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FrancoisCarmignola - Page 2

  • Les A prioris

    On avait déjà défini le "transcendA/Ental", mais il faut nous le faire définir par Kant.

    Définition

    Le vieux branleur de Königsberg avait des idées précises sur la question. On a lu (1).

    D'abord, ce n'est pas tout à fait ce qu'on croyait. Kant pose bien SA manière de voir: est transcendental

    (le "a" vient de transcendAnt tandis que le "e" vient de transcendEntal, semble-t-il...)

    est transcendental, donc, ce qui concerne les modes de connaissances (et non pas les objets de la connaissance) en tant qu'ils sont "a priori", c'est à dire qu'il ne sont pas issus de  l'expérience, du transcendant ou de la spéculation métaphysique. Les intuitions pures, celles du temps, de l'espace ou du nombre sont transcendentales, mais y a pas que. 

    La philosophie dite transcendentale (la seule qui vaille) est donc celle de la recherche de la seule connaissance sure possible, celle des concepts a priori et des intuitions pures de toute expérience ou spéculation. 

    Pour préciser encore davantage, est transcendantal(e) la fonction, le processus, le concept dont l'origine n'est ni métaphysique, ni physique. 

    Contre Descartes

    Il faut mentionner que Kant est contre, complètement contre Descartes. Le criticisme est d'abord un rejet et une critique de la métaphysique "traditionnelle" et Descartes, le sale fransoze en est porteur. 

    La critique du cogito est multiple. En gros, il y a: 

    - mélange indu entre pensée et existence.

    - séparation indue entre sujet et objet.

    D'abord, La déduction de l'existence à partir de la pensée, est une erreur logique: le concept n'existe pas comme objet et la pensée ne peut accéder à l'en soi, à l'être non représenté. Ensuite, le sujet ne peut s'abstraire de la représentation et donc de l'objet. Si une psychologie est possible, sujet et objet sont en interaction et l'ego, le sujet, devient transcendental, c'est à dire condition de l'objet. 

    Plus largement, Kant se veut au delà des deux métaphysiques possibles, le dogmatisme (Descartes, Wolf) et le scepticisme (Hume). Il décrit d'ailleurs lui même l'état des choses à son époque concernant l'attribution des sources de la connaissance dans l'expérience ou dans la raison. Aristote serait un empiriste, et Platon un noologiste, Locke et Leibnitz suivant leurs traces respectives. 

    Le synthétique a priori

    On en vient à la grande question: quid du synthétique a priori ? C'est LA question Kantienne par excellence et toutes ses réflexions ont pour objet d'expliquer la possibilité de jugements synthétiques à priori. 

    On sait la différence entre analytique, qui se déduit naturellement du contexte: 2 + 2 = 4 et du synthétique qui vient de nulle part (un synthèse, quoi) par exemple "le bonheur existe". Tout l'analytique est a priori bien sur: (enfin bien sur, pas pour tout le monde). Il déduit, il analyse, il descend à partir du connu a priori. Le synthétique, lui apporte de l'information, il "monte", il synthétise... 

    Notons ici que l'exemple 2+2=4 est particulièrement débile car polémique. Kant prenait l'exemple 12=5+7 pour illustrer le synthétique en ce que faire la somme (par exemple en comptant sur ses doigts) suppose utiliser l'intuition. Cette conception est bien sur le contraire du logicisme, qui identifie les deux termes, je dirais par définition...   

    Plus précisément, le synthétique est typique de l'utilisation de l'expérience, alors que l'analytique est linguistique. Le synthétique est naturellement a posteriori, et l'analytique naturellement a priori. L'analytique n'est JAMAIS a posteriori. Alors, le synthétique? 

    Kant donne lui même des exemples: 

    "tous les corps sont étendus". Typique de l'intuition pure de l'espace a priori, qui permet d'affirmer la présence des objets dans l'espace. Nul besoin d'expérimenter quoique ce soit, cela est, on en est sur. 

    "tous les corps sont pesants". Typique du synthétique: il s'agit d'une affirmation théorique basée sur l'expérience, avec une généralisation. 

    La question est donc posée, mais pour y répondre, et c'est l'objet de la critique de la raison pure, on doit travailler. Allez Kador, chausse tes lunettes. 

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    Le vocabulaire

    Les données de départ sont la sensation et la pensée, dans lesquelles on trouve respectivement les intuitions et les concepts. On regarde le transcendantal, on a donc une "esthétique transcendentale" et une "logique transcendentale".

    Naturellement et pour être bien sur que les points sont sur les "i", le caractère transcendantal (et non pas empirique ou intellectuel) de tout cela est réaffirmé en caractérisant l'intuition et la pensée en question comme "pures".  

    Par opposition, l'intuition empirique a pour objets les "phénomènes", tandis que les concepts à priori sont les "catégories". Les catégories sont quatre: qualité, quantité, relation et modalité. 

     

    Analytique et Synthétique

    L'esthétique transcendantale consacre l'espace et le temps comme des supra réalités, formes de l'intuition pure, conditions de la perception des phénomènes. Ce sont eux qui sont responsables et origines des jugements synthétiques a priori, ceux qui sont d'autant plus importants qu'ils sont ceux que le positivisme logique a voulu faire disparaitre. Car pour Kant, les mathématiques sont synthétiques a priori, cela à rebours de la logique, purement analytique. Mieux: l'analytique se définit par l'application du logique: "tous les hommes sont mortels...".

    Alors que le synthétique est créatif: 2 + 2 = 4 est une révélation, une création, une innovation! On est loin de l'absence de sens de l'égalité entre deux références et de l'affirmation logiciste que les seules vérités non démontrables de l'arithmétique sont les axiomes: on n'avait pas anticipé Gödel (3). 

    Pour Poincaré, le raisonnement par récurrence est synthétique a priori, par exemple: il était possible d'anticiper, justement. En gros, Gödel démarque maths et logique, analytique et synthétique, et donne raison à Kant. 

    Pour Kant, donc, l'arithmétique est basée sur l'intuition pure du temps, et la géométrie sur l'intuition pure de l'espace. Les mathématiques sont le synthétique a priori, conception que le programme logiciste de Frege veut réfuter en en démontrant l'analycité. Après l'échec de Frege, Brouwer se réclame de Kant et de sa succession temporelle des entiers, intuition pure. 

    Dans "Recherche sur l'évidence des principes de la théologie naturelle et de la morale" Kant dénonce l'identité construite par Wolf sur la base de l'indiscernable... 

    Les concepts 

    On lit (4). Kant opère la déduction transcendantale des catégories, concepts purs de l'entendement, trouvés à partir des fonctions de l'entendement. Qu'est ce que l'entendement ? Et bien ce qui met en oeuvre la faculté de juger urteilkraft, les actes de l'entendement sont les jugements urteil. Les fonctions sont à trouver et s'identifient à la mise en oeuvre des catégories. 

    C'est ainsi qu'on synthétise, en formant et combinant des concepts, et en subsumant des individus sous les concepts.

    Alors se manifeste le tour de magie: l'intuition fondamentale de l'espace et du temps s'identifie à l'intuition pure de l'application des concepts. Ce qui explique le mystère de la correspondance entre des concepts à priori et des objets extérieurs: les fameux schémas d'application. 

    Quine

    Oui mais il y a Quine... 

    Quine refuse, de manière notoire et célèbre, la différence analytique/synthétique, en la rendant équivalente à la distinction entre synonymes (non marié = célibataire)...  C'est aussi la question du calcul: est il analytique ou synthétique? Quine considère la différence comme floue, et la démarcation douteuse. Néanmoins cela se situe dans le cadre de la dénonciation de l'empirisme logique, Girard s'y livrant aussi, il faut le dire, et on le redira. 

    Il ne faut pas trop se formaliser de la critique de Quine: elle a pour objet surtout de dézinguer l'analytique positiviste. Et puis Quine est aussi un naturaliste, un behaviouriste. 

    ET puis Schlick

    Le positivisme logique et le cercle de Vienne et Schlick acharné contre la métaphysique refuse aussi le synthétique a priori, il n'y a que l'analytique d'a priori. Et c'est Carnap et l'identification entre énoncé significatif synthétique et réalité observable, état des choses concevable. Un énoncé a une signification si il a des conditions de "vérification", de capacité à être rendu vrai. 

    Même si elle fut amendée (en fait affaiblie, c'est la question de la réfutabilitéà par Popper, Quine et les autres cette position a pour objet de tuer la vieille métaphysique, c'était bien le programme. 

    Et puis les post kantiens 

    Le pont aux ânes de l'anti kantisme (on passera sur Onfray obsédé par cette histoire de dénonciation à la Gestapo) est bien sur que la relativité et le quantique on détruit les fameuses intuitions sur l'espace et le temps et sur tout le reste d'ailleurs, et que donc Kant n'est au mieux qu'un philosophe expliquant Newton du point de vue historique: un relativiste en quelque sorte, et de la science de son temps. Un prétentieux dépassé. 

    On fera remarquer pourtant que la structure de ses explications est remarquablement explicite et honnête. Son objet G (la chose en soi) est bien circonscrite, et surtout il a raison: quoiqu'on en dise, les intuitions relativistes ou quantiques n'existent aucunement et nous restons des singes dont le cerveau et les intuitions fondamentales, forgés dans un monde 3D euclidien et temporellement orienté normalement a bien les intuitions pures dont parle Kant.

    Avec en plus la capacité de modéliser dans ce cadre là des entités "réelles" adaptées à d'autres contextes. Les graphes ce concepts utilisés restent dans l'espace et le temps traditionnel et c'est cela qui compte. 

    Cette position, très post kantienne, suppose bien qu'on peut continuer à considérer une métaphysique extérieure au monde comme on a toujours dit, et pleine d'objets très utiles. Vive la philosophie ! Vive Kant !  

    (1) http://www.danielmartin.eu/Philo/Transcendantal.pdf

    (2) https://www.les-philosophes.fr/kant-critique-de-la-raison-pure/Page-10.html

    (3) https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00014609/document

    (4) https://www.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2004-4-page-485.htm

  • Le Bio

    La malbouffe est ultra rebattue et on doit prendre position. Y a t il des bons et des mauvais produits ? OUI. Le Bio est il bon ? NON !!!!

    On commence d'abord par les résidus de pesticides dans les aliments, dont la quantité mesurée est plus faible dans le cas des produits bios. Les résidus présents dans les produits traditionnels sont contrôlés, et sont en doses faibles, voire très faibles. La quantité de pesticide dans les produits bio est donc encore plus faible, moins que zéro donc...

    On mesure à 3% les productions de fruits et légumes non bios présentant des résidus de pesticides supérieurs aux limites autorisées. On rappelle donc que les pesticides sont des produits chimiques et que l'on contrôle ainsi DEJA leur résidus sur les produits destinés à la consommation... Et de mieux en mieux.

    Les normes

    On commence par la DSE, la dose sans effet. Elle correspond à la dose qu'un animal ingère toute sa vie sans que cela ne lui occasionne aucune espèce de trouble. Elle s'exprime en mg par kg, en fonction du poids de l'animal.

    On continue avec la DJA, la dose journalière admissible par un humain. Elle concerne toutes les substances pesticides, conservateurs, colorants. Elle est égale à la DSE divisée par 100 et s'il  a le moindre doute que la substance puisse être nocive à faible dose, on divise par 1000. Inventée en 1956 par le docteur Mengele (euh Truhaut), elle garantit la vitesse et l'efficacité de l'extermination de toute population humaine de la surface de la terre en le minimum de temps. On ne parle pas de dose, mais de "murge" tant ses effets nocifs et immédiatement mortels sont reconnus.  Diviser par 1000 ? Faut vraiment être con pour croire que c'est assez.  

    Il y a la LMR Limite Maximale de Résidus. Elle est calculée pour que l'AJMT (apport journalier maximal théorique) d'un pesticide soit inférieur à sa DJA. Il y a un LMR par produit et par pesticide. Les LMR diminuent encore les quantités possibles, typiquement d'un ou plus ordre de grandeur (on divise donc au moins par 10 encore). 

    Notons que le "bio" astreint à une obligation de moyens n'est pas justifiable des vérifications LMR. Ce qui fait, qu'on a trouvé des produits bio avec pesticides! (sur 1% des produits, mais bon). Des fongicides, en trace réduites. 

    On rappellera que quand une substance, par exemple du zyklon B, de la mort au rats ou de la crotte de nez de carmignola est présente dans le potage à une dose inférieure à 100 000 fois moins que le minimum admissible par les chtis rats sans qu'ils ne s'en rendent compte, et bien c'est trois fois rien et cela peut être NEGLIGé ! Capito? 

    La culture dans pesticide n'a donc au niveau des produits vendus aucune espèce intérêt, sinon d'en augmenter le prix sans aucune raison notable ou mesurable pour le consommateur. Capito?

    Les risques

    On continue au sujet des risques globaux. Le rapport 2014 sur la sécurité alimentaire considère qu'il n'y a pas de danger à consommer les produits actuels non bios et que les normes en vigueur sont suffisantes. Autrement dit et pour être clair: le bio ne sert strictement à rien. 

    Le dernier rapport dythirambique (2) prouve par a+b que la différence par rapport à des produits déjà sains est minime, la différence du niveau de cadmium étant à se tordre de rire (comment? Il y a du cadmium dans le bio?). 

    Les risques pris par les agriculteurs sont eux aussi minimes: des corrélations vagues, chez certains esclaves mal nourris des plantations intensives brésiliennes qui s'aspergent de produits chimiques à haute dose toute la journée pendant toute leur vie: une mortalité supérieure certes, mais ne serait elle pas due à la cigarette plutôt? 

    En europe, une fois les précautions prises, l'utilisation des pesticides n'est pas dangereuse, si ça l'était on le saurait, déjà que ce n'est pas dangereux et qu'on nous le répète déjà toute la journée... 

    Le glyphosate

    Pesticide ultra connu, le glyphosate est le nom générique du Roundup de Monsanto. 71 % des français abrutis de chez mes deux couilles, d'ailleurs on les appelle les cons et les veaux depuis qu'ils ont voté Macron récemment, sont pour l'interdiction du produit. Reportée à 5 ans par la commission européenne, le dangereux poison mortel, dont  Macron et Hulot ont courageusement porté l'interdiction à dans 3 ans (3 ans de fonctionnement supplémentaire pour les fours crématoires en sortie d'exploitations de l'extermination de masse, on ne pouvait s'en priver, ça nourrissait trop de migrants inemployés) a été mesuré: les agriculteurs américains qui en déversent des tonnes et des tonnes sur leurs plantations depuis trente ans n'ont pas plus de cancers. Ah non, pardon: il semblerait qu'une corrélation infra positive quelque part fasse qu'on ne puisse pas écarter complètement dans absolument tous les cas qu'une liaison puisse éventuellement être faite avec un cas de cancer tous les dix mille ans pour un type de nains globicéphale, on ne peut DONC pas prendre le risque, vous comprenez.

    N'importe quoi, son contraire et le reste: le ridicule, le nauséabond, et surtout, surtout: le mensonger foutage de gueule(3). Mes sources? Les journaux: je ne suis qu'un fasciste désinformé, un monstre. Et bien je vous encule et conchie messieurs et mesdames les cons. Que faire d'autre de logique?

    La nutrition

    On continue par les qualités nutritives. 

    Les différences entre produits bios et non bios du point de vue de la nutrition sont très faibles. Un peu moins de vitamine C sur les pêches non bios (10 à 20%) et un peu plus d'anti oxydants (10 à 20%) dans les produits bios.

    Les anti oxydants sont les substances qui luttent contre les radicaux libres ou "oxydants". Il existe une balance oxydative qui équilibre ces deux forces naturelles fondamentales (...). Manger des fruits et des légumes, ce qui est tout à fait recommandé, même par le carnassier Carmignola, accroit les anti oxydants ingérés. Manger bio pourrait donc diminuer cette consommation, en toute rigueur héhé: ne le faites pas (manger bio), et mangez des pommes et des noix c'est bon en plus. 

    Jusqu'à un seuil de 15 mmol par jour, la consommation d'anti oxydants, dans le chocolat noir, café, myrtille etc, diminue le risque de diabète de type 2 de 25%. C'est bon pour plein d'autres trucs aussi. Et ça se mesure.

    En gros, et pour comprendre, l'indice ORAC des aliments mesure pour chaque aliment son pouvoir antioxydant. Dans les noix c'est 15 mmol pour 100g de l'aliment. Une noix pèse 10g (4).

    De manière générale, on considère ainsi qu'il n'YAPAS d'avantages décisifs à manger des produits bios. Achetez et mangez normalement, il n'y a pas de différence. Bien sur mangez des fruits et des légumes, c'est bon en plus. Voilà.

    Au fait, au cas ou vous n'auriez pas compris: n'achetez pas des produits périmés, rongés par l'acide et qui ont gout d'eau de javel: ils ne sont pas bios, certes, mais surtout non consommables. Si vous ne faites pas la différence, achetez bio et faites vous tatouer "je suis un con" sur le front. Voir le paragraphe suivant. 

    Les cons et les connes

    Un sondage récent (2015) annonce que 67% des acheteurs de produits bio considèrent qu'ils sont meilleurs pour leur santé. Comme il s'agit d'une erreur factuelle, ces 67% de personnes sont donc dans l'erreur. Ce sont des cons et des connes. Dot barre. 

    Le prix

    Toute cette mascarade absurde a un cout. 

    Les produits bios doivent être emballés car sinon il pourrait y avoir des fraudes. Absurdité de l'augmentation du prix des produits, dus à l'emballage en plus bien sur des surcouts liés au respect des procédures de purification. Disons que l'emballage n'est qu'une marque supplémentaire de la pureté. Du papier crépon blanc sans doute, pour indiquer la viriginité, le caractère intouché (sauf par les mouches), la validité rituelle. 

    Une supposition: la connerie publique liée à ces mensonges aurait un but semi avoué: justifier les couts supplémentaires liés à l'achat à nos paupérisés agriculteurs. La pureté a un cout et il faut donner à la quête, les prêtres doivent vivre. Comme si les paysans EUX MEMES n'avaient pas à subir les cout des procédures de certifications et autres normes cacher et hallal absurdes et inutiles qu'on veut leur infliger. 

    Qu'ils se consacrent à la vraie qualité, pas aux respect des doses homéopathiques des tarés en mitre, des prêtres de la pureté imbécile !  Mort aux cons et aux tartuffes ! 

    En conclusion

    Pour finir avec une note intellectuelle cette explosion de haine colérique hargneuse, il faut ajouter que le bio représente en France 5% du marché alimentaire, même si il est en forte croissance (on part de zéro), le label n'étant que prétexte ridicule pour valoriser les couches ou les vernis à ongle. 

    Les éclatantes et permanentes déclaration d'intention au sujet de son avenir et de sa généralisation ne sont que des leurres bavards, expressions permanentes de la volonté d'"éducation" de la population par un discours cynique et sans objet à rebours de toutes les vérités et de tous les bons sens. La motivation de cette chienlit est parfaitement religieuse, obscurantiste et fausse, digne effet de la dégénérescence de notre monde médiatique et intellectuel. 

    De ce fait, nous cessons progressivement d'être occidentaux. C'est à dire rationnels et libres. A quand l'interdiction de cet écrit là même? Après tout je ne suis qu'un incroyant et un mal disant et mal pensant. En Egypte cela est condamné. Je le redis: mort aux cons et aux tartuffes ! 

     

    (1) http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2590

    (2) http://www.fibl.org/fr/medias/archives-medias/archives-medias14/communique-medias14/article/signifikante-unterschiede-zwischen-biologischen-und-konventionellen-lebensmitteln.html

    (3) https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/le-glyphosate-innofensif-une-etude-americaine-relance-la-controverse-5398642

    (4) http://www.thierrysouccar.com/nutrition/info/lindice-orac-quest-ce-que-cest-932

  • La signification

    Il est assez rare de trouver des exposés simples de la difficile théorie de la signification, over populée (qu'est ce que cette expression alambiquée peut bien vouloir dire?) dans tous les sens. On a lu (1).

    Disons d'abord que tout tient au nombre d'entités explicatives. Saussure en voyait deux (signifié et signifiant) comme deux faces de la même pièce de monnaie, la chose étant reprise par les structuralistes. 

    Les deux choses ont des sens et des positions différentes suivant les théories et tout cela est bien embrouillé. Cependant, on doit donner au couple l'aspect dualiste classique, quoique chez grolle, entremélé. Les deux choses sont mentales, concernent le signe, ou mieux le processus de signification, et puis on a bien sur le référent du signe, son objet final. 

    La structure globale est donc en fait ternaire, et cela depuis Platon puis les stoïciens (et enfin les scholastiques qui distinguent "vox", "conceptus" et "res" bien sur. 

    Le Cratyle

    Bien sur Platon s'illustre sur la question. Dans le dialogue socratique appellé le "Cratyle". Il renvoie dos à dos Protagoras (Hermogène) et Héraclite (Cratyle) en niant que le signe soit pure convention ou bien pure nature. Il est (le signe) porteur de "sens", et se trouve être une image (eikon) (et donc non conventionnelle) mais imparfaite (et donc non naturelle) des choses. On a bien une structure ternaire... 

    Au passage on apprendra que l'étymologie de théos (Dieu) est le mot "theein" (courir). Les anciens voyaient les étoiles courir dans le ciel. Les dieux du stade... Il faut considérer que pour Saint Grégoire c'est "flamber" (aithein) et pour Jean Damascène "contempler" (theaomai). Je prends Platon.

     

    La structure

    Restons on en à la structure. D'abord, elle est pour Saussure le "système" (c'est Jakobson avec ses amis russes qui imposera le mot "structure") et ensuite elle concerne la langue, un système fermé autonome indépendant des cerveaux et qui fait jouer les signes toute seule, entre signifié et signifiant. 

    Le mot "structure" s'est trouvé employé bien plus largement dans les sciences sociales et ce n'est pas la même chose. 

    Frege et Meinong

    Frege introduit bien l'essentielle différence entre Sinn et Bedeutung (sens et référence), mais n'oublie pas la Gedanke, la pensée et aussi la représentation (Vorstellung). 

    D'une certaine manière, c'est Frege qui insiste sur un caractère important et qui fit tout exploser au XXème siècle: le sens n'est pas la référence et Vénus qui identifie deux sens différent (l'étoile du soir et l'étoile du matin) est une référence unique qui n'égale pas les deux ipséités. Un nom propre désigne quelque chose et aussi, c'est toute la beauté de la chose, exprime un sens particulier. 

    Cette histoire de référence se trouve critiquée et c'est tout le problème: elle peut désigner des objets fictifs ou des objets réels et c'est tout le problème. C'est pour cela que Meinong différencie existence et subsistance.  C'est pour cela aussi qu'il promeut une notion de la référence à l'intérieur de la représentation: la négation d'une référence, la non existence, a du sens aussi... 

     

    La grande confusion

    On se retrouve alors avec la grande confusion qui m'avait toujours embrouillé: on a en fait 4 termes voire plus, en fait un continuum triangulaire. La meilleure,  et qui me ravit, est que l'on se trouve à citer les 4 activités de l'esprit selon Jung, à l'origine du test de personnalité Meyer Briggs. La pensée, l'intuition, le sentiment et la sensation. On peut alors ranger signifié, concept, représentation et référent. 

    Saussure identifiait signifié et concept, et on peut confondre concept et représentation. Il les identifiait ou plutôt les associait dans le signe, "signe psychique à deux faces".

    Peirce

    Peirce (pèrseuh) (4) mort en 1914, génie patenté mais américain, est bien sur trinitariste fanatique: tout va par trois chez lui et dans sa sémiotique (séméiotique dit il) depuis la tripartition du signe lui même (icone, symbole, indice), les trois catégories fondamentales de l'être (priméité, secondarité et tertiarité), et bien sur la tripartition du signe ou "representamen" en "fondement",(ou "premier"), "objet" et "interprétant".

    Il y a donc bien sur 3 sciences dérivées, grammaire, logique et réthorique et les 3 formes du raisonnement hypothèse, induction déduction. Pour finir, la linguistique c'est syntaxe, sémantique et pragmatique. 

    En gros, la signification est une interaction entre les trois catégories, valable et active partout, et source de toutes les considérations. Les 3 catégories se divisent et au final tout signe peut être classé dans l'une des 10 classes fondamentales. 

    Un signe c'est quelque chose qui tient lieu pour quelqu'un de quelque chose sous un certain rapport. 

    La proposition

    On va au cran d'après, au coeur des considérations Frege Russel: la proposition. D'abord, elle se compare au simple nom (et la chose est d'importance) en ce que sa référence, selon Frege, a une valeur de vérité alors que le simple nom a une référence objectivée. Cette distinction est un fondamental et classifie les philosophies de la signification.

    Pour W., par contre, la signification d'une proposition est une image du réel et donc W. introduit et cela serait son apport fondamental, la dualité de la nature de la proposition porteuse de deux notions différentes: vérité et réalité.

    On en vient à  son fameux slogan: "la signification c'est l'usage", c'est à dire que c'est l'activité, l'application des règles, l'interaction qui fait la signification. Le point intéressant, à rappeler encore et encore est qu'on a ici une approche "vérificationniste" de la signification, de ce qui fait sens: Popper lui affirmera encore et toujours qu'il n'y a de sens (scientifique) qu'à partir de l'exhibition des possible falsifications ! 

    Par contre, W. refuse bien le platonisme des objets mathématiques abstraits, désignés et rendus signifiants en même temps par Frege: c'est par un calcul que 2+2 fait 4, nul besoin d'un objet. "Tout est algorithme, rien n'est signification". De ce point de vue il semblerait bien donc que W. soit bien un précurseur, avec sa distinction entre calcul logique (celui de Russel Frege) et calcul fonctionnel, de la notion de "déduction sous hypothèses"

    Mieux, W. est un intuitionniste, en fait.

    SOAP: Alors que bien sur le positivisme de Frege méprise le calcul et assimile signification et pointage, ce que dénonce le constructivisme pour qui il n'y a que construction, et donc calcul, l'objet indépendant garde un sens: il est le réel derrière la nécessité du calcul et c'est bien cette nécessité là qui prouve le réel. Car l'objet abstrait qu'il suffirait de nommer est un peu trop dans notre esprit déjà. Atteint par un calcul qui pourrait ne pas converger, et bien il se trouve en dehors, et ses propriétés se découvrent hors du langage... 

     

    Linguistique

    On entre alors dans la linguistique à proprement parler.

    La classification des assertions propositionnelles entre jugement de vérité et jugements factuels est subtile et profonde. On peut l'introduire par les modalités qui sont caractéristiques des deux sortes de jugements: 

    -"vraiment","effectivement", "en fait", "réellement" concerne la réalité.

    -"être", "surement", "probablement", "sans doute" concerne la vérité.

    Lacan et le symbolique

    Lacan qui se voulait l'héritier et le ré interprétant de Freud, associe psychanalyse et sémiotique à partir du signifiant de Saussure qu'il met à toutes les sauces et en particulier dans l'inconscient en lui faisant organiser le symbolique. Les signifiant est le symbole, et le psychisme s'insère dans le symbolique. Le signifiant apparait comme très objectifié, il est un code, et le symbolique fonctionne comme un machine cybernétique.

    La fameuse structure de Levi Strauss, squelette de l'ordre symbolique qui préside au phallus est bien là. Un signifiant suprême, un objet G? 

    En passant, les expressions saillies de Lacan doivent être collectionnées: l'inconscient c'est le discours de l'autre, l'inconscient est structuré comme un langage, il n'y a pas de métalangage, le signifiant c'est ce qui représente le sujet pour un autre signifiant.  

    J'y ajouterais une citation mille fois faite, et issue de son public, paradoxalement passionné: "mais bon sang de bon soir, qu'est ce qu'il veut dire? "

    Les actes de langage

    Et puis il y a aussi les "actes" de langage, qui donnent aux phrases des significations au delà de la simple assertions. On promet, on ordonne etc. Il n'y a pas que les assertions dans la vie...  

    L'avenir

    Au delà de ces remarques didactiques, il faut considérer Girard et ses projets tout à fait actuels de révolutionner la logique. Serait on à la limite d'un saut décisif dans un autre monde ? Le fait est que, et toutes ces lectures tournent autour de cela, que nous sommes bien dans le grand mystère dont parlait Wittgenstein: la négation et sa nature asymétrique.

    "Il y a là un grand mystère. C’est le mystère de la négation : les choses ne se passent pas ainsi et pourtant nous pouvons dire comment les choses ne se passent pas". 

    A ce propos, je me permettrais de rappeler que "aletheia", la vérité en Grec est un privatif ("a") du nécessaire oubli de la vérité éprouvé après un bain dans le léthé nécessaire pour revenir sur terre, l'oubli des vérités vraies étant nécessaire...  

    La négation serait donc dans le langage et pas dans la réalité? 

    Ce que je comprends à l'heure actuelle des hurlements girardiens est lié à la fameuse distinction usine/usage: on teste l'objet manufacturé sur quelques critères seulement, et on l'utilise pour tout et n'importe quoi en étant sur qu'il marche... Ce n'est pas pareil ne ne PAS échouer sur quelques points et de toujours réussir sur tout... 

     

    Tarksi et la vérité

    On vient de parler des hurlements de Girard, il faut dire qu'ils sont bien orientés en la défaveur du pauvre Tarski, qui se fait appeler Alfred avec régularité... On reproche à Tarski son obstination circulaire (en fait régressive à l'infini) à définir la vérité en fonction d'une autre vérité dans un soi disant métalangage bien sur, mais lui même indéfini ou plutôt trop facilement défini lui même, et de la même manière. 

    Cette question de la sémantique est bien entendu primordiale et Girard, comme anti réaliste soit faire de la structure de la règle logique (sans doute la règle de déduction, immortelle invention de Gentzen) le seul support de la signification véritable des règles et constantes logiques. 

    On peut donc se passer tout à fait de cette notion cul cul de vérité, voilà l'enjeu. 

     

    (1) http://journals.openedition.org/germanica/2472

    (2) https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2003-3-page-481.htm

    (3) https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/2012-v39-n1-philoso0186/1011612ar/

    (4) http://www.persee.fr/doc/lgge_0458-726x_1980_num_14_58_1844

    (5) https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2003-2-page-131.htm

  • Les Foucaldiens

    Une pépite du net, un monument incontournable, est le débat Foucault Chomsky de 1971: 


     

    La personne, le visage et le corps de Foucault, peu présents sur les médias (il est mort en 1984 bien avant l'internet) crève littéralement l'écran. Le débat, animé commence dans le théorique et se termine dans un apothéose de bistrot avec un Foucault totalement déchaîné qui menace Chomsky de l'étrangler avec ses tripes de bourgeois au nom du prolétariat dont la violence sans limites n'a pas à être motivée par une éthique ou quoique ce soit d'autre que la guerre nécessaire, inéluctable et victorieuse... J'exagère à peine, jugez sur pièces.

    Nous sommes en 1971. Dans la fièvre de la discussion fut conçu sans doute ce soir là un ou deux des jeunes hommes de 18 ans qui allèrent danser sur le mur de Berlin récemment chu. Souvenirs souvenirs... 

    On va y aller direct: Foucault, connu pour son homosexualité agressive (on trouva après sa mort un grand sac ou il avait rangé ses jouets d'avant Sida, cagoules, fouets etc), profita de bien des bienfaits de la société américaine lors de ses voyages au pays des hippies à la grande époque. Il n'en revint pas persuadé des libertés bourgeoises au demeurant, ou du moins de pas toutes. La complexité de ses pensées est difficile à sonder et a sans doute des mérites dans bien des secteurs, mais on aimerait se glisser dans ce à quoi il refuse explicitement de répondre pendant le débat: le rôle de la vie personnelle de l'auteur dans l'élaboration des idées... 

    L'homme

    Car la chose est d'importance il me semble, contrairement à ce qu'il dit (que ce n'est pas important): les passionnés du discours acharnés à détecter derrière les pouvoirs les intentions perverses se doivent de se soumettre, chacun son tour, à l'exposé de leur postérieur. La mort par ignorance de l'immuno-déficience acquise, à l'époque on n'en avait aucune idée, n'excuse rien: le monsieur a eu au moins un temps, une vie personnelle intense, en relation avec l'exceptionnel de vies particulières non fantasmées mais réalisées, que ce soit la sienne ou celle de ses amis proches. 

    Bien sur on ne va accuser en plus son cher ami Hervé Guibert d'avoir VRAIMENT découpé des gamins en tranches, comme il l'a décrit, et puis nous avons tous lu Sade, et ce n'est pas Caroline de Haas (quel nom!) qui va dicter nos préférences esthétiques en les marquant par la pruderie #metoo de 2017, mais tout de même. Le siècle de Gödel n'avait pas encore procédé au massacre cambodgien, ni au rwandais, et on se masturbait encore de crimes tordus, au nom de la connaissance.

    Pour un humble hétérosexuel semi impuissant, la ritualisation de la sexualité reste énigmatique. Absent lors du mariage de mes parents, navré de celui de mes soeurs et de mes amis, j'ai échappé à tous les déguisements et n'ai jamais baisé que nu, et sans accessoires autres que mon imagination. Imaginer les princes du savoir en costume, au nom d'une liberté un peu oxymorique, qui plus est alors qu'en public on proclame la guerre du prolétariat contre tous me fait me tordre de rire. 

    Tout cela est bien dans le passé, et le passé adorait le costume, justement. A ce propos on notera l'ambiguité extrême du rôle de celui ci: est il la marque de l'autorité, l'uniforme ayant un pouvoir intrinsèque sur les spectateurs? Ou bien n'est il qu'une source d'excitation, un moteur indispensable pour procéder à la cérémonie ? 

    Les deux aspects sont au coeur de la réflexion sur le sadisme et le masochisme, le cultissimo intellectuel texte de Deleuze sur la vénus à la fourrure (1967) revenant à la mémoire. 

    En gros, le sadomasochisme est il: un sado content de son maso, un double sadisme (le maso n'existe pas), ou deux pratiques séparées sans rapport ? De quoi s'écharper longtemps. 

    Pourtant, Deleuze semble moderne: il veut rompre avec l'emboitement des deux pulsions, qu'il juge daté, l'opposition mâle femelle, actif passif étant à dépasser, avec le freudisme, d'ailleurs, tout en gardant l'inconscient, bien sur, on ne tuera le père (le pré-père, l'objet G, quoi) que bien longtemps plus tard. 

    Pour ce qui concerne les pratiques et ce qu'on peut en dire, on commence par l'interprétation pure "pouvoir": le rapport à la loi. Le sadique s'identifie à la Loi et en la rendant absolument mauvaise et injuste et prend en main donc la totalité du manche pour sa jouissance à lui, tandis que le masochiste joue à fond le rôle du coupable et se soumet complètement à sa punition qu'il accepte le plus totalement possible, à la Loi donc, pour sa jouissance à lui, délibérément moqueuse. 

    Dissymétrique et sans rapport, c'est clair. Freud, lui, le vieux taré, voyait 3 masochismes, dont un féminin identifié apparemment à la sexualité féminine traditionnellement conceptualisée. Il conçoit même un masochisme moral, hors du sexuel. On peut naturellement continuer à explorer le thème, les perversions se classifient avec perversité, et la combinatoire, ah si j'avais le temps, assez volumineuse. 

    Le terme d'algolagnie se doit d'être mentionné: algo c'est la douleur. On la décrit comme une "paraphilie", j'aime bien, les mots sont les choses, comme dirait Foucault. 

    Le(s) mot(s) et la(es) chose(s)

    Au fait "le mot et la chose" c'est d'abord un poème galant un peu tordu de l'abbé Lattaignant:

    "Que, pour vous, la chose et le mot, doivent être la même chose...Et, vous n'avez pas dit le mot, qu'on est déjà prêt à la chose."

    Mais c'est aussi le maitre livre de Willard van Orman Quine (publié en 1960), qui marque la philosophie analytique moderne. En gros, mais on y reviendra, c'est l'indétermination de la traduction: l'expérience (de pensée)  du linguiste face à un aborigène. On ne pourra pas décider entre "lapin", "gavagai" et "expression de la lapinité": la référence est toujours indéterminée ou du moins nécessite un contexte. 

    En gros, on ne peut pas prouver l'existence d'un lien rigoureux entre un mot et une chose. A partir de là on rejette le vérificationnisme (on suivra Popper, d'ailleurs) du positivisme logique. 

    Le best seller de Foucault "Les mots et les choses", parlait d'une chose similaire. Il décrivait "l'archéologie du savoir", des conditions de la connaissance à chaque époque, de l'"épistémé" de chacune d'entre elles. Une introduction perverse au relativisme, et qui se termine par la possible disparition de l'homme des sciences humaines, "comme à la limite de la mer un visage de sable"... 

