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FrancoisCarmignola - Page 6

  • La Monnaie

    Comprendre les mécanisme monétaires est une gageure, et semble impossible. Partout véhémences et dénonciations, ce qui incompréhensible pour qui voit le monde marcher tout de même. Comment cela se fait?

    LES FONDAMENTAUX

    Il faut d'abord comprendre les fondamentaux. Ils ne changent pas, et sont toujours les mêmes. C'est cela qui est rassurant. 

    On a les particuliers, les entreprises, les banques et la banque centrale (d'émission). 

    Les banques et la banque centrale sont imposées par l'Etat: tout vaut mieux que l'usure et les désordres que causent l'exploitation sans limite de la pauvreté, de l'ignorance et de l'alcoolisme. Il faut une monnaie et faire en sorte que des règles s'imposent.

    Elles permettent à des entités libres de faire des choix en permettant des calculs cout/avantages suivi d'effets prévisibles, ceux-ci étant mesurés et maintenus dans des limites acceptables. 

    Les banques prêtent de l'argent et constituent un secteur économique régulé par des lois spéciales: on le comprend, car il s'agit d'empêcher l'usure on l'a dit, mais aussi de permettre, en le limitant, le crédit,  sur une base qui est au grand scandale de beaucoup, est basé sur du vent: le principe des réserves fractionnaires permet en effet aux banques de prêter à intérêt de l'argent qu'elles n'ont pas et en fait de créer ex nihilo de la monnaie. Et oui.

    Car prêter de l'argent c'est d'abord en créer: le phénomène inquiétant et scandaleux, sans doute à l'origine de bien des révoltes contre le funeste liquide n'est toujours pas passé dans les esprits; y ajouter que ce qui est prêté non seulement est crée mais en plus n'existe pas ajoute à la révolte. C'est bien naturel, tout autant que le mécanisme lui même, d'ailleurs, le niveau d'abstraction pour le comprendre étant hors d'atteinte pour la plupart des gens: comment ? La monnaie n'est pas l'argent ? 

    La banque centrale, elle, a pour vocation à maintenir en équilibre les échanges bancaires en général, un principe connu depuis plusieurs siècles en occident étant qu'on ne peut influer qu'à "la marge" sur toutes ces décisions prises par un peuple, l'examen de tout achat de bonbons devant des fonctionnaires assermentés étant considéré comme hélas impraticable concrètement. Il faut ainsi un mécanisme INDIRECT d'influence sur les banques. Le contrôle de certains taux de profits le permet. Un nombre à gérer plutôt que des millions, à changer tous les mois plutôt que toutes les secondes, bref, un mécanisme, une habileté. 

    Les critères de ces régulations sont fixés par ses statuts, en principe il s'agit de maintenir une inflation basse mais pas trop, un chômage bas, et une économie en bonne santé (...). On passera sur la priorisation de ces objectifs, l'important étant de savoir que la banque centrale était autrefois directement sous le pouvoir de l'Etat. Ce n'est plus le cas, car la banque centrale, en Europe, maintenant européenne depuis la création de l'Euro, est indépendante,  car définie sur le modèle de la très "ordo libérale" banque centrale de la république fédérale d'Allemagne, jugée universellement responsable de la merveilleuse santé allemande depuis la fin de la guerre. 

    LE CREDIT

    On a donc la politique du crédit à l'intérieur d'une zone monétaire. D'abord, les banques font crédit, c'est leur métier, leur fonction. Ensuite les entreprises se font crédit entre elles, par émission d'effets de commerce de clients à fournisseurs, les fournisseurs pouvant les transformer en bon argent auprès des banques moyennant un taux d'escompte. Les banques peuvent alors envoyer l'effet à la banque des banques, la banque centrale, et se faire prêter de l'argent au taux de réescompte. Bref, ça circule. 

    Les banques ont de l'argent, c'est celui des déposants, qu'elles font immédiatement disparaitre en le prêtant, bien sur. Mais elles peuvent en avoir besoin, ne serait ce que pour garnir les distributeurs. Elles doivent aussi compenser les chèques envoyés ou reçus des autres banques, et cela tous les jours (on équilibre ses comptes tous les jours, dans la vie).

    Ces compensations en temps réel se font sur le marché inter-bancaire (le lieu du fameux taux "libor", mot employé en Angleterre, et qui fit l'objet d'une fraude retentissante récemment), et les versements de compensation se font dans une monnaie spéciale, dite "monnaie banque centrale" qui n'est faite que des comptes ouverts par les banques auprès de la banque centrale. C'est sur ces comptes que passent les achats de devises, les réserves obligatoires, les réescomptes. Ces comptes doivent être "créditeur" d'un montant minimal, qui est le montant des réserves, montant qui a un minimum pour que la banque puisse exercer, et qui doit être en rapport avec la quantité totale des crédits accordés par la banque. Une banque peut ainsi prêter plus mais doit avoir (tout de même) les réserves en conséquence. Refinancer une banque, c'est lui permettre d'accorder davantage de crédit, et aussi de pouvoir régler les autres banques, soit qu'elles l'exigent soit qu'elles proposent en échange des titres alléchants. 

    Les interventions de la banque centrale sur le marché interbancaire s'appellent les opérations d'"open market" ou de "refinancement". Les taux d'intérêts de ces interventions sont les taux "directeurs". Rappelons qu'il y a 3 taux directeurs : le taux de dépôt (celui qui est actuellement négatif), le taux de refinancement (LE taux directeur, celui qui contrôle l'octroi de liquidité aux banques), et le taux d'escompte, le bien connu. 

    L'important est le concept de "monnaie banque centrale", mal connu mais fondamental. Il y a donc deux monnaies.

    La monnaie normale (dite masse monétaire) est ainsi facteur de la monnaie banque centrale (dite base monétaire), dans la mesure du taux de réserves obligatoire (disons 10%) et de la masse de biftons (monnaie fiduciaire) en circulation. 

    La monnaie banque centrale, ou base monétaire, est M0, le premier agrégat monétaire. On qualifie de "fuite" la masse des biftons, dans la mesure ou cela est de la monnaie qui n'est pas crée par du crédit mais par la banque centrale, et qui "fuit" hors du circuit bancaire. 

    Mais au fait qu'est ce que la monnaie? 

    LA MONNAIE ET L'ETALON OR  

    La monnaie est un pouvoir d'acheter, un pouvoir d'achat. Point barre. Maintenant cela dépend où, auprès de qui, et dans quelles conditions. C'est donc un bien. De fait c'est un signe de la possession d'un bien échangeable, les conditions de validité du signe étant évidemment variables. Une condition de validité bien connue est que le signe soit un bloc d'or certifié comme pesant un certain poids (pour éviter de le peser toutes les cinq minutes). Evidemment, on passa vite (en fait il y a très peu de temps, historiquement) à des signes moins directs, dont le fameux bifton. 

    Le principe de base de toute conceptualisation de la monnaie est évidemment le principe de l'étalon or, en vigueur de 1879 à la première guerre mondiale puis brièvement entre 27 et 31. En gros, on n'a de monnaie qu'autant qu'on a d'or, l'or étant gardé par les états, et échangé à la demande de toute personne présentant un billet dans la monnaie en question. Naturellement, on peut acheter de l'or, et le marché de l'or ne change rien à l'affaire: ce sont les états qui décident bien sur, d'un prix intangible. 

    Passons tout de suite à la balance des paiements, qui s'applique aux états. Elle est bien sur équilibrée, comme toute balance, et ce sont ses sous balances qui ne le sont pas. Le déficit des paiement est ainsi le nom conventionnel de celui de la balance commerciale, les autres balances, financières et excédentaires, faisant compensation pour respecter la contrainte globale du balancement équilibré. 

    En régime d'étalon or, un commerce déficitaire nécessite de donner au fournisseur de l'argent que celui ci peut présenter quand il veut à l'échange contre du métal, réduisant donc la quantité d'or disponible, ce qui va "détruire" de la monnaie.

    C'est là qu'intervient un mécanisme décrit par David Hume en 1752, et qui va influer "automatiquement" sur la balance des paiements. Défenseur de l'utilisation du papier monnaie, plutôt que du métal directement, Hume réfléchissant sur un thème de l'époque (que la hausse des prix était due à l'afflux d'or venant du nouveau monde) conçut d'abord les effets bénéfiques de cet accroissement sur l'activité humaine, seule vraie expression selon lui de  la richesse. Hume commence donc par lier quantité de monnaie et niveau des prix, en modélisant la transition qui lie le changement de l'un avec celui de l'autre.

    Le mécanisme est donc que la quantité de monnaie (qui diminue dans l'exemple) va influer négativement sur les prix et donc favoriser l'offre faite aux étrangers, qui vont donc acheter plus, ce qui va rééquilibrer la situation par apport d'or et recréation de monnaie. 

    Tout le bénéfice de l'étalon or est là: une contrainte quasi physique qui va vertueusement maintenir la situation conventionnelle des sociétés dans un ordre immuable et sage, proportionnel aux mérites et bénéfique à la richesse globale des nations. Ce concept de la convention transformée en nature est l'essence des lumières et de la civilisation occidentale ! Il n'y aura ainsi de vraie activité que proportionnelle à la monnaie disponible et en équilibre avec l'activité des autres, ce qui garantit la paix et la prospérité générale.

     

    LA FIN DE L ETALON OR

    Après la seconde guerre mondiale, on instaura le Gold Exchange Standard  (celui de 1944) (étalon de change or), qui consistait à n'avoir plus que le dollar de convertible en or, son utilisation étant celle d'une monnaie de "réserve" à la place de l'or. Cela donna un avantage léonin donné aux USA, les "réserves" pouvant être immédiatement investies aux US, ce que ne permettait pas l'or gardé bêtement en coffre. Cela favorisa un déficit commercial US abyssal qui menaça de déséquilibrer tout le système: les avoirs en dollars étaient immenses et il aurait suffi qu'on en demande leur remboursement en or pour que tout explose. Lorsque la convertibilité fut abandonnée (le 17 Mars 1968 pour autres que les états, le 15 Aout 1971 définitivement) Ford Knox avait 20 G$ d'or et il y avait 60 G$ dans la nature... 

    L'année 1968 fut terrible: une spéculation effrénée sur l'or eu lieu dans les premiers mois, et on instaura un quasi contrôle des changes aux US avant de geler la convertibilité, les états  "amis" se trouvant sommés de ne pas rogner davantage le stock d'or en voie d'instinction. Mai 68 fut bien sur en plus affreux pour le trésor français, la grande inflation commençant immédiatement. Le 15 Aout 1971, Nixon supprima définitivement la convertibilité de la dernière monnaie de réserve, et supprima donc l'étalon or. 

    Depuis, et bien les choses sont devenues ce qu'elles sont: le dollar a gardé son rôle et la virtualisation des économies s'est encore accentuée, avec la quantité de monnaie globale disponible. Les catastrophes prédites par Jacques Rueff ne se sont pas produites, ou bien se sont produites et nous vivons avec sans nous en rendre compte. 

    LA BANQUE CENTRALE EUROPEENE 

    Depuis la création de l'Euro, la BCE gère la politique d'émission et la politique monétaire. Elle supervise les 130 banques européennes et gère les réserves de change de la zone Euro. De fait avec les banques centrales des pays membres de la zone Euro, elle gère la monnaie unique. Elle est l'organe central de l'Eurosystème et décide des opérations d'open market menées par les banques centrales nationales. Elle dispose des taux directeurs qui lui permettent d'intervenir et de réguler le marché interbancaire et donc le fonctionnement du crédit à l'intérieur de la zone euro. 

    LES RELATIONS ENTRE LA BANQUE CENTRALE ET L ETAT

    De toute éternité, le souverain bat monnaie. La confusion entre tous ces beaux principes du fait des souverains violents dont nous ne sommes pas complètement débarrassé, est donc possible. Il faut rappeler que l'Etat Islamique bat monnaie.  

    Le grand avantage du souverain en matière de monnaie est qu'il peut rogner les pièces qu'il met en circulation pour accroitre son pouvoir d'achat (de prébende et de corruption). Ce qui revient à augmenter la quantité de monnaie, et donc d'augmenter les prix. Cette augmentation des prix, qui diminue la richesse du reste de la nation est en fait un impôt, mais un impôt des plus précieux, car invisible.

    Emprunter (prendre)  à la banque centrale, quand on est un Etat, revient strictement au même: la création de monnaie à activité constante, augmente les prix, cette augmentation allant directement dans la poche corruptrice de l'Etat au prix d'une inflation funeste qui appauvrit les pauvres en se faisant passer pour un innocent changement climatique. 

    Et bien, la fameuse réforme de 1973 fut précisément l'interdiction définitive de cette vilenie ! Le complot Pompidou Rotschild qui visa à enrichir les juifs (comme son nom l'indique) et que dénoncent avec vigueur tous les complotistes depuis dix ans est de fait un progrès majeur de la civilisation, de fait un droit de l'homme supplémentaire. 

    Elle est d'autre part évidemment un préalable à tout action monétaire commune en Europe: comment imaginer laisser un tel pouvoir aux Etats avec une monnaie commune ? Cela signifierait donner à Malte le pouvoir d'imposer davantage les pauvres français. Même Hollande s'y opposerait ! 

    Pour finir, emprunter à la banque centrale pour un Etat, c'est de fait se faire financer un déficit budgétaire, ou bien comme on dit, "faire marcher la planche à billets". Cela est maintenant interdit, au nom de la séculaire lutte entre les citoyens libre et l'Etat oppresseur. L'Etat doit prendre ses responsabilités et faire fonctionner la démocratie qui consiste essentiellement à négocier auprès des citoyens le montant de l'impôt: celui ci doit être sa seule source de revenus (à part la dette).

    Quand on parle de l'Etat, on parle en fait du "Trésor". Il vend des bons "du Trésor" aux banques (et non pas à la banque centrale) pour obtenir de l'argent. Mieux, il peut emprunter sur les marchés mondiaux de capitaux. Ce sont des obligations (des titres remboursables à une échéance). Ils sont payés en monnaie banque centrale, directement depuis le compte dont l'Etat dispose auprès de la banque centrale. C'est le seul moyen légal pour l'Etat d'obtenir de l'argent hors impôts: l'emprunt sur les marchés financiers et non plus la création directe d'argent par manipulation de la monnaie qu'il est chargé de faire respecter. Du moins en principe: il y a contradiction fondamentale entre les deux rôles de l'Etat vis à vis de la monnaie, et l'indépendance de la banque centrale  a pour vocation d'écarter le chat des pots de confiture afin de maintenir les prix stables. 

    A ce sujet, il faut savoir que le trésor public est séculairement client de la banque centrale, tout comme les banques. De fait, il se comporte comme une banque, mais qui ne prête jamais, bien au contraire: il perçoit, que dis-je il spolie, de fait il transforme la monnaie perçue en monnaie banque centrale tout en payant ses fournisseurs et prébendiers avec.  

    LES MARCHES FINANCIERS

    Les marchés financiers ne sont pas équivalents. Par exemple, le marché interbancaire, on l'a vu, est radicalement différents du marché du porc breton: il n'est pas, du tout, de même nature. 

    On distinguera, c'est important, les marchés primaires et secondaires des titres, le marché secondaire étant un marché de l'occasion, seul le primaire pouvant émettre (créer) des titres. 

    Les différentes politiques accommodantes des banques centrales se distinguent suivant qu'elles agissent sur les marchés primaires (c'est le cas de la QE de la banque d'Angleterre) ou secondaires seulement (c'est le cas de la QE de la BCE). 

    LA QE

    La QE est en vigueur en Europe depuis Mars 2015.

    D'abord, le QE (quantitative easing) n'est pas une injection directe d'argent, mais une augmentation des réserves des banques. CE N EST PAS une activation de la planche à billets, donc. Presque pas. 

    Cela n'a rien à voir, et ne correspond pas (évidemment) non plus  à un don d'argent à des rapaces aux nez crochus. Car il faut comprendre que ces réserves sont de la monnaie banque centrale, monnaie qui n'a rien à voir avec le vrai argent, et ne se trouve pas comptabilisée dans la vraie monnaie, celle qui permet par exemple d'acheter des bitcoins, en l'occurrence les aggrégats monétaires connus. 

    Ces réserves (argent porté aux comptes des banques auprès de la banque centrale) sont augmentées du fait de l'achat par la banque centrale de titres variés émis par les banques. Cela permet à la banque centrale de "créer" de la monnaie banque centrale suivant le mécanisme bien connu commun à toutes les monnaies. Le but est bien de favoriser les banques (et rien qu'elles tu parles, qui d'autre ? ) mais dans un marché monétaire particulier: l'interbancaire.

    Bien sur, les titres achetés peuvent être des bons émis par les états et que les banques s'échangent entre elles sur ce même marché. Il peuvent avoir été acheté par les banques aux états, si elles ont confiance naturellement ou si ces mêmes états leur forcent la main. 

    Mais les banques vont mal. Elles ont "en banque" beaucoup de titres de valeurs douteuses (pour ne pas dire totalement pourries) qui fait qu'elles se suspectent mutuellement d'une faillite prochaine. Elle ne se font plus confiance et ne se prêtent plus rien. Or elles ont besoin de réserves pour pouvoir avoir le droit de prêter. C'est cela la crise de "liquidité": les banques sont clouées au sol et ne peuvent plus prêter à personne et en particulier à l'économie "réelle". D'où la volonté somme toute louable du "easing". 

    En tout cas, la chose est indirecte, c'est l'essentiel. 

    EN CONCLUSION

    Plutôt que dénoncer à l'aveugle l'argent corrupteur, la méchanceté des riches, ou la rapacité de la finance juive (minoritaire partout, les pauvres, ils est très possible que leur rapacité soit en faite inférieure à celle de la finance non juive, si tant est d'ailleurs que la finance soit rapace plutôt que partie de la réalité du monde, en fait), on peut donc d'abord avoir quelques notions de base de cette réalité. Celui ci n'est pas absurde ou irraisonné, ou soumis à la folie de je ne sais quel démon. Il a ses problèmes, et tente de les régler. 

     

    P.S. Pour enfoncer le clou et préciser la chose, un évènement récent en Allemagne est le ré-examen par la cour constitutionnelle allemande de la possibilité pour la banque centrale Européenne de mener la politique dite OMT, qui consiste à racheter des obligations d'Etat, ce qui au moins en principe viole les principes de la loi fondamentale toute "ordolibérale", de l'Allemagne fédérale. Un point intéressant, rappelé à ce propos est cette politique n'a PAS été utilisé par la BCE...

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/16/la-bce-de-nouveau-sur-le-gril-de-la-justice-constitutionnelle-allemande_4865972_3234.html

     

    P.S. 21 Juin 2016 A deux jours du Brexit, la cour constitutionnelle Allemande accepte l'OMT, toujours pas appliquée, sachant qu'elle ne peut se faire qu'en échange d'un programme d'ajustement structurel (à base d'éventration de bébés innocents et de viols de femmes enceintes). 

  • Les guerres idéologiques

    Le terme "guerre idéologique" est précis et doté du sens qu'on peut accorder à une expression qui n'est pas appropriée par un camp. "Conflit de civilisation", "guerre de religions" et même "guerre civile", sont des termes qu'on utilise de manière partisane pour dénoncer leur utilisation ou bien pour faire peur.

    Alors qu'une guerre idéologique c'est mobilisateur, c'est effectif et cela se situe justement avant que l'on soit obligé de passer à la vraie violence, celle qui règne au moyen orient ou en Afrique, et qui se trouve précisément désignée par les termes décrits plus haut.

    Une idéologie est définie par une description qui se veut prescriptive. C'est la définition de Raymond Aron (le mélange entre les descriptions et les jugements de valeur). Les prescriptions en question, quand elles apparaissent comme menaçantes, peuvent être combattues en s'attaquant aux descriptions qui les soutiennent, ou bien globalement, par l'explicite combat contre l'ensemble de la volonté idéologique identifiée, considérée comme ennemie et combattue comme telle afin de la  déconsidérer et de la détruire.

    L'idéologie à combattre de nos jours n'est pas l'extrême droite factieuse des années trente, ni le communisme de cette époque. Ce n'est pas le communisme des années cinquante, ni le socialisme des années quatre vingt. Ce n'est pas le front national des années 2000, ou le communautarisme homosexuel de 2012.

    C'est le communautarisme musulman de notre temps, réplique exacte de forces européennes comparables que l'histoire a connu, assis sur la volonté de s'approprier une partie du peuple, par la propagation d'une religion menaçante.

    L'aspect religieux de la chose ne doit pas surprendre. Au risque de me différencier exagérément de bien des gens, je ne ferais pas de différence essentielle sur ce point entre l'islam et le communisme: tous deux ils n'ont pour objet que d'asservir, par des rites, par des conceptions métaphysiques agressives et des sentiments moraux dévoyés. Voila ma définition de la religion et voilà ce dont il faut se défendre.

    Mais commençons par l'aspect "guerrier". Il n'y a pas de guerre sans une puissance étrangère. A moins qu'on ne veuille qualifier de "civile" une guerre avec des arrivants récents dont l'étrangeté culturelle et religieuse est patente, et entretenue par l'étranger. 

    Comment qualifier les vêtements étranges, les voiles, les prières en Arabe qu'on ne comprend pas, les prêches pakistanais ou wahaabites qu'on voit pourtant interdit jusqu'en Algérie ou au Sénégal ? Comme des expressions populaires traditionnelles de l'immigration économique africaine ? Absolument pas: on a là l'importation en Europe, à des fins de communautarisme agressif de moeurs qu'on veut imposer à des gens du fait de leur faciès. C'est de guerre idéologique dont on parle. Et le racisme n'y est qu'un instrument: on se trouve condamné pour respecter ou ne pas respecter le ramadan du fait de son appartenance visible à une minorité. Voilà où nous en sommes, au pays de la liberté. 

    L'aspect "puissance étrangère" de la chose ne doit pas non plus égarer. Le complot n'est pas ourdi par une puissance unique. L'Algérie et la Turquie, tout comme l'Etat Islamique sont parties prenantes séparées dans une confrontation qui sans être un choc de civilisation y ressemble bigrement. Confronté à un monde qui quoiqu'on en dise, est déstabilisé démographiquement à terme, des puissances en devenir cherchent à gagner de l'influence sur des zones nouvelles qu'ils perçoivent comme fragiles. La manipulation, sur le sol de la cible, des facteurs qui sont à la base de leur pouvoir s'impose. Mettez vous à leur place.

    Il faut bien différencier Algérie et Turquie. Alors que l'Algérie, dos au mur démographiquement et économiquement, se trouve dans une impasse historique et cherche surtout à protéger ses élites corrompues et les pieds à terre de leurs enfants, la Turquie se voit en expansion. Tout comme l'Algérie, arrosée par l'histoire contemporaine par de l'argent tombé du ciel, mais elle directement en argent comme membre de l'Otan (l'Algérie, elle c'est via le gaz), elle voit son avenir comme prédatrice, faute d'un développement économique suffisant. La Turquie se trouve être le pays le plus subventionné et le plus corrompu qui soit, base avancée contre l'URSS oblige.

    Qu'en est il du Maroc ? Le Maroc est une forme de Turquie. Seul royaume musulman indépendant de la porte au cours de l'histoire, déjà investi au sud, il est dirigé par un gouvernement maintenant marqué par un islam politique qui l'identifie clairement comme non occidental, quoique soigneusement pacifique, pour l'instant. Il se contente de contrôler son islam européen, et cela plus que jamais, ses rapports avec l'Algérie n'étant toujours pas, et je dirais moins que jamais, normalisés. Que peut il se passer dans le grand sud si ça pète à l'Est ? 

    La Turquie soutient, encourage et utilise la confrérie des frères musulmans. Bien au delà d'un réveil arabe, la confrérie a vocation à fournir le sous bassement idéologique internationalisé de la fameuse guerre idéologique. Oublions les djihadismes et toutes les formes de salafisme fétichiste qui nous font si peur: le vrai islam autoritaire et borné, réactionnaire et impérialiste, soumis aux hiérarchies ottomanes au nom de la défense de l'oumma est bien là, il est fait pour ça: la restauration du califat, à Istamboul. 

    Mais il n'y a pas que cela, il y a aussi l'expansion territoriale. Avec le retrait US du moyen orient pour cause de plus besoin de pétrole et de fatigue militaire, l'Arabie Saoudite se trouve à prendre. La constitution de l'Etat Islamique et tous les remous "islamiques" du moyen orient ont cela pour enjeu. Que l'on soit perse ou turc, l'odeur du désert et des lieux saints attire et donc voilà la cible. Pour paralyser une Europe, qui pourrait gêner, il faut donc lui infliger, profitons de l'occasion, une gêne thématisée sur son propre sol. Et puis, pourquoi ne pas vouloir la prendre elle aussi, à terme ? 

    Et bien les récents évènements qui auraient pu nous surprendre récemment se trouvent expliqués. Les US qui contrôlent l'Otan et donc les nouveaux arrivés dans l'UE, bavards et rancuniers (les ex colonies russes) ont l'intention de laisser la Turquie, elle aussi membre de l'Otan, gérer leur abandon de la zone. Equilibré par l'empire perse, l'empire ottoman est le seul capable de mettre de l'ordre dans le foutoir arabe qui, moins que jamais, est capable de se gouverner.

    On rançonne l'Allemagne pour le prix des migrants qu'on envoie, leur nombre commençant à gêner, et on aide quasiment ouvertement l'EI qui sera chargé d'envahir l'Arabie pour commencer, et surtout on ne veut pas de Kurdistan, mais cela on le savait. La stratégie Turque est ainsi partiellement défensive, mais c'est une constante, l'ottoman nouvel arrivé dans l'histoire n'ayant jamais vraiment réussi à se faire accepter...  

    Contre ce destin, qui rien moins qu'inéluctable, n'est pour l'instant qu'une ligne de fuite, et une raison pour les stratégies, il y a la Russie et il y a le Qatar, ou disons le golfe. Doté d'argent sans avoir de problème sociaux, les joueurs du golfe pourront  garder leur indépendance au prix des grands équilibres, comme ils ont toujours fait, mais à condition de continuer leur double jeu, médiatique, sportif, aérien, et financier. 

    Quand à la Russie, et bien elle revient comme force mondiale, c'est ce qui fut le but de toutes ses attitudes, mais surtout comme pays pétrolier. Il faut que ce damné prix des hydrocarbures remonte, et elle fait ce qu'il faut pour cela, la tension devant monter à cette mesure. Cela va durer encore deux ans, le temps que les saoudiens dépensent leur cagnotte. A ce moment elle sera là. 

    Pour le futur, elle est évidemment un pays européen, et même son futur bras armé, qui devra sans les US occupés avec la Chine,  régler le problème militaire. Il faut pour cela s'allier avec, et faire donc le contraire de ce qu'on fait actuellement, mais la venue de Fillon en 2017 devrait arranger les choses, cela pourrait être immédiat. 

    Activer avec la Russie et donc contre la Turquie, il est clair maintenant que cela sera le cas, une confrontation un peu tendue mais nécessaire, devra se  faire au prix d'une claire conscience des enjeux idéologiques, ce dont on va parler maintenant. 

    Il n'y a évidemment pas de volonté néo communiste de Poutine d'asservir le monde, mais bien une volonté d'activistes musulmans payés par l'étranger de mettre la main sur des masses misérables laissées de coté. Car la déconvenue de l'immigration non nécessaire est bien là: elle est au chômage partout, contre toute attente, et on pense pouvoir l'occuper. 

    Ainsi, les clercs qui les abrutissent voyagent et s'enrichissent. Le golfe est là pour ça (d'où viendraient les chemises blanches et les gandouras brodées de Tariq Ramadan, sinon ? ) et cela est d'évidence. Ce golfe là, arabe de coeur mais pas de migration, tu parles, envoie donc son peuple, et en fait d'ailleurs la propagande (les European Muslim Netwoks, cités ici même en sont l'exemple), coloniser l'Europe par paquets de mille en plein hiver et à la rame, les communautés sur place ayant vocation, bien sur et si possible au nom de l'état dont elles sont citoyennes, d'en promouvoir la subvention. 

    Car le discours se répand, y compris chez les semi intégrés, dont les liens familiaux à reconstituer dans la tradition sont l'enjeu de l'affaire. Les journaux sur le Web, et le comité contre l'islamophobie (CCIF), bras armé du genou dans le ventre mou a pour vocation à installer un parti par la force des "idées". Un parti politique a fait ses premiers pas (l'UDMF), et espère un grand avenir. 

