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FrancoisCarmignola - Page 6

  • Les Islams

    Il y a à propos de l'Islam, de ce qu'il est et n'est pas bien des discours et affirmations qui paraissent il faut le dire complètement contradictoires et incohérentes.

    Un conflit d'interprétation existe clairement par exemple, entre d'une part les les tenants du complot mondial islamiste et d'autre part ceux d'une religion en voie de sécularisation. Les durs et les doux s'accusent mutuellement et avancent des preuves.

    Pour les premiers, on a une vision essentiellement compacte des musulmans, universellement mus par la nécessité qui leur serait faite d'imposer au monde du fait de leur croyances, d'un mode d'organisation politique et social particulier. Ceux qui s'en départent ne sont pas musulmans et le tour est joué. On assimile donc le complot totalitaire et l'Islam, celui ci ne pouvant pas échapper à la qualification.

    Que sont les religieux d'apparence modérée protestant de leur pacifiques intentions et de leur loyauté citoyenne ? Des menteurs, des victimes manipulées ?

    Et bien on pourrait juger sur pièces et voir ce qu'il en est des références théologiques ou idéologiques. Je me permettrais de ne pas me faire d'illusions, et de n'avoir aucune estime particulière pour une religion à quoi rien ne m'attache.

    La théorie classique

    Au delà de la différence La Mecque/Médine (un brave gars rêveur soumis à une veuve suivi d'un chef de razzia qui se transforme en chef de guerre conquérant ), Mahomet lui même doit pouvoir être considéré comme ses immédiats successeurs (les fameux 4, on dira donc 5, premiers califes): des chefs spirituels et militaires, qui ne réalisent pas vraiment qu'un empire se met en place.

    A ce point se produit la grande divergence, qui caractérise le coeur du problème actuel, celui du fondamentalisme: les 4 bien guidés, les "rashidun" et les "pieux prédecesseurs" (salaf) sont la seule référence. Après ce serait n'importe quoi: quinze cent ans de violences politiques liées à l'expansion et au maintien d'un empire totalitaire, qui s'achève en 1924 après une longue décadence par l'abolition du califat.

    A ce point, deux attitudes: d'une part l'origine pieuse est la référence, purement spirituelle et le reste étant histoire, on peut séparer religion et politique, et d'autre part, l'origine pieuse purement divine est la référence et on doit se consacrer à sa restauration qui identifie absolument, Dieu, son prophète et l'histoire.

    L'ambiguité de la "réforme" est précisément ce débat là: la réforme consiste à revenir aux origines, le problème étant que ces origines là sont diversement interprétées. Les variations dogmatiques étant de règle en Islam, il se trouve donc qu'il s'agit d'une religion à la fois unique et multiple et qui donc, en vertu du principe de non contradiction, n'existe pas. C'est mon point de vue.

    Un point de vue agressif de réaction est celui des durs cité plus haut: l'ambiguité ne peut profiter qu'aux durs (les autres) les doux ne pouvant qu'être violentés (comme nous). Il convient de rejeter absolument et explicitement les durs, quitte à ne pas croire les doux, des agneaux irresponsables. J'avoue être séduit par la chose, la réaction ultra laïque à une religion qui n'existe pas me paraissant être ce qu'il faut faire.

    L'histoire

    L'époque ancienne fut d'abord celle d'une longue décadence initiée après les premières défaites ottomanes de la fin du 17ème siècle: un empire encore redoutable, mais exclusivement autre, sans rayonnement culturel, exclusivement consacré à maintenir par la violence une religion autoritaire piétiste de fatalistes, au détriment d'explosions fanatiques variées qui se produisaient ici ou là. L'affaire grecque consacra le recul géographique définitif de la porte, préalable à son éviction de l'histoire un peu après.

    Ce n'est qu'à partir de la fin de l'effondrement de la puissance turque que des musulmans, principalement égyptiens, commencèrent à penser. Il faut dire que l'Egypte, à partir de Mehemet Ali en 1805 (il est du même age que Napoleon et réforma l'Egypte jusqu'en 1849), était quasi indépendante de la porte ou du moins suffisamment (le khédive ou vice roi faisant la liaison) pour libérer certaines pratiques. On doit parler du fameux Rifaa Al Tahtawi (le Rifaa de Guy Sorman), le réformateur egyptien par excellence, mort en 1873.

    Abdu, El Afghani et Rida

    Tout commence alors avec des intellectuels de l'Egypte de la toute fin du XIXème siècle.

    Mohamed Abduh et aussi l'afghan voyageur El Afghani. D'abord des réformistes politiques, ils sont musulmans sunnites, et s'efforcent de lever les barrières religieuses à la pensée de réformes sociales. Polygamie, corruption, prêt à intérêt, ils cherchent à déverrouiller la société égyptienne. Abduh participe à la révolte nationaliste d'Urabi Pacha, fut comme lui franc maçon et vécut exllé en France.

    Afghani polémique avec Renan qui était porteur d'une description pour le moins critique de la religion musulmane mais concède que la question de l'endormissement de la civilisation arabe reste posée.

    Il faut mentionner le Syrien Al-Kawakibi, un panarabe musulman hostile aux turcs, partisan démocrate d'un califat arabe basé à la Mecque.

    Qu'observe t on? Et bien que cette réaction est tout simplement "salafiste": la remarque est que du temps de pieux ancêtres, ça marchait et les arabes étaient maîtres du monde. Comme il ne le sont plus, il faut donc revenir au départ... C'est la remarque d'El Afghani lui même. La revue phare de ce réformisme là, Al Manar est clairement "réformiste" mais aussi en ce sens là, "salafiste", et... Elle le fonde.

    Le dernier des trois, Rashid Rida, a soutenu un rapprochement avec le wahhabisme qui s'installe en Arabie Saoudite peu avant sa mort en 35.

    Nous avons donc toute l'histoire: l'arabisme pour se réformer revient aux origines et fonde ce qui apparait aujourd'hui, comme particulièrement désolant: une pénultième tentative des arabes de redevenir puissants, en s'appuyant ce qui fut leur gloire, leur religion merveilleusement guerrière et dominante au 7ème siècle...  De cet ambitieux (mais il faut le dire, limité) mouvement réformateur, essentiellement nationaliste et je dirais plus utilitariste que spiritualiste, on doit retenir en Algérie l'association des Oulémas Algériens, auteur de la formule " L'islam est notre religion, l'arabe est notre langue et l'Algérie est notre pays". 

    Qualifié ici de "salafiste", ces réformateurs là le sont d'une manière qui diffère toutefois grandement des salafistes déclarés de nos banlieues un siècle après: ils voulurent des réformes modernistes de la société et à ce titre sont bien sur considérés comme des mécréants par les personnes déguisés (de voiles blancs) aux tournures étranges (pas de discours qui ne commence par vingt phrases de salamalecs complexes), c'est à dire les débiles profonds (pardon je me lâche) que l'on appelle aujourd'hui les "salafistes" qu'ils soient simplement débiles (la majorité) ou djihadistes (quelque uns, ceux qui tuent). Le même mot désigne des réalités différentes... Tout comme "Islam" d'ailleurs: la diversité règne, c'est le moins qu'on puisse dire.

    En tout cas, le thème règne: le retour aux 4(5) califes premiers est LA solution. De fait, TOUTE la propagande étiquetée "salafiste" depuis les frères musulmans jusqu'à l'Etat Islamique est mouillée dans cette réforme là aux divers degrés de leur fanatisme. La ligne des durs triomphe. De TOUS les durs.

    Partagés entre partisans déçus du renouveau arabe et fous fascistes d'une religion barbare, ce salafisme là doit être combattu en tant que tel sous toutes ses formes de la plus hypocrite à la plus violente. Tariq Ramadan, l'élégant hypocrite suisse est l'un d'eux. Tout simplement.

    Réforme, quelle réforme : Aberraziq ?

    Mais il faut mentionner aussi Ali Abderraziq: après 1925 (et donc la fin du califat) il théorise, lui, une séparation originale entre temporel et religieux et permet d'évoquer peut être autre chose: la radicale distinction entre politique et religion. Il pose la bonne question : " le prophète est il un roi" et théorise la contingence de l'association entre renouveau religieux et restauration d'un état provisoire originaire. La problématique vaut même pour toutes les regligions: "Dieu nous a donné un culte et nous croyons en une politique". Car les biens guidés et les pieux prédécesseurs n'étaient pas prophètes eux, simplement des militaires ou des hommes politiques: la séparation religion/politique serait donc là et le califat doit être sorti du religieux, les musulmans ayant le droit de se doter des institutions qu'ills veulent. Voilà sa thèse, qui, il faut le dire, rompt complètement avec ce que l'on sait et voit de l'Islam.
    Son oeuvre "L’Islam et les fondements du pouvoir" eut un retentissement considérable. Il fut évidemment violemment critiqué pour des raisons qu'on peut deviner. Il reste cependant très peu connu, et même si il reste une référence dans le monde intellectuel Arabe, il reste sulfureux et oh combien.


