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FrancoisCarmignola

  • Les enfants des riches

    À propos des études sur les enfants (1) et sur l'éducation et de la sempiternelle affirmation théorique de l'importance de la différence entre riches et pauvres et de bien sûr de la "distinction" de Bourdieu qui commande à jamais les théories et bien sûr les pratiques adoptées selon. 

    La différence serait donc entre les environnements culturels liés aux classes sociales. À l'âge de l'internet et de l'école obligatoire qui mêle les enfants avec les riches et les pauvres et aussi les flux culturels globaux en concurrence avec une administration éducationnelle en rapport, on se penchera si cela est possible sur les milieux, au sens de ceux qui, positionnés au milieu de l'échelle sociale, à mi-chemin de l'ascension sociale de leur milieu familial lui-même différencié tout en échangeant réflexions, bonnes adresses et idéaux variés vivent une vie étrange au milieu d'une école administrée et organisée par les tenants des théories qu'on réprouve. On y remarquera que le concept de classe sociale est ici inopérant, d'autres mécanismes sans rapports étant à l'oeuvre, clairement. La différenciation se fait au milieu d'un bain public animé par des volontés organisées génèrent au mieux des effets pervers, au pire une destruction complète de tout ce qui spontanément aurait pu guider l'ensemble vers des objectifs raisonnables. 

    Mais avant d'accuser l'ineffectivité, voire la nocivité que l'on pourrait assimiler à son impéritie et à sa négligence ignorante, décrivons ce qui se passe. Le "milieu" est d'abord largement indépendant, d'abord et avant tout, du milieu familial, et donc de ce qui gouvernait étroitement les destins autrefois. 

    Soustrait à son milieu familial, l'enfant l'est par définition et par volonté explicite de ce qu'on appelle l'éducation nationale instaurée et théorisée dés avant la guerre de 14... À succès pour l'alphabétisation généralisée du monde français enfin acquise lors des grandes réformes de la fin du XIX siècle et encore, il y eut fusion du monde primaire et première extraction sociale de la partie basse du peuple, enfin intégrée dans la patrie globale au delà de la masse misérable et méprisée dont on doutait de l'humanité, tant ses moeurs cannibales semblaient inexorables et non corrigeables. Base de la soi-disant "lutte des classes", le désespoir et le fatalisme devant la méchanceté de la misère, transformée en socialisme sentimentalement par Victor Hugo pour mieux séduire (il était de droite, en fait) des classes moyennes capables d'acheter des livres.

    Ce qui réalisa la transmutation fut le contraire du libéralisme, en ce que s'introduisit le salariat comme mode d'ascension sociale, l'enrôlement dans les armées industrielles devenant le moteur de la prospérité qui s'investit dans la formation étatisée des troupes nécessaires à l'avenir.  Que la misère "ouvrière" recouvrit de son obscurité la misère paysanne ne fut que l'illusion du siècle, il est temps de revoir tout cela. 

     

    (1) https://www.cairn.info/revue-des-politiques-sociales-et-familiales-2021-1-page-121.htm#re3no3

  • Les Patries et les Nations

    Élaborer sur la différence entre nation et patrie est très casse gueule mais on ne peut se retenir. 

    La patrie est innocente et pourtant très "coupable": elle désigne clairement et sans ambiguïté le côté familial de l'appartenance communautaire en l'assimilant à la terre de naissance, le pays du père, donc. À la fois territoriale et innocente de la race, et suffisamment liée à l'essentiel de ce qu'on est et aime naturellement,  la patrie est d'autre part féminine, ce qui est habile, donc. Son amour est sacré et ne peut être remis en cause et de plus ne désigne pas une communauté mais ce que la communauté partage, la seule communauté ici ne pouvant être que celle des patriotes exclusivement, qui plus est... La patrie est ainsi objet d'amour, mais n'est pas ce qui aime, ni ce qui partage cet amour. 

    Le "patriotisme" est donc cet amour-là, sacré et honorable, et quasi involontaire: comme un devoir. Normal et dont on ne peut être responsable négativement tant il est une obligation pour toute dignité. Le patriotisme motive honorablement. 

    On en vient à la Nation. On se doit d'abord d'évoquer Fichte et son "discours à la Nation allemande" de 1807 fondateur d'une acception du mot qui l'a coloré pour toujours, ce qui n'existait pas à l'époque ou qui devait devenir apparaissant comme "allemand" à tous les sens du mot, dont ceux qui s'épanouirent au XXème siècle pour le malheur de beaucoup. 

    La Nation est d'abord, et cela clairement, "construite". Elle n'est pas "involontaire" et cela la caractérise. Invoquée à la Révolution et associée (le "vive la Nation" est crié à Valmy) à la levée en masse qui introduit dans l'histoire la puissance des États construits sur des Nations capables de faire d'un peuple une armée. La Nation se substitue au Royaume et fait du collectif une chose nouvelle, volontaire et mobilisable, la manifestation d'une volonté. 

    La Nation est donc, et cela est essentiel, une collectivité. Symbolique, et symbolisée, certes, mais un contenu une masse nombreuse, une Communauté. Communauté volontaire, non familiale, mais, et là on se distingue, raciale ou pas, c'est selon. L'ambiguïté est au coeur de l'utilisation du mot, de ses dérives et de ses mésusages. 

    Le mot aurait ainsi, et c'est la division France/Allemagne qui se manifeste, deux ensembles de co-notations: 

    1) électif, citoyen, civisme, Lumières, France

    2) ethnique, ancêtre, populisme, Romantisme, Allemagne

    Trop facile sans doute, et on voit bien que la Nation allemande part d'un patriotisme jugé insuffisant pour exister sur la base d'une puissance à construire. L'essentiel est donc la construction, et la Nation a aussi bien des aspects "charnels" dans toutes les acceptions du mot et c'est là où je veux en venir. 

    La Nation est ainsi le lieu du partage légal et de la "fraternité" au sens de l'assistance de droit, elle est la communauté à qui s'adresse l'aide due. Elle est le lieu de la frontière humaine, celle qui distingue celui à qui on doit non pas la charité due à tout homme, mais le manger et le couvert dus aux soldats de la même armée, aux miséreux qu'on préfère, à ceux qui sont de notre côté de la frontière. Ceux avec qui nous acceptons de partager notre impôt. 

    Le côté matériel de la Nation est essentiel: elle délimite la quantité de bien que nous acceptons de mettre en commun, elle délimite les hommes (et les femmes) avec qui nous partageons notre misère. Qu'importe ce qui motive l'appartenance, race ou choix ou histoire: dans la Nation, on partage et c'est le point. 

    À partir de ces évidences, on peut utiliser les mots et voir comment ils se situent dans l'histoire et dans les évènements.

    On parlera d'Israël, la première Nation, celle qui fit envie à tout le monde, car elle organise le peuple "élu", celui qui se fonde sur une alliance avec un Dieu et en tire une puissance invincible. La Nation sans Dieu reste ce qu'elle est. On notera que ce peuple partage entre ses membres nourriture miraculeuse et déportations, tout le bien et tout le mal du monde. La frontière de l'élection caractérise le concept et organise le partage, symbolisé par la chose mise en commun comme communauté. 

    On parlera alors de l'Europe telle que vue aujourd'hui par les "visionnaires" qui s'en sont emparés et dont l'objectif est la construction, encore  un rêve germanique, d'une nation nouvelle qui telle le vampire qui préside aux fantasmes du maudit continent et voudrait se nourrir de ce qui aurait causé ces fleuves de sang dans l'histoire: les nations, justement. 

    A peine construites, on veut donc les déconstruire, avec tout le reste de ce qui nous a mené jusque-là. 

    On glosera sur les deux inspirateurs du traité dit de Rome, (Monnet l'américain et Schuman l'allemand) comme si la pauvre Europe, qui n'ayant pu être celle de Charlemagne, Chares Quint, de Napoléon ou d'Hitler ne peut être qu'inspiré par les deux pires images de ce qu'elle a produit, carrément "chié" historiquement:  les deux génocidaires ensembles maudits par l'histoire que sont la thalassocratie anglo saxonne tueuse d'indiens et la germanique barbarie tueuse de juifs.

    Quelle Nation européenne peut surgir de ces horreurs, au pire accessoires, en tout cas non essentielle du fait de notre dégout ? Les Nations devront donc rester. Point final.  

  • Les droits internationaux

    Que l'on prenne l'Ukraine ou Gaza, les droits internationaux s'invoquent et servent de justification variés. Qu'en dire et que penser ? 

    En gros, on suivra la position "réaliste" (ou école, ou vision) en matière de relations internationales et de pensée de ses intérêts et aussi du monde. C'est le cas de Chauprade (1) et cela donne lieu à certaines réflexions et aussi à certaines critiques. 

    Tout d'abord, le constat de la disparition de ce qu'on a longtemps appelé le "droit international": initié lors de l'affaire yougoslave, la destruction des pays, des empires et aussi les manipulations de frontières par les plus forts militairement a ouvert la boite. Le passage à encore plus grand, avec polémiques à la clé dans le camp du bien, lors de l'affaire irakienne, a scellé l'affaire: le monde est rompu et chaque camp prétend à l'universalité. 

    L'un deux, nouveau, et d'une certaine manière issu des violations passées (russes en Afghanistan, américaines en Irak), est l'islam-isme qui prétend, c'est récent, que ses lois s'étendent partout. La chose est d'importance et cet universalisme là doit être apprécié et compris comme élément d'une confrontation: l'heure n'est plus à la gentille indulgence que l'on se doit d'avoir envers des pratiques exotiques localisées à des territoires barbares, ou même à des zones de non droit limitées, mais bien au combat direct. Vous me traitez comme un ennemi, vous êtes donc le mien et je vous détruirai ! 

    Voilà donc une première conséquence de ces considérations, avec la découverte d'un nouvel état du monde, bien moins connu qu'on ne croit, voire soigneusement occulté, en gros toute la position officielle généralement acceptée par les institutions et aussi par les opinions cela de l'extrême gauche à l'extrême droite (l'islam est considéré "compatible" avec la République par Marine Le Pen). Or l'islam n'a pas vocation à être pratiqué de manière laïque.  À moins que l'on ne l'y force avec la "violence" nécessaire. Ce point, à imposer, est aujourd'hui pratiquement délictuel, dans l'état actuel de la pensée du monde admise, et pourtant, on a bien des soi-disant citoyens français qui disent ouvertement qu'une loi divine a vocation à être respectée en tant que telle dans l'espace public, voire à être instaurée dans le futur, malgré son contenu que tout être humain normalement constitué ne peut que mépriser avec dégout et bien sûr refuser avec hauteur qu'on puisse même discuter de cette instauration. 

    Mais il y a d'autres conséquences et elle concernent les deux évènements en cours du moment: l'Ukraine et Gaza. 

    Pour ce qui concerne l'Ukraine, on notera la séparation en 3 camps du monde: USA, Europe, Russie. Le 4ème camp, le Chinois, rigole. En guerre contre l'Europe, les USA ont allumé le feu, accompli leur but de guerre et se retirent, laissant à la bêtise et surtout à la corruption de l'Europe le soin de finir de nettoyer le désastre. La Russie, fière mais isolée, regrette tout cela et se prépare à survivre un certain temps dans une position difficile qu'elle va pourtant tenter d'assumer quitte à entamer un voyage dans le futur dangereux.

    Le droit international là-dedans ne jouera aucun rôle. Inconséquent et défendu par l'indéfendable, il se déconsidère davantage à chacune de ses invocations, que ce soit le mépris affiché par les signataires de traités internationaux envers leur signature, la convocation d'un chef d'État membre du conseil de sécurité devant un tribunal futile, ou les applaudissements décernés à un ex-nazi dans l'enceinte d'un Parlement occidental, sans parler de la revente sur les marchés européens de céréales dont on déclare qu'elles vont manquer au tiers monde du fait de la Russie. 

    Pour ce qui concerne Gaza, la question est un peu différente et pourtant se pose là de la même manière. Revenons en arrière et parlons de la communication internationale au sujet de la chose, l'indignation d'ici ou de là faisant appel à une notion "internationale" de la justice et donc du droit. Unanime en Occident au sujet de l'agression "unprovoked" de l'Ukraine par la Russie, le sentiment global joue avec la possibilité nécessaire d'une guerre nucléaire mondiale et considère, avec presque la même unanimité, que le pogrome du 7 octobre, acte de résistance, était justifié à postériori par la violence injustifiable de la réaction en regard à qui on attribue sans preuve un nombre de morts civils à peine supérieur à celui qu'on a infligé à la ville de Mossoul, bombardée sans trêve 9 mois sans l'ombre d'une protestation, la totalité de la responsabilité étant attribuée à l'agressé finalement vaincu. 

    Cette question de la communication clive le camp des géopoliticiens pro russes, tous anti-israéliens ou du moins fasciné par la "défaite" communicationnelle d'Israël, pourtant lui-même toujours tétanisé par les meurtres, les viols et la centaine d'otages innocents. Cette tétanie, en forme d'indifférence totale pour le peuple de barbares qui dansa le jour de l'attaque, illustre pourtant ce que reconnait Chauprade à son avantage: réalistement, un conflit "à mort" est en cours, et le droit international, déjà déconsidéré ne peut pas s'appliquer, les signataires de tout accord sur la question ne pouvant que se tirer mutuellement des balles dans la tête le jour convenu de la paix. Sauf à vouloir faire des compromis, mais exclusivement dans le camp des spectateurs engagés dans des débats enfiévrés à des milliers de kilomètres, comme si  seuls comptaient dans l'histoire leurs petits émois d'informés par les réseaux sociaux.

    Il nous faut donc associer cette histoire de "droit international" à ce qu'elle évoque en fait: l'élément communication de l'aspect "hybride" de toute guerre au sens plein, l'attribution de la "raison" (au sens de la "justification") aux tenants du conflit, qui se disputent d'abord la faveur du bien, étant nécessaire; on comprend mieux pourquoi seuls les rois sacrés tenant leur victoire future du Dieu de leur camp, peuvent diriger les armées qui vont s'affronter. 

    La guerre hybride, sortant l'argument tant qu'on y est, est portée par le "cyber", et aussi à travers l'intelligence artificielle que cela implique, par les drones, éléments nouveaux de la guerre moderne, maintenant manifestement omniprésents, nous avons changé d'ère. Étonnant aussi de remarquer cette ressortie d'un terme considéré ringard avant par les tenants de l'internet, de l'informatique et des ordinateurs. Le "cyber" c'est aussi le "management" tiré des feed backs organisationnels et des "process" connus exclusivement comme organisationnel, précisément, le sens purement informatique du mot étant occulté... 

    Que la guerre se situe aussi là est donc à la fois évident et troublant, comme si la pensée elle-même du conflit et donc sa perception en tant que conflit, était déjà le conflit lui-même, et cela avant même que la violence se déchaine. 

    On évoquera alors la fameuse légende du "politique par d'autres moyens" pour définir la guerre, alors qu'on assiste au contraire, soit une coalition occidentale contre une agression "injuste" d'une part et d'autre part contre la réaction violente à une agression "injuste mais". Comme si, du fait de cette satanée (le mot est juste) communication, la politique (morale, forcément morale) était juste suscitée et rendue incontournable par un "inacceptable" acte de violence, dans le deuxième cas d'ailleurs conçu pour avoir cela (la coalition indignée contre la réaction en retour) comme but. Dans cette affaire, c'est bien Poutine qui fut un classique, n'ayant tenté (et manqué de peu) qu'un accord de paix imposé par une brutalité minimale et qui depuis mène une classique guerre de spoliation territoriale à la demande des habitants concernés. 

    Par contre, on peut le dire, et là Clausewitz a raison, dans les deux cas, on eut bien la fameuse "montée aux extrêmes" enchainements de délirants appels à la violence avec en retour les morts par centaines de milliers. 

    Mais revenons à la guerre hybride: cette guerre a ses constantes, ses armes et ses méthodes. La première d'entre elles est la fameuse "stratégie du chaos" , qui induit chez l'adversaire (adversaire qui peut être chez soi, un partisan de l'ennemi) des sentiments contradictoires au sens plein. Le meilleur exemple est Poutine image de la gauche communiste toujours à la manoeuvre pour la victoire du prolétariat d'une part et aussi représentant de la victoire de l'extrême droite orthodoxe qui restaure l'empire byzantin d'autre part. Sans parler du cosmisme: Poutine est un transhumaniste caché, qui va lancer la Russie dans les étoiles au nom d'une spiritualité angélique. Tout cela en même temps, dans des publics différents, partisans et ennemis du narratif tous ligués pour s'opposer et délirer tous ensemble... 

     

     

    (1) Aymeric Chauprade à Omerta https://www.youtube.com/watch?v=GxOh7HZGyas

  • L'avocat du diable

    Je suis un musulman sunnite. 

    Et peut donc débattre avec Jack le fou et défendre victorieusement l'"isleum" face à un athée mécréant.

    Tout d'abord, je reconnais tout: le mariage des petites filles, l'esclavage, tout le reste. C'est la Sunnah, point, et l'accord explicite et littéral est acquis. 

    Et alors ? 

    D'abord, l'islam sunnite est au courant de la dissonance entre la loi religieuse proclamée et les lois à mettre en oeuvre dans un gouvernement réel. Il gère. De plusieurs manières, aussi hypocrites que possibles, mais effectives et là aussi explicites: dans la mesure où les populations en cause soutiennent ou non à divers degrés les règlements en question (par exemple la polygamie), les lois en vigueur sont calculées et instaurées, dans le cadre englobant des principes sunnites mais avec les limitations propres aux traités internationaux et aussi aux opinions en vigueur, tout de même influencées par la mécréance mondialisée. C'est la démocratie ou ce qui en tient lieu dans ces pays-là, qui proclament tous, démagogie auprès de populations islamisées oblige, être "musulmans" ou "l'islam est la religion de l'Etat" (première phrase du texte de la constitution algérienne). 

    Cette ambiguïté effective et établie doit faire justice des accusations d'une ingérence obligée de l'islam dans le gouvernement des hommes et des femmes. Qui plus est, cette relation entre islam et gouvernement est travaillée dans l'histoire depuis l'origine de la civilisation musulmane (et du règlement de la question mutazilite). La séparation église/état parfaitement établie même si elle fonctionne d'une manière "spéciale" (et au combien). 

    Par conséquent, il n'y a pas dégout (ou pas de dégout à avoir) à traiter la question par exemple du mariage des petites filles: coutume qu'Allah (qui n'en avait pas grand-chose à cirer) a respecté, ou plutôt a laissé son prophète respecter, et qui peut prendre un sens (on va le voir) spirituel au sens des relations entre hommes et Dieu, question que l'islam porte et à qui il donne une solution particulière complète.

    Cette solution n'est pas chrétienne, ou "déconstruite" ou moderne en quoique ce soit. Elle assume une conception de l'humanité intrinsèquement non divine ou non divinisable (il n'y a qu'un seul dieu, et le slogan a bien des applications) et donc non pas pécheresse mais imparfaite. Par conséquent, que les lois "positives" qu'elles soient déduites des dires du prophètes ou décidées par qui que ce soit, sont incomplètes par définition et la seule loi qui vaille est celle de la soumission en absolument tout à Dieu. Comme par hasard, c'est le sens ultime du mot "islam". 

    Nous avons donc et c'est la première des choses, la conception d'un humain non pas pêcheur, mais imparfait et qui ne peut que s'"en remettre", ou s'abandonner, ou se soumettre totalement à la "chose" Dieu, absolument unique par ailleurs. 

    Le projet, et la foi en rapport est le projet musulman, et il s'accommode de son expression dans l'histoire, qui pour des raisons de réalité de la signification même du mot "religion", ne peut s'exprimer concrètement que dans une affirmation publique qui inclut, oui, l'acceptation ou la tolérance de pratiques que certains considèrent barbares, avec une nuance à noter: aucune des pratiques insupportables qui choquent tant les occidentaux n'est obligatoire, à part peut être la circoncision (qui serait donc la seule chose à discuter). La consommation du porc, ou le jeûne et les quelques autres obligations sont elles-mêmes assez bégnines pour être laissées en dehors du débat sur la barbarie. Du moins dans un premier temps. 

    Ainsi donc, on peut être musulman sunnite et ne pas avoir d'esclaves, ne pas être pédophile etc. Cela suffit bien et le propre de ce genre d'humanité est donc de bien se comporter alors qu'il n'est pas obligé de le faire. Cela tombe bien car c'est la marque des consciences supérieures de l'humanité, précisément d'ailleurs ce que revendique l'humanisme athée critique des "lois" horribles de l'islam: que l'homme se dirige lui-même.  Que demander de plus ? La prescription obligatoire n'a de valeur que cultuelle comme explicitation non sacrificielle (la chose fut inventée par les juifs, en fait) du respect divin dans toutes ou presque des circonstances de la vie. Elle est le prix à payer de la liberté de bien se comporter par ailleurs, dans tous les aspects de la vie proprement humaine.

    Pour ce qui concerne les prescriptions positives (peine de mort pour les homosexuels et les apostats), il suffit d'appliquer les lois du pays de mécréants qu'on a le malheur d'habiter, ou au pire de former les juges à trouver dans tous les cas des circonstances atténuantes évitant la punition extrême. Dans tous les cas, on peut garder la prescription divine, encore une fois, preuve de la liberté de l'homme de bien. 

    Liberté ? Et oui, malgré l'orthopraxie, le musulman est en fait assez libre, au moins autant que l'en accusaient les occidentaux au Moyen Âge, qui décrivaient les sarrazins comme débauchés. L'islam est une mystique populaire positionnant la bonté véritable hors de la prescription et donc la faisant bien plus pure que la chrétienne: il est libre de faire le bien. Cela est inscrit dans le mode de la transmission de Dieu à l'homme : via un homme qui plus est non pas le "meilleur"  mais le plus puissant au sens humain. Chef de guerre victorieux, paillard et cruel, il représente l'homme dans sa totalité historique réussie, et donc est bien plus "humain" que ne peut l'être le trop parfait Jésus fils de Dieu qui s'est amputé du sexe et de la violence. 

    Il est sûr que le prophète n'est pas un "saint" au sens occidental ou même au sens woke ! S'il est le "meilleur" c'est bien par sa réussite humaine qui lui permet AUSSI de convaincre les foules par sa sagesse (ou sa perversion). Chef de secte prédateur matériel et sexuel ? Et alors ? S'il ne l'avait pas été, tout comme Alexandre, César, Gengis Khan ou Napoléon, il se serait fait crucifier quelque part et personne n'en aurait entendu parler et plus que ceux là, il peut se réclamer du vrai Dieu, le seul qui vaille, celui qui valide et rend possible ses succès, humiliant par là même l'humanité comme il se doit. 

