse IP (codée sur 32 bits en IP V4) et un nombre de bits, par exemple 24. La plage d'adresses différentes du réseau est alors donnée par le ET logique entre le nombre binaire formé (ici) de 24 bits à "1" à gauche et de l'adresse, ce qui donne un préfixe se terminant par 8 "0" ,  et aussi de tous les suffixes possibles à droite des 24 premiers bits, ici 256 adresses possibles. 

    L'adresse masquée ainsi par le "net mask" (le groupe de "1") est l'adresse propre du réseau.

    Ce qu'on appelle l'internet est le système destiné  à router des messages entre les réseaux ainsi nommés. Il connecte en fait des "routeurs", c’est-à-dire des machines connectées entre elles d'une part, et connectées sur des réseaux d'autre part.

    Un routeur est ainsi capable de recevoir depuis un réseau un message destiné à un autre réseau. Il gère des "tables de routage" qui associent les réseaux de destination possibles aux routeurs à qui il est connecté et donc il lui suffit de déterminer le réseau de destination du message à envoyer, puis d'envoyer le message au routeur associé à ce réseau. 

    Quand un routeur reçoit un message d'un autre routeur, il cherche le réseau de destination du message et envoie le message sur ce réseau, comme le ferait toute machine qui y est connectée. S'il n'est pas connecté sur le réseau destination du message, alors il va relayer le message vers l'un des autres routeurs auquels il est connecté sauf bien sur le routeur qui lui a transmis le message, voir plus bas. 

    Un message IP est formé d'une adresse IP source et d'une adresse IP destination. Cependant, ces adresses ne sont valides que sur l'Internet lui-même et ne sont juste pas utiles sur un réseau physique particulier. Une machine destination est par contre connue sur un réseau particulier par son adresse dite Mac (Media Access Control). Sur tout le réseau, on associe une adresse Mac avec une adresse IP dans des zones de mémoire cache mises à jour sur chaque machine par le protocole ARP (Address Resolution Protocol). 

    Pour envoyer un message IP à une machine sur un réseau, on consulte le cache, trouve l'adresse MAC et envoie le message à la machine ainsi identifiée sur le réseau "physique" auquel on est physiquement connecté.

    Le protocole ARP utilise la capacité d'un réseau physique d'envoyer des messages à TOUTES les machines connectées. Quand le cache ne contient pas l'adresse MAC d'une adresse IP de destination, ET que cette adresse est bien située sur le réseau (on le vérifie en appliquant le "net mask" sur l'adresse, ce qui doit donner l'adresse IP du réseau, comme indiqué plus haut), on demande alors à toutes les machines du réseau la réponse qui est à son tour envoyée à toutes les machines du réseau qui toutes mettent à jour leur cache. 

    Quand la destination d'une adresse n'est sur aucun des réseaux auxquels la machine source du message est connectée, il faut trouver un routeur qui se chargera de l'acheminement. Cela est configuré sur la machine sous la forme de "routes". Une route associe à une adresse de réseau, l'adresse IP (elle joignable) d'un routeur. 

    Un routeur "par défaut" est désigné pour tenter de router les adresses dont la destination n'est sur aucune des routes configurées. 

    Voici donc exposé l'essentiel de IP. On pourrait ajouter que les routeurs sont connectés entre eux par IP bien sur, mais cela n'est pas nécessaire en fait: n'importe quel moyen serait acceptable. On pourrait ajouter que 31 est le masque utilisé pour les réseaux à 2 machines, ce qui convient aux liens point à point. 

    DNS

    Les adresses IP bien que contenues sur un simple entier, et dénotées par 4 octets successifs, nombres de 0 à 255, voudraient être associées à des noms. C'est le rôle du DNS ou Domain Name Service, l'infrastructure distribuée universelle qui permet de gérer de manière centralisée la totalité des adresses IP disponibles universellement.

    Opérée centralement aux USA, mais dupliquée par un certain nombre d'acteurs, LE DNS connecte des DNS locaux organisés par exemple en domaines géographiques (avec les codes des pays, ".fr" pour la France, ".tv" pour le vanuatu) qui gèrent des caches pour les demandes de resolution. Ces caches sont mis à jour régulièrement, en fonction des demandes. 

    Certains domaines (par exemple le .com pour "commercial") sont alloués centralement, mais cachés partout, bien sur. Chaque DNS local peut alors gérer son domaine (".francoiscarmignola.com" par exemple) et y allouer (à gauche) ce qu'il veut, le processus de résolution pouvant être caché partout selon les besoins. 

     

    La virtualisation 

    Pour organiser les communications entre des machines connectées dans ce qu'on appelle un "cluster", typiquement les machines d'un "data center", on peut vouloir regrouper les entités nécessaires d'une manière particulière, de façon à éviter les problèmes de configuration que pose l'utilisation d'IP et de permettre la connexion simplifiée entre de multiples environnements. Le système Kubernetes ou K8S permet cela, au prix d'une complexe organisation réseau qui utilise magnifiquement les caractéristiques des protocoles IP. 

    On commencera par parler de la virtualisation des machines physiques sous la forme de programmes émulant l'environnement fourni par un système d'exploitation. Il faut mentionner bien sûr que cette émulation peut prendre deux formes suivant qu'on émule une machine complètement, y compris son processeur, ce qui permet de considérer un machine comme entièrement virtualisée donc entièrement transportable avec les programmes qu'elle exécute, dans un bloc mémoire, ou bien suivant qu'on émule uniquement le fonctionnement d'un groupe de processus à l'intérieur d'une fraction de l'environnement d'exploitation représentée par son interface extérieur. Cette deuxième approche, qui permet le même résultat global (la virtualisation d'un ensemble de programmes installés et configurés) à un cout bien moindre s'appelle la "conteneurisation", un "conteneur" étant cette fraction utilisable d'une machine, contenue avec ses programmes dans une image transportable qu'on peut lancer rapidement sur n'importe quelle machine. 

    La virtualisation permet la multiplication et donc la mise à l'échelle rapide. Des centaines d'images identiques peuvent alors être lancées sur de multiples machines, le seul problème à résoudre étant l'allocation des individualités, sous la forme d'adresses IP dont il faut organiser la distribution et la configuration. 

     

    Kubernetes

    Le système Kubernetes (K8S) est une solution au problème de l'allocation des adresses aux images virtuelles qu'on souhaite répartir sur un cluster de machines connectées sur un réseau dit réseau des "noeuds" (nodes), porteurs effectifs de la puissance d'exécution. 

    La première décision est celle de considérer les images comme des grains indépendants qu'on peut regrouper pour former le véritable granule à connecter sur le réseau: le "pod". C'est le pod qui disposera d'une adresse IP, toutes les images lancées à l'intérieur la partageant, exactement comme cela se fait dans une machine ordinaire. 

    L'organisation logicielle à l'intérieur du pod sera donc celle d'une machine connectée ordinaire, une machine "virtuelle" en un nouveau sens, elle-même modulaire d'ailleurs, puisque formée de multiples images. 

    La deuxième est de connecter les pods sur un réseau particulier, dit "réseau des pods", à la fois universel, (absolument tous les pods du cluster y sont connectés et donc interconnectés), et aussi distinct du réseau des nœuds. 

    Un pod se trouve ainsi absolument indépendant du nœud sur lequel il s'exécute et la première grande fonction du système est ainsi obtenue, qui est la complète isolation du réseau physique et du réseau "logiciel" utilisé par les programmes. L'attribution des véritables adresses sur de véritables machines est faite indépendamment du logiciel qui se trouve déployable et capable d'être mis à l'échelle exclusivement en manipulant les configurations logicielles. Une fonction radicalement inconnue des systèmes d'exploitation ordinaire est ainsi fournie.

    La mise en relation de pods localisés sur des nœuds différents n'est pas faite par le système Kubernetes lui-même, mais par des extensions (il en existe de multiples) qui mettent en œuvre diverses astuces pour transformer auto magiquement les messages IP envoyés de manière à connecter les pods comme s’ils étaient sur un véritable réseau au sens expliqué plus haut. 

    L'un des dispositifs possibles est expliqué ici. 

    D'abord on va considérer la communication entre pods sur UN nœud donné. Connecté sur un interface réseau particulier commun à toutes les images du pod, un processus qui envoie un message l'envoie à un filtre spécial, configuré avec le pod, qui identifie l'adresse d'un pod de destination comme locale, et transmet le message sur l'interface virtuel qui lui correspond. 

    Pour communiquer entre différents noeuds, le principe général consiste à allouer à chaque nœud un sous-réseau particulier et à gérer sur chaque nœud la table de routage globale correspondante. Dès qu'un pod distant est identifié, on émet le message vers le nœud porteur du sous réseau correspondant. Réciproquement, quand un nœud reçoit un message à destination d'un pod identifié dans le sous réseau dont il est porteur, il transmet le message à son dispositif interne qui finit de l'acheminer.

    Un routage de niveau supérieur est ainsi réalisé. Le réseau des pods est ainsi lui même "virtualisé". 

    Mais il y a plus fort encore. Les pods pouvant être multiples et rendant tous le même "service", on pourrait souhaiter attribuer une identité IP à cet ensemble et introduire une adresse dite de "service", qu'un mécanisme utiliserait pour balancer les messages entre les différents pods associés. 

    Une telle adresse peut être allouée lors de la configuration des pods et être nommée dans un DNS local. 

    Dés ce moment, un pod souhaitant connecter un autre pod peut envoyer un message vers cette adresse là, et les mécanismes internes de Kubernetes sont alors capable de la distinguer d'une adresse ordinaire, de constituer l'ensemble des adresses de pod correspondantes et de distribuer le message vers l'un ou l'autre d'entre eux, en alternance. Le service devient alors bien plus puissant, et capable de supporter des charges arbitraires, suivant le nombre de pods qu'on lui associe. 

    Pour qu'un service soit accessible de l'extérieur, un système simple est mis en oeuvre, dit du "port de noeud" (nodePort). On configure un port (toujours le même numéro de port) sur tous les noeuds du cluster pour envoyer tout message envoyé dessus vers un service particulier. On sait le dispositif d'envoi capable sur tous les noeuds (c'est le principe) de router le message. Dés lors, tout dispositif capable de router un message desitiné à une adresse de service, à condition qu'il  se termine par l'envoi du message sur ce port là de n'importe quelle machine du cluster, peut distribuer du flux sur ce service.

    Il faut noter que l'adresse de service n'est pas "routable" à priori, et que cela pose un problème. Il y a une solution et qui consiste à attribuer l'adresse du service à UN seul noeud du cluster, et à faire en sorte que cette adresse soit annoncée par le protocole ARP mis en oeuvre sur ce noeud. 

    Toute machine connectée sur le réseau des noeuds peut alors envoyer du flux au service avec les procédures ordinaires décrites. Notons qu'une seule machine sert de point d'entrée. Bien que balancée entre plusieurs pods, le flux ne passe d'abord que par un seul point. On pourrait alors introduire un autre dispositif permettant d'entrer dans Kubernetes par plusieurs points d'entrée situés sur des noeuds différents. 

    L'idée consiste à configurer ces noeuds comme des routeurs, et à utiliser une caractéristique du routage qui est que quand un routeur a le choix entre plusieurs routeurs de destination pour un réseau donné, il balance le flux entre les routeurs de destination. Le protocole IP est alors utilisé quasi directement pour assurer la distribution équilibrée des messages entre plusieurs noeuds kubernetes, assurant ainsi une fiabilité et une puissance de traitement maximale.

    BGP 

    On se doit de mentionner ici BGP (Border Gateway Protocol) le protocole dit de "routage" de l'internet et qui permet de connecter arbitrairement des routeurs généraux sur l'internet. Elément essentiel de ce qu'on appelle le "backbone" de l'internet, c'est à dire les artères majeures de l'acheminement de tout le traffic, il permet à un routeur d'"annoncer " ses tables de routage aux routeurs auxquels il est connecté. 

    Les tables de routages des différents routeurs sont alors constituées de proche en proche. En bordure, sur un routeur ainsi informé, on peut accéder à n'importe quel réseau annoncé. Et c'est comme ça que l'internet est unique. Gloire à lui ! Il est la seule chose qui existe. 

     

     

     

  • Les morts

    L'Occident s'est arrêté. Pour rien. 

    Alors que la révolte devrait être évidente, et que nous devrions être dans la rue en train d'écorcher tout ce qui ressemble à un progressiste, nous rasons les murs avec nos attestations truquées, la plupart avec un masque et les rebelles comme moi fièrement le nez au vent, avec un masque dans la main au cas où. Quelle honte. 

    L'inquiétude

    La gestion de l'épidémie fait appel à l'inquiétude et aux questions qui se pose autour d'elle. C'est le problème du rapport à l'avenir, de sa prévision, et comme celle-ci est impossible, de ce qui motive et justifie les décisions à prendre. Cette question qui concerne d'abord les individus est très difficile à considérer par les responsables de collectivités et donc par ceux qu'on appelle les "politiques" généralement élus et en charge sans contestation effective possible des décisions effectivement appliquées. 

    Non pas qu'on ne puisse pas "contester". De multiples critiques sont exprimées, et de nature parfois extrêmement pressantes et justifiées, voire convaincante. Mais cela n'a pas d'effets : les décisions sont prises.

    Par exemple, le port du masque en extérieur est inutile et on veut forcer les gens à le porter en permanence, voire chez soi, cela est recommandé par "certains" médecins. Or on sait que l'essentiel des contaminations par le virus est due aux contacts répétés des mains avec le visage, sachant que le virus reste typiquement sur des surfaces souillées plusieurs heures. Les staffs de Raoult, au milieu d'un hôpital par lequel passent des centaines de contaminés tous les jours, se font sans masques, mais les soignants qui n'ont eu ni contaminés, ni morts, depuis un an se lavent les mains toutes les dix minutes... 

    Accumulant les miasmes, les masques qu'on se touche en permanence (chaque contact diminue dans les deux sens l'effet du soi-disant filtrage) sont sans doute pernicieux et portent atteinte à la santé globale des personnes qui s'écrasent sur le visage toutes leurs bactéries pour rien. Mais la décision est prise, depuis la négation de son utilité du temps qu'on n'en avait pas, et qui couta son poste à Sibeth Ndiaye... Quelques voix se font entendre, mais noyées "démocratiquement" dans un bruit qui ne contrarie en rien la réalité de la vie: les masques sont obligatoires et fétichisés. 

    A part un gros clin d'œil que j'ai échangé démasqué dans la rue avec un autre dissident, rien ne montre que la population ait conscience de cette horreur, que personnellement je ne peux tout simplement pas supporter plus de quelques minutes. Je plains de tout mon cœur le peuple de soumis et de cons (en gros les commerçants qui me servent ) qui supportent toute la journée ce martyre. Que ne se révoltent-ils pas ! 

    Revenons à l'inquiétude. Elle est d'abord liée à une ignorance de l'avenir. Le virus va-t-il se propager beaucoup ou pas ? Devant une incertitude de cet ordre, on peut avoir en gros 4 attitudes dont une seule est rationnelle. 

    D'abord l'inquiétude est liée à une attitude traditionnelle devant la vie qui marque la diversité des consciences. On peut être intérieurement bien ou mal disposé quant au monde et à soi et décider pour compenser de le manifester dans un sens ou dans l'autre. Par exemple, des personnes profondément pessimistes sur le monde et eux même peuvent en retour manifester dans la vie une énergie et un optimisme à toute épreuve, quitte à tromper son monde, entrainer les indécis, rassurer les malheureux mais rester solitaire et triste. Au contraire, on peut vivre une vie de coq en pâte favorisé et compenser son impression de sécurité par un pessimisme permanent, qui n'est que l'expression de sa culpabilité de ne pas avoir de problèmes. La prévision d'un malheur prochain conjure la peur de perdre son malheur: quand la prédiction funeste ne se réalise pas, on jouit... 

    Et puis il y a le reste des cas de figures depuis l'optimiste béat un peu crétin jusqu'à la noirceur suicidaire des vrais pessimistes, qui pleurent amèrement l'accomplissement de leurs funestes prévisions vérifiées, sauf quand ils se trompent, et là ils accentuent leurs nouvelles prévisions. 

    Pour tenter de contrôler la véracité ou l'adaptation des prévisions faites ainsi directement depuis son sentiment interne, ce qui n'est à la réflexion pas vraiment raisonnable, on peut tenter l'objectivité et opter pour la collection de données, puis par leur examen approfondi, ce qu'on appelle l'attitude "scientifique" ou rationnelle. 

    Ces attitudes s'appliquent dans bien des situations. Par exemple, quand on dispose des modèles mathématiques classiques de la contamination, qui permettent de "prévoir" l'avenir en suivant l'exponentielle rationnellement. Rationnellement amplificatrice et au combien la fameuse courbe donne donc les millions de morts rationnellement prévu que nous donnent à chaque épidémie depuis vingt ans les spécialistes de l'Impérial College London, le nom du taré qui nous afflige étant Neil Ferguson. 

    400 000 morts nous guettent nous a dit Macron après avoir annoncé que le confinement en ferait 9000. Il en fit 4000 et on reconnait que la fin de la deuxième "vague" ne doit rien ni au couvre-feu insuffisant, ni bien sur au confinement décidé le jour du pic. Le "coup d'arrêt" donné à l'épidémie par la contrainte des corps et la ruine des commençants est une mesure fasciste inutile et dispendieuse irrationnelle à souhait et qui traduit une inquiétude absurde issu des tréfonds pourris des tarés qui nous gouvernent...

    La modélisation est irrationnelle car non fondée sur l'essence de la décision rationnelle, pourtant théorisée: le retour d'expérience basé sur l'observation est essentiel. Foin d'inquiétude: on ne peut estimer une situation que sur son observation dans tous ses aspects, sur l'expérience passée et sur les connaissances en rapport accumulées. 

    Car très certainement, l'"épidémiologie" explication des épidémies par la simple dynamique des contaminations ne tient pas compte d'un phénomène majeur que nous avons vu lors du covid 19 et qui est la modification progressive, "naturelle", du contexte même de l'épidémie. Sans que l'"immunité collective" ne soit en rien atteinte, le virus cesse d'être "actif" et la contamination, puis la maladie induite cesse de se propager. Cette cessation d'activité qui ne doit rien ni au confinement ni aux actions des humains reste mystérieuse: elle est réelle et seule explique l'incroyable inadaptation des prévisions faites à la réalité finalement observée. Observée et connue cette propension des épidémies à disparaitre pour des raisons inconnues est niée par les "prévisonnistes" car elle défait toutes les magies et c'est tout le problème.

    Car la folie est rationnelle en fait: le fou a tout perdu sauf la raison et l'inconnaissable parait précisément hors de la raison: dire "je ne sais pas" trouble les tréfonds de l'humain et ne peut être prononcé, ou sinon par les vrais sages. 

    On a alors l'attitude revendiquée par Dider Raoult et qui est précisément ce "je ne sais pas" (l'avenir) mais je sais (par mon expérience) et peut donc décider en fonction d'éléments objectifs. Parmi, eux une confiance basée sur l'expérience de la limitation a priori des phénomènes épidémiques dont l'ampleur peut être globalement estimée hors des prévisions aventureuses inutiles et prétentieuses. On en sait juste assez pour agir vraiment, sur le réel et non pas sur un futur fantasmé, action panique qui capte toutes les actions possibles et empêche donc l'adaptation raisonnable, qui elle, contenait la vraie solution et aurait dû rassembler toutes les énergies. 

    On l'a vu lors du premier confinement, le décideur Delfraissy l'a avoué : une fois la décision prise, TOUTE l'action possible était contenue dans la mesure extrême qui allait (bien sur) tout résoudre : point besoin de tests, donc. Et bien cette attitude était la mortifère et absurde cause qui conduisit à la ruine et je viens de le prouver. 

    Un cas d'école: le général en chef, vérolé jusqu'à l'os par l'incompétence nous livre à l'ennemi alors qu'il aurait dû connaitre les mécanismes secrets de sa défaite. 

    L'inquiétude ou la prédiction aventurée n'est ainsi que folie inutile et perte de temps et traduit surtout la peur, peur d'agir, de ne pas agir, et de l'avenir en général. Et puis il faut raisonner en "horizon": toute situation a une amplitude maximale, à l'intérieur de laquelle on peut se situer pour apprécier l'ampleur des corrections à apporter en situation d'incertitude: point besoin par peur de confiner un pays entier pour un nombre de morts finalement faible. 

    Point besoin d'envoyer une bombe atomique pour régler un problème de préséance. 

    C'est cela qui est arrivé pourtant et l'explication de (1) est majuscule. 

    La mort avant

     

     

     

     

    (1) La conférence d'Olivier Rey  https://www.youtube.com/watch?v=ttqDzMbu-kw

    (2) un Raoult, le dernier: https://www.jeanmarcmorandini.com/article-438985-coronavirus-revoir-l-integralite-de-l-interview-exclusive-du-pr-raoult-ce-matin-dans-morandini-live-sur-cnews-et-non-stop-people-video.html

    (3) Le véritable dernier Raoult https://www.jeanmarcmorandini.com/article-442867-exclu-le-pr-raoult-affirme-dans-morandini-live-etre-victime-d-un-complot-qui-vient-de-tres-haut-a-la-fois-medical-et-politique-video.html

    (4) une charge violente contre Raoult ; Christian Lehmann https://youtu.be/QMwEFyUGCIc

  • Les communs

    A l'occasion d'une réflexion intéressante (bien que déconnante) (1) d'un homme sincère, plein du souci de l'humanité et finalement émouvant, et aussi lucide de manière surprenante, on se donne le droit de gloser sur les questions qu'il pose et qui sont très profondes et aussi très difficiles. 

    D'abord une considération générale sur la brutalité du monde médiatique et internétatique. Au passage, il faudra bien trouver un mot en tique pour désigner ce qui est bien un nouveau média, voire un nouveau (et jusquelà inconnu) mode d'expression. Désigné par le mot "les réseaux sociaux", il est le monde d'expression publique à caractère principalement anonyme que rend possible le Web en général, twitter et hautetfort compris. Distinct du simplement médiatique, car purement expressif des individus, il est ce fameux nouveau monde dont Eric Sadin est spécialiste et dont l'importance dans le façonnage d'une nouvelle intériorité des humains est aujourd'hui décisive. 

    La surveillance

    Tout d'abord Sadin en 2009 évoquait la société de surveillance généralisée qu'était devenu l'Internet. C'était avant Snowden et l'intuition était particulièrement justifiée: un état, les états unis d'Amérique, avec l'assentiment de ses plus hauts dirigeants, avait mis en oeuvre délibérément un espionnage généralisé des personnes et des institutions en truquant et détournant sous le sceau du secret toutes les intimités du réseau des réseaux, y compris celle du chancelier de l'Allemagne fédérale dont on espionna les conversations. Les clés de chiffrement furent affaiblies, les programmes que tout le monde croyaient sûrs modifiés par la bande, les protocoles espionnés et détournés, les mails interceptés. Tout fut bon pour rendre transparent à un état les secrets généraux de la correspondance. Cela servit d'abord la lutte anti terroriste, mais pas que. 

    Alors que l'on est sur, après la révélation Snowden, que les principes fondamentaux du chiffrement des communications est resté intact (le fameux chiffre à clé publique), on sait qu'une gamme infinie de truquages variés est disponible pour détourner et espionner les échanges sur l'Internet, et que les US sont à fond dans son exploitation sans limites, en profitant outrageusement de son prestige et de sa domination technique. 