    On pourrait croire que les attentats leurs portent tort. Au contraire, et cela est classique. Que peut on souhaiter de plus en ces périodes troublées que de gentils représentant de la force qui vous navre ? Et bien nous l'avons: elle se répand partout, miéleuse, dénuée d'amalgames, huilée de ce qu'on ne met pas sur le feu, et va même jusqu'à protéger les nuits de Noël des derniers chrétiens. L'offensive du déni islamique après les attentats est ainsi incroyablement bavarde et pacifiante, comme faite exprès, on dirait l'écho mentholé du bruit des balles. 

    Là encore l'explication fonctionne magnifiquement: le ministre de l'intérieur, spontanément, "respecte la protection musulmane des églises pour Noël". Car bien sur, la police ne pouvant rien, c'est aux musulmans d'être mis à contribution. Il a fallut la saillie de Robert Ménard pour que l'on ronchonne un peu sur ce respect là, la plainte de SOS racisme devant avoir des conséquences, on va rire.  

    Et bien cette "protection fraternelle" et ce "respect" font partie de la guerre idéologique. Bien joué sur ce coup là, l'imaginatif Mehdi Roland de Bézier étant un magnifique combattant, heureusement identifié comme tel, son soutien au CCIF et au BDS (Boycott Désinvestissements Sanctions) étant visible, et marqueur parfait de sa martiale posture. 

    Que lui opposer ? C'est toute la question et il faut bien avouer que les blancs ne sont pas encore en ligne comme il le faudrait. Il est sur que se précipiter sur une petite loi de déchéance sans effets n'est pas la bonne manière: il faut au contraire s'allier avec ce que l'immigration africaine compte de laïques (il y en a bien quelque uns) et non pas les vexer inutilement tout autant que les portugais, et cela pour rien. 

    Alors? Et bien les propositions calmes d'un François Fillon sont évidemment la bonne approche dans un premier temps: un référendum sur une politique de quotas d'admission qui instaurerait une bonne fois pour toute la fin de l'invasion sans contrôle et la reconnaissance officielle que la France n'a plus besoin de l'immigration, si elle en a eu jamais besoin d'ailleurs. Rien ne se fera sans cela, et cela pourrait arriver vite (l'été 2017).

    Au passage une fois saturée les institutions asilaires (d'ailleurs c'est déjà le cas), les migrations sans objet devront être bloquées énergiquement et cela sur les sols de départ, hors d'Europe. La mise en place du NOWAY est ainsi inéluctable, la pression démographique étant séculaire et maintenant elle se voit. 

    A partir de là il faudra nettoyer. Au nom de la volonté souveraine du peuple français, on établira qu'on ne souhaite pas voir s'instaurer, à rebours des usages et du vivre ensemble, des moeurs  publics qui ne sont pas partagés par la majorité du peuple. La guerre idéologique va alors commencer vraiment. 

    Elle devra se faire sur les thèmes descriptifs: qu'est ce que l'histoire de la religion musulmane sinon celle d'une foi conquérante, exclusivement architecturée sur la justification de l'action violente contre tout ce qui s'oppose à une domination politique totalitaire? 

    Installée dans un empire d'abord arabe, sous trois acceptances qui se détruisirent successivement avec une cruauté invraisemblable allant jusqu'à l'extermination familiale absolue, elle fut définitivement éradiquée par des mongols et des turcs qui l'abaissèrent avec méchanceté pendant huit cent ans. Ceci au nom d'une foi que l'on qualifie d'islamique, définitivement déconsidérée, du moins il me semble, de part son instrumentalisation autoritaire par toutes les tyrannies, et par toutes les races successives issues du sombre orient.  

    Une véritable horreur, justifiée par un texte invraisemblable, rempli des plus impitoyables malédictions envers tout ce qui s'y oppose, je ne vous raconte pas ce que les juifs y prennent... 

    Car la lutte idéologique cette fois ne sera pas contre les juifs. Suspectés par toute l'histoire d'avoir causé toutes les crises de valeurs, nos braves hébreux pourtant bien connus depuis l'origine, ancêtres de nos dieux et, malgré leurs petites manies, reconnus nos alliés dans la lutte contre les gnostiques, sont encore nos amis. Ils vont se révéler indispensables, leur connaissance du terrain étant précieuse, mais là encore nous le savions, notre sagesse les ayant doté des conditions de leur existence.

    Cela signifie t il un retour obligatoire du christianisme pour contrôler le religieux de l'affaire ? Jamais conquérant sinon sous l'égide de rêveries modernistes qui ont toujours échappé à leur instigateurs, il ne peut, le pauvre, que servir d'ultime prétexte. Moteur malgré lui des catholique zombies il est bien dévalorisé, quoique les drapeaux français ayant succédé aux charlie, on  peut imaginer une prise de conscience, mais qui ne sera pas catholique.

    Car la vraie question est de bien se comporter quoiqu'il arrive, et il ne faudra pas abdiquer ses libertés, voilà l'enjeu, sinon la principale motivation disparaitra: c'est la seule chose que nous avons en commun, nous qui nous détestons sans nous tuer, nous les démocrates athées.

    Le camp du bien est porteur de la liberté et donc il vaincra. 

     

     

  • Le ton

    Il y a dans l'appréciation des choses, dans le ton utilisé pour parler des choses, des caractéristiques qui dépendent du rôle que l'on occupe dans ce qu'il faut bien appeler le "système". Je voudrais parler ici des journalistes, des éditorialistes, bref de ceux qui expriment, sous l'angle de la neutralité journalistique, leur vision du monde. 

    Ces types de jugements sont importants car ils correspondent, au moins à titre de figure rhétorique, à ce que pourraient dire des représentants choisis au hasard parmi la population: à priori objectifs, ils réfléchissent, pèsent le pour et le contre, et décrivent la réalité telle qu'elle "est". Dans une démocratie, ce ton est important, car même si il existe des sensibilités différentes, elles sont portées par des gens ayant fait des études comparables, ayant lu les mêmes livres et les mêmes revues et donc étant susceptibles de prononcer des jugement comparables, construisant ainsi la volonté générale dans le débat entre pairs. 

    Ainsi, le discours de commentaire journalistique fait ainsi toujours "semblant" d'être naïf, utilisant le principe de la balance entre opposés pour réfléchir ou exprimer des opinions. Bien entendu, la neutralité n'est pas de ce monde, et toute expression favorise toujours, sinon un soutien, du moins une tropisme, comme on dit, en faveur de certaines opinions, le contrôle de la balance permettant d'en favoriser certaines à l'occasion, sans y toucher, mais pas plus. 

    Et bien il semble qu'en ces temps un peu perturbés, cet équilibre n'a plus lieu d'être. Une politique est menée, qui se trouve hors de l'équilibre. Enfoncé dans une position extrême, l'un des camps perd les pédales et exagère ce qu'il devrait modérer: une confiance se perd, on n'a plus à attendre une prise en compte mais à deviner le prochain coup. Le conflit est ouvert: il n'y a plus que la violence, dont l'intensité n'a d'objet que la destruction.

    Il est possible que cela ait commencé du temps de Sarkozy: une expression gourmande de violence non retenue a allumé de la part des hypocrites la levée de la haine. Nous en payons les effets aujourd'hui et la venue de l'échec allume davantage le feu: il n'y a plus de retenue. 

    Surprenant de voir que cela suivit dix ans (1995-2005) d'une volonté caractérisée d'apaiser, au prix de tous les abandons. Apaiser car la déchirure était là et qu'il fallait réparer, réparer: l'inaction, la subvention, la dette et l'effondrement suivit. Encore dix ans de tensions, de yeux au ciel, et surtout d'échecs, de chômage et de désespérance, et nous y voilà. Une crise plus tard, en retard partout, nous sommes, nous le premier pays d'Europe, le premier aussi à lui avoir dit non, aujourd'hui en dessous de toutes les normalités: dépenses publiques, dépenses sociales, chômage, dette, croissance, industrie, le dernier de la classe... 

    Les chiffres accablants sont cités au journaliste de France Culture: il répond qu'après les attentats, l'autorité de François Hollande s'est affirmée... Argument contre argument, voilà la balance qu'elle est faite. A pleurer. 

    Car le chiasme est total: (...), il n'y a pas à discuter: les politiques mises en oeuvre sont les bonnes, évidemment. Comment faire plus libéral que Macron ? Comment inverser davantage la courbe du chômage dont la prévision vaut réalisation, la ministre parlant de de stabilisation en voie ? Comment faire mieux la guerre au terrorisme qu'en envoyant l'armée, Claude Bartolone président de l'assemblée nationale, en campagne électorale, parlant de réaction "au bon moment" ? 

    Une telle folie et une telle perte de la conscience des choses est très inquiétante: quand on augmente les impôts, on le fait massivement, quand on veut modifier la constitution, on instaure une ... on se demande quoi. Incompétent, sauteur mais surtout complètement taré, voilà le pouvoir en France.

    Nous en sommes là: il n'y a plus de débat et les révoltés de gauche contre ces gens là doivent éprouver des sentiments voisins, qui ne pourront bientôt plus s'apaiser que par des moyens plus individualisés.

    Car la souffrance d'innocents défoule certes, habituellement, mais là il va falloir que le défoulement soit mené plus énergiquement. Ce sera le prix à payer pour un délabrement qui s'accentue dangereusement. 

    P.S. Pardon d'avoir parlé des révoltés de la gauche mais un auditeur de Brice Couturier décida cette semaine de l'abandonner pour excès de libéralisme. Comme quoi on en a tous vraiment marre. 

  • La la la laïcité

    Au lendemain des attentats récents une déferlante de communication musulmane s'abat sur nous. De toutes parts, de tous les pays, de toutes les obédiences, bref de partout, tombe sur l'opinion française, la liberté d'expression étant maintenue, des déclarations variées visant à séparer cognitivement les auteurs des attentats et l'islam en général. 

    Au passage, notons la différence entre Islam (avec un grand I) désignant le monde culturel lié à l'islam (avec un petit i) signifiant uniquement la religion. Au delà de la remarque perfide qu'il faut donc toujours écrire "islamophobie" avec un petit i, la distinction est d'importance et fait partie de l'échange planétaire en cours sur la question. 

    On pourrait multiplier les exemples de cette communication, l'une d'entre elles, particulièrement poivrée, étant formée d'une communication d'un professeur gazaoui, agrémentée d'une charmante photo montrant des enfants montrant chacun une affichette, écrite soit en arabe soit en français "Gaza en solidarité avec Paris". 

    http://www.saphirnews.com/Les-Palestiniens-en-solidarite-avec-le-peuple-francais_a21536.html

    Le texte, plutôt ambigu (tu parles), célèbre en fait la culpabilité d'Israël, les attentats étant l'occasion pour le peuple français de rejoindre leur "noble cause". Bien que décalé par rapport aux hommages variés incluant la visite à une mosquée de Cherbourg d'une famille de victimes du Bataclan, il est à mon avis précisément à l'image du reste de ces manifestations: hypocrite. 

    Le mot est intéressant car il désigne précisément ce que l'on attribue généralement à l'expression publique du religieux. Privé de preuves du surnaturel, contredit par toutes les évidences, tous les rationalistes, le religieux ne peut se défendre que par la parole, qui se trouve donc, dès qu'elle est affirmée en responsabilité, mensongère par définition. Pour faire passer la chose, on se fait mielleux, et toute les rhétoriques sont mises à contribution: comment  faire croire qu'on croit à ce qu'on dit ? Cela s'appelle l'hypocrisie. 

    Pour éclairer ma comparaison avec Gaza, je dirais que le gazaoui en guerre, sur de son bon droit, ne perd pas de temps en vaines sentimentalités, ou à peine: nous sommes victimes du terrorisme, comme vous, donc tous ensemble sus aux juifs. Clair et net, sauf que le Hamas eu l'occasion pas plus tard que jeudi dernier de se féliciter de la conduite héroïque du porteur de couteau qui eu l'occasion d'assassiner deux civils dans un synagogue, sus aux juifs vous dis-je. Et bien ceci a le caractère de l'hypocrisie.

    L'hypocrisie religieuse est similaire et a des objectifs semblables: favoriser par le mensonge une domination intéressée.

    Il se trouve que les sociétés européennes  eurent à faire face, puis à faire disparaitre, l'hypocrisie religieuse issue de sa propre culture, le moteur premier de cette éradication étant le profond sentiment de dégout et de détestation qu'inspire la doucereuse, ignoble, incestueuse et gluante tentative de justification de l'insensé.

    Dans le cas de l'islam, il faut comprendre que pour un européen la chose est redoublée, et ce d'une manière particulièrement aigüe.

    Alors que la religion chrétienne, celle que nous venons de faire disparaitre, est porteuse d'un historique pacifique et amoureux des hommes,  l'hypocrisie manifeste des pauvres prêtres étant essentiellement un moralisme borné; l'islam, porteur d'un historique fait de conquêtes militaires au nom d'un totalitarisme politique, est hypocrite au point de nier ces crimes là en permanence, pour mieux imposer le même moralisme détestable, voire pour restaurer la puissance politique de ses glorieuses origines. 

    Qu'on me comprenne bien: je ne parle pas de l'histoire politique en général, l'impérialisme occidental chrétien infiniment plus violent, puissant  et oppresseur que tout ce qui a peu exister d'autre est hors de cause. Je parle des sources religieuses initiales: le christianisme est une théorie amoureuse de l'humanité, l'islam la foi millénariste de tribus nomades conquérantes.

    Il n'y a donc, pour un européen aucun respect possible pour ce religieux là: non seulement il est moraliste et faux comme tout le bien connu des bigoteries séculaires que nous avons éradiqué, mais en plus il est révisionniste (et à quel point) et veut faire croire à rebours de toutes les évidences qu'il est autre chose que l'ignoble dévoiement d'une culture à célébrer en prétendant le contraire, l'assassinat, le crime, la folie sanguinaire et la dictature absolue.

    Sans parler de l'esclavagisme, de la misogynie institutionnelle. Je mettrais en dernier les interdits alimentaires, l'interdiction de consommer vin et viande de porc étant sans doute le plus absurde, le plus ridicule, le plus invivable symptôme de l'affreuse connerie qui accompagne ce religieux là.

    A partir de là il nous faut assumer ce rejet  (demandez à vos voisins si j'ai pas raison). Il est symbolique, culturel et surtout définitif. Que vont penser les "musulmans" de ce point de vue ? Qu'il est celui d'un raciste ? D'un islamophobe ?  

    Il nous faut caractériser cette détestation. Elle s'adresse d'abord et avant tout à l'expression publique de ce religieux là. Comme partout le fait de clercs, qui en vivent matériellement et intellectuellement, elle a pour vocation de maintenir en sujétion des personnes issues d'un milieu culturel, et identitaire (le fameux Islam, comme de bien entendu, les mots ont un sens) naturellement sensibles à ces discours et à ces traditions.

    Car leurs victimes essentiellement en bas de l'échelle sociale, plongées dans un monde qu'elles ne comprennent pas et qui les ignore et les discrimine. Sans culture autonome autre qu'un religieux démagogique en progression qui entend profiter de la situation. Quelle situation ?  L'échec patent de l'intégration en Europe d'un flux de migration ininterrompu qui finit, crise économique oblige, par constituer un sous système permanent de misère, de criminalité et de chômage qui finit par ressembler à ce que le monde moderne avait pensé éradiquer aussi au siècle dernier.

    Il y a bien sur une classe "supérieure" de cet islam là. Formé en partie des clercs dont nous parlons, n'oublions pas que l'éducation c'est aussi savoir se tenir à table (si vous voyez ce que je veux dire), il est composé de personnes attachées à une tradition MALGRE les travers qu'il voient clairement. Déchirés, et bien plus que nos catholiques zombies qui eux ont au moins leurs petites bougies pour se défouler, il vivent un déni sans doute pénible, avec en plus la solidarité identitaire et ethnique pour accroitre le poids de leur fardeau.

    Et bien ma thèse est que leur douleur trouvera non pas une fin complète, mais une grande amélioration s'ils se soustrayaient à la principale raison de toute cette situation: la religion musulmane. On peut les y aider: cela s'appelle la laïcité dans un sens à déterminer, avec en plus une attention spéciale à ceux qui furent musulmans,  qui ne le sont plus et qui le disent quand ils le peuvent. 

    Car il faut le dire: alors que les désastres causés dans l'Islam par l'islam politique sont aujourd'hui patents, il semble évident et inévitable qu'une proportion de plus en plus grande des personnes éduquées d'origine musulmane vont être amenées à abandonner cette funeste foi. Il faut une structure pour les accueillir, et elle s'appelle la laïcité: ce qui impose à l'espace public d'être indépendant et libre du respect réclamé par le religieux.

    Pour quelle raison principale ? On parle d'hypocrisie et l'hypocrisie a à voir avec le sexe. Je m'explique. Le sentiment spirituel est un sentiment intime, qui ne peut exister que protégé par une forme de pudeur. Au point qu'exposer son existence sous la forme par exemple d'une réflexion profonde sur tel ou tel sens de tel ou tel graffiti du 7ème siècle ressort de l'obscène, le pire qui soit: il suscite chez beaucoup, beaucoup trop de gens, et de plus en plus, de tels sentiments de colère que cela pourrait conduire à des troubles dans l'espace public.

    Je ne parle pas des adeptes de ces obscénités, je parle de ceux que cela choque: la vision de femmes perpétuellement recouverte de sombre, la vision de porteurs de barbes hideuses, de bonnets étranges, de réclamations insensées, de prières bizarres et violentes sont des provocations à la violence chez des gens de plus en plus susceptibles. Majoritaires, il ne faut pas les offenser exagérément, des violences sont à craindre du fait des violations de la décence publique. Il nous faut nous en protéger. Assez d'huile sur le feu ! 

    Au nom du droit des gens à vivre dans un espace public on ne sont exposés, en principe, ni actes sexuels ni actes assassins, et bien je demande donc à ce qu'on considère comme obscène et que l'on moque comme tel des écrits comme la sourate 5.33 (tiré de de http://kissislam.free.fr/, je ne sais pas si la traduction est la meilleure).

    "La récompense de ceux qui font la guerre contre Dieu et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment,"

    Ce qu'il y a d'intéressant c'est que ce beau texte d'amour et de paix (imaginons la purge que cela doit être pour les soufis que de l'interpréter en méditant au son de la flute) c'est qu'il suit la sourate 5.32, juste avant qui traite d'un thème voisin. Vous la connaissez c'est le fameux "celui qui tue un homme tue toute l'humanité", en fait plutôt: 

    "C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre."

    C'est à dire, littéralement: "Tuer un juif meurtrier ou corrompu, n'est pas un crime, on peut même l'épargner si on veut, il n'ont aucun droit car ils nous donnent tort malgré nos preuves. "

    En gros, le fameux verset, qui en toute hypocrisie, nous est servi pour nous aider à pleurer nos morts, se trouve être un appel caractérisé à l'oppression sans limites des juifs, comme si le Coran avait pressenti l'injustice réservée à Gaza.

    etc etc. 

    Et bien je dis que cela est obscène. Au point que ça se voit. Quel musulman un tant soit peu sérieux peut en faire lecture à ses amis athées sans les gêner atrocement ou provoquer leur irritation ? 

    Non pas que l'obscène soit inaccessible, on a le droit de le pratiquer, et dans ses acceptions les plus variées. Simplement il convient d'en protéger de ses éclaboussures les personnes qui ont d'autres passe temps et qui pourraient s'en offusquer. L'obscène a vocation a être pratiqué en privé, strictement, pour ne pas choquer; c'est une politesse dont beaucoup sont dépourvus. 

    Donc la laïque c'est d'abord la pudeur, la décence commune chère à Orwell: seins nus et voiles hors de l'espace public, sauf à la plage, héhé. Voilà donc un argument nouveau, au delà du racisme dont on pourrait m'accuser: les âmes respectables savent qu'on ne peut traiter de ces choses que dans la discrétion, et il faut de la discrétion pour pratiquer sa religion, et aussi pour l'abandonner. Car on ne peut se débarrasser de ses vieux oripeaux que dans l'obscurité. La laïcité fournit cette obscurité, gage de la liberté des individus et de la paix des sociétés. 

    Le laïc discret qui ignore la religion de son semblable peut alors parler d'autre chose, de politique par exemple. 

    P.S. En reprenant le coran, examinons les versets "pacifiques" (sataniques en fait, vous allez voir), cités le 28 Novembre 2015 par un éminent représentant de l'islam de/en France: Mohamed Moussaoui. Le texte en question

    http://www.saphirnews.com/Denoncer-et-condamner-inlassablement-la-barbarie-de-Daesh_a21579.html

    est par ailleurs, il faut le noter parfaitement respectable, voire honorable, sans aucune des déformations visibles dont sont affectés en général ces genres d'écrit. J'insiste là dessus et sans ironie aucune: irréprochable et parfaitement écrit, le texte se termine par un hommage émouvant au pays et aux victimes: un magnifique discours. 

    Sauf les citations. Allons y, je les prends une à une. Sélectionnée par un religieux éduqué, manifestement lettré et sincère, elle se doivent de représenter un message de paix propre à se justifier, et à convaincre. Ou pas.

    <2.190 Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Dieu n'aime pas les transgresseurs !>

    Le contraire exact de ce qui est prétendu dans l'article: il faut combatte, ce qui est interdit n'est évidemment pas l'agression, mais la transgression. Au cas, ou il y aurait un doute sur le contexte dont sort mon islamophobe interprétation, par ailleurs évidemment en ligne avec tout ce qu'on peut savoir par ailleurs, consultons le verset suivant: 

    <2.191 Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. >

    Là on est dans le régal des yeux, du coeur et du reste: enfin un appel au meurtre qui permet même de tuer auprès de la mosquée, la restriction délicieusement hypocrite, c'est le moins qu'on puisse dire, n'étant que mentale. Tuez vous dis-je ! 

    Je passe sur 5.32, le parangon de l'enfumage (humanité je crie ton nom, mort aux juifs!), on en a parlé. 

    <5.64 Et les Juifs disent : "La main de Dieu est fermée !" Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. Nous avons jeté parmi eux l'inimité et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection. Toutes les fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Dieu l'éteint. Et ils s'efforcent de semer le désordre sur la terre, alors que Dieu n'aime pas les semeurs de désordre.>

    Une malédiction antisémite, tout simplement. Presque incroyable qu'une personne éduquée puisse être ignorante au point d'oser servir, qui plus est, avec une apparente bonne foi, une telle infamie aux occidentaux qu'elle veut séduire. 

    <22.39 Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir >

    Le texte est bien le même: l'exact contraire du pardon aux ennemis que proclame le christianisme. Rappeler la différence essentielle entre les deux fondamentaux religieux est nécessaire. Comme quoi, le morceau se crache, un peu enrobé, mais on est bien d'accord. Du bon sens, diriez vous? C'est ça, du bon sens: militaire et assassin.

    <8.60 Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d'effrayer l'ennemi de Dieu et le vòtre, et d'autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais que Dieu connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier de Dieu vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés.>

    Le terme "cavalerie équipée" fleure bon l'odeur du cheval armé pour la guerre, celle du métal des épées, et l'assurance de ne pas investir en vain dans la force militaire effrayante, gage de paix (les versets suivants). Appeler cela de la religion est à la fois convainquant (qu'est ce que le religieux sinon l'appel au meurtre ? ) et confortant (il faut donc à toute force le combattre et souhaiter sa disparition).

    Pour la garantie du succès, voir 8.59: 

    <8.59 Que les mécréants ne pensent pas qu'ils Nous ont échappé. Non, ils ne pourront jamais Nous empêcher (de les rattraper à n'importe quel moment).>

    Et Pour finir l'édification, l'émouvante 21.107:

    <21.107 Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers.>

    Miséricorde relative, car elle ne s'adresse qu'à certains, c'est l'objet de tout le contexte: 

    <21.98 "Vous serez, vous et ce que vous adoriez en dehors de Dieu, le combustible de l'Enfer, vous vous y rendrez tous.>

    <21.103 La grande terreur ne les affligera pas, et les Anges les accueilleront : "voici le jour qui vous a été promis".>

    <21.95 Il est défendu [aux habitants] d'une cité que Nous avons fait périr de revenir [à la vie d'ici-bas] !>

     

    Sans parler du verset suivant celui de la miséricorde, la chose étant pratiquement téléphonée, et propre à séduire, surement: 

    <21.108 Dis : "Voilà ce qui m'est révélé : Votre Dieu est un Dieu unique; Etes-vous Soumis ?" [décidés à embrasser l'Islam]>

    L'injonction autoritaire oppressante et terrorisante est ici tellement révoltante qu'elle ne peut générer qu'un refus violent, ou au moins un geste obscène. Ce qui définit ainsi par la plus belle des escarboucles ce que nous nierons être de l'islamophobie, celle ci n'étant qu'une expression alambiquée pour désigner la détestation justifiée pour ceux qui la portent. 

     

    P.S.

    Mohammed Moussaoui, leader de l'islam marocain en France (l'UMF) se fend de sa culture sur saphirnews: 

    http://www.saphirnews.com/S-engager-contre-les-extremismes-et-l-instrumentalisation-des-Textes-sacres_a22148.html?com#comments

    Il publie avec élégance mon commentaire suavement critique, assimilant l'islam politique à la possibilité de l'état islamique dés qu'on confond "communauté" et organisation politique. Il citait: 

    <2.143> Nous avons fait de vous une communauté éloignée des extrêmes pour que vous soyez témoins parmi les hommes et que le Prophète soit témoin parmi vous » 

    Le "éloigné des extrêmes" se traduit aussi par "juste", c'est à dire membre de la communauté, tout simplement : ce n'est certainement pas la trace dans le coran de la possibilité d'un islam "modéré", comme suggéré. 

    On continue avec le "nulle contrainte en religion". Expression de la possibilité de l'incroyance et autorisation de l'apostasie ? Tu parles. 

    <2.256> Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroît au Rebelle tandis qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient.

    En gros, la croyance est de l'ordre de l'évidence. Quand à ce qui se passe, quand on mécroit, allons au verset suivant:

    <2. 257> Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi: Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Tagut, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement.

    Les ténèbres où règne le feu: comme c'est sympa l'absence de contraintes ! Là encore enfumage, mensonge et pire que l'hypocrisie: le foutage de gueule menaçant ! 

     

    P.S.2 J'utilise les corans en ligne

    http://kissislam.free.fr/index.php?module=coran&sourate=21

    http://www.lenoblecoran.fr/wp-content/uploads/Le-Coran-Traduction-de-Jean-Louis-Michon.htm#_Toc362284839

    P.S.3 Il y a aussi dans le texte de Moussaoui une perle qui vaut le détour et qui illustre le propos tenu à l'encontre de ce qu'il faut bien appeler des fripons à l'humour ignoble:

    "A ce titre, nous saluons la position du Conseil Supérieur des Oulémas (théologiens) marocains, la plus haute institution religieuse du royaume du Maroc, présidée par le Roi Mohammed VI en personne, qui a clarifié dans un avis religieux, publié le 14 novembre 2015, le concept de jihad, synonyme de l’effort sur soi et de l’élévation spirituelle qui prépare l’individu à une attitude altruiste au service de l’humanité. "

    "attitude altruiste au service de l’humanité" : voilà qui définit parfaitement la "lutte sur le chemin de Dieu", gihad, 

    Comme par exemple:

    9.41. Légèrement ou lourdement armés, élancez-vous au combat. Luttez avec vos biens et vos personnes dans le chemin de Dieu. Cela est un bien pour vous, si vous saviez !

     

  • Les écoles musulmanes

    Plutôt que de me livrer à des sarcasmes pour compléter un sujet qui n'a de commun que le thème, autant résumer une autre question concernant les islams et qui concerne les écoles juridiques. 

    Il y en a quatre, géographiquement distribuées, et qui se distinguent par l'ordonnancement qu'elles font entre les sources de la vérité dans le raisonnement juridique. Chacune se rattache à un imam particulier, et son nom se trouve un "isme" fait à partir du nom de celui ci. Je reprend l'orthographe de leur nom à partir de Wikipédia.

    On a ainsi 4 "madhab".