    Ainsi, la question de l'applicabilité barbare des accommodements d'Allah avec la vie bédouine de la grande époque en tout temps et en tout lieu ressort de ce caractère non obligatoire et renforce l'universalité de cette loi là ! Valable aujourd'hui (on n'est pas obligé et on peut s'empêcher, pour n'importe quelle raison, de violer les gamines) et AUSSI à l'époque, cette loi est diablement bonne: elle s'applique au monde moderne, et aussi au tiers monde, sans le vexer ! Cette conscience matérialisée de l'humanité souffrante EST le principe fondamental de compréhension de l'humain et de son rapport à Dieu que promeut l'islam. 

    Car là est tout le problème de ces solutions aux problèmes humains fondamentaux que l'on appelle les civilisations: comment relier l'homme charnel au divin en pensée et en réalité. 

    L'islam le fait sans le péché, ou avec une conception du péché plus large et directement liée à l'obéissance envers une entité à la foi suffisamment transcendante pour être indiscutée et suffisamment humaine dans ce qu'elle révèle être pour être crue et comprise. C'est le sens des malédictions coraniques: elles expriment à travers une révélation divine un message transcendant traduit dans les mots de l'humain. Les mots et les maux, la vraie langue de la révélation est ainsi le français (et pas l'arabe) et c'est moi qui comprends le mieux. 

    On a ainsi tout un corpus textuel qui peut et doit être compris en un degré qui n'est pas le premier ! L'islam est occulte et c'est peut-être bien le chiisme qui l'a le mieux compris ! En tout état de cause, le texte du monde est AUSSI celui des lois réfléchies par les savants musulmans et leurs textes en valent d'autres. Tout peut être interprété, non pas en changeant le sens des mots mais en y pensant avec attention avec une seule visée, celle de la foi en un inexplicable perçu, la réalité vivante du troisième monde, celui qui me fait humain, ou en tout cas suffisamment pour être soumis à ces injonctions venues d'ailleurs et qui me sont destinées par définition de moi-même.

    La "révélation", en plus incréée, de la parole divine a ainsi pour fonction de matérialiser l'impossible à travers le minimum d'expression possible, le caractère minimal de l'injonction principale étant essentiel: unicité et c'est tout, tout le reste n'étant que verbiage codé dont l'explicite est d'autant plus obligatoire qu'il est inutile. De ce point de vue, l'orthopraxie est mysticisme en fait et son caractère provocateur (la petite fille est "épousée", mais mystiquement respectée) n'est que cultuelle et symbolique. Forcément, d'ailleurs, le caractère absurde de la prescription littérale étant d'ailleurs le plus sûr indice qui soit de la nécessité du sens second. 

    Nous voilà donc au-delà de l'interprétation, et de la re-visitation, comme si tout l'islam n'était qu'un dessin de Charlie Hebdo: monstrueux mais avec de bonnes intentions. Alors Jack ? Tu te convertis ? 

     

     

  • Le Psaume

    On pourrait parler du "Psaume". 

    Ici on a le psaume 110 "dixit Dominus Domino meo", le plus populaire de tous, mis en musique par tout le monde sauf Bach.

    Les trois derniers numéros chantés, Gloria Patri , Sicut erat  et Amen (9, 10, 11) ne sont pas hébreux, mais chantés systématiquement à la fin par les catholiques bien sûr qui chantent en latin, traduction des septantes. 

    Les psaumes sont communs aux liturgies juive et chrétienne, ici on a une proclamation de puissance du roi d'Israël protégé par l'Éternel. Ce roi est David, on parle des psaumes de David, en fait le Roi Messie à venir, le Christ pour les chrétiens. 

     

    Le verset mystérieux "De torrente in via bibet propterea exaltabit caput", le dernier du psaume, qui donne lieu dans toutes les mises en musique à des chef d'oeuvre baroques merveilleux n'a pas de sens bien précis. Le chemin, les afflictions du combat, et pour finir la victoire, tête levée, en buvant à la cascade, ou bien après avoir bu. 

    Une interprétation tardive l'associe au "torrent" moyen efficace partagé de se communiquer entre amateurs non seulement les musiques concernées mais aussi n'importe quelles autres. 

     

    Vivaldi

    Le "torrent" à mon avis le plus talentueux est celui du RV 807 le troisième "Dixit Dominus" de Vivaldi avec RV 594(2) et RV 595 (3). Il ne lui fut attribué que sur le tard, en 2005, après être resté longtemps à Baldassare Galuppi. 

     


     

    Voici un RV 807 entier; par ailleurs absolument merveilleux, c'est celui d'Alarcon, orchestre de Namur. 


    (2) RV 594 https://youtu.be/aKRadU-n104

    (3) RV 595 https://youtu.be/kBLQaUbpwqw

     

    Haendel

    On ne peut bien sûr pas se passer de celui de Haendel, composé à 22 ans en 1707, à Rome. 

    Une interprétation en petit comité, incroyablement énergique est :

    C'est l'honneur de ce qu'on appelle le monde occidental que d'avoir produit de pareilles beautés, expressions triomphantes de ce qui s'assume comme le sommet de l'art. Encore un temps attaché à la célébration de la gloire de Dieu il se sépara alors de l'humble prière chantée et transporta à travers le temps le génie de ses immortels auteurs. 

  • Les réponses à Jack Le Fou

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  • Les révélations

    À propos de bien des discussions menées ou entendues, on peut réaliser que se révèle à l'occasion tout un monde avec tout l'ensemble de conséquences dramatiques à prévoir des récentes déclarations et politiques mises en oeuvre en Europe et en France à propos de l'Ukraine. 

    L'Amérique

    L'Europe est particulièrement concernée car laissée seule par une Amérique qui semble bien se retirer. Paralysée par un congrès hostile qui refuse de payer Zelinsky autant que le voudrait Biden, l'Amérique s'achemine progressivement vers son retrait de l'affaire et sa presse, loin d'être unanime se pique de plus en plus de lucidité, sans aller toutefois encore vers la célébration de ce qui pourrait être en fait un immense succès de la politique étrangère des USA: une Europe ruinée, définitivement séparée de la Russie, et cliente éternelle des hydrocarbures et armements US va prendre le relais et financer l'Ukraine afin de lui permettre de payer ses dettes ... aux USA (l'Amérique n'a rien donné et tout prêté, une affaire juteuse, je vous dis pas). 

    L'Europe

    Cette Europe avait suivi les 20 dernières années une trajectoire inverse de celle de la Russie. Acharnée à sa mondialisation et donc à la ruine de ses nations, elle s'est volontairement suicidée sur ses valeurs, ses monnaies et ses économies. Pour compenser l'échec, le toujours plus d'Europe a fait flores, au point que les pires souffrances suicidaires inutiles qu'elle s'est récemment infligé (Covid, Ukraine) n'ont eu pour objet et avantage, au dire de ses dirigeants, que de renforcer l'Union. Étonnant que la destruction volontaire de soi soit menée au nom du renforcement de sa cohésion, tout suicide (cela en a maintenant toutes les caractéristiques) ayant pour objet de se sauver, en fait.

    Le coup d'État fédéraliste du belliciste Macron n'a pas d'autre objet: il souhaite utiliser à son bénéfice un futur de Napoléon atomique, et célébrer son malaise adolescent de victime de l'emprise pédophile de la façon la plus nihiliste qui soit. Il veut envoyer des troupes, pour se les faire tuer sans doute,  pour ne pas (ou pas) déclencher une guerre atomique, et voit cela comme avantageux et nécessaire.

    La Russie

    Pendant ce temps, soumise aux terribles stress de la fin de la puissance, à l'instauration brutale du pire des libéralismes sans prospérité et surtout à l'effondrement de la moralité globale qui justifia les pires criminalités, la Russie glissa vers l'abime, se retrouvant rattrapée par les cheveux par ce qui restera un grand personnage de son histoire. La nation et la patrie, plus la grandeur et la sécurité en passant par une prospérité acceptable de plus en croissance, tout fut restauré dans un cadre autoritaire qui ne pouvait que convenir à une culture restée ce qu'elle est, et aussi à une religion "orthodoxe" remise à sa place, protégée des errements catholiques et surtout, comme depuis l'origine, attachée à l'État. 

    On a là l'essentiel des différences entre Europe et Russie, ce qui a suffi pour instaurer la guerre entre des projets en sens inverses qui se haïssent donc par nature... On peut y ajouter le mépris, il ne faut pas l'oublier, et qui n'est pas près de se réduire. Valeurs ? Idéaux ? En fait le clivage, celui des projets sociétaux et nationaux est définitif: nous ne sommes plus dans la même civilisation, effectivement, et ce qui s'appelle l'Europe aujourd'hui devra disparaitre absolument pour qu'on se rabiboche, l'Europe effective, celle de l'histoire, se devant de vomir l'infecte saloperie nommée Union Européenne pour se restaurer comme elle est, si elle y arrive, tant son abaissement, en fait consommé depuis un siècle, semble définitif. 

    L'UE-RSS doit donc, et va certainement, comme l'URSS, manger dans la misère le pain moisi des illusions débiles, du crime et de la corruption. Fasse que les Russes nous plaignent, plus qu'on ne les a plains il y a trente ans. 

    On rira au passage de la GPA et de la prostitution, grandes pourvoyeuses d'argent frais aux familles détruites par l'effondrement d'un système social et non pas caractères anthropologiques d'une race asiate, qui est en train de se venger et qui sera sans doute notre prochain client, en bitcoins... Car en parlant d'Asie, la Russie hériterait des mongols qui la dominèrent longtemps une forme anthropologique "holiste" (Jacques Sapir dixit) qui la sépare effectivement pour longtemps de l'individualisme forcené des européens de l'ouest. Les Thaïlandais aussi fournissent des putains pour s'en sortir. 

    Les 3 États 

    Pour enfoncer le clou, on parlera des trois types d'États que connait l'histoire.

    Il y a d'abord le non-État, celui des marxistes, des anarchistes, et des ultra-libéraux: l'État mauvais à limiter et à humilier. 

    Ensuite, il y a l'État progressiste, architecte, ingénieur et manipulateur des peuples: au nom de la raison, le bien doit être obtenu de force malgré la bêtise et l'obscurantisme du peuple. 

    Et puis il y a l'État conservateur des traditions, qui ne se pense que comme le continuateur de l'essence du peuple et de sa puissance à garder et à transmettre. 

    De Gaulle, comme Poutine, sont les chefs d'un État conservateur inspiré par la raison, en fait le seul État qui vaille et qui s'affirme, ce dont toute nation a besoin au moins une fois par siècle pour ne pas disparaitre. Hitler fut un anarchiste. L'Union Européenne est le modèle du progressisme, exactement l'impérialisme austro-hongrois dont il a la direction, la volonté germanique de restauration et l'impuissance éternelle. 

    Ce qu'on appelle le "management" qui inspire le monde moderne se pensant comme une machine progressiste sans conflits, fut inspiré par l'anarchisme des individus autonomes auto administrés et interchangeables. Alors que le politique, lieu de la désignation de l'ennemi est par essence assise sur le vrai vouloir qui ne peut être que celui des vieilles traditions. 

    Les anarchistes se bouffent entre eux par haine de l'autre et les progressistes se suicident de désespoir devant l'échec de leur solitude. Deux formes d'échecs pour la volonté de se passer du passé. 

    L'invasion

    On se moquera des bellicistes opposés à l'invasion ("non provoked") de l'Ukraine par la Russie, apparente origine des émois de l'Occident global révulsé par le franchissement du rhin gelé par des barbares venus de l'est. 

    Submergés par les migrants qu'ils font entrer volontairement et autoritairement aussi bien en Europe qu'aux USA, les progressistes ne voient l'invasif que dans les moeurs russophones de barbares non basanés, le bronzage de la peau valant papiers et moralités pour ceux dont ils croient qu'ils vont payer les retraites (et pourquoi pas les enterrements, tant qu'on y est ?). L'opposition et le clivage est d'autant plus rigolo que l'Ukraine chérie est déjà et va devenir à la puissance dix, une terre d'émigration, et donc d'invasion qui sera armée par-dessus le marché. L'effondrement démographique, militaire et social de ce qui restera de ces deux ans de gaspillage insensé va se répandre en Europe, qui plus est avec la haine forcenée envers ceux qui les ont trahis et aussi leurs armes légères et lourdes. De grandes compagnies d'Ukrainiens proxénètes et esclavagistes vont venir faire la loi en Europe, c'est toujours comme ça que ça se passe, les goths n'étaient que des slaves poussés par les huns. 

    Des chiffres

    On terminera par des chiffres, éloquents, et en fait à peine connus.

    D'abord par le nombre d'habitants de la Russie, même après ses conquêtes récentes: 140 millions, bien trop faible pour assumer avec en plus une démographie à problème, l'occupation de l'Europe de l'Ouest, occupation définitivement écartée par un récent rapport public de la CIA, qui contredit ainsi ce qui semble convaincre nos dirigeants et justifier leurs politiques de défense agressive contre un danger qui n'existe pas. 

    Ensuite, le prix des chars russes T 72, 6 fois moins cher à l'unité qu'un char Léopard de dernière génération, tout comme le prix des obus de 152,  10 fois moins cher à l'unité que l'obus de 155, le rapport des prix valant le rapport des feux. 

    Et puis le nombre: la Russie produit par an 3 fois plus d'obus que les USA envisagent d'en produire par an dans deux ans. En 2024, la production russe de munitions, plus les fournitures nord coréennes excèderont très largement (d'un facteur 3 ) tout ce que les USA et l'Europe réunis pourront fournir ou fabriquer. 

    Pour finir, un no d'article c'est l'article 5 de l'OTAN qui engage l'ensemble de ses membres à prendre fait et cause pour l'un de ses membres agressé. Il se trouve que les accords de sécurité passés entre chacun des membres de l'OTAN, en tout la France, l'Italie, l'Allemagne et bien d'autres. Cela signifie-t-il que pour ces pays, l'article 5 ne s'applique plus, l'intervention d'un pays en Ukraine dans le cadre d'un accord de sécurité bilatéral ne pouvant engager les autres pays?  Si la présence de troupes françaises sur le sol ukrainien en vertu de cet accord se traduit par des dommages reçus de la Russie, l'OTAN pourra-t-il se voir invoquer l'article 5 ? C'est toute la question, et il se pourrait que non, les USA pouvant ne pas se sentir engagés à déclencher une guerre nucléaire généralisée du simple fait qu'un petit trou du cul de français se serait fait tuer une centaine de pauvres bidasses engagés sans nécessité.  

  • Les accords de libre échange

    Disposant de sources d'information variées, on peut et doit se faire un avis sur des points discutés, centraux pour nos pays et en plus essentiels à l'Occident global dans un monde qui se fracture. Faut-il ratifier le CETA ? Ah le beau débat. 

    POUR

    En faveur de la chose, la ratification, le fait qu'expérimenté depuis 7 ans (il est appliqué depuis 2017, et fut ratifié par l'assemblée nationale en 2019) il a effectivement accru nos exportations dans les filières concernées dont les fromages, les vins et les pruneaux d'Agen, mais pas que. Comme le prévoit à raison la théorie économique, le libre échange accroit les exportations des filières dans lesquelles on se spécialise et profite globalement aux économies. 

    On est là dans le dogme vérifié de la prospérité économique partagée dans la liberté, essence supra naturelle du monde civilisé inventé en Europe il y a deux siècles et demi, et théorisé avec talent par David Ricardo. 

    Bien sûr, il y a d'autres arguments: la viande dont on se plaint (on va en parler) n'a pas été importée en Europe pendant l'expérimentation. Les accords autorisaient pourtant 100 fois plus d'exportations canadiennes (2%  des quotas de viande, soit 1000 tonnes furent utilisés par le Canada). À croire que ce boeuf là n'est pas rentable... Notons qu'il y a aussi la viande de porc, avec obligation au Canada de les produire selon certaines normes européennes. Notons tout de suite que l'utilisation des antibiotiques et des OGM pour l'alimentation du bétail, sans parler (horreur) des farines animales, réglementée voire interdite en Europe, ne l'est pas au Canada, leur boeuf importé n'a pas le même traitement, et pourrait donc être moins cher: chic ! Mon steak va baisser. 

    Et puis, il y a une partie essentielle, qui est l'instauration d'un cour de justice liée au traité, destinée à résoudre les différents commerciaux et les manquements aux accords. Juges et procédure, tout est détaillé et aboutit à une justice extra-territoriale destinée à protéger les commerçants internationaux contre les errements des pays signataires, contraints quel que soient leurs changements politiques, de respecter ce qui fut signé. Pacta sunt servanda.  

    Unis et unanimes, bien des responsables économiques plaident de manière véhémente pour l'accord avec le Canada, mettant en avant les avantages considérables qu'en tirent d'autres filières, dans les services et l'industrie, et cela, il est vrai que c'est manifeste, sans désavantage criant en défaveur de l'agriculture, au contraire, on vient de le voir. 

    L'inquiétude

    Car le premier soupçon est bien sûr là, et les manifestations récentes d'agriculteurs partout en Europe l'ont montré, ils ont une vraie inquiétude, qu'on peut justifier par ailleurs: l'Union Européenne a bien pour projet de réduire globalement son activité agricole intensive au profit des services et de l'industrie en négociant à travers le monde sa spécialisation grace à des traités de libre échange favorisant l'important de produits agricoles. C'est l'objet en particulier du MERCOSUR, qui lui n'attend qu'un feu vert pour faire déferler de la bidoche piquousée à travers l'atlantique, ce qui devrait réduire considérablement les productions bovines européennes destinées à se cantonner au veau peigné à la main sous sa maman et au boeuf de kobé-sur-seine, élevé au son des quatres saisons de vivaldi et vendu la peau du cul aux gastronomes. 

    Réduction des subventions à un secteur déjà sinistré, et surtout déjà écrasé par les normes insensées imposées par les adeptes du néo végétarianisme woke qui règnent partout, encouragés démagogiquement par les très corrompus hiérarques bruxellois, persuadés qu'ils vont sauver la planète en faisant que, moins nombreuses nos vaches pètent moins au total. 

    Faudra-t-il que l'on ratifie le CETA, pour que subitement, et avant le Mercosur honni, la bidoche frelatée nous bombarde? Cela aura été prévu, en tout cas et la simple mention des quotas négociés rendra la chose possible.

    La chose est d'autant plus nette que le bénéficiaire industriel européen principal de ces accords est l'Allemagne: le "lobby toto" boche avec ses bagnoles et tout ce qui va avec est exportateur structurel et veut s'étendre à tout prix. En bout de course en Chine où il commence à se faire remplacer, il veut absolument s'installer dans les amériques avant qu'il ne soit trop tard. Inutile de dire que les évènement gaziers récents renforcent la nécessité de la chose... 

    Contre

    On reprendra l'inquiétude, et on se posera la question sur le marché mondial de la viande, dont certains hiérarques français veulent nous faire croire que nous en serons en Chine les cadors. Quelle réalité?  Et suivant quels avantages compétitifs, alors que nous avons ruiné à coup de normes, comme indiqué, toute velléité de le rendre aussi rentable que ceux de nos vrais concurrents américains, disposant de grands espaces, de maïs ogm et de médicaments faisant grossir les bêtes dont ils usent sans limites ? 

    Le projet européen est végétarien, point final. Nous devons nous préparer après l'interdiction logique à venir (ou pas) de la viande impure de nos concurrents, à bouffer des insectes, et de toute façon la viande DOIT être importée. 

    On sera donc contre les quotas de bidoche: no meat. Cela devrait simplifier les accords et par voie de conséquence, tuer le Mercosur, à moins que la lâcheté de Macron devant ses agriculteurs ne soit qu'une fausse promesse, la France ne pouvant s'opposer à la signature de ces accords, décidés à la majorité en Europe, sans veto possible. La question de l'absence des "clauses miroir", garant évident de la compétitivité sud américaine et principale justification de sa signature ferait débat ? Ben voyons ! Car le problème est ailleurs en fait et l'Allemagne tient beaucoup à l'accord en question(elle a des trucs à fourguer en retour)  et on peut être certain que la discussion est loin d'être finie. 

    On avancera pourtant d'autres arguments.

    D'abord qu'on devrait échanger sur des marchés mondiaux à organiser, et cela sur la base de différenciations minimes, comme pour le pétrole (les pétroles ont plusieurs qualités). Les accords de libre échange basés sur des échanges truqués sacrifiant des pans entiers de l'activité de certains pays au bénéfice d'autres sont des monuments de corruptions complexes et sont des monstres invivables. Qui plus est, comme par hasard ils portent sur des produits qui ne sont pas différenciés et qui ne sont tout simplement pas concurrents: une fois acceptées dans le grand hachoir à burgers qu'est la boucherie industrialisée, ces viandes n'ont plus qu'une seule origine: celle du pays dont les règlementations sanitaires sont les plus inexistantes. Point de pétrole lourd qu'on raffine habilement: un seul flot liquide de bidoche toxique. 

    Il n'y a pas de marché mondial de la viande, et les réglementations locales en ces matières ne peuvent être contournées, justes relâchées quand trop absurdes, c'est comme ça depuis toujours. Par contre, il y a un marché mondial du blé, qui veut l'inclure dans des accords de marchands de tapis entre corrompus véreux ? 

    Car les juridictions internationales associées à ces types de traité, laissant entendre et comprendre que la liberté des échanges pourrait et devrait être régulée par des institutions auxquelles les États seraient liés. Dans le principe, hors le projet d'instituer des gouvernements mondialisés, ce type d'institutions ne peut avoir de réalité acceptable. Jamais le libre échange, hors le respect des juridictions LOCALES n'a eu vocation à instituer de tels empires, dont l'histoire montre qu'ils ne sont que le faux nez d'intérêts globaux cachés qui cherchent à se soustraire à tout contrôle démocratique, mettant ainsi fondamentalement en cause les droits des peuples. Habituer les pays développés à se lier à de telles entraves pour mieux inciter le monde sous-développé à s'y astreindre à son tour est une illusion, un mensonge et une prédation, et le clivage actuel du monde signera à coup sûr la fin de telles chimères. 

    Quel droit international empêchera que soit simplement mentionné la possibilité de confisquer 300 milliards de dollars à un producteur de pétrole de la taille de la Russie? Ce droit manifestement pourri et dégénéré vient de cesser d'avoir une réalité et le monde s'est clivé, rompant avec la séculaire domination d'une monnaie unique dont l'hypocrisie de son pouvoir vient de se révéler... 