    De fait, toutes les préventions que pouvaient avoir à l'égard de l'Internet les vieux réacs du minitel à la grande époque se sont révélés vraies: recevoir un mail peut infester votre PC et cela fut fait massivement pendant toute une période, des méthodes de chiffrement (symétriques) largement utilisées étaient cassées et cela fut utilisé massivement pendant toute une période, des failles informatiques des logiciels et machines furent exploitées sans les divulguer par la NSA pendant toute une période etc etc. L'Internet ETAIT une astuce ricaine pour espionner le monde.

    De fait, l'exploitation du monde par les US fut réelle et complète pendant toutes les années 2000, et on se demande par quelle négligence coupable la CIA et la NSA ne purent empêcher le 911, à croire à un complot ourdi par eux mêmes ! Par contre il est sûr que la réaction fut violente: tout fut mis en oeuvre depuis pour que les USA puisse tout savoir de ce qui se passe sur l'Internet, SA chose. 

    Les conséquences ultimes de cela, par delà l'espionnage caché et bien sur l'espionnage public: tous les échanges sont archivés, et la gratuité des communications et des stockages s'accompagne de leurs exploitations sans vergogne ni limites par les opérateurs techniques pour des fins variés, depuis la publicité (bien sur) jusqu'au reste, tout ce qui peut se vendre sera vendu et tout ce qui est exploitable sera exploité. 

    En Chine, où les choses sont plus claires, on en est au "crédit social", ou archivage officiel des comportements sur le site global de la police non de la pensée mais des attitudes, ce qui revient de fait au même... 

    Pour les fondus de facebook ou de twitter en panique si on leur suspend leur compte, la chose est en fait strictement équivalente, et on en vient à ce que décrit Sadin, et qui nous concerne nous. 

    La brutalisation internétatique

    Sadin parle de brutalisation des rapports sociaux (internétatiques surtout, mais pas que). Au passage, et c'est ce qui le caractérise, il détruit des idées reçues. Ce n'est pas le retour des années 30 et du populisme dont il faut s'inquiéter, c'est du contraire strict: une extrême individualisation des points de vue et de leurs expressions, toujours exprimées du point de vue du solitaire révolté par l'injustice du monde, dont il est le seul à se faire l'écho et à ressentir la vérité. Prends ça Carmignola ! 

    Cela va jusqu'au refus systématique de toute parole publique, y compris celle des partis dit "populistes" réduit au silence et déconsidérés. Bien sur les gilets jaunes sont passés par là. Sur les rond-points y a-t-il eu une fraternité, ou du "commun" ? Oui, brièvement, mais sans lendemain et la majorité de la population s'en est détourné, achetée par quelques avantages et surtout dégoutée par l'odeur des merguez... 

    La pratique numérique a fait la protestation et aussi sa limite, voilà la thèse: l'individu libéral, nouvel homme pendant de celui du communisme est maintenant advenu. Privé de tout discours d'action car l'action n'est que collective et d'abord symbolique, l'individu ne peut que s'exprimer avec violence, c'est la seule manière de hausser le ton. Voilà ma condition, partout, tout le temps. En gros: il ne peut y avoir d'action collective via les écrans. La collectivité de l'autre coté des écrans peut et doit devenir tout aussi violente pour se maintenir. Le monde se brutalise de toutes parts. L'individualisme mène au fascisme, c'est d'ailleurs ce qu'il souhaite. 

    On pense à ces bons esprits, révoltés par les voitures incendiées du fait des gilets jaunes qui appellaient à tirer sur la foule... 

    Socialisme

    Sadin évoque alors longuement le socialisme et tout son appareillage : depuis la CNR de 44, chargée de réparer par a sécurité sociale le peuple abimé des années 30 qui donna le nazisme et la collaboration, jusqu'au néo libéralisme des années 80 qui détruisit tout, l'espérance de 81 massacrée en 83 (l'évènement est fondateur) puis répétée en 2012 et massacrée la même année... Tout y passe. 

    Au passage il décrit l'émouvant sentimentalisme, tout à fait réel, mais bien sur navrant qui a présidé aux choix de Mitterand et de Hollande. Un imaginaire frelaté qui avait pourri et s'était nécrosé depuis 1936 et qui ne mourut vraiment qu'en 2017 avec l'élection de Macron... À pleurer. Que dire ? Qu'il n'est qu'un songe creux misérable basé sur la dégénérescence chrétienne du début du siècle et l'horrible XIXème sciècle décrit par Muray. Qu'il repose sur un malentendu anthropologique et spirituel au sujet de l'égalité (symbolique et non pas matérielle), de la liberté (qui est aussi celle d'être pauvre) et de la fraternité (qui ne peut être que nationale). Être de gauche c'est être un contresens vivant. 

    Pourtant le gentil Sadin ne voit pas autre chose et sa vision désespérée de la fin du monde commun pourtant effective, il ne peut pas l'interpréter comme la fin de la décomposition de son propre monde. Car c'est bien la gauche qui a abandonné le commun, faute d'avoir eu le communisme... Désespérés par la faillite inévitable, annoncée et souhaitée de tous ses idéaux lamentables de totalitarisme partageur, incapable d'accepter une pauvreté relative inévitable, elle préféra se suicider dans la haine et le ressentiment. La violence actuelle n'est plus la haine fasciste des juifs apatrides, mais la haine progressiste contre les sionistes, les derniers nationalistes... 

    Tout montre la haine du monde qu'entretient et développe la fureur de la gauche décomposée et atomisée: haine du progrès, de l'industrie, du sexe, des religions, de la vie même ! Au nom d'une conception non pensée et absurde de la santé, elle tue son économie et on trouve des articles qui se réjouissent de la fin des chemtrails et de la réduction des émissions de CO2 dues au confinement. Macron dernier gauchiste ? Et oui. 

    Par ailleurs le diagnostic du mal fait par Sadin EST réel: oui la santé numérisée et encadrée dans des méthodologies fausses basées sur des modèles informatiques absurdes est débile et fait disparaitre l'essentiel qui est le soin. Oui, les "réseaux sociaux" alimentent cette fureur et en fait montrent l'étendue de la soumission entretenue à la stupidité des conseils débiles: mettez des masques à vos enfants quand vous les embrassez le soir.

    Empêché de voir les lèvres de leur nourrices masquées, les bébés de l'année 2020 deviendront fous ou nazis, en tout cas en grande partie idiots et furieux. Ils exigeront un dédommagement. 

    On en vient alors au remède proposé par Sadin: la mémoire blessée et son esprit abruti par le confinement fut réceptif au scandale de la mort de Georges Floyd, le délinquant drogué à mort qui fit une overdose sous le genou d'un policier qu'il connaissait en scandant le slogan covid par excellence: "I cant breathe", celui qui marqua la fin désespérée des obèses et des diabétiques non traités qui passèrent l'arme à gauche pendant la période sans diminuer vraiment l'espérance de vie globale des populations. L'Occident est malade, cela est sur, mais la mémoire des noirs anciens esclaves qui se réveillent 2 siècle après pour reprocher à leurs libérateurs de s'être rendu compte de leur misérable état est signe d'une pathologie bien plus grave...

    Sadin infecté par la peur des banlieues en révolte, excitées par les réseaux sociaux ? Il est prêt à lâcher du lest en tout cas, et cela est un peu lamentable, mais bon. Le mal est réel et l'incapacité des blancs à s'imposer avec autorité à toute cette merde est inquiétante. On ne retiendra que l'inquiétude, mais avec l'envie de la cogner, toutefois. 

    Car la réparation ne doit pas avoir lieu et ne sera jamais le fait des hommes: c'est aux victimes des injustices passées de se démerder avec leur rancoeur qu'ils doivent dépasser pour accéder à leur vérité. 

    Cette conception simple fut décrite par les philosophes chrétiens en plein milieu de l'antiquité finissante: par la négation et le dépassements des lois juives et des dieux impériaux romains fait en faveur d'un vrai futur, qui créait, c'est la grande invention, des hommes "nouveaux" car conscients d'une autre chose que leur sordide merde ancestrale de victimes soit disant éternelles. La réparation sera "au ciel", et le christianisme naïf des noirs américains dans leurs gospels folklos est exactement cela. A mille lieux des lamentables demandes de subventions des associations noires infectées par la connerie et le rap merdique décérébré. 

    Ce point de vue est même exprimé depuis l'intérieur de l'église, par des contempteurs éclairés et très intelligents du progressisme naïf du pape actuel et consorts (2). Comme quoi c'est possible, sans rien retirer aux victimes de toutes les sortes. Cela peut de plus être affirmé encore une fois "virilement" c'est à dire sans détour avec une grande puissance de conviction, celle des pères de l'église, et donc de l'un des premiers d'entre eux, Justin (3). 

    Il reste que la conception générale progressiste en vigueur exclut tout à fait à l'heure actuelle de penser cette séparation d'avec cette partie du monde à la fois déjà là et à venir (...). Rien ne peut éthiquement être accepté qui ne soit pas la reconnaissance de la liberté et de la souffrance de ces humains là et la virilité que j'évoque avec admiration est absolument minoritaire, inaudible et impensée. 

    Ne peut jouer son rôle qu'une violence encore implicite et la crainte ou le souhait de violences effroyables, seul horizon envisagé on vient de le voir... 

    Humanité

    Il y a dans l'expression de ces points de vue, des caractéristiques incontournables et qui sont liées à l'acceptation ou au refus du monde et à l'articulation entre deux attitudes pensées à la fois nécessaires et inévitables. 

    Le monde accepté futur des humains qu'on ne peut qu'accueillir avec tous leurs défauts et donc avec leur religions et leurs degrés de réflexion vaut acceptation et refus. Acceptation du fait, et refus de ses conséquences inévitables, qui est la violence qu'il peut manifester et à quoi on dit à l'avance ne pas vouloir s'opposer : cela revient à l'accepter et à l'inclure. L'idée est plaisante: au nom du refus de la violence on accepte celle des autres et tout le paradoxe pacifiste est là. Il nous ronge et nous ne faisons rien. 

    Un camp de réfugiés sous tente est en voie de croissance à Saint Denis aux frontières de Paris. Supportable, il est supporté. 

    (1) Eric Sadin Thinkerview Octobre 2020 https://www.thinkerview.com/eric-sadin-la-fin-dun-monde-commun/

    (2) Capelle-Dumont: l'église "strikes back" : https://www.causeur.fr/philippe-capelle-dumont-eglise-186461

    (3) Justin: le premier philosophe chrétien et apologètiste: https://www.persee.fr/doc/rscir_0035-2217_1988_num_62_4_3104

  • Les post modernes

    On en finit plus de voir Michel Maffesoli déblatérer sur la post modernité. Cette fois, il s'en prend à la gestion du Covid (1)  et fait l'éloge d'une modernité qui s'effondre devant le virus, au nom de la raison. 

    Je vais essayer d'expliquer. Maffesoli est un gros prétentieux déconneur, mais malin comme un singe, et finalement assez distrayant.Un intello foireux, certes, mais très intelligent et brillant, et aussi très intéressant. On trouve des interviews vidéo de lui sur youtube en quantité.

    Il décrit la société (c'est un sociologue) comme souscrivant ou supportant des "valeurs" différentes suivant les époques et décrit assez clairement ce qu'on appelle la "modernité" et ce qui la remplace maintenant, la "postmodernité" qui en est le contraire. La modernité commence à l'époque de Descartes, avec l'âge de l'"individu". Seul, progressiste, universaliste, athée l'individu moderne laisse la place progressivement à la "tribu", "collective", passionnée de traditions, festives, enracinée dans un territoire etc. C'est cela les "valeurs" qui changent. Le grand mérite des intellos, c'est qu'ils expliquent le sens des mots. Qui utilise les mots "valeur" ou "moderne" sans savoir ce qu'ils signifient ?

    Le pouvoir reste exercé par des modernes, dont le caractère "progressiste" devient insupportable aux gens.
    L'"universalisme" qui rend équivalentes toutes les cultures au nom de la "modernité" et qui croit que le "progrès" de l'esprit humain rend semblables tous les hommes et permet donc de les faire gérer par un gouvernement mondial conduit par la raison est typique du modernisme à son apogée.
    Cette naïveté imbécile est tellement grandiose qu'elle est partagée (au cas où vous ne le sauriez pas) par toutes les élites mondiales, pape compris, et se trouve actuellement en train de ravager le monde. Elle est le responsable idéologique de la folie immigrationniste qui subvertit l'occident.

    Cette nuit, Joe Biden peut être le prochain président US, a accusé Trump d'avoir une politique d'immigration "criminelle" pour vouloir empêcher les USA anglo saxons blanc, protestants et riches se faire envahir par des dizaines de millions d'indiens hispaniques catholiques et misérables.

    Et bien le moderne croit aussi en la science et ne soigne que si des procédures "scientifiques" sont respectées. Il se laisse gouverner par des "scientifiques" qui n'ont pas eu le temps ni de chercher, ni de trouver, et qui dans l'ignorance totale d'une maladie inconnue font n'importe quoi dans l'urgence, par exemple entuber des vieillards par centaines, ou croire en des modèles mathématiques débiles absolument irréalistes qui les poussent à confiner des pays entiers, provoquant la ruine de l'économie pour rien. Corrompus jusqu'à la moelle, les équipes gouvernementales des progressistes totalement paniquées font n'importe quoi pourvu que cela profite à un laboratoire qui propose le parangon du progrès, un traitement à 3000 dollars par tête toxique et prouvé inefficace depuis des mois. L'Europe vient d'en commander (début octobre) des centaines de milliers de doses...

    Cette nuit, Joe Biden a sans doute renouvelé sa condamnation de la gestion du covid par Trump, qui aurait fait d'après lui (voir une conférence de presse récente) des centaines de millions de morts. Vous avez bien lu, le futur président des US confond millions et milles et reste persuadé que la maladie est très grave et que tout le monde est atteint alors que la maladie ne fait en réalité guère plus de morts que les grippes inaperçues des années passées.

    Pendant ce temps, de braves africains organisés en tribus, habitués à la misère généralisée, se soignent avec le premier truc pas cher qui semble marcher et ont beaucoup moins de morts que les blancs. L'excès des naissances africaines dû à leur contrôle pragmatique de l'épidémie va les rendre encore plus désireux qu'avant d'aller remplacer ces connards de blancs incapables de se gouverner.

    Étonnant non? Et bien le covid 19 sonne le glas de la modernité, et la fin de l'occident "moderne". Cela est dû à une perversion complète des valeurs qui ont fait son succès et qui maintenant, complètement dégénérées, le poussent à se suicider pour rien, par incapacité à assumer la mort de quelques vieillards.
    La majorité des français forme un peuple vieilli, malade et imbécile, qui attend la mort et qui sera balayé par l'histoire dans le siècle qui vient. Il ne laissera rien qu'un paysage ruiné par sa tristesse, sa médiocrité et les ruines abandonnées des époques oubliées avec lesquelles il a définitivement rompu et qu'il déshonore.

    DIE, BOOMER DIE !

    Un Boomer c'est un "baby boomer", typiquement un soixante huitard, né soit des fécondations inespérées des prisonniers masturbateurs de retour des camps, soit des bien plus glorieux chibres vainqueurs qui les remplacèrent 5 ans. 

    Après avoir vécu enthousiaste le glorieux retour marxiste des années 68 qui lui permirent d'affirmer le summum moderne individualiste et scientiste, il est devenu riche, assisté obèse et fragile. En position dominante, il exige que la société se suicide pour lui éviter les risques qu'il encourt avec son nez bouché. 

    Tel le monde maya qui abandonne ses pyramides, le boomer, toujours à l'avant-garde, consume enfin la société de consommation qu'il déteste. Le crépuscule des dieux sera bon pour la planète ! 

    (1) https://www.causeur.fr/michel-maffesoli-hypocondrie-couvre-feu-anxiete-185716

     

  • les 17 Octobre

    Les drames

    Le Samedi 17 Octobre 2020, on vit simultanément l'instauration d'un couvre-feu au nom du principe de précaution, des réactions horrifiées à un meurtre atroce perpétré contre un enseignant la veille par un migrant tchétchène dont la justice française avait refusé l'expulsion de sa famille, et une marche de sans papiers clandestins en plein Paris réclamant leurs régularisations sans conditions. 

    Cela fait beaucoup pour un début de week-end et tout vient de loin, le gouvernement en place à ce moment précis de l'histoire devant avoir eu une fin de week-end chargée.

    La génération au pouvoir en France à cette heure de l'histoire doit assumer la responsabilité bien des choses dont une politique sociale extraordinairement dépensière et destructrice qui manifestement achève de ruiner le pays, une politique migratoire extraordinairement laxiste et imprudente qui manifestement conduit aux pires errements et une politique sanitaire extraordinairement autoritaire et panicarde qui manifestement conduit à la ruine brutale et inutile de secteurs économiques entiers. 

    Cette invraisemblable accumulation de nullité, de connerie et d'incompétence est absolument navrante et signe l'abandon par un pays civilisé de tout bon sens de toute fierté et de tout avenir. 

    Désespérés certains jeunes et certains vieux souhaitent maintenant qu'on passe à autre chose: violence, fascisme vengeur ? Tout ce qu'on méprise chez les peuples d'où viennent les migrants se présente chez nous comme un futur, c'est ce qui justifie en fait partout, la désespérance et le gout suicidaire du désordre complet, état naturel qui ne peut être rompu que par un espoir ou un projet, un attachement à un principe supérieur. Mais cela c'est pour après, il nous faut d'abord plonger.

    Car la France ne peut fonder quoique ce soit que sur des ruines et un abaissement complet. La longue suite des humiliations absolues que virent 40, 54, 58, 62, 68 n'en finit plus de le prouver. Il fallut 50 ans, une vie d'homme, pour finir d'abaisser la dernière mise debout. 

    Pourtant, il suffirait encore de faire preuve d'énergie et de logique: qui se lèvera et ferait "the right thing", en s'opposant à l'inéluctable subi par tous: libérer l'économie, arrêter l'immigration, ignorer l'épidémie, bref, tout ce qui est l'évidence même et qu'on considère impossible.

    Il faudra donc que l'on plonge, que la ruine soit patente, en tout cas établie; que la violence s'installe enfin de façon symétrique avec les premiers vrais déclassements; qu'incapable de lutter, la police laisse les débordements se produire, voire y participe. Y aura-t-il une force française qui puisse rétablir quoique ce soit avant que l'étranger, seule solution, ne s'en mêle ? L'occupation turque sera pesante, je vous le garantis. 

     

    Un peu de poésie

    Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
    Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

    Les textes

    Revenons aux lois, aux textes et espérons que quelques décisions de changement de comportement deviennent possibles. 

    D'abord, l'article 9 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme (1) 

    "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

    La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. "

    Ensuite, une conclusion du conseil constitutionnel (Décision n° 2004-505 DCdu 19 novembre 2004)(2)  qui se référant à cet article, considère que la CEDH respecte:
    "... les dispositions de l’article 1er de la Constitution aux termes desquelles « la France est une République laïque », qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers".

    On fera remarquer que c'est exactement cette phrase que le sénat (à majorité républicaine ) voudrait faire rentrer dans la constitution, ce qui est pour lui une forme d'action et donc de réaction au meurtre atroce du jour... 

    Bref, en conséquence de quoi, il semble légal, (en plus d'être nécessaire) de contraindre les relations que la religion musulmane et sa pratique doit entretenir avec l'Etat, du moins en France.

    Cela jusqu'à imposer, de par la loi, aux musulmans de ne pas faire pression sur les fonctionnaires par leur habillement, exigences alimentaires, exigences de contenus informatifs ou éducationnels. Ce qui revient à imposer ce qui n'est pas l'usage affirmé par bien trop de gens, de la neutralité de la consommation des services publics. 

    Cela doit permettre de rendre légal l'interdiction du port du voile aux mamans accompagnatrices, et aussi aux étudiantes à l'Université. De rendre impossible toute demande de traitement particulier en matière de soins, d'alimentation collective, ou de contenu de programme d'enseignement. Bref, tout ce qui ne ressort pas de la pratique religieuse au sens défini plus haut et qui ne concerne que le cultuel et le rituel exclusivement, plus la liberté d'enseignement.

    Hélas, la notion de "pratique" que l'on pourrait ici distinguer du pur rituel et qui donc pourrait inclure les obligations non cultuelles d'habillement ou de régime alimentaire, pourraient réclamer en plus de ne pas être interdites, d'être obligatoirement rendues possibles par les services publics, au nom de la liberté... La position du CCIF, en quelque sorte. Sauf si bien sur on sort du CEDH, ce qui est une recommandation forte des gens comme moi mais qui nous fera perdre du temps. De toute façons, ce texte n'engage pas absolument les états. 

    Or, considérés comme des marqueurs d'une volonté maintenant clairement reconnue d'emprise sur le social par des mouvements politiques mettant en danger l'exercice des libertés républicaines, ces "pratiques" doivent maintenant être interdites. Une partie difficile s'amorce et je fais confiance à Macron (tu parles). Ce qui nous ramène à Baudelaire.

     

    (1) https://www.echr.coe.int/librarydocs/dg2/hrfiles/dg2-fr-hrfiles-20(2004).pdf

    (2) https://www.conseil-constitutionnel.fr/sites/default/files/as/root/bank_mm/decisions/2004505dc/2004505dc.pdf

     

  • Les mortalités

    On voudrait gloser ici sur les chiffres et considérer et estimer les mortalités. 

    D'abord les mortalités ordinaires mesurées globalement par l'INSEE. En 2019.  En °/oo (pour mille) de la population.

    totale:    10

    infantile: 5

    <65 ans: 2

    >65 ans: 40

    Tout est dit. Tout doit se ramener à cela.

    Mortalité routière: 0,5 °/oo en 2013

     

    Comparons alors avec le Covid

    La mortalité début septembre 2020 reste inférieure à 1/1000  °/oo PARJOUR , soit 1 par million par jour, soit 0,3 pour mille si cela durait toute l'année... Une grippette.

    Capture d’écran 2020-09-14 à 05.59.51.png

    C'est à dire moins de 1 par million par jour, le pic de l'épidémie étant de 10 à 20 morts par millions par jour...

    Donc, pour les plus de 65 ans, quelque soit les embouteillages en hôpitaux auquel on puisse assister, la mortalité globale reste TRES faible.

    30 morts par jour = 10 000 morts par an pour une épidémie qui durerait UN an soit

    10 / 60 000 = 0,2 °/oo de mortalité supplémentaire.

    Pourquoi donc nous fait on autant chier pour ça? ET OUI ! 

    Une pétoche totale a saisi l'occident qui s'est suicidé. Bye. 

  • Les utopies

    Francis Wolff est un professeur émérite, ex directeur de l'ENS Ulm en philosophie et auteur du merveilleux et détaillé "Pourquoi la Musique ? ", sa grande oeuvre. Il faudra en parler... 

    Partisan de la corrida il est par ailleurs, et cela n'enlève rien à la complexité du monde, il reste un salopard de cochon cosmopolite taré dont l'effrayante connerie ignorant l'humanité est digne de son histoire personnelle: un enfoiré de soixante huitard, juif allemand, fédéraliste européen et totalement hors sol. 

    Pourtant le monsieur classifie et a un esprit d'une clarté invraisemblable et pond les concepts avec une maestria reconnue de grand prof. Il n'en est pas moins ce qu'il est. 

    Saluons tout de même sa géniale ontologie: il y a les choses qu'on voit, nous en faisons les images; les évènements qu'on vit, nous en faisons la musique;  les personnes que nous connaissons, nous en faisons les récits. 

