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16/08/2014

Le Dressement Reproductif

Il existe un média internet assez vivace, Contrepoints (http://www.contrepoints.org/) qui publie régulièrement des articles féroces sur la politique économique du gouvernement actuel.

Animés par ce que d'aucuns appelleraient une "idéologie" , et pour une fois, le mot est orienté dans son sens originel, inventé par Marx et Engels eux mêmes, ils rivalisent d'ironie pour ridiculiser et mépriser d'une manière particulièrement impitoyable tout ce qui a trait au discours officiel de nos dirigeants.

Arnaud Montebourg, porteur fier d'une version du titre de cet article est bien sur une cible privilégiée de ces facondes, et l'évidence de la nécessaire victimisation du personnage reste tout de même surprenante, sachant qu'il est tout de même ministre de l'économie (sans les finances, ce qui est piquant) et aussi en gros de l'industrie. Affublé d'un titre étrange, il se voit manifestement en position d'agir pour le bien de tous, le revendique en public par des paroles fortes tout en présidant, content d'agir, à des résultats qu'il faut bien qualifier de négatifs.

Que penser d'une telle situation? Tout y est : le ridicule, l'inefficacité, le mensonge, et bien sur compte tenu du poste occupé mais pas rempli, la destruction de ce qui aurait du être fait. Qu'est ce qui est le plus grave ? Le ridicule ? Et bien oui, c'est cela, le ridicule... Y a t il eu une période de l'histoire où une fonction de l'Etat de ce niveau ait été occupée par un être aussi risible ?

Doté d'un accent particulier, que la plupart des gens sont gênés de devoir supporter d'entendre, il affirme, enrage, ordonne, insulte, sans effets. Titre, rôle, action, et accent sont ridicules: jamais l'esprit Français amoureux de politique et de belles paroles ne souffrit autant. Quand donc cela finira t il ?

22/07/2014

L'humour de Hollande

Le président de la République est un adepte de la "blagounette", forme d'humour qu'il a d'une certaine manière standardisé, avec des aspects particulièrement retors et riches de signification variées, nous mettant aux frontières de l'absurde. Absurde qui devient celui de sa propre personne, ou au moins de sa position de responsable, sa position dans les sondages étant ce qu'elle est. 

Evoquant une baisse d'impôts à venir, il la qualifie par un "c'est du sérieux", allusion à la déclaration d'amour publique de son prédécesseur. Creusons. Alors que sa défaveur est due largement  à un terrible imposition qui frappa d'ailleurs son propre camp, il promet non un remboursement mais une diminution de la charge de l'année d'après, promesse d'ailleurs vague et qui semble t il serait surtout le report d'une augmentation supplémentaire.

Le sérieux de la promesse est d'ailleurs renforcé par la réalité de son contraire exact, la plupart des mesures du gouvernement se réduisant à des suppressions de crédits variées, qui sont l'équivalent exact de hausses d'impôts.

Ce sérieux se manifesta aussi par les annonces régulières ces derniers mois, d'une amélioration sensible de la situation économique, hélas non suivies d'effets. 

Le sérieux en question est bien sur aussi une allusion à sa propre vie sentimentale, faite de changements de cap multiples, faits sous la pression médiatique, après cachotteries puis révélation en costume ! Tout ceci d'ailleurs sur fond de rumeurs, qu'il balaye avec humour, d'un mariage futur. 

Il y ainsi la capacité de communiquer sur son action "sérieusement", en mettant en avant ce qui motive, ce qui suscite l'espérance et conforte la Nation.  Le contraire donc de la blagounette vicieuse, évoquant ainsi avec cynisme toutes les formes de mensonge que le monsieur pratique. 

Quelques exemples similaires: 

Au sujet de Cahuzac, dont la démission déséquilibra la parité homme femme dans le gouvernement il plaisanta par un "ce n'était pas le but" assez tordu sensé justifier sans doute les six mois passés à hésiter quand au sort du ministre (du budget quand même, convaincu de mensonge), hésitation faite de concert avec un membre féminin du gouvernement, tenue informée en détail, malgré ses dires, de l'enquête. Bref une pile complexe de dénégations variées et d'allusions sexuelles subtiles et variées. Là encore, une forme de sérieux dans les actions passées et dans leur commentaires, qui évoque une forme de cynisme. 

Au sujet des plaisanteries graveleuses, il convient aussi de parler du président de Michelin, qui l'aurais "pris, mais avec beaucoup d'égard", et aussi d'une voiture présentée par le prince Albert, nommée "volage" et dont il demande si c'est parce que le prince la conduit. Bref, une forme d'esprit assez stressée je trouve, quasi masochiste et sans contrôle. L'ensemble "sent" un peu, comme disent les américains et on se prend à regretter la franchise brutale d'un Sarkozy, finalement rafraichissante, elle. 

Pour conclure, avec cynisme, il convient de préciser que le cynisme, c'est vivre libre sans se soucier de la poursuite des honneurs; cela ne convient certainement pas au monsieur, qui s'est contenté cyniquement, d'en retenir la pratique la masturbation en public. 

 

Un post scriptum, qui n'a rien à voir mais presque. En réponse au "patron des patrons" qui estime la situation économique "catastrophique", Hollande affirme que celui ci a "un problème de langage". Intéressant, pas drôle, mais intéressant. 

Un autre post scriptum, celui ci extraordinaire, au sujet de ce qu'il faut faire après les assassinats et bien "il faut éviter les amalgames, les caricatures". De l'humour brut. 