    Pourtant, il y a le coté sulfureux du nouveau dans tout cela, et surtout: "l’éventuelle récompense d’un certain plaisir, c’est-à-dire d’un accès à une autre figure de la vérité".

    Les deux livres veulent dire la même chose en quelque sorte, même si Quine semble être d'un autre bord... En tout cas, Kuhn et Quine sont proches, et la notion de paradigme ressemble à celle d'épistémé, bien que celle ci soit bien sur totalement inconsciente et masquée de tous...

    L'Iran

    Foucault tout visionnaire des années soixante qu'il était, eut l'oeil tout de même un peu bouché par les voiles noirs de la connerie révolutionnaire. C'était il y a quarante ans, en Iran. 

    Un monument que cet article qui nous rappelle la fin des années 70: 

    https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20180216.OBS2318/foucault-en-iran-il-ne-voyait-pas-les-femmes.html

    "le formidable espoir de refaire de l'islam une grande civilisation vivante"... On voyait donc ce qu'il voulait dire par "prolétariat", "guerre", "prise de pouvoir". En fait un gros con de bourgeois français communiste. 

    Au fait, l'article, tout plein de la rancoeur indulgente typique du féminisme envers ses amants de gauche qu'on éreinte après coup mentionne hypocritement que Foucault "s'intéressait peu au désir féminin". Qu'est ce qu'on se marre.

  • La Gnose

    On lira ici (1). La GNOSE!!

    On a aussi comme référence (2)

    D'abord, Jonas semble ici vraiment scientifico philosophe, intéressé, et passionnant. Il cherche le mythe, l'idée fondamentale, le contenu, le fond... 

    Promenons nous. 

    Les sources

    On doit en faire la liste: 

    - Pistis Sophia, Livre de Iéou (en copte)

    - Evangile de Vérité (Valentin) 

    - Apocrypkon de Jean, Sophia de Jésus (barbelognostiques) 

    - Hypostase des archontes, Origine du monde

    - Les écrits manichéens

    - Les écrits Mandéens

    - Poïmandres (Hermes Trismegiste) 

    - Actes de Thomas, Odes de Salomon

    - Extraits de Théodote

    Et bien sur les oeuvres des pères, Irénée, Tertullien, mais légèrement critiques, hélas. 

     

    On doit mentionner Plotin qui dénonce longuement les gnostiques dans les Ennéades.

     

    Les gnostiques

    - Valentin (165), puis ses disciples Ptolémée et Marcus. La gnose syro egyptienne.

    - Basilide un disciple de Simon le Magicien, l'homme des 365 cieux.

    - Carpocrate, le libertin, dénoncé par Irénée

    - Marcion

    - Mani l'inventeur du manichéisme, la première religion d'Augustin.

    Les Thèmes

    D'abord, cette question de la lumière disséminée dans le monde: elle est un fondamental, et une figure magnifique. Ces gouttes mélangées dans les ténèbres et qu'il faut recueillir partout. La raison du mélange reste obscure, et apparait de toutes façons comme une dégradation des ténèbres. Comme si on pouvait faire plus mauvais encore, par une contamination. 

    Il faut noter cette logique de l'infime et définitive présence: le principe du bien ne souffre pas la dilution, par définition. N'est ce pas? 

     

    Les gnostiques eux mêmes

    Citons Irénée, au sujet des inventions successives des gnostiques, incroyablement imaginatifs et prolixes:

    "Chaque jour l'un d'eux invente quelque chose de nouveau, et nul n'est tenu pour parfait s'il n'a cette manière de fécondité". Les gnostiques sont des spéculateurs, libérés de tout, ils généralisent, inventent et signifient à tout va. 

    Tout cela va très loin, en fait, et se trouve être radicalement nouveau. C'est ce qu'il faut retenir. 

     

    La gnose

    Ensuite le mot lui même, la "connaissance": elle est celle de toute l'histoire, celle d'un monde mauvais, conçu et crée justement par l'ignorance et la bêtise. Elle est connaissance de la sortie du monde, de la traversée des sphères, des ciels mauvais vers la lumière, vers le haut. L'homme pneumatique se sauve par la connaissance de tout cela qui est de manière ultime la connaissance du Dieu. 

    La question de l'ignorance est fondamentale: elle n'est pas privation mais force active, élément ontologique primordial. Elle est un trouble qui saisit le divin, élément de l'histoire du divin, elle est de plus ce qui "fait" le monde, ce qui le constitue. Par opposition, la gnose, connaissance pneumatique humaine est l'inverse de l'ignorance divine...  

    Les Archontes

    Le monde c'est celui des archontes ou éons, au nombre de 7. C'est bien cette histoire des sept "vêtements" superposés, au nom des différents noms qu'on donne au dieu Juif: Sabaoth, Adonai, Elohim, Iadalbaoth, Astaphaï, Iaoh, etc. Archontes, ceux qui règnent sur leur sphère. Iadalbaoth est le principal, c'est lui le démiurge. 

    En gros, on a aussi les 7 planètes: lune, mercure, venus, mars, saturne, jupiter, et le soleil qui leur correspondent, chacune a son archonte. Ce sont un peu les archanges chrétiens ou juifs. 

    Au fait, les Yézidis ont leur archontes. 

    Et puis il y a l'ogdoade, la 8ème chose. 

    En fait tout ça n'est pas clair et la plongée dans les délires de Valentin ne peut pas laisser intact. Au fait que le personnage soit considéré comme un saint et qu'on le fête pour une raison obscure de viol perpétré dans le passé m'a toujours hérissé... 

    Disons qu'il y a 4 couples d'entités, c'est l'ogdoade égyptienne: Heh, Kekou, Noun, Amon et la paire (ajouter "et" pour avoir la femelle). 

    Il faut mentionner les "douze" (les signes du zodiaques) autre expression du multiple mauvais. Au fait le zodiaque c'est la religion astrologique babylonienne, celle des mages... 

    En gros, il peut y avoir jusqu'à 365 mondes différents superposés, tous mauvais tous image de la terre et des empires en couches, en sphères (mais qui contiennent des fragments de lumière) et qu'il faut "traverser" pour monter vers la lumière.

    Ce monde est dirigé par le "heimarméné", le destin, et aussi le gouvernement des archontes. 

     

    Le Dieu inconnu

    Lieu de la théologie négative, la description du dieu inconnu (celui qui n'existe pas, selon Basilide) est forcément hors de tout existant qui l'associerait au monde. "Porteur de tous les noms, comment t'appellerais-je?".

    Il est au début en repos complet, il est abime,"pré père" (proarkhé), et coexiste avec Ennoia, la pensée, la grâce et le silence. Ils conçurent Nous (l'intellect) et Alétheia (la vérité). De là sont issus Logos et Zoé (la vie), puis pour compléter l'ogodade primitive "homme" et "église". On notera l'émission par paire male femelle, structure répétée partout. L'ensemble, c'est le plérôme, la communauté divine, complétée par la fécondité de Zoé et d'Eglise: 10  et 12 éons de plus et on se retrouve avec 15 couples en tout. Sophia est le dernier éon féminin. 

    Nous, le fils unique est seul issu de pépère, est le seul du plérôme à voir papa. C'est cette ignorance du père, commune aux éons, qui devient chez le dernier d'entre eux l'angoisse, et l'apparition de la "limite".

    On a alors création de la dualité primordiale, émise de l'un. 

     

    La chute de Sophia

    Il faut alors détailler l'histoire de la création.

    Sophia, la "sagesse", Pistis Sophia, tente de créer, elle aussi, par elle même, sans son conjoint. C'est l'erreur de Sophia, qui crée la limite, le voile, qui sépare lumière et ténèbres et crée l'ignorance. C'est cette faute qui crée le dual, le deux... 

    Sophia c'est aussi Sophia prouniko, la lascive, la prostituée. C'est Barbelo chez les barbelognostiques.

    Au fait, le 7ème ciel c'est celui qui est juste sous le voile qui sépare le haut du bas. 

    La projection de son désespoir, c'est l'être à face de Lion, Iadalbaoth, son fils le démiurge qui se prend pour Dieu. Il crée 6 Archontes mâles et femelles. Il est le premier archonte, né dans l'ignorance et la honte. 

    La création de l'homme par les archontes, à l'image d'un dieu qu'ils avaient vu dans l'eau. Et il y a 7 parties du corps/ame, une par archonte (nerfs, os etc).

    Cependant, l'oeuvre n'arrive pas à se lever. Il faut donc lui souffler un peu de pneuma pour qu'il s'anime. L'auteur du complot est le Dieu de lumière, et les archontes sont trompés: leur créature leur est devenue supérieure ! Ils l'enferment donc au fin fond de la matière. 

    C'est Sophia qui envoit le serpent pour tromper les créatures de Iadalbaoth et les pousser à manger le fruit de la connaissance (héhé). D'où les cultes ophiques, du serpent, pour célébrer le premier acte de la gnose. Ceux du serpent. Il y a la figure d'Asclepios, concurrent de Jésus, le dieux médecin avec le bâton aux serpents et la constellation. Le serpent d'airin des ophites a la  même forme et un succédané, le serpent Glykon eut un grand succès. 

    La suite

    Il faut mentionner la création des éons Christos et Esprit (qui se trouve donc femelle), destiné à communiquer aux autres éons la gnose qui doit les calmer. Valentin raconte même que Christos fut fils de Sophia, mais remonta au plérôme et laissan Sophia dans les ténèbres d'où elle suscita le démiurge. 

    Jésus est un éon, le seul a n'avoir pas de femelle... Il alla voir Sophia est la libérer des 4 passions (crainte, tristesse, angoisse et supplication). 

    Il faut mentionner qu'il y a en fait 2 Sophia, une d'en haut et une d'en bas, celle qui n'est plus dans le plérôme. 

    Une autre histoire, celle du viol d'Eve par Iadalbaoth, ce qui fit Cain et Abel, tandis que Adam eut Seth avec Eve...

     

     

    Les deux modèles: la Syrie et l'Iran

    Jonas distingue deux modèles, suivant que la dualité est intrinsèque (Mani, l'Iran) ou issue du drame divin (Valentin, la Syrie). Dans les deux cas, le salut est celui du Divin lui même, c'est l'idée "orientale" du Dieu à sauver... 

     

    Le libertinage 

    Il faut bien sur aborder l'épuisement du mal par sa réalisation totale. Il faut bien voir qu'on trouve ici le mélange de toutes les représentations du mal en occident, avec bien sur le fantasme du tueur en série, mais aussi le pacte faustien et la métempsychose: l'âme doit vivre la totalité de la vie avant de monter vers Dieu, et elle se doit d'accélérer son destin en hâtant l'épuisement des expériences nécessaires, condition de l'extase finale ! 

    On a là Pythagore, le Karma: tout ce qui permet d'échapper à la "roue des naissances", au monde quoi. 

     

     Le Cosmos et la thèse

    Il faut bien comprendre l'opposition frontale et drastique du kosmos grec, expression de l'ordre et de l'harmonie, et de l'heimarmene gnostique, l'ordre mauvais, étranger. Le gnostique a plus de solidarité avec l'homme, son semblable, qu'avec le monde globalement mauvais, et qui n'est plus porteur de l'harmonie globale. 

    Le corps appartient au monde, mais il contient l'étincelle, le "pneuma", l'esprit.  De ce point de vue, il n'y a pas de faute humaine, ou de culpabilité, bien au contraire: c'est le monde qui est coupable et mauvais. 

      

    Et il faut en venir à la thèse de Jonas, quand à l'héritage gnostique aujourd'hui. En gros, le gnosticisme et d'une certaine manière -avec- le christianisme (le reproche, et le constat, affleure) rompt avec l'équilibre vertu/nature du monde antique: c'est le reproche de Plotin. Car la vertu grecque, magnifiée par le stoïcisme, est acte de transformation naturelle de la nature: l'effort est mise en acte de la nature. L'"harmonie" stellaire est musicale. 

    Cette harmonie, est l'"arétê", l'"excellence", traduite par "vertu", caractère de l'accord avec le monde. La gnose promeut son contraire... 

    Le gnostique refuse et inverse tout cela: les "sept" planètes dont font partie Soleil et Lune assimilés à leur numéro et privés de toute vertu physique, ne sont que les parties mauvaises du cosmos méprisé.

    Le monde passe, c'est l'attitude "acosmique", "comme s'il n'existait pas"... 

    De ce fait l'homme gnostique se sent plus proche de l'humain quel qu'il soit, car portant potentiellement le pneuma, que du cosmos parfait: il a inversé le rapport de la vertu ! 

    C'est la raison du "libertinage", qui va jusqu'à nier la loi, manière pour le démiurge d'asservir les psychés méprisées. Bien et mal sont indifférents, purement mondains et radicalement différents du sentiment de la liberté pneumatique. Ce sentiment de liberté est lutte contre tout esclavage ou obligation, issu de la volonté démiurgique d'asservissement psychique: on redoute les démons intérieurs qui en sont la manifestation.

    Ainsi, le dieu inconnu ne porte aucune loi, aucun "nomos".

    Mieux: la liberté intérieure, pure lumière est valeur inconditionnelle absolument soustraite au monde: l'or dans la fange ne se transforme pas et le salut du pneumatique est inconditionnel. 

    Jonas alors évoque les vertus chrétiennes, elles aussi anti cosmiques et qui refusent l'arétê: l'homme est insuffisant, et doit être "sauvé". Sauvé de quoi? Nous sommes bien là dans la méconnaissance et le déni de cette histoire de "salut" qui reste pour moi une sorte de point aveugle...  

    En tout cas, la chose est claire, les gnostiques en veulent plus à l'antiquité classique qu'aux religions qu'il concurrence, et c'est là le fond de l'affaire: c'est la revanche des barbares. 

    (1) https://www.scribd.com/doc/229496792/Hans-Jonas-La-religion-gnostique-pdf

    (2) http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/gnosticisme.htm 

  • XGenstein

    Il nous faut parler de l'illustre viennois mort en 1951, qui fascina et continue de fasciner pour des raisons mystérieuses. On le pensait pré Gödel, et il devient l'égal de Derrida, de Foucault avec ses histoires de sujet, de vie intérieure et de paradoxe sceptique. On commence par là: comme il est obscur, on ne comprends pas toujours ce qu'il dit, et comme en plus ce dont on ne peut parler, il faut le taire, cela n'arrange rien et on l'interprète de manière variée. 

    "Wovon man nicht sprechen kann, darüber muß man schweigen"

     

    wittgenstein.jpg

     

    Fascinant non? Un "ta gueule" philosophique en quelque sorte. D'après une lettre adressée à Russel, W. décrit lui même son problème philosophique essentiel comme la distinction entre ce qui est dicible (pensable) et seulement montrable (ou à taire). Un projet Kantien de limite, estimable, tout de même.

    Bon, d'abord les deux philosophies supposées différentes du maitre du Tractatus ultra logique jusqu'aux recherches philosophiques et ses "jeux de langage" sont en fait plus proches qu'on ne le croyait. En gros, au milieu de fulgurances, on dit que le sujet est limité par le langage et ne peut que décrire des "faits", des "états de choses". Le concept est bien d'origine W. et bien sur repris par David Armstrong: il n'existe que des individus, ses propriétés et les relations. Une image très informatique des choses... 

    Cette histoire d'"état de choses" est une garantie d'intelligibilité: l'état des choses c'est plus qu'une chose, et le réel c'est plus que les choses. 

    Quand aux jeux de langages, ils sont régis par les règles, les fameuses règles du jeu de W.: la signification c'est suivre la règle, l'usage, intermédiaire entre les humains. 

    Le point important est que cette "expression", ce qui ne peut que se faire montrer, ne peut être dit. Il existe pourtant et c'est un amateur de musique qui vous le dit. W. utilise le mot "mystiche". C'est dit.

    Kripkenstein

    Kripke interprète de W. en fait le plus vicieux des sceptiques avec le fameux paradoxe des règles mal fagottées qui régissent les jeux de langage: comment savoir si cette règle là est suivie plutôt qu'une règle similaire complétée à l'infini par un comportement quelconque imprévisible ? La notion même de signification, attachée à l'interprétation de la règle s'en trouve fragilisée, voire détruite. Bonjour le relativisme total !

    Bien sur c'est cette notion LA de la signification qui morfle, et on peut continuer le chemin. Il est celui d'un caractère proprement humain du langage, son caractère naturel, identifié au monde.

    C'est (ce serait) la solution au problème de l'adéquation: un naturalisme, un platonisme naturaliste...

    On se veut donc anti scientiste: parti de l'analytique pur et dur, Viennois, W. part ensuite dans l'humain pur débarrassé du sujet, en fait en remettant en cause les manières classiques de l'établir, et dieu sait s'il est contre tout dualisme et contre tous les Descartes; il veut, comme tout le monde, en faire finalement un sur homme mystique, au delà des conventions, et dieu sait s'il n'était pas conventionnel... 

    Psychanalyse

    Il faut rappeler que W. était violemment opposé à la psychanalyse, ("du sexe ordurier"). Pour toutes les bonnes raisons, l'inconscient est un concept non scientifique, que l'intériorité est inconnaissable et le thérapeute peut faire ce qu'il veut. On rappellera aussi que le sujet Freudien, celui de l'inconscient, doit être accepté pour que la cure fasse effet: de quoi éloigner, en effet... 

    Passeron

    Dans un traité vicelard(1), Passeron, vous savez le pote de Bourdieu, voulut à partir de W., établir la non réfutabilité de la sociologie. Un moyen d'être tranquille, ou mieux, de l'écarter pour toujours du savoir. L'important est que les discours du social ne s'expriment pas dans le même espace que celui de la logique... 

    Girard contre W.

    On sait que Girard (Jean Yves) dénonce avec les analytiques en général et W. en particulier le fantôme de la "transparence", c'est à dire de la capacité à tout dire dans le langage et dans la logique, voire de la volonté d'identifier logique et langage, projet Wichgnaggnagien s'il en est. Comme d'habitude, le vilain Girard fait peut être un contre sens, et cela serait à voir, le fait est que W. n'est pas tout à fait un analyticien bêbête... 

    Cette haine contre W., c'est aussi bien sur celle de Deleuze (pour qui W. est un assassin de la philosophie). Mai 68 fait bloc... Au passage, pour Deleuze, la philosophie a pour rôle de créer des concepts, vous savez ces choses incompréhensibles de quiconque sauf de leur auteur, le chevelu dominant. W. lui est bien sur l'ennemi de la métaphysique de l'esbrouffe et dénonce explicitement la métaphysique du jeu de mot. H. le considérait comme on antagoniste exact. Un titre de gloire.

    Bouveresse, grand witegchien, parle du litérarisme (par opposé au scientisme) pour désigner ce mépris affiché et consitutif de la précision des concepts pour ces grands poètes que sont les philosophes branchés d'avant les nouveaux philosophes. 

    Au passage, il faut tout de même créditer W. de l'invention des tables de vérités, et d'avoir combattu Russel. 

    Et puis, il y a la célèbre phrase, qui devrait plaire à Girard: "la signification c'est l'usage". 

    Popper et Stein

    On fera ses délices de (5): le tisonnier brandi par Stein critiqué par une loi morale énoncée par Popper est un régal.

    On y décrit un Popper rejeté par (et non pas opposé au) Viener Kreis, mais tout cela n'est que du montanisme autrichien. Popper n'est PAS positiviste, pas plus que Stein, d'ailleurs.  

    On notera la position de Popper au sujet de la signification. Cible aussi de Girard, Popper est pourtant celui qui attribue la signification, non aux objets "vérifiant" l'énoncé, mais à la classe de ses falsificateurs possibles. Ce n'est pas la même chose. Popper est encore plus contre l'empirisme logique que Stein lui même ! 

     

     W. Contre Russel et Frege annonce Gentzen

    D'abord W. est logiquement (sur la logique) parfaitement opposé à la notion d'axiomatiser la logique sur la base d'une conception de la vérité. Il introduit philosophiquement (pas mathématiquement, c'est trop tôt) à la modernité de la logique, celle introduite par Genzen le nazi et toujours en vigueur: la formalisation de la déduction sous hypothèses, la présence de PLUSIEURS logiques étant la preuve (héhé) de la libération de la logique de cette "science de la vérité" qui n'a plus de sens. 

    Cette histoire de déduction est extrêmement importante, elle est en gros la notation avec la barre horizontale, qui formalise le raisonnement comme relation entre des théorèmes. La déduction "naturelle", bref tout ce qu'on a dit au sujet de Genzen le nazi. 

    Frege, puis Russel qui lui restait attaché tout en le combattant en étaient restés à un axiomatisation de la logique, depuis battue en brèche et ringardisée. La logique est devenue structurale (peut on dire ça?).  En fait et pour le dire crument, la logique de Freger était science de la vérité, celle de W. et de Gentzen, celle de l'inférence. (4)

    W. s'y oppose et malgré toute l'amitié de Russel, en reste très différent. Il s'oppose en tout cas explicitement à lui sur cette question de l'inférence (voir 4). Il n'y a pas de vérité qui se déduisent entre elles, il y a des règles d'inférence, qui contiennent toute la signification des choses. W. est bien un génie précurseur. 

     

    Pour reprendre les choses depuis le début, Frege publie en 1879 une incompréhensible formalisation de la logique et invente calculs des prédicats et des propositions. En 1900, Russel qui lui l'a lu, réinvente tout cela, mais reconnait son précurseur, se lie à lui et partage le grand programme mathématique du début du siècle: le logicisme. Au passage, il lui écrit, désespéré, en 1902 la ruine qu'entraine la notion des classes qui se contiennent elle même. 

    Car il y a le rejet de l'identité. D'abord c'est le "diable en personne" (lettre à Russel en 1913). Pour lui, il s'agit d'une relation entre signes et non pas entre choses. Ce rejet il le manifeste toute sa vie... 

    Echec du logicisme

    On rappellera de toute façons que le programme logiciste fut un échec, et que les mathématiques ne s'expriment PAS dans la logique. En fait, le système des types des Principia ne marche pas bien, et la belle théorie des ensembles de Zemerlo et de Franckel décrit elle convenablement les ensembles à la fois sans s'interdire les ensembles dotés de sens trouvés par Cantor et aussi sans avoir les paradoxes mortels. Disons qu'en gros, il y a un shéma d'axiomes dit "de remplacement", qui permet de déduire un ensemble d'un ensemble existant et d'une relation fonctionnelle. On peut alors obtenir tous les ordinaux utiles, un ordinal (transfini, c'est à dire non fini) étant un nombre obtenu en incrémentant un infini. Il y a aussi un axiome d'infini, dont on ne voit pas le caractère "logique": le rêve de Frege et Russel a vécu.

    La logique et le métalangage

    Bon en gros, et contrairement à Russel et au Viener Kreis, dont il se sépare radicalement, la logique est transcendantale, condition de possibilité, elle est ce qui est commun aux représentations et aux faits du monde, mais ne peut pas être décrite elle même, d'où la nécessité du silence: elle n'est pas une image du monde et ne peut être décrite.  Il n'y a pas de métalangage.

    Cette histoire de "logique transcendantale" est bien sur hautement hilarante et à propos: c'est l'expression de Girard, qui propose une "syntaxe transcendantale" pour fonder une approche existentielle des fondements de la logique, on va en reparler. Girard dénonce, conspue conchie et ridiculise tout le positivisme logique, et justement, on peut dire que W. n'en était pas, tout à fait. 

    Quine et Stein

    Opposés au mentalisme et à l'intériorité signifiante, Quine et Stein situent la signification hors du mental, W. dans l'usage, dans les règles, Quine dans le comportement, dans l'interaction naturelle. Quine est un naturaliste, un behaviouriste.

    Il se révèle donc assez différent de W. et sur trois plans, carrément non négligeables. D'abord Quine ne donne la signification qu'au tout, c'est un holiste, alors que W. est moléculariste, voire atomiste à ses débuts, comme Frege. Ensuite, W. est analytique en tout, alors que Quine nie l'analytique complètement. Pour finir, W. voit la logique comme fondamentale et constitutive du monde, alors que Quine ne la conçoit pratiquement que conventionnelle.

    Excusez du peu.  

    L'art 

    Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Stein n'est pas un mystique de l'art, et ce qu'on ne peut exprimer n'en est pas... Il était mélomane par contre. Mieux il semblerait bien que pour lui la chose qu'on ne peut que montrer ce soit bien ce que véhicule la musique (6). Et c'est bien l'"expression" qui est le coeur de l'esthétique. 

     

    Divers

    Faut il ajouter que Paul Wittgenstein frère ainé de Ludwig fut l'amputé du bras gauche du concerto de Ravel éponyme. Philosophiquement il est piquant que Ravel, vexé des arrangements outrageant à l'initiative du cul de jatte du bras, quitta Vienne précipitamment.

    Au sujet de la famille du petit Ludwig, il faut savoir qu'elle fut celle du père, le maitre des forges austro hongrois, bien sur immensément riche. Après avoir commencé par étudier un moteur à réaction, bifurqué sur les maths, puis écrit le T. sur la Vistule en guerre, W. donna sa part d'héritage, se fit jardinier, instituteur, mais navré par la bêtise des culs terreux autrichiens, revient passer sa thèse à Cambridge en 29 avec le tractatus comme mémoire, devant Russel.

    Il construisit pour sa soeur une hideuse maison moderne, aujourd'hui utilisée par l'ambassade bulgare... 

    maisonwittgentstein.jpeg

    Il fit même des recherches expérimentales sur la perception musicale, tiens, tiens...  

    Pour en rajouter dans le grotesque encyclopédique, il faut savoir que la division Girard, à la Bérézina, contint Wittgenstein, ce qui permit à l'armée de passer. 

    (1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Raisonnement_sociologique 

    (2) http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1973_num_71_12_5762 : La théorie des descriptions de Russel

    (3) http://journals.openedition.org/philosophique/244 stein et l'art

    (4) https://www.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2001-3-page-545.htm#re3no3

    (5) https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00281124/document

    (6) https://archipel.uqam.ca/2399/1/M11097.pdf

  • Les grammaires

    La question de la grammaire me revient après qu'avoir tenté de formaliser la langue naturelle, je tombe sur la description alternative (l'alternatif a ceci de plaisant qu'il décrit souvent de manière intéressante son alternatif à lui) dite structurale, de la syntaxe(1)(2). Ceci à propos de (3), sur le "sujet".

    Cela correspond et permet de classifier, l'analyse stemmatique des phrases consistant à en construire les stemmas, les diagrammes à branches, des arbres quoi. Elle est réalisée sous cette forme par Lucien Tesnière, un révolté contemporain de la linguistique, un transfuge, un disruptif. 

    Tout d'abord, les bases et on oublie avec le temps, en plus j'avais toujours considéré que la grammaire c'était chiant. Mais l'enjeu n'est pas là (...): la stemmatique ne donne pas prédominance au sujet dans l'assertion, et c'est là que c'est pratique pour les déconstructeurs. Subordonné au verbe, le sujet n'a qu'une place structurale, et il faut désintoxiquer la grammaire de la présence. Alfred et Bernard sont reliés à la frappe. Qui frappe? 

    Cette prédominance du sujet dans la prédication est la marque de la grammaire dite de "Port Royal". La voilà foutue en l'air, quel dommage que Nadia Vallaud Belkacem ne soit plus ministre. Le sujet n'est que "le complément actanciel" du verbe... 

    Revenons à la grammaire. 

    Les types de mots

    Il y a deux sortes de mots, les vides et les pleins.

    Les vides ne sont que des liaisons décoratives ou désambiguatives.

    Les "pleins" porteurs de sens sont de 4 types: verbes d'une part et les autres dont les substantifs, les adjectifs et les adverbes. Similaire à un adjectif, mais pour les verbes, l'adverbe est en fait super compliqué et contient toutes les complexités du monde. Il peut en fait modifier aussi un adjectif ou même un autre adverbe. Il peut concerner le temps, le lieu, la manière. Bref, il modifie ce qui modifie. 

    Le gérondif

    Au passage, "en même temps", on parlera du "gérondif" forme vicieuse à la fois verbe et adverbe qui convoie pour modifier un sens, l'expression d'une action: "en partant". 

    Les catégories

    On listera les catégories, "substantif" (l'actant), l'"adjectif" (épithète), l'"adverbe" (circonstant). 

    Les conjonctions de coordination

    mais, ou, et, donc, or, ni , car  

    Ni plus ni moins: et bien je l'avais oublié. 

    Il y a pourtant aussi: enfin, pourtant, ainsi. 

    Les conjonctions de subordination 

    que, quand, comme, quoique, alors que

    Elles introduisent un plus qui se trouve subordonné, d'où leur nom. Bon. 

     

    Lucien Tesnière

    On en vient à notre linguiste structural. D'abord il cherche à s'affranchir de la prédication, et se consacrer à la structure uniquement. Cela a du mérite: dévouée à l'informatique et aux assertions, ma méthode à moi était purement logique. Pour comprendre, il faut saisir une intention logique et l'assertion, le dire de ce qui est, me paraissait être la forme élémentaire du discours... S'en affranchir explicitement est donc méritoire, et a sans doute pour objet de couvrir la totalité des expressions possibles, il n'y a pas que la logique dans la vie...

    Tesnière semble se situer dans la syntaxe "pure", en parallèle de la grammaire traditionnelle, celle qu'on détesta devoir apprendre. 

    Voyons voir. Il n'y aurait que 3 formes de structure:

    a) La connexion ou subordination. Bref, la forme typique de l'"assertion"? Non! Le régissant est structural, pas sémantique et le "petit ruisseau" est régit par le ruisseau, même si c'est petit qu'on veut dire. On y est quand même, et la forme linguistique principale est bien là. 

    b) La translation. Là on a plus subtil mais nécessaire, les formes linguistiques s'enchâssent et on doit pouvoir considérer qu'une phrase se trouve être utilisée comme subordonnée d'une autre phrase. "J'espère que Jean viendra". La translation fait changer de catégorie: "le livre d'Alfred". 

    Le gérondif est bien sur une translation. 

    c) La jonction. IL s'agit de juxtaposer ou de coordonner, la conjonction de coordination étant ici la reine. On a ici toutes les formes de mise au points, quand à soi et atténuations possibles d'une affirmation ou d'une description, enchassées ou non. 

     

    Conclusion

    On a donc un doigt dans les tentatives de formalisation, l'intérêt de tout cela étant bien sur de classer le langage naturel, ce qui sera et se trouve être déjà ce qu'on veut faire pour communiquer entre nous, les ordinateurs. 

     

    (1) http://www.home.uni-osnabrueck.de/bschwisc/archives/tesniere.pdf 

    (2) http://www.home.uni-osnabrueck.de/bschwisc/archives/stemma.pdf

    (3) https://www.nonfiction.fr/article-9233-le-sujet-faux-probleme-ou-question-mal-posee.htm

  • Les dynasties chinoises

    On commence, juste après la fameuse période des royaumes combattants de 475  à 221 BC, avec les QIN qui se termine par une révolte en 206 BC.

    On a alors les HAN, jusqu'à 220 AC.

    Nom du peuple chinois lui même, l'époque des HAN est celle du Taoïsme, et du bouddhisme, l'âge d'or de la Chine impériale.

    Après des désordres de 220 à 280, réunification sous les JIN jusqu'en 420, avec des complexités. 

    C'est alors les SUI de 580 à 620 

    puis les TANG de 620 à 900. C'est l'époque de l'imprimerie ! 

    Jusqu'en 980, fractionnements multiples (jusqu'à 10 royaumes!)

    De 980 à 1280,  les SONG: les billets de banque et la poudre à canon. 

    En 1115 des Jurchens (des sortes de mongols) forment la dynastie JIN.

    1270 - 1370 Les YUAN: les mongols. C'est l'empire fondé par Koubilaï Khan. 

    1370-1645 Les MING: c'est la restauration HAN.

    1645-1912 Les QING, des mandchous, puis c'est le dernier empereur...  

     

     

     

     

     

  • Le Mal

    La question du mal, avant que nous ne lancions dans des invocations variées à Lucifer, doit d'abord avoir lieu à propos de la gnose, première idéologie moderne à considérer un Dieu vraiment double, un créateur mauvais responsable de toutes les imperfections du monde, et un Dieu inconnu origine d'une lumière dont nous possédons des fragments, malgré tout... 

    Car cette histoire d'ange déchu et de serpent, qui génère ces histoires de responsabilité individuelle, de péché personnalisé avec ses variantes pour enfants, pour femmes et pour vieillards sont très en deçà de ce qu'on attend du vrai mal, le gras, le gros, avec ses destructions aveugles et sa totale insensibilité aux destins individuels: le vrai mal s'abat sur tout le monde, et c'est bien de cela qu'il faut discuter. 

    Le modèle du mal que produisent les gnoses sont bien sur les plus convaincantes (et les plus fascinantes). Elles furent décrites par Hans Jonas en 1928 d'une manière particulière, un peu dans mon genre: il s'agissait de trouver l'"esprit" ou l'"idée" de la gnose, plus que de décrire scrupuleusement en détails l'insensé fatras de ces ontologies démentes toutes plus tordues les unes que les autres... 

    Jonas, fondateur (supposé, disons l'un d'entre eux) de la pensée écolo, passa de sa thèse qu'il fit sous la direction de H. lui même. Bien sur il mordit la main qui le nourrissait et entendit ainsi confondre H. comme nihiliste. Sioniste ultra, il débarque en palestine en 1935, se bat contre les nazis pendant la guerre, pour Israël en 48 et publie en 1979 le "principe responsabilité" qui le consacre. 

    Heidegger et Nietzsche

    D'abord clarifions les relations enter H. et N. (1). En gros, le nihilisme, décrit par N. comme celui des faibles (les chrétiens) et celui des forts (le surhomme) est considéré par H. comme du platonisme. "Nietzsche is der zügellozigste platoniker", c'est dire. Bien que méritoires, les efforts de N. pour rompre avec la métaphysique occidentale sont clairement insuffisants.

    Seule une rupture avec le transcendant ET le transcendental vaut. H. ne pouvant rompre avec le transcendant, s'inflige donc le diable (le transcendant non créateur) et le conceptualise: voilà donc ce qu'il y a dans la clairière, le pur évènement, celui qui toujours nie, même le principe de non contradiction!  

    Voilà donc la plus magnifique définition du mal qu'on puisse donner, et H. étant nazi cela accentue le coté sulfureux de la chose. 

    Jonas

    Mais il faut revenir à Jonas. Jonas considère H. comme un gnostique dégénéré et s'oppose à lui. C'est la première chose, mais il en garde bien des caractéristiques et c'est cela le rigolo du mal: il laisse des traces. Quel thésard de H. s'en est sorti indemne? 

    On doit bien sur parler de Ernst Bloch, resté en Allemagne de l'Est jusqu'en 61, qui publia le "Principe Espérance". Post marxiste en diable (comme on dit), le philosophe, qui se disait "degoch" nous apprends donc l'inéluctable et cosmique nécessité du mal euh de la rédemption des pauvres, objet G, au coeur de la spiritualité de bien des "penseurs" et autre vieux cons électeurs des partis socialistes variés, la sinistrogyralité leur étant chevillé à la glande pinéale.

    Je parle bien ici de tous ces vieux philosophes qui n'en finissent pas de mourir après avoir injecté dans trois générations d'abrutis mondains et suiveurs l'obligation à re-voter Mitterand... Mon dégout et mon mépris pour ces contempteurs du capitalisme, gnostiques de normale sup et honte de l'intelligence française, est infini; imaginez le niveau de mon respect pour les crétins (et les salopes) qu'ils ont séduit. 

    Pour ce qui concerne Jonas, on a clairement le cran du dessus: il tente de poser "le vivant" comme principe de l'être, et veut fonder, c'est ce qui en fait le penseur écolo qu'on révère, une nouvelle ontologie avec ça. L'homme, sommet du vivant devient alors responsable de la création... Au passage on a bien la conception de la technique autonome devenue dangereuse, la main de H. dans la culotte du zouave. 

    L'idée est parfaitement moderne et situe le monsieur après la 2ème guerre mondiale, il publia "le concept de Dieu après Auschwitz", en gros la récupération par l'homme du contrôle des opérations après le silence de Dieu pendant la Shoah. On dépasse donc le nihilisme suscité par la sécularisation, c'est ça l'idée... 

    Le principe est bien sur une tentative, partiellement la tentative postmoderne, de nous réenfiler un objet G car il le faut bien. Comme si cela était inéluctable... Il faut noter que le transfert de "responsabilité" est bien à ce niveau, Dieu étant soit incapable (ou bien alors simplement d'éclairer), soit délibérément opposé à notre bien être, nous devons nous substituer à sa capacité pourtant considérée autrefois comme grande, d'aimer tout le vivant, y compris sans doute les poux, très utiles, comme chacun sait. 