    D'abord il y a les anciens antiques et leur conception des animaux (zoein). L'homme se trouve classé entre les dieux et les animaux, rationnel ET mortel. 

    Wolff avec ses "3 utopies contemporaines" (1) explique que notre âge de l'individu a abandonné ses utopies et n'en retient aujourd'hui que trois: 

    1) le transhumanisme, utopie de la première personne: le "je"

    2) l'animalisme, utopie de la deuxième personne, le "tu"

    3) le cosmopolitisme (qui a la faveur du monsieur), le "nous", la justice. 

    L'immense mérite de cette classification, comme celles de toutes les classifications, est de distinguer les 3 piliers du progressisme, ce  qui est en train de détruire l'occident. Situer entre les dieux (le transhumanisme) et les animaux (l'animalisme), et cela suivant la tradition grecque, l'homme cosmopolite est évidemment magnifiquement intelligent, mais on n'en attendait pas moins de cet homme là... 

     

    Transhumanisme

    Personnellement j'ai toujours eu un faible pour le "je", et mon transhumanisme, qui est celui de l'humain augmenté (et non pas celui de l'intelligence artificielle) par l'informatique continue de me stimuler. Simplement si on a inventé les prothèses mammaires, oculaires et auditives, c'est pour le bien de l'humain et on fait cela depuis longtemps. 

    L'immortalité qui est évidemment impossible à obtenir et elle n'a de sens que sous forme d'un allongement de l'espérance de vie en bonne santé, elle-même maintenant en train de plafonner. La question n'est évidemment pas là, malgré les fausses descriptions. Même Wolff semble fasciné et comme sidéré par la prétention. La considérer comme "non souhaitable" est assez ridicule en fait, car l'impossibilité dénature le projet, qui n'est soit qu'une fausse espérance soit une pragmatique priorité technique exagérément couteuse. Surtout quand on en vient à sa réalisation effective, qui confond "vie" et "survie inconsciente". Les alzheimers au dernier degré pour lesquels on sacrifie nos économies sous ce prétexte lamentable montrent bien le danger de la confusion. 

    Non, la recherche couteuse (et réservée aux riches) de la qualité prolongée de la vie a surtout des effets secondaires et il faut les explorer, le scandale du confinement covid n'étant que l'un d'entre eux. 

    Parlons d'un eugénisme tout au long de la vie, contrôlé quantitativement et automatiquement, la prévention devenant fascisme; ou bien d'une exploitation massive d'organisme humains végétatifs, réserves d'organes variés et et avenir possible de certains délinquants (après un procès régulier bien sur).

    Parlons d'une réduction très importante de la population environnant une caste de super riches, terriblement augmentés et vivant grâce à des robots. Ces "nations robotisées" peu nombreuses pourraient alors tenir tête à des ensembles humains indéterminés toujours sujets aux reproductions inorganisées et donc à la faiblesse militaire et sociale, le temps de leur transformation ou de leur disparition. 

    Le "transhumanisme" est de toute façon porteur d'un clivage de l'humanité, cela est certain. Le refuser est suicidaire, on ne pourra que l'adapter à ses intérêts compris, et pas le considérer impur, car il est garant de puissance et donc de domination. Qui veut être un pur esclave ? 

    Ce qu'on veut c'est une augmentation effective de la capacité de traitement de l'information par les humains et une fois passée la vague de vieux qui s'annonce aujourd'hui, mais qui n'aura qu'un temps, l'occident ne sera plus peuplé que de la fraction de l'espèce qui accepte de faire des enfants, c'est mécanique... Raison de plus pour qu'elle soit productive. 

    Un point important: la robotique doit être développée (c'est pour cela qu'elle ne l'est pas en France, qui prévoit de les taxer) pour pallier l'immigration. L'opposition robot<->nègre est patente et il nous faut absolument la dépasser en faveur du robot. Cela est à portée. Le robot paiera nos retraites si on s'y prend bien. C'est la vision japonaise. 

    Un autre point important absolument ignoré, voire nié par Wolff est l'open source. Le système en apparence cosmopolite de la production collective et publique des programmes, sur le modèle revendiqué par la science du XVIIIème siècle (des pairs qui s'engueulent par courrier à travers le monde) conduit à une technique mondialisée publique qui justifie l'expression "techno science". Selon le gout et les intérêts des humains (et non pas des entreprises) du bien commun est fabriqué en permanence tout en laissant la maitrise effective des objets produits aux gens assez malins et puissants pour maitriser cette production. Une élite se construit dans ces milieux et leur réputation acquise se monnaie déjà très très cher dans le privé. Quelle belle manière cosmopolite de concevoir les logiciels du futur ? De fait, un trou dans la trop claire classification.  

    Note: il n'y a pas dans ces communautés de fanatiques patentés orientaux, MAIS des personnes hélas des deux autres utopies, la mode du geek chtarbé végéto qqchose est bien sur générale. 

    Animalisme

    L'animalisme est un idéal infiniment méprisable dont je voudrais ne pas parler, mais qui pourrait bien être la seule utopie vraiment populaire, tant la pratique de ce genre de choses est facile à accepter. Depuis le refus de la corrida jusqu'à l'interdiction des chiens (on a bien réussi à interdire leurs crottes) et l'acceptation de la sauvagerie en ville même, les errants de toutes espèces ayant bien le droit de se nourrir de nos ordures (on protège bien les ours blancs en goguette) 

    La folie de cette recherche de valeurs non humanistes dans l'infra humain est patente et désolante mais se trouve considérée comme seule issue possible par beaucoup, le dégout de l'homme en général, blanc et chauve en particulier est la règle. Notons le coté proprement sexuel de ce dégout : il est celui de la femme devenue folle de son image véhiculée par les médias et qui ne veut plus s'accoupler à ce qu'elle estime indigne d'elle. Léda ne veut que son cygne, et l'animal devient la seule représentation acceptable du sexe mâle, depuis la licorne, la passion des petites filles pour les chevaux, les tigres blancs trop mignons, et bien sur le corps omniprésent de l'homme noir nu, image parfaite de cette transgression-là. 

     

    Cosmopolitique

    Nous en voilà alors à une variante (selon moi) de la précédente et qui consiste à considérer comme indistinctes toutes les personnes humaines et à se déclarer prêt à opérer leur fusion dans un gouvernement mondial absolu avec un minimum de subsidiarité. Tout est là. On peut y ajouter tout de même Kant, inspirateur de la chose. 

    Voir une personne comme Francis Wolff (je ne peux m'empêcher d'admirer sans restrictions ou presque l'incroyable clarté d'expression qui émane de cet homme) agiter la main en trouvant suffisant de considérer gérable comme subsidiarité accessoire le concept de Nation absent de son système cognitif est absolument effarant... 

    Pour lui, la question de l'identité associé à UN récit (quelque il soit) n'a pas de puissance, pas de valeur et pas d'existence réelle et structurante. Tout doit passer par la disparition ou l'oubli de ces récits et leur mélange indistinct et "à la carte" avec tous les autres. Les hommes et les cultures n'ont pas vocation à se distinguer par des institutions distinctes, et l'avenir du monde passe par leur effacement complet. 

    Soutenu par Alain Policar (avec qui j'ai eu l'honneur de me fritter) et Raphel Glucksmann (le fécondateur de Léa Salamé) cette belle notion est pourtant débunkée par Wolff lui même. 

    Assoiffé de droit, le solitaire individu moderne qui ne veut que se faire respecter sur tous les points possibles n'a plus d'utopies accessibles ou envisageables, et DONC se réfugie dans la seule possible: la généralisation à la planète entière de ces droits universels là. Tous les hommes étant égaux strictement, ils peuvent vivre où ils veulent, à moi les petits migrants isolés. 

    Je me permettrais d'être en désaccord absolu avec cette thèse, pour moi insensée et absurde, et faisant fi de tout ce que l'on peut savoir, comprendre et vivre des relations avec les autres humains. Car il n'y a d'humain libre et doté de droits que dans un espace limité qui est celui de sa nation, qui ne peut avoir intérêt à protéger la liberté et à garantir des droits égaux pour tous que pour ceux qui "font partie" de son espace, cette appartenance étant ce qu'on appelle la fraternité. 

    Toute extension démesurée, excessive ou sans raisons objectives de cet espace, ce qui détruit la fraternité, porte immédiatement atteinte aux droits et à la liberté de tous. La Nation est première et seule justifie l'Etat.

    Cette conception moderne de la souveraineté possible fondée en droit des collectivités ne peut être ignorée ni remplacée, elle est la seule garantie du maintien de la paix globale. Car le national, qui fait des nations des individus en état de nature, ne pouvant se protéger que par des alliances de gré à gré et par la paix bien comprise entre agresseurs potentiels irréductibles n'a pas et n'aura jamais de super nation. Si c'était le cas, et bien il suffirait qu'une seule nation colérique veuille s'y soustraire pour la sécession créée suffise à détruire et à conquérir son voisinage trop vite libéré de la nécessité de rester autonome. La super nation n'est ainsi qu'un empire parmi d'autres, et alors que les nations peuvent s'entendre car elles doivent s'entendre, les empires, chacun à la recherche  de la domination universelle, ne peuvent que se mener des guerres sans fin. 

    Cette nécessité de la discussion inter-nationale, qui peut conduire d'ailleurs à de vastes zones de libre échange, voire de partage d'infrastructures ou de libre circulation, est LE moteur de l'amitié entre les peuples, à rebours exactement de la vision du national guerrier acharné à haïr l'autre. Seul la calme sureté de son originalité et de son indépendance fait des peuples libres les coopérants libres et confiants des efforts planétaires collectifs. Seuls les accords confiants et libres de ce type peuvent persuader les autres vastes zone des aspects pacifiques et purement constructifs de ces efforts là. 

    Tandis que les guerres d'alliances, impériales, acharnées à se partager le monde, voire à le vouloir tout entier ne mènent qu'aux désastres qu'on a vu.

    Les guerres révolutionnaires, commencée au nom du "vive la Nation" de la république que les "impériaux" voulaient assassiner se termina par une coalition de tous contre un empire que personne, je dirais bien sur, ne pouvait supporter. Funeste idée que d'avoir en dix ans transformé une nation magnifique en empire impossible. Le stratège corse n'était qu'un rital vaniteux. 

    Les guerres du XXème siècle ne furent pas nationales !!! A chaque fois, la funeste volonté de reconstruire l'empire de Charlemagne, obsession germanique sevrée d'état commun pendant mille ans fut le moteur de la haine et de la destruction. La France survécut en 14 par son nationalisme et mourut sans doute définitivement dans sa lâche acceptation d'un l'empire en 40. 

    Laisser s'installer une administration impériale c'est vouloir terrifier et menacer et cela aura toujours les mêmes conséquences. La France a vu son empire colonial dissout et rongé par les nationalismes légitimes des peuples qu'elle prétendait civiliser: comment n'a-t-elle pas compris que l'Europe impériale reconstruira et d'ailleurs est en train de reconstruire devant nous la même haine terrible si elle ne prend pas de salutaires précautions ? 

    Pourtant il y eu l'abée de Saint Pierre, l'inventeur de la paix perpétuelle, de la "Diète européenne", de l'Union Européenne et finalement du conseil européen de 1815. Inspirateur de Rousseau et de Kant il pourrait être le fondateur véritable d'un cosmopolitisme. Rousseau devrait vous faire dresser l'oreille: il inventa lui la nation moderne, émanation de la volonté générale, locale par définition... 

    Parlons de Kant qui a lui aussi sa paix perpétuelle, citée abondamment par Wolff. Il a tout prévu: point de dette pour la guerre, et une fédération d'états libres. 

    Tout est là: les nations sont dans l'état de nature, dans la guerre perpétuelle de tous contre tous, et il faut les en sortir. Il nous faut donc travailler sans relache pour la paix car tel est notre devoir. Kant ne fonde cependant pas une nation universelle, il n'y a pas "un seul" peuple: c'est le doux commerce qui aplanira les différents... 

    On pensera à la Turquie, rejetée dans les ténèbres hors de l'Europe au nom de l'histoire, et qui viole pourtant un impératif de Kant: il faut des républiques et donc la séparation des pouvoirs pour que les nations s'allient. Les rets du juridique, déjà, au coeur des nations et la contrainte est mesurable, nous en faisons l'expérience. Cela vaut il mieux que la guerre ? Sans doute, au moins pour pleins de raisons. 

    Ainsi, Kant le fédéraliste n'a pas pensé la nation, ni locale ni globale. Il oublie sans doute que les gouvernements sont d'abord ceux des princes et que certains d'entre eux se pensent eux surhumains: Erdogan, Xi Jinping sont des monstres nommés à vie et qui menacent le monde. Faut il vraiment renoncer à s'armer moralement et militairement pour détester ces fléaux ? 

    Inventé par Diogène de Sinope, le cynique par excellence, le cosmopolitisme est  une doctrine christique à la grecque, antérieure au christianisme. Il faut bien comprendre qu'elle fut développée par les stoïciens. Il fallait un juif pour faire mieux. De manière intéressante, la pensée du "royaume" n'est pas un utopie politique de la part du christ historique: juste l'assurance de la fin du monde prochaine. Dans ces conditions, point besoin de nouvelle constitution. Un autre mystère divin que cette vision là, à mon sens bien plus sage. 

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=k3wVX1q_wUI

  • Les cartes du chanoine

    Fasciné par la question, il me faut revenir au déclin du christianisme en France. On partira du livre qui en parle, et qui attribue tout le mal au concile Vatican 2 mais pas que, l'historien Guillaume Cuchet étant subtil et en fait très fort, un modèle d'intellectuel et d'historien. 

    En partant d'une carte établie en 1947 et qui mesure la rupture peu après 67, juste avant 68, on a pu voir le saut gigantesque que fit la société française à cette époque. Y a pas que De Gaulle qu'il faut regretter... 

    D'abord les chiffres. 

    En 14, les 3/4 des missionnaires dans le monde étaient français. Le voilà l'universalisme et voilà pourquoi on vient chez nous: on les a formé pour ça. 

    1960: 95 % des enfants sont baptisés dans les 3 mois, en 2010, 30% dans les 7 ans. 

    1960: 25% des adultes vont à la messe tous les dimanches, en 2019, 2% 

    En 1872, on demanda aux français s'ils étaient catholiques: 97,5% répondirent oui. 

    2019 : 18,5% des prénoms donnés sont musulmans, 1% en 1950.

    2019: 65% de la population est "sans religion". 

     

    D'abord la carte du chanoine, identique à celle de la constitution civile du clergé: c'est toute l'affaire, et l'étiage se mit à diminuer drastiquement dès la moitié des années 60. L'affaire était que les zones déchristianisées existaient déjà et que le phénomène de l'abandon vient de loin. Le chanoine dont la première carte datait de 47 et qui observa une grande stabilité pendant vingt ans, vit les courbes plonger avant sa mort en 77, et même avant 68.

    67: le maigre n'est plus obligatoire et les poissonniers perdent 30%. La réforme liturgique commence en 64.

    Un point: ne pas aller à la messe c'est se mettre en état de péché mortel. La pratique religieuse était obligatoire et le respect du à Dieu, essentiel. C'était en gros le point que j'avais souligné déjà: le culte est d'abord dirigé vers Dieu, et l'absence de référence à celui-ci est essentielle. L'âge de raison, c'est celui du début de l'obligation de la messe. 

    Le point d'après c'est la pénitence, abandonnée autour de 70, elle était de 15% une fois par mois. Comme si le péché avait subitement disparu ou du moins n'avait plus de rapport avec l'au-delà, si celui-ci était maintenu par ailleurs. 

    Et puis, Cuchet en parle, un texte conciliaire sur la liberté religieuse, qui bien que frappé du bon sens, évoque le possible tri entre les dogmes et initierait donc la destruction du bloc, qui ne pouvant plus être imposé globalement, se fissura entièrement. 

    Bref, le reproche envers le Concile, le fait des catholiques intégristes, rejeté massivement bien sur, fait bien état de la coïncidence : dès 64 la nouvelle liturgie est introduite et ça commence à plonger. Toute une culture fixée du devoir s'effondre, et le premier signe est la crise des vocations inaugurée dès 68, tu parles, 15% du clergé disparait brutalement. 

    On ne se lasse pas de s'interroger sur ce séisme subit et sur la nature de ce qu'il y avait "avant". D'abord, on doit savoir que bien des fidélités ne l'étaient que de circonstance ou de sociabilité, voire carrément duplices. Si l'on se lança dans une telle réforme, n'était ce pas que bien des gens en avaient envie ? Simplement, en l'absence de démocratie on négligea le peuple et celui-ci se détourna du principe... 

    Cet oubli, ce dédain brutal n'est-il pas ce qu'on peut observer pour d'autres institutions, ou que l'on pourrait redouter ? Le déniaisement délie deux fois: de la pudeur officielle et de la pudeur privée. Cesser de "pratiquer" fait gagner du temps.

    Bien sur, il y a le transfert du sentiment religieux dans d'autres pratiques et Charles Taylor, le demi dieu Canadien parle de "supernova spirituelle". Y aurait-il un avenir à cette chose que l'on semble regretter, au point qu'elle constituerait une réserve d'énergie incommensurable prête à servir à un certain moment ? A part l'espoir d'un "que ça pète", on ne voit pas les contours ou l'expression de cette explosion, pour l'instant trop douce et trop vague pour servir à quoi que ce soit, à part alimenter peut être les délires du Vegan, seul fanatisme authentique issu des délires écologiques. 

    On pourra aussi parler du fanatisme islamique, qui illustre finalement dans sa pauvreté l'essentiel de l'activité humaine consacrée au religieux: l'obsession du divin, seule chose intéressante. On a finalement beau jeu de moquer l'absence d'amour et de social dans l'islam: c'est qu'il s'est consacré, mystiquement à l'essentiel, le Dieu unique en l'occurrence, toutes les autres théologies n'étant que variantes d'organisation sociales. Eux choisirent celle des nomades en guerre de l'antiquité finissante, tant qu'à faire. Ils semblent savoir (la force des brimades physiques, rien ne vaut les coups de bâtons et les différents assujettissements des rituels obligatoires) que lâcher ce point là est la fin de tout, et c'est pour cela qu'ils nous méprisent. Eux aussi seront-ils victimes de l'infâme sécularisation? Comme séculariser une tyrannie impitoyable ? De ce point de vue, l'islam est DEJA sécularisé et voilà le résultat ! 

    Le résultat en question, pour ce qui concerne les chrétiens, et d'ailleurs souligné par Cuchet lui même, se produit dans le temps. On en vient à voir disparaitre les derniers chrétiens du temps de jadis qu'ils aient été parties prenantes de la réforme ou non. Puis nous disparaitrons aussi et il ne restera rien, la chose aura disparu complètement. Cuchet, spécialiste du XIXème siècle parle de l'étrangeté des sentiments personnels évoqués par les auteurs de cette époque (3). Nos enfants n'auront donc plus aucune espèce d'idée de la chose qui occupa tant leurs ancêtres.

    La clôture de la conférence est assez saisissante : l'homme est libre et finira comme il voudra... Une allusion profonde au fond de l'affaire telle que pensée par certains. L'image révérée de Dieu serait la seule représentation possible du bien final des hommes et la seule justification possible des sentiments et actions véritablement élevés. Son abandon délibéré, signification même du "péché" conduit l'humanité à son abaissement et justifie son besoin d'être sauvée, qui lui demeure, par contre. 

    Cette histoire bien construite et centralement inattaquable échoue devant l'indifférence mais peut être pas contre la prétention à une morale supérieure qui ne serait pas divinement construite. Car les plaintes des athées réactionnaires au sujet de la fin du monde prochaine causée qui par le climat, qui par les migrants est réelle. Le besoin du salut est présent et la solution raisonnable si elle ne vient pas, tout comme un Dieu silencieux, suscite bien des souffrances. Qu'est ce qui fait exister cette possible solution sinon un objet G, aporie et centre révéré qu'il faut bien considérer transcendant à moins de ne pouvoir penser son exploitation explicite ?

    Cherchons-le dans toutes les propositions faites pour mieux les déconstruire et vivons dans un néant courageux, qui ne souhaite pas la destruction mais la juge possible et qui s'en moque. Cela ne fait pas une boussole, il faut le dire, à part l'occupation qui consiste à commenter désolé toutes les tentatives possibles. Cela fait-il une sagesse ? Et faut-il que la sagesse soit utile ? 

     

     

    (1) La carte du chanoine Boulard: https://www.academia.edu/35762892/_La_carte_du_chanoine_Boulard_L_Histoire_no_443_janvier_2018_p_72_77

    (2) le comité ad mémoriam: Delfraissy et Chauvin https://www.ird.fr/creation-de-linstitut-covid-19-ad-memoriam

    (3) Conférence Janvier 2020 https://www.youtube.com/watch?v=sjWA43_7w5k

  • Les corps

    Le constructivisme passe bien entendu par le genre et bien sur par les corps, parangon de naturalité et de matière incontournable, le corps, son corps est il construit lui aussi ? Pourrait-il ne pas exister hors de la culture et donc ne pas exister du tout ? 

    Cette histoire d'existence est bien sur liée au constructivisme et son idéalisme sous-jacent, si troublant et si stimulant. Disons que l'affirmation de non-existence est d'abord une volonté de rendre premier les filtres a-priori de notre raison dans la perception des choses et bien sur de la réaffirmation de l'impossible chose en soi, bref, du Kantisme, c'est lui qui a injecté le vers dans le fruit en dénonçant ce qu'on pourrait appeler l'essentialisation, c'est à dire la localisation du signifiant dans les choses elles-mêmes, alors qu'il y a tant à faire avec ce qui en-dehors des choses... 

    Bon, il y a aussi ce que font les gens avec ces choses. On se retrouve ainsi avec la légitimation de la possibilité d'existence, le transgenre reconnu devant avoir ses toilettes et des débats très violents pouvant agiter une société développée, tels ceux sur le sexe des anges, typiques de ceux de la société intellectuelle byzantine du XVème siècle, juste avant la sodomisation violente des fils du basileus vaincu. 

    La construction du corps, comme celle du sexe est pénible pour une idéologie ancienne, le féminisme qui traversa plusieurs époques depuis ces femmes qui voulaient des droits, puis qui voulurent devenir des hommes, puis qui voulurent transformer les hommes en femmes puis ... 

    Le trouble se manifesta alors dans le genre avec Butler qui décrit la suppression de l'opposition femme/homme, détruisant ainsi l'essentialisme féministe et le renvoyant à sa contradiction fondamentale qui est de vouloir supprimer une différence que l'on nie... On se retrouve alors à vouloir et devoir déconstruire la femme et tant qu'on y est, son corps. Au passage, la revendication homosexuelle, ou plutôt pansexuelle de l'être humain ultimement "genderfluid" et donc totalement hermaphrodite culturellement, enfin. 

    On a donc bien revendication ultime du rejet de la différence sexuelle comme structurant incontournable de la société et de sa symbolique. Il faut noter que cela a des avantages individuels et collectifs, la volonté de certains érotomanes étant toujours d'élargir le bassin de frai ou pêcher (euh, pécho), et collectivement de simplifier l'obtention de la satisfaction génésique de base, les compagnons possibles de masturbation devenant tout d'un coup deux fois plus nombreux. 