19/06/2014

L'antisémitisme ou l'anti anti moi

Le contact à l'autre perçu comme différent de soi et lui même conscient de cette différence est un sentiment constituant de sa propre identité. 

La perception du "juif" est donc un élément important de la formation de soi. 

 

Cette perception peut être traumatisante ou innocente, rejetée ou supportée tranquillement. On a là l'antisémitisme fondamental, qui trouvera tous les arguments du monde pour se justifier. Quand la perception de l'autre radical affirmé (radical au sens de racine) n'est pas douloureuse, il y a deux cas, suivant que l'on est au second ordre ou non. 

Qu'est ce que le second ordre ? Il est la situation d'un monde après l'antisémitisme du premier ordre ainsi décrit, quand il y a chasse et diabolisation, non pas du juif, mais de celui qui éprouve le sentiment identitaire décrit, virtuellement et constitutivement antisémite. 

 

Là encore il peut y avoir ou non traumatisme : la conscience de soi coupable d'un sentiment est analogue à la lutte contre sa sexualité envahissante et il y a forcément des révoltes. L'antisémitisme qui en résulte se trouve dénonciateur d'une bien pensence qui redouble l'antisémitisme du premier ordre: comme si il était constitutif du juif d'imposer une morale insupportable portant sur l'intime... 

 

Bref, les choses sont bien compliquées et il se trouve que certaines défenses trop énergiques contre des fantômes pourraient avoir pour effet de les invoquer. Faut il vraiment diaboliser le diable ?  

 

18/06/2014

Le problème avec les partis politiques

A l'occasion de l'affaire Bygmalion, un homme politique de l'opposition actuelle se trouve lors d'un interview à France culture (18 Juin 2014) pris dans ce qu'il faut bien appeler le "syndrome français" : la généralisation abusive. 

Bruno Le Maire est un normalien (normale supérieure Ulm, premier à l'agrégation de lettres modernes), IEP, ENA. Difficile d'imaginer plus lettré, plus formé sur ce qu'est la rhétorique et la structure de la langue. Et pourtant, sa description de la situation de l'UMP ne se départit jamais de la description de cas généraux qui concernent TOUS LES partis politiques.

L'affaire Bygmalion a beau être historiquement datée, être un objet singulier, individuel qui porte sur un parti politique particulier, l'UMP, parti dont Bruno Le Maire est par ailleurs militant et candidat à sa direction, celui ci ergote "en général", parle des conflits d'intérêt "en général," et se propose même de soumettre de nouvelles lois qui s'appliqueraient, naturellement, à tous. 

Au passage, c'est l'activité actuelle de Jean François Copé, qui sitôt démissionné de son parti, soupçonné d'avoir organisé une double comptabilité pour mieux frauder une élection nationale,  travaille à une proposition de loi sur la transparence de la vie politique (soupir).

Cette capacité de "sur généralisation" caractérise l'esprit Français (en général) et colore toutes les appréciations des hommes politiques, toute leur rhétorique quelque soit les sujets abordés. 

On aurait pu ainsi imaginer aussi que sur une affaire qui le concerne aussi directement, il prenne en charge le sujet, donne son propre avis, rentre dans les détails, assume une situation sur laquelle il donnerait des informations, bref soit présent, acteur. Et bien non: des analyses générales, on pourrait dire "synthétiques", des lieux communs, un peu de morale. 

On pourrait aussi imaginer que Bruno Le Maire fut ici piégé par le journaliste, et entraîné malgré lui dans des généralisations hors de propos qui le desservent.

Je ne le crois pas: il sert à l'occasion un discours qui lui est habituel, très "langue de bois" avec le rituel "je n'aime pas les donneurs de leçons", et ne se départit jamais d'un point de vue surplombant qui compte tenu de sa situation personnelle dans l'affaire (militant d'un parti accusé, parti prenante de décisions récentes à son sujet, candidat à sa direction) laisse planer un fort sentiment d'étrangeté.  

Le sommet de l'entretien quand le journaliste se décide: "qu'en pensez vous ?" Le Maire se retranche alors derrière un "je ne sais pas" généraliste, on s'y attendait, il était venu pour cela. 

Bref, un homme politique très traditionnel, et surtout extrêmement décevant. Sa carrière l'est aussi, directeur de cabinet de Villepin, il décrivit la calamiteuse réforme du cpe dans un livre très sentimental, parfaitement décalé et en tout point semblable à la bande dessinée "Quai d'orsay". Les bons sentiments mélancoliques de droite, encore pire que ceux de la gauche... Pour finir avoir gentiment fait salarier sa femme par l'Assemblée, sans être grave, n'est jamais qu'un micro conflit d'intérêt qui attriste un peu, sans vraiment révolter toutefois, juste de la mélancolie.  

Juste après, au passage d'une nouvelle, une allusion à une fuite; il y aurait un SMS de Jérome Lavrillieux mentionnant : "JFC en a parlé au PR". Aucune allusion cela ne permet pas de généralité. 

 

 

30/05/2014

L'europe, l'europe

Le vote anti Européen (au sens strict, portant sur la conception que l'on a de l'Europe) caractérise le refus exprimé et hystérique d'une crainte diffuse partout en Europe: celle du fédéralisme.

Naturellement conçu comme évident,  il est l'horizon plus ou moins lointain de beaucoup. 

Pire, il est présenté comme le socle du consensus démocratique européen, principe par exemple de la propagande infondée qui présenta le parlement comme pouvant décider de la nomination de l'exécutif ! 