    En bref, le droit "international" est un projet post-libéral daté qui est en train de s'essouffler, voire de disparaitre. Ce fut celui de la grande mondialisation du début du XXIème siècle, et il atteint ses limites: les États ne peuvent se soumettre à de telles rigidités et si libéralisme il doit y avoir, il ne pourra être que dans la liberté... 

     

    P.S. La ratification du traité est refusée au Sénat le 21 mars. J'ai été convaincant... 

  • Les viols

    Le viol n'est pas toujours violent, voire en fait pas violent la plupart du temps, et c'est tout le problème (1).

    Il est défini en France comme un acte sexuel commis par "menace, violence, contrainte, surprise". 

    On commencera par l'acte sexuel qui n'inclut la contrainte bucco génitale dans les deux acceptions que depuis 2021, mais aussi la personne de l'auteur (en l'occurrence de l'autrice) depuis 2018 (loi "Schiappa"), la pénétration anale, et également l'usage d'instruments ou des doigts dans un contexte sexualisé. 

    Il faut aussi apporter la preuve du non-consentement de la victime, ce qui n'est plus nécessaire pour les victimes de 15 ans (au plus, le "au plus" étant facultatif), pour manifester la nature de l'acte (mvcs). 

    Cette question du consentement supposé de la victime avait permis à la justice espagnole de qualifier d'abus sexuel et non de viol un viol collectif manifeste lors de fêtes à Pampelune, ce qui avait causé une révolte dans le pays, qui a depuis adopté une loi introduisant le consentement nécessaire pour tout acte sexuel non qualifiable de viol, son absence ne pouvant plus être invoquée, bien sûr (2).

    On distinguera là-dessus les arguments de principe et les arguments dits "quantitatifs". En effet, si l'on compare les nombres d'accusations injustifiées de viol et celui de libérations injustifiées de violeurs, on pourrait sur la foi d'estimations favoriser un critère plutôt qu'un autre et considérer que la dérive évidente de la loi espagnole (apporter la preuve du consentement peut être difficile, et aussi le qualificatif de "viol" pouvant être renversé, le violeur se déclarant obligé par exemple) n'est qu'insuffisamment fréquente pour empêcher le gain social qu'apporte une forte réduction (elle aussi à prouver) de l'impunité de criminels avérés. Si les cas flagrants d'injustices causés par des lois mal faites sont équivalents et peu nombreux, on pourrait parler de la question de principe, pour certaines, aussi importante que le reste... 

    On pourrait aussi indiquer que les juges disposant de libertés, pourraient aussi être engagés dans ces appréciations. Ils peuvent être en effet violeurs eux-mêmes et indulgents envers leurs semblables quitte à tordre les lois pour juger de façon inacceptable, ou bien au contraire être partisans de la réforme au point de faire des exemples en tordant les lois de la même manière afin de démontrer leurs nocivités et donc provoquer à la réforme. 

    Revenons aux principes. Il s'agit de la contractualisation de l'exercice masculin du sociétal, voire de la totalité de ses activités relationnelles, le contrôle exclusif de celles-ci revenant aux individus de sexe féminin, en charge légalisé de décider entièrement de la pénétration, de l'avortement, et de la naissance. La totalité de ce qui est en rapport avec l'engendrement est donc maintenant en la possession exclusive des femmes, les 3 droits devant (et ils le seront, on peut en être sûr) être inscrits dans la constitution à court ou moyen terme. 

    Refusé par la France en février (Dupont Moretti ne voulait pas d'une contractualisation de la sexualité) et accepté par Macron devant des femme-inistes, la question du consentement n'est pas consensuelle, même si le consensus en question semble obligé à notre époque. On remarquera que l'exagération dans l'attribution de la responsabilité de la reproduction de l'espèce aux femmes s'accompagne aussi d'une baisse sensible de la natalité, comme si la chose intéressait moins... Phénomènes causés ou simultanés, voilà la question. 

    En tout cas, on pourrait imaginer que l'asymétrie entre les sexes du droit à l'avortement aurait dû suffire à exclure son introduction dans la constitution comme futile, inutile et inesthétique modification de ce qui ne doit être modifié que la main tremblante. La futilité de la chose que mon machisme voudrait encore accentuer et cela le plus possible tient bien sûr au fait qu'une nouvelle constitution réécrite depuis zéro pourra aisément se débarrasser de la scorie, en plus du principe de précaution et de la soumission aux traités européens avec le droit au RIC, réforme fondamentale introduisant le droit du peuple à se gouverner, et donc pourquoi pas, avec la baisse démographique en cours, le droit d'interdire la funeste pratique, tout enfant non voulu pouvant être adopté dans le luxe et l'anonymat par l'État ou les particuliers. 

    Et puis il y a le précédent, il y en a eu d'autres au demeurant,  de la soumission au dictat de la bienpensance, le vieux sénateur macho persécuté par ses filles et sa femme n'ayant pu imposer au sexe faible le sentiment que les hommes s'échangent tous entre eux à voir leurs égales reconnues depuis longtemps dériver dans le "féminin",  une forme de connerie (le mot a un sens) lamentable consistant pour les porteuses de mamelles à automatiquement faire état d'une opinion marquée sans discussion possible au nom de la "position" de son sexe dans un dispositif culturel incommunicable aux hommes et aux chiens. Les haussements d'épaules et les coups de sourcils complices s'échangent dans le silence des agneaux, seules quelques vieilles lesbiennes madrées comprenant ce langage. 

    Car l'avortement reste un massacre sanitaire et moral scandaleux alors que la contraception bien moins traumatisante est disponible, sans parler des préservatifs recommandés à la liberté sexuelle, maladies variées oblige... 

     

    (1) https://www.village-justice.com/articles/apres-loi-avril-2021-une-nouvelle-definition-viol,41765.html

    (2) https://www.huffingtonpost.fr/life/article/pourquoi-la-loi-espagnole-sur-le-viol-et-le-consentement-devrait-inspirer-la-france_206980.html

  • Les Après

    À l'occasion d'un face-à-face (on regarda youtube) désespéré mais largement justifié avec une géopoliticienne attristée (1), on s'est pris à devenir macroniste. En voulant sortir de l'abrutissement tétanisé général, l'incompréhension étant totale devant ça qui se vautre dans la sidération, se déterminant à voter comme un seul homme, seul 99 contre à ce vote affreux, qui sanctifie l'absurde total d'un accord de sécurité avec un pays en guerre. La représentation nationale a donc enfin été consultée, consultativement (le vote n'était qu'occasion de connivence) et en plus était d'accord... 

    L'évacuation

    L'Amérique devrait pourtant en novembre prochain (peut être même avant) évacuer l'Ukraine comme l'Afghanistan, Trump l'ayant promis et se déclarant évidemment contre les turbulents fanatiques américains, en désaccord avec une aile réaliste qui se veut au moins gérer l'inéluctable défaite ukrainienne. Le fait est de plus que les objectifs essentiels de l'État profond sont atteints, l'Europe définitivement déconnectée de la Russie perd toute autonomie industrielle possible, et se trouve attachée énergétiquement (pour se chauffer) au schiste américain. Game over, le ride fut fructueux. 

     

    Macron prend la main

    Serait-ce une opportunité pour l'Europe plutôt qu'un asservissement définitif ? On peut (et doit) imaginer un Macron omniscient et visionnaire, conscient des terribles faiblesses d'une Amérique paniquée au point de tuer ses alliés, les rendant tellement faibles qu'ils ne pourront que se relever enfin. Macron a donc décidé de réindustrialiser la France en passant en économie de guerre, seul moyen d'imposer baisse de salaires, 3X8 pour la patrie et austérité généralisée, la chose, l'abaissement économique et financier extrême, résultat obligé de son incapacité, devenant moyen de sa gloire future. 

    Un tel pessimisme, qui se transmute en fait en optimisme fou, acte donc de l'effondrement du niveau de vie nécessaire qu'on prévoyait d'ailleurs depuis longtemps et qui est le résultat en fait du déni et de la tentative forcée de le prolonger, et sera utilisé comme moyen pour continuer de jouer en ayant quelque chose à dire. Une sorte de fuite en avant obligée que la Nation ne pourra pas refuser, car seul moyen de prendre en compte ce qu'il faut bien appeler le réel et que l'on voit et pressent, c'est la terrible angoisse française actuelle. 

    Celle-ci serait donc transformée en saine agressivité contre le coupable de la souffrance, c'est Tatale qui l'a dit avant son magnifique "slava ukraini" prononcé hélas avec un manque de virilité incompatible avec la grandiloquence de ses propos évoquant le 18 juin 40: si la Russie gagne, nous aurons de l'inflation et des difficultés énergétiques. Presque dans les temps... 

    La vengeance de Poutine

    Galactéros est bien ringarde avec sa paix. Croit-elle que la soumission à la Russie rétablira quoi que ce soit? Poutine vainqueur ne se vengera pas mais imposera sa vengeance, qui sera la poursuite du constat d'abaissement de l'Europe, mais à son avantage, la Russie doublant l'Europe et devenant effectivement le numéro un mondial des matières premières ET agricoles, plus une puissance industrielle de premier plan qui pourrait bien, cela semble tellement nécessaire que c'est écrit, s'allier enfin avec l'Inde, le cauchemar contre lequel l'Angleterre s'est tellement battue (et se bat encore) devenant enfin réalité.  L'axe du monde futur face à une Chine qui sera toujours isolée et vieillissante est là: l'Amérique devrait continuer à s'effondrer, l'Europe réduite à rien finissant de se faire absorber par l'Afrique, avec tout ce que cela peut signifier. 

    Le jeu belliciste

    Face à cet inéluctable, la faiblesse française et européenne ne pourra être qu'un ralentisseur, et adversaire obligée de la Russie, prête à toutes les compromissions, ce qui ne pourra que profiter à la caste des riches et des hauts fonctionnaires qui s'est déjà positionnée pour tirer profit de la situation, le renoncement à faire quoique ce soit avec un peuple en remplacement étant effectif. Le jeu belliciste est donc "gagnant" et donc en fait nécessaire, compte tenu des circonstances. Le renoncement à la cohérence langagière, vu comme marque d'habileté est maintenant valorisant et marque de l'ésotérisme avec lequel on gère la caste des retraités, qui de toute façon va disparaitre, il suffira d'une nouvelle épidémie bien gérée, on en a la preuve, pour vider le stock et puis l'euthanasie officielle sera là, on y aura travaillé. 

    On aura remarqué en la matière la "désignation de l'ennemi", entièrement de notre fait, et qui renverse le faux constat de la naïveté occidentale qui n'aurait pas compris que l'islamisme qu'elle cherche à séduire avec la laïcité libérale la désignait comme ennemi sans qu'elle ne le comprenne. L'ennemi c'est donc la Russie, même si celle-ci ne nous voulait pas de mal... 

    Il va donc falloir que "Poutine" tire la leçon du bellicisme qu'il a en face. Je suis votre ennemi ? Ah bon ! Et bien je vais le devenir vraiment. D'ailleurs il a commencé, et Macron a donc raison, encore une fois. Cet externalisation de sa propre menace est par ailleurs matérialiable de plusieurs façons. Il y a d'abord les fameuses "troupes au sol" dont le massacre à la bombe planante ne ferait que consommer une humiliation effective, le guignol ne pouvant décemment en déduire que ses intérêts vitaux ont été compromis, tout au plus que cela lui donne raison, et qu'on peut donc poursuivre plus avant une politique "guerrière" à son avantage.

    L'Europe sans l'OTAN

    Une autre possibilité, plus complexe, entérine l'observé, c'est-à-dire la succession d'"accords de sécurité" avec l'Ukraine que passent en ordre séparé les membres européens de l'OTAN sans y mêler l'état major de l'OTAN, américain et donc nucléarisé, donc un peu plus responsable. Il s'agirait de faire décoller (ou mieux, atterrir) depuis des pays voisins de l'Ukraine les fameux avions F16 à venir, armés de missiles installés par des techniciens non ukrainiens (ou récemment naturalisés). De quoi tenter les Russes de frapper sur ces territoires au nom d'une cobelligérance qui ne serait pas attribuée à l'OTAN, et cela ni par les Russes (qui l'expliciteraient) ni bien sûr par les Américains (qui considéreraient les accords de sécurité comme n'engageant pas l'OTAN, cela de par les règles même de l'organisation). 

    On se retrouve alors dans la même situation que plus haut, l'humiliation entrainant un raidissement à l'avantage des politiques de "fuite" d'une Union Européenne aux abois qui trouvera dans l'affaire des raisons de plus de s'unir davantage, et cela sans risque aucun de guerre nucléaire, je dirais bien sûr. De plus, la situation mettrait cette fois la Russie dans une position effective désavantageuse, car agir hors du territoire des opérations empiète sur les intérêts de pays dont la France avait assuré (au moins en parole) son assistance de puissance nucléaire étendant sa protection au-delà de ses propres frontières. De quoi chatouiller une incertitude stratégique qui pourrait autoriser la France et ses alliés européens, mais pas l'OTAN, à détruire le pont de Kerch avec des avions porteurs de missiles Taurus, comme l'évoquait la conversation entre militaires allemands révélée par les Russes. Une fois ceci fait, la Russie serait-elle vraiment en position de frapper la Pologne, la France ou l'Allemagne ? Le bellicisme affirmé d'un Nicolas Tenzer ou du Général Yakovleff serait compatible avec une agressivité de cette sorte, les Taurus allemands pouvant être lancés depuis des F16 ukrainiens décollant de Pologne, ou même pourquoi pas par des rafales français partis de Roumanie. Détruit-on le monde pour un simple pont ? 

    Évidemment, les Russes ont les Kinjal et ceux-ci pourraient avec des charges conventionnelles détruire une usine de Taurus sur le territoire allemand, mais pas une base aérienne sur le territoire français ( la chose étant réservée pour le coup d'après). La France utilisera-t-elle son parapluie nucléaire pour sanctionner une revanche mesurée à l'égard d'un simple pont qui ne concernait après tout que le bellicisme germanique ? Là, le jeu redevient à l'avantage de la Russie... Le calcul macroniste a-t-il des arguments pour considérer cette étape de l'escalade comme impossible ? 

    C'était sérieux ? 

    On conclura donc en remarquant que l'absurdité a sa cohérence et que sa dénonciation aussi: tout se passe comme si les choses étaient vraiment, non pas des velléités inconscientes en erreur mais des volontés exprimées et poursuivies. On fera remarquer aussi que compte tenu des perceptions de la chose (inexistantes, je suis le seul à y voir clair), les choses vont donc s'accomplir sans qu'à aucun moment puisse advenir une réaction violente effective avec révolution, décapitation de brigitte et instauration du vrai pouvoir anarchique des gangs, comme en Haïti. Tout au plus quelques militaires ronchons pourraient se mettre à évoquer une destitution du pantin et de sa grand-mère, les choses devenant dangereuses, mais cela n'est encore que plaisanterie.

    On finira (on en finit plus) en évoquant l'audience de Cyril Hannouna devant la représentation nationale, toutes les fines allusions des députés intéressés par le sujet tournant autour des 3 millions d'euros infligés à Bolloré pour les insultes (bouffon, tocard) lancées à un député venu faire le buzz, le même qui traita le ministre de l'intérieur d'assassin... Que le parlement français, du fait de ses lois débiles d'encadrement de la technologie dépassée qu'est la TNT puisse s'abaisser à comptabiliser les saillies d'un bateleur vulgaire montre son niveau d'abaissement sachant que les plus virulents des détracteurs d'Hannouna sont précisément ceux qui ont transformé le parlement lui-même en grotesque émission de téléréalité. 

    (1) Caroline Galactéros, 12 Mars 2024 https://www.youtube.com/watch?v=71SwJmYBWz8

  • Les Âmes

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  • Les passions historiques

    Le mot "passion" s'applique à la passion du Christ, mais aussi à la collection des timbres, sans parler de la passion, ou plutôt "des" passions religieuses, toutes confondues et distinguées. 

    On voudra ici voir le monde actuel à cette lumière-là, tenaillé que je suis par l'immense désarroi de voir ma civilisation occidentale déraisonner complètement et en même temps, s'effondrer brutalement.

    Le jugement est celui que l'on veut porter sur Israël en lutte contre les palestiniens. On parle de l'erreur de son gouvernement à droite depuis 30 ans, de son premier ministre réélu plusieurs fois, de ses colons criminels dont les voix forment le pivot de la démocratie israélienne, de son apartheid pour décrire la situation des non citoyens, de son génocide pour décrire des opérations militaires instrumentalisées pour cela, et aussi des "Palestinens" pour décrire l'une des factions qui les représentent, parlant de tout sauf d'un "État", car pilotés par des fanatiques religieux, expression de la forme active de l'islam politique international, les frères musulmans, sans parler d'une solution à deux États dont absolument personne ne veut, et surtout pas la faction citée dont le seul objectif est la destruction de l'État d'Israël.

    Derrière ce qui pourrait être décrit comme un malentendu global, doux euphémisme, il y a une réalité qui n'est pas évoquée, et pour cause, elle dépasse conceptuellement l'occidental moyen, cet être rabougri et stupide, qui groupé en masses consommantes ne peut faire l'objet que de campagnes de communication à son niveau d'appréciation: la passion religieuse est à l'oeuvre et déverse sa lave surgie des profondeurs sous les yeux ébahis de dormeurs ignorants. 

    Cette passion est elle absente de l'ouest du monde ? Pas tout à fait, et au combien, on va le voir. 

    Au Moyen-Orient, les volcans sont deux. Le Juif d'abord, rallumé pour la création de l'État d'Israël et de son développement dans l'adversité, avec un moteur assez cylindré, en gros celui qui anima la création première du royaume Hébreu sur ces mêmes terres. Le Musulman ensuite, qui fut dès l'origine en compétition d'amour/haine avec le judaïsme dont il prit le monothéisme et l'orthopraxie tout en le haïssant d'emblée de ne pas s'être soumis. La mosquée d'Omar fut construite dans les tout premiers temps à Jérusalem, lieu du voyage céleste du prophète, on ne peut pas faire plus originel et plus concurrentiel. L'islam est édifié sur la soumission nécessaire du juif. 

    La confrontation des deux volontés, folies et passions est conflictuelle par essence, par nature et par nécessité. Imaginer une "solution" à cela hors le refroidissement hybridé des deux laves après lent endormissement des deux volcans est une naïveté. 

    Pour l'instant, ce qui se déroule est la violence des tentatives de détournement des flots visqueux bouillants. En banaliser au nom du droit international le caractère tragique est une naïveté et une ignorance. Surtout que l'aveuglement en forme de déni d'un drame relativement comparable qui se termine doucement à quelques kilomètres est patent: le chiisme résiduel alaouite se confronta dix ans avec un terrorisme sunnite financé par le golfe au nom du marquage à la culotte de l'Iran. La fitna originelle de l'islam, qui ne devait rien à l'antisémitisme, ni à la résistance palestinienne, occupa les gens un certain temps, et les traces laissées, braises jamais éteintes, sont toujours là. 

    Reprochez sans trêve aux musulmans échoués en Europe leur déni et leur silence sur le prodigieux massacre d'arabes commis en Syrie sur des civils de toute obédience: ils s'en foutent. Parlez-leur des luttes territoriales menées aux confins de l'Irak et de la Syrie par des mouvements islamistes directement inspirés par le plus strict respect de la pureté originelle de l'islam: ils s'en branlent. Parlez-leur des Yézidis massacrés par Daech, ils rigolent; des Kurdes massacrés par les Turcs, ils vous regardent éberlués. 

    Avoir la moindre naïveté sur l'ampleur des dénis manipulés qui maintenant ronge l'Occident abruti tétanisé par son invasion en cours est impardonnable et on a fait le tour. 

    Un souhait et une espérance: que l'armée israélienne, à n'importe quel prix, je dis bien à n'importe quel prix, écrase et détruise l'organisation militaire du Hamas, puis négocie un statu quo pacifique avec ce qui restera d'autorité palestinienne assez corrompue pour se taire face au réel d'une reconstruction qui prendra du temps. La seule chose à faire: laisser la lave refroidir. 

    On n'a pas tout dit, cependant. Alors que la passion religieuse moteur de l'histoire, motiva les puritains à quitter l'Angleterre, et joua son rôle en Amérique du sud, tant celle des Aztèques dégouta les espagnols, sans parler de l'obstination qui poussa les jésuites à faire des hommes nouveaux, et aussi des prêtres à tout convertir; regardez le résultat... Les passions chrétiennes subvertirent l'Amérique en gros, et aussi une partie du moyen orient, et cela sous l'orbe musulmane, qui plus est... Il n'en reste plus grand-chose, sauf l'étrange passion qui pousse le pape lui même à encourager la submersion: mais pourquoi diable ne réalise-t-il pas que c'est sa mort qu'il promeut ? 

    Mais l'autre aspect est bien sur le woke, nouveau christianisme, nouveau transhumanisme: il ne s'agit plus de voir Dieu mais bien de le devenir, en abolissant les sexes et aussi les races (surtout la blanche, seule à troubler la fête), le ver est dans le fruit, et les persécutions ne seront pas efficaces, bien au contraire... Cette passion là déferle, et la guerre en Ukraine en est le premier vrai symptôme: c'est bien pour devenir "européen" c'est à dire woke, que le peuple d'Ukraine s'arrache au monde orthodoxe et se trouve prêt à mourir en martyr pour cela. C'est au nom de la nouvelle foi que l'Europe se ruine, concurrençant la dévotion morbide de son nouveau captif, qu'elle doit finir par aider: le parlement français en a décidé ainsi. 

    On ne peut rien faire contre la lave. 

  • Les immigrations

    Il faut bien s'y résoudre, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être. Inquiets de l'immigration, et majoritairement hostiles à ce phénomène déstabilisant, l'opinion parait complètement ignorante des politiques mises en oeuvre au niveau national et international, des motivations des dirigeants à part ce qu'on voit, et (on en voit des belles), des conséquences effectives de tout cela. 

    Disons-le clairement: du fait d'une volonté affirmée et mise en oeuvre de et par nos dirigeants nationaux et européens, les flux migratoires entrants, majoritairement en provenance d'Afrique, sont à leurs plus hauts niveaux historiques. Une invasion est organisée et délibérément facilitée (2).