    Revenons au corps construit par la performativité (au sens d'Austin) d'une répétition de l'injonction du genre (sans volonté toutefois): tu seras un garçon ! La construction au sens philosophique ne décrit pas, elle produit. Ce mécanisme de l'injonction dans la langage est typique d'une certaine féminisation de la pensée ou de la motivation à penser. Injonction de la mère qui répète le symbolique, injonction de la faiblesse aimante qui ordonne répétitivement, injonction à la femme de rester à sa place: le féminin a beaucoup à voir avec l'injonction. 

    Et hop! Me voilà essentialiste féminin, la femme avenir philosophique de l'homme, déroulant ses conceptions... Car, héhé, Butler reste une femme et on peut continuer à le lui dire.

    Et puis, il y a l'insulte retournée. Butler a deux exemples, la "drag queen" et le "queer". 

    La drag queen d'abord, qui "performe" le rôle féminin avec mauvais gout pour d'une part qualifier le rôle tenu par les tenants d'un genre (du théâtre) mais aussi pour empêcher par une parodie permanente d'assumer le réel imité qui se trouve devenir impossible, qu'il soit masculin (l'homme se déguise en femme en permanence) ou féminin (il n'y a que l'imitation comme on l'a dit). 

    Le queer ensuite, qui transforme une insulte, celle lancée au monstre imbaisable souffrant ou jouissant ou les deux, qui devient revendication d'un collectif ou d'une communauté, pour finir par le nom d'une doctrine, d'un point limite philosophique, d'une conception du monde... 

    Dans les deux cas, la manipulation du langage qui accompagne ces nouveaux êtres, d'ailleurs de parfaits "hybrides" au sens de Latour, à la fois réalité et fantasme vécu, se trouve mal décrite et Butler s'est heurté à cette réalité là: il lui faut assumer de dire que dans les deux cas, il n'y a pas de choix: la drag queen reste un homme, et le queer ne peut rien contre son intersexualité. 

    Au passage, on pourrait résoudre l'hybridation à l'ancienne. Et l'histoire du monde étant faite de désirs inassouvis remâchés sous les couvertures de toutes les époques on pourrait traiter les volontés de réaliser ses fantasmes transformistes par l'abstention et la masturbation, comme les psychismes humains savent le faire... 

    Mais cela ne convient pas à tout le monde et la société de marché réalise les fantasmes, c'est pour cela qu'on a créé les villes: pour que dans les caboulots les paysans en goguette dépensent... Le bordel a toutes les acceptions tout en gardant sa caractéristique essentielle.

     

    (1) http://cmdr.ens-lyon.fr/spip.php?article77

    (2) Judith Butler Troubles dans le Genre

    (3) https://www.lamaisonislamochretienne.com/lecorpsentrouble.html

  • Les éparses

    Madagascar, la "grande île" est entourée de petites îles... 

    Comores

    On connait au nord-ouest, les Comores (indépendantes) et Mayotte (département français, à 300 kms au nord ouest).

    On connait à l'est (600 kms), la Réunion (département français) et l'île Maurice (independante, à 180 kms au nord est de la Réunion).

    Seychelles

    Mais il y a les Seychelles (115 îles au nord, indépendantes). Anglaises depuis 1814 après leur vol à la France vaincue. Le nom vient d'un contrôleur général des finances français de Louis XV, Sechelles. 

     

    Parmi les Seychelles quelques îlots proches de Madagascar dont Coëtivy,  les îles Amirantes, dont l'île privée Desroches et la caye Boudeuse, nommée par Bougainville, et d'autres l'ensemble formant les îles dites "extérieures". 

    Découvertes par Vasco de Gama, les îles Amirantes incluent aussi l'île d'Arros, dont l'atoll Saint Joseph, voisin et maintenant inhabité et réserve naturelle fut la propriété de Liliane Bettancourt en 1998 et 2012. 

    Une "caye" est un "îlot" en langue Taïno, langue du peuple amérindien qui peuplait Cuba et Saint Domingue à l'arrivée des européens.

    Eparses

    Les 5 îles éparses entourent Madagascar. 

    Partons de Tromelin à 450 kms à l'est de Madagascar, à 400 kms au nord de la Réunion... 

    Les îles Glorieuses à 180 kms au nord ouest de la pointe nord de Madagascar. 

     

    L'île Europe à 300 kms à l'ouest de Madagascar à 600 kms de sa pointe sud

    L'île Bassos da India à 100 kms au nord nord ouest de Europe

    L'île Juan de Nova à 150 kms à l'ouest de Madagascar, à 400 kms au nord nord est de Bassos da India

     

    Les îles du vent

    Elles n'ont rien à voir et sont le long de la mer des caraïbes, en un arc du sud au nord et réciproquement.

    On note ALBA les îles états membre de l'Alliance Bolivarienne, qui comprend aussi Cuba, le Vénézuéla et le Nicaragua (mais plus la Bolivie).

    Depuis le nord:

    Anguilla  britannique depuis 1650 

    Saint Martin (mi française mi hollandaise) 

    Saint Barth (Gustavia) française

    Saint Kitt et Neuvis (ALBA)

          et à l'EST, Antigua et Barbuda (ALBA)

    Montserrat (Britannique)

    La Guadeloupe

    La Dominique (ALBA)

    La Martinique

    Saint Lucie (ALBA)

    Saint Vincent et les Grenadines (ALBA)

        et à l'EST, la Barbade qui vient (2020) de devenir une république

    Grenade (ALBA)

     

    Trinidad et Tobago  l'état pétrolier riche des caraïbes. 

     

     

     

     

  • Les évolutions

    Erasmus Darwin - Wikipedia, la enciclopedia libre

     

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  • Les schémas

    On connait les schémas kantiens décrits ici, et bien ils sont centraux en philosophie. 

    Expression de la réalité du temps pour Heidegger, le schématisme est le procédé technique par excellence, il est ce qui produit l'image sensible dans le temps. Il exécute et relie, rien que ça, l'entendement et la sensibilité. 

    Industrialisé par le Cinéma selon Horkheimer et Adorno, il aurait disparu, détruit par la modernité qui l'a remplacé par des machines déjà conçues. Bernard Stiegler est en désaccord mais introduit la notion d'"image objet" artefact produit en même temps que l'image et stockée en externe dans un milieu technique.

    Bernard Stiegler est mort le 6 Aout, le jour de la bombe atomique, et cela est bien dommage, il pensait, lui.

    Le pharmakon

    Au départ il y a bien sur Platon, le "Phèdre" (1) et le pharmakon.

    En gros, la philosophie se distingue de la sophistique et l'écriture qui sert au deux est un pharmakon. On a les deux serpents du caducée, le poison et le remède. Gift cadeau anglais, poison allemand.

    En parlant de jeu de mot, celui d'Héraclite : "arc" c'est "bios" comme la vie, en grec: l'"arc" son oeuvre est la mort... (bios fut remplacé ensuite par "toxon" pour désigner l'arc (2)...). Le calembour ta poubelle...

    Et puis il y a "la médecine ancienne", celle de corpus hippocratique, un hymne au progrès qui décrit la médecine comme vraie philosophie avec son origine dans la cuisine, ce qui distingue l'homme des animaux, un hymne au progrès qui fait de cette techné là un art du dialogue et de la persuasion, dénonce l'identification du symptôme et de la cause, et se décrit comme devant quantifier le qualitatif. Et puis la sublime possibilité pour le médecin de permettre ou d'interdire le fromage, une sorte de pharmakon du second degré. 

    Par ailleurs Hippocrate se défie de remèdes, trop souvent poisons: il n'y a pas de panacée. 

    Bon Derrida avec sa célèbre "Pharmacie de Platon" déconstruit Platon et laisse entendre que Platon gère l'ambiguité en fait, et va même jusqu'à introduire le 3ème larron, le pharmakos, le bouc émissaire... 

    Pour Stiegler, le pharmakon c'est bien sur aussi l'informatique et la technique en général, et c'est bien son discours à lui, que de ne pas dénoncer bêtement l'essence de notre monde, ce qui lui permet de le critiquer impitoyablement. Lui aussi gère l'ambiguité mais va jusqu'au technique.

    Pour Derrida, on est dans l'écriture pure, celle qui l'obsède. En gros le texte cache quelque chose, qu'il s'agit de découvrir. En bref le texte est plus que la graphie. 

    Pour Platon, qui fait parler Socrate, le vrai discours est celui qui, vivant, reste capable de se défendre après sa production, il est "écrit dans les âmes", en sachant s'y adapter, et se trouve le fait des "amis de la sagesse", ceux qui ont conscience du vrai et du juste en l'émettant. 

    Au passage, le maitre de ce type de discours fait appel aux mythes et bien sur à celui de Theuth, l'inventeur de l'écriture. Au passage, cette idée du Mythe qui exprime le vrai plutôt que le vraisemblable, objectif du sophiste reste saisissante. Entre le mythe et le sophisme, la vérité exprimée vraiment, celle qui passe du mythos au logos.

    Le message de Socrate et de Platon au nom du Socrate qu'il a tant aimé (on peut le dire comme ça) est d'une profondeur qu'on ne réalise pas et couvre l'essence du vrai de vrai, de ce qui frappe vraiment l'esprit et qui fait accéder à ce qu'il y a de plus important (comment le décrire vraiment?). C'est le propre de cette perfection du vrai, à la fois ressenti et communicable qui fait le "pistis" (croyance véritable) sophia (terme gnostique par ailleurs). Et bien cela est une transcendance exprimée, qui est le message grec repris par tout l'occident, la vérité de foi qui structura le monde depuis lors. 

    On a parlé de l'objet "G", et on le trouve là, dans le mystère de la littérature, le vrai inexprimable que l'on oublie, transmet et cache. La chose dont on DOIT se souvenir, pour le garder et qu'on écrit, c’est-à-dire dont laisse la trace, uniquement la trace, sans l'énergie, sans la vie. Ce pattern central est l'objet G point final, et point besoin de faire de grandes circonvolutions mystérieuses pour évoquer je ne sais quoi. Le Phèdre l'explique très bien en fait assez clairement: 

    "

    Aussi, l’homme qui croit que les meilleurs écrits ne peuvent réellement servir qu’à réveiller les souvenirs de ceux qui savent ; qui pense que les discours composés pour enseigner, prononcés en vue d’instruire, et véritablement écrits dans l’âme avec le juste, le beau et le vrai pour objet, sont les seuls qui soient clairs, parfaits et dignes de considération ; qui estime qu’il faut tenir de tels discours pour des enfants légitimes, celui d’abord que l’auteur porte en lui, s’il garde en lui ce qu’il a découvert, ceux qui ensuite, fils ou frères de ceux-là, sont honnêtement nés, les uns dans telles âmes, les autres dans telles autres : un tel homme, s’il dit adieu aux autres formes de discours, court le risque, Phèdre, d’être celui-là même auquel toi et moi nous voudrions ressembler.

    "

    Tout y est dit, et écrire dans l'âme pour que l'écrit soit la marque de ce dont on se souvient du logos qu'on a compris vraiment, décrit complètement la situation. Celle de la technique, de l'âme et de la transcendance de la vérité. 

    Le schématisme, passage du concept et donc de l'idée à la sensibilité de l'âme et du corps, maitre de la représentation y est à l'oeuvre, il me semble, magnifiquement. 

    La différance 

    On va se faire ici tout Derrida(3). Différance, archi-écriture ou archi-trace, le grand concept décrit l'écrit et cela est assez simple à comprendre, en fait, comme décrivant le rapport de l'Occident à la vérité. Etant béotien dans ce genre de contemplation, j'avoue m'identifier au déconstruit, mais avec la foi naïve de Socrate, et encore tout esbaudit de l'enthousiasmante fraicheur d'âme du maitre de Platon, le maitre de l'occident. 

    "
    La différance, c’est ce qui fait que le mouvement de la
    signification n’est possible que si chaque élément dit "présent", apparaissant sur la scène de la présence,
    se rapporte à autre chose qu’à lui-même.
    "

    On se positionnera alors vis à vis de Heidegger, qui identifie métaphysique occidentale à rebours, comme ce qui identifie à tort l'être à l'étant. Derrida, le contempteur de la présence, considère alors H. comme le grand supporteur de l'image du père, le texte étant le fils perdu aventureux, celui qui ajoute au produit du père. Derrida appelle cela la "dissémination" du "supplément". Mieux, pour enfoncer le clou, on parle d'"itérabilité", la fameuse répétition de la lecture ajoutant à chaque fois quelque chose. Le texte est ainsi un zoon, un animal vivant, bref le contraire de l'encodage précis et complètement détaillé du programme. Quoique... 

    Tout cela contre la répétition voulue par le symbolique paternel ainsi déconstruit, c'est le but. 

     

    Le Schematisme

    "

    Ce schématisme de notre entendement, relativement aux phénomènes et à leur simple forme, est un art caché dans les profondeurs de l’âme humaine et dont il sera toujours difficile d’arracher le vrai mécanisme à la nature, pour l’exposer à découvert devant les yeux.

    " Kant

    A partir de là (et surtout de (5)) on va passer de Taine (associationniste, on ne compose que d'anciennes images) à Bergson( on produit des images par un effort inventif). Sartre critique tout ça, pour lui l'image est conscience et non pas objet. Et Simondon met le schème "du coté de la machine" , c’est-à-dire parle du "mode d'existence des objets techniques". Pour lui le schème devient quasiment autonome, inscrit dans des lignées issues de la coopération entre  un concepteur et des réalités techniques. Mieux ! Simondon mettrait l'a priori dans le technique et c'est l'esprit qui s'ouvrirait au technique, dans le sens inverse de celui de Kant. 

    La question de la technique comme élément constitutif de l'échange de l'esprit avec le monde est donc abordée ici. 

    Les oppositions

    Cette distinction permanente, obsession de Derrida (le refus de la présence c'est aussi la dénonciation de tous les binaires (bon/mauvais, vrai/faux) je rigole: glop/pas glop etc. De fait le pharmakon par union des contraires l'exprime assez bien, mais c'est surtout Latour, avec la "constitution des modernes" qui le décrit le mieux, avec sa célèbre théorie de l'hypocrisie au sujet de l'opposition nature/culture, les deux objets devant rester distincts d'un part et d'autre part être et ne pas être "construits".

    Latour qui agonit les déconstructeurs, et se trouve être le constructiviste type, et joue avec toutes les constructions, puis démolit la déconstruction tout en nous la jouant, bref, on rigole et l'homme a tout l'humour du monde. Distincts pour ne pas être issus l'un de l'autre, mais c'est ce qu'on voudrait, l'un étant l'avenir de l'autre, la culture se doit de ne surtout pas être "dans" la nature, le mélange étant par essence créateur des fameux êtres hybrides qui caractérisent la barbarie perçue par le modernisme et que celui ci s'attache à cacher. Le déni du contradictoire, donc .

     

    Les Schemas

    On continue avec les schémas (6).

    Mais d'abord, revenons à Kant, on n'en finit pas de réaliser de nouvelles choses à son sujet, comme si l'"étudiant de terminale" que je suis n'en finissait pas de découvrir la formatrice philo. D'abord, on va se fendre de (7) qui remet les pendules à l'heure, peut être trop simplement. En gros, le "transcendantal", la prétention kantienne s'opposerait au "métaphysique" comme l'eau et le feu, la dénonciation heideggerienne envers un autre "métaphysique" couvrant bien sur les deux... 

    En tros les "transcendantaux" sont les concepts premiers du moyen âge, qui s'appliquent à la réalité des êtres. Kant fout tout ça en l'air et ne s'intéresse plus qu'au seul indubitable, les conditions de possibilité de cette application, le transcendantal. On distinguera ainsi parmi les concepts ceux de l'entendement et ceux de la réflexion, la réflexion transcendantale, précisément, qui règle les connaissances que l'on acquiert ou rejette de l'expérience étant les seules connaissances "pures" que l'on puisse considérer, car précisément, il n'y a de connaissance que ce qui passe par la considération de la possibilité de l'expérience. 

    Mais la raison de tout cela? Et bien elle est de résoudre la question de l'un et du multiple, certes, mais en fait de résoudre une autre question : celle de la contradiction entre liberté et causalité. Car la causalité est un concept tiré de l'expérience, qui permet la conceptualisation des observations, alors que la liberté est simplement pensable. Cette opposition résolue par la limitation critique permet de détruire "l'incrédulité qui s'attaque à la moralité", la morale assise sur la liberté étant sauvée... 

    La distinction entres les connaissables était connue au moyen âge cependant: on y distinguait l'universel du singulier, l'un percu par l'entendement, l'autre par la sensibilité. Par contre, là s'opposaient les dominicains et les franciscains, ceux ci considérant avec Scot que la connaissance intime, béatifique, du singulier était en principe possible, simplement paralysée par l'état de chute. Par contre la pensée du possible est elle accessible à l'homme, tout comme à Dieu, et c'est l'univocité de la pensée de l'être défendu par Scot, pour qui la pensée du possible, le transcendantal donc, est accessible à l'homme sous la même forme qu'à Dieu. Cette pensée est d'autre part "essentielle" car elle ce qui selon lui fait différer Dieu du simple démiurge platonicien: il crée AUSSI les essences au lieu de simplement se contenter de créer les existants. En cela,  le possible logique transcendantal s'oppose au réel possible métaphysique. Ce sont les deux sortes d'étants décrits par Scot, les intellectuels et les réels. 

    La question de la liberté devient donc première... 

    On considèrera qu'il y a deux traditions, Aristote, pour qui la raison étant première, et comme il y a contingence, la liberté est délibération,  et les stoïciens repris par Augustin pour qui, tout étant déterminé, la liberté n'est qu'aquiescement volontaire. 

    Pour les franciscains, on désignera par cela Olivi, Scot et la myriade d'anonymes qui passèrent tout le XIVème siècle à faire des variations sur ces thèmes, la volonté prime la raison comme propre de l'homme. C'est la rupture avec Aristote. 

    La volonté s'oppose donc à la nature, pour Scot cette distinction clive toute la pensée. Ainsi, la liberté, essence de l'homme, est indépendante de la moralité. Pour les stoiciens, la liberté consistait à être moral, pour Scot, la moralité se réduit à l'application de la loi. L'idée est de Bacon: "la liberté d'indifférence": on est libre de ne pas vouloir. Ainsi, on ne peut être coupable que parce que notre essence est la liberté. Et réciproquement ! 

    Cette primauté de la volonté sur le réel inaugure le transcendantal: le possible se définit entièrement par le non contradictoire, avant tout être, toute potentialité d'être. On a vu que cela est imposé par la nécessité d'un Dieu qui crée véritablement les essences, au lieu de les utiliser tel le démiurge hérétique. L'univocité de l'être fait de cette volonté une caractérisitique humaine au même degré. 

    Ainsi, alors qu'Augustin (et Luther) décrivent la grâce comme indispensable à la liberté, pour Scot, c'est le contraire: la grâce est possible du fait de la liberté. On se retrouve ainsi dès 1300 avec DEUX théologies chrétiennes différentes. 

    Pour commencer on a la relation entre volonté et théorie de la pauvreté franciscaine: pour vouloir être pauvre il faut abdiquer la volonté d'enrichissement ce qui justifie la manipulation honnête de la monnaie et l'invention du libéralisme. 

    Ensuite, il y a l'infini: la volonté franciscaine est infinie à l'image de celle de Dieu. On a alors une conception de l'infini qui se trouver inverse de celle d'Aristote: non pas ce qui laisse toujours quelque chose en plus, mais ce qui n'a pas de dehors, qui ne laisse rien en plus... Tout le multiple possible est donc contenu dans l'infini... 

    Et puis il y a la Renaissance, d'abord conçue avec l'"humanisme" comme se qui s'intéresse à la littérature, aux lettres plutôt qu'à la science. De fait inaugurée dés que l'on a absolument plus besoin des arabes pour nous transmettre quoique ce soit, elle célèbre la "dignité de l'homme" (Pic de la Mirandole) et aussi "homme soit ce que tu veux" (Nicolas de Cues). La volonté. 

    Un autre aspect, inauguré par Scot est l'oubli du moteur aristotélicien: la physique rompt définitivement avec la métaphysique, et c'est cela en fait, qui inaugure la future révolution copernicienne ! Voilà pour la science de la fin de la Renaissance, il suffisait d'attendre... 

    On se finira en ruinant (c'est Boulnois qui officie) H., dont l'"onto-théologie" désigne en fait une petite période, après le moyen âge, dont Descartes et que Kant termine, c'est lui l'auteur de l'expression. Le moyen âge est incroyablement divers, actif et créateur, c'est lui qui rend tout possible et Scot invente le transcendantal. 

    Alors que la liberté et la volonté étaient soumise à l'éthique, voire l'accomplissait par le paradoxe de leur accord avec le bien, on a ici encore révolution "copernicienne" juste avant l'heure: la vraie fin est l'éthique, en ce qu'elle se distingue du moral, je dirais absolument, elle est l'affirmation volontaire de soi comme voulant le bien, très au delà de toute empathie et de toute soumission: l'inverse en fait. 

    On a donc chez Scot avant Kant, le double mouvement cognitif et moral qui conduit à la "critique". Le thème est philosophique et métaphysique. Bien que Boulnois refuse les nécessités historique de la philosophie au nom de sa détestation de H., il faut bien dire qu'on pourrait voir dans le thème du transcendantal une belle ligne de fuite qui traverse les siècles avant et après la modernité dont on nous rebat les oreilles. Ah la belle histoire !!!

     

     

     

     

    (1) https://fr.wikisource.org/wiki/Ph%C3%A8dre_(Platon,_trad._Meunier)

    (2) https://journals.openedition.org/corela/3690

    (3) la rhétorique de Derrida https://ruor.uottawa.ca/bitstream/10393/12803/3/Vandendorpe_Christian_1999_Rh%C3%A9torique_de_Derrida.pdf

    (4) la schématisation selon Stiegler http://jef-safi.net/spip/spip.php?article474

    (5) Les schémas par un érudit: https://journals.openedition.org/appareil/2247#bodyftn22

    (7) le metaphysique et le transcendantal : https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-1999-3-page-89.html#re25no25

    (8) Boulnois et Scot https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2002-3-page-11.htm

  • Les modernes

    On en finira jamais d'admirer Bruno Latour, l'admirable "nous n'avons jamais été modernes" étant ce que je dévore comme révélation... Puceau de la science et de la philosophie, je ne mégoterai pas mon enthousiasme, le mec est vraiment génial, bien plus que Descola... 

    Il ne s'agit pas de résumer, mais de schématiser. Le moderne est fait de trois antinomies non résolues qui consument sa prétention: nature, société et divin sont-ils immanents ou transcendants ou les deux ? 

    La "Constitution" moderne est la description globale de toutes ces prétentions dont l'objectif était de différencier une fois pour toute nature et société, du moins c'était la prétention de premier plan, bien sur contredite immédiatement par la création d'entités intermédiaires humaines et non humaines, chargées de l'inter médiation. 

    Agité par deux actions antinomiques mais simultanées et successives de médiation et de purification, le moderne passe son temps à sauter du coq à l'âne, le fond de l'affaire étant cette réflexion du vieil indien, au coeur de tous les romans naturalistes de ma jeunesse: "vous les blancs avez la langue fourchue." L'ami blanc des indiens retourne dans sa tribu de blancs après le meurtre avec un fusil par les comanches de son ami apache... Qui peut comprendre cela ? Non pas l'anthropologue en voyage sabbatique chez les sauvages, mais bien celui qui doit maintenant décrire les bizarreries occidentales, et qui se doit donc de pratiquer la "symétrie" (dans toute sa complexité).