Or l'exécutif Européen, PARCEQUE ce sont les parlements nationaux qui sont souverains, est nommé par les gouvernements et NON par le parlement européen. Croire, faire semblant de croire ou de faire croire le contraire est une erreur profonde, et la qualification de "démocratique" de cette conception est au contraire un déni absolu de la véritable démocratie, exclusivement fondée sur la souveraineté des parlements des différentes nations. 

Ce discours n'est pas souverainiste il est la réalité actuelle des institutions européennes dont la constitution présente, validée par les parlements d'Europe et donc contre  les plaintes souverainistes, précise clairement que le fédéralisme n'est PAS en vigueur. Mieux, vu que très certainement la constitution européenne ne sera pas changée avant longtemps (vu les difficultés que pourrait soulever), nous sommes fixés. Pas de fédération, souveraineté des états, liberté des gouvernements de discuter et amender au nom des ses intérêts les politiques etc etc. 

Bref est en place une conception raisonnable et bornée de l'Europe. 

Ainsi donc, et c'est mon propos,  la délégitimation en cours est double et se fait à tort: 

- critique des états trop faibles, soupçonnés à tort de se rendre esclave d'une europe empire fantasmée

- critique de pro européens, soupçonnés à tort de vouloir un fédéralisme fantasmé. 

Ainsi on a une critique de l'Europe à la fois trop forte (l'empire sioniste) et trop faible (la dissolution sioniste des nations). Tout cela fait l'énergie de cette critique, parfaitement pathologique. 

27/05/2014

15 jours

C'est le temps nécessaire accordé à une démission nécessaire. 

On a ainsi  considéré nécessaire cette durée. Il le fallait. C'était inéluctable, incontournable, indispensable, inévitable, obligatoire, consubstantiel, d'actualité, médiatique, convenable, poli.

Bon. 

Ciao.

Les courberies de Sapin

Elles sont faites pour s'abaisser, voilà la conclusion d'un passage de Michel Sapin à France Culture. 

Ministre de l'Emploi sous Ayrault, des Comptes sous Valls, il sert un dans les médias un message étrange, dont le caractère mensonger a un caractère particulier. 

Introduit auprès du public par les six mois qu'il passa à annoncer comme imminente une inversion de la courbe du chômage,qui se produisit contrairement à une annonce assurée, dans l'autre sens, il manifesta pour l'occasion sa capacité pour un type de communication particulièrement séduisant et populaire. 

Il s'agit donc de dire le contraire de la vérité quand à l'évidence en affirmant comme nécessaire de le faire, car alors que son action politique, par ailleurs, a pour effet de provoquer ce qu'il dénonce, la proclamation de l'arrêt immédiat de cet effet permet de générer l'énergie qui se dégage toujours de la violation du principe de contradiction. C'est la marque du discours autoritaire totalitaire décrit par la littérature et connu sous les noms de novlangue, langue de bois,  "Lingua Tertii Impirii" sans parler de la langue de la propagande soviétique, (Sovetskij političeskij jazyk)  qui a conduit cet art à son sommet. 

Assumant son rôle dans le précédent ministère, il décrit l'angoisse Française envers le chômage, comme si celle ci avait un rôle dans des réglementations  excessives, cause du chômage qui ne serait pas, d'ailleurs, aussi important qu'on le dit... On a ici un double mensonge enchevêtré : tout d'abord, un ministre en charge qui plaint l'angoisse des administrés soumis à sa compétence, ce qui permet de transférer son inaction vers une émotion, tout en tentant à nouveau de faire passer l'idée d'une situation améliorée. Double mensonge donc: je fais quelque chose, j'ai du succès. 

Sapin se lance ensuite dans un discours enflammé contre le montant trop élevé des impôts: même figure, ici avec un double mensonge mélé de cynisme: c'est bien le gouvernement précédent qui décidé de cette hausse d'impôts qui frappe les plus pauvres. 

Gouvernement précédent? En faisais je partie ? On ne sait plus... On commence à s'en foutre. 

 

03/05/2014

Le bon Raphael Logier

Un déjà ancien texte du très psychologue Raphaël Logier  sans parler de la très célèbre Christine Delphy: 

http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/07/07/nouvelle-laicite-ou-ordre-moral-par-christine-delphy-et-raph.html

Il y a une vidéo. 

Raphael Logier semble convaincu par sa dé-mythologisation psychologisante. 

En gros, la blessure narcissique islamique s'est refermée chez les musulmans et s'ouvre chez les européens... 

Quelle  est la thèse qu'il combat ? 

1) L'Algérie vit actuellement une explosion démographique: le nombre d'enfants par femmes était de 4 en 94 (il y a vingt ans) et sa réduction récente n'empêche en rien la population d'augmenter très fortement.

2) Les situations économiques et démographiques des mondes musulmans sont très mauvaises, en tout cas bien pire qu'en Europe. Maroc, Algérie, Egypte : 3 pays porteurs de graves problèmes internes. 

3) La situation économique de l'immigration en France est mauvaise: chômage double de la moyenne, criminalité double de la moyenne. 

4) L'immigration est culturellement porteuse d'une religion, l'islam, qui marque sa culture et son identité. Personne ne dit que l'islam est cause de criminalité :  il n'est que le marqueur de l'échec de sa disparition au contact du mode de vie Européen. 

5) Car l'immigration économique en Europe n'est plus une assimilation : elle est une installation de modes de vie qui ne disparaissent pas et qui marquent déjà, en plus confortable, les situations des pays d'origine.  

