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FrancoisCarmignola - Page 2

  • Les trinitarismes

    On avait glosé sur le grand mystère (1), et abordé l'"analyticité" du concept qui, il faut le dire, continue de fasciner. 

    On a donc lu (2) et compris qu'entre modalisme et subordinationisme, il y avait une montagne difficile à escalader... 

    En gros, il y a deux directions: celle de l'origine du haut en bas, quand sont "processés" les hypostases, avec comme inconvénient de les subordonner, et celle de la communauté de bas en haut, qui maintient par contre des différences, des espèces de modalités... 

    Asymétrie sans hiérarchie et réciprocité avec différences, telle est la complexité de la chose, entière...

    Thomas d'Aquin avait abordé une définition de concept assez habile, arrivant à insérer la foi à l'intérieur de la définition du concept, qui célébrait au nom de la raison l'unicité divine, tout en lui rendant inaccessible le fait de foi de la différence entre les personnes. Il n'en promeut pas moins néanmoins l'idée d'une "relation subsistante", la relation est en Dieu subsistante, tout comme l'essence divine... 

    Sans vouloir ici diminuer l'insolubilité du problème, qui reste entière, on continuera de regarder le concept complexe, doté on l'a vu d'une complexité interne, donc d'une vie propre. A-t-on un élément fondamental de la vie raisonnable posant en unicité une structure ternaire ? Un beau mystère ? 

     

    (1) LA trinité http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2017/09/09/la-trinite-5978151.html

    (2) Yamamoto https://www.academia.edu/25111007/R%C3%A9ciprocit%C3%A9_et_asym%C3%A9trie_Une_nouvelle_typologie_de_deux_mod%C3%A8les_de_la_th%C3%A9ologie_trinitaire_2010_?email_work_card=view-paper&li=0

  • Les Munichs

    Munich, c'est l'abandon des sudètes à Hitler. Exactement ce que suggèrent les "pro poutines", au demeurant peu nombreux, inaudibles, déconsidérés et dénoncés comme "collaborateurs". 

    Les sudètes, ce sont les allemands de Bohème, assemblés en partis pro reich dans les années 30 et que Hitler réunit au Reich en septembre 38 après les accords dits de Munich qui abandonnent la Tchécoslovaquie à son sort pour sauver la paix. Les 3 millions de sudètes allemands furent expulsés en 1945. L'amour allemand pour les réfugiés vient en partie de là (pardon pour la remarque).

    On a lu (1) et l'argument est massif, majoritairement repris par tout l'occident, tout comme il avait été repris lors de l'invasion du Koweit et bien sûr lors de celle de l'Irak lui même, (mais cette fois avec des critiques): Munich! Munich ! 

    Fêtés comme des héros à leur retour, les négociateurs de Munich, qui venaient d'empêcher une guerre, laissaient Hitler s'étendre en Europe sans rien résoudre, sans rien réparer de bien pire: l'Anschluss (rattachement) autrichien (mars 1938) venait d'avoir lieu et consacrait donc le "droit des peuples à disposer d'eux même", constituant au coeur de l'Europe un État militarisé sur puissant, idéologiquement menaçant, porteur d'une doctrine raciste publique et manifeste effarante. Un an après, c'était la guerre. La plus terrible de toutes. 

    Vladimir Poutine, nouvel Hitler ? Il semblerait que non, pas du tout en fait. 

    L'Ukraine est d'abord un pays corrompu qui a laissé les passions politiques dériver dangereusement au point de tolérer des partis nationalistes ouvertement militarisés et pro nazis, célébrant des souvenirs insupportables à toute personne sensible à l'histoire: oui, la dernière passion nationaliste Ukrainienne fondatrice est celle de Stepan Bandera, organisateur de l'ignoble pogrome de Lviv en juillet 1941, date d'anniversaire de l'une des "indépendances" Ukrainiennes, courtes périodes, généralement sans vraie souveraineté, où une nation improbable balbutia dans l'histoire... 

    Il y a trois "Munich" dans cette histoire: 

    D'abord la guerre civile ukrainienne, quand traités de "sous hommes", martyrisés par des milices néo nazies, et privés de leur langue, un peuples se sépare par la force. La "novya russia" , soit le sud et l'est de l'Ukraine est russophone, anthropologiquement et culturellement russe, et même si partiellement issu de transferts de populations récents, attachés majoritairement à la Russie. En Crimée comme au Donbass, le droit des peuples à disposer d'eux même a parlé. Laisser un pays atrocement corrompu écraser revanchard un séparatisme désespéré en profitant des subsides d'une puissance envahissante exclusivement préoccupée de sa domination militaire, subventionnant tueurs et expériences biologiques illégales, ne serait pas "Munich" ? 

    Ensuite la lutte des USA pour l'hégémon mondial. Engagé dans la conquête et la domination du monde, l'Amérique a construit une autorité qui inclut la totalité du monde, et qui avait vocation au moins un temps à englober aussi une Chine démocratique, par nature opposée à une dictature qu'on pensait dissoudre par la corruption et l'économie. 

    Le monstre qui en est issu parfaitement puissant et autoritaire est l'objet de la grande confrontation à venir, qui met en cause les tréfonds des peuples: on sait que la Chine se libèrera. Pour l'instant, elle n'est que réveillée, dans les mains puissantes d'une empereur encore jeune et qui prend son destin et celui de son pays en mains. 

    La Russie devait faire partie du camp du bien, à condition d'oublier sa grandeur et de se ranger comme démocratie soumise dans l'impérium. Elle l'a refusé, à cause d'un Poutine qu'il faut maintenant diaboliser et qui semble le seul porteur du virus de l'indépendance... Adolf Hitler en personne ? Par une politique agressive et revancharde, méprisante et hostile, l'Amérique essaye d'affaiblir, d'isoler et d'encercler la Russie et utilise pour cela la réunion militarisée de tous les pays d'Europe, en particulier les pays de l'Est, encore traumatisés par les cinquante ans d'occupation soviétique. 

    Parmi eux, le centre de gravité, le nombril: l'Ukraine, ex soviétique, martyrisé et au combien par Staline, mais bien plus qu'une colonie, un membre de l'empire, une partie de la Russie... L'enjeu géo politique était là, à capturer. Le laisser se rattacher à l'Europe cela aurait été pour la Russie, "Munich".

    Enfin, la soumission Européenne. Acquise et décrite, entretenue et payée, et surtout établie sur la culpabilité allemande, elle (l'Allemagne) a utilisé l'OTAN pour se dispenser de se payer une armée et exploiter un interland qui était celui du 3ème reich, Ukraine comprise (son fournisseur de putes et de mères porteuses). Elle a aussi tenté de planifier le plus tard, le long terme de l'alliance Russe, construite sur le business model fondamental: des contrats à long terme pour la fourniture à TRÈS bas prix d'un gaz en quantité illimitée source d'une expansion industrielle majeure, destinée à dominer le continent déguisée en Union Européenne, en fait un 4ème Reich sous son exclusive domination, les autres puissances, finalement réduites à rien par leur corruption et leur impéritie ne pouvant qu'être ses valets, ses futures zones de vacances et d'emplois: France et Italie, en phase terminale, comme en 38, signant "Munich", contents. 

    L'hiver arrive, et il n'y aura pas de gaz pour faire tourner les entreprises allemandes, celle qui font la richesse du pays phare de l'Europe, le seul qui puisse garantir les monstrueux emprunts contractés par ses satellites, et qui est maintenant réduit à arrêter son industrie, paralysé par la guerre qu'il a déclaré à son principal fournisseur d'énergie. 

    Sur ce point, il est sûr, l'Allemagne n'a pas fait "Munich": beau courage, et sa victoire sur la Russie n'en sera que plus glorieuse. Ou pas: de fait, soumis aux aventures hégémoniques des USA, l'Europe pour la troisième fois de son histoire, se suicide sous les yeux ébahis du monde en causant par bêtise, et par corruption, sa propre ruine au nom de ses propres idéaux. 

    (1) https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/10/07/ukraine-qui-sont-les-veritables-munichois-par-caroline-galacteros/

  • Les inventions

    L'histoire de l'humanité est remplie de bizarreries invraisemblables.

    La roue, inventée à Sumer 4000 ans avant JC, resta inconnue des Egyptiens pendant 2000 ans. Alors qu'elle resta inconnue des amérindiens on trouva pourtant des jouets dotés d'un axe indiquant que les enfants trainaient des animaux à roulettes... 

    Le soc des charrues, (une pièce en V éjectant la terre des 2 cotés du laboureur, et qui ne nécessite qu'un seul animal de trait, inventée par les chinois au 3ème siècle avant JC ne fut introduite en Europe qu'au XVIIème siècle, faisant exploser les rendements agricoles... 

    Et puisqu'on parle d'agriculture, la pratique amérindienne de l'élevage "indirect" vaut le détour: la pratique des feux massifs de la prairie du centre Amérique a permis de gérer un pâturage gigantesque propre à nourrir de gigantesques troupeaux. Cette pratique propre à tout le continent pendant des milliers d'années firent des forêts d'Amérique le contraire de ce qu'elles auraient été en l'absence de l'homme. Celui-ci vivait en équilibre avec la nature mais en contrôlait le fléau... 

    On évoquera avec émotion la remontée de l'Hudson en canoë, entouré de deux montagnes de flammes de chaque côté...

    Un autre aspect "culturel" des choses et l'omniprésence de la technique humaine, en particulier en Amérique: que ce soit la culture du mississipi (qui érigea une montagne artificielle gigantesque), la mise en culture du centre du Yucatan par les Mayas ou l'amazonie elle-même, on a partout action directe de l'homme sur la nature, qu'il domine et transforme. 

    Bon, n'y allons pas par quatre chemins: les fables des écologistes tarés sur la mère nature sont des légendes débiles, des histoires de crétins. 

     

  • Les discours à l'Assemblée Nationale

    Madame le président de l'Assemblée Nationale, Madame le premier ministre, chers collègues,

    Chargée de voter les lois qui conduisent la République, et soucieuse de la prospérité commune, la représentation Nationale dont je suis membre (fictivement) s'inquiète des couts de l'énergie et de ses conséquences importantes à court et moyen terme. Conséquences en fait bientôt désastreuses et qui sont en train de se manifester. 

    Initiées de manière nette dès l'automne dernier, en 2021 donc, et expliquée à l'époque par la fin du covid et aussi la nécessité de la transition énergétique, la hausse globale des prix des hydrocarbures (et en conséquence, il faut en parler, de l'électricité), impacte donc depuis maintenant un an les couts de production de l'industrie Européenne dans son ensemble.

    Dépendants à divers degrés du prix du gaz, le principal concerné, les différents pays Européens, gèrent depuis un an à coup de subventions de types variés l'impact de ces augmentations sur les opinions publiques, et sur les entreprises. Avant et après une élection présidentielle en France qui vit le choix d'une politique délibérée de subventions massives menée pour effacer l'impact de la crise sanitaire entériné et félicité par l'opinion, on s'est habitué : les impacts des mouvements océaniques du monde n'auront pas d'effets en France, un État généreux est à la manœuvre et toute sa compétence consiste à les compenser sans limites. Quoi qu'il en coute, la pandémie fut maitrisée et quoi qu'il en coute, le prix mondial de l'énergie serait effacé par l'État, l'opinion, je veux dire le peuple français, ne devant pas en subir les conséquences, car cela serait trop injuste et trop invalidant. Surtout cela aurait pu irriter les électeurs d'une élection qui eut lieu en plein milieu d'une accentuation manifeste d'un processus double, que je voudrais évoquer ici. 

    Car il faut considérer que l'énergie est le principal contributeur de toute production en général: toute industrie consomme au premier chef de l'énergie et la prospérité mentionnée en préalable est d'abord le résultat d'une transformation énergétique, la matière première de tout se présentant en certaines quantités et à certains couts. En charge de la défense de la prospérité Nationale, il est ainsi du devoir et de la responsabilité de l'État de s'assurer de la disponibilité nécessaire au cout le plus avantageux de ces énergies. Augmentation des prix signifie d'abord réduction de la consommation sous la forme par exemple de réduction de gaspillages, l'inutilité de certaines consommations énergétiques pour la production étant manifeste. J'y inclurai les isolations insuffisantes des logements ou les températures excessives qu'on peut y maintenir, avec bien sûr les dispendieuses terrasses chauffées des restaurants, pourtant bien agréables. 

    Néanmoins certaines limites peuvent être atteintes voire dépassées. À partir de quand cette augmentation grève-t-elle les couts de certains équilibres de production au point de rendre non rentables certaines activités ? À partir de quand la disponibilité insuffisante de ces énergies rend-elle certaines de ces activités de production tout bonnement impossibles ? 

    Ces deux aspects de la crise énergétique doivent être considérés. Ils doivent être anticipés, prévus et calculés, ils doivent être réfléchis et influer sur toutes les politiques menées. À partir de quand la production nationale de richesses peut-elle être durablement affectée par le cout ou la disponibilité des énergies qui lui sont nécessaires ? Voilà qui est de la responsabilité du gouvernement ! 

    Parmi les politiques qui peuvent influer sur ces questions, la politique étrangère bien sûr. 

    La fin du débat présidentiel fut ainsi marquée par l'accentuation décisive d'une crise en cours depuis 8 ans et qui avait dès le milieu de 2021 pris un tour critique. Garant avec l'Allemagne des accords dits de Minsk entre l'Ukraine, la fédération de Russie et les provinces séparatistes russophones ukrainiennes constituées en Républiques autoproclamées qui n'avaient été reconnues par aucun pays et en particulier pas par la Russie, la France , jouant son rôle d'intermédiaire dans une situation complexe discutait avec la Russie avec comme vocation, ce qui est son rôle depuis longtemps, d'obtenir de potentiels belligérants qu'ils se parlent et qu'ils évitent, et cela à tout prix, ce qui est la pire chose qui puisse arriver: la confrontation militaire armée, source de violences inacceptables et de souffrances infinies pour les populations civiles. 

    En charge de la paix en cet endroit du monde, la France y avait-elle intérêt? D'abord un point important et qu'il faut rappeler : la France n'a pas d'intérêts économiques en Ukraine ou for peu, l'Ukraine étant d'ailleurs tout comme la Russie un concurrent sérieux sur les marchés des céréales. La France avait des intérêts agricoles en Russie, client important avant 2014, mais ceux-ci disparurent avec la politique des sanctions adoptée après l'annexion de la Crimée. Le président français actuel était à l'époque conseiller économique du président d'alors. Un autre point, le plus important, est que la Russie est un fournisseur de gaz important de la France: 15% de sa consommation totale sachant que l'Union Européenne dans son ensemble, avec laquelle la France a partie liée, lui achetait 40% de sa consommation totale, et l'Allemagne, principal producteur industriel de l'Union, 50%. 