    On peut broder là-dessus à loisir, mais on a oublié un élément essentiel : l'objet hybride, que l'après moderniste se met à créer à tire larigo: à la fois culturel et naturel, il est un objet, fabriqué par la techno science socialisée, à la fois nature et culture et il y en a plein. C'est ce nombre qui fait l'originalité de la "culture/nature" occidentale: un effet de taille qui qualifie tout. 

    D'abord les domaines de la vérité: science, religion, droit, politique. Cela en fait 4 et on en a déjà parlé, il faut lui rajouter le médiatique... Au passage, Latour se rattache au pragmatique, celui qui identifie la vérité dans un domaine à ce qui fait changer le destinataire de l'information, dans le domaine correspondant (bien sur). A moi Dewey et Pierce, Latour dit d'où il vient et ce n'est pas de Derrida !!! Au passage, accuser le constructiviste Latour de vouloir déconstruire quoique ce soit est bien sur un niaiserie dans les termes... 

    Latour rend compte de ce qui m'avait toujours frappé et qui effectivement caractérise magnifiquement ce qu'est le monde moderne: la présence simultanée de l'incroyablement universel (les grandes lois scientifiques et juridiques, les états mondialisés, les échanges interplanétaires) et l'incroyablement local absolument trivial (les labos où on bricole, les terribles bugs informatiques, les lamentables trafics du coin de la rue). 

    Sur la base d'un global mythifié et halluciné, les anti-modernes veulent la ruine de la civilisation globale et haïssent notre monde technique, celui que nous, nés après les petites folies nazies et communistes, avons appris à aimer et trouvons "normal", avec ces propriétés-là..

    Et puis le global moderne n'est pas une nappe spirituelle qui nous recouvre, mais bien un entrelacs de réseaux "allongés" qui vont partout, mais qui ne "sont" pas partout: ils doivent comme les chemins de fer avoir des embranchements, et des opérations de décodage/recodage. Le transfert de l'information est comme une chaine du froid: il faut aux harengs congelés une circulation impeccable, sinon...

    Bref, au milieu du local/global et du naturel/social, il y a la "médiation" là où sont les hybrides et en fait tout le monde. Cesser d'être moderne c'est précisément vivre entièrement dans cette médiation, au milieu des agents, et autres objets intermédiaires qui font le travail de médiation, c’est-à-dire la "pratique" des grandes idées, des "descriptions" à notre place. 

    Il y eut les "pomos", les post modernes, contre lesquels Latour s'acharne avec cruauté. Propagandistes à l'envers de la modernité, ils détruisent tout en révérant. Mais le sort le pire est celui que Latour réserve aux anti modernes, pour lui de lamentables comparses de ceux qu'ils dénoncent sans jamais innover... Le projet de Latour est alors d'amender la Constitution moderne pour en faire quelque chose de viable, apte à se taper le vrai enjeu du XXIème siècle, la question écologiste. Il s'agit ainsi d'instaurer une nouvelle constitution de manière à fonder le parlement des choses, là où seront représentés les humains et les non humains. 

    Pour finir, on se retrouve avec Gaïa. Le pauvre Latour, devenu gateux s'enfonce dans la boue terrestre et se met à regretter les 40 années perdues à ne pas sauver la planète, le modèle des "somnambules" de Christopher Clarck nous menant (tous) à la catastrophe en 14. Le rôle des chinois, qui comptent bien surmonter la crise du covid en ouvrant encore plus de centrales à charbon n'est pas évoqué... Qu'est le modernisme chinois, M. Latour ? Sinon ce qui désorganise la belle théorie ou du moins les conséquences que vous en tirez. 

    De fait, la splendide élaboration que l'on admirait tant ne sert de rien pour qualifier la crise écologique. Car quant est il exactement ? Les pays d'Europe étouffés de bureaucratie sont en déclin, sauf l'Allemagne qui remis en service des centrales  à charbon pour compenser les jours sans vent de ses inutiles éoliennes et faute de nucléaire. Les US qui ont entamé une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre se sentent les cocus de l'histoire: ils sont en fait en passe de se faire dépasser par la Chine, vraie responsable de la fameuse crise et que les masochistes, même théoriquement (Latour en est un) brillants, s'attribuent à eux mêmes. 

    Je retiendrais que Latour met le doigt où cela fait mal absolument partout: frénésie idéologique du modernisme, réduit à néant par ses contradictions manifestes qui s'appliquent AUSSI à ses dénonciateurs, enfermés dans la même cage. Bien sûr que nous somme tous modernes et cela sans l'avoir jamais été... Ceci étant, il s'est tout de même passé quelque chose à l'orée du XVIIème siècle. 

    Je vais donc y aller de mon histoire à moi. Du fait des progrès de la société économique, la capacité de faire deux choses distinctes jusque là réservées à une seule caste active libre, la noblesse en charge de la guerre et de la science se démocratisa au moins en principe. Apparut la disjonction, non pas entre nature et culture, mais entre science et technique, qui purent être chacune appropriées par qui voulait. Des pirates fondèrent des états, des bourgeois se piquèrent d'athéisme sans et pour cause, respecter ce qui fondait leur pouvoir: la société cessa d'être une société d'ordres et la liberté, donc le cynisme de la disjonction entre morale et pratique put se généraliser à toute la société, du moins d'abord à celle des occidentaux, qui en profitèrent. Du moins dans un premier temps, le carcan bureaucratique (en particulier écologique) qu'ils se sont mis sur le dos commençant à ressembler aux rituels absurdes des sauvages que nous avons dominés. La Chine délivrée de ces stupidités en profitera-t-elle ? Cela reste la question, et c'est bien à Latour qu'il faut la poser. 

    P.S. Les échos , 8 Aout 2020. 2 articles intéressants.

    - une alarme au sujet de l'agroalimentaire français, menacé à court terme (on sait déjà qu'il est déficitaire depuis 2019, l'agriculture française sera en déficit en 2023 d'après le Sénat (1)), du fait des politiques anti ogm et anti pesticides variées.

    - une alarme au sujet de la 5G considérée énergivore et polluante et donc à combattre. 

    La pensée écologiste, celle que défend Latour malgré tout le génie de ses descriptions pourtant déculpabilisantes de la modernité, est aujourd'hui ennemie de l'occident. Il faut la combattre avec la dernière énergie tant qu'il est encore temps. Il est possible cependant, que le monstre soit déjà trop gros. Mais heureusement, comme on va se faire envahir par la Chine, les choses rentreront bien vite dans l'ordre... 

    (1) https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/selon-le-senat-la-france-s-oriente-vers-un-deficit-commercial-agricole-des-2023-202-148987.html

  • Les ontologies

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  • Les abeilles

    Au début il y eut la fable des abeilles 

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    Atroce et délétère histoire du monde et perception vraie du vrai réel, celui à qui nul n'échappe mais qui hélas ou heureusement se révèle polysémique et donc générateur de tout et son contraire, pour le plus grand bonheur des vrais amateurs. 

    D'abord cette histoire d'abeille n'a rien à avoir la comparaison entre abeille et architecte, titre d'un livre de l'ignoble collaborateur et ami de Bousquet, F. Mitterand déshonneur d'une France qu'il ruina. L'opposition vient de Marx, qui voyait l'architecte comme celui qui avait en tête une image de ce qu'on fait, contrairement à l'abeille elle tout occupée à faire et à répéter. On pourrait gloser sur la différence, mais Marx comme Mitterand n'avaient en tête que la volonté par opposition à la passivité, vieille idée des socialistes qui ne voient le monde que depuis leur égoïste ego en opposition à une masse qu'il prétendent  sauver et qu'ils trompent et dominent. 

    Ce point de vue est ainsi précisément celui que donne à voir Mandeville, annonçant à l'avance ce que sont vraiment les hommes, et les plus inventifs d'entre eux, ceux qui inventèrent puis révérèrent les plus abjectes théories d'exploitation des peuples dont toutes les variantes depuis le meurtre de masse jusqu'à la ruine délétère ne célèbrent que la friponnerie de personnalités douteuses. 

    Simplement Mandeville ne tirait que du bon de cette vilénie, sans avoir imaginé les théories qui dénonçant son cynisme en inventèrent de plus cyniques encore.

    Mandeville est connu pour plusieurs choses. D'abord sa fable (1705) qui met en scène une ruche dans lesquels les habitants raisonnablement heureux malgré les fripons qui en profitent trop, décide de devenir complètement vertueuse. Et bien cela la ruine immédiatement. Les choses étant vendues à leur juste prix... La fable est donc bien celle du désir de changer la vie de 1981...  Cette découverte a de quoi remuer, pourtant le texte est là, court et scandaleux: la vertu est néfaste, voilà le premier message. 

    "Le vice est aussi nécessaire dans un Etat florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger. "

    La description de l'état initial de la ruche, avec ses travailleurs pauvres, ses dirigeants richissimes mais au pouvoir borné par des lois, et sa classe moyenne de tricheurs débrouillards, ressemble étonnamment à un monde normal, juste décrit comme une ruche...

    Mandeville ne s'en tint pas là. Il ajouta dans les versions successives de la fable, des textes complémentaires, allant jusqu'à théoriser la construction de la société par des hommes à la fois acharnés au mal et soucieux de leur apparence vertueuse. Un pessimisme total suprême très grand siècle, parfaitement en ligne avec toutes les spéculations de l'époque, depuis l'augustinisme revisité par les jansénistes, jusqu'aux comédies de Molière, finalement guère idéalistes.

    Il est vrai qu'il est trop facile de prendre pour une dénonciation vertueuse l'affirmation (c'est là qu'est le scandale, et il fut historiquement majeur, voire prolongé jusqu'à aujourd'hui) que le monde est PARCEQUE mauvais. La nécessité de ce mal humain fondamental change tout: d'un idéal frustré d'idéaux nobles et valorisants, essence des êtres qui se voient à l'écart du monde, seuls représentants du bien (avec exceptionnellement les êtres "exceptionnels" qu'ils rencontrent, les seuls dont on peut tomber amoureux romantiquement), on passe à la contemplation cynique d'un monde mauvais en son tréfond par nécessité de vivre et prospérer, le mal étant la condition de l'existence. 

    La fable clarifie d'ailleurs le point: tenter d'être vertueux détruit le monde et le plonge dans la misère. Le mal humain individuel est cause du bien global et réciproquement. Au passage, on introduit LA grande idée, celle que Hayek lui attribua: la conception radicalement nouvelle de l'ordre spontané non intentionnel. 

    On a évoqué ici plusieurs fois cette révolution dans la pensée, cette conception inconcevable, cette idée toujours pas adminse: un ordre globalement stable et à la fois raisonnablement performant ou prospère peut s'établir sans qu'il ait été ni organisé ni voulu. Mieux: il est essentiel pour qu'il apparaisse que personne ne se mêle vraiment de l'organiser ou de le vouloir.

    Pour clarifier la chose et la rendre vraiment puissante, on introduit la morale individuelle: il FAUT que la volonté ou l'organisation voulue soit délibérément cynique, corrompue et mauvaise chez ses participants pour que le prodige se manifeste. 

    Le caractère immoral de la conception libérale du monde fit la force de l'idée à l'origine (il y 3 siècle), elle en était l'énergie dans un monde chrétien encore déchiré par la première modernisation, celle de la conceptualisation individualisée de la grâce. Sa puissance fut en fait telle qu'aujourd'hui et sans réflexion supplémentaire, la quasi totalité de l'intelligence intellectuelle d'un pays comme la France, pays d'origine de l'émigré en Hollande (Mandeville né en 1670 descendait d'un hugenot qui quitta la France à la fin du XVIème siècle), est à la fois révulsé par l'immoral libéral et cite Mandeville comme il cite Hitler, ironisant sur toute motivation non dirigiste du monde.

    Car le mal décrit par Mandeville est reconnu comme réel et là on part dans le grand manège de la grande fête foraine des "idées" politiques, celles qui nourissent les "débats démocratiques". La queue du Mickey peut être attrapée il suffit d'essayer. En tout cas cet immoralisme, à travers les siècles, et sans que grand monde ne s'en accomode fait que LA grande idée, elle n'est toujours pas conçue: le rationnel ne peut pas ne pas être conçu.

    Le non conçu est inconcevable. 

    Goinfré de darwinisme (parangon de la gauche soit disant anti déiste), de mort de Dieu, d'inutilité de toute création, de tout petit jésus, de liberté de l'humain, la seule chose qui représente véritablement tout cela, le social humain, soit la forme la plus élaborée, la plus spirituelle, la moins mécaniste de tout lieu d'interactions multiples hasardeuses doit pouvoir être organisée intelligemment et maitrisée conceptuellement par un bien suprême. Mieux, le mal qu'on nous décrit universel (on a finit par l'admettre, et au combien) doit être combattu, et le racisme, l'ignoble racisme doit être "cancelled" (c'est la frénésie actuelle dans les campus américain). La contradiction est manifeste, et le déni total. 

    La notion de "Plan" (l'ardente obligation de la grande époque gaulliste) va être remis en selle, et pour réorganiser (rationnellement sans doute) le monde d'après (le covid19, certains disent "la"), on va planifier. Le plus hilarant de l'actualité de ce mois de Juillet est bien sur qu'on puisse apprendre sur la même page de journal que a) le plan de 1962-1967 n'avait pas considéré le téléphone au sujet duquel on planifia de ne rien faire, réservant pour la moitié des années 70 le soin de l'installer partout, b) la 5G ne servant qu'à regarder du porno dans les ascenseurs (2), ne sert en fait à rien, ce qui justifie l'éviction autoritaire du constructeur chinois ET AUSSI des européens d'un marché en trop et d'une industrie destructrice du climat, à détruire (pas le climat, l'industrie). Sans parler, tant qu'on y est du rôle de la 5G dans la propagation du covid19 (de la).

    Affaibli par des enquêtes pour corruption contre son PDG qui ne donnèrent rien, Alcatel Alsthom (3) fut finalement vendu à la découpe, Alcatel à Nokia, Alsthom lui même découpé à General Electric et Siemens... La recherche de la probité conduisit à la ruine, Alcatel-Alsthom ex-CGE nationalisé (nous y revoilà) en 1981 ne se releva pas de la volonté de réorganiser au nom du bien, de tous les biens. 

    Passons à Rousseau. Lecteur de Mandeville, Jean Jacques voyait l'homme bon à l'origine et la société mauvaise du fait de l'introduction progressive des inégalités, du lucre et du luxe. Anthropologue du désir romantique, et visionnaire descripteur de l'orée du capitalisme, le grand génie qu'il demeure compris bien des choses et les ré-exprima. Au point de se faire dénoncer par son lecteur Adam Smith qui le dénonça comme tel (l'imitateur de Mandeville). Car Smith basait la société sur le contraire du mal, la "sympathie" sentiment au contraire essentiellement positif, et comme pour Hume ciment effectif MAIS non voulu ni organisé, ni étatisé, de la société. 

    Une autre conception de la fameuse main est ici à l'oeuvre, celle-là vertueuse. Il faut noter que la théorie des sentiments moraux n'empêcha pas Smith de se voir haï tout de même, de multiples gloses ayant identifié dans ses textes l'aveu de la nécessité de l'égoïsme sacré, ce qui ruine (selon la morale) tout prétention à la moindre vertu du très mauvais capitalisme emblème de la domination de Satan sur le monde. Heureusement une lumière fut laissée dans le coeur de l'homme à l'origine, toute prête à être rallumée pour le bien de tous, quoique: c'est bien le "que faire" de Lénine qui théorisa l'impitoyable et nécessaire cruauté du révolutionnaire, la future organisation rationnelle de la distribution des biens ayant besoin de mobiliser dans un premier temps, pour abattre le mal actuel, les plus grands criminels de tous les temps. 

    Mandeville c'est clair eut une postérité... 

    Rousseau avait pourtant conceptualisé la pitié: même s'il attribuait à la société le mal, ce mal était "non voulu" et Rousseau en cela mais par bien d'autres points était libéral. La "pitié" qu'on chercha à rapprocher de la "sympathie" de Smith et Hume joue un rôle et rapproche les gens, voire forge ce qui apparait dans un troisième temps: le contrat social. 

    Avant cela, Rousseau théorise un autre forme que l'on doit considérer nouvelle, d'ordre spontané: celui de la populace image de la sauvagerie aux frontières de la société, et celle-ci bonne, d'une sagesse originelle qui fonde de fait la fameuse "common décency" de nos anti libéraux réactionnaires d'aujourd'hui. 

    Et puis Rousseau consacre aussi, l'ordre final, lui aussi spontané, collectif et arraché à l'individu rationalisant: la volonté dite "générale" à qui tous sont soumis comme maitre, la volonté individuelle consultant la générale pour savoir quoi vouloir. 

    Partout l'idée de la collectivité sachante perpétuant l'optimal est à l'oeuvre et Rousseau plus que d'autres la pensa et dans ses détails. ll fait la différence par exemple entre volonté universelle celle de tous les hommes, et volonté générale attachée à UNE nation: il est l'immortel inventeur de la fraternité, le sentiment qui unit les hommes d'une nation donnée, à l'exclusion des autres nations entre qui ne règne que l'état de nature, hors de tout contrat. 

    Alors qu'en est il de la vilainie du monde ? Qu'en est il de sa véritable intention ? Est elle celle des fripons qui l'organisent ou qui en profitent le mieux ou bien de la mystérieuse loi qui fait de ces friponneries un bien global au final ? Et bien on n'en sait rien, et c'est le mystère global du monde, au moins aussi intriguant que celui que nous présente Dieu lui même, source pourtant de bien des explications... A s'y perdre. 

    Ces considérations publiques, présentes dans tous les livres et tous les journaux ne sont elle une révélation que pour les imbéciles auto didactes ronchonnant dans leur désespoir du monde ? Elles ne sont pas présentes dans l'officiel discours du monde, acharné au contraire de la culture à répéter les mêmes âneries et les mêmes désespoirs du monde mais dans un autre sens et une autre direction. Ce qu'on voulait évoquer.

     

     

    (1) Le texte de la fable http://expositions.bnf.fr/utopie/cabinets/extra/textes/constit/1/18/2.htm

    (2) https://www.journaldugeek.com/2020/07/07/non-5g-pas-que-porno-ascenseur/

    (3) https://pierre-suard.com/ le blog du pdg accusé

  • Les identités

     

     

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  • les racismes

    On revient là aux grandes questions sur les identités, mais la statue de Colbert couverte de faux sang fut un choc: l'assemblée nationale, le palais bourbon terminé en 1728 par Gabriel fut à partir de 1798 le seul lieu où se soit réuni un parlement français, et c'est là que l'on a abolit une troisième fois, l'esclavage en 1848. 

    Car le servage fut interdit en 1318. Le grand empire du Mali à la même époque ne fit pas de même, mais n'était pas informé sans doute des raisons qui faisaient que tout esclave touchant les terres du roi de France en était affranchi. 

    Le code noir fut doublement protecteur : en faisant que les terres où il s'appliquait n'étaient pas françaises, donc, en instaurant des lois écrites là où ne régnait que l'arbitraire total du bon vouloir criminel. Le vouloir dénigrer est donc doublement stupide et hors de propos. Il dotait les esclaves du statut d'humain et d'une âme et leur donnait des droits. Évidemment rien de comparable n'existait en Afrique, le continent esclave des esclaves où la pratique généralisée, vidait son centre d'hommes également envoyés au nord et à l'est et cela depuis l'origine des temps. 

    Concurrente de ces traites là, la traite atlantique fut limitée dans le temps, et ne fut pas un crime contre l'humanité, pas plus que toute l'histoire africaine qu'il faudrait alors rayer de l'histoire. 

    L'esclavage fut aboli à la révolution est restauré pour des raisons politiques par un Napoléon peu préoccupé par les colonies. La traite fut abolie partout en 1815, et on dédommagea les propriétaires en 1848, pour abolir complètement, l'horreur du principe n'étant qu'un songe creux méprisable, car il fut à l'honneur de l'État de rendre effectivement possible ce qui pour cette raison même était déclaré jusque là infaisable. 

    Qui inventa une telle réforme ? Sinon l'occident même que l'"on" cherche à rendre responsable et coupable de ce qui fut son honneur d'abolir. Pour faire court : la commémoration accusatoire de l'esclavage dirigé contre la France et contre l'occident est indigne, insupportable et coupable et doit être condamnée. C'est une insulte à la République, un crime de lése histoire, un crime contre la patrie, un crachat à la face de la démocratie, une tentative de restaurer l'indigne et un complot contre la dignité de l'Etat.

    Qui sont ces "on" ? Des possesseurs d'identité troublées, des monstres, des gens d'ailleurs et on va leur régler leur compte. Racisés ? En voulant instaurer un racialisme agressif dirigé contre ceux qu'ils pensent comme des ennemis à supplanter et à dominer, ils se condamnent eux mêmes à restaurer ce mépris même. Car les moeurs étranges des hommes à la peau noire, esclavagistes d'abord de leurs propres semblables (qui peut imaginer que l'homme noir n'est unique que dans le fantasme dégénéré des racisés imaginaires, et qu'il racialise d'abord encore et toujours les ethnies de sa couleur mais pas de son sang ?), adeptes d'abord avec leurs semblables des oppressions inouïes qui ravagèrent d'abord leur propre continent, sont bien ceux qui font qu'on ne les a jamais vraiment admiré.

    Cela ne fut pas toujours vrai, pourtant. Même autoritaires, certains grand empires du moyen âge furent renommés par leur faste, et oui Tombouctou eut ses heures de gloire. 

    Puis le marocain vient et la bataille de Tomdibi (1591) sonna le glas de l'empire Songhaï. Il n'y eut plus d'Etat africain depuis lors en Afrique de l'ouest et centrale, sinon de lamentables califats esclavagistes que la colonisation eut pour mérite de détruire, donnant 100 ans de paix voire un peu plus, mais sans instaurer rien de grand ou de prospère : embourbé dans un mode de vie médiocre et dans une assisance mortifère, l'Afrique ne produit rien, ne réalise et n'ambitionne rien et vit à l'écart du monde, isolée et sans rien échanger ni convaincre. Ah si ! Elle migre et une partie du trop plein des voyages échoue en Europe en un flot continu qu'elle sera capable d'alimenter indéfiniment. Un déversement de son incapacité, un flot de gênes inutiles sans volonté, mais parfaitement égoïstes et qui viendront grossir les demandes d'indemnités pour l'injustifiable. Plus que jamais, il ne faut pas qu'ils viennent ! Ne venez pas, ne venez plus ! Et prenez garde: on pourrait aussi vous demander de partir. 

     

    P.S. La négristérie se déchaine en Martinique: les statues de Victor Schoelcher et de Joséphine de Bauharnais ont été déboulonnées (Juillet 2020). On sait par quoi les populations natives des îles ont été remplacées : par la connerie. 

    (1) http://humeursnoires.blogs.liberation.fr/2020/07/05/le-patriarche-ceux-qui-ont-aboli-lesclavage-par-humanisme-sont-les-memes-qui-ont-instaure-le-colonialisme-par-humanisme/

  • Les éthiques

    On va parler des justices bien sur, mais avant tout de ce qui les constituent, l'éthique étant la loi réfléchie, celle qui préside à la décision de ne pas commettre ce qui est punissable et qui fait l'objet d'un raisonnement rationnel de nature philosophique ou à tout le moins, personnelle. 