    On commencera par ce qui initie le ride, et qui est l'engagement au R.N. du démissionnaire directeur de Frontex: l'arrivée de Van der Leyen à la direction de la Commission européenne fin 2019 se traduisit par l'interdiction effective du "push back" des migrants arrivants, qu'ils viennent de mer ou de terre. La surveillance des frontières européennes a pour vocation d'accueillir, pas de repousser. En butte à une politique délibérée et assumée, il fut poussé à la démission, le gouvernement français ne souhaitant pas s'oppose à une politique assumée, dont l'intention est claire: les flux migratoires sont nécessaires à l'économie de la zone euro, contribuent à son PIB et à ses retraites dans le cadre d'une démographie globalement faible dont on ne veut pas subir les inconvénients en matière de croissance économique à terme, sachant que l'affaire est déjà globalement pliée pour les grands pays européens, le dernier des fondateurs, la France rejoignant progressivement le peloton de queue d'une Europe qui s'oublie (Allemagne, Italie, Espagne sont en dessous de 1,5 enfants par femme, moyenne européenne). 

    Il faut savoir en effet que la zone euro est censée être en croissance, au moins en principe comparable à celle des autres zones du globe, les volumes en augmentation compensant les taux plus faibles. Cette croissance devant être encouragée, on suppose l'immigration politique de long terme, on a les visions loin qu'on peut et surtout qu'on doit. 

    On a vu Frontex, on doit savoir que les flux venant des Canaries, du Maroc, de Libye, de Tunisie, de Turquie sont établis et performants, les migrations illégales chariant aussi Afghans, et asiatiques centraux avec une nette augmentation des sub-sahariens. 

    Les politiques menées consistent à introduire du procédural et du bureaucratique pour démanteler toute mise en oeuvre des moyens de franchissement des frontières qu'elles soient extérieures ou bien sur intérieures à l'Union Européenne. 

    Interrogé, un directeur du PAF (Police aux frontières) de 2017 à 2022.

    Considérez-vous que les effectifs de la PAF sont aujourd’hui satisfaisants au regard de la situation migratoire de la France ?

    Fernand Gontier : Comme disait un ancien ministre de l’Intérieur, poser la question c’est y répondre.

    Qui énumère, exhaustif, les 32 causes d'échec d'un reconduite d'un migrant entré illégalement, dont le "défaut d'interprète" et le rigolo "refus de communication de sa nationalité". 

    Progressive mais effiace et sans interruption la submersion avance, et les vagues de l'océan recouvrent le sable, où des visages s'effacent peu à peu. Il faut savoir que c'est voulu. 

    (1) https://observatoire-immigration.fr/entretien-avec-lex-directeur-central-de-la-paf-2017-2022-fernand-gontier-quels-controles-aux-frontieres/

    (2) https://observatoire-immigration.fr/immigration-2023/

  • Les éternités du monde

    Illustration.

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  • Les hommes et les femmes

    Phénomène mondial reconnu présent dans toutes les sociétés, même en Afghanistan (héhé) la scandaleuse différence entre les salaires versés aux hommes et aux femmes ne lasse pas les progressistes de s'en plaindre, excitant au-delà du possible leurs projets de réforme de ... l'anthropologie humaine. 

    Élément clé de la revendication transhumaniste en regard, la plainte et ses solutions à appliquer enfin (non mais dit donc) font furher partout et la journée de la femme est l'occasion annuelle de répéter le mantra en plus naturellement du nombre scandaleusement (tout autant) élevé de main aux fesses mises chaque seconde, euh je voulais parler des féminicides, meurtres d'êtres humains dont le sexe qu'on doit laisser passer en premier est la caractéristique essentielle. On pourrait ajouter que le nombre de mains aux fesses mises aux hommes est très inférieur et que le nombre de meurtres d'hommes, lui, est très supérieur, mais cela ne change rien... 

    (On a bien le droit de se défouler un peu, non?). 

    On rappellera pourtant que du fait de la nature sexuée de l'espèce, d'une part, il y a bien division sexuelle de l'humanité, d'autre part, la partie femelle porteuse physiquement des enfants est la plus susceptible de s'occuper au jour le jour de l'enfant en bas âge, nécessitant (c'est l'altricialité de l'espèce) des soins prolongés favorisant par nature la carrière au demeurant par là même utile de la partie mâle.

    Cette bébête explication ne convient pas à certaines. 

    Y rajouter qu'il y a des lois sur le principe du salaire égal/travail égal, principe établi et évidemment appliqué dans tous les fonctionnariats et entreprises organisées, sans parler dans bien d'autres lieux, et que c'est précisément parce que les travaux salariables ne sont pas les mêmes que les salaires sont en regard, ne change rien à la révolte, et il se pourrait même que cela l'accentue... 

    Les différences de constitution cervicales entre les sexes, minimes mais réelles au demeurant ne peuvent inclure ce furoncle car il est présent par ailleurs chez certains hommes: il s'agit du furoncle de la connerie. 

     

  • Les averroistes

    Averroès, qui nomme un lycée frère musulman que l'Etat ne veut plus financer pour suspicion de bigoterie séparatiste, est un philosophe occidental essentiel du Moyen Âge latin, qui bien que musulman et grand cadi de Cordoue (au sommet de la hiérarchie judiciaire) n'eut aucune postérité en Islam (avec un grand I, la civilisation). Il y fut considéré comme hérétique et complètement oublié et interdit. 

    Son oeuvre est formée de traductions et de commentaires d'Aristote et aussi de théories qui lui sont propres, marquées de l'appellation infamante en islam de "falasifa", c'est-à-dire de tout ce que sa postérité de ce côté-là du savoir a détesté et conspué et surtout interdit et oublié. 

    La philosophie islamique

    Les choses sont en fait plus compliquées que cela, et la position de Renan,

    "La philosophie arabe offre l’exemple à peu près unique d’une haute culture supprimée instantanément sans laisser de traces"

    est contrebalancée par Henri Corbin qui fait redémarrer la philosophie dans l'Islam à partir des "théosophies" iraniennes, élaborée complètement à l'écart d'Averroes, tandis qu'Avicenne, ou du moins un Avicenne oriental perdurait et influencait. Un néoplatonisme iranien contre un aristotélisme latin. Henri Corbin raconte donc l'histoire de Soravardi qui transforma les idées platoniciennes en anges zoroastriques, ce qui donna la "philosophie islamique" qui n'avait donc rien ni d'arabe ni de sunnite... Ce qui lui permet de dater de Thomas d'Aquin le début de la décadence, avec la séparation théologie/philosophe décidée par Tempier en 1277 et actée avec la condamnation pour hérésie de Maitre Eckart en 1329.

    Les philosophies occidentales et islamiques se sont donc séparées complètement au point de parler de choses différentes, donc. En tout cas, la classique, la grande fut tout simplement ignorée de l'Islam à partir... d'Averroes.

    Sans parler bien sur des polémiques ridicules sur la nature arabe ou arienne de la philosophie en général (2).

    Disons avec Rémi Brague que l'Europe est tout simplement caractérisée par son "vide chrétien" qui l'a conduite à aller chercher ailleurs ce dont elle avait besoin, auprès des grecs via les arabes et de tout ce qu'elle a trouvé par ailleurs...

    Tout en fait tient à la différence entre islam et Islam, l'Islam (la civilisation) ayant été d'un apport très grand, à la hauteur des chrétiens du monde islamique qui traduisirent en arabe les textes grecs, puis de l'arabe au latin, à Tolède avec en plus les oeuvres d'Avicenne et d'Averroes. Mathématiques, Astronomie, Médecine issues ou non du monde grec traduit en arabe furent absorbées avec enthousiasme. L'islam, la religion, fut ignorée de l'Occident et le Coran connu seulement au XVème siècle (Nicolas de Cuse). 

    On doit rajouter que les "apports" orientaux furent aussi ceux (directs) du monde byzantin fuyant la conquête turque au XVème siècle, et là on trouva tout le reste, soit la littérature et la poésie antique qui n'intéressaient pas les arabes et aussi, Platon et Plotin, sans parler bien sûr de la théologie et de l'art grec, sculpture, peinture, architecture. 

    La conclusion de Brague au sujet des "apports" de la "translatio studiorum" est émouvante: l'Occident est devenu entièrement grec à partir du XVème siècle, et cela avec une frénésie caractérisée, au point que ce n'est qu'à la moitié du XXème siècle que l'apprentissage du grec cessa d'être partout obligatoire... Brague ajoute: l'Occident a ramassé le joyau Averroes dans les poubelles de l'Islam... 

    Ibn Rushd

     

    Vénérant et traduisant en le commentant sans relâche toute l'oeuvre de celui qu'il mettait juste après Mahomet, l'immense Aristote, Averroès, Ibn Rushd, est le "commentateur", LA référence en matière d'Aristote pour les juifs et les chrétiens.

    Il fut à l'origine d'une lignée de philosophes juifs et chrétiens, les averroistes, dont les noms exotiques montrent votre culture non pas islamique (bien que Khaleb Ben Cheikh aime à en déduire la présence musulmane dans l'histoire de l'Occident) mais bien moyenâgeuse. 

    Moise de Narbone, Isaac Albalag, Samuel de Vérone, Eliya Delmedigo sont parmi les philosophes juifs plus ou moins averroistes (l'homme et ses théories sont à l'origine d'intenses débats variés) qui introduisirent en Europe les oeuvres du monsieur révérées, voire idolâtrées. 

    Siger de Brabant, Boèce de Dacie, Jacques de Douai, Gilles d'Orleans sont les chrétiens de l'histoire plus les autres, dont Thomas d'Aquin bien sûr opposé et en référence au Commentateur, figure centrale comme on a dit. Aquin fut accusé d'être averroiste... 

    Averroès est condamné à Paris en 1277 tant il avait subverti la pensée du quartier latin, la fameuse zone qui émerveilla un envoyé du grand khan mongol, médusé qu'un Etat finance autour d'une cathédrale un tel désordre d'études et de réjouissances. 

    Ses théories sont bien sur l'immonde monopsychisme (voir (1) pour les détails) et l'intellect agent, concept subtil que j'aimerais qu'on m'explique... 

     

    Issu d'une famille arabo andalouse qui avait soutenu les Almoravides (installés en 1086), Averroes (né en 1126) vécut les Almohades qui arrivent en 1130, interdisent la philosophie, le vin et la musique en 1190 et le condamnent pour hérésie. Il fut exilé et se trouve accusé d'être "juif", une vieille accusation, qui exprime à elle seule son manque d'influence dans sa zone culturelle d'origine. 

     

    Les intellects 

    Aristote dans De Anima (traduction latine) décrit l'intellect partie de l'âme, comme dual et formé d'une partie créative (poetikos) et d'une partie sensitive (pathétikos). Les intellects agents, actif d'une part et patient, passif, possible, matériel d'autre part. 

    Pour Averroes interprétant Aristote, l'intellect (sous ses deux formes) est séparé, immortel, et surtout unique, commun à l'humanité. C'est le monopsychisme, comme le dit Leibnitz.

    Pour Thomas d'Aquin, c'est sa thèse "de unitas intellectu", ce n'est pas le cas, il y a des individus. Au passage on notera que ce que Aquin démonte en fait c'est la thèse de l'unicité de l'intellect passif , propre à Averroes. 

     

     

    (1) https://www.academia.edu/37075903/Averro%C3%A8s_le_trouble_f%C3%AAte_A_de_Libera

    (2) Brague au sujet de l'affaire Guggenheim https://www.academia.edu/12090881/Grec_arabe_europ%C3%A9en?hb-sb-sw=37075903

     

  • BWV 45

    BWV 45 "Es ist dir gesagt, Mensch, was gut ist" n'est que l'une des cantates, et il y en a d'autres; pourquoi s'y attacher, et on a pu s'attacher à d'autres... Il se trouve qu'elle est de mon point de vue "parfaite" en ce que rien ne peut lui être reproché en aucune manière. Diamant étincelant partout ! 

    En gros, on a les choeurs d'entrée et de sortie et trois arias incroyables absolument géniaux, soutenus par tout ce que Bach peut fournir de perfection totale (l'ai-je bien loué, le monstre?). 

    On s'est attaché au bachstiftung (1), à mon sens exceptionnellement fidèle à cette perfection. Vitesse ou plutôt vivacité joyeuse et énergie magnifique, le meilleur de tout ce qu'on peut trouver, à mon humble avis. 

    Le NBS (2), avec une ouverture et une basse extraordinaires a l'air alto chanté par un homme moyen, hélas. 

    L'histoire

    Bach Cantata Web Site

    7 parties, un choeur d'entrée et un choeur de sortie, suivis et précédés de deux récitatifs. 

    On commence par l'affirmation d'un dit de la part de Dieu: on exige de toi quelque chose. 

    Le récitatif enfonce le clou: un ordre est donné on doit se préparer à l'examen de son obéissance. 

    3 arias, ténor, basse et alto développent l'histoire.

    Le ténor: lors de l'examen qui viendra, récompense ou tourments suivant l'obéissance ou la transgression. 

    La basse: à ceux qui se vanteront diversement, on demandera de se "retirer"

    L'alto: celui dont la foi vient du coeur devra aussi le dire, car le dire seulement ne mène qu'au feu 

    Le dernier récitatif  évoque l'échec, qui guérira mon âme?  Tandis qu'avec "son" assistance, on lui obéira.

    Le dernier choeur: accorde-moi de t'obéir et lorsque je le ferais, accorde-moi le succès !  

    En gros, une histoire étrange en rapport avec la Religion, mais exprimant et c'est ce qui fait la beauté de la musique, une conception de l'Art qui illustre la différence entre sentiment et émotion. Le sentiment c'est ce qui vient de nous et qui cherche dans la musique quelque chose à assouvir ou à exprimer "passivement". L'émotion c'est ce qui vient du dehors, qui comme une réalité devant vous, devient envahissant et vous remue les tripes. Quelque chose d'extérieur à vous, présent et puissant. Exactement ce que peut être l'ordre divin exprimé par l'histoire. Un attrape mouches luthérien, extraordinairement efficace. 

    La cantate

    L'ouverture Es ist dir gesagt  triomphante et dansante est du Bach merveilleux d'emblée. Les montées au ciel des filles, et puis la mélodie qui ne s'interrompt que pour permettre à l'orchestre de relancer la machine: 

    es ist dir gesagt, Mensch, was gut ist

     

    L'aria ténor est le plus complexe. Une intériorité connue par ailleurs par une mélodie de fond "classique" qu'on retrouve (où?). Bon: 

    a a  b b  c d  c d  

    e f f g g h

    e f g h 

    f g g g(ooooo) h h(ooooo) 

     

    L'aria basse du bachstiftung, la jeune basse, est absolument splendide, l'un des très grands morceaux de basse de toutes les cantates, en tout cas. Herr Herr ! et puis les Ha ha ha: une puissance incroyable. 

    Introduction triomphante ! 

    Mais des prétentions répétées Herr Herr , n'avons nous pas etc etc. 

    Mais cela finit mal Ha Ha Ha Ha  "weichet aaaaaaalle von mir, ihr Übeltäter!"

     

    L'aria alto,

    Avec la flute mystérieuse et sa ritournelle délicieuse est un sommet invraisemblable de beauté. De fait l'un des centres (et il y en a plusieurs) de la musique occidentale, trésor d'humanité et de perfection. 

    Le message est que celui qui croit vraiment doit le proclamer. Bach y arrive très bien, par exemple...

    1) a b b a b

    2) c c   a b  b c (eeeeen)  c

    3) d d e f     d d e f 

    4) a b b (aaaaa) a b 

    5) c c  a b  b  c  (eeeeen) c

    Cet aria est une aventure à lui tout seul. On se doit de comparer les deux cc abb cc. 

     

     

    Qu'il se termine par un petit récitatif étonnant et ... calmant. 

    Le choeur final est "à coeur poussé en avant" choral "ultra connu" au demeurant. 

     

     

    (1) Bachstiftung BWV 45 

    (2) Netherlands Bach Society

  • Les Révolutions à venir

    Déçu par la prédiction qu'il avait faite pour le mois de juillet, mais alors qu'il la remet sur la table pour le mois de mars (1), Philippe Fabry a un côté intéressant, une sorte de "sa va péter" avec l'accent mais avec la culture. 

    le congrès fondateur

    En gros, le congrès qui va être rassemblé pour décider de l'avortement dans la constitution, pourrait donner envie aux parlementaires de discuter d'autre chose que de futilités, par exemple, de la suppression du droit d'amender que vient de décider le conseil constitutionnel, qui manifestement excité par le devoir de fraternité, aurait (je ne suis pas seul juge) excédé ses compétences. Se saisissant du droit de continuer la discussion sur d'autres changements par exemple de celui d'inscrire aussi dans la constitution la nécessité d'arrêter l'immigration (on peut toujours rêver) voire d'en planifier la décrue... 

    Car la situation parait presque incroyable:  la cour constitutionnelle dirigée par un antiquaire avec du sang sur les mains considère comme "cavalier législatifs" tous les amendements concernant l'immigration (limitation du regroupement familial, des prestations non contributives etc) du fait que la loi initiale pourtant consacrée à l'immigration et grande oeuvre du Président, qui d'ailleurs avait été rejetée en séance, n'adressait pas ces sujets... 

    On remarquera que le devoir de fraternité avait déjà fait des émules, quand le président de la cour des comptes, lui-même strausskhanien partageux, n'avait pas voulu mettre de l'huile sur le feu en dévoilant à la réprésentation nationale les rapports qu'il était chargé de lui communiquer... 

    Toutes ces belles âmes issues du peuplement originaire juif de la France, pourtant tous ministres du financé par René Bousquet, insistent donc pour que leurs "alliés de coeur" africains puissent venir s'installer chez nous pour mieux les aider à achever de détruire la France. On notera le parallèle et la constance, dans les deux cas, il s'agit de s'allier à l'antisémitisme nazi ou musulman, les ennemis de mes ennemis sont mes amis et l'objectif est le même. 

    Nous voilà donc dans une crise institutionnelle, et les circonstances sont celles des émois, motivés par bien d'autres choses, qui président effectivement à la volonté implicite maintenant et bientôt explicite, de tout foutre en l'air: l'assemblée du peuple pourrait se constituer en assemblée nationale, attendre les baillonnettes et fourbir les socs de charrue appelés à rectifier nos juges et nos conseillers.  

    La révolte en cours

    Ça tombe bien, une révolte sociale est en cours: le coeur battant de l'histoire française, sa population paysanne, étouffée et ruinée, lève la tête et demande du pain. Les conditions sont réunies. 

    A ce propos, il y a bien des diagnostics, dont celui de Christophe Guilluy (3). En gros, les élites ont fait sécession, se sont enfermées dans les métropoles et y vivent isolées protégées par des blindés. Obsédées par la jeunesse et la peur de la mort, elles reconduisent depuis vingt ans un modèle d'endettement infini suicidaire. En face, pour la deuxième fois, des foules "dépossédées" de tout contrôle, manifestent non pour de l'argent (quoique), mais pour pouvoir vivre de leur travail. Après les gilets jaunes, entrepreneurs des basses classes, les agriculteurs, entrepreneurs des basses classes, refusent une augmentation du prix du carburant en pleine transition écologique. Les non-salariés vivant à la campagne en ont marre. 

    En face on joue la fragmentation. La France étant un archipel, on peut la diviser et la traiter par morceaux, c'est la stratégie adoptée et elle a marché: Macron s'est fait réélire, après tout. N'est-ce pas là les limites de l'interprétation "classes méprisées par les élites" ? Car oui, les basses classes ne savent pas si elles sont de droite ou de gauche, et on a eu beau les traiter d'extrême droite, elles n'ont eu de cesse de le nier.

    Une grosse partie du monde agricole, plutôt de droite a voté Macron, et cela car quoiqu'on en dise, l'argent vient de l'Europe et c'est bien l'Europe qui fait vivre une agriculture qui n'est plus du tout libre, d'ailleurs on s'en plaint, mais pas tout à fait: on est dépendant de l'argent qui tombe tout seul en plus du produit des ventes et on le voudrait surtout moins accompagné qu'il n'est des normes, vérifications et autres bureaucraties qui pourtant viennent avec.

    L'autre chose, c'est que les "basses classes" sont aussi fonctionnarisées, et que Macron c'est aussi la défense forcenée du fonctionnariat et l'absence totale d'atteinte à ce qui est tout autant le vrai coeur battant de la France: sa fonction publique. 

    Les fameuses élites sont ainsi bien garantes de ce qui fait la France d'aujourd'hui: sa dépendance à un système de contrôle et d'assistance généralisée qui organise le destin de la société. Comment reprocher à ce système, alors que l'assistance est extrême et couteuse et qu'elle a provoqué l'endettement maximal que l'on connait, de vouloir desserrer l'étau ? Réduire les prestations (pourquoi des agences bancaires et des bureaux de poste alors qu'il y a le web et le mail) et aussi réduire encore le nombre de petites entreprises agricoles, trous à subventions incapables de survivre ? 

    La réalité est que cette socialisation maximale n'est pas durable, et doit être réformée: un plan social à grande échelle va forcer les non salariés à changer de modèle économique, et donc à disparaitre. Les basses classes de Guilluy vont devoir y passer, le problème est qu'elles ne sont pas d'accord et qu'on ne leur offre rien en échange du changement radical de leur mode de vie. 

    Pour finir ma défense éperdue de ces élites (j'en fait partie), je dirais que les basses classes, avec l'excuse d'avoir été trompées par ses élites socialisantes, ont accepté, souhaité et élu le système de subventions qui les étouffe aujourd'hui: elles n'ont que ce qu'elles ont voulu et Macron a été réélu. Par les abstentionnistes ? Le drame n'en serait que plus épouvantable, le troupeau se laissant en plus conduire à l'abattoir sans rien dire... Ce n'est pas faute de lui avoir révélé la vérité: Fillon parlait bien des sur-normes que la France ajoute au fardeau réglementaire européen des agriculteurs, et les méfaits des 35 heures et de la retraite à 60 ans avaient été décris en large et en travers, sans parler de l'immigration, on y revient, on ne se décide toujours pas à faire quoique ce soit sur la question. Comme si l'accueillant déclin français avait déjà partout, comme Todd, des gendres mahgrébins.

    Et puis la grande distribution ! Elle n'est pas fréquentée que par les élites, et la recherche du moins cher, qui a bien encouragé les chinois et donc la désindustrialisation fut bien un "pacte faustien" pour ces basses classes assoiffées d'écran plats de toutes les tailles et aussi d'écoles qui réduisent les inégalités. De fait, les augmentations régulières du Smic (qui ont fait de tous les salariés des smicards augmentés régulièrement), qui les refuse ? 