6) Il y a repli identitaire d'une partie de l'immigration et constitution de communautés qui utilisent l'Islam comme référence. Ce phénomène est récent et s'accentue. Les écrits de Gilles Kepel sont particulièrement intéressants à cet égard.  

7) L'islam comme religion a deux aspects : un aspect piétiste, introverti et traditionnel qui est l'aboutissement de son état de développement historique et un aspect politique, extraverti et moderne, issu des bouleversements du XX ème siècle. 

Il n'est pas porteur d'une quelconque civilisation ou spiritualité qui puisse séduire qui que ce soit hors des convulsions identitaires des peuples du monde musulman. On pourra en reparler si vous voulez.

 8) Les allers retour entre les deux aspects de cette religion sont permanents et hystérisés: les piétistes sont indulgents avec les fanatiques "pour ne pas mettre de l'huile sur le feu" et les activistes politiques s'appuient sur le traditionalisme piétiste pour justifier leurs conceptions réactionnaires qui les dénoncent.

9) Quelle est l'importance de l'immigration de culture musulmane en Europe ? Il faut distinguer l'immigration (formée des personnes nées étrangères à l'étranger) au sens strict et sa descendance née en France. 

L'immigration totale en 2011 (d'après l'Insee) c'est en gros 2 masses Africaines et Européennes de 2.2 M de personnes chacune (avec plus d'Africains que d'Européens et 2/3 de Maghébins parmi les Africains) plus 400000 asiatiques. L'immigration Africaine stricte c'est donc environ 3% de la population (donnée à 65 millions). 

La descendance des immigrés est chiffrée (par l'Insee) à 3M de personnes dont la moitié venant d'Afrique. 

L'importance numérique globale des cultures Africaines serait donc de 3,7 M personnes soit moins de 6% de la population totale. 

10) Il y a en cours des polémiques portant sur les politiques d'immigration et sur le chiffrage des flux de population en cours mais il se situe dans des ordres de grandeurs raisonnables.

On voit que le problème n'est ni négligeable ni effrayant et qu'il est accessible au débat public sans hystérisation. A noter que le discours de Raphaël Logier, délibérément dans la dénonciation psychiatrique, est un discours hystérique. 

Merci donc à Raphaël Logier d'aborder les sujets qui m'intéressent, merci à lui de me soigner mes névroses. 

Il adopte le shéma polémique bien connu qui consiste à accuser l'adversaire d'affirmer une absurdité pour mieux démontrer sa folie. Je ne me sens pas du tout visé par le contre feu de Logier. 

- l'immigration musulmane est parfaitement non intentionnelle : elle est économique, porteuse de ses maladies, c'est tout... 

- l'islam n'est pas une cause mais un effet et marque les comportements d'une immigration dont l'installation en Europe se passe mal. 

 

30/04/2014

L'arrivée de Ségolène Royal au gouvernement

Se fait avec tambour et trompette. 

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Segolene-ROYAL-presente-les-6.html

est ma référence. Commentons: 

1) L'intitulé du ministère est clair, et l'objectif est unique : créer 100 000 emplois.

S'agit il des seuls emplois que le gouvernement compte créer ? Sont ce des emplois d'avenir ? 

On pourrait imaginer que l'action à conduire, et qui caractérise le ministère, puisse amener au contraire à économiser de la peine et donc ne pas nécessiter de bras supplémentaires ce qui pourrait permettre à ces bras laissé libres d'oeuvrer au développement d'industries à haute valeur ajoutée. Non, les actions entreprises on pour objectif de créer de l'emploi. Pardon au sexe de la ministre, mais cela s'appelle mettre l'action de son ministère "cul par dessus tête". Pour ne pas dire plus. 

2) L'action 10 concerne le marais poitevin. Cantelou a donc été pris de vitesse; tant pis pour lui.

3) L'action 11 concerne les perturbateurs endocriniens, angoisse manifeste de la société et sujet traité au niveau ou les solutions seront les plus rapides. Espérons que cela ne perturbera pas trop les futures versions de la loi sur la parité. 

4) L'action 14: le plan déchet 2020 montre bien la hauteur de vue et la capacité de se projeter dans le temps de l'auteur du plan. Jeter ses déchets aussi loin n'est pas très responsable, je trouve : un problème d'âge de retraite? 

5) L'action 19 est splendide: 34 plans industriels pour les filières d'avenir! Quel dommage qu'ils ne soient pas 36... La langue de bois est ici numérisée! 

5) La qualification de "chantier" de la préparation des réunions internationales (ce qui est en fait le principal role du ministère, non encore récupéré par Laurent Fabius) est plaisante. Qualifier d'action une réunion est également plaisant. 

6) Malgré l'allusion aux économies d'énergie, qui justifient le fait que le plan d'action agit sur le pouvoir d'achat (ici les plans agissent), pas de mention de celles-ci dans le document. Une volonté d'économiser sa salive sans doute.

7) L'action du plan d'action sur le bien être est renforcé par une alimentation saine et de qualité, qui bien ayant un rapport vague avec l'intitulé du ministère n'est pas clairement tracée dans le reste du document.

8) Le sommet : l'action sur l'emploi, c'est "le coeur de MON action". Je t'ai reconnu Ségolène ! 

Pas une ligne qui ne soit de la pure novlangue, prétentieuse et vide de sens. Quand on pense que tout cela est recouvert par le buzz sur l'interdiction du décolleté ! 