    La technique 

    La pensée de la technique comme "autonome" est sans doute l'une des pierres d'achoppement de notre époque. Le concept, issu bien sur de toutes les idées baroques des maitres en sociologie obsédés par le concept expliquant tout, par l'objet G que j'ai trouvé moi, le voilà, a un rapport avec les conceptions modernes de la vie (par exemple l'évolution) conçues comme des machines à information solitaires, et donc autonomes: ce qui arrive aux choses devrait arriver aux idées.  

    Bien sur la notion de robots bientôt supérieurs à l'homme se déduit immédiatement du concept premier: le danger est là et on ne sait plus très bien qui est qui, entre des machines qui deviennent des hommes ou des hommes qui deviennent des machines, comme sous hommes ou sur hommes, on ne sait pas non plus. Au fait les machines ont aussi le problème: vont elles remplacer/imiter les crétins ou les génies? 

     La conservation

    Dans cet univers menaçant, la responsabilité c'est conserver: l'image de l'homme (et de la femme?) doit être protégée, et toutes les précautions se valent: on aboutit à une sacralisation et Jonas ne s'en cache pas. Successeur de Dieu, l'homme se doit de respecter ce dont il a la charge. Et sa liberté est fragile, donc la voilà la belle éthique. Comme on est loin de la liberté totale de Dieu et de l'Homme que décrivait Scot ! 

    Bon, il faut dire que Jonas considère la gnose comme la tentation qui nous ferait échapper à notre responsabilité, c'est sa thèse. La gnose s'identifie au dualisme comme le représentant et la manifestant. De manière générale, Jonas condamne non seulement l'existentialisme mais aussi Descartes et tout ce qui fait que le monde est privé de substance spirituelle. C'est cela qu'il faut réfuter selon lui. 

    Ainsi les ressources sont limitées, et il faut les partager, voilà le fond de la nouvelle éthique.

    La mort

    Mais on peut aller encore plus loin: la vie animale sujette à la mort nous a fait développer une "ontologie de la mort" critiquable, moins en tout cas que chez végétaux, de ce point de vue bien plus proche de l'essence de la vie globalement. On en vient au végétarianisme, seul moyen de se nourrir, et donc de vivre, sans donner la mort. Comment en effet se reprocher de "tuer" une plante? Quoique. 

    Certains pourraient dire que coupée de ses racines (...) le pauvre brin continuerait de vivre et sa transformation dans mon estomac n'en fera que changer la forme de bactérie à bactérie. Je serais alors par symétrie, transformé en plante de l'intérieur. Un peu contourné comme délire, et tout est bon pour m'innocenter.

    De fait, et sans rire, on sait que les arbres et en fait tous les végétaux disposent de systèmes de communication globaux qui les maintiennent en équilibre dans leur environnement, voire entre eux (2). Toute ivresse solitaire face à une plante verte donne accès à son âme  (celle de la plante) et celle ci a une existence manifeste. Tuer cet être est un crime et il nous faut l'assumer, voilà mon point de vue. Et puis on peut tuer pour mieux que se nourrir, pour se protéger. Qui veut sauver la punaise de lit?

    Ainsi le mal n'est pas absolu dans l'acte de destruction ou l'acte d'oubli de l'être: TOUT a un être et refuser le mal en ce sens, c'est mourir soi même, de faim ou de gratouillis infectieux. Inclus dans une hiérarchie d'êtres et de choix, le meurtre est principal est n'est PAS le mal en soi, car le refuser c'est se tuer soi même, impossible d'en sortir. Structurellement et logiquement enchâssé dans le choix moral,  le mal assumé comme oubli, mépris ou instrumentalisation de l'autre est une responsabilité et la destruction de la nature doit être assumée. 

    Comment penser la régulation de ces destructions, de manière à éviter la destruction totale, ou l'égoïste extermination de ce que mon voisin de palier peut bien décider un jour qu'il est colère? 

    On peut interdire le suicide ou en faire une grande cause nationale, mais est ce là l'objet de l'écologie? Car la volonté de condamner le monde suicidaire qui produit l'effet de serre, ou bien de considérer le monde comme fini et à distribuer chichement, c'est le considérer comme mauvais en fait: seuls les pneumatiques inspirés par le GIEC ou l'organisme central de la redistribution auraient droit de cité, et l'humble fourneau à charbon ou la vache qui pète ignobles créatures du démiurge maudit. Autrement dit l'éthique de l'écologie EST dualiste. En son tréfond.

    Elle traduit une volonté désespérée de substituer un acteur central au désordre de la vie et à sa volonté anarchique de produire des effets à toute force. Car l'homme, l'acteur de l'anthropocène est un phénomène naturel, comme le nom de l'autocontradictoire expression le montre sans le dire: faut-il l'éradiquer lui, pour protéger le reste ? Il n'a pas de statut particulier dans le monde à moins que l'on ne le soit un peu, dualiste... 

    Revenons à cette idée des plantes qui pensent (2): on pourrait juger la nature responsable, ou bien la défendre comme un bébé immature incapable de se protéger, ou bien imaginer que sa fièvre a pour objet de se soigner elle même: qui a dit que seul le réchauffement climatique pourra empêcher cette monstrueuse poussée démographique produite par le sous développement sur-aidé (les fameux "petits chinois" des années trente) et vraie cause globale de nos problèmes d'environnement actuels ? 

     

     

     

    (1) H. et N. http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1968_num_66_91_5445

    (2) http://www.laviedesidees.fr/Les-arbres-et-les-signes.html#nh2

  • La fin de la préhistoire

    On estime à environ 10K ans BC (ou BCE)  l'invention de l'agriculture, au levant, pendant la période du néolithique dite du "Khiamien". Les pointes du type d'El Khiam se trouvent (on en trouve) en palestine, en gros.

    On note la différence entre sédentarité et agriculture, les débuts de la seconde consistant à moissonner des céréales sauvages.

    On rappelle que Avant JC, Before Christ, Before Common Era, Avant Ere Commune, AEC, sont synonymes. 

    Le Mésolithique entre paleo et néo lithique est la période intermédiaire, disons après 10K BC. 

    Göbekli Tepe

    Le site de Göbekli Tepe est particulièrement intéressant: situé en 11K BC, en gros le plus ancien sanctuaire connu.

    Des pierres étranges, sculptées avec des figures d'animaux sauvages.

    On rappelle que la pyramide de Khéops est daté de 2,5K BC, 7000 ans après, c'est dire. 

    Le site serait une manifestation illustrant une théorie donnant aux cultes chamaniques des chasseurs cueilleurs une tendance à faire des sanctuaires, donc des lieux stables, ce qui induit une sédentarisation et donc l'agriculture, pratique qui serait donc issue d'une pratique religieuse en évolution. 

    On en sait bien sur absolument rien, mais l'idée est intéressante: le social "serait" issu du religieux: tu parles on est au coeur de la polémique, les conceptions du religieux comme issues du social étant bien sur majoritaires... 

    Durkheim

    C'était d'ailleurs le point de vue de Durkheim, l'illustre sociologue français, partisan de l'éviction de la philosophie par la sociologie, et mort en 1917, inconnu de tous (je veux dire visuellement), sauf de son neveu Mauss et de tout ce qui suivit. Il est le théoricien des "faits moraux".

    Il est l'auteur de “Je ne vois dans la divinité que la société transfigurée et pensée symboliquement”. Par ailleurs, il prophétisa un retour du religieux, et se trouve considéré comme continuateur des néo religieux du siècle précédent, une sorte de socialiste, donc, on en a parlé.

    Il est traditionnellement opposé à Max (Weber) comme Holiste contre un individualiste méthodologique, mais il est comme le boche (mort en 1920) attaché à définir la sociologie comme une science. Weber est le théoricien du "désenchantement du monde" et de la "domination". 

    De plus, Boudon, pour des raisons à éclaircir, considérait les deux en fait, comme des individualistes. Ces raisons sont liées au relativisme, dont Boudon fait grâce à Durkheim de ne pas le soutenir complètement (2) en disant explicitement que l'individu n'est pas un produit de l'histoire. 

     

    Girard

    On pense aux conférences que faisaient à la fin de sa vie le vieux Girard, sur Catal Höyük, site datant de 8K BC, et donc déjà agricole: la situation est déjà différente, et là il y avait le sacrifice. On y trouve même le plus vieux plan de ville connu. 

    Au fait, je ne résiste pas au plaisir de vous faire part de mes obsessions: 

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    Au passage on peut noter au sujet de Catal Höyük plusieurs choses, liées aux théories de Descola: l'homme chasseur cueilleur animiste se transformerait en sédentaire puis agriculteur en changeant ses représentations, il deviendrait analogique, lors de l'"explosion symbolique" que constitue la mutation. 

    Un autre point est le léopard: l'identification animiste de l'homme au léopard fait de la chasse au léopard une sorte de lynchage, la chasse aux autres animaux introduisant le sacrifice par la la substitution. L'idée est particulièrement intéressante, la transition au sacrifice se faisant par une séparation entre humain et animal qui marque les civilisations agricoles: on y rejette la nature et le passage animiste vers analogisme (par introduction de la différence aussi entre les intériorités) illustrerait la chose. 

    Todd

    Il faut noter cette théorie, à laquelle je rattache Girard, et qui est de considérer cette idée d'ailleurs catholique, de la notion de dégénérescence dans l'histoire: au départ, on avait des chasseurs cueilleurs animistes sympa et bonhommes, vivant libres et nus dans des familles nucléaires. Ce n'est qu'au passage à l'agriculture qu'on invente les maladies (il parait qu'à Göbekil Tepe régnaient d'horribles infections) et les sacrifices humains nécessités par les cohabitations. On invente les familles communautaires et autoritaires, les oppressions et les empires. 

    Dans un premier temps victorieux et innovateurs, ces systèmes chassèrent les systèmes primitifs aux frontières du monde connu (en Europe, par exemple, ou prévalent les systèmes nucléaires, inventeurs de la liberté politique), et le centre du monde devint le pire du monde (Daech au moyen orient)... 

    De la même manière, les systèmes primitifs totémiques et cannibales, étaient (parait-il) considérés par les théories des religions comparées (spécialité des cathos)  d'avant Durkheim comme dégénérés: oubliés de Dieu et damnés, ils étaient le produit d'une décadence. 

    Il y a ainsi plusieurs manières de considérer notre monde comme déclinant, ce déclin ayant des origines et des formes multiples, mais l'âge d'or étant toujours derrière, comme dirait Henri Salvador, et d'autres. 

     



     

    La sociologie elle même, fondée par Durkheim et Weber, se définirait comme la science qui explique la validité effective des normes sociales, c'est à dire en gros, pourquoi on obéit(1). La question est bien sur de la relation entre la normativité et la religion. 

    Durkheim présente toute une série de concepts "différence sacré/profane", "conjonction obligation/désirabilité", et surtout similarité (le terme "structural" était il utilisé par Durkheim?) entre morale et sacré. Pour finir par définir le religieux comme issu du social...

    On ne peut qu'être déçu (au vu des découvertes archéologiques mentionnées ci-dessus) de la conclusion. On remarquera, et on ne se lassera pas de le faire, car cela explique cela, la totale absence de mention du nerf de la guerre, pourtant témoigné partout: les gens sont pourtant bien persuadés de la présence d'un monde au delà du monde, d'une transcendance, d'un être caché, d'un objet G. Cette évidence, Durkheim et tous ses successeurs, en gros le reste de ce qui veut toujours succéder à la philosophie, ne conçoit même pas qu'elle puisse avoir un pouvoir de conviction, ni pour les fidèles, ni pour leur analystes... Girard lui même, le grand chrétien, et cela en fait un français comme un autre en est tout aussi éloigné, et c'est ce qui ruine ses prétentions, y compris aux yeux des archéologues et aussi, justement, des philosophes.

    Car l'"autre monde" fait partie de l'ontologie humaine, et n'en considérer qu'une partie, c'est faire de la science dans un bac à sable. Vouloir simplement démasquer l'illusion que serait cette croyance c'est se fourvoyer et voilà ma théorie: Dieu existe, c'est les gens qui le disent. Ne pas les croire c'est les prendre pour des cons et cela n'est pas acceptable, c'est être con soi même, c'est à cela qu'on les reconnait. Respect pour les masques, please. 

    Revenons aux chasseurs cueilleurs, sans dieu ni maitres. Vraisemblablement animistes, ou au pire totemistes au sens de Descola, (Durkheim, parle bien de totem au sujet des religions australiennes), ils ne sont évidemment pas monothéistes, ni même théistes en fait: la notion de Dieu ne s'identifie pas au religieux, c'est l'évidence. Ils se voient pourtant en communication avec un autre monde, et cela est l'essentiel: et qu'on ne me dise pas qu'un athlète nu vivant dans un forêt avec sa famille dans un monde qui me tuerait en une demi heure n'a pas le sens des réalités. Il est tout sauf un ivrogne cannabisé qui compte les tâches des jaguars en pleurant: il sait parfaitement la différence entre les mondes, la preuve il est en fait ultra rationnel et vivant! Le religieux c'est autre chose, et c'est à définir.

    Revenons à Durkheim: les faits moraux selon lui se doivent d'être partagés de manière inconsciente dans une collectivité, c'est là leur nature.

    On a là tout ce qui fait la suite de cette absurdité métaphysique qu'est la sociologie: la porte ouverte à la réification de l'entité dominatrice non seulement invisible, mais inconsciente (elle n'est visible et consciente que pour les "scientifiques", seule la masturbation intellectuelle étant féconde et remède contre l'aveuglement, la surdité étant autre chose). 

    Weber

    On passe à Weber. Tout comme Durkheim, il s'appuie sur la distinction kantienne entre règles techniques et morales, mais la distinction faite est entre les buts: pour les unes il s'agit de modifier le réel, pour les autres de satisfaire à un principe. C'est la différence entre téléologique et éthique. Admirable expression de la nature de la discipline allemande: obéit, c'est pour LE bien! Durkheim, en français qu'il est, faisait la différence avec la sanction, qui caractériserait l'obligation morale pure... 

    Weber explique l'obéissance par des critères variés, c'est la tétralogie croyance, droit, coutume, intérêt. A partir de là le religieux émerge du social d'abord magique, tout comme chez Durkheim. Le résultat est l'aspect sacré des normes, validées par la relation avec l'au delà enfin symbolisé. 

    Weber ajoute l'explication de l'immuable social, associé au sacré: l'obéissance est permanente, cela en fait la force.

    Encore cette idée de la civilisation issue d'une dégénérescence et d'un aveuglement... 

      

    (1) http://journals.openedition.org/assr/1058 

     (2) https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2006-4-page-877.htm

  • La Grande Théorie, deux

    La grande théorie n'est pas achevée. Elle est en quête d'un signifiant unique, dit le "transcendant transcendental", qui serait la classe d'équivalence de tous les ailleurs que cherchent  à décrire toutes les théories post religieuses. Car il faut bien remplacer Dieu, ou le représenter par quelque chose qui en tient lieu, et cela après sa mort... 

    Je commencerais par dénigrer toutes les tentatives ignorantes de trouver un concept qui le remplacerait sous la forme d'un veau (ou d'un con) doré sur tranches ou non, avec foi ou non (le concept de tranche de foie de veau étant ici allusivement cité). Domination, habitus, racisme, masculinisme, inconscient, classes sociales, races, toutes les entités invisibles qui guident les hommes et à qui on peut identifier un groupe de personnes à persécuter sont valides, présentes, et en usage partout. Les plus puissantes d'entre elles sont utilisées pour des théories grandioses qui marquent les esprits et les objets inutiles et volumineux qu'on appelle "livre", et dont mes étagères sont remplies.

    Car toute ces littératures, bourdieu, freud, hitler, marx et nabila agitent toutes un invisible, une raison suprême, source de la signification et motivation pour agir, dont le sommet est mon objet. Hors science, et existant parce que pensable pourquoi ne pas le nommer une bonne fois pour toute, comme si c'était si simple ? 

    Surtout que la chose a bien des avantages: ni dieu (on n'a pas une personne ou un être transcendant identifié à adorer), ni concept essentialiste (on a ce qui permet de penser, et pas une construction existentielle, un transcendantal et pas un objet). Il serait l'horizon de l'athéisme, le signifiant qui fait l'humanité, le point oméga. 

    On pourrait y ramener avec cynisme toute construction qui fait semblant ou qui essaye de sortir la main hors de la voute étoilée, comme sur la fameuse image. 

     la-voute-etoilee.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On aurait ainsi une voute étoilée et un nom pour ce qui entoure notre monde... 

    Bien sur la chose devrait et pourrait être décrite, mais comme un point (un gros point) dans l'espace des significations. On saurait de plus que tout ce qui voudrait la remplacer ne serait qu'une "idole", une idole moderne... On pourrait en faire la théologie, ou du moins lui appliquer tout ce que la théologie a très bien su faire avec le grand ancêtre de la notion, Dieu.

    La chose doit être non vide, bien sur. En gros, on pourrait expliquer, et c'est ce que les Girard et Gans proposent, qu'il s'agit d'un signifiant à l'origine de l'humanité elle même, c'est à dire qu'il s'agit de la première représentation possible, responsable de l'hominisation, conçue comme ponctuelle, évènementielle et soudaine. On a donc bien un facteur explicatif et une puissance agissante, même si elle est neutre axiologiquement (bien qu'on pourra trouver bien sur des soutiens pour la thèse, que je proclame déjà ridicule, que Dieu était de gauche à l'origine). 

    On a donc un programme psychologique et historique de recherche de la constitution du langage et de l'humain, qui permet, c'était l'objet du premier chapitre de la théorie, de remettre à sa place la lamentable sociologie (dans sa poubelle), fallacieuse tentative de décrire par des concepts extérieurs le produit d'un phénomène, la société étant issue de l'hominisation, tout le monde devant s'écrier "bien sur". 

     Transcendantal

    Le mot est connu pour s'étendre depuis le sens donné par Kant (ce qui est relatif à la possibilité de la connaissance) jusqu'à la source fictive de celle ci, typiquement le cogito cartésien tel que magnifié par les phénoménologues. 

    Bien sur le mot qualifie aussi les propriétés supérieures de l'être (vrai, beau, bien) et donc de tous les êtres, mais ce n'est pas le sujet...

    Le transcendantal n'est pas transcendant à priori, c'est pourquoi l'alliance des deux mots désigne un objet particulier, mon objet à moi ké ké. Notons que l'on veut ici éliminer deux concepts distincts et opposés, d'une part les divins et d'autre part les entités agissantes conceptualisées de la sociologie et de la psychologie. Les deux directions, que je pense équivalentes mais absolument distinctes, sont deux manières d'extérioriser un moteur pour nos petits problèmes. L'objet n'est pas un concept à proprement parler, car il n'agit pas ni ne représente: il marque l'horizon, c'est l'objet G, par référence au point du même nom, inatteignable et obscène quoique sympathique et aussi un peu futile. 

    On pourra se référer à la fameuse différance (originaire, antérieure à l'être, impensable etc). Evidemment subsumée par l'objet G, le concept ridicule et approprié (au sens de que c'est moi Derrida qui l'a) est un parfait exemple de transcendentalisme particulier. Tel un papillon, je le pique et le range dans mon objet G. 

    A partir de là on peut penser sous toutes ces formes possibles les représentations ou les compréhensions d'un au delà en lequel on donne un pouvoir: ce ne sera jamais que celui de l'objet G, parfaitement agissant et réel et condition de ce qu'on peut vouloir en dire. Néanmoins la chose est sérieuse: sa réalité et son existence ne font pas de doute et tout ce qui s'appuie dessus peut le faire, en tout cas cela l'a fait suffisamment. 

    Y a t-il inégalité, logo, phallo ou blancho centrisme derrière mon ptit objet ? Et bien pas du tout: il est libre de tout qualificatif, comme la boite blanche qu'il est, plein de tout ce qu'on met dedans. 

     

  • Le Ressentiment

    Max Scheler, le "Nietzsche catholique" d'après Troëltsch (il fallait la trouver celle là) publia "l'homme du ressentiment". On a lu(1). Mort en 1928, il eut le temps d'écouter tout de même Bach, Wagner et Bruckner (et cela me fascine toujours...). Jean Paul II fit sa thèse sur lui. Pas mal non plus. 

    Nous sommes à la toute fin du XIXème siècle, celui qui prépara le suivant déjà bien entamé et on s'en inquiète encore: qu'est ce qui a pu leur prendre à ces auditeurs cultivés de ces musiques là pour délirer autant? Le c'était mieux avant pour ce qui me concerne m'a toujours paru idiot et je ne suis animé que par la crainte que cela recommence, tant on reconnait les prémisses: les leçons ne sont pas mais alors pas du tout tirées... 

    Scheler 

    D'abord Scheler est un catholique et son concept de ressentiment, il ne l'attribue pas, comme Nietzsche, aux chrétiens. Ou du moins pas à tous: le corps sous surveillance, la méfiance capitaliste à l'égard de la vie, sont du aux protestants ! Et aux juifs: on a dénonciation du capitalisme racialisé bourgeois. Et oui, on anthropologise.

    Au passage, c'est l'époque de Haackt qui parla de l'origine humaine multiple: pas moins de 3 espèces de singes se se seraient ligués plus ou moins. D'où une conception de l'homme qui échappe tout de même au pire racisme: l'homme ne peut donc se définir que "par le haut", comme tentative de sortir du monde. On a donc bien un anti humanisme de toute façons, et l'idée des 3 singes fait penser que jusqu'il y a peu, la différence génétique avec le néanderthal, très suivie en terre germanique était considérée fondamentale... J'avais moi même suivi la polémique, inquiet, et finalement me suis résigné: ma forfanterie se veut néanderthalienne, et les cro-magnons ne sont pour moi que des fiottes semi-nègres.

    D'ailleurs le mot "humanitarisme" est de Scheler: il désigne le camp qu'il combat, celui du positivisme de l'humanité triomphante, qui se croit héritière des résultats récents des sciences naturelles et historiques et qui on tué le transcendant. Nous y sommes: le XIXème siècle technique et scientifique vit une terrible crise. Et nous qui croyons à l'âge de l'atome que ce sont nous qui sommes perdus ! C'était l'époque de la kulturkritik... 

    Pour faire court, par contre Scheler homme de son époque, défend une sorte de démocratie chrétienne, autoritaire mais non raciste et non eugéniste; en tout cas opposée au libéralisme anglo saxon. Un vieux réac politique de son époque, mais correct. Par contre, il représente la critique de l'homme capitaliste (Pascal Blaise serait le précurseur de cette critique là) enchaîné au divertissement. Spectateur de la république de Weimar, il vit mal le relativisme politique de son époque, et dénonça une future guerre européenne qui serait "un crépuscule des dieux pour la culture européenne"... Entre le marteau et l'enclume, il est un intellectuel préoccupé par la fin de l'homme, à la veille du nazisme.

    Ceci nous rappelle la prodigieuse dégénérescence médiatico culturelle qui remplissait les années vingt dans le monde allemand et pas que. Gardant un oeil sur les prodigieuses atrocités qui déchiraient la russie et tout ce qu'il y avait entre les deux, les germanophones de toute l'histoire des rhins et danubes vivaient littéralement la fin du monde à un point que les petits français ne peuvent imaginer et n'ont pas imaginé.

    Mein Kampf fut écrit assez tôt, on tenta de le traduire mais cela ne fut pas remarqué. Pendant la période, tous les pacifismes, tous les relativismes et tous les socialismes s'affrontèrent dans les pires aspects de la faiblesse intellectuelle et morale qui saisit les civilisations complexes qui se laissent aller. Avec en plus toutes les corruptions, tous les chômages, toutes les craintes de disparaitre et toutes les haines pour tout cela. La terrible tragédie, et cela ne concerna pas que les juifs, s'annonçait et elle eut lieu. 

    Considérer Scheler, c'est suivre et éclairer ce que je sens profondément: alors que nous avons eu après 2008 une monstrueuse injection de liquidités de la part d'un théoricien de la crise de 29 qui elle en manqua, il n'est pas sur que du point de vue politique, nous faisions ce qu'il faut, en regard. 

    Un vieux réac comme Scheler expose les dangers d'un "humanitarisme" qu'il conceptualise d'ailleurs et avant 28 (il meurt après le putsch d'Hitler tout de même). Il ne voit pas ce que le refus exaspéré de celui là pourra générer mais le refuse à l'avance et en intuitionne les conséquences tout en portant le désespoir et l'espoir d'un dépassement. 

    Mais passons au fond des affirmations: d'abord que l'amour chrétien n'ESTPAS ressentiment, justement. La conception est une tentative de ré-annexion dans le camp des acceptables de la pire critique qu'on peut légitimement faire à l'humanitarisme pur.  Celui ci expie les fautes du père en donnant "plus" au pauvre et à l'humain en général au lieu de vouloir l'amour de tous qui ne peut, c'est la thèse, exister qu'avec une référence au fidéisme chrétien.

    La distinction entre les deux humanitaires existe toujours, d'ailleurs: on trouve des bonnes soeurs qui vivent inconditionnellement (et silencieusement) au milieu des pauvres n'importe où, impossible à confondre avec les bobos chtarbés dégénérés en pointe des buzzs paradoxaux avec l'argent laissé par des publicitaires goulus.

    Au fait, on cherche à déconsidérer la revendication de Laurent Vauquiez d'avoir travaillé avec soeur Emmanuelle: comme quoi, l'humanitaire a ses références, convoitées...    

    Eric Gans 

     On doit aussi aborder une référence incontournable que je suis depuis mes premières connections internet, vers 1995:(2). Elève de Girard, Eric Gans est un maitre de la chose et elle est complexe. En gros, sur la base de la mimésie généralisée du désir, la violence se trouve évitée par l'apparition de la représentation et que toutes les interactions humaines voire l'humanité sont construites là dessus. Interdit d'enseignement pour une drague trop lourde dont se plaignit une étudiante en 2014, Gans est il totalement tricard?  Il est en tout cas méconnu, voire totalement ignoré. 

    D'abord son discours, répété 23 ans: le "Victimary Thinking" (VT) est ce que révèle Girard avec la mort du Christ. Cela déclenche en gros le ressentiment moderne et c'est le point de vue chrétien. Lui, Gans, avec l'"hypothèse originelle", révèle que c'est la représentation qui nait de la suspension de la violence. Dieu est transcendantal, il crée et se révèle dans la scène primitive, c'est le point de vue Juif. Cette belle dichotomie qui ferait de lui le Girard juif, et non pas le Tariq Ramadan juif (je rigole) va jusqu'à opposer un dualisme juif (distinction absolue dieu/homme) à un monisme chrétien (dieu est homme).(3)

    La distinction est particulièrement illustrative du désaccord juif chrétien, tout entier contenu dans le choc entre l'universalisme du dieu et le particuliarisme de la communauté qui reçoit la révélation: le chrétien veut que la révélation soit universelle tout de suite, et le juif ne peut concevoir la révélation que dans le groupe qui la reçoit.   

    La notion de ressentiment par contre devient théorisable. D'abord, s'est installé depuis la 2ème guerre mondiale une "victimocratie" sur la base de la mondialisation du procès de Nuremberg. Victimocratie inspirée et appliquée à tout, c'est la grande thèse de Gans, et d'autres. Cette victimocratie est le ressentiment, culpabilité et détestation permanente de ce qui n'est pas pardonnable et qui doit être compensé indéfiniment dans tous les domaines.

    Gans distingue plusieurs périodes dans l'histoire du ressentiment. D'abord, l'honneur ("Rome unique objet de mon r..."): la rage absolue due à la perte irrémédiable est un sentiment honorable, par définition. Ensuite la haine du noble que l'on admire et qui vous rejette par définition, et cela cause la révolution. Sentiment honorable tout autant, et on célèbre bien le 14 Juillet. Le siècle bourgeois qui suivit créa le ressentiment contre le capitalisme, générateur de tout aussi belles violences et notamment de splendides tyrannies autrices de magnifiques massacres massifs. Bien moins honorable à tout le moins, et la VT est là, en charge de l'honorer à sa manière, mais après le massacre. 

    Inutile de dire que ce hochet est présent en permanence: on fit dans le billet précédent concernant la justice une allusion à la justice mémorielle et à la justice tout court qui le devient. C'était à propos de pédophilie, le mémoriel c'est l'imprescriptible, bien sur.

    VT désigne donc la totalité de la société post moderne islamo féministo gauchiste, hanté parce qu'on pourrait penser limité à la connerie pure et simple, et qui est en fait la décadence dégénérée de notre monde. Au moins ça a un nom.

    Quelques aspects particulièrement bien vus par Gans avec le concept de "primarité" (firstness). Et "première" l'entité qui inaugure quelque chose destiné a être partagé par tous, mais qui dans un premier temps, en fait pour toujours, ne le peut pas, pour diverses raisons. Voilà l'objet du ressentiment. Ce fut le "juif" (avec ce que ça a donné, y compris le statut enviable de victime qui submerge tous les clitoris), c'est maintenant l'"occident", et pour le reste du monde, pour toujours. Nous voilà fixé sur le concept de ressentiment... 

    Particulièrement en verve, Gans nous explique le ressentiment musulman à l'égard des juifs et de l'occident, en une magnifique double pirouette: un ressentiment contre les premiers comme précurseurs des seconds chez eux !

    Sa lecture est inépuisable, comme le ressentiment. Pour une tournée exhaustive (5).

     

    (1) http://journals.openedition.org/rgi/331#bodyftn62

    (2) http://anthropoetics.ucla.edu/category/views/

    (3) http://anthropoetics.ucla.edu/views/vw436/  Christian monism Jewish dualism

     (4) http://anthropoetics.ucla.edu/views/vw480/ Victimary Theology

    (5) Un tour exhaustif du sujet https://enkidoublog.com/2015/08/30/philosophie-le-ressentiment/

  • La Justice

    Il est temps de passer à la justice et à une comparaison qui me tient à coeur, celle du hack judiciaire, de la programmation par les règles et du si tu me fais ça, je te ferais ça. 

    Hume

    D'abord David Hume est la notion de justice comme conventionnelle et/mais seule capable de réguler la passion de l'appropriation.

    La question de la distinction nature/artifice est évidemment central en ces matières, et sera bien sur l'objet de la réflexion. 

    Hume décrit ainsi la justice comme à la fois strictement conventionnelle ET générique: elle n'est pas utilitariste au sens strict en ce que ses principes, élaborés de par l'expérience de la construction sociale restent des conventions dont l'objet est d'abord la protection et l'expression d'un principe, le droit de propriété. 

    On a ici un anti utilitarisme raisonnable, par essence libéral comme Mieses le dit: "Les phénomènes sociaux sont les résultats inattendus des actions volontaires des individus. »

    La règle est le droit de propriété, et la convention a pour objet de le protéger sans visée utilitariste en dehors de celle ci. De ce point de vue Hume n'est pas contractualiste et fait les justiciables coopératifs, les concepts mêmes de propriété et de justice étant issus ensemble et progressivement des interactions bien comprises entre individus.

    Il ne s'agit pas d'un calcul dans l'absolu, notons le bien: cette confusion souvent faite, est celle entre le programme et le programmeur quand l'informatique n'existe pas. Je m'explique: même si une somme d'interactions que l'on peut assimiler à un calcul conduit à une émergence stable, elle n'est pas un calcul quand il n'y a ni espace de conventions, ni programmeur pour ce calcul. Bentham a tenté de confisquer Hume, mais cela n'est pas légitime: Hume n'est pas utilitariste. 

    Hayek

    Pour enfoncer le clou au sujet de Hume, que Hayek crédite de l'alliance conventionnelle/générique, il a dit: "peu de croyances ont autant sapé le respect envers les règles de droit et de morale, que l’idée qu’une règle n’est impérative que si l’effet bienfaisant de son application dans la situation spécifique concernée peut être constaté. […] [Or] un objectif spécifique, un résultat concret à obtenir, ne peuvent constituer une loi "

    L'importance décisive de cette conception méconnue est surprenante: la société moderne qui transforme la politique en lois et ne fait que "décider" par des lois utilitaristes, fait le contraire en permanence, pour notre honte et notre ruine... 

    Les juges

    Il faut dire que confiée à des hommes, les principes du droit se traduisent ici et là en des décisions concrètes absurdes. La friction due à la séparation des pouvoirs conduit à de telles évidentes abominations que progressivement une sorte de dégout s'empare de la société soumise à ces mécaniques. Progressivement, le rejet de la justice, ou du moins de la manière dont elle est fondée, s'installe dans nos mondes décadents. C'est de cela dont je voudrais parler et le thème de la justice utilitaire qui se détruit elle même est à l'ordre du jour, c'est un mécanisme fondamental de la ruine en cours de nos sociétés. 

    Les juges sont-ils fondés à agir comme ils le font? Dans une première approche, oui: fonctionnaires du droit et aveugles soldats d'un pouvoir en tant que tel, on ne peut les rendre responsables des lois qu'ils appliquent et la folie de leurs décisions ne doit être que celle du programme législatif qu'ils appliquent: aveuglément? Tels les machines de turing scotchées sur le ruban qui défile, le juge ne serait qu'une tête de lecture avec deux petits bras...

    Tu parles! Evidemment humain et doté de liberté que cela lui donne, le juge doit fonder ses décisions sur des principes supérieurs et exercer son pouvoir: on devrait, mais cela n'est qu'une proposition, l'écouter et considérer son discours de décision comme important et le considérer.

    Alors qu'inaudible, on ne retient que ses décisions, et surtout que n'est diffusé que le commentaire de ces décisions toujours consacré au dénigrement suicidaire: la justice est injuste, c'est ce que tout le monde dit tout le temps, sous plusieurs variantes: l'affirmation menaçante d'une révolte à venir contre l'intrinsèquement diabolique (le racisme d'Etat, la soumission au capitalisme), mais aussi la promesse d'une loi à venir spéciale, qui résoudra précisément de problème là. 

    La variante de la remise en cause de certains principes, comme l'imprescriptibilité est aussi dans l'air: déjà en vigueur avec les crimes "contre l'humanité", elle devra s'étendre à une foultitude d'autres cas, dont bien sur le crime "contre la féminité", le féminicide étant un génocide. 

    Il y a aussi évidemment le mémoriel, le crime jugeable s'étendant à l'intention de nuire à la mémoire, la récente volonté de punir la propagation de fausses nouvelles en étant une variante, le dire se devant d'être jugé autant que le faire, il y a des blessures symboliques. 

    Il y a l'absurde effectif: des criminels manifestes, honorés d'une libération ou d'un respect moral en vertu de l'application de principes dont on aurait pu penser qu'ils ne soient pas aussi fragiles, ou bien des innocents irresponsables manifestes punis au nom de l'égalité des derniers outrages du soupçon légal. Il y a bien sur l'inaction manifeste avec des récidivistes à qui la notion de sursis ne s'applique pas, des voies de fait barbares suivies de libération immédiate, et des permis de conduire non présentés qui remplissent des prisons.

    Sans parler des candidats à une élection soumis à la lenteur de la justice exclusivement quand cela ne profite pas à son concurrent direct, témoin des incroyables mensonges d'un ministre du budget, et organisateur pour cela de la juridiction spéciale en charge de l'éviction de son adversaire. 

    Il y a mieux! Il y a même des cours de justices internationalement en charge des droits de l'homme qui prononcent l'indemnisation de migrants illégaux injustement mal nourris. Les juges là sont azerbajianais et turcs, mais inflexibles. Ah qu'il me plairait que des barbares à cornes leur tirent la barbe et les fracassent à coup de pieds au premier murmure: on en est là, et le métier de juge devient de plus en plus difficile. 

    Les blessures symboliques

    Car il y a des blessures symboliques, cela est sur: et elles concernent ce qui fonde l'acceptation de ces systèmes. Rien moins que naturels et cela est la question, les tenants de ces décisions et de ces pratiques là pourraient être mis en cause et la manière dont ils fonctionnent réformée. Cela nous pend au nez et se trouve à la mesure de certaines pratiques qui pourraient être délétères, dissolvantes d'un monde en fait conventionnel. Ces pratiques sont celles dont je parle plus haut. Il y a plus qu'un consentement à l'impôt, il y a un  consentement à la justice, et ce pouvoir là mérite une révolution, c'est ce que je veux dire. 

    L'essence du point de vue "conservateur" se trouve là exprimé: prenez soin de vos principes, ils doivent fonctionner de manière à être non pas utiles, mais acceptables. Au delà de certaines pratiques, ils pourraient encourir le courroux des justiciables et par essence non réglés par ces conventions là, les courroux de ces remises en cause là pourraient être à la marge destructeurs et cela aveuglément on vous aura prévenu. 