    La paix souhaitable in abstracto pour les raisons mentionnées a donc une nécessité et un intérêt manifeste: la garantie des livraisons de ressources d'importances majeures pour notre existence, le risque d'une confrontation avec un fournisseur important de celles-ci devant être calculé, anticipé et réfléchi. 

    Le sujet était sur la table depuis 2014, en fait depuis 1991 quand la république socialiste soviétique d'Ukraine proclama son indépendance de la Russie et entama un processus de construction d'identité nationale dans ses frontières d'alors. La question de la dépendance européenne envers le gaz russe, déjà posée lors de la construction des gazoducs vers l'Europe du temps de l'Union Soviétique fut ignorée complètement lorsque fut élaboré de manière délibérée un modèle de développement industriel allemand basé sur la disponibilité à bas cout de grandes quantités de gaz acheminées avec un volume en constante augmentation. La dernière instance, le gazoduc dit NordStream 2 transformait l'Allemagne en "hub" européen pour des quantités illimitées de gaz au point de s'attirer les critiques de la France elle même, sans parler de l'opposition constante, mainte fois réaffirmée, des USA. 

    Il nous faut mentionner maintenant les trois sujets géopolitiques d'importance qui se sont conjugués pour aboutir à la situation complexe et dangereuse dans laquelle nous nous trouvons. D'abord une confrontation géostratégique entre les USA et la Russie, prolongement de la guerre froide avec l'Union Soviétique, ensuite l'attitude intermédiaire de l'Europe en voie d'émancipation économique et stratégique de la tutelle américaine (cela étant ouvertement espéré), ensuite ce qu'il faut appeler une guerre civile en Ukraine, à laquelle la Russie est partie prenante du fait d'une communauté de langue avec la minorité russophone ukrainienne. La dégradation et le regrettable arrêt de l'activité diplomatique sur ces trois sujets est maintenant patente et a dégénéré en conflit ouvert entre une alliance en forme de soumission complète de l'Europe envers les USA, et la fédération de Russie qui s'en plaint maintenant ouvertement et dangereusement. 

    Depuis 7 mois, les opérations militaires en Ukraine menée par la fédération de Russie sont désapprouvées avec énergie par l'Union Européenne et sont même contrecarrées par des livraisons d'armes importantes et des sanctions économiques sévères, les deux actions ayant une efficacité effective certaine sans toutefois entrainer à aucun degré une évolution dans la gravité de la crise, sinon en pire, la Russie avec laquelle nous n'avons en pratique plus aucun contact diplomatique ne semblant pas changer de position, comme si les sanctions étaient tout simplement ignorées. 

    Une confrontation quasiment violente est en cours entre l'Europe et son principal fournisseur de gaz, et la question de ses effets sur sa prospérité est maintenant posée, tout le monde semblant envisager une rupture totale de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe, rupture qui ne fut jamais et à aucun degré ni crainte, ni anticipée, ni réfléchie.  

    Cette question a maintenant une réponse: les prix du gaz et de l'électricité explosent en Europe, la disponibilité même de ce gaz est objectivement menacée et rien ne parait ni réfléchi, ni planifié, ni calculé pour éviter une récession économique extrêmement violente maintenant apparemment inévitable et dont les effets ne semblent ni réfléchis, ni planifiés, ni calculés. 

    Inquiet au possible et au nom du peuple que je représente, je demande au gouvernement d'enfin prendre en compte l'inévitable qui est la considération effective et réfléchie des intérêts supérieurs du pays et aussi ceux de l'Union européenne dont nous sommes partie prenante. 

    Tout doit être mis en œuvre pour garantir au pays et à la zone économique dans laquelle il se trouve une sécurité effective de ses approvisionnements en énergie. C'est pour cela que je demande solennellement au gouvernement de mettre en œuvre immédiatement une politique d'apaisement envers la fédération de Russie qui consisterait au minimum à entamer immédiatement une désescalade militaire et diplomatique au niveau européen de manière à assurer à court terme un approvisionnement suffisant et à un prix acceptable de ce qui nous est absolument indispensable. 

    Je vous remercie. 

     

  • Les projets de Kant

    On lit Jean Grondin (1), et de manière surprenante les choses méritent d'être entendues, clairement. 

    Il s'agit de clarifier le discours de Kant, ce qu'il voulait dire en gros, et cela le plus indépendamment possible de ce qu'en ont dit les uns et les autres.

    On commence par le savoir humain et les différents domaines de son exercice. Traditionnellement, on doit considérer les 4 facultés du moyen âge: Droit, Médecine, Théologie et ... les "arts libéraux". 

    Les arts sont le trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium, ou les 4 sciences mathématiques (arithmétique, géométrie, astronomie, musique). 

    La Philosophie c'est le reste, après que tous les arts libéraux lui ont été retirés.... Ne lui reste que la Métaphysique, c'est-à-dire la science de l'être en tant qu'être, selon Aristote, ou plus généralement, la science des principes premiers, antérieurs à l'expérience, donc "a priori"... On est donc là avant les étants, et cela était l'ambition d'Aristote: l'être indépendamment des étants, l'ontologie. En fait la "métaphysique" quand Kant entre en scène c'est celle de Wolf, le successeur de Leibnitz: ontologie, psychologie, cosmologie, théologie... 

    La grande question, le problème de Kant, est de savoir si la Métaphysique est tout simplement possible. Toute l'oeuvre, ainsi donc les 3 critiques sont sur le sujet: raison pure, raison pratique, faculté de juger, ne parlent que de cela, et tout en détruisant la métaphysique traditionnelle qu'elle soit rationaliste et sceptique, établit la possibilité d'une nouvelle métaphysique.

    En gros, la critique de la raison pure détruit la raison analytique et détruit tout possible accès à la chose réelle en soi, tandis que la critique de la raison pratique rend une raison pure possible, à condition qu'elle soit pratique, c'est dire orientée vers l'action et guidée par la liberté qui n'existe que parce que l'homme est chose en soi. Le partage des eaux entre les deux mondes de la raison pure n'est alors faisable que grâce au jugement, lui même "critiqué". 

    Voilà, c'est tout. 

    Le jugement

    On commencera par la fin: juger c'est d'abord déterminer l'adéquation du concept avec l'individu, et cela a été décrit en long et en large dans les deux premières critiques. Mais c'est aussi chercher le concept à partir de la perception du particulier et nous y voilà: la démarche est maintenant ascendante et Kant parle alors de "finalité", c'est-à-dire de ce qui oriente, de ce qui fait l'influence de l'intelligible sur le sensible, au-delà de la liberté qui ainsi se concilie avec la nature, tout en permettant, finalement d'accéder au supra sensible, et de le penser. Au delà du jugement "déterminant", il y a le jugement "réfléchissant". 

    L'esthétique, au sens de la formation et de la communication du jugement de gout est donc le lieu du jugement, entre nature et liberté, entre intelligible et sensible. Le beau c'est l'adéquation de l'objet avec les fins de sa production. 

    Mais avant d'y revenir, on résumera brièvement les deux premières critiques. 

    D'abord, on veut se débarrasser de l'accès au supra sensible par le raisonnement. But et prétention de la vieille métaphysique, l'accès au surnaturel via la raison se faisait avec une tricherie sophistique caractérisée qui consistait à tirer l'existence divine effective d'une caractéristique posée verbalement. Ensuite, la prétention à l'accès au réel "en soi" en piétinant l'évidente nécessité de l'exclusive considération du phénomène comme représentation d'abord sensible: il faut l'exclure pour toujours et entièrement. Nous avons là le "phénoménalisme" ou "corrélationnisme" base fondamentale de toute philosophie après Kant, quelles que soient toutes les tentatives désespérées pour s'y soustraire... 

    Finalement, au bout du jugement, on a la considération de la finalité prouvant in fine une existence morale de Dieu, comme seul bien suprême à désirer. Mais attention cette finalité n'est pas descriptive, mais marque la compréhension de la nature contemplée, comme conforme donc aux fins qui ont présidé à sa création... 

    Mais avant cette fin, finalement décevante, il y a autre chose, et qui est la longue description de ce concept de "finalité objective de la nature", qui n'est pas "rationnel" (ni dans l'entendement, ni dans la raison) mais "régulateur". Il fonctionne comme en analogie avec la causalité elle même... 

    Là on a une description de la science qui semble manquer à Kant, et qui est celle de la vie elle même: le concept de la finalité de la nature suppose deux choses: qu'il y ait une fin pour la chose subsumée, mais aussi que ses parties soient entre elles comme des fins et des causes. L'être finalisé est organisé en lui même. Cela serait l'"autopoièse" caractéristique de ce qui est bien plus intéressant que l'"intelligence artificielle", la "vie artificielle" ou du moins celle qui serait comprise... 

    Kant ! 

    (1) https://www.academia.edu/18721600/Emmanuel_Kant_Avant_apr%C3%A8s

     

  • Les indiens

    Lisant sur les indiens d'Amérique, en particulier le fameux "1491", mais pas que, on se persuadera que les considérations sur ces gens sont rien moins qu'importantes...

    D'abord l'inégalité fondamentale entre les représentations des uns sur les autres et réciproquement. 

    Le principal point est que l'existence des indiens fut la source de profondes réflexions pour les arrivants: ils ne pouvaient habiter que l'Asie et donc être des "indiens": le continent nouveau n'étant pas prévu, lui comme ses habitants remettaient en cause les écritures... La chose s'accentua avec la réalisation effective de la nouveauté de la chose, marque de la grandeur d'un monde agrandi, qui ruinait donc la religion. Plus que le tremblement de terre de Lisbonne, la considération sur le monde changea brutalement là aussi et cela est d'importance. 

     

    Et puis il y eut la variole. Il s'avère que dans les trois endroits abordés par les européens, Amérique du Nord, Mexique ou Pérou, les victoires furent d'abord dues au épidémies. 

    La région de Boston fut dépeuplée immédiatement et les pélerins s'installèrent sur des villes de cadavres. Cortez chassé de Tenochtitlan et miraculeusement survivant d'un massacre énergique revint entouré de dizaines de milliers d'indiens ennemis des aztèques, mais pour une ville dépeuplée d'un tiers. Pizarre bénéficia d'une variole terrible qui avait sévi avant son arrivée... 

  • Les unités

    Image illustrative de l’article Sagittarius A*

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  • Les plateaux télés

    On parlait de folies occidentales, on doit parler de folies Françaises, à la Télévision, nous sommes sur France TV, chaine du service public, dans une émission (1) qui fait le point sur la situation en Ukraine à une heure de grande écoute, avec des présentateurs "vedette" Karim Rissouli, Laure  Adler. Un expert militaire, Michel Goya. Nous sommes le 12 septembre 2022, l'offensive Ukrainienne dans la région de Kharkov vient de réussir, à la surprise générale, après ce qui semble être l'échec d'une offensive sur Kherson, annoncée elle depuis des mois. 

    Un des participants (Gérard Araud, ex ambassadeur de France aux USA) s'est fendu d'un article dans le Point pour évoquer l'ambiance extraordinaire qui régnait sur le plateau. Le fait est qu'elle défiait l'entendement. 

    Une Russe, qui cite des articles écrit par une opposante Russe exilée depuis 25 ans aux USA, une Ukrainienne qui ne doutait pas du succès de l'offensive surprise, font partie de la bande d'enthousiastes qui parlent tous humblement "sous le contrôle de Michel Goya", dont la bonhommie experte parle d'un "1918", c'est sa thèse: après des années de guerre de tranchées sur un front immobile, une série d'offensives sont déclenchées, qui mènent en quelques mois à la fin de la guerre... Thèse étrange: les offensives allemandes de 18 furent brisées par la défense française, qui détruisit l'armée Allemande pourtant toute entière rassemblée.

    Le plus féroce des combattants est Nicolas Tanzer, prof à Science Po, haut fonctionnaire mais surtout (Wikipedia dixit) enthousiaste défenseur de l'OTAN. Directeur d'un mystérieux institut lobbyiste de l'assemblée nationale, le "CERAP", il apparait comme ce qu'il est: un agent d'influence anti Russe, dans l'exercice de ses fonctions.

    Son discours est énergique: l'armée Russe a des pertes énormes et les compense en recrutant des vieux, et aussi dans les asiles psychiatriques et les prisons. Dans les régions occupées, on torture, et on déporte les enfants, ce qui est un acte de génocide d'après les conventions internationales. On trouve partout des charniers dans les régions libérées, et on va bientôt devoir libérer la Crimée, cela n'est pas négociable, la minorité tatare injustement traitée devant être défendue. 

    Bien sur, on ne mentionne pas les pertes Ukrainiennes, un startupper est trop malin pour mourir, l'absurdité totale qui consiste à recruter des fous ou des criminels en leur donnant des armes, le fait que les régions "occupées" sont russophones et le sont à la demande des populations, le fait que les charniers sont rien moins que douteux, et que la minorité "russophone" en Crimée n'est bien sûr jamais évoquée en regard de la tatare. Quand au fait que la Crimée étant considérée Russe par les Russes, une tentative de (re)conquête pourrait être une menace directe contre une puissance nucléaire, la chose, inconcevable pour Tanzer, est juste brièvement évoquée par Goya... 

    Qu'un adulte francophone puisse proférer ce torrent d'insanités débiles est absolument sidérant: on veut décrire là le monde, et cela est monstrueux. Le caractère psychiatrique de la chose apparait d'ailleurs: par cette accusation de mobiliser les asiles. L'asile est mobilisé, Nicolas Tanzer l'a fait ! 

    Le pauvre ambassadeur évoque l'incertitude de la guerre, tout en se joignant à la meute (il mentionne délicatement que "nous" souhaitons tous la victoire Ukrainienne)... 

    Une représentante de l'ONG "Stand by Ukraine", le principal lobby Ukrainien en France, crache le morceau et cite Zelensky: "tout commence par la Crimée et tout finira par la Crimée". Critique selon elle pour l'économie Ukrainienne, la Crimée n'est pas négociable... L'ONG en question a porté plainte contre  Ségolène Royal "au nom des victimes" pour avoir évoqué de possibles manipulations au sujet des crimes de guerre russes.