    Qu'en pense-t-on aujourd'hui? Tout d'abord demandons à un grand intellectuel Tariq Ramadan lui même, le petit fils du concurrent (Al Bana est un contemporain d'Abderraziq et fonda les frères en 1928). Toute l'ambiguité du bon frère se manifeste: Abderraziq a échoué et n'est pas(plus) lu dans le monde musulman, Ramadan se base sur des doctrines du X/XIII ème siècles qui ne confondent pas politique et religion (car bien sur il n'y a pas de problèmes), et il est en désaccord avec Abderraziq qu'il considère au demeurant comme musulman, bien que colonisé et en contact avec le colonisateur, porteur de ce que veut entendre l'occident. La pierre d'achoppement selon Ramadan est de plus qu'aucun savant musulman n'ait jamais élaboré les choses de cette manière. Un innovateur déconnant, donc.

    Or pourtant, il semble bien qu'il apporte des solutions à des vieux problèmes. Au passage l'étonnante contradiction portée par une idéologie qui simultanément promeut une religion finalisée par son fondateur, seul  auteur/transmetteur du livre sacré et qui en même temps accorde une importance démesurée à une horrible histoire de guerres entre ses successeurs. C'est le mérite d'Abderraziq de trancher la question: l'islam ne doit pas dépendre des califes qui succédèrent à Mahomet.

    La thèse est piquante et séduisante, mais ne pourrait on pas dire, au contraire que l'Islam est d'abord (et peut être seulement, c'est mon avis) cette lutte là? Le divers de cette religion est ainsi bien réel, et son désespéré appel à l'unité divine sonne comme le regret éternel de la diversité conflictuelle irréductible des hommes. La grande religion de paix n'est qu'un regret de ne pas l'être.

    La réalité est ainsi plutôt triste: le seul vrai réformateur, non pas de l'Islam, mais de la délétère attitude des musulmans face au politique n'est pas entendu, alors qu'il faudrait qu'il le soit. Dénigré bien que référence fondamentale, il reste cependant publié et honoré: tout n'est pas perdu donc, et vive l'Egypte!

      

  • Les médias c'est fantastique

    Une émission de public sénat:

    http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/caricatures-presse-enjeux-numerique-replay-video-lemission-politique-cest-net-29-mai-2

    Combien de temps cette merveille restera t elle publiquement exposée ? 

    Merci et honneur à la démocratie que de dévoiler ce type de nudité! Gêne et honte à ce qu'on peut en penser. Pour une fois, je me permettrais de mépriser et haïr avec indulgence, avec amitié, avec amour, tant l'humiliation est crue, évidente, manifeste.

    Tout plein de larmes dans les yeux après la mort de Cabu, assassiné je vous le rappelle en janvier dernier, je dois donc composer avec leur successeurs. Louison et Hervé Baudry. J'en repleure.

    Inconnus, sans doute écrasés par les images (et les dessins) tutélaires, ils vécurent enfermés tels les lémures, entre les pattes des dinosaures, jusqu'à la libération (pardon du mot) que causa, de fait,l'astéroïde.

    En gros: firent-t-ils le dessin de Ribery à genoux, clamant les paumes tournées vers le ciel : "mahomet on t'encule!". Non.

    Louison, maintenant à France Culture, son visage vieilli, son chignon 11ème, sa chemise vichy me la faisant voir comme "mode", au sens ou Piem ou Dilem sont "modes", c'est à dire horriblement, et systématiquement, à coté de la plaque, toujours.

    Tout comme son comparse - et néanmoins concurrent, observez- ayant vendu et voulant encore vendre une sirène danoise (quelle délicate allusion) clamant dans un langage inconnu de l'immigration française quelque chose de sans doute subversif.

    Un dessin de Dieu sur un nuage, se plaignant des dessins de "bites", (sexes masculins tournés vers le bas) que charlie pratiquait est l'exploit de Louison, qualifié de "première fois" par son rival cruel. On en est là.

    Les deux tremblants personnages, manifestement à la recherche de financements, furent éviscérés par une journaliste qui ne vaut guère mieux, mais qui au moins révéla le pot aux roses. Ses grandes dents (la denture, quand elle n'est pas contrôlée est spectaculaire, mais c'est le spectacle qui vaut ça, je n'en serai jamais), exultèrent à la fin. Merci encore de me permettre de voir ça.

    Cette détestation est elle si cruelle ? Ou comme je l'avais annoncé, indulgente et aimante pour mes semblables humains, souffrant malgré eux ? 

    Car il s'agit du "spectacle" tout de même. Spectacle dénoncé par les debord et muray, qui ne réalisèrent pas qu'il est maintenant produit par le nouveau prolétariat, des acteurs prolétaires, misérables et humiliés vendant leurs pauvres forces sur twitter, au lieu de s'en moquer.

    Cabu et Wolinski (volAINski comme on disait dans les années soixante) sont morts. 

  • La Grèce

    Il faut traiter de la Grèce qui nous a occupé ces dernières semaines. 

    Pour cela il faut des références, car on parle aussi de l'Europe, le projet multi national qui occupe le continent. 

    On ne peut tout faire à la fois, prenons une dame, dans le Figaro, un journal de droite, pro establishment, pro européen, normal quoi. Ouvert au pluralisme, on peut difficilement faire plus: 

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/03/31003-20150703ARTFIG00361-referendum-grec-quoi-qu-il-arrive-rien-ne-sera-plus-jamais-comme-avant.php

    Elle s'appelle Coralie Delaume. Elle est porteuse de tous les poncifs, de toutes les faussetés et de toutes les bêtises. Que dis je, elle la porte, elle la transporte, la répand, la gluante fausseté, squelette puant, figure de la misère et de la mort. 

    1) Juncker ne sait pas ce qu'est la démocratie, d'ailleurs il l'a dit: "il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens". Que voulait il dire ? Les différents pays d'Europe ont signé des traités qui les engagent. Des élections peuvent avoir lieu dans ces pays qui peuvent remettent en cause les traités, mais certainement pas de les modifier à la marge. Car cela, précisément, ne serait pas démocratique... Et oui. 

    Pour beaucoup dont la dame, cette position est révoltante et constitue un déni de démocratie, c'est ce que pense par exemple Maxime Tandonnet, ex conseiller du président Sarkozy, bloggeur connu. 

    Et bien cette illusion est couramment répandue: on considère démocratique de remettre en cause une décision d'un gouvernement précédent à l'égard de l'extérieur, comme si cet extérieur était LUI AUSSI soumis à la volonté de l'intérieur. Une telle erreur de jugement est de l'ordre de la pathologie mentale, elle est encouragée et propagée dans un article à haute visibilité publique dans la presse nationale par une dame présentée comme spécialiste du droit communautaire. Aberrant. 

    2) Il y a donc une erreur concernant la démocratie en Europe. 

    La citation de l'"économiste" Lordon, (un activiste souverainisto communisto déconnant connu) est là pour légitimer la chose: la démocratie locale s'étend à toute l'Europe et l'immeuble bobo ou vit la dame a droit de faire la loi dans l'Europe entière, c'est la démocratie qui le veut. Car les traités ont tout ossifié et on ne peut les changer (telle ma robe) comme on veut.

    Ces traités ont eu précisément pour but, rôle et fonction explicite de tenter de soustraire aux décisions démagogiques de dirigeants soumis aux intérêts particuliers la mise en oeuvre des politiques qui ne mènent qu'à la ruine, celles menées en Grèce pendant les années 80 en étant l'exemple absolu.

    Elles sont donc "anti démocratiques". Une telle ignorance semble naïve, presque rafraichissante, elle semble être le fait d'une jeune fille un peu cul cul, gentiment gauchiste comme on peut l'être lors de ses premiers émois, du moins dans certains milieux (mais pas tous). La dame est adulte pourtant, et donc responsable, ne pourrait on pas dire plutôt qu'elle est instrumentalisée, payée pour débiter ces désinformations ? Quitte à sombrer dans le complotisme je suggère une manipulation de l'Etat Islamique: il est notre ennemi et doit nous fragiliser par tous les moyens. La dame aurait elle un voile dans son sac ?  La question se pose. En tout cas, vu l'énormité des crétineries qu'elle nous sert, on ne peut que se tourner vers ce type d'interprétation ! 

     

    3) La suprématie du droit communautaire. 

    Nous sommes là dans la spécialité de la dame. Parlons en. En gros, la dame souhaite que la France quitte l'union européenne. Sans le dire.

    Car l'Europe n'est pas un monstre dont nous sommes victime à notre insu: tout cela fut décidé par des gouvernement élus, par des parlements qui après l'avoir annoncé avant leur élection contredirent un référendum acquis à force de disputes dans le principal parti de gauche à l'époque. 

    Bref, tout est légal, public et évidemment nécessaire: le droit communautaire décidé collectivement est CE qui s'impose à tous, (sinon il n'aurait AUCUNE valeur, et serait donc inopérant complètement). Le problème est son étendue, qui elle se décide. La dame dénonce donc le principe en faisant mine de découvrir telle la jeune mariée les organes déplaisants de la vie biologique de sa propre espèce. A moins que. Le moyen orient suscite des discordes, la dame a un bâton de henné dans son sac.  

    4) Le scandale revendiqué du référendum

    Syriza est en négociation depuis cinq mois sur des sujets sensibles. Manifestement à l'écart des consensus européens, à de multiples reprises, ils s'affrontèrent à des gens qui tentèrent de leur expliquer les choses. 