    Car on voit que le refus de ces justices est universel et vient de partout: comme si la plainte humaine, animée de la volonté de justice, précisément, n'était pas écoutée: la volonté d'évidence vient de tous les azimuts on veut que son bon sens à soi soit reconnu à l'exclusion des autres. Mieux: on voudrait que certaines plaintes soient condamnées ! 

    Et bien il n'y a pas de fuite en avant qui compte: c'est bien le phénomène de la "prise en compte" qui est en cause et qui se trouve la racine du problème. 

    La justice comme application de règles ne peut pas et surtout NE DOIT PAS prendre en compte le cas particulier issu de la situation individuelle qui se trouve du fait d'un affaissement décadent à décrire, valorisée excessivement. Tous les cas cités plus haut se règlent à l'évidence par l'affirmation publique de la part d'un juge de la prudence nécessaire à l'exercice de la loi, contrainte par ce qui me semblerait des principes hiérarchiques à respecter dans leur ordre d'importance. 

    De fait, il ne peut y avoir des inversions de cet ordre: la plainte du migrant mal nourri me semble inférieure en importance à sa présence illégale sur notre sol qui doit DABORD être traitée par son renvoi, ce qui annule avec bonheur l'inférieure revendication seconde que le gredin prétendait mettre en avant, précisément pour rester... 

    La demande d'imprescriptibilité du crime de viol me semble être subordonnée à la remise en cause nécessaire des remises de peine de la totalité des crimes: décidée en cour par des juges assermentées, un nombre d'années de prison décidé n'a aucune espèce de raison d'être réduit pour quelque raisons que ce soit: bien au contraire, tout manquement à la discipline, tout "fils de pute" hasardeux dit trop fort devrait en entrainer l'augmentation automatique.

    Pour l'imprescriptibilité, on repassera: vouloir rendre la vengeance de la justice éternelle, c'est instaurer le mémoriel éternel, qui se propagerait heureusement sur les enfants, et qui aurait deux avantages: réinstaurer la vendetta, pour le bénéfice des vengeances corses et albanaises, chic, et aussi bien sur fonder en droit la tentative de Christiane Taubira, ex garde des sceaux, de punir pour l'éternité la mélano déficience en plus d'imposer la drépanocytose.  

    Sans parler des allusions à des relations sexuelles non voulues envers une mystérieuse "ta mère",  faite par habitude aux policiers chargés de respecter des droits. Ceux ci devraient à l'instant être suspendus, le nécessaire resserrement des liens étant de l'ordre du règlement de police ordinaire et l'individu meurtri jusqu'à ses excuses.  

    Pris sur le fait d'avoir paniqué en tirant au hasard sur un cambrioleur en fuite, le patron de bistrot cambriolé dix fois n'a pas à subir une seule minute de garde à vue, ni même à être sermonné aux assises. C'est plutôt le juge en charge apparemment de la protection de l'immigration criminelle qui devrait être puni !

    Car l'erreur judiciaire, insupportable et affreuse, n'est pas punie. Outreau fut à ce titre un chemin de croix insupportable et les auditions de la commission parlementaire un abominable crève coeur. Le juge criminel (ce que j'en dis, moi, bien que non pris en compte, peut être dit) qui instruisit cette horreur continue sa carrière, il ne se suicidera que plus tard, sans doute... Rien n'est, n'a été et ne sera fait pour prendre en compte cela, du moins jusqu'à une réforme méritée que même le pire que tout, les jugements produits pendant la seconde guerre mondiale, ne rendit pas possible. 

    L'hermine mérite d'être rebootée: je ne plaisante pas, le sujet est déjà là et devra être mis à l'ordre du jour. 

     

  • La chute de Rome

    Bon, Rome pillée en 410 a vu son trésor caché à Rennes le Château et tout part de là. 

    Sans rire, on a une histoire de barbares mal reconnus, les Wisigoths, disons les Thervingues, qui commence en traversant le Danube en 376 et finit par une défaite devant Tariq le borgne en 711, celui qui donna son nom à Gibraltar. Il faut aussi parler de leur défaite à Vouillé en 507, devant Clovis. 

    Les Thervingues furent arianisés par l'immonde Wulfila vers 340 (pas longtemps avant, donc).

    Valens laissa Fritigern passer au sud du Danube, soit disant pour mieux se protéger des huns. Une suite de mic macs conduisit à l'ignominieuse mort de Valens à Andrinople en 378. 

    A partir de là, c'est l'histoire d'Alaric... 

    Théodose 1er, mort en 395,  partage son empire. Espagnol, fils d'un grand général, nommé après la mort de Valens par Gratien en 379, ce fut lui qui imposa le christianisme nicéen avec l'Edit de Thessalonique en 380, et interdisit pour toujours les jeux olympiques. Il réunifia pour la dernière fois l'empire romain. 

    Hélas, il installa les wisigoths, contraint et forcé sans doute, au delà du danube. 

    Il charge le Vandale Stilicon de veiller sur deux enfants nommés en occident (Honorius) et en orient (Arcadius).

    Stilicon est semi barbare, mais valeureux et citoyen romain, il est à la fois barbare détesté par les vrais romains et dernier défenseur de l'empire.

    Allié des Wisigoths d'Alaric, il vainc avec Théodose le franc Arbogast et l'usurpateur Eugène à la bataille de Frigidus en 394. Mais les wisigoths se sont fait à l'occasion beaucoup tuer et en conçoivent du ressentiment...

    Après la mort de Théodose, Stilicon n'arrive pas à régner en Orient. Il est pourtant régent en 395 et fait même d'Honorius son gendre. 

    En 402 il bat Alaric à Pollentia et récupère du butin pris à Andrinople ! Il bat encore Alaric en 403, qui se retire d'Italie. Il défile à Rome dans le même char qu'Honorius et en 405, il est Consul; en 406 il écrase l'Ostrogoth Radagaise entré en Italie. Sauveur de Rome, on lui fait un arc de triomphe, et une statue en or. 

    Mais la contrainte barbare s'accentue: le 31 Décembre 406 une horde traverse le Rhin gelé et déferle sur la gaule, et puis un usurpateur, Constantin, depuis Trèves, prend la possession des gaules. Et puis il est victime d'intrigues: Olympus, un proche d'Honorius, parvient à le faire condamner. Il meurt dignement en Aout 408.

    Les réactions anti barbares sont ainsi  très fortes dans toute l'Italie, ceux ci s'enfuient et partent rejoindre Alaric. 

    Ainsi, le mal est fait: parvenu au sommet de l'administration et de l'armée, les non-romains ont fait venir les étrangers. Ceux ci leurs sont fidèles (les Francs par exemple, à peine romanisés, se battent admirablement contre les agresseurs Alains et Vandales) mais passent de l'autre coté quand confrontés au racisme décadent de la dernière heure, le chef semi-barbare est renvoyé. Stilicon était Vandale, mais Romain. Le dernier. 

    Dans un premier temps, le parti anti barbare est victorieux partout, en occident et aussi en orient.

    Mais dés la fin 408, Alaric entre en Italie, et Honorius et Olympus privé des hommes de Stilicon ne peuvent l'arrêter. Après force lamentables négociations, Alaric remet le siège devant Rome et la pille le 24 Aout 410. La dernière fois, c'était Brennus en -390... 

    Les vrais Vandales, les conquérants étaient alors déjà en Espagne. Ils s'installent en Afrique du nord en 430, et Saint Augustin meurt pendant le siège d'Hippone en 431.  

  • La Grâce

    Il y a dans cette histoire de grâce des siècles de débats, et des oppositions frontales entre des adversaires inexpiables, et il faut en parler. 

    Pélage et sa moitié

    On commencera par le semi-pélagianisme dont Benoit XVI accusa Vatican 2, et cette question du rôle du libre arbitre est fondamentale. Jean Jacques Rousseau lui même fut condamné pour pélagianisme.

    Pélage vivait à l'époque de la prise de Rome en 410... Augustin ne s'interessa à lui qu'après... 

    Successeurs de Pélage, et voulant arranger le coup d'une hérésie condamnée (celle de Pélage) qui niait péché originel et grâce, les moines de l'Erins avec Jean Cassien et d'autres, dont Vincent de l'Erins, rédacteur du Commonitorium sous le nom de Pérégrinus et condamné à Orange en 529. 

    Jean Cassien fut un moine célébré par l'orthodoxie et par la doctrine de la théosis, voie typiquement pélaginisante d'accéder à Dieu par ses propres efforts... Il fonda l'abbaye de Saint Victor à Marseille.

    Au passages, en 732, 500 moines furent massacrés dans l'île Saint Honorat, avec Saint Porcaire. On se demande par qui.

    En gros, la foi viendrait du libre arbitre, et ce serait la grâce qui la ferait se développer, la libre persévérance étant néanmoins nécessaire. On a ainsi liberté de l'"Initium fidei" et rôle divin dans l'"Augmentum fidei". La distinction est cruciale.

    Cette attitude, for stoïcienne, est celle des âmes d'élite, des aristocrates du spirituel, et des aristocrates tout court. 

    Augustin

    La doctrine de la grâce est complexe et infiniment astucieuse: elle consiste à concilier conceptuellement la puissance divine et la liberté humaine en résolvant le problème fondamental du religieux dans n'importe quel monde civilisé doté de réflexion: l'existence du mal, le rôle de la responsabilité humaine, la responsabilité de Dieu... 

    Augustin était au départ manichéen au sens strict: disciple de Mani, celui qui donne au mal un statut ontologique irréductible. Alors qu'on pourrait se croire enrôlé dans le camp du bien et donc conduit à se faire à 7 pour mieux combattre, la doctrine est en fait déresponsabilisante (ce n'est pas moi qui ait fait le mal). Augustin le converti théorise alors le mal autrement, comme défaillance, dans son cas, celle de la volonté, ce qui est platonicien, dans le cas de Plotin c'était l'ignorance. 

    Le péché originel, littéralement inventé par Augustin fait que l'homme auteur d'un acte libre, se trouve privé de la "justice originelle". Ici "justice" signifie "rectitude", c'est la question des théories de la "justification" que d'en parler. Pour en rajouter une couche, le terme "justice donnée par Dieu" dans Paul (Romain 1.17) s'associe à la foi, et à la grâce, en fait. ("justicia" est reçue comme "gratia").

    Alors vient la grâce, donc non pas du bien, mais de la possibilité de le faire. Dieu ne crée pas le mal, n'est pas concurrencé par le mal, mais donne le moyen de s'y soustraire: la grâce.

    La grâce de Dieu donne la foi, originellement, et donc la liberté complète de la poursuivre. Cela est le contraire du semi pélagisme, ce me semble. 

    Il faut noter que c'est la "théorie de la justification" qui sépare catholiques et protestants. Tout cela serait oublié, maintenant (2), mais bon. Disons que l'originalité chrétienne est d'attribuer la faute à un acte libre, commis dans un état de bonté naturelle, l'état initial. Dieu était rousseauiste en fait: l'homme original était parfaitement bon, et même après la chute, il lui reste un bon fond, qui le rend capable de redevenir égal aux dieux. Simplement, pour cela, il lui faut la grâce et c'est ça l'idée. 

    Saint Thomas introduisit la notion de "status" (état de la nature humaine), état historique qui a deux états, précisément: avant et après la chute... 

    Il faut voir que cette histoire de péché "originel" transmissible héréditairement est tout de même particulière, et largement discréditée. Peu pratiquée par les théoriciens juifs, elle n'est pas présente chez les pères avant Augustin, qui ne font tout simplement pas vraiment la liaison entre la faute d'Adam et la déchéance humaine, plutôt liée à la condition mortelle imparfaite... Pour Augustin donc et il innove, le péché se propage par la génération et DONC par le sexe (assez logique en fait...). 

    Dans la polémique avec les pélagiens, Augustin affirme donc que le statut de l'homme n'est pas imitation du péché d'Adam, mais celui de l'héritier d'une faute qui mérite condamnation, et qui nécessite d'être "sauvé". 

    De plus la grâce du baptême,  nécessaire donc, aux petits enfants forcément coupables (le thème fit l'objet d'une discussion explicite),  ne supprime pas la concupiscence (très sexuelle chez le bandard augustin), en fait les 3 libido (amandi, dominandi, sciendi) humaines.

    Un point intéressant au sujet des cités (de Dieu, des hommes): ce n'est qu'à l'eschaton que la fusion se fera, et donc, que malgré tous les ascétismes, le péché demeurera. L'argument vaut donc contre les pélagiens... 

     Molina

    On considéra que Luis de Molina suivait cette hérésie là (le semi pélagianisme): il était dénoncé par les jansénistes et il est cité abondamment dans les longues discussions des provinciales de Pascal. C'est la fameuse discussion sur le droit de tuer pour défendre son bien ou son honneur, même si l'adversaire est désarmé. Molina est accusé de justifier de tuer si c'est pour défendre sa vie, même si c'est pour un écu. 

    En fait Molina le jésuite, comme Escobar, Sanchez, Martinez, Lopez et tous les rigolos espingouins dénoncés avec verve par Pascal, était engagé dans la lutte trentenaire (tridentine) contre la prédestination protestante. Toute les doctrines jésuites visaient donc à concilier liberté et omniscience divine. Des trésors de philosophie furent dépensés à l'occasion et l'illustre Suarez alla jusqu'à avance la simultanéité parfaite des décisions humaines et divines, gage de la liberté ! 

    Molina considérait que Dieu fixait les conditions et l'homme était libre de son salut, même si Dieu savait la décision à l'avance. Il élabora ainsi la "science moyenne"  celle des futurs conditionnels maitrisés par Dieu. 

    A l'aube de la modernité ces élaborations introduisent l'occident sur les voies de la liberté et de la science abstraite et cela pour des raisons bien prosaïques, vive la théologie ! 

    L'histoire du Jansénisme peut alors être rappelée, l'instrumentalisation étant reine en ces matières, et cela ne prouve rien, ni dans un sens ni dans l'autre... Disons aussi que Mazarin voulut se venger de quelque chose et que l'histoire dura longtemps, à moins qu'il n'y ait eu dans le mysticisme des tenants de l'absolu de bien belles conceptions, funestes mais bien intéressantes. 

    Jansenius

    Contemporain et concurrent de Molina, Jansenius, auteur de l'Augustinus, se réfère à Augustin. Issu de Louvain, là où on combattit Luther, il en rapproche son catholicisme. Hérétique, c'est ce qu'on a dit...

    D'abord il y a deux amours (héhé) celui de Dieu (de l'infini) et celui du monde (du fini), amours incompatibles, typique de l'état de chute, de nature déchue. Plongé dans la concupiscence, l'homme ne PEUTPAS vouloir le bien. Un point intéressant est que cette chute fut voulue librement dans le cadre de la liberté originelle. On en revient donc à un point intéressant: l'homme ne fut pas crée imparfait. 

    Les protestants

    Bien sur Luther et Calvin furent augustiniens en diable, surtout Calvin, la prédestination étant le fond de l'affaire et le sentiment pieux totalement expurgé de la considération des oeuvres. Sola Gratia.

    Le Donatisme

    Nous voilà alors dans un débat qui traverse les siècles, celui du mélange entre réel et idéel, entre pêcheurs et sauvés, et il nous faut parler du donatisme. 

    L'evêque Donat refusait le sacerdoce et l'autorité religieuse à ceux qui avaient abjuré leur foi lors de la persécution de Dioclétien au début du IVème siècle. L'hérésie, condamnée par Augustin dura longtemps puis fut balayée par l'histoire vandale. Elle est un puritanisme, une inflexibilité, un soutien aux martyrs. Religieusement, elle aurait voué une attention particulière à l'esprit saint. 

    La prédestination

    Qu'on le veuille ou non, il y a bien chez Augustin cette histoire de prédestination, avec une grâce accordée à certains et pas à tous, c'est ce qui caractérise la doctrine. On peut bien sur durcir ou adoucir la chose et c'est tout l'objet des controverses des siècles qui suivirent, mais le mal était fait... 

    Scot

    Duns Scot a bien sur un avis sur la question de la grâce, qui pour lui est nécessaire même sans le péché. Typique du prodigieux génie du franciscain, l'idée fait que la grâce est d'abord ce qui est nécessaire au dessin de Dieu. Car évidemment, celui ci ne peut vouloir créer des pêcheurs pour mieux les sauver ensuite ! La grâce est donc ce qui est utile à sa volonté, qui est de se faire aimer par des êtres libres... 

    Hayek

    Ce débat est repris sous une forme différente, mais peut être pas tant que ça, dans la reprise de la distinction entre naturel et artificiel faite par Friedrich Von Hayek(1) pour qualifier l'ignoble constructivisme. Les institutions humaines sont issues de la nature, comme résultat de l'interaction sans dessin supérieur entre les hommes, et pourtant entièrement artificielles car conventionnelles. La critique d'Hayek est ainsi que les règles de la société ne doivent ni ne peuvent être conçues (dans les deux sens actif et passif) comme finalisées, ou orientées en vue d'une fin. 

    Cette critique, proprement épistémologique, va jusqu'à dévaloriser les notions quantitatives de relations entre des agrégats mesurables et donc condamne dans son ensemble la macro économie, disons plutôt Keynes.

    Quel rapport me direz vous? Et bien il s'agit de la liberté essentielle, qu'il s'agit de concevoir hors des prévisions divines sur la prédestination de tout. Car la fameuse grâce, même si elle permet de ne pas être la cause directe de l'action humaine, peut être refusée à certains, ce qui conditionne le mal qui est fait. Adam avait il était prévu?

    Seule une conception absolutiste de la liberté, à la Scot, permet de se sortir de l'ornière, l'astuce de l'équivalence des êtres humains et divins permettant de rendre égales, et donc absolues, les deux libertés. De fait, c'est bien Scot qu'on rend responsable de l'idée funeste du protestantisme, celle qui justement utilise l'idée de la prédestination pour justifier sa prise de liberté face à l'absolutisme catholique qu'on jugeait en plus ollé ollé. 

    Sans rire: Hayek c'est l'ordre spontané, qui lui aussi résoud le dilemne et le paradoxe de liberté: non pas mécanisme par exemple sur le modèle de la fameuse "main invisible" dénoncée à juste titre comme instrument de l'oppression, mais exploration libre des possibles (le fameux essais erreurs), guidée par les signaux non coordonnés de l'environnement. Car l'information reçue n'est pas elle même voulue ou planifiée, elle n'a pas de buts. L'intuition moyen âgeuse est là: Dieu n'aime que les êtres libres et donc a fait le monde comme cela...  L'arbitraire divin, image de l'élection non fondée et non justifiée est donc aussi l'image paradoxale de cette liberté là.  

     

    (1) https://www.nonfiction.fr/article-2253-hayek-itineraire-dun-intellectuel-gate.htm

    (2) http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html#_ftnref10

     

  • La Grande Théorie

    Ainsi donc certains se plaignent des présupposés sociologiques. Discipline universitaire, traversée par les doctrines, la science du social ne serait elle qu'un discours politisé motivé par une révélation d'un autre siècle et dont le contenu exact, à cheval entre philosophie et psychologie littéraire serait strictement nul ? 

    J'avoue caresser l'idée et vouloir refonder tout cela en un fantasme amateur de réduction absolue de tout ce fatras à un ensemble de points de vue individuels à collecter et à classer, la valeur explicative de tout cela ne se devant de buter que devant l'absolu individuel perçu par le même (l'individu). Le religieux redeviendrait l'explication du social, et le divin comme motivation, comme indéfinie variation des sentiments personnels des différentes sortes d'humain, l'horizon indépassable de toute motivation. 

    La théorie serait donc une analyse du langage face au divin, comme justification et "raison" du maintien du social, et cela dans tous les cas du social, à travers tous les peuples et toutes les histoires. Car le "social" est lui un concept bien établi: les organisations collectives existent bel et bien et se maintiennent pour des raisons qu'on a le droit d'interroger, mais dont on a pas le droit d'attribuer à des entités dormitives par définition agrégations de rien. 

    Le social est maintenu par l'adhésion rendue collective des individus à une relation personnelle complexe avec un extérieur variable à plusieurs dimensions. Le collectif n'existe pas comme chose extérieure dotée de propriétés et se trouve simplement agrégation pure, par imitation, des comportements individuels. Possiblement émergeant, bien sur, mais purement fictif, et en tout cas pas issu d'une volonté, d'un plan ou d'une rationalité autre que celle des phénomènes collectifs ramenés à des principes évidents d'utilité en contexte. 

    "utilité en contexte": pardon pour l'expression empoulée. La raison d'un phénomène ne peut se ramener à l'utilité pure du fait de sa contextualisation absolument nécessaire. Les mondes symboliques contraignent ce qui est utile et le prestige vaut la survie dans plein de cas. Ce qui fait émerger est le pratique acceptable, et cela se partage.  

    Cette divinisation est exclusive: seul peut être appelé "dieu" ce qu'en disent les gens, ce qui produit un seul être (fictif), celui qui manifestement influe: l'entité derrière le phénomène religieux, forcément existante, comme force sociale, et d'ailleurs la seule acceptable. Voilà la théorie: en gros deux principes fondamentaux: l'individuation de la raison ultime et la collectivisation des raisons par interaction. 

    L'origine physique et historique de l'individuation humaine face ou grâce au religieux est bien sur mystérieuse et se trouve le point "noir" de toute la construction. Notons que la question, scandaleusement sous traitée par toute l'histoire de la réflexion sociétale moderne, reste entière. Je pense que le phénomène religieux au sens large est partie prenante de l'hominisation, ce qui justifie mon approche: l'essentiel c'est l'originel, et le premier discours est celui là. 

    On pourrait parler des chasseurs cueilleurs originels, sans sacrifices et sans dieux, contre exemples systématiques de toute théorie du religieux essentiel. Allant jusqu'à la relativisation des attitudes mentales face à la nature, cela invalide-t-il toute construction individualiste ? Le débat est en cours bien sur, mais je dirais que non: il n'y a pas d'absolues visions du monde, mais des constructions globales en compétition et les humains ne sont pas distincts biologiquement. Voilà pour toi Descola, car on ne me fera pas croire que les animistes n'ont pas une certaine idée de la fiction que constitue cette histoire de plante qui pense...

    Pour être un peu humble, je me réfèrerai aux 3 théologies envisagées par Tilich:  zéro dieu, rien que dieu, et la relation sur base de péché... Zéro dieu, c'est le refus de mettre le religieux à la racine du social, un athéisme mal placé; rien que dieu c'est le déisme typique, trop content de mettre le grand tout au centre; la relation ou aliénation est une interaction avec son origine (on a été crée, bien sur). Pour tout dire, il me semble suivre Tilich: lui aussi pense que le religieux est constitutif de l'humain et de sa culture. Et pourquoi, pas? Il serait alors un sociologue génial en plus qu'un théologien génial. En tout cas, c'est bien à partir de lui que je me fais mes petites idées. Un théologien protestant multiculturaliste, génie fondateur de la nouvelle science du social ? Ah le beau rêve. 

    Tillich sera donc l'inspirateur et il faudra continuer de le lire. En parlant des 3 théologies, on en fera la base des 3 sociologies équivalentes, la vraie étant le seul type de représentation acceptable qui tienne et qui ce qui se passe dans la volition partagée des individus: une interaction avec l'invisible qui nous fait humains et depuis longtemps, et aussi le refus que j'assume de toute espèce de chose conceptuelle qui nous pousserait dans le dos, ou qui serait le nom arbitraire que l'on donne à ce qui nous est commun. Seul "dieu" par définition a droit à ce titre, et il est de l'autre coté de la barrière. 

    Non pas que je sois tombé mystique, mais tant qu'à faire, autant donner une définition "active": la chose est CEQUI agit comme tel dans les psychées humaines, il n'y a qu'à demander. Non pas une chose qui serait plongée dans un science, un concept quelconque, mais une chose "existante" et c'est la seule qui existe comme cela. Inutile d'en théoriser la scientificité ou la matérialité: elle se trouve indépendante, régulièrement décrite comme non matérielle et donc en quelque sorte objective. Plutôt que de prêter à je ne sais quel opium la vertu explicative, ce qui n'est jamais qu'une mythologie de plus, osons le dire: c'est bien au nom du dieu des communistes qu'on part pour le goulag et la raison profonde qui oriente les idéaux est bien l'ailleurs de l'homme, la chose qui fait de lui celui qui peut justifier l'invisible. 

    Notons que cette volonté de rattacher la "sociologie" à quelque chose d'autre que l'insupportable et incompréhensible pseudo science prétentieuse que l'on connait, ne date pas d'hier. Activité infondée, sinon sur les prétentions d'écrivains français talentueux spectateurs de l'avènement de l'immonde bourgeoisie, pourtant souhaitée ardemment un siècle entier par leur parents. Balzac se voyait en "docteur en sciences sociales", Flaubert autant et Zola pratiquait, en plus de la photo et de la bigamie, la "vraie science". Auguste Compte la prétention injustifiée faite homme inventa la mot et on se retrouva donc, c'est la thèse de Wolf Lepenies (1) (après Snow 1959, qui dénonçait la culture littéraire dévoyée dans le nazisme par ignorance des sciences), dans le mixe de deux cultures: on mixa socio (du latin) et logie (du grec) dans un mot insoutenable qui ne désigne rien...

    Et bien, moi, je remplace la littérature par la théologie: car ce n'est que fadaise que la littérature, crée par Molière pour mieux moquer les bourgeois qui voulaient se faire gentilhommes, et cela du point de la royauté (c'est à dire au delà de l'aristocratie) et dévoyée par les contempteurs de la bourgeoise, finalement surtout révoltés par les cocufiages dont ils sont victimes en permanence... La seule exception, Proust,  s'explique autrement, on en reparlera. 

    On peut parler de Bourdieu, brièvement: tout pour le plouc palois, crétin des pyrénées à accent, est à mettre dans la légitimation. Comme si on se préoccupait de la légitimité de Dieu...  

    On en rajoutera avec le célèbre "Les Héritiers" (Bourdieu,Passeron) fondateur de la génération de salopards qui ont détruit l'enseignement scolaire et universitaire en France: obsédé de bourgeoisies et d'inégalités mal placées, les pédagogistes formés aux meilleures sciences ont baissé le niveau jusqu'à mettre les petits africains non francophones à égalité du peuple d'un pays moderne, progressivement sous développé donc et ce n'est pas fini.

    Est il encore temps de foutre en l'air cette science là? Sans doute pas: le renouveau ne viendra qu'après la catastrophe. 

    La méditation sur la nature de la chose est de toutes façons à faire, et il faut attendre le grand âge des criminels pour qu'ils songent avec amertume à leurs crimes (2). Quoique: l'homme se finit avec Marx... Au passage les évocations bienvenues de Certeau (le peuple qui, comme moi, braconne et glane les scories informationnelles que les vrais intellos laissent trainer) , et même de Bourdieu, qui éperdu de sa politique de gauche ne peut que répondre au "que faire" qu'une sans doute future incubée: le clinamen... 

    Quand aux souvenirs des bigots de la bourdieuserie, (3), ils font pitié et ne peuvent être que source de railleries et de détestation. En gros, on consacre ici le mépris pour la philosophie, victime de déclassement face à l'alliance de la psychologie et de la sociologie "vers 1900", et aussi la sainte alliance de la triple vocation pour la "science" sociale, la théorie générale de tout et le nouvel humanisme, incroyable prétention absurde des posts communistes délirants qui croient dominer le monde. Foutre en l'air tout ça? Pas sans les battre de verges d'abord. 

    (1) https://www.exergue.com/h/2017-06/tt/lepenies-trois-cultures.html 

    (2) Passeron se confie: http://journals.openedition.org/traces/3983

    (3) http://zilsel.hypotheses.org/2954#comment-11561

  • Les Catégories, la théorie.

    Il est sans doute encore trop tôt pour aborder cette cote raide, mais après tout, on peut se mettre à comprendre à tout moment... Et puis je l'avais fait déjà un peu en (1)

    Ici on s'est tapé (rapidement) le très addictif cours de Bartosz Milewski (2), avec du texte en (3) et bien sur la référence absolue (4).

    Il est en Mathématique, et ailleurs d'ailleurs, un principe qui consiste à réexprimer un problème avec d'autres mots, en espérant que celui ci devienne plus simple. La résolution de conjectures serait ainsi une science du choix de la meilleure transformation, le voyage devenant l'essentiel, l'arrivée résolvant tout toute seule. Une citation de Poincaré: les maths c'est donner le même nom à des choses différentes... 

    Cette science des correspondances, de la structure de ces correspondances, est la théorie de catégories, science des sciences des sciences. On avait abordé la chose, et on y reviendra, la chose étant vaste. 

    Une autre manière de présenter la chose est que les catégories sont les structures, et qu'il n'y a guère que les structures qui caractérisent les choses qu'on veut comparer ou égaler. De part et d'autre, on projette sur la structure et on associe les structures enfin comparables... Bref, ces squelettes sont fait de multiples relations et il n'y a que les relations qui comptent. 

    Tout cela fut inventé par un certain Saunders Mac Lane, un américain. 

    Disons aujourd'hui pour commencer aussi que Curry et Howard n'étaient pas seuls, il y avait Lambek, qui ajouta à la correspondance entre propositions et types, celle, mutuelle, avec les catégories cartésiennes fermées.

    Cette identification des trois seules choses qui vaillent au monde s'appelle la "trinité computationnelle". Elle signifie que toute notion manifeste dans l'une des vues l'est aussi, sous forme transformée, dans les deux autres (5). Rien que ça. Wagnérien, c'est le moins qu'on puisse dire... Le mot catégorie est lourd de sens.

    Joachim Lambek introduisit aussi les grammaires catégoriques pour le langage naturel.

    Reste à s'enfoncer dans les catégories, donc.

    Les catégories

    En trois mots, on a dans une catégorie des objets ET des morphismes, les foncteurs relient les catégories, et les tranformations naturelles les foncteurs. Une 2 catégorie a en plus des morphismes sur les morphismes et ad infinitum. Après... On distingue les petites catégories (à zéro ou UN objet) et les grandes, les autres.

    Definition

    On commencera par définir ce qu'on appelle "catégorie", "tas" d'objets (il n'est évidemment pas question d'ensembles pour définir ce type de multiplicité), et de "flèches", avec quelques contraintes: tout objet a une flèche vers lui même; toute paire d'objets a zéro, une ou plusieurs flèches orientées; entre trois objets les flèches composent; et entre quatre objets, la composition est associative. 

    Juste un point au sujet de la composition: il s'agit d'un "il existe", la flèche qui compose (a-f->b-g->c implique il existe une flèche nommée gof telle que a-gof->c) étant l'une des flèches pré existantes entre a et c... Ce type de remarques n'a pas grand intérêt, mais illustre que ces propriétés sont statiques et non pas génératives: gof existe, un point c'est tout... 

    Un autre point concerne le fait que les morphismes entre deux objets d'une catégorie, le "hom-set" EST un ensemble... Et oui, les objets ne forment pas des ensembles, mais leurs morphismes entre deux d'entre eux, si. C'est comme ça. Ces morphismes sont des "hom" homomorphismes car internes à la catégorie. 

    De plus, et ça n'a rien à voir, la catégorie des ensembles, "Set" est une catégorie: voilà qui est inclusif. 

    Les ensembles et les fonctions

    Les "flèches" sont souvent nommées "morphismes". J'ai toujours été choqué par cette "over" interprétation de l'objet défini par deux points ordonnés: elle suppose que les objets sont des ensembles et les flèches des fonctions entre ces ensembles. Bien sur c'est l'interprétation lambda, la primaire la bébête: la catégorie "Set", celle des ensembles et des fonctions, précisément...  Cette interprétation a évidemment pour mérite qu'on s'intéresse à la chose, elle est celle qui rend les catégories signifiantes dans le monde enchanté de la programmation, du moins la programmation fonctionnelle. Il faut noter toutefois que l'interprétation catégorielle de la programmation c'est de l'après coup, et du récent.

    En fait, il s'agit pour comprendre quelque chose, de tenter donc de développer une sorte d'intuition de ces choses. Cela est possible, car précisément ces concepts là sont intuitifs et ne furent développés QUE pour des raisons intuitives. Au fait Alexandre Grothendick fut bien sur en pointe sur ce coup là, car il avait lui une intuition ça comme... 

    Les morphismes

    On commencera par là, car c'est un "haha". On m'avait expliqué en sixième les subtilités de l'injection et de la surjection entre ensembles, à partir de la notion d'application, dont l'ensemble de départ (on m'expliqua plus tard que c'était le "domaine") est peuplé d'origines exclusivement solitaires pour les flèches qui en partent.

    On a donc la surjection et l'injection et leur contraires. Et bien, l'intuition avec les flèches, ou avec les petits ronds, est inutile, on peut exprimer le concept de manière encore plus abstraite, en contraignant les compositions dans une notion purement catégorique. Je me comprends. 

    D'abord la non-surjection: c'est quand l'ensemble de départ se projette dans un sous ensemble strict de l'ensemble d'arrivée. La destination n'est pas couverte, il y a des éléments à l'arrivée qu'on adresse pas. 

    Ensuite la non-injection: c'est quand il y a deux éléments de départ qui ont la même destination. L'ensemble de départ est "trop grand"...

    De fait, cette explication négative est bien claire: elle repose hélas sur une vision du monde partielle, la notion est bien plus générale et peut, c'est ça le haha, se décrire avec une vision des ensembles comme des objets ponctuels sans structure interne, simplement reliés par des flèches composables... La catégorie est bien plus (grande, générale, expressive) que l'ensemble. Au lieu d'avoir des ensembles comme des tas de points, on a des catégories comme des tas de points, mais au niveau du dessus: les points sont les ensembles, et au lieu d'imaginer l'intérieur des ensembles, et d'en déduire quelque chose (berk), on se contentera de contraindre les flèches qui en sont issues.

    Une non-surjection, c'est quand il existe un objet et deux flèches différentes de l'ensemble d'arrivée vers cet objet, telles que les deux compositions avec l'application soient égales.

    Intuitivement, si on se ramène (comme vous y tenez) à l'"image" des ensembles et de leurs éléments, ici abstraits en des points dans une catégorie, les deux flèches sont égales sur le domaine de l'application et doivent donc, pour pouvoir être différentes, pouvoir partir d'éléments de l'ensemble d'arrivée non adressés: le codomaine est un sous ensemble strict de l'ensemble d'arrivée, ce qu'on se disait plus haut...

    L'intuition ensembliste est dégénérée, et on a grâce aux catégories, une intuition de plus haut niveau, qui couvre les objets infinis de tout l'univers: une intuition de l'inimaginable, donc.

    Une non-injection est du même type: c'est quand il existe un objet et deux flèches différentes issues de lui vers l'ensemble de départ, telles les compositions avec l'application soient égales. Si les flèches sont différentes, elles diffèrent sur au moins un point, en fait deux points, qui se trouvent donc avoir la même destination. Contre exemple, bingo. Ce qu'on disait s'applique: point besoin des petits points, sinon pour appréhender avec ses pieds. La définition, abstraite, structurelle, prévaut et c'est ça l'idée. 

    Pour finir, on ajoutera que les catégoriciens sont hellénistes et parlent de monomorphisme (injection) et d'épimorphisme (surjection). On ajoutera également que l'épimorphisme (surjection) permet surtout de simplifier à droite la malheureuse surjection: g1 o f = g2 o f  donc, g1=g2, tout comme d'ailleurs le monomorphisme (injection) qui lui est simplifiable à gauche. 

    Pour finir, on ajoutera aussi que ce n'est que dans la catégorie Set que la conjonction des deux fait d'un morphisme un isomorphisme. Dans la catégorie des Ring, ce n'est pas le cas, et Q et Z ne SONT PAS isomorphes... Alors là, mon prof de maths de 6ème est à la retraite. 

    Mais pour vraiment finir, on dira qu'épi et mono morphismes s'échangent si on inverse le sens des flèches, c'est à dire si on passe d'une catégorie à sa duale... 

    Trucs cartésiens

    Point besoin de beaucoup de laïus ici, et on devrait apprendre ça en 6ème: le produit c'est le produit cartésien et le coproduit l'union bien sur. Notons l'absence de l'intersection et le fait que l'union est représentée en notant bien pour chaque élément de l'union le nom de son ensemble de départ... Le produit, lui utilise la droite et la gauche du tuple pour noter la chose. Le grand truc de la notion, c'est qu'on la définit bien sur de manière structurale, la chose étant définie non pas par des accouplements impurs, des petits tuples extraits des catégories multipliées (berk), mais par de belles définitions de morphismes qui commutent, le retour aux catégories d'origine se faisant via des fonctions "first" et "second".  