     

    Imam Commentaire Zone géographique Statut de l'analogie
    Chafi combine Malik et Hanifa Indonésie Yemen, Comores inférieure à l'opinion
    Hanbal Elève de Chafi Arabie Saoudite, Qatar minimale
    Malik Le médinois Afrique, Maghreb, Qatar supérieure à l'opinion
    Hanifa Ecole d'Irak Turquie Bosnie Pakistan maximale

     

    On devra donc commenter les tendances, et expliciter les tropismes, toutes ces traditions "juridiques" ayant été fondées et établies avant l'an 900, et constituant une part importante des "sciences" islamiques. 

    D'abord le statut de l'analogie, ou plutôt le rôle de celle ci comme source de droit. Typiquement en dernière position car elle suppose un raisonnement humain, et donc est susceptible d'être erronée. 

    Un autre critère, est celui de l'opinion (celle d'un "compagnon"), qui peut être considérée comme devant primer le raisonnement ou non. 

    Chafi rejeta comme innovante certaines pratiques de Malik et Hanifa, ce qui le situe, en libéralisme, juste après (ou avant) Hanbal, l'anarchiste bien connu. 

    On notera l'importance du consensus (des compagnons bien sur), celui ci étant le signe de l'absence d'erreur par définition (il y a un hadith là dessus, les hadhits étant la deuxième source du droit). Et oui, il s'agit de la troisième source du droit, du moins sauf pour Malik qui privilégie à cette place les coutumes des médinois. 

    Au sujet de Médine il faut savoir que le Coran serait divisé en versets médinois et mecquois, les médinois abrogeant les mecquois au grand dam des amoureux de la tolérance surtout séduits par les mecquois, révélés avant les terribles guerres nomades qui firent l'Hégire, l'exil à Yathrib, ou Médine. 

    Il faut bien distinguer écoles juridiques et écoles théologiques. Il y a en fait 3 écoles théologiques dont deux apparentées l'asharite (majoritaire) et sa subordonnée la mutaridite. Les hanafites, par exemple sont plutôt maturidites. 

    Al AShari fut d'abord un mutazilite, puis après un rêve, changea.  

     

  • René Girard

    Girard (l'autre, Jean Yves est toujours vivant) est mort. 

    En trois mots: d'abord il pense l'humain comme issu du social, lui même issu du religieux, lui même défini par le meurtre réconciliateur lui même issu du meurtre généralisé lui même issu du désir mimétique social humain. 

    Ensuite, il pense que le christianisme et aussi tous les grands écrivains et aussi toute la vraie culture, se définit par des tentatives incomprises (jusqu'à Girard) de révélation de la réalité du pot aux roses: le religieux protège de la violence du désir par la violence. Le christianisme, et il le décrit avec munificence, est la révélation de l'injustice du religieux, de la nécessité de la réconciliation totale et de la nécessité de l'amour absolu par abolition de la violence. 

    Ensuite, il pense que la dénonciation du religieux est aussi (par la même occasion) une expression de la violence mimétique et donc conduit avec la suppression du religieux à la levée du seul frein à la violence généralisée apocalyptique qui menace notre monde. On a donc une conception double: le religieux est à la fois la source d'une violence injuste (le sacrifice) et la seule protection contre la violence totale. En cela Girard est un messager de l'apocalypse: l'abolition chrétienne de la violence s'identifie à la fin du monde ! 

    Pourtant là il aurait changé d'avis et cela est intéressant: le christianisme comme religion du dernier sacrifice est il nécessaire, ou est il abolition totale du sacrifice ? Et bien il semble bien que pour Girard 2, le dernier, le sacrifice soit éternel, l'eucharistie en étant un; l'homme ne pouvant se soustraire au religieux. Dans un entretien à France Culture, il affirme que l'homme est fils du religieux et qu'en le détruisant, il se détruit lui même. Girard serait ainsi adepte du sacrifice ! 

    Très puissant, parfaitement irréfutable, sans cesse renouvelé, avec une puissance d'expression incroyable, Girard est un magnifique prophète et se trouve décrire avec munificence ce que peut être un sentiment chrétien puissant et vraisemblable, propre à soulever l'esprit et à déclencher les grandes orgues de la vraie passion religieuse.   

    Pourtant, il faut caractériser certains aspects de sa pensée. D'abord, et c'est le principal reproche qu'on peut lui faire, il n'est pas en phase avec les anthropologues, qui assez largement l'ignorent, voire le moquent: il y aurait beaucoup de cultures où le sacrifice à la Girard ne se manifesterait pas, en tout cas c'est eux qui le disent. La dessus, Girard est très saignant: il affirme le contraire et sa lecture de toute la mythologie est non ambigüe. Un tel conflit, qui se trouve affecter la philosophie (Girard n'est pas officiellement un anthropologue, mais un littérateur) fait de Girard un rejeté, un paria. En tout cas, un être à part. 

    Un autre aspect tient à la pensée de Girard lui même: tout plein de christianisme, il ne pense pas Dieu. Cela peut paraitre étonnant, mais la chose est patente: alors que la pensée du religieux est ordinairement toute tournée vers le fameux Dieu qu'il soit bien connu, biblique ou caché, et bien Girard ne le considère pas du tout: il n'y a que le sacrifice, comme si les humains ne s'intéressaient qu'à eux mêmes. Pour lui, Dieu est déjà mort et il ne pense pas l'autre du monde, pourtant si présent dans toutes les descriptions, et qu'il qualifie un peu vite sans doute d'illusion, voire d'épiphénomène. 

    Comme on l'a vu, il reste donc DANS le religieux, et par conséquent croyant en un Dieu invisible, le traditionnel mystère cause des moeurs étranges des humains, et ce malgré ses théories révélatrices. 

    Mais il n'est plus là pour répondre, et ses vidéos sans parler de ses livres sont étonnants et fascinants.

    Quel homme ! 

     

  • Rousseau

    Il y a sur Rousseau des rumeurs infondées. 

    Dans certains milieux libéraux et aussi réactionnaires, on dit de lui en effet rien de moins qu'il aurait pensé la guillotine et donc les chambres à gaz, les deux instruments étant issus en ligne directe de l'infâme pensée des lumières, inventée par Kant, le proto nazi qui recommande de dénoncer sa maman à la gestapo. 

    Sur les deux questions, nous avons un penseur de la gauche réactionnaire (à moins qu'il ne s'agisse d'une réaction gauchiste) le bon Onfray, petit paysan inculte et atrabilaire, aussi ignorant et crasseux adulte qu'enfant, un vilain pour toujours, donc. 

    Dans les deux cas, au nom d'une dénonciation de paysan opprimé du mauvais caractère du majodorme qui le fouette, c'est à dire de la considération que la connaissance du caractère d'un philosophe suffit à caractériser sa pensée, il pontifie avec l'assurance du crétin.

    Qu'est ce qu'un crétin? Un pauvre issu des montagnes (les crétins des alpes) souffrant de problèmes thyroïdiens et donc porteurs de goitre. Le mot est une déformation de "chrétien", au sens d'innocent. Il se caractérise aussi par la désastreuse ambition de dominer plus crétin que lui, et l'incapacité de convaincre un sang moins pollué que le sien par les déjections des fumiers sur quoi on l'a conçu. 

    "Car cet homme acariâtre, atrabilaire, paranoïaque, misanthrope, mégalomane, a couché sur le papier nombre d’idées qui, reprises par de sinistres personnages, sont devenues depuis trois siècles des armes de destruction massive de l’humanité." Voilà donc le constat sur Rousseau. Accablant. Pour lui. 

     Rousseau est en fait un penseur libéral. Il pense, et oui, un philosophe, un vrai, ça pense, la liberté ET la souveraineté. Il le fait d'une manière incroyablement novatrice en mettant sur la table non pas un organe, non pas une salive, ou un jus macéré, mais un concept: celui de l'abstraction d'une existence humaine, d'un "état". L'état est multiple, d'abord "de nature", puis "social". A partir de là on a une définition abstraite de la  liberté, qui n'est PAS la liberté du chien, ni celle de la statue, ni celle que l'on peut attribuer à un objet, ou à quoique ce soit. La liberté, telle qu'on peut la penser, comme concept. Bref, je vous fais de la philosophie, ce qui nous distingue, depuis Socrate, des animaux et des ouvriers agricoles incultes, acharnés à décharner des volailles, ou dégouté par cet emploi, à leur avis insuffisamment payé, ce qui en fait des "hommes" de gauche.  

    Je m'égare: la liberté de nature n'est pas consciente et se frotte à son contraire, la souveraineté, celle des autres ou celle de soi, ou bien celle de l'AUTRE. Celui que l'éternel esclave de son baron ne peut imaginer, ni concevoir: il a fécondé sa mère vierge, au point qu'il ne sait qui est vraiment son père, un ladre comme lui, ou le phénix des hôtes de ces bois, je veux dire l'obscur empereur que tout misérable veut vouloir régner à sa place: le surhomme, lui même ou son cocu (forcément, à qui pourrait on penser sinon?).

    Rousseau explique LUI que l'esclavage ne peut être voulu, que la personne réelle du souverain individuel n'a pas de réalité, mais que la souveraineté est possible, du fait de nous même, et que nous pouvons la penser face au vilain tyran (la conjonction, au combien réelle, est tout à fait approprié au jugement en cours). 

    Ce qui ravit chez Jean-Jacques, c'est qu'il n'a pas vraiment d'alternative: à qui se soumettre, au cas où cela serait nécessaire ? Et bien à nous mêmes, nous dit le premier romantique. Qu'il en soit remercié. 

     

     

     

  • Les races

    En Anglais, "race" signifie course, compétition.

    Que dire du mot, utilisé pour distinguer caniche et doberman (pourtant interféconds), les cons entre eux, et pour finir les blancs et les noirs, dont il faut convenir de la différence, et sur un point de surface ?

    Le mot était employé au début du siècle sans problèmes particuliers; mais fut dévoyé par un scientisme qui a abouti à des caractérisations extérieures fixistes dont l'intérêt en soi discutable ne put hélas (pourquoi hélas ?) survivre à l'application inappropriée du concept à la perpétration d'un génocide (quoi, l'extermination d'une race en nierait elle le motif, et ce linguistiquement ?) dont la définition "scientifique" nous fait tourner la tête, donc.

    Il convient donc d'empêcher l'utilisation d'un mot mal employé, celui éveillant des comportements naturels (seulement présent chez ceux d'une r... particulière, ceux des r... de l'autre coté du manche (qui lui même  a changé de coté), en étant exempts, comme de bien entendu; on ne se refait pas, disait Himmler.

    Le mot est donc tabou et ne peut demeurer que dans la constitution, qui se trouve de fait invalide euh...

    Le génocide concerna donc la "race juive", sous ensemble de la race blanche dont fait partie "la race arabe" aussi. Personne ne parle pourtant des arabes comme d'une "race", ce qui reste étonnant: ils sont pourtant blancs, avec un manche orienté du coté inverse de celui des esclaves, mais ce n'est pas leur faute, c'est leur religion, je m'égare.

    Y a t il une race des trisomiques ? Non disent leurs familles, acharnées à un respect en voie de disparition et donc d'autant plus sensible: comment parler de génocide dans ce cas ?

    En résumé: il  y  a dans les écrits publics maladroits quelque chose de malsain, d'insupportable et de nauséabond qui mérite le contrôle, voire l'interdiction dans certains cas, et qu'il est évident de caractériser quand on est élu. Elu ? Par une divinité, forcément associée, au moins en partie, parfois à la r... ou par une élection dont les gagnants, on le voit avec Hollande président qui considère aggravée la violence injuste quand elle a ce motif et donc moins grave celle ci quand elle ne l'a pas. Une banalisation du mal non raciste, donc.

    Le caractère politique ou divin de l'élection nous montre le rapport de nos sociétés à la bêtise qui se trouve comme dans la race, cul par dessus tête et omniprésente, dégoulinante. Le vrai rapport humain, c'est le rapport à la connerie. Mais je m'égare encore, disons qu'il y a bien des races de cons. 

    Reprenons toutes ces assertions à l'emporte pièce, et déminons. 

    D'abord les noirs et les blancs sont différents de part la couleur de leurs peaux et ensuite qu'est ce qu'une race? 

    Le fond de l'affaire est formé de deux doubles constatations.

    La première est que l'espèce humaine est biologiquement unique et ses membres interféconds. Elle est vraisemblablement issue d'une seule souche à qui on pourrait peut être/sans doute attacher les néanderthaliens, et s'est segmentée dans le temps et l'espace pendant des périodes prolongées à la fois insuffisantes pour produire des espèces distinctes et suffisantes pour produire des caractérisations physiques variées.

    L'utilisation du mot "race" lui même a des acceptions distinctes (le mot n'ayant pas la même utilisation, ni de fait le même sens aux Etats Unis et en France, par exemple, la mention de la "race" pouvant être portée par l'individu lui même sur ses papiers ). Je mentionne cela pour indiquer et confirmer l'existence de diversités de situations et de points de vue, y compris dans le monde occidental.

    La deuxième est que l'espèce humaine, une biologiquement, l'est aussi "spirituellement" (comment appeler ce qui est pourtant commun à nous tous, humains): partout et quoiqu'on en dise, l'interfécondité est aussi culturelle, un même esprit, une même capacité à symboliser, à parler étant manifestement présente partout. Il y a plus en commun que l'espèce, il y a ce qui nous distingue, tous, des animaux. En même temps, la fameuse segmentation spatio-temporelle a produit aussi des différentiations: il y a plusieurs façons d'être un humain cultivé, et les différences entre cultures, représentations du monde voire de soi et de la nature, sont infinies. 

    Ces caractéristiques, biologiques et culturelles, on peut parfaitement les qualifier de "familiales", la reproduction des individus se faisant par échange de "sang" comme on dit, entre familles vivant sur des territoires voisins, les ensemble de gênes échangés restant voisins, hors des périodes de migration, ou d'invasion, les moeurs, histoires catastrophiques et autres ayant partout  marqué les choses dans tous les possibles imaginables. 

    Un point à noter est que , comme on dit, n'est pas que génétique: la constitution des individus et de leur caractéristiques visibles ou effectives (la taille par exemple) peuvent être produites par des contraintes liées à la petite enfance, ou par ce qu'on appelle l'épigénétique, c'est à dire la sélection naturelle pendant l'embryogénèse de l'activation ou pas de certains gênes, cette sélection pouvant agir en retour sur cette capacité de sélection dans l'organisme de la mère, elle même capable de sélectionner des rejetons mâles (et femelle aussi, bien sur) adaptés à la survie dans son propre organisme, bref, nos histoires ont bien des origines. Cette épigénétisme pourrait bien s'appliquer aussi au culturel, la part du hasard et de l'adaptation nécessaire à des circonstances variées forgeant le réel bien au delà du social et de la volonté des familles. Bref, y a du multiple. 

    A partir de là, se produisit dans la langue des confusions liées à la considération de ce qu'il y a d'unique et de commun dans les choses. On appela "race" des groupes de familles apparentées par des ressemblances biologiques et/ou culturelles et susceptibles d'être isolées géographiquement ou socialement.  La mesure et la délimitation de ces races posa alors un problème à proprement parler épistémologique: quel modèle du monde peut attribuer une réalité à un concept linguistique dont le support dans le monde est constitué d'une multitude de critères stabilisés différemment suivant ses acceptions ? 


    Le support cognitif du concept de race "noire" par exemple est parfaitement différent de celui de race "blanche" dont font partie, ce que je disais plus haut, juifs et les arabes pourtant candidats aussi à passer sous des différenciations "raciales". La notion de couleur de peau est d'autre part parfaitement relative, certains tamouls ont par exemple,  famillialement des peaux de couleurs bien plus sombres que bien des africains noirs. La race noire suppose l'introduction du concept de "négre", auquel ne se rattache pas les tamouls. Que dire des nilotiques, de peau noire, partiellement mélangés à des populations pourtant différentes ? On en sort plus. D'autant plus que les concepts partiellement dégagés pour les africains se révèlent inopérant quand aux classifications des peuples à peaux soit disant blanches, eux mêmes très variés, mais de manières différentes, les couleurs des peaux, de toutes les peaux,  se segmentant de manière distinctes, et même à l'intérieur des familles. 

    Les comparaisons d'appariement culturels viennent d'autre part perturber considérablement ces belles classifications, les mêmes différentiations et conceptualisations se révélant toujours ad hoc, toujours locales, insaisissables et insatisfaisantes.

    Bref, à part un arbitraire qu'on ne peut que vouloir introduire dans les lois, rien ne permet de se mettre d'accord sur ce beau sujet. Rappelons que légiférer sur ces questions a beaucoup d'inconvénients, l'exemple nazi venant à l'esprit immédiatement. 

    Il fallut donc bien se résoudre à considérer l'évidence de l'évidence: ce que tout le monde distingue immédiatement, l'appartenance à une race supposée, est le résultat d'un processus acquis, d'ailleurs local, de reconnaissance des formes extérieures, et n'a pas de fondement rationnel explicite qu'on puisse caractériser par une classification partagée par tous. Cette conclusion, qui parait encore à rebours du bon sens pour beaucoup de gens, est pourtant maintenant universellement partagée. A raison. 

    On se trouve donc avec un concept doublement construit: en fait, car sa description est impossible, en dire, car variables les significations du mot toutes plus évidentes et plus différentes les unes des autres ne font pas l'unanimité, c'est le moins qu'on puisse dire, ni dans le temps ni dans l'espace.

    Pourtant, il y a la constitution, mais dont l'utilisation du mot est, il faut le dire, négative: la race n'est pas un critère, on ne peut faire de distinction avec. A partir de là, la chose n'a plus d'intérêt, et peut donc être méprisée, tout en maintenant son existence, mais comme ne pouvant advenir. 

    On se trouve donc avec un concept qui tel la braise existe en se détruisant: nécessairement brillant, il faut qu'il s'assombrisse, un régal de littérature donc.

    Bonsoir. 

      

     

     

     

  • Le Climat

    Il nous faut nous préoccuper du temps qu'il fait, ce qu'on appelle le climat, et qui change, bien sur, mais pas pour n'importe quelle raison: c'est ta faute. 

    Allons directement à la conclusion: la propagande écologiste montre la banquise. Et bien celle ci est détruite. Polluée, fondante, elle n'est QUE l'image dégradée à l'extrême de ce qui doit me faire réagir. Vraiment ? 

    Non, elle EST "détruite": comment se passionner pour un tas d'ordures froides, sans doute malodorantes, et dont le sort est déjà plié ? On voit la chose à la couleur. Blanche dans l'imaginaire officiel, la vraie banquise est en fait bleue vert, comme le montre la réalité (je l'ai vu en Islande, la glace flottante est partout pareille, bleue sale) et les images récentes des émissions de propagande. Cela signifie qu'elle ne va pas bien et que donc etc etc. Magie de la communication, blanche nous sommes dans les films en noir et blanc de Paul Emile Victor, bleue nous sommes dans le sommet internationaux du climat où des socialistes vont justifier des interventions supplémentaires de la part de l'Etat, que dis je, des impôts nouveaux. Pour la planète, soit disant, du moins ce qu'il en reste à filmer.

    La situation est donc ce qu'elle est: je m'en tape complètement, et ne veut rien faire tant que les chinois seront ce qu'il sont: les esclaves d'un pouvoir communiste tyrannique que nos pères ont eu la lâcheté de laisser vivre au lieu de les attaquer à l'arme atomique, comme il se devait: cela aurait vraiment sauvé la planète, ruinée, bien sur, par le pharamineux développement absurde de cette explosion démographique issue des massacres de population maoïstes que nous avons eu la faiblesse de ne pas accompagner.

    A partir de là, on peut revenir à certaines théories qui mettent bien sur en cause le mâle blanc occidental, qui non content d'être égoïste, pète au lit. Le climat change d'une part ( après avoir désintoxiqué ceux qui crurent avoir observé une stabilité en moyenne ces dernières années), du fait de la personne en question d'autre part: l'homme change le climat. On le savait de la vache, on le savait du chinois, maintenant c'est toute l'humanité qui est en cause.

    Depuis les feux de bois de la limite sahélienne, jusqu'à mon horrible haleine, l'action anthropique nuit à la planète. La planète. 

    Je finirais par un doute fondamental: plongée dans l'espace vide, le bout de dur entouré d'atmosphère qui constitue ce monde là est en fait plongé dans un espace ouvert entouré de quasi néant. Qu'est ce qui fait qu'il y ait trop de quelque chose ? En particulier de gazs soit disant nocifs, depuis le ziklon B jusqu'au CO je sais pas combien: comment toutes ces effluves ne fuient pas au diable dans l'absolue dilution du vide ? Il y a de la place pour tout le monde, pourtant ?  

    Franchement entre ça et je ne sais quelles génuflexions matinées d'impôts supplémentaires, il n'y a que l'imaginaire qui convient: une boule bleue dans le vide sur laquelle s'entremêlent des filaments d'essences dont les effets ne se résument sans doute pas à une température moyenne, terre et mer comprises. 

     

  • Proust Berl Mauriac Rebatet Céline

    Pardon d'associer ainsi 4 noms oubliés qui marquèrent l'histoire des lettres en France, mais ça vaut le coup,on parle d'eux dans la presse. 

    Emmanuel Berl, évoqué par Brice Couturier récemment, fut un personnage extraordinaire: mari de Mireille, qui forma Françoise Hardy, apparenté à Proust qui lui jeta ses pantoufles à la figure car il croyait à l'amour (Berl), celui ci (Proust) lui aurait proposé un faux certificat d'inversion pour l'aider à pénétrer les milieux littéraires.

    Cette histoire du certificat d'inversion (le mot est utilisé par Proust dans ses merveilleuses descriptions de la société en question) est absolument fascinante: un certificat d'inversion signé Proust ! Combien cela vaudrait il aujourd'hui ? 

    A propos de cette fameuse inversion, certains en souffraient à l'époque et wikipedia  rappelle ce qu'en disait Berl lui même: 

    "Je voudrais que les invertis pratiquent sans être inquiétés la sodomie et renoncent à un sodomisme qui devient une sorte de nationalisme avec cérémonie et fanfares, haine de l'étranger, culte des grands hommes, panthéon des invertis célèbres et, sous l'arc de triomphe, la tombe du pédéraste inconnu."

    L'appréciation est piquante, et on peut la partager à travers le temps: elle illustre magnifiquement une tendance qui ne dépend pas des époques, et on pourrait encore être d'accord avec lui. Eviter les mots "homosexuel"  ou "gay", trop modernes pour ne pas désigner la même chose afind de les remplacer par "inverti" ou "sodomisme" est trop délicieux. Cet homme reste notre presque contemporain, et si on peut lui reprocher d'avoir écrit quelques discours de Pétain, il faudrait être bien méchant pour le haïr pour cela. 

    Cela permet de faire le lien avec Lucien Rebatet, réédité réecemment et dont l'inversion, cette fois antisémite, fut patente et active. Car la littérature n'a pas de frontières, surtout en France, et celles ci, surtout en cette période de droitisation de la gauche, peut se trouver appréciée même quand ses thèmes sont constitués d'appels au meurtre divers et de détestations variées ainsi donc d'après tous, très bien exprimées. 

    J'avoue apprécier au delà du possible celle ci: 

    L'"obscène coquin" Mauriac: "L'homme à l'habit vert, le bourgeois riche, avec sa torve gueule de faux Greco, ses décoctions de Paul Bourget macérées dans le foutre rance et l'eau bénite, ces oscillations entre l'eucharistie et le bordel à pédérastes qui forment l'unique drame de sa prose aussi bien que de sa conscience, est l'un des plus obscènes coquins qui aient poussé dans les fumiers chrétiens de notre époque. Il est étonnant que l'on n'ait même pas encore su lui intimer le silence." ("Les décombres").

    Elle fait doublement le lien, merveilleusement "années trente" entre divers thèmes et diverses personnes et pourtant n'est pas antisémite, pour une fois. Mais Rebatet en fait était un négatif multiple. Tout comme Céline, à qui on veut l'attacher, le gout fumé de ce type d'oeuvre et de ce type de personne devenant à la mode, il détestait comme on respire, tout simplement. Pourtant il fut un critique musical et devint même sur le tard, par anti gaullisme sans doute, défenseur de l'Israël combattant de 1967. Né en 1903, il mourut en 1972...

    J'avoue me rattacher comme être à ce type d'attitude personnelle, ma détestation de la gauche se voulant être à la hauteur de celles là,  qui ne furent que bêtement dédiées envers des gens qui n'y pouvaient rien: Proust le dit bien, on est juif ou pédé malgré soi. Alors qu'on se doit d'être de gauche: à moins qu'un gêne ? 

    Pour évoquer Rebatet, l'interview par Jacques Chancel est saisissant: 

    https://www.youtube.com/watch?v=rhMQHT9aifg

    Une remarque: mon grand père, né en 1902, avait l'accent du sud ouest, et absolument pas celui là. 

    Il parle des "gaffes" d'Hitler, et de la dramatique ignorance de l'accueil enthousiaste des ukrainiens. Et puis la chartreuse de Parme est une histoire de collaboration, ajoute t il malicieusement... Il dénonce Claude Roy comme renégat (il "nous" léchait les pieds et fut communiste après la guerre).

    Il aimait beaucoup Céline, avec qui il alla à Sigmaringen. Nous y voilà donc, car Céline est considéré comme l'égal de Proust et d'ailleurs cela par Rebatet lui même... Voilà donc la littérature Française du XXème siècle... 

    Pour conclure je dirais que Proust, né en 1871, me semble être la seule personne digne d'admiration là dedans: il échappa à la destruction. 

    Se pose ainsi la question de cette destruction. Journaliste à l'Action Française, de quelles vilainies des juifs le jeune Rebatet fut il témoin? Une piste, d'après l'entretien ci dessus: il fut traité de nazi alors qu'il décrivait la montée du nazisme en Allemagne en étant, c'était le cas de Maurras lui même, anti allemand. Ce furent donc ces juifs là qui poussèrent à la guerre, alors qu'il fallait s'entendre avec Hitler ? A moins que le ressentiment aveugle de proto fascistes déchristianisés effrayés par le monde moderne libéral ne causa leur affaissement et pour finir la ruine du nerf Français, dépeuplé par une guerre que les fils des survivants finirent par détester.  

    Tout l'épouvantable drame de l'époque, dont Rebatet fut partie prenante et acteur est partiellement là. La France y a t elle survécu ? Et bien c'est la question, et il est possible que non. 

    Que fut le gaullisme dans cette histoire ? Celui dont Rebatet célébra joyeux la mort, à qui manque t il ?

  • Girard, Jean Yves

    On trouve un article ancien (les années 2000) et aussi les vidéos associées, qui fleurent bon un passé désigné par un type d'ordinateur portable. 

    https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/les_fondements_des_mathematiques.1021

     

    sérieux: http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/hermann.pdf

    Jean Yves Girard est sans doute, et cela est peu connu, l'équivalent actuel de Cantor ou de Gödel lui même. 

    Auteur de la logique "linéaire", il est l'homme de la compréhension la plus aboutie, à l'heure actuelle, de la nature de la logique et des mathématiques, rien que ça. 

    Né en 1947, c'est un soixante huitard typique dans le sens le plus fort du terme: incroyablement arrogant et fulgurant, il dénonce, approxime, accuse et plaisante avec toute la verve possible. Ses articles et vidéos de 2000 sont incroyablement puissantes, rapides et ... personnelles. 

    Que dit il  ? Et bien le comprendre c'est sans doute comprendre le monde plus qu'on n'a jamais pu le faire depuis l'antiquité, et les revues "secondaires" sont pleines des plaintes des semi intellectuels qui feraient mieux de finaliser cette compréhension. 

    La diagonale de Cantor

    D'abord le premier élément du basculement du monde: sa formalisation nous explose à la figure.

    Il y a un infini non dénombrable. Ca commence comme ça avec l'argument de Cantor (1891) prouvant la non dénombrabilité des parties de l'ensemble des entiers naturels. 

    Si les ensembles possibles d'entiers sont décrits par une matrice N(i,j) de 1 et de 0, suivant que l'entier i appartient à la partie de numéro j, et bien l'ensemble d'entiers défini par les entiers k tels que N(k,k) = 0, n'est pas répertorié. Cet ensemble est réel, non vide mais invisible. Où qu'il est ? 

    Une autre forme de l'argument consiste à mettre en bijection les entiers et les ensembles d'entiers (les parties d'entiers), puis définir l'ensemble D(iagonal) qui contient les entiers qui ne sont pas contenus dans leur image par la bijection. Et bien D n'est pas l'image par la bijection d'un entier et ce par définition. Ou qu'il est?  