    Sous nos yeux peut être enfin dessillés, se manifeste l'opinion d'une belle blonde, résolue pour les beaux yeux de l'Ukraine à convaincre ou à forcer le monde pour des raisons morales à quelque chose de précis: forcer la Russie à abandonner la Crimée (et aussi toutes ses menées à l'intérieur des frontières de l'Ukraine en 1991). 

    L'idée serait la suivante (si je comprends bien): bien que faisant partie de la Russie, ces territoires ne valent pas la peine de déclencher une guerre nucléaire pour les maintenir dans le giron Russe et la Russie doit donc les abandonner. On pourrait imaginer l'inverse, et l'annexion par la Russie vieille déjà de 8 ans, pourrait au contraire signifier que la reconquête doive être abandonnée du fait de la menace de guerre nucléaire qu'elle implique. Bref, un conflit est en place avec comme enjeu, la renonciation à une guerre nucléaire, à assumer par l'une ou l'autre des parties. Sans vergogne ni doute, la belle blonde insiste: c'est à Poutine de s'incliner et l'hypermotivation européenne devrait le faire plier, il suffit d'insister et de le menacer avec assez de force. Pour garantir la manoeuvre, des fournitures d'armes au glorieux peuple de l'Ukraine devrait suffire à assurer la victoire sur le terrain.

    Tanzer approuve: l'Europe n'en fait pas assez et l'engagement de l'OTAN est insuffisant. Comme on pouvait s'y attendre, il y a bien un point de vue, actif et représenté, qui milite pour une guerre effective contre la Russie de la part de l'OTAN, l'expression de la force juste suffisant à dissuader la Russie, celle ci devant et devant l'évidence, renverser Poutine le démon en trop. Cette insistance à vouloir la chute de Poutine lui monte d'ailleurs au cerveau, son souhait émouvant de voir DEUX mausolées sur la place rouge, l'un pour les crimes de Staline, l'autre pour ceux de Poutine, tout comme nous avons nous dénoncé les crimes de la collaboration et de la colonisation est ahurissant... La conscience du crime doit ainsi faire des progrès en Russie, la dénonciation d'Ivan le Terrible étant encore à venir et nous avons bien maculé de faux sang notre statue de Colbert. 

    Nous devons donc nous battre avec l'Ukraine au nom de la liberté et bien sûr du "droit des peuples à disposer d'eux même" sans doute, si tant est que l'Ukraine soit un peuple et doive forcément disposer du droit de disposer des peuples qui lui sont soumis. Ceux-ci s'expriment ce week end dans des référendums que Macron considère sans valeur, dommage que Poutine soit d'un avis différent et signifie par cela dès aujourd'hui son intention de sanctuariser dans la fédération de Russie des territoires qu'on doit déjà considérer Russes. 

    Vient alors la grande discussion sur la fragilité du pouvoir Russe face à la défaite, celle devant le Japon et l'Allemagne au début du siècle fragilisant le tsar, notre ambassadeur évoquant alors celle face à l'Allemagne en 1941 qui fusionne communisme et nationalisme Russe pour 50 ans de domination absolue... 

    Et alors l'apothéose, Laure Adler cite Vaklav Havel: l'Ukraine est la frontière du monde occidental, puis un stratège européen, pour qui "l'Ukraine a toujours représenté la tête de pont de la démocratie et de l'incarnation de la démocratie européenne". La statue gigantesque de Stepan Bandera vous remercie, Laure, vous parlez d'or. 

    (1) Le plateau télé : https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/c-ce-soir-saison-3/4034743-guerre-en-ukraine-faut-il-croire-a-un-tournant.html

    (2) L'article du point signé Gérard Araud https://www.lepoint.fr/monde/gerard-araud-peut-on-encore-debattre-de-la-guerre-en-ukraine-18-09-2022-2490375_24.php#xtatc=INT-2438-[topconversions|2490375]

     

  • Les folies occidentales

    La rentrée en Occident se passe bien, la une du Figaro du 15 Septembre 2022 le montre avec éclats. Les news qui se succèdent de même... 

    Sans doute médusé "exagérément", j'y note avec effarement une succession ( ) de nouvelles enchainées qui toutes témoignent de la profonde psychose qui s'est emparé de ce qu'on appellera bientôt "occident" avec commisération et pitié, voire mépris: 

    - le parc nucléaire Français est à moitié à l'arrêt au seuil de l'hiver. Victime de dix ans de désinvestissements massifs et de la politique active de dénucléarisation pour cause de sureté, il n'est pas considéré comme indispensable par l'élite "écologiste" Française. Il l'est en fait. Le "renouvelable" est totalement dépendant du gaz Russe. Folie suicidaire, soumission à la politique prédatrice de l'Allemagne, qui inspire la désastreuse politique de l'énergie Européenne. 

    - Car la libéralisation de la distribution (pourtant structurellement monopolistique) de l'électricité, se traduit par une explosion des prix des fournisseurs "alternatifs" dont l'existence imposée par l'Europe montre sa nocivité. 

    - La France va mettre au point un dispositif de fourniture de son gaz à l'Allemagne... Responsables en principe du futur mirifique Hub Européen du gaz à l'arrivée du merveilleux Nordstream 2, arrêté enfin par les USA en Février, l'Allemagne pille la France, comme en 40, non pas de son beurre et de ses vaches, mais de son gaz. 

    - L'Australie, soumise aux USA, a rompu brutalement un contrat de sous marins signé avec la France. Illustrant le mépris et la prédation américaine, et sans doute l'étonnante corruption de pays occidentaux pourtant luttant ensemble dans un camp de la liberté dont on se demande à qui il profite, il se traduit, dans les faits, par l'impossibilité des USA de fournir  une solution de remplacement à l'Australie qui se trouve donc for dépourvue. De quelle nature était la décision et qui l'a préparée aux USA, en Australie ? 

    - La CEDH impose à la France de rapatrier les familles des djihadistes actuellement en Syrie. Composant avec des assassins ennemis de la France, ces femmes (avec leurs enfants), toutes issues d'une immigration de masse récente en Europe ont vécu la folle et barbare tentative d'installer un califat génocidaire et esclavagiste au Moyen-Orient, organisateur en Europe d'attentats effroyables. L'Europe serait responsable de l'éducation d'un peuple conçu pour la détruire et doit ajouter à l'échec d'une immigration subie, la honte d'une immigration forcée imposée par un tribunal dont les juges Turcs et Azebadjianais se gondolent de rire en jugeant. 

    - Inaugurant avec sa femme (la pauvre vieille, toujours soupçonnée d'être une transgenre par des rumeurs maintenant établies, se pavane déguisée avec une veste rouge de singe savant faisant du vélo dans un cirque pour une occasion qui par définition ne la concerne pas) la nouvelle table du conseil des ministres. Il nous annonce pour l'occasion une de ses futures activités: élaborer une stratégie nationale pour traiter les crises multiples que nous traversons et qui sont les transitions, numérique, énergétique, écologique et ... démographique.  

    On notera la belle anticipation (dix ans déjà au pouvoir pour y réfléchir ) et aussi la prise en compte d'une transition démographique qui évoque des évènements mystérieux sans doute inéluctables, en tout cas va être pris en compte. 

    - Le Pape annonce que l'Occident a fait fausse route et a échoué en matière de justice sociale, en particulier dans l'accueil des migrants. La rupture entre Occident et catholicisme et donc en bonne voie, mais on le savait. Que cela se fasse comme ça est assez hallucinant, par ailleurs. 

    - Des canons Français réputés pour leur précision sont utilisés par les Ukrainiens pour bombarder une capitale séparatiste sans objectif militaire affirmé, tuant des civils. Cela au milieu de protestations contre des tortures supposées infligées à des cadavres de soldats morts déterrés à l'occasion d'une visite du président Ukrainien, protégé par un garde du corps portant un insigne néo nazi depuis retiré des photos. Le président Français, à l'annonce de la mobilisation partielle Russe, dit regretter profondément ce choix qui mène la jeunesse de ce pays à la guerre... 

    - Tué par la police lors d'un refus d'obtempérer après avoir tenté d'écraser un policier dans une voiture volée, un Tunisien avec 21 antécédents judiciaires dont le soupçon d'une participation à une course poursuite de passeurs ayant causé un mort parmi des migrants, émeut la foule : une marche blanche est organisée en son honneur: "Justice pour Zied, un ange parti trop tôt".

    - Le chef de la diplomatie Européenne, Josep Borrel, ex Ministre PSOE des affaires étrangères de l'Esapagne, propose de créer un tribunal international pour juger les crimes de guerre Russes. Diplomatiquement et tout aux négociations qui justifient son salaire, il affirme de plus que "la Russie met en danger la paix mondiale". Cette action, toute diplomatique, le rend persona non grata pour toute activité de négociation avec la Russie. Un diplomate, donc, mais aussi un sinistre connard décérébré "bien dans son rôle". 

    - Confrontée à une généralisation du refus d'obtempérer que le slogan "la police tue", largement repris par des forces politiques variées, ne peut qu'encourager, la police est souvent désarmée, en particuliers par les lois et la justice en général. L'ordre public troublé par des errants étrangers qui ont le droit d'aller où ils veulent en Europe, et par des toxicomanes qu'on ne peut obliger à se soigner, ne peut en moins de plusieurs mois de procédures judiciaires complexes mettant en jeu diverses conceptions de la liberté, éviter l'occupation illégale de lieux publics ou privés pendant ces périodes là. Squatteurs, camps de migrants et autres pollutions radicales de l'espace public complètement abandonné ne sont pas réprimés ni par les pouvoirs publics, ni bien sûr par ceux dont ils sont sensés, et avec succès, empêcher la violence sanguinaire, pourtant maintenant nécessaire.   

     

     

  • Les mémoires de Péan

    On a lu les mémoire de Pierre Péan, le journaliste "investigateur"  ou plutôt, selon ses dires de "journaliste d'initiative", ou d'"enquêteur". L'investigation, c'est Plénel, et cela consiste à publier au jour le jour les compte rendus des enquêtes judiciaires en cours, selon le principe de l'accoquinage bien connu entre la "violation du secret de l'instruction" et la "protection du secret des sources". 

    Tout est là (une bonne partie) : Péan déteste Plénel et l'a flingué magnifiquement "je cherche une façon de me payer Le Monde" avec la "Face cachée du Monde" qui abat la direction du Monde (Colombani, Plénel) en quelques mois. Une conception du métier, une conception de l'éthique personnelle, toute la vie publique de Péan qui se révèle ainsi comme une personnalité pensante majeure de notre époque, qu'il a traversée en fait comme un homme politique. 

    Car tout est là aussi (la seconde partie, la plus importante). Péan est un prince, un homme d'Etat, en tout cas leur égal, en fait (il les fréquente, recueille leurs vraies vérités, Mitterand comme Chirac) et en droit : il les flingue publiquement sans y toucher au nom de la vérité dans des cérémonies auxquelles ils doivent se plier, il les cajole, se fait cajoler par eux, les combat, les fait plier, tout cela dans une symbiose étonnante.

    Tout un ensemble de réflexions se déclenche à cette lecture: l'homme est d'une puissance incroyable, et atteint des sommets émouvants dans ce qui concerne les jugements que l'on peut faire sur l'histoire, et les hommes, du passé et du présent. 

    On commencera par comparer justement cette conception là du "jugement". L'exemple est Mitterand: admiré depuis les années 60, il est globalement épinglé par Péan comme "bon" et "nécessaire" on pourrait dire "a priori". À partir de là, et dans le cadre d'une fidélité morale totale et jamais remise en cause (il ne s'agit pas de cela, ou plutôt, justement, il s'agit de cela), Péan accumule sadiquement à propos de cet homme-là toutes les informations qu'il arrive à dénicher et les compose dans un portrait saisissant qui à la fois, se trouve être le dévoilement de ce que toute une carrière politique avait réussi à cacher (sous peine de mort publique) et aussi se trouve obtenir l'assentiment de la victime, qui réussit à cracher le morceau quelques mois avant sa mort tout en ayant, objectivement (mais pas médiatiquement) réussi aussi à ne pas "manifester contre les métèques en 35", car il n'a jamais été raciste, ou plutôt (c'est mieux) a toujours été "antiraciste". 

    Péan est il dupe ? En tout cas, il a le culot de mettre en exergue une clé (comment cela ne pourrait-il pas en être une"? ), la citation de Mitterand: "Qui se confesse ment ! La confidence toujours songe à la gloire et à la propagande". 

    Gérée jusqu'au bout, la légende du vieux truand a donc réussi à passer, se déguisant derrière un opprobre que Péan d'ailleurs dénonce presque à raison, en étant la cause. Un chef-d'œuvre. 

    Au centre de l'accord passé avec Lucifer, l'appartenance à la Cagoule, niée absolument et définitivement par Mitterand, qui en fait manifestement un casus belli, déterminant l'existence du livre, la seule chose à quoi tient vraiment Péan. 

    La fréquentation assidue pendant tout l'après guerre de tous les responsables cagoulards, les liens familiaux, l'emploi salarié, le lien avec les Bettencourt, tout cela ne compte pas. Casus belli, vous dis-je. À sa décharge, il n'a que 21 ans lors des attentats cagoulards et a protégé, sorti de prison et toléré des gens de la mouvance d'extrême droite, jusqu'à la ressusciter à des fins électorales 50 ans plus tard...  

    Et puis la Francisque... La défense du monstre est que De Gaulle lui même l'avait nommé ! Un député gaulliste lui rétorque en 53 à l'assemblée (

    « En faisant cette désignation, le général de Gaulle s'était peut-être trompé. Vous aviez jeté votre Francisque aux orties suffisamment à temps !  »

    puis: 

    « Je suis convaincu que vous vous intéressez beaucoup moins à la France qu'à la carrière de M. Mitterrand ! »

    Tout cela Péan le "décrit". En ce sens, il remplit son contrat: donner les faits permettant de juger au lieu d'affirmer un jugement de vérité qui dans le contexte de son activité (publier des enquêtes) n'a en fait aucun intérêt. Le "tu ne jugeras pas" des chrétiens est donc entièrement endossé par Pierre Péan le chrétien (il l'est profondément, d'après son fils)... 