    Au passage, et pour compléter encore le programme de 6ème, on ajoutera qu'un poset est "un ensemble partiellement ordonné" (un epo). 

    Un objet initial est tel qu'il a une flèche vers tous les objets de la catégorie. Son dual est le terminal, bien sur. 

    Une catégorie cartésienne fermée s'identifie à la structure qui SIMULTANEMENT a un produit et une exponentielle. La notion, spécialement complexe est sans doute ce qui est à l'origine de la complexité et de la puissance de la structure structurelle de la belle théorie. On y trouve par exemple, comme corolaire évident, la notion de foncteur adjoint. Par contre, on s'y retrouve assez bien, les ensembles avec leurs morphismes forment une catégorie cartésienne fermée, ouf... Un chapitre entier mérite cette chose, en tout cas.  

    Les  Foncteurs

    Les foncteurs sont des opérations de mise en correspondances de catégories, on dit endofoncteur quand les catégories sont les mêmes. Naturellement la "structure" est préservée, et c'est tout l'intérêt de la notion, centrale dans ce domaine des maths, on veut identifier partiellement des objets différents.

    Car le Foncteur projette les points mais aussi les blocs de flèches, les "hom-sets". Ce sont des ensembles, et le foncteur est donc défini aussi par les fonctions de projection de tous les hom-sets.  

    Naturellement, les notions d'injection, de surjection sont préservées mais peuvent s'appliquer à des projections de natures différentes et là on voit qu'on en a plein.

    Dans l'interprétation standard des catégories en programmation (on considère la catégorie des types comme points et des fonctions d'un type vers un autre comme les flèches), des Foncteurs apparaissent comme les "constructeurs de type", c'est à dire des endofoncteurs dans la catégorie. Là encore, un simple haha peut se manifester: la notion de "liste", "List", est un foncteur, qui transforme un type quelconque en un  type "liste" associé. On a bien la notation fonctionnelle (List[Int] en Scala). L'application fonctionnelle paramétrisée de niveau supérieur...  Le type "paramétrisé" n'est que le résultat de l'appel d'une sorte de "fonction", le foncteur. 

    Au passage on évoquera le terme "lift" (soulever) qui désigne l'opération de passage d'un type à son transformé, nécessairement "vers le haut" pour suivre la notation arbitraire:

    M a - fmap f -> M b

    ^                      ^

    |   F                   | F

    a    -  f    - >      b

    Ici, "fmap" (en fait la très classique opération "map") est une transformation de fonction, qui exprime la manière dont le foncteur, ici un endofoncteur, transforme les morphismes. "fmap" caractérise le foncteur, et il y en un par foncteur. Par exemple, le map de "List" est évidemment différent du map de "Option".

    Cet aspect "double" du foncteur (il transforme les objets ET les flèches) mérite d'être souligné. 

    Pour finir, la notion de Foncteur comme "container" d'un type, abondamment utilisée en Haskell ou Scala, s'applique assez bien.  

    Les transformations naturelles

    Une transformation entre deux foncteurs est dite "naturelle" intrinsèquement: c'est un morphisme entre foncteurs qui préserve la structure de la transformation. On a là un truc bien abstrait, les deux foncteurs préservant déjà une structure, mais avec une structuration qui leur était propre... Notons que la transformation transforme non seulement le mapping des points, mais aussi le mapping des morphismes. 

    On a donc un splendide diagramme, qui doit "commuter", pour préserver les structures: n étant un opérateur de transformation naturelle. 

    On voit que F transforme a et b, et aussi f (un foncteur transforme tout ce qui constitue une catégorie). G aussi , bien sur, et n transforme F en G. Bien sur ça commute, la transformation naturelle d'une functorisation étant égale à la functorisation d'une transformation naturelle... En fait cette "commutatibilité" est le sens même de la "naturalité": si c'est naturel, c'est que ça commute. 

     

        ---------------> Ga

                     -na>

    a  --> Fa               |Gf

              |                 |

    |f        |Ff              v

    v         |                Gb

               v       -nb>

    b -->  Fb      

     

    Quitte à généraliser un peu (mais ici, le terme "over" n'a pas lieu d'être), disons que si une 2-catégorie a aussi des morphismes sur les morphismes, et bien "Cat" (avec les objets formant un ensemble) sera la catégorie des catégories avec comme morphismes les foncteurs et comme 2-morphismes les transformations naturelles. Of course. De plus c'est une catégorie cartésienne fermée: boucle bouclée...

     

    Adjonction 

    L'adjonction est considérée comme un concept premier de la théorie des catégories. Il s'agit d'une forme d'égalité, et la notion d'égalité, ou de mise en correspondance étant ici première, on en a là une sorte de généralisation. 

    En gros, on considèrera deux catégories "équivalentes" si il y a deux foncteurs entre elles, dans chaque direction (les droite et gauche) dont les compositions (dans les deux sens)  sont isomorphiques aux identités respectives de chacune des deux catégories. 

    On considèrera les deux catégories comme "adjointes" si il n'y a que deux transformations naturelles unidirectionnelles entre identité et composition d'une part et entre composition duale et identité d'autre part... 

    L'adjonction est donc une forme affaiblie de d'équivalence, avec un symétrie inversée de la correspondance particulièrement tordue.

    En gros, on a les catégories A et B et deux foncteurs AB et BA adjoints, c'est à dire tels que il y ait deux transformations naturelles:  

    eta: IA -> BA o AB

    epsilon: AB o BA -> IB 

     

    Monoïdes

    Le mot est DABORD utilisé pour désigner des ensembles particuliers (parmi les structures algébriques), dotés de la structure d'associativité et d'élément neutre, l'ancêtre du monoïde étant le semi-groupe à qui il ajoute l'élément neutre. Le semi groupe est le fils du magma, à qui il ajoute l'associativité. Un groupe est un monoïde dont tout élément a un symétrique. Un groupe n'est pas forcément commutatif... 

    Les monoïdes algébriques peuvent être identifiés à la catégorie à un élément, à part que l'ensemble algébrique est identifié au hom-set de l'unique élément de la catégorie. C'est un ensemble... Les deux notions sont strictement équivalentes donc, mais visibles sous un autre angle, et encore... 

    En fait, la chose n'est pas exactement celle là et Bartosz rate complètement son coup. On a en fait d'abord les catégories dites "monoïdales", catégories pourvues ENPLUS d'un produit tensoriel et d'une élément neutre suivant la sémantique algébrique traditionnelle. Ce produit tensoriel est un "bifoncteur".

    L'associativité est demandée, mais sous la forme d'un isomorphisme (qui est donc une transformation "naturelle", car liant des foncteurs) entre formes duales des foncteurs associés. 

    La catégorie des ensembles avec le produit cartésien est ainsi une catégorie monoïdale. 

    On appelle "monoïde" sur une telle catégorie un objet de la catégorie monoïdale que l'on munit LUITOUTSEUL d'une multiplication définie avec le produit tensoriel de la catégorie englobante: MxM->M. Bien sur, on exige un élément neutre et les associativités qui s'imposent. 

    Il y a en plus une catégorie des monoïdes sur une catégorie monoïdale donnée, formée DES monoïdes avec comme flèches les morphismes qui (utilisant le MEME produit tensoriel global) préservent la structure monoïdale. 

    Les Monades

    Le parangon de la prétention fonctionnelle pour un programmeur et d'identifier sans sourciller les monades aux monoïdes sur la catégorie des endofoncteurs. Cela est donc maintenant à ma portée, même si il y a encore des petites choses qui m'échappent. 

    Catégorie monoïdale par excellence, la catégorie des endofoncteurs avec pour produit tensoriel la composition se trouve avoir pour monoïdes des entités nommées monades, il suffit de le savoir... 

    Notez les 3 catégories différentes, parfaitement comparables, mais qui n'ont rien à voir entre elles et qui me permette de faire le malin en les citant hors de propos: la catégorie des ensembles/morphismes (l'interprétation programmatique traditionnelle), la catégorie des endofoncteurs (des morphismes de la catégorie des ensembles citée avant vers eux mêmes)/composition, et la catégorie des monoïdes/morphismes ! Tout ça partage une structure, on s'y perd ou on s'y retrouve... 

    D'autant plus que les monades sont directement liées à l'adjonction, et que l'on ne peut pas sortir de la cage sans avoir réalisé certaines choses au sujet des relations entre la currification et les listes, et entre l'option et le pointage...  

    Yoneda

    On se permettra finalement, pour déconner, d'évoquer le très abstrait lemme de Yoneda. Car les foncteurs entre deux catégories forment une catégorie dont les flèches sont les transformations naturelles. On note C^D la catégorie des foncteurs de D vers C (en descendant, c'est l'exponentiation).

    A partir de là, Yoneda s'est déchainé... Qui l'aime le suive.

     

    (1) http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2015/09/30/les-categories-5692791.html

    (2) Les vidéos de Bartoscz: https://www.youtube.com/watch?v=I8LbkfSSR58&index=1&list=PLbgaMIhjbmEnaH_LTkxLI7FMa2HsnawM_

    (3) Le texte de Bartoscz: https://bartoszmilewski.com/2014/10/28/category-theory-for-programmers-the-preface/

    (4) La référence en maths: https://ncatlab.org/nlab/show/category+theory

    (5) La sainte trinité: https://existentialtype.wordpress.com/2011/03/27/the-holy-trinity/

    (6) Gérard Huet: https://pages.lip6.fr/Pierre-Evariste.Dagand/stuffs/notes/cats.pdf

  • Les racismes

    Il y a dans les significations multiples données au mot "racisme" bien des variations, bien des nuances et bien des méconceptions.

    Tout d'abord, il faut parler de l'odeur. Comme soutient de ce reproche fait à Chirac (le voisin black avec le bruit, l'odeur et les allocs), un discours démago qui le suivit tout le reste de sa vie, et qui reste un marqueur de la dénonciation du racisme ordinaire, et aussi comme réaffirmation, ici, de l'évidence de l'odeur caractéristique de la peau des humains qualifiés de "noirs", comme odeur différente de celle d'autres humains et spécifique (soit disant) de l'homme (ou de la femme) noir(e).

    Marqueur car évoqué avec offuscation par l'antiraciste débile, le connard abject et inculte, illogique et stupide, porteur de la bien pensence méprisable, celle dont on ne peut que se moquer, et que je méprise et conchie ici avec dégout.  Pauvre Chirac! Son exemple est débile (qui a un voisin de palier noir qui fait la bamboula avec l'argent des allocs?), mais donc justement, comment refuser d'admettre ce qu'on sait vrai: que la cohabitation entre peuples est difficile et c'est d'ailleurs POURCELA que le voisin black n'existe pas, on a DEJA déménagé.  

    Le "marqueur", l'odeur est différente, mais en fait il y en a plusieurs... Bien sur. L'une d'entre elles, une odeur spéciale, qui pour moi s'apparente à celle des crayons (et oui, le crayon à papier a une odeur que l'on sent dans le métro), et qui m'a toujours été (j'ai vécu enfant en Afrique), agréable. Comme quoi, ce n'est pas cela qui repousse, mais l'ensemble des autres: celles des autres peaux, des cuisines, de la viande grillée spécialement, du gras du riz, à la fois réjouissante, mais trop marquée, ou bien ... Bref, les odeurs d'un peuple proche, qu'on sait ne pas être soi, et dont on ne veut PAS qu'elle soit celle de toujours, celle d'une normalité qu'on refuse. Normalité qui a son cadre au demeurant. Qui s'est gavé de tiep boudienne dans une ambiance africaine rigolarde avec plaisir ne peut pas le regretter, tout en flippant sa race de devoir le faire tous les jours et c'est là le problème: on aime bien l'agréable de l'autre, on ne veut pas DEVENIR l'autre. Ce sentiment peut il être appelé "racisme" ?

    On pourrait dire oui pour deux raisons. La première pour bien montrer que tout refus de cet autre, ici le noir, ne peut être que la honte de devenir l'ex esclave, celui qu'on méprise et dont on sent bien qu'il est inférieur en fait. Nier et refuser ce sentiment honteux EST le racisme et doit être condamné et combattu. Par son extrême contraire, ou bien, bref, c'est le sujet.

    On pourrait gloser sur l'inconséquence totale de ce sentiment. Segmentés sur un continent entier, des ethnies proches, de même religion, ou voisines, se sont fait 2000 des guerres inexpiables. Il y a 80 ans, on procéda à l'extermination du peuple du fils de son Dieu, installé depuis toujours. Et on ne devrait pas voir de différences avec des peuples arrivés d'Afrique depuis quelques dizaines d'années sans qualification ou haute culture, vivant partout où ils s'installent comme ils le font dans le tiers monde qu'ils transportent ? Et cela au nom d'un antiracisme enfin maitrisé et généralisé? L'affreuse absurdité de cette opinion n'a rien de plus dangereux et stupide que ce qui est en train d'arriver: la structuration du sentiment politique autour de cette question et la préparation de drames historiques qui referont ce qu'on a fait, en pire. Ne pas au moins concevoir cela comme possible est navrant. 

    La deuxième pour bien montrer que la notion de racisme n'existe pas, et qu'on a le droit de détester les autres peuples pour leur différence, le mot "racisme" n'existant que pour dénoncer ce droit innocent à l'intégrité de son identité propre. En qualifiant par ce qu'on refuse une pratique innocente, on discrédite le mot et donc on justifie toutes les pratiques qu'il dénonce. 

    Ce sentiment est encore relativement rare au demeurant, en tout cas dans la sphère publique, mais il pourrait se développer. Il est ouvertement présent dans le discours politique d'un nouveau parti politique, installé en Allemagne depuis peu. Il est manifeste chez certains pays de l'Est, aujourd'hui dans l'union européenne, et qui pèsent de plus en plus lourd.

    Et pourtant il y a bien un racisme, mais il n'est ni l'un ni l'autre.

    Tout d'abord, on pourrait accuser directement ceux qui utilisent le mot pour qualifier cela, précisément: l'accusation inappropriée périt d'elle même: accepter, voire préférer ce qui n'est pas nous, signifie devoir s'intégrer avec l'étranger, et cela de manière inconditionnelle, sans même considérer que ce serait plutôt à l'étranger, du fait que lui a voyagé, de s'intégrer, et cela sans conditions, en tout cas, beaucoup moins. Une telle préférence signifie l'affirmation d'une supériorité, qui ne peut être que raciale: le noir vaut mieux que le blanc, sans discussions, et par principe. Ca tombe bien, j'ai la bonne couleur de peau... 

    C'est bien le caractère de la dénonciation sans nuance de la responsabilité blanche que d'être raciste au sens le plus strict: l'autre est porteur de par son sang de sa responsabilité d'esclavagiste. Christiane Taubira, ministre de la justice (comment a-t-on pu supporter cela si longtemps?) est ainsi par essence porteuse de cette infamie raciste mémorielle fumante de l'atroce puanteur de ce qui retombe sur la tête des lignées qu'elle fantasme. L'horreur de la barbarie cette atroce connerie périra-t-elle avec la grosse guyanaise chtarbée qui nous a pourri la télé si longtemps? Faudrait il exiger l'extinction de toute sa parenté pour en finir avec ça? Selon elle  non et oui, respectivement. 

    Ensuite, on pourrait qualifier de la sorte ceux qui mentent, et donc acceptent et font accepter ce qu'il méprisent. On pense au kwassa kwassa de Macron, plaisantant avec morgue les migrations infâmes qu'il tolère par faiblesse tout en les déconsidérant. L'attitude de la tolérance méprisante, voilà un autre vrai racisme: déconsidérer un peuple pour ses pratiques tout en acceptant qu'il vous pollue avec, sans avoir le courage de le respecter assez pour le mettre en face de ses torts avec un véritable courage. 

    On aurait pu croire que la dénonciation de la natalité des noirs, les plaisanteries avec le chef d'Etat voltaïque, l'explication avec la marocaine voulant des papiers sont une marque de courage. Cela ne l'est pas, car les politiques ne sont pas en rapport, et on n'a là que des révérences communicationnelles envers un électorat qu'on veut séduire. Nulle politique véritable pour forcer au planning familial et au retour des migrations africaines en y conditionnant l'aide au développement: cela signifierait violer officiellement le dogme libéral sociétal de son soutien électoral officiel et appliquer ce qu'on appelle le conservatisme en ces matières.

    Statistiques ethniques, quotas d'installation décidés arbitrairement au nom de l'intérêt de la nation, politiques étrangères reconnaissant enfin le caractère ethnique des sociétés africaines: tout cela fut refusé explicitement par l'élection de 2017 et ne sera pas considéré. Par racisme: on préfère discriminer en silence, hypocritement, de peur d'affirmer la dignité de l'autre à être différent, et à se manifester en désaccord avec lui pour mieux le respecter.

    Les sociétés africaines, même si elles sont diverses et formées de juxtapositions de peuples n'ont pas, ou peu de caractère national historiquement installé. Sans volonté de modifier les frontières coloniales, précisément pour éviter les réorganisations ethniques dont ils sentent bien le danger, les états africains vivent dans le déni de leur plainte mendiante. Leurs chefs vivent des prébendes de ce qu'il sécurisent à la place du blanc: une paix civile et encore. Car celle ci aura bientôt complètement disparue: en guerre partout, l'Afrique post coloniale redevient petit à petit ce qu'elle était avant la colonisation. Des territoires ruraux soumis aux prédations esclavagistes des peuples nomades, toutes ces populations rangées en ethnies en guerre perpétuelles. Quelques souverains dominateurs plus cruels que d'autres s'installent, mais sont incapables de fonder de vraies dynasties.

    Et puis on les oblige à installer des pseudo démocraties, qui n'imposent que le pouvoir des ethnies les plus nombreuses. Et dans chaque ethnie, le loyalisme barbare raciste le plus strict prévaut, toutes les rancoeurs mémorielles (le mémoriel géo-racial est prépondérant dans ces cultures) s'expriment en permanence. Ridicule mon affirmation ? Le Mali, le Rwanda sont déchirés depuis toujours par cela, sinon par quoi?  

    Paradoxal que de voir que c'est là qu'on trouve la source même de l'esclavagisme, comme instrumentalisation de l'homme qui n'est pas de chez nous, le crime suprême (d'après certain) contre l'humanité. L'homme noir victime de l'homme noir, du fait de sa noirceur: triste non? Ou raciste ? 

    Et bien non ! L'homme noir a eu une histoire, et d'ailleurs il n'est pas noir (même pas: tous les sombres de peau sont présents) il est l'humanité d'un continent aux climats globalement pénibles mais il doit se débrouiller seul ! A lui de trouver dans SON humanité de quoi vivre bien et il le peut, par définition. S'il ne le fait pas, et bien ce n'est pas définitif: il le fera un jour. Ce n'est que racisme que d'identifier sa condition malheureuse actuelle avec une nécessité. 

    Passons au deuxième peuple qui s'installe, toujours en provenance d'Afrique, mais essentiellement berbère. Berbère? On le sait, mais il se veut "arabe". Il ne l'est pas. Colonisé avec fureur, il se veut l'égal d'isolats racistes qui le méprisent, qui lui imposent langue, religion et identité. Il faut être un plouc kabyle inculte ou né en bas de la montagne du même nom pour prétendre le contraire... Il est un monstrueux déni d'identité. Et on le qualifie d'"arabe" ou de "musulman" alors qu'il n'est ni l'un ni l'autre, juste une un infirme de l'histoire, qui continue son malheur millénaire et explose sous nos yeux, littéralement, premier peuple de l'histoire à revenir sur une transition démographique amorcée, puis abandonnée. 

    Nous avons donc bien là les trois vrais racismes: l'affirmation de la supériorité malheureuse du discriminé, le mépris pour ceux qu'on supporte avec hypocrisie, l'accablement pour l'éternelle infériorité. Les trois attitudes ne sont que la même en fait et consacrent la permanence du malheur de la situation inférieure globale qu'on attribue à une essence éternelle, la fameuse race, qui biologique, sociale ou mémorielle n'est qu'une rationalisation imbécile qui n'explique que le présent... 

    On notera que les 3 conceptions se décrivent vis à vis des noirs, premières victimes de l'universel mépris pour la race inférieure. Car l'arabe ou l'américain, deux autres ethnies conspuées partagent ce racisme là. C'est d'ailleurs pour cela qu'on les juge inférieurs, mais d'une autre manière: ils seraient porteur d'un mal suprême, le mépris de l'autre. Au passage, on détestera le racisme juif, injuste envers l'Arabe... Ces détestations superposées sont plaisantes, vous ne trouvez pas? Partout le racisme effectif de type 3, imparable et éternel, et qui se drape dans une forme du type 1 appliquée à soi même, le juif, l'américain et l'arabe étant coupables pour toujours de leurs méfaits... Le racisme libéral, le type 2 est la surface des choses, l'hypocrisie qui fait vivre le monde réel, le monde mondialisé. 

    Pourtant, et on n'a pas parlé des chinetoques, le sentiment d'être soi et de ne pas être l'autre, pour les raisons bestiales de la chaleur de ce dont on a l'habitude, et la volonté de maintenir un groupe de taille suffisante qui le rend manifeste et suffisamment confortable, tout cela est légitime et respectable. Il se doit d'être affirmé et respecté chez les autres, sans que cela empêche les échanges harmonieux et bien compris, voire les échanges de femmes à l'occasion. Dénoncer ou ridiculiser ce simple bon sens est absurde et méprisable, et on a vu que c'est cela LE racisme. 

    Et il y a la question de la nouvelle société peuplée récemment par une immigration acceptée trop légèrement, ce qui pourrait être bien une erreur historique majeure. Une nouvelle province s'est installée, et elle a tous les moeurs d'un autre continent. On nous demande de l'accepter telle quelle, voire de la révérer et même de s'enrichir de cette différence en la considérant essentielle, leur tiers monde jouant le rôle du réservoir populaire bébête à bas salaire qui nous manque tant depuis l'instauration des 35 heures...  

    Bien sur, tout cela se déguise et s'habille du mépris ou du refus de ce qui est trop manifestement inférieur ou malsain chez l'autre identifié et parait donc une condamnation haineuse injuste. Mais là n'est pas l'essentiel: personne n'est obligé d'épouser les travers de son voisin par politesse; le fond de l'affaire est qu'elle n'est que la justification vicieuse officielle des 3 formes publiques d'un racisme bien pire: celui que le médiatique moderne est obligé d'accepter. 

    Raison de plus donc pour insulter ces attitudes intellectuellement méprisables: on a le droit de ne pas vouloir chez soi ce qu'on déteste chez les autres, et mieux, c'est cela qui seul peut porter le mieux, plus tard, dans tous les sens possibles. Car le futur ouvert sera toujours la réponse imparable au sentiment fataliste imbécile, propre aux races inférieures (je me lâche, oups ça déborde).  Pour l'instant, mon optimisme reste prospectif: cela ne sera mieux qu'après la catastrophe. 

     

  • Les controverses

    Les controverses, cela s'apprend, et à l'école des mines de Pa, et le prof s'appelle Bruno Latour (1). Y a TP, résumé, enquête et note. 

    A l'occasion d'un papier bien fait (2) (voir aussi (6)), qui fait le tour du sujet comme j'aurais rêvé de le faire, je vais me souhaiter pour 2018 mieux que la pire année de loose que fut 2017. On a eu le chemin des dames, la révolution d'octobre et Caporetto. On aura encore pire et la victoire n'arrivera pas en Novembre prochain. 

    Le vocabulaire doit être considéré et on va s'y promener. Au passage la passionnante lecture des souvenirs d'une époque y est aussi pour beaucoup (5).

    La sociologie des sciences

    On se doit de parler de Merton, Robert King , le père du prix Nobel d'économie Robert C. qui fut co-inventeur de la valorisation des options avec Black et Scholes et donc aussi de la crise de 2008. King inventa plein de choses, à un point qu'il est une référence de la modernité absolument incontournable: serendipité (en sociologie), prophétie auto réalisatrice, et bien sur fonctionnalisme, il est le théoricien des deux fonctions: la fonction manifeste voulue, et la fonction latente invisible, mais effective.  Mais il est bien sur le fondateur de la sociologie de la science, point d'entrée du post modernisme caricaturé ici avec haine et mépris du fait de ses conséquences. 

    Merton était cependant un modéré: il ne relativisait que le conditions d'exercice de la science, et pas ses résultats. C'est l'objet du "programme fort" (David Bloor) (9) de l'école d'Edimbourg en 1980 que de s'y attaquer et de faire véritablement, les STS (Science and Technology Studies) ultra modernes que l'on dénonce ici. Bruno Latour en est bien évidemment le héros français. 

    Le point essentiel, assez logique au demeurant, mais montrant le niveau: on explique l'avènement des théories scientifiques vraies avec les mêmes raisons que les théories fausses: par la cuisse. Mieux, science et religion sont équivalentes, tout simplement.  

    L'anti utilitarisme

    Alain Caillé, fondateur du MAUSS (Mouvement Anti utilitariste en science sociales), doit être cité: il défendit en 1989, le droit à l'excision, son interdiction étant ethnocentrique. Signataire du manifeste convivialiste en 2013, il est orienté politiquement, et c'est bien l'utilitarisme qu'il conspue et même la totalité d'icelui. 

    C'est d'ailleurs pour cela que l'excision est acceptée: marque d'une pratique qui identifie dignité de soi et reconnaissance sociale, cela par delà l'utilité, elle est compréhensible et donc (là je me permet de citer Manuel Valls, premier ministre) acceptable...   

    Le pragmatisme

    Et puis, il y a le pragmatisme, Pierce et Willam James, mort en 1910. Puis Dewey. En gros, il n'y a pas de "vérité" ou de "bien" mais des caractéristiques profitables et ou utiles pour les actions à mener. Le fameux pragmatisme américain. Un fonctionnalisme des idées. 

    CS Pierce: "Considérer quels sont les effets pratiques que nous pensons pouvoir être produits par l’objet de notre conception. La conception de tous ces effets est la conception complète de l’objet."

    Il faut toutefois savoir que Pierce lui même était un réaliste scientifique, attaché à l'indépendance d'un réel extérieur, mais pragmatique de sa classification. 

    Une telle attitude a des conséquences morales, en éducation, en politique; considérée en Europe comme une philosophie de commerçants ploucs, elle débouche sur la philosophie dite analytique, radicalement distincte de celle, dit continentale qui agite les européens et surtout la France, nouveau pays philosophique, quoique toute entier dévoué envers le nazi Heidegger, deutsche qualität oblige. Par ailleurs, elle ressemble furieusement à un relativisme, et la post modernité ne pouvait que s'en servir. 

    La sociologie pragmatique

    C'est donc le nom de l'école de sociologie actuelle (apparue en 1981) où sont TOUS les coucous. 

    Un mot au sujet du passage d'un mot entre domaines, ici entre philosophie et sociologie: bien sur il y a modification substantielle et on doit se méfier des assimilations, dénoncées par les uns et les autres d'ailleurs.  

    Ecole de scientologie pourrait on dire, tant ils dépassent les bornes.  Quand je dis "dépasser les bornes", c'est un euphémisme. On est là en fait dans le religieux pur, le surplombant à dix mille mètres: Heidegger lui même n'est qu'un petit rationateur formé par le grand discours légitimateur viking, c'est dire. Tout est dit là en fait,  la vérole gauchiste a trouvé bien mieux que le marxisme, bien mieux que la psychanalyse, bien mieux que tout ce qu'on peut imaginer: l'explication génésique de la totalité, le clouage de bec total, absolu, définitif et irréductible: le constructivisme relativiste postmoderne, aboutissement de toute parole, de toute théorie et en fait de tout, absolument tout. 

    On pourrait croire que le résultat connu de l'addition de deux et deux, en laquelle croyait Don Giovanni, et que 1984 avait, pour le malheur du communisme, mis en exergue habilement, allait nous faire résister encore une fois. Désolé: élaboré dans un laboratoire sous écoute, avec toutes les bandes dans l'ordi du monsieur, l'aspect construit de l'opération est patent et prouvé, et le résultat, issu d'un compromis pénible dans lequel le capitalisme libéral s'est une nouvelle fois signalé pour son fascisme, terminé. 

    Tout le dispositif technique occidental est en main: la techno science est sous contrôle, cernée par des comités "démocratiques" (les experts cléricaux sociologues seuls habilités à interpréter la parole du peuple, parole ici nommée "controverse") qui en décide les résultats, l'intérêt, et l'utilisation. 

    On aurait pu croire, après la "rumeur d'Orléans" d'Edgard Morin, que l'enquête sociologique avait pour rôle de débusquer les préjugés et signifier à la foule que ses fantasmes délirants n'avait pas d'objet et étaient construits par les mystérieux entrelas de la bêtise collective bien connue. Et bien c'est l'inverse maintenant: elle a pour objet au contraire de diriger la société, celle ci devant être soumise à la volonté absurde et erratique des fantasmes "populaires" gauchistes rassemblés en foule. Pourvu que des femmes blanches ne se mettent pas à disparaitre dans des boucheries hallal, il nous faudrait exterminer tous nos maghrébins. 

    Les Noms

    Il faut faire une liste noire et tracer des croix à la craie sur les portes, on ne sait jamais, le jour du sursaut, le travail des bourreaux en serait facilité: Boltansky, Lahire, Latour, Callon, Thévenot. 

    Il y a aussi Maffesoli (le nom parait incroyable, une vraie purge pour lui). Le chef d'une secte universellement décriée pour son obscurantisme, et sa promotion du n'importe quoi, depuis les astrologues jusqu'aux canulards post modernes les plus ridicules. 

    Les théories

    On passera sur l'habitus de Bourdieu, décrit par un commentaire en (4). Ca c'était avant, l'horreur absolue, en fait faiblarde, car trop classique. Il y a bien mieux. Tout revient cependant comme toujours à placer la description des actions dans un cocon, un écrin explicatif abdiquant liberté ou contingence d'une manière ou d'une autre. Car la sociologie est une science, et une science sans objet ou sans causes n'en aurait pas non plus, ce qui serait dommage pour ces messieurs dames. 

    D'abord le domaine global, les STS (Science and Technology Studies), branche dévouée aux sciences des Gender Studies. C'est là que ça se passe. 

    L'acteur réseau

    Dite aussi ANT (Actor Network Theory), la théorie dont le célèbre spéculateur John Law est un contributeur majeur avec Callon/Latour,  étudie ce qui se passe dans les laboratoires, et bien loin de le réduire aux jeux de pouvoir, le (ce qui s'y passe) y est réduit aux interactions entre des instances de l'abstraction qu'est l'"acteur réseau", entité formée d'un réseau et d'un acteur, évidemment complexe et que seul Latour et ses disciples sous contrôle, architecturés en acteur-réseau, peut décrire en détail demandez leur. De plus, ce qui ne gâche rien, à la fois microscopique et macroscopique, l'acteur réseau est typique de la sociologie vraiment moderne: un n'importe quoi incompréhensible et dénué de signification, et qui explique tout. 

    C'est le fameux CSI (Centre de Sociologie de l'Innovation) qui porte la croix en question.

    Le modèle des cités

    Issu des travaux de Boltanski et Thevenot (1991), on est dans la théorie de la justification des énoncés des acteurs, c'est à dire dans l'étude de leurs arguments au sujet de tout et n'importe quoi du social. On classifie alors les "grammaires de signification" ou cités et on en trouve six, les six cités justes, pôles des justifications des discours et qui sont les "mondes" de la famille, de l'industrie, du commerce, de l'inspiration, du civisme et de l'opinion, respectivement dirigés par le père, l'expert, l'homme d'affaire, l'inventeur, l'élu et la vedette.

    Le "nouvel esprit du capitalisme" de Boltanski en rajoute en décrivant la récupération que fait le capitalisme de mai 68 en ajoutant la cité "des projets" à la liste, qui vise à l'abolition du salariat à terme. Il faudra en reparler, mais en tout cas, pour ces messieurs et c'est bien ce que la fameuse polémique récente (4) nous dit, le capitalisme c'est l'ennemi, comme toujours, et for ever. 

    Les Economies de la grandeur 

    C'est le courant sociologique, modèle général, en quelque sorte, qui englobe le modèle des cités décrit avant. Organisé par les mêmes, bien sur. Il s'agit de considérer les conventions comme grands principes déterminants. 

    L'action située

    Terme introduit par Lucy Suchman en 1987, la théoricienne des interactions homme-machine euh humain-machine.

    Elle parle aussi de cognition située, la chose (la cognition, l'action) ne pouvant exister que dans un environnement et donc s'y identifie... Après (ça y fait penser) l'interactionnisme fanatique de Goffman, on a donc association et (implicitement) réduction, de la relation à la présence de l'environnement dont l'individu n'est qu'un fantôme, un spectre vous dis je. Un véritable concept migrant, en quelque sorte. 

    Le mode 2

    Caractérisation de la production du savoir scientifique post (...) mode 1 (académie, discipline), où la "production de connaissance" s'insère dans le social. On y trouve la "co-évolution" entre science et société et la fameuse "co-construction" parangon de la démagogie politique moderne, Macron est mode 2, donc. On y trouve ainsi "un processus de contextualisation de la connaissance".  On a prise en compte de la "communauté des vivants", humains ou non humains (tiens, tiens). 

    Mieux le choix des concepts n'est plus rapporté aux normes disciplinaires ! La multidisciplinarité est de règle et le biologiste peut se faire sociologue et ,bien entendu, réciproquement.  

    Les forums hybrides

     C'est la théorisation par Michel Callon (du CSI) des espaces de discussion mettant en jeu les sciences et techniques, avec des participants de toutes origines, y compris les associations et les chercheurs et qui remettent en cause la démocratie "délégative". On y expérimente donc la démocratie "dialogique" (7). 

    Les rescapés

    Y aurait il des rescapés de cette manie, qui tout en se révélant "pragmatique", échapperaient au pouvoir sectaire des théoriciens holistes de la métaphysique réaliste du concept explicatif original fondateur d'école et de prébende ? 

    C'est que suis sous l'influence de Chateaureynaud l'auteur des "sombres précurseurs" (lanceurs d'alerte), qui décrit très bien le terrible sort de Bourdieu vers 1990, encore en lutte contre Boudon et Croziet, et aveugle à la montée en puissance  de concurrents bien plus vicieux que lui.

    Le vieux s'engagea dans la lutte armée et périt un couteau entres les dents . Il fut l'auteur, lui le crétin des pyrénées lycéen à Pau, d'une "théorie de la pratique", ça ne s'invente pas. 

    Je mentionnerais aussi Nathalie Heinich, qualifiée pourtant de pragmatiste, mais manifestement en conflit ouvert avec les coucous et engagée dans la polémique Bronner Géhin de novembre 2017 contre la sociologie "critique" (4).

    Chateau. raconte que c'est lui qui en faisant son logiciel "prospero" de classification en langage naturel de corpus de textes, s'est mis à lire "théorie de l'enquête" de Dewey, fait du VRAI pragmatisme à l'écart des catégories pré établies qu'il conspue. Il fonde, au demeurant, l'école du "pragmatisme grammatical"... 

    Il est cité (et cite, d'ailleurs) aussi par Marcel Kuntz dans (6)

    Ma théorie à moi

    M'étant permis d'évoquer Macron, ce panorama de la sociologie, bien sur totalement caché aux lecteurs du point, illustre parfaitement les sous terrains gramsciens des prises de pouvoir politique récentes. 

    En gros, les modernes, comme les communistes, ont exagéré: engagés dans la lutte pro soviétique puis dans une haine du capitalisme qui a fini par porter atteinte à la rentabilité tout court, une refondation tente confusément de se faire de la part de leurs disciples intellectuels encore plus vérolés et encore plus corrompus, et qui veulent profiter de l'évolution de la mode pour balayer les vieux cons et se faire eux aussi leur beurre. Un changement de génération.

    Camouflé par leur modernisme afin de réduire au silence les vieux cons de l'autre bord, ils se lancent dans une prise de pouvoir totale, avec capture de tout, c'est à dire en incluant, comme à la grande époque, le langage et la science. On va en avoir pour pas mal de temps avant de s'en débarrasser. 

    En tout cas, cela illustre que comme partout, il n'y a pas de prise de parole publique qui ne soit assise sur des concepts déployés et étudiés au préalable, et partagés dans des communautés. On avait pas vu venir Macron, et pourtant c'est bien NKM qui a introduit le principe de précaution dans la constitution... 

    Car il y a plus: ce type de théories et de point de vues est, comme tout ce qu'apporte la gauche avec sa corruption morale et intellectuelle, fondamentalement destructeur. De l'attitude globale de la société vis à vis de la science et de la raison et plus généralement du lien social lui même. Au nom d'une révolution toujours revendiquée spectralement par l'immaturité intérieure de jeunes cons brillants, on alimente un déclin et une ruine qui se voit de plus en plus et cela est navrant au delà du possible. 