    Cet argument, dit diagonal, extrêmement simple, est considéré, par exemple par Girard lui même, comme la même chose que tous les paradoxes diagonaux, Gödel compris, ce qui sonne le glas de l'impossible formalisation du monde. En effet, ils se présentent tous avec la structure du "point fixe paradoxal": une fonction f(x,y), une fonction g(z), et à partir de là l'expression h(x) = g(f(x,x)) plus l'exhibition d'un a tel que h(x) = f(x,a). On a alors h(a) = g(f(a,a)) = f(a,a).  Ce point fixe est dans pas mal de cas similaires, paradoxal.

    Par exemple, dans le cas de Cantor, f(x,y) est la matrice N, et g est la fonction qui échange 0 et 1. h va définir la fameuse partie invisible de numéro a, dont les éléments sont les entiers x tels h(x) = f(x,a). Comme h(a)=f(a,a)=g(f(a,a)) et que g n'a PAS de point fixe, cette partie invisible ne peut pas exister. 

    Le "monstre" de Gödel est construit exactement de cette manière. Juste un point au sujet du monstre: il est défini par un encodage, qui suppose des manipulations à base de "lemme du chinois" qui impose, pour identifier des suites de termes de longueur arbitraire, qu'on ait la multiplication: c'est pour cela que l'arithmétique de Pressburger, sans elle, est décidable, elle. 

    Notons que le paradoxe de Jules Richard (1905, c'est un français) qui parle du plus petit entier non définissable en moins de douze mots, conduit directement au monstre et en est l'équivalent strict. 

    Löwenheim Skolem 

    La question de l'existence démontrée par Löwenheim et Skolem d'un modèle dénombrable pour toute théorie du premier ordre pose alors le problème de l'argument diagonal qui prouve la non dénombrabilité. Et bien cette preuve est une illusion, la chose non dénombrable construit par diagonale n'étant pas un objet du modèle dénombrable prouvé par L.S.

    Plus exactement, l'interprétation exacte étant difficile et piégeuse, l'ensemble des parties de N n'a pas la même extension dans tous les modèles de ZF, alors que c'est le cas de N lui même... 

    Ainsi il est faux de dire que dans certains modèles de ZF, tous les ensembles infinis sont dénombrables ! En gros, le théorème de Cantor est bien absolu. Ouf. 

     

    Le vrai, le faux et le prouvable

     Mis à part la construction du monstre, c'est la dernière partie de la démonstration du théorème de Gödel qui est rigolote. Le monstre est un énoncé qui dit "moi, énoncé, je ne suis pas prouvable". 

    On ne sait pas si cet énoncé est vrai, mais on peut le démontrer facilement. Si il était démontrable (prouvable), il serait, comme énoncé, "vrai", ceci car la théorie est cohérente, donc non contradictoire, c'est à dire que tout ce qu'on y démontre est vrai. Si il était vrai, le fait qu'il n'est pas démontrable serait vrai, or on a supposé le contraire. L'hypothèse est donc fausse, et il n'est pas démontrable, c'est à dire que ce qu'il énonce est vrai. Un énoncé dont le contenu est vrai est vrai, il est donc "vrai". 

    Ce petit jeu qui produit le vrai par une démonstration qui joue sur le vrai et le prouvable est en soi une pure merveille autonome. Le vrai surgit du néant, littéralement. 

    Le théorème de Gödel: irréfragable

    Le premier théorème de Gödel montre qu'il existe (au moins une) vérité non démontrable dans tout système formel assez expressif. Le second théorème reformule le premier en affirmant qu'une théorie assez expressive cohérente ne peut démontrer sa propre cohérence (cohérent=non contradictoire="consistant"). 

    Plus exactement, le premier théorème est une réflexion sur la contemplation d'une proposition monstrueuse de l'arithmétique obtenue après force codage, et qui se trouve ainsi vraie. Cette proposition affirme qu'elle n'est pas démontrable. L'arithmétique étant cohérente, on a donc le vrai monstre: vrai mais pas démontrable.  

    Les deux concepts fondamentaux de la pensée humaine, vérité et démontrabilité ne s'identifient pas. Boum. 

    Girard fait remarquer que Gödel est absolument irréfragable: si il était réfuté, alors que les preuves mathématiques de sa véracité existent (on l'a vérifié par ordinateur), les mathématiques seraient alors contradictoires (il y aurait un théorème démontré qui serait faux), et donc le théorème de Gödel serait vrai, ex falso quodlibet (du contradictoire on déduit ce qu'on veut). Irréfragable, c'est le mot. Pardon de méditer encore une telle merveille, mais il faut bien réaliser la beauté de la chose: il est d'autant plus vrai que sa réfutation implique sa vérité ! 

    Un mot au sujet du DEUXIEME théorème de Gödel. Il est basé sur l'ENCODAGE du raisonnement ayant mené au premier. Le premier affirme donc que toute théorie cohérente T contient des énoncés non décidables. Cette affirmation encodée DANS T, signifie donc que T contient l'implication (Cohérence => G ).

    Et là champagne ! Comme G n'est pas prouvable (premier théorème), la cohérence de T ne l'est pas non plus: une théorie ne peut contenir de preuve de sa cohérence, Hilbert est réfuté... 

    L'isomorphisme de Curry Howard

    La grande découverte du XXème siècle c'est aussi cette mystérieuse correspondance qui relie la logique et le calcul. Une interprétation de la logique même, celle qui préside à la véracité des constructions du langage qui s'identifie à l'application des fonctions à leurs arguments, comme le font tous les jours les braves ordinateurs.

    Le raisonnement c'est donc le calcul, tout simplement. 

    Si on y a va dans le détail, un type c'est une proposition, et une valeur typée une preuve du type, c'est à dire une preuve existentielle  que dans un cas la proposition est vraie. Un type de fonction d'un type vers un autre est un raisonnement de la déduction d'une proposition par une autre, et une fonction de ce type est une preuve de ce raisonnement, l'application de la fonction étant la règle de coupure, le "calcul" consistant à éliminer ces coupures. 

    Girard et tout le monde, maintenant, construisent leurs logiques sur la base de cette identification, cherchant, au delà des intuitionnismes à penser la logique nue d'une façon qui rompt tout à fait avec les idéologies variées du début du XXème siècle. C'est là que Girard se lance dans ses articles dans des dénonciations variées qui font justice aussi bien des ultra formels des débuts que des bouddhistes de la fin. 

    Girard philosophe

    Girard prononce alors toute une série de fatwas, dénonçant aussi bien l'essentialisme (contre l'existentialisme), et le popperisme (c'est là où il est le plus virulent). 

    Au sujet de Popper, j'avoue être perturbé: faut il choisir entre papa et maman ? Je crois en fait que les propositions "popperriennes" (récessives, ou généralisations (AxB)) s'opposant aux propositions expansives (ExB), et identifiant la vérité à l'attente indéfinie d'un bus, identifiant le faux à l'inexistence, sont en fait des métaphores d'après diner, faites pour distraire, et que hélas Girard n'est pas philosophe. 

    Car Popper ne prendrait pas en compte le caractère irréfragable du théorème de Gödel, qui se trouvant donc non falsifiable, serait donc non scientifique d'après Popper. Il est clair là que maman se moque de papa et qu'on est bien dans l'irrévérencieux, rien de plus. Ouf: Popper n'applique pas la falsifiabilté aux axiomes d'une théorie formelle, et le déductif n'a pas à être falsifié, quoique,  et c'est la question. 

    Et puis, là où Girard est particulièrement injuste, c'est qu'on ne peut que qualifier de "scientifique" le programme de Hilbert lui même !  Il pose des conjectures dans le domaine mathématique, et celles ci se trouvent réfutées, les unes après les autres. Le théorème de Gödel et son irréfragabilité est bien un élément de preuve, absolument distinct et asymétrique de la prétention à la super cohérence, parfaitement scientifique, mais ... fausse, parce que falsifiée.

    Deux remarques en passant: il me semble que le mot "falsification" a un coté bien trop "filosof" pour ne pas être à la base d'une "philosophie" des sciences, ah le jeu de mot signifiant ! Voilà que je fais mon heildeguerre... La deuxième remarque est que mot "endlösung" (solution finale) était utilisé par Hilbert... 

     

    Les différents problèmes

    Il y a deux sortes de problèmes, les Pi1 et les Sigma1. Pi1 c'est ce sont les généralisations (AxB) et Sigma1 se sont les exemples (ExB), comme on a dit, Girard parle des récessifs et des expansifs. 
    L'énoncé de Gödel est typiquement une généralisation (il n'existe pas de démonstration qui me prouve). 

    Notons qu'un exemple est en principe semi-décidable: en essayant toutes les combinaisons de variables, on peut chercher à rendre l'exemple vrai,(à condition bien sur que la formule soit décidable en temps fini, bien sur, ce qui est le cas quand elle ne contient que des quantificateurs bornés). Il faut bien comprendre la chose: le "il existe" affirme, mais sans montrer. Pour s'en convaincre absolument, pour décider "finalement", il faut donc trouver UN exemple, on dit qu'il "suffit" de le trouver, puisque la décision se réduira à un seul évènement, obtenu en essayant tour à tour toutes les combinaisons, et en appliquant les tables de vérités à l'application des fonctions propositionnelles. En principe cette démarche "peut" marcher: au bout d'un certain temps, nécessairement fini, on peut, au moins en principe trouver un exemple qui marche. Ce n'est que SI l'affirmation est fausse que cet heureux évènement ne se produira jamais. Mais pour en être sur, il faudra attendre infiniment, ce qui est là, absolument hors de portée.

    Notons qu'on considère évidemment les "B" comme ne contenant eux mêmes que des quantificateurs bornés, (Ex<p, Ax<q), pour ne pas partir à l'infini immédiatement. Par contre, il y a bien asymétrie entre les deux types d'énoncés: la généralisation n'est PAS prouvable elle par simple vérification. 

     Gentzen et la déduction naturelle

    (en lisant http://baptiste.meles.free.fr/site/B.Meles-Logique_lineaire.pdf)

    Gerhard Gentzen (GG), ex assistant de Hilbert, inventa la "déduction naturelle", une classification nécessaire des règles de déduction exprimée proprement sous forme de "séquents". 

    Un séquent, atome de la démonstration est de la forme :  A , B   |-  C 

    Il est très précisément l'équivalent d'une sorte d'implication: nonA ou nonB ou C

    Plus précisément encore, il est affirmation d'une vérité décomposée en disjonctions.

    Bien sur et le "bien" sur a deux titres, on a bien les lois de morgan et la logique de base que chacun connait, bien sur. Simplement cette logique là, elle est celle de la "métamathématique", celle du raisonneur lambda de haut niveau. Bien sur formée suivant les principes habituels, mais aussi, "bien sur", applicable uniquement au sommet de la pyramide, et servant à raisonner sur les autres logiques, celles qu'on va pouvoir inventer et dont on exprimera ainsi la cohérence. 

    A, B, ou C sont des expressions quelconques, quantifiées ou non dont on affirme la vérité. Un séquent exprime une implication élémentaire, prouvant une expression vraie sous certaines hypothèses. En fait il ne s'agit pas d'une implication au sens logique mais d'un "modus ponens", le deuxième sens de la chose, bien plus riche: c'est Gentzen qui le matérialisa: au cas où X serait considéré comme vrai, ben Y le sera aussi, tiens. Ecrire le séquent signifie en fait qu'on a une preuve de ce qu'il énonce. 

    La déduction "naturelle" sous sa forme la plus générale consiste à dessiner des arbres avec de belles lignes horizontales désignant la production possible d'un séquent ou preuve à partir de plusieurs autres. Chaque arbre est une "règle", atome d'un système de déduction. 

    Un séquent en lui même est donc une preuve de quelque chose, et la "déduction" consiste à expliquer comment on l'obtient à partir d'autres preuves. La déduction n'est pas un simple modus ponens ou  un raisonnement basique (nonA ou B, écrit  A |- B), mais une "déduction" de cette preuve à partir d'autres preuves. On a donc une machine permettant d'obtenir toutes les preuves possible d'un système. 

    Revenons sur la granule, le séquent, la preuve élementaire. Il n'est pas la simple assertion de quelque chose qui serait "vrai", il est l'affirmation que quelque chose est prouvé, et que ce quelque chose est intelligible, car décomposé sur un monde, doté de signification. Bon, ça fait rêver, quoi. 

    Notons ce qui caractérise la déduction dite "naturelle" inventée par GG: il y a toujours UNE SEULE conclusion. Le système se compose donc de règles avec UN seul axiome, qui est  la règle sans prémisses:

    ____________

       X, A  |-   A 

    Ainsi, il est "licite" de se débarrasser dans une preuve, des hypothèses supplémentaires. TOUT le reste sont des règles d'introduction 

    De manière systématique, on (GG en fait, qui prêta serment à Hitler en 39) a des règles d'introduction et d'élimination basiques pour chaque symbole logique, qui apparaissent comme autant d'opérations de bases dans la conduite des preuves.

     L'introduction du "v" (le "ou") par exemple, s'écrit: 

           X   |-   A 

    ______________

       X   |-   A ou B 

     

    L'élimination droite du ET : 

       X   |-   A et B 

    _______________

          X   |-   A 

    On a encore 2 ou 3 règles générales de ce type pour finir de décrire la "déduction naturelle". Ce qui permet de décrire absolument une démonstration comme un arbre d'application de règles.

    GG est un génie: il invente une représentation du raisonnement qui rend complètement mécanisable, par exploration d'un arbre de preuves, les raisonnements logiques en général. La porte de la démonstration automatique, devant vos yeux ébahis, vient d'être ouverte. 

    Hélas, la symétrie du système est cassée par la règle du tiers exclus, la négation ne pouvant être proprement éliminée et introduite. Cette question du statut spécial de la négation qui occupa beaucoup GG, demande à être comprise, et je n'en suis pas encore là. Et vous ?

    Simplement, les "preuves" ne s'expriment pas de manière symétriques (il n'y a qu'une seule conclusion). En étendant la notion de séquent: (Ai |- Bi), le système est rendu complètement symétrique, les et et les ou se trouvant complètement équivalents, la négation servant de passage d'une formule à l'autre, le shéma étant bien sur celui des fameuses lois de Morgan. Le calcul des séquents représente proprement le raisonnement automatique.

    Cependant, la distinction logique classique/logique intuitioniste reste, le refus du tiers exclus, propre à l'intuitionnisme, cassant cette belle symétrie.

    Tout ça pour dire que la logique linéaire de Girard (mot vide de sens pour moi jusqu'à aujourd'hui), a pour objet de compléter le travail de GG et de refonder la logique autrement, tout simplement.

    De nouveaux opérateurs (x, &), une nouvelle implication (--o), qui serait capable, selon Girard sans les épicycles de ptolémée, de rendre compte de toutes les formes de logiques variées qu'on a pu inventer entre temps. Du diable si je comprends les détails. Encore des trucs à lire.

     

    Encore, Encore

    Une conférence plus récente est en https://www.youtube.com/watch?v=Nc3pgZxU-Cg 

    Le portable est un Apple, bien plus moderne. Encore plus sarcastique et drôle: il veut tuer le réalisme et n'est ni objectiviste, ni subjectiviste et il cite: le sens c'est l'usage (Wittgenstein), la négation c'est le format (Hégel), il est existentialiste et non pas réaliste ou essentialiste et surtout: il n'y a pas de preuve que "non". 

     

    Un article sur l'état présent de la logique, avec l'introduction des 3 mondes, la logique linéaire étant au niveau 3 (bien sur) est bien sur un must.  http://iml.univ-mrs.fr/~girard/roma2004.pdf

    On y trouve une critique de la logique de Guantanamo: un sujet est un objet qu'on n'a pas torturé suffisamment.

     

  • Les sociologies

    Avec Raymond Boudon j'avoue avoir toujours été: son ton, sa clarté, sa bonhomie avant sa disparition après des vidéos en bonnet m'on toujours séduit. Il est pourtant porteur d'une sacrée ambition: expliquer en général les comportements des hommes en société. Mazette.

    Il y a sur la question des avis multiples mais une ambition qui date d'Auguste Compte: il s'agit de la sociologie, et mieux de la possibilité d'une théorie générale des objets sociaux, sil il y en a.

    La sociologie

    Pour définir cette discipline, il faut se référer à la physique, reine des vraies sciences, mais dont le domaine est différent et dont le contenu est différent. Qu'est ce qu'une explication ? Qu'est ce qu'une théorie scientifique ? Qu'est ce qu'une science ? Qu'est ce que LA science ? A partir de la remarque que les faits sociaux, même si en principe réductible à des mouvements moléculaires, doivent être décrit "à un autre niveau", on distingue deux sortes de réponses:

    - il existe des forces sociales globales à déterminer qui agissent sur les volontés

    - il n'existe que des aggrégats de décisions individuelles fondées sur des raisons qu'il faut déterminer

    Entre "holisme" et "individualisme" il faut choisir. Freud, Marx, Foucault, Bourdieu d'un coté, Weber, Boudon de l'autre. Sans parler des américains Pearsons puis Merton, et aussi Coleman l'homme de la théorie des choix rationnels.

    Merton est une référence fondamentale: il décrivit les "prophéties auto réalisatrices" et la "serendipité", et fut le père de Merton l'économiste, nobel avec le Scholes de l'équation de Black et Scholes, responsable du crash de 2008. Avec Coleman, quoique lui, porteur de la théorie des choix rationnels, ils sont des "individualistes", tout comme le véritable inventeur de cette sociologie là, Max Weber. Weber avait pour objectif de "comprendre" et l'objet du débat est l'immortel "Verstehen" weberien, qui veut faire de la sociologie une science au sens de connaissance du réel dans un domaine, il faut bien le dire ou l'obscurité rêgne.

    Becker est un utilitariste moderne, mais c'est une sociologue rationnel. 

    L'explication

    Qu'est ce qu'une explication? Et bien Boudon la définit assez bien par ce qu'elle n'est pas en sociologie, matérielle. Par définition, l'explication est basée sur des intentions, des discours, bref de l'immatériel. Par contre, il ne s'agit pas de forces extérieures, mais de manifestations humaines exprimées. L'explication doit alors être formée, c'est sa définition en 3 points, de considérations acceptables portant sur des actions humaines individuelles, et aussi rationnelles.

    Quelles sont les explications ? Et bien il y a en a de célèbres celles des grands hommes Tocqueville, Weber, Durkheim inventeurs du domaine.

    Les aristocrates anglais restent sur leurs terres et innovent, tandis qu'à la cour, leur pendants français célèbrent le culte de la raison. Cela explique les différences de richesses entre ces pays et la révolution... Ca c'est Tocqueville.

    Weber explique le polythéisme des paysans (pagan) soumis à la météorologie tandis que les fonctionnaires romains et les officiers se convertissent aux cultes de Mithra et du christianisme, à l'image des hiérarchies spirituelles et matérielles qui leur conviennent.

    Contre Levy Bruhl ou Needham, Durkheim refuse le déterminisme des "cultures" et affirme au contraire le choix rationnel de théories qui diffèrent entre et dans les cultures, leurs stabilités s'expliquant par la tendance rationnelle à minimiser les contradictions en agissant cognitivement sur les aspects secondaires.  

    68 fut il une révolution ou une manifestation brutale de tendances de long terme déjà bien engagées et commune à tout le monde occidental ? Weber avait décrit la tendance à la rationalisation diffuse des sociétés, au détriment de la sempiternelle "crise des valeurs" au moins aussi ancienne.  

    On peut aussi parler de Smith, qui explique les salaires du bourreau et du médecin, élevés pour des raisons opposées (la compétence et le respect) et aussi du soldat et du mineur (inversés car le soldat se paye en gloire).   

    On peut aussi parler de l'explication de la chute de l'URSS, causée par son incapacité à répondre au bouclier anti missiles de Reagan, son pouvoir tenant justement à sa capacité de s'opposer militairement à son adversaire... 

    La rationalité

    Qui dit science dit rationalité est on va commencer fort, car la rationalité c'est celle de l'acteur le fameux individu "home sociologicus", mais aussi (et surtout ) celle du sociologue lui même, voire la rationalité elle même, dont la définition porte une ombre...

    Qu'est ce que le rationnel ?

    D'abord, et c'est le credo des individualistes, le rationnel n'est PAS réduit à l'instrumental (capacité de faire correspondre une action à un but) et doit inclure, c'est la condition pour rendre la sociologie scientifique, le rationnel "cognitif", quand l'action est justifiée par des considérations théoriques valides ou non, mais acceptables, et le rationnel "axiologique", quand l'action est justifié par la considérations de valeurs, elle même exprimée par des jugements de valeurs compréhensibles faisant appel à une psychologie rationnelle et non à une psychologie des profondeurs.

    Le caractère scientifique, selon Boudon, porte donc sur des explications d'un contexte donné, excluant une théorie générale de tout le social. Il s'agit de répondre à une question, pas de décrire une partie identifiée du réel. On peut alors accéder à du scientifique poppérien en sociologie.

    Car le fond de l'affaire, c'est que les causes des actions des hommes sont les raisons qu'ils donnent de leurs actions. Nul besoin de forces occultes: la raison ordinaire, base de la rationalité des explications du monde. Ces principes, d'inspiration cognitiviste, sont valides dans les sciences humaines en sociologie et en économie, c'est le projet global. 

    Pour préciser les théories de Boudon, on peut d'abord le lire. Il y a donc 3 rationalités: utilitariste, cognitive et axiologique suivant qu'on se soucie de ses intérêts privés ou que l'on suive des raisons objectives ou inspirées par des valeurs. Boudon n'est donc pas un utilitariste à proprement parler: il inclut toutes les rationalités de l'individu. 

    Il faut noter que la rationalité utilitariste est privée et ne correspond qu'à la description de l'individu égoïste, alors que bien sur l'humain est aussi à la recherche de théories et de valeurs partagées publiquement. L'individualisme théorique est ainsi parfaitement "collectif" et donc respectable, les confrontations comme dominant ou dominé à des états de choses n'ayant aucune signification propre.  

    Car nous sommes là dans l'idéologique, et au plus haut point: tout ce à quoi tiennent les moralistes et sociologistes de tout poils, bref ce qu'on appelle le système de gauche, structurellement holiste, et manipulateur de la culture se trouve ici nié avec puissance et définitivement. Boudon se trouve donc un immense penseur libéral au vrai sens du terme.

    Au fait il faut rappeller la définition que Boudon donne de l'idéologie: une ensemble de descriptions prescriptives. Définir le rationnel en le décrivant et en règlementant son utiisation se trouve donc idéologique, non ?

    Oui mais alors

    Deux sujets prêtent à discussion. D'abord l'explication des sentiments nationaux et de leur permanence. On pourrait les décrire comme la stabilisation historique de modes de vies et d'intérêts collectifs bien compris exprimables individuellement, une sorte de rationalité axiologique du drapeau. Mais cela demanderait à être raffiné.

    Un autre point est la nature du religieux. Même si on peut expliquer la stabilisation ou l'évolution des croyances, le principe même de la pratique religieuse demanderait à être clarifié: homogène à l'humain lui même, et donc aussi important que le rationnel lui même ?

    Les deux question sont liées et l'appartenance social et morale, en général fait question... On s'arrêtera là.

  • Les Islams

    Il y a à propos de l'Islam, de ce qu'il est et n'est pas bien des discours et affirmations qui paraissent il faut le dire complètement contradictoires et incohérentes.

    Un conflit d'interprétation existe clairement par exemple, entre d'une part les les tenants du complot mondial islamiste et d'autre part ceux d'une religion en voie de sécularisation. Les durs et les doux s'accusent mutuellement et avancent des preuves.

    Pour les premiers, on a une vision essentiellement compacte des musulmans, universellement mus par la nécessité qui leur serait faite d'imposer au monde du fait de leur croyances, d'un mode d'organisation politique et social particulier. Ceux qui s'en départent ne sont pas musulmans et le tour est joué. On assimile donc le complot totalitaire et l'Islam, celui ci ne pouvant pas échapper à la qualification.

    Que sont les religieux d'apparence modérée protestant de leur pacifiques intentions et de leur loyauté citoyenne ? Des menteurs, des victimes manipulées ?

    Et bien on pourrait juger sur pièces et voir ce qu'il en est des références théologiques ou idéologiques. Je me permettrais de ne pas me faire d'illusions, et de n'avoir aucune estime particulière pour une religion à quoi rien ne m'attache.

    La théorie classique

    Au delà de la différence La Mecque/Médine (un brave gars rêveur soumis à une veuve suivi d'un chef de razzia qui se transforme en chef de guerre conquérant ), Mahomet lui même doit pouvoir être considéré comme ses immédiats successeurs (les fameux 4, on dira donc 5, premiers califes): des chefs spirituels et militaires, qui ne réalisent pas vraiment qu'un empire se met en place.

    A ce point se produit la grande divergence, qui caractérise le coeur du problème actuel, celui du fondamentalisme: les 4 bien guidés, les "rashidun" et les "pieux prédecesseurs" (salaf) sont la seule référence. Après ce serait n'importe quoi: quinze cent ans de violences politiques liées à l'expansion et au maintien d'un empire totalitaire, qui s'achève en 1924 après une longue décadence par l'abolition du califat.

    A ce point, deux attitudes: d'une part l'origine pieuse est la référence, purement spirituelle et le reste étant histoire, on peut séparer religion et politique, et d'autre part, l'origine pieuse purement divine est la référence et on doit se consacrer à sa restauration qui identifie absolument, Dieu, son prophète et l'histoire.

    L'ambiguité de la "réforme" est précisément ce débat là: la réforme consiste à revenir aux origines, le problème étant que ces origines là sont diversement interprétées. Les variations dogmatiques étant de règle en Islam, il se trouve donc qu'il s'agit d'une religion à la fois unique et multiple et qui donc, en vertu du principe de non contradiction, n'existe pas. C'est mon point de vue.

    Un point de vue agressif de réaction est celui des durs cité plus haut: l'ambiguité ne peut profiter qu'aux durs (les autres) les doux ne pouvant qu'être violentés (comme nous). Il convient de rejeter absolument et explicitement les durs, quitte à ne pas croire les doux, des agneaux irresponsables. J'avoue être séduit par la chose, la réaction ultra laïque à une religion qui n'existe pas me paraissant être ce qu'il faut faire.

    L'histoire

    L'époque ancienne fut d'abord celle d'une longue décadence initiée après les premières défaites ottomanes de la fin du 17ème siècle: un empire encore redoutable, mais exclusivement autre, sans rayonnement culturel, exclusivement consacré à maintenir par la violence une religion autoritaire piétiste de fatalistes, au détriment d'explosions fanatiques variées qui se produisaient ici ou là. L'affaire grecque consacra le recul géographique définitif de la porte, préalable à son éviction de l'histoire un peu après.

    Ce n'est qu'à partir de la fin de l'effondrement de la puissance turque que des musulmans, principalement égyptiens, commencèrent à penser. Il faut dire que l'Egypte, à partir de Mehemet Ali en 1805 (il est du même age que Napoleon et réforma l'Egypte jusqu'en 1849), était quasi indépendante de la porte ou du moins suffisamment (le khédive ou vice roi faisant la liaison) pour libérer certaines pratiques. On doit parler du fameux Rifaa Al Tahtawi (le Rifaa de Guy Sorman), le réformateur egyptien par excellence, mort en 1873.

    Abdu, El Afghani et Rida

    Tout commence alors avec des intellectuels de l'Egypte de la toute fin du XIXème siècle.

    Mohamed Abduh et aussi l'afghan voyageur El Afghani. D'abord des réformistes politiques, ils sont musulmans sunnites, et s'efforcent de lever les barrières religieuses à la pensée de réformes sociales. Polygamie, corruption, prêt à intérêt, ils cherchent à déverrouiller la société égyptienne. Abduh participe à la révolte nationaliste d'Urabi Pacha, fut comme lui franc maçon et vécut exllé en France.

    Afghani polémique avec Renan qui était porteur d'une description pour le moins critique de la religion musulmane mais concède que la question de l'endormissement de la civilisation arabe reste posée.

    Il faut mentionner le Syrien Al-Kawakibi, un panarabe musulman hostile aux turcs, partisan démocrate d'un califat arabe basé à la Mecque.