    On a donc l'entièreté de cette manière d'être et de penser qui caractérise effectivement ce qu'on appelle "hypocrisie chrétienne" et qui a un sens, comme on dit, en tout cas une existence, la preuve. Le jugement y est celui que l'on attribue au divin et que l'on a l'impudence de s'approprier. La foi donne souvent de l'assurance en ces matières, hélas. 

    Péan se permet même le luxe de dénoncer l'entourage dénué de moralité de Mitterand et même d'affirmer ses désaccords politiques. Mais, il l'affirme: il n'a  pas de "comptes à régler" et n'est pas un "déçu du socialisme", n'étant pas socialiste. Un aveu ? Sincère hypocrisie, toute la complexité du personnage... Qu'est Péan lui même !!!  

    Et puis le revers de la médaille. On a dit qu'il était un "homme politique". Un brin de suffisance à ce sujet: un "je" qui est peut-être une coquille le rend décideur entouré de décideurs en action dans une passe difficile: il en jouit, clairement. De manière générale, cette familiarité avec la transparence de l'action politique, qui la rend évidente et claire, est parfaitement assumée, sans vrais doutes ni vrais problèmes. Une assurance en béton. 

    Pourtant, les marques d'attention, qu'elles soient de Mitterand ou de Chirac, ne lassent pas d'interroger: comment ne pas chercher à séduire l'incorruptible fonceur, mais en y mettant tous les moyens que des animaux politiques supérieurs sont capables de mettre ? 

    Il est connu, et Péan n'y fait pas allusion (à moins que je ne me trompes), que l'essence du politique comme humain est d'abord la capacité de séduire: l'interlocuteur doit avoir l'impression de compter, d'être considéré et compris. Les marques d'affection privées sont permanentes, multiples, exagérées: les larmes, les protestations de fidélité les plus excessives se multiplient sans jamais d'oublis. Pris dans cette nasse, toutes les manipulations peuvent être essayées, toutes les nuances introduites, tous les mensonges proférés. La victime de l'insecte prédateur dont la position essentiellement asymétrique ne doit pourtant pas laisser place à aucun doute sur toutes les attitudes empathiques, ne peut être que celle de la femelle pénétrée égoïstement ou bien celle de l'ennemi mortel combattant de toutes ses forces pour sa vie. Voir les larmes c'est la jouissance femelle d'avoir contre cela donné ce dont elle n'a pas idée de l'importance, ou le plaisir de voir la victime à terre si on a réussi à abattre. Chirac, comme Mitterand ne furent pas abattus, sinon par la maladie: rien ni personne ne les découvrit, et les biographies se succèdent sans avoir trouvé les failles. 

    Comment imaginer une relation d'amitié effective, voire sincère, même occasionnelle, entre Péan et Chirac, entre Péan et Mitterand ? Sachant tout ce qu'ils savent, tout ce qu'ils sont ? 

    Pour comparer, et c'était ce que je voulais dire, De Gaulle fut abattu non pas par la maladie mais par le désaveu: sa grandeur fut de s'en plaindre, et nulle "enquête" n'en "révèlera" quoique ce soit... Quant aux relations sincères de De Gaulle avec qui que ce soit, à part sa femme, et encore, je ne vois pas, et qui peut y attacher de l'importance ? 

    Continuons sur Chirac, le soit disant "inconnu" surtout connu pour sa médiocrité globale, et l'éloge par Péan de ses engagements "artistiques" et aussi tiers mondistes n'y change rien, bien au contraire. 

    Président d'une République Française passionné par les arts premiers, la culpabilité occidentale, les souvenirs des communistes en Espagne, l'homme, anti-fasciste et anti-raciste convaincu a séduit le tiers-mondiste Péan. Non pas que sa passion ne soit pas ancienne, elle est celle de sa médiocrité globale et de son désintérêt profond pour son propre pays, mais il put pour la première fois l'exposer en détails sans risque de se faire mettre minable, au contraire, c'était pour la postérité : au seuil de sa sortie de la scène, il peut enfin se valoriser aux yeux de ceux qui le conspuent depuis toujours... Suprême modestie, l'ex président reconnait même que son pire ennemi connaissait mieux l'histoire de France que lui: désespérant, et c'est bien ce qu'on lui reproche. 

    Que la destruction de l'éducation et la culture française ait commencé avec lui, incapable de se choisir un autre successeur que Nicolas Sarkozy (ce président là fut sodomisé par son prédécesseur ET son successeur), ne lasse pas d'interroger: mais bon dieu à quoi pensait-il ? A l'entrée de la Turquie dans l'Europe ? À l'immigration massive qu'il inaugura ? A l'assistance sociale généralisée qu'il installa ? À sa propagande écologique ? Son seul fait d'armes : avoir rompu avec l'Amérique sur l'Irak, nous rendant pour toujours hors course et exclu de tout respect de la part des USA... 

    Le mystère de cet homme est en fait sa nullité profonde. Ce n'est pas de sa méchanceté qu'il fallait se garder, mais bien de sa connerie. Pardon, mais le message de Péan n'est pas passé, là. Pourtant, l'homme au sommet du pouvoir qui en profite pour vivre ses passions (intérêt pour l'asie, les religions, la profondeur de vies humaines) et qui finalement défend avec bonheur un certain idéal de respect de l'humanité et de paix globale du monde, a aussi un peu mérité de l'histoire. Voilà t-il pas que je me péanise... 

    Et pourtant, que de jugements superficiels de satrape prétentieux, qui se croit au sommet du monde ! Pour lui, c'est Péan qui le révèle un peu navré, Rome et Athènes sont des civilisations coloniales. L'homme a bien le jugement de valeur incarné comme l'ongle. 

  • Les parallèles historiques

    A l'occasion d'un article génial de littérature et d'histoire comparée (1), on a lu aussi Kapuscinski sur Hérodote.

     

    559 BC , Cyrus le grand, un perse Achéménide, succède à son père Cambyse et se libère de la tutelle Mède en 550BC en prenant Ectabane. Il fonde alors un Empire gigantesque. 

    Il commence par la Lydie, le pays de Crésus, en prenant Sardes en 546. Il prend ensuite Babylone et libère les juifs en 539. Cela fait sa réputation de libérateur. Il serait l'inventeur des droits de l'homme et fut admiré des Grecs au point en fait de justifier le rêve d'Alexandre... 

    Cyrus est admiré partout, au contraire de ses descendants, Darius battu à Marathon en 493, puis Xerxes qui brûle Athènes, mais est battu à Salamine en 480. Il faut par contre attendre Alexandre pour voir Darius III vaincu en 330.

    Cette admiration grecque pour un étranger ennemi héréditaire fondateur est l'objet de la même fascination qui fait de Poutine un objet d'admiration ou de détestation en Occident... Tout le parallèle est là et la contemplation du barbare, de quel côté que l'on se place est l'occasion de réflexions variées... 

     

     

    (1) https://laviedesidees.fr/Vous-allez-detruire-un-grand-pays.html

  • Les islams des lumières

    On s'interrogera sur la notion d'islam "des lumières" ou du moins sur la possible existence au sein du monde musulman de positions diversifiées effectives qui rendraient l'islam moins "monolithique".  

    Jaloux de son unité, la chose semble ne pas pouvoir être divisée. Elle l'est en fait et un côté de la barrière se trouve vraiment différent de l'autre. L'appeler "des lumières" a un côté oxymorique voire ridicule car il signifierait en toute rigueur que le religieux correspondant aurait disparu, complètement absorbé par l'autonomie complète acquise lors de l'émancipation en rapport, mais bon. Al-tanwir: les lumières... En plus cela a un côté délicieusement zoroastrien... 

    On commence donc par par Ali Abderraziq(2), qui en 1925, un an après l'abolition du califat, écrit l'islam et les fondements du pouvoir, qui fait justice du califat et aussi des califats bien guidés. L'anti salafisme donc, au point qu'on peut parler de nouvelle grande fitna. Hassan Al Banna fonda l'organisation des frères musulmans en 1928, avec comme objectif la restauration du califat.  

    Le reste de l'islam connu explosa en djihadisme au point de s'identifier avec l'islam aujourd'hui et qui fait la différence, elle existe pourtant. La thèse qui est celle du célèbre Mohammed Arkoun (mort en 2010) est qu'il y a confusion en islam entre le religieux et le politique (ce que tout le monde sait) et que cela n'est pas essentiel mais historique : le religieux fut utilisé pour légitimer un pouvoir particulier. 

    On commencera par la théorie de Ibn Kaldun, des trois phases: le califat idéal, la monarchie tyrannique et la monarchie éclairée par la Charia. La  3ème forme est la réalité incontournable, la célèbre "transition". On a là le problème fondamental du "romantisme islamique": l'écart insupportable entre l'idéal irréalisable et la réalité inacceptable... 

    Et on établira qu'il y a bien trois questions, posées doctement par des intellectuels subtils, plus ou moins menacés et dont l'expression prudente est toujours à cheval entre la hardiesse insupportable pour beaucoup et le foutage de gueule à destinations des occidentaux... 

    1) L'islam peut-il se passer du califat, est-il indépendant du califat ? 

    2) Les discours religieux sont ils distincts des ensembles de pratiques et de leurs discussions ? 

    3) la modernité technique est-elle inaccessible aux musulmans et l'État de droit incompatible avec l'islam ? 

    À partir de là, on peut broder et les "intellectuels" du monde musulman ont de quoi arguer. Il faut par contre bien distinguer, en fait comme dans les discours chrétiens correspondants, entre les réflexions objectives et les atteintes raisonnables et raisonnantes aux principes de la foi dont ces gens sont tout de même investis, et qui rendent de ce point de vue leur discours crédible. L'athée moyen qui se déclare en faveur de l'État de droit n'a bien sûr aucunement voie au chapitre, cela va sans dire. 

    Au hasard des lectures on pourrait citer Mohammed Talbi (1), un tunisien irascible compagnon de Bourguiba, et résolument opposé à Ennahda, (la "Renaissance", le parti frériste Tunisien). Adorateur d'un coran sacré, il s'est distingué dans des polémiques en considérant la charia comme radicalement humaine et historiquement dépendante tandis que le Coran lui serait sacré au point de ne pouvoir accepter de lecture historique, ce qui le mit en opposition avec certains.

    On voit donc les camps et les lignes de défense successives... 

    On comprend d'autant mieux tous ces gens en réalisant qu'il s'agit bien de percevoir (certains disent "interpréter") un texte d'origine divine émis (certains disent "révélé") au VIème siècle dans un milieu culturel tout de même particulier, mais qui fut, cela est indubitable, à l'origine de changements géopolitiques majeurs, et cela en très peu de temps...

    On a lui Talbi, au style agréable et dont le côté carré est plaisant. Il représentera pour nous une expression claire et circonstanciée et aussi cultivée, de ce que peut être la foi musulmane d'un homme intelligent. 

    Sa description du Coran, comme équivalent en terme de foi avec la personne du Christ, donc inaccessible à la critique historique exprime bien la chose avec le fameux hadith: "quiconque glose sur le Coran en s'appuyant sur son jugement, même s'il tombe juste, est tout de même dans l'erreur". 

    On y trouve une chose remarquable est qui est le dogme (ijaz) de "l'inimitabilité du coran". Des gloses variées de la chose en font donc un bloc de langage particulier, une théorie sur le langage lui même, et ainsi une "guidance" unique. Se dérive de cette idée, entre autres, les ridicules tentatives d'extraire du Coran toutes les découvertes scientifiques. C'était Al Ghazali lui même qui affirmait que "le Coran est l'océan sans limites de toutes les sciences"... L'"ijaz scientifique". 

    On doit pourtant considérer qu'il y a plusieurs débats distincts. D'abord la nature du Coran, le problème de Talbi, mais aussi d'autre part celui de la nature de la charia et du califat, les choses s'entremêlant. 

    Pour ce qui concerne la nature du Coran, Talbi hélas semble être marqué par le fameux ijaz scientifique en ce qu'il identifie la révélation à une science descendue du ciel, un rapport de connaissance entre l'homme et l'"Omniscient". À ce propos Talbi dénonce le "concordisme" en gros le projet de Teilhard de Chardin, qui se perdit dans l'abandon définitif des vérités scientifiques propres à la religion, ce qui asséchait toute interprétation "catholique" de la science. L'islam prétendument différent ne l'est que parce qu'il faut partir du Coran révélé etc. Gros avantage à celui qui possède un authentique discours divin... 

    Le discours est en fait un peu plus que cela. On est dans un engagement "ontologique" de l'homme à Dieu, crée non pas dans un jeu mais pour autre chose. Doté pour cela de la liberté et donc d'un libre arbitre inconnu des anges et de la création (sauf du diable), le projet reste ainsi de raison inconnue... Talib dit pourtant que la liberté fut crée avec Iblis, et celui-ci d'ailleurs reproche à Dieu de l'avoir "fourvoyé". Et on se retrouve alors avec une identification de la liberté et d'Iblis, devenu nécessaire, Dieu a donc crée le mal, mais ne le fait pas. Dans la lignée du concept, le fruit défendu consommé n'est pas une chute, la liberté n'est pas aliénée par le péché, elle EST le péché... 

    Qu'est-ce que la vie choisie par Adam ? " la vie est une brulure perpétuelle" (Mohammed Iqbal).

    Cette manière de voir, si elle est effectivement de bonne théologie musulmane, d'une part et bien comprise de ma part, signe ma rupture complète avec la grande religion de paix qui est donc, dans ses tréfonds, ce qu'on en attendait confusément. Étonnant que le très sincère et cultivé Talbi nous balance la vérité comme ça, sans réaliser l'ampleur du désastre. 

    Ainsi donc l'homme est créé faible, et a besoin de la miséricorde (Rahma). 

     

    Au passage, on reconnait le mystère commun à toutes les religions du livre, le Dieu Juif ayant manifesté son besoin de l'homme qu'en quelque sorte la loi ferait exister, le Dieu chrétien plus subtil étant éternellement dans le passé porteur de son fils, déjà humain (je m'égare). Disons que le mystère islamique mériterait d'être théorisé: le besoin d'une victime à menacer  peut être ? (je m'égare aussi). 

    En tout cas, il n'est pas une "alliance" (Mithaq) basée sur un sacrifice rédempteur ou un peuple élu. Les prophètes révèlent, en fait, rappellent cet engagement ontologique. La vocation de l'homme serait alors de lire le livre de l'univers crée par Dieu. La vocation de l'homme est "scientifique". 