    Il y eut des éclats de voix entre ministres entre Schauble et Varouflakis par exemple. Pourquoi le gouvernement grec, manifestement en minorité face à ses "partenaires", à qui il doit par ailleurs de l'argent, aurait pu, aurait DU poser la question à son peuple au sujet de la fameuse contradiction remarquée par sa sagacité: faire des réformes ou quitter l'euro ? Il fallait le faire loyalement, raisonnablement, et on le sait déjà depuis des mois. 

    Et bien ils mentirent à tout le monde et décident "démocratiquement", à une semaine du grand saut, de consulter un peuple abusé, qui a cru que cela allait passer. C'est de l'escroquerie à la Grecque, cela révulse tout le monde. C'est une manipulation communiste, à la limite de la légalité, et cela fut remarqué. Ce n'est pas un référendum digne, c'est un plébiscite de loubards.

     

    5) L'Europe d'aujourd'hui

    Ainsi donc, le président du parlement européen, Martin Schutz, est le complice des nazis d'"Aube Dorée" ?

    Que le très social démocrate rondouillard moustachu soit un nazi est une révélation de la vision de la dame. Merci pour la mesure de ce jugement qui éclaire la nature réfléchie des autres.

    6) Les Banques

    Le coeur du reproche, de la plainte, du cri, du hululement. En 2010, on a sauvé les banques. La foudre: mon dieu mais c'est bien sur, comment ai-je pu être aussi bête. Sortie de l'enfance à ce moment, la dame et sa jeunesse heureuse se trouve confrontée à DSK. Tout l'argent fut versé aux banques et non pas au peuple grec, c'est horrible, c'est du gaspillage, c'est du vol ! 

    La Grèce était en défaut et menaçait l'équilibre de l'Europe entière. Devant aux banques ce qui les conduisait à la ruine et à celle de toute l'économie de la zone, des gouvernements énergiques, plutôt que de se suicider, on fait le nécessaire et sanctuarisé  ce qui devait l'être: ils ont repris les dettes à leur compte, ce qui permit à l'économie Européenne de continuer à fonctionner.

    Cinq ans après, le "système" qu'on avait dit perdu se trouve merveilleusement solidifié: l'argent est là où il doit être et la ruine de la Grèce ne nous fera rien. De l'argent bien sur disparaitra, mais on l'a ré emprunté depuis, et nous nous sommes viables pour le rembourser tranquillement avec les ans. 

    La dette Grecque est toujours là par contre, et devra être payée. Bien sur elle fut réaménagée, diminuée, restructurée comme on ne l'a jamais fait. Elle est parfaitement soutenable pourvu que ce peuple de fainéants s'organise convenablement. Ils paieront longtemps, mais ils le peuvent. Bien sur il y aura une TVA (tiens, un impôt qui rentre, ça va nous changer) et des retraités qui ne pourront plus faire vivre toute leur famille de chômeurs qu'ils n'ont pu faire embaucher à un travail inutile, mais bon: la vie est tragique et la pitié pour de tels voleurs n'a pas de mise. Laissons la morale aux communistes, elle leur sert. 

     

    7) Le coup d'Etat en Grèce.

    En plus on accuse. Par contre là on a raison: Tsipras ne voulait pas du référendum, c'est pour cela qu'il a tant tardé à faire de la "démocratie", et donc il a perdu: c'est ce que NOUS voulions. 

    Le pauvre grec, acharné à sauver sa clientèle électorale, 30% de l'opinion, les fonctionnaires quoi, a du jouer ses dernières cartes, et ses mensonges se trouvant visibles, se doit de sortir du bois. Il va donc se trouver confronté à sa "démocratie": si c'est oui ciao. Si c'est non, il va assumer. Sa dictature.

    Evidemment que Bruxelles veut le virer: comment imaginer le contraire?  

    Au fait, l'Europe n'aime pas les dictatures: que va choisir Tsipras seul sans argent dans la pampa en cas de non? Les Russes? L'Etat Islamique ? La dame a une kalachnikov dans son talon. 

    8) L'antisémitisme. 

    On ne voit pas le rapport: une accusation a du faire mal, on ne veut pas associer souverainisme débile et extrême droite apparemment, bien qu'un parti souverainiste fasse partie de la coalition avec Styriza. Bref, un contre feu de la collusion brun rouge à la lutte contre l'Europe et dont fait partie la dame du Figaro. J'avais évoqué à propos de Natacha Polony l'alliance du rose fluo et du caca d'oie, et bien cela s'applique ici.  

     9) L'organisation du vote

    Bien sur, les grecs résidant à l'étranger ne pourront pas voter. Trop cher, pas le temps. Cela fait toujours ça de gagné pour le communiste: on ne s'isole pas du monde pour rien, lui va en profiter c'est sur. L'appartement avec vue sur l'acropole du spécialiste de la théorie des jeux joue gagnant. 

    A Dimanche ! 

  • Les libéralismes

    En bouquinant on peut être amené à faire finalement de belles et grandioses classifications, qui rendent clair ce qui se superposait avant (du moins dans ma pauvre tête).

    La liberté comme principe organisateur des conceptions du monde a donné lieu à des théories très variées, qui se sont succédées dans l'histoire et qui ont données lieu à maintes condamnations et confusions variées. Il faut distinguer la dedans, distinguons. 

    Droit Naturel et Utilitarisme

    Ainsi, il y a  confrontation entre droit naturel et utilitarisme, et nous avons là la grande et peut être unique polémique. Dans cet enchevêtrement on va trouver tout et son contraire. 

    Tout d'abord il faut mettre les Bodin et autres inventeurs du droit naturel, par exemple les espagnols de Salamanque: il existe un droit antérieur à tous les autres et cela peut profiter à tout le monde. Que la considération du sort des indiens d'Amérique ait pu donner lieu à ces réflexions doit être pris en compte. 

    Puis il y eut l'utilisation des sentiments moraux pour fonder l'économie: une activité locale, motivée par ce qui suffit à l'interaction, la sympathie, se trouve capable, sans volonté particulière, de fonder et de faire fonctionner des systèmes entier. Smith en est le premier grand exemple. Une économie librement organisée, adossée sur une théorie morale qui promeut des interactions saines entre individus.  

    Cette alliance local/global introduira l'utilitarisme, qui s'exprimera ensuite clairement: le bien maximum pour le plus grand nombre. De Bentham au socialisme de Mill, l'affaire fut lancée.

    Cependant, cette idée de l'utilitarisme explicite est en fait différente de tout ce qui précédait. Elle constitue, très au delà de Smith, une dangereuse hérésie et d'ailleurs elle devient LE soutien rationnel au socialisme qui commence alors ses ravages obscurantistes.

    Car l'homme est mauvais, et il faut qu'il veuille le bien pour que celui ci s'instaure. La lutte fondamentale contre la théorie des droits naturels est instaurée par Bentham. Nous y sommes toujours.  

    Avec Walras et la révolution marginaliste, les mathématiciens arrivent avec les néo classiques en économie et une forme mathématisée de l'utilitarisme,l'optimum étant décrit par Arrow-Debreu, quoique seulement possible, toutes les autres formes de courbes l'étant aussi, ce que démontre Sonnenschein-Mantel-Debreu. 

     

    Les Autrichiens

    On se doit d'en distinguer les Autrichiens, engagés dans la lutte contre les interventionnistes socialistes, nazis et communistes et immigrés aux US pour ces raisons. Ils occupent une position particulière, parlant de philosophie, de sociologie et d'économie.

    S'en séparent radicalement les "néo libéraux", en fait les monétaristes c'est à dire l'école dite de Chicago, libérale mais interventionniste et utilitariste, ce sont eux qu'on dénonce actuellement et qui jettent l'argent par pelletées depuis leurs hélicoptères. Ainsi, eux et les marginalistes dirigent le monde.

    Pendant ce temps, les ronchonneurs de toutes obédiences, enfermés dans leurs socialismes ne font que ressasser leur médiocrité et l'impasse de tous leurs idéaux. De passage au pouvoir chaque fois ils ruinent leurs pays en attendant la correction d'après. Qu'en est il ? 

    Tout d'abord il faut savoir que le courant "utilitariste" (auquel on peut rattacher tous les tenants des optimaux) est extrêmement large et couvre tous les calculateurs depuis les adeptes de la théorie des jeux, en passant par les anticipations rationnelles ( l'utilité non pas du bien, mais de la probabilité du bien).

    Cette identification de la description et du calcul en fait, à mon sens inéluctablement, un socialisme c'est à dire une décision calculatrice, acharnés à mijoter son "plan" global pour le bien général. 

    Il n'y a pas de bien général calculable. Il n'y a que la volonté humaine libre de se détruire ou de créer, elle en a le droit absolu. 

    Et bien il faut en revenir aux Autrichiens. Ils couvrent tout le spectre de la réflexion humaine et sont à l'origine (non pas eux, mais leurs élèves et enfants) des vraies innovations anarchistes de l'absolue liberté, celle sans aucune espèce d'état d'autorité ni de "régulation" organisée.

    En cela, l'anarchisme total politique et économique (improprement appelé "capitaliste", d'ailleurs)  reste un sommet incontournable de la pensée humaine. S'en départir est indigne et ne peut être toléré que de manière provisoire.

    Vive la Liberté ! 

     

     

     

     

     

  • La Gnose

    Puisque nous y sommes, une belle classification à l'emporte pièce, comme je les aime et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. 