    Qu'observe t on? Et bien que cette réaction est tout simplement "salafiste": la remarque est que du temps de pieux ancêtres, ça marchait et les arabes étaient maîtres du monde. Comme il ne le sont plus, il faut donc revenir au départ... C'est la remarque d'El Afghani lui même. La revue phare de ce réformisme là, Al Manar est clairement "réformiste" mais aussi en ce sens là, "salafiste", et... Elle le fonde.

    Le dernier des trois, Rashid Rida, a soutenu un rapprochement avec le wahhabisme qui s'installe en Arabie Saoudite peu avant sa mort en 35.

    Nous avons donc toute l'histoire: l'arabisme pour se réformer revient aux origines et fonde ce qui apparait aujourd'hui, comme particulièrement désolant: une pénultième tentative des arabes de redevenir puissants, en s'appuyant ce qui fut leur gloire, leur religion merveilleusement guerrière et dominante au 7ème siècle...  De cet ambitieux (mais il faut le dire, limité) mouvement réformateur, essentiellement nationaliste et je dirais plus utilitariste que spiritualiste, on doit retenir en Algérie l'association des Oulémas Algériens, auteur de la formule " L'islam est notre religion, l'arabe est notre langue et l'Algérie est notre pays". 

    Qualifié ici de "salafiste", ces réformateurs là le sont d'une manière qui diffère toutefois grandement des salafistes déclarés de nos banlieues un siècle après: ils voulurent des réformes modernistes de la société et à ce titre sont bien sur considérés comme des mécréants par les personnes déguisés (de voiles blancs) aux tournures étranges (pas de discours qui ne commence par vingt phrases de salamalecs complexes), c'est à dire les débiles profonds (pardon je me lâche) que l'on appelle aujourd'hui les "salafistes" qu'ils soient simplement débiles (la majorité) ou djihadistes (quelque uns, ceux qui tuent). Le même mot désigne des réalités différentes... Tout comme "Islam" d'ailleurs: la diversité règne, c'est le moins qu'on puisse dire.

    En tout cas, le thème règne: le retour aux 4(5) califes premiers est LA solution. De fait, TOUTE la propagande étiquetée "salafiste" depuis les frères musulmans jusqu'à l'Etat Islamique est mouillée dans cette réforme là aux divers degrés de leur fanatisme. La ligne des durs triomphe. De TOUS les durs.

    Partagés entre partisans déçus du renouveau arabe et fous fascistes d'une religion barbare, ce salafisme là doit être combattu en tant que tel sous toutes ses formes de la plus hypocrite à la plus violente. Tariq Ramadan, l'élégant hypocrite suisse est l'un d'eux. Tout simplement.

    Réforme, quelle réforme : Aberraziq ?

    Mais il faut mentionner aussi Ali Abderraziq: après 1925 (et donc la fin du califat) il théorise, lui, une séparation originale entre temporel et religieux et permet d'évoquer peut être autre chose: la radicale distinction entre politique et religion. Il pose la bonne question : " le prophète est il un roi" et théorise la contingence de l'association entre renouveau religieux et restauration d'un état provisoire originaire. La problématique vaut même pour toutes les regligions: "Dieu nous a donné un culte et nous croyons en une politique". Car les biens guidés et les pieux prédécesseurs n'étaient pas prophètes eux, simplement des militaires ou des hommes politiques: la séparation religion/politique serait donc là et le califat doit être sorti du religieux, les musulmans ayant le droit de se doter des institutions qu'ills veulent. Voilà sa thèse, qui, il faut le dire, rompt complètement avec ce que l'on sait et voit de l'Islam.
    Son oeuvre "L’Islam et les fondements du pouvoir" eut un retentissement considérable. Il fut évidemment violemment critiqué pour des raisons qu'on peut deviner. Il reste cependant très peu connu, et même si il reste une référence dans le monde intellectuel Arabe, il reste sulfureux et oh combien.


    Qu'en pense-t-on aujourd'hui? Tout d'abord demandons à un grand intellectuel Tariq Ramadan lui même, le petit fils du concurrent (Al Bana est un contemporain d'Abderraziq et fonda les frères en 1928). Toute l'ambiguité du bon frère se manifeste: Abderraziq a échoué et n'est pas(plus) lu dans le monde musulman, Ramadan se base sur des doctrines du X/XIII ème siècles qui ne confondent pas politique et religion (car bien sur il n'y a pas de problèmes), et il est en désaccord avec Abderraziq qu'il considère au demeurant comme musulman, bien que colonisé et en contact avec le colonisateur, porteur de ce que veut entendre l'occident. La pierre d'achoppement selon Ramadan est de plus qu'aucun savant musulman n'ait jamais élaboré les choses de cette manière. Un innovateur déconnant, donc.

    Or pourtant, il semble bien qu'il apporte des solutions à des vieux problèmes. Au passage l'étonnante contradiction portée par une idéologie qui simultanément promeut une religion finalisée par son fondateur, seul  auteur/transmetteur du livre sacré et qui en même temps accorde une importance démesurée à une horrible histoire de guerres entre ses successeurs. C'est le mérite d'Abderraziq de trancher la question: l'islam ne doit pas dépendre des califes qui succédèrent à Mahomet.

    La thèse est piquante et séduisante, mais ne pourrait on pas dire, au contraire que l'Islam est d'abord (et peut être seulement, c'est mon avis) cette lutte là? Le divers de cette religion est ainsi bien réel, et son désespéré appel à l'unité divine sonne comme le regret éternel de la diversité conflictuelle irréductible des hommes. La grande religion de paix n'est qu'un regret de ne pas l'être.

    La réalité est ainsi plutôt triste: le seul vrai réformateur, non pas de l'Islam, mais de la délétère attitude des musulmans face au politique n'est pas entendu, alors qu'il faudrait qu'il le soit. Dénigré bien que référence fondamentale, il reste cependant publié et honoré: tout n'est pas perdu donc, et vive l'Egypte!

      

  • Les médias c'est fantastique

    Une émission de public sénat:

    http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/caricatures-presse-enjeux-numerique-replay-video-lemission-politique-cest-net-29-mai-2

    Combien de temps cette merveille restera t elle publiquement exposée ? 

    Merci et honneur à la démocratie que de dévoiler ce type de nudité! Gêne et honte à ce qu'on peut en penser. Pour une fois, je me permettrais de mépriser et haïr avec indulgence, avec amitié, avec amour, tant l'humiliation est crue, évidente, manifeste.

    Tout plein de larmes dans les yeux après la mort de Cabu, assassiné je vous le rappelle en janvier dernier, je dois donc composer avec leur successeurs. Louison et Hervé Baudry. J'en repleure.

    Inconnus, sans doute écrasés par les images (et les dessins) tutélaires, ils vécurent enfermés tels les lémures, entre les pattes des dinosaures, jusqu'à la libération (pardon du mot) que causa, de fait,l'astéroïde.

    En gros: firent-t-ils le dessin de Ribery à genoux, clamant les paumes tournées vers le ciel : "mahomet on t'encule!". Non.

    Louison, maintenant à France Culture, son visage vieilli, son chignon 11ème, sa chemise vichy me la faisant voir comme "mode", au sens ou Piem ou Dilem sont "modes", c'est à dire horriblement, et systématiquement, à coté de la plaque, toujours.

    Tout comme son comparse - et néanmoins concurrent, observez- ayant vendu et voulant encore vendre une sirène danoise (quelle délicate allusion) clamant dans un langage inconnu de l'immigration française quelque chose de sans doute subversif.

    Un dessin de Dieu sur un nuage, se plaignant des dessins de "bites", (sexes masculins tournés vers le bas) que charlie pratiquait est l'exploit de Louison, qualifié de "première fois" par son rival cruel. On en est là.

    Les deux tremblants personnages, manifestement à la recherche de financements, furent éviscérés par une journaliste qui ne vaut guère mieux, mais qui au moins révéla le pot aux roses. Ses grandes dents (la denture, quand elle n'est pas contrôlée est spectaculaire, mais c'est le spectacle qui vaut ça, je n'en serai jamais), exultèrent à la fin. Merci encore de me permettre de voir ça.

    Cette détestation est elle si cruelle ? Ou comme je l'avais annoncé, indulgente et aimante pour mes semblables humains, souffrant malgré eux ? 

    Car il s'agit du "spectacle" tout de même. Spectacle dénoncé par les debord et muray, qui ne réalisèrent pas qu'il est maintenant produit par le nouveau prolétariat, des acteurs prolétaires, misérables et humiliés vendant leurs pauvres forces sur twitter, au lieu de s'en moquer.

    Cabu et Wolinski (volAINski comme on disait dans les années soixante) sont morts. 

  • La Grèce

    Il faut traiter de la Grèce qui nous a occupé ces dernières semaines. 

    Pour cela il faut des références, car on parle aussi de l'Europe, le projet multi national qui occupe le continent. 

    On ne peut tout faire à la fois, prenons une dame, dans le Figaro, un journal de droite, pro establishment, pro européen, normal quoi. Ouvert au pluralisme, on peut difficilement faire plus: 

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/03/31003-20150703ARTFIG00361-referendum-grec-quoi-qu-il-arrive-rien-ne-sera-plus-jamais-comme-avant.php

    Elle s'appelle Coralie Delaume. Elle est porteuse de tous les poncifs, de toutes les faussetés et de toutes les bêtises. Que dis je, elle la porte, elle la transporte, la répand, la gluante fausseté, squelette puant, figure de la misère et de la mort. 

    1) Juncker ne sait pas ce qu'est la démocratie, d'ailleurs il l'a dit: "il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens". Que voulait il dire ? Les différents pays d'Europe ont signé des traités qui les engagent. Des élections peuvent avoir lieu dans ces pays qui peuvent remettent en cause les traités, mais certainement pas de les modifier à la marge. Car cela, précisément, ne serait pas démocratique... Et oui. 

    Pour beaucoup dont la dame, cette position est révoltante et constitue un déni de démocratie, c'est ce que pense par exemple Maxime Tandonnet, ex conseiller du président Sarkozy, bloggeur connu. 

    Et bien cette illusion est couramment répandue: on considère démocratique de remettre en cause une décision d'un gouvernement précédent à l'égard de l'extérieur, comme si cet extérieur était LUI AUSSI soumis à la volonté de l'intérieur. Une telle erreur de jugement est de l'ordre de la pathologie mentale, elle est encouragée et propagée dans un article à haute visibilité publique dans la presse nationale par une dame présentée comme spécialiste du droit communautaire. Aberrant. 

    2) Il y a donc une erreur concernant la démocratie en Europe. 

    La citation de l'"économiste" Lordon, (un activiste souverainisto communisto déconnant connu) est là pour légitimer la chose: la démocratie locale s'étend à toute l'Europe et l'immeuble bobo ou vit la dame a droit de faire la loi dans l'Europe entière, c'est la démocratie qui le veut. Car les traités ont tout ossifié et on ne peut les changer (telle ma robe) comme on veut.

    Ces traités ont eu précisément pour but, rôle et fonction explicite de tenter de soustraire aux décisions démagogiques de dirigeants soumis aux intérêts particuliers la mise en oeuvre des politiques qui ne mènent qu'à la ruine, celles menées en Grèce pendant les années 80 en étant l'exemple absolu.

    Elles sont donc "anti démocratiques". Une telle ignorance semble naïve, presque rafraichissante, elle semble être le fait d'une jeune fille un peu cul cul, gentiment gauchiste comme on peut l'être lors de ses premiers émois, du moins dans certains milieux (mais pas tous). La dame est adulte pourtant, et donc responsable, ne pourrait on pas dire plutôt qu'elle est instrumentalisée, payée pour débiter ces désinformations ? Quitte à sombrer dans le complotisme je suggère une manipulation de l'Etat Islamique: il est notre ennemi et doit nous fragiliser par tous les moyens. La dame aurait elle un voile dans son sac ?  La question se pose. En tout cas, vu l'énormité des crétineries qu'elle nous sert, on ne peut que se tourner vers ce type d'interprétation ! 

     

    3) La suprématie du droit communautaire. 

    Nous sommes là dans la spécialité de la dame. Parlons en. En gros, la dame souhaite que la France quitte l'union européenne. Sans le dire.

    Car l'Europe n'est pas un monstre dont nous sommes victime à notre insu: tout cela fut décidé par des gouvernement élus, par des parlements qui après l'avoir annoncé avant leur élection contredirent un référendum acquis à force de disputes dans le principal parti de gauche à l'époque. 

    Bref, tout est légal, public et évidemment nécessaire: le droit communautaire décidé collectivement est CE qui s'impose à tous, (sinon il n'aurait AUCUNE valeur, et serait donc inopérant complètement). Le problème est son étendue, qui elle se décide. La dame dénonce donc le principe en faisant mine de découvrir telle la jeune mariée les organes déplaisants de la vie biologique de sa propre espèce. A moins que. Le moyen orient suscite des discordes, la dame a un bâton de henné dans son sac.  

    4) Le scandale revendiqué du référendum

    Syriza est en négociation depuis cinq mois sur des sujets sensibles. Manifestement à l'écart des consensus européens, à de multiples reprises, ils s'affrontèrent à des gens qui tentèrent de leur expliquer les choses. 

    Il y eut des éclats de voix entre ministres entre Schauble et Varouflakis par exemple. Pourquoi le gouvernement grec, manifestement en minorité face à ses "partenaires", à qui il doit par ailleurs de l'argent, aurait pu, aurait DU poser la question à son peuple au sujet de la fameuse contradiction remarquée par sa sagacité: faire des réformes ou quitter l'euro ? Il fallait le faire loyalement, raisonnablement, et on le sait déjà depuis des mois. 

    Et bien ils mentirent à tout le monde et décident "démocratiquement", à une semaine du grand saut, de consulter un peuple abusé, qui a cru que cela allait passer. C'est de l'escroquerie à la Grecque, cela révulse tout le monde. C'est une manipulation communiste, à la limite de la légalité, et cela fut remarqué. Ce n'est pas un référendum digne, c'est un plébiscite de loubards.

     

    5) L'Europe d'aujourd'hui

    Ainsi donc, le président du parlement européen, Martin Schutz, est le complice des nazis d'"Aube Dorée" ?

    Que le très social démocrate rondouillard moustachu soit un nazi est une révélation de la vision de la dame. Merci pour la mesure de ce jugement qui éclaire la nature réfléchie des autres.

    6) Les Banques

    Le coeur du reproche, de la plainte, du cri, du hululement. En 2010, on a sauvé les banques. La foudre: mon dieu mais c'est bien sur, comment ai-je pu être aussi bête. Sortie de l'enfance à ce moment, la dame et sa jeunesse heureuse se trouve confrontée à DSK. Tout l'argent fut versé aux banques et non pas au peuple grec, c'est horrible, c'est du gaspillage, c'est du vol ! 

    La Grèce était en défaut et menaçait l'équilibre de l'Europe entière. Devant aux banques ce qui les conduisait à la ruine et à celle de toute l'économie de la zone, des gouvernements énergiques, plutôt que de se suicider, on fait le nécessaire et sanctuarisé  ce qui devait l'être: ils ont repris les dettes à leur compte, ce qui permit à l'économie Européenne de continuer à fonctionner.

    Cinq ans après, le "système" qu'on avait dit perdu se trouve merveilleusement solidifié: l'argent est là où il doit être et la ruine de la Grèce ne nous fera rien. De l'argent bien sur disparaitra, mais on l'a ré emprunté depuis, et nous nous sommes viables pour le rembourser tranquillement avec les ans. 

    La dette Grecque est toujours là par contre, et devra être payée. Bien sur elle fut réaménagée, diminuée, restructurée comme on ne l'a jamais fait. Elle est parfaitement soutenable pourvu que ce peuple de fainéants s'organise convenablement. Ils paieront longtemps, mais ils le peuvent. Bien sur il y aura une TVA (tiens, un impôt qui rentre, ça va nous changer) et des retraités qui ne pourront plus faire vivre toute leur famille de chômeurs qu'ils n'ont pu faire embaucher à un travail inutile, mais bon: la vie est tragique et la pitié pour de tels voleurs n'a pas de mise. Laissons la morale aux communistes, elle leur sert. 

     

    7) Le coup d'Etat en Grèce.

    En plus on accuse. Par contre là on a raison: Tsipras ne voulait pas du référendum, c'est pour cela qu'il a tant tardé à faire de la "démocratie", et donc il a perdu: c'est ce que NOUS voulions. 

    Le pauvre grec, acharné à sauver sa clientèle électorale, 30% de l'opinion, les fonctionnaires quoi, a du jouer ses dernières cartes, et ses mensonges se trouvant visibles, se doit de sortir du bois. Il va donc se trouver confronté à sa "démocratie": si c'est oui ciao. Si c'est non, il va assumer. Sa dictature.

    Evidemment que Bruxelles veut le virer: comment imaginer le contraire?  

    Au fait, l'Europe n'aime pas les dictatures: que va choisir Tsipras seul sans argent dans la pampa en cas de non? Les Russes? L'Etat Islamique ? La dame a une kalachnikov dans son talon. 

    8) L'antisémitisme. 

    On ne voit pas le rapport: une accusation a du faire mal, on ne veut pas associer souverainisme débile et extrême droite apparemment, bien qu'un parti souverainiste fasse partie de la coalition avec Styriza. Bref, un contre feu de la collusion brun rouge à la lutte contre l'Europe et dont fait partie la dame du Figaro. J'avais évoqué à propos de Natacha Polony l'alliance du rose fluo et du caca d'oie, et bien cela s'applique ici.  

     9) L'organisation du vote

    Bien sur, les grecs résidant à l'étranger ne pourront pas voter. Trop cher, pas le temps. Cela fait toujours ça de gagné pour le communiste: on ne s'isole pas du monde pour rien, lui va en profiter c'est sur. L'appartement avec vue sur l'acropole du spécialiste de la théorie des jeux joue gagnant. 

    A Dimanche ! 

  • Les libéralismes

    En bouquinant on peut être amené à faire finalement de belles et grandioses classifications, qui rendent clair ce qui se superposait avant (du moins dans ma pauvre tête).

    La liberté comme principe organisateur des conceptions du monde a donné lieu à des théories très variées, qui se sont succédées dans l'histoire et qui ont données lieu à maintes condamnations et confusions variées. Il faut distinguer la dedans, distinguons. 

    Droit Naturel et Utilitarisme

    Ainsi, il y a  confrontation entre droit naturel et utilitarisme, et nous avons là la grande et peut être unique polémique. Dans cet enchevêtrement on va trouver tout et son contraire. 

    Tout d'abord il faut mettre les Bodin et autres inventeurs du droit naturel, par exemple les espagnols de Salamanque: il existe un droit antérieur à tous les autres et cela peut profiter à tout le monde. Que la considération du sort des indiens d'Amérique ait pu donner lieu à ces réflexions doit être pris en compte. 

    Puis il y eut l'utilisation des sentiments moraux pour fonder l'économie: une activité locale, motivée par ce qui suffit à l'interaction, la sympathie, se trouve capable, sans volonté particulière, de fonder et de faire fonctionner des systèmes entier. Smith en est le premier grand exemple. Une économie librement organisée, adossée sur une théorie morale qui promeut des interactions saines entre individus.  

    Cette alliance local/global introduira l'utilitarisme, qui s'exprimera ensuite clairement: le bien maximum pour le plus grand nombre. De Bentham au socialisme de Mill, l'affaire fut lancée.

    Cependant, cette idée de l'utilitarisme explicite est en fait différente de tout ce qui précédait. Elle constitue, très au delà de Smith, une dangereuse hérésie et d'ailleurs elle devient LE soutien rationnel au socialisme qui commence alors ses ravages obscurantistes.

    Car l'homme est mauvais, et il faut qu'il veuille le bien pour que celui ci s'instaure. La lutte fondamentale contre la théorie des droits naturels est instaurée par Bentham. Nous y sommes toujours.  

    Avec Walras et la révolution marginaliste, les mathématiciens arrivent avec les néo classiques en économie et une forme mathématisée de l'utilitarisme,l'optimum étant décrit par Arrow-Debreu, quoique seulement possible, toutes les autres formes de courbes l'étant aussi, ce que démontre Sonnenschein-Mantel-Debreu. 

     

    Les Autrichiens

    On se doit d'en distinguer les Autrichiens, engagés dans la lutte contre les interventionnistes socialistes, nazis et communistes et immigrés aux US pour ces raisons. Ils occupent une position particulière, parlant de philosophie, de sociologie et d'économie.

    S'en séparent radicalement les "néo libéraux", en fait les monétaristes c'est à dire l'école dite de Chicago, libérale mais interventionniste et utilitariste, ce sont eux qu'on dénonce actuellement et qui jettent l'argent par pelletées depuis leurs hélicoptères. Ainsi, eux et les marginalistes dirigent le monde.

    Pendant ce temps, les ronchonneurs de toutes obédiences, enfermés dans leurs socialismes ne font que ressasser leur médiocrité et l'impasse de tous leurs idéaux. De passage au pouvoir chaque fois ils ruinent leurs pays en attendant la correction d'après. Qu'en est il ? 

    Tout d'abord il faut savoir que le courant "utilitariste" (auquel on peut rattacher tous les tenants des optimaux) est extrêmement large et couvre tous les calculateurs depuis les adeptes de la théorie des jeux, en passant par les anticipations rationnelles ( l'utilité non pas du bien, mais de la probabilité du bien).

    Cette identification de la description et du calcul en fait, à mon sens inéluctablement, un socialisme c'est à dire une décision calculatrice, acharnés à mijoter son "plan" global pour le bien général. 

    Il n'y a pas de bien général calculable. Il n'y a que la volonté humaine libre de se détruire ou de créer, elle en a le droit absolu. 

    Et bien il faut en revenir aux Autrichiens. Ils couvrent tout le spectre de la réflexion humaine et sont à l'origine (non pas eux, mais leurs élèves et enfants) des vraies innovations anarchistes de l'absolue liberté, celle sans aucune espèce d'état d'autorité ni de "régulation" organisée.

    En cela, l'anarchisme total politique et économique (improprement appelé "capitaliste", d'ailleurs)  reste un sommet incontournable de la pensée humaine. S'en départir est indigne et ne peut être toléré que de manière provisoire.

    Vive la Liberté ! 

     

     

     

     

     

  • La Gnose

    Puisque nous y sommes, une belle classification à l'emporte pièce, comme je les aime et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. 

    Les deux voies

    Il existe deux sentiments fondamentaux de l'esprit, irréconciliables et clivants, et qui divisent et classifient les intellects: ils se distinguent par leur appréciation de la bonté des êtres. 

    Ceux qui croient en gros que l'homme est mauvais sont des gnostiques, héritiers d'une soit disant connaissance du monde, qui ne s'expliquerait que s'il avait été crée par un être inférieur, et qu'il faut connaitre cette réalité pour accéder après macérations à un ineffable et irresponsable état de fusion avec lui.

    Les autres, les naïfs, croient en la liberté et se sentent innocents eux et leur Dieu de tout le mal du monde, qui n'est que ce qui permet d'espérer autre chose, à construire et à inventer. Ils aspirent à la divinité absolue et plus que ça sont marqués par un exemple bien connu que comme quoi c'est possible.  

    Cette division enjambe bien sur les athéismes variés et alors que l'on peut ranger l'Islam, les bouddhismes, les communismes et autres nazismes, bref la gauche, dans le camp de l'horrible gnose, et bien les libéralismes et leurs variantes ultra, les franciscains, et tous les anarchistes absolus, ceux qui préfèrent l'erreur libre du désordre nécessaire que l'on peut corriger à la vérité indécidable qui ne peut qu'opprimer sont de vrais et pur chrétiens, seuls habilités à échapper aux buchers nécessaires.

    La gnose

    La gnose est structurée par de multiples principes que l'on retrouve partout.

    D'abord, le plérôme. L'ineffable Dieu, bien sur au dessus, est totalement et irrémédiablement transcendant, c'est à dire inaccessible et intouchable, donc, à proprement parler suprêmement existant, c'est à dire à caractériser en permanence comme tel. On trouve là le "alaouakbar" et l'affirmation du communisme final inéluctable que la communauté des crétins n'arrive pas à se sortir de la tête. 

    De ce sommet émanent des esprits variés, tous issus successivement par émantation d'une sainte et inévitable hiérarchie. On trouve là les fameux cieux, le septième étant (mal/bien) connu; Mahomet les escalada comme de juste, et la subtile distinction entre staline(méchant) et trotsky (bon), entre montebourg (bon) et macron (méchant) en donne un excellent aperçu. L'un d'entre eux, se trouva pris de l'envie de créer le monde, un autre, le dixième suivant Avicenne et d'autres, devint le fameux intellect agent. 

    Cet esprit là resta bien sur seul. On trouve là l'esprit unique des arabes et de toutes les mystiques du monde, celui qui serait commun à tous les hommes et qu'il convient de rejoindre en abolissant la funeste illusion de notre individualité, pur sentiment issu de notre sale sexualité. C'est la théorie du "maudit Averroes" que le moyen âge occidental s'acharna à détruire et avec succès, ce qui nous fit gagner dès cette époque le fameux choc des civilisations.  

    Viennent alors les pratiques nécessaires à cette belle conception  du monde. Car il faut donc s'en plaindre, de ce monde malfaisant, et ainsi de le meurtrir et de le vexer. De là les nécessaires soumissions aux polices variées de la pensée supposées corriger l'infirme corps (sans esprit propre) issu de la terre maudite. Partout autorités et contrôles, et processions en l'honneur du mal. 

    Depuis les tours de la pierre noire pour lapider le diable, les fronts ensanglantés en souvenir d'Hussein, les défilés en souvenir de l'esclavage, les moulins à prières des lamas, les "je suis charlie" pour fêter des juifs assassinés. Toutes les marches de zombies, tous les rites, toutes les marches blanches, tous "les plus jamais ça" sont gnostiques, et ignobles. 

    La liberté

    Il faut lui opposer son contraire exact, directement issu des merveilleuses spéculations chrétiennes: la liberté absolue du divin, généreux et libéral au point de prévoir dès le début des temps de faire fusionner avec lui des poussières d'espace issues du hasard, de son propre principe, donc. L'immense communauté de tous ces individus libres s'appelle le monde.

    Individus libres ? Oui, car sinon créer le multiple n'aurait rien signifié et Dieu l'éternel aurait perdu son temps ce qui est un comble, ça c'est de l'argument métaphysique.

    Pour compléter la chose et passer à l'absence du surnaturel (il n'est pas nécessaire), le principe d'un monde à la fois absolument libre et totalement nécessaire (là par contre il l'est) c'est à dire spirituel, c'est à dire mathématique, celle ci prouvant par a + b le hasard fondamental dont l'espace des possibles est suffisamment grand (il a, et oui, toutes les complexités) pour garantir le libre arbitre le plus étendu qui soit. Bref, le confort. 

    Confronté à cette admirable, aimante et optimiste conception du monde, en plus établie et prouvée par une tradition millénaire inventive à l'origine de toutes les sciences dignes de ce nom, on ne peut que se réjouir de l'infini des distractions qu'elle nous procure. 

    Vive la Liberté! 

     

    Les références:  Jonas

    On ne peut que citer Hans Jonas et le "principe responsabilité", dont la thèse (sous Bultman) décrivait la gnose comme je le fais. Il s'opposerait ainsi au dualisme gnostique, la haine du monde étant celle portée par la technique triomphante. Décrivant la liberté comme ontologique (tiens tiens y a du Duns Scot ici), il y a associe (à mon sens de manière contradictoire) la notion de responsabilité qui doit la limiter, la notion de finalité la complèterait. Mieux, la liberté de l'homme est pour lui ambivalente (suivez mon regard).

    De fait, les écologistes qu'il inspire se trouveraient ainsi anti gnostiques. Tu parles: c'est le contraire, en fait ils haïssent l'humanité, c'est à dire la part naturelle de l'humanité, soumise aux conséquences de ses actions et donc partie libre de la nature, ce qu'ils ne peuvent tolérer. C'est ains Jonas et ses sbires qui sont gnostiques et dualistes, et qui veulent vaincre les forces du mal qui ont crée le monde méchant. 

  • Le ventre de la méditerranée

    Au sujet de l'intervention à "ce soir ou jamais" de Fatou Diome. 

    https://youtu.be/xgZ0LcMUghA

    Fatou Diome est un écrivain Français auteur d'un livre à succès remarquable : "le ventre de l'atlantique". 

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fatou_Diome

    Je me permettrais de le commenter en détails. 