    Le conflit d'intérêt

    On parlera donc du conflit d'intérêt, telle qu'un médecin, clinicienne spécialiste de l'hépatite C, nous le décrit. Elle fut employée moyennant finances à plusieurs reprises par le détenteur d'un brevet sur un médicament pour cette maladie. Pas de problème, et il n'y a pas de délit à se faire rembourser ses frais pour parler en tant qu'expert(e).

    Il s'agit de Karine Lacombe, qui dépose devant l'assemblée (1)

    On notera l'emploi de la féminisation de l'expertise quand désignant un de ses possesseurs, la possession de ces gonades là la promouvant au rang suprême des prostituées, l'"experte", celle qui a "une" spécialité et qui est la seule à l'assumer avec une vraie efficacité. Le graveleux méprisant la féministérie est un droit, je l'exerce. 

    Un lien d'intérêt réunit un employeur et quelqu'un qu'il rémunère quand ce quelqu'un est capable d'agir en faveur de l'employeur, en défendant ou promouvant un produit de cet employeur. Il y a conflit d'intérêt quand le lien d'intérêt est en position de se matérialiser. Déclaré, ce qui est une obligation légale dans un certain nombre de cas, le lien d'intérêt manifeste permet alors d'imposer que la personne en cause n'intervienne à aucun titre dans une décision qui pourrait favoriser ou non l'autre partie prenante du lien, en l'occurrence, l'employeur.  

    Participation à un conseil scientifique, jugement public sur une stratégie thérapeutique, qu'il y ait ou non pacte de corruption, l'intervention d'une personne en conflit d'intérêt sur ces questions est illégale et doit être sanctionnée. 

    5 des membres du conseil scientifique du président de la république, employés par l'entreprise Gilead eurent à donner un avis sur l'emploi massif de l'hydroxychloroquine comme traitement des formes peu graves du Covid 19. Gilead sciences a eu pendant l'épidémie, son cours de bourse indexé sur cette question. Son traitement à 2000 $ par patient contre le Covid était en cause. 

    Il apparait donc que le concept même de conflit d'intérêt tel qu'exposé est battu en brèche, et considéré nul et non avenu par les plus hautes autorités de l'Etat, sans parler de l'assemblée nationale qui goba les explications de madame Lacombe sans moufter alors qu'ils dénotent l'ignorance crasse, l'amoralisme cynique et de fait la corruption manifeste de la dame, menteuse deux fois. Elle piétine le principe d'une part, puis l'explique faussement d'autre part. Le comble : le criminel explique la loi, et à son avantage.

    L'éthique est la réflexion qui consiste à penser la nécessité de la loi, et le comportement qui se soumet à la loi en en ayant compris le caractère moral indispensable. Élément essentiel de la notion même du principe de la loi, qui ne fait qu'en exprimer objectivement la caractérisation, positive (en le décrivant) et négative (en se rendant capable d'en punir les manquements), elle pré-existe à la loi, et la justifie. Elle est l'intention de la loi, et ce qui préside à son respect. 

    Un principe éthique n'est pas lié à la caractérisation objective du manquement à la loi, typiquement l'intention de commettre l'acte prohibé, mais à l'esprit a priori qui préside au possible soupçon de manquer à la probité. Ainsi, le lien d'intérêt n'a rien de coupable ou même de soupçonnable : il est même nécessaire et respectable dans la plupart des cas. Même en conflit d'intérêt, rien ne rend obligatoire ou nécessaire que le choix d'une recommandation puisse être influencé par l'emploi en question dans le lien. Pourtant, éthiquement, la personne en conflit doit s'abstenir, mieux refuser d'intervenir en mettant en avant le conflit possible. Ce faisant, elle s'en libère et fait son devoir. 

    Il est frappant de voir des personnes éduquées, en possession apparente du sens moral le plus confirmé voire d'une vraie réflexion éthique sur beaucoup de sujets, apparemment incapables intellectuellement de concevoir la notion exposée plus haut. 

    Karine Lacombe s'estime en position de juger un médicament concurrent de celui de son employeur, Patrick Balkany d'attribuer des marchés publics au vendeur de sa villa. François Fillon de ... (voir plus bas). Or, la question n'est pas là: éthiquement, tout comme Jean François  Delfraissy, consultant Gilead et président du conseil scientifique, ces gens doivent s'abstenir de conseiller sur ces questions, le dire et se taire.  

    C'est pas moi

    Le principe en question, qui est un principe de juste comportement, donc de justice est ignoré à cause des sentiments implicites et instinctifs que toute personne a du "coupable". Le "c'est pas moi" est une réaction instinctive, ancrée dans les psychés humaines, indépendant de toutes les cultures, et aussi profondément enraciné dans les cerveaux que la jalousie instinctive du bébé requin: un sentiment basique de survie, un réflexe hormonalement commandé, une preuve de vie... 

    Que faut-il de hauteur de vues, de sentiment élevé, de vrai éducation pour accéder aux sommets de la réflexion éthique ? Que faut-il de bassesse, de vulgarité, de corruption infâme pour ne rien y comprendre?  Des coups de fouets, des gifles, des meurtres sont nécessaires pour imposer de force à la lie de la société, presque entièrement formée de sur-éduqués professeurs de médecine la réalité qu'impose la civilisation. Que faut-il infliger à leurs familles, de viols, de passages à tabac pour que leur race débile accepte enfin de sortir de leur addictions infâmes aux excréments intellectuels dont ils se nourrissent ? 

    Le professeur Raoult, en cause pour un manque d'éthique supposé dont l'accusent tous les éthiquiciens en question nous explique tranquillement la situation, les réflexions qui l'entourent, ce qu'il fait pour la prendre en compte. Pas eux : qu'ils crèvent et j'aimerais être l'auteur des menaces de morts qui leur sont adressés. 

    Mais la chose est de suffisamment d'importance pour en voir les autres aspects et les conséquences. 

    Car le jugement éthique quant à la culpabilité de principe a d'abord bien des aspects, liés aux circonstances. On peut (ou pas) être dans le jury de thèse de son fils, ou témoin de mariage de sa mère (là je rigole). 

    Fillon

    On se doit de parler du plus douloureux. Fillon s'adonna-t-il au népotisme en faisant travailler faussement sa famille?

    Je suis personnellement convaincu que ne pouvant juger de l'effectivité des tâches accomplies, l'accusation de faux travail ne peut tenir. Le simple respect humain à l'égard d'une dame qui ne peut avoir eu l'intention de gruger l'Etat, ou à l'égard d'un grand serviteur de l'Etat convaincu de la justesse de son choix d'employer un proche à ce poste là, évidemment de confiance, évidemment adapté, interdit il me semble le lamentable et injurieux pinaillage sur les preuves apportées, y compris les témoignages qui m'ont paru parfaitement suffisants et convaincants. De quoi prononcer la relaxe, ne serait ce que pour punir l'ignoble procureur nommé Letocard dont le nom ridicule ne l'empêcha pas de se déshonorer tel le plus vicieux des voyous en insultant le couple. Renvoi et nullité des affirmations de cette purge, fanatique représentant de la camarilla de salopards qui ne fut même pas foutus de condamner Cahuzac  à de la prison ferme. Sous les ordres du procureur général, elle même niant avoir au service humilant de serve d'un ministre de la justice condamné pour communications de pièces d'enquêtes judiciaires... 

    L'appel devrait prononcer la relaxe, et l'humiliation de ce sinistre parquet de faux culs inutiles, aux ordres de la lamentable justice qui ne servit que Hollande. (3 mois  à nier que son ministre du budget l'entubait, tout de même).

    Maintenant l'éthique toute simple aurait-elle pu guider Fillon à priori en ces affaires ? Et bien je crois que oui, et le nouveau réglement d'ailleurs violé allègrement par tous, qui est ne jamais employer ou rémunérer un membre de sa famille au nom de l'Etat est évidemment de mise. Ne croyez pas que j'accuse Fillon en quoique ce soit, c'était une autre époque (quoique ce fut la mienne, et je n'aurais jamais fait ça), et la douleur d'avoir laissé passer la dernière chance de réformer ce pays de merde reste entière, et définitive, maintenant... Sauf si relaxe en Appel... 

     

    La confiance

    Ensuite, il a un caractère, il est a priori et conventionnel et implique un jugement au delà de l'intention. S'y soumettre est honorable et honorant, vouloir s'y soustraire preuve de bêtise ou de malignité. Cela sans qu'il y ait eu faute, et on est au coeur de la confiance, ce qui rassemble les humains par delà les devoirs de soumission ou les appartenances, l'honneur pur: la certitude de l'absence de manquement avant même qu'on puisse se poser la question, quelque chose qui se rapproche de l'amour, la confiance sans cause, elle bien sur au delà, mais on s'en rapproche. 

    Le comportement délibéré qui éloigne le soupçon est une forme supérieure de respect de soi et  des autres et on en vient à ce qui gangrène la justice même: le soupçon brut, démocratique en ce qu'il s'adresse à tous, et que les expressions publiques généralisées sur l'internet rendent universelles : aucune personne ne peut être protégée de l'accusation, du déshonneur d'être soupçonné, de la honte de l'insulte. Quelque soit ses mérites, ses actions passées les services qu'elle a rendu, elle est sur le pilori pour ce que j'estime moi être honteux et rien ne peut l'excuser. 

    De ce point de vue, j'ai un principe qui est celui "de l'attaque" : quand publiquement on se permet une attaque directe contre quelqu'un, mieux vaut avoir les fesses propres. Un principe humanoïde essentiel veut en effet que la foule lyncheuse se déchaine toujours contre le moindre faux pas qui suit l'accusation en question, et moi aussi par conséquent... Raffinons toutefois : on peut critiquer bien sur, mais hors de l'insulte, cela est très important. 

    Une critique se doit éthiquement de porter sur un comportement, sur une erreur, pas sur la personne ou ce qu'on suggère être une caractéristique de la personne. Voilà l'essentiel et là nous sommes dans l'éthique et non pas sur la loi concernant la diffamation... La critique doit toujours supposer avec indulgence quelque chose qui peut être corrigé, ou même réclamer l'indulgence si elle-même n'est pas fondée. Dés ce moment, le principe de bienveillance minimal permet d'argumenter, et a contrario, son absence mène immédiatement à la violence. 

    Pour bien des affaires, le passage à la violence et à l'insulte dés que ce principe n'est pas respecté n'est que juste montée immédiate aux extrêmes dont le risque doit être affronté par toute expression publique. Il n'y a que l'extrême politesse d'expression qui doive être pratiquée. C'est pour cela que sur twitter tous mes avatars sont systématiquement, atrocement et graveleusement offensifs. Il n'y a guère que les quelques menaces de mort supposées et autres marques sexistes qui sont détectées par les robots ou prises en compte par les modérateurs à qui certains se plaignent, alors ?  

     

    Justice 

    Il y a ce me semble un principe judiciaire connu qui est la validité d'une pièce du dossier, qui en son absence ou déclaration comme non considérable, ne peut peser sur le jugement. Principe symétrique de l'invalidité d'un avis sous conflit d'intérêt, il permet de qualifier a priori non pas la vérité d'une preuve mais sa considération et sa validité simple dans le raisonnement du juge. Se situer au delà de la simple culpabilité factuelle pour adopter les formes du jugement au delà de l'impartialité basique est fondamental et caractérise la possibilité même d'une justice. La notion de recevabilité d'une plainte ou d'une preuve est fondamentale. C'est alors que l'on peut considérer la notion même de diffamation publique comme secondaire ou liée à la recevabilité de la déclaration. Qu'importe qu'une accusation sans preuves nuise à une réputation si l'accusation n'est pas recevable et qu'on puisse se prévaloir de la non recevabilité de la déclaration du méfait ! 

    Le jugement moral pourrait peser et c'est cela la fameuse "réputation". Cependant, affirmer sur la foi d'une non recevabilité reconnue universellement que cette tache sur la réputation est invalide devrait suffire: la parole offensante, ou même insultante n'aurait pas d'effet et donc pas de vérité. 

    Si la parole est un acte, pouvoir la désarmer à distance par avis et valeur devrait être possible. A partir de là, l'éthique de la discussion pourrait s'organiser sans censure, celle ci pouvant être évitée car annuler purement et simplement les pièces qui ne sont pas acceptables suffit à effacer un mal qui n'est que parole. 

    Soustraire à l'examen des pièces à refuser ou à oublier, et ne pas compter dans l'évaluation argumentative certains éléments dont la vérité n'a plus d'importance, ou se trouve suspendue est fondamental: on ne peut tout prendre en compte.

    Les croyances

    Les croyances sont réglées par l'éthique et c'est l'objet de théories philosophiques élaborées (2). On y trouve les éléments de vérité, normatives ("devoir"), et aussi le caractère second de s'y soumettre (le "vouloir"), ce qui considère le vrai bien pour soi, et puis le "pouvoir" qui met en jeu ses capacités, ses vertus à y accéder et à en tirer les conséquences. 

    Il faut comprendre que les réflexions sur le sujet sont à la mode (3), dans le domaine "épistémique", la notion de grâce est même utilisée pour faire de Dieu l'origine de l'éthique de rationalité, constructrice de la validité de la recherche du vrai... 

    On trouve dans les croyances tous les jugements prouvés sans preuves ou dont les preuves ne sont pas considérées valides par tout le monde. L'espaces des oppositions entre croyances, ou toutes les éthiques s'opposent. Les distinctions entre les phases d'exercice des différentes phases analysées permettent elles de résoudre personnellement toutes les questions ? 

    Là encore la suspension des pans qui gênent ou qui obscurcissent les positions pourrait aider. Mais je ne suis qu'un faux juge. Ce que je veux dire, c'est que l'ampleur des retournements d'arguments qui se mélangent en ces matières mérite d'isoler les domaines et de renoncer au moins pour exposer son avis à des élements du discours. 

    "Devoir" de se soustraire à l'impossible ou au contraire de s'attacher par force, "vouloir" se séparer de l'inutile le temps d'y réfléchir, ou désirer absolument la vengeance, "pouvoir" renoncer à l'impossible ou au contraire profiter d'une mode... 

    En matière d'exemple, on citera la chose en soi, l'argument de Kant, qui éloigne pour toujours la tentation d'un surnaturel ou plutôt de tout ce qui pourrait lui ressembler. L'adjonction de la notion de croyance déiste ou théiste aux considérations sur la science et la création de l'univers pourrait être ainsi définitivement évitée, la permanence du "débat" (quelle horreur d'imaginer qu'il puisse y avoir un débat là dessu) sur ces questions restant, de manière surprenante, patente: on trouve toujours en vidéo et l'internet n'en est pas avare, des prédicateurs catholiques ou musulmans qui évoquent le rôle de la création nécessaire du monde (comment l'expliquer autrement?) dans la formation de la certitude du divin et donc, (la deuxième conséquence en est encore plus plaisante ) de la nécessité du fatras d'ornements et de pratiques variées qui l'accompagne. 

    Il y a éthique et respect de soi et des autres quand on s'abstient de mentionner ce qui gêne soit l'évidence, soit la possibilité même de communiquer. Quelle grandeur se doit on de respecter à voir ces grands croyants refuser d'évoquer leurs fantasmes créatifs dans l'évocation grandiose des rencontres entre galaxies ? Les trous noirs ressortent de l'obscène, quand on les associe au divin et voilà la cause de la pudeur éthique: éviter le scabreux.

    L'idée est ici aussi, quand la pièce est sur la table, de la considérer. En particulier et pour donner le coup de pied de l'âne, de considérer inadmissible l'expression d'une croyance comme forme immorale de contentement de soi quand l'exigence à laquelle on ne peut pas se soustraire, la suspension de son jugement et de son conseil dans les affaires qui pourraient nous rendre suspect est elle même suspendue, ce qui ne devrait pas. Le témoignage de la dame était ainsi doublement inacceptable: comme experte de ce dont elle devait s'abstenir (le conseil en médicament concernant son employeur), comme pratiquant le conflit corrupteur et se permettant d'en expliquer l'inocuité d'autre part. Quand l'obscène étalage de l'impudeur corrompue se double d'une formation à la fellation rédemptrice... 

     

    (1) http://videos.assemblee-nationale.fr/video.9257997_5ef45df30ffa5.impact-gestion-et-consequences-de-l-epidemie-de-coronavirus-covid-19--pr-karine-lacombe-cheffe-de-25-juin-2020

    (2) https://www.nonfiction.fr/article-10383-que-devons-nous-croire.htm

     

    (3) https://laviedesidees.fr/Dieu-et-le-desir-de-verite.html

  • Les autorités

    Alors que la maison blanche est assiégée après que l'Elysée ait été menacé, que l'état français et sa politique sanitaire ait été défiée absolument par un expert régional qui mena en pleine tempête une action radicalement contraire avec de biens meilleurs résultats, on peut se poser la question de l'autorité, concept et puissance dont le pouvoir semble vaciller en Occident. On ne parlera pas du pape, on ne parlera pas de Dieu lui même, toute espèce d'autorité a priori étant considérée comme menacée et en proie dans tous les cas de son exercice à de radicales contestations. Le mot "contestation" lui même, qui berça mon enfance de post soixante huitard, n'en finit plus d'exercer sa nouveauté... 

    On glosera sur ce qui permet à l'autorité de s'exercer, en l'occurrence les discours qui la soutiennent ou qui la font s'exercer, par domaines.

     

    La quadripartition du discours

    Définissons: dans nos sociétés on a des discours dans des lieux différents dont le politique, le journalistique, le policier et le scientifique.

    Le discours politique ou l'argumentation soumise au vote se doit de respecter et de flatter le destinataire, est le lieu du symbolique sentimental et madré, dispensateur de promesses et de bons sentiments.  

    Le discours policier ou étatique est le lieu de l'autorité qui a le monopole de la violence et le droit de saisir au collet, au moins les délinquants, mais aussi d'éborgner les gilets jaunes. Au service de cette partie du politique qui peut provisoirement lui donner des ordres. Le discours est celui, judiciaire et policier, du droit abstrait que le "juste" se donne de sévir. L'hypocrisie, la cruauté mais aussi l'aveugle indulgence y règnent en maitre. 

    Le discours journalistique est celui, second, de l'information pure, soit disant libre mais évidemment manipulé par tous les intérêts objectifs, les délices de savoir la rumeur salace ou le chiffre qualifiant l'évènement n'étant que plaisirs de la vie et une voie pour transmettre qui les promesses du politique, qui les obligations d'une loi qu'on peut trop facilement ignorer. Un tuyau, qui peut se mettre à penser: certains y font carrière, mais de moins en moins, l'automatisation apparente du processus d'informer a fait considérablement baisser le niveau d'une activité qui s'apparente de plus en plus complètement au divertissement pur. 

    Reste le discours scientifique en relation avec la vérité et son autorité indiscutable tant qu'on ne la discute pas, et sa prétention qui à la liberté souveraine de la prétention de n'importe qui, qui à la nécessaire "communauté" que certains croient en  charge de vérifier l'application d'une méthode que certains croient unique. Domaine ignoré nécessairement que le sommet de l'activité symbolique et cognitive humaine, celui qui ne dépend d'aucune institution, qu'on peut épouser, révérer ou maudire à volonté de tous les autres endroits... 

    Ce n'est que récemment que ce discours là a acquis le pouvoir de vraiment fasciner. Alors qu'on ne considéra jamais l'aiguisage des lames comme une science comparable à l'astronomie, elle même inutile à la guerre jusqu'aux conquêtes océaniques et encore, ce qu'on appelle la techno science ne devient vraiment décisive qu'à la deuxième guerre mondiale, qui épuisant le concept dépassé de "science juive" fit de l'ordinateur et du nucléaire les vrais vainqueurs de toutes les magies simplement techniciennes de l'hyper motivation. 

    Ce faisant, le discours scientifique fut subordonné à la guerre et donc au politique, le scientifique en bon patriote se devant l'état à dominer la nation et à la manipuler, via un journalisme tout aussi guerrier... 

    Pourtant, il dispose d'une indépendance structurelle étonnante et aussi d'une capacité à se dérouler dans ce que n'abordent pas les autres ou en sont dépourvus: la question du "véritable" en son sens de réel et de tangible, cela par delà les limitations qu'on aurait pu croire attribuer au concept. 

    C'est pourtant le scientifique qui détruisit le concept de vérité en l'expulsant de sa nécessité religieuse. Galilée réussit l'exploit en détruisant le relativisme nécessaire au nom du simple et surtout de l'observable: la théorie héliocentrique est bien plus mauvaise que sa concurrente, et même si le réfutable du vrai provisoire a recouvert le monde, le "vrai" absolu n'en finit plus de souffrir sa mort, à la fois effective, regrettée et nécessaire... Le vrai discours scientifique reste subversif et inconnu. 

    Qu'au nom d'une "méthode scientifique" certains continuent à exiger que tout acte de connaissance se plie à des simagrées procédurières ridicules infaisables ou inutiles (on pense aux fameux essais cliniques en double aveugle plus ou moins truqués dont l'actualité nous a épuisé), montre bien que le vrai et le prouvable continuent de hanter les cerveaux et les psychés, y compris dans un monde éduqué qui vit littéralement de ces procédures, le grand nombre de thèses et de diplômes venant justifier l'activité d'humbles laborantins persuadés de faire de la science alors qu'il n'essuient de des burettes remplies de vieux jus. Sans parler de la bureaucratie en superstructure, qui fait de la science décisionnelle en attribuant les budgets au nom de ses visions lointaines qu'elle s'épargne de confirmer en demandant l'avis des scientifiques eux mêmes, réduits à proposer ce qui semble plaire en ne rédigeant que de demandes de resources et de "moyens", seule vraie activité d'un chercheur de nos jours... 

    Procédures et rites absurdes à tous les niveaux. Sauf là ou ça bouge vraiment, et il y a toujours des endroits ou l'intelligence et la faconde font fi des contingences et réussissent à tromper vexer et finalement moquer tous les bureaucrates. Ainsi, la question du vrai, que cela soit celui de la manière ou du contenu continue de tarauder le domaine, de fait exclusivement consacré à son service... 

    Les "c'est pas vrai" permanents associés par le professeur Raoult à toutes ses déclamations y montrent un scientifique obsédé par la dénégation, et d'ailleurs il le dit lui même: il ne veut rien de moins que la ruine prouvée des certitudes, selon lui nombreuses et injustifiées. Le vrai comme réfutation du trop bien connu. Nous sommes bien là en tout cas au coeur du non manipulable désir de réfuter et de contester, tout et toujours. 

    Les discours s'assurent et se manifestent par des actes illocutoires ("en plus", le message, d'après Austin), qui sont la promesse du politique, l'information non vérifiée du journaliste, l'arrêt du juge ou la "prévision" du scientifique. Parlons en, et Raoult l'aura assez nié, cette fonction divinatoire du successeur de l'astrologue, celui vers lequel le politique se tourne pour prendre ses décisions. Il refuse donc de prédire, ce contentant d'affirmer la fin de l'épidémie sur la base d'un probabilité élevée, un virus de maladie respiratoire ne revenant pas, en général. Sa certitude basée sur le savoir est plus puissante que le pari du devin foutraque ou escroc. 

    Parlons en: il semblerait que ce qui fit si peur aux dirigeants de toute la planète soit issu d'un calcul foireux mené par un anglais matheux qui en dix milles de lignes de C++ (2) annonce l'apocalypse de manière indéterminée, pour le moins: le stochastique de ses méthodes rend des résultats différents à chaque fois. En voilà du ventre de pigeon ! 