    On le voit, la situation n'est pas une prédation par les hautes classes mais bien l'essoufflement final d'un système idéologique monté par la partie gauche de ces classes-là, victorieuses de leur opposition qui est maintenant éviscérée ou définitivement découragée (on le serait à moins). Si on qualifie d'"élite" la camarilla qui se prépare à recueillir les fruits pourris de la décadence, elle aura fort à faire mais on sait déjà qu'elle fera tout pour maintenir le statu quo: elle continuera à emprunter et donc restera européenne, elle le dit déjà. Et puis elle se pose en recours ! Espérons que le dégout qu'elle inspire (qu'on le veuille ou non, ce parti qui a changé de nom fut effectivement fondé par des Waffen SS) suffira à pousser en avant la seule vraie solution: la révolution ! 

     

    (1) La révolution de Philippe Fabry https://www.youtube.com/watch?v=Bm7V3MwBP0Y

    (2) le dossier  complet du monde sur les décisions du conseil constitutionnel: 

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/01/26/loi-immigration-ajouts-durcissement-censure-toutes-les-evolutions-du-texte-du-projet-initial-a-la-version-finale_6205115_4355771.html

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/01/26/loi-immigration-ajouts-durcissement-censure-toutes-les-evolutions-du-texte-du-projet-initial-a-la-version-finale_6205115_4355771.html

    (3) Guilluy à la télé: https://youtu.be/-1mUcoDTVvM

  • Les religions

    On veut défoncer Durkheim et ses fausses conceptions de la religion (vaste programme). 

    Bien sûr, les formes élémentaires de la vie religieuse voulaient faire fi du progressisme en matière de religion, et donc tout écraser à l'aune de la "science", mais n'importe qui pourrait le dire, et les prétentions positivistes sont infinies. 

    Durkheim en particulier, théorisa la religion en général et en fit une méthode pour assurer l'ordre social. Identifier un phénomène à ses causes, voilà donc la Science et on ne peut qu'être révulsé par l'approche, et les conclusions, là est le sens de mon raid. 

    Non pas que la chose du début du siècle soit démodée au contraire, un certain Bruno Karsenti s'en est emparé avec délices (2) et la continue. Il est donc temps de passer à autre chose. 

    Bien sûr ma théorie des trois pensées sera le cadre, le religieux étant l'une des formes de l'institution au sens large, les sociétés humaines en dépendant bien sûr, mais pas que: elles en sont issues, et la liaison avec les caractères supérieurs de la psyché humaine doit être faite, en excluant les soi-disant niveaux supérieurs de l'épistémé, je rejette en effet les habitus autonomes et autres fétiches sociologiques, Compte étant un démon, ou du moins un misérable.

    Contre Durkheim

    Le cadre rationnel ne peut donc être qu'ancré dans l'anthropologique, la logique des comportements ne pouvant venir que de la perception individuelle, même si celle-ci est plongée dans un collectif bien sûr aussi. Ce collectif ne peut être une chose indépendante, pas du moins au sens qu'il aurait des lois ou une autonomie, n'étant qu'une fonction c'est-à-dire un effet second, de complexité émergente certes, mais en aucun cas capable de s'abstraire de l'essence de l'âme humaine décrite par mon collectif à moi, celui de la dernière civilisation véritable à qui nous devons tout, la chrétienne et la naturaliste (au sens de Descola) qui n'attribue d'âme qu'à soi, l'individu à l'image de Dieu. Aucune société ni aucune ethnie, tribu, parti ou classe sociale n'aura le pouvoir de l'individu Dieu auquel je suis le seul être à ressembler, point final. 

    On est donc loin du relativisme positiviste Durkhemien, pour qui toutes les religions sont "vraies à leur façon". Et surtout qui affirme "la société est une réalité -sui generis-, elle a ses caractères propres qu'on ne retrouve pas sous la même forme dans le reste de l'univers". On notera cette pensée profonde qui marque le siècle et qui a convaincu trop de gens de la définitive association entre humanité et collectivité, hérésie certaine : la rationalité s'identifie à la société comme autorité. 

    Et bien c'est cette évidence, le caractère de nécessité de l'institution, que je prétends décrire sans essentialiser un humain associé à une société, et qui serait donc essentiellement non libre ! Car oui, le social est nécessaire, mais second, et se construit depuis le bas, tout comme il s'abandonne par le bas. Durkheim décrit l'autonomie du niveau supérieur comme celle des propriétés spécifiques du vivant, différentes de celle de ses éléments minéraux. Certes, et la fonction échappe à son substrat physique, quoique les éléments minéraux aient des raisons d'interagir, ces interactions restant le support effectif de comportements dont le caractère macroscopique reste d'une cohérence inexpliquée sinon par l'histoire de ses répétitions, elles-mêmes rendues possibles par certaines propriétés plus basiques. Bref, le mystère du vivant ne peut pas être source d'explication ! Comme tout mystère d'ailleurs. 

    Revenons à la rationalité de la croyance au surnaturel. D'abord, il y a l'hubris moderne qui consiste à confondre explication et rationalisation. Le réel dans son acception stricte est ce qui résiste: la profondeur du fleuve qui empêche de traverser à pied est d'abord une réalité avant que d'avoir à être expliquée. Si la chose est permanente elle est "réelle" et peut être attribuée à n'importe quoi ou qui sans inconvénients car la rationalité consiste à tenir compte de la chose. Toute la vie de l'espèce repose sur cette rationalité là, pratiquée avec excellence depuis toujours: nous n'avons pas disparu. C'est la raison de l'animiste, fou furieux dans ses explications de l'âme du jaguar, et pourtant capable de survie dans une forêt qui boufferait le petit bobo rationaliste en moins d'une heure... 

    C'est pour cela que la négation par Durkheim de la notion de surnaturel chez le primitif est un scandale absolu, qui plus est raciste. Le magique n'est pas la "science" du primitif, mais un charlatanisme nécessaire et un accès au réel caché du spirituel primitif : celui-ci n'a aucune illusion stupide sur l'efficacité de sa magie et il ne faut pas confondre une masse à la fois trompée et, il faut le dire, "enchantée" et une civilisation toute entière, qui elle n'est jamais dupe. L'action reste grâce à la magie possible et humaine, et la magie comme un rituel d'espoir ou de conjuration est un aspect de la vie spirituelle, une communication avec le réel. La chose est fondamentale, et primitive, et mérite d'être ce qui rationnellement "explique" (et "fait comprendre") les rituels et aussi la croyance, primitive ou pas, d'ailleurs: on bénit les chars qui montent au front en Russie et cela n'est en rien de la magie ! 

    Le chamanisme, vécu par des occidentaux en est un exemple (3): d'abord il y a très peu de chamanes, et ensuite leur perception des "esprits" est parfaitement réelle et ancrée dans des représentations collectives pré-existantes. Sans affirmer que les états de conscience altérés des chamanes (qui restent des états du type hallucinatoire, exceptionnels) s'identifient au mode spirituel de pensée accessible à tous, on peut les comparer et les rendre "analogues". Il n'y a pas UN mode de pensée unique et c'est là la découverte. Certains parlent d"états de conscience", on pourrait et devrait théoriser ces fameux "états" qui couvrent toutes les perceptions globales altérées obtenues avec les drogues. Sont ils vraiment si multiples que cela, ou bien ne seraient ils pas tous en secret accord ? 

    On peut au passage parler donc DiMethylTriptamine (DMT) le composant actif de l'ergot de seigle, synthétisé par le LSD, et utilisé dans les mystères d'Eleusis, Demeter déesse des moissons... Sécrétée dans les expériences de mort imminente, c'est la fameuse drogue spirituelle, dont les effets non addictifs seraient, en fait, apaisants (si on ne reste pas à tout jamais dans le délire schizophrénique qu'elle induit). Au passage, l'âme de Descartes est dans la glande pinéale ou épyphise, celle qui sécrète la chose. 

    Pour les tenants de l'inconscient vrai noyau de la psyché, on a le monde du rêve et de ses hallucinations, auquel on aurait ainsi "accès" en y incluant un inconscient "collectif", Jung a beaucoup joué avec ça... Pourquoi ne pas envisager un adossement du conscient humain et donc de la modalité spirituelle à des orages cervicaux exstatiques disciplinés par l'évolution dans les sociétés de primates ? Au bout d'un certain temps, des singes bourrés aux champignons se seraient toqués d'explication et auraient mis en correspondance la rationalité évidente du monde et leurs perceptions construites pour mieux interagir avec leurs femelles (on associe ici charitablement l'hominisation et la féminitudisation). Le spirituel en serait issu, et tout le reste... 

    Même chose pour le "sacré" respect mystérieux envers quelque chose. Cette "chose" est une vision du réel, quelque chose qui existe et qui est mis en scène. Ce n'est pas un concept social inventé par un boche du XXème siècle qui commande la chose, mais la perception organisée d'une présence, au fondement de l'activité neurologique de l'humain socialisé qui met en oeuvre d'abord un sens: la modalité spirituelle de son activité mentale. 

    L'avantage de cette explication-là est sa supériorité quant à la "séparation" profane/sacré. Caractériser un concept comme "exclusif", c'est-à-dire séparant les choses radicalement, c'est faire, et d'ailleurs cela est reconnu, une exception. On peut faire à la fois le bien et le mal, et même ignorer ce qu'est le vrai du faux: le sacré aurait lui un pouvoir propre ! Comme si pour expliquer rationnellement sa puissance, il fallait une caractérisation irrationnelle du concept lui-même... 

    Le sacré est ce qui est perçu comme tel, enchanté par les traditions et sa puissance est intrinsèquement "sentie". Son absence l'est tout autant; on n'a pas un "concept" social, mais bien un comportement humain motivé par ses capacités psychiques. D'autre part, cette "reconnaissance" ou "perception" du réel spécial invisible ne se réduit pas au religieux, qui n'est qu'un cas particulier de cette modalité de la perception mentale des choses. Le "sacré" comme respectable s'applique en fait à toutes les institutions, dont le religieux n'est qu'une instance. Mieux ! Tout l'institué se réclame sans cesse du caractère "religieux" de sa présence, au point que, ironie suprême, on se met à identifier le religieux au social et à l'y réduire comme "utilité" ! 

    On doit donc passer au niveau supérieur et considérer l'institué, véritable fondement des sociétés et objet de la perception particulière qui rend possible le respect qu'on lui porte, chose qui FONDE les sociétés et non pas les justifie ou les conforte. Car on illustre ici la fondamentale illusion du petit athée moyen : la société comme concept holistique devient la preuve de son existence, illustrant l'absurde croyance circulaire en des entités conceptualisées donc déclarées existantes et explicatives. Combien de Kant seront nécessaires pour faire justice de cette illusion ? 

    Note: c'est la troisième fois qu'on illustre et conspue cette illusion, base de la sociologie, cette infâme pseudo science déiste directement issue de la sécularisation tardive d'un judaïsme ou d'un protestantisme mal digéré (Weber était protestant, Durkheim et Freud juifs). 

    L'institué est nécessaire à la mise en oeuvre de la perception consciente de l'autre et aussi de l'autre inconnu que l'on peut et doit expliquer à l'autre visible. Les discours et les pratiques liées à ces interactions, de personne et à personne et aussi collectives, se matérialisent dans la construction et l'émergence de l'institué, que l'on doit rendre permanent et transmissible. Mieux, n'est permanent et transmissible que ce que l'on voit, et qui donc existe, ce qui rend justice du concept faux de la pré-existence conceptuelle d'une manière en fait apparue par hasard, et solidifiée par l'habitude. Il n'y a pas de "société", mais "des" sociétés, ce qui reste, et qui ne s'explique que par le principe anthropique: c'est là parce que c'est là, sinon on ne le verrait pas et on se poserait pas la question, abruti. 

    Les invariants 

    Il faut mentionner Bernard Lahire et ses "structures fondamentales des sociétés humaines". On a ici la notion de séparation du sociologique et du culturel, que Durkheim ignore, rendant ainsi incompréhensible la différence entre sociétéss animales et humaines, ou du moins la nature particulière de l'humain, qui est la culture. 

    Le religieux appartient bien sur à la culture... 

    Et puis, il y aurait les invariants sociaux, collectifs et distincts des simples déductions de la psychologie évolutive, si à la mode. Mais c'est le problème de l'indépendance  des niveaux de connaissance: le social serait il vraiment indépendant du biologique, et la néothénie ou altricialié (la néothénie étant plutôt la conservation de caractères juvéniles, tandis que l'altricialité désigne la dépendance du nouveau né) a bien une influence sur le social, qui se trouve bien fondamentalement lié au biologique. 

    L'invariant social c'est plutôt la séparation sexuelle des tâches, il faudra y revenir ailleurs. 

     

    (1) Durkeim https://academiesciencesmoralesetpolitiques.fr/wp-content/uploads/2018/08/08-11-04_durkheim.pdf

    (2) https://www.google.fr/books/edition/La_place_de_Dieu/EgrWEAAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=karsenti&printsec=

    (3) Sombrun, la chamane https://www.youtube.com/watch?v=cZUF_K6FAdM$

    (4) Lahire  https://www.nonfiction.fr/article-11950-du-social-au-culturel-lhistoire-des-societes-humaines.htm

    (5) Queau https://metaxu.org/2023/11/23/du-vrai-sens-du-mot-religio/

  • Les décadences

    Lire la suite

  • L'islam Sunnite

    Un petit florilège des références au sujet de l'islam (avec un petit "i" pour la religion).

    On distinguera en effet les 4 islams dont deux avec un petit "i": la soumission (ou plutôt remise entière de soi) à Dieu, les dogmes d'une religion et ceux avec un grand "I": la civilisation géographique et historique et l'ensemble des gens habitants ces régions. 

    L'islam sunnite 

    L'islam sunnite (90% de l'islam, le chiisme comptant pour 10%) est défini par : 

    - le Coran lui même, parole de Dieu. Il y a 114 sourates. 

    - les Tafsirs ou interprétations du Coran, qui reprennent les textes du Coran et les commentent en détails. 

    - la Sirah ou biographie du prophète.

    - les Hadiths ou recueils des paroles du prophète, dont les hadits sahih ou authentiques, non susceptibles de doute. Il y aurait 100 000 hadiths authentiques. Les deux recueils les plus importants sont ceux de Bukhari et de Muslim. 

    L'ensemble forme la Sunnah, tradition du prophète. On distingua deux écoles initiales l'Asharite et la Mutazilite, la deuxième, qui voyait le Coran comme non crée ayant disparu au Xème siècle. 

    Plus exactement, ce qu'on appelle la Sunnah est l'ensemble formé par le Coran et les Hadiths authentiques. 

    Cela donne au contenu effectif de la grande religion de paix et d'amour un caractère concret, précis, explicite et donc assumé à défaut d'être connu. Se  dire musulman sunnite signifie adhérer à TOUT cela.

    Mais l'islam est aussi un système de droit, le Fiqh, produit pendant la période de l'ijtihad (ou interprétation de la Sunnah), aujourd'hui interdite (on dit que ses portes se sont refermées, cela au Xème siècle) et dont l'ensemble constitue la Charia. Cette fermeture n'a pas eu lieu dans l'islam chiite, qui lui, continue l'élaboration du droit. 

    L'exercice du droit met en oeuvre comme source du droit, la Sunnah, le raisonnement analogique (le Qiyas) qui rattache le cas à juger à un cas traité similaire, le consensus des docteurs (Ijma), plus le droit existant le "houf". Le droit se structure en fait en 4 écoles différentes réparties géographiquement : Malékite au maghreb, Chafiite dans l'océan indien, hanbalite en Arabie, et Hanafite en asie centrale et Turquie. 

    Les détails.

    On distingue: 

    - les Tafsirs

    • Tafsir al-Tabari, écrit par l'imam al-Tabari (838-923), est un tafsir classique sunnite qui est considéré comme l'un des plus complets et des plus informatifs.
    • Tafsir al-Qurtubi, écrit par l'imam al-Qurtubi (1214-1273), est un autre tafsir classique sunnite qui est très apprécié pour sa clarté et sa précision.
    • Tafsir al-Jalalayn, écrit par les imams Jalal al-Din al-Mahalli (1386-1457) et Jalal al-Din al-Suyuti (1445-1505), est un tafsir classique sunnite qui est connu pour sa brièveté et sa concision.
    • Tafsir al-Mizan, écrit par l'imam Muhammad Husayn Tabataba'i (1892-1981), est un tafsir chiite qui est considéré comme l'un des plus importants du XXe siècle.
    • Tafsir al-Manar, écrit par l'imam Rashid Rida (1865-1935), est un tafsir chiite qui est connu pour son approche moderniste et progressiste.

    - les Hadiths ou recueils des paroles du prophètes, classifiés en authentiques ("sahih") ou pas ("hasan") suivant la validité des chaines de transmissions depuis les "savants" jusqu'aux compagnons immédiats du prophète. Une science entière est consacrée à l'évaluation de ces chaines. Les plus grands recueils de hadiths sont:

    • Sahih al-Bukhari, écrit par l'imam al-Bukhari (810-870)
    • Sahih Muslim, écrit par l'imam Muslim ibn al-Hajjaj (821-875)
    • Sunan Abi Dawud, écrit par l'imam Abu Dawud al-Sijistani (817-888)
    • Jami' at-Tirmidhi, écrit par l'imam al-Tirmidhi (824-892)
    • Sunan an-Nasa'i, écrit par l'imam an-Nasa'i (829-915)
    • Sunan Ibn Majah, écrit par l'imam Ibn Majah (824-887)

     

    On trouve sur l'internet ces textes, numérisés, cherchables et disponibles. 

    - le Coran, pour lequel voici plusieurs traductions simultanées, la plus "correcte" étant celle de l'université de l'Oregon, les autres étant des variantes édulcorées typiquement tendancieuses. 

    https://coran-seul.com/

     

    Un Coran en ligne en une page étant: 

    https://www.lenoblecoran.fr/

    Les Hadiths sont en : 

    https://sunnah.com/

    https://bibliotheque-islamique.fr/hadith/

     

    Le Tafsir Ibn Khatir   https://tafsir.be/  

     

    En ligne avec les expertises des apostats maghrébins qui mènent une campagne énergique contre les absurdités de cet islam-là, on peut citer les points mortels variés qui soulignés en permanence devraient faire justice des prétentions des frères musulmans, appuyés dessus pour contrôler des masses africaines qu'il faut libérer de l'obscurantisme. 

    Le point crucial, propre à l'islam sunnite est la validité essentielle des tafsirs et hadiths reconnus paroles du prophète, et donc lois tous issus de la révélation divine telle qu'elle doit apparaitre à tout musulman sunnite. Les détails donnés correspondent bien et ne peuvent être niés ou relativisés, sauf à se détourner de la foi officielle par ailleurs sévèrement obligatoire, unifiée et codifiée de manière cohérente et univoque. Un musulman sunnite doit croire cela, point.

    1) le mariage d'Aicha consommé à 9 ans, d'après 20 hadiths sahih suffisent à rendre la sunnah défintivement pédophile au sens strict, la chose, immuable et confirmée, étant toujours valable. 

    Coran 65/4 évoque les règles à suivre pour répudier ses épouses, et précise le cas des épouses n'ayant pas "encore" leurs menstrues. La tradition du prophète Sunnah puis consensus en a ainsi toujours déduit que le mariage des petites filles était autorisé. 

    Parmi les hadiths authentiques évoquant clairement la chose: Bukhari  5134, Muslim 1422

    Dans le hadith Muslim (sahih bien sûr) 1464a, Aicha se plaint : "il me semble que ton dieu ne fait que satisfaire tes désirs".

    2) l'esclavage admis et permanent malgré tous les avantages moraux donnés à l'affranchissement, ne cesse d'être pratiqué et organisé et cela sans que son principe ne soit critiqué en soi. On admet au passage l'exploitation sexuelle sans retenue des esclaves femmes et enfants, cela hors du mariage.

    Coran 4/24 on a le droit d'avoir des relations sexuelles avec les captives de guerre, rendues esclaves.

    Coran 24/33 le contrat d'affranchissement des esclaves si ils ont assez d'argent pour se racheter et que vous le voulez.

    3) la pratique de la polygamie, réglée et organisée ne cesse d'être une loi divine autorisée, faisant fi des sentiments possibles des femmes concernées  sujettes aussi à l'islam.

    4) le meurtre justifié et encouragé d'ennemis juifs, mettant en scène la mise en esclavage des enfants et des femmes, la sélection des garçons pubères à exécuter se faisant de manière organisée. Des hadiths sahih respectés décrivent tout cela en détails.

    Coran 9/5 les associateurs à tuer. 

    Coran 5/33 les pieds et les mains opposés coupés

    Le hadith des arbres et des pierres:  "Vous combattrez les juifs et aurez le dessus sur eux de sorte que la pierre dira : ô musulman ! Voici un juif caché derrière moi.. viens le tuer . al-Boukhari, n° 3593.

    Et aussi, Tirmidhi 2236 Vous devez combattre les juifs... 

    5) les privilèges sexuels exorbitants du prophète:

    Coran 33/50 "Ceci est un privilège qui t'est accordé, à l'exclusion des autres croyants."

    Le privilège en question fait les choux gras des mécréants décrivant un mahomet braguard qui voulant absolument s'approprier certaines se retira dans sa caverne  le temps de se faire "révéler" le privilège, tout de même tendancieux.

    Cela va assez loin (la fameuse sourate porno , la 33, les coalisés (3)). Contenant entre autre le fameux verset autorisant le prophète à "épouser" la femme de son fils (33/37) après le verset (33/36) obligeant la femme en question à épouser le fameux fils, finalement divorcé de force un an après... Pas mal pour une révélation commentée par les dogmes du sunnisme. De plus, pour permettre de relativiser le crime, le prophète interdisit l'adoption plénière, l'adopté gardant le nom de son vrai père. 

    6) L'héritage différentié entre frères et soeurs, les femmes n'ayant que la moitié des parts des garçons. Problème longuement discuté en Tunisie, durant la phase "démocratique" qui suivit la révolution... 