 

 

 

 

 

Monnaie Commune

(voir http://www.slate.fr/story/86133/euro-fausse-alternative-monnaie-unique-monnaie-commune) 

 

Il y a là dedans comme un déficit d'histoire, du à l'oubli de l'histoire récente.
L'histoire ici, c'est le story telling.
1) les règles imposées par l'Allemagne: elles furent les conditions de
l'Euro, acceptées par la France. Le seul moyen d'échapper à l'inflation locale et au déclassement
définitif causé par les dévaluations incessantes.
2) L'Euro fut le seul moyen trouvé par les socialistes impécunieux pour emprunter à loisir, voilà le
fond de l'histoire. En l'absence de politiques d'adaptation au marché mondial, la dévaluation
est mortelle, cela a été compris et théorisé il y a vingt ans !
3) Nous sommes aujourd'hui, toujours sans politiques d'adaptations structurelles, aux limites du
modèle de l'emprunt massif. Par contre, juste avant l'effondrement il marche encore très bien : les taux
restent somptueusement bas, et c'est précisément ce qui décide Hollande à attendre que ça passe.
4) Le concept de monnaie "commune" avec des monnaies locales qui peuvent dévaluer est contradictoire dans les termes et signifie que l'euro aurait exactement la même valeur que la pire des monnaies laxistes, ce que, précisément, la construction de l'euro avait pour objet d'éviter.
5) La Grande Bretagne mène depuis 30 ans une politique quasiment constante d'adaptation au marché mondial. Elle se retrouve aujourd'hui avec un chômage, une industrie et une croissance bien meilleure que la France. La raison n'est pas l'euro, mais l'adaptation menée, qui est effective et opérante.
Alors que la France paralysée par sa gauche, se contente de se vendre morceau par morceau en empruntant, en empruntant.
Note: la dette de la Grande Bretagne est très importante, mais a des raisons différentes (10 points de moins de dépenses publiques)

6) Fin de l'histoire : la société Française ne réagit pas, et suscite des Lordon...

7) Un point positif : il apparait de plus en plus nettement que les gauches et droites extrêmes ont exactement le même point de vue économique, anti libéral et anti européen. C'est une belle économie cognitive que cela nous fait faire : nous n'avons plus qu'une seule chose à détester !

20/04/2014

Citations

Tout d'abord un grand classique : 

« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire » (Evelyn Beatrice Hall) 

(voir wikipedia:Hall)

Il ya aussi : 

"Pour savoir qui a réellement le pouvoir, demandez-vous de qui on ne peut pas parler.(Kevin Alfred Strom)" 

Auteur qui, dans site:jesuissouventmalcité, affirme être l'auteur de : 

"je ne suis pas plus un suprématiste blanc que le dalai-lama"

 

 

De la liberté d'expression

Quel beau titre, mais il fait peur. 

 

Il faudrait faire un dossier, sur l'internet

Une analyse globale  site:maitreAntonyBen

avec la loi wikipedia:IncitationAlaHaineRaciale

dont le texte complet est cité, dans sa forme actuelle (largement amendée depuis 1881).

Et les lois wikipedia:LesLois

Le point particulier qui m'intéresse ici est l'intitulé du délit: 

"(La) provocation à la discrimination, à la haine raciale ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée".

Le point concerne la notion de "discrimination" 

Sa définition est ici    association:droitpourlajustice

« traiter différemment des personnes placées dans des situations comparables en se fondant sur un ou des critères prohibés par la loi ou par les engagements internationaux".

Est il possible de discuter et d'évaluer les conséquences effectives de cette conception? A moins que son interprétation stricte ne soit déjà affaiblie (cela serait douteux) ?  

En tout cas la conjonction entre une notion de la discrimination comme pratique (avec une définition strictement juridique des critères) et une notion de délit de "provocation à" semble contraignante: d'où le titre. 

 

 

12/03/2014

racismes

Après Franz Fanon, il y a aujourd'hui deux figures noires-francophones très importantes et influentes: Louis-Georges Tin et Achille Mbembe.

 

 

19/02/2014

Edwy Pleynel: son monde

Dans une chronique sur France Culture du Mercredi 19 Février 2014 Edwy Pleynel parle des deux actions (à défaut de lois) mémorielles de la veille: la reconnaissance des soldats musulmans de la guerre de 14, on remarquera la présence de  caractères arabes sur la stèle et la reconnaissance de la "déportation" (le mot est de Pleynel) des enfants réunionnais amenés en France par Michel Debré dans les années 60. 

Les deux actions peuvent voir leur portée relativisée, en tout cas mise en débat : le nombre de morts musulmans (on ne voit pas très bien le rôle de la religion là-dedans) de la guerre de 14 est assez réduit, en tout cas très inférieur à celui des non-musulmans (qui furent, il est vrai, beaucoup fêtés dans le passé). La "déportation" réunionnaise a concerné des orphelins pris en charge par la DDASS  dans le contexte sociologique de la Réunion de l'époque. 

Mais l'important est ailleurs: de manière assez claire, Edwy Pleynel exprime un point de vue quant à ce qu'on appelle l'identité Française en général. Ce point de vue reste assez peu explicité, sinon dans les hurlements de la droite "fasciste" qui accuse précisément une gauche particulière de le défendre. 