    Et nous voilà dans les figures qui m'enchantent: 2 formes d'opinions et de forfanteries qui contrecarrent comme expliqué l'opinion et la forfanterie tout en étant, et de belles, avec deux résultats différents. Il est pourtant évident que basé sur l'observation celle de Raoult est supérieure, et d'ailleurs confirmée par les faits, alors que le modèle mathématique brillant déconnecté lui ne l'est pas et n'est pas non plus une prédiction tout à fait en l'air: une technique est utilisée, et des entrailles fumantes versées sur une table... 

    Pour confirmer au delà de tout la chose, un élève de Ferguson, Simon Cauchemez (3) consomme la décadence de l'institut Pasteur en confirmant ces prévisions et modèles pour le compte du système décisionnaire français. Dés la mi Avril, Raoult avait des éléments, en particulier venus d'Islande, confirmant que les enfants, et par extension les moins de cinquante ans disposaient d'une immunité a priori contre le SARS COV 2 et donc pouvaient être sorti des calculs d'immunité croisée. L'épidémie s'est finie en Mai, on pouvait déconfiner en Avril... On a fait le contraire. La poursuite de la folie a donné à la France la pire récession du monde occidental, merci les modèles. 

    Cette confrontation entre les modes de savoir illustre au delà de tout la différence d'autorité entre observation du réel, et intelligence de cette observation, et la prétendu application des "méthodes" qui quand elles sont basées sur des présupposés irréels ou faux ne conduisent qu'à la catastrophe. Les deux acceptions de science dans le monde d'aujourd'hui: faute de l'instinct du vrai, qui n'habitent que les intuitions des gens qui réfléchissent, la misérable folie suicidaire prétentieuse qui détruit les intellects dégénérés ravage le monde.  

    Carmignola a gagné son pari et a fait confiance à De Gaulle. Désespéré par la connerie irréductible et désespérante d'un pays, d'un peuple et d'une civilisation qu'on fait semblant d'aimer, on prévoit, on hurle et on perd: on n'a pas convaincu. La plainte de Raoult, qui produisit un moment de sincérité déchirant dans son interview à Ruth Elkrief en fait l'écho: "j'ai parlé à tout le monde, j'ai fait tout ce que j'ai pu, et j'ai échoué". Il y a 80 ans un drame similaire se produisait et un pays entier, le même pays de pauvres cons, courut au désastre unanimement. 

     

    Les Vérités

    Un chapitre entier mérite d'être rajouté. C'est la différence entre les vérités présentées par les journalistes et celles présentées par les scientifiques. Une vérité journalistique est un compromis entre opinions exprimées, arbitré non pas par un vote mais la fausse objectivité du journaliste qui ne conçoit la vérité que comme l'équilibre entre les options que fabrique son esprit et qu'il veut imposer à ses lecteurs. Une fabrication de point de vue qu'il sert bien sur hors ses sources, celles-ci n'étant que faire valoir trié. 

    La science se fait arbitrer par l'expérience plus exactement par le pouvoir de conviction exprimé par un résultat d'expérience tel qu'il vu par lui même. Construite par le discours scientifique, la fameuse expérience finit par se substituer au réel et constitue LE réel, la supposition d'un réel abstrait derrière cette réalité manifestée suffisant à solidifier cette conception là de la vérité. Bien sur il y a le consensus scientifique, mais celui n'existe pas de fait: il n'est que le résultat, comme disait Einstein, de la mort de vieillesse des opposants les plus acharnés à la nouvelle théorie... 

    La position de Raoult sur sa potion est ici manifeste et s'oppose directement à la conception faussement objective du journaliste ironique, en fait balancé entre les influences et girouette mue par le vent. L'assurance de Raoult est réelle, à la hauteur de sa conception de la réalité, qui indépendante de l'opinion (il ne lit pas les journaux et ne regarde pas la télé) se fait exclusivement sur le monde qu'il manipule, théorise, expérimente et cerise sur le gateau, parfaitement en plus, il "soigne", c'est à dire applique au bien de ses concitoyens le résultat de son savoir. 

    Cette capacité de soigner est un "plus" de la science médicale: l'utilité n'est pas technologique mais bénéfique et cela change tout. "Avez vous déjà soigné quelqu'un ? " lance Raoult à Bourdin. La puissance de cette vérité là est impressionnante. 

    Les crédibilités

    C'est pour cela que Raoult se ramène à la "crédibilité" (d'ailleurs immédiatement justifiée  par un sondage  qui lui donne raison, l'opinion le préfère au ministre de la santé) des "champions". Il n'y a pas de vérité, et s'il faut croire quelqu'un c'est lui et il l'affirme, avec autorité... L'autorité de celui qui a déjà eu raison et à qui on doit faire attention. Ce rétablissement du "fuhrerprinzip" est à mon sens particulièrement bienvenu: que faire in fine au cabot enfantin, dont la seule critique, qui était déjà une révolte de petite fiotte contre une autorité détestée, se résume après cela à la seule critique que l'autoritaire prince de la science aurait "la grosse tête" ou "voudrait se faire mousser"? Le frapper, bien sur. 

    Un point est bien sur la notion d'expert décrite en (4) et conduisant assez vite à découvrir que Raoult lui même est un authentique expert scientifique, l'un des premiers au monde. Cela n'empêche rien à la disjonction des autorités de discours, la différence étant splendidement exposée pendant cet interview: le politique, c'est autre chose... 

    Tous les tropes de la dénonciation vicieuse, hors de propos et misérable de l'autorité furent accumulés contre le professeur qui en vient donc à se déployer avec munificence comme absolument souverain et impérial prince de l'élite scientifique menacé par des envieux de seconde zone. Et il se trouve que cette position, toujours perdante en général se trouve là absolument victorieuse et convaincante, pas loin de la victoire totale assumée, avec en plus, et là la "punchline" comme on dit est admirable, le reproche justifié au conseil de d'ordre de ne pas avoir été défendu contre les insultes publiques inadmissibles de certains de ses collègues. 

    Cet admirable retour aux fondamentaux d'un prince de la communication, réincarnant la parole gaulliste, digne et puissante, guerrière et victorieuse est absolument merveilleux. De la jouissance pure pour les connaisseurs. D'une certaine manière, on pourrait y voir la vengeance contre Mai 68, le "ferme ta gueule" de Cohn bendit lui ayant été renvoyé comme cela aurait du être fait il y a 50 ans. La dénonciation de l'autorité enfin remise à sa vraie place, celle du guerrier face à l'état failli devant un peuple souffrant, et non pas celle du révolté libertin, du pédophile empêché. Juin 40 contre Mai 68: Avril 2020.  

    Encore mieux, cette révolte du soldat mettant en ligne sa division testante et soignante se fait au nom de la déconstruction et du rizhome parangon de la remise en cause philosophique des certitudes du sujet, contre le fondateur de Nanterre, Ricoeur, l'employeur du président !! Et au nom du "contre la méthode" de Feyerabend. Revendiquées par le vieux druide, ces déjà anciennes philosophies de la remise en cause, celle qui abattirent De Gaulle, précisément servent à nouveau, pour autre chose. 

    Tout le panel des symboles autoritaires se trouve ainsi exposé, déchiré et agité dans un combat public essentiel et profond, au coeur de ce qu'il faut bien appeler une tragédie, humaine, sanitaire et maintenant économique. 

    On a donc en action une figure de l'autorité dans le domaine le moins autoritaire qui soit, et pourtant le plus critique qui soit, sa propre image ayant été précisément trainée dans la boue par d'autres petits jeunes, cette fois défenseurs de la méthode, de la rigueur et du sérieux... Mieux ! Face à ces accusations débridées, le vieux prince se réclame de l'élite et se reposant sur ses lauriers (il a tout eu), il s'affirme ETRE l'élite que les seconds couteaux veulent abattre. En y ajoutant sa peur explicitement décrite de la panique des populations, qu'il se trouve prêt, en bon médecin, à soigner et traiter en toutes circonstances, il se situe à très grande hauteur face au monde, à la foule haineuse déchainée, aux évènements malins. Un grand homme, en fait. 

    Il se trouve que ce genre de figure, exemple de la "bonne" autorité, celle qui est à la fois refusée par les pathologies secondaires, hontes depuis toujours du caractère français, et qui ne peut se montrer dans sa vraie grandeur qu'au milieu du désordre français, est ce qui régénère périodiquement l'histoire de notre nation en rendant possible au moins de temps en temps le nécessaire respect envers l'institution, enfin dotée pour un temps d'un représentant respectable. 

    Car les trop longues périodes de temps où le drapeau n'est servi que par des misérables use le respect envers celui ci et cela pourrait finir par en détourner les désespérés, trop dégoutés de devoir baisser la tête devant des hommes ou des déguisements qu'ils méprisent. La science est possible, la révolte saine et constructive contre l'Etat est possible, la preuve: un exploit herculéen, à l'antique, a eu lieu devant nous et le monde s'en est trouvé mieux: il s'en souviendra. Pardon d'un lyrisme, dont on imagine bien qu'il pourrait susciter de la part de la lie intellectuelle, (la glaire vérolée des sceptiques dont je boucherais la fosse sceptique (je ne me lasse pas de cette contemplation scatologique de la punition nécessaire) après mon jet de grenades) bien des sarcasmes, mais une telle figure régénère le symbolique, le fera revivre pour une nouvelle période, par opposition à ce qui fait le contraire, le dégénéré qui abaisse et salit le monde, et plonge le peuple, nous, moi, dans la peine et le dégout du monde. 

    L'autorité dans son beau sens de méritée, d'active, de respectable et de nécessaire s'en est trouvée ainsi illustrée.

    Pour finir, le ministre des deux interdictions de la dangereuse chloroquine, décisions prises à chaud sur la base de deux études bidons et signalées comme telles, nous exorte début Juin: l'épidémie n'est pas finie dit il. Les foules se pressent sur les terrasses et manifestent collés serrés malgré l'interdiction, l'autorité de l'Etat est elle en jeu? Le dégout de tout cela est indicible... 

    La bonne autorité

    Bien sur et pour confirmer la figure de style, le contraire fut illustré tout autant et au combien. Le succès de Raoult est à la hauteur des effroyables dérives qui ont justifié les points de vues acharnés à le contredire et surtout à faire adopter les mauvaises décisions celles qui hélas eurent gain de cause. Car il faut bien l'admettre: Raoult a perdu et sa faconde échoua. 

    Car l'autorité manifeste suscite sa contestation au point qu'on pourrait imaginer la "bonne" autorité comme celle qui tout en affirmant le vrai, le ferait d'une manière qui contenterait la contestation et l'éviterait. C'est le mythe de la "bonne" autorité au sens non pas de la "bonne" direction, mais de la "bonne manière", celle qui séduit même ses opposants. On avait raison de critiquer Raoult: de par son être même il échoua à faire admettre le bien et donc se trouve responsable de l'échec collectif. Jésus est responsable de sa mort de part son "impuissance" (il fut "incapable") à convaincre la foule de son origine divine. On lui préféra Barabbas et c'est sa faute à lui s'il fut crucifié. 

    L'exemple chrétien fait le lit du mythe de la bonne autorité: notre civilisation est construite sur son refus, c'est bien le mythe contraire qui prévaut, ou du moins deux de ses acceptions, elle même contradictoires: soit c'est bien le peuple pêcheur qui est responsable et les juifs (plus ceux qui en tiennent lieu) paieront l'addition, soit c'est Dieu lui même qui insista pour qu'on crucifie son fils, dette au diable à payer pour sauver l'humanité. 

    Appliquée à Raoult, la seconde thèse nous lance sur des pistes intéressantes, la condamnation sacrificielle de Raoult ne paraissant pas pour l'instant établir une nouvelle religion, mais patience, Saint Paul est à peine né... 

    De fait la figure christique de Raoult se fondrait elle dans celle de la défense d'une conception du savoir qui serait "bonne", c'est à dire libérée des deux écueils qui la menacent depuis toujours: l'assurance directe de l'idéologie incontestée et la soumission aux rites de répétition ? Une "bonne" science, celle qui donnerait aux évolutions du climat leur vraies raisons et aux homme la "bonne" vie qui convient. La question est une question moderne, qui fait face à l'avenir. 

    "Dégout du monde"

    Quelle meilleure illustration de ce qui peut conduire un petit groupe de chasseurs cueilleurs isolés par le froid dans une malchance géologique et alimentaire à se disputer férocement et à consommer la destruction du groupe et la mort de tous. Enfuis et traumatisés, les survivants de ces malheurs se sont ils jurés de ne pas recommencer et de toujours respecter certains principes qui les sauveraient cette fois? A l'origine des sociétés, de ce qu'il faut faire collectivement, on trouve cela, bien sur. Souvenir des réussites (le sacrifice fondateur) ou des échecs ( ce qui revient au même, le fait même du souvenir valant succès, c'est à dire survie du remémorateur ?). 

    Nous voilà donc chez Girard, et la foule déchainée, alimentée par l'information manipulée et l'injuste police au service du corrompu se jette sur sa victime. A part que cette fois, cela n'a pas marché. Comment l'institution va-t-elle se former donc ? 

    Un chemin est la "post modernité" inévitable, théorisé par (1) comme refus de l'autorité et aussi de la contre autorité moderne: réunis en tribus les peuples se forgent au hasard des collectifs des avis ballotés par les circonstances sans y attribuer de vraie puissance: des modes de vies et  avis comparables, des points de vue silencieux, ceux qu'on entend de la part des pauvres gens sans passion qui cherchèrent à se faire un avis "de journaliste" en équilibrant les forces en présence et en évitant de prendre des risques. Nulle recherche d'un parti, d'un avis principal: la foi au moyen terme d'une confrontation indistincte d'égaux tous animés des mêmes "bonnes" intentions. 

    Et bien cela est une définition de la post modernité tribale à la Maffesoli: les éthiques contre la morale, voilà le sens de "l'avenir". A partir de là, on ne cherche que la prévision comme arbitre suprême, tout se valant et on ne peut croire finalement qu'à ce qu'on est sur de ne pas avoir à croire: à l'astrologie, qui est le seul rituel convenant finalement à tout le monde, le "vrai" post moderne étant en lui même, dés son émission, assez flou pour être à la fois remis en cause et accepté par tous. C'était écrit. 

    Alors que tout est en place pour la suite, c'est à dire l'éviction et la punition des incapables, gouvernementaux et scientifiques responsables d'un désastre à la fois humanitaire et économique; alors que les journalistes stipendiés et haineux devraient être trainé(e)s dans les rues et lynchés, alors que tout montre que tout le système s'est déchainé contre la raison et la sauvegarde nécessaire de nous tous pour de mauvaises raisons, il ne se produira sans doute, la loose étant attachée au bien, rien de tout cela, et aucune leçon ne sera tirée. Le mal aura vaincu et le monde, ce monde misérable qui échoue toujours, n'en sera encore et toujours, que plus dégoutant. 

    Le Paris vide du mois d'Avril était sinistre, et tout cela me révulse. 

     

    (1) Maffesoli chez Taddeï  : https://youtu.be/anj-q63ijiI

    (2) le github de ferguson (dérivé) https://github.com/mrc-ide/covid-sim

    (3) https://www.axa-research.org/fr/news/simon-cauchemez

    (4) interview Raoult sur les experts: https://youtu.be/ThxEa22vcWs

  • Les morts

    Alors que s'achève une période mortelle pour beaucoup, pour pas tellement en fait, mais tout de même: 35 à 40 000 personnes en deux mois sont morts d'une maladie pénible qui consiste à ne plus pouvoir respirer, et bien on peut réfléchir sur ce que c'est que la mort. 

    La Peste, Camus: 

    « Après tout…, reprit le docteur, et il hésita encore, regardant Tarrou avec attention, c’est une chose qu’un homme comme vous peut comprendre, n’est-ce pas, mais puisque l’ordre du monde est réglé par la mort, peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu’on ne croie pas en lui et qu’on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait. »

    « – Oui, approuva Tarrou, je peux comprendre. Mais vos victoires seront toujours provisoires, voilà tout. »

    « Rieux parut s’assombrir.
    – Toujours, je le sais. Ce n’est pas une raison pour cesser de lutter.
    – Non, ce n’est pas une raison. Mais j’imagine alors ce que doit être cette peste pour vous.
    – Oui, dit Rieux. Une interminable défaite. »

    La Peste,  Camus

    « Non, mon père, dit-il. Je me fais une autre idée de l’amour. Et je refuserai jusqu’à la mort d’aimer cette création où des enfants sont torturés. »

     

    « Rieux décida alors de rédiger le récit qui s’achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l’injustice et de la violence qui leur avaient été faites, »

     

    Tout est là: la révolte contre la mort, la "guerre" contre la mort, le Dieu absent qu'on évoque quand même. Le XXème siècle, quoi et le sentiment moral qui en découle, celui de Camus et de tous les autres, l'absurde et lamentable dégueuli lâche et aveugle qui renonce à tout le passé, à toute l'histoire au nom d'une conception pourrie et veule du progrès. Quelle plus belle définition du progressisme: la "guerre à la mort"... 

    Soumise à la peste comme tragédie, la saloperie esclave de la religion de l'avenir en fait donc une signification. Cela est typique du "truc" de Camus (l'Etranger et le reste reposent sur ce paradoxe, c'est ce qui l'a fait vendre). On en sort encore plus réconforté: soumis à l'absurde inévitable, on se branle avec sa tristesse, cela fait profond d'autant plus qu'on ne lui échappe pas. Etranglé dans les années cinquante par son conflit avec l'abomination communiste (personne ne s'étant battu contre le nazisme), le brillant philosophe et ses copains de cette époque engendrèrent les looseurs de la fin du XXème siècle, ma génération, qui finit de ruiner son pays dans une ultime "guerre à la mort" qui se révèle n'être qu'un suicide organisé, de ses vieux et de son économie.

    D'abord, la mort est inéluctable et ses circonstances une partie de la vie de ses témoins. Jeune ou vieux, quoiqu'on ait vécu, rien dans l'être de ceux qui la vivent n'est vraiment en rupture avec elle, au contraire, ils ne sont que pour finir comme cela et sans sombrer dans le gothique, l'horreur de la mort n'est rien moins que ridicule et fausse. L'horreur c'est de l'attendre ou de la craindre ou d'en être triste, rien à voir avec ce qu'elle est vraiment et de comment elle apparait ou plutôt disparait. Car elle est d'abord disparition.

    Bien sur il y a les encombrants cadavres, et peut être sont ils de manière décisive ce qui est sans doute le plus gênant dans la chose. Remarquons que le mort s'en fout, et l'horreur de la mort est toute entière transférée comme par magie, instantanément, dans l'oeil du témoin, désormais dépositaire de tout ce qui reste: l'image du visage d'un mort, image qui disparait d'ailleurs aussi, comme toutes les autres. Rien de bien grave, à part ces fourgons qui vont au cimetière sans être suivi (c'est trop loin il y aura des embouteillages, et on a faim et soif aussi) et bien sur cette interdiction bien vue et bien sentie des enterrements en période d'épidémie. Les 500 000 urnes funéraires des chinois ne furent livrées que plus tard, comme nos masques... 

    La première chose est qu'on ne fait pas la guerre à la mort mais aux vivants, pour leur imposer notre volonté méchante. Que pour cela on n'hésite pas à tuer et cela de la manière la plus violente possible: visages explosés, corps brûlés longuement,  membres arrachés, castrations variées: voilà nos actions et y renoncer c'est être esclave et accepter d'obéir à bien pire dans l'autre sens. Faire la guerre à ça est évidemment un non sens et l'homme "qui s'empêche" slogan de l'anti communiste, seule alternative à la révolution implacable qui elle ne s'embarrassait pas de ce genre de détails, a tout oublié de l'ancienne sagesse de la mort, qui elle l'avait maitrisée: s'empêcher, c'est être pacifiste, soumis à la violence, par peur de la mort, celle qu'on ne veut pas donner, celle qu'on ne veut pas subir et qu'on nie de toutes ses forces, la force c'est fait pour ça: subir.

    Sortie de la gauche, la logique progressiste nie le coté charnel et violent de la vie humaine et au nom d'une éthique dévoyée, celle qui avait acceptée sans rien dire la domination nazie au nom de la nécessité de vivre des goys, puis justifié au nom de la misère sociale la barbarie communiste, et qui s'est mise à refuser la mort, son existence même, au nom d'un fatalisme horrifié, au nom d'un déni enfantin et terrifié.  

    Au point d'applaudir tous les soirs les viandards impuissants qui ont entubé à tour de bras (les destructions de trachées fragiles sont irréversibles et mortelles dans 50 % des cas) de pauvres vieux qu'on n'avait ni testé ni soigné sans parler de leur soignants qui les avaient torché les mains sales au nom de la science. 

    La mort n'est rien en soi, et certainement pas l'horrible, injuste, ou insupportable (pourquoi pas "invivable"?) limite de la vie. Elle se pense comme existante, et sans doute nécessaire, et respectable et possible. Elle est soulagement, entrée dans un autre monde, au moins celui du souvenir du mort, bref elle n'a pas à être sujet de révolte en tant que telle. Ce sont les circonstances de la mort, son environnement, le nôtre, celui des vivants qui peut révolter ou enthousiasmer, pas l'évènement inéluctable ponctuel que la connerie progressiste idolâtre comme signification limite, la seule que le crétin inculte puisse concevoir: le caniche "souffre" de l'inaction du dispensateur de croquettes mort, avant de lui dévorer le bas ventre. 

    Cette signification donnée à la mort par notre époque est une infamie bizarre toute de contradictions en forme de dénis variés. Comme évènement injuste on retiendra la technologie: quelle malchance de mourir avant qu'on ait trouvé le vaccin ! Et aussi le mépris des vieux: moi jeune je vivrais la découverte. Et puis tous ceux qui nient l'avancée à venir: ils ne la méritent pas et on les punit de mort. Surtout qu'il y a plusieurs façons de la nier: le manque d'exercice, l'obésité, sont autant de crimes punis de la mort dont la cause est toujours celle d'une culpabilité. Le péché dévoyé des progressistes est ainsi récompensé. Mais il y a la suite, car la mort est toujours échec, et le réel ne peut pas être nié, juste oublié ou réinterprété. On oublie donc les enterrements, on l'a dit, ou on l'interprète, comme un nombre qui désangoisse, et qui est orchestré en messe journalière: d'abord les morts ensuite les applaudissements. Sinistre et macabre cérémonie de l'atroce religion qui a détruit tout l'honneur d'un pays... 

    Pour finir, le mort se met à exister par une autre mort, celle de la veuve, qu'on sacrifie et avec toute la famille. Ici il s'agit de l'ignoble capitalisme, et de la pollution qu'on détruit en même temps que nous même:  misère pour tous, ruine et destruction de tous les projets, de tout ce qui restait de ...vie. 

    La Peste est rempli du prêtre, et de sa foi, celle que refuse le docteur au nom de la souffrance insupportable, incompatible selon lui avec le Dieu qui tout puissant ne fait rien, et donc n'existe pas. Ce point nodal de l'autocontradiction lamentable (on insulte le dieu qu'on punit en n'y croyant plus car il ne soulage pas du mal) est un grand truc de Camus et du monde moderne. Ca fait moderne et justifie l'abandon du catholicisme, ça fait CFDT, celui qui a réfléchi sur la vie. Merdique sentiment débile de crétin ! 

    Dieu n'existe pas comme force surnaturelle et ne peut s'opposer en rien ni à l'écrasement des mouches ni au lynchage des bourreaux nazis, ni non plus aux chtis "nenfants" (comme si l'enfant mort méritait plus que le vieillard mort) écrasés contre les murs. On commence comme ça. Donc le regret des souffrances ne peut plus passer par là. Et si on est croyant, s'opposer à Dieu au nom de cette inaction même est un blasphème enfantin (ou gateux) qui nie sa toute puissance: bien sur qu'il le fait exprès et le mystère du surnaturel devant être arbitré par le con, pêcheur en plus, qu'est ce que vous en faites ? De bout en bout, ce qui reste dans les crânes de ces abrutis après leur formation religieuse ratée est d'un vulgaire et d'une connerie, je vous dis pas. 

    Par contre, coté sacrifice revenchard, on se pose là: la mort de ces vieux doit, au moins en principe, être évitée. Alors on sacrifie ce monde injuste au cruel dieu des enfers: par un potlatch magnifique et inutile on détruit le monde entier pour faire semblant d'agir alors qu'on ne fait rien à part laisser mourir... Incapable de laisser mourir vraiment, et aussi de s'organiser pour éviter vraiment la contagion en fait faire les deux ce qui la seule attitude virile possible aux âmes bien nées, et on fait l'inverse: la non action suicidaire. Comme si on voulait mourir aussi, pour ne pas voir... 

    Toute la tradition musicale et culturelle européenne qui a fondé notre monde est une réflexion sur la mort et ses qualités et sa vraie tristesse plus l'espoir fou fondateur d'une refondation du monde basée sur sa défaite finale, avec l'espoir d'un futur ou tout revivrait et des connards couverts de dégueulis viennent t'expliquer qu'ils ont compris le monde : nous sommes seuls,  c'est trop injuste ? 

    Qui parle des 10000  (au moins) pauvres vieux ou obèses timides trop flemmards pour aller faire la queue aux urgences qui se sont mis à mal respirer et qui sont morts chez eux sans rien dire, sans être ni consolé, ni entubé ni compté ? Qu'ont ils pensé ou souffert ou maudit pendant leur chtite agonie au doliprane ? Rien d'intéressant pour les humanitaires et les incapables qui n'organisèrent en rien ni leur protection ni celle de leurs enfants, maintenant au chômage. 

    Et tout à l'avenant: on peut imaginer que les instants qui précèdent le passage au rien font partie de la vie et il est sur que goinfré du fameux rivotril (autorisé et bon, contrairement à la chloroquine, interdite et mauvaise) et donc déjà dans les vapes le mourant peut penser à l'avenir: il en a eu le loisir dans les instants qui ont précédé l'absorbtion du cacheton, date effective de son départ du monde. Les moyenâgeux, connaisseurs de la torture,  retardaient au maximum, quitte à souffrir un peu, la perte du sens de la vie: cela jouait dans les combats, dans les agonies interminables, dans les morts en couches qui n'en finissaient plus. Nous n'avons plus ce souci: l'abrutissement ordinaire est tel qu'il doit être un culte jusqu'au bout. Et puis après dix ans d'altzheimer à penser et dire n'importe quoi, qu'importe finalement la mort terminale ? Qu'aura-t-on gardé ? Une petite étincelle de conscience, réelle quoiqu'on en dise, cela est certain. Raison de plus pour ne pas en faire une chose et donc accepter qu'elle disparaisse, comme cette chose qui s'appelle la vie et dont la valeur ne serait rien si elle durait toujours. 

    Comparons les cultures: la grande culture littéraire française, le Camus révéré fondateur de la conscience moderne, mort dans un accident de voiture (a-t-il souffert ? ), le parangon de la conscience spirituelle des hommes d'aujourd'hui avec ses petits cris aigus de révolte contre la mort. Les crétins incultes dégénérés qui n'ont que ça à se mettre dans le cul ont-ils ne serait ce que dix minutes tenté de comprendre la grandeur d'un texte de Luther mis en musique par qui vous savez ? 

    Den Tod niemand zwingen kunnt
    Nul ne peut contraindre la mort
    Bei allen Menschenkindern,
    Parmi le genre humain,
    Das macht' alles unsre Sünd,
    La faute en revient seulement à nos péchés,
    Kein Unschuld war zu finden.
    Il n'existait pas d'innocents.

    Davon kam der Tod so bald
    C'est pourquoi la mort fut si prompte
    Und nahm über uns Gewalt,
    À s'emparer de nous
    Hielt uns in seinem Reich gefangen.
    Et à nous retenir captifs dans son empire.

    Et en plus, le rythme lent est plaisant et il y en a 7 des couplets  comme ça ! Jouissez de la mort pour rien de nos vieux abandonnés mais pensez à eux, il ne leur reste que ça et nous serons bientôt comme eux. 

  • Les Frances

    Admirable et passionnant débat entre deux juifs dont Finkie a raison à la fin de proclamer les irréductibles divergences. Ces divergences sont française ET juives et cela n'en est que plus intéressant. 

    D'abord, on va y aller carrément, le mot étant prononcé et disputé par les deux protagonistes, il y aurait un "franco-judaïsme", cette passion des juifs français qui est d'identifier, quelque part, la France à la nation de la promesse messianique, l'exact inverse réciproque de la jalousie moyenâgeuse française envers l'Israël nation idéale: émancipé par la révolution ou admirateur migrant car soumis au pogromes, le juif voit dans la France la seule nation possible; c'était avant l'Israël du XXème siècle dit Finkie, qui est le pays de l'hubris de 67 dit Zemmour. 

    Revenons au franco judaïsme, il est clé et magnifiquement isolé, tel le virus(héhé). Il est celui du juif sans nation, aujourd'hui oublié, mais qui se dévoua corps et âme à celles qu'il habitait, France et Allemagne avec les déceptions du début du XXème siècle et au combien. Belle ambition, mais elle suscita un rejet à sa hauteur. Car ni en France ni en Allemagne elle ne se priva d'un égoïsme à la fois compréhensible et d'intensité variable. 

    Pressé dans un monde moderne et médiatique qui existait avant la guerre, tu parles, il s'y constitua, le sentiment national fut fragilisé partout par un modernisme encouragé par le xxx-judaïsme, et cela aussi en Allemagne. Ce qui fait que le bien connu sentiment de dépossession de soi que cherchent à recycler nos post heideggeriens (je pense à Finkie et à tous les réacs, Rappin compris) est en fait peu ou prou ce qui fut théorisé sous le nom d'antisémitisme avant la deuxième guerre mondiale. Dans toutes ses nuances, dans toutes ses acceptions dont certaines furent gaullistes d'ailleurs et aussi bien sur mitterandistes, toutes les personnes qui ont vécu à cette époque en sont porteur sains ou non. Vous voyez ce qu'est un virus? C'est pareil. 

    La "youtrerie" dénoncée par Rebatet est là et le progressisme actuel n'en donne qu'une faible idée: la dissolution dans un idéal à la fois ultra moderne (on s'abstrait des traditions) et ultra traditionnel (on ne garde comme tradition que la seule qui vaille, la circoncision) fut mal perçu ET perçu hélas. Ce deux poids deux mesures est ce qui justifia un sentiment aujourd'hui inconnu et répandu partout. On y sacrifia contre nos traditions un nombre excessif d'innocents, Zemmour considéra qu'on a surtout sauvé les autres, au point d'ailleurs de laisser entendre que ce fut là la fonction de Vichy...  

    Zemmour se situe dans un franco judaïsme assimilationniste forcené qu'il veut généraliser et reproche à Finkie son tropisme sioniste (le français est un langue à calembours). Cela face à l'autre menace, celle d'un fascisme islamiste, celui là sur  notre sol. Les deux font la leçon à la France au nom de ses traditions, et ce qui est en quelque sorte un comble, car il y a ici deux manières de le faire... 

    On passera sur la position de Finkie, nationaliste conseiller des nations, qui est de la sienne, spirituelle, tout en étant patriote français et porteur de cette idée inversée d'Israël comme modèle pour les nations, justement, l'enracinement nécessaire étant porté par ce qui le déracine de la France. Admirable destin paradoxal, à nouveau que cet homme conspué comme sioniste par les nouveaux arrivants qui le haïssent pour des raisons opposées ! 

    Faut il être logique pour avoir abandonné son pays, ne pas s'assimiler dans son nouveau et mener pour le compte d'autres pays, une guerre contre un autre au prétexte qu'il serait envahisseur et surtout habité par ceux qu'on a chassé de sa zone d'origine ? L'effroyable cauchemar identitaire d'une immigration perdue, rongée par les pires démons de la connerie la plus effroyable ne peut que promettre à l'enfer, ou à la guerre civile des êtres perdus qui, nous parlons de la France, ne nous sont rien. Non pas comme les juifs autrefois, cachés secrètement au coeur de nous même et voulant nous changer de l'intérieur, mais installés sur notre sol, avec leur déguisements et leurs visages reconnaissables (on peut gloser sur les gueules, Bennatar nous le dit assez), par exemple le jeune salopard à l'accent haïssable qui par lâcheté, s'excuse d'avoir craché sur Zemmour en le niant bien sur. Est il de France, l'émouvant désaccord avec Zemmour qui s'est exprimé deux fois dans deux sens différents sur un réseau social ? Fermons le banc, ces gens doivent partir, ils ne nous sont rien. Bon ça c'est fait.

    Tous les deux parlent de la France en regrettant quelque chose, l'un la vieille culture livresque l'autre la vieille puissance. On parle alors de cette France féminine (Zemmour dénonce assez le féminisme du XVIIIème siècle battu en brèche par la révolution machiste) et littéraire, le sentiment littéraire effectivement animant cette France du roman, et c'est sans doute la même, le roman étant courtois, inventé pour les femmes au moyen âge. La France ? Une femme nerveuse, et on ne le sait que trop, à la fois robuste et superficielle, sentimentale et cynique, le coté "femme" de la France satisfait effectivement à tous les poncifs connus sur la question. 

    On notera contre Zemmour que la dévirilisation de l'aristocratie est en fait venue de la création de la cour, Louis XIV ayant du castrer la féodalité au nom de l'état qu'il voulut construire, avec certes du succès mais au prix de bien des erreurs funestes, dont la mise en orbite de l'Angleterre, et du fait des grands bourgeois rationnels artistes et administrateurs, de la ruine du pouvoir à terme des rois. Fut ce une erreur ? Et bien oui, me voilà royaliste désolé que les lamentables coucheries d'un grand roi nègre et de son arrière petit fils aient effectivement vérolé le respect qu'un grand peuple doit vouer à ses chefs. 

    Parlons de Dreyfus. Zemmour adopte ici le point de vue de la vieille droite, la lutte pour l'innocence de Dreyfus aurait donc bien affaibli l'armée, faible en 14. Son état major vérolé, on l'avait vu avec l'affaire aurait il baissé la garde après la réhabilitation du capitaine, d'ailleurs héros de 14, il faut le savoir et le dire ? Le pantalon resta garance et les morts furent nombreux. Pourtant, et Finkie le rappelle, la plus belle des thèses est celle de Polanski: le commandant Picquart normalement antisémite mais soumis à la vérité garantit le juste sans fanatisme et rend son honneur à l'Armée et aussi à la France. C'est cette France là, stratosphérique pour les petites rancoeurs d'un Zemmour, qui fait l'admiration des vrais juifs et des vrais hommes, tout simplement. 

    La thèse de Zemmour est bien sur absurde et l'union sacrée de 14 le montra bien, sans parler de la victoire, acquise malgré les nombreux morts, les mutineries sanctifiées par la gauche ne l'ayant été que pour s'excuser de la lâcheté générale de 40, point essentiel de la stratégie histérico-politique de Zemmour le réconciliateur. Deux Frances donc, entre 14 et 40 et rappeler l'affaire des fiches et Dreyfus, au nom de la réhabilitation de Pétan et Maurras est bien le péché de Zemmour et il n'est pas mignon. Finkie s'oppose à cela de tout son sentiment navré et le fait est que seul un vrai gaulliste pourrait rentrer dans le lard du petit kabyle pétainiste. 

    Mais il y a plus. Son rappel de la France "seule" ou "d'abord" slogan zambéziste de Maurras, échoue devant la terrible phrase de De Gaulle "les tenants de la France seule ont accepté la compagnie de l'ennemi héréditaire qui l'avait vaincue et pillée". Zemmour en rajoute; après la trahison des anglo saxons en 36 (comme si le front populaire avait eu besoin d'eux pour ne pas intervenir) , on a  ni yes ni ya (la balance semble équilibrée pour Zemmour jugeant Pétain équilibrant) et cerise sur le gâteau, l'insupportable évocation de la fameuse "zone libre" sur laquelle régna Pétain victorieux et qui justifia l'armistice... Zemmour va même quel culot faire remarquer que la politique extérieure de la France de 1960 était celle décrite par Maurras en 1895, 45 ans avant que l'anti allemand fanatique se réjouisse de la défaite... 

    De plus en plus exhalté sur cette thèse mortifère que les vieux férus d'histoire se contentent de regretter navré, on n'a pas voté Mitterand pour rien, Zemmour dénature complètement sa vision de la France et le message pourtant agréablement réac qu'il porte par ailleurs. Il montre en fait à l'occasion le visage profondément médiocre d'une France qui se refuse d'avoir eu besoin de De Gaulle pour survivre. Une revanche de l'affaire algérienne sans doute et Zemmour a un inconscient, mais cela va plus loin: la collaboration aurait été ainsi un bon tour qu'on aurait joué aux allemands: une manière féminine de se relever d'un viol: on n'a pas joui ou bien le contraire, mais ça va finalement... La France éternelle à l'oeuvre en quelque sorte, alors qu'on a touché le fond, disparu comme jamais depuis le traité de Troyes, et qu'on épongé le mépris de ses ennemis et aussi de ses alliés... Car elle refusa de se battre et c'est bien le sentiment inverse qui anima d'abord les gaulliste de 40 (2) et non pas le maurassisme. Que Zemmour puisse faire fi de cette réalité, là de cet honneur sauvé (le fut il vraiment?) par quelques types, est désespérant: peut être qu'en fait il n'y avait pas lieu de le faire. Un honneur perdu et perdu et le testament de Zemmour, finalement celui là, le coup de pied de l'âne du kabyle vaincu de 1830: votre France a maintenant disparu. 

    Surtout que c'est cette France là qui vient de se vautrer économiquement et sanitairement et qui va encore plus plonger sous nos yeux dans l'année qui vient. Les chiottes au fond du jardin vont réapparaitre et le peuple superficiel va encore une fois, sans se le dire bien sur, vivre un de ces incroyables et sinistres abaissement méprisables qui marquent son histoire. Tout cela au son des trompettes. Conformément aux attentes, le progressisme foutu et vérolé issu de la ruine de la gauche qui s'est glissé au pouvoir a manifesté et au combien son talent: incapacité totale, couacs permanents entre eux, avec l'opinion, avec le réel. La plus forte récession du monde occidental attend le pays le plus meurtrier du monde occidental. La honte, plus la défaite, plus la ruine. La honte surtout: une communauté méprisable foutraque et minable, qui a préparé, voulu et administré sa honte. 

    A quoi peut on sentir cet inéluctable faiblesse ? D'abord à l'absence totale de discours public lucide de la part de quiconque. Tous dégoulinant de pleurnicherie vantarde, tous vautrés dans le n'importe quoi, tous respectueux du méprisable: un état failli dont il ne reste que le nom et dont ils s'acharnent à vénérer la lamentable autorité, en espérant en récupérer un jour le hochet, pour faire la même chose. 

    Bien sur orphelin de Fillon je regrette encore son style, mais faut il qu'il soit inimitable, il n'est pas remplacé: la droite glappit sans puissance et ne met rien en avant, ligoté par les opinions nouées qu'elle représente. Quand à la gauche, si l'on oublie celle qui a disparu, on ne voit que Mélanchon qui continue d'espérer, l'homme qui caresse l'immigration pour avoir ses voix. 

    On rigole au "front populaire" d'Onfray, auquel Raoult participerait, on va bien voir ça va être marrant vu le genre de type, à rebours de tous les débats, le pauvre réac girondin, faux philosophe, va plaider pour la proportionnelle intégrale. 

    C'est bien pour cela que Zemmour, sans illusions sur Lepen, bataille pour la réconciliation des droites, d'où pourrait émerger quelque chose, mais on se demande quoi. Quand viendra l'épreuve, que faudra-t-il faire? Suivre la nécessité de l'heure ou bien ses penchants éthiques ? Courir qui au fascisme qui pourrait être puni ou pas, ou bien à la destruction de soi et à l'alliance avec les médiocres ? Facile d'imaginer qu'un De Gaulle puisse permettre de choisir, car il n'y en aura pas.  Là où Zemmour a raison sans doute, c'est que quand la médiocrité rédhibitoire de tout ce que le normal propose sera établie et que l'extrême de l'autoritarisme sera nécessaire, il faudra suffisamment de gens de qualité dans ce camp là pour faire la balance face à l'autre médiocrité, celle de la revanche et de la corruption. Belle ambition et préparation à l'avenir, et cela n'est pas gagné. En tout cas le prix à payer, la réconciliation avec la sale droite me parait bien trop élevé. Ce sera au contraire aux énergiques à se fédérer au dernier moment: ne faites pas confiance aux vrais fachos ! 

    Car cette France là c'est aussi celle qui se vautre dans la défaite et qui en jouit: la part féminine de l'abjection, ce qui fait qu'il y a des nations qui ont abandonné le manche, l'Espagne de Franco, le Portugal de Salazar, la France de Pétain, bref tout ce qui ne veut qu'être tranquille dans sa petite famille sous développée avec ou sans le pouvoir: car il est plaisamment sectaire de partager la fange avec ses copains les fachos: cela fait de la merde à lancer sur tout ce qu'on déteste. Par instinct, figurez vous, cela me dégoute et j'admire en fait l'absence de ressentiment de Raoult ! Mon ressentiment à moi n'est que tristesse. 

    En tout cas, une chose est sure et la France dans ces heures là aura toujours la même boussole: il n'y a de valeur que ce qui la concerne vraiment et les funestes alliances avec l'étranger sont le signe de l'ennemi à combattre. Si assis sur la collaboration des "classes populaires", on veut faire l'unité nationale en faisant appel aux indigènes pour combattre le fascisme, et bien il faudra en profiter pour résoudre le problème et tout détruire. Là au moins, ce sera clair. 

    Rebondissons sur le discours de Zemmour: alliance avec l'étranger ? Qu'a fait De Gaulle sinon s'allier, il voulut même s'unir, avec l'anglo saxon cause de notre faiblesse ! Là est la marque du choix et qui me conforte dans ma haine du véritable étranger. L'Allemagne de Hitler n'était pas occidentale pas plus que le lamentable ramassis de berbères islamisés qui nous a envahi. Il n'y a pas à hésiter, l'hésitation de Zemmour en fait un berbère neutre, un ennemi donc, et il n'est pas sur qu'il ne souhaite pas finalement ce qu'il prévoit. L'éloignement du caractère historiquement catholique et chrétien pourrait faire croire que tout se vaut, et l'athéisme de Pétain ne fut par pour rien dans sa trahison. Me voilà donc réfugié chez le petit jésus, et chez le roi ? Diable !  

    Revenons à Finkie, le littéraire qui se plaint de la baisse du niveau culturel. On a là et c'est Todd qui le dit (3), la structuration de la France en distinction entre haut et bas, et là le bas s'enfonce. Finkie est anti Raoult et fut conspué par un gilet jaune (en fait un maghrébin déguisé): il hérite du mépris de la France cultivée contre le peuple obscène et barbare. Or la France c'est aussi ces 80% de classes moyennes qui vivent le déclassement de leur pays et qui incluent, c'est Todd qui nous le révèle, les tenants de la fausse conscience, ceux qui croient encore à Macron et à ses fables à la fois humanitaristes et pseudo libérales: ils ne sont que les larbins d'une société sociale démocrate taillé à leur avantage et qui s'effondre sans qu'il l'admettent ni ne le réalisent. 

    Le débat avec Zemmour le montre: il y a aussi ce peuple cultivé de la vieille histoire, celle que Zemmour propage, et qui pourrait se tourner vers autre chose, c'était la question. Car les sbires de Macron sont doublement dégénérés: ils ont abandonné non seulement le peuple, mais aussi la nation et son histoire, et ils veulent son oubli et sa destruction. C'est le sens de la révolution de l'enseignement et du bourrage de crâne pro immigrés: il faut détruire le fond anthropologique français, tout ce qu'à tort le soixantehuitardisme nous a appris à détester et à mépriser. Coluche et les deschiens même combat. 

    Il faudrait redécrire Todd et sa stratification: les gilets jaunes furent visibles sur tout le territoire, ce qui abroge la différenciation familiale française et la remplace par la pyramide du mépris, l'égalitaire libéral est maintenant populaire, c'est ça l'intuition géniale ! Tandis que le méprisant intellectuel supérieur devient autoritaire... La France cul par dessus tête, et je suis aussi gilet jaunes, par conséquent, vive la sociale !

    Un seul bémol aux brillantes analyses de Todd (4), on lira son bouquin, est que son physique "arabisant" lui fit subir enfant des "sale bicot" et son gendre serait algérien: juif lui aussi (le 3ème gourou juif français et pas le moindre) il prophétise, mais pas sur ce sujet là: pour lui, le coup d'état sera le fait d'une alliance Macron Le Pen , les deux partageant les mêmes valeurs de haine !!! Et surtout le fait que l'Etat est soutenu par l'armée et la police, deux bastions du vote FN. Il va même, pour sortir du mal absolu qu'est l'Euro allemand, jusqu'à prôner une alliance avec les US ! 

     

    P.S. Au passage et entre deux  confidences, il faut noter que Todd exprime très bien, sans s'en rendre compte, que la France n'est PAS libérale (son élite est fonctionnaire) mais il ne va pas jusqu'à admettre que ce n'est pas l'Euro qui est responsable de son abaissement mais bien l'absence de libéralisme (c'est cela qui me sépare de lui). Pourtant il est très proche de la vérité et reconnait pleinement que d'une certaine manière, les vrais libéraux sont les gilets jaunes ! Quand on pense que pour moi, ils étaient la cible de la vraie libéralisation nécessaire que visait Fillon... 

    Surtout que Todd tire un trait sur les errements anti libéral/libertaires (Michéa etc: les prolos étaient déjà indifférents à l'homosexualité dans les années 30) et acceptes les évolutions sociétales, ramadan et homosexualité.  C'est là le pli ou tout se redéploie et où la complexité du problème des frances se manifeste le plus... 

    Je ne vois pour ma part qu'alliance entre Macron et toute la gauche, sociétal mélanchonien et immigrationniste compris, le bloc central décrit par Todd étant par essence libéral au vrai sens du terme et devant s'allier, drapeau français en tête, avec les désespérés prolos en souffrance du RN. Simplement il ne faut pas que cela soit à la Zemmour et ce n'et pas De Gaulle qu'il faut oublier mais bien Pétain et l'Algérie. Il y a quatre vingt ans, la France s'effondrait. Nous y sommes. Les cartes vont être redistribuées et on ne sait pas comment. 

    80 ans ! C'est ce qui sépare la prise de la bastille de la déroute de 1870 !  

    (1) le débat Zemmour Finkielkraut https://youtu.be/K4Z4H8ITRug

    (2) le résumé des thèses de Zemmour: ???

    (3) longue péraraison de Todd: https://www.youtube.com/watch?v=kYWYlvYhZM8

    (4) Le très long interview de Todd https://lvsl.fr/emmanuel-todd-macron-nest-plus-republicain/