    Au passage on égratigne les soufis, ou plutôt on explicite la méfiance sunnite envers les soufis jugés coupables de prétendre "connaitre" Dieu. C'est le reproche traditionnel aux mystiques, bien sûr. On note cependant cette fusion mystique/science qui est celle de Gazhali décidément préféré à Rushd. 

    Cet engagement primordial de l'homme (fitra) fait par contre de la conception et donc de la situation de l'homme quelque chose de premier et donc l'islam est la religion première en fait. Les derniers seront les premiers. On a ainsi un anti péché originel, le prophète rappelant l'homme à sa vocation première. 

     

    (1) Talbi https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/05/mohamed-talbi-l-eclaireur-du-coran_5123219_3212.html

    (2) Abderraziq dans l'histoire https://journals.openedition.org/ema/542#bodyftn14

  • Les légendes du ciel

    On va commencer par la Grande Ourse. 

    Il y avait une nymphe, Callisto fille de Lycaos, associée aux chasses d'Artemis qui se fit violer par Zeus déguisée en la déesse chasseresse vierge (un comble). C'est elle ou bien Héra la jalouse qui pour se venger de la grossesse de Callisto la transforme en Ourse. Pour la protéger, Zeus la catastérisa ainsi que son fils Arcas devenu roi d'Arcadie, de manière à former deux constellations dont les catastérismes similaires tournent autour du pôle céleste sans jamais plonger dans l'océan. On dit hélix

    Arctos est l'ours en grec, et l'espèce d'ours brun est nommé pléonastiquement "Ursus Arctos". 

    Mais on a aussi le chariot et ses 7 boeufs, les septem-terios guidés par le Bouvier dont l'étoile alpha Bootis est Arcturus, le gardien de l'Ours. 

    On notera ces moyens variés de désigner le nord, arctique, et aussi le septentrion qui désigne aussi la grande ourse elle même.

    Les 7 étoiles du septentrion sont en commençant par la queue et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre pour faire le tour du chariot: 

    Alkaid, Mizar, Alioth, Megrez    Dubhe, Merak, Phecda

     

    Ophuichus ou le Serpentaire divise le serpent en deux: la tête du serpent et la queue du serpent. Ophis le serpent.

    Il est Asclepios le guérisseur qui vit un serpent en soigner un autre, castastérisé par Zeus par crainte de le voir ressusciter les morts. 

    La constellation est juste au dessus du Scorpion et a pour alpha Rasalhague

     

    Le Scorpion, meurtrier d'Orion qui le fuit (il se couche quand l'autre se lève) a aussi dévoré les testicules du Taureau.

    Orion est un chasseur aimé d'Artémis qui selon d'autres traditions aurait été tué par elle, volontairement ou non. Le grand chien (Sirius) est le chien d'Orion, et le petit chien (Procyon) est "canicula".  

    Orion est le fils du Taureau ou d'une dépouille de génisse dans laquelle urinent 3 dieux Poséidon, Hermes et Zeus lui-même.

    Le Taureau livra Europe à Zeus qui le catastérisa en récompense. Pasiphae fille de Minos, fut amoureuse de lui et engendra le minotaure. 

    Les Pléïades sont sept et membres de la suite d'Artemis furent poursuivies par Orion. Elles sont les soeurs des Hyades. Les deux ensembles sont dans la constellation du Taureau, d'alpha Aldébaran

    Andromède (alpha Alpheraz) est la fille de Céphée (alpha Alderamin) et de Cassiopée (alpha Shedar). Cassiopée voulut rivaliser de beauté avec les Néréïdes (qui personnalisent à 50 les mouvements des vagues) et Héra elle même, et on s'en prit à sa fille. 

    Condamnée à être livrée enchainée à la Baleine (ketos, le monstre marin), Persée (alpha Mirphak) la délivra.

    Pégase (alpha Markab) fut monté par Bellorophon, le Cocher (alpha ). Il fit jaillir la fontaine du fleuve que verse le Verseau (Aquarius). Issu de Médée décapitée par Persée le malin, il fut monté par lui pour sauver Andromède.

    (1) Tout depuis les légendes, les poèmes et les constellations https://www.cosmovisions.com

  • Les calculs simples

    Pour calculer 1+2+3+...+n, on fera ça: 

    Capture d’écran 2022-08-08 à 11.43.06.png

    Du triangle n x n dont la surface est ce qu'on veut calculer, on va extraire ce qu'il y a en trop pour obtenir exactement la moitié du carré, soit n^2 / 2, et on va rajouter ce qu'on a enlevé est qui est exactement la surface de "n" carrés coupés en deux, soit n/2. On a donc bien  n(n+1)/2. 

    Un autre moyen est de calculer deux fois la somme , mais en présentant les choses: 

     1   +   2    +     ...   + n- 1  +   n

    + n   +  (n-1) +   ...    + 2      + 1 

    On retrouve donc  n * (n + 1) / 2 ... 

    Encore plus fort: (1)

     

     

    (1) les 12 manières : https://www.youtube.com/watch?v=eHbtc50-qXo

  • Les ordres

    L'ordre en général est une bonne chose, encouragée chez les enfants qui doivent ranger leur chambre mais pas seulement. 

    L'ordre national est d'abord celui qu'on doit établir comme principal rôle de l'État qui doit établir l'ordre judiciaire afin d'assurer l'égalité entre des individus assurés de leur sécurité. Ce n'est qu'à ce moment qu'est possible la liberté d'agir au mieux dans la recherche de la meilleure vie matérielle. La liberté économique, seul garant de la prospérité générale ne s'obtient qu'à ce prix: que l'Etat  joue d'abord son rôle principal. 

    Cette justice doit s'accompagner dans l'assurance aux deux sens du terme: qu'il ne soit pas conclu de contrats léonins, d'usures insupportables ou d'esclavage, ce qui romprait l'égalité et la sureté des citoyens, cela d'un part, et que les malchanceux, les malades, les débiles soient protégés et entretenus pour que l'égalité symbolique de droit ne puisse être rompue physiquement, ne serait ce que par accident et cela d'autre part. 

    Ces deux assurances constituent avec la justice de force, la deuxième justice, celle qui protège. Les deux, ensemble, garantissent la possible expansion libre du social. 

    Mais cela ne concerne que l'intérieur de la Nation. Que faire entre les nations ? Des empires ? 

    La question de l'ordre international ne peut être considérée en dehors du premier support des relations entre les nations: celui de la monnaie. Alors que l'on pourrait croire en un état de nature entre nations, barbares pour toujours et dont les souverainetés ne peuvent être violées, il y a la question de l'échange libre sans État et donc de la régulation de la monnaie qui doit être réglée. 

  • Les Brandebourgs

    Après un voyage à Berlin en 1718/1719, Bach dédicace en 1721 les concertos dits "Brandebourgeois" à Christian Louis de Brandebourg-Schwedt, mort en 1734. 

    L'obséquiosité de la dédicace évidemment choque l'âme moderne, mais Christian Louis était un protecteur des arts, avait un orchestre et il est enterré dans la crypte des Hohenzollern à Berlin. 

    Bon, il est le dernier fils de Fred Guillaume 1er de Brandebourg, et demi frère du premier roi de Prusse Fred 1er qui transforme son duché en royaume à l'occasion de la grande alliance contre la France lors de la guerre de succession d'Espagne. On rappellera qu'à Utrecht 1713, on perdit l'Acadie, l'Angleterre gagna Gibraltar et les Habsbourg renoncèrent pour toujours à l'Espagne définitivement déclassée.

    Fred 1er fut ainsi le dernier duc de Prusse, et mourut en 1713.

    Son fils Fred Guillaume 1er de Prusse, lui succéda: il fut le roi soldat autoritaire au delà du possible et fit dire à Voltaire que la Turquie était une république en comparaison de la Prusse... 

    Notons qu'il participa à la bataille de Malplaquet en 1709, qui perdue par la France, fit tellement souffrir les impériaux qu'elle sauva en fait les frontières françaises. 

     Son oncle maternel fut le roi Georges 1er d'Angleterre. 

    Il martyrisa son fils Fred II de Prusse, qui fut roi en 1740. Cette année là, commença la succession d'Autriche avec la mort de Charles VI d'Autriche auteur de la "pragmatique sanction" permettant de faire hériter sa fille Mariethé. Celle ci fit couronner son mari chéri François de Lorraine, empereur. En échange de la Toscane, celui-ci céda la Lorraine (et le Bar) à Stan Leczinski, le beau père de Louis XV qui renonça ainsi au trône de Pologne, Louis XV héritant finalement du tout sauf la Pologne... 

    On notera que la fille de Stan, Marie Leszczynska,  fut une très trompée Reine de France qui fut très populaire en France  car très bonne et très pieuse. Elle dut s'arranger avec la Pompadour... 

    Fred II pour la Silésie (la corne sud de l'Allemagne jusqu'en 45, la corne nord étant la Prusse orientale avec Königsberg) se transforma de roi philosophe en roi conquérant. Pour Breslau/Wroclaw. C'est pour lui qu'on travailla dit encore Voltaire, lors du traité d'Aix la Chapelle en 48 ou Louis XV renonça au produit de toutes ses victoires... 

    Fred II mourut en 1786. Il apprit le latin en cachette de son terrible père. On notera qu'à l'époque, l'armée c'est 85% du budget de l'Etat de Prusse, pauvre royaume morcelé, mais par pour longtemps, Fred II était un machiavel et aussi un génie militaire: sur sa tombe, Napoléon a dit: "Messieurs, nous ne serions pas là s'il était ici".

    Passons aux Augustes. 

    Auguste le fort, qui brisait des fers à cheval à mains nues, fut le roi de Pologne et grand duc de Lithuanie, titres électifs fut Auguste II, mort en 1733. Son fils Fred Auguste 2 évinçant Stan, devint le roi de Pologne Auguste III. On retiendra en 1716 son voyage à Venise, accompagné de Pisendel, Richter et Zelenska. On rencontra Vivaldi, Veracini et Lotti et Heinichen qui y vivait. 

    Les Augustes étaient de Saxe. Auguste le Fort était Fred Auguste 1er de Saxe, qui fit de Dresde la "Florence de l'Elbe".

    Auguste III était le fils de Christiane-Eberhardine de Brandebourg-Bayreuth, luthérienne qui refusa de se convertir au catholicisme pour devenir reine de Pologne. La Trauerode (BWV 198) était pour elle, à Leipzig lors de ses funérailles en 1727. Elle était la fille de Christian-Ernest de Brandebourg-Bayreuth qui participa à la bataille de Kahlenberg en 1683. 

    Bon, tout commence avec l'adoption du luthérianisme par Albert de Brandebourg-Ansbach l'hériter de l'État teutonique en Prusse extrême orientale. On a donc un duché de Prusse, vassal du royaume de Pologne. Une université Luthérienne est fondée à Königsberg en 1544. 

    En 1618, Anne de Prusse, épouse de l'électeur du Brandeboug hérite. La Pologne renonce à sa suzeraineté sur la Prusse au traité de Bromberg (Bidoscz) en 1657.

     

  • Les dissuasions

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  • Les victoires

    Indépendamment de tout fait, mais en relation avec lui se pose le jugement de valeur, l'"estimation", qui est tout de même une forme de description, et pour certains la seule. On peut être pour ou contre ou les deux mais en rester là, et cela en bavant sur toute description "objective", l'objet n'étant QUE ce qui vu ainsi.

    L'invasion de l'Ukraine par la Russie devait être à l'avantage de la Russie mais sous la forme d'une victoire éclair qui n'a pas eu lieu. Condamnée à être longue, cette victoire fut donc d'abord un échec complet, voire une défaite de fait dont on a cherché à trouver les apparences, toutes les explications de la non-victoire rapide étant autant de faiblesses coupables et définitives qui rendent la défaite possible, donc certaine, pourvu qu'on y mette le prix. 

    Bien sûr dire que la victoire est nécessairement retardée pour en éviter le cout trop cher en militaires tués excite le jugement, qui est bien sur celui des pertes énormes des Russes, garant supplémentaire de leur défaite à venir. 

    Dire que la victoire arrive forcément est alors un truisme prévisible, et le seul discours devient celui de son retard, attribué à une défaite manifeste, par voie de conséquence. Petit à petit on arrive à une victoire totale de la Russie qui sera associée de fait à son épuisement complet et donc à sa quasi-destruction. Pyrrhus, vous dis-je, Pyrrhus. 

    Roi d'Epire (l'Albanie) puis roi de Macédoine, Pyrrhus vainquit plusieurs fois les Romains (Héraclée 280, avec des éléphants), ratant Rome de peu, se bat aussi contre Carthage, puis contre les macédoniens mais ses victoires furent couteuses d'après Plutarque, et il finit assommé par une tuile lancée par une vieille femme... 

    Eloignées dans l'histoire, les victoires et les défaites se succèdent avec les morts et les souffrances des combattants, et qu'est-ce que gagner pour un général, un empereur ou un demi dieu ? 

    Mais on peut continuer les considérations sur le sujet, et en particulier sur ce qui concerne la publicité faite sur les petites victoires, celles qui agrémentent le quotidien. Publicité ou silence d'ailleurs, car on notera qu'après l'incroyable bruit fait autour des grandes défaites Russes, ceux-ci n'ont répondu que par des coups de canons, sans se vanter en rien, car on ne peut considérer comme des vantardises les petits sourires tristes de Vladimir Poutine...

    Mystérieuses tactiques de communication...

    D'abord on notera que pour qu'il y ait victoire il faut une prétention: on ne gagne que les batailles qu'on se propose à l'avance de gagner. Et réciproquement pour les défaites. L'échec majeur de Poutine à prendre Kiev fut-t-il précédé d'une prétention affichée à cela ? Nullement. Pourtant, hier soir, un commentateur avisé, général "émérite", réaffirma le jugement, l'utilisant, comme indiqué plus haut, pour faire passer l'appréciation de l'échec global Russe, le projet agressif ne pouvant se relever d'un tel insuccès, qui grève donc définitivement toute prétention Russe à une quelconque victoire. 

    Dans les faits, la prise de Kiev ne fut jamais annoncée comme un but de guerre, fixa une partie importante de l'armée Ukrainienne, et permit la conquête éclair initiale, en particulier au sud. Elle faillit déstabiliser le pouvoir kyévien, qui proposa rapidement de négocier et ne fut remis en selle, apparemment du moins, que par des interventions extérieures, disons l'OTAN, qui le poussa à résister quoi qu'il en coute. L'évacuation ultérieure, menée dans l'ordre, des troupes rassemblées pour l'occasion fut menée sans dommages, et on ne vit de la grande victoire Ukrainienne, aucune offensive destructrice, aucune destruction organisée, aucune pénétration visible: comme si elle avait beaucoup couté elle-même... 