    D'abord elle s'oppose avec véhémence à un néerlandais, auteur d'un livre sur la nécessité des frontières. Très prolixe, avec un ton accusateur elle semble (ce n'est pas très clair, car elle ne propose pas vraiment) affirmer la nécessité de l'immigration en général (elle semble l'assimiler à l'immigration Africaine). 

    Le ton peut paraitre insupportable, ou entraînant, bref un véritable (et intéressant) spectacle à double interprétation. Un pur concentré d'incitation à la haine, entre ceux qui écoutent. Plutôt que de m'étendre sur cet aspect, on verra après, regardons le discours, il a un contenu. Je me permettrais de le contrer systématiquement. 

    1) D'abord le passage a un cout: 1500/ 7000 euros. Cet effort serait à la hauteur d'une nécessité vitale que tout le monde manifesterait, par solidarité envers ceux qui peuvent faire cet effort. Une accusation alors est portée vers le "monsieur" , qui lui ferait pareil, ce qui justifie le comportement globalement.

    En réalité, une infime partie du tiers monde (l'immigration transcontinentale ne concerne que des petits groupes de personnes, minoritaires partout) considère normal de se ruiner eux et leur familles (les sommes représentent des années de revenu) pour tenter de faire passer un de leur représentant en lui faisant prendre des risques qu'ils ne mesurent absolument pas. 

    Ces groupes familiaux (des villages saisis par des rumeurs, on l'a vu au Sénégal par exemple) sont ainsi plutôt fortunés et mettent en oeuvre avec ces migrations des stratégies, non pas de survie (ils disposent de l'argent du passage, qu'il pourraient utiliser pour investir ou consommer sur place), mais d'expansion familiale, l'envoyé se devant de se montrer solidaire après. C'est le sens du mot "solidarité" utilisé par Fatou Diome: le devoir du à la famille étendue dont on est l'envoyé, le soldat. 

    La croyance au succès de l'entreprise est issu de superstitions et de légendes colportées dans des milieux à l'écart des circuits normaux d'information. La force de la rumeur auprès des décideurs du voyage (des autorités familiales diverses, à la fois incultes, autoritaires et calculatrices fait tout: le contraire exact de la trop célébrée sagesse rurale africaine).

    L'argent du passage enrichit des organisation criminelles qui les escroquent, qui les mettent en danger, qui les exploitent de toutes les manières possibles. Battus, violés, noyés, ils continuent avec une constance qui ne peut qu'apparaitre pathologique. La vérité est que l'injonction familiale à réussir le passage est très forte, et dépend des cultures et des volontés locales. 

    Cela a été fait, et se trouve recommandé par bien des associations internationales, et cela a réussit avec l'Espagne pour ce qui concerne les voyages suicidaires vers les Canaries: il faut absolument convaincre ces familles, sur les lieux de départ de l'inanité et de la dangerosité du passage. Ce principe général (convaincre de ne pas) est à l'origine d'actions et de discours tenus par des africains, ex migrants ou non; leur message est "NE VENEZ PAS" ! 

    Le discours de Fatou Diome, qui quoiqu'elle en pense, justifie et encourage la revendication à venir se trouve donc irresponsable et, on peut le dire, criminel. Le fait que ce discours soit tenu avec véhémence ? On verra après. 

    2) Les cerveaux blancs et noirs sont identiques et elle le proclame, l'allusion au fait qu'on pourrait trier les noirs suivant leur utilité la révolte. Enfin pas tout à fait, car il n'y a pas de travaux inutiles : elle est demandée dans les congrès tandis que son frère "par exemple" dans le bâtiment, lui, sera utile, quoiqu'on en dise. Bref une charge contre les quotas au nom de l'égalité.

    La thèse est intéressante, et sa justification aussi. Elle fait fi de la liberté des nations à édicter des principes d'organisation de leur économie et condamne en un seul geste les politiques d'accès à leur territoire de pratiquement tous les pays occidentaux, dont la France.  La proposition d'abandonner ces politiques semble au bord de ses lèvres, mais elle se contente de condamner moralement leur mise en oeuvre, avec véhémence mais on verra après. 

    3) Ensuite le droit humain, la revendication au nom de l'égalité des hommes à voyager ou bon leur semble. 

    La dame dit beaucoup voyager et rencontre partout des européens qui ont "le bon passeport", et qui donc auraient tort de vouloir empêcher des Africains de faire de même. 

    L'ignorance de l'usage qu'un passeport s'obtient, ainsi qu'un visa, et se trouve devoir être visé par des représentant de l'Etat qu'on visite (des douaniers) semble avérée. Pourtant la dame voyage: serait dans les avions privés, peut être mal acquis, de représentants diplomatiques qui lui ont fait ces formalités à l'avance ? Le terme "bon passeport" qui s'applique donc au fait de ne pas en avoir du tout semble la ravir. La véhémence de l'utilisation du terme ? On verra après. 

    4) Quelques chiffres. La dame, lettrée est aussi chiffrée. Elle fournit à notre intelligence 2 chiffres faux. Gravement faux. 

    D'abord que l'Afrique croit à 10% par an et se trouve être dominée par "vous" (nous les blancs sans doute). La chose est fausse: ravagée par les guerres et la corruption, l'Afrique ne se développe pas, au contraire : elle perd pied dans la mondialisation. Même sa croissance démographique est suspecte ! 

    Ensuite qu'en Europe, 40% de la natalité est due à l'immigration. La thèse est plaisante, mais fausse. La population de l'Europe continue de globalement vieillir est sa population à terme va diminuer. L'immigration Africaine comme solution au problème, qui revient à la théorie du grand remplacement, merci madame de nous la proposer, n'est pas encore officiellement acceptée; il se pourrait au contraire qu'elle soit combattue... 

    5) Bref la véhémence chiffrée, tout comme les autres, tombe à plat, c'est le moment d'en parler. De deux manières: 

    a) Toute la stupidité gluante d'un termite revendicateur hystérique est visible à l'oeil nu. De quoi enthousiasmer certains, c'est vrai, car la véhémence convainc quand l'antiracisme veille en silence; de quoi révulser d'autres, d'autres discours très dangereux et violents se nourrissent de cette véhémence. En bref : un véritable appel au meurtre des noirs ! 

    b) La véhémence est similaire et de même nature que celle de Christiane Taubira (le tract ambulant du front national) et de Calixte Beyala (l'ex maitresse de Drucker). 3 femmes noires éduquées hystériques dont la simple présence noue une audience, avec plaisir et révulsion. Un spectacle, un concept, un monde, que dis je un océan, un univers.

    Que faire sinon n'en penser pas moins et arborer un sourire peiné ? 

  • Duns Scot Docteur Subtil

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    Docteur Subtil

    Le docteur Subtil est le philosophe objet de mes désirs. 

    L'individuation

    La question est l'individuation, question centrale s'il en est. Pour faire court, on est là au coeur de la dénonciation du "maudit Averroes" pour qui l'intellect est commun à tous les hommes. 

    Au fait, Scot écrit après la grande condamnation : celle de l'évêque de Paris, Etienne Tempier, en 1277, contre les partisans d'Averroes, rue du Fouarre.

    Le salut étant individuel, le  bienheureux Scot se doit de prouver absolument l'individuation absolue,  l'ultima solitudo de l'homme. Il prend la question comme il se doit, du point de vue "ontologique". 

    L'Haccéité (terme que Scot lul même ne mentionne pas, ce sont ses disciples) est la chose merveilleuse qui fait l'individu, l'essence singulière.

    D'abord, il y a bien des solutions au problème de l'individuation: par la négation (l'apophatisme d'Henri de Gand), par l'existence, par la quantité, par la matière (Thomas d'Aquin), par les accidents (Avicenne).

    Quand on dit par la matière, on pourrait dire par son union avec la forme, la composition des deux étant le candidat aristotélicien principal (l'hylémorphisme) à l'explication de l'individuation.

    Aucune ne convient à Scot. Il n'y a que l'essence singulière. 

    Un point intéressant: Dieu, singularité absolue n'a pas besoin de cette chose là, car infini en acte, c'est à dire infini, en ce qu'on ne peut rien lui ajouter. 

    Bon, arrive la notion de distinction formelle, entre les formes (à la différence de celle entre les choses, on dira "a parte rei", du coté des choses). Il y a une distinction du troisième ordre entre formalités (réalités), et qui distingue, tout en restant formelle, la nature "commune" et l'"essence singulière" celle ci n'étant commune à rien car strictement individuelle. Cette distinction là la rend possible. On notera aussi la distinction entre une forme et son mode, (entre la blancheur et son intensité), l'essence singulière n'étant ni un mode, ni une nature et se distinguant du reste d'une manière spéciale.

    Cette histoire de distinction "formelle" est un fondement scotiste. Entre distinction réelle (celle entre les choses) et la distinction logique (entre les idées) elle permet bien sur de penser la différence des individus dans la trinité. Elle est définie comme non adéquation d'une identité telle que "ma raison ne la fait pas, mais la constate"...  

    Il y a donc une plénitude frontale et 3 personnes qui ne s'en distinguent que "formellement". Dieu reste indivisible.

    La chose s'applique aussi à un nombre infini de concepts. Ame et facultés de l'âme se distinguent de la sorte, par exemple, et les êtres humains et divins se ressemblent en cela... Et puis il y a la distinction entre vouloir et connaitre, elle aussi formelle et qui résoud tout.

    Le "a parte" se dit aussi pour ce qui concerne l'éternité dont on distingue "a parte ante" et "a parte post".

    L'Ontologie

    Scot décrit une ontologie: il explique ce qu'il y a et comme c'est. Plus qu'une vision du monde, une vision de ce qu'est le monde. 

    Ainsi, entre la physique qui s'occupe des choses, la logique qui s'occupe des concepts, il y a la métaphysique qui s'occupe des natures. 

    L'être (ens) est ainsi une nature commune à toutes les choses y compris à Dieu; mais absolument simple, il n'est pas un genre (cela voudrait dire qu'il a des espèces), il est  univoque et s'applique, de la même manière à Dieu et aux créatures. Pour Aristote, au contraire, l'être se dit "de multiples façons", les étants étant similaires par analogie uniquement. Pour Scot, il se dit de la même manière dans tous les cas, il est univoque.

    Comme pour Avicenne, "l'être se dit en un seul sens de tout ce dont il se dit". Le concept d'être se prédique de tout, il renvoie toujours à la même réalité, et l'être est présent dans toutes les essences. 
    Le concept d'être est le premier objet de l'intellect.

    Dans ce cadre, Dieu est "ens infinitum", l'étant infini au sens de infini en acte (et pas en puissance) dépassant déjà toute grandeur concevable au lieu d'être infiniment extensible ce qui est une marque insultante d'imperfection.

    Car Scot est un théologien, et se distingue des philosophes en ce qu'il décrit AUSSI l'intellect des hommes avant la chute, ou après le salut futur, la situation actuelle étant qualifiée de "pro statu isto".  

    Scot appelle les les "passions de l'être", ses déterminations (fini/infini, crée/incrée, nécessaire/possible). L'être de ces transcendantaux n'est pas univoque, ils sont distincts mais formellement. 

    Il distingue ainsi définition de Dieu (Dieu est Simple) et description (Dieu est composé d'essences formellement distinctes).

    Il semble pourtant bien que pour Scot, la notion d'Etant est antérieure à celle de Dieu: il y a bien une métaphysique indépendante de Dieu, hors de l'onto-théologique à quoi s'en prend Heidegger.

    Scot et Aquin

    Thomas d'Aquin est le philosophe de l'Eglise Catholique, le "docteur angélique", le grand moyenâgeux. Et bien il faut savoir que Scot le contredit en pratiquement tout. Les différences sont innombrables.

    Par exemple la relation entre la faute originelle et l'incarnation: pour Aquin, sans faute, pas d'incarnation, alors que Scot soutient le contraire: l'incarnation est le but de la création, et se trouve indépendante de la chute des anges et des hommes. 

    Au sujet de  l'individuation par la matière, défendue par Aquin, elle implique que l'âme (ou du moins certaines de ses parties) après la mort n'a pas d'individualité ! 

    Une autre est l'équivocité de l'être:  Aquin suit Aristote et Scot proclame que l'être est univoque: Dieu et l'homme sont identiques de ce point de vue.  En résumé il n'y a qu'un seul Etre, celui de Dieu et celui de la pierre.

    Une autre encore est que Dieu pour Scot n'est pas un moteur (primum movens), mais un être premier (primum ens). Encore une critique d'Averroes. 

    Encore une autre: la liberté (et la volonté) sont supérieure à la raison. La volonté impose la contingence et de ce point de vue Dieu et l'homme partagent volonté et liberté. L'argument, limpide, est qu'il ne peut y avoir de contingence du tout s'il y en avait pas à l'origine, or il y en a... 

    Encore plus: les anges; pour ce qui concerne la matière (ici une forme d'être) Scot considère qu'il y en a dans toute création, à rebours d'Aquin. Par exemple, les anges pour Aquin, n'étant pas matériels, ne seraient pas individués (il soutient que les anges sont des espèces). Ils le sont pour Scot.

    La matière par ailleurs est en acte (et non pas seulement en puissance pour Aquin). Scot, nie donc l'hylémorphisme: la matière est indépendante de la forme, elle est crée séparée, immédiatement par Dieu. C'est un argument, car Dieu ne peut créer des choses imparfaites.

    Encore: pour Scot Dieu est d'abord juste, puis ensuite Bon, de par sa volonté. Pour Aquin c'est l'inverse, la Bonté est prédominante. 

    Encore: Scot pense possible la pluralité des mondes alors que pour Aquin il n'y a qu'un seul monde. 

    Encore: le mariage pour Scot a d'abord pour rôle d'assurer la filiation puis de lutter contre la concupiscence. Mieux: cette question de la filiation prioritaire permet à Dieu de déroger (car il fait ce qu'il veut) à la règle de la monogamie et aussi de l'interdiction du divorce ! D'autre part, l'accouplement charnel, pas plus que le sommeil ne peut être rejeté comme une perte momentanée de la raison. Mieux, contrairement à Augustin, Scot affirme que le péché originel, propre à la nature humaine n'est pas transmis par l'engendrement copulatoire. 

    La question du baptême des enfants juifs. Aquin était contre, au nom du droit naturel. Scot lui argumente pour, la seule chose en sa faveur étant de recommander aussi le baptême forcé des parents (minis et terroribus).  Il reste ainsi un défenseur de la liberté absolue du prince, intermédiaire hiérarchique entre Dieu et les hommes. 

    A sa décharge, Scot refuse l'esclavage alors que Aquin l'accepte dans le droit des gens, pour Scot il est contraire au droit naturel. Note en passant: Scot est contre l'esclavage et aussi contre l'hylémorphisme, dont la forme est précisément celle de la marque sur le corps de l'esclave; belle cohérence.

    La preuve de l'existence de Dieu, selon Scot ne peut se faire de manière inductive, au contraire d'Aquin. Scot fait donc de la théologie une voie de connaissance particulière, fonction de la révélation et distincte de la philosophie, ce qui est le contraire de la thèse d'Aquin. 

    De plus, la théorie de la vérité comme illumination par Dieu est refusée par Scot: la vérité de Dieu lui même ne pourrait pas être obtenue de cette façon, donc...  

    Au passage le débat entre Avicenne et Averroes. Alors que tout le monde s'accorde pour hiérarchiser les sciences (physique, métaphysique,théologie), Averroes prouve Dieu dans la physique et en fait un moteur, ce que rejettent évidemment Avicenne et Scot. Ainsi, une science ne peut étudier une réalité et sa cause, et la science de l'être se doit de démontrer Dieu et donc de le localiser dans la théologie. 

    Pour Aquin et Aristote, "liber est causa sui". Cela est rejeté par Scot, rien ne peut causer l'acte volontaire.

    Il faut aussi rappeler que Scot, auteur de la doctrine de l'immaculée conception convainquit son monde par le concept de "rédemption préemptive", ce qui est bien trouvé: "Dieu pouvait préserver sa Mère du péché de la race, il convenait qu'il le fît et il l'a fait" (Deus potuit, hoc decuit, autem fecit). Il étant d'ailleurs la chose à tous les justes du passé. 

    Le droit naturel est celui d'avant la chute, quand les biens étaient d'usage commun. Après la chute, il faut un contrat social et le droit de propriété. On a ainsi la volonté du juge et aussi l'adaptation aux cas particuliers, c'est l'éthique franciscaine. 

    Il y a ainsi historiquement un conflit séculaire dans l'Eglise entre Aquin et Scot, le vainqueur historique étant Aquin, et cela fut rappelé récemment (1879), ce jusqu'à la béatification tardive de Scot (1993).

    Comme tous les franciscains (Olivi, Bonaventure) Scot est conventionaliste pour les sacrements et pour la puissance royale, et la volonté absolue des souverains, Dieu, l'homme, le prince prime comme convention. On a donc simultanément, et pour ces raisons, absolutisme et droit individuel subjectif.

    La nature commune

    On a dit que Scot fit la synthèse Augustin/Avicenne, mais aussi que c'était plutôt Henri de Gand, le conseiller de Tempier en 1277. Par contre, Scot reprend la notion d'essence d'Avicenne: equinitas est tantum equinitas.

    Par contre, Scot en fait une réalité: la fameuse "nature commune", différente formellement de l'essence singulière, qui décrit aussi la nature divine trinitaire des 3 hypostases unies dans une seule singularité ! 

    Cela donne ainsi une solution originale au problème des universaux, Scot étant un réaliste de l'essence commune et un conceptualiste des universaux, ceux-ci restant dans l'intellect. 

    En gros: la nature commune est individuable et non prédicable tandis que l'universel est non individuable et prédicable. Entre la chose et le concept, la nature, l'essence antérieure à l'existence. 

    Les autres: ce qu'on en a dit

    Les ennemis scolastiques de Descartes, c'est Scot. Il prétendait qu'il y a des vérités éternelles indépendantes de Dieu, alors que Descartes attribuait la vérité des mathématiques à Dieu! 

    Au fait, Heidegger fit sa thèse CONTRE lui, en fait contre un écrit a lui faussement attribué: il n'empêche, il dénonce Scot comme le créateur même de la fameuse onto-théologie. Les aquinates (sans parler des post aquinates) trop contents, soumis à l'injonction de H. l'en chargent donc. Le point est la distinction essence/existence, rejetée par Avicenne et Scot (pour eux l'essence précède l'existence, bien sur) et assumée par tous ceux avant, ce qui innocenterait les grecs de la fausse (et infâme) accusation de H. 

    En réalité, l'histoire romancée de la métaphysique fait par H. est largement caduque... 

    Simondon avec sa pré-individualité très "nature commune" est clairement un scotiste anti hylémorphiste. Il va même jusqu'à individuer les objets techniques.

    Pour finir, Scot est sans doute le plus extraordinaire philosophe qui soit. Célébré par Harendt, par exemple, il est sans doute un inventeur de la Liberté, la plus belle chose qui soit au monde, partagée par Dieu et les hommes, et c'est un théologien qui nous le dit !

    Pour finir

    Il passa son baccalauréat en 1304 à Paris. La légende dit qu'il aurait été enterré vivant à Cologne en 1308.

    Bref, ce type est le théologien anarchiste le plus déconnant qui soit. Vive les franciscains ! 

     

     

    P.S. Contrairement à ce qu'affirme François Loiret, le remède à la concupiscence est une fin seconde du mariage catholique dans le canon de 1917. Scot était en fait en accord avec Aquin sur cette question, sa position sur l'aspect contractuel du mariage étant simplement plus affirmée que celle d'Aquin.  

    La Volonté (add.)

    La question de la volonté chez Scot. D'abord Aristote: il y a la puissance et l'acte, et rien n'est mû sans moteur, le passage de la puissance à l'acte supposant un être déjà en acte. Scot, comme Henri de Gand font une exception à cela: la volonté. Cependant, la volonté de Scot reste volonté de quelque chose, ce qui la différencie de celle de Gand. La volonté est libre et aussi désir, telle est la subtilité et la complexité du problème, qui est celui de l'Amour.Pourtant sur ces points Scot a évolué et s'est rapproché de Gand, la volonté devenant puissance rationnelle.

    Cette volonté est bien sur supérieure au connaitre, tout en affirmant, et cela en est la preuve, que pour vouloir il faut savoir: préparant l'acte volontaire, l'acte de connaitre lui est inférieur. La volonté est appétit raisonnable libre.  

    P.S. Une biographie enthousiaste de Scot: 

    (1) http://www.biblisem.net/etudes/sainscot.htm#_ednref79 

  • Irrationnel

    Il y a de l'irrationnel dans l'air. Je veux dire que dans les communications entre les hommes, alors que la raison a pour raison de fluidifier les dires en rendant acceptable ce qui est dit, il apparait trop souvent, hélas, que ce qui soit dit soit inacceptable parce qu'absurde, et ceci avant même d'être à proprement parler faux. 

    Le fait est que des habitudes ont été prises. Une nouvelle philosophie Française, disponible pour cette génération sur Youtube et autres, sans parler des articles, compte rendus en ligne etc, me semble aller dans cette belle direction avec un enthousiasme et une naïveté confondante. Tout le monde n'est pas dupe, bien sur, mais tout de même: même moi, pauvre ignare lecteur d'internet, les bras m'en tombent. 

    D'abord Jean Luc Marion. Disert sur KTO, il est clair, un super bon prof, y compris de ses propres théories. Le problème c'est qu'elles sont totalement déraisonnables.

    Au delà de la science traditionnelle, il y aurait ainsi les phénomènes saturés, ce qui se soustrait au principe de contradiction et qui établit donc le monde comme soumis au principe d'irraison cartésien, justification de l'existence de Dieu en gros, ou du moins de l'existence des choses irraisonnables dont fait partie Dieu. Le plus marrant, dans ce tissu d'absurdités est que le concept est explicitement exclu (ce qui fait l'originalité du système) dans une magnifique conceptualisation déguisée portant noeud papillon et pipe. 

    Au passage les phénomènes (la phénoménologie étant la pensée des nouveaux objets, ceux que l'on obtient en détruisant les concepts et qui donc ne sont plus des objets) sont "donnés". Le "es gibt" allemand, célèbre jeu de mot, faisant de la péri phrase "étant donné que", la justification des dons gratuits que l'on se doit de faire aux migrants en goguette. 

    La "donation" devient donc la source de tout. Une pensée contradictoire, par exemple, est un donné, tout comme Dieu d'ailleurs. Une splendide théorie de l'amour est alors produite et qui très justement substitue l'amour à la pensée, ce qui permet au passage de faire fi de la démocratie, l'égalité et la liberté étant forcément abolies par l'amour, on doit faire avec ce qu'on a. 

    Cette histoire de l'éthique comme abandon du rationnel ou de l'ontologie en général, est une veille idée de phénoménologiste. Heidegger apparait, l'immense génie qui réussit à force d'obscurités à persuader ses étudiants juifs et toute l'intelligentsia occidentale que l'on pouvait appeller "Etre", bien mieux que Dieu, car lui, non existant, le vieil esprit germanique pré historique, garant de la nécessaire extermination de la judenmacht. 

    Marion, élève de Derrida, mais catholique de l'Académie Française, est donc un grand philosophe Français. 

    Il y a plus jeune. Quentin Messailloux, adulé au delà du possible par le dinosaurien Badiou, proclame bien mieux et en fait dans la même veine de la proclamation cartésienne de l'irraison du monde (Dieu fait absolument ce qu'il veut avec les lois de la nature) affirme donc la nécessité de la contingence, c'est à dire qu'il n'y a qu'une seule nécessité, l'absolue irraison du monde, et donc son absolue contingence arbitraire.

    Une fois cela posé, tout est possible, y compris la résurrection des morts, et la révolution, voire un Dieu à venir. Cette splendide ouverture vers le n'importe quoi, pourtant justification du principe de contradiction lui même, exposé en détails dans les cours que le petit Quentin a séché à normale est revendiquée, considérée comme géniale et vendue à l'export. Pas mal. C'est moins dur à comprendre que Derrida, mais l'effet est le même: une gauche pleine d'espérance est au travail. 

    Au passage je suis très reconnaissant à tous ces beaux esprit de m'avoir fait voyager au pays de l'Esprit: ce fut extrêmement distrayant.

    On remarque tout de même que le penchant vers le religieux est particulièrement net, serait ce la mode? 

    La description de Messailloux de la genèse des poèmes de Mallarmé, à savoir l'ambition de Hugo et Lamartine de fonder une nouvelle religion basée sur les cérémonies théâtrales et poétiques illustre magnifiquement la genèse de cette gauche.  Née pour le malheur du siècle dernier, dans les convulsions de la révolution française, elle fut d'abord une volonté irrationnelle religieuse, cette même cochonnerie qui  nous ronge à nouveau.

    A bas la calotte ! 

     

    Comme référence à mes autres lectures, celles qui m'immunisent contre tout cela pour l'instant, on peut citer d'abord une certaine anthropologie, celle d'un Marcel Hénaff pour qui le don c'est d'abord une structure triple, où le symbolique joue un rôle essentiel, ce qui permet de faire justice aussi bien du mimétisme de Girard que de la donation aveugle de Marion.

    Pour préciser au sujet de Messailloux, il maintient tout de même le principe de contradiction dans sa contingence généralisée, comme quoi il y a des limites à tout. Il démontre cependant son irraison à partir de la non nécessité de la physique qui nécessiterait sinon un créateur "intelligent" (pas mal l'argument déiste, on dirait saint anselme).

    Alors qu'on pourrait au contraire imaginer une immanence  de la nature sur la base d'une mathématique décidable (ou non, qu'elle importance) qui imposerait nécessairement le surgissement de la nature depuis le vide. Celle ci deviendrait alors purement spirituelle, c'est à dire constituée de la nécessité logique de se manifester telle qu'elle est, toutes les constantes étant démontrables et toutes les forces logiquement nécessaires. Voilà ma théorie, bien mieux que Descartes ! Quand au fameux indéterminisme, le hasard qui permet de prédire le réel avec 7 chiffres après la virgule, il est bien au contraire gage de la variabilité du monde, il ne faudrait tout de même pas que l'on puisse aussi décider de l'instant de la création. 

    Il ne faut oublier Philippe Murray: le "XIX siècle à travers les âges", description de l'irrationalisme mystique de la gauche depuis son origine pour faire justice de ce qu'il y a derrière tout cela: l'effroyable arriération de la moitié de l'humanité, poussée du col par sa folie malgré ce qui heureusement avance et invente vraiment et qui continue de faire de moi un incurable optimiste: les méchants ont tort ! 

  • Je suis un sale Réac

    Ce titre m'accable mais il correspond à ce qui fait mes réactions à la triste réalité qui m'afflige jour après jour, du fait du passage de l'actualité. Ses éléments, la plupart navrants, tiennent moins aux faits qui restent ce qu'ils sont, que des réactions à ces faits, toutes plus absurdes, honteuses et révoltantes les unes que les autres. 

    Comment puis je moi, qui ne suis qu'un citoyen finalement assez ordinaire, me trouver en déphasage à ce point avec (presque) toutes les opinions communes qui s'expriment ? Serais je vieux ? Déjà mort ? Habitant sans le savoir de la planète Mars ? Non, je suis un sale Réac. 

    D'abord je ne respecte rien, intérieurement, de ce qui fait l'habituelle politesse. Une cérémonie d'anciens combattants ? Je n'y vois que la faiblesse physique et mentale de vieillards survivants, qui célèbrent hypocritement leur propre déchéance, en faisant semblant de révérer la jeunesse de ceux qui sont morts et qu'ils méprisent comme tels. Ignoble. Coprophile, littéralement.

    On continuera avec les génocides, juifs, arméniens, rwandais: leur célébration "pour ne pas que ça se reproduise", me dégoutent tout autant. Une célébration, par définition, c'est pour, justement, que CA se reproduise. Ce que veut la célébration, c'est que CA recommence, la célébration ou bien ce qui est à son origine. Bref, le sacré me débecte et tout ce qui s'y rattache aussi. Je méprise, et refuse tout cela. 

    Ce dégout va loin: il s'applique à la moitié de l'actualité depuis la petite machin qui a disparue, s'est faite violer, jusqu'aux victimes de toutes les cruautés du monde, dont je ne supporte plus la célébration des souffrances et dont je me fous par définition. Le moralisme activiste qui généralise des faits divers soit pour mieux excuser (l'immigration) soit pour mieux accuser (la société imprévoyante) me révulse systématiquement, toujours au contraire du bon sens. Le mien. 