    7) Les esclaves. 

    https://wikiislam.net/wiki/Coran,_hadiths_et_savants_:_l%27esclavage#L'Islam_autorise_le_viol_des_esclaves_et_des_captives

     

    On peut bien sûr sur ces points imaginer des "interprétations" ou des "contextualisations" qui permettraient d'atténuer ou de pallier les terribles conflits moraux qui pourraient avoir lieu au sein des entendements confrontés à la foi exigée en l'absolue divinité de ces commandements et lois. Mais cela suppose ou bien de renoncer à l'explicite de l'autorité divine porteuse de ces commandements-là ou bien de renoncer à la totalité d'entre eux, c'est-à-dire au côté prescriptif de ce religieux-là et donc de fait à la totalité de celui-ci. Cela n'a rien d'impossible, c'est la renonciation à la totalité de l'islam sunnite, religion absurde et orthopraxie criminelle dont l'humanité devrait s'éloigner. 

    A la totalité? On peut en discuter. Car tout d'abord, l'écrasante majorité des musulmans ne se pose pas la question et ignore en fait le caractère immuable et obligatoire de ces règles-là, ou du moins des règles inacceptables à toute conscience "moderne", surtout si elle vit en Occident, sauf bien sûr s'il s'agit de règles "acceptables" (voile, interdiction du porc, circoncision) qui elles sont connues et pratiquées avec ferveur, alors qu'elles ont en fait le même statut d'immuabilité que les mains coupées des voleurs (qu'on peut regretter de ne pas pouvoir appliquer) ou les mariages de petites filles (dont on refuse à tort la véracité). 

    La première excuse des musulmans c'est tout simplement l'ignorance, du caractère obligatoire et divins de préceptes inacceptables, mais aussi du contenu même des textes sacrés affirmés objets de la foi. La moitié du Coran est ainsi formé de malédictions invraisemblables, dont le caractère menaçant, sinistre et inhumain est parfaitement révoltant et inacceptable, et il faut ne pas l'avoir lu, ce qui est le cas de la quasi totalité des musulmans, pour s'en déclarer adepte. De plus, admirer sans être arabisant le caractère poétique de ce fatras d'insultes et de menaces est un ridicule complet. Surtout que la fameuse poésie est en fait liée aux litanies voluptueuses de la lecture à voix haute du texte en question. 

    Car l'enseignement de l'islam est d'abord le fait des imams lors de la participation à un "culte" dont la partie explicative fait référence à une vérité exprimée dans une langue inconnue de la plupart de ces musulmans. Au point que toute tentative d'explicitation de la signification effective du texte coranique se trouve refusée car fait dans une langue qui n'est pas "authentique", cette authenticité étant inaccessible du fait de son incompréhension linguistique. La source de foi est donc le barbu annonnant dans une langue inconnue et qui garantit par ailleurs qu'"il n'y a pas de souci". Belle fermeture, responsable d'une aliénation invraisemblable, et de mensonges systématiques délivrés aux masses. 

    Les deux exemples de l'âge d'Aicha au mariage de 19 ans et de la terre "aplatie" qu'on transforme en ovale du fait de l'allitération avec le mot "autruche" sont caractéristiques. 

    Un autre aspect est le brouillard global. Décrit comme "multiple", l'islam sunnite lui-même (qu'on vient pourtant de décrire unique et codifié déjà univoque au-delà des écoles juridiques, qui partagent pourtant les même hadiths authentiques), on prête au wahhabisme, partie de l'islam sunnite, un pouvoir d'interprétation "littérale" exagéré que n'aurait pas le reste du sunnisme et qu'il se serait approprié récemment alors qu'il n'était que minorité autrefois. Étrange déni ! De fait, la "doctrine" wahhabite n'est qu'interprétation de l'obligation de certains comportements, en fait application particulière d'une loi qui reste immuable. La différence entre fanatisme insupportable et ouverture libérale n'est donc que le fait de juges "libéraux" qui dans leur grande bonté se contentent d'"interpréter" l'attribution de l'innocence aux coupables reconnus par d'autres... 

    Et puis il y a Daech, vers qui on peut repousser (avec horreur) le littéralisme fleuri qu'il applique à la lettre, lui, et en le revendiquant sans utiliser ni version falsifiée ni modification aucune des textes connus de tous. L'apocalyptique démente à laquelle il se réfère fait partie des hadiths considérés authentiques et sont parfaitement orthodoxes. De fait, et cela est parfaitement ignoré, on ne voit pas ce qui dans l'islam des "takfiristes" n'est pas "authentique", la seule critique qu'on puisse leur faire étant qu'ils appliquent un caractère condamnable à des actions en utilisant un pouvoir de décision qu'ils n'auraient pas.

    Car là est l'attribution fausse du caractère "interprétable" de l'islam: on ne coupe pas la main du voleur car on trouve un prétexte pour ne pas appliquer dans un certain contexte une loi qui demeure parfaitement valide. 

    Voilà donc la sagesse de la grande religion de haine et de guerre ! 

    Un milliard et demi d'hommes sont sous l'emprise de cette chose-là, et cela est bien dommage. 

     

    (1) un résumé: https://youtu.be/nltw-

    (2) les sens des mots : islam = s'en remettre à Dieu et pas "soumission" https://discernement-islam.weebly.com/islam--soumission-ou-paix-ou.html

    (3) la chaine youtube du pire des mécréants: l'Observateur https://www.youtube.com/watch?v=jZhh28incUw

    (4) le consensus au sujet de : https://wikiislam.net/wiki/Coran,_hadith_et_savants_:_Le_Mariage_d%27enfant

  • Les occidentaux fous

    À l'occasion du dernier bouquin de Todd, ("la défaite de l'Occident") et du sentiment de lassitude qui s'établit à n'assister qu'aux expressions désabusées de révolte envers toujours la même chose (ce qui meut ma graphomanie, par ailleurs), on réalisera que ce sentiment se généralise et imbibe la totalité de notre monde. On assiste ainsi médusé au discours d'Ursula Van der Lyen à Davos, qui explique qu'il faut positiver au lieu de se disputer et que (donc) l'administration de l'information devient essentielle, la désinformation et donc les mauvaises pensées devant être combattues. Agrémenté de l'annonce de la défaite militaire de la Russie, le discours a une forte apparence d'irréel manipulé, du moins pour ceux qui l'ont écouté, les commentaires imprudents, explicitement menacés, tenant à leur survie.

    Car il n'y a plus, effectivement, que cela: la motivation positivée du monde face au désespoir exprimé envers le monde, les deux sentiments en boucle formant ce que Todd appelle le nihilisme occidental en train de se défaire, mais on ne sait pas vers où ou pour quoi. On remarquera les caractères comparables des deux élites en compétition pour l'opinion du monde, l'une officielle, l'autre complotiste, toutes deux acharnées à l'insulte et à la domination des âmes, forcées à choisir l'une des rives d'un large fleuve, voire l'une des falaises d'un détroit. 

    On remarquera par ailleurs que les complotistes ne sont pas forcément tous désespérés, certains prévoyant avec gourmandise une multipolarité qui donnerait le pouvoir du monde aux ex dominés, les tenants du "sud global", en gros la Chine triomphante qui veut se venger du traumatisme subi il y a deux siècles avec un objectif à 2049, je vous raconte pas le défilé qui aura lieu. Au milieu, l'Inde mystérieuse, en pleine ascension et ouvertement candidate à la domination alternative. Sans parler du dollar sur la pente de son abandon, le pétrole du Moyen-Orient commençant à se négocier en yuan, et les flux financiers mondiaux s'installant sur des réseaux à l'écart des services US. De manière générale, la dépendance non maitrisée de l'Occident envers les ressources et services du sud est maintenant éclatante. 

    Mais revenons à notre Occident, effectivement menacé par la multipolarité, mais surtout par lui-même. 

    La thèse de Todd est que l'abandon complet du protestantisme par l'Occident capitaliste a conduit l'ensemble de la société à un nihilisme global qui affecte toute la hiérarchie sociale. Nihilisme des valeurs mais aussi des comportements, ceux-ci devenant absurdes, et au final, inconsciemment suicidaires. Inconsciemment, car le discours officiel, conscient est lui positif, voire entreprenant. La folie est une perte non de la raison, mais de la conscience de soi. 

    Quitte à plonger, je voudrais rebondir sur cette plainte là, la perte des "valeurs" comme cause fondamentale de la tragédie en cours reprise par Todd l'"anglo-breton-juif", dont la famille juive alsacienne n'a eu son premier mariage mixte qu'au début du XXème siècle, et qui marqué par l'Occident, en particulier britannique, se met à renier bien des points de vues. Pour cela, pourquoi ne pas ressortir ma théorie des 3 esprits, le "spirituel" lieu de la conscience de soi et des autres se trouvant être ce que l'Occident a en fait abandonné, provoquant de très graves dommages à la civilisation. 

    On rappellera ici la théorie des 3 expressions de la pensée, respectivement le rationnel, l'émotionnel et le spirituel. Seul le spirituel manifeste la conscience de soi et des autres, et donc permet à l'individu humain de considérer l'"autre", qu'il soit lui-même, l'autre humain, ou l'autre absolu, le divin invisible. Les activités mentales dans les différents modes sont simultanées, d'intensités respectives variables et structurent les activités mentales et les activités tout court. La référence explicite assumée au spirituel se perd, car considérée liée au religieux discrédité ou aux idéaux en général, tous suspects de ringardise. L'émotionnel tient lieu de justification à tout, dirigé par la froide rationalité, apte seule à calmer le sentiment d'injustice attaché à la douleur émotive seul moteur, avec le cynisme, de la psyché moderne.

    Le nihilisme ultra moderne serait donc d'abord un abandon complet (Todd parle de religion zéro) du religieux. 

    Mon idée est que cet abandon n'est pas seulement un abandon du religieux mais de la pratique et de la révérence envers une activité mentale que le religieux en général favorise et exploite par principe. Qu'est-ce que le religieux selon cette approche ? Et bien, c'est la prise en charge par l'explicitation rationnelle, suivant une rationalité particulière, de la vision spirituelle tournée vers l'autre absolu présentée par la conscience. Appuyé sur les deux formes mentales, mais bien sûr connaisseur et interprète du spirituel, le religieux a pour objectif le traitement symbolique du divin, et donc sa rationalisation sur la base du rapport au réel fourni par le spirituel. Car l'espace mental du spirituel a pour objet d'effectuer le rapport à l'autre et donc à l'autre "réel", dont la dimension ne peut être rationnellement approchée. Le religieux capte ce rapport au réel et impose, organisée, la perception de l'autre "absolu" autrement dit le divin, qui fait toujours partie, anthropologiquement, de la perception humaine dans l'ordre mental spirituel. Au passage, il modèle des "valeurs" dont la réalité et le caractère véridique s'ancre dans le rapport au réel fourni avec intensité par les émotions spirituelles. L'attitude humaine de tous les jours baigne dans ce réel là, le "nom de Dieu" comme exclamation permanente en étant la preuve du moins en était la preuve, autrefois. 

    La destruction des ensembles symboliques liés au religieux s'est airs accompagnée d'une désagrégation de l'explication religieuse du réel perçu, sans que le spirituel lui-même, bien sûr, ne disparaisse complètement, car transformé sous des formes qu'on peut qualifier de "dégénérées" c'est-à-dire captées par d'autres religieux, travesties en formes politiques variées, plus ou moins manipulées, ou bien exprimées sous des formes pathologiques, et nous sommes là dans le nihilisme généralisé décrit. 

    Je me permets donc de poser l'athéisme sous la forme non pas d'une exclusion du spirituel, mais du religieux qui n'en est qu'une exploitation. Le "spirituel" au sens large, qui doit bien sûr être orchestré par un rationnel ou plutôt par DES rationnels, ceux-ci pouvant être variés et aborder les immenses territoires mentaux disponibles pour toutes les cultures, doivent rester présent !  La destruction complète du religieux de l'époque moderne récente, le fameux "religion zéro" de Todd pourrait-il être en fait avoir été assez violent ou définitif pour avoir aussi détruit toutes les références au "spirituel" comme dispositif mental connu et pratiqué ? Ce déficit d'utilisation, manifesté par l'inconscience de soi et des autres que semble manifester un grand nombre des composantes et dirigeants du monde occidental serait ainsi, en fait, la fameuse "perte des valeurs" dont tout le monde se gargarise, soit pour déplorer la fin des grands cultes, soit pour déplorer en fait l'égoïsme ou la rapacité généralisée qui semblent avoir tout saisi. 

    La relative évidence de la chose pourrait sembler dérisoire, le mot de "valeur" semblant suffire. Le problème pourtant est l'articulation de cette notion avec les grands supports symboliques à quoi trop d'opinions cherchent désespérément à se rattacher, faute d'avoir identifié non pas "la" morale (un dispositif symbolique de plus, qui n'a rien d'universel et qui n'est qu'une portion des symbolisations globales) mais ce qui assure sa circulation, quelle que soit sa couleur : l'exercice du muscle spirituel, support du rêve, de l'imaginaire et de l'amour, que notre histoire moderne a mis à mal. 

    Toute la réflexion serait alors d'identifier les manques (ou les autres symptômes) de cette déficience et de chercher comment y pallier. On notera que cela pourrait aller jusqu'à fonder une autre civilisation, le rôle de celles-ci étant sans aucun doute de résoudre le problème en question. Vaste programme.

    Au passage on notera, c'est la thèse de Muray, que tout le XIXème siècle se consacra à vouloir remplacer le catholicisme par autre chose exprimé par l'art, la révolution et le surnaturel scientiste, l'ensemble de cette belle culture étant aujourd'hui oubliée faute de la lire de l'écouter et de la contempler, le XXème ayant ringardisé et abandonné tout cela, littérature, musique et peinture comprise. Bel effort, mais c'est raté au bout du compte. C'est cet échec qu'on appelle la fin de la culture, la resucée de quelque chose de déjà ancien ayant fini par lasser. Enchanté par Chopin, quelques Beethoven et aussi Bruckner, sans oublier la musique française du début XXème, je puis bien me distraire, mais cela sent la fin, et la vieille manie. 

    Le fait est d'ailleurs que cette passion est pour moi, qui l'accompagne des délices que fournit aussi un autre âge, pour ce qui me concerne, le baroque finissant de Buxtehude et surtout Bach, une vraie illustration de la séparation moderne, à mon sens une avancée de la civilisation, entre adhésion à un système culturel et pénétration intuitive de ses réalités mystérieuses. À moins que je ne sois déjà dans une nouvelle spiritualité (faute d'en avoir assimilé plusieurs) capable de comprendre des autres "choses", ou bien simplement capable de supporter la superficialité d'un vague plaisir, pris à la va-vite dans une snobinarde habitude de consommation. 

    En tout cas, une chose est sûre, et le doute est-il permis?, la musique est clairement une sorte de "religieux" soit une forme symbolique rationalisée (par les notes, mélodies et structures qu'elle offre) de l'accès coordonné à des réalités qui ne sont pas de ce monde et que je serais bien en peine de décrire sinon sous la forme de ce galimatias.

    Pour en revenir  à la civilisation, il faut bien voir que celle-ci reste indispensable, car la simple émotion bébête qu'on rapporte de ses visions de coucher de soleil, forme primitive du contact direct avec le réel que permet le spirituel ne suffit pas à assurer la pleine expression de la chose: on peut et doit faire mieux, et l'articulation de conceptions du beau, du vrai et du réel, sans parler du bien qui couronne le tout est un vrai travail, qui demande du temps. Que ce temps doive s'étendre sur plusieurs générations de vivants, dépassant donc tout projet individuel est il certain ? Après tout, des grands artistes ou prophètes ambitionnèrent et essayèrent de porter des systèmes complets: ils ne furent en fait que l'un des cadeaux offerts par la civilisation dans laquelle ils puisèrent, de toute façon. 

    Se plaindre du manque de civilisation n'est donc que se rattacher à une autre ou bien à une version moins décadente de l'actuelle, ce qui pourrait, tel le philosophe qui bouquine en attendant l'arrivée des barbares, en constituer une trace supplémentaire, à destination d'un futur complice, à moins que grandeur suprême, on ne soit que le dernier, le tout dernier, ce qui dénote un esprit un peu vaniteux, cette "dernieritude" pouvant laisser croire que cette civilisation là serait la dernière, l'humanité revenant après moi, non pas au déluge, mais à l'état simiesque dont elle ne se serait que brièvement départie... 

     

  • Les musulmans fous

    À l'occasion de la découverte de Jack Le Fou (1), pépite de l'Internet francophone (avec un grand I), on se doit d'expliquer un concept assez original, celui d'un droit accordé par les citoyens aux autres citoyens et qui est le droit de critique de soi. "Je t'autorise à critiquer ma religion".  

    Bien sûr il s'agit d'un rêve, et l'on n'accorde pas ce droit en réalité: moquer et critiquer l'islam est indigne voire raciste, cela s'appelle l'islamophobie et c'est interdit. Alors inutile de le dire, les musulmans n'accordent pas ce droit aux non musulmans, cela va sans le dire et c'est acté. Depuis janvier 2015, c'est même puni de mort en France. Le rétablissement de la funeste peine, validée et autorisée exclusivement dans ce cas (critique obscène de l'islam) a suivi l'exécution brutale du principal noyau de cette critique, la (déjà) relativement isolée coterie de Charlie Hebdo, reduite à son directeur, Charb, assassiné sauvagement pour la peine.  Condamné à mort pour la même raison, Samuel Paty, fut lui aussi exécuté. 

    Il y aurait ainsi deux lois en France. 

    Jack Le Fou est porteur d'un message, d'une pratique et d'un discours (calibré on va le voir). Le message est celui d'un athée qui proclame l'invalidité du message religieux musulman basé sur l'absurdité et l'évidente fausseté de son contenu. Il veut faire des apostats, et les convaincus qui se rencontrent se saluent gaiment: salut les apostats ! 

    Son objectif et fonction: détruire l'islam et faire des musulmans qui l'écoutent des incroyants athés, et cela avec le plus grand respect humain possible envers ses interlocuteurs convoqués dans des "lives" interactifs sur TikTok. Il le fait en Arabe et en Français. 

    Il confronte ces absurdités à la croyance en la vérité absolue de ces contenus, croyance assez répandue parmi beaucoup de musulmans, en utilisant l'artillerie logique traditionnelle d'un épistémologue. Il le fait "à la Socrate" c'est-à-dire en posant des questions faisant appel au bon sens, tout en manifestant par ailleurs une grande sagesse et maitrise des concepts et des mots, ce qui dénote de sa part une alliance étonnante entre compétence philosophique et qualité humaine; c'est un "cheikh".

    Par exemple, après avoir posé la question "qu'est-ce que le racisme ?" , il répond en expliquant qu'il s'agit à la racine d'un essentialisme et c'est la bonne réponse ! Le racisme est issu d'une généralisation abusive qui crée une réalité fictive associée essentiellement à son objet. La question de la hiérarchisation qui donne d'emblée au racisme un caractère immoral est secondaire: le racisme est d'abord une erreur cognitive. Socrate associe le mal à l'erreur et confronte le bien au vrai. Cette "méthode" est celle d'une épistémologie de rue d'origine US (1) pratiquée comme conversation en forme de manipulation avec des endoctrinés religieux. Il revendique cette approche. 

    Le résultat par contre peut être explosif et  conduire à (3), quand un pauvre dissonant cognitif pète les plombs en comprenant que son cher Mahomet (l'eulogie à utiliser peut être "sAas", d'après Wikipedia (4)) a consommé son mariage avec Aicha agée de 9 ans, d'après  tous les hadiths "sahih" (ou authentiques)(5). Alors que la chose, discutée et problématique s'excuse en général de toutes les manières du monde, (quoi ? Muhammad pédophile ?) confronter un pauvre muz de baz  à l'effrayante réalité en utilisant le principe d'identité basé sur le strict sens des mots est effectivement ravageur. Crois-tu aux hadiths ? Donc... De fait, toutes les traditions islamiques jusqu'au contact avec les occidentaux ne furent pas "choqués" par la pratique, qui fait bien sûr horreur aux musulmans modernes, en particulier aux jeunes adeptes alimentés par les propagandes actuelles, et à qui on ment. C'est ainsi qu'il y a la légende non fondée de l'âge de 19 ans pour l'âge de la consommation du mariage, ou même l'association de 9 ans à "nubile", ce qu'on dit d'Aicha. De fait, toutes les traditions islamiques s'accordent sur la chose, et Mahomet (ou Muhammad) est bien ce qu'on appelle un pédophile, adepte de la sexualité avec des enfants, chose autorisée par les lois rigides et immuables d'Allah. Une dissonance cognitive majeure se manifeste alors chez les musulmans dont la foi est (partiellement) basée sur l'excellence humaine du prophète, modèle d'humanité. 

    Il y a d'autres occasions de débunker le Coran, notamment la fameuse terre plate ou le mot "étalé" (6) est transformé en "en forme de nid d'autruche" qui a la même phonie en arabe, ceci pour permettre d'affirmer que la terre a la forme "d'un oeuf d'autruche", et dont la légende mémorisée vous signe son idiot endoctriné. Une question rituelle posée par Jack est ainsi : "quelle est la forme de la terre?". 

    Un autre exemple, particulièrement saignant est celui non seulement du refus de l'autorisation du mariage à des petites filles de 6 ans, ou de l'esclavage. Là, Jack affirme qu'à l'évidence la majorité des musulmans refuse ce type de société alors que pour "Allah" (la Charia) cela ne pose pas de problèmes. La majorité des musulmans est donc plus morale qu'Allah ! Quelle démonstration! 

    C'est dans le Coran, la sourate "la répudiation", parole d'Allah: 

    65.4. Pour celles de vos femmes qui n'espèrent plus la menstruation, si vous avez quelque doute à ce sujet, le délai d'attente sera de trois mois, et il en sera de même pour celles qui n'ont pas encore leurs menstrues. Pour les femmes enceintes, leur terme sera atteint lorsqu'elles déposeront leur fardeau. A qui Le craint, Dieu facilite les choses.

    Utilisé abondamment dans les âges où le catholicisme triomphant était attaqué systématiquement (cela le fut au moins 3 siècles, et spécialement ensuite dans la France athée puis révolutionnaire )  ces méthodes de dénonciation et de destruction de la foi du charbonnier sont inconnues du monde musulman, protégé par son totalitarisme religieux. C'est d'ailleurs précisément ce qu'affirme Jack avec son "droit citoyen" à la critique de la vérité religieuse... Mieux, il en vient à célébrer la nécessité de cette évolution, au nom du respect dû aux musulmans, qu'il n'a pas lieu de traiter en "idiot respectable", ce qui est précisément sa définition du (non) racisme: le respect des gens par la liberté de parole à leur égard. 