    Affichés les buts de guerre sont bien le Donbass, la neutralisation et la dénazification plus le sud, c'est-à-dire la façade maritime de la mer noire, qui devra y passer. Rien n'indique une volonté de conquête au-delà, les zones susceptibles de faire partie de la fédération de Russie étant exclusivement visées, le cauchemar d'avoir à subventionner le reste d'un pays failli et pourri de sa corruption étant laissé aux Européens, seuls capables d'envisager pareille absurde politique.

    Rien que du rationnel, et du prévisible, du moins si on a deux sous de réflexion. Se mettre à la place de Poutine est assez simple en fait: il suffit de considérer les intérêts objectifs de la Russie et de se détendre... 

    Un autre point est la vantardise victorieuse, propre à certains tempéraments exaltés, que ce soit par l'origine ethnique ou la quantité d'excitants absorbés. Elle a deux inconvénients: d'abord de mettre en avant le cout humain de ces entreprises, qu'il faut à la fois féliciter et aussi, le succès étant acquis promettre d'arrêter. Ni l'un ni l'autre ne sont souhaitables pour l'instant. Les morts au combat de la victoire ne seront mis en avant qu'à la fin, et encore, on trouvera un soldat inconnu pour ne pas trop faire pleurer: moins il y en a, mieux c'est, la victoire en est plus joyeuse. 

    Ensuite, de montrer la direction de sa volonté et de laisser transparaitre certaines tactiques préférées. La guerre doit être d'abord ce qui est caché à l'ennemi, les coups délivrés devant surprendre, car la douleur infligée se doit d'être maximalement intense. Rien de ce qui réjouit ou indique le mouvement ultérieur ne doit être dévoilé. Ce qui caractérise pour l'assaillant un objectif local atteint (par exemple, en soulageant une faiblesse à cache) doit rester secret toujours. 

    Que cela nuise au spectacle extérieur, cela est certain, mais en principe, nulle femelle au spectacle n'est présente, à part des opinions extérieures qu'on a déjà traité de toute façon, et qui n'entendent rien à toutes ces choses. 

    Et puis, il y a les délices de l'incertitude. Ces canons Français vendus ou capturés, en cours d'examen au-delà de l'Oural, sont ils fictifs ou non ? Le doute introduit permet à l'ennemi de se consumer en démentis, en reproches larvés, en perte de temps et d'efforts qui sont autant de blessures infligées. Et si en plus c'est vrai, alors là, les renseignements obtenus devront bien sûr rester cachés d'autant plus. 

    Il y a derrière les sourires tristes des vraies puissances tout un monde... 

  • Les trans

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  • Les juges

    On persiste à penser qu'il y a un problème avec la justice dans ce pays, et on n'est pas le seul (1).

    D'abord, la justice n'est pas soupçonnée ou à peine: à part quelques lazzis, la plupart du temps de droite, point de doute à avoir quant à l'intégrité du juge en tant que tel: protégé tel un marcheur sur la lune par un scaphandre à toutes épreuves, jamais on n'envisagerait de surveiller ses notes de frais ou le métier de son épouse. Ceux qu'il surveille et condamne par contre, en sont à se dégouter de vivre pour justifier à chaque culotte en dentelle si elle est autorisée. 

    Ensuite il y a les lois: elles n'existent plus en tant que telles car essentiellement révisables et soumises à toutes les vérifications possibles au point d'en être virtuelles: constitution (2), cour de justice européenne, cour pénale internationale, on ne peut plus rien faire et décider d'une loi c'est décider de rien. D'où sans doute le nombre pharamineux de celles ci, on ne sait jamais dans le nombre, certaines seront acceptées et appliquées. 

    On évoquera donc la QPC source d'un travail infini pour la cour con, avec l'incompétence négative (2), argument délicieux. En gros: des principes vagues permettent aux juges de méta-controller les lois et d'y introduire leur subjectivité. 

    Et puis, il y a l'Etat, dont on contrôle le pouvoir, enfin dans un certain sens, oubliant la définition de la liberté de Montesquieu: 

    « la tranquillité d’esprit du citoyen qui provient de son opinion que le gouvernement non seulement ne l’assujettit pas, mais fait en sorte qu’il ne puisse craindre d’un autre citoyen ».

    La balance entre les deux oppressions devrait être un méta principe: est-ce le cas ? 

    En parlant de balance, la subjectivité des juges a donc lieu de s'exercer, d'abord à l'encontre des hommes politiques tous pourris et aussi des crimes sociaux, tous explicables et excusables. Et puis bien sur il y a les plaintes sociétales variées, le nombre d'associations et autre lobbies pouvant se porter partie civile étant devenu infini et l'Etat condamné pour inaction climatique n'a toujours rien fait.

    Revenons à la QPC, ou contrôle constitutionnel à postériori, qui n'est pas une condition exclusive de l'Etat de droit et dont on abuse. 

    Tout cela fait partie de ces réformes "libérales" accumulées par des pourtant tenants de l'autorité (Giscard, Chirac, Sarkozy) qui affaiblirent délibérément l'Etat en le livrant au juridique. A des fins de modernisation on fit exactement comme Louis XVI: en rétablissant les parlements, il se priva de la possibilité de réformer et cela finit mal. 

    Faudra-t-il une révolution pour abolir ce fatras juridique d'un trait de plume ? 

     

    (1) Eric Schoettl  sur les juges https://www.revuedesdeuxmondes.fr/jean-eric-schoettl-droits-chacun-interets-de-tous/

     

    (2) L'incompétence négative analysée: https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/l-incompetence-negative-dans-la-qpc-de-la-double-negation-a-la-double-incomprehension

  • Les échiquiers

    On a lu le "grand échiquier" de Brzezinski, prénom Zbigniew. Sorti en 1997, il est totalement démodé, bien sûr, ne parlant ni du 9 septembre, ni de Poutine et pourtant tout y est, la politique et la pensée américaine y est exposée sans fard, et c'est la même aujourd'hui, quoiqu'on en dise... Utilisé comme "preuve" de la méchanceté américaine par tous les complotistes et tous les complotismes, il ne s'agit pas d'en tirer quoi que ce soit en ce sens, simplement ce qui est logique de penser en tant qu'américain quand on regarde le monde. 

    D'autre part, il suffit de lire, et la position actuelle des "occidentaux" telle qu'elle est exprimée actuellement au sujet est très exactement ce qui est décrit dans le livre. 

    Allons à l'essentiel. 

    L'Amérique "est" hégémonique, point. La Russie post soviétique est trop faible pour partager l'hégémon, point. Son projet géopolitique, seul projet qui lui reste après la fin de l'empire et du communisme est donc de coopérer avec l'Europe et l'Amérique. Ici le mot "coopérer" est bien sur le sens de la coopération entretenue par l'Europe avec les USA... 

    C'est le seul moyen de récupérer son rang et de se moderniser.

    L'alternative, faire avec d'autre une alliance visant à contrer l'hégémonie américaine "n'est pas souhaitable". Elle se ferait à l'avantage de la Chine, qui elle pourrait revendiquer des territoires, ce qui n'est pas le cas de l'Europe. 

    En revanche, pour être acceptée dans le club, la Russie doit 1) renoncer à toute ambition impériale 2) cesser de craindre les alliances entre l'Europe de l'Est et l'Amérique. Et pour cela, la reconnaissance de l'existence séparée de l'Ukraine est fondamentale. 

    Et voilà. Les considérations suivantes sont accessoires : la Russie n'a pas encore son Ataturk (on est en 1997), et prétendre imposer à des pays des restrictions à sa politique étrangère (rejoindre l'OTAN) sous des prétextes variés n'est pas acceptable. L'hégemon est absolu, il est celui de la Grèce dans un monde "mélien" : Athènes ne négocie pas avec des puissances inférieures: elle assiège Mélos qui voulait rester neutre, tue les hommes et met en esclavage le reste. 

    Avant de crier avec les complotistes, comme dans un certain nombre de cas, il se révèle qu'il n'y a pas complot du tout: c'est écrit dans "Mein Kampf" ou dans "Le grand échiquier", il suffit de lire et les choses sont claires. 

    Brzezinski là devient visionnaire: 

    « En revanche, l’intégration de l’Ukraine bouleverse les certitudes les plus enracinées. L’admettre, c’est reconnaître que le destin de ce pays ne dépend plus d’un lien organique avec la Russie. La survie de l’Ukraine comme État indépendant suppose qu’elle s’arrime fermement à l’Europe centrale et s’émancipe de la région eurasienne. En toute logique, il lui revient de partager les liens que l’Europe centrale entretient avec l’OTAN et l’Union européenne. L’attitude de la Russie sur ce sujet servira de révélateur : aura-t-elle choisi de devenir un acteur européen, ou, rejetant cette option, s’entêtera-t-elle à poursuivre une identité eurasienne et un destin solitaire, émaillé de conflits avec son proche voisin ? »

    Ainsi les choses sont claires: la Russie doit rompre avec le rêve funeste de l'Eurasie. Le carrefour des carrefours doit se normaliser et abandonner la tentative grecque de fusionner avec la Perse, la Viking d'avec les slaves, la Mongole d'avec les turcs. Tout cela pour partager avec l'Ukraine les subventions européennes sous la protection militaire Américaine. 

    On sent derrière tout ça la, très justifiée historiquement, haine féroce du Polonais envers la Russie, et l'apatride fanatisme envers son maitre d'un revanchard haineux... 

    Bien sur, il y a plus, et l'évocation gourmande d'un toujours possible "flirt" entre la France et la Russie comme déjà plusieurs fois dans l'histoire, le montre: l'Amérique ne veut pas d'une souveraineté alliée à son est, l'Europe ne doit pas s'allier à la Russie comme ensemble souverain. C'est ce qu'explique Del Valle (2) qui ajoute qu'à la fin de leur vie, aussi bien Georges Kennan (3) que Brzezinscki lui même ont expliqué qu'en fait cela était une erreur totale, et que cela précipiterait la Russie vers la Chine. 

    De fait, la sous estimation de la Russie et sa perception comme un pays failli est une erreur monumentale. Obama, élu en 2008, architecte du Maidan et aussi de la catastrophe Daech est le plus taré de tous les présidents US. Avoir laissé un keynian prendre les US fut une erreur monumentale de la part de l'Occident... 

     

    (1) Friedman et Stratfor : https://blogs.mediapart.fr/jocegaly/blog/170515/g-friedman-c-est-cynique-amoral-mais-ca-marche-discours-au-council-foreign-relations-de-chicago

    (2) Del Valle sur l'Ukraine: https://www.youtube.com/watch?v=iVGDj2m_VWs

    (3) Georges Kennan https://fr.wikipedia.org/wiki/George_F._Kennan

  • Les élections législatives

    Pour mieux se confronter à la réalité, il convient de donner son avis dans les phases intermédiaires, alors que le destin n'a pas encore frappé. 

    Au lendemain du premier tour des élections législatives, "Ensemble" a une microscopique avance 25,75/25,66 sur la NUPES, d'après le ministère de l'intérieur, débunkant ainsi la fake news du Monde qui à 6h30 annonce toujours sur son site le chiffre 26,10/25,81 en faveur de NUPES en vigueur à 22 h la veille... Incompétence et propagande quand tu nous tiens... 

    Bon, Mélanchon s'est planté en fait, et des sondages récents lui donnaient beaucoup plus, sa prétention à être premier ministre, qui lui était monté à la tête, était vaine. Macron reste, en dépit de toute rationalité, de tout examen objectif de sa personne, de ses politiques, et de son entourage, au pouvoir. 

    Une majorité relative ? On ne voit pas bien si elle lui sera gênante, tant la NUPES, vaste coalition de carpes et de lapins et qui va exploser dès la semaine prochaine, si cela n'est pas le cas dés celle-ci, n'a pas d'existence et que son échec est patent, malgré tous les cris de victoire. Maintenant cible unique de tous, son islamo gauchisme assurera une majorité absolue à son adversaire et il pourra partir en retraite la tête relevée, à défaut d'être haute.

    La France s'abandonne à sa déprime prudente et l'indexation des retraites en quoi les retraités croient, plus le chèque carburant qui a calmé les gilets jaunes déjà calmés par leur oeil en moins, ont suffit à persuader tout le monde que tout va continuer comme avant. Education, Immigration, Industrie, Dette, Agriculture sont en ruines, l'Europe est un dégueulis belliciste sans stratégie ni puissance qui va se faire saigner à blanc, et tout le monde est content. 

    J'ai espéré une victoire Russe rapide, avant les présidentielles, puis une plus lente, avant les législatives. L'Ukraine a tenu jusque-là, sans que le moindre débat, la moindre prudence, la moindre lucidité ne change rien à la course à l'abime qui se continua en silence. Aucune information, aucune explication, un tombereau de mensonges éhontés, et d'indicibles stupidités. 

    Electeur de Zemmour, j'ai fait zinc % , encore pire que d'habitude et donc me réfugie dans ma tristesse. Je m'en vais voter NUPES, tient, la semaine prochaine, cela me fera passer pour un mec ouvert dans certains milieux et me permettra encore une fois de perdre, je vais finir par aimer ça. 

     

  • Les guerres en Ukraine

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  • Les totalitarismes

    L'Occident est en train de devenir totalitaire. C'est l'explication que toute l'opposition au monde actuel est en train de réfléchir et discuter, à différents niveaux. 

    Jusqu'ici caractérisé par son "libéralisme" qui même rendu "néo" par les résidus marxistosistes restait marqué par la victoire symbolique de 91 sur le totalitarisme soviétique, et encore, on passa l'éponge sur le goulag, la distinction entre totalitarisme immoral des nazis et totalitarisme moral attribué au bolchos restait  présente, les vieux cons devenus capitalistes exigeant qu'on respecte leur adolescence, car seul le nazisme était immoral et encore, sauf Azov. Après tout le wolfangel n'est qu'un Z barré et en cela excuse Ouradour sur Glane; bref nous voilà dans le sujet. 