    La célébration indéfinie de ces meurtres, de ces violences à éviter devient invivable et constitue littéralement l'actualité. Ce n'est pas Charlie Hebdo qu'il faudrait pour vomir et ridiculiser toutes ces horribles hypocrisies mais bien plus fort: la célébration directe, honnête et cannibale du bien que cela nous fait de voir tout ce sang! Le culte de la violence effective, que l'on pourrait provoquer de manière à en jouir plus intensément. De la vraie barbarie, quoi, de la puissante ! 

    Que dire des drames présents? Les migrants noyés, ou ceux qui ne peuvent se doucher faute des subventions payées avec mes impôts, et destinées à compenser l'imprévoyance des voyages aventureux dont ils refusent d'assumer les conséquences, que dis je, ils s'en plaignent. Et bien je  méprise ces voyageurs impolis. Leur sort, leur vies qu'ils estiment devoir se dérouler où ils le désirent m'indiffère totalement. Je n'ai que faire de leur noyade et réprouve leur saleté qu'ils n'ont pas les moyens (hors les milliers d'euros qu'ils versent à leurs maîtres esclaves) de nettoyer enfin. Des lâches, fils de petits bourgeois du tiers monde, assommés du porno occidental qu'ils consomment du fond de leur trou de ploucs minables, impuissants à réformer leur sociétés barbares, ça c'est du Céline ! Qu'ils repartent chez eux, qu'ils meurent, je m'en fous. 

    Car on en vient donc à ce qui fait le réac, son racisme. 

    Les peuples sont ce qu'ils sont, j'ai voyagé, je les ai vu chez eux, et j'en ai conçu ce que tous les hommes normaux conçoivent aisément: la diversité des géographies, des usages, des coutumes est par essence respectable et doit être respectée et ce d'autant plus qu'elle s'exerce en responsabilité, chez soi. Je regrette les colonisations inutiles et ruineuses, elle ne servirent à rien sinon à perturber brièvement l'histoire et à distribuer des médicaments qui multiplièrent les vies plutôt que de les améliorer. 

    Transposée ailleurs cette diversité est par essence conflictuelle: sans égards, elle outrage ce qu'elle ignore et ce qui l'ignore. Il s'agit là d'un fait inéluctable, présent partout, et qui constitue une attitude humaine que l'on peut qualifier de fondamentale. La violer génère le conflit. Ce qui est normal ici est méprisé là.

    La polygamie, le préjugé de séparation vis à vis des femmes, manger avec ses doigts, la circoncision. Des manies étranges dont il faut comprendre et respecter les pratiques sur les territoires qu'on a renoncé à réformer. Des pratiques infâmes et méprisables qui déconsidèrent, déshonorent et rendent à jamais incompréhensibles les hommes qui s'y livrent hors des territoires où cela est accepté. Des gens qu'on ne peut qu'utiliser, dont on se méfie, dont on ne veut pas les femmes. 

    Les femmes ? Parlons en. Les usages sont multiples. Un point commun à toutes les cultures (elles sont nombreuses) qui ne promeuvent pas explicitement la monogamie stricte: la filiation n'est pas familiale et se fait par le père exclusivement; cela se fait via une structure dit patriarcale, dénoncée à tort exclusivement en occident: la femme n'a pas de droits, pas de filiation, pas d'intérêts. On la baise et elle accouche, c'est tout. La captive propage la vraie existence, celle des maitres, ou du moins du petit nombre (très petit) de ceux qui auto proclamés maitres, exercent un pouvoir sans limite sur les sexualités et les richesses de leur esclaves, tous les autres ceux dont la race faiblarde (hélas je suis un peu raciste) fait qu'ils ne se révoltent pas. Car il n'y a pas que les femmes qui sont esclaves de ces belles cultures, les hommes aussi bien sur. 

    Il y a malgré cela les exotiques moeurs de la "nouvelle guinée" ou tout est renversé et où l'homosexualité règne, pour le plus grand bonheur des spécialistes de la future filiation occidentale, enfin non paritaire. Ils contredisent en tout mon racisme, bien qu'en quantité faible, mais cela n'a pas d'importance, évidemment. 

    La circoncision? Parlons en. Au contact du judaïsme et des juifs, je sais très bien que le rite sépare et que les occidentaux juifs, naïfs ou madrés, méprisent secrètement les impurs barbares au pénis fromagé. Ils ignorent qu'au delà des nazis qui déculottaient les écoliers, les occidentaux chrétiens pas tous saisis par les rites de purification américains, considèrent indigne que l'on puisse se livrer à des mutilations sexuelles. Oui les chrétiens se sont séparés, païens, des juifs sur cette question et elle est définitive et fondamentale. Un jour viendra ou l'on interdira,  je dirais évidemment, que des adultes raisonnables puissent infliger à leur enfants, quelque soit leur âge, ce qui est une irresponsable, horrible, humiliante et méprisable scarification barbare.

    Que dire du pauvre Islam, qui reprit l'usage, et en fit un supplice à supporter conscient, à l'adolescence; pour mieux marquer sa soumission et son esclavage envers l'horrible sujétion à l'infâme ?  Je déteste, conchie et méprise ces usages et je le proclame ! Que des hommes prétendent à ce que je les respecte et continuent secrètement de me mépriser pour ne pas pratiquer leurs infâmes macérations me révolte: je ne leur suis rien et veut m'en séparer tant qu'ils continuent à pratiquer d'aussi ignobles sévices qui ne sont que lamentables et honteuses violences pédophiles. 

    On en vient donc à ce que certains continuent donc d'appeler le "respect". Je ne respecte rien de ces barbaries et veut les interdire. Voile, interdits alimentaires, circoncision, fêtes immondes célébrant des meurtres d'enfants ou pire leurs rétractations (le "enfin" qui l'accompagne en montre d'autant plus l'abomination), sans parler des sacrifices d'animaux qui loin de souiller les baignoires, irritent surtout le bon sens. Je veux des lois qui empêchent ces horreurs.

    Mais parlons du fait même du voyage, du déracinement. Ainsi donc, né en Afrique, on souhaite changer d'air ? 

    Pourquoi exactement ? Après tout, le continent en question, vaste géographiquement, habité de longue date, qui fut pour certains occidentaux (au siècle dernier) l'image même de l'aventure, devrait stimuler l'imaginaire de ses natifs. Et bien non. L'appel de la chaussure de tennis, de la casquette rigide, du short en soie est plus fort: c'est le nord qui va à mon imaginaire. A moins que ce ne soit la faim, l'ignoble faim du surnuméraire termite, rassemblé en ban et qui va là où on donne de la graine, tel le pigeon. Nul projet, nulle envie, seulement la faim, l'ignoble faim de la vie, qui n'est causée que d'antibiotiques délivrés à tort par des inconséquents. 

    Et bien je ne respecte rien de cette faim là: elle me révulse, me dégoute et me donne envie de la rejeter voire pire. Car le problème est bien celui de la démographie: comment libérer ces pauvres femmes de l'obligation de faire plus de 2.0 enfants dans toute leur vie ? Et bien cela sera une politique, bientôt. Car elle se doivent enfin de peupler les terres où elles naissent et pas les autres où le désespoir qu'elles engendrent ne peut que se tourner. Qu'ont elles fait des médicaments qui leur sauvent la vie à la naissance de leur premier nés ? Des surnuméraires, que leur mères ne faisaient pas, et qu'elles produisent telle les machines qu'elles sont devenues. Il faut que cela s'arrête ! 

    Cri de haine à interdire ma protestation ? Elle est celle de beaucoup, elle est celle de l'évidence. A rebours de l'actualité. A rebours des sentimentalités ignobles qui gonflent le moralisme moderne que je refuse. 

    Je ne suis qu'un sale Réac. 

    Un interview sur youtube d'un vieil algérien, exprimant son mépris souverain pour ceux qui partent en Europe. Exprimant avec racisme sa détestation des Français colonialistes et sa haine pour les jeunes dénaturés qui ne veulent vivre que comme eux.

    Et bien il est l'image même de ce que je respecte et de ce que je recommande d'imiter: la sagesse des nations, la fierté des pays, ce qui fait les vieux cons, les sales réacs, plein de l'honneur des peuples qui se respectent car maitres de de leur cultures, de leur choix, de leur destin, de leur bon sens, de leur liberté. Qu'ils oppriment et massacrent ceux qui leur déplaisent, quand ils le font c'est chez eux et c'est leur droit car c'est eux que cela concerne. Leurs gamins en trop, ils se les gardent (ou ils le devraient) ou ils les avortent (ou il le devraient). 

    Ce sont les sales Réacs. 

     

     P.S En l'absence de commentaires. 

    Nous sommes le 21 Juin 2015. Après un long interview de Florient Philippot, Serge Moati, organisateur de la cérémonie au Panthéon de Mitterand, illustre interviewer des franges sombres de la société Française, évoque un sujet clivant pour stimuler la discussion, devenue trop technocratique. Il parle donc des migrants qui arrivent, et donc, du "cimetière marin" qu'est devenue la méditerranée. J'ai ressenti alors une violente bouffée agressive. Je ne suis qu'un sale réac.  

     

  • Heidegger

    Un spectacle télévisuel inouï (à mon sens) est en ligne: il s'agit des vidéos du colloque "Heidegger et les juifs", qui s'est tenu à la BNF et au centre culturel Irlandais du 22 au 25 Janvier 2015. 

    Les vidéos sont disponibles sur Dailymotion, mise en ligne par  la revue "la règle du jeu" fondée par Bernard Henry Levy. La plus importante, sans doute, celle de Peter Trawny:

    http://laregledujeu.org/2015/03/03/19502/heidegger-et-les-juifs-la-conference-de-peter-trawny-en-video/

    auteur de http://www.seuil.com/livre-9782021182552.htm consacré aux fameux «Cahiers noirs» («Schwartzen Hefte») de Heidegger, récemment publiés et révélant un antisémitisme dont la nature reste problématique de la part d'un philosophe de cette importance. 

    Les tons, les accents, les attitudes, les mains tremblantes des orateurs lisant des feuilles de papier tournées nerveusement, font des interventions les scènes d'une pièce de théâtre fascinante et exceptionnelle. Qui plus est la manière dont les désaccords sont exprimés n'est pas commune: des divergences complètes sont exprimées calmement dans le cadre de prétentions philosophiques absolument inouïes: l'être du monde, l'histoire de l'être, l'être lui même sont évoqués, et flottent dans l'air, crevant l'écran. 

    Bien sur, certaines interventions sont un peu moins prenantes, mais globalement le spectacle (...) est absolument fascinant.

    En gros, il parait difficile de soutenir (même si cela est tenté par des intervenants calmes et courageux) que Heidegger ne fut pas nazi. On pourrait dire qu'il fut "ultra nazi" (au sens de "ultra violet") même si il fut finalement déçu par la tentative nazie de modifier la trame même de l'histoire, ce qui l'innocente d'une certaine manière, car les choses auraient pu être pires. 

    Ainsi, il ne participa pas vraiment à la fête, n'y fut pas convié et ne fut pas cité (il fallut attendre pour cela les intellectuels Français de la seconde partie du siècle, à son grand dam, d'ailleurs). On verra avec les publications prochaines du reste de ses écrits à quel point il le regretta. 

    Mais l'essentiel est ailleurs: il inventa un "post religieux" basé sur la manipulation du langage qui fascina le siècle. Plus que tout il est donc l'antithèse absolue à poursuivre éternellement: peut être la dernière tentative de l'humanité à fonder un ordre surnaturel. La fin de l'histoire de l'Etre, cette chose horrible, que, et c'était pourtant l'interdiction de la déesse de Parménide, il tenta de soustraire au principe de contradiction. 

    A ce propos, il convient de laisser tout de même la place à la philosophie en faisant fête à Barbara Cassin, qui connut Heidegger, et présente ici justement le texte de Parménide: 

    http://books.openedition.org/cdf/1449?lang=fr

    A ce propos, Hadrien Laroche (http://www.dailymotion.com/video/x2j7x7w_colloque-heidegger-et-les-juifs-hadrien-laroche_creation) fut un intervenant qui infligea, non pas le bruit des feuilles tournées, mais le dos marqué par une pomme de l'ordinateur qu'il utilisait plutôt. Il est vrai que, sportivement, il mentionna que Heidegger condamna en son temps explicitement la machine à écrire, et ce justement dans son cours sur Parménide, dispensé durant l'hiver 42-43, pendant la bataille de Stalingrad. 

    La question de la vérité est ainsi centrale (les arguties sur la notion d'aletheia sont sans fin, tu parles) et nous concernent tous, et pour toujours. Heidegger fut l'un de ceux qui sur ces questions, prirent position. 

    Il fut ainsi un grand contempteur de la technique, de la cybernétique et de la science, au point d'ailleurs que ses projets en furent victimes et c'est l'une des leçons de cette époque là. Alors qu'un deuxième round de ce match est en cours, il convient ainsi de s'en souvenir. 

    Pourtant, l'histoire quoique tragique, n'est pas finie, et nous réserve, forcément, des surprises. En gros, et c'est ce que j'en retiens, le questionnement philosophique reste et doit rester toujours "ouvert", et il se trouve, que oui, cela est sans doute le testament de Heidegger. 

    (pas mal non?) 

  • Les frères

    Il faut se préparer à une évolution des discours publics (mais pas de tous) au sujet de la présence en Europe d'un grand nombre de personnes d'origines Africaines ou moyen orientales, et marqués à divers degrés par la culture musulmane. 

    Cette évolution devrait accompagner, celle récente, d'un certains nombre de pays du monde au sujet d'une composante importante de ce que l'on appelle l'islamisme en général, et qui est la confrérie des "frères musulmans". 

    Ensemble idéologique et politique transnational, à l'origine égyptien, la confrérie, qui n'est pas en elle même dotée d'une organisation centralisée, est connue pour influencer ou plutôt être soutenue par des organisation aussi dissemblables que l'UOIF Française (dont est membre un Imam Français respecté, Tarek Obrou), le Hamas palestinien, et bien sur l'organisation des Frères Musulmans en Egypte, brièvement au pouvoir avant un coup d'état militaire qui prononça la condamnation à mort de centaines de ses membres. On doit également mentionner le président de l''Association internationale des savants musulmans", Youssef Al Qaradawi, citoyen Qatari, prédicateur sur Al Jazeera, personnage clivant bien connu. Qaradawi est par ailleurs actif en Europe, où il préside (d'où?) Le "Conseil européen pour la fatwa et la recherche". 

    Quels sont les rapports entre AlQuaradawi et Tareq Ramadan? La question est intéressante, et il faut bien reconnaitre que Ramadan à  part des allusions et des connivences géographiques n'est pas explicitement rattaché au personnage ni à la confrérie. Il a néanmoins des rapports qui ne sont pas hostiles avec l'éminent religieux Qatari. Ramadan est depuis peu (2012) directeur du "Centre de Recherche Islamique sur la législation et l'éthique", basé à Doha (Qatar). On le qualifie ainsi de "proche" de ce milieu et il parait difficile de soutenir qu'il en est l'adversaire idéologique. Au minimum un compagnon de route, dans le sens classique du terme. 

    Le Qatar, publiquement soutien ces dernières années de la confrérie, est fortement battu en brèche par la défaveur récente de la confrérie dans le monde arabe. La récente classification comme "terroriste" (en Novembre 2014) par les Emirats Arabes Unis des associations liées aux frères (dont d'ailleurs UOIF Française) en est la marque. S'agirait de la résistance des pétro-monarchies à une idéologie, pourtant soutenue par l'une d'entre elles, qui pourrait remettre en cause leur autorité ? Intéressante question.

    Un pan de la nébuleuse "islami(que,iste) se trouve donc identifiée, et les noms de Marwan Mohammed,  Nabil Ennasri, et bien sur Tariq Ramadan y sont associés. 

    Nabil Ennasri est un jeune intervenant fréquemment invité pour parler (et défendre) le Qatar. Il est financé par l'Emirat et exprime des points de vues nuancés, très nuancés avec une grande prudence. 

    Marwan Mohammed, du CNRS, l'un des concepteurs de l'Islamophobie, le sabre laser idéologique d'un mouvement d'opinion dont on peut saisir clairement les contours maintenant. On ne saurait être jamais assez reconnaissant à Caroline Fourest d'avoir identifié la lumière verte et de lui avoir magnifiquement résisté. La condamnation et la manipulation médiatique de la chose ainsi nommée est clairement une habileté, rendre illégale les opinions de son adversaire étant évidemment une stratégie. 

    De quoi s'agit il? Non pas d'un complot, car tout cela est en fait parfaitement public, même si encore un peu obscur, mais d'une cohérente vision du monde, visant à instaurer un communautariste religieux en Europe en prenant le contrôle d'une partie de l'immigration de culture musulmane. 

    Ce qu'il y a d'intéressant dans ce mouvement multiforme, c'est sa similarité avec le bien connu communisme, qui fut finalement mis à bas il y a 30 ans: même entrisme, même hypocrisie, même soin des banlieues et du peuple, même idéologie autoritaire et religieuse. Ce bien connu là devrait permettre à l'Occident de s'en débarrasser. Simplement cela pourrait lui prendre un peu de temps. 

    Pour finir, il est vrai que M. Ramadan a trouvé plus "à droite" que lui, voir http://la-verite-sur-tariq-ramadan.over-blog.com.  On a les adversaires qu'on mérite et ceux là sont particulièrement saignants. Leur présence excuse en partie la prudence du prédicateur qui a sans aucun doute des préoccupations que nous n'avons pas: tous ces gens là sont très loin de nous, c'est assez clair.    

  • Lettre à la république

    Kery James est un rappeur originaire de Gouadeloupe, dont le vrai nom est Alix Mathurin. 

    Il est converti à l'Islam, et semble manifester une identité mixte, influencée par l'Afrique. 

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Kery_James

    Une oeuvre récente, parue en 2013, est la relativement connue "Lettre à la République". 

    http://genius.com/Kery-james-lettre-a-la-republique-lyrics 

    Le propos est intéressant et comme beaucoup d'oeuvres issues du monde du rap, du moins tel que je perçois, particulièrement poivré. 

    Il traduit, en gros, une volonté critique de la société exprimant un point de vue extérieur peu souvent affirmé avec cette force sur les médias Français. 

    A noter le contraste ré-affirmé entre nous et vous manifestant une solidarité incontestable avec la République citée dans le titre. Le vers: Que personne ne s'étonne si demain ça finit par péter exprime sincèrement en apparence une volonté claire de rompre avec le passé. 

     

    Pourtant Kery James, bien que manifestant clairement son adhésion à l'esthétique rap, fut l'auteur de chansons finalement assez tendres, par exemple:

      http://www.rap2france.com/paroles/kery-james-love-music.html

    Je maintiens par contre, pour l'essentiel de l'oeuvre, le poivre.

     

    Bon, pour me détendre, je me passe un disque: 

    http://open.spotify.com/track/5cgfva649kw89xznFpWCFd  (Nouvelle Vague)

    Il s'agit de "too drunk to fuck", un titre adapté des "Dead Kennedys"

    http://www.azlyrics.com/lyrics/deadkennedys/toodrunktofuck.html

     

    On peut aussi écouter avec profit: 

    http://open.spotify.com/track/5mJ5nPfIEOWxKrsCjYS9Kv (Alternative Electro Hits)

    http://open.spotify.com/track/7dQpdB48B0FlPjbmnJ0aIo (Los coronas)

    http://open.spotify.com/track/2IqtZoh1OyAFf1YSSb9iUs  (Arizona Baby)

    https://play.spotify.com/album/70gbLUp3sD17cvwColbAWE/4Z1Py5UCvSLtLgoauEMBng (Dead Kennedys)

     

     

     

     

     

  • La sémiotique de Peirce

    Il s'agit ici de classifier le significatif, en Français, avec des mots. 

    http://www.signosemio.com/peirce/semiotique.asp

    Le théoricien dont on reprend les classifications est américain : Charles Peirce. (prononcez "perce").

    D'abord le monde est trine, c'est à dire ternaire: tout est trois. 

    1) La sémiotique est formée de 3 "fonctions": le signe, l'objet et le signifiant. 

    ici signifiant = representamen (désolé), le signifiant interprète, agit, et se trouve être lui même un signe, qui reproduit la danse éternelle de la semiosis, ad infinitum. 

    2) Chaque signe peut se manifester de 3 manières, comme qualité, évènement, ou convention. 

    Peirce dirait comme qualisigne, sinsigne ou légisigne.

    3) Le signe peut renvoyer à l'objet de plusieurs manières, comme une icône, un index ou un symbole.

    4) Chaque signifiant peut être une variable, une proposition ou un argument. 

    Peirce dirait un rhème, un dicsigne ou un argument. 

    5) A partir de là, toute les expressions significatives se trouvent classifiées. Une signification se trouvant formée d'une sorte de signe, d'une sorte de renvoi à l'objet et d'une sorte de signifiant.

    En vertu de la hiérarchie des ternarités, le troisième se trouvant supérieur au second et lui même au premier, et comme toute signification comme signe, objet et signifiant se trouve ainsi classée, on ne trouvera de signification que comme objet d'arité inférieure à son signe, et de signifiant que d'arité inférieure à son objet.

    Ce qui nous fait seulement 10 significations: 

    1) qualité, icone, variable : un sentiment vague 

    2) évènement, icone, variable : une figurine 

    3) évènement, index, variable : un cri 

    4) évènement, index, proposition : l'orientation d'une girouette  

    5) convention, icone, variable : une onomatopée "cocorico"

    6) convention, index, variable : un désignateur  "ceci"

    7) convention, index, proposition: un feu rouge (il y a une condition)

    8) convention, symbole, variable: un nom commun "pomme"

    9) convention, symbole, proposition : une proposition "il pleut"

    10) convention , symbole, argument : une demande de fermer la fenêtre "il fait froid"

     

    6) Continuons: 

    Il y a les indices, les icônes et les symboles.

    Les indices appartiennent au monde, alors que le icônes lui sont rajoutées.

    Les icônes ont un lien de ressemblance avec l'objet, alors que les symboles selon Pierce expriment une convention sociale, l'exemple type étant la balance qui symbolise la justice. 

    Le symbole: un signe qui renvoie à l’objet qu’il dénote en vertu d’une loi, d’ordinaire une association d’idées générales, qui détermine l’interprétation du symbole par référence à cet objet. 

  • Le Symbolique

    Je sens que je vais me dissiper sur les conceptions du monde. Aujourd'hui le "Symbolique". 

    Bon il s'agit d'un résumé de bricolages intellectuels issu du désordre de mes lectures, mais au moins je dis ce que je pense et puis avant de les comprendre, il convient de savoir que certaines choses existent, tout simplement. 

    On reconnait au symbole le caractère étymologique d'être formé des deux parties d'un objet plat déchiré dont on peut vérifier après leur séparation qu'ils coincident, ce qui est une forme d'authentification. 

    On peut aussi reconnaitre au symbole d'être par définition, un signe particulier dont le caractère est d'être dans un rapport de ressemblance conventionnelle avec son signifié. La balance est ainsi un symbole de la Justice. 

    On appelle "ordre symbolique" le domaine de pensée ou se régissent les certitudes communes à tous, par opposition à l'ordre imaginaire où ne se manifestent que les arbitraires liés à un individu.

    L'ordre symbolique fut théorisé par la psychanalyse de Lacan, et évoque explicitement la nécessaire domination de la paternité mâle, ce qui vexa les féministes; le discours moderne déconsidérant maintenant absolument de telles conceptions. 

    A partir de là on tout ce qu'il faut pour élaborer des discours variés et en tirer des conclusions tout aussi variées. Allons y.

    Car il s'agit pour moi d'essayer d'y voir clair dans ce que j'appellerais le "symbolique", un mode d'expression qui soutient la parole publique, parole qui se veut à la fois publicitaire et politique, vendeuse et dotée d'autorité. Il se veut aussi amoureux et familial dans l'espace privé et bien sur actif dans l'espace religieux, à la frontière du privé et du public. 

    D'abord ce mode d'expression est particulier. Il ne conduit pas à une parole "normale" en ce qu'il est un discours actif devant produire des effets particuliers lié à la collectivité. Il ne s'agit pas, pas du tout, de dire "passe moi le sel". 

    Reconnaitre l'existence, et l'importance, de ce mode est ainsi absolument important: l'ignorer c'est se mutiler, c'est réfléchir à coté de la vie. Il est une partie du monde, s'y frotter fait partie de toutes le vies (etc, etc).

    Le monde moderne a clairement un problème avec le symbolique. Mieux que ça, son histoire est celle du combat contre toutes ses manifestations. Ce qu'on appelle l'émancipation moderne est le processus de sa destruction systématique. Royauté, Religion, Société, Morale, tout fut mis en oeuvre pour ruiner toutes les paroles de soutien à "l'ordre établi". Le processus, bien que n'ayant pas de fin, a produit des effets négatifs sensibles et et qui peuvent encore s'accentuer, ceci au détriment de la société dans son ensemble et c'est là le problème. 

    D'abord il faut bien voir que le phénomène est peu ou prou à l'origine de ce qu'on appelle la civilisation occidentale, entièrement occupée à se détruire elle même, cela depuis les guerres de religion du XVIème et XVII ème siècle puis par tout le reste de ce qui a constitué la "modernité". Cette destruction fut éminemment positive en ce qu'elle a généré précisément ce que nous sommes, et qui a tout de même bien des avantages sur ses points de départ, ruraux, superstitieux, soumis aux famines et aux guerres destructrices.

    Ensuite qu'il s'est accéléré récemment, pour tout dire après la seconde guerre mondiale en Europe, qui a introduit une étape nouvelle dans l'émancipation heureuse de l'humanité de ses croyances antérieures. Heureuse car elle fut celle du plaisir de vivre pour lui même, et cela comme jamais dans l'histoire et surtout comme jamais avant dans l'histoire de l'abandon des religions traditionnelles catholique et protestante et il faut bien le dire juive, le fameux "retour du religieux" n'étant qu'un dernier prurit de quantité négligeable, malgré tout le bruit qu'on voudrait qu'il fasse. 

    Cette perte et oubli du mode religieux de l'expression a pourtant un coté préoccupant: il conduit à l'ignorance totale par la société du mode d'expression symbolique et ou à sa manipulation désordonnée inconséquente et  dangereuse. 

    Bien sur, il y eut les manipulations fascistes et communistes, successeurs auto proclamés au christianisme du début du siècle. Parfaitement pathologiques, elle furent crues et suscitèrent des fois extraordinaires qui soulevèrent des montagnes et tuèrent des millions d'hommes. Cependant, elles ne furent que des religions et le symbolique qu'elles exprimèrent suscita un tel dégout que pour sur, jamais plus l'humanité ne se livrera à de telles horreurs. Car la religion est la première source de la violence généralisée et jamais la preuve n'en fut administrée à ce point. Les symboliques en général furent ainsi victimes de cette guerre là, difficile de le nier. 

    Ainsi donc, nous en avons trop fait, au point de devenir ignorant en apparence d'une composante importante de l'humanité, et cela malgré tous les savoirs que nous avons accumulé. Bien sur, l'information existe et le prodigieux pouvoir de renouvellement dont nous disposons nous le fera réaliser, mais il faut tout de même s'en mêler, les choses ne se faisant jamais toutes seules. 

    Cet abandon fait souffrir. Le désarroi est fréquent, global, visible, ses symptômes nombreux. Partout des ratés, des couacs, des désespoirs. Un président rejeté par 80% de la population après deux ans de pouvoir, des discours publics méprisables et méprisés, une méfiance, un pessimisme généralisé. Bref, la parole publique est devenue impossible, ou bien n'est qu'une parole de détestation, de dénonciation, de moquerie, de défiance. Le Symbolique manque, il est ce qui manque, précisément. Quel est il ?   

    D'abord le symbolique n'est pas QUE religieux. C'est la première thèse. Toute tentative d'associer à sa défense une volonté de recréation du spirituel, d'invocation de surnaturel ou de redécouverte de traditions immémoriales est possible certes mais ne peut jamais lui être exclusif. Il y a "autre chose" (que le religieux).

    Il faut donc qu'un autre support d'expression le fasse manifester et il est celui précisément que le religieux a abandonné sous nos yeux, à la fois à raison et à tort. Il s'agit du national et du familial, ce qui est à la base de la formation des sociétés. A raison, car le religieux ne peut soutenir l'Etat démocratique sa police et son armée, à tort (pour lui) car le religieux comme contrôle de la formation du social n'a maintenant plus sa place dans nos sociétés. 