    Mais le contenu du message est plus complexe, et porte sur le terme "musulman" utilisé comme marque identitaire, alors qu'il n'utilise jamais la qualification d'immigré ou d'originaires de régions de culture musulmane, il sépare pourtant clairement identité et appartenance à la religion musulmane, origine de l'interdiction de la critique de l'islam considérée raciste. La question est donc: Jack est-il un "musulman" ou a-t-il une "autre" identité ?

    Bon, je tourne autour du pot, Jack parle à des "musulmans" en fait à des francophones issues de l'immigration vivant en France (ou au Canada et pourquoi pas au Maghreb) et tente de les faire évoluer, en les convainquant d'un athéisme de bon aloi et de la maitrise (enfin) de la logique et du scepticisme propre à la rationalité. Cette rationalité qu'on pourrait qualifier d'"Occidentale", est en fait LA rationalité, accessible et loisible à tout homme. Jack est ainsi un universaliste. 

    C'est là que l'on peut dire que son objectif est bien de "faire passer le grand remplacement", et c'est là où on voulait en venir. Car ce qu'on appelle l'"assimilation" comme condition nécessaire à l'admissibilité des millions d'Africains qui s'installent en Europe, n'est pas l'acceptation des coutumes vernaculaires françaises ou québécoises, mais bien l'acceptation d'abord de la "rationalité" qui se décline selon Jack le Fou et à raison (et au combien) par a) la distinction entre identité et origine culturelle et religieuse b) la reconnaissance du caractère imagé et irrationnel du fond religieux, allant jusqu'à un athéisme global bien compris. 

    Ces conditions une fois remplies, a-t-on une immigration acceptable qui paiera nos retraites de peuples vieillissants ? En tout cas, la chose pourrait devenir possible et acceptable et on ne peut ignorer la proportion non négligeable de citoyens d'origines diverses qui sont tout à fait persuadés de considérations culturelles partageables, au point que leur caractère "occidental" puisse tout simplement être un universel justement partagé. Le problème est que cette proportion a une proportion opposée (et non pas inverse) qui ne satisfait pas du tout à ces critères. Ce sont ceux que Jack tente (comme on a dit ) de "convertir". Peut-il y arriver avant qu'il ne soit trop tard ? En tout cas, l'ampleur du fossé, qu'on a méprisé, puis soigneusement caché, est absolument terrifiant. Le rire de Jack en est le témoin. La tolérance qu'il défend a été pratiquée et abondamment, pendant les 50 ans où les 5 millions de musulmans se sont installés. Ils seraient "français" d'après Jack. Que recommander de plus aux français natifs, éberlués de découvrir l'état de la croyance religieuse chez certains de leurs compatriotes, qu'il faut bien considérer comme de lamentables bigots abrutis, esclaves de lois débiles qu'ils sont incapables de remettre en cause et qui marque leur identité. 

    C'est sans doute là où je dérape, et que Jack me reprendrait: il faut respecter les gens (même le barbu taré qui hurle "nique les juifs" ? ) et ne critiquer que ce qu'ils disent ou promeuvent, par exemple leur religion (quelle religion est-ce là qui ordonne de tuer les juifs ?). Clairement, pour pouvoir agir, et donc influencer (et très certainement, il influence) Jack respecte et parle posément sans qu'à aucun moment (ses revendications explicite d'être "algérien", non pas emigré mais en exil sont claires, et sans cesse réaffirmées) il ne soit dans la position "vous pensez cela donc vous êtes...". Il parvient, en toute circonstances, à n'évoquer que ce qui est dit. Cette absence de disjonction entre le dire et l'être, qui vérole toute discussion "ordinaire", y compris dans la très civilisée France, et qui vérole aussi les raisonnements,est une plaie cognitive qui épargne Jack , et qui fait de lui le "saint" que l'on révère. 

    Un point important est que Jack est écouté en Algérie et revendique participer (depuis le Canada où il vit à l'abri des centaines de menaces de mort qu'il reçoit tous les jours) à des débats qui ont lieu en Algérie, cela au nom d'un militantisme politique revendiqué comme Algérien. Algérien en exil, car sans doute déjà trop menacé pour vivre en sécurité en Algérie. Peut-être même est-ce cette influence en Algérie qui est son objectif principal. En tout cas, quel que soit l'importance de la Diaspora dans l'évolution des pensées et des moeurs, on peut garantir que celle-ci est en Algérie dans un état triste car son influence est soumise à l'arbitraire de l'État, en tête-à-tête avec le pire obscurantisme, malgré tout encore très répandu après une guerre civile atroce. On rappelle que celle-ci qui ne fut interrompue que par une amnistie générale qui fut trè douloureuse pour certaines victimes, forcée de cotoyer les assassins innocentés de leur famille... 

    Obscurantisme clairement présent en France et dont il faut se débarrasser, et peut-être (mais ce n'est pas certains)  que c'est Jack qui a la méthode la plus rapide...

    D'autant que le missile cognitif est redoutable. Le message de l'Islam Sunnite qui promeut une parole divine éternelle et immuable organise la sexualité avec les enfants et interdit la viande de porc. A partir de là, un certain nombre de questions sont incontournables, et devraient faire des ravages. Quelles lois instaurées par Allah sont ainsi encore valables et comment le savoir  ? Si certaines lois cessent d'être valables, cela n'est pas révélé, ce qui obère la révélation mahométane, censée être la dernière. De fait le principe même de la révélation de la loi, centre de l'orthopraxie musulmane cesse d'être valide au contact de l'élémentaire moralité moderne: pédosexualité, esclavagisme, tortures des voleurs ne peuvent qu'être mis en pratique (c'est l'islamisme radical) ou rejetés AVEC le reste du principe même de la révélation coranique telle que portée par l'islam sunnite officiel. Car réaliser cette contradiction est un facteur d'éloignement de la foi du charbonnier qui reste la marque de la fameuse "foi musulmane" célébrée que l'islamisme des années 2000  a beaucoup propagé. 

    Il est bien sur possible de se dégager du piège en adoptant diverses positions, dont la croyance partielle, disons raisonnablement identitaire, tactique propre aussi à bien des catholiques, la consommation religieuse se faisant "à la carte". Il existe aussi un "coranisme" qui se veut indépendant des hadiths et donc consacré "à la Soufi " à révérer le très obscur texte du Coran sans s'encombrer de déductions orthopraxiques. Et puis il y a, bien sûr la généralisation qui consiste à interpréter les textes et à les décaler systématiquement de leur sens littéral. 

    On ne peut par contre qu'admirer le point de vue de Jack Le Fou et sa façon d'aborder aussi bien la liberté d'expression que la relation avec les gens. Débatteur manifestement formé, il se focalise (un seul argument, s'il vous plait) et se concentre sur des points marquants (souvent les mêmes, d'ailleurs) avec obstination et autorité. En fait, il a une expérience colossale : des centaines d'heures de débat répétant le même type d'interaction dont il est passé maitre. 

    Une manière pour lui d'exprimer son combat: les musulmans sont bien meilleurs que l'islam, et les pauvres habitants des pays musulmans où l'islam n'est appliqué que partiellement sont horriblement malheureux. C'est pour cela que les algériens veulent vivre ailleurs ! 

    (1) Un florilège des maïeutiques https://www.youtube.com/watch?v=1zCyekN1h6I

    (2) La chaine youtube de Jack le Fou https://www.youtube.com/channel/UC0K8Deh-xqGriu1OKP803hQ

    (3) un pétage de plomb d'anthologie : https://youtu.be/L_AzmAxl7k8

    (4) Eulogie https://fr.wikipedia.org/wiki/Formule_d'eulogie_en_islam

    (5) Les hadiths le hadith sur Aicha : https://sunnah.com/bukhari:5134

    (6) La terre plate https://contre-argumenter-l-islam.jimdofree.com/faux-miracles-scientifiques-du-coran/la-terre-en-forme-d-%C5%93uf-d-autruche-faux-miracle-scientifique-du-coran/

    (7) https://www.youtube.com/shorts/qzgoHwb0TjA

    (8) l'observateur  comment l'islam peut il tenir ? https://www.youtube.com/watch?v=gg7gZRbGBrI

    (9) https://streetepistemology.com/

  • Les valeurs de la République

    L'expression est omniprésente et constamment évoquée, quasiment rituellement à un point qui finit par devenir extrême.

    La réflexion sur le jeu en défense du gouvernement actuel mérite d'être tenue et en (1) on voit que l'adhésion d'un certain catholicisme à la critique de l'immigrationnisme a des conséquences sur ce sujet. Conséquences en fait extrêmes (la dissolution d'une organisation (Academia Christiana ne semblait pas très menaçante) mais illustrant certaines réalités.

    Deux aspects: d'une part le côté émergeant d'une certaine réaction identitaire qui s'associe au catholicisme, d'autre part, le côté émergeant d'un refuge spirituel du progressisme derrière une quasi-religion dont le fétiche (les valeurs de la République) devient visible en tant que tel. 

    L'identitarisme catholique a ceci d'intéressant en ce qu'il n'a jamais cessé d'être affirmé contre certaines tendances, les condamnations des jésuites à travers l'histoire illustrant le refus d'un catholicisme universaliste qu'on jugeait complice non seulement d'un absolutisme déjà rejeté au profit d'un embryon de démocratie, mais aussi d'un état étranger (sous Louis XV, l'Autriche) qui assumait un impérium catholique. La Nation française telle que conçue sous la Révolution et qui brilla longtemps d'un éclat particulier, est issu de ce rejet-là de l'universalisme catholique (pléonasme...). 

    Pourtant, l'universalisme jésuite, et cela précisément au XVIIème siècle fut condamné par le pape: il autorisait les coutumes chinoises à se manifester pendant le culte catholique. Le grand conflit de l'universalisme eut lieu à cette époque: l'accès à Dieu était-il universaliste au sens de la culture occidentale, ou principiel, traductible dans toutes les cultures ? Le débat traductible en Occident même au sujet des nations, ennemies ou attribut irréductible des différentes communautés catholiques, toutes issues de la conversion de rois barbares à la chrétienté. Ces nations ont-elles le droit de se protéger de l'arrivée en bateau de peuples étrangers ? Non dit le pape jésuite qui nous veut faire apprendre le tam-tam des missionnaires djihadistes qui débarquent par milliers. 

    Les "valeurs de la République", soumises à l'État de droit européen qui nous interdit de refouler les migrants qui arrivent, ont alors un rôle à jouer. Et apparaissent ainsi comme ennemies de la Nation, voire ce qui pourrait provoquer sa disparition ou sa fracture en camps ennemis qui se feraient la guerre. 

    Très dommageable en tant que tel, cette apparition ou cette transformation déshonorante d'un point commun à priori respectable, l'expression associée à "République" dont la valeur tient beaucoup à cette conversation entre mères et tantes des frères De Gaulle et de leurs amis peu avant la guerre de 14: "ils sont ... républicains"... Après la séparation entre l'Église et l'État, il y eut, au contraire de ce qu'on pourrait penser, et cela après l'affaire des fiches et même après l'affaire du 4ème maréchal qu'on avait vu ici, une réconciliation globale de toute la société, y compris la catholique, avec la République dont rien depuis, l'affaire de Vichy n'ayant été qu'un déshonorant mais provisoire épisode, n'avait entaché la réalité et surtout l'unanimité.

    Qu'on lui associe des valeurs n'a évidemment rien d'absurde en soi, et en conjuguant la chose avec l'indivisibilité de la Nation, on a bien le concept central d'état-nation républicain réunissant les électeurs autour de l'acceptation d'un pouvoir finalement consensuel choisi et accepté par tous au nom de son respect de ces valeurs, justement.

    Ce temps-là est-il en train de finir? D'inexpiables haines sont-elles en train de ressurgir ? 

    À ce point, les concepts d'"extrême droite" qu'agitent certains deviennent ainsi fétichistiques et pathologiques et on devrait parler de tout cela. On évoquera bien sur l'utilisation massive du qualificatif pour désigner l'ennemi idéologique flottant du wokisme triomphant, flottant car attribué à d'ex hommes de gauche ancrés dans des principes comme par exemple le nationalisme (principe de gauche s'il en est) et qui se voient condamnés malgré eux par l'universalisme progressiste. Car une pathologie démente est en marche et se répand comme la peste: le Journal du Dimanche confié à un journaliste certes conservateur, mais de bonne composition, fut dénoncé et qualifié tel : "extwème dwoate"...

    Les exemples se multiplient et alors que l'engeance se développe et crée une chaine youtube tous les jours (2), le wokisme dénoncé en permanence aux nouveaux convertis (un homme de droite c'est un homme de gauche agressé par des migrants ou dénoncé pour blague de cul filmée par le téléphone portable d'une maitresse mal ... traitée) devient le critère suprême du mal, une sorte d'idole pernicieuse pour l'extrême droite, le fossé qui clive, l'océan qui se creuse avant la guerre civile. 

    Réciproquement, la description apocalyptique du monde Woke en train de s'installer à l'Université, maintenant entièrement dominée, y compris les départements de mathématiques, et en proie aux innombrables thèses bidons des nouvelles femmes qui s'y installent en majorité, commence à faire vraiment peur.

    On se doit imaginer sans doute une nouvelle "zone de savoir" défiscalisée et surtout "privée" qui serait immune de cette affreuse vérole, laissant à quelques fonctionnaires le soin de garder les singes et les crabes. Haines inextinguibles ? La menace est là en tout cas, et la désaffection de la culture et du savoir a une réalité: qui peut se satisfaire des niaiseries décoloniales qui ont infecté Harvard, qui peut être assez con pour payer pour ça ? Quelle élite peut sortir de cela ? 

    En parlant de l'élite, de grandes questions se posent sur leurs responsabilités dans les malheurs du monde, et donc des malheurs qui vont nous accabler après que celle qui est en train d'émerger se sera entièrement saisie du pouvoir de nous gouverner. Déjà pratiquement ruinée par celle d'avant, la Nation attend impatiemment la nouvelle génération, ce qui suivra la lettre Z faisant vraiment très très envie... Que doit bien vouloir dire l'expression "valeurs de la République" pour de telles personnes ? Une infecte soupe de culpabilité décoloniale et d'écologisme délirant, construite sur le nouveau puritanisme de femelles castrantes. 

    Je voudrais faire ici état d'une théorie, d'un lien de cause à effet particulier, voisin de celui de "la mauvaise monnaie chasse la bonne" qui est celui du principe de "suboptimalité maximale".  Elle concerne les personnes et leur emploi des choses, qui quand elles se révèlent trop massivement de mauvaise qualité, conduit les personnes à les préférer en ce que leur contraire (les choses à rechercher) se trouve cachées et protégées avec efficacité, laissant ainsi le mal se répandre publiquement avec l'extension maximale. Alors qu'on accuse naturellement les personnes, leur attribuant l'essence mauvaise que l'on devrait réserver à ce qu'ils manipulent, soit les "mauvaises choses", on oublie alors que l'homme est bon et influençable et que les "élites" ont été simplement mal conduites et mal élevées, bref, qu'on leur a insuffisamment tapé sur la tête petits, quand ils se complaisaient exagérément à se rouler dans la merde... 

    Car ces fameuses "valeurs", que sont-elles sinon des formules morales dévoyées parlant d'assistance, de tolérance envers le vulgaire, d'oubli de l'histoire, d'égalité mal placée ? Leur association à la République, permettant d'ignorer ce qui fut à l'origine de la Nation qui s'est doté d'une régime politique comme un autre, tente de boucler la boucle et d'isoler l'épisode historique qui issu de la défaite, (la 3ème République) s'est auto détruit dans une défaite bien pire 70 ans après (en juin 1940). Car, la restauration miraculeuse qu'on considéra fasciste pendant toute la période où elle rendit vraiment service à la France (la Vème République gaulliste)  ne fut acceptée qu'utilisée par un roi nègre (Mitterand), protégeant ses bâtards enfant naturels ou trotskistes en déni, un traitre authentiquement d'une extrême droite dont il fut le fonctionnaire, puis authentiquement d'un socialisme dont il fut le fourrier, enfin vraiment cancéreux malgré son déni de l'être, au point de contaminer son pays par la lèpre du désespérant assistanat imposant l'imposition à mort. Sans parler de la monnaie et de la souveraineté abandonnée données à l'ennemi héréditaire en échange d'une dette illimitée. 

    L'élite dont on parle, assommée par ces valeurs-là, et surtout par l'absolue certitude que rien ne peut sortir d'une situation que personne ne songe à dénoncer sinon par des réformes bidons sans effets dont on se vante le coeur dans la main, a tout simplement renoncé, et profite des derniers instants de la vache vérolée en train de crever. 

     

     

     

    (1) le président d'Academia Christiana à Livre Noir https://youtu.be/KLkmfuxJCEkz

    (2) livre noir, omerta, vu du droit, reconquête, héméra, incorrectibles, bistrot liberté, sud radio, tocsin, 

  • Les chocs de civilisations

    On a lu Huntington, la bible de l'actualité présente et du multipolaire... 

    Bon en fait, il me semble que cette histoire de "civilisation" ne tient pas la route. Les conflits sont intercivilisationnels car entre proches et pi c'est tout. C'est aussi simple que cela. 

    Les "mondes" ou "civilisations" seraient : l'Occident, la Chine, l'Inde, l'Islam ? On pourrait le penser et dessiner des lignes de fractures, mais quid de la domination devenue agressive des USA sur l'Europe, du conflit entre Europe et Russie, entre Pakistan et Inde tous deux dans le monde Indien ET l'Islam ? Et l'Afrique? Combien de civilisations ? 

    Bref, il me semble tout à fait surprenant, voire incroyable qu'on puisse considérer les fractures du monde comme "culturelles". La pitoyable tentative de considérer les conflits internes comme locaux (le Rwanda pille le Congo au nom d'intérêts clairement qui ont un impact mondial et aussi le conflit Vietnam Chine reste latent avec des impacts possibles tout aussi latents) est absurde: dans un monde multipolaire, c'est bien au contraire les stricts intérêts économiques et nationaux qui deviennent prioritaires, introduisant les affaires du monde à la notion de "transaction", ce qui le rend infiniment plus complexe et dangereux. 

    Les transactions sont des contrats implicites ou explicites passés avec des amis et des ennemis dans un enchevêtrement qui peut donner le tournis. Israël traite avec l'Azerbadjian pour menacer l'Iran. Ce sont deux pays chiites en compétition, et la Turquie soutient les frères musulmans pour détruire Israël qui traite avec l'Arabie Saoudite  pour contrer l'Iran. Ce sac de noeuds n'est absolument pas un conflit de civilisations !!! 

    D'autre part, les civilisations sont non seulement mortelles mais aussi en crise prolongée. L'Islam, dont personne ne conteste la civilisation, le couscous et la chicha en sont les marqueurs, est en crise aigüe depuis le XVIIIème siècle, et malgré les efforts de Bonaparte (qui contempla effaré le Sphinx noyé dans le sable) de Mehemet Ali et même de Laurence d'Arabie, la situation n'a guère évolué en fait: coincée par le tribalisme qu'elle n'a jamais vraiment maitrisé, l'Oumma à venir ne sera ni arabe, ni turque ni persane ni même Oumma du tout ! Le rêve fondateur, que l'on avait cru réanimé, aussi bien par les nationalismes que par les religiosités terrorisantes n'en finit plus de n'apparaitre que comme chimère de fumeur de haschich. En crise structurelle permanente, et capable même de la résoudre par redirection des intérêts vers des vrais enjeux, enfin entre aperçus par des dirigeants qui finiront par se renouveler. Turquie, Iran, Arabie Saoudite, quel jeune homme apparaitra pour changer des donnes qui franchement lassent ? 

    Considérer l'Islam comme "civilisation" en conflit (avec qui ?) si en plus on prétend y ajouter Pakistan, Bengladesh et Maghreb en fuite à travers la méditerranée poursuivi par d'avides et prolifiques noirs est tout simplement débile. 

    Huntington a à demi -raison: la politique internationale est devenue multipolaire, mais certes pas multicivilisationnelle, sinon par le fait évident que parmi les nombreux pôles, il y en a qui appartiennent à des bassins culturels différents. 

    Un autre aspect est que les bassins culturels sont en fait différenciés et mixés. L'exemple de l'Amérique du nord, clairement civilisationnelle à elle seule, se différencie de l'Europe assez nettement : sous influence mais pas entièrement et au combien le vieux continent reste traversé par des conflits incompréhensibles au nouveau. La question russe en est l'illustration éclatante ! 

    Huntington parle de l'Ukraine et de la Russie en termes intéressants, toutefois, situant une frontière civilisationnelle au milieu de l'Ukraine, ce qui devrait selon lui primer sur la prédiction de Mearsheimer, qui lui, voyant deux États sans frontières naturelles, voit primer la question de la sécurité, grosse de guerre possible. Ce qui s'est produit ! Huntington est donc réfuté sauf que la nouvelle frontière passera précisément par la séparation entre le monde orthodoxe et le monde catholique, enfin marquée nettement... Qu'est-ce qu'on rigole: les classifications à priori faites dans le langage ne sont rien face au réel, ni dans un sens ni dans l'autre. Ce qu'il y avait de "russe" dans la partie de l'Ukraine qui vient d'être arrachée est-il civilisationnel ou tout simplement anthropologique ou pire issu d'un racisme galicien qui n'a rien de civilisationnel  ?  On ne peut dans tout cela oublier les circonstances... 

    Cela étant, il y a bien des notions d'identité, d'appartenance décisive et de représentations qui unifient les groupes humains à certaines occasions, on vient de le voir. Si ce ne sont pas des civilisations, qu'est-ce que c'est ? 

    La réponse sous forme de geste d'humeur faite ici répondra "ça dépend" avec hauteur, et comme indiqué, d'abord des circonstances et des contextes.

    Un point intéressant permet d'éclairer les choses: bien que "populaires" et marqués par des faibles revenus, les immigrés vivent en fait un enrichissement rapide par rapport à leurs origines et sont donc naturellement mondialistes, ce qui les différencie nettement des milieux ruraux, eux victimes du phénomène contraire.

    On voit là un magnifique exemple de "causes multiples", la séparation civilisationnelle étant effectivement cause d'un marqueur de différences de situations sur l'axe des progrès perçus, qui apparaissent comme des mises en opposition complexes... 

    Appartenance

    Un autre point est ce qu'on pourrait appeler le "sentiment d'appartenance" à la fois infra et extra civilisationnel et qu'on peut relier à la "fraternité" telle qu'elle apparait dans la devise de la République. La fraternité est ce qui correspond au sentiment qui cimente la Nation: celui qui délimite les frontières de la solidarité. Il y a un dehors et un dedans, et le mot solidarité recouvre toute l'aide qui permet de vivre au-delà de sa famille immédiate. 

    Indépendamment des civilisations, les sociétés humaines se différencient suivant les types d'"appartenance" (on se permettra de conceptualiser, là). On a d'abord l'appartenance à la famille étendue, système communautariste minimal propre à la ruralité dans certains types anthropologiques, les systèmes communautaires d'Emmanuel Todd. Dispensateur de biens et d'assistance, ce système a ses mérites et ses limitations. 

    On a aussi l'appartenance tribale, extension extrême de la famille étendue, et fournissant hiérarchisation et organisation régulée de celle ci. Elle est le système premier des sociétés humaines, et la fixation identitaire qui lui est associée, extraordinairement puissante, voire fondamentale. 

    Il y a l'appartenance nationale, récemment apparue et fondamentalement différente de la tribale, car régie par des conventions écrites et ne pouvant se dispenser de lois. Apparue récemment dans l'histoire de l'humanité, on pourrait dire qu'elle fut inventée par les hébreux, le nationalisme juif issu de ses traditions religieuses législatrices et légalistes étant manifestement l'origine enviée de ses imitateurs occidentaux, jaloux et envieux. 

    La démocratie athénienne, issue d'un monde tribal et dont l'appartenance à la cité, forme localisée du tribalisme reste l'essence de l'unité ne peut être qualifiée de "nationale" au sens où elle n'accorda pas le droit de cité aux autres cités, par définition, dont elle faisait des vassales au point de devenir impériale au mauvais sens du terme. Rome fut impériale et y réussit, comme empire. 

    L'empire est la forme réussie du tribalisme, dans ses aspects complexes et subtils. Toujours basé sur une centralité historique (qui choisit ainsi l'ethnie de l'Empereur) qui tout en masquant sa domination ethnique cherche à ménager et à autonomiser ses dominés, eux-mêmes contents (et jaloux) de leur sort tant que certains équilibres sont respectés.

    Les empires dégénèrent en nations quand le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" se manifeste enfin, et que l'exigence de la souveraineté se met à gratter (tel un prurit) les peuples en question.  Le XXème siècle vit disparaitre plusieurs empires, et l'empire russe deux fois, ce qui n'empêcha pas une 3ème reconstitution impériale, la Russie restant une fédération incluant la Tchéchénie qui elle-même se révolta, puis rentra dans le rang. 

    L'empire est ce qui permet à des peuples différents de partager un gouvernement, la particuliarité étant maintenue et jalousement défendue dans les frontières régionales: la France en serait-il un avec la Corse, la Guyane les Antilles et Mayotte ? On y est presque bien que légalement on ait plutôt une territorialisation et une autonomie de commodité réduite à des petits peuples insulaires.

    Le djihad du quotidien

     

    On en vient à la théorie de Zemmour, qui décrit l'installation en France de l'Afrique musulmane comme un djihad "du quotidien" délinquant, et assimile la violence africaine à une guerre de conquête, la violence délictuelle traduisant une soustraction du peuple islamisé du droit commun autorisant le pillage de l'ennemi, le non-musulman méprisé que l'on veut soumettre. Sans remettre en cause certaines incompatibilités entre des systèmes culturels trop différents, je crois que la théorie du djihad du quotidien, adossé sur le concept de guerre des civilisations ne tient pas telle qu'elle est exprimée ici.

    D'abord parce qu'il y a les Marocains et les Algériens et ensuite parce qu'il y a les africains noirs: le projet musulman n'est pas un projet cohérent actif au dessus des civilisations et ne peut pas  l'être: trop diversifiées  les populations immigrées ne représentent pas un islam civilisationnel mais des populations déracinées inassimilables. Potentiellement manipulables par des organisations criminelles constituées cela est certain, ces populations ne sont délinquantes que socialement du fait de leur inassimilation; par définition la délinquance est soustraction au droit commun, et pratique de la violence. La surreprésentation de ce mode de  vie n'est pas "civilisationnelle", elle est structurelle et commune à toutes les civilisations. Surreprésentée en France chez les migrants africains ? Pourquoi pas, mais ce n'est pas leur civilisation, c'est le contexte de leur présence: historique, social, situationnel.

    Il est tout en ayant pu ne pas être: cette essence du contexte, imparable, ne peut se nier de part la critique d'une définition contestable de ce qu'est une civilisation et de son rôle sur les comportements, elle ne peut se nier de par le déni des chiffres, connus et imparables et que nous avons devant les yeux: surreprésentation au chômage et en prison, religiosité revendicative de visibilité et de clivages culturels, désaccords sociétaux. 

    La situation est mauvaise, et il faut rompre avec ce qui l'alimente, en soi: l'immigration de masse doit être arrêtée. 

    Surtout qu'il y a les enquêtes. En gros, pour l'instant, il n'y a aucune sécularisation de l'immigration musulmane, au contraire: le hallal se généralise et la fracture s'accentue. On en est à 75% de demande de visibilité, ce qui signifie que le bon grain qui veut bien s'assimiler tranquillement change peu à peu d'avis. Un conflit culturel s'installe, partiellement motivé explicitement par une volonté de faire respecter une foi particulière. 

    Soral

    Et puis il y a la théorie de l'Égalité et de la Réconciliation, le fameux thème Soralien qui consiste à imaginer une sorte d'union sacrée créolisée contre la seule chose qui s'y opposerait: les juifs. Car la distinction comme on dit, est insupportable pour des mondes qui se proclament à bon droit "civilisés": civilisés contre barbares ? civilisés contre civilisés dans des guerres non déclarées ? Non ! On ne se réconcilie pas quand on refuse d'abandonner ce qu'on est, et certainement pas contre un ennemi soit disant commun: une nation ne se divise pas. Et certainement pas en se divisant encore plus et de la plus laide des façons. La position soralienne, vicieuse et contradictoire déplore la massification immigrée mal faite, et ne veux n'y pallier qu'en l'acceptant au nom du refus de l'être juif, lui indéboulonnable mais qu'on veut arracher quand même au nom de la vraie douleur.

    Cela est promis à l'échec : la créolisation n'aura pas lieu, et il faut rompre avec le nouveau peuple venu à tort. Et pour ce faire, ce n'est pas la réconciliation qu'on obtiendra, mais l'immense douleur des après guerre civile, qui durent des siècles. 

     

     

  • Les prophètes

    On a lu "Prophète en son pays" de Gille Kepel, livre testament de la carrière qui s'achève d'un "orientaliste" prolifique que j'ai suivi 30 ans et à qui je n'avais rien compris...

    D'abord l'homme viré de Sciences Po par Richard Descoings le drogué déjanté qui peupla la rue Saint Guillaume d'immigrés sélectionnés pour cela et de Normale Sup, (c'est la fin de sa carrière) par Frédéric Worms le fils du banquier de chez Rotschild spécialiste de Bergson et affidé au maoisme woke qui règne rue d'Ulm. Il fut bien sur l'ennemi d'Alain Gresh, du monde diplomatique, le frèriste connu, par ailleurs fils d'Henri Curien.

    Il fut l'ennemi d'Olivier Roy dont il ne lasse pas de dire qu'il n'est pas arabisant (spécialiste de la guérilla afghane, Roy est surtout un baroudeur farsi) et s'oppose radicalement à la thèse funeste de l'"islamisation de la radicalité" promue par l'un des responsables d'un aveuglement français qui laissa prospérer de funestes propagandes, jusqu'au Bataclan (300 morts et blessés quand même). Bardé de millions européens, Roy récupéra des thésards de Kepel et finança des études de fréristes bien informés... De manière générale Kepel répète en boucle la nécessité absolue de parler arabe et l'illustre de toutes les manières possibles en se plaignant à de multiples reprises de l'ignorance organisée qui règne maintenant en France... 

    Kepel vota Hollande, note que celui-ci fut élu grâce au vote communautaire musulman (80%) soit 1,1 million de voix, lui fit un rapport de 500 pages après une mission dans 18 pays arabes, rapport mis au rebut, et les conseillers entendus décriront le djihad en Syrie comme "notre guerre d'Espagne" contre Assad. Et ce furent des islamistes anti Assad qu'on aida finalement et même s'ils furent ennemis de Daech, qui nous assassina, ce fut bien Assad et les Russes ses amis qui les combattirent le plus efficacement. De fait, Kepel ne fait pas la différence entre Daech et les autres islamistes, et même si il y eut bien des islamistes francophones, leurs méfaits en France restèrent mesurés, et leurs exploits surtout au moyen orient, tout à un rêve internationaliste caractérisé, assez différents de celui qui animait Al Qaida, bien plus mondialisé. Daech fut original et Kepel ne nous dit pas pourquoi.

    En gros, l'islamisme divise le monde en deux, la partie soumise et la partie des mécréants avec qui on peut faire un contrat quand on ne lui fait pas la guerre. L'Occident est passé du contrat à la terre de soumission: les musulmans doivent maintenant y respecter la charia et les femmes doivent se voiler... La théorie était mal connue: on veut juste nous soumettre. C'est comme l'histoire du "de" et du "en" France des frères, qui passèrent du "en" au "de" pour les mêmes raisons. Cela commença lors de la fatwa de Kohmeiny en 89: une fatwa s'applique au monde entier, donc débarrassé des mécréants. 

    Kepel parla de "fréro chiisme" pour qualifier les deux islamismes sunnites et chiites et leurs points communs, voire leur complicité.  A ce propos, Kepel évoque le fait que les frères furent chassés de Turquie (et presque du Qatar soutien historique des frères) sous la pression du golfe et que ceux-ci, subventionnés par l'Europe, y sont maintenant installés comme au paradis et inspirateurs de bien des universitaires, Kepel ajoute "au détriment de votre serviteur". 

    La sourate préférée de Qaradawi est bien 8:60, le verset de la terreur: 

    "Préparez, pour lutter contre eux, toutes les forces et la cavalerie que vous pouvez mobiliser, afin d'effrayer l'ennemi de Dieu et le vôtre". "Effrayer" c'est bien "terroriser", "terrifier". Le terme "terreur" est ainsi perçu positivement dans ces milieux. 

    C'est pendant l'ère Chirac que s'installèrent des tchéchènes, dont les familles de nos deux assassins de professeurs: la légende du tchéchène qui aiguise son grand couteau, racontée aux petits Russes, fut rappelée par Chirac le russophone, à l'époque. L'assassin de Dominique Bernard, encore enfant fut récupéré par les humanitaires sur le tarmac de l'expulsion.

    L'origine des émeutes de 2005 ? Non pas la mort des deux jeunes, mais le gazage accidentel d'une mosquée. 

    D'autre part, il aida Macron, la théorie de la volonté des djihadistes de mettre l'extrême droite au pouvoir pour mieux motiver les brigadistes étant mentionnée avec Gilles Kepel comme référence lors du débat...

    Kepel est porteur d'une compréhension littérale (il voyage et interroge partout, y compris dans des zones dangereuses, puis écrit un bouquin qui rapporte, ce qui est cause des jalousies universitaires dont il est victime, malgré son dévouement à réécrire les thèses en mauvais français de ses étudiants...): il enquête et informe, mais "froidement": c'est l'image que j'ai de lui, le glacial spécialiste qui ne prend jamais parti... Et puis il fréquente, en orientaliste distingué, les grands de ce monde, comme par exemple le prince saoudien MBS, surpris qu'un européen parle arabe et qui l'invite à voyager à sa guise dans le royaume, pour donner son avis sur une modernisation projetée, alors que l'orientaliste est condamné à mort dans son propre pays par de très délirants inspirés de l'hérésie saoudienne... Qui plus est, le visa saoudien, refusé des années par le cousin hostile de MBS fut accordé quelques jours avant l'éviction de celui-ci. 

    Et puis, il y a Israël, et la condamnation étrange de la provocation d'Ariel Sharon, à l'origine de la première intifada, qui osa monter sur l'esplanade des mosquées pour gagner une élection contre Ehud Bark, l'organisateur du sauvetage d'Entebe. Celui-ci voulait un peu trop faire la paix, sans doute...

    Kepel qui n'est pas juif, mais cru tel par tout le monde, a en fait un tropisme arabe du fait de sa proximité linguistique: amoureux des blagues du petit peuple égyptien, passionné à tous les sens du mot par l'Orient compliqué, il est le témoin et le graphiste de 40 ans d'aveuglement français devant l'islam et ses évolutions. Il mentionne pourtant le noeud de l'affaire: les vieux blédards soit disant intégrés qui refusèrent par indépendantisme de faire de leurs enfants des français, qui furent mis au chômage par les arabes du golfe dont ils adoptèrent finalement l'hérésie religieuse bigote et radicale au point de mettre en danger un pays qu'ils haïssent et dont les habitants, contrairement à Kepel, les détestent aussi. 

    Kepel semble déchainé et sa froideur universitaire semble tempérée par la frénésie humoristique et déjantée du révolté: il dit qu'il s'en fout et qu'il va tout dire, depuis la déploration de l'arrêt de l'enseignement de l'arabe, jusqu'à l'incompétence et la bêtise des dirigeants politiques corrompus et ignorants. Une sorte de créature de Frankenstein se lève. 

    (1) Institut Diderot conférence https://youtu.be/aWsk1wlpCTQ

     

  • Les guerres de 14

    general de Castelnau ? Ww1, Horses, Portrait, Animals, World War ...

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  • Les liquides (Bauman)

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  • Les préfaces de Kant

    À l'occasion de l'édition commentée par Paul Clavier de la deuxième préface de kritik, quelques points nouveaux à remarquer...

    Nouveau? Pour moi... 

    D'abord le paysage dogmatique que Kant renversa. Descartes en est bien sûr l'initiateur et Leibnitz continua. En gros, Dieu est indispensable au système philosophique, comme garant de la vérité (Descartes) ou de l'harmonie préétablie (Leibnitz), ensuite tout se déduit de la raison, maths ET physique. 

    Pour Descartes, tout se déduit des maths, en fait on déduit le monde du général au particulier et il n'y a de vérité que claire et distincte, garantie par Dieu. Les idées et principes sont ainsi aussi dans les choses, données complètement et clairement. C'est pour cela qu'on est maitre de la nature et la réalité du monde ne vient pas de la perception, on a un rationalisme et un idéalisme. 

    Kant est donc celui qui pose la question de la connaissance possible et cela sans Dieu pour la rendre vraie. Mais son point de départ est surtout de l'opposition vaine entre Wolff et Hume. 

    L'un sans perception, l'autre avec uniquement la perception. 

    Wolff fait ainsi de la philosophe la science des possibilités, exclusivement basée sur le principe de non-contradiction, il en déduit même le principe de raison suffisante, (et donc Dieu, tant qu'il y est). Voilà la grande idée dite rationaliste: la physique et le monde sont comme ça et pas autrement et on peut les déduire de l'ontologie. Magique ! Pour qui appréhende la grandeur de l'ambition, se lève une grande envie, celle de la grande idée ! On a là une illumination qu'on pourrait dire cartésienne car elle est l'immense exaltation de l'esprit philosophique moderne qui réalise sa puissance d'auto-affirmation. Faut comprendre. 

    Pour les empiristes, passionnés exclusivement d'expérience, c'est le contraire : seule l'expérience peut déterminer le raisonnable. Hélas facilement soumis au scepticisme, la conception reste fragile et paradoxale et la guerre entre les conceptions de la philosophie totale. Un champ de bataille pour la métaphysique... 

    On pourrait dire entre Leibnitz qui intellectualise les phénomènes et Locke qui sensibilise les concepts... 

    Mais Hume en détruisant la métaphysique dogmatique avec son tout expérimental réveille Kant "de son sommeil dogmatique". 

    Contre Hume, Kant refuse le tout expérimental qui empêche toute généralisation et donc toute vraie connaissance. Mais son modèle pour l'expérimental est Newton, qui induit les lois de la nature depuis les phénomènes. Le rationalisme est donc inductif (et non déductif) et c'est toute l'affaire. C'est l'immense succès des sciences qui est donc le guide de la méthode kantienne.

    On commence donc par une "méthode" qui vise à obtenir une connaissance d'un type particulier, car "transcendantale", c'est-à-dire connaissance de la manière de connaitre. La "critique" est l'exercice et l'obtention de cette connaissance, par essence non expérimentale et donc "a priori". Cette critique n'est pas faite par les dogmatiques possédés par le pouvoir de la raison assimilée à la logique. 

    On considère alors la différence et distinction fondamentale entre sensible et intelligible, et donc in fine entre phénomène et noumène, les choses réelles, inaccessibles, étant différentes de ce par quoi elles nous apparaissent tout en restant pensables. L'apparition et la représentation des choses va donc dépendre de nous, le mystère de l'adéquation de ces représentations avec le réel restant entier, et le demeurant de nos jours. Le successeur de Newton qui fonda toutes les physiques modernes (elles sont 3, dont deux relativités et le quantique) Einstein l'a assez dit: l'incompréhensible et que les choses soient compréhensibles.

    La représentation ne contient donc que ce qui affecte le sujet, et le phénomène est une façon d'apparaitre. 

    A ce point on rentrera dans la critique et considèrera la vraie métaphysique, celle de la pensée pure, et de ses concepts a priori (causalité, quantité, temps) dont on doit autoriser l'application aux objets sensibles présents dans l'intellect par la représentation. 

    L'objet de la critique est alors d'examiner ce qui rend possible l'application du "non expérimental" (concepts purs) aux choses perçues du réel, autrement dit, la possibilité d'un savoir a priori (non expérimental) et synthétique (construit).

    On se retrouve donc avec un savoir qui fait obéir le sensible à l'intérieur de moi à mes principes intérieurs, le sensible se subordonne aux formes de ma sensibilité. C'est la forme suprême de l'adéquation du réel aux principes de mon entendement et aussi de ma soumission via l'obéissance à ces principes à la possibilité du réel. 

    La distinction analytique(explicatif)/synthétique(contenu) est ce qui permet à la métaphysique d'exister, c'est-à-dire d'être un vrai savoir (créateur de contenu, donc synthétique) tout en étant hors de l'expérience (a priori). On remarquera bien sûr que TOUS les jugements analytiques sont a priori. 

    L'accord des choses avec notre capacité à connaitre est présupposé a priori même s'il est reconnu comme contingent, mais par contre, assuré par le succès des sciences... 

     

  • Les Daechs

    À l'occasion de la crise actuelle, un franco italien spécialiste des frères musulmans nous explique le monde (1). 

    Allons y vite: le "globalisme" (dixit Del Valle) est une idéologie qui se situe en Occident comme les Djihadistes universalistes (Daech, Al Qaida)  en Islam. Elle promeut le LGBT, certes, mais pas que. Elle veut la mort des nations et instaurer dans un empire uniformisé la loi de l'individu calculateur, ce que le pauvre Michéa appelle le "libéralisme", la pauvre Stiegler le "néo libéralisme" et De Villiers le "Puit du Fou" (je rigole). 

    Car le vrai clivage n'est bien sûr plus la ridicule, discréditée et inexistante question sociale, mais plutôt l'identitarisme, le rattaché au local national et religieux, évidente arme des partisans du monde multipolaire qui s'installe aujourd'hui contre des USA déclinants, d'autant plus acharnés à rassembler son camp (en prenant définitivement la main sur l'Europe) qu'ils commencent à avoir peur. 

    Le petit aller retour sur Ursula Van der Lyen, en conflit avec la constitution européenne (elle la piétine en faisant ce qu'elle veut, euh ce que les US lui ordonnent) et qui doté d'un mari entreprenant poursuivi en Italie pour fraude aux subventions européennes (2) (3). Agent de la CIA, Jean Monnet ne peut plus se cacher dans son cercueil: l'union européenne dont on nous parle avec des sanglots dans la voix était bien le moyen globaliste pour asservir une Europe discréditée à jamais par le nazisme et donc à priver de toute souveraineté. Les barbares germains doivent être asservis, et d'ailleurs, c'est fait... 

    La renaissance de l'OTAN, voire sa résurrection, est en le signe définitif et la guerre en Ukraine le marqueur définitif de la soumission infernale d'une génération entière à l'impensable. 

    Mersheimer, Brezsinski, Kennan, Friedmann sont les géopoliticiens américains qui ont décrit la situation à l'époque soviétique: qu'en est-il en Europe ? Rien que l'effroyable servilité d'élites élevées " Rome" (les young leaders) .

    Que ce soit un Italien qui nous parle des moeurs mafieuses, ou des gallo-romains maniérés plus romains que les romains et d'autant plus ridicules aux yeux des romains eux-mêmes représente l'intérêt des localismes nationaux; il nous explique aussi que contrairement à ce qu'on croit en France, Melloni est en fait de "centre droit" et bien sûr parfaitement européanisée, elle est amie d'Ursula. Viva Italia ! 

    L'une des morales des lucidités qui s'expriment via Youtube (merci Google de m'espionner) est donc l'absolu cynisme du monde et le fait qu'on ne doit concevoir les choses qu'à partir des intérêts et volontés des acteurs. 

    Par exemple, qu'est-ce que le terrorisme sinon par l'organisation à distance de meurtres ignobles une communication envers les médias et les nations bien plus efficaces que tous les moralismes et toutes les publicités ? 

    Del Valle conclut: j'étais européiste mais pas fédéraliste, j'ai changé: mort à l'Europe. Mieux ! La soumission à l'Europe signifie la mort de la souveraineté, et cette odeur de pourri attire les vautours: "l'Europe est en voie de putréfaction" dit Erdogan. 

    Ainsi donc, il faut rejeter, moquer, détruire et punir les slogans infâmes: "l'Europe c'est la paix", "Les nations c'est la guerre", "Souveraineté européenne". Signes ignobles de l'asservissement et de la ruine. 

    Mais avant cela, le principe fondamental de tous ces intellectuels passionnés de cette discipline qui fait pièce à  l'histoire, la géographie et la démographie, la "géopolitique" dont on fait les "géopoliticiens" (terme ridicule au demeurant), caractérise d'abord le monde sous l'angle de la Nation, ce concept fondamental de la réalité que toute la culture européenne a abandonnée pour notre malheur. 

    On a lu Walzer. 

     

     

     

    (1) Del Valle pète les plombs. https://www.youtube.com/watch?v=-4Bp1rY_Jls

    (2) https://lecourrier-du-soir.com/gros-scandale-la-commission-europeenne-blanchit-le-mari-de-von-der-leyen-qui-a-touche-320-millions-de-lue/

    (3) https://lecourrier-du-soir.com/coup-de-theatre-la-societe-du-mari-de-von-der-leyen-qui-a-recu-320-millions-de-lue-etait-inactive/