D'aucuns pourraient croire que ces hurlements paranoïaques n'ont pas d'objet et que bien sûr il ne s'agit pas de ça. Et bien pas tout à fait. Pour Edwy Pleynel il y a tout d'abord une question sociale en France qui "met en jeu la diversité": on reconnait là la question de l'assimilation du peuple objet de la question sociale au peuple anciennement colonisé. Cette figure dont on connaissait les aspects électoraux (les fameuses recommandations de Terra Nova) a ainsi aussi une image morale et mémorielle. La véhémence et la chaleur avec laquelle Edwy Pleynel la défend le montre bien. 

Il confirme la figure avec une citation du poète préféré du ministre de la Justice, Edouard Glissant, théoricien de la créolisation  et surtout de l'identité en rhizome  destinée à se substituer à l'identité fixe. Edwy Pleynel sans doute un peu trop enthousiaste, semble soutenir fortement l'idée, au point de qualifier de "saleté" ce qui s'y opposerait.

Y aurait il une manière plus détendue d'aborder ces questions ? Peut on qualifier le ton d'Edwy Pleynel comme un tout petit peu provocateur ? N'y a t il que la fachosphère pour le citer en détail ? 

 

 

12/02/2014

La boulangerie du procureur

Au sujet de l'affaire Blutouff, commentée sur le site de maitre Eolas

http://www.maitre-eolas.fr/post/2014/02/07/NON%2C-on-ne-peut-pas-%C3%AAtre-condamn%C3%A9-pour-utiliser-Gougleu

L'affaire est relatée par le principal intéressé: http://bluetouff.com/2013/04/25/la-non-affaire-bluetouff-vs-anses/

qui cite l'argument dit "du procureur":

"c’est comme si on rentrait dans une boulangerie et que l’on se servait "

Et bien l'argument est discutable, et je voudrais le discuter: nous appliquons au monde virtuel un préjugé conçu pour le monde physique et qui se trouve inadapté, voilà ma thèse.

Des faits similaires sont à l'oeuvre dans des affaires récentes : à chaque fois, on retrouve dans les jugements exprimés par la puissance publique, judiciaire ou politique la même erreur, la même confusion quant aux rapports entre fait et idée pour ce qui concerne les objets de la société de l'information.  

Alors qu'un geste ou action a un objet et une signification, 

- sa signification ne dépend que de l'intention de son auteur

- son objet est exclusivement qualifié par sa signification

Or, la confusion du signe et de la chose est pathologique, elle est dénoncée par le slogan "la carte n'est pas le territoire". 

Prenons le document téléchargé par Bluetouff. L'objet ne serait pas protégé en tant qu'objet, mais par l'intention de celui qui le télécharge, qui parce qu'il avoue lui attribuer une signification particulière, devient coupable. Cette attribution de qualité serait ainsi devenue supérieure en importance à la protection physique de l'objet ! 

Or il n'est possible de statuer objectivement sur cet objet qu'à partir de  ses caractéristiques. Pourquoi ? Parce que cet objet est virtuel, c'est-à-dire ENTIEREMENT contenu dans une convention informationnelle. Sa réalité est ainsi ENTIEREMENT conventionnelle, et par exemple, il n'a pas de nature confidentielle intrinsèque hors le droit d'accès qui définit cette confidentialité. Une erreur d'attribution de ce droit change l'objet LUI-MÊME. Il n'y a pas d'intention qui tienne ici pour caractériser a priori l'objet: lisible,lu, point final. 

Ici l'objet ne peut être "protégé" que physiquement car il appartient à une classe de choses qui n'a pas intrinsèquement un statut appropriable à priori (ce qui est le cas des baguettes de pain dans la boulangerie du procureur). 

Pourquoi? Par ce que ce type d'objet (il est une expression communicable, dont l'être consiste à être communiqué) est par défaut, c'est sa raison d'être, destiné à être téléchargé: il est le contenu  duplicable d'un acte de communication. Par conséquent, qu'il soit restreint sous cet aspect est une exception, acceptable et justifiable, mais entièrement contenue dans son expression (sous la forme d'un droit d'accès). 

En l'abscence de cette restriction, le document EST public, point. Cet argument, abondamment repris sur ce forum est essentiel, et il tient de par la nature de la notion de "public", ici définie par le fait d'être connecté "au réseau". 

Ici, le terme "réseau" ne désigne pas un réseau particulier ou une machine particulière (un STAD), mais "l'inter-réseau" c'est-à-dire l'infrastructure qui rend interconnectable la totalité des dispositifs communicants. L'accessibilité d'une information via cette connectivité-là caractérise une notion de "public" qui n'a pas d'équivalent traditionnel, et qui est une notion nouvelle, non encore prise en compte par les "élites" juridiques.

Cette ignorance conduit et conduira encore à d'innombrables désaccords et polémiques. 

Le problème est fondamental et devra ainsi être résolu par une qualification juridique particulière de ces objets-là.

Une piste à mon avis est que ce n'est pas la manipulation licite ou non de ces objets qui doivent être qualifiés par la loi, mais son usage. Si j'obtiens ou stocke un document obtenu sur les réseaux et que j'en fais commerce ou chantage, je puis être poursuivi; de manière équivalente, je ne peux être poursuivi sur la foi de documents obtenus frauduleusement ou dont l'origine ne peut être prouvée. 

 

 

 

 

 

08/02/2014

Un peu de Scala

Voici un framework pubsub de la mort qui tue... 

 

trait Idable {

   val id = Bus.getId

   def pub = Bus.pub(this)

   def sub(p:Idable, f:()=>Unit) = Bus.sub(p,f)

}

object Bus {

val H = collection.mutable.HashMap[Long,List[()=>Unit]]()

def pub(p:Idable):Unit = H.get(p.id).map(fs=>fs.map(f=> f()))

def sub(p:Idable, f:()=>Unit):Unit = H.put(p.id,f :: H.get(p.id).getOrElse (List()))

var ID = 0

def getId:Long = {ID+=1; ID}

}

Il s'utilise assez simplement: 

 

class Person (val name:String, var age:Int) extends Idable {
  def setAge(x:Int) = {age = x; pub}
}
object Main extends App with Idable {
  val p = new Person("me",33)
  sub(p, ()=> println("p notified " + p.age))
  p.setAge(34)
}

 

On utilise ici les closures bien sur, mais surtout les traits: Idable contient le comportement nécessaire à la signalisation via l'objet singleton Bus et aussi l'interface d'utilisation : pourvu qu'on soit "Idable", l'id et le Bus sont absolument invisibles. 

Viva Scala ! 

 

 

09/01/2014

THC

Le Sativex associe deux molécules, le tétrahydrocannabinol (THC, responsable de l'effet euphorisant) et le cannabidiol. L'indication thérapeutique demandée par le laboratoire Almirall, est très limitée : il s'agira uniquement du traitement symptomatique de la spasticité (contractures) liée à la sclérose en plaques des patients adultes, résistante aux autres traitements. L'ANSM estime autour de 2 000 le nombre de patients potentiels. Almirall avance 5 000.

Le Monde (9/1/2014). 

Je ne sais pas pourquoi, mais l'association de DEUX molécules, dont l'une est le xxxcannabinol et l'autre le cannabixxxxol me semble superfétatoire... Cela me donne envie de souffrir de sclérose, en plaques.

Cette avancée dans le progrès inéluctable, qui nous guette, est réjouissante, euh heureuse. 

 

A propos, le mot "heur" existe, et peut s'utiliser, comme signifiant "destin", "fortune" (ni mauvais, ni bon). 

D'aprés http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/heur/37608

Quoique ce mot soit peu usité, comme il reste dans la locution heur et malheur, il n'est pas impossible de le bien employer en poésie ou dans la prose élevée.

"il n'est pas impossible de le bien employer"  est l'exemple même de l'esprit Français exprimé à la Française, je dirais, dans toute sa splendeur. 

07/01/2014

Dieudonné comme statue de la Liberté

Adressé à Brice Couturier. 

Le caractère subjectif manifeste de ce que beaucoup d'entre vous appelez l'antisémitisme est patent ! 

Avez vous lu Mein Kampf (au moins les extraits disponibles ça et là ?) Avez vous lu et compris les appels au meurtre caractérisés dont sont rempli les oeuvres d'un Céline, ou d'un Brasillach par ailleurs célébrés partout sans vergogne ? 

Avez vous pu comparer avec les discours de Dieudonné ? 

Et bien à moins d'être aveuglé par des préjugés ou des sentiments moralistes naïfs, la comparaison ne tient pas. Il y a dans les hurlement antisémites des années 30 et 40 une volonté de meurtre considérée comme possible symboliquement et réellement. Elle fut assumée ! Voilà ce qu'on appelle l'antisémitisme condamnable au sens strict. 

Et bien il se trouve figurez vous que Dieudonné n'est clairement pas dans ce registre. Il est ainsi arbitraire et subjectif de rapprocher les deux attitudes. 

Qui gère ce subjectif ? Nous sommes là dans des désaccords qui vont mener loin. Cette société se déchire progressivement,  rongée par les communautarismes variés. 

Que l'on puisse instaurer une censure au nom du "respect du aux victimes de la Shoa" , respect décidé par un journaliste de France Inter qui décide d'une liste, selon lui à généraliser, de personnes à ostraciser. Que décider donc pour Dominique Taddéi ? Quel reproche faut il donc lui faire, lui qui "indirectement" (tout comme Dieudonné finalement) supporterait le manque de respect dont on parle ? 

Le manque de respect se généralise:  aux femmes noires traitées de guenons, aux femmes voilées, aux enfants handicapés, etc etc. Le bon sens arbitre, suivant les gouts , les indulgences, et les besoins des dirigeants de faire diversion. La compétition pour accéder au "respect" fait ainsi rage.

Mon point de vue, partagé par exemple par les constitutionnalistes américains, est que la liberté d'expression n'a pas de limites hors l'appel au meurtre et que c'est l'honneur des peuples libres et civilisés que de supporter les expressions obscènes. DOT BARRE ! 

Que ce principe là, simple, généreux, évident, général, universel ne puisse être conçu par un Brice Couturier me parait sidérant et illustre la profonde arriération morale et intellectuelle de ce pays, autrefois moderne. 

Et bien le Dieudonné que vous détestez tant vous aura appris cela, qu'il en soit remercié !  

Et la quenelle, malheureusement, loin d'être un "signe nazi à l'envers" ( quelle absurde interprétation !) deviendra l'emblème de la protestation suprême: aux ennemis de la liberté on ne peut que jeter que l'obscène: allez vous faire foutre! 

06/01/2014

Les arguments de Michelle Tribalat

Au sujet des fameux rapports sur l'assimilation/intégration/inclusion, Michelle Tribalat a eu l'occasion de s'exprimer, en particulier sur France Culture, et pas plus tard que trés récemment. 

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-france-la-grande-mutation-2013-12-14

Voici ce que j'ai retenu:

  • Malgré sa diversité ethnique et culturelle, la France n'a jamais vécu dans une situation "naturelle" d'immigration d'importance.  L'immigration de la fin du XXème siècle est historiquement exceptionnelle.
  • L'arrivée de nouvelles populations dans un pays d'accueil suppose une asymétrie fondamentale des rapports avec les populations natives accueillantes, les usages et valeurs de celles ci étant naturellement prioritaires.
  • L'immigration en France est historiquement caractérisée par un schéma d'assimilation, la persistance des identités d'origine restant possible, mais subordonnée à l'identité nationale. Les identités d'origine n'ont jamais, historiquement, été reconnues en tant que telles, l'appartenance à la nation Française étant exclusive.

Il est clair qu'à partir de là, il y a clairement désaccord avec ce qui est proposé dans les rapports remis au premier ministre. On pourrait isoler les points suivants:

  • Y a t il possibilité ou nécessité pour les nations européennes de décider explicitement  des modalités d'accueil des populations non européennes qui souhaitent s'installer ?
  • Le statut de ces nouvelles populations en Europe doit il être reconnu en fonction de leurs origines et une politique culturelle et identitaire explicite doit elle être mise en oeuvre ?
  • Les principes courants de la laïcité à la Française, historiquement élaborés dans une confrontation politique et sociale avec l'Eglise catholique doivent ils être assouplis pour éviter toute confrontation du même type avec la religion musulmane ?

Communiquer sur la Shoah

La question de la communication au sujet de la Shoah mérite d'être reposée. 

Alors que des polémiques, propres à notre époque, réactivent le thème, il semblerait que l'imaginaire commun doive être réactivé à ce sujet : comment communiquer au delà de la simple information sur une situation historique dont la perception est une composante importante du lien social ? 

Tout d'abord y a t il un problème ? Et bien oui, et de trois natures: 

  • esthétique: au début il y avait le film de Resnais, "nuit et brouillard" diffusé dans les cinés-clubs des lycées, il faut le reconnaitre, après vingt ans il ennuyait mortellement. Comment susciter à nouveau une émotion sur ce thème?  Une réponse fut la "liste de Schindler". Est elle suffisante, ou acceptable ? 
  • ethnique: beaucoup d'écoles sont maintenant peuplées d'élèves qui ne sont pas liés familialement au drame historique; il s'en sentent détachés. Comment faire passer le message sur l'importance de la chose? 
  • historique: quelle est l'ampleur exacte du drame du point de vue de l'histoire? Quelle est l'histoire des réactions à l'évènement ? Comment et pourquoi situer relativement les autres génocides, communistes, africains, asiatiques ? Pourquoi et comment certains les nient (communistes, révisionnistes, turcs) ? 

Ce qu'il faut adresser par dessus tout c'est le souci de la vérité telle qu'elle peut être perçue par un citoyen raisonnable, et surtout, et ce sera ma recommandation, de considérer les choses du point de vue de l'histoire, comme réflexion raisonnable sur le passé. 

L'esthétique sur des choses pareilles ne peut qu'être raté. Pire, dans un monde qui vit l'éclatement des styles et des esthétiques, vouloir séduire ou impressionner de cette manière ne peut conduire hélas qu'aux extrêmes et donc d'une manière ou d'une autre à une forme de pornographie insupportable. C'est le problème de Claude Lanzmann : peut on faire une fiction, un spectacle, même édifiant avec de tels évènements ? 

L'ethnique deviendra de plus en plus dangereux. Nous nous acheminons vers un système communautariste qui va marquer les messages suivant leur origine. Tout ce qui signe l'appartenance dévalorise globalement et ce d'autant plus que la seule bouée, la neutralité laïque, sera invoquée systématiquement (si elle n'est pas contestée mais c'est une autre histoire). La sensibilité familiale pouvait marcher quand le sentiment de culpabilité tel qu'il était vécu par la première génération de témoins impuissants et leur enfants, j'en fait partie; elle est inopérante au cran d'après. 

Revenons à l'histoire. Oui les chambres à gaz ont existé, elle furent niées pour des raisons qui ne tiennent pas historiquement, au nom d'intérêts historiques et géographiques caractérisés. Le "Protocole des sages de sion" et "Mein Kampf" font partie de l'histoire et eurent un rôle important, connu et explicable. Considérer ces faits historiques comme sacrés, non discutables, voire interdit de communication parce que dangereux est une erreur.

Il faut ainsi rompre avec une attitude générale datée essentiellement défendu par une génération qui s'en va peu à peu. Le débat est ouvert en tout cas. L'approche qu'il convient d'adopter est évidemment celle là qui est raisonnable: l'histoire. 

Ainsi donc l'histoire, rien que l'histoire, avec les polémiques qui l'accompagnent et l'exercice de la raison. Pas le mémoriel, esthétique ou ethnique, qui ne conduit qu'à l'émotif violent.

 

 

05/01/2014

France Culture en guerre contre Dieudonné

http://www.franceculture.fr/emission-la-chronique-de-bric...

Brice Couturier sur France Culture, renommé pourtant pour son esprit "à l'encontre", hurle donc avec les loups et demande l'exécution de Dieudonné. 

Il y eut aussi ce jour là: 

Les Matins de France Culture 2/01/2014

Marc Olivier Baruch se permet de qualifier de "sophisme" le refus "forcené" de Vidal Naquet (exprimé en 1987) de voir une loi mémorielle type loi Gayssot; ceci au nom de la liberté.

(Voir le passage en 131 de l'émission). 

Ainsi donc France Culture (l'émission du matin) lance la guerre contre l'humoriste. L'expression est reprise par Baruch lui même : la guerre c'est la guerre...