    La tentative de l'être suprême de la révolution ayant échoué, l'Etat se doit donc de symboliser hors du religieux. Il le peut, car sa nécessité et le respect qu'on doit lui porter a une évidence que personne ne nie, mais pour que le symbolique fonctionne il doit se débarrasser de toute indirection et donc de tout espèce de religiosité.

    La deuxième thèse sera donc claire: l'Etat moderne doit proscrire dans le symbolique toute relation à ce qu'on appelle les "valeurs" et devenir enfin athée au sens plein, de façon à ne respecter que ce qui est le bien commun nécessaire, laissant le peuple en charge de sa conduite morale libre, comme le veut l'évolution visible de l'humanité. 

    Qu'est ce que la morale ? Elle est ce qui conduit l'humain sur la voie de la pureté personnelle. Or l'Etat n'a que faire de cette pureté là. Il doit régler la prolongation de la vie collective, la propreté des rues et la défaite sanglante des ennemis de la République. L'Etat EST impur et doit se salir avec les avortements, les expulsions du territoire, l'autorisation de la pornographie, du rap et du blasphème et aussi la condamnation à de longues peines de prison.  

    Sous quelles forme cette abandon du "moral" doit elle se faire ? Et bien sous la forme de la loi, mais de la loi bien comprise. Il y a des débats à avoir ici. Par exemple, le voile islamique doit il être proscrit par l'Etat dans le domaine public car il est un symbolique polluant, ou bien autorisé et protégé comme expression de la liberté morale individuelle ? Les deux faces du libéralisme contemporain peuvent se manifester ici.

    Pour ma part, je veux et propose la première solution: l'Etat doit être jaloux et doit refuser d'être mis en concurrence avec des formes dégénérées ou antérieures de l'état social à maintenir entre les hommes. Le spirituel ne peut être que strictement privé et ne peut avoir, hors le festif particuliariste aux frais de ses adeptes, aucune espèce de reconnaissance symbolique publique effective. 

    Cette position est une forme dure de la laïcité, beaucoup plus dure que celle de la laïcité  franc maçonne du début du siècle qui voulait en faire une forme religieuse "avancée". Je souhaite la disparition complète de la référence au religieux sous toutes ses formes. Par religieux j'entends toute croyance à des valeurs variées susceptible d'interprétations divergentes par les êtres libres qui constituent la Nation. 

    Par exemple, la visite en quippa dans une synagogue par un président de la République en exercice, l'enseignement du fait religieux dans les écoles, la prise en charge de l'égalité des sexes par l'école, la répression des opinions par des lois mémorielles, le port du voile dans des lieux financés par l'Etat tels que les universités, l'organisation de la formation des imams, le financement indirect de la construction de lieux de culte. Vous en voulez d'autres ? L'interdiction de fumer dans les lieux publics, le mariage avec réduction d'impôt de personnes évidemment stériles, le droit à l'enfant technique hors de prix au frais de la collectivité, le droit aux soins médicaux et transport gratuits aux étrangers en situation irrégulière, la création d'emplois municipaux pour assurer la paix sociale, le jour de carence des fonctionnaires, la notion de solidarité sans limite qui justifie une imposition désespérante, etc etc. 

    Pour faire court: le socialisme moralisateur est porteur d'une forme dégénérée de religion particulièrement odieuse et pénible, je dirais vomitive: une bigoterie insupportable, celle du sentimentalisme suicidaire, du principe de précaution délirant. Une religion du Pérou: des plumes, et des rites absurdes, qui font lever les yeux au ciel de tout le monde, y compris, c'est un comble, des croyants qui la croient nécessaire ! 

    Et bien cette nouvelle et maintenant nécessaire notion d'obligation d'une forme absolument privée de la religion est, oui, en contradiction avec celui des populations adeptes de l'Islam qui se sont installées en Europe récemment. Et bien ma proposition consiste effectivement, et il faudra en prendre le risque, à les obliger tous à changer de conception quand à l'espace public commun. Car cet espace commun doit être libéré de ce qui fâche pour être mieux consacré à l'exercice des libertés. Libertés qui sont tout sauf les manifestations collectives identitaires d'appartenance à des communautés, assimilées à des manifestations ou à du festif et donc strictement réglementées. 

    Le religieux, par ce que particulier et donc différent du mode de vie de la totalité de la Nation, n'a rien à voir avec la Nation et doit être privatisé, je dirais absolument. C'est la condition nécessaire de l'exercice des libertés par tous. Le monopole de la violence doit rester à l'Etat: celui ci doit maintenir la paix civile et ne pas intervenir dans un quelconque débat de valeurs. 

    En échange de ce qu'il faudra bien appeler une mutilation, et bien la Nation doit elle aussi se transformer: les références morales, substitut honteux du religieux qui polluent l'esprit des malheureux désaxés de gauche, de ceux qui se prétendent "à gauche", devront se taire: ce sera un prix à payer pour certains et nous en serons débarrassés.

    Car le ouf de soulagement qui suivit la mort du dernier catholique sentencieux, obsédé de son salut, des ses travers sexuels, sera redoublé à la mort du dernier socialiste quand disparaitra à jamais la transmission de la conscience du prolétariat exploité et la volonté de guider les hommes dans une mauvaise foi. 

    On parle ici de "sexuel": il y a quelque chose de sexuel dans les représentations publiques de la religion, d'ailleurs maintenant manifestes: qui parle de ses orgasmes ?  Qui parle de ses extases ? De l'impureté de telle ou telle pratique ? Car si ces significations qui s'expriment dans l'art et la culture en général, et qui peuvent à l'occasion se montrer en public à telle ou telle occasion, n'ont pas à intervenir dans la gestion du symbolique par l'Etat: point d'évocation d'actes sexuels pendant les minutes de silence par exemple.

    Car la femme voilée est, à proprement parler, obscène pour certains, et la viande hallal n'est ni plus ni moins qu'un accessoire de bain, possible, mais dont on ne peut parler que de manière gênée. 

    La vérité est que les costumes en général, qu'il soient de tissu ou de moeurs, sont des marqueurs d'unité et ne peuvent se juxtaposer avec d'autres, par définition.

    On peut en considérer la diversité de plusieurs manières: d'abord comme marque de soumission: la présence de chefs tribaux en chèche lors des 14 juillets montre bien la défaite militaire qu'il ont subi dans le passé et il en font ainsi la représentation pour l'édification des contribuables. Ou bien comme marque de respect quand à leur vaillance lors de la fameuse défaite en question. Un pis aller, dirais-je.

    Ou bien comme une marque que la défaite ne fut pas totale, et qu'on leur a laissé du pouvoir. Ils figurent alors comme traitres et collaborateurs , administrateurs suivant leur lois de populations dotés de droits différents. Nous y sommes, cela s'appelle le communautarisme colonial et cela doit être absolument exclu. 

    Ainsi donc, la République ne peut souffrir aucune espèce de marque vestimentaire ou symbolique d'une concurrence quand à la gestion de l'Etat: pas d'examinateur de la pureté d'un abattage, et pour tout dire pas d'abattage rituel institutionnalisé; pas de certificat médical de virginité, pas de diplôme de prêtre. 

    Pour finir, je propose d'en revenir strictement à ce qui est le symbolique possible, respectable et respecté et qui est manifesté aussi par tous les cultes, ce qui en fait malgré tout la dignité, malgré leurs autres prétentions.

    Les questions de la naissance, et de la mort, celle de la souffrance et aussi de la violence nécessaire. Celles du respect silencieux, hors toute interprétation, sacrifice, célébration, ou sermon. L'Etat peut et doit assumer cela, d'une manière respectueuse de la vraie humanité, débarrassée symboliquement des particularismes qui la séparent, et donc véritablement universelle.  

    Cette modernité là est devant nous et reste à faire.  

  • Sir Tariq

    Tariq Ramadan se décode. C'en est même un plaisir. A l'heure où le monde entier bruit du Houellebecque, il convient de demander son avis à l'indigène. C'est fait. 

    http://www.lepoint.fr/societe/tariq-ramadan-houellebecq-est-au-roman-ce-que-zemmour-est-a-l-essai-06-01-2015-1894441_23.php

    Décodons, donc. 

    D'abord il a clairement ici un discours "dominant" qui juge, classifie et démonte ses adversaires. 

    Rien à voir avec le discours humble d'un étranger (il n'est pas citoyen Français, mais Suisse) qui plus est minoritaire culturellement. Au contraire, on juge et déconsidère en une seule phrase deux succès de librairie Français récents. Dont acte, le monsieur est ici chez lui. 

    D'abord une erreur: les musulmans ne sont pas, justement, dans les zones "péri-urbaines" (en fait "sub-urbaines") qui abritent ceux qui ont précisément fui les "banlieues" pour cette raison. 

    Cette conquête, aussi, des zones d'évasion est inquiétante. C'est le but: inquiéter.

    Ensuite, le souhait de prendre garde à la  "stigmatisation car on va s'aliéner une partie de la population" est délicieusement ambigu: stigmatiser qui ? les racistes ou les musulmans ? C'est une figure que de désigner simultanément soi et les autres en position désavantageuse, soi pour se faire plaindre, les autres pour les mépriser.

    Ainsi donc "la soumission" est un "don de soi". Que l'on puisse, car occidental, ne pas souhaiter donner de soi à quoique ce soit, ne doit pas passer par l'esprit, du moins du sien. Surtout qu'immédiatement après, ce "don" devient une "libération", ce qui , à strictement parler le contraire radical de l'acception généralement admise, et qu'il convient, nous sommes entre intellectuels, de déconstruire. 

    Vous remarquerez ainsi la figure dite du "petit pont" qui permet, c'est magique, de passer de la "soumission" à la "libération" en passant par le "don". Une pure merveille, que dis je une escarboucle. Bravo ! 

    Nous terminerons par la crux de la démonstration, le fait que "en occident", les "femmes musulmanes" mieux formées que les hommes (de toutes les obédiances) mettent à mal (pincez moi) le modèle patriarcal (de toute obédiance), du fait du manque d'hommes à leur portée intellectuelle. Une telle revendication de la nécessité de la polygamie, à son seul avantage,  mérite un premier prix: mesdames,  voici Sardanapale ! 

    Au final on fera remarquer un manque patent d'empathie pour ses hôtes, doublement étrangers, doublement méprisés donc. Cela se voit. 

    Ce manque fut similaire à celui remarqué à la télévision (nous sommes le 6 Janvier 2015) quand le brillantissime Ali Badou, ex compagnon de la fille de Mitterand à sa mort, péta les plombs en direct en se déclarant blessé par l'ignoble bouquin du déconnant édenté: son intelligence d'agrégé de philosophie (d'après wikipédia) ne lui permet pas, donc, de percevoir les sentiments communs de ses compatriotes. 

    Que dire alors d'un Suisse! Nous sommes donc dans l'incommunicable... 

    Pour préciser, au sujet des sentiments communs: l'image publique de tout ce qui rattache à l'Islam, sa religion, ses traditions, ses croyances, ses modes de vies, ses pratiques, son identité, ses traditions, est absolument catastrophique. Un désastre absolu et irrémédiable, et pour longtemps. Ne pas le considérer, le comprendre, l'admettre, le prendre en compte est de l'aveuglement, de l'étrangeté, de la bizarrerie, de l'ignorance, voire de la bêtise.

    De la part de représentants éminents d'origine ou de culture musulmane, c'est ne pas pratiquer ni comprendre du tout une vertu toute chrétienne, qui n'est pas la soumission, mais l'humilité.  

    Car quelque soit la bonhommie évidente de commerçants ouverts le soir et de tous les braves gens que nous pouvons côtoyer, nous ne pouvons nous empêcher, nous le peuple, malgré notre culture, malgré notre tolérance, malgré notre christianisme résiduel, de soupirer, de gémir, de maugréer, de ronchonner et pour finir de juger sans parler des décisions à venir. 

    Plus que jamais, l'incompréhension, le manque d'humour, la distance infranchissable, sépare les hommes. Cela est il du à la bêtise de certains ? A l'habileté d'autres ? 

    P.S. Pourquoi "soeur" Tariq ? Parce qu'il n'est pas mon frère ! 

  • Penser avec son C.

    La trêve des confiseurs est commentée par une éminente et influente journaliste, Natacha Polony, dans une chronique de fin d'année qui fait office de synthèse, et qui prépare l'avenir. 

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/12/26/31003-20141226ARTFIG00304-natacha-polony-le-ps-est-desormais-liberal-sans-aucune-ambiguite.php

    Son titre, les points qu'elle aborde, les jugements qu'elle porte et ses conclusions sont en radical désaccord avec le bon sens, l'examen de l'actualité, la nature des choses et de la réalité au point de confiner au surréalisme: comment peut on à ce point se fourvoyer ? D'où mon titre. Quand on pense avec son con, on est une conne. CQFD. 

    Le cadre général est celui posé dans les années 91 puis 2000 par Jean Pierre Chevènement: la dissidence droitière de la gauche en décomposition. Elle en vient, et cela éclaire tous ses choix. 

    Marxiste, c'est le moins qu'on puisse dire, fondateur du CERES, rallié à Mitterand au point pratiquement d'en avoir fait ce qu'il fut finalement, merci encore, il est aujourd'hui la référence réactionnaire du sentiment de gauche à la Française, variante odorante de son pourrissement. 

    Pour ma part, j'ai toujours éprouvé une répulsion physique pour le personnage: ses manières, ses attitudes, ses gestes, sa prononciation m'ont toujours révulsé au sens vomitif du terme. Comment se comporter de la sorte ? Comment supporter des leçons prétentieuses de la part d'un tel reptile, gluant et efféminé ? Comment accepter qu'un tel ministre, démissionnaire en pleine guerre, puisse se prévaloir d'autre chose que de sa trahison, de sa mauvaise foi et de la fausseté de ses jugements ? Un mauvais homme, vous dis je, tout entier dans sa dramatique fausseté, physique et morale. Un lémure, une murène. 

    On y a va donc pour l'article de la jeune mère, prolifique en tout. 

    1) La course folle de l'actualité: serait ce sa jeunesse, son inconséquence ou sa bêtise ? Le sentiment du temps qui passe a donc fini par l'atteindre. Le début de sa déchéance, l'enfant qu'elle eut en 2013 étant son dernier. 

    Merci donc en tout cas pour cette remarque éclairante, ma pensée rêveuse avait besoin de s'orienter...

    2) La destruction de l'agriculture Française avec la ferme des milles vaches. Là encore, l'émotion agricole suscité par un prolifique aussi anormal fait sourire. L'histoire de l'entrepreneur qui voulut contre les conservatismes faire en France ce qui se fait  ailleurs en Europe est pourtant publique: y a t-elle eu accès ? Merci pour l'éclairante comparaison avec les camps de concentration dénoncés aussi, avec raison, par Alain Finkelkraut, cela arrache la conviction, les organes en fonction pour l'occasion étant clairement en dessous de l'oesophage.

    3) Le discours transhumaniste. Caractérisé, selon elle, la sonde Rosetta l'ayant montré, par l'impie volonté de chercher dans le système solaire les ressources que nous n'avons pas su préserver, il est donc condamnable. Qu'au passage, on veuille aller sur Mars, voilà qui est bien sur délirant: on ne nous la fait pas à nous. Bref, aucun rapport ni avec le transhumanisme, ni avec quoique soit d'autre d'ailleurs. Bien que l'influence des nanotechnologies redoutées dans "la transformation, que dis-je, de la négation", de l'humanité soit source d'interrogation, pour le moins, l'informatique et la génétique elles, sont surement de la partie. Ce fut donc un phénomène fondamental de l'année. Le fondement, vous dis je.

    Pardon de cette ironie mais voilà discrédité par un personnage de manga, l'ensemble de l'activité scientifique et technique de pointe qui normalement fait vibrer les personnes éduquées du monde, du moins celles qui ne se contentèrent pas de faire de la poésie après leur bac. Autrement dit les robots. L'aspect biologique du reproche n'en est que plus piquant, on se croirait dans un parc à huitres. 

    4) L'affirmation d'un pole libéral comme évènement de l'année.

    Commencée par l'affirmation d'un "pacte", elle se termine par une "loi", avec une absence totale et absolue de quoique ce soit de libéral dans aucune décision du gouvernement, à moins que l'on considère bien sur que la libéralisation des autocars, qui doit rapporter 10 Milliards d'euros, que sais je moi, ne soit un marqueur libéral.

    Aucune réforme du marché du travail, aucune réduction de la dépense publique, aucun règlement de la question des retraites, aucune économie en matière sociale, sinon l'aggravation des situations dans chacun de ces domaines, pourtant chacun l'objet d'une recommandation particulière concernant l'amélioration (à rebours donc de leur aggravation) de leur situation respective par nos partenaire européens, à qui nous avons eu l'occasion plusieurs fois cette année d'annoncer notre déficit global, chaque fois aggravé, à rebours de nos engagement solennels. 

    Que très lucidement la dame perchlorée y voie, je cite "la convergence idéologique de ceux qui défendent la normalisation libérale de la France et son adaptation aux règles du libre-échangisme mondialisé. Autrement dit, on a le choix entre Coca-Cola et Coca-Cola" reste surprenant et laisse penser que l'évidence ne se trouve plus partagée dans notre monde, voire que certains, dont elle, ne disposent pas des mêmes organes de perception que les autres, d'où le titre. 

    5) Le reproche de la collusion paradoxale, voire contradictoire entre libéralisme économique et lutte pour les valeurs et le refus d'être associée injustement au Front National a un coté délicieusement naïf qui ravit. 

    Le FN fut en effet muet sur la manif pour tous, et sa collusion avec le FN est ainsi surtout économique, voir le point précédent. Car on ne voit pas bien quelles valeurs le FN défend, étant maintenant un repère d'homosexuels géré par un concubinage notoire multi-divorcé.

    Faut il aussi lui rappeler que les "morts aux juifs" entendus dans les rues de paris ne furent pas le fait de la manif pour tous, mais de militants pro palestiniens ? On a le droit d'être con-fuse, avant et après les bêtises que l'on peut proférer. 

    6) Au sujet de Zemmour. On note le partage qu'elle fait de ses "idées" économiques, toutes issues des fronts de gauche dont la dame ne se départ pas, europe et capitalisme financier étant ainsi décrit et justement dénoncés selon ses convictions. 

    Intéressant de voir qu'elle rejette le concept d'assimilation à la Zemmour, celui d'intégration étant selon elle bien suffisant. Cette nuance n'est pas idiote, au demeurant, pour une fois. A part que l'on parle beaucoup de l'échec de l'intégration, justement. Qu'en pense t-elle ? 

    Par contre, elle applique magnifiquement son sens de l'auto contradiction en affirmant  son désir de débattre alors qu'elle trouve certaines opinions inacceptables. Une manière féminine de parler fermement et subtilement, sans doute. Le titre s'applique.

    7) En conclusion, la France cherche sa souveraineté. Etrange idéologie, qui se décline même dans les manières de manger apparemment, son mari, critique gastronomique jouant sans doute un rôle important dans la formation de ses opinions. Délicate manière personnelle de se positionner en "souverainiste", la belle idéologie de son maitre à penser Chevènement dont elle semble s'être bien émancipée, ce qui la fait penser par elle même, d'où le titre. 

    Quand on pense qu'elle considère désormais Canal+ comme "une terre de mission". Etrange allusion à l'opération chirurgicale dont le maître ressucitat. Quel martyre faut il infliger à cette sainte nitouche pour satisfaire sa passion ?   

    Pour finir il faut donc bien admettre que sa conviction (le PS représente le libéralisme), exactement contraire à la réalité, et aussi toute pleine d'une position que ses talons doivent rendre bien difficile à maintenir, est particulièrement conne, d'où le titre.

     

  • FNPS le parti à (a)battre

    Il est d'évidence en cette sombre période, que la gauche, décrite mourante par son propre premier ministre, et qui bien que disposant encore d'une confortable majorité législative, régionale et départementale (à défaut de municipale, mais on ne peut pas retarder toutes les élections) a besoin d'alliés, pour le moins. 

    On connait la fameuse classification en 4 des politiques suivant les axes des libéralisme culturels et politiques, le libéralisme culturel étant appelé "libertaire". On connait la haine de Zemmour envers le "libéral libertaire", titre revendiqué par Cohn Bendit, ce qui lui valut son exclusion de l'écologie malgré ses succès électoraux, ceci valant cela.

    On réalise moins que le Front National, dont le chef, divorcée deux fois, vivant en concubinage, rejointe récemment par un militant actif de la cause homosexuelle, et dont le principal collaborateur, HEC Enarque, vient de se faire "outer", muette sur le mariage gay, a ainsi toutes les caractéristiques du coté libertaire du libéralisme. Nous avons en effet ici l'attitude typique post soixante huitarde, acceptant tous les comportements possibles, voire luttant pour de nouveaux, hostile à la famille, manifestant par exemple, par un baiser public adultérin, sa volonté de l'humilier.

    Pour ce qui concerne le volet économique du programme, on a par contre un libéralisme qui manifestement, c'est le moins qu'on puisse dire, est teinté de social. Si on met de coté la sortie de l'Euro, on se trouve face à un contrôle strict de la finance dont on pourrait croire qu'elle se trouve désignée comme ennemie, un protectionnisme dont l'intelligence n'a d'égale que la volonté de surtout plus jamais exporter, etc etc. Bref, un communisme primitif, proscrivant le commerce et l'industrie capitaliste, acharné à ré instaurer le moyen âge pour ne pas dire l'âge de pierre. Nous avons donc là la partie "autoritariste" du volet économique de la classification. Les deux aspects considérés classent donc le FN dans la même case que le PS, d'où le titre: FNPS. 

    La collusion n'est pas qu'idéologique. Elle est politique. Pratiquement fondé en fait par le vichyste  partisan de l'Algérie Française Mitterand qui lui donne accès à la télévision et au parlement avec la proportionelle de 1986, le FN fut fondé en droit et en partie par des collaborateurs pétainistes condamnés pour trahison et par des membres de l'OAS, comme on se retrouve. Pendant toute la période, toute la lutte électorale du FN eut pour objectif, via des triangulaires meurtrières, de faire élire contre l'avis exprimé des électeurs, des encartés socialistes. Cela réussit magnifiquement à bien des reprises.

    Les Le Pen ont bien mérité de la gauche, et l'incompréhensible vote de 97, qui nous valut tout de même les trente cinq heures, fut bien récompensé : un Le Pen au second tour, juste ce qu'il voulait, faire brièvement le malin, apparait avec le recul comme un renvoi d'ascenseur. 

    Sans accord officiel mais avec une efficacité d'autant plus redoutable, la collusion FN PS fit sans doute élire Hollande, au moins en partie, la détestation anti Sarkozy ayant mordu "à droite" à un point qu'on imagine pas, sans parler des discours du candidat, anti finance et anti européen (la fameuse re-négociation des traités avec l'Allemagne). 

    Bref, le tableau paraitrait complet s'il ne fallait lui ajouter le fond, voire l'essentiel : l'attitude psychologique, le substrat cognitif, l'origine de tout. Je vous en parle en connaissance de cause, je suis psychologue expert.

    Le chemin de la gauche est celui de la passion triste de la contemplation du malheur des hommes, celui de l'extrême droite la passion triste de la contemplation de leur bonheur passé. A la base des sentiments, d'abord la tristesse, c'est à dire l'impossibilité de la vraie joie, consumée pour toujours par l'horreur irréparable du monde, ensuite la haine, celle de ceux qui sont supposés avoir commis le crime qui ne peut être absous. 

    Car le monde est mauvais, et les hommes qui en sont issus aussi. Rien ne peut l'améliorer, tout ce que l'on peut faire c'est le diriger de manière autoritaire, en fêtant rituellement, régulièrement, qui les fusillés de 17, qui l'Algérie perdue sans parler des multiples autres occasions de se mortifier et de bien faire comprendre l'impossibilité du bien, et l'absolue nécessité du mal éternel, seul moyen et occasion excitant d'accéder à la transcendance.

    Ceci s'étend bien sur à tout, y compris bien sur à l'activité économique, l'argent, maudite fiente, ne pouvant être possédé que par le souverain, en charge de toutes les dépenses et de toutes les prévisions.  

    Il y eut  bien dans le passé quelques projets pour un avenir possible. Il y eut la fusion de tout le social dans le communisme total qui allouerait scientifiquement à chacun suivant ses besoins, il y eut la pensée de la restauration de la royauté bienveillante et sacrée. Mais cela fut abandonné, non sans pleurs, non sans regrets et mains anathèmes dont d'ailleurs certains sont encore murmurés malgré la modernisation nécessaire. Il ne reste aujourd'hui que l'immense misère spirituelle, intellectuelle et morale d'une bande d'abrutis mondains dominés et pilotés par des arrivistes cyniques qui vivent de leur malheur et de leurs économies, puis, in fine, des impôts de tous. 

    Qu'on me comprenne bien: il y a des gens estimables qui vivent cet enfer horrible et désespérant et je ne peux que les plaindre et les supplier de s'en sortir, mais cela ne tient qu'à eux, ils n'ont qu'à lire.

    Pour le reste, les militants, les responsables, les propagandistes, les théoriciens je voudrais leur adresser mon total mépris et ma totale détestation horrifiée. Je les conchie absolument pour toujours et ne serais satisfait que de leur mort avec tout ce qu'ils représentent : le monde peut et doit se passer de tout ça. 

     

     

  • Les 35 heures

    Un récent rapport de l'Assemblée Nationale se félicite de la réforme, qualifiée de "moins coûteuse des politiques en faveur de l'emploi". Et on chiffre. 

    Plutôt que de se livrer à une étude approfondie de la chose, je me permettrais de reprendre les conclusions et chiffres du rapport et d'exprimer tout ce qu'on peut trouver d'étrange à cette littérature, expression de la souveraineté nationale.

    http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-enq/r2436.pdf

     

    L'étrangeté est relevée plusieurs fois dans la presse au point de ne livrer les conclusions du rapport que de manière brute, sans plus de commentaires, comme si l'absurdité du jugement exprimé ne pouvait qu'émaner de sa lecture... Stupéfiée, la presse Française en est ainsi réduite à la sidération médusée (pléonasme).

    Quelques éléments: 

    1) le chômage a fortement baissé entre 97 et 2002 (avec une loi instaurée en 2000). Relevé dans les commentaires, l'affirmation, parfaitement absurde, évoque sans doute les pouvoirs magiques de Lionel Jospin, à l'exclusion bien sur de la méteo, de la croissance mondiale, et de la politique du gouvernement précédent. 

    2) Comme l'a rappelé Jospin lui même, les 35 heures n'avaient pas pour objet, initialement, d'embaucher des fonctionnaires supplémentaires. C'est pourtant ce qui fut fait, le coût de la réforme chiffré par le rapport, concerne la fonction publique pour 12.5 GE et seulement 12GE pour le privé. 

    L'absurdité de la vantardise sur les 350 000 emplois gagnées (en 2 ans, mazette, sur des bases exclusivement analytiques, les décideurs des embauches n'ayant pu hélas être interrogés) apparait donc patente.

    Pour faire court: la démagogie socialiste dispendieuse considérant que le travail est un droit s'est donc livré à l'embauche de 180000 fonctionnaires supplémentaires inutiles pour le plaisir d'accroitre la dette du pays, le secteur privé n'ayant accru l'emploi, le seul qui compte, bien sur, que de 170 000 personnes, d'après le rapport.

    3) Le rapport souligne que le coût de la réforme, considéré comme faible, est équivalent au coût du chômage correspondant. L'absurdité et la stupidité de l'argument, éclairant par ailleurs pour chiffrer la chose, me semble absolument éclatant. Ainsi donc la désorganisation des hôpitaux, et tous les inconvénients que la mise en oeuvre de la réforme, d'après ses plus fervents supporteurs, à entrainé,  se trouve avoir le même coût qu'une simple politique d'accompagnement du chômage comme le font tous les pays raisonnables ? 

    L'éclat de rire qui accompagne une telle conclusion devrait faire trembler le palais Bourbon. Sonnez Vouvouzellas, résonnez tambours, sifflez sifflets, explosez feux d'artifices. 

    Ah le beau spectacle que la tête de la princesse de Lamballe montrée au peuple déchainé !