    Les 3 caractéristiques du totalitarisme

    Qu'est-ce que le totalitarisme ? Je dirais 3 choses: une langue, celle de Klamperer, le mot image imposé se devant d'être utilisé pour penser et agir sur le seul réel disponible; une contrainte permanente, la douleur faible devant toujours permettre de garder à l'esprit qu'elle peut s'accentuer si besoin ou par faute; un ennemi collectif identifié avec qui par définition il n'est pas possible physiquement et moralement de négocier. 

    Il faut bien sûr se référer à Arendt et je voudrais exposer ici que je ne suis pas d'accord avec elle, au moins sur certains points, en particulier sur le caractère soi-disant "banal" du mal totalitaire. Le totalitaire est civilisationnel et culturel et se trouve un mode de gouvernement et de domination. 

    Tout d'abord, les 3 caractères du totalitaire sont ceux du dressage ordinaire, et l'éducation qu'elle soit celle des enfants ou des chiens est basée sur ces 3 principes. Système de communication, de maintien et de collectivisation, système de domination tout simplement. Soumis à une vie dans un espace totalitaire, le chien, ou le chinois sont d'accord et acceptent leur sort. L'éduqué aussi, et le caractère non totalitaire d'une éducation n'est du qu'à l'autonomie qu'a su garder l'individu malgré son dressage et qu'on ne lui a pas inculqué, par définition, de force. 

    La liberté d'esprit et la liberté tout court est ce qui survit à l'éducation, charge aux professeurs d'en parler de temps en temps, pour être sûr que leur dressage a échoué au final, heureusement. Certains cours sont ainsi assuré par des profs bizarres, qui à contre-emploi, s'efforcent de montrer l'exemple de l'indiscipline, de l'autonomie, de la liberté et de l'indépendance d'esprit. 

    Les grandes distinctions

    Mais il faut bien sûr passer d'abord par les grandes distinctions classiques du politique rappelées par Arend. 

    D'abord les types de domination (aristocratie, démocratie, autocratie) qui identifient l'entité en charge du pouvoir, ensuite le mode de gouvernement suivant qu'il sépare ou non formation et exécution des lois, ce qui distingue la raison du despotisme. Kant en établissant cela pose tout le débat: la liberté c'est la loi, et la démocratie a deux sens suivant qu'on l'identifie à la liberté ou au pouvoir. Cet admirable mic mac est le terrain de jeux des manipulations, des hypocrisies et aussi de l'histoire... 

    On introduira alors deux axes supplémentaires, l'un de Montesquieu qui introduisit la notion du principe accepté du pouvoir (vertu, honneur ou crainte) et ainsi les notions d'homme public et privé,  l'autre de Machiavel qui introduit les notions de politique intérieure et extérieure. Les deux dualités sont constitutives de tout système de pouvoir et on pourra y voir son caractère d'"ouvert" ou de "fermé".

    Le totalitaire serait alors ce qui dissout les deux distinctions: l'individu est entièrement public et le gouvernement mondial. 

    On commencera par l'individu: l'homme citoyen est égal à tous les autres, et l'homme individu différent de tous les autres. La distinction vie privée, vie publique est fondamentale car elle distingue droit et morale et fonde par là même le possible du droit respecté. Le totalitarisme s'opprime la distinction: la loi règle la morale et la représente. Par là même elle interdit à la personne d'être plus indulgente ou plus sévère que la loi, elle abolit donc le jugement moral, devenu inutile car, forcément, entièrement assuré par la loi. L'homme n'est plus juge, ni de lui-même, ni des autres ni de rien: la loi s'assure complètement de régler toute évaluation. 

    On continue avec le gouvernement mondial: l'homme n'a pas de nation et pas de région, sinon un département dans une administration mondiale, une sous préfecture de l'unique pouvoir. Cela pour sa paix: toute appartenance fractionnaire est source de revendication territoriale ou sociale et se trouve un facteur de guerre. Soumis à une unique loi, on y revient toujours, l'individu n'a qu'un seul président. Le dissident porte atteinte à la paix et se trouve donc fauteur et cause de guerre et du mal suprême: il est donc l'objet de la guerre civile, la guerre juste, la seule, celle que va lui faire le monde entier qui l'entoure. 

    Les lumières

    Il faut bien comprendre que ces deux formes extrêmes de l'oppression sont d'abord des idéaux fondamentaux issus des lumières du XVIIIème siècles, idéaux poursuivis jusqu'à aujourd'hui par toutes les vraies élites et cultivés par les vrais philosophes ceux qui, au sommet du monde, au milieu des plus riches, se sentent investis du pouvoir de régler et d'améliorer le monde dans son ensemble. 

    On note que Kant qui parle de la confédération des peuples et de l'impératif catégorique, inspirateur du juridisme pur est l'un de ceux, sinon celui qui préside au fameux complot. Est-ce un complot ? Plutôt un rêve éveillé qui continue de bruler les coeurs, et notamment ceux des nouveaux jeunes maintenant complètement détachés des derniers feux du nazisme et du communisme et qui ne furent jamais brulés donc par les flammes de l'enfer sur terre du XXème siècle. Ils reprennent tout à zéro... 

    Il suffit pourtant d'avoir connu un militant trotskyste des années 70 pour savoir et comprendre ce qui anima un Netchaiev. Trop effrayés de ce qu'ils avaient pratiqué en secret dans leurs cénacles, les monstres se convertirent au libéralisme social pour faire leur carrière, n'osant partager ce qu'ils avaient vécu. Exactement ce qu'avaient vécu leurs pères nazis ou pétainistes ou bolcheviques : la honte éternelle et impardonnable d'avoir vibré et joui à l'assassinat nécessaire des méchants.

    Les lumières dénoncées par le cardinal Lustiger et par tous les contempteurs des droits de l'homme furent elles justiciables de toute cette infamie. On verra pourtant le concept de Nation se forger dans la révolution bien au delà des idéaux mondialisés des philosophes, comme si l'Europe avait d'abord besoin de se fractionner avant de s'unir, tout en s'unissant pourtant, et ce fut le cas de l'Allemagne, de l'Italie, voire de l'Autriche et de la Hongrie... 

     

    Contre le totalitarisme 

    Qu'est-ce qui peut s'opposer au totalitarisme ? Et bien il n'y a pas grand-chose. Une occasion unique pour les grandes philosophies adossées au christianisme et qui se sentent chargées de restaurer la grande foi que ce monde a maintenant complètement abandonnée. On pourrait conclure avec l'essence de ce qu'avec la religion, l'Occident a abandonné, c'est-à-dire le concept de "salut", seule vraie raison d'avoir besoin (on ne prie que ce qui peut rendre service) de quelque chose d'autre. Il n'y a que quelque chose d'autre qui pourra nous sauver du totalitarisme qui est déjà là... 

    Car le totalitarisme une fois en place agit. En particulier et là Arendt introduit le concept de terreur, il s'agit de rendre la situation effectivement comme on l'a prévu à l'avance. Suppression des classes et des races il faut accomplir dans le réel ce que l'on a théorisé et pour cela bien sur retirer tout obstacle à cela. 

    Le totalitarisme progressiste comme idéologie veut éliminer toute négativité. Par conséquent, sera détruit comme négatif justement tout ce qui critique et dévalorise, seul le positif acquiescement étant toléré. L'éducation et la rééducation sont donc permanentes et constituent l'axe essentiel de la domination, le dressage comme but en soi. 

    Cette boucle fermée de l'éternelle amélioration positive et positivée de soi est l'objectif et la raison d'être d'un savoir technique suprême, seule manière de faire mieux avec soi. Voilà  je crois, le ressort secret de ces formations à n'en plus finir, de ce culte omniprésent du développement personnel, seul objectif de tous. Ou presque. 

    Le groupe "reinfo covid" (1) mentionne et concrétise les deux caractères essentiels du totalitarisme mis en oeuvre lors de la folie covid. Langue et idéologie. 

    La langue

    La langue transformée du monde totalitaire est bien sûr celle qu'a décrit Klamperer, elle fut lors du covid, d'abord une tentative d'effacer le passé et tout le savoir accumulé sur le domaine à considérer: celui des maladies infectieuses. D'abord, on n'a pas un "virus" mais le Sars Cov2 ce qui radicalement différent et niveau, non pas une "grippe" mais "la" Covid. Tout le bon sens médical dispensé par la médecine fut dénié et remplacé par un langage global technocratique entièrement confisqué par l'État. Cela alla jusqu'à l'organisation d'une défiance explicite envers le conseil scientifique, par ailleurs mis en scène selon les besoins. 

    Plus généralement, on notera bien sur l'abus de mots "concepts" destinés à introduire de nouveaux objets comme radicalement nouveaux. Un exemple récent est le fameux "Conseil National de la Refondation". Scandale absolu pour le bon sens (refonder quoi? Rome?), l'histoire (le Conseil National de la Résistance arriva à la fin de la 2ème guerre mondiale, et se trouve un référent transpartisan), et bien sur pour le Conseil Economique et Social, constitutionnel et soigneusement tenu à l'écart de ce qu'on veut dire et faire. Le pouvoir s'exerce par la langue, et le nouveau pouvoir par la nouvelle langue. 

    L'Idéologie

     

    L'idéologie est un scientisme, tel que défini assez précisément en (1: 1.07) et la modélisation abusive, telle que présentée  au début de la pandémie et qui a convaincu les dirigeants occidentaux est sans doute la cause racine du basculement. Il s'agissait d'appliquer l'onction mathématique aux deux domaines collectifs les moins susceptibles d'être modélisés comme peut l'être la physique: l'épidémiologie et l'économie. Ces deux domaines, abusivement mathématisé, et cela d'ailleurs initialement afin de modéliser leurs concepts explicatifs généraux permettent à un discours public mis en oeuvre explicitement de décider péremptoirement.

    On nous annonce ainsi que 1) la modélisation épidémiologique justifie le confinement 2) la modélisation économique justifie le pass sanitaire. Deux foutaises totales que rien, absolument rien ne justifie: bien au contraire, des simples comparaisons entre pays montrent que le confinement n'eut pas d'effet globaux notables et les simples mesures montrent que le vaccin ne protégeant pas de la contamination, son obligation généralisée n'eut pas d'utilité. 

    Le scientisme qui peut se définir comme une conception profondément faussée de la science, qui vise à la considérer comme expression de la vérité sur la base d'une idôlatrie de sa méthode. Tous les discours qui imposent les fameux critères méthodologiques (échanges entre pairs, expérimentation, pratiques) comme critères du vrai sont scientistes, transformant des critères locaux pratiques en critères du vrai. Les fameux critères du "scientifique" qualifient non pas la vérité des résultats scientifiques, mais le discours scientifique lui même (celui qui organise sa réfutabilité) seule possibilité pour produire des résultats provisoirement acceptables, la "vérité" bien sur étant définitivement hors d'atteinte. 

    Outil des idéologies classiques du XXème siècle, le scientisme est aujourd'hui l'idéologie des technocrates, les membres des classes sociales élitaires sous éduquées, ou exclusivement éduquées aux savoirs utilitaires du droit et de la politique, à l'exclusion des sciences, qu'ils ignorent et ne pratiquent pas, et des techniques, jugées secondaires ou à importer. Comme idéologie et donc comme méconnaissance et ignorance, la science scientiste est instrumentalisée comme fétiche, ses tenants n'étant que des subalternes soumis au politique. Car le technique, tout comme le médical et le militaire ne sont que des domaines administrés soumis par définition et donc manipulables. Leurs vérités ne sont que de méthodes, donc de procédures à vérifier et à manipuler à loisir.  

    Formés à l'administratif, les praticiens de haut niveau de ces domaines n'ont bien sur plus de vraies compétences, juste le vernis permettant de dominer les opérationnels et de convaincre les politiques de leur donner tout pouvoir sur les carrières. Loin de la méritocratie, la soumission et l'instrumentalisation deviennent la règle: plaire est le moyen. La conséquence est actuellement en place, partout: tous les domaines techniques deviennent "consultables" c'est à dire organisables par une seule methode de direction, qui ne se trouve même plus politique, mais managériale. 

    Que vous soyez militaire, technicien ou médecin vous ne dépendez plus que du même jeu de slides qui vous hiérarchise et vous met en situation de répondre aux questions et surtout d'obéir. 

    Cette perte d'autonomie des secteurs savants est organisée, d'abord au nom de la gouvernance mondiale. Localisés dans l'OTAN, les grands groupes industriels mondiaux et les laboratoires pharmaceutiques les autonomies créatives ne sont plus nationales et ne se connectent que via les grandes alliances et les discussions transnationales. Elle caractérise aussi bien sur les entreprises "individuelles": il n'y a plus de possibilités d'individuation créative hors le passage dans la moulinette massive industrielle: point de startup qui ne soit d'abord rachetée, point d'entreprises qui ne soit contrôlée par un grand groupe ou par des alliances nécessaires. L'individu local ne peut exister: il est nécessairement inclus dans une structure organisée, qui plus est, et par définition transnationale. 

    Le religieux

    La disparition du religieux traditionnel est général et se trouve être l'une des causes du développement du totalitarisme, ou du moins un phénomène associé à son développement. Se pose alors la question du totalitarisme lui même comme phénomène religieux de remplacement.

    La question est ancienne et tient à la polémique avec le Marxisme, qui introduisit le terme "idéologie" pour désigner le capitalisme et ses soutiens intellectuels, avant de se faire désigner lui aussi comme "idéologie" (cela viendrait de Karl Mannheim dans Idéologie et Utopie). Mais avant cela, Marx décrit bien l'idéologie comme une fausse conscience auto justificatrice à l'intérieur du mécanisme de la superstructure, soumise au moteur violent de l'histoire de la lutte des classes. L'idéologie ne disparait que dans le monde de la victoire finale du prolétariat, qui abolit la distinction. 

    De fait, une telle description du monde est du religieux au sens strict, une réalité souterraine dirigeant un monde créé et qui se consume finalement dans une parousie. Un peuple élu, marqué par son destin célèbre en permanence les rituels de l'abolition de l'individu... Là se marque par contre ce qu'il y a de non chrétien dans le totalitarisme celui-ci voulant abolir l'essence du christianisme qui est l'absolutisation de l'individu, caractère de sa liberté. 

    D'une certaine manière, ce religieux là rompt avec la forme finale du religieux (si l'on peut définir le christianisme de cette manière, sa foi étant en fait abolition du religieux classique) au nom de la mécompréhension de ce qui fut à l'origine de sa décadence terminale actuelle: le refus de la responsabilité morale de l'individu qu'impose sa liberté. L'association moderne de l'état souffrant de l'homme à des circonstances extérieures (sociales ou historiques), rompit avec la seule raison de cette souffrance: l'éloignement du divin, seule justification de la foi qui anime le religieux chrétien. 

    Il ne resta alors que la nécessité du rituel, et de l'histoire totale, le tout basé sur une foi explicite en l'assujetissement du sujet. On en vient alors aux prétentions kantiennes d'Eichman, qui se prétendait bureaucrate aveugle, simplement inséré dans un système de lois. Il mentait. Persuadé par l'histoire nazie, par la supériorité de sa race et la nécessité de l'extermination des juifs, il fit ce qu'il fit avec conscience, volonté et efficacité. Le totalitarisme est voulu, car convainquant, enrichissant et vu comme nécessaire. Ses soutiens sont persuadés par sa nécessité et se battent en conscience, ne l'oublions jamais. 

    On en revient alors à ce qui peut s'opposer à cela. Je parle en connaissance de cause, car je devrais en être... Libéral, post chrétien avec ma génération, anti marxiste enfant je suis le macroniste typique et pourtant je vais voter Mélanchon presqu'à coup sur de manière à exprimer ma haine totale de cette infamie. Que m'a-t-on injecté pour que ma cutie vire de cette sorte là ? 

    Une fille de philosophe (quel macho ! Stiegler est philosophe elle même) nous explique (2) la différence entre les conceptions individuelles et collectives de l'intelligence et de l'inadaptation. Croyant en l'intelligence individuelle (alors qu'elle n'est que collective et socialisée) et donc en la bêtise individuelle (alors qu'elle n'est que collective et socialisée), le monde au pouvoir a substitué lors de la pandémie une gestion institutionnalisée des affaires publiques (en gros l'Etat Nation dont on dispose depuis le moyen âge) par une gestion déléguée, toutes les décisions et leurs mises en oeuvre étant le fait de cabinets de conseils qui ont bypassé tous les experts, tous les profs, tous les scientifiques, tous les ex ministres. Ceux ci ont inventé des moyens inédits de domination du peuple acceptés car c'était pour son bien, et qui ont remplacé défintivement tout débat, représentation ou respect d'iceux : les commissions parlementaires se sont succédées ont évoqués certains problèmes, mais cela fut sans conséquence. Le pouvoir fut reconduit. 

    Comment résister ? La dame pose la question et parle de collectifs variés, il y en a. Encore une tentative pour remplacer  ce qui l'est déjà: la démocratie traditionnelle a cessé d'exister, déjà. 

    (1) https://www.arianebilheran.com/post/interview-avec-vincent-pavan-pour-le-cnt

    (2) Un exposé récent de Stiegler: https://www.youtube.com/watch?v=Z71oV00aqxk

  • Les délires

    Qu'est-ce que le délire ? Je suis bien placé pour le savoir, tenant ici une forme de délire, justement. 

    Il s'agit d'un discours, donc une production communicable mue par ce qui semble raisonnable et non contradictoire, MAIS qui apparait en fait comme "fou" ou inadapté. Cette inadaptation, signe vrai de la folie peut être interprétée de diverses manières par exemple, comme une excentricité amusante provisoire, une exagération signifiante (il faut la retenir, celle là),  une exigence de rigueur, ou, et là on part dans le pire, un rappel au bon sens dans un cas grave. Ceci pour décréter qu'il ne s'agit pas d'un délire, en fait, simplement d'une déviation. 

    Cette déviation peut être détectée dans deux directions différentes. Car le délire, c'est d'abord cet original qui se met à parler tout seul dans le métro, exprimant tout ce qui peut interprété comme cité plus haut. Amusant ou compréhensible il est réel et cohérent simplement inapproprié et manifestement "délirant". Son auteur, qu'on a peur d'avoir à maitriser physiquement et dont on écarte le regard sera sans doute attrapé pendant le reste de son voyage. Drôle, répétant sans arrêt la même incantation, obscène ou hurlant, il mérite d'être mis à l'abri, il a perdu le "sens commun" (et non pas la raison). 

    Mais il y a aussi le monde médiatique actuel. En dix minutes de zap télévisuel, le 31 Mai, l'impression étrange d'être enfermé dans le métro, obligé d'écouter des délires variés de personnes manifestement en pleine crise de folie me saisit, et me glace... 

    D'abord les récits hallucinés des supporteurs anglais ou espagnols fuyant les gaz lacrymogènes de la police française dans les couloirs de métro de Saint Denis à 2 heures du matin dimanche, entourés d'arabes hurlants cherchant par tous les moyens à les détrousser et à les frapper, récits rapportés par des journalistes déplorant tous quelque chose de différent entre les mensonges du ministre, le silence du président, l'hypocrisie des anti racistes, l'incapacité policière, les salaires des footballeurs, que sais-je... 

    Au même moment, le ministre affirme qu'il n'y a pas eu de morts, que les faux billets étaient 30 000 (il parait qu'il n'y en eu que 3000), et que c'est la faute des anglais en fait. 

    Indifférent au football, et déjà convaincu que le département de la Seine Saint Denis, occupé à 50% par l'immigration extra européenne est invivable et doit être cédé, comme la Louisiane ou le département de Constantine, ou récupéré par la force, comme le Donbass, que sais-je, je me permets de ricaner sarcastiquement, riant de me voir pris en plein délire, celui là même que ce même ministre attribue explicitement à l'extrême droite (42% aux dernières élections présidentielles) et qualifie (bien sûr) de "nauséabond".  

    Zappant de lassitude je suis immédiatement mis en face de la mort d'un journaliste français dans un convoi humanitaire, déplorée par la frange pro-Ukrainienne des médias français (frange qui en occupe en fait la totalité, sans que cela ne le leur pose aucun problème, au contraire, l'unanimité en matière journalistique faisant maintenant foi de vérité). 

    Voulant exprimer sa tristesse navrée un commentateur se lança alors dans une diatribe qui afin d'évoquer la cruauté intentionnelle Russe, évoqua aussi les guerres (sans doute passées plus celles de l'avenir espérons-le) où on savait se tenir, un homme ça s'empêche. Un artilleur Russe prisonnier avait été condamné pour bombardement de civils aujourd'hui même. Mon éclat de rire fut bref, puis j'appuyai sur le bouton et me rua sur mon clavier pour délirer à moi tout seul. 

    Au passage j'appris qu'alors que les Pays Bas et bientôt le Danemark se privaient eux même du pétrole Russe, avec le paquet no6 des sanctions européennes âprement négociées cette semaine (pour le gaz on va attendre un peu), les USA voyaient la Russie augmenter considérablement leurs livraisons de pétrole alors même qu'ils étaient sous embargo... 

    La soirée avait commencé avec l'évocation du touriste déguisé en vieille dame qui jeta un gâteau à la crème sur la vitre qui protégeait la Joconde, cela au nom du climat. Un commentateur évoqua la tristesse identitaire de la vie moderne qui rend désespéré et anomique. 

    Ma thèse est différente. Le délire public est officiel, permanent, absolument déconnant et universel en Occident, qui est devenu complètement fou. Seuls les abrutis goinfrés de médicaments ou ivres de tout ce qu'on peut trouver ne trouvent rien à dire à tout cela. Comment réagir sinon en disant n'importe quoi ou alors en faisant n'importe quoi ? Pourquoi réagir, d'ailleurs ? 

    Non, comme dans le métro, baisser les yeux, avoir honte et passer à autre chose. À quoi ? 

     

  • Les sonates de Scarlatti

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  • Les nations

    Habermas (1) prédit la fin de l'État Nation, au nom du mondialisme et du communautarisme. Les deux forces sont puissantes et vont en sens contraire: elles détruisent le local au nom de l'universel et de son contraire. Écrasé entre l'autre qui englobe et l'autre qui concurrence, le natif, le national donc, n'a plus de motivation à soutenir l'État qui ne devient plus qu'un État de citoyens attachés à leurs droits. 

    Décrit comme Allemande donc raciale et géographique, sans parler de la langue, la nation Allemande de Fichte est pourtant différente de la nation Française de Renan, on a déjà assez opposé les deux conceptions. 

    La Nation française est donc l'expression d'une volonté et non pas d'une nature... On en vient donc à Herder, et à sa conception "naturelle" de l'humanité, naturellement segmentée en natures distinctes, toutes légitimes et par là même toutes particulières, à l'opposé de l'universel caressé par l'Esprit Français dont il critique les lumières. 

    Décrit par Taylor lui-même comme le père du relativisme culturel, Herder est donc le chantre proto nazi de la terre, du volkich (sans en vouloir la suprématie toutefois, MAIS). 

    Tout est dans le "mais". On essaiera donc d'appliquer à la volonté française le "mais" nationaliste Allemand, qui qualifiant la nature allemande comme propre et donc principale, s'attachera à établir sa suprématie, la tendance étant, elle aussi, naturelle... 

    On est là en plein dans le mécanisme de différentiation des différences opposant en dédoublement multiples les préférences terrorisées par ce qu'à quoi peut nous mener nos propres divagations. 

    Car la volonté française peut s'exercer dans les deux sens. Qui a dit qu'il ne s'agit  QUE de la volonté de venir ? Etouffé par la conception de la liberté et de la volonté, le système universaliste Européen ne donne jamais à la volonté propre, initiale, celle d'accueillir, la moindre importance... 

    Volontaire à l'entrée dans l'UE, la Turquie eut longtemps licence à cela, sa population musulmane en faisant à terme le premier pays européen ne gênant en rien les légistes, persuadés que les critères suffiraient à pacifier tout cela. 

    Heureusement que les primitifs kurdes, attachés aux meurtres d'honneur et abominablement réprimés pour leur irrédentisme ont tenu éloignée la dictature asiate passionnée de déportations de populations.  Il fallut aussi ce chef d'Etat Français d'origine hongroise qui ne pouvait imaginer coucher dans le même lit de ce qu'il avait combattu mille ans, comme de juste. Bref, la question de la volonté d'accueil se pose. 

    La demande de l'Ukraine, sanctifiée par la souffrance injuste de qui avait prévenu une agression dans l'autre sens, fut évidemment acceptée sous les hourras par l'UE et l'OTAN, le désespoir de ne pas pouvoir le faire "tout de suite" étant exprimé publiquement. La question de l'adhésion à l'OTAN, évidente, ne peut être refusée: on ne refuse pas l'adhésion à un club qui devient plus puissant à chaque nouveau membre... Ce réflexe est extrêmement puissant en Europe, qui a abandonné toute préférence "propre", toute stratégie identitaire dans son expansion. 

    Se vivant elle-même comme DEJA cosmopolite, elle ne peut admettre qu'il y ait de frein à toute nouvelle arrivée, la différence du nouveau avec elle-même, déjà pensée comme nouvelle à soi, ne pouvant qu'être nulle. 

    Que cela la rende radicalement différente de tous les autres, les puissances individualistes qui dans les faits se contentent d'exploiter à leur profit cette attitude délirante, n'est manifestement pas perçu et nous introduit ainsi au sentiment national. 

    Il est bien sur pour eux le négatif de ce triste état, conçu comme moderniste et évident par toute l'intelligentsia et toutes les élites clouées par la raison sur la croix du légalisme. Celui-ci qui a obturé tous les pores qui pouvaient exsuder ses humeurs, ses préférences, ses sécrétions, sa nature, en quelque sorte, et de fait, ses volontés et nous y sommes. 

    Ainsi donc, et c'est ce que je veux dire, il faut réhabiliter au-delà de la simple volonté d'entrer, la volonté d'accueillir, caractère à mon sens décisif de la cohésion nationale et critère de sa constitution, spécialement dans le contexte dynamique de celle-ci. 

    On peut caractériser cette volonté là dans deux directions, qui sont d'une part la liberté d'exprimer des préférences, d'autre part la légitimité à ne pas en donner de raisons. 

    La liberté est un droit de décider, à garantir, et elle permet d'exprimer le choix. La légitimité de l'expression du choix est celui de ne pas avoir à s'en justifier, le refus toujours mal perçu ne devant, par définition, pas être augmenté d'appréciations négatives qui le rendrait encore plus conflictuel.

    Il est donc essentiel de mettre en œuvre et de développer, au titre de l'élaboration de nouveaux droits, des procédures de choix collectifs destinés à exprimer des volontés collectives déterminées et explicites, mais non explicitées. De fait, le statut de citoyen doit pouvoir permettre d'exprimer la volonté nationale qui se résume en quelque sorte à la possibilité de déterminer qui peut le faire aussi. Sans ce choix, il n'y a plus de liberté et plus de nation.

    Cette association de la liberté à la nation constituée qui décide de sa constitution au sens de ce qu'elle fait et de qui elle est constituée pour en décider est fondamentale. Sa dissolution du fait de phénomènes qu'on se croit incapable de réguler est donc un crime contre la liberté mal connu. 

     

     

     

     

    (1) Habermas et l'évolution de l'Etat Nation https://www.implications-philosophiques.org/habermas-et-lavenir-de-letat-nation/

     

  • Les valeurs

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  • les hydrocarbures

    Quelques chiffres (2020) voir (1). 

    La Russie exporte au total 240 Gm3 de gaz par an dont 150 Gm3 de gaz par an vers l'Europe.

    Le Qatar, 2ème exportateur mondial, exporte 126  Gm3 par an. 

    L'Europe (UE 27) importe au total 400 Gm3 de gaz par an.

    Nord Stream2 c'est 50 Gm3, égal au pipeline Russie Chine qui ouvrira en 2025.

    L'Allemagne importe 120 Gm3 par an, le premier des importateurs de gaz. La France importe 50 Gm3, tout de même.

    La Norvège exporte 120 Gm3 de gaz par an 

    Les US exportent 25 Gm3 de gaz de schiste vers l'Europe, et pensent monter à 50 Gm3 en 5 ans. Le total de leurs exportations est de 90 Gm3. 

     

     

    Le pétrole est  à 110 $ le baril au 5 Mai 2022.

     

    La Russie exporte 10 Mbj (Millions de barils jour) de Pétrole 

    L'Europe importe 3.5 Mbj de pétrole de la Russie

    l'OPEP exporte 11 Mbj

     l'Iran pourrait fournir 1,1 Mbj

     

     

    (1) https://www.indexmundi.com/map/?t=0&v=138&r=xx&l=fr