    Les deux voies

    Il existe deux sentiments fondamentaux de l'esprit, irréconciliables et clivants, et qui divisent et classifient les intellects: ils se distinguent par leur appréciation de la bonté des êtres. 

    Ceux qui croient en gros que l'homme est mauvais sont des gnostiques, héritiers d'une soit disant connaissance du monde, qui ne s'expliquerait que s'il avait été crée par un être inférieur, et qu'il faut connaitre cette réalité pour accéder après macérations à un ineffable et irresponsable état de fusion avec lui.

    Les autres, les naïfs, croient en la liberté et se sentent innocents eux et leur Dieu de tout le mal du monde, qui n'est que ce qui permet d'espérer autre chose, à construire et à inventer. Ils aspirent à la divinité absolue et plus que ça sont marqués par un exemple bien connu que comme quoi c'est possible.  

    Cette division enjambe bien sur les athéismes variés et alors que l'on peut ranger l'Islam, les bouddhismes, les communismes et autres nazismes, bref la gauche, dans le camp de l'horrible gnose, et bien les libéralismes et leurs variantes ultra, les franciscains, et tous les anarchistes absolus, ceux qui préfèrent l'erreur libre du désordre nécessaire que l'on peut corriger à la vérité indécidable qui ne peut qu'opprimer sont de vrais et pur chrétiens, seuls habilités à échapper aux buchers nécessaires.

    La gnose

    La gnose est structurée par de multiples principes que l'on retrouve partout.

    D'abord, le plérôme. L'ineffable Dieu, bien sur au dessus, est totalement et irrémédiablement transcendant, c'est à dire inaccessible et intouchable, donc, à proprement parler suprêmement existant, c'est à dire à caractériser en permanence comme tel. On trouve là le "alaouakbar" et l'affirmation du communisme final inéluctable que la communauté des crétins n'arrive pas à se sortir de la tête. 

    De ce sommet émanent des esprits variés, tous issus successivement par émantation d'une sainte et inévitable hiérarchie. On trouve là les fameux cieux, le septième étant (mal/bien) connu; Mahomet les escalada comme de juste, et la subtile distinction entre staline(méchant) et trotsky (bon), entre montebourg (bon) et macron (méchant) en donne un excellent aperçu. L'un d'entre eux, se trouva pris de l'envie de créer le monde, un autre, le dixième suivant Avicenne et d'autres, devint le fameux intellect agent. 

    Cet esprit là resta bien sur seul. On trouve là l'esprit unique des arabes et de toutes les mystiques du monde, celui qui serait commun à tous les hommes et qu'il convient de rejoindre en abolissant la funeste illusion de notre individualité, pur sentiment issu de notre sale sexualité. C'est la théorie du "maudit Averroes" que le moyen âge occidental s'acharna à détruire et avec succès, ce qui nous fit gagner dès cette époque le fameux choc des civilisations.  

    Viennent alors les pratiques nécessaires à cette belle conception  du monde. Car il faut donc s'en plaindre, de ce monde malfaisant, et ainsi de le meurtrir et de le vexer. De là les nécessaires soumissions aux polices variées de la pensée supposées corriger l'infirme corps (sans esprit propre) issu de la terre maudite. Partout autorités et contrôles, et processions en l'honneur du mal. 

    Depuis les tours de la pierre noire pour lapider le diable, les fronts ensanglantés en souvenir d'Hussein, les défilés en souvenir de l'esclavage, les moulins à prières des lamas, les "je suis charlie" pour fêter des juifs assassinés. Toutes les marches de zombies, tous les rites, toutes les marches blanches, tous "les plus jamais ça" sont gnostiques, et ignobles. 

    La liberté

    Il faut lui opposer son contraire exact, directement issu des merveilleuses spéculations chrétiennes: la liberté absolue du divin, généreux et libéral au point de prévoir dès le début des temps de faire fusionner avec lui des poussières d'espace issues du hasard, de son propre principe, donc. L'immense communauté de tous ces individus libres s'appelle le monde.

    Individus libres ? Oui, car sinon créer le multiple n'aurait rien signifié et Dieu l'éternel aurait perdu son temps ce qui est un comble, ça c'est de l'argument métaphysique.

    Pour compléter la chose et passer à l'absence du surnaturel (il n'est pas nécessaire), le principe d'un monde à la fois absolument libre et totalement nécessaire (là par contre il l'est) c'est à dire spirituel, c'est à dire mathématique, celle ci prouvant par a + b le hasard fondamental dont l'espace des possibles est suffisamment grand (il a, et oui, toutes les complexités) pour garantir le libre arbitre le plus étendu qui soit. Bref, le confort. 

    Confronté à cette admirable, aimante et optimiste conception du monde, en plus établie et prouvée par une tradition millénaire inventive à l'origine de toutes les sciences dignes de ce nom, on ne peut que se réjouir de l'infini des distractions qu'elle nous procure. 

    Vive la Liberté! 

     

    Les références:  Jonas

    On ne peut que citer Hans Jonas et le "principe responsabilité", dont la thèse (sous Bultman) décrivait la gnose comme je le fais. Il s'opposerait ainsi au dualisme gnostique, la haine du monde étant celle portée par la technique triomphante. Décrivant la liberté comme ontologique (tiens tiens y a du Duns Scot ici), il y a associe (à mon sens de manière contradictoire) la notion de responsabilité qui doit la limiter, la notion de finalité la complèterait. Mieux, la liberté de l'homme est pour lui ambivalente (suivez mon regard).

    De fait, les écologistes qu'il inspire se trouveraient ainsi anti gnostiques. Tu parles: c'est le contraire, en fait ils haïssent l'humanité, c'est à dire la part naturelle de l'humanité, soumise aux conséquences de ses actions et donc partie libre de la nature, ce qu'ils ne peuvent tolérer. C'est ains Jonas et ses sbires qui sont gnostiques et dualistes, et qui veulent vaincre les forces du mal qui ont crée le monde méchant. 

  • Le ventre de la méditerranée

    Au sujet de l'intervention à "ce soir ou jamais" de Fatou Diome. 

    https://youtu.be/xgZ0LcMUghA

    Fatou Diome est un écrivain Français auteur d'un livre à succès remarquable : "le ventre de l'atlantique". 

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fatou_Diome

    Je me permettrais de le commenter en détails. 

    D'abord elle s'oppose avec véhémence à un néerlandais, auteur d'un livre sur la nécessité des frontières. Très prolixe, avec un ton accusateur elle semble (ce n'est pas très clair, car elle ne propose pas vraiment) affirmer la nécessité de l'immigration en général (elle semble l'assimiler à l'immigration Africaine). 

    Le ton peut paraitre insupportable, ou entraînant, bref un véritable (et intéressant) spectacle à double interprétation. Un pur concentré d'incitation à la haine, entre ceux qui écoutent. Plutôt que de m'étendre sur cet aspect, on verra après, regardons le discours, il a un contenu. Je me permettrais de le contrer systématiquement. 

    1) D'abord le passage a un cout: 1500/ 7000 euros. Cet effort serait à la hauteur d'une nécessité vitale que tout le monde manifesterait, par solidarité envers ceux qui peuvent faire cet effort. Une accusation alors est portée vers le "monsieur" , qui lui ferait pareil, ce qui justifie le comportement globalement.

    En réalité, une infime partie du tiers monde (l'immigration transcontinentale ne concerne que des petits groupes de personnes, minoritaires partout) considère normal de se ruiner eux et leur familles (les sommes représentent des années de revenu) pour tenter de faire passer un de leur représentant en lui faisant prendre des risques qu'ils ne mesurent absolument pas. 

    Ces groupes familiaux (des villages saisis par des rumeurs, on l'a vu au Sénégal par exemple) sont ainsi plutôt fortunés et mettent en oeuvre avec ces migrations des stratégies, non pas de survie (ils disposent de l'argent du passage, qu'il pourraient utiliser pour investir ou consommer sur place), mais d'expansion familiale, l'envoyé se devant de se montrer solidaire après. C'est le sens du mot "solidarité" utilisé par Fatou Diome: le devoir du à la famille étendue dont on est l'envoyé, le soldat. 

    La croyance au succès de l'entreprise est issu de superstitions et de légendes colportées dans des milieux à l'écart des circuits normaux d'information. La force de la rumeur auprès des décideurs du voyage (des autorités familiales diverses, à la fois incultes, autoritaires et calculatrices fait tout: le contraire exact de la trop célébrée sagesse rurale africaine).

    L'argent du passage enrichit des organisation criminelles qui les escroquent, qui les mettent en danger, qui les exploitent de toutes les manières possibles. Battus, violés, noyés, ils continuent avec une constance qui ne peut qu'apparaitre pathologique. La vérité est que l'injonction familiale à réussir le passage est très forte, et dépend des cultures et des volontés locales. 

    Cela a été fait, et se trouve recommandé par bien des associations internationales, et cela a réussit avec l'Espagne pour ce qui concerne les voyages suicidaires vers les Canaries: il faut absolument convaincre ces familles, sur les lieux de départ de l'inanité et de la dangerosité du passage. Ce principe général (convaincre de ne pas) est à l'origine d'actions et de discours tenus par des africains, ex migrants ou non; leur message est "NE VENEZ PAS" ! 

    Le discours de Fatou Diome, qui quoiqu'elle en pense, justifie et encourage la revendication à venir se trouve donc irresponsable et, on peut le dire, criminel. Le fait que ce discours soit tenu avec véhémence ? On verra après. 

    2) Les cerveaux blancs et noirs sont identiques et elle le proclame, l'allusion au fait qu'on pourrait trier les noirs suivant leur utilité la révolte. Enfin pas tout à fait, car il n'y a pas de travaux inutiles : elle est demandée dans les congrès tandis que son frère "par exemple" dans le bâtiment, lui, sera utile, quoiqu'on en dise. Bref une charge contre les quotas au nom de l'égalité.

    La thèse est intéressante, et sa justification aussi. Elle fait fi de la liberté des nations à édicter des principes d'organisation de leur économie et condamne en un seul geste les politiques d'accès à leur territoire de pratiquement tous les pays occidentaux, dont la France.  La proposition d'abandonner ces politiques semble au bord de ses lèvres, mais elle se contente de condamner moralement leur mise en oeuvre, avec véhémence mais on verra après. 

    3) Ensuite le droit humain, la revendication au nom de l'égalité des hommes à voyager ou bon leur semble. 

    La dame dit beaucoup voyager et rencontre partout des européens qui ont "le bon passeport", et qui donc auraient tort de vouloir empêcher des Africains de faire de même. 

    L'ignorance de l'usage qu'un passeport s'obtient, ainsi qu'un visa, et se trouve devoir être visé par des représentant de l'Etat qu'on visite (des douaniers) semble avérée. Pourtant la dame voyage: serait dans les avions privés, peut être mal acquis, de représentants diplomatiques qui lui ont fait ces formalités à l'avance ? Le terme "bon passeport" qui s'applique donc au fait de ne pas en avoir du tout semble la ravir. La véhémence de l'utilisation du terme ? On verra après. 

    4) Quelques chiffres. La dame, lettrée est aussi chiffrée. Elle fournit à notre intelligence 2 chiffres faux. Gravement faux. 

    D'abord que l'Afrique croit à 10% par an et se trouve être dominée par "vous" (nous les blancs sans doute). La chose est fausse: ravagée par les guerres et la corruption, l'Afrique ne se développe pas, au contraire : elle perd pied dans la mondialisation. Même sa croissance démographique est suspecte ! 

    Ensuite qu'en Europe, 40% de la natalité est due à l'immigration. La thèse est plaisante, mais fausse. La population de l'Europe continue de globalement vieillir est sa population à terme va diminuer. L'immigration Africaine comme solution au problème, qui revient à la théorie du grand remplacement, merci madame de nous la proposer, n'est pas encore officiellement acceptée; il se pourrait au contraire qu'elle soit combattue... 

    5) Bref la véhémence chiffrée, tout comme les autres, tombe à plat, c'est le moment d'en parler. De deux manières: 

    a) Toute la stupidité gluante d'un termite revendicateur hystérique est visible à l'oeil nu. De quoi enthousiasmer certains, c'est vrai, car la véhémence convainc quand l'antiracisme veille en silence; de quoi révulser d'autres, d'autres discours très dangereux et violents se nourrissent de cette véhémence. En bref : un véritable appel au meurtre des noirs ! 

    b) La véhémence est similaire et de même nature que celle de Christiane Taubira (le tract ambulant du front national) et de Calixte Beyala (l'ex maitresse de Drucker). 3 femmes noires éduquées hystériques dont la simple présence noue une audience, avec plaisir et révulsion. Un spectacle, un concept, un monde, que dis je un océan, un univers.

    Que faire sinon n'en penser pas moins et arborer un sourire peiné ? 

  • Duns Scot Docteur Subtil

    Docteur Subtil

    Le docteur Subtil est le philosophe objet de mes désirs. 

    L'individuation

    La question est l'individuation, question centrale s'il en est. Pour faire court, on est là au coeur de la dénonciation du "maudit Averroes" pour qui l'intellect est commun à tous les hommes. 

    Au fait, Scot écrit après la grande condamnation : celle de l'évêque de Paris, Etienne Tempier, en 1277, contre les partisans d'Averroes, rue du Fouarre.

    Le salut étant individuel, le  bienheureux Scot se doit de prouver absolument l'individuation absolue,  l'ultima solitudo de l'homme. Il prend la question comme il se doit, du point de vue "ontologique". 

    L'Haccéité (terme que Scot lul même ne mentionne pas, ce sont ses disciples) est la chose merveilleuse qui fait l'individu, l'essence singulière.

    D'abord, il y a bien des solutions au problème de l'individuation: par la négation (l'apophatisme d'Henri de Gand), par l'existence, par la quantité, par la matière (Thomas d'Aquin), par les accidents (Avicenne).

    Quand on dit par la matière, on pourrait dire par son union avec la forme, la composition des deux étant le candidat aristotélicien principal (l'hylémorphisme) à l'explication de l'individuation.

    Aucune ne convient à Scot. Il n'y a que l'essence singulière. 

    Un point intéressant: Dieu, singularité absolue n'a pas besoin de cette chose là, car infini en acte, c'est à dire infini, en ce qu'on ne peut rien lui ajouter. 

    Bon, arrive la notion de distinction formelle, entre les formes (à la différence de celle entre les choses, on dira "a parte rei", du coté des choses). Il y a une distinction du troisième ordre entre formalités (réalités), et qui distingue, tout en restant formelle, la nature "commune" de l'"essence singulière" celle ci n'étant commune à rien car strictement individuelle. Cette distinction là la rend possible. On notera aussi la distinction entre une forme et son mode, (entre la blancheur et son intensité), l'essence singulière n'étant ni un mode, ni une nature et se distinguant du reste d'une manière spéciale.

    Le "a parte" se dit aussi pour ce qui concerne l'éternité dont on distingue "a parte ante" et "a parte post".

    L'Ontologie

    Scot décrit une ontologie: il explique ce qu'il y a et comme c'est. Plus qu'une vision du monde, une vision de ce qu'est le monde. 

    Ainsi, entre la physique qui s'occupe des choses, la logique qui s'occupe des concepts, il y a la métaphysique qui s'occupe des natures. 

    L'être (ens) est ainsi une nature commune à toutes les choses y compris à Dieu; mais absolument simple, il n'est pas un genre (cela voudrait dire qu'il a des espèces), il est  univoque et s'applique, de la même manière à Dieu et aux créatures. Pour Aristote, au contraire, l'être se dit "de multiples façons", les étants étant similaires par analogie uniquement. Pour Scot, il se dit de la même manière dans tous les cas, il est univoque.

    Comme pour Avicenne, "l'être se dit en un seul sens de tout ce dont il se dit". Le concept d'être se prédique de tout, il renvoie toujours à la même réalité, et l'être est présent dans toutes les essences. 
    Le concept d'être est le premier objet de l'intellect.

    Dans ce cadre, Dieu est "ens infinitum", l'étant infini au sens de infini en acte (et pas en puissance) dépassant déjà toute grandeur concevable au lieu d'être infiniment extensible ce qui est une marque insultante d'imperfection.

    Car Scot est un théologien, et se distingue des philosophes en ce qu'il décrit AUSSI l'intellect des hommes avant la chute, ou après le salut futur, la situation actuelle étant qualifiée de "pro statu isto".  

    Scot appelle les les "passions de l'être", ses déterminations (fini/infini, crée/incrée, nécessaire/possible). L'être de ces transcendantaux n'est pas univoque, ils sont distincts mais formellement. 

    Il distingue ainsi définition de Dieu (Dieu est Simple) et description (Dieu est composé d'essences formellement distinctes).

    Il semble pourtant bien que pour Scot, la notion d'Etant est antérieure à celle de Dieu: il y a bien une métaphysique indépendante de Dieu, hors de l'onto-théologique à quoi s'en prend Heidegger.

    Scot et Aquin

    Thomas d'Aquin est le philosophe de l'Eglise Catholique, le "docteur angélique", le grand moyen âgeux. Et bien il faut savoir que Scot le contredit en pratiquement tout. Les différences sont innombrables.

    Par exemple la relation entre la faute originelle et l'incarnation: pour Aquin, sans faute, pas d'incarnation, alors que Scot soutient le contraire: l'incarnation est le but de la création, et se trouve indépendante de la chute des anges et des hommes. 

    Au sujet de  l'individuation par la matière, défendue par Aquin, elle implique que l'âme (ou du moins certaines de ses parties) après la mort n'a pas d'individualité ! 

    Une autre est l'équivocité de l'être:  Aquin suit Aristote et Scot proclame que l'être est univoque: Dieu et l'homme sont identiques de ce point de vue.  En résumé il n'y a qu'un seul Etre, celui de Dieu et celui de la pierre.

    Une autre encore est que Dieu pour Scot n'est pas un moteur (primum movens), mais un être premier (primum ens). Encore une critique d'Averroes. 

    Encore une autre: la liberté (et la volonté) sont supérieure à la raison. La volonté impose la contingence et de ce point de vue Dieu et l'homme partagent volonté et liberté. L'argument, limpide, est qu'il ne peut y avoir de contingence du tout s'il y en avait pas à l'origine, or il y en a... 

    Encore plus: les anges; pour ce qui concerne la matière (ici une forme d'être) Scot considère qu'il y en a dans toute création, à rebours d'Aquin. Par exemple, les anges pour Aquin, n'étant pas matériels, ne seraient pas individués (il soutient que les anges sont des espèces). Ils le sont pour Scot.

    La matière par ailleurs est en acte (et non pas seulement en puissance pour Aquin). Scot, nie donc l'hylémorphisme: la matière est indépendante de la forme, elle est crée séparée, immédiatement par Dieu. C'est un argument, car Dieu ne peut créer des choses imparfaites.

    Encore: pour Scot Dieu est d'abord juste, puis ensuite Bon, de par sa volonté. Pour Aquin c'est l'inverse, la Bonté est prédominante. 

    Encore: Scot pense possible la pluralité des mondes alors que pour Aquin il n'y a qu'un seul monde. 

    Encore: le mariage pour Scot a d'abord pour rôle d'assurer la filiation puis de lutter contre la concupiscence. Mieux: cette question de la filiation prioritaire permet à Dieu de déroger (car il fait ce qu'il veut) à la règle de la monogamie et aussi de l'interdiction du divorce ! D'autre part, l'accouplement charnel, pas plus que le sommeil ne peut être rejeté comme une perte momentanée de la raison. Mieux, contrairement à Augustin, Scot affirme que le péché originel, propre à la nature humaine n'est pas transmis par l'engendrement copulatoire. 

    La question du baptême des enfants juifs. Aquin était contre, au nom du droit naturel. Scot lui argumente pour, la seule chose en sa faveur étant de recommander aussi le baptême forcé des parents (minis et terroribus).  Il reste ainsi un défenseur de la liberté absolue du prince, intermédiaire hiérarchique entre Dieu et les hommes. 

    A sa décharge, Scot refuse l'esclavage alors que Aquin l'accepte dans le droit des gens, pour Scot il est contraire au droit naturel. Note en passant: Scot est contre l'esclavage et aussi contre l'hylémorphisme, dont la forme est précisément celle de la marque sur le corps de l'esclave; belle cohérence.

    La preuve de l'existence de Dieu, selon Scot ne peut se faire de manière inductive, au contraire d'Aquin. Scot fait donc de la théologie une voie de connaissance particulière, fonction de la révélation et distincte de la philosophie, ce qui est le contraire de la thèse d'Aquin. 

    De plus, la théorie de la vérité comme illumination par Dieu est refusée par Scot: la vérité de Dieu lui même ne pourrait pas être obtenue de cette façon, donc...  

    Au passage le débat entre Avicenne et Averroes. Alors que tout le monde s'accorde pour hiérarchiser les sciences (physique, métaphysique,théologie), Averroes prouve Dieu dans la physique et en fait un moteur, ce que rejettent évidemment Avicenne et Scot. Ainsi, une science ne peut étudier une réalité et sa cause, et la science de l'être se doit de démontrer Dieu et donc de le localiser dans la théologie. 

    Pour Aquin et Aristote, "liber est causa sui". Cela est rejeté par Scot, rien ne peut causer l'acte volontaire.

    Il faut aussi rappeler que Scot, auteur de la doctrine de l'immaculée conception convainquit son monde par le concept de "rédemption préemptive", ce qui est bien trouvé: "Dieu pouvait préserver sa Mère du péché de la race, il convenait qu'il le fît et il l'a fait" (Deus potuit, hoc decuit, autem fecit). Il étant d'ailleurs la chose à tous les justes du passé. 

    Le droit naturel est celui d'avant la chute, quand les biens étaient d'usage commun. Après la chute, il faut un contrat social et le droit de propriété. On a ainsi la volonté du juge et aussi l'adaptation aux cas particuliers, c'est l'éthique franciscaine. 

    Il y a ainsi historiquement un conflit séculaire dans l'Eglise entre Aquin et Scot, le vainqueur historique étant Aquin, et cela fut rappelé récemment (1879), ce jusqu'à la béatification tardive de Scot (1993).

    Comme tous les franciscains (Olivi, Bonaventure) Scot est conventionaliste pour les sacrements et pour la puissance royale, et la volonté absolue des souverains, Dieu, l'homme, le prince prime comme convention. On a donc simultanément, et pour ces raisons, absolutisme et droit individuel subjectif.

    La nature commune

    On a dit que Scot fit la synthèse Augustin/Avicenne, mais aussi que c'était plutôt Henri de Gand, le conseiller de Tempier en 1277. Par contre, Scot reprend la notion d'essence d'Avicenne: equinitas est tantum equinitas.

    Par contre, Scot en fait une réalité: la fameuse "nature commune", différente formellement de l'essence singulière, qui décrit aussi la nature divine trinitaire des 3 hypostases unies dans une seule singularité ! 

    Cela donne ainsi une solution originale au problème des universaux, Scot étant un réaliste de l'essence commune et un conceptualiste des universaux, ceux-ci restant dans l'intellect. 

    En gros: la nature commune est individuable et non prédicable tandis que l'universel est non individuable et prédicable. Entre la chose et le concept, la nature, l'essence antérieure à l'existence. 

    Les autres: ce qu'on en a dit

    Les ennemis scolastiques de Descartes, c'est Scot. Il prétendait qu'il y a des vérités éternelles indépendantes de Dieu, alors que Descartes attribuait la vérité des mathématiques à Dieu! 

    Au fait, Heidegger fit sa thèse CONTRE lui, en fait contre un écrit a lui faussement attribué: il n'empêche, il dénonce Scot comme le créateur même de la fameuse onto-théologie. Les aquinates (sans parler des post aquinates) trop contents, soumis à l'injonction de H. l'en chargent donc. Le point est la distinction essence/existence, rejetée par Avicenne et Scot (pour eux l'essence précède l'existence, bien sur) et assumée par tous ceux avant, ce qui innocenteraient les grecs de la fausse (et infâme) accusation de H. 

    En réalité, l'histoire romancée de la métaphysique fait par H. est largement caduque... 

    Simondon avec sa pré-individualité très "nature commune" est clairement un scotiste anti hylémorphiste. Il va même jusqu'à individuer les objets techniques.

    Pour finir, Scot est sans doute le plus extraordinaire philosophe qui soit. Célébré par Harendt, par exemple, il est sans doute un inventeur de la Liberté, la plus belle chose qui soit au monde, partagée par Dieu et les hommes, et c'est un théologien qui nous le dit !

    Pour finir

    Il passa son baccalauréat en 1304 à Paris. La légende dit qu'il aurait été enterré vivant à Cologne en 1308.

    Bref, ce type est le théologien anarchiste le plus déconnant qui soit. Vive les franciscains ! 

     

     

    P.S. Contrairement à ce qu'affirme François Loiret, le remède à la concupiscence est une fin seconde du mariage catholique dans le canon de 1917. Scot était en fait en accord avec Aquin sur cette question, sa position sur l'aspect contractuel du mariage étant simplement plus affirmée que celle d'Aquin.  

    La Volonté (add.)

    La question de la volonté chez Scot. D'abord Aristote: il y a la puissance et l'acte, et rien n'est mû sans moteur, le passage de la puissance à l'acte supposant un être déjà en acte. Scot, comme Henri de Gand font une exception à cela: la volonté. Cependant, la volonté de Scot reste volonté de quelque chose, ce qui la différencie de celle de Gand. La volonté est libre et aussi désir, telle est la subtitlité et la complexité du problème, qui est celui de l'Amour.Pourtant sur ces points Scot a évolué et s'est rapproché de Gand, la volonté devenant puissance rationnelle.

     

  • Irrationnel

    Il y a de l'irrationnel dans l'air. Je veux dire que dans les communications entre les hommes, alors que la raison a pour raison de fluidifier les dires en rendant acceptable ce qui est dit, il apparait trop souvent, hélas, que ce qui soit dit soit inacceptable parce qu'absurde, et ceci avant même d'être à proprement parler faux. 

    Le fait est que des habitudes ont été prises. Une nouvelle philosophie Française, disponible pour cette génération sur Youtube et autres, sans parler des articles, compte rendus en ligne etc, me semble aller dans cette belle direction avec un enthousiasme et une naïveté confondante. Tout le monde n'est pas dupe, bien sur, mais tout de même: même moi, pauvre ignare lecteur d'internet, les bras m'en tombent. 

    D'abord Jean Luc Marion. Disert sur KTO, il est clair, un super bon prof, y compris de ses propres théories. Le problème c'est qu'elles sont totalement déraisonnables.

    Au delà de la science traditionnelle, il y aurait ainsi les phénomènes saturés, ce qui se soustrait au principe de contradiction et qui établit donc le monde comme soumis au principe d'irraison cartésien, justification de l'existence de Dieu en gros, ou du moins de l'existence des choses irraisonnables dont fait partie Dieu. Le plus marrant, dans ce tissu d'absurdités est que le concept est explicitement exclu (ce qui fait l'originalité du système) dans une magnifique conceptualisation déguisée portant noeud papillon et pipe. 

    Au passage les phénomènes (la phénoménologie étant la pensée des nouveaux objets, ceux que l'on obtient en détruisant les concepts et qui donc ne sont plus des objets) sont "donnés". Le "es gibt" allemand, célèbre jeu de mot, faisant de la péri phrase "étant donné que", la justification des dons gratuits que l'on se doit de faire aux migrants en goguette. 

    La "donation" devient donc la source de tout. Une pensée contradictoire, par exemple, est un donné, tout comme Dieu d'ailleurs. Une splendide théorie de l'amour est alors produite et qui très justement substitue l'amour à la pensée, ce qui permet au passage de faire fi de la démocratie, l'égalité et la liberté étant forcément abolies par l'amour, on doit faire avec ce qu'on a. 

    Cette histoire de l'éthique comme abandon du rationnel ou de l'ontologie en général, est une veille idée de phénoménologiste. Heidegger apparait, l'immense génie qui réussit à force d'obscurités à persuader ses étudiants juifs et toute l'intelligentsia occidentale que l'on pouvait appeller "Etre", bien mieux que Dieu, car lui, non existant, le vieil esprit germanique pré historique, garant de la nécessaire extermination de la judenmacht. 

    Marion, élève de Derrida, mais catholique de l'Académie Française, est donc un grand philosophe Français. 

    Il y a plus jeune. Quentin Messailloux, adulé au delà du possible par le dinosaurien Badiou, proclame bien mieux et en fait dans la même veine de la proclamation cartésienne de l'irraison du monde (Dieu fait absolument ce qu'il veut avec les lois de la nature) affirme donc la nécessité de la contingence, c'est à dire qu'il n'y a qu'une seule nécessité, l'absolue irraison du monde, et donc son absolue contingence arbitraire.

    Une fois cela posé, tout est possible, y compris la résurrection des morts, et la révolution, voire un Dieu à venir. Cette splendide ouverture vers le n'importe quoi, pourtant justification du principe de contradiction lui même, exposé en détails dans les cours que le petit Quentin a séché à normale est revendiquée, considérée comme géniale et vendue à l'export. Pas mal. C'est moins dur à comprendre que Derrida, mais l'effet est le même: une gauche pleine d'espérance est au travail. 

    Au passage je suis très reconnaissant à tous ces beaux esprit de m'avoir fait voyager au pays de l'Esprit: ce fut extrêmement distrayant.

    On remarque tout de même que le penchant vers le religieux est particulièrement net, serait ce la mode? 

    La description de Messailloux de la genèse des poèmes de Mallarmé, à savoir l'ambition de Hugo et Lamartine de fonder une nouvelle religion basée sur les cérémonies théâtrales et poétiques illustre magnifiquement la genèse de cette gauche.  Née pour le malheur du siècle dernier, dans les convulsions de la révolution française, elle fut d'abord une volonté irrationnelle religieuse, cette même cochonnerie qui  nous ronge à nouveau.

    A bas la calotte ! 

     

    Comme référence à mes autres lectures, celles qui m'immunisent contre tout cela pour l'instant, on peut citer d'abord une certaine anthropologie, celle d'un Marcel Hénaff pour qui le don c'est d'abord une structure triple, où le symbolique joue un rôle essentiel, ce qui permet de faire justice aussi bien du mimétisme de Girard que de la donation aveugle de Marion.

    Pour préciser au sujet de Messailloux, il maintient tout de même le principe de contradiction dans sa contingence généralisée, comme quoi il y a des limites à tout. Il démontre cependant son irraison à partir de la non nécessité de la physique qui nécessiterait sinon un créateur "intelligent" (pas mal l'argument déiste, on dirait saint anselme).

    Alors qu'on pourrait au contraire imaginer une immanence  de la nature sur la base d'une mathématique décidable (ou non, qu'elle importance) qui imposerait nécessairement le surgissement de la nature depuis le vide. Celle ci deviendrait alors purement spirituelle, c'est à dire constituée de la nécessité logique de se manifester telle qu'elle est, toutes les constantes étant démontrables et toutes les forces logiquement nécessaires. Voilà ma théorie, bien mieux que Descartes ! Quand au fameux indéterminisme, le hasard qui permet de prédire le réel avec 7 chiffres après la virgule, il est bien au contraire gage de la variabilité du monde, il ne faudrait tout de même pas que l'on puisse aussi décider de l'instant de la création. 

    Il ne faut oublier Philippe Murray: le "XIX siècle à travers les âges", description de l'irrationalisme mystique de la gauche depuis son origine pour faire justice de ce qu'il y a derrière tout cela: l'effroyable arriération de la moitié de l'humanité, poussée du col par sa folie malgré ce qui heureusement avance et invente vraiment et qui continue de faire de moi un incurable optimiste: les méchants ont tort ! 

  • Je suis un sale Réac

    Ce titre m'accable mais il correspond à ce qui fait mes réactions à la triste réalité qui m'afflige jour après jour, du fait du passage de l'actualité. Ses éléments, la plupart navrants, tiennent moins aux faits qui restent ce qu'ils sont, que des réactions à ces faits, toutes plus absurdes, honteuses et révoltantes les unes que les autres. 

    Comment puis je moi, qui ne suis qu'un citoyen finalement assez ordinaire, me trouver en déphasage à ce point avec (presque) toutes les opinions communes qui s'expriment ? Serais je vieux ? Déjà mort ? Habitant sans le savoir de la planète Mars ? Non, je suis un sale Réac. 

    D'abord je ne respecte rien, intérieurement, de ce qui fait l'habituelle politesse. Une cérémonie d'anciens combattants ? Je n'y vois que la faiblesse physique et mentale de vieillards survivants, qui célèbrent hypocritement leur propre déchéance, en faisant semblant de révérer la jeunesse de ceux qui sont morts et qu'ils méprisent comme tels. Ignoble. Coprophile, littéralement.

    On continuera avec les génocides, juifs, arméniens, rwandais: leur célébration "pour ne pas que ça se reproduise", me dégoutent tout autant. Une célébration, par définition, c'est pour, justement, que CA se reproduise. Ce que veut la célébration, c'est que CA recommence, la célébration ou bien ce qui est à son origine. Bref, le sacré me débecte et tout ce qui s'y rattache aussi. Je méprise, et refuse tout cela. 

    Ce dégout va loin: il s'applique à la moitié de l'actualité depuis la petite machin qui a disparue, s'est faite violer, jusqu'aux victimes de toutes les cruautés du monde, dont je ne supporte plus la célébration des souffrances et dont je me fous par définition. Le moralisme activiste qui généralise des faits divers soit pour mieux excuser (l'immigration) soit pour mieux accuser (la société imprévoyante) me révulse systématiquement, toujours au contraire du bon sens. Le mien. 

    La célébration indéfinie de ces meurtres, de ces violences à éviter devient invivable et constitue littéralement l'actualité. Ce n'est pas Charlie Hebdo qu'il faudrait pour vomir et ridiculiser toutes ces horribles hypocrisies mais bien plus fort: la célébration directe, honnête et cannibale du bien que cela nous fait de voir tout ce sang! Le culte de la violence effective, que l'on pourrait provoquer de manière à en jouir plus intensément. De la vraie barbarie, quoi, de la puissante ! 

    Que dire des drames présents? Les migrants noyés, ou ceux qui ne peuvent se doucher faute des subventions payées avec mes impôts, et destinées à compenser l'imprévoyance des voyages aventureux dont ils refusent d'assumer les conséquences, que dis je, ils s'en plaignent. Et bien je  méprise ces voyageurs impolis. Leur sort, leur vies qu'ils estiment devoir se dérouler où ils le désirent m'indiffère totalement. Je n'ai que faire de leur noyade et réprouve leur saleté qu'ils n'ont pas les moyens (hors les milliers d'euros qu'ils versent à leurs maîtres esclaves) de nettoyer enfin. Des lâches, fils de petits bourgeois du tiers monde, assommés du porno occidental qu'ils consomment du fond de leur trou de ploucs minables, impuissants à réformer leur sociétés barbares, ça c'est du Céline ! Qu'ils repartent chez eux, qu'ils meurent, je m'en fous. 

    Car on en vient donc à ce qui fait le réac, son racisme. 

    Les peuples sont ce qu'ils sont, j'ai voyagé, je les ai vu chez eux, et j'en ai conçu ce que tous les hommes normaux conçoivent aisément: la diversité des géographies, des usages, des coutumes est par essence respectable et doit être respectée et ce d'autant plus qu'elle s'exerce en responsabilité, chez soi. Je regrette les colonisations inutiles et ruineuses, elle ne servirent à rien sinon à perturber brièvement l'histoire et à distribuer des médicaments qui multiplièrent les vies plutôt que de les améliorer. 

    Transposée ailleurs cette diversité est par essence conflictuelle: sans égards, elle outrage ce qu'elle ignore et ce qui l'ignore. Il s'agit là d'un fait inéluctable, présent partout, et qui constitue une attitude humaine que l'on peut qualifier de fondamentale. La violer génère le conflit. Ce qui est normal ici est méprisé là.

    La polygamie, le préjugé de séparation vis à vis des femmes, manger avec ses doigts, la circoncision. Des manies étranges dont il faut comprendre et respecter les pratiques sur les territoires qu'on a renoncé à réformer. Des pratiques infâmes et méprisables qui déconsidèrent, déshonorent et rendent à jamais incompréhensibles les hommes qui s'y livrent hors des territoires où cela est accepté. Des gens qu'on ne peut qu'utiliser, dont on se méfie, dont on ne veut pas les femmes. 

    Les femmes ? Parlons en. Les usages sont multiples. Un point commun à toutes les cultures (elles sont nombreuses) qui ne promeuvent pas explicitement la monogamie stricte: la filiation n'est pas familiale et se fait par le père exclusivement; cela se fait via une structure dit patriarcale, dénoncée à tort exclusivement en occident: la femme n'a pas de droits, pas de filiation, pas d'intérêts. On la baise et elle accouche, c'est tout. La captive propage la vraie existence, celle des maitres, ou du moins du petit nombre (très petit) de ceux qui auto proclamés maitres, exercent un pouvoir sans limite sur les sexualités et les richesses de leur esclaves, tous les autres ceux dont la race faiblarde (hélas je suis un peu raciste) fait qu'ils ne se révoltent pas. Car il n'y a pas que les femmes qui sont esclaves de ces belles cultures, les hommes aussi bien sur. 

    Il y a malgré cela les exotiques moeurs de la "nouvelle guinée" ou tout est renversé et où l'homosexualité règne, pour le plus grand bonheur des spécialistes de la future filiation occidentale, enfin non paritaire. Ils contredisent en tout mon racisme, bien qu'en quantité faible, mais cela n'a pas d'importance, évidemment. 

    La circoncision? Parlons en. Au contact du judaïsme et des juifs, je sais très bien que le rite sépare et que les occidentaux juifs, naïfs ou madrés, méprisent secrètement les impurs barbares au pénis fromagé. Ils ignorent qu'au delà des nazis qui déculottaient les écoliers, les occidentaux chrétiens pas tous saisis par les rites de purification américains, considèrent indigne que l'on puisse se livrer à des mutilations sexuelles. Oui les chrétiens se sont séparés, païens, des juifs sur cette question et elle est définitive et fondamentale. Un jour viendra ou l'on interdira,  je dirais évidemment, que des adultes raisonnables puissent infliger à leur enfants, quelque soit leur âge, ce qui est une irresponsable, horrible, humiliante et méprisable scarification barbare.

    Que dire du pauvre Islam, qui reprit l'usage, et en fit un supplice à supporter conscient, à l'adolescence; pour mieux marquer sa soumission et son esclavage envers l'horrible sujétion à l'infâme ?  Je déteste, conchie et méprise ces usages et je le proclame ! Que des hommes prétendent à ce que je les respecte et continuent secrètement de me mépriser pour ne pas pratiquer leurs infâmes macérations me révolte: je ne leur suis rien et veut m'en séparer tant qu'ils continuent à pratiquer d'aussi ignobles sévices qui ne sont que lamentables et honteuses violences pédophiles. 

    On en vient donc à ce que certains continuent donc d'appeler le "respect". Je ne respecte rien de ces barbaries et veut les interdire. Voile, interdits alimentaires, circoncision, fêtes immondes célébrant des meurtres d'enfants ou pire leurs rétractations (le "enfin" qui l'accompagne en montre d'autant plus l'abomination), sans parler des sacrifices d'animaux qui loin de souiller les baignoires, irritent surtout le bon sens. Je veux des lois qui empêchent ces horreurs.

    Mais parlons du fait même du voyage, du déracinement. Ainsi donc, né en Afrique, on souhaite changer d'air ? 

    Pourquoi exactement ? Après tout, le continent en question, vaste géographiquement, habité de longue date, qui fut pour certains occidentaux (au siècle dernier) l'image même de l'aventure, devrait stimuler l'imaginaire de ses natifs. Et bien non. L'appel de la chaussure de tennis, de la casquette rigide, du short en soie est plus fort: c'est le nord qui va à mon imaginaire. A moins que ce ne soit la faim, l'ignoble faim du surnuméraire termite, rassemblé en ban et qui va là où on donne de la graine, tel le pigeon. Nul projet, nulle envie, seulement la faim, l'ignoble faim de la vie, qui n'est causée que d'antibiotiques délivrés à tort par des inconséquents. 

    Et bien je ne respecte rien de cette faim là: elle me révulse, me dégoute et me donne envie de la rejeter voire pire. Car le problème est bien celui de la démographie: comment libérer ces pauvres femmes de l'obligation de faire plus de 2.0 enfants dans toute leur vie ? Et bien cela sera une politique, bientôt. Car elle se doivent enfin de peupler les terres où elles naissent et pas les autres où le désespoir qu'elles engendrent ne peut que se tourner. Qu'ont elles fait des médicaments qui leur sauvent la vie à la naissance de leur premier nés ? Des surnuméraires, que leur mères ne faisaient pas, et qu'elles produisent telle les machines qu'elles sont devenues. Il faut que cela s'arrête ! 

    Cri de haine à interdire ma protestation ? Elle est celle de beaucoup, elle est celle de l'évidence. A rebours de l'actualité. A rebours des sentimentalités ignobles qui gonflent le moralisme moderne que je refuse. 

    Je ne suis qu'un sale Réac. 

    Un interview sur youtube d'un vieil algérien, exprimant son mépris souverain pour ceux qui partent en Europe. Exprimant avec racisme sa détestation des Français colonialistes et sa haine pour les jeunes dénaturés qui ne veulent vivre que comme eux.

    Et bien il est l'image même de ce que je respecte et de ce que je recommande d'imiter: la sagesse des nations, la fierté des pays, ce qui fait les vieux cons, les sales réacs, plein de l'honneur des peuples qui se respectent car maitres de de leur cultures, de leur choix, de leur destin, de leur bon sens, de leur liberté. Qu'ils oppriment et massacrent ceux qui leur déplaisent, quand ils le font c'est chez eux et c'est leur droit car c'est eux que cela concerne. Leurs gamins en trop, ils se les gardent (ou ils le devraient) ou ils les avortent (ou il le devraient). 

    Ce sont les sales Réacs. 

     

     P.S En l'absence de commentaires. 

    Nous sommes le 21 Juin 2015. Après un long interview de Florient Philippot, Serge Moati, organisateur de la cérémonie au Panthéon de Mitterand, illustre interviewer des franges sombres de la société Française, évoque un sujet clivant pour stimuler la discussion, devenue trop technocratique. Il parle donc des migrants qui arrivent, et donc, du "cimetière marin" qu'est devenue la méditerranée. J'ai ressenti alors une violente bouffée agressive. Je ne suis qu'un sale réac.  

     

  • Heidegger

    Un spectacle télévisuel inouï (à mon sens) est en ligne: il s'agit des vidéos du colloque "Heidegger et les juifs", qui s'est tenu à la BNF et au centre culturel Irlandais du 22 au 25 Janvier 2015. 

    Les vidéos sont disponibles sur Dailymotion, mise en ligne par  la revue "la règle du jeu" fondée par Bernard Henry Levy. La plus importante, sans doute, celle de Peter Trawny:

    http://laregledujeu.org/2015/03/03/19502/heidegger-et-les-juifs-la-conference-de-peter-trawny-en-video/

    auteur de http://www.seuil.com/livre-9782021182552.htm consacré aux fameux «Cahiers noirs» («Schwartzen Hefte») de Heidegger, récemment publiés et révélant un antisémitisme dont la nature reste problématique de la part d'un philosophe de cette importance. 

    Les tons, les accents, les attitudes, les mains tremblantes des orateurs lisant des feuilles de papier tournées nerveusement, font des interventions les scènes d'une pièce de théâtre fascinante et exceptionnelle. Qui plus est la manière dont les désaccords sont exprimés n'est pas commune: des divergences complètes sont exprimées calmement dans le cadre de prétentions philosophiques absolument inouïes: l'être du monde, l'histoire de l'être, l'être lui même sont évoqués, et flottent dans l'air, crevant l'écran. 

    Bien sur, certaines interventions sont un peu moins prenantes, mais globalement le spectacle (...) est absolument fascinant.

    En gros, il parait difficile de soutenir (même si cela est tenté par des intervenants calmes et courageux) que Heidegger ne fut pas nazi. On pourrait dire qu'il fut "ultra nazi" (au sens de "ultra violet") même si il fut finalement déçu par la tentative nazie de modifier la trame même de l'histoire, ce qui l'innocente d'une certaine manière, car les choses auraient pu être pires. 

    Ainsi, il ne participa pas vraiment à la fête, n'y fut pas convié et ne fut pas cité (il fallut attendre pour cela les intellectuels Français de la seconde partie du siècle, à son grand dam, d'ailleurs). On verra avec les publications prochaines du reste de ses écrits à quel point il le regretta. 

    Mais l'essentiel est ailleurs: il inventa un "post religieux" basé sur la manipulation du langage qui fascina le siècle. Plus que tout il est donc l'antithèse absolue à poursuivre éternellement: peut être la dernière tentative de l'humanité à fonder un ordre surnaturel. La fin de l'histoire de l'Etre, cette chose horrible, que, et c'était pourtant l'interdiction de la déesse de Parménide, il tenta de soustraire au principe de contradiction. 

    A ce propos, il convient de laisser tout de même la place à la philosophie en faisant fête à Barbara Cassin, qui connut Heidegger, et présente ici justement le texte de Parménide: 

    http://books.openedition.org/cdf/1449?lang=fr

    A ce propos, Hadrien Laroche (http://www.dailymotion.com/video/x2j7x7w_colloque-heidegger-et-les-juifs-hadrien-laroche_creation) fut un intervenant qui infligea, non pas le bruit des feuilles tournées, mais le dos marqué par une pomme de l'ordinateur qu'il utilisait plutôt. Il est vrai que, sportivement, il mentionna que Heidegger condamna en son temps explicