Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

FrancoisCarmignola

  • Les platoniciens

    platon.jpg

    Lire la suite

  • Les managés

    On a lu le magnifiquement heideggerien, mais amateur (1). 

    Amateur car parfaitement clair et compréhensible: l'ère de l'actuel est passé par là et les petits jeunes à défaut d'avoir appris à lire, on appris à parler: clairement. En plus celui là a lu au delà du possible et nous (me) donne un éclairage complet sur l'une de mes détestations, peut être la seule que je puis avoir: Macron est un manager et le détestable management est ce monde perverti que je conspue.

    Bien sur convoquer H. là est de plus immensément délicieux. Mieux, on pose la question:"et si le management était à Heidegger ce que les sophistes furent à Platon?". Un régal.

    Ce n'est pas  l'humble technique que H. dénonçait, mais  l'"organisation", c'est à dire le management, qui  scientifique lui même, s'applique d'après Taylor lui même, à toutes les activités humaines...

    Taylor est un quacker héritier de William Penn, le fondateur de la Pennsylvanie, le quacker est un hérétique tremblant, persuadé que l'étincelle du saint esprit se propage de fidèle à fidèle et donc se trouve une société des amis. Pourquoi donc s'appelle donc nous tous par nos prénoms? Et bien parce que le management est sécularisation de ce mode de vie là. 

    Et puis H. et la cybernétique! Au Spiegel en 1966: "-Qu'est ce qui remplace la philosophie? - La cybernétique". On a donc H. et ses obsessions autour du management, élément principiel de l'achèvement de la philosophie, à la fois son accomplissement et bien sur, sa fin. On a ainsi la cybernétique, comme méta-science, celle qui les "contrôle" toutes.

    Un point intéressant est que le mot "informatique" n'apparait pas: l'ordinateur (le mot d'après une délicieuse polémique viendrait d'une réunion de normaliens voir (7)) est absent et se comporte comme un spectre derrière tout cela. On se contentera, la chose est trop drôle, de penser à H. dénonçant l'usage de la machine à écrire au groupe de filles et de semi tafioles (comme Ernst Nolte) qui assistaient à son fameux cours (j'en ai la larme à l'oeil, ach Stalingrad) de l'hiver 42-43. Une génération d'allemandes qui allait, mais c'est sans doute à cause des viols systématiques commis par les russes lors du printemps 45, dénoncer le machisme dactylographique et donc la technique pendant le reste de l'histoire. 

    La Cybernétique

    Deux aspects de la cybernétique. D'abord le principe de rétroaction, archi connu, mais pas tant que  ça. Il a 4  phases, deux d'information, deux d'action: le but et le retour, l'action et sa correction. Il fallait le dire et cela fait tout le système.

    Ensuite que le principe s'applique en principe partout: de la cellule au gouvernement mondial. Cette totalisation totalitaire est sans doute un point faible. Et puis la cellule c'est pas ce qu'on croit: je la verrais moi plutôt comme bien plus compliquée, formée de l'enchevêtrement de systèmes indépendants en équilibre, héhé, je suis nationaliste et adepte de la guerre de tous contre tous, plutôt. 

    On retiendra le "la victoire de la méthode sur la science", de la part de celui qui disait que la science ne pensait pas, tu parles, elle ne fait que s'organiser et la pensée sociale (Latour est tu  là?) la décrit même comme ne faisant que cela. Tout comme si la déploration de H. était prise pour argent comptant et prise en compte comme ontologie (héhé, elle est pas mal celle là); tout comme le vaincu (la cybernétique a décodé les codes SS, calculé la bombe atomique et organisé le débarquement) qui se plaint du manque de sportivité de son vainqueur, bien mieux outillé. 

    Un point intéressant est la considération des machines automatiques égales aux êtres vivants. H. n'a pas le robot pensant en tête, comme quoi cette fiction peu philosophique, n'a vraiment pas de sens: la vraie réflexion se concentre bien sur sur le vivant et le gouvernable. D'ailleurs et c'est aussi une merveilleuse découverte dans ce texte: "organisation" c'est bien sur l'organisation du vivant lui même et la vraie métaphore est bien celle du corps qui s'identifie à la société, et pas celle du "cerveau artificiel". 

    Le management

    Mais le monsieur a bien d'autres idées...

    D'abord, il renverse trois lieux communs archi connus et que je ne partagerai plus: d'abord la  nature "originale" de la révolution de l'information qui n'est en fait que la continuation de la seule grande révolution, l'industrielle, ensuite que le management n'est pas meilleur (plus cool) depuis Taylor qui l'a inventé. Le coaching n'est qu'une manière de fouetter charlot et ses clés à molette... Pour finir que le capitalisme c'est la recherche du gain, alors que le management c'est la recherche de l'efficacité, pas de complot ultra libéral capitaliste là dedans; mieux, H. est formel, la technique et donc le management a absorbé et dépassé le capitalisme ! 

    Ensuite, il crache le morceau et cela est essentiel: les techniciens de l'humain à l'ère moderne, 20% des édudiants se forment au management, et on ne compte pas les psychologues, les "RH" (le mot et la fonction, fut inventée dans les années 80 pour pallier l'incapacité des chefs du personnel à virer des électeurs déçus de Mitterand) ou les assistantes sociales, bref bien plus de la moitié des travailleurs ne produisent pas mais regardent produire  dans le cadre d'un déploiement omniprésent du ... management.  Mieux, on les entraine à "orienter les désirs", à  stimuler les travailleurs et à les manipuler pour  les impliquer. 

    ll est prof de management en plus d'être philosophe, et tout cela (le management bien sur) se fait au nom de principes et de théories qui ne sont pas explicitées, d'où la philosophie, ah qu'elle est belle. 

    J'avoue être un peu surpris par l'ampleur de la charge, l'identification technique/management étant bien tentante, mais hélas un peu trop unificatrice, car il y a la science là dedans. Même si le social (la technique futile et le management) peut paraitre entièrement subverti, on ne peut nier que le technique mécanique pur fut, comme marche pied, le support des développement expérimentaux qui validèrent la physique moderne. Tout imprégnés de la métaphysique d'un langage qui devait être adjoint à TOUT le réel, ce qui n'est pas le cas, les philosophes originaux, tout en gardant leur capacité à saisir l'essentiel, doivent admettre que le savoir est dépendant de la technique, tout comme la victoire à la guerre et la prospérité collective. C'est le noeud du problème et la défaite du vieux nazi boche (tous les nazis ne sont pas boches) sur le terrain et dans les cerveaux, n'en déplaise aux contempteurs de la cybernétique, fut patente.

    La technique

    Il n'empêche, et ceci doit être considéré, que certains considèrent le quantique comme phénoménotechnicisé. La technique après la logie: on ne comprendrais rien sans la technique, l'oscilloscope a remplacé le cerveau pour appréhender le monde. L'argument est d'ailleurs donné à de multiples reprises contre Kant, soit disant maintenant dépassé par la relativité: ses formes a priori de l'espace et du temps seraient maintenant démodées et obsolètes.

    Je considère cette considération comme un ânerie et une fausseté et cela pour en affirmer le contraire exact, car ce sont bien les appréhensions originelle de Kant qui sont utilisées pour modéliser, théoriser, décrire et prévoir ce qui est précisément, et c'est le fondement du monde, paradoxal, subtil et étrange et ainsi à notre portée nous les hommes avec très exactement les intuitions basiques des singes originaux que nous sommes, toutes développées dans les arbres au service de notre gloire et de notre puissance ! Même chose pour la techno science, ah le mot étrange à la fois vrai et faux, vrai car c'est bien la technique qui confirme nos intuitions (oui, bande de singes, nos intuitions!) mais ce n'est pas, et non, la technique qui nous domine voire qui se "déploierait toute seule".

    Encore une fois, le contraire de l'intuition heidegerro-bernanosienne doit se manifester: le technique est empirique et issue de la pensée car à la fois symboliquement organisée et donc soumise aux interdits de la logique, mais aussi fondamentalement faible car conçue agissante à l'extérieur de l'homme. C'est sa faiblesse dont il faut se plaindre, pas de sa puissance ! 

    Ainsi, et là j'avoue en être content, identifier technique non pas à la science mais à son écho organisationnel et mondain, parfaitement non scientifique en fait, et cela malgré tous les scientismes. PNL, AT et autres hypnoses énnéagrammatiques n'étant que des distractions pour employées incompétentes adeptes de sectarisme.  Surtout que c'est tout le "management de la recherche" qui étouffe les scientifiques avec des formulaires. Quand donc se révolteront-ils? 

    On peut alors se déclarer heideggerien, son antisémitisme pouvant rester mondain (et donc anodin)  et ne manifester qu'un légitime refus de pratiques obligatoires agaçantes (les standup meetings, les réunions  en anglais). 

    Car la lutte contre les sophistes est de tout temps, et ce n'est pas parce qu'ils ont beaucoup d'influence à une certaine époque qu'ils doivent gagner toujours. Il y a un vrai savoir dans les recherches sur la grande unification, et sur les théorèmes concernant le calcul distribué et la preuve de théorème: rien à voir avec les cures dents connectés des startups débiles qui ne créent que des "boulots de merde". 

    Bien des indices montrent en fait les limites du "management": croissance faible, incroyables échecs techniques dans les domaines clé: constructions d'EPR, projets informatiques de paye des fonctionnaires, total déséquilibre des comptes des hôpitaux: partout de très étranges failles montrent que  les méthodes enseignées (à moins que lui et ses pairs n'aient déjà saboté la chose) ne fonctionnent pas aussi bien qu'elles le devraient. Nous en sommes peut être déjà à une recherche d'efficacité comparable à celle qui agitait le XIX siècle rural ou même la Russie communiste juste avant la chute du mur... Le technique est profondément faible, encore une fois. 

    On en vient alors au politique (esprit de Macron montre toi!) : le management est multiculturel, antinational, pacifiste et cela intégralement et absolument. De quoi faire et nous y sommes: on en peut plus et tout cela finira mal, le contrôle de tout cela nous ayant échappé. Car les résultats sont pitoyables, et cette notion du management explique  sans doute l'incroyable incapacité à se réformer des grandes organisations qui s'y sont abandonnées: partout des grands groupes industriels en déclin, réduit à consacrer leur capital en décroissance à acheter des petites entreprises, à qui on promet, pour ne pas faire fuir leur seule valeur, les hommes qui y travaillent, de ne surtout pas leur appliquer les "process" débiles qui ont vérolé tout le reste de la superstructure. 

    Les lamentables simagrées RH des grandes entreprises, leur multiculturalisme délétère et énervant suscite bien des résistances, implicites à défaut d'être explicites. La motivation chute et la critique du management faite ici montre bien que le macronisme entreprenerial, startupperiste et openspaciste, bref, ce qui a bercé les annéees 2000 est déjà ringardisé, en tout cas, il est et doit être combattu. Le dégout se pointe. Cela remet-il en cause les vrais savoirs, les vraies coopérations, les vrais sentiments fraternels basés sur les vraies communautés ?  Bien au contraire, et une belle critique comme celle là nous met du baume au coeur, on avait eu raison de ne pas céder au superficiel. Vive Platon: car le simulacre bien qu'envahissant n'est jamais qu'une preuve  de l'existence du réel ! 

     

    Les nouveaux hippies

    On peut par contre, tenter de faire des remarques générales sur l'attitude induite par ce point de vue, puissant et organisé (héhé). Hors de la précieuse et documentée description d'un monde qui cesse donc d'être mystérieux et on peut en être vraiment reconnaissant, il y a bien sur au premier degré la haine totale de notre monde dont je suis partie prenante au moins en partie. Cette haine se déploie sur la partie droite de l'échiquier, voire même plus  loin, avec certaines dérives mues par certains ressentiments. 

    Bien qu'il ne s'agisse pas, bien au contraire, de démotiver le populo, Billancourt et ses rameurs se devant d'être managés convenablement jusqu'à la victoire finale, et je veux toujours les couilles de Macron sur la table, on pourrait faire la remarque que l'eau du bain contient un bébé et que Heidegger n'est pas occidental. Son indo européanisme est en fait un peu trop ancien, pour tout dire manifestement antérieur à son arrivée en Europe depuis des confins asiates dont l'effroyable barbarie sylvestre nous dégoute depuis sainte Geneviève.

    Qu'il y retourne lui et son être gothique, je ne pardonnerai jamais la trahison des germains à Alésia. 

    Mais là n'est pas la question, le monde a basculé et les courants réactionnaires phosphorent et prennent le lead culturel dans l'ombre, ce qui va changer le monde. De jeunes chevelus boivent des coups en déplorant dans les arrières salles la vilainie de l'univers, qui se trouve ainsi réformable au moins dans l'avenir. Enfin, chevelus: en matière capillaire Rappin suit le courant de Foucault (elle est pas bonne celle là?).

    En tout état de cause, on a une espèce de trotskysme: tous opposés évidemment à l'engeance majoritaire on est toute une communauté à la conspuer jour et nuit sans que cela ait un quelconque effet sur la réalité. Exactement comme la lutte contre le capitalisme, exclusive occupation d'une classe sociale entière dont d'ailleurs l'inefficacité et le hors de propos total ne l'empêche pas d'exister, avec sa presse et son économie, et de traverser toutes les chutes des murs, et toutes les crises financières maitrisées. Faut il basculer chez les cons rassemblés et se frotter de culture en n'ayant à l'esprit que l'avenir (ou le passé) d'un être obscur qu'on est de toutes façons incapables de penser ? Et bien, non ! Ma totale solitude ne se résoudra pas par l'intronisation dans des organisations qui d'ailleurs m'ignorent. 

     

    (1) http://www.juanasensio.com/media/02/01/2510517559.pdf

    (2) http://www.juanasensio.com/archive/2016/04/06/heidegger-et-la-question-du-management-baptiste-rappin-francis-moury.html

    (3) http://cerclearistote.com/au-fondement-du-management-theologie-de-lorganisation-entretien-avec-baptiste-rappin/

    (4) http://www.fondation-prometheus.org/wsite/publications/newsletter/octobre-2016/entretien-avec-baptiste-rappin-lhegemonie-du-management/ 

    (5) le wordpress de l'auteur: https://baptisterappin.wordpress.com/

    (6) la vraie histoire du mot "ordinateur" https://www.laviemoderne.net/detox/39-deus-ordinator

    (7) tout sur le management:  https://journals.openedition.org/leportique/2809 

    P.S.

    Puisqu'on parle d'Asensio: https://www.youtube.com/watch?v=hdA6cla0sKc

    est bien plaisant. 

  • Zemmour Weil

    Triste soirée que ce débat Patrick Weil contre Eric Zemmour où pour malhonnêtement réduire la gravité d'un problème, on a choisi d'en traiter deux. 

    Le glaive et le bouclier

    D'abord Pétain De Gaulle, glaive et bouclier ou plutôt équilibre pétainiste entre le camp du yes et le camp du ja. (on se rappellera la chanson de Brassens, "les deux oncles, l'ami des tommies et l'ami des teutons"). Assumée par Zemmour pour nous emmener ailleurs cette monstrueuse contre vérité qui entérine la destruction de la France, fait contrepoint et complète celle en cours aujourd'hui.  Car on en vient alors à l'essentiel, avec le fameux "grand remplacement" qui se termine par la proposition du socialiste de libéraliser le cannabis...

    Les larmes de l'histoire continuent de couler, et les miennes aussi.   

    Deux débats valent mieux qu'un

    Car on a ainsi vu s'exposer en public deux demi heures, dont la deuxième, la nécessaire prise en compte de la nocivité des phénomènes d'immigration en France, fut masquée, cela fut fait exprès par une décrédibilisation habile via une thèse absurde mais assumée par notre essayiste. Pourquoi? Voilà la question. 

    De la part de la production (BFMTV, officiellement macroniste), la motivation est claire, et cela fut un sine  qua non de sa part sans doute: en forçant un pétainiste à rendre publique sa passion, on détruit l'importance et la durée consacrée à ce qui maintenant est sur la table de l'opinion publique, à défaut d'être sur celle des dirigeants: la présence excessive d'une afrique islamisée en France et aussi en Europe. 

    Car bien sur, on ne le dira jamais assez, le mal et son occultation par le politique officiel est européen. 15 à 25% des opinions publiques, partout en Europe, se sont séparées du consensus de la confiance globale envers les pouvoirs et sont persuadées  qu'on ne prend pas en compte le problème. Ils sont prêts pour cela à élire n'importe qui, à déstabiliser n'importe quel pouvoir et on va le voir bientôt. 

    Les "zélites" pensent pouvoir gérer les choses en les combattant, tout comme furent combattus les populismes communistes à la grande  époque. Ignorant les luttes sociales qui motivaient à l'époque et qu'on arrosa à grand coups des milliards qu'on ne finit pas de refuser d'économiser aujourd'hui, ces pauvres zélites s'imaginent pouvoir gérer le monstre en continuant à payer d'une part (c'est la vraie raison de la paralysie totale du pouvoir français) et en arrosant les médias de moraline d'autre part. D'où la manip télévisuelle de hier soir.

    Premier débat

    On commencera par De Gaulle et Pétain, puis on regardera les raisons de la présence de la thèse dans le discours du "petit Zemmour". On l'avait souligné il y a longtemps (1), mais là les choses s'aggravent. 

    Bien sur, l'alliance avec l'Angleterre que De Gaulle était chargé de porter à Londres, était la dernière occasion de forcer la main au maintien de la France dans la guerre et pas comme Zemmour l'évoque une soumission à l'anglo saxon, pendant de la soumission à Hitler, elle nécessaire car nous gardant de l'abject capitalisme sans doute? C'était le seul débat, et Zemmour, avec une mauvaise foi cynique ne l'évoque même pas: pour lui, comme pour Pétain et tous les autres, la défaite était achevée et la lutte impossible. De Gaulle voulait se battre, cela aurait tué beaucoup de monde et alors ? 

    Et bien ce "débat" là (tu parles, une vieille certitude, oui) reste ancré dans la conscience française: Pétain nous a sauvé de bien des morts inutiles, et  les 75000 juifs assassinés valent bien les millions de soldats qu'il nous a épargné. Fermez le ban. De Gaulle ? Un glaive buveur de sang, qu'il faut à tout prix modérer par un bouclier qui sauva presque tous les juifs. 

    Explicitement, Zemmour ne dit pas ça, il se contente d'identifier Pétain et De Gaulle, en allant jusqu'à dire qu'ils ont tous les deux perdu... L'un ne fut pas à Wansee, l'autre pas à Yalta. Sinon, la thèse que tout est de la faute de Laval, l'homme de gauche pacifiste, fils de Briand, et que Pétain ne fit qu'une seule erreur, ne pas aller à Alger en 1942, est vraiment plaisante: tout est peut être là, Pétain, lui aurait gardé l'Algérie française... 

    La thèse est plaisante est justifiée par ce que rapporta le colonel de Rémy d'une confidence de De Gaulle: la France avait "deux cordes à son arc". Ce que Zemmour identifie au glaive et au bouclier et qui n'a bien sur rien à voir.

    La France avait les deux cordes, a joué lâchement la première pour protéger ses pauvres miches et profité de la deuxième à la victoire qu'elle n'a pas eu le courage de prévoir. C'est bien sur ce que pense De Gaulle, qui de toutes   façons réfuta l'avoir dit, ce qui entraina la démission de Rémy du RPF. 

    Tout est bon pour instiller l'horrible et atroce confusion. Comme si la France n'avait pas horriblement souffert de ne pas avoir fait tuer les parents des petits bourgeois merdeux de 68 et d'avoir laisser vivre tous les mythes possibles depuis le communisme jusqu'à "ça", qui va maintenant finir d'abaisser définitivement ce pays d'abandon. 

    Zemmour nous dit ça sous la forme d'une dévalorisation ironique, très "extrême droite vicieuse", du général qui demande s'il est au gouvernement Pétain avant de décider de partir (c'est bien connu, sinon De Gaulle serait resté et aurait participé à la collaboration, à moins que thèse plus vicieuse encore, il ne soit qu'un arriviste, ce que l'avenir à démontré...). Bref Zemmour nous la fait Henriot et cela soulève le coeur. A la manoeuvre pour défendre De Gaulle, le socialiste pro immigration est évidemment pitoyable, mais défend au moins un "héros"... 

    Mais il y a plus, l'insistance avec laquelle Zemmour parle de la défaite, la "pire de son histoire" (70 ne compte pour rien, sinon pour tenter de faire de Pétain pour Hitler le  Thiers de Bismark) traduit une arrière pensée qui explique (du moins c'est ce que je tente de démontrer) l'étrange association d'avec aujourd'hui.

    D'abord il faut comprendre que l'extrême droite, comme tout extrême vit et prospère de l'ordure, par définition de l'extrême. Il lui faut absolument le pire présent et effectif pour  exister, pour respirer: c'est sa nourriture, son oxygène. La bactérie dans la source sulfureuse, l'odeur du pet comme hymne national. La catastrophe actuelle, dont la dénonciation fait salaire est donc une époque bénie. Ah les bordels de pendant l'occupation: toujours ça que les boches n'ont pas eu !  

    Tout ça pour ça

    Le culte de la nécessité de l'abject, de son coté positif fait donc partie de l'action, en est le pendant nécessaire. Dans le passé qu'on regrette, il y a donc aussi cela, et on en vient en dénonçant De  Gaulle et sa modernisation des années 60, à valoriser l'autre grande modernisation qu'on lui identifie (partiellement à raison d'ailleurs, c'est factuel) et qui est celle du projet de la révolution nationale... On replie donc le mouchoir: allemagne = afrique pour l'invasion, nécessité fait loi, il nous faut l'autorité pour maintenir l'ordre, la guerre civile à venir nous l'impose, ceux qui voudraient se libérer des envahisseurs sont dangereux. 

    On en revient donc à l'Algérie française, et je crois qu'on peut trouver là une cohérence, la faille Pétain De Gaulle étant trop béante pour qu'il n'y ait pas une anguille dedans. Il nous faut dominer, c'est ce que le petit juif kabyle a retenu de l'histoire, de son histoire: il fallait le faire du temps de l'Algérie, il parle de l'ambition de la France à 100 millions d'habitants avec l'Afrique que l'on domine. Cette belle théorie, celle de la fusion de la France et de l'Afrique, il en est donc un peu porteur. Bien sur si c'est l'islam qui gagne "comme la dernière fois" (il parle bien sur du 9ème siècle quand ses ancêtres furent colonisés par les  arabes), cela sera dur, mais nous les  juifs on pourra s'y faire... Car il y a, mon allusion n'est pas assez précise, de l'indigène troublé dans le petit Zemmour: son amour de la France pourrait faiblir sous un autre régime encore plus dominateur. Est ce que je m'égare dans une haine du hors sol très autre siècle ? Il m'en donne l'envie... 

    Autrement, et sans extermination (comme l'on fait les donneurs de leçon anglo saxons) (et puis on parle bien sur des arabes) on  ne pouvait pas s'en sortir... Il va donc jusqu'à être pessimiste pour l'Algérie de papa, et curieusement lucide, en fait. En plus à l'époque, lls n'étaient que deux millions. Etrangement sans mentionner l'impasse économique de la conduite des politiques sociales en Algérie, il ne parle que de démographie, ce qui est la raison d'Alfred Sauvy, et à raison, mais la vraie raison resta économique et d'ailleurs chiffre toute la période: la colonisation n'a rien rapporté du tout, voilà la vraie leçon que notre historien n'a pas prise. 

    On passe à la suite

    Zemmour  propose-t-il ? Non, il constate et déplore et affirme l'inéluctable et le "déjà là". Bien plus  agressif qu'il y a quelques années, il affirme (c'est l'objet de son récent livre) la présence effective du "grand remplacement" en décrivant les zones déjà cédées. Il y en a, et Patrick Weil, l'odieux naïf le reconnait d'ailleurs, gêné, mais inventif: le coup du cannabis dans le débat fit hurler de rire (en tout cas, moi).

    Il y en a donc des zones cédées, mais depuis pas mal de temps: la zone de Nanterre en 69 était for étendue, et les cités 100% maghreb sont des zones dévolues et heureusement (il ne faudrait pas qu'on se mêle d'imposer la mixité sociale, quand cela viendra, et les 30% de femmes voilées que Hidalgo veut imposer à Paris le montreront, il y aura des problèmes). Le problème et Zemmour n'a pas tort est un islam conquérant et surtout, surtout un flux qui vient de l'étranger, et qui n'est pas du tout maitrisé: les étudiants diplômés et les demandeurs d'asile déboutés, tout comme les cousins touristes et les condamnés libérés, restent en France. 

    En parlant de tourisme, Weil rappela l'importance du secteur du point de vue économique: arrêter l'invasion des petits neveux et des taties par alliance, (Giscard lui même dans un interview récent reconnait avoir sous estimé l'étendue des familles), arrêter le déferlement donc, ce serait pénaliser l'hôtel du nord... L'inconscience et la stupidité de ces cuistres n'a pas de limites on en pleure de ne pas pouvoir lui foutre son pied au cul. 

    Contre le seul ennemi nécessaire, il faut  donc l'union sacrée et il n'y a pas de place pour deux réacs conspués bientôt canonisés défenseurs de la patrie: il faut se réconcilier. Cette volonté d'unifier les contraires est typique du fascisme et se fait toujours par un meurtre caché, c'est l'essence du paradoxal discours. Ici on tue la droite républicaine, le burberry sentencieux, l'héritier bourgeois libéral de l'ex grande prospérité française, celle qui a failli. Que la gauche républicaine, vendue à Pétain puis aux communistes, organisatrice du grand flux qu'elle n'avait pu inventer, mais qu'elle multiplia par cent ait failli aussi, cela est tellement d'évidence qu'on ne le mentionne pas, et puis elle NOUS  a aussi tellement rendu service ! La symbiose zemmour weil est là, palpable: une danse de mort, une danse macabre, affreuse à voir.

    Bref, le grand retour de la droite, la vraie, avec  la mort cette fois définitive de tout ce qui pouvait rappeler les miraculeux sursauts de 40 et de 58 qu'on veut oublier, est organisé avec talent. D'où mes larmes, car l'abaissement sera bientôt complet, comme il se doit, l'optimisation hors de propos se traduisant toujours par le sub-optimal complet, et les réconciliations, Soral lui la veut contre les juifs, on a plein à faire, de toutes les sortes. Ne veut on pas s'excuser de colonisation, des meurtres des cathares, que dis je, de ceux des moutons dans les abattoirs ! Tout cela revient au même, il faut rétablir la vérité, et celle ci, donc, s'éloigne et va disparaitre.

    La Seine Saint Denis

    Puisqu'on en est au grand  remplacement, il faut ainsi parler de la Seine Saint Denis, le département, dont un livre de Davet et Lhomme décrit la moitié musulmane de sa population en des termes suggérés par François Hollande, c'est lui-même qui avait craché le morceau: il y a un problème... Zemmour ravi proclame qu'on lui donne raison, et les deux duettistes, "attachés aux faits et pas à l'idéologie", crachent le morceau que toute la gauche en morceaux (même le secrétaire socialiste vient de l'admettre) expectore aussi. Il y a bien un problème. Pétain avait donc raison. La vérité que tout les fachos  hurlent à la mort depuis des années déjà, est bien sur cachée: nos ennemis sont là, chez eux, et on n'est plus chez nous. Un tapis roulant pour que l'abjection triomphe... 

    Evidemment, il ne s'agit pas encore de l'immigration (le simple racisme reste tabou), mais de l'"islamisation", c'est le terme choisi par les deux salopards. Le déchainement des idées va se manifester: tremble cannabis tu vas te faire libéraliser, tremble taxe hallal, une hausse d'impôts ? miam miam. Bref, le pire et le problème empoigné par tous les populismes va donc nous conduire à l'abime, à moins que Macron ne nous sauve bien sur. Ce n'est pas sur au demeurant, son fidèle compagnon lyonnais l'ayant abandonné en parlant en partant de deux peuples "face à face". Au courant parait-il de bien plus de faits divers navrants que BFMTV n'en rapporte, l'exécutif  s'inquièterait in petto mais sans rien faire ni dire. 

    On peut toujours rêver

    L'oubli de soi, de la grandeur et de la logique est à l'ordre du jour, l'abaissement sur tous les sujets, plans, domaines et espaces en cours, inexorablement et sans relâche, sans humour et sans trêve. Comment souhaiter cela ? D'une quelconque manière ? Il nous faut donc provoquer le sursaut. 

    D'abord il faut savoir qu'il y eut un plan, présenté à la présidentielle, et qu'il concernait tous les aspects, y compris la nécessaire lutte explicite contre ce qui commence à apparaitre: la velléité de la moitié de l'islam français d'installer plus qu'une religion du tiers monde, des coutumes du tiers monde, et cela sous son autorité.

    Cela doit être brisé par la force: les prêches antisémites déclarés en français en préfecture, les imams étrangers connus pour leur égarements théologiques inspirés par  les "terroristes" (ce sont les wahhabites qui le disent) ou par les "takfiristes" (ce sont leurs frères musulmans qui les dénoncent) impitoyablement expulsés et leurs convertis et soutiens locaux privés d'expressions publiques. Voile interdit dans les locaux universitaires, cela trouble les professeurs, constructions des mosquées retirées aux municipalités en mal d'électeurs. 

    Il y a bien sur l'affaire des migrations, celles ci devant être closes pour manque de ressources, celles ci (les ressources) devant être consacrées à l'intégration de ce qu'on se refuse pour l'instant à déchoir de sa nationalité et à renvoyer en Afrique, intégration d'abord matérialisée par son premier cout: la construction de prisons. Il faut les doubler et vite, la guerre civile, si elle n'a pas lieu, devrait les remplir, c'est mieux que les cimetières.  

    Il faut aussi réaffirmer au niveau européen la fin de la charité, du droit des peuples à la (la charité) solliciter sans limites et la fermeture des frontières. Le renvoi de force vers les terres de départ (Turquie et Libye) est à considérer, bien sur après l'arrêt complet de toute espèce de sauvetage de ceux qui s'enfuirait dans notre direction. Ah oui, la punition pour complicité avec les esclavagistes des ignobles pourritures sous humaines dégénérées qui se nomment humanitaires est indispensable. 

    Aucune de ces politiques n'est ni pratiquée, bien sur, ni même envisagée encore. Elles sont aujourd'hui déjà nécessaires, et leurs effets, tous comme les réformes de Macron, ne se manifesteront que bien plus tard, c'est dire. Autant dire donc que le sursaut, lorsqu'il se produira, ne pourra avoir aucun des aspects raisonnables, mesurés et semi pacifiques que le bon sens aurait souhaité: il sera violent, impitoyable, injuste et meurtrier, et cela aura été annoncé. Qu'est ce qui peut le provoquer ? Je pense aujourd'hui que c'est la peur de la montée des populismes, et cela pourrait fonctionner: même la vieille gauche ouvre un oeil (Oliver Faure parle de "colonisation à l'envers)"... Tout comme nous, elle réalise qu'il n'y a plus d'alternative au pire, et que Macron, loin d'être un pis aller sera en fait un bouc émissaire ! Reste à proposer quelque chose et cela n'a pas d'existence aujourd'hui. Seule stratégie donc: la médiocrité affichée au pire de sa hideur, pour stimuler une alternative (beau programme, mes larmes redoublent).

    Pris en étau dans mes atermoiement moraux je me vois donc contraint de réaffirmer mon soutien à la courageuse grosse blonde injustement trainée en psychiatrie: seule capable de faire mieux, j'en suis sur, elle ne mérite que le soutien des vrai gaullistes maintenant que Philippot l'a lâchée (à quel beau ver, je me damnerais pour lui, hop c'est fait). 

    Pour continuer de traiter le sujet, élections au Brésil ce week end: un "ignoble fasciste" va prendre le pouvoir et on voit bien le balancier sinistre qui règle la vie des sociétés: dénonciation de la pauvreté et idolâtrie des faibles mène à la grande corruption, à la grande criminalité et à la forfanterie du pire: on dresse devant soi un repoussoir, et celui ci plein de la haine qu'on lui a suscité, emporte tout. Les scénarios équivalents français et européens sont maintenant inéluctables.  

    Et pour en rajouter une couche, le pessimiste du jérémie français est total: "j'envie ceux qui espèrent ! ". 

     

    (1)  http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2014/10/23/le-petit-zemmour-5474317.html

    (2) Zemmour chez Finkielkraut  https://www.youtube.com/watch?v=izwApHQ19oA

    (3) la belle polémique http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2016/01/12/de-gaulle-vichy-le-liberalisme-et-la-liberte-5743880.html

     

    Encore encore

    P.S. On a vu (2) et le débat De Gaulle Pétain chez Finkielkraut.

    Toute la polémique enfiévrée qui m'avait opposé à un zemourrisé lors de (3)... J'en suis encore tout navré. Zemmour y continue son exposé dont les arrières pensées complexes sont bien celles que je soupçonne.

    D'abord, dézinguage de la personne de De Gaulle: on réfute l'argument de Pétain vieillard orgueilleux qui profite de la défaite au nom d'un De Gaulle orgueilleux qui profite de la victoire... Mieux, tous ces gens (dont Louis XVIII, Gambetta) utilisent la défaite comme marche pied. L'inanité de l'argument, (De Gaulle par l'appel du 18 Juin, aurait donc utilisé la défaite comme "marche pied"? ) a un coté vicieux absolument révoltant, et cela d'autant plus qu'il est construit et volontaire et doté d'intentions: conspuer De Gaulle le moderniste libéral, et vanter le retour d'une révolution nationale (encore encore) qui nous regénénera, Hitler si tu nous entends... 

    Il s'agit d'abord de pulvériser le 'gaullisme post' de la gauche elle même: mieux, d'utiliser l'infamie de sa traitrise de l'époque pour mieux justifier l'armistice, pour mieux justifier l'armistice. Pas mal non?  Un appel aux retours aux fondamentaux, la nation ne pouvant exister, d'après Zemmour, que si il y a un état (l'état "français", bien sur) et un territoire (la moitié de celui ci valant pour le reste, la  perte de Paris (avant Vichy, il n'y avait eu que Bourges) n'étant qu'accessoire). 

    Pourtant Zemmour le répète, De Gaulle ne croit qu'à la nation. Y aurait il deux conceptions de celle ci? De manière étrange, il semblerait qu'en s'abstenant de faire de Pétain un nationaliste, mais plutôt un défenseur du pays, et bien sur en tapant sur le De Gaulle buveur de sang qui voulait faire tuer des gens que le bon Pétain voulait épargner, Zemmour ne soit en fait qu'un macroniste pacifiste, les nations c'est la guerre... La  chose existe, et le pacifisme chevillé au corps de la vieille droite française maintenant compromise pour toujours se manifeste partout, comme l'horrible vérole qui ronge notre pays déshonoré. 

    Et puis il y a les juifs !!! Enervé, Finkielkraut nous les ressorts, inévitable. D'abord le petit aller retour vicelard, ça ne mange pas de pain: les alliés se foutaient des juifs, et De Gaulle aussi, DONC reprocher à Pétain la même chose c'est de la moraline... Le grand mérite de cet argument infâme est bien sur qu'il calme les anti gaullistes, fallait il se battre pour des juifs étrangers ? Et puis il calme les juifs eux mêmes: leur destin reste unique et on ne pouvait rien faire, la preuve. L'idée qu'on aurait pu "se battre" (ce qu'on fait les alliés) est ainsi occultée, et c'était le but de l'argument, encore une fois absolument infâme.

    De la part d'un juif, évidemment opposé au génocide, il a une coloration particulière et montre la puissance d'une volonté de "pragmatisme" qui consiste à vouloir dans le passé et dans le présent, identifier justification et explication, et cela pour des fins parfaitement actuelles. C'est parce que les juifs "étrangers" étaient trop nombreux en 42 qu'il fallait s'en débarrasser (ou du moins tolérer qu'on s'en débarrassasse (...)), comme maintenant. C'est parce que l'Angleterre nous a affaibli entre les deux guerres que l'on devait se livrer à l'Allemagne, stratégie bien plus maligne que celle qui consistait à se livrer au libéralisme anglo saxon, comme maintenant. D'ailleurs Zemmour le dit bien, le plan Marshall, c'était la sujétion... Le plan "Speer" (spoliation de toutes les ressources françaises pendant 4 ans, c'était de la stratégie). A pleurer. 

    Paxton

    Et puis il y a Paxton. Ennemi déclaré (tout ce qui le contredit n'est que du post paxton) de la France, le ricain a le culot d'avoir découvert trente ans après Aron que Pétain oui, en rajouta dans la collaboration, et en fut un artisan dévoué et cela de plus en plus: il répondait en courageux martyr de la nation, par des coups de langue supplémentaires au mépris  des nazis , ce qui ruine et oui, le glaive et le bouclier. Tout le monde s'accorde là dessus, sauf bien sur Zemmour, au point de s'énerver, on aimerait lui jeter un glaive dans sa sale gueule de traitre pour le calmer. 

    Pour tout dire l'affaire est  d'importance, et porte sur la mémoire française de la deuxième guerre mondiale. Rien que ça.

    On lira (1) à charge contre Paxton ! D'abord, il y a effectivement 40K troupes d'occupation. Les  400K militaires allemands présents en France font la guerre. Contre le reste du monde... Paxton a raison. Ensuite qu'avec ses prisonniers (seul Mitterand a pu se faire libérer en simulant une évasion) et son STO, la France a 2.4 Millions de déportés et oui, bien plus que la Belgique. Pétain a-t-il fait libérer les prisonniers ? Sa propagande honteuse prétendit que oui. Paxton a raison.  Ensuite qu'apparemment, Aron ne mentionne qu'à peine la thèse du glaive et du bouclier, elle est donc complètement inventée par Zemmour, dont acte...

    "Tous deux étaient également nécessaires à la France. Selon le mot que l'on prêtera successivement à Pétain et à de Gaulle Le Maréchal était le bouclier, le Général l'épée. Pour l'immédiat, le Maréchal parut avoir raison; pour l'avenir, le général a vu plus juste…"

    Bien sur le "on a prêté à De Gaulle" n'est qu'une saloperie sans nom, mais on ne se résigne pas bien sur et c'est tout le problème à plaider contre sa chapelle. L'"amertume infinie" dont parle Aron est multiple et se trouve l'incapacité de la France à accepter de se regarder dans la glace. Comment lui en vouloir? 80 ans après, la honte et le déni sont toujours là. 

    Les juifs ? 2/3 d'entre eux en 40 étaient étrangers. La même proportion furent déportée, 25% du total. Merci Pétain. Et puis l'histoire du combattant de 14 mis dans le train avec violence et ses décorations est parfaitement réelle, et niée par Zemmour.  

    Pour finir, au sujet des soixante huitards qu'on a fait vivre à tort: "Comment résister à l'envie de meurtre d'un père aussi caricatural que le Pétain de la Révolution nationale ? ". Et bien Pétain n'est pas mon père et le dégout des fils pour les pères qui non seulement ne sont pas morts, mais ont trahi reste grand et incompréhensible pour eux. Vous avez déjà vu un traitre avouer sa traitrise ?  

    Soyons indulgent

    Un argument trouvé sur un forum et que bien sur, Pétain n'a pas eu la perfidie de trahir vraiment, mais qu'il voulut en sauvant des vies, procéder à un redressement national "qui induisait à terme de repousser l'occupant". On s'en prend donc aux volontés réelles du vieux maréchal, qui ne voulait que le bien de la France, bien sur. Que voulait il ? Pour cela il aurait fallu qu'il eut une volonté et que l'on sache vraiment laquelle. Ce qu'on vit, c'est la volonté des nazis, l'absence de résistance du stratège (pour le moins) et la volonté des français libres de sauver l'honneur. 

    Il y a ces notes manuscrites découvertes récemment, sur le statut des juifs et aggravant les exclusions légales ce qui confirme sa volonté (stratégique, bien sur, il connaissait son hitler) délibérée d'exclure les juifs avant que les allemands ne le demandent. Il ne s'agit pas là des juifs étrangers dont une puissance occupée vaincue ne pouvait que se désintéresser. Les faire parquer par sa police sans toilette ni nourriture dans un vélodrome pour mieux les faire assassiner était inévitable: mieux, il faut l'accepter et l'assumer dit Zemmour ! 

    Le double jeu dont parle Aron est basé sur des soit disant relations avec les Anglais dont on sait aujourd'hui qu'elles furent nulles. Il n'eut bien sur pas lieu: les anglo-saxons étaient ses ennemis et il le maintint jusqu'au bout ! Tout pour ne pas faire la guerre, voilà son idéal de soldat, de lâche et de traitre ! 

    La stratégie de Iéna n'eut pas le temps d'aller jusqu'à Leipzig, par peur d'une polonisation sans doute, et là on tombe sur la contradiction manifeste: Pétain voyait il Hitler comme le digne souverain d'une Allemagne aussi respectable que celle de Guillaume II ou bien comme un assassin sans scrupules qui aurait martyrisé la France avec ses gauleiters si on ne lui avait pas assez bien léché le cul ? 

    La vision

    Quelle vision du pays y a-t-il donc dans le crâne avière du petit déplumé ? Son souci de la grandeur française est maurassienne partiellement (il ne parle pas du tout de ce grand charles là, par ailleurs) c'est à dire brillante, royaliste et cherchant l'abjection, mais pas que. Il y a de la tactique là dedans car les choses sont imbriquées: on veut créer quelque chose, et cela, construit sur la confusion des arguments est une "réconciliation". Présent chez mon adversaire de 2016, le mélange de pacifisme, d'anti capitalisme, et de pragmatisme unificateur de la religion (conçue à la maurras comme "nationale") et de la tradition fut détruit par le gaullisme et aussi par l'histoire, mais on veut revenir dessus faute de ...

    De quoi ? De la seule lucidité dramatique, cornélienne et qui est la mienne et qui est l'essence du gaullisme. Cette essence est inaccessible à notre monde, et aussi, là je suis bien plus réac que Zemmour, aux faux traditionalistes qui croient pouvoir (comme d'habitude) rétablir leur vérité sur les décombres de la connerie.

    Elle est basée sur la mort. Parfaitement. La mort joyeuse des vrais aristocrates et de leur piétaille dévouée (j'en suis) attachée par l'habitude. La mort, non pas celle des nazis, ou des juifs, toutes imprégnées des sacrifices ignobles et des significations données à l'accessoire, mais la mort des duellistes légers, des fidèles amateurs des authentiques andouilles, de ceux qui mettent l'honneur au delà de tout, de ceux qui exécutent le coeur léger l'ordre espéré d'aller se faire tuer pour quelque chose. La France, et Zemmour y fait allusion, la chose est connue, est la civilisation de l'honneur et la pire chose qui puisse lui arriver est d'y déchoir. Elle l'a fait.

    Que ce misérable petit raton d'extrême droite soit incapable de concevoir cela en fait pour moi un paria, un non français, qu'il n'est pas d'ailleurs, je lui retire ce droit, et qu'il sache que pour les vrais nationaux, comme il le suspecte d'ailleurs, la mort des juifs ne compte pour rien: ce que Pétain a fait est bien pire, il nous a déshonoré, on ne donne pas ses juifs, on les tue soi même, si il le faut vraiment. Pareil pour la bataille, le millions d'inutiles et de lâches qu'il nous a sauvé ne nous a servi à rien: ils ont voté comme des porcs jusqu'au second abime dont De Gaulle nous a sauvé. Leurs fils tarés qui n'auraient jamais du naitre se sont convertis au marxisme jusqu'à élire Mitterand, un comble.

    Au sujet de Zemmour In Persona

    Zemmour est comme tous ces colonisés fascinés par la puissance et la prestance de leur envahisseurs: ils s'y soumettent et leur rendent service avec l'humilité des nègres enthousiastes mais s'en dégoutent à la première avanie, c'est leur sens de l'honneur à eux: ils se souviennent dés qu'ils en ont l'occasion du mépris qu'ils inspirent. 

    Mon honneur de paysan semi celte dominé par des pirates germaniques est il de même nature? Sans doute, et je m'en suis souvenu à la révolution, mais putain j'en ai profité pour proclamer les droits de l'homme et pour envahir l'Europe en me faisant tuer avec élégance ! En cela, les tueries (volontaires et encore une fois, élégantes), de l'Empire ont rattrapées et excusées mon ressentiment.

    Rien à voir avec les viols en Italie des goumiers suivies dix ans après par les éventrations des femmes de leurs officiers. Rien à voir avec la soumission "stratégique" aux allemands que le visionnaire de la guerre civile nous recommande à postériori. Ce partisan machiavélique de la compréhension d'une époque est précisément doublement méprisable: d'abord en prenant le parti de l'erreur: le stratège Pétain attentiste en diable fut défait de toutes les manières possibles, méprisé et piétiné par absolument tout le monde, pour défaut de vision. Contrairement à son diagnostic imbécile, l'Allemagne fut vaincue et détruite et cela était prévisible, il suffisait d'avoir envie de se battre. Ensuite et surtout en cherchant à nous convaincre du contraire 80 ans après ! Zemmour  n'explique rien, ne justifie rien, il excuse et cela est absolument dégoutant. 

    Plus que  jamais la droite est divisée, et on va bientôt voir les ravages que peut faire une extrême droite, qui plus est anti capitaliste, telle que la rêve Zemmour: le tiers monde ! ll en est l'envoyé et j'espère qu'il se fera foutre dehors avec les autres ! 

     

    (1) http://siteedc.edechambost.net/Paxton/Aron_intro.htm

    (2) les juifs en 40 en France https://journals.openedition.org/cdlm/4637 

  • M.P.

    img-maurice_merleau_ponty-du_comportement_et_de_la_perception_au_langage-entretien_avec_georges_charbonnier-1959.jpg

    Lire la suite

  • Les décibels

    VU_Meter.jpg

    Lire la suite

  • Les rasoirs

     

    rasoir.jpg

    Lire la suite

  • Les confréries

    On veut dire les confréries Soufis bien sur. Ce sont des merveilleux papillons à épingler. Il y en a au moins 40... 

     

    Soufi: les gens du "banc". Les adeptes du "dhikr", de l'évocation rythmée. 

    D'abord, tout cela vient d'Ali. Non pas que cela soit chiite, bien sur, mais tout de même, il y a le tropisme "parentée", comme si cela était important. Sans rire, Ali, le gendre, est le premier des "saints", détenteur de vérités profondes.

    "je suis la cité de la science et Ali en est la porte" (Muhammad).

     Et puis, il y a Rabi’a al-Adawiya, la sainte esclave affranchie qui voulait contempler la face de Dieu. 

    Et puis, il y a al-Hallaj (+922), "je suis la vérité". Crucifié à Bagdad.

    Et puis il y a Junayd (+911), "Ne suis-je point votre seigneur?".

    Al Gazhali (+1111) le grand initiateur mystique de l'islam obscur, l'homme du Tahafut, l'anti philosophe. 

    Et Ibn Arabi (+1260) né en Andalousie. Il ne fonda aucune voie... L'un des plus connus, pourtant voir par exemple (1). Dieu est amour et n'aime que lui même, la clé de la chose sans doute. 

     

    On parle de "Tariqa" ou "voie", chaque voie ayant son "saint" fondateur, ou premier de cordée, le "cheikh" (prononcer "cher"). Là encore, on est un peu limite, on substitue un saint au gendre lui même, mais c'est le même esprit: une sorte de prophète, de guide est devant. Ce guide se rattache à la tradition prophétique par une chaine d'enseignements successifs, un peu comme le principe de validité des lois musulmanes. Ces chaines remontent presque toujours à Ali.

    Il faut bien distinguer les saints soufis fondateurs et les confréries, organisations qui jouent le rôle d'ordres religieux en islam et dont les influences séculaires perdurent aujourd'hui. Elles furent en particulier très  importantes dans l'empire Ottoman. Ataturk les interdisit toutes.

    Un point important est que beaucoup des confréries datent du XVIIIème siècle, le siècle d'Abd el Wahhab, celui d'un renouveau tout azimuths de l'islam. L'opposition entre l'islam des saints et celui de la loi centralisée est essentielle, constitutive d'une opposition séculaire avec le sunnisme strict. On  pourrait dire que le soufisme est le 3ème islam.

     

     Adham-iyya: la toute première, fondée en 777 par Ibn Adham.

     

    Qalandar-iyya les hippies nus et débauchés, en tout cas ultra pauvres. Les meilleurs.

     

    Tijan-iyya en Afrique noire, en fait au Sénégal. Fondée en 1782 en Algérie.

    Mouroud-iyya en Afrique Noire, fondée par Amadou Bamba

     

    Quadir-iyya  Al Qadir Al Jilani (+1166)  Bagdad mais surtout la confrérie de l'émir Abdelkader.

     

    Rhaman-iyya fondée au XVIIIème siècle en Algérie. 

     

    Sanouss-iyya: fondée au XIXème siècle, l'ordre wahhabiste du roi Idris renversé par Kadhafi... 

     

    Khalwat-iyya : fondée à Hérat en Afghanistan. La khalwa c'est la "retraite". Religion de Bajazet 2, le fils du conquérant d'Istambul, elle fut pratiquée dans tout l'empire Ottoman et refondée par Yayha Chirvani. Encore active en Albanie, par exemple.

    Chadhil-iyya fondée au maghreb au XIVème siècle. Opposés au Wahhabisme (bien sur), ils sont des mystiques. En débat avec Ibn Taymiyya...

    René Guénon en fut adepte.  

    l'Imam Chadhil aurait inventé le café. Ca ne s'invente pas.

    Elle est origine de nombreuses ramifications dont la Darkaw-iyya et l'Alaw-iyya, elle même très influente actuellement.

     

    Nashband-iyya  en Asie centrale et dans le continent Indien: les soufis silencieux et la voie du coeur. La chaine iniatique remonte à Abu Bakr (Al Siddiq, le véridique). Mort en 1388, Naqshband, tadjik, a son mausolé à Boukhara. 

     

    Rifa-iyya en Irak, l'ordre Qadiri: au XIXème siècle en Irak.

     

    Chisht-iyya en Inde. S'occupe des pauvres, visitée par tous, y compris les hindous.
     
     
    Rahman-iyya fondée aux XVIIIème siècle en Algérie. 

    Suhraward-iyya : le héros d'Henri Corbin, Suhrawardi. Persan au delà du possible.

     

    Rumi : les derviche tourneurs Mevlevi et la grande oeuvre le Masnavi: une volumineuse poésie traduite en Français aux XXème siècle par Eva de Vitray-Meyerovitch, une grande dame de l'islam européen.

    Nematollahi: un ordre iranien, depuis la révolution dans le monde entier.

     

    Le Bektachisme, fondé par le fondateur des Alévis. La  religion des janissaires. Le tombeau de Gül Baba est à Budapest.

     

    (1) http://www.ibnarabisociety.org/articles/ddelamour.html

  • Les grades

    Les grades c'est pas si simple. 

     

    D'abord il y a les 3 armes et la marine c'est pas pareil que le reste. 

     

                                             Les officiers généraux.

    Un Amiral c'est un Général d'Armée, le plus haut grade qui soit (5 étoiles)

        Une armée, c'est 100 K hommes, le nombre de soldats allemands de la 6ème armée en captivité à la fin de la bataille de Stalingrad.

     

    Un Vice Amiral d'Escadre, c'est un Général de Corps d'Armée. (4 étoiles) 

       Un corps d'Armée, 50K hommes c'est au moins 2 divisions.

     

    Un Vice Amiral , c'est une Général de Division (3 étoiles) 

       Une division c'est 20 K hommes

     

    Un Contre Amiral, c'est un général de Brigade (2 étoiles)

       Une brigade c'est 10 K hommes 

     

                                                        Les officiers supérieurs

    Un Capitaine de Vaisseau c'est un Colonel  (5 gallons) 

    Un régiment c'est 5K hommes, soit 2 bataillons. 

    La demi brigade, unité de la révolution (pour éviter la dénomination trop royaliste de "régiment") était formée de 3 bataillons.

     

    Un Capitaine de Frégate, c'est un Lieutenant Colonel (5 gallons, 2 blancs)

    Un bataillon c'est 1000 hommes

     

    Un Capitaine de Corvette, c'est un Commandant (4 gallons) 

    Un Commandant, c'est un chef d'escadron ou de bataillon. 

     

                                                          Les officiers subalternes

    Un Lieutenant de Vaisseau, c'est un Capitaine (3 gallons) 

    Une compagnie c'est 200 hommes.

     

    Un Enseigne de Vaisseau de 1ère classe, c'est un Lieutenant (2 gallons)

    Un Enseigne de Vaisseau de 2ème classe, c'est un Sous-Lieutenant (1 gallon)

    Un Aspirant a un gallon haché. 

    Un peloton c'est 50 hommes

     

                                                           Les sous officiers

    Un major c'est un super sous officier supérieur, dans toutes les armes.

     

    Un Maitre Principal, c'est un Adjudant Chef (1 gallon 2 fils, un gallon doré)

    Un Premier Maitre c'est un Adjudant (1 gallon 1 fil, un gallon blanc)

    Un Maitre c'est un Sergent Chef (3 chevrons) 

    Un Second Maitre c'est un Sergent (2 chevrons) 

     

    Un Quartier Maitre de Première classe, c'est un Caporal Chef (3 chevrons rouges)

    Un Quartier Maitre de Seconde classe ou "crabe", c'est un Caporal (2 chevrons rouges)

    Un Matelot c'est un soldat de 1ère classe (1 chevron rouge)

     

    Dans les armes montées, le Sergent est un Maréchal des Logis et un Caporal est un Brigadier.

     

     

  • Les atterrés (à la mer ! )

    Tout comme il faut rejeter les migrants à la mer, il faut rejeter aussi les atterrés.

    Prenons leur manifeste (1) 

    Introduction) Les US et la Chine sont donc d'enviables économies (communistes) acharnées à la redistribution à tous selon leurs besoins. L'Europe, elle s'enferre dans un égoïste libéralisme à tout crin et veut, quelle honte, réduire les déficits publics, gages chacun le sait, de bonne gestion et nous sommes atterrés.

    Ca commence bien. Le décor est planté. Le contraire exact du réel est prononcé, affirmé sur le ton de l'évidence. Alors qu'épuisée par une redistribution insensée, source de toutes les corruptions, de toutes les inactions et d'une tiersmondisation générale, du moins au sud de l'Europe, et par une vérole sans cesse renaissante au nord, l'Europe tente au moins dans certains jugements, de vouloir se voir réformer les boulets qu'elle doit assumer, US et Chine se livrent à la plus sanglante, la plus monstrueuse exploitation sociale qui soit. Assis l'un et l'autre sur des masses de population d'un tiers monde qu'ils encouragent et font travailler jusqu'à la folie (aux US dans la restauration et l'agriculture uniquement, le reste étant abandonné au futur, en Chine partout ailleurs).

    Un point au sujet de nos économistes. Aveuglés par les études qu'ils ont terminé au début des années 2000, ils croient toujours que la France et l'Italie font partie de l'Europe. Ce n'est plus le cas: il y a rupture et divergence et les faux fuyants et la suffisance de Moscovici n'y font rien. Parler par exemple de baisse de revenus des fonctionnaires comme marque de l'austérité française, à l'unisson donc du reste de l'Europe est tout simplement insensé, voire stupide, voire criminel ! La France a deux fois plus de fonctionnaires que l'Allemagne, et cette fonction publique hypertrophiée est la marque de l'échec français: son peuple a renoncé au développement et protège ses familles par la course éperdue au seul emploi sur qui vaille.

    Tout le reste est à l'avenant. Les chiffres "moyennés" fourni par l'Europe n'ont tout simplement aucun sens. On a une Europe du nord rigoureuse, aux ratios acceptables, avec ses problèmes certes, mais qui sont ceux du jour et puis le monde du déclin inéluctable, aux ratios inacceptables, et qui ne méritent pas d'être cités tant on en a honte. La France est la nationalité des atterrés. C'est moi qui suis atterré. 

    Les fameux atterrés sont donc des ignorants, qui ont oublié ce que moyenne veut dire: formés de prétentieux universitaires formés en Afrique qui viennent nous parler rigueur avec des larmes dans la voix depuis un pays qui a DEJA abandonné tout espèce de référence, y compris intellectuelle à ce mot, synonyme de bonne gestion et d'évidente recherche de prospérité. Il fut partie de la langue de bois mitterandienne lors de la quasi faillite de 1982, et a donc mauvaise presse, voilà le problème... 

    1) Fausses évidences 1, 2, 3:  l'efficience des marchés. 

    La chose devrait être dans leur corde. La discussion est passionnante, et on voudrait parler théorie. 

    Mais la question n'est pas là: l'histoire montre que l'efficience n'est pas le bien, et la rupture des bulles financières n'a jamais été la preuve, ni d'ailleurs la contre preuve de cette efficience. Le mal au cul de certains atterrés prouverait il que la main invisible qu'ils n'ont pas dans le slip n'existe pas?

    2) F.E. no 4,5,6,7: les dettes publiques sont dues à un excès de dépense. 

    Et oui. Qu'elles soient sociales, ce qui a généré les assurances naturelles contre l'absurde responsables de la grande fuite spéculative, ou de sauvegarde des banques à genoux, ce dont nous pouvons être fier, cela a évité la catastrophe, ces dépenses énormes ont EFFECTIVEMENT contribuées aux dettes publiques. 

    La France paye ses fonctionnaires en empruntant. Vous le saviez ? 

    Ne pas réduire ses dépenses publiques contribue à la dette, et vice versa. Je ne suis pas économiste de profession, mais suis sur que ce n'est pas moi qui énonce une monstrueuse connerie sur le ton du paradoxe intellectuel. 

    Le pire est en 6: nos enfants ne rembourseront pas la dette. Ben si, le capital... Qui n'est pas nul. Ah oui, bien sur vu le montant exorbitant des intérêts versés, ce sont en fait les riches qui profient, ceux qui ont accepté, en utilisant le mécanisme des taux d'intérêts sur un marché de vente et d'achat de titres (notion apparemment inconnue du crétin qui argumente) de prêter de l'argent aux fonctionnaires trop nombreux qu'on veut ici innocenter... 

    Solution pour la dette: augmenter les impôts. Je me disais aussi. 

    Au fait, il ne faut pas rassurer les marchés financiers pour gérer la dette. Il faut bien sur les menacer et les inquiéter, des fois que ce ne soit pas suffisant pour provoquer notre chute... L'atterré est vraiment con. 

    3) 8,9,10 L'Europe ne nous protège pas, la preuve la Grèce. 

    Là on est dans le sublime: aux crochets de l'Europe pour sa ruine et son gaspillage, l'atterré mord la main qui le nourrit et cite en exemple l'immense succès grec. A se chier dessus. 

    Bon en conclusion, un monument de stupidité inconséquente, de mensonges éhontés, de contre vérités évidentes et de cynisme pur. Il n'y a pas de mots pour exprimer le mépris que suscite ce monceau de merde. La fracture sociale est devenue intellectuelle, honte à vous misérables abrutis, la civilisation et la vérité conchie votre nullité !

     

     

    (1) http://www.atterres.org/page/manifeste-d%C3%A9conomistes-atterr%C3%A9s

  • Les barbares

    Teodorico_re_dei_Goti_(493-526).png

    Lire la suite

  • Les grâces

    Michel_De_Bay.jpg

    Lire la suite

  • Emily

    EmilyNoether.jpg

    Lire la suite

  • Todd est à la retraite

    On a vu Todt à la télé (1)(3). Il n'arrête pas de se plaindre qu'il est à la retraite, un peu sentencieux et se perdant parfois dans ses disgressions, il vieillit un peu. Il est pourtant un authentique "génie" et homme de savoir avec en plus une sagesse parfaitement respectable. Il est néanmoins un peu faux cul et sa volonté de rester membre de l'establishment qui l'a si bien servi et depuis si longtemps est tout de même patente. Bien sur il se dit "à la retraite", pour tout dire vieux, mais veut rester séduisant...

    Car ses points de vues sont originaux en ce qu'il se veut d'abord une sorte de scientifique, contemplant une nature qu'il mesure, surpris. Malgré toutes ses obsessions et tropismes variés (qui ne font que son charme), il reste face à un monde qu'il ne connait pas à priori et qu'il essaye de décrire honnêtement, quelque chose d'extérieur, une sorte de réel donc, et cela est infiniment précieux. Il n'exprime pas une vision ou des opinions, mais des réactions par rapport à quelque chose qui existe hors de lui: il est homme de connaissance, au vrai sens du terme. Il compare des modèles possible d'explication et finit par l'avouer: il ne sait pas. C'est rare... 

    On connait ses dérapages, toutefois, au milieu de ses éclairs de génie. Il sous estime tout à fait l'immigration, quoiqu'il semble reconnaitre dans cette vidéo récente, au sujet de l'Allemagne, qu'il puisse y avoir des problèmes d'assimiliation quand des masses de populations s'installent trop brutalement... Qu'est ce qu'on rigole. Et puis il faut le dire, alors qu'il a rendu populaire la notion de "transition démographique", il n'a toujours pas vraiment théorisé que celle du maghreb qu'il avait décrit avec gourmandise, s'est inversée. Que dit-il là dessus ? 

    On se réjouira toujours, par contre, de son assimilation de l'islam à la pratique du mariage entre cousins, le nom du mouvement, les "frères" le montrant assez. Enjeu essentiel de la rivalité enfantine entre proches gamins obsédés de justice, la femme se doit d'être soustraite aux jeux dangereux des "compagnons", d'où son déguisement qu'on peut juger nécessaire. J'adore cette théorisation des choses, objectivité du réel humain, exposant la nécessité de la nature, dans sa cruauté et sa normalité. 

    Pour ce qui concerne la démocratie et l'Europe, Todd est toujours aussi croquant: de même qu'il y eut des élections au Danemark en 1943, il y eut une élection en France en 2017. Pas mal: les grandes gueules m'ont toujours été sympathiques, et celle là affirme de plus que si la démocratie c'est un dirigeant qui fait ce que veulent les gens, ALORS la Russie est plus démocratique de la France.

    On doit aborder la question de l'inégalité. Tout à ses considérations démographico anthropologiques, Todd semble évoquer le fait que l'acceptation de la différence inégalitaire n'est QUE culturelle. Peut être est ce un mauvais procès, et sans doute ne suis qu'un stupide étudiant, qui réifie des propriétés conceptuelles. C'est pourtant la clé de l'interprétation du macronisme du maitre: l'acceptation des inégalités intellectuelles sanctifiées par le diplôme et l'abandon de la simulation généralisée du gauchisme dans les classes moyennes supérieures: un coming out anticipé par un jeune aventurier qui a vu ce que personne n'avait vu, tout en ayant profité d'un accident, et d'une illusion (celle qu'il pouvait remplacer Fillon). Il est par ailleurs qualifié d'imbécile: tout cela, c'est pour ne rien faire.

    Sauf bien sur suivre une tendance préoccupante à l'autoritarisme, par ailleurs en ligne avec les valeurs centrales d'une Europe dirigée par la culture autoritariste par excellence, l'Allemande. A ce propos la germanophobie scientifique de Todd, ses saillies sur une Ukraine démembrée pour peupler l'Allemagne et sur une Europe, vu ses différences de niveaux de vie, bien plus inégalitaire que les US sont évidemment toddalement splendides. 

    De fait, c'est plutôt Todd qui fait son coming out: sa contemplation des invariants géographiques (la fameuse "mémoire des lieux" lui fait reconnaitre que non seulement les nations sont xénophobes, mais qu'il faut comprendre qu'elles le soient. Bien sur que les migrants ont droit de voyager (ma famille elle même, mon fils est devenu britannique...), mais il faut faire une "transaction" avec les natifs. Cette naïveté un peu gênée de l'exposition montre bien le lieu d'où l'on vient et l'ampleur du déni global dans les fameuses élites qu'on conspue: extrême...  

    Puisqu'on parle des femmes, Todd s'intéresse maintenant au futur matriarcat, rendu inévitable par le dépassement des hommes par les femmes dans l'éducation. Suivant le plafonnement à 30% de l'éducation supérieure dans la population et donc le nécessaire fractionnement de la population, cette progressive domination féminine doit avoir des effets. Il s'agit de l'arrivée inéluctable de ce qu'on appelle le matriarcat, régime anthropologique où les femmes dominent, les hommes étant réduits à des rôles d'exécution sans prestige, comme par exemple la guerre ou le labourage. 

    A la question naïvement et complètement féministe chtarbée d'une matrone de l'assistance, Todd planta un dar anthropologue magnifique: masculinisme et féminisme sont des rôles assumés indépendamment des gonades, et les choses peuvent changer, sans qu'un bien ou qu'une essence immanente soit à l'oeuvre. De quoi ruiner et humilier bien des théories, mais toutes ne le savent pas. Il n'y a pas que les cons, il y a les connes aussi. 

    Il ne précise pas toutefois la conjonction malheureuse entre éducation féminisée et éducation plafonnée. Comme si le peuple et le peuple masculin se détournaient spontanément d'une haute culture jugée bien trop "féminisée" au sens péjoratif du terme. Un certain fractionnement donc. 

    Et puis les immigrés parlons en d'un point de vue anthropologique: ces femmes voilées ne seraient elles pas la juste réaction à cette libertairianisation féministoidale ? A nous les djihadistes, allions nous contre les chtarbées, on en profitera pour les exciser, elles vont enfin nous foutre la paix... La fin du règne des amazones s'annonce, du moins pas avant les milles ans d'oppression qui se profilent, comme il se doit. 

    A moins que.

    Bien sur les seuls signes d'espoir, et Todd a l'air finalement bien catastrophé par ce qu'il découvre, se trouvent dans les populismes et la nécessaire prise en compte du peuple. Les anglos saxons, Trump et Brexit à l'appui semblent avoir compris, et négocieraient entre élite et peuple, voire se préparerait à un futur qu'ils auraient compris. Cette négociation en cours dans le monde anglo saxon n'existe pas chez les latins, éperdus à rattraper leur retard libéral et féministe qu'ils pousseront, comme toujours au maximum possible: jusqu'à l'effondrement. 

    Todd aussi a compris: il y a corrélation entre hausse des suicides et régions US concernées par la concurrence chinoise, et cela Trump le prend en compte. On sait que l'entrée de la Chine dans l'OMC, malgré toutes les garanties de l'administration Clinton, fut parfaitement non contrôlée et exploitée malhonnêtement par la Chine. Là encore Trump a raison, non pas de succomber au protectionnisme (Todd s'arrête là), mais de se battre, voilà mon avis et les raisons sont là. 

    La France et l'Europe non de Visegrad semblent hésiter, voir se perdre dans des délires absurdes, voire ridicules: leur populismes sont là pourtant et attendent impatiemment les prochaines élections. Qui peut croire, qui peut encore espérer que Macron puisse réussir ? 

    Revenons au matriarcat: il s'identifie aux hautes classes, donc. Todd a sur ces sujets la théorie de la "décadence par le haut": c'est en devenant sédentaire que l'homme inventa les régressions (communautarisme, sacrifice) qui firent son malheur, on en avait déjà parlé (2). Il l'applique au libéralisme moderne bien sur, et la force d'innovation reviendrait donc aux pauvres, ce qui flatte le tropisme prolétarianisant du monsieur...

    Par contre, il l'évoque, le statut des femmes n'a rien à avoir avec les salaires diminués des congés de maternité, et l'innovation qui consiste à pénaliser aussi les maris pour rétablir l'égalité n'est pas encore en place. Faudra-t-il une dictature pour l'instaurer ou pour l'empêcher ? Bref, la question de la démocratie se pose et Todd la considère: c'est un régime d'abord basé sur un consensus anthropologique et la xénophobie, tout comme le droit de vote réservé au groupe dominant en sont des conditions essentielles. C'est d'ailleurs à ce propos qu'il parle de fragmentation: à l'issue de la grande alphabétisation de la fin du XIXème siècle, il y eut l'égalité et donc les points de vue égaux qui conduisirent à la république. Avec l'isolation et le repliement sur soi des classes éduquées, en circuit fermé dans leur cultures absconses, la question se repose à nouveau. Todd parle en rigolant d'Avignon, temple de l'entresoi culturel assumé, inaccessible et inaccédé... 

    Todd devrait se féliciter du foot, seule occasion, c'est bien pour cela que je la méprise d'ailleurs, d'unifier tous les enthousiasmes... Quoique: n'est il pas un prétexte, un outil de communication qui plus est au service de la grande corruption internationale ? 

    Et puis il y a les vieux, Todd en est, et rigole de ne pas avoir eu dans sa jeunesse à se poser la question de l'augmentation de la CSG pour ce qui le concerne. Un démographe ennemi de Todd eut parait il le génie de comparer l'arrivée du baby boom à la retraite comme la migration soudaine d'un peuple de vieux, avec tous les effets culturels qui y sont attachés...  L'idée est bonne, et condamne certainement toute possibilité de révolution violente dans l'immédiat... Bref, l'inertie a augmenté et les prévisions faites seront sans doute peu anti auto réalisatrices... 

    Nous y voilà donc dans le déluge qu'un vieillard ironique (à qui je m'identifie) prédit pour après lui, donc en s'en foutant complètement. Est il vraiment temps de dire "Gute Nacht" ?  

     P.S.  Cette question de l'inégalité me taraude. On est au coeur de la pensée sociologique, celle définie par Weber comme l'étude de l'acceptation de la "domination". Systèmes de valeurs, systèmes familiaux ou économiques, nous avons là la préoccupation des grands penseurs qui cherchent la clé du monde. L'inégalité est pourtant, hors tout système de valeurs accepté d'avance, une réalité que j'ai humainement observé partout: son explication est relative, certes, mais c'est cette explication qui l'est, pas la chose. A partir de là, si l'éducation supérieure, qui produit traditionnellement l'inverse de ce que dit Todd (la volonté de détruire les privilèges absurdes, brutalement décrits scientifiquement comme illégitimes) se retrouve brutalement l'instrument qui au contraire les légitime, on a là un saut périlleux de retraité qui ressemble à la retraite de Russie... 

    Comme si le coming out dont on parlait était en fait plus large qu'on pourrait le penser: il s'étend au concept même de la gauche et le "je suis de gauche, la question de l'égalité etc" est bien en cause. C'est l'ensemble des opinions dites de gauche qui ont basculé soudainement et c'est bien ce camp là, celui qui, au pouvoir actuellement, bénéficie de la dernière apparence de légitimité culturelle sous les regards navrés et ... silencieux (pas mal celle là, non?) des derniers marxistes. Dont, manifestement Todd, désormais à la retraite. Il était communiste en 68.

     

     

     

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=Z10gaVcaDuY

    (2) http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2018/02/09/la-fin-de-la-prehistoire-6025072.html

    (3) https://www.youtube.com/watch?v=wXd1cEhSogc

  • Les démocraties

    churchill.jpg

    Lire la suite

  • La fraternité

     

    herrou.jpg

    Lire la suite

  • Olivia

    grothendieck.jpg

    Lire la suite

  • Les natures

    didascalicon.png

    Hugues de Saint Victor 

    Lire la suite

  • Moisi l'Aveugle Sureau le sourd

    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301782940043-la-faille-qui-separe-lamerique-de-ses-allies-2182693.php

    https://www.lesechos.fr/28/04/2015/lesechos.fr/02136173497_le-drame-des-migrants-et-l-egoisme-de-l-europe.htm

    L'homme est un "géo politicien". Chroniqueur à tout, du moins la partie orientée de ses tropismes, tous dirigés vers l'absence, forcément stipendiée (comment expliquer l'absurde? Par la bêtise ou par la corruption?), de toute espèce de bon sens. 

    L'homme conjugue, et c'est lui qui le dit, les identités: juive, française, européenne. Le beau mélange, qui préside à sa corruption totale justifierait donc ses points de vue. Une larve, un lémure, un authentique con, bien sur totalement incapable de conceptualiser le mépris qu'il soulève, qu'il suscite, qu'il inspire. Un gibier. Nous sommes dans les années 30 et un bourgeois juif sentencieux hors sol fait la leçon aux peuples qu'il méprise. Sans nuances, sans empathie, juste l'arrogance assurée de celui qui ne mérite que les coups de bâtons réservés aux valets impolis.

    Car son impolitesse est à la hauteur de sa forfanterie: le Trump qu'il méprise pour avoir trompé ses prédictions assurées (ah le plaisir du résultat commenté par le berné stupide après des mois de vomitoire politiquement correct), il le juge comme méprisant son allié (l'Europe) face à son ennemi (la Chine). L'inverse lui serait il venu à l'idée ? Que non: le barde tordu tellement infatué de son postérieur de vieux taré ne peut l'imaginer. Un con, vendu à Macron, tel est son rôle, sa fonction, son être.

    Envahie et détruite par le libre échange chinois que les plus enragés des fédéralistes dénoncent maintenant à haute voix, c'est dire, l'Europe de Moisi ne peut même pas considérer qu'après avoir joué à fond l'avantage avec des rétrocessions conséquentes, l'Amérique est allée trop loin et qu'elle a décidé, oui  décidé, de faire autrement ? 

    Entre de telles mains, de tels économistes, nous, et quand je dis "nous", je ne compte pas les allemands, ils ne sont pas fédéralistes, les européens misérables soumis à leur démagogie, vont encore faire semblant de croire restaurer leur puissance. Ils ne sont que des territoires à envahir, et on va voir leur troupes, bientôt. 

    Moisi collectionne les perles et les éditoriaux chiassieux qu'il ne cesse d'aligner, à rebours de toutes les intelligences, de toutes les prudences et de toutes les lucidités avaient fini par m'en dégouter absolument. Par exemple, sur l'Iran, allié qui plus est de son ennemi la Russie: 

    "Peut on s'appuyer sur Rohani ? Ben oui, de tous les mollahs, il est le plus modéré... L'europe a tellement besoin de s'ouvrir à l'Iran, qu'il ne se formalisera pas trop sur la démocratie..." Quelle habileté, quelle modération...  

    Non pas qu'il ne soit d'un lobby judéo complotiste de quelque nature que ce soit... Il n'est que con, un libéral européen hors sol, porteur d'un idéal vérolé par le mondanisme sans volonté et le conventionnalisme bourgeois le plus dégénéré. Tout cela va se fracasser contre la violence des vraies volontés, les volontés de puissance qu'il dénonce chez lui et ses amis américains qui ne sont pas noirs et soutiens des frères musulmans. Ah oui, la volonté de puissance nationale israélienne, aussi, celle là on ne la critique pas...  Par contre, la Russie, (mais pas l'Iran) alors là... Bref: tout ce que je dis est vrai: il porte une conception "européenne" du monde: celle du bon sentiment, et de l'absence d'intelligence, de lucidité et de logique, celle des futures victimes. 

    Que ce passe-t-il et qu'il ne voit pas? D'abord que son projet débile d'union mondialisée pacifiste reste une vieille lune absurde. L'Occident n'a pas réussi à civiliser le monde, et à part le Japon, et Singapour, et peut être le souvenir du knout dans la partie de l'Amérique du Sud qui n'a pas définitivement plongé dans le tiers monde, on ne trouve partout qu'un enrichissement provisoire et barbare qui ne se traduit par rien, sinon une monstrueuse croissance démographique sans buts. Bien au contraire, c'est l'Europe, voire les US, qui se bougnoulise, sauf la Chine, bien sur.

    La Chine et le reste du tiers monde enflé de la bêtise humanitariste qui l'a nourri à toutes forces (depuis les petits chinois des années 30 jusqu'aux petits blacks aux ventres gonflés des années 80) on court vers une explosion abominable de ses inutiles populations avec un risque maximal avant 2050 de conflagration, juste avant l'inéluctable disparition de cette bulle humaine, inutile et dispendieuse. Fasse qu'elle meure de vieillesse, sans objet et encore une fois sans objectifs véritables. On ne parle pas de l'Inde, l'équivalent de l'Afrique, embourbée dans cette folie et au combien, ils ont l'air gentils, mais ils ne le sont pas plus que les autres.

    Il faut bien comprendre la nature des "modernisations" célébrées de ces océans humains: une partie faible de la population accède aux standards occidentaux, avec des domestiques. Discriminés et sans avenir, le "peuple" qui est sorti pour son malheur de la famine se contente de se multiplier misérablement. On ne voit pas ce qui lui assure un avenir crédible ou intéressant et tout ce qu'on peut imaginer c'est une rigidification de ses structures sociales, avec la nécessaire stérilisation intellectuelle qui s'y associe et qui n'aura vocation qu'a protéger sa partie modernisée. L'autoritarisme asiatique est effrayant et sans recours: un tiers de la planète sombre dans une dictature technique sans merci et qui va s'accentuer, on le voit déjà. 

    Face à cela, les Moisi prônent le libre échange mondial et l'accueil des réfugiés.

    Et bien c'est le contraire qu'il faut faire maintenant. D'abord, il faut bloquer la Chine: engagée, et avec un empereur en poste, dans une course aux armements et aux routes commerciales terrestres et maritimes, elle EST menaçante et on doit lui faire savoir que cela se voit. Il faut tout simplement fermer nos frontières envers son expansion, jusqu'à ce qu'elle ouvre vraiment les siennes. Pour cela il faut de la volonté, et rompre avec des habitudes mortifères. L'enrichissement Allemand n'est pas un complot mais c'est bien la Chine qui lui achète. C'est le point aveugle de l'Europe et ce que défend avec les Raffarins et tous les autres adeptes de la grande civilisation confucéenne, les tenants du libéralisme fédéraliste: le commerce illimité avec une puissance qu'on a déjà renoncé à maitriser. 

    Le cri du coeur de Moisi est pathétique! Comment? Notre allié dans le respect passif de l'inéluctable domination chinoise nous force à nous précipiter encore davantage dans la gueule du dragon ? Il l'aura voulu. Il faut bien sur calmer Trump et comprendre qu'il n'est qu'en avance par rapport à nous. Car se lève en occident un refus de l'alignement des blancs pauvres sur le standard mondial. Qu'importe si un milliard de surnuméraires mangent à leur faim en continuant de se multiplier comme des lapins! On ne veut pas vivre comme eux, c'est tout. Et bien le libre échange cruel sans calcul des nations qui sont pourtant responsables de son application intelligente est rejeté massivement. Aux US, et ça vient en Europe, il le faut. 

    Cela s'accompagne d'un rejet épidermique des hommes efféminés et précieux dont la délicatesse cynique de corrompus gluants se voit comme le nez au milieu de la figure, sans parler des tigresses tarées qui les dominent et dont ils font la promotion. Une génération médiatique va y passer et l'acharnement contre les hommes blancs de 50 ans en cours est un élément décisif d'un populisme qui avance: tout cela sera balayé par un proto fascisme que les Moisi et consorts sont en train de susciter littéralement. Remarquons qu'on s'achemine, suivant en cela leur souhaits, vers un alignement avec le tiers monde. Qu'est que le populisme asiate sinon celui là ? Un fascisme technicisé rendu nécessaire par la haine incommensurable envers les revendications débiles et aussi  leur maitrise autoritaire source de révoltes irrationnelles. Le contraire de ce que tous les siècles troublés de l'histoire des précurseurs européens n'arrivent toujours pas à maitriser.

    Fils de déporté, le moisi nous fait revivre l'hypocrisie et la faiblesse qui a conduit aux malheurs de son père. Car la mémoire historique, la vraie, ce n'est pas celle des citoyens trop lâches pour s'opposer aux dictatures, c'est ceux trop tarés, trop faibles et trop inconséquents pour la préparer directement en la justifiant. Le malheur des années 40 fut d'abord causé par les faiblesses, le pacifisme et l'inconséquence des années 30. 

    L'autre abandon c'est l'Afrique: incapable d'y régner, et d'y imposer la réduction des naissances que cette partie de l'humanité n'a même pas commencé à imaginer, nous nous préparons à les accueillir (du moins c'est ce que Moisi fait encore semblant de nous dire, le cuistre). Une période trouble s'annonce, le temps que l'on se décide, mais il sera peut être déjà tard, à bloquer cette souterraine fusion des deux continents qui voudrait s'annoncer. 

    Car l'Afrique ce n'est pas que le tiers monde. C'est aussi sa culture et sa grande religion. Tiens tiens, un fascisme de plus, et celui là vraiment totalitaire: même en se suicidant on est en enfer. Bienvenue à la grande religion de paix, faut il la laisser libre de s'installer chez nous? 

    L'échec absolu du maghreb à se développer normalement, l'échec absolu du reste de l'Afrique à déjà vivre en paix fait de l'Afrique un réservoir à réfugiés infini et un foutoir chaotique pour encore un siècle au moins. Et bien il faut acter cet échec et rompre les ponts, puis construire un mur. Prendre pied sur les cotes comme à la grande époque et y redéposer les surnuméraires issus des ghettos qui se gonflent. En attendant, rompre les ponts serait déjà un progrès. Faut il attendre l'explosion effective de l'Algérie pour y procéder dans l'urgence ? Merci à Moisi d'anticiper tout cela et de vivre sa vision angélique débile et inconséquente. Merci à lui d'unir l'Occident dans ses craintes et ses envies. Contre lui, d'abord, et cela ne nous fera pas gagner du temps. 

    Continuons à parler des craintes, et écoutons François Sureau, même génération, même soucis de vieillards tarés: 

    https://www.youtube.com/watch?v=SeDvJQjI-hw

    Un indigné qui défendit Fillon, en fait la justice contre lui, il défendait en fait un migrant, c'était la même motivation: l'excessive sévérité de la justice qui voudrait, livrée au ministère de l'intérieur, supprimer le droit d'asile, quelle horreur. Aveugle et imbécile, le juriste formé à l'ENA qui voit révolté les assassins pédophiles ne pas être libérés séance tenante, des criminels sans papiers relâchés dans la nature la veille de meurtres abominables pour lesquels ils sont condamnés à mort (euh, abattus comme des chiens par la police). Bref, le juriste vérolé par excellence qui se plaint non du dévoiement et de la faiblesse d'une justice formaliste absurde aux ordres d'un pouvoir corrompu, mais de... quoi exactement ? Du contraire de la réalité: une immigration sans contrôle ni limites s'installe sans être renvoyée après refus légal d'une demande mendiante injustifiée (faudrait lui enfoncer les chiffres dans le cul?) et le monsieur se plaint du fascisme. Il lui en faut un, et lui faut en être la victime, on ne le regrettera pas, il en est. 

    Car c'est cela le fascisme: l'horrible envie qui nous prend de punir l'imbécile qui fait semblant de croire qu'il est déjà arrivé... Le cri au loup qui prépare sa venue. J'aime bien cette forme de phrase, elle semble obliger à la précision, alors que tout est dit. Car ce n'est pas la venue du cri qui est préparée, mais bien celle du loup, bien sur, faut il le préciser? Et bien non, car il faut que la faiblesse et l'abrutissement moderne se cache quelque part, précisément dans l'ambiguité du langage, là où on ne peut que les insulter pour les en faire sortir... Sale con ! Tss Tss !  

     P.S. En parlant de sale con, Moisi le 18 Juin: "Pour révoltant qu'il soit, le drame de l'Aquarius ne saurait être comparé à celui de l'Exodus". Légèrement ébranlé, le gluant reste droit dans ses bottes entre les "deux" camps: ceux qui "respectent les droits humains" et ceux qui "flattent les bas instincts". Mes bas instincts sont flattés et tu es mon ennemi méprisé. 

    Un point au sujet de la "judéité" de Moisi, qu'il revendique d'ailleurs. Elle se caractérise par un cynisme faux cul explicite: il excuse les tirs de l'armée israélienne contre les foules devant le grillage à Gaza, et condamne ceux qui veulent fermer les frontières de l'Europe "au risque de perdre leur âme". Il refuse bien sur la comparaison Exodus Aquarius, mais pourtant l'émotion internationale contre les mauvais traitements faits à des civils n'a-t-elle pas favorisé la création de l'état d'Israël? Bref, un égoïsme géopolitique incohérent et il faut le dire dégoutant.

    Et bien je serais ici un sioniste lucide et cohérent: les nations ont le droit de refuser d'être envahies, Israël se défend et l'Europe doit se défendre. L'Etat d'Israël est légitime et depuis le début. L'Exodus avait vocation à amener un peuple vers sa terre, l'Aquarius est un radeau d'esclaves vendus pour envahir et polluer. Moïsi est un hors sol méprisable et je le conchie. 

    Il faut bien voir que ce clivage, qui peut cette semaine faire sauter Merkel, est maintenant essentiel. L'humanitarisme béat des lâches doit céder ou bien l'Europe explosera. La haine est là, je le sens, je la ressent. Est-il trop tard? Peut être pas, mais un mal considérable a été fait. 

    Il suffisait pourtant d'être lucide et de dire le fait. Que des humanitaires manipulateurs des opinions et partiellement corrompus ne pouvaient se substituer aux états, que l'immigration économique n'est pas un droit, que les peuples d'Afrique doivent comprendre qu'ils ne peuvent migrer que dans leur zone géographique. Le bon sens, la sagesse, le réalisme. 

    On a préféré comme Moisi, faire honte à l'ennemi qu'on méprise au nom de la cuculetterie humaniste. Je te ferais rentrer mes bas instincts dans ta gorge de pourri, sale abruti. 

    P.S. J'adore les phrases "soit disant" ambigues: "Brigitte Macron se rend au festival qui fête ses vingt ans". 

    P.S. J'avais décrit ici même l'épouvantable connerie de Bernard Henri Levy et de ses pensées profondes, y compris sur la judéité, que le connard absolu n'était même pas capable de penser, même en lisant. Il nous explique que le bateau fantôme de migrants fantasmé par des fascistes montrait l'abaissement spirituel, "similaire aux années trente" que vivait l'Europe. Les 2 millions de faméliques envahisseurs du tiers monde qui viennent de prendre d'assaut l'europe sous ses yeux alors qu'il ne s'est pas révolté contre l'abandon par ses amis de la Libye qu'ils avaient libéré ne lui servent de rien. Comment arielle peut elle coucher avec une merde pareille ? Ca me sidère.

     

    P.S. Nous sommes début Septembre 2018. Le moisi de sa race se répand encore dans les échos. Il faut être lucide et reconnaitre que les problèmes sont économiques. Ca commence bien. Comment expliquer qu'un fondateur de l'Union, l'Italie en vienne là! La fot aux zinégalités donc. Après 2 colonnes d'atermoiements, on se livre: le mot juif a été prononcé en Suède. Et là: pas de demi mesures, pas d'alliance, le courage et Macron a raison, sauf sur les migrants: il faut maintenant choisir son camp. Quand on vous disait ce qu'il en était vraiment...  

  • Les Cent ans

    francacheval.jpg

    Un Franc, "à cheval".

    Lire la suite

  • Les consciences

    chauvesouris.jpeg

    Lire la suite

  • Les addictions

    Que voilà un commentaire anti migrants que je trouve particulièrement brillant, jugez vous mêmes: (1).

    Il fut hélas détruit deux fois: en gros, j'y faisait remarquer que le spécialiste des addictions semblait accros aux migrants. J'y évoquais la double addiction: celle des africains goinfré du porno diffusé sur l'internet qui voulaient à toutes forces rejoindre au prix de mille périls un paradis qui les hait et qui les discrimine avant de penser les exterminer tant ils sont innoportuns dans les régions qu'ils polluent, et AUSSI celle des humanitaires goinfrés de bien-pensance qui jouissent de sauver ceux qui fascinés par tant de mansuétude sont prêt à tous pour nourrir des passeurs au final très généreux... Bref de quoi révolter une sensibilité à fleur de peau. Je l'emmerde et le conchie au passage. Viva Italia et on foutra en prison TOUS ces passeurs là. 

    Le monsieur est en effet un sociologue particulièrement brillant, lui aussi (...) spécialiste et au combien de l'addiction, il n'a parlé que de ça au point d'en faire un motif d'explication sociologique: (2)

    Il faudrait revenir sur ces considérations, particulièrement subtiles et brillantes, mais au fait c'est quoi l'addiction ? 

    J'avoue apprécier tout particulièrement la notion d'équilibre homéostasique du corps en général, le "symptôme" étant d'abord une réaction du corps et donc bien plus qu'une manifestation secondaire du mal comme cause: une réaction naturelle de la victime. Ces considérations sur la médecine sont une partie importante de la connaissance du monde.

    Et bien, on ne vous dira pas (en fait, si on le dit) qu'il existe un pendant à la dopamine (qui dit qu'elle est contente) mais qu'il est inconnu. Ce sont les deux voies de la satisfaction et de la dissatisfaction qui remontent (il le faut bien) vers le cortex en charge de l'action "volontaire". 

    Disons que par des mécanismes à trouver, mais de natures différentes, les substances étrangères ou les actions menées génèrent du contentement qui se traduisent surtout par la présence de la fameuse dopamine, qui rend euphorique. C'est ça la récompense.

    En fait endorphine et dopamines sont des neurotransmetteurs, des substances échangées entre neurones pour qu'ils communiquent. Les neuro transmetteurs sont réceptionnés par des sites d'accueil qui peuvent accueillir "autre chose"... Par exemple les récepteurs à endorphine acceptent aussi la morphine, et les récepteurs cannabinoïdes la THC de la beuh. Les récepteurs à acétylcholine, la nicotine. La substance ingérée, reconnue par les récepteurs se trouve bien un toxique qui entre dans le système neuronal et qui le vérole. Le cannabis, par exemple, est particulièrement actif dans tous les domaines qui concernent les adolescents, ce qui les abrutit particulièrement. 

    Mais au final, c'est la dopamine qui se trouve générée en excès au final, et cela dans TOUTES les addictions... Ainsi, la présence directe d'une "drogue" (équivalent de ce qui est sécrété "naturellement", par exemple lors d'une activité sexuelle, ou d'une ingestion de nourriture), permet de stimuler DIRECTEMENT le circuit de récompense avec la production excessive de dopamine.

    C'est alors que l'organisme, en charge de l'équilibre tente de la capturer, car il y en a trop. Et c'est cet assèchement de la demande de récompense qui génère l'envie, et le besoin, de la compenser, artificiellement, encore plus.

    La dopamine est reçue par les neurones dopaminergiques, qui s'activent (qui se préparent à recevoir la récompense) à la moindre allusion, qu'elle soit originaire de n'importe quelle drogue par ailleurs... 

    Le piège est donc en place: un "liking" initial introduit un déséquilibre dans la production du signal de demande, qui se trouve compensé avec un excès de recapture en regard, ce qui génère la souffrance que l'on ne peut que vouloir réduire. 

    Il n'y a plus alors que le "wanting", et plus que la volonté, le besoin impérieux de compenser le mal. Voilà l'autre équilibre, entièrement causé par le corps lui même. 

    Nul médicament disponible pour cet excès, précisément, de médicament: une seule solution: l'arrêt brutal et définitif de la source du déséquilibre, ce qui ne pourra pas manquer, au bout d'un certain temps, de produire un rééquilibrage à un autre niveau.  Combien de temps? Ca dépend. Faut il rembourser les patchs anti tabac ? NON !!!

    Subsiste le mystère, en fait controversé car on ne sait jamais si il est métaphorique ou réel, d'une modification effective de la chimie du cerveau durant l'addiction: est elle définitive et physique ou bien réversible lors du retour à l'équilibre ? En gros, le manque est il réel ou simplement provisoire ? 

    Y aurait il différentes drogues, celles sans "brain disease" et celles avec ? Peut on toujours simplement s'arrêter? 

    De fait, et l'histoire des endorphines est en fait secondaire, il semblerait (à moins qu'on ne prouve le contraire) que oui: l'addiction est juste un problème de communication avec soi même, et la criminalité de l'héroïnomane tout à fait punissable, comme toutes les hystéries non psychotiques. 

    En fait aussi bien sur, tout dépend des récepteurs de neurotransmetteurs stimulés par l'action primaire de la substance ingérée. Il y a bien DES drogues et des mécanismes de stimulation différents et donc des dépendances différentes dont les effets secondaires sont différents. Le principe unique de la sur stimulation dopaminergique reste par contre central.  

    Ce mécanisme, ici décrit avec des substances dont on a vu récemment (les années 90) augmenter le taux chez des rats rendu cocaïnomanes avec l'argent de la recherche est en fait parfaitement général, et totalement abstrait, voire structurel dans les systèmes complexes sujets à rétroaction. On peut dire que l'addictivité s'applique à bien autre chose que les drogués ou les rats: aux pays, aux cultures et à tout en fait.

    Par exemple, la dépendance à la dépense publique, où au remboursement de l'homéopathie: une seule solution, et on ne le dira jamais assez: l'arrêt brutal. 

    Le concept de capitalisme addictif, utilisé aussi par Bernard Stiegler, évoque l'utilisation directe du complexe de sur stimulation de la récompense par le marketing de certains produits (de tous ceux dont on veut pousser la consommation hors limites, sans parler des autres, mettez vous à la place de mon boulanger). Quand on pense que les débuts de Mai 68, il y a 50 ans, c'était beaucoup de critiques de la consommation... De manière évidente, on veut rendre "accro" à son produit et ce n'est que de la bonne promo que d'encourager cela. Le créateur de coca cola viendrait il d'un voyage dans le temps ? Bref, les plus grandes fortunes vont à ceux qui découvrent le mécanisme fondamental avant les autres... Saleté de capitalisme... 

    De fait l'addiction est ainsi un mécanisme "naturel" qui génère des équilibres dont certains sont pathologiques. Voilà le travail, tout n'est qu'une question de dose. C'est comme les migrations et le fascisme qui va le compenser: une pathologie horrible qui va nous engloutir, ou ce qui subsiste d'intelligence dans cet océan de bêtise intellectuelle va-t-il réagir et arrêter, brutalement, de déconner à pleins tubes ? 

    (1) https://www.nonfiction.fr/articlecomment-9408-entretien-avec-patrick-pharo-a-propos-du-capitalisme-addictif.htm 

    (2) https://www.cairn.info/revue-l-annee-sociologique-2007-1-page-103.htm#re27no27

     

     

     

  • Il se fait appeler Arthur

    Arthur Shopenhauer est un personnage fascinant, "vaniteux jusqu'à la folie" d'après Rosset. Il fait de la musique l'art suprême et il a raison, il est tout avant tout le monde, hippie indhouiste grande gueule qui insulte à qui mieux mieux tout ce qui dépasse. Mais il se trouve d'abord l'anti Kant par excellence et cela sur la question la plus importante, celle de la liberté. 

    Le Rosset

    On commencera par lire le S. de Rosset, qui en fait un philosophe de l'absurde, mais surtout comme le précurseur inconscient de la philosophie de la "généalogie", principale marque de Nietzsche et de tous ceux qui l'accompagnèrent dans sa pholie, en gros tout le XXème siècle qui suivit Marx, Freud etc.

    Arthur commence par nier la causalité en général, puis introduit la volonté comme seul concept indépendant de tout phénomène. Volonté comme vouloir (Wille), inconscient, instinctif, inconnaissable: la "chose en soi" elle même et tout est là. On a de plus la soumission de l'intellect à cette volonté, ce qui est la vraie signification du généalogisme futur, que par ailleurs Arthur ne formalise pas. Rosset l'explique par la volonté d'Arthur de faire du monde un absurde global en en décrivant l'essence: l'absurde vouloir. 

    La critique de Kant

    La volonté d'Arthur est une chose en soi, et à ce titre renverse Kant: étant l'opposée de la liberté cela ruine directement l'autonomie non intelligible et inconnaissable de la liberté de Kant (1).

     

    Et pourtant 

    Arthur est pourtant un admirateur caractérisé du Königsbergeois: il lui reconnait ainsi à raison "l'immortel mérite d'avoir donné le coup de grâce au théisme philosophique", mieux, il compare sa lecture à une opération de la cataracte qui nécessite les lunettes d'Arthur non mettables sans ! En cela et bien il a totalement raison.

    Le Droit

    Un point de clivage monumental est aussi le droit. "Pour moi, le concept de droit relève de la morale" dit Arthur.  Alors que Kant entend séparer radicalement le droit de l'éthique.  

     

    Le reste

    Arthur reste un lascar de première. Sa forfanterie, réjouissante et hardie lui fait théoriser la pédérastie, encouragée par la volonté de l'espèce pour éviter de faire les enfants faiblards qu'engendrent les jeunes et les vieux... Il en plaisante, même, de sa théorie foireuse !

     

    La musique

    Mais bien, sur la spécialité d'Arthur, c'est la musique. La chose qui continuerait d'exister si l'univers n'existait pas... 

    La théorie est en fait assez complexe (MVR 52). En gros, l'art ordinaire imite les idées, alors que la musique imite la volonté, comme les idées elle même. On en revient en fait à ce qu'Arthur pense des idées: elles sont l'objectivation de la volonté, et ainsi une forme de représentation de celle ci, mais AVANT la multiplication des individus. 

    C'est pour cela que l'art est dans l'unique: il est recherche de l'idée. Au passage le caractère non multiple de l'idée vaut même si il n'y a qu'un seul objet qui lui correspond... 

     

    La Morale       

    On parlera ici de la morale Kantienne...

    C'est l'intention: n'est moral que ce qui veut l'être avec l'intention de respecter une loi. Il y a ainsi doublement: on a l'intention et aussi l'intention de respecter une injonction particulière à faire ... le bien.

    La chose se transforme en "impératif catégorique": le bien se définit comme le respect d'une maxime qui a vocation à avoir une portée universelle.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (1) https://philitt.fr/2012/10/28/schopenhauer-critique-de-la-morale-kantienne/

  • Les critiques

    Kritik der reinen Vernunft s'est attiré de nombreuses critiques. Un certain nombre d'entre elles sont débiles, comme par exemple sur la page noire de Kant (on va parler de la gestapo d'Onfray) l'affligeant (1): 

     

    "J'ai donc dû supprimer le savoir pour lui substituer la croyance." Slogan typique du complot kantien contre la raison? Ou bien expulsion définitive de la preuve ontologique de la philosophie ? Comment savoir ? Qui sait ? Qu'est ce que la vérité ? 

    La connerie des critiques ne peut donc qu'éberluer, alors, éberluons nous ! 

     

    Le noumène

    Le noumène serait contradictoire. Schopenhauer le dit et il y a plusieurs variantes de l'argument, dont l'un affirmé par Luc Ferry lui même ! 

    En gros, la réalité du noumène ne pouvant être pensée que, et c'est Kant qui le dit, par l'entendement subjectif, elle est contradictoire. 

    A plusieurs reprises, Kant affirme la différence entre connaitre et penser, la chose portant précisément sur l'appréhension de la chose en soi, pensable mais pas connaissable. Toute la critique expose la barrière infranchissable entre les deux mondes, qui permet précisément de lever la contradiction fondamentale de la métaphysique, et qui est de penser pouvoir raisonner par une opération intérieure à l'esprit sur la réalité d'un objet extérieur à l'esprit. L'essence même de la critique porte sur cette question. La transformer (qui plus est victorieusement) en contradiction fondamentale est la marque de la plus parfaite incompréhension ou de la plus parfaite connerie. Dans le cas de Luc Ferry, la deuxième hypothèse me parait à favoriser. 

    La porte de derrière

    Nietzsche qualifiait ainsi la philosophie de Kant (il voulait dire sans doute "enculé"). La mise de la croyance dans la pensée et aussi l'expulsion des petites simagrées divino exotiques du raisonnable avait mis colère le futur fou. On le comprend.

    Le yaourt renversé

    La critique dit de ce nom là (c'est ma tradition à moi) consiste à moquer le vieux boche qui se ventait d'avoir fait une révolution copernicienne. L'image du retournement de situation ne pourrait s'appliquer ici, car c'est l'homme qui se retrouve avec Kant au centre... Qu'importe la figure, du moment que le yaourt est par terre. Les adeptes de Freud, Marx et ... de Copernic sont ainsi tourneboulés. Que l'intelligence humaine puisse se dévoyer au point de publier de telles bavasseries ivrognes est fascinant. Merci à toi, manu d'être venu nous visiter: nous en avions besoin.

    C'est la critique de Russel: une "contre révolution ptolémaïque". 

    Le temps

    Il est plaisant de voir tous ces gens vouloir réfléchir avec profondeur sur le fameux concept, en ignorant que la chose, parfaitement conventionnelle n'existe pas... Parfaitement modélisable sans cette fonction là, le monde n'en a cure, et la chose étant évidemment connectable et déduite du changement de valeur des attributs des parties du monde, celui réduit à de l'espace noué décidant de l'immobilité ou non. Ce n'est pas moi qui parle, c'est Einstein, et pour l'instant on ne l'a pas contredit. A partir de là, il m'est parfaitement loisible de caractériser mon intuition, en moi, et sans aucun rapport avec le réel tel qu'il se modélise, d'ailleurs avec mon entendement même, et qui inclut le temps comme catégorie fondamentale, responsable entre autre de mes connaissances sur la succession des nombres entiers. Intuition à priori, parfaitement décrite par le vieux branleur boche qui vous encule tous (je m'égare mais me comprend). 

    En gros, il semblerait bien que vouloir remettre en cause la structure de la raison pure telle que décrite par Kant, au nom de la révolution scientifique du XXème siècle, soit un hors sujet complet. La relativité du temps tel que modélisée par les théories d'Einstein n'a strictement aucune conséquence sur la notion de temps décrite et utilisée par Kant, et qui fait évidemment partie de ce qui est nécessaire pour comprendre, voire imaginer les productions d'Einstein. Quand est il du temps de Rovelli, qui n'existe pas ? Ou de celui de Leo Ferré ? Ils rendent Kant caduque ? 

    Qui regarde sa montre bizarrement après avoir lu de la relativité? Kador ?  Bref, l'éberluement stupide et moutonnier des crétins qui continuent par ailleurs de penser qu'il y a quelque chose dans la clairière de Heil de guerre me font profondément chier. 

    Plus sérieusement: le paradoxe évoqué par Etienne Klein par exemple, et qui est que le temps ne peut être à la fois un objet d'étude et une condition de l'intuition est une naïveté. La conception kantienne du temps est en effet une condition de l'exercice de TOUT raisonnement par rapport à TOUTE réalité extérieure, y compris donc une matérialisation du temps dans un cadre de la théorie physique. Cette tentative de tourner Kant dans l'essence même de la profondeur de sa position est ainsi naïve, et ressort de ce que je disais: l'incompréhension complète de ce qu'il veut dire.

    Il faut bien voir aussi que cette question du temps est considérée comme fondamentale: on parle de la "subjectivation" du temps par Kant. L'ambiguité mentionnée par Klein est au coeur de l'incompréhension: il y a le temps de Kant et le temps "réel" qui sont confondus dans l'esprit des critiques. Comment ne peuvent ils pas être distinct pour le vieux boche, tout de même pas complètement crétin ? Celui ci se tue pourtant à distinguer le temps "phénoménal" (il nie l'existence réelle (comme chose en soi) et aussi l'existence phénoménale, du temps). Cette confusion a d'ailleurs une autre forme, encore plus stupide: comment le temps existait il avant que l'homme n'apparaisse sur terre? Encore une fois, le temps est, -pour nous- condition de perception. Avant nous, et avant toute perception, il n'y a que des phénomènes inscriptibles comme ils le souhaitent sur le sable des plages désertes, et des choses en soi, de toutes façons, inconnaissables. 

    Bref, Etienne Klein, qui n'a manifestement pas plagié Kant, a manifestement plagié le plat d'huitres qu'il s'est tapé avec l'argent qu'il escroque. 

    "Le temps NESTPAS un concept empirique qui vient d'une expérience quelconque". Capito pepito?

     

    McTaggart

    Il prouve lui que le temps n'existe pas en utilisant une preuve métaphysique particulièrement tordue. En gros, on ne peut considérer le temps qu'à condition de le voir comme la juxtaposition du passé, du présent et du futur (la fameuse série "A"). L'alternative "mathématique" qui serait de le voir que comme une notion relative d'antériorité, de simultanéité, et de postérorité (et oui le futur est derrière nous) n'étant pas tenable car n'incluant pas la notion de changement. A partir de là, on a une régression à l'infini, car sinon on ne peut expliquer comment un évènement n'est pas ALAFOIS présent, passé et à venir sans utiliser une notion du temps... Donc le temps n'existe pas.  

     Coluche

    "C’est des mecs qui disent des trucs qu’on comprend pas a propos de trucs qu’ils comprennent pas pour nous faire croire qu’ils les comprennent ....vous comprenez ?"

    Cette magnifique définition de la métaphysique donne raison à Kant sur toute la ligne. Capito? 

     

    Hegel

    On a lu (3).

    Hegel est un ennemi "absolu" de Kant. D'abord il nie le "concept" de chose en soi (qui n'en est pas un d'ailleurs, on le comprends...), car les pensées sur les choses sont l'"en soi" des choses, ça tombe bien: les qualités sont dans l'objet. On ne saurait être moins kantien. 

    Mieux: la chose en soi illustre le refus de Kant de connaitre la vérité qu'il craint, et il n'est qu'un idéaliste timide et subjectif. 

    Bien sur on revient sur le refus de la preuve ontologique, et on va même jusqu'à identifier foi (la science immédiate) et indivisibilité entre l'être de Dieu et sa pensée... 

    On avait donc bien compris l'importance de la démarcation, et son aspect insupportable pour tout ce qui compte dans les milieux fidéistes et spirituels... 

    Néanmoins, la caractérisation de la position de Hegel comme affirmant les besoins de l'Esprit de s'affranchir de toute limites est sans doute le fond de son "envie".  

    Lénine

    Il aurait dit: "On dit que la raison a ses limites. Dans cette affirmation réside l’inconscience de ce que, par cela même qu’on détermine quelque chose comme borne, on opère déjà son dépassement.  "

    Bien vu, mais pas kantien pour autant... 

    Hermann Cohen et les Néo kantiens

    Noumènes et chose en soi. Le noumène est pensé est donc interne à la critique, alors que la chose en soi est véritablement extérieure. Disons qu'en gros, l'apriori de la connaissance donne à l'objet de l'expérience une réalité objective... 

    Cohen fonde l'école de Marbourg, ennemie radicale de la phénoménologie, d'après H. qui y fut, c'est un comble, professeur. Il y coucha même avec Arendt ! 

    Et puis il y a la fameuse controverse de Davos avec Cassirer en 1929. Il y fut discuté "Kant et le problème de la métaphysique"... L'interprétation de Kant faite par H. revient en gros à dire de Kant, que dans la dialectique dentale, met en lumière que du fait de la vacuité du discours, on ne peut comprendre vraiment l'être et que donc tatata. Kant annonciateur du berger, voila le "premier" Heidegger ! Bien sur il y eut un deuxième H. celui là féroce: Kant n'est qu'un métaphysicien de l'oubli de l'être etc etc... 

    Au sujet de Davos, Cassirer se fit balayer par les jeunots (4). "Heidegger veut il renoncer  à l'objectivité ?". Rosenzweig, malade, il mourut cette année là, prit parti pour H. en lisant les journaux: l'objet G était du coté du nazi, et donc... Cassirer était juif, se fait menacer par H., et meurt en avril 45 aux US. Il avait quitté l'Allemagne en 33. 

    Au coeur de la polémique proprement philolosophique, la question du shématisme. 

     

    Au passage, Hermann Cohen, antisioniste, et mort en 1918, voyait le judaïsme comme religion universelle, apte à préparer le messianisme. On a là l'antinationalisme qui fut considéré comme si menaçant par les intellos allemands d'avant la grande catastrophe. 

    Cohen en fit une "interprétation" de Kant, en fait dans la "théorie Kantienne de l'expérience", il veut rompre avec tout psychologisme et affirmer le caractère métaphysique des apriori de la raison pure. 

    Et puis il y a cette question des deux sources de la connaissance l'entendement ET la sensibilité dont l'origine commune resterait selon Kant inconnue. 

     

    La lecture Fichtéenne de Kant

    On a là l'"idéalisme subjectif", ce qui est autre chose. En gros, Fichte se fiche de nous et conçoit et pense l'action de l'"Absolu", la chose en soi dont il ne peut se passer, tout en bien sur se réclamant le plus fidèle des fidèles de Kant. Un lascar, fondateur de l'idéalisme Allemand, le vrai, le gras. Qu'on puisse associer à Kant ces lamentables décadences m'a toujours fait hurler. 

     Et puis, Schopenhauer. 

    C'est bien sur Arthur qui défonce Königsberg avec le plus d'énergie. Précisément sur la question de la liberté, et on se trouve plongé dans le drame du XIXème siècle, qui nous donnera d'après Rosset, la généalogie et puis l'absurde, mais c'est une autre histoire. 

     

     

    (1) http://www.willeime.com/noire-kant.htm un rationaliste éberluant

    (2) http://www.philopsis.fr/IMG/pdf/temps-kant-node-langlois.pdf

    (3) http://digression.forum-actif.net/t303-hegel-critique-de-kant

    (4) https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1969_num_67_96_5514

  • LA critique

    L'édition de Kador... 

     

    Lire la suite

  • Les chrétiens

    Il fallait que je la fasse, celle là, mais le jeu de mot est ancien. 

    Que reste-t-il de la grande religion qui révolta Luther? Une marseillaise jouée sur les grande orgues, à Notre Dame un jour d'attentat ?

    On avait parlé de la ruine et la disparition de tout sentiment esthétique lié au symbolique en général. Il est bien entendu tout à fait certain que le religieux occidental a totalement rompu et depuis longtemps avec toute prétention sur ces sujets. Messes sentencieuses efféminées en langue vernaculaire, chants d'inspirations locales à l'imitation des touchantes chorégraphies africaines, invention de nouveaux rites à base de bougies, partout l'effrayant vide laissé la disparition soudaine (en un siècle) de deux mille ans de liturgies, fait horreur. 

    Le catholique, mais aussi le protestant, il ne faut pas se leurrer, le problème n'était pas là (en fait), disparait et a en fait déjà disparu. Pour confirmer mon racisme je dirais que le symptôme le plus éclatant en est la présence de prêtres africains à la manoeuvre dans les paroisses parisiennes. La crise des vocations dans le peuple chrétien, logiquement en charge d'engendrer au moins un curé de temps en temps, est tel qu'on n'en trouve même plus pour officier sous les voutes gothiques ou baroques des plus belles églises de France. Le culte, devenu impossible, nécessite une immigration de peuplement, heureusement stérile, je rigole.  

    Cette disparition visible et effective de toute pratique régulière, de tout véritable attachement populaire s'accompagne naturellement de scories variées et les enquêtes d'opinion (1) matérialisent la chose, mais cela ne change rien à l'affaire. 25 % des français seraient "engagés" (ce sont "les" catholiques) et 7 % d'entre eux pratiquent cela fait 1,8 % de la population. 

    Un gros clivage chez les catholiques: les migrants. A peu près à la moitié, on veut les accueillir tous, ce n'est pas mal. Sinon, on a quand même la moitié des cathos, à droite et au centre, réduits au mariage/baptême. 

    Au delà des différentes conceptions locales de son christianisme, il faut comprendre la nature de cette religion là, ce dont elle est porteuse, et ce qu'elle pourrait devenir. 

    D'abord, il faut comprendre et on sautera directement sur le train, que ce n'est pas à proprement parler une religion. Apparue relativement tardivement, l'Eglise n'est PAS celle du Christ historique, personnage mal connu dont les successeurs immédiats ont élaboré pendant un à deux siècles des pensées et conceptions variées totalement révolutionnaires pour leur époque et promises à un avenir considérable, mais sans fonder ni religion ni église. 

    On pourrait y inclure la gnose, mais le dieu inconnu gnostique, même porteur par son originalité du renouveau chrétien quand à la conception du divin, reste trop solitaire, trop je m'en foutiste pour correspondre à ce qu'est le dieu chrétien, porteur de toute éternité de son fils, c'est à dire d'une communication effective avec l'humanité. Car c'est là son originalité profonde, parfaitement paradoxale: le divin chrétien est humain et sur terre, à rebours complet des sécularisations sacrificielles. Jamais en fait, sauf chez les chamans les plus furieux, la présence divine n'a été aussi effective: incarnée et même, c'est un comble, mise à mort. Telle qu'il sort de la période gnostique, le très élaboré échafaudage chrétien, se dote finalement d'une théorie géniale incompréhensible, la trinité, mais aussi d'un clergé emperruqué à l'hébraïque, c'est à dire à l'égyptienne tradi, voir le chapeau des évêques, et pour finir prend l'empire. "Catholicos" veut dire "universel".

    Il est évidemment déjà trop tard, et la dissolution d'un ensemble qui s'écroule sous le poids des barbares à l'ouest semble sonner la fin de tout, en fait la création d'un monde de nations qui se déchirent 1500 ans. Bien sur il y eut Byzance, mais tout de même sur les mille ans de rab, quatr cents furent de la pure fiction, cadeau des mongols...  

    Car l'esprit des ethnies qui déferlent n'est pas impérial, en tout cas pas assez pour nous éviter la France, l'Angleterre et l'Espagne, sans parler à l'Est la Russie. Le Germanique empire, un temps géré par la trop molle Autriche, nous a finalement pété à la gueule récemment (1914-1945), et ce n'est pas peu de dire que la reconstitution carolingienne de la très fascinante Rome nous a couté très cher. Catholicos ? Oui mais pas en Europe.

    Inutile de gloser sur la tentative actuelle, qui faute de logique a déjà commencé à se ridiculiser, et pincez moi je rêve, a surtout profité à la partie germanique, on se demande pourquoi. La main broyée par Macron, la chancelière se soumet entièrement à lui, je rigole.

    La situation actuelle est donc une nouvelle fois à l'ère moderne, mais dans une configuration particulière, à une dissolution des nations fauteuses de guerre. Qu'en disent les chrétiens ? Ils s'en réjouissent. 

    Il y eut pourtant un certain temps identification du religieux au patriotique. Le moyen âge gallican (assez tôt en fait) fit de la foi un vecteur nationaliste, cela faisait combattre mieux. Malgré cela, le féodalisme barbare respectueux des coutumes, mais oublieux violent des principes fut à la fois très chrétien mais peu catholique à moins que ce ne soit l'inverse. Il ne se racheta pas avec l'échec des croisades qui consacra les rivalités entre puissances et l'échec absolu du projet politique chrétien de fraternité universelle, hélas. La construction des états européens à la fin du moyen âge acheva ce qui est l'histoire vraie du monde. 

    Il est ainsi paradoxal de voir que la conception d'humanité fraternelle, rangée sous les mêmes lois divines incarnées idéales, conçues sous l'empire à son apogée à l'époque où l'on croyait pouvoir tout dissoudre, aboutit dans un premier temps à la fragilisation universaliste d'un ensemble pluri-ethnique qui se lézardait, puis fut un instrument de récupération nationaliste du pouvoir de Dieu sur des ensembles de peuples soumis. Un échec, un échec absolu.

    Tout ça pour dire que l'apport proprement chrétien sur cette question doit être considéré historiquement comme nul, voire nuisible. On ne peut que se réjouir en fait de la relégation d'un religieux (qui par ailleurs se différenciait de ce point de vue du message originel, en fait d'une autre nature) à l'extérieur du vrai pouvoir par la sagesse barbare. Ecco avait souligné la capacité du moyen âge à séparer radicalement idéal chrétien et réalité violente de l'époque et à en tirer, et oui, une conception de la liberté particulière, source des évolutions ultérieures. 

    Il nous faut donc renoncer à attribuer au christianisme et à ses concepts une quelconque valeur politique, sociale ou humanitaire et c'est là où je veux en venir. L'être chrétien s'il était là, serait responsable ou contemporain de tant de malheurs inouïs que sa mauvaise presse devrait être infinie. Visionnaires furent les tortionnaires des martyres ! Quel malheur pour l'humanité qu'ils n'aient pas réussi à décourager cette infâme lèpre! Vite des lions et des taureaux, nous avons les blandines ! 

    Renoncer définitivement, car en fait le christianisme, et ses succès, et sa valeur ne sont pas là. Tout simplement. Ignorée par la tradition qui se sentait coupable et se contentait hypocritement et en silence de perpétuer les dominations traditionnelles en hochant la tête, et bien sur ignoré par les petites tentatives récentes de restaurer des évangélismes authentiques en remplaçant l'obligation de la messe par celui de l'accueil des migrants, le fait chrétien reste donc ce que nous en laisse le passé, un mystère, mais pas que. 

    Car il y a des pistes. De mon (humble) point de vue, je dirais qu'il se manifeste essentiellement par un sentiment de détachement absolu à l'égard de tout ce que les hommes considèrent important et qui ne l'est pas en réalité. Rites, vanités, vies, morts, il n'y a rien qui ne s'arrête à un quelconque sacré, à un quelconque respect, sachant que l'irrémédiable profanation a été accomplie, et une fois pour toutes. L'essentiel est la liberté absolue donnée aux hommes, ce qu'on appelle le "salut", de faire ce qu'il veulent en se respectant (on parle métaphoriquement d'"amour") mutuellement. Là est la libération totale, qui inclut, pour une raison métaphorique mystérieuse, la mort elle même, celle ci, comme obsession et unique image du futur étant défaite elle aussi et c'est Dieu lui même qui le prouve.  

    Et ce n'est pas le libérateur sauveur des hommes qui va leur dire ou leur faire dire ce qu'ils doivent penser ou dire: démerdez vous mais vous êtes tous pareils, voilà le message ! 

    A partir de là, on peut imaginer, voire concevoir, l'impensable: la libération de l'objet G lui même et de toutes les nécessités qu'on voudrait lui voir associer. Dieu est mort, merci petit Jésus! 

    On pourrait alors rebondir sur les nations, identifiées aux "ethnos", "goyim", "gentils" et autre terme méprisant pour désigner au pluriel les autres, et bien pourrions nous y trouver un sens universel, précisément ? Libéré pour toujours du fallacieux prétexte de faire un royaume, ce dont se foutait complètement le christianisme originel, persuadé d'une parousie immédiate, on pourrait alors tous autant que nous sommes nous organiser ensemble, non pas "tous", mais tous regroupés suivant nos gouts, sachant que l'universel ne peut être que parousique et sera le point final auquel aboutiront les nations enfin toutes chrétiennes, précisément. 

    Surtout que l'on prêcha aux "nations" et que Paul fut leur apôtre: la chrétienté organisa donc la défaite de l'Empire au nom des nations et cela explique bien des choses. Chacune d'entre elle, sans se convertir à un nouveau judaïsme, pouvait se sauver en restant non circoncise, préservée dans son être mais convertie à l'essentiel. 

    Cette structure mathématique de la fin du monde, en l'occurrence réalisée quand tous les sous-ensembles (dont on vient de prouver l'existence) seront "ok", préexiste au monde à l'évidence et ne peut sans disparaitre ne pas se préserver individuellement. Le nationalisme du chrétien est donc un devoir: il se doit de protéger les embryons de perfection contre les méchants, et les laisser au diable est grand péché.

    Inventeur de cette évidence, le barbare récemment converti que je suis sait bien d'où il vient et la vraie nature de l'effroyable envie de ceux qui ne le sont pas encore (convertis). Il sera donc d'autant plus cruel, ce qu'il doit préserver est plus qu'une civilisation: une fin du monde acceptable, infiniment plus que tous les ragnarök que nous amènent les barbaries dont on sait bien (on les a rejetées soi même) qu'elles ne valent rien. 

    (1) http://www.pelerin.com/A-la-une/Qui-sont-vraiment-les-catholiques

     

  • L'autre monde

    Il semble parfois qu'un autre monde existe, juste à coté de nous, radicalement étranger, radicalement absurde, et qu'une partie de notre monde à nous, celui qui feint d'être normal, en fait partie et parle en son nom. Comment expliquer autrement ces silences, ces mensonges effrayants, ces assentiments silencieux au plus révoltant, au plus absurde, au plus évidemment nocif? 

    Bien évidemment, vieillissant témoin d'un changement d'époque, je suis progressivement mis hors course et hors du monde tout court moi même, et cette illusion est bien sur celle des ténèbres qui s'approchent et qui pour moins me terrifier me certifient sans cesse que cela ne vaut pas la peine de rester. Un grand classique, un quasi mécanisme physiologique, une loi de la nature compatissante. 

    Cependant les exemples s'accumulent, et alors qu'on pourrait croire désirable des réactions, ne serait ce que des réactions d'humeur, rien ne se passe, sinon une longue suite d'acquiescements silencieux, et par suite, la généralisation du sentiment que tout cela est normal. L'effrayante normalité de l'absurde. La cantatrice chauve, à force d'être jouée, a fini par obtenir ce qu'elle voulait et prévoyait, ce qu'elle enviait de la Roumanie des années quarante. Ionesco a vaincu, mort. 

    J'ai déjà joué ici de ces sentiments, et en me relisant me semble devoir et pouvoir ajouter quelque chose d'autre, à savoir de tenter de décrire et peut être d'expliquer ce qui se passe et qui pourrait justifier ce qui me semble si étonnant et si incompréhensible. 

    Il s'agirait de mettre en lumière les mécanismes, des tropes d'imagination, qui répandus autrefois chez les élites, et descendu goutte à goutte depuis chez tout le monde, font qu'un vocabulaire, qu'une ambiance dont les fondamentaux, les raisons et le contexte ont disparu depuis longtemps restent présents. Une civilisation en quelque sorte, au sens traditionnel du terme: la sédimentation d'imaginaires de long terme. 

    Cette théorie toute médiatique du sentiment commun, à l'opposé de toutes les théories de la domination et du complot en général (on va en reparler) me semble avoir un pouvoir explicatif. Je me situerais ainsi parmi les écologistes des idées, croyant en la permanence des complexes idéels, ceux qui se maintiennent présent à l'esprit des gens, et qui finissent par être acceptés et oubliés de tous, sans conditions particulières. On ne voit pas l'air du temps, pourtant public: on le respire. 

    Pas d'inconscient ici: ce qui n'est pas perçu n'est pas souterrain, ou hors du langage: il est simplement forclos, et délibérément rejeté du conscient capable de le manipuler. Mieux: c'est parce qu'on le connait et qu'on le reconnait qu'on le rejette mieux et le plus vite. Il est l'évidence, le déjà là, celui dont qu'on ne discute pas et dont on ne parle pas. 

    Le renouvellement des générations est pour beaucoup dans cette sédimentation, en permanence consolidée par un mécanisme (là encore, on est dans la contre réaction matérielle des objets qui se frottent les uns contre les autres) fondamental qui est le renforcement aujourd'hui de ce qu'on a pas refusé dans le passé. Le refus d'avoir tort rétrospectivement est une force considérable qui n'est brisée qu'accidentellement et de manière toujours étrange. 

    Les 3 exemples du nazisme et des deux communismes sont frappants.

    Jusqu'au bout capables de la violence la plus extrême les allemands de 1945 se transformèrent en moutons instantanément, comme par magie. Leurs femmes, qui avaient encouragé avec vigueur et sans nuances les plus extrêmes virilités se firent alors violer en silence sans rien dire. Comment expliquer la vigueur de leurs combats cinq minutes avant la mort de Hitler ? Ce mystère historique n'a pour explication que le refus collectif de décider de changer après qu'on l'ait déjà refusé. Cela durait depuis des années, et la folie de la chose, évidente, ne pouvait pas être arrêtée alors qu'on savait... Comment se donner tort? 

    Le communisme russe s'effondra de la même manière, lui aussi sans violences, après coup. Il avait duré au delà du possible, le mécanisme conservateur ayant été distendu jusqu'à la rupture simple et silencieuse du dernier fil qui tenait la barque attachée... Un soulagement final, dont l'absurde évidence avait pour équivalent le soin que l'on avait eu à faire semblant si longtemps. La figure de Gorbatchev est de ce point de vue frappante: ses pitoyables tentative de rationaliser son action après coup n'attirent que des sourires peinés. Un guignol, littéralement. 

    Le communisme chinois est toujours actif, et pour cette raison là. Bien sur encore nécessaire pour maintenir la richesse et la puissance de la plus grande aristocratie du monde, la horde mongole qui écrasa tout en 1949, la tyrannie se maintient malgré toutes les évidences, toutes les réalités et toutes les contradictions. Le mensonge est toujours là, toujours révéré, toujours à rebours de la réalité (qui n'a pas plus de rapport avec la révolution idéale sous sa forme collectiviste que sous sa forme capitaliste débridée (oups pardon)). En voyage avec leur argent, les sujets de l'empereur de la dynastie la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité se marient en blanc devant Notre Dame, sans jamais songer à l'effrayant et vomitoire mépris qu'on voue à leur être, à leur passé et à leur présent. C'est dit. 

    Dans les trois, cas on a eu la continuation des effets catastrophiques d'évènements bien plus anciens, dont les aspects médiatiques ont disparu dans d'autres sortes de forclusions, celles qui se produisent (tout aussi mécaniquement) quand les porteurs humains de ces sentiments là meurent, sachant qu'on peut mourir de diverses manières, les morts violentes empêchant toute espèce de transmission et le rôle des révolutions est de nettoyer les terrains à bâtir, en particulier les vider les esprits, on ne dira jamais assez. Car c'est bien le but des propagandes que d'occuper les cerveaux. Après, on s'habitue: ce qui hante les crânes du peuple n'est bien souvent que le souvenir d'un vieux discours sur un vieux souvenir. Qu'est ce qui pourrait bien faire penser aux jeunes chinois que certains de leurs lointains cousins, il y a cinquante ans, se dévoraient entre eux pour survivre?

    Les trois grandes catastrophes du XXème siècle auraient elles détruit le monde? Avant de s'en prendre aux russes ou aux chinois, considérons les européens. Il furent les inventeurs de tout, et les acteurs de tout et aujourd'hui sombrent dans un délire naïf qui nous ridiculise au delà de tout. Qu'on me comprenne bien: l'Europe a déjà connu cela dans l'autre sens, quand sa folie sur-puissante l'amena directement à la pire des catastrophes il y a cent ans. Un absurde et ruineux conflit, bien sur causé par la forfanterie Allemande et son propre sentiment de supériorité. Simplement, et ce fut là le drame, elle alla bien trop loin dans l'entretien irrépressible de son sentiment irréel de solitude. Cent ans (tout le XIXème siècle) à avoir eu raison sur tout et à avoir sorti du néant de l'histoire la première puissance du monde que des vaincus et des commerçants voulaient contester ! Il fallut deux guerres mondiales pour terminer cette habitude là.

    Si ma théorie est vraie, le sentiment que je veux décrire est très puissant: la conviction des peuples est une chose très forte, et qui ne se manipule pas comme cela, sinon dans son sens...

    On pourrait parler de la France, voire de la Grande Bretagne et c'est un peu la même histoire, celle de l'Europe justement. Un temps dressée contre la Russie, pour cela il fallut tout le coca cola et tous les bas nylons américain pour nous convaincre de ne pas verser, nous avons changé d'emprise sur le monde et avons cessé de vouloir quoique ce soit. Pire: nous avons réfléchi et passé les soixante dix dernières années à ressasser notre fin, et à donner raison à nos pire ennemis, à les envier et à les révérer. La question du marxisme des années soixante et d'après est évidemment centrale ici. On fête demain Mai 68... 

    Comment un tel oubli, après un tel abaissement fut-il possible? En une génération, toutes les hontes étaient bues, et on repartait dans les même errements, les mêmes stupidités, à se désoler de se reproduire, d'ailleurs cela pourrait cesser, les allemands et les italiens, par honte sans doute, ont largement commencé, et la France suit derrière. Le regard brulant de Badiou le montre bien: on veut, on attend la révolution... Elle aura lieu 13 ans plus tard:

     


                                             

     

    L'entretien entre le jeune Alain Badiou et le vieux (il mourra en 1968, mais en Octobre) Jean Hyppolite est bien sur passionnant: la science est  inférieure à la philosophie, la nature de l'être rend possible l'opposition entre les philosophies, il faut s'interroger sur les sources de la pensée. On se finit par un éloge de Platon, mais l'essentiel est donné au jeune salopard qui continue avec une faconde magnifique certes, de nous casser les couilles avec son pol pot cinquante ans après. Mon amour haine envers Badiou est extrême, il est pour moi à la fois De Gaulle et Mao et un être infiniment plus riche et plus intelligent que moi, en tout cas, lui aussi un acteur extraordinaire, mais passionné de déconnade, il ne fit que cela, et il y a encore des gens pour prendre au sérieux le Cyril Hanouna de la philosophie. 

    Au passage, on se prend à penser que la jeunesse du vieux maitre, toute entière tournée vers un être dont on a vu ce qu'il faisait, reste marquée par la fin des religions et par la volonté de lui substituer une science négatrice dialectiquement du principe de contradiction. Badiou vibrant en est le réceptacle, les 3 instants de l'histoire dont je parle sont un beau moment de philosophie.

    Il faut demander à Badiou au sujet d'Hyppolite: 


                                           

     

    On peut donc voir là dedans à la fois toute la superficialité et toute l'humanité déconnante de ces gens là. Eternellement jeune, le vieux badiou (il a 81 ans) continue à faire l'andouille.

    Et Hyppolite fut ainsi donc un traducteur de Hegel dont le texte Français était supérieur au texte Allemand ! (Cette légende, à proprement parler ahurissante, fait penser que les thuriféraires devaient être partie prenante du maoïsme, suivez mon regard, on ne déconne vraiment bien que dans la cour de la rue d'Ulm.

    Et puis il y avait Althusser, bref, toute la folie communiste du monde, en pleine guerre froide. On a construit sous le Gaullisme qu'on chercha (et réussit) à abattre, l'élection de Mitterand, puis la situation actuelle. Qu'en reste-t-il ? 

    Et bien le soutien aux migrants. Nous y sommes et je ne peux m'empêcher d'asséner la chose: c'est le point commun de toutes les trajectoires issues de ces années là. Comme si ne restait de 68 qu'un petit retour de flamme pour les enfants de ceux qui 28 ans plus tôt fuyaient Paris avec leur matelas avant de se donner à Pétain. 

    Une "marche de la solidarité" entre vintimille et calais est organisée par des associations: quoi de plus ignoble que l'invasion symbolisée par des complices des trafiquants d'esclaves. Combien d'occasions manquées aurons nous de buter ces misérables ? 

    Bien sur le même réflexe se manifeste en Allemagne: quinze millions d'Allemands furent transplantés à travers l'Europe, mais en 45. Les italiens n'ont pas d'excuses: à ce sujet j'ignore complètement les raisons de leur folie. Ah si! Le vatican et ce qui reste de christianisme dans ce pays dont la partie sud, gérée par la Mafia, doit avoir quelque chose à expier sans doute. De vieux souvenirs enfouis, mais surtout, le refus de ce qui a suivi et de ce qui avait précédé, et qui avait consacré leur honte: la parole nationale, la défense de soi, raisonnable ou hystérique, mais confondue. Le nationalisme c'est la guerre, a dit Macron. 

    Car il y a un autre mécanisme. On peut avoir fait semblant d'oublier les vieux souvenirs. Ils reviennent au galop et avec une frénésie qu'une génération de silence de mort n'avait pas atténué. Tous les souvenirs. On commence par 45 et les réfugiés, mais le cran d'après (je veux dire "d'avant") est déjà là: la peur de disparaitre, et la haine de la faiblesse et de la démagogie des politiques. S'installe durablement donc toute la gamme de toutes les déplorations y compris la mienne, toute rageuse de l'absence définitive de toute parole de bon sens dans un monde livré à l'absurde. Il ne restera plus que la solution finale à tout cela. 

    Un mot au sujet de celle qui consiste à fronder contre l'ignoble cruauté du gouvernement actuel, qui en gros ne fait strictement rien sinon bouger au hasard quelques curseurs administratifs: elle fait bien sur partie de l'absurde et le consacre davantage. Déplorable mais élément de la confusion qui emporte la conviction de quelques mauvaises consciences: le juste milieu serait en place, et cela stabilise. 

    Une partie de l'Europe s'enfonce dans un délire chrétien soutenu par le Vatican, s'excuse de tous les racismes, y compris au Royaume Uni dont la gauche (maintenant la plus chtarbée du monde occidental) atteint des sommets de folie bien pensante avec Sadiq Khan, maire de Londres en pointe. Des fractures irrémédiables et terminales se creusent et les juifs commencent à partir, comme de partout où les musulmans ont droit de cité exagérément. Quand ils ne l'ont pas, ils se pressent contre les grillages et il n'y a qu'à la frontière de Gaza qu'on peut se défouler. 

    Tout peut être dit de la sorte de désespoir qui s'empare peu à peu de l'occident: délaissé par le libéralisme, revenu du communisme, il ne nous reste plus qu'à disparaitre, ça tombe bien on en a envie et cela vient de toutes parts, la nature a horreur du vide. 

    Privés des points de vue puissants et cyniques qui finalement on réussi à vaincre le nazisme et faire bonne figure contre bien pire, nous sommes maintenant livrés aux vagues. Aucun point de vue explicatif ou même volontaire  ne nous aidera, nous avons pensé leur disparition, et élevé et nourri des jeunes turcs persuadé de la nécessaire destruction de tout, seul discours public à tenir si on veut péchaud à notre époque. Note époque? Vous voulez dire mai 68?

    Pourquoi 68? Parce qu'il fut un irréel, un absurde, lui même. Sous prétexte de crever le plafond parce qu'on s'ennuie, on réussit dans la fête à ruiner le rationnel. Ca tombe bien nos bon maitres avaient tenté, croyant juguler le pire, de penser un moyen terme. Hegel, Marx, que du beau monde, mais on pensait en fait à Platon, toujours d'actualité soit disant. Il pensait la fin de la cité grecque.

    Il ne croyait pas si bien penser, et c'est sans doute ce que rêvassaient des hommes vieillissants échappés des années trente opposés, c'est le mécanisme que j'évoque, à tout ce qui pourrait contredire ce à quoi ils avaient, et oui, cru et participé: la disparition de l'occident deux fois, devant les nazis et devant les communistes en fait les deux. Hantés par la fin du monde qu'ils avaient d'abord fantasmé, puis vécu, ils ne leur restait après la restauration qu'un sentiment vaguement déçu, et la déception d'être encore vivant. Et puis, cette haine des juifs, responsables de tout, et qu'on doit taire, pour l'instant. 

    Quand arrive la seconde vague, les africains décomplexés, pleins d'une naïve et spontanée dénonciation de tout ce qu'on rêve secrètement de combattre depuis toujours: le capitalisme, l'amérique et bien sur les juifs, et bien on se croit regénéré ! Mettez sur ça l'universalisme chrétien qui c'est sur va s'emparer des âmes de ceux qu'on sauve et qui trouveront bien un moyen de nous remercier, en nous épargnant sans doute, nous y sommes. La naïveté de bon aloi est professée par tout le monde: l'occident est assez riche pour accueillir quelques milliers de gens courageux qui se noient.  Mieux, une ex ministre de la république nous fait honte de ne pas être tout à fait unanimes à proclamer la nécessité des migrations bénéfiques ! 

    A ce propos la fureur qui s'empare de moi à la vision de la grosse guyanaise sentencieuse amatrice de radeaux pneumatiques rempli par les esclavagistes, les vrais,  n'a pas de bornes. Un autre monde, un océan nous sépare: une haine se construit, et se traduira dans les faits, il me faudrait (un peu) de sang pour me calmer. 

    Et d'ailleurs au sujet des juifs, imaginez la haine légitime qu'on peut et doit leur vouer: ils tirent à balles réelles sur des envahisseurs qui veulent violer leur frontières et en tuent dix par jour: inventeur du concept de nation, les derniers représentants du monde occidental font ce que nous devrions faire. Le sang des provocateurs surnuméraires fanatisés envoyés par leur mères justifier des allocations supplémentaires de la part des organismes internationaux suscite pourtant un mépris légitime, accentué par le fait que je ne vois dans leur hystérie haineuse que celle de notre ex ministre: la même haine totale à laquelle ne convient que la violence. Il lui en faut: qu'on l'extirpe de sa retraite et qu'on lui fasse bouffer un gilet de sauvetage. 

    Comment parler et argumenter dans un monde où s'installent de tels clivages ? 

    D'abord il faut revenir aux fondamentaux: les contempteurs du capitalisme de Mai 68 étaient DEJA dans un autre monde, que la déconnade juvénile gentille dont il nous distrayaient, une fois découvert qu'il n'étaient que de cyniques arrivistes bourgeois nous rendait indulgent. Une fois accepté le fait que le discours public intellectuel de toute l'époque est non pas mensonger mais déconnant et niais ( on célèbre par exemple Blanchot, littérateur de la fracture du ciel après avoir vaguement cassé du juif à la grande époque, mais ce n'était pas grave), on se prépare à l'organisation de la destruction finale: augmentons les impôts pour nourrir ceux qu'on va chercher en Afrique ! 

    Mécaniquement, une réaction devra avoir lieu, et l'autre monde se divisera à nouveau en deux: comment imaginer que des contemporains férus d'histoire se trouvent ramenés à imaginer à nouveau des moyens d'extermination de masse, et à passer à tabac des vieilles guyanaises pour l'exemple ? Et bien on l'imagine: un autre monde est encore possible. 

  • Les atomes

    Un très grand physicien, prof de philo en 1902, Einstein et Proust officiaient, créatifs en diable à l'époque, est Ludwig Boltzmann. Il introduisit le loup dans la bergerie, euh les probabilités dans la physique. 

    Il expliqua surtout l'irréversibilité et donc d'une certaine manière, la vraie nature du temps. Rien que ça... 

    Bon en gros, Bach avait sa Hauptsatz, Boltzmann eut sa  Stoßzahlansatz ou hypothèse sur le nombre de collisions, qui permet de supposer que après une collision, les deux particules ne sont pas plus corrélées qu'avant et que DONC, on peut faire le calcul qui...

    Les polémiques

    Cette supposition fut à l'origine d'une polémique qui marqua l'époque, puisque c'est précisément cette chose là qui rend les équations symétriques de la mécanique déraisonnables, car c'est là qu'est le paradoxe de la réversibilité, ou paradoxe de Loschmidt: comment exprimer une irréversibilité à partir de lois réversibles ? 

    Boltzmann, qui explique par là même l'irréversibilité macroscopique par un raisonnement mécaniste microscopique et c'est là son génie et sa contribution, formule l'hypothèse comme une hypothèse statistique, c'est à dire à proprement parler dans le monde de son modèle mathématique. Et bien il fut démontré plus tard, seulement plus tard, que cette hypothèse est valide: le libre parcours moyen est très supérieur aux écarts entre molécules et oui, après un choc, la corrélation s'évanouit: DONC, l'irréversible se produit bien. Cela fut démontré rigoureusement en 1973, par Lanford. 

    La nature des polémiques, qui avaient vocation à refuser le paradoxe, utilisèrent (1) le fameux principe de récurrence, marque de l'éternel retour (comme on se retrouve...) démontré par le très Nietzschéen Poincaré et mis en avant par le très vicelard Zermelo. Hélas, dans l'éternel retour toutes les infinités du temps ressemblent à un concept exclusivement destinés aux surhommes, voire aux dieux, et Boltzmann réussit à réfuter la chose en calculant cette infinité, et à la prouver assez grande pour être négligeable. Une variante de cette récurrence est obtenue avec deux chiens et leurs puces sautant au hasard pouvant un jour se situer toute sur le même chien (l'autre n'ayant qu'à partir très loin à toute vitesse). Là encore, l'irréversible domine par sa fréquence... 

    Il n'y eut pas que cela: l'époque refusait les atomes, qu'on ne voyait pas, et qui donc ne pouvaient rien expliquer. Du super réalisme naïf en quelque sorte. Boltzmann lui même ne croyait pas vraiment aux atomes: il développa une philosophie d'un "comme si" mathématique à qui il attribua le pouvoir d'expliquer. Il est un atomiste intellectuel et son anticipation de la "discrétisation" du monde, prémonitoire (il meurt une seconde avant sa victoire) allait jusqu'à, ses étudiants le disaient, utiliser des Sigma jusqu'au bout de ses démonstrations, l'intégrale n'étant que terminale. 

    De fait la définition même de la science et de ses facultés fut mise en question à cette époque. En gros Mach et consort voulaient "décrire" tandis que Boltzmann voulait "expliquer". Hertz, Helmholtz étaient du coté de Boltzmann.

    Les énergétistes avaient une conception de la science comme exclusivement descriptive: pas d'hypothèses disaient ils, et il n'y avait qu'une "hypothèse" atomiste. Au tournant du siècle, tout cela explose.

    Il s'agissait donc pour Boltzmann de déterminer une "image" du monde, cohérente, conforme aux lois de la pensée qui favorisent les explications mécanistes. Alors qu'il semble bien que cet atomisme explicatif soit bien philosophique, et non pas réaliste, mais par contre, il n'est pas "a priori"(à la Kant), mais construit, extrait du monde observé. 

    De ce point de vue, Boltzmann est un évolutionniste: les méthodes de pensées (le mécanisme par exemple) peuvent évoluer. Il anticipa ainsi Popper... 

    Boltzmann se suicida en 1906, alors que Jean Perrin démontra en 1908 le mouvement brownien, donc les atomes... Einstein en avait fait la théorie en 1905.

    Sur la tombe de Boltzmann, il y a "log" (au lieu de "ln").

    K est la constante de Boltzmann, une constante de la nature. 1.4 10^-23 (J K-1).  

    Physique

    Perrin mesura par la même occasion le nombre d'Avogadro, qui est il faut le dire: 6 10^23  nombre d'atomes de carbone dans 12 grammes de Carbone 12. Comme une mole c'est précisément 12 grammes de Carbone 12, nous y sommes: un nombre d'atomes par mole. L'omniprésence du nombre 12 est significatif, non je rigole.

    On se moquera jusqu'au bout de Mach qui restera jusqu'au bout un adversaire de la relativité et plus généralement de l'atomisme.

    On abordera alors le fond de ma fascination pour tout cela, sachant que je ne me lasse pas de contempler l'aller retour jouissif entre modèle et réel, sachant que c'est ici PARCEQUE le réel est comme ça (oublieux du choc) qu'il est comme ça (irréversible). Le tout étant contenu dans le mathématique, l'oubli du choc étant précisément ce qui conduit mathématiquement à l'irréversible macroscopique. 

    Continuons avec la décohérence, on la modélise de manière microscopique, exactement de la même manière finalement: des chocs successifs font changer la fonction d'onde, et on démontre qu'elle se diagonalise progressivement, arrivant assez vite à la décomposition dite réduite sur les vecteurs de l'observable... La fameuse réduction du paquet d'onde ne fait donc absolument pas intervenir ni l'observateur ni Dieu ni l'un en l'absence de l'autre: c'est un phénomène naturel et permanent. 

    Mais je continue toutefois à me poser la question de l'"observable" : pourquoi celle là et pas une autre ? (hein?...)

     Continuons avec Boltzmann: sa démonstration (il prouve que la fameuse entropie est issue d'un logarithme du nombre de combinaisons possibles d'un système) sera utilisée par Planck pour aboutir à E = H nu, avec nu la fréquence. 

    Au passage, kT avec T la température (tout ça est à température constante) est une énergie, et traduit les fluctuations moyennes autour de l'équilibre. 

     Bref, l'interprétation microscopique, qui décrit si bien la réalité a toujours de la pertinence: le hasard a une granularité. En plus, le granule à la taille de Planck et en plus le temps n'existe pas. Il n'est que ce qu'en avait trouvé Boltzmann: un oubli. 

     

    (1) http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2007/03_Barberousse.pdf

    (2) https://www.college-de-france.fr/media/jacques-bouveresse/UPL54490_bouveresse9900.pdf

    (3) http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2006/13_Constante_de_Boltmann.pdf

  • La République des deux Nations

    Mal connue, la première république d'Europe, et ancêtre d'après certains, de l'Union Européenne, fut établie par le traité de Lublin en 1569, et Henri III en fut le roi-président 4 mois (Rex regnat et non gubernat ) en 1574.

    D'abord un peu de géographie: 

    Au nord l'Estonie (est-nord, je m'en rappelle comme ça), (capitale actuelle Tallin). Des finno ougriens, barbares et en permanence dans leur sauna. Ils sont en pointe en Informatique et leur système X Road de gestion des identités font que l'intelligence artificielle leur font payer leurs impôts sans qu'ils s'en rendent compte. 

    Au sud la Lithuanie (qui a maintenant perdu son "h"). Son grand duché s'allia avec la Pologne pour faire ce dont on parle. 

    Au milieu la Courlande et la Livonie plus ce qui constitue l'Estonie actuelle, capitale Riga sur le golfe du même nom. L'Estonie aurait perdu un quart de sa population sous nos yeux entre 80 et 2010... 

    Elle fut le lieu de la guerre des Frei Korps allemands en 1919 contre les bolcheviques, mais aussi une forme de tentative de colonisation germanique pirate: la ruée vers l'Est. Finalement vaincus, ils firent de bon nazis... 

    Le Lac Peipus est un lac immense à l'est du golfe, qui gelé, supporta la défaite des chevaliers teutoniques (les batisseurs de Königsberg, catholique) contre Alexandre Nevski, orthodoxe (et ses alliés mongols) en 1242. 

    Les chevaliers Teutoniques dominèrent la région longtemps, et fondèrent Marienbourg (rien à voir avec Marienbad) en Poméranie (la Pomérélie avec Dantzig est encore plus à l'ouest). On ne se lasse pas des noms de ces chevaliers, (Ordo Domus Sanctæ Mariæ Teutonicorum, Deutscher Ritterorden), tous allemands. 

    L'alliance polonaise dominait vers 1640 la Biélorussie et l'Ukraine et disparut complètement en 1795, la Russie s'étant construite contre elle...

    Elle fut en pointe dans la lutte contre l'Ottoman et Jean Sobieski Roi de Pologne et Grand Duc de Lithuanie charge avec ses hussards à la bataille de Kahlenberg en 1683, date qui marque l'éviction d'Europe des turcs. 

     

    Qu'y a-t-il de plus dramatique que l'histoire nationale de cette partie de l'Europe ? Là est le centre des pires violences de toute l'histoire. 

    P.S.  Il y a mieux: tout cela c'est la Pologne, la nation malheureuse par excellence, celle qui accueillit le mieux les juifs du temps de sa splendeur, celle qui se fit dépecer dix fois et toujours par les mêmes: autriche, allemagne, russie, tous se liguèrent ou non pour dévorer et morceler, décaler vers l'ouest ou imposer des corridors, et tout cela au nom d'autres nations, jugées plus importantes. L'anti nation, Zemmour la dit "soeur malheureuse de la France" et c'est sans doute bien vu. 

    Le dépeçage de 1772 fut d'abord celui entre Frédéric II, Marie Thérèse et Catherine et tout se termina ensuite en pleine révolution française, en 1793 et 1795 par la disparition complète de ce qui à défaut d'avoir deux nations n'en eu plus aucune. Les nouvelles allant vite, inutile de dire que ce malheur national là stimula le nôtre et au combien. L'impitoyable appétit des puissances centrales nous fit peur et nous le combattime vingt ans, avec quelques succès il faut le dire. 

    Fréderic mourut en 86, Marie Thérèse en 80 et Catherine en 96.

  • Le mâle alpha

    ... un clébard efféminé léchait le cul d'un gorille... 

    Lire la suite

  • Ecouter Bach

    Bon, il faut en parler et on en aura jamais fini, Bach s'écoute et tous les sujets de l'esthétique pourront être abordés à l'occasion, cela n'a pas de fin. 

    Branche particulière, l'esthétique se charge du beau, de sa possible définition et des différences entre les domaines. On dira tout de suite que l'art suprême, la musique, doit être considéré prédominant: on ne me fera jamais croire qu'on puisse se satisfaire d'un coup d'oeil vers 3 taches sur un mur. Il n'y a que la durée et la consommation symbolique ne peut se situer que dans un temps imposé, marqué par auteur et interprète. Bref, il y a sans doute d'autres arguments, mais le sujet est le plus grand musicien de tous les temps, l'inventeur d'icelle, difficile de dire mieux, passons.

    D'abord une définition théorique de la beauté telle que produite par l'homme, hors bien sur des idées et photos de coucher de soleil ou de vols d'oies migratrices. Il y a des rapports de formes juxtaposées ou successifs et ce sont ces relations là qu'on peut qualifier. On apprécie des choses différentes en rapport. Tout est là.

    Parmi ces choses différentes, il y a bien sur l'auteur et l'écoutant (comme on dit en pédagogie, pour désigner l'auditeur distrait qui pense à autre chose) et le rapport joue, il est celui que pilote l'auteur ou l'interprète en le regardant du coin de l'oeil. Il y a bien sur les besoins fantasmes ou obsessions de l'écoutant et cela d'autant plus qu'il est temporellement éloigné, et pas de 3 mesures, mais bien de 3 siècles... 

    Bach et la technique

    D'abord, un musicien n'est pas un prêtre, mais un comparse du prêtre, sans droits et sans classe à une époque où il n'y en a que trois. Le musicien bien sur distinct du populo n'est pas un vilain mais pas non plus un héros. Il est ce qui n'existe qu'à peine à l'époque, un technicien. Mieux, un ingénieur au plein sens du terme. Au XVII ème siècle, la musique reste une technique majeure, sans doute la plus complexe de toutes et un orgue est la machine la plus complexe qu'on puisse voir. On ne peut objectivement lui comparer qu'un bateau à voile ou une galère, et encore. Le domaine le plus formalisé, le plus mathématique de toute l'activité humaine est bien la musique et toute l'intelligence toute l'habileté y est concentrée. Le pic de la concentration est bien l'année 1685, celle de la naissance de Handel, Bach et Scarlatti. Cette année là ne cède qu'à 1678 (naissance de Vivaldi) et à 1683 (naissance de Rameau, de Heinichen et de Graupner). Que diable ces années là devaient elles avoir pour satisfaire autant mes gouts? 

    Nous sommes à l'époque de l'éveil caractérisé de la modernité effective, celle qui fit exploser la puissance de l'occident. En 1683 fut définitivement expulsée l'invasion ottomane d'Europe continentale et les lumières pouvaient commencer. La grande période baroque peut alors se terminer et tout est en place pour que s'achève, au sens d'un accomplissement, la première période de l'histoire de l'humanité. (tatatata, va y avoir de la musique pour fêter ça).  

    Bach et la religion

    Le débat est bien sur pendant, et doit être tranché. Débat incontournable et pas si facile, car dire que Bach n'a aucun rapport avec le religieux n'est pas soutenable. Dire qu'il instrumente le religieux pour mieux décorer sa musique tout autant, mais tentant: nul sentiment religieux antérieur ou postérieur ne peut être comparé à ce déferlement d'affects organisés en graphes noués de toutes les manières possibles. Si Bach est religieux, alors on se demande quel est le rôle exact de Jésus Christ ou de Dieu lui même, complètement eclipsés et mis minables pour cause d'insuffisance expressive et de silence permanent trop marqué... 

    Non, on doit élaborer un point de vue plus compliqué. D'abord les faits. Né dans une famille de musiciens dans une société qui consomme la musique comme nulle part en occident, et surtout dans une ambiance religieuse, le luthérianisme, qui n'en finit pas de vivre sa grande révolution, la réforme, dont un caractère essentiel est la refondation de la religiosité sur l'expression collective harmonisée. C'est bien sur la fin de la grande tempête qui détruisit l'Europe centrale et la vaccina pour 3 siècles (mais pas plus) contre les grands massacres.

    Aux chants collectifs enthousiasmants on substitue progressivement un art plus délicat que l'on emprunte sans vergogne (les voyages ont commencé) à toute l'Europe. Cela s'appelle le baroque, cela fut inventé pour lutter contre le protestantisme et cela plait en fait à tout le monde. Pourtant, on est fier de son monde propre: les allemands (du moins quelque uns d'entre eux) l'interprètent sérieusement et en font CA.

    A l'écart, au moins en principe, du vrai opéra dégénéré à l'italienne qui ravage le sud et le nord de l'Europe, on maitrise, en grand technicien de l'art suprême, la totalité du métier. Mieux, on fait mieux, beaucoup mieux. Bien plus sérieux, bien plus profond, bien plus génial. 

    Le sérieux est donc un caractère hérité: la religiosité du petit Bach n'est pas frivole, mais d'abord empreinte de la simultanéité d'un ensemble (et en musique c'est important, la simultanéité) de choses. Orphelin de père et de mère, il chante à leur enterrements et hyper doué membre fier d'une famille de musiciens qui le prend en charge en ayant détecté immédiatement (qu'est ce qu'il a le petit, à se souvenir aussi bien de tous ces airs?) ses incroyables dons, il va développer immédiatement une ambition monstrueuse, à la hauteur de ce qu'il nous a laissé. 

    On est très loin de la conversion neu neu au petit jésus: les musiciens du temple, au temps du roi David font marcher le monde et il y a bien plus, au temps de la technique débutante, que la simple populace disant amen qui fait se lever le soleil: la musique, moteur du culte, expression même de sa nécessité, mais technicisée: moyen de l'édification, elle est bien sur pour ses concepteurs une chose, un savoir, mais directement extrait d'une nature abstraite à laquelle on participe, dont on est un instrument. C'est l'humilité du musicien, cette invraisemblable et toujours surprenante humilité (je parle en non musicien) qui fait la fierté de n'être que l'instrument du message, du son, de la musique, et donc en même temps le messager muet (la musique parlant d'elle même) de ce que précisément, on veut dire... 

    Hors du langage, mais langage lui même, hors de la motivation consciente exprimée, mais souci et discours assumé, en second plan mais au nom du plaisir infini des esprits qui se savent supérieurs, le musical fait marcher le monde sans le dire. C'est lui le religieux. Le reste est subordonné, et donc, ce qu'on appelle le religieux, lui même. Ainsi donc, tout le religieux symbolique, les textes, rites et croyances, significations et théologies seraient subordonnées au culte rythmiquement organisé musicalement ? 

    Cela ne veut pas dire que Bach n'avait pas la foi, ou même une foi spéciale. Spéciale bien sur, mais au sens où un pareil génie devait bien avoir des manifestations cervicales et spirituelles particulières dans bien des domaines qu'on ne peut pas approcher. On veut dire qu'il croyait en Dieu, bien sur, et très sérieusement, mais à sa manière, et sa musique est l'invraisemblable et surhumaine façon qu'il avait de l'exprimer. Le vieux boche avait simplement une nature généreuse et avait en tant qu'humain, musicalisé ses sentiments intérieurs. Pour notre plus grand plaisir...

    La thèse est dangereuse: la musique de Bach serait donc la foi de Bach et par conséquent en serait issue. Un projet divin en quelque sorte, l'ultime tentative du Dieu luthérien d'interdire les indulgences, ou bien l'arrêt définitif de la conquête musulmane, ou mieux, l'inscription définitive en lettres sonores de la trinité dans l'histoire humaine. Un projet divin et Bach n'est qu'un second Jésus. Au pire, le "cinquième évangéliste" comme dirait le bigot moyen. Tu parles. 

    Reprenons depuis le début. Persuadé de la vérité du christianisme et porteur d'une foi puissante enracinée, celle du charbonnier supérieurement intelligent convaincu et au delà par ce qui est loin d'être bête, au centre d'une civilisation supérieure et héritier de toutes les techniques également supérieures, il les parfait une fois pour toutes en codifiant une fois pour toute le tempérament égal avec les meilleures raisons.  Absolument sur de lui, il s'avance vers le grand projet, l'alliance du beau et du bien. L'art suprême vous dis-je et la foi chrétienne accomplie, vérité suprême en fait partie, je dirais bien évidemment. Le sublime ne se limite pas aux petits émois, et ceux là sont particulièrement gratinés. Du courage pour assumer ça? Il en faut, il l'a. Ca donne ça. 

     Ecouter ça

    Se pose alors la question de l'attitude à avoir en écoutant "ça". Tout d'abord, il ne faut pas se laisser intimider: la musique de Bach ne "prie" pas: rien à voir avec l'abandon pieux à une relation incestueuse piétiste ou même rationnelle avec une vérité religieuse ou avec une présence mystérieuse. Bien au contraire, on est en présence d'un humain en proie à la véritable émotion religieuse, la seule qui compte, la vraie: une relation profonde avec un sens évident et indiscutable, et cela d'autant plus qu'il n'est pas "réel". Cet humain là est représenté par la musique et se met en scène. C'est lui qui est réel et dont il faut admettre la sincérité. Sont ainsi représentés l'âme, mais aussi le sentiment extérieur, la fille de Sion, le pêcheur, bref tous les acteurs des drames liés à cet affect là. Le christ n'est pas le personnage le plus bavard des passions, mais bien l'évangéliste, celui qui prêche, qui guide et qui fait raisonner l'"histoire", ce qui doit régler l'injonction: vous rendez vous compte que ... ? 

    Et bien ces sentiments sont en fait hors de la religion proprement dit, tout en n'étant exprimable que par ses lettres et ses thèmes, qui finissent donc par se faire submerger par la musique: que dit elle, elle ? De décorative, elle devient première parce que géniale, et n'exprime sa complexité et son incomparable richesse que hors du langage, comme il se doit: c'est cela qu'il faut écouter, et entendre. 

    L'émotion que cela génère et la désespérante envie d'être comme lui fait la puissance du sentiment éprouvé. Etre comme lui? Etre capable d'exprimer cela? Emporté par la musique, les interprètes de ce genre de chose ne le font pas: ils ne sont, et ne se vivent que comme des participants à une expression collective dans laquelle ils ne jouent qu'un rôle partiel. Alors, les auditeurs doivent jouer leur partie est écouter le résultat, ils sont là pour ça, car c'est bien pour eux qu'on joue. 

    Ecoutons donc

    Bach c'est immense. Généraliser est difficile mais il y a des similarités entre ses musiques. Il faut bien sur séparer les oeuvres instrumentales, celles pour clavier, pour orgue, les cantates et les passions. On met la messe en si à part.