    La décision à venir sur Notre Dame des Landes illustrera bien mon propos.  

    (1) étudiez Latour : http://www.bruno-latour.fr/node/362

    (2) l'article qui dénonce: https://www.contrepoints.org/2015/08/29/219668-lideologie-postmoderne-contre-la-science

    (3) l'histoire du glyphosate : http://www.forumphyto.fr/2017/11/06/le-thriller-glyphosate-pour-les-nuls/

    (4) la polémique de 2017 sur la sociologie  : https://www.nonfiction.fr/article-9145-haro-sur-la-sociologie-critique.htm

    (5) les mémoire de Chateaureynauld: 

    https://zilsel.hypotheses.org/379, https://zilsel.hypotheses.org/418, http://zilsel.hypotheses.org/458.

    (6) Kuntz encore: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2124

    (7) https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-3-page-191.htm

     (8) Un article de Sokal sur le post modernisme... http://www.physics.nyu.edu/faculty/sokal/afterword_v1a/afterword_v1a_singlefile.html

     (9) Bloor et le programme fort http://www.persee.fr/doc/rfsoc_0035-2969_1985_num_26_3_3968

  • Bach et Vivaldi et Reich

    Bach a beaucoup pompé, ce sont ses femmes qui ont tout fait, parait il, mais aussi sur Vivaldi. 

    BWV1065=RV580 et 4 clavecins remplacèrent 4 violons. 

    On connait les 4 pianos avec Argericht:


     

    La frénésie du largo, qui arrive tout doucement après une introduction grandiloquante, et qui EST du Steve Reich, est absolument pharamineuse. Le 3ème mouvement en fait, ne lui cède en rien ou à peine.

    En fait c'est du Vivaldi, voilà l'original: 


    Le larghetto au moins aussi dément au violon, est en 4:30

    Il y a aussi un Bach très bien joué (ah le son...) :


     

    RV580 fait partie de l'Opus 3 (l'Estro Armonico). Il date de 1711. 

    En 1730 Bach doit alimenter la musique de Leigzig, très au delà de ses petites cantates, et il recycle, mais génialement, des transcriptions de quand il était jeune. On imagine les Bach (ses fils devaient être de la partie) en train de s'agiter sur leurs instruments... 

    L'ensemble est à travers le temps, l'espace et la musique la consécration d'un même plaisir, une seule chose en fait, mais qui ne se laisse pas aisément définir...

     

    On avait parlé de Steve Reich ? 


     

  • Les individus

    Alors que la question de l'individuation avait été tranchée, du moins pour les happy few, par l'haccéité de Duns Scot, la question est rebelotée au XXème siècle par le grand penseur de la technique, Gilbert Simondon. Par la même occasion, on dit que "Simondon est le philosophe de l'individu".

    Il est aussi, il faut le rappeler un penseur "positif" de la technique et explicitement, se déclare opposé à toute opposition entre technique et culture. Au siècle du techno pessimisme heidegerro ellulien et après une élection présidentielle marqué par un candidat qui voulait taxer les robots, un grand courant d'air frais. 

    Le thème, exceptionnellement riche, couvre l'individu, mais bien sur l'objet technique et aussi la nature de la vie. 

    On commencera par rappeler que la technique suprême, en l'occurrence l'informatique, qui s'évertue telle la fofolle à vouloir simuler l'intelligence, a grand tort: elle devrait commencer par la vie, et je ne parle pas des automates cellulaires à quoi ces fainéants de programmeurs se sont arrêtés: la vie avec sa transmission etc mériterait d'être plus que tripatouillée par les trafiquants de bébés. On en reparlera, mais le modèle de la machine parfaite n'est pas le cerveau, ça c'est l'ancien monde, mais bien l'animal et pour commencer la chtite fourmi, voire l'abeille. Heureusement, à l'écart du buzz, des gens travaillent, du moins il faut l'espérer. 

    L'influence des lectures de Bernard Stiegler est évidemment revendiquée, mais rien n'empêche d'aller à la source, tout en louant le sémillant repris de justice pour ses stimulantes vidéos et oui, malgré tout, pour son approche positive de la technique, qu'il en soit remercié et félicité.

    Schrodinger

    Tout d'abord, il faut parler des origines de ce type de considérations, le "What is life" de Schrödinger, précurseur par intelligence du rôle de l'ADN, qui décrit la vie comme rupture par rapport à l'entropie destructrice, comme bouffeuse de négentropie, et aussi basée sur un cristal forcément stable qui en assure la reproduction. En 1944, du génie pur.

    Au passage, S. décrit la conscience individuelle comme partie d'un grand tout spirituel, sort de ce corps maudit Averroës, tu ne crois pas à l'individu. Il faut savoir que la question est toujours d'importance: qu'est ce que le fameux "commun" dont se gargarisent les islamo-gauchistes, sinon la perspective d'un grand tout dans lequel nous pourrions jouir tous, enfin mélangés ? 

    Il faut évidemment évoquer cette histoire de néguentropie, qui a fait couler beaucoup d'encre. Il faut voir qu'identifiée à l'information elle fit fantasmer. Popper en personne s'éleva contre Brillouin et les conceptions coupables qui sembler vouloir subjectiver la néguentropie, avec Dieu pas loin. Car il faut comprendre que la connerie relativiste et idéaliste a en fait beaucoup sévi au XXème siècle, les trous de l'interprétation de la mécanique quantique et de la thermodynamique ayant été exploités pour y glisser des créatures vues comme indispensables à la marche du monde.

    L'affaire se finira bien, et on a aujourd'hui une conception de l'information comme partie intégrante de la physique, sans aucun sujet nécessaire (ouf), le démon de maxwell compensant l'entropie qu'il détruit par ouverture de la trappe à particule qui va dans le bon sens en faisant tourner un programme qui doit effacer ses registres et DONC créer de l'entropie. Landauer et Bennet vont même jusqu'à réduire (au sens de réductionnisme) le "software", qui n'existerait pas ("l'information c'est la physique"). La cybernétique c'est donc la science de la réduction localisée et temporaire de l'entropie, on en vient donc à ce qui fut dit plus haut. 

    Scot et Simondon 

    Faisons tout de suite justice de la pensée de l'individu, Simondon pompe Scot (2), la nature commune qui avec l'haccéité fait l'individu étant devenue la "pré-individualité". 

    Et puis il y a l'hacceité de Scot, l'écceité de Simondon et l'héceité de Deleuze... Serait ce le "dasein" de H. ? (Etre là). Au fait pour Simondon, "ecce" c'est "voici", alors que pour Scot c'est "haec" "cette chose".

    Il faut réaliser que nous sommes là au coeur de la solution scottiste au problème des universaux: réalisme du commun et nominalisme de l'universel. La nature commune est le réel, moins que l'unité, c'est la nature humaine, ou l'"intellect général" (le célèbre concept marxiste de savoir commun exploitable) , individuable mais non prédicable; le concept, l'universel est prédicable, mais non individuable. Les notions d'identité et d'unité ne s'appliquent qu'à l'individu, pas à la nature commune ! Et puis, bien sur, l'individu garde le pré-individuel à disposition et donc le commun qui permet la trans-individualité: le collectif se trouve alors rendre possible une forme supplémentaire d'individuation, et ça c'est Simondon qui le dit. 

    Simondon critique les deux classiques types d'individuation: par l'hylémorphisme et par la substance. Il reprend en gros la critique de Scot, quoi, en se faisant Spinoza au passage. Simplement il critique explicitement l'antériorité de l'individualité dans ces systèmes et veut l'individuation, le processus d'accès à l'individu comme premier, c'est la "transduction", concept de l'opération d'individuation. (le mot est bien sur choisi pour qu'il ne soit ni "induction", ni "déduction"). Le terme serait repris des pédagogues des années trente, l'évolution de l'enfant se faisant bien sur de manière "spéciale". 

    L'image de la formation d'un cristal est utilisée: un milieu amorphe méta stable, une impureté et la croissance, la transduction du cristal qui devient ce qu'il est... Et c'est parti pour considérer l'apparition de la vie, on vous l'avait dit. On se retrouve donc dans le domaine de l'élimination du concept de création du monde et même de celui du rapport cause effet: l'être est fondamentalement métastable et l'effet, l'individu en est une rupture d'équilibre.

    La nature ainsi n'est pas ce qui existe, mais le principe de l'existence, le "transcendantal" (parfaite application de la signification du mot) de tout individu. Ca c'est de la philo. 

    En parlant de philo, le pré-individuel se rattache à l'apeiron d'Anaximandre, le philosophe ionien, successeur de Thales à Millet (extrême ouest de la Turquie, en face de l'île de Chios, en pointe de l'actualité). Il fut lui même suivi par Anaximène, partisan de l'air comme substance première.

    Le technique

    Une extraordinaire image de S. utilisant le statoreactor de Leduc: l'individu technique peut n'exister que comme antéléchie (chose qui ne tient sa perfection que d'être en acte): le statoreactor a besoin de vitesse pour fonctionner. 

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    On a ainsi une magnifique définition de l'industrie: quand énergie et information ne passent plus par le même canal et se séparent: le souffle du verrier est artisanal. Et puis malgré tout, l'électronique et les télécommunications modernes (c'est S. qui le dit, il est mort en 1989) se font dans une sorte d'atelier laboratoire; et bien cela est strictement vrai. 

    Mais il y a mieux ! S. se flatte de critiquer l'objet technique en le situant en rapport avec la mentalité technique. Le paquebot de croisière lourd et disgracieux n'est pas un "navire". 

    Deleuze

    Il faut savoir que Deleuze, venu après Simondon, a une conception de la singularité différente, mais aussi similaire dans le sens de "pompée sur". Par contre, désolé, Deleuze m'est totalement impénétrable. Il y a bien cette histoire de "rizhome"(4), et les multiples citations que des gens pénétrés (de part en part) en font, mais cela ne change rien à l'affaire: Deleuze ne me dit rien, absolument rien, du moins pour l'instant. Par exemple, l'"intensité involutive"  comme "concept antiextensionnel du multiple", sensée exprimer la "différence", est pour moi un charabia absolu dénué de signification, sinon l'entrelas tordu de pensées vagues qu'un vieux salopard agite afin de me dominer. C'est pas ça, tas pas compris etc. En plus pour des raisons obscures, il considère que la transduction ne peut s'appliquer qu'à la vie, d'où son concept d'"intensité"... N'importe quoi.

    Car il est possible (mais pas certain, je suspends mon jugement) que Deleuze ne soit rien, sinon un gros baba infatué, supra intelligent, capable de driver une salle de bistrot entière pendant des heures dans l'opacité des fumées variées de son époque, mais rien de plus: ce n'était que du baratin ambigu et contradictoire abscon.

    Simondon, longtemps exclusivement connu à travers les citations que Deleuze pouvait en faire, est maintenant abordé en direct. Allons y.

    Revenons au cristal: et la vie alors ? Et bien se pose la question de la relation entre le gène et l'organisme et du processus de construction de l'organisme, pas entièrement contenu dans le gène, bien sur. La vie suppose alors une transduction allagmatique (qu'est ce qu'on se marre) c'est à dire avec des trucs en plus, penserait-on là l'épigénétique?  La chose décrit aussi l'apparition par émergence de la vision binoculaire; en tout cas l'individu de par la transduction est fait de tout son passé aussi et aussi de son histoire et de tout ce qu'il n'est pas. La nature saute: Natura fecit saltus. Simondon pense donc l'histoire de toute la vie, de l'individu qui n'est jamais mort etc, bref l'évidence (en tout cas pour certains) de l'ancrage du vivant et de ses inventions successives dans tout le vivant. 

    Au fait, le coup de la vision binoculaire introduit le concept de "disparation", différence entre ce que voient les deux rétines et qui fait émerger une belle image en relief issue de la tension entre deux.

    Une pensée holiste qui doit séduire les bobos ou bien un anti scientisme fanatique ? La preuve scientifique de l'existence de l'habitus ou la justification des théorie racistes ? Chacun peut bien manger ce qu'il trouve sur la carcasse, moi j'y voit un intelligible convaincant. 

    En tout cas les processus d'individuation de Simondon s'applique à des objets variés, pas seulement la vie, mais aussi les normes et les objets physiques et techniques.  

    Cyborg

    On ne peut pas ne pas évoquer un élément fondamental de l'individuation, en l'occurrence le cyborg, introduit par Donna Haraway dans sa géniale métaphore de l'indistinction des sexes et donc de l'égalité des humains, avec la machine comme médiateur: c'est bien ce que décrit Simondon avec sa transindividualité technique. Il y a fusion des séparés c'est ça l'idée... 

    On en vient alors à la nature des relations entre individus, communications entre les pré-individuels, et donc principes d'exposition à ce qui peut continuer à s'individuer (vaste programme). Par contre, Simondon ne théorise pas le collectif comme individu. Pour lui, ce sont les régimes d'individuation eux mêmes, permanents et étendus à tout qui sont premiers: ouf. 

    Au passage, on glosera sur le fait que le "singulier", marque indice déclancheur dans le pré individuel (un caillou qui glisse) se distingue de l'individuel, constitué et autonome. Par contre, chaque individu est singulier, bien sur... 

    Il y a aussi la relation avec l'objet technique lui même, qu'il soit qu'abstrait (des règles, des programmes) ou concret (des machines) peut accéder au rang d'individu, et alors devenir l'allié de l'humain. Cette cohabitation entre individus humains et machines les uns issus des autres, hors des fantasmes de la robotisation de l'humain, et aussi de l'humanisation des robots, et bien c'est pensable, la preuve. 

    Serait ce pour cela que Simondon est aussi un penseur de la "différence" ? Ainsi, à rebours de la position "holiste" pensant l'individu comme un tout inséparable, la pensée technique conçoit la machine comme "maintenable": on peut lui changer son bloc moteur... A l'époque de l'obsolescence programmée, qu'on veut interdire, la chose est savoureuse.

    Politique

    Il y a bien des interprétations politiques de tout ça, et on comprendra bien la chappe de plomb scellée de la main gauche qui recouvre Gilbert. Serait il le penseur de l'horrible libéral ? 

    D'abord, l'individu émergeant et tout s'auto organise jusqu'aux relations. Même si l'individu roi et le contrat léonin sont soumis aux processus, ceux ci restent autonomes. Et puis les contrats sont basés sur l'"accord". Quelle plus belle définition du sentiment moral de confiance qui bien sur préside à tout contrat ? 

    D'autre part le collectif est formé d'individus qui ne sont pas les membres spécialisés d'un corps mais des êtres homogènes en interaction permanente. Naturellement c'est l'information échangée qui constitue les liens de ces relations. Et l'internet alors, il faut le "réguler"? La disparation est nécessaire au collectif, bien plus que le consensus: S. est favorable à la tension, bien plus créative. Non au centrisme ! 

    Au passage, une très belle distinction entre autonomie et indépendance: l'autonomie est antérieure, et capable, par filtrage de l'information de conduire à l'indépendance. On ne saurait mieux dire... 

    Au sujet du travail, et bien on le remplace par l'"activité", dirigé par l'individu à l'écart de l'aliénation, du bricolage de loisir et bien sur de l'oeuvre de l'artiste ou de l'intellectuel: le hacker, programmeur solitaire a donc son statut. Mieux ! Les travailleurs cognitifs pourrait être comparé aux anges de Scot: individualisés mais sans action directe, sans corps, ils participent d'un concert collectif ! 

    Reprenons l'intellect général de Marx: il est présenté dans un texte périphérique (les Grundrisse) comme ce qui rend caduque la valeur travail et la valeur d'échange, en contradiction d'ailleurs avec le reste du marxisme, et dont la généralisation provoquera l'avènement du ... communisme !!!! On avait donc raison de s'en prendre à Richard Stallman ! 

    Il y a aussi l'émotion, qui permet à l'affect d'individualiser le collectif. La passion est donc active ici et non pas comme dans la tradition passive, et c'est là que S. conçoit le spirituel: là où apparait une réalité soustraite à l'intentionnalité. C'est là qu'il attire d'ailleurs une certaine hostilité: cela prouve-t-il Dieu? Non en fait, par contre, cette histoire d'intentionnalité semble plutôt montrer un gout pour l'individualisme explicatif...

    Au fait, rappelons ce qu'est le spirituel pour Foucault: une pratique qui suppose que le sujet n'a pas la vérité, mais peut être sauvé quand même. Il faut bien un extérieur mais ici, pas de collectif... 

    Mieux, Simondon explique l'évolution de la pensée, à l'écart de la philosophie, qui au moment des grecs, H. nous l'a assez dit, n'était pas technique: le magique se serait dédoublé, en religion et en technique, d'où la suite. On a donc ici la fusion entre les deux thèmes de S., ce héros: l'individu et la technique, et par dessus tout, l'humain.  

    _______________

    (1) Un numéro consacré à Simondon http://journals.openedition.org/appareil/1738

    (2) Scot et Simondon les anges et les travailleurs cognitifs https://www.cairn.info/revue-multitudes-2004-4-page-33.htm

    (3) https://www.academia.edu/31894400/Differences_in_Becoming._Gilbert_Simondon_and_Gilles_Deleuze_on_Individuation

    (4) La pensée relationnelle : https://www.cairn.info/revue-multitudes-2004-4-page-15.htm

    (5) Simondon et Star Wars http://revel.unice.fr/alliage/?id=3487

    (6) S. lui même https://www.cairn.info/revue-philosophique-2006-3-page-343.htm

    (7) Multitudes https://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=MULT_007_0103

    (8) L'intellect général http://www.alterinfo.net/LE-MARX-DU-GENERAL-INTELLECT_a50908.html

    (9) le rhizome, c'est pas le réseau, dont les branches sont issues de noeuds. Les branches en partent de n'importe où. La différence, importante est une compréhension profonde: Deleuze est géniaaaaal! 

  • Les populismes

    Débat féroce à gauche, réflexions partout, le mot est super mode et ressemble au poisson pas frais que les gaulois du village d'Astérix se balancent à la figure. 

    Au fait, la récente exposition Goscinny au musée du judaïsme fait penser que l'irrédentisme d'Astérix c'est aussi celui des juifs, leurs rois sont sur Notre Dame, et l'auteur du petit gaulois est un malicieux cosmopolite juif, héros d'une expression publique à destination du peuple... Pas mal la parenthèse, hein?

    Revenons aux théories sur le populisme. Il y a plein d'auteurs. Comme tous les intellos (presque) sont de gauche, la question est à gauche et taraude le senestre mais, et c'est ça qui est marrant, dans tous les sens.  

    Populisme de gauche

    D'abord Jacques Rancière, avec le "Haine de la démocratie". Cette haine est bien sur celle des élites qui ne veulent pas voir le peuple voter contre leur cher référendum de 2005. Parangon du souverainisme de droite la haine du traité de Lisbonne fut bien initiée à gauche, Laurent Fabius, le très bourgeois écologiste du conseil constitutionnel en fut bien le traitre, par haine de Hollande, il se réconcilièrent plus tard... Les bourgeois libéraux détestent donc la démocratie, la vraie, celle du peuple, d'ailleurs le mot est une insulte lancée par l'aristocratie grecque.

    Les bourgeois de gauche responsables de la très sincère (tu parles) expression populaire n'ont rien à voir avec tout cela, le peuple avait parlé. Déchiré en deux le principal parti d'opposition et donc la gauche de gouvernement ne fut en rien responsable du fameux vote. Quand à la haine de la démocratie, tu parles, les congrès du PS l'ont manifesté depuis longtemps. Au fait, on bourra les urnes lors de l'élection de Martine Aubry...  

    Rancière est avec Etienne Balibar un ex althussérien. On ne dira jamais assez comme le pauvre fou assassin de sa femme me fait pitié, mais cette pitié s'étend aux deux penseurs, debout sur les tables contre El Khomeri l'année dernière, et dessous depuis avec leur auditeurs. On imagine qu'ils désapprouvent celui pour qui ils ont voté contre Le Pen... La notion de populisme est particulièrement éclairée par ces deux attitudes. Les peuples sont superficiels.

    Nuit debout fut l'occasion d'un populisme néo-toutou dirigé par le spinoziste Lordon, qui expliqua à Macron le concept de "passion triste" que depuis il ressort à tout bout de champ... Les mouches ne s'enculent pas avec du vinaigre. 

    On a donc la re-théorisation d'un populisme de gauche. Ses héros en sont bien sur Chantal Mouffe et son mari, Ernesto Laclau, les théoriciens de méluche(1). Adeptes d'un combat entre adversaires, (et pas entre ennemis) mais théoriciens du combat, auquel s'identifie, selon Schmitt le politique, ils veulent radicaliser la social démocratie.

    Ils sont tous des "post marxistes". En gros des représentants d'une tentative de grand remplacement du concept de lutte des classes...  

    Une grande constance malgré tout: la perception que les expériences sud américaines sont marquantes pour l'histoire de ces beaux concepts: qui peut en vouloir aux "peuples" argentin, boliviens, cubains, vénézuéliens, nicaraguéiens, ramassis d'indiens abrutis de drogues et de tatouages sur leurs faces aplaties, conglomérats informes de crétins congénitaux donc, de vouloir l'égalité absolue dans la misère totale que leur concocte leur dictateurs d'opérette acharnés à imiter pour toujours la vision qu'en avait tintin? Populiste moi? Est ce cela un "peuple" ?

    On parlait de Mélanchon, hurlant sa rage de devoir expliquer par un complot d'Obama les pénuries de papier hygiéniques et aussi d'essence qui affligent un pays pétrolier de la zone bolivarienne à laquelle il postule. Et bien il représente une élite française pour qui les demeurés semi esclaves de ces zones barbares marquées par la violence et la passivité les plus extrêmes constituent ce qu'on appelle un peuple. Ah les maracas et la rumba ! Sans parler des putes, à un euro la pipe, merci l'absence d'exploitation de l'homme par l'homme pour tes tarifs sympas. Plus l'effroyable connerie socialo communiste, ah que ça me fait marrer tous ces intellos qui allaient offrir leur femme à Castro en cadeau rituel. Même mitterand: mémère en était dingue du vieux salopard moustachu. Capable de discoursd de 8 heures, le gros vicelard devait assurer sur tous les plans. 

    Populisme de droite

    Trump, l'abominable Trump serait bien sur un populiste. Quoique: en butte à un congrès hostile, il fait face à une opinion partagée, plein d'ennuis du à une justice qui n'est pas aux ordres et à une société civile qui n'est pas du tout d'un seul bloc. En fait, malgré ses discours électoraux, il a surtout gagné par surprise, l'indifférence ou la haine pour son adversaire, la hideuse harpie politiquement correcte, ayant essentiellement fait la différence. Trump est élu par les abstentionnistes noirs et autres, qui n'ont rien compris à Obama et surtout qui ne pouvait pas adhérer à une forme de populisme libéral moderniste qui commence à sortir par les yeux de tout le monde aux US. Malgré les sondages, tout sauf clinconne... 

    On doit parler du Front national. Ecroulé par sa stratégie anti europe dont le populisme fut éreinté en public lors d'un débat où la très médiocre grosse blonde, qui sous le doux nom de "marine" a fasciné une génération entière de crétins qui espéraient, a joué son rôle de faire valoir, son score ignoré par la propagande n'ayant eu aucune importance. Ah si! Elle battit de 1,2 point le candidat de la droite au premier tour: ça c'est très fort, les 2,5 % d'un obscur gaulliste à vieilles dames ayant séduit ce qui reste de moralisme dans la partie la plus débile et la plus inconséquente de l'opinion anti européenne. 

    Une remarque indispensable: le macronistapsisme est un populisme au sens strict: le leader charismatique, les fascinés qui célèbrent un culte à la grand mère et au chien, les hurlements du chef, sa surhumanité (il ne dort pas), et aussi le garde chiourme à la condamnation infamante prescrite et au double langage permanent. La totale. Au pouvoir en plus: on se croirait chez Peron, avec une évita ridée, voire plus haut. 

    La thèse semble plaisante, mais elle est à la fois intéressante et largement fausse: historiquement Macron est une sorte de Rienzi: il récupère le socialisme mort (comme on dit un "poisson" mort) pour une période de quelques années. Il utilise pour happer rapidement les mouches enculées un coup de langue populiste, mais ne l'est pas vraiment: le cadavre sur lequel il prospère n'a pas encore commencé à puer: car il avait récupéré à cause d'une vilaine affaire les volontés et les votes résignés de ce qui aurait pu être la dernière tentative d'échapper à l'inéluctable. Le déclin était entamé, maintenant c'est la pourriture qui s'installe... A la prochaine fois ! 

    Il y a aussi Christophe Guilluy et son "insécurité culturelle" (voir Fassin plus bas, en 5). Les élites ont complètement abandonné le peuple blanc dont elles sont issues, les assimilant à des retraités ou à des racistes, le caractère populaire et folklorique étant exclusivement géré par les africains, c'est vrai c'est eux qui nous ont civilisé il y a un million d'années, il ne font que revenir chercher les fruits de leur patience et les compensations de nos méfaits. Tout ça en musique, la leur est vachement bien d'ailleurs. Les pauvres blancs qui restent, non content de se faire insulter par Obama flippent leur race; on s'en fout, ils sont minoritaires et surtout abstentionnistes. 

    Ce peuple (soit disant à droite) que défendent les souverainistes et autres anti libéraux de droite est plus un substrat négatif et inerte qu'autre chose. Abstentionniste on l'a dit, il faut savoir qu'il fut longtemps à gauche et qu'il paye au moins partiellement par sa condition l'effroyable connerie et inconséquence de ses idéaux passés: c'est bien en son nom qu'on a verrouillé la société et suscité le chômage dont il souffre, et l'immigration qu'il refuse d'assumer. Pour ceux qui visionnaires, s'étaient engagé avec Le Pen au début, triple bravo: ils ont aidé leur ennemi avec une efficacité redoutable (voir plus haut). Ce peuple là est malheureux et il est français. Mais ce n'est pas de sa clairvoyance qu'on tirera grand chose... La pourriture s'installe, s'enracine, s'enkyste. 

    Anti populisme de gauche 

    Sandra Laugier et les Wittgensteiniens (2): d'abord il y a la question de la signification politique des écrits de Wittgenstein, liés à la notion de l'accord nécessaire à la possibilité du langage, au coeur des considérations philosophique de W. Celui ci continue à susciter des interprétations variées, fondamentales et à évoquer. L'ampleur des problèmes fait qu'il faudra s'y remettre séparément. 

    On a donc la critique du concept en (3): le mot (populisme) n'est pas réutilisable "positivement". Bien au contraire, il ne faut pas l'appliquer inopportunément, les "mouvement" étant en fait ce qui manque à la démocratie pour bien fonctionner... On est donc là, un petit peu, dans le populisme, mais non revendiqué, son caractère négatif étant nié.

    Car le populisme, et là on devient très fort, est en fait une négation de l'intelligence du peuple car le populiste, parlant au-nom-du peuple lui enlève la capacité de parler lui même... En bref, l'éloge de l'énergie obscure du fameux substrat est en fait un mépris. 

    Les intellos refusent ainsi le concept. Tout comme Eric Fassin (4, 5), d'ailleurs. Le très subversif dégenré alternatif de la convergence de toutes les luttes veut un foutoir total, mais qui ne sera pas populiste, car celui ci n'est pas l'ennemi principal, non, mais le faux nez du "capitalisme libéral" . Ainsi, il connait ses ennemis et ne peut évidemment croire ni que le peuple déteste les assistés , ni qu'il est en "insécurité culturelle" vis à vis de l'immigration. Scientifique et rationnel en diable, comme toujours. De fait, en refusant le "populisme", on promeut son contraire, les initiatives des "mouvements" intelligents, élitistes et spontanés... Pas mal la figure de style, non ? Le gauchisme trouvera toujours quelqu'un à sa droite... 

    Les voilà donc les élites dont le populisme de droite se plaint: les "mouvements". Ils infectent les médias et la communication officielle. Formé à la communication, ils ne font que ça: justifier leur subventions en les revendiquant au nom de futilités variés depuis la célébration de l'esclavage d'il y a deux siècles, jusqu'au changement de sexe en passant par l'autoinjection d'embryons de culture. Détruisant tout sentiment d'appartenance basé sur l'habitude, le bon sens, l'habitude justifiée ou tout simplement l'esthétique, ils ostracisent et jettent à la rue tout ceux qui ne se prosternent pas devant eux. On est très loin des technocrates néo libéraux. Ont ils fait alliance ? 

    Et bien c'est la question. Elle traverse la gauche. En gros, qu'est ce qui soutient -objectivement- les fameux traders de tout qui rongent la planète ? Les masses fascistes xénophobes qui ronchonnent dans leurs campagnes abandonnées (les victimes du populisme de droite) ou les ultra libéraux du cul amoureux des migrants, métissés du bulbe, promoteurs de la tolérance à tout (les victimes du populisme de gauche) ? 

    On distinguera dans la deuxième catégorie les auto sexués partagés entre gauchistes extrêmes, forcément séduits par le confort macroniste qui consiste à être subventionné pour protester, bref les ultra libéraux qui se foutent de tout pourvu qu'on aie la tune et la dope; ET le populo déclassé drogué à l'assistance sociale qui passe sa vie chez le médecin hospitalier, dernier temple de la consommation à pas cher pourvu qu'on soit marxiste. Ici, le vin rouge se fait concurrencer progressivement par le cannabis. 

    J'oubliais le dernier peuple,  le peuple africain, formé de l'ensemble de toutes les ethnies non européennes que l'on a pris l'habitude de qualifier de l'expression "classes populaires". Le populisme ne s'adresse pas à lui directement mais indirectement, de manière positive (il est l'un des supports du gauchisme revendicateur à flatter), ou bien sur négative (l'horizon du grand remplacement menaçant, carburant de l'extrême droite). Ce peuple là, le peuple négatif, n'a absolument aucun avis intéressant. Hors de la "démocratie", il n'est que référence, trou à subventions certes, mais d'une ampleur encore faible. Il est purement fictif, simplement menaçant, et exclusivement présent sous forme de revendication débiles comme le droit à la mosquée pour tous à nos frais, ou pire, le droit de vendre son cannabis frelaté au nom de la mort du petit adama dont on célèbre l'anniversaire de délinquant athlétique (3 fuites éperdues successives avant de mourir d'asphyxie) en protestant contre l'acharnement policier (le reste de la fratrie est au gnouf pour trafic de drogue ou rébellion). Ce peuple là, on va le voir de plus en plus, de plus en plus de visionnaires vont évoquer la nécessité de son départ semi forcé... Il ne s'agira donc plus de changer le peuple, mais de le ramener chez lui.

     Popolisme ? 

    Reprenons car on s'y perd. On peut en dénoncer deux celui de droite et celui de gauche, ou bien les deux en même temps, en les identifiant ou non. On peut excuser l'un et condamner l'autre, on peut critiquer le concept lui même pour mieux excuser ou non l'un ou l'autre ou les deux. On peut revendiquer l'un ou l'autre, mais une chose semble structurellement impossible: revendiquer les deux en même temps. Quoique. 

    Pour la définition, on pourra se référer aux écrits cités, mais aussi tenter de parler du mystérieux pouvoir qu'aurait implicitement une masse de crétins analphabètes exclusivement consacrés à leur survie et à leur pulsions. Capables des pires atrocités pourvu qu'on les stimule, ils se mangeront entre eux dés qu'ils le pourront. Rien ne peut en sortir de lui même et qualifier avec des larmes dans la voix de "peuple" cet ensemble n'a tout simplement pas de sens hors d'une préférence qui ne peut être que familiale. L'assumer hors du choix national et encore m'a toujours paru suspect.

    La référence à ce peuple comme détenant une "vérité" intrinsèque est donc ainsi selon moi absurde, et n'a pour but que d'alimenter le pattern "populo", et donc de graisser le fameux grigri qu'on brandit dés qu'on peut. Le grigri n'a de pouvoir magique qu'à condition d'y croire, ou d'avoir la cynique ambition d'y faire croire, quoiqu'on veuille faire avec. Le célébrer où qu'on soit dans sa chaine alimentaire est profondément dégradant et honteux. 

    Car il n'y a de politique non seulement que de conflits, mais de volontés. Et celle ci n'est pas celle d'un peuple, le peuple, ensemble des membres de la nation n'a pas de volontés, mais les pulsions de la foule. Il peut par contre se diriger et exprimer ses souhaits dans des procédures organisées, le droit symbolique à cela étant la seule chose qu'on puisse décemment lui accorder, et d'ailleurs sans exclusive car on ne peut trier dans la médiocrité. La volonté générale est un mythe, et la fameuse bonté originelle n'est que la négation de son contraire, il n'y a pas, je vous le rappelle, de péché originel dans le monde politique qui n'a d'ailleurs pas de notion de l'individu. 

    Un petit "a parte" là dessus: les références bibliques et plus généralement les symboliques religieuses ne mentionnent (presque) jamais de responsabilité "collective". On a toujours un seul héros ou personne sensée "représenter" tout un chacun. On pourrait penser que c'est l'"intelligence" de la parole mythique qui fait office d'opérateur et qu'on peut projeter cela sur du collectif: en réalité quand le mythe veut représenter le peuple il le fait, et donc Adam, ou Hercule sont bien des individus. La réflexion sur les individus concerne les individus et un individu, quand il peut être héroïque, n'est absolument pas un peuple. Les symboliques qui lui correspondent (péché originel, héroïsme, droit d'alerte) ne sont qu'individuelles et n'ont rien à voir avec les droits attribués collectivement. Il est dangereux et faux de faire la confusion. 

    Le paradoxe démocratique

    Il y a aussi dans le peuple sujet de la démocratie des tendances liées à son obscurité de foule. Tendances à l'autodestruction, pulsion de mort collective indéterminée, irrationalisme fondamental.

    Car le support du marché doit absolument être idiot, erratique et crétin. Ce n'est que dans des conditions structurelles bien calculées que sa bêtise foncière peut s'écouler et générer de l'optimum par hasard... Cette nécessité est bien sur combattue par tous les tenants de l'organisation centralisée, ceux qui voudrait doter le foutoir ivre de la foule d'une rationalité immanente dont la connaissance des mécanismes permettrait de sélectionner le dictateur, ou l'animateur, c'est selon. 

    Nous avons ainsi, à la source du choix "démocratique" une force obscure irrationnelle, un inconscient doté de fantasmes avec des pulsions symboliques variées mélangeant absurde, cruauté et bestiale sentimentalité. Tout le freudisme peut être injecté dans ce trou à rats fondamentalement désordonné. C'est pourtant là que l'on va décider en faisant voter le machin. Il faut bien comprendre, et je l'affirme, qu'il n'y a pas de garantie quand à l'optimalité du choix. Pire, il peut être déraisonnablement mauvais et mieux (ou pire), marquer, suivant les peuples, des tendances coupables à la médiocrité officielle et à l'abaissement symbolique honteux. Il y a des grands peuples, et il y en a qui ne le sont pas toujours, voire jamais.  

    L'électorat qui s'est déshonoré à élire un Hollande, sous le prétexte de se débarrasser d'un Sarkozy, ne mérite aucune estime particulière, par exemple. Une génération de cons à sacrifier. Le choix suivant fait il y a peu fait craindre le pire, je le crains.

    Les sondages

    On en vient aux sondages, et au rôle trouble joué par les très scientifiques sondeurs de l'erratisme collectif, persuadés et presque toujours à juste titre, de faire de bonnes prédictions. Se substituent ils à la volonté populaire, ou l'expriment-ils ? D'abord les questions posées ne sont intéressantes qu'en référence à une action effective, qui ne peut être que le vote, le sondage étant calibré pour être bon sur ce sujet, les constantes de l'irrationalité des choix ne changeant que lentement, et encore... La précision du sondage s'étend à la période qui précède le vote de peu, et encore, il faut un battage médiatique suffisant pour faire réfléchir ceux qui ne vont pas s'abstenir (30 à 40% de l'électorat, tout de même). 

    Le reste est évidemment improuvé, improuvable hors de savantes statistiques faites par les commanditaires des sondages portant sur les consommations de produits, et qui ont surtout pour objet de sélectionner parmi tous ceux qui convoitent le poste de directeur du marketing. Ce n'est bien sur pas à coup de sondages qu'on dirige les entreprises industrielles, et accéder au rang de super cadre à la fortune infinie n'est pas donné à tout le monde. 

    Il y a aussi les sondages "généraux" sensés classifier les composantes du peuple en type sociaux et consommatoires. Sont ils autre chose qu'un calibrage préalable des sondages commerciaux, business essentiel des instituts en question ? 

    On a pu croire que l'activité sur les réseaux dits sociaux mesurée par des sondeurs un peu pirates pouvait se substituer aux "vrais" sondages. L'actualité prouva que non... Les mesures "sociales" ne sont pas orientées hélas, et l'intensité de la pratique d'une activité d'abord addictive ne peut rien prouver de général,  à part les épidémies de grippe, et encore.  

    La navigation dans les détroits

    Les conceptions du collectif qui fait l'objet de ceci font penser aux attitudes possibles de l'individu membre de la foule. A la fois membre et juge de la fourmilière qui l'entoure, il ne peut avoir que peu d'options.

    Se laisser ballotter par les sondages, et en lisant régulièrement les journaux. La bourse des opinions est ouverte, et il faudrait suivre le vent. Acheter et vendre sur le marché, en gérant ses intérêts. C'est bien sur l'attitude sinon majoritaire, du moins axiale et même si on peut s'en écarter, cela ne serait que folie que de ne pas construire sur le principe. 

    On peut aussi délirer dans ses fantasmes d'un avenir meilleur et intriguer pour un camp en influençant autant que possible la marche des choix, quitte à tenter d'influer sur les sondages. Sincérité oblige, et prise de parti dans le sens d'une volonté éclairée par la possibilité de choix politiques orientés vers un possible calculé. En citoyen, quoi. Simplement, ce type d'attitude est difficile à distinguer de la folie pure et simple d'un manipulé par des populismes... 

    Car la prise de parti suppose l'accord et donc la soumission à ce fameux parti et à sa ligne, elle même inspirée par des intérêts particuliers pas toujours apparents. Le choix calculé en faveur de l'un d'entre eux est toujours risqué... 

    Le mélange des deux attitudes est lui aussi possible: n'en penser pas moins, mais toujours insulter les perdants de toute consultation, nécessairement mauvais et indignes de toute confiance. Le citoyen désespéré qui n'est pas de ce monde peut même vivre heureux, persuadé de la toute (im)puissance de son pessimisme, et toujours se réjouir du pire, en permanence forme apparente de la vie...  

    On peut aussi, c'est une autre forme du mélange, n'en penser pas moins mais rester courtois, et toujours garder confiance en le peuple, quitte à ne jamais oublier sa faiblesse constitutive et de toujours la conspuer. La courtoisie de l'Egyptien civilisé, malheureusement (ah que l'expression "malheureusement" sent son tiers monde désespéré) issu du pire des peuples d'abrutis que la terre ait porté mais gardant lui, seul au milieu des barbares, l'espoir d'un monde débarrassé de la connerie. Je vais m'acheter un tarbouche.

     

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    (1) http://www.slate.fr/story/138602/chantal-mouffe

    (2) Laugier https://www.cairn.info/revue-cites-2009-2-page-109.htm#re2no2

    (3) https://www.nonfiction.fr/articlecomment-9152-le-populisme-est-il-antidemocratique.htm#newcomment

    (4) http://www.laviedesidees.fr/Populaire-ou-populiste.html

    (5) https://chronik.fr/eric-fassin-gauche-doit-sadresser-priorite-aux-abstentionnistes.html

  • Les mensonges

    On nous ment. Le mensonge public caractérise l'expression publique. Qui ça on? 

    Le pouvoir en place, les médias, la société. Tout ce monde là se paye de mots et dit publiquement, délibérément, le contraire de l'évidence et du fait objectif. Il le fait avec aplomb, avec assurance et sans vergogne aucune. Récepteurs des messages en question, les gens, soumis à leur vie, à leur socialisation, jouent le jeu. Certains ronchonnent, mais ce sont des opinions personnelles. Qui ne peuvent influer sur la "vraie" vie. 

    L'intérieur ne s'exprime pas à l'extérieur: dénigrer Macron c'est se déguiser en communiste ou bien être demi fou (Mélanchon qualifia Le Pen de "demi folle"). Le réel est ce qu'on vous en dit. Rien d'autre.

    J'ai déjà ici évoqué le désaccord fondamental entre le lucide (moi en l'occurrence) et le médiatique, je dois en rajouter pour me faire comprendre. 

    Aujourd'hui, on parlera des migrants. 120 000 demandes d'asiles en 2016, comme en 2017, à 10 % prés (ça augmente). C'est le total de l'hébergement d'urgence, totalement saturé. Le droit s'applique et Pierre Henry, directeur de "France Terre d'Asile", y va de sa complainte (de sa plainte sur le manque de "mauyens"). 

    Henry nie l'inefficacité apparente du renvoi (un quart des illégaux renvoyés, tu parles, on parle en fait de 2%): ce sont les lois qui ont joué. On a alors le dilemne: les lois sont elles appliquées ou non? OUI dit il. C'est l'objet de la polémique: des lois trop sévères font de nous les coupables d'un quasi génocide. 

    Elles ne le sont pas: partout des clandestins en transit (dix ans en moyenne sans papiers entre deux régularisations). Le principe s'applique maintenant AUSSI aux soudanais et erythréens, évidemment gardés et "dissous" dans la masse française, accueillis avec enthousiasme par le bon peuple. On vous ment: les lois, celles là ne SONT PAS appliquées et on laisse se constituer un hinterland illégal migratoire dont le volume grossit inexorablement. 

    Les maires des grandes villes se plaignent: leurs mauyens sont saturés: que faire ? A Marseille par exemple, on a reçu cet été un migrant illégal, tunisien qui plus est (pays francophone avec forte immigration, celle qui vote en France pour les islamistes de leur pays), mais assassin ignoble de deux jeunes filles: un commissariat Lyonnais, trop occupé, l'avait relaché "dans la nature". De quelle nature parle-t-on ? Dans ces grandes villes on peut vivre sans papiers, dans l'univers urbain des décombres sans contrôles autres que ceux des ghettos devenus indépendants. Des populations entières vivent de trafics illégaux menés par des illégaux, alors le contrôle de l'immigration...

    Il faut comprendre que dans le monde médiatique pollué dans lequel nous vivons, cet argument du "hors contrôle" se trouve exploité: le bon Henry l'emploie lui même et veut nous faire peur pour nous forcer à nous soumettre, sachant que bien sur transformer l'Europe en forteresse est impossible... Ce débat là est bien sur avalé et recyclé: il faut réaliser l'urgence pour mieux donner les mauyens: Macron a-t-il compris qu'on avait là un moyen d'augmenter les impôts?  En bon gestionnaire, il lui faut gérer les choses et cela est la structure même du mensonge. Partagés, les tenants du Macronisme favorables aux enrichissements mutuels savourent en tremblant les délices du "en même temps" et espèrent de tout leur coeur que leur chef est un cynique...

    Mensonge triple: on fait semblant de lourder pour mieux empêcher les protestations contre un laxisme contesté par les protestations mensongères contre une sévérité excessive. Des menteurs aux ordres jouissent du mensonge. Ce rata communicationnel est infect: y a de la colle dans les petits pois. 

    Le cofondateur du parti du président qui a enrichi sa maîtresse en pillant la mutuelle ("mutuelle": il fallait le faire) qu'il dirigeait et qui s'estime innocenté par la prescription qu'on a obligé un juge à mettre en avant, nous dit qu'on a "décidé" pour Notre Dame des Landes (reporté à après Noël, avec un rapport de circonstances qui ouvre la voie à l'abandon) et qu'on va "coconstruire" la loi sur l'immigration. La franchise, l'honnêteté, la simplicité dégouline en puant. Tout est normal, c'est la démocratie, il fallait éviter Le Pen qui menaçait, honte à vous (si vous saviez comme j'ai pas honte) si vous avez voté pour elle au funeste second tour qui entérine la volonté expresse de dire le contraire de la vérité, toujours. L'innocence de l'éminente autorité parlementaire est un mensonge éhonté et inadmissible. 

    On passera sur Bayrou qui veut faire maison commune: il a menti dix ans à tout le monde en se faisant payer ses domestiques par l'Europe, on comprends mieux le pourquoi de son fédéralisme. Il a bien sur, en s'indignant sur Fillon dégueulé sa bonne conscience en trahissant, comme toujours, son camp. L'indigne, le lâche, le pourri, le traitre et la larve: tricard de chez tricard, il s'est fait sodomiser en plus et on ne peut que lui chier dessus, c'est tout ce qu'il mérite. Sa contribution à l'élection fut sans doute importante, on ne peut que le remercier encore. En tout cas, sa loi sur la moralisation, cynique abjection destinée à cacher ses turpitudes n'a qu'une sincérité: celle de la manipulation mensongère. 

    L'envoi de compte rendu d'enquêtes judiciaires à un homme politique en pleine campagne électorale signe le mensonge multiple et ramène bien sur à l'alimentation de la presse au sujet de Fillon pendant la même période: indépendance de la justice, rigueur des juges, respect des loi, absence de complot et d'officines spécialisées, tout cela mis en cause? Mais ce ne sont que des mensonges !  La belle défense: une enquête qui durera vingt ans vient de démarrer, soyez sur, on ne vous ment pas, on saura la vérité. Ministre de la justice en exercice, le successeur de Taubira, la grosse black hargneuse qui brandissait des comptes rendus d'écoutes pour mieux affirmer qu'elle ne les avait pas, donc fait de même, pour mieux faire pression sur un traitre à séduire. Qui cela peut il bien intéresser? Le mensonge de l'affirmation qu'une enquête est en cours, avec froncement de sourcils (le président fut autrefois dans le conseil des ministres de l'indélicat) est proféré sans rire. 

    Les impôts sont gérés de prés: les promesses électorales portaient sur leur réductions (taxes d'habitation, fortune, taxeqs plates et autres). 4.5 Miyards en plus seront prélevés sur les ménages dans le pays européen le plus endetté en train de se "transformer". Là on n'est plus tout à fait dans le mensonge, on est dans le dur: de plus en plus populaires, les bénéficiaires de cette tromperie semblent aussi content que ceux qui les baisent. Le gouvernement engage alors une lutte médiatique avec l'Insee dans l'indifférence générale. Le mensonge de la baisse des impôts est un peu mis à mal, mais à peine, on a demandé à l'Insee de n'en parler qu'à la veille de Noël. 

    La collection de papillons vérolés que nous envoient les journaux ne s'arrête pas là, je me réserve le droit d'ajouter des paragraphes.

    Le glyphosate n'est PAS cancerigène. Tous les rapports l'ont certifiés et c'est sur la base du lobbying nécologiste que l'Europe, puis Macron-Hulot ont, sublime décision débile qui montre l'étendue du désastre cervical en cours, ont repoussé de 5 ans et 3 ans l'arrêt du glyphosate, sous les horions des enfoirés, trop contents en fait de leur coup. 

    Un point général est que l'affirmation du contraire de la vérité de la part d'un pouvoir caractérise un exercice particulier de ce pouvoir qui s'appelle le fascisme. L'autorité fasciste s'exerce en faisant baisser les yeux, y compris devant l'évidence. C'est un caïdat au sens strict qui s'exerce. Pour notre ruine et notre déclin. 

     

  • Les Dieux du nord

    Connus pour leur participation éminente aux opéras de Wagner, les dieux scandinaves sont notables. 

    Ils sont connus par les sagas mises par écrit dans l'"Edda en prose" par Snorri Sturluson, mort en 1241. C'est un islandais, et toutes ces histoires viennent d'Islande.

    Sturluson vécut dans l'état libre d'Islande, rattaché à la Norvège en 1261. Le parlement libre islandais, l'Althing ne fut restauré qu'en 1834, et l'Islande ne redevint autonome du Danemark qu'en 1874!

    Il faut parler aussi de l'Edda dite poétique, compilation de textes indépendants découverts au XVIIème siècle. Les deux manuscrits en norroi sont conservés (précieusement, tu parles) à Reikjavik.

    On distinguera les vieux dieux (les Vanes, Vanir) des jeunes (les Ases). Ils furent en guerre, et les vieux battus sont ceux des paysans, les aristocrates étant les vainqueurs... Les vanes donnèrent Freya en otage aux ases. 

    Notons que les Ases ne sont pas tout à fait des Dieux. Ils seraient des hommes pris pour des Dieux (d'après Sturluson)...  En tout cas, ils sont mortels. Odin serait venu d'Asie (le mot Ase est en rapport), en fait de Troie. C'est de cette origine mythique indo-européenne qu'on tire la liaison avec les aryens. Tout ceci résonna fort avec la découverte de Troie après 1870. Les ases viennent d'inde.

    Freya est la grande Vane, son père est Njörd, le proto dieu de la pêche. 

    Les Ases vivent à Asgard et les Vanes à Vanaheim.

    Odin

    Odin, premier des ases est le fils de Bur, lui même fils de Buri, fils de la vache Audhumia, aux 4 pis. 

    Odin tua le géant Ymir nourri par le lait de son (celle d'Odin) arrière grand mère et créa la Terre par la même occasion. Buri fut formé par Audhumia qui lécha trois jours le sel des glaces.

     

    Odin a un cheval à 8 pattes (les paires de pattes sont représentées liées), Sleipnir. Marié à Frigg, dont le nom donnera Friday et Freitag, Odin meurt lors du Ragnarök, dévoré par le loup Fenrir, fils de Loki et frère de Hel. 

    Odin c'est aussi Woden et Wotan... Il est aussi le voyageur, der Wanderer, le vagabond muni d'un bâton, en fait la lance, Gungnir. Il est vieux, borgne, inspirateur de la sagesse et de la stratégie. 

    Il a aussi l'anneau (un bracelet en fait) Draupnir, qui se multiplie (9 fois en 9 jours).

    Baldr, fils d'Odin et de Frigg, est le dieu de la jeunesse, marié à Nanna. Il survivra au ragnarök.

     

    Thor

    Odin eut Thor avec Jörd (la gaïa nordique). Thor a bien sur son marteau, Mjöllnir. Tout comme la lance d'Odin, il revient dans la main de son lanceur. Thor circule dans un char tiré par deux boucs. C'est bien sur le dieu du Tonnerre.

     

    Loki  

    Bien que fils de Géant, et pas à proprement parler un ase, Loki leur est associé, appelé pour résoudre en rusé qu'il est les problèmes qu'il cause lui même. 

    Il est LE dieu complexe mystérieux aux multiples sens qui anime les imaginaires religieux du nord. Les histoires abracadabrantes qui concernent Loki sont innombrables. Par exemple, Loki, déguisé en jument, séduit l'étalon Svadilfari pour engendrer  Sleipnir, le cheval d'Odin ! Et il y en a plein d'autres. 

    Heimdall, gardin du pont arc en ciel, le bifröst, tuera Loki et sera tué par lui lors du ragnarök.  

    Surt

    Bien que très peu connu, voire pas du tout, il est celui qui met le feu à l'univers lors du ragnorök... Il tue Freyr ! 

    Il fait s'écrouer Bifröst, le pont arc en ciel. Il a une épée ardente aveuglante. Vulcain nordique, il donne son nom à une île surgie des flots en 1963 au sud de l'Islande: Surtsey.

    Comme toujours, ce n'est pas un dieu, mais un géant. Son nom (svartr) signifie le noir: il garde muspelheim, le monde du feu, pendant du nebelheim ou niflheim monde du brouillard et du froid. Les deux mondes sont séparés par le ginnungagap, le gouffre béant d'ou vient le premier vivant Ymir, et où il est précipité plus tard par Odin.

    Il est donc le seul vrai grand dieu nordique, l'origine et la fin de tout.

     

     

  • Les extrêmes

    Qu'est ce que extrémisme? Et bien j'en ai une définition, et qui l'identifie à la nécessité de ce qu'on déplore. L'(anti)racisme militant ne peut survivre à la disparition de son objet: il doit donc susciter et maintenir vivant ce qu'il veut combattre afin de pouvoir continuer à en vivre. La modération consiste à lutter en se félicitant de la disparition à venir de son ennemi. Le modéré souhaite rentrer chez lui à la fin, l'extrémiste se veut toujours en guerre perpétuelle. 

    La définition me parait tellement juste et tellement éclairante qu'elle doit sans doute ranger comme extrémistes les opinions auxquelles on croit vraiment, celles dont les disparitions sont inconcevables et donc celles que l'on ne déplore pas: il ne peut y avoir de vraie conviction que positive, et se plaindre du mal n'est qu'une manière de la souhaiter si on n'y prend pas garde. Principe utile à la conduite des âmes, cette définition va donc s'appliquer à la Liberté dont une méditation extrémiste me laisse entrevoir qu'on peut tout lui ramener. 

    D'abord on ne peut lui opposer que l'esclavage et que donc elle est souhaitable en premier. Ensuite que si on veut lui opposer la solidarité, c'est à dire l'obligation de donner, on ne peut le faire qu'au prix de l'esclavage donc, ce qui détruit le socialisme comme valeur et force à définir que rendre la charité obligatoire c'est rendre solidaire et donc attaché. La chose perd son sens à être obligée.

    Obligé ? Esclave de l'Etat le commissionnaire tout comme l'assisté ne peut donner sens à sa vie que comme esclave, à l'un et l'autre bout de la chaîne.

    Et puis la charité, est elle don de la soupe ? Non ! Conceptualisation religieuse elle vise à distribuer LE bien et non pas ses pluriels matériels romains ou pas. Elle est "amour" au sens de l'amour de soi et donc respect de la liberté d'autrui, soin jaloux de ne pas opprimer ni forcer et donc de ne pas mortifier le bien le plus précieux de celui qu'on prétend aimer: sa liberté. Qui peut être esclave de soi même?

    Parlons de l'égalité: elle consacre donc cette idée d'amour de soi même égal à celui qu'on voue aux autres. Une forme de mise au point: elle consacre non pas l'égalité des conditions, je dirais bien sur, mais celle du droit à la même liberté, seule condition pour obtenir ce qu'on désire. Car il n'y a pas d'inégalité véritable: les différences entre les états individuels sont soit le fait d'une privation de liberté, justement, qu'elle soit maladie ou oppression politique, ou bien défaut d'information. Car parce qu'on en a le droit, l'égalité étant symbolique et absolue, ce n'est que le manque de savoir qui explique qu'on ne fasse pas ce qui est possible et nécessaire à l'amélioration de son état. L'impossible n'est qu'oppression ou handicap. 

    Quel meilleur moyen d'obtenir et de distribuer savoir et vérité que d'en avoir toujours la liberté ? Provisoire et liée aux circonstance, correctible et jamais définitive l'inégalité des conditions doit toujours le céder à l'égalité fondamentale des droits, qui tous se ramènent à l'égalité des libertés.

    Parlons de la fraternité: elle est l'aspect national des vertus des citoyens: bien loin de s'étendre au monde, elle est localisée dans la famille, comme son nom l'indique. Elle est la recommandation de défendre et de rassembler d'abord ceux qui, et c'est d'ailleurs son sens historique, veulent défendre la liberté. La collectivité qu'elle désigne a donc les mêmes frontières que les droits que l'on s'attribue et donc celles de la nation. Car c'est dans la nation qui n'opprime pas qu'on peut vivre la liberté. Elle localise ainsi l'égalité. 

    Cette conception là de la liberté et de ce qui l'accompagne est bien sur en rapport avec l'extrême de la dénonciation des dominations, injustices et autres méchancetés conçues comme facteurs explicatifs du monde ou de nos conditions. La liberté étant absolue, symbolique et consubstantielle à nos êtres, elle ne peut jamais être abolie ni en droit ni en possible. Si un état du monde sombre dans l'oppression, on peut et doit le dénoncer mais jamais le révérer: les causes de cette oppression ne peuvent pas fondamentales ! Elles ne sont d'abord que celle de notre tolérance à l'ignoble et à notre rejet des guerres nécessaires à la destruction d'un mal qui ne peut être que personnel, et jamais essentiel, là est la proclamation. C'est d'ailleurs pour justifier en silence la non intervention qu'on théorise l'inévitable. L'irakien a de toute éternité pratiqué la découpe d'oreilles et attaquer Saddam Hussein est une haine injustifiée du folklore des inventeurs de l'écriture. 

    La liberté est ainsi positivement absolue, 

    Le monde ne peut s'y opposer que provisoirement dans des structures qui ne peuvent être qu'intentionnelles. La preuve historique en fut donnée au siècle dernier par les ignobles et criminels théoriciens de l'esclavage scientiste essentialiste attribué aux mondes racistes ou communistes: il ne traduisirent que les fantasmes de l'organisation de l'oppression mécaniste absolue.

    La liberté est là, elle nous est attribuée malgré nous, et rien ne peut nous l'enlever, il n'y a donc rien à déplorer et la célébration positive de sa puissance, n'ayant aucun inconvénient, peut donc être extrême. 

  • Les causes premières

    Aristote est un gredin, on le sait. Sa "métaphysique" fut collectée après sa mort, par sa femme, euh par Andronicos de Rhodes (au 1er siècle avant JC), un bibliothécaire. Le titre "Meta ta phusika", absolument pas utilisé par Aristote, fut introduit par Nicolas de Damas, contemporain d'Herode 1er, dans une paraphrase.

    "Elle" est formée de 14 livres: A, alpha, B, Gamma, Delta, E, Z, E, Teta, Iota, Kappa, Lambda, Mu, Nu.

    La nature de cette réflexion là est particulière, et il faut se mettre dans un état mental particulier pour la percevoir: il s'agit de classifier et de donner sens non pas à ce qu'on dit, mais aux mots et principes qui conduisent à ce qu'on dit. C'est le niveau "meta", d'où le titre. En fait, c'est ma compréhension, ce fameux niveau est "ontologique", en ce qu'il décrit ce qui "peut" (et donc doit) être de nos attitudes face aux choses et donc de la nature des entités qui qualifient ces choses. Il s'agit de la description raisonnée, de la connaissance, des choses et de ce qui les qualifient. La question est donc celle de l'organisation du savoir. 

    Comme d'habitude, on classifie "naturellement": les choses en question (les qualificateurs) sont "évidemment" ceux là, et Aristote figerait ainsi pour toujours l'attitude humaine. En fait, il fige l'occident avec des bavures évidentes, et le commentaire voire l'examen irrévérencieux devient alors gage de toutes les réflexions ultérieures, le domaine de la philosophie se trouve ainsi crée comme une seconde nature, au delà de la physique, d'où le titre.

    Nature que l'on peut voir et donc décrire de diverses manières. Pouvoir façonner non pas la réalité, mais les concepts utilisés pour la décrire a quelque chose de fascinant, et cette fascination là, assez ancienne, ne cesse pas d'être distrayante; bien que vélléitaire et un peu con, je ne suis après tout qu'un humain comme les autres. 

    Bien sur, il y a l'enjeu des désaccords avec les pré socratiques, qu'Aristote éreinte tout ce qu'il peut, et aussi bien sur avec Platon, on en a déjà parlé un peu.

    On veut en fait s'interroger sur la nature de l'anti aristotélisme revendicateur des différentes époques. Un aspect important est évidemment la guerre avec les platoniciens mais aussi avec tous ceux qui à l'époque moderne ont voulu faire du neuf avec ce vieux bouc là. 

    Le thème de la pensée de la différence de degré entre entités est particulièrement intéressant et se trouve être un noeud des différences entre les évidences supportées. Les choses sont elles vraiment distinctes ou non ? 

    On commencera par l'âme et le corps, rien que cela, en considérant bien sur l'importance de la polémique sur la réalité des intelligibles. 

    Les 4 causes

    On évoquera brièvement la tripartition en essence, existence et vérité soit entre l'être, le devenir et la connaissance. Il y a aussi une tétrapolarité (selon Aristote) entre quatre causes : matérielle, formelle, motrice et finale.

    Pourquoi diable 4 ? Et bien parce que. La sophia qu'on aime a pour objet l'étude des causes premières. C'est d'ailleurs l'objet du livre A. On notera deux couples (matière et forme d'un coté, mouvement et fin de l'autre).

    Ces deux ordres de la cause, comme origine et explication furent critiqués dans l'histoire. Pour Spinoza et Descartes, cause formelle et matérielle s'identifient et s'annulent, et la cause finale est oubliée. Seule la cause motrice, identifiée à la cause "efficiente"se trouve avoir droit de cité. Puis on s'avance jusqu'à la cause moderne, qui met en relation des systèmes organisés suivant des lois. En fait cette histoire de cause motrice va plus loin: de doctes experts s'accordent pour dire que c'est bien la conception même de la cause qui était différente chez les "anciens". Pour eux, la cause résidait dans l'objet, comme attribut de l'objet. C'est ce qui aurait empêché le développement d'une vraie science, toute entière faite de la réflexion sur la cause extérieure, typiquement la cause "créatrice", typique du moyen âge qui critiquait Aristote tout en le révérant. 

    On en vient alors à un autre noeud du problème, la cause efficiente de la passion du Christ. Les juifs ? La question est posée. Saint Thomas développa toute une doctrine sur la question et qui n'est point antisémite, loin de là, ou à peine: les juifs sont coupables, bien que leur culpabilité soit diminuée par leur degré d'ignorance de la gravité de ce qu'ils faisaient. Cette question de l'ignorance est le "mystère d'Israël". Ajoutons aussi que dans la doctrine, il y a bien accord entre le père et le fils pour vouloir le sacrifice, ce qui est aussi une cause, et une autre cause du mystère.

    Plotin

    Mais on doit parler de Plotin, le maitre du libanais Porphyre de Tyr, le fameux auteur du programme de philo du moyen âge, l'Isagoge, et qui au passage édita les Ennéades mais aussi écrivit un "contre les Chrétiens" qui condamnait le christianisme aussi bien pour sa religion que pour sa philosophie... Porphyre pense en effet que les religions ne sont que des cultes aux démons et que le philosophe est le seul vrai prêtre.

    Plotin qui se présente lui même comme un simple commentateur de Platon est une sorte de maillon avec les "philosophies" orientales de la non réalité du monde: en gros, ce n'est pas l'âme qui est dans le corps, mais l'inverse, et aussi qu'il y a des degrés dans le réel, celui ci s'identifiant bien sur dans l'intelligible et non pas dans le sensible, dernier niveau de la hiérarchie des choses, à oublier bien sur. 

    Cette pensée du "continu" est ontologiquement démontrée non aristotélicienne par Plotin lui même, car ce n'est que par la hiérarchie des attributs entre eux qu'Aristote nuance. En parlant d'ontologie, il faut bien comprendre que la critique aristotélicienne contre les intelligibles "réels" les identifient avec du sensible chosifié, classifié par lui même, ce qui en démontrerait l'absurdité, bien sur absurde: Plotin expose à son tour ses objets à lui, classifiés précisément par ce qu'il ne sont pas, sensibles... Il va même plus loin encore, le sensible n'étant pas, selon lui, susceptible de connaissance. 

    L'argument vaut le détour: l'intelligible se distingue du sensible du fait que sa substance s'identifie avec sa cause première, essentielle. La connaissance n'étant que savoir sur les causes, l'objet physique, définitivement dual ne peut être atteint, seul l'idée le peut. CQFD. Seule la sensation, distincte des corps, caractérise leur existence. 

    Le premier moteur

    De même que la "métaphysique" est en fait appellée par Aristote la "science première" (évidemment), et donc connaissance des choses "première", le premier principe ou cause suprême, l'"arkhé" ("principe") s'identifie ainsi à Dieu, seule chose qui puisse justifier qu'on connaisse quoique ce soit... C'est d'ailleurs la preuve reprise par Aquin lui même.

    Aristote introduit cette idée du "premier moteur", immobile bien sur, et qui fait tout marcher.  Il est éternel bien sur aussi, mais et c'est là le truc rigolo, il se doit d'être "acte pur" et donc être dépourvu de toute puissance, c'est à dire de toute potentialité. Zéro cheval vapeur...  En fait l'argument est que ce qui est en puissance suppose un acte pour devenir quelque chose et il faut rompre le cycle infernal. La pureté exclusive suppose donc l'impuissance de Dieu, qu'est ce qu'on se marre. 

    Plotin encore

    Pourquoi Plotin ? Parce qu'il n'est pas d'accord avec Aristote au sujet du moteur. D'abord le moteur n'est pas premier. En effet, il est pensant et donc duel: il pense et meut et donc n'est pas simple et donc pas premier. 

    C'est cette disjonction entre pensant et mouvant qui se trouve inacceptable pour Plotin et secondaire pour Aristote.

    La Matière

    On avait abordé la question de la khora, la matière pré-existante que le démiurge façonne. 

    C'est bien cela le matérialisme: la croyance en une chose qui pré existe, par opposition à la création ex nihilo, défendue par exemple par Tertullien contre Hermogène. Pourtant, la chose est discutée: la khora serait aussi un espace vide et donc non matériel. Et puis aussi, cette substance support inodore qui doit recevoir les parfums... 

    On avait parlé des degrés de réalité; comparons un bloc d'argile et le vase qui en est issu: sont ils différents ? Si non, on est tout de même un peu insatisfait, et casser le vase lui fait tout de même quelque chose... Si oui, on a bien une infinité d'objets intermédiaires à peine différents et on pourrait douter. Ah quelle est belle cette expérience de pensée... Platon donne évidemment à la structure, au tout, des  propriétés particulières et les décrit avec la métaphore de la syllabe, un tout composite. 

    Les 3 théories

    Il y a 3 théories: le platonisme, l'aristotélisme et le nominalisme. L'aristotélisme est un compromis, le nominalisme refusant toute réalité aux idées abstraites, alors que, philosophie par excellence des mathématiques,  cette réalité n'est pas mise en doute par les matheux. On attache le beau nom de Gödel au platonisme mathématique, celui ci donnant la même réalité aux objets mathématiques et physiques, et une sensibilité à la perception mathématique. 

    Pour finir, une belle comparaison fait par F. Nef, qui rend équivalent la composition des objets concrets en objets abstraits éternels avec la présence du temps dans l'éternité. 

     

    (1) https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00547892/document   Olive: Retour sur l'efficience des causes

    (2) https://philosophique.revues.org/280 Mattei: Les deux souches de la métaphysique

    (3) http://etudesplatoniciennes.revues.org/263 Nef: Platon et la métaphysique actuelle

  • Les refondations tordues

    Plongée dans la nuit de sa traversée du désert, ("je met une rose sur le siège avant, et je rentre à Dinan"), ce qu'on appelle la droite pleure à la fois le communisme repoussoir perdu et l'inacceptable défaite électorale que je n'arrive toujours pas à relativiser.  

    Il y a encore d'innombrables scories fumantes sur la terre noircie par l'explosion, elles continuent de rouler sans raisons, la terre doit trembler encore un peu. 

    D'abord la confusion entre le personnel et l'idéologique, entre le kakaaukuku et l'idée platonicienne: Sarkozy fut le premier à vouloir faire vaincre libéralisme et conservatisme, et les français n'en voulant pas, ils firent venir Hollande, donc. Tu parles: le sang mélé déconnant héritier de tout ce qu'on déteste et méprise, pieds écartés en claudiquant et paume gauche vers le ciel, image physiquement détestable du contraire exact de De Gaulle corruption comprise, fut rejeté en sa détestable petite personne.

    Que cela arrive aussi à son successeur ne fut que justice: quand on choisit pour ces raisons là on n'a que ce qu'on mérite. Le président "normal" fut à la hauteur du "battant": alors qu'on ne devrait ne rien avoir à foutre de la douceur des couilles du monarque, le droit de vote accordé à tort à qui je pense a fait les décisions. Les connes et les génisses qui influent trop grandement sur le choix des dirigeants sont à l'oeuvre, elles le sont toujours et cela produira les mêmes résultats. 

    L'ampleur de l'injustice laisse encore baba: initiateur de l'abandon de Fillon, Bayrou l'immoral détourneur de l'argent de l'Europe nous déféqua une loi honteuse avant de disparaitre à jamais, laissant le co fondateur d'En Marche se déclarer innocent. Partout on innocente avec le sourire bien pire que cette ignoble et prématurée mise en examen qui ne choqua que ce que j'abomine: la fauculterie hypocrite et lâche et l'immonde collusion nationale pour le maintien des RTT, bien pire qu'un complot.   

    Car tous ces anathèmes moraux ont bien un pendant, et qui explique tout: des politiques à mener jugées impossibles et surtout inutiles. La France n'est pas en déclin, son industrie, ses services publics, et son imposition qui ont complètement divergé d'avec ses voisins de mêmes tailles n'ont besoin de rien. Immense et puissant le déni est complet: il nous faut ne rien faire, c'est décidé, et en plus il a de gros sourcils. Qu'y a t-il de plus à dire ? 

    Ensuite, la vilainie du présent: on est toujours sur le coup d'après, et une réflexion sur le passé n'a d'abord pour objet que de faire gagner le futur immédiat. Ignorer ou faire semblant de croire au désintéressement des acteurs est bien sur non seulement absurde, mais ignoble: un pouvoir s'exerce et tous les journalistes y mangent: l'odeur est forte et ce n'est pas se boucher le nez qu'il faut, mais péter! Corrompu jusqu'à la moelle le journalisme français s'inquiète de sens commun, célèbre la double personnalité de Fillon et pousse Laurent Vauquiez au FN. Sans y toucher: il n'y a pas eu de complot et tout est resté normal: le conseiller du président de 2012 est toujours à l'Elysée, et pour faire la même chose. 

    Combien de temps les ruines pestilentielles de la gauche pourrie vont elle cacher le deuxième "ni droite ni gauche, ni droite"? Macron serait de droite, et ultra libéral. Le rêve de 1983 serait accompli: l'ultime rêve final de la célèbre idée libérale qu'est la gauche (à moins que ce ne soit l'inverse, le libéralisme serait de gauche en fait) a donc vaincu. Ce noeud sépare "la gauche" des gauchistes réactionnaires et aussi des réactionnaires tout court. Deux dénonciations des politiques mitterandienne sous forme de flèches de directions opposées mais de même intention. Nous n'aurions pas, hélas, rompu avec le capitalisme cette année là.

    Socle du réalisme de la gauche abusée par cinquante ans de communisme (et quatre ans de révolution nationale) mais enfin raisonnable, ce monstrueux courage fait encore pleurer d'admiration les disciples de celui dont le successeur à l'époque trotskiste militant, instaura les 35 heures pour résoudre le chômage...Le libéralisme est de gauche, tout le montre. 

    La prétention, aujourd'hui universelle et pilier de la communication gouvernementale est bien totalement fausse, insensée et donc absolument ignoble. D'abord les faits: aucune réforme dans ce sens, et cela au contraire. Une étatisation forcenée, un autoritarisme forcené, et la poursuite de l'endettement mortifère sans aucune politique explicite de réduction des dépenses publiques. L'explosion du système des retraites nié et truqué comme à l'ancienne, les régimes d'emplois aidés et francs maintenus, les impositions absurdes maintenues et augmentées. A part de ridicules simagrées à coup d'ordonnances inutiles (c'est tout juste si les syndicats n'ont pas manifesté pour) qui pérennisent le pouvoir des branches et donc de la grande corruption syndicale plus bien sur l'éclatante instauration de la majorité sexuelle à 15 ans, rien de libéral, ou bien je me trompe... C'est l'état de grâce de monaco.

    Notez cependant que ce que je nie avec force est toutefois affirmé avec force par tout un dispositif dont l'audience reste supérieure à celle des ces écrits. Certains murmurent au sein du parti que vient de rejoindre Darmanin au bout de six mois (dans le genre "je m'assure que j'ai vraiment bien fait de trahir", on ne peut faire mieux) qu'il y aurait un culte de la personnalité qui doit AUSSI révérer brigitte. Comment savoir si cela n'est que propagande nazie ?

    En parlant de propagande nazie, le questeur de l'assemblée se juge heureux après et avant son changement de parti: ses électeurs, fans de sa carrière, avaient tout prévu.

    Ce dispositif est en place, les salaires versés, le soin à diriger et punir les prébendés extrême. Un barbu inconnu passa tout l'interview de Stéfanini à lui faire dire que la droite centriste était en fait séduite par Macron depuis le début. L'évidence des convictions issues des "analyses" journalistiques est visible. A moins que je ne me trompe.

    Qu'est elle, cette "droite", dont le plus illustre représentant, Alain Juppé le grand, le meilleur a fait rêver la France deux ans avant de se faire niquer sa sale gueule de prétentieux par son propre peuple? D'abord, il s'agit d'une génération entière, la mienne, qui fut écrasée par la gauche pendant cinquante ans. Séduite sociétalement par les deux libéralismes, mais bien plus par le premier, elle voulut construire une bien pensance "moderne". Elle abandonna pour cela sa religion, son nationalisme et son industrie. Voilà le drame.

    Appeler avec des larmes dans la voix du nom de "droite" le fatras de conneries ridicules issues de la première grande escroquerie, celle du collabo qui ré appliqua, mais dans l'autre sens et sans le dire, le "ni droite ni gauche" précédent qu'on nous ressort aujourd'hui, est hors de propos. "Refonder" "ça" ?  Vous voulez rire...

    Bien sur il y eut De Gaulle, qui refusa d'identifier la France à la droite ou la gauche: cela voulait il dire qu'il niait la différence ? Pas du tout, il parla des deux camps qui se font toujours face, et de la mère de famille préoccupée du sort de son foyer; il voulait bien sur condamner que ceux qui ne voulaient que l'un des camps. Quoi de plus haïssable que le franc maçon dévoyé dans son athéisme de gauche qui vomit les trop rares libéraux français?  

    On reprend: après la révolution, saisi par l'ampleur du crime qui avait pris un peu tout le monde de court, il faut le dire, le peuple de cons et de veaux, encore à moitié fertile, se jeta dans le royalisme révolutionnaire en se donnant à un corse génial. La suite ne fut que de successives et toutes ratées, de tentative d'accommodements dans la dualité. Chaque fois, on chercha à faire évoluer la droite en revenant à la royauté nécessaire à la conduite de la nation mais en donnant  des gages à la modernité. Ce schéma est la base de la politique française.   

    Car il y a la "question sociale", nom ampoulé que l'on donne au fait remarquable, remarqué depuis le néolithique, qu'il existe des riches et des pauvres. Cette "frage" là, (qui parle encore de la "judenfrage"?) hante encore les consciences cent ans exactement après l'extermination de la classe bourgeoise. Le sang des suppliciés, la boue des camps et la souffrance des torturés, cela plait aux dieux de la nouvelle religion: c'était à cause des pauvres. Néanmoins, le pouvoir de conviction de cette niaiserie est resté intact à travers les siècles: les duchesses ont expliqué par cela leur quelques jours effrayés au commissariat et en sont devenues centristes.  

    La vieille religion nous avait déjà beaucoup gavé avec ses pauvres, il faut le dire: elle le faisait avec insistance, mais avec paternalisme et sans grande efficacité: c'était avant la grande industrie, du moins avant le plan marshall. Même s'il y eut la doctrine "sociale" de l'Eglise, ce n'est que la forme nouvelle du gnan gnan qui finit par saisir la société dans son ensemble avec l'instauration des doctrines sociales du gaspillage total et de l'endettement absolu sans limites, élargi d'ailleurs récemment à la planète entière par le pape actuel: il est maintenant le seul vrai grand révolutionnaire. Nos racines chrétiennes ont donc poussé jusqu'au ciel, maintenant atteint: les deux milliards d'Africains arrivent, il nous faut donc leur faire leur lit dans le nôtre. Au passage, on admirera l'ampleur de la violation du principe laïque de non intervention: le pape maintenant ordonne ! Il est vrai qu'il est argentin: il n'y a que la torture des religieuses qui peut le faire taire. 

    Que voilà donc la belle transition avec nos racines chrétiennes à cultiver: crèches (à garder), mosquées (à fermer ou à ouvrir suivant les rues), migrants (à inviter), voilà donc posée la question de la gestion de ces choses difficiles, le bon sens n'ayant rien à voir avec tout cela, la seule pensée juridique assortie de la recherche permanente du buzz désespérant devant tout enduire. Ah oui j'oubliais ! C'est à partir des positions prises sur ces sujets là qu'on refonde et qu'on interroge: les camps se trouvent remplis selon. 

    Car la droite sacrificielle c'est bien celle qui refuse qu'on refuse qu'on accepte des pauvres, à moins que ce ne soit celle qui par christianisme puritain mal placé, se consacre au travail rentable, seule moyen (hélas, trois fois hélas) de faire que les pauvres ne le soient plus, cette transformation, ignoble et impensable, ne faisant qu'accroitre le nombre des damnés. Seul le diable pouvait avoir ce projet là et le capitalisme est maudit, donc. 

    Voyez bien les deux thèmes entrelacés: est il moral d'investir pour le profit construit sur le travail exploiteur ou bien de vouloir le décider à la place d'un état corrompu qui nourrit des fonctionnaires inutiles ? Vouloir la richesse, accepter qu'il y ait des pauvres, cela fait deux monstres, que l'on voudrait décrire par le désir personnel de se valoriser soi, et aussi par le refus personnel de nourrir l'inutile. Garder cela possible et en justifier l'institution possible, cela s'appelle la liberté, à refuser donc. Nous y voilà: comment ne pas comprendre que cela est bien peu libéral ? 

    Notons l'exemple du "profiteur": cité par Macron avec ses allusions fines (le premier de cordée, le jeune futur milliardaire etc) toutes destinées à ne choquer qu'avec légèreté le chauvinisme familial des mères de familles qui se masturbent devant le mozart de la politique, le thème donc, ne s'accompagne absolument pas de l'acceptation du pauvre, qui lui doit mourir sous les flots de subventions chaque sujet ayant son miyar propre. Macron n'est donc pas libéral, CQFD et l'argument me semble puissant: un démagogue ne peut avoir de constances ni de résultats, et d'ailleurs tout cela n'a pas vocation à en avoir. 

    Il est donc absolument faux et insupportable de considérer le libéralisme économique, principe inspirateur de politiques de gestion raisonnables de la natio,  comme "capté" par le pouvoir macronien. C'est bien le contraire qui est vrai et une opposition politique véritable doit se consacrer à hurler l'incroyable dangerosité  de cette auto satisfaction inefficace, mortifère pour ce qui reste de la gauche et de l'extrême droite, alliées "idéogiquement" contre ce qui les protège du réel. 

    Comment une telle absurdité irréelle a-t-il été rendue possible ? On a parlé d'habileté, mais est elle autre chose que de la collecte d'ordures, les deux immeubles dévastés de la rue de Solférino et de la rue de la Boetie les ayant vomi partout ? Sarkozy, puis Hollande ont d'abord tout détruit, Macron tel le gamin dans une décharge, n'agite que des rats morts. Un glaneur. 

    L'identité heureuse défendue par le fournisseur des emplois aidés de la ville de Paris, hélas pour lui dix fois inférieurs à ceux de ses successeurs, eux bien mieux et plus justifiés et surtout imposés, est ainsi ni plus ni moins qu'un socialisme. Son inventeur ne gémit que de n'être qu'un vieux macron et la droite centriste que nous avons eu tout de même la satisfaction de piétiner il y a un an, que voulait elle vraiment, sinon ce qu'elle a enfin maintenant ? 

    Il est donc hallucinant qu'elle se plaigne encore de Fillon ou même de ceux qui n'appelèrent pas à voter Macron tout de suite (ce que Fillon fit)... Après avoir, avec la vergogne du pervers, agité son score au deuxième tour, il apparait pourtant bien que Macron fut très mal élu: il fallait bien sur voter Le Pen ou au moins s'abstenir pour que l'on réalise l'ampleur du "coup" et se vanter de l'avoir supporté montre bien qu'on est d'abord de ses amis. 

    Refaisons un tour. Dégoutée par sa propre hypocrisie, la gauche a donc décidé de changer de cheval et d'en rabattre un peu sur le social pourvu que l'essentiel soit préservé: elle s'est donc choisi un dauphin, d'ailleurs déjà en place. Le prix à payer est bien la disparition de tous les symboles, mais qu'importe, les chiottes de Solférino étaient bouchées et les drapeaux rouges tachés. Du moment que le délicieux abandon de tout continue et au combien, la fuite vers l'Europe comme idéologie de rupture fera office de komintern. Il faut absolument que tout le nationalisme, la cause et la raison de toutes les guerres, disparaisse à jamais. Assimilé à la famille que l'on hait, la nation est ce que la bourgeoisie bohème déteste le plus.

    De quoi muscler une opposition qui se doit de penser le contraire, de le théoriser et d'en faire bien plus que le fameux repoussoir à qui on va jouer pendant cinq ans à nous assimiler... 

    On passera bien sur sur le caractère "nationaliste" de ce qui d'abord soutint la collaboration avec l'Allemagne nazie au nom de la paix, puis qui prôna l'union avec les algériens musulmans misérables. On passera par l'effective subvention de l'état socialiste à son vieux comparse poujadiste de la 4ème république pour mieux détruire ses véritables adversaires, ce qui réussit au delà de tout: le parti communiste fut remplacé à l'avantage de la gauche victorieuse et l'ignoble tromperie motiva et décérébra une génération. J'y inclus les adversaires centristes de sens commun et les "gaullistes" soutiens de dupond, sans parler non plus de philipopo, et des blondes jeunes ou vieilles, toutes et tous acharnés à une chose, l'élection de Macron, il les remercie encore. 

    La Nation c'est autre chose. C'est d'abord ce qui justifie et rend possible le capitalisme nécessaire et lui interdit de se mondialiser bêtement. Ignorer la nécessaire alliance entre nation et liberté, garante de la puissance et des intérêts de nos nationaux est la plus profonde erreur de notre temps. Cette ignorance peut encore nous tuer. Tout est là.

    Les valeurs chrétiennes ? Elles sont celles du désordre spirituel et temporel imposé à l'individu laissé seul devant des mystères insolubles. Plus que jamais le dernier état historique avant l'amour absolu ou mille ans encore de moyen âge.

    Alors que va-t-il rester? Portelli n'a pas encore perdu et son énergie à se battre envers et contre tout mérite toute l'admiration possible. Que lui faudrait il pour qu'elle émerge et ridiculise l'inverse miroir de Juppé, un autre surdiplômé sans convictions qui ne cherche lui aussi que la figuration ?  Ah que j'aimerais que la petite blonde délurée puisse redonner un peu de fraicheur à tout cela ! 

     

  • Les natures et les idées

    Ayant mis un pied dans l'ontologie, il convient de regarder ce qui sépare les deux origines de notre cher occident, en l'occurrence Platon et Aristote, rien que ça. 

    On connait d'Aristote sa métaphysique, presque toute entière consacrée à flinguer le vieux Platon. 

    Nature et Art

    Un point particulièrement intéressant concerne le statut des idées vis à vis des objets artificiels, et donc de la différence entre physis (la nature) et tekhne (l'art). Et bien pour Platon, il n'y en a pas, dieu ou l'homme fabriquent les choses, cela revient au même, tandis que pour Aristote, il n'y a que le glaireux (l'organique) qui soit naturel et que donc, Platon ne peut pas, décemment, attribuer de "nature" aux objets artificiels. 

    Cette critique Aristotélicienne de la théorie des Idées de Platon (il assimile "idée" et "nature", par un jeu de mot plaisant) est un enchantement, et une marque de mauvaise foi dialectique absolument splendide. 

     Les dialectiques

    Au fait, il y a aussi deux dialectiques, celle de Platon, qui est une méthode toute Poppérienne de s'élever à l'idée en rejetant progressivement les illusions, et celle d'Aristote, faite de syllogismes à partir des opinions admises. On portera au crédit d'Aristote qu'il considère aussi la dialectique comme une méthode d'"examen" des principes, et donc comme quelque chose en rapport avec la recherche de la vérité. Notons toutefois, et c'est l'essentiel qu'elle ne détermine pas les principes, mais les justifie. 

    Le 3ème homme

    On en vient alors à ce parangon de la sophistique qui est ce qu'on appelait à l'époque "le 3ème homme" tant il était archi classique et connu. Comme le prédicat "homme" s'applique aussi bien à l'idée de l'homme qu'à n'importe quel homme, il y a donc une troisième idée, différente, de la notion d'homme qui s'applique cette fois à l'idée de l'idée de l'homme. Cette troisième chose, bien que féminine et à la fois absurde et aussi LE troisième homme. Une sorte de régression féministe à l'infini... 

    Bien sur Platon connaissait l'objection et la balayait en expliquant que l'idée n'étant pas une chose ne faisait pas nombre avec celles-ci. Cela faisait d'ailleurs justice d'une autre critique d'Aristote, pour une fois bien incapable d'abstraction mais qui n'avait pas pu résister à faire la célèbre vanne:  "Pour mieux compter les choses, les idées les multiplient".  

    L'argument pourtant a d'autres acceptions. Dire de l'"homme" qu'il "marche"ne peut s'appliquer ni à l'idée, qui est immobile, ni à un homme particulier, qui peut être assis. On doit donc introduire le fameux troisième etc. Néanmoins, l'argument a sa faiblesse et qui est que le fait que l'homme particulier NE PUISSE PAS être pris comme sujet invalide DONC le choix d'un troisième... Bref, choucroute. 

    (Ne croyez pas que j'invente ces critiques: elles sont en fait archi connues et utilisée par bien cultivé que moi...)

    Les dieux sont dans la cuisine

    Aristote rapporte plaisamment, pour illustrer sa science, qu'Héraclite lui même faisait visiter ses fourneaux en disant que les dieux étaient aussi dans la cuisine. Une autre acception de la signification profonde de la chose est aussi qu'il ne s'agisssait pas de fourneaux mais de latrines et là on rigole franchement... 

     http://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0001_1965_num_1_1_4897

    La cause motrice

    Mais une grande critique d'Aristote est bien sur le caractère immobile de  l'idée, cette cause là n'étant pas du tout motrice. J'ai toujours détestée cette idée de la motricité principielle, mon athéisme concevant le religieux comme ce qui pense être utile à Dieu en l'aidant à faire se lever le soleil. Cette idée fondamentale, assez logique, mais complètement idiote a de multiples avatars dont celui là. C'est ici Aristote qui mange (tient, prend ça), et aussi Averroes... Je déteste l'intellect agent, et voue ma vie à sa perte. 

    Platon distingue pourtant kinesis et genesis, et tout en détestant le devenir sordide, ce qui se mange et qui se défèque, il conçoit clairement la vitesse absolue et tous les mouvements de l'âme, je dirais bien sur. Au passage, il interdit certaines musiques et il a raison: tous les rythmes ne se valent pas, et il y en a de sublimes. 

    La tripartition

    L'inégalitaire Platon voit TROIS états (c'est cela le signe de l'incomparable), le savoir, le courage, la survie. Aristote lui ne voit que riches et pauvres et attribue la rationalité même aux barbares. Il pense donc l'égalité... 

    Cette histoire du courage comme vertu à part entière, celle des guerriers a un coté fondamental, l'oublier c'est se priver d'une part importante de l'occident, précisément. 

    Faut il rappeler aussi ce cocher en charge de maitriser deux chevaux, l'un généreux, l'autre rétif: la métaphore de l'âme.

    eidos et idea 

    Les deux termes (ne) sont (pas) synonymes: quel délice ! 

    Disons que eidos c'est le caractère générique de la nature, tandis que l'idea est la chose unique commune aux choses. Platon, le vieux salopard, emploie l'un et l'autre des termes, à sa convenance.

    Et pourquoi donc n'utilise-t-il jamais eidos pour parler du Bien ? On ne trouve jamais que "idea ton agaton"... 

    Et puis il y a "ousia", l'essence, encore autre chose. Il faut mentionner que l'âme n'est ni une essence ni une forme, avec forme=eidos. Héhé... 

    Pour en revenir au Bien, on a quelque chose dont la transcendance est particulière. Cela est bien sur à creuser. On notera le clivage entre le démiurge et le Bien, origine de bien des spéculations... 

     La khora

    La chora est la la friche, le lieu imparfait et informe que le démiurge du Timée manipule pour faire les choses en appliquant sa techne aux formes. Le lieu qui n'a pas de forme, par conséquent, et aussi l'ancêtre de la substance aristotélicienne. 

    Derrida a beaucoup manipulé ce concept là aussi: c'est celui d'espace pré existant, qui comme concept, (ah ce Derrida), joue pour le philosophe le "même" rôle, on commence comme ça mais est aussi une sorte de tamis, un procédé de sélection: paradoxal, pour une chose amorphe... Bref, du difficile à penser et que Derrida ramène quelque part à la notion de genre, de race, de nation... 

     Vrai Beau Bien 

    Le Beau c'est le Banquet, le Bien c'est la République et le démiurge c'est le Timée.

    Le Bien est supérieur à tout: il est aux formes ce que le démiurge est aux choses... Le Beau, c'est la représentation, forcément dégradée, du Bien. Platon est impayable, très au dessus de ce qu'on en dit. 

    La séparation 

    L'ousia serait dans un topos au delà du ciel... Les idées sont séparées. Ca c'est Platon. La question de ce lieu demeure discutée cependant.

    On doit parler aussi de l'essentiel de Platon: la distinction, séparation, entre sensible et intelligible, tout est là. C'est la différence entre ses deux ousia. Simplement, elle ne peut être totale sans absurdité, ce qui relative la critique aristotélicienne et c'est l'enjeu du débat. Le démiurge est bien un pont entre les deux mondes, et la séparation n'est pas totale, il y a imitation par "metesis", et non pas par mimesis. Participation et non imitation.

    La substance pour Aristote

    Les idées sont elles des choses ? Non ! C'est cela la grande critique d'Aristote, pour qui l'universel ne peut être une substance, mais seulement une qualité. 

    Car une substance ne peut avoir de contraire, ou d'amplitude. Alors qu'est ce que la substance ? 

    Au coeur de ce qu'on appelle l'aristotélisme, donc, la substance. Il y en a DEUX, la seconde qui est la quiddité, l'essence à proprement parler et la première, qui est la vraie, la composition de matière et de forme, l'individu, la chose. 

    La deutera ousia est espèce et genre de la prote ousia: on en est là à ce qui faut appeler la bizarrerie d'Aristote: à rebours de toute ses critiques, notre grand philosophe considère donc la substance, sous sa forme seconde, comme universelle !  

    Et là le paradoxe, que dis je le choc: pour être séparé des choses, l'universel se doit d'en être une ce qui est absurde par définition. Ce jeu là est d'une parfaite mauvaise foi, donc: la critique se trouve donc paralogisée, et les ontologies se mélangent et s'opposent, mais au détriment du stagirite. 

    Bien sur, Aristote veut sans doute nier que ce soit la substance première qui soit universelle... Cela clarifie-t-il les choses ? 

    L'idée de la non existence

    Aristote et ses amis refusent aussi cette histoire d'idées multiples d'un même être, en refusant l'idée de la négation, qui serait absurde.

    Platon avait pourtant prévu le coup est assume l'existence d'une forme pour le non être ! Par contre, il refuse le non-beau, le non-être-beau. Car le non être c'est le différent et le beau n'a pas de contraire: on aurait alors véritablement la négation absurde, le véritable non être. 

    Aristote escroc ! 

    Après tous ces siècles, on doit donc en convenir, et la mauvaise foi (doublée de forfanterie, je vous l'accorde) n'est pas en cause (...): Aristote a injustement dénigré son maitre. Vive Platon ! 

  • Les universaux

    Il est temps de se lancer dans la vraie métaphysique, la seule, la vraie: l'ontologie ou classification du monde. 

    "Qui sommes nous pour décider de la nature des choses ? " 

    David Armstrong

    A propos de David Armstrong, auteur de la présente, et aussi à propos des universaux et de ce qu'il en dit (Armstrong).

    Bon il y a deux options: réalisme et nominalisme et leurs variantes respectives. 

    La question est celle de la classification, et de son origine et de la réalité des classes elle mêmes.

    Les réalismes sont ceux des attributs ou des tropes. Les nominalismes sont ceux des classes naturelles ou bien des ressemblances.  

    Le nominalisme a un problème: la réalité de ce que font les choses serait elle due à la classification nominaliste elle même ou bien à des caractéristiques intrinsèques à l'origine de la classification? 

    Ainsi de manière générale, le nominalisme n'admet pas les propriétés, choses partagées entre les objets et ne conçoit les choses que comme des particuliers sans forme. Cela est bien sur inacceptable... Pour Armstrong, les particuliers ont une structure. 

    On en vient alors aux solutions, elle même multiples. 

    2 théories donc, distinguées selon que la propriété est seconde ou première. Seconde pour décorer les substances, ou bien première, multiple et en faisceaux, en tropes ou non. 

    Armstrong est un réaliste, adepte des "états des choses" et des "particuliers structurés", les formes universelles étant non pas transcendantes (Armstrong n'est pas platonicien), mais incluses dans les choses, immanentes, sous la forme de "manières d'être". 

    Le problème par contre, ici, est toujours le même: comment diable se produit l'instanciation ? 

     Les réalismes

    Il faut cependant revenir aux fondamentaux du langage et distinguer les réalismes car on s'y perd. 

    Les réalismes sont trois: 

    - métaphysique: il existe un monde indépendant des représentations

    - scientifique: les représentations scientifiques sont "vraies". 

    - des universaux: les entités représentatives classifiantes sont réelles 

     Les trois systèmes se recouvrent, se contaminent et se mélangent. En particulier les réalismes scientifiques et universalistes sont couplés. Forcément. 

    Il faut tout de suite parler de Popper et de son réalisme "critique", caractérisant le réalisme comme métaphysique, et donc non scientifique, mais permettant la réfutation, et donc la science, qui attribue des vérités aux représentations. Popper est donc bien un réaliste scientifique, mais d'un genre spécial, son réalisme de la vérité étant provisoire et auto défini. 

    Le réalisme scientifique a pour adversaire l'instrumentalisme, selon lequel la théorie n'est qu'un instrument: selon Berkeley, la force de gravitation Newtonienne n'a pas de réalité, elle est une fiction commode pour prédire. De fait, on a une belle fiction non véritable, du genre de celle qui permet de considérer que Copernic ne contredit pas le dogme catholique et qui constitue donc aussi l'instrumentalisme "réthorique". C'est aussi la doctrine de Mach: la théorie est ce qui permet d'économiser une expérience.

    Et puis, il y a Hume. Pour lui, il n'y a que des régularités, d'apparition ou d'évènements. La loi déduite inductivement n'a aucune réalité. C'est parce qu'on prédit avec que c'est une loi et non pas l'inverse. 

    Popper détruit le principe de l'induction et fonde le "rationalisme critique", approche dynamique de la connaissance, qui renonce à la vérité pour faire de la connaissance quelque chose d'absolument vrai, rationnellement, et en même temps révisable. J'ai toujours été surpris de voir que Popper est régulièrement critiqué, mais on dirait qu'il est mal compris, comme si il y avait des échappatoires à ses conceptions. Souvent, on le critique pour n'être pas assez Popperien. 

    Citons Van Fraassen (l'"empiriste constructif") qui souhaite accepter le réel scientifique, non comme vérité, mais comme adéquation, comme vérité non absolue, mais observable, "empiriquement adéquate", et cela sans sembler considérer le caractère provisoire des théories. En fait, il critique les contenus des théories, qui font semblant (à condition d'être falsifiables) de donner une réalité au monde alors que celui-ci en quasi totalité non observable. Frassen refuse le réalisme métaphysique des représentations utilisées. Ainsi, l'énergie n'a pas besoin d'exister vraiment pour être mesurable, en tout cas n'a pas "besoin" de s'identifier -en réalité- à la mesure qu'on en fait. Un point important: Frassen ne nie pas toutefois cette réalité: le monde est bien pour lui indépendant.

    Van Fraassen cite une métaphore, que je qualifierai de "Poperrienne": la recherche des explications conduit à de nouvelles théories comme la recherche de l'orgasme conduit à la reproduction de l'espèce: non strictement nécessaire, l'orgasme reste toutefois un facteur incitatif essentiel (misère du réalisme...).

    De fait l'empirisme constructif est assez métaphysique: il dénie le caractère "vrai" des théories, même avec un statut provisoire et ne considère le succès de la théorisation que comme une adéquation des théories aux données (ce qui est un critère de vérité, d'ailleurs...). L'exemple parfait est bien sur la "sous détermination" de la théorie quantique, qui s'offre, bien que scientifique, à plusieurs "interprétations" ontologiques radicalement différentes. 

    La querelle des universaux. 

    Cette histoire de la réalité des représentations mérite toutefois d'être brièvement résumée.

    D'abord il y a l'"Isagoge" (l'"introduction") de Porphyre de Tyr (270) qui expliquant les "catégories" d'Aristote, introduit le problème. On rappellera que les catégories ("chefs d'accusations de l'être", ) sont dix: la substance (ou essence), la quantité, la qualité, la relation, le lieu, le temps, la position, la possession, l'action, la passion. Elles sont les "genres" de l'être. 

    Genre, espèce, différence, propre, accident sont ce qui qualifient les prédicats. 

    Les universaux sont les genres et les espèces. 

    Ensuite il y a Boece et sa classification, sorte de programme de Hilbert de la philosophie, qui introduit 8 siècles de discussions. Il élabore en prison avant sa mise à mort par Théodoric l'Arien en 524, la "consolation de la philosophie". Il invente aussi le "quadrivium", les 4 matières (arithmétique,géométrie,musique,astronomie) et lutte contre Eutyches et Nestor. Au fait, dans la classification Deway, la section 200 c'est "religion, philosophie,psychologie". 

    Son commentaire de Porphyre est la classification des natures possibles des universaux.  Existence propre ou dans la pensée uniquement ? Corporels ou non? Comme sons ou comme significations ? 

    Bref, les concepts sont-ils:  ante rem, post rem, in re ? 

    On commence par Roscelin de Compiègne pour qui ils ne sont que des sons (flatus vocis). Le slogan est "genus est nomen". On distinguera par snobisme les "parvipontanus" (près du petit pont) et les mélidunenses (de Melun) auteurs de l'Ars Meliduna. 

    Nominalisme, donc, avec comme grave inconvénient et c'est en partie le fond de l'affaire (de la querelle), de porter atteinte à la trinité: les trois personnes ne peuvent plus avoir rien en commun et donc, ça ne va pas. 

    Abélard met le concept dans les choses et ce n'est que par abstraction qu'il en est extrait. In re. Cela permet de garder l'essence divine (mais pas le reste hélas, pardon il fallait la faire celle là).

    Duns Scot est particulièrement retord et génial. D'une certaine manière, son principe d'individuation universel est d'une extraordinaire subtilité (d'où son surnom). Mais Scot est toujours en dehors de tout... 

    Guillaume d'Ockam dénonce lui l'universalisme par la cinglante dénonciation d'un universel existant qui serait un individu, ce qui est absurde... Il ajoute son rasoir, qui élimine l'inopportun universel, double inutile du singulier. Il admet par contre l'universalité des significations (pas bête).

     

    L'existence des choses 

    La question de l'existence des choses et de ce qu'on en dit reste une interrogation valide bien que l'on en soit réduit à trouver et à préférer et aussi à choisir. Ce principe d'essais et d'erreurs peut répondre à la question d'Einstein, qui s'interrogeait sur le fait que "le plus incompréhensible est que le monde soit compréhensible". Pour Van Frassen, parce qu'issues de la sélection naturelle, il est assez naturel que les théories qui survivent mettent à jour des régularités dans la nature. C'est l'idée de la sélection des idées, les "memes", vous savez ces trucs qui existent... 

     

  • Le mou du symbolique

    Même si on (ne) sait (pas) déjà comment cela devrait se finir, un statu quo vaseux qui suivra le retour à la loi en Catalogne, la situation, ce qui y a mené et la manière dont le non drame s'est dénoué, ne lasse pas de surprendre, comme si une nouvelle pratique se généralisait dans le monde. 

    Non pas le ni ni, mais le oui oui, l'ultime état de rebellion molle contre le symbolique autoritaire, qui n'en peut mais, passe quand même sans violence mais sans adhésion non plus. Le symbolique est devenu mou, et cela arrange tout le monde. 

    Les autres exemples sont bien sur les luttes contre les harcèlements sexuels menés hors de la loi mais avec efficacité, le maintien sur le territoire de migrants illégaux inexpulsables, le retour du djihad d'assassins et de leur famille polygames sans rupture d'allocations, la retaxation immédiate d'entreprises taxées inconstitutionnellement (la précédente procédure dura cinq ans), la révolte permanente contre des élections présidentielles US et Venezuelienne jugées illégitimes. N'oublions pas ces professeurs qui refusent subitement d'enseigner la prédominance du masculin. 

    Les exemples correspondant méritent d'être collectionnés: un même schéma est à l'oeuvre, en ligne avec la façon dont les jugements collectifs de l'ère moderne se forment, à rebours des traditions, et navrant les réflexes des vieux cons qui se prennent ainsi un coup de vieux supplémentaire. 

    Mention spéciale aux plaidoiries pour l'acquittement du frère d'un ennemi de la France, par ailleurs assassin abominable et fils d'une mère (celle de l'assassin, seule à pouvoir s'exprimer) dont on respecte la douleur, elle traite de sale juif un père de victime. Tout cela est français (pas de souche mais chut) et donc judiciarisé, la présence de militaires dans les rues ne signifiant pas que nous sommes en guerre et qu'il faut donc absolument, la civilisation en dépend, être "juste" avec ses ennemis. Un avocat de renom se lance ainsi dans la morale judiciaire appliquée au cas d'ennemis déclarés du pays, organisateurs et inspirateurs idéologiques de crimes de guerre abominables. A aucun moment n'est abordé le caractère sectaire et global de la présence d'une telle idéologie sur notre territoire, ni sur la nécessité de s'y opposer: mieux, on propose d'acquitter un de ses responsables direct pour mieux s'opposer à ses projets... 

    Ajoutons y bien sur l'incroyable déchéance de Hollande l'année dernière, et toutes les autres, tout aussi inouïes, qui furent celles de ses ministres pendant la période. Les noms de fonction ridicules ("redressement productif" fut un ponpon à révérer) humiliés par le déni et la vengeance froide: on vendit dès son éviction ce qu'on voulait vendre, et on revendit le reste dès qu'on put. Les monstrueuses corruptions séculaires d'un expert de la finance et des cheveux, orchestrateur de la pire mesure fiscale de l'histoire: 10 Milliards retoqués, réglés en cinq minutes la semaine dernière par une autre taxe. Budgets insincères, mensonges et corruptions municipales, le camarade de régiment de celui que conseillait étroitement l'actuel président s'est illustré tout autant. Le commissaire en charge de l'indulgence sur les 3% rassure: il était co-décisionnaire. Auriez vous un sac en papier s'il vous plait?

    Mentionnons le rôle direct du président actuel dans la conduite de la politique économique de la France pendant la même (période). Tout cela ne compte pas, n'a pas d'importance, le symbolique est mou, vous dis-je et je m'offusque pour rien. Mes vomissures furieuses, ma haine affreuse, mes délires mortifères et violents n'ont pas d'objet. Passez muscade.

    Bien sur, de tels abominations eurent lieu dans le passé et Charles VII eut bien besoin de Jeanne d'Arc, et Louis XVI fut bien ridicule lui même, et d'ailleurs la chose est une forme générale, une attitude des foules, et on devrait bien connaitre cela pour le reconnaitre, et donc le mépriser davantage. Mais non.

    Ceci est une théorie du complot collectif non organisé, issu des tendances naturelles des collectivités à la chienlit méprisable, unique responsable de toutes les misères, dégueulasse laisser aller des vieux corps. Car le collectif est sujet à des tropismes dont le principal est celui du soutien à la politique du pire acceptée par tous, notamment de ses dirigeants défenseurs et organisateurs des politiques sub-optimales conçues spécialement pour accentuer le phénomène. Un cercle non pas infernal mais décidé par tous, le diable étant bien sur innocent de tout cela, sa non existence et son incompétence étant évidente: il y a bien pire et nous faisons tous ensemble bien mieux. 

    Cette nuit du bon sens et de l'évidence est hyper stable est pourrait caractériser le grand système libéralo mondialisé qui préside à notre époque: un grand blob ridé adapté à sa visquosité et à sa laideur, et  qui se déplace lentement vers un futur dont ses poils n'ont pas à connaitre quoi que ce soit...  

    Cette horrible vision confirmée tous les jours par toutes les nouvelles, tous les reportages, et tous les journalistes est tellement repoussante qu'elle est passée en arrière plan et se trouve devenue familière. La critiquer c'est critiquer le paysage. Or le paysage, on ne peut que le photographier. Devenue célébration de l'injuste et de l'absurde, le monde se construit une spiritualité autour de cette horreur et se trouve petit à petit en train de lui vouer un culte qui est en train de s'organiser: des prêtres étudient, des déguisements rituels se conçoivent, des cartons d'invitations sont envoyés aux bébés. Cela sera-t-il assumé par un pouvoir ? Et bien je ne le crois pas et l'originalité de la brutalité à venir sera molle, elle aussi: décentralisée et infligée par quelque chose contre quoi on ne peut rien, ce qui est précisément le rôle du sacrifice traditionnel...

    Me voilà donc en plein Girard: le monde veut revenir à l'avant du christianisme et bien loin de se consumer dans une guerre qui le détruirait, il veut se stabiliser en célébrant en permanence l'absurde de son existence, et cela sera son adaptation suprême à sa nécessaire existence. Par l'établissement d'une organisation spirituelle basée sur la violence à la fois rejetée et encouragée. Encouragée car les politiques du pire dont on parle sont tellement révoltantes et absurdes qu'elles ne peuvent générer -localement- que des rejets exaspérés, et aussi rejetée car on ne veut jamais assumer officiellement la responsabilité d'une violence symbolique dont le monopole est universellement rejeté car causé par quelque chose dont on serait responsable.

    La grande parade des horreurs d'Halloween (hier soir) après le massacre de Manhattan est un autre exemple de la chose: après ou avant les meurtres collectifs quelle importance: nous sommes "plus" fort et la célébration de la mort, de l'horreur et du sanglant doit primer. Et puis, la plupart des morts ne sont pas américains: quelles belles morts ! De quoi les fêter. Les hurlements de douleurs réels qui précédèrent les morts absurdes et infâmes de l'après midi valent bien ceux des festivaliers costumés en squelette. On sent qu'il va falloir envoyer des caravelles pour civiliser à nouveau ces néos aztèques. Ca tombe bien, il y a une poussée de sève en Espagne... 

    Bon, je crois que la messe est dite, l'Occident a changé, et regretter des déviations passagères n'a plus de sens, il faut s'adapter et considérer quelque chose d'autre.

    Tout d'abord, on peut tout de même imaginer que les vieux fondamentaux, les nations, les esprits inspirés par l'intelligence et le progrès soient toujours là, dissimulés derrière les tee shirts et des casquettes. Dégoutés tout comme moi, ils prennent leur parti en silence et souffrent comme tous les peuples malheureux écrasés par les dictatures, et celle là en est une. Il faut bien vivre, et quand les périodes de jeunesse et de fertilité ont le malheur de tomber dans les trous de l'histoire, et bien tant pis... 

    Dans ce cas, il faut tenir, comme ces vieux philosophes romains obligés de se courber devant les barbares chrétiens qui ruinent leur civilisation. Je rigole, comme ces vieux théologiens chrétiens qui doivent saluer les barbares chrétiens d'une autre obédience qui ruinent leur civilisation... Tenir tu parles ! 

    On avait parlé ici de l'effet "millénium", de la fameuse prédiction millénariste, qui prédit, non pas la fin du monde, mais les mille ans de sa préparation violente, l'apocalypse, bien pire, ne tenant lieu que d'horizon. Dans ce cas, on a une adaptation du type "spore", la vérité se devant d'être conservée dans des micro films cachés dans le sgègue qu'on se transmet de père en fils. Et puis mille ans, c'est vite passé. 

    Une variante de l'effet en question est l'active participation aux myriades de complots possibles contre le réel, ce qui revient à se joindre aux hordes d'assassins en charge de perpétrer les sacrifices non voulus nécessaires au fonctionnement du système. Défoulatoires et provoqués, mais non organisés, ces meurtres d'innocents sont nécessaires et on ne pourra qu'être remercié d'être un ennemi de cette sorte. C'est le rôle des adolescents tueurs d'étudiants des US et aussi des terroristes urbains islamistes de notre actualité récente. Macron ne veut que s'y adapter, et on l'avait remarqué, cela ne provoque de toutes façons dans la foule peu rancunière qu'une baisse du racisme anti musulman.   

    Vous me permettrez donc de répugner à me plonger les mains dans le sang humain de cette façon là. 

    On pourrait alors imaginer le similaire et pour rompre avec les sempiternelles analyses de la modernité du XVIIème siècle qui consacrent encore et toujours l'émerveillement devant le miracle qui a finalement conduit aux abominations présentes, on pourrait projeter dans un avenir indéterminé une renaissance suivie d'un âge baroque qui consacrerait enfin un progrès de la civilisation...  Un peu analogique comme mode de projection dans l'avenir, cette manière de voir a l'avantage de ne pas succomber aux vertiges de l'immédiat, et  à consacrer l'impossibilité absolue d'une solution prochaine à nos maux, tout en gardant l'espoir. Un temps propice à écouter de la musique. 

     

    P.S. Abdelkader Merah est acquitté. Pas de preuve directe de l'implication d'Hitler dans les crimes nazis... Le symbolisme n'est pas mou, il est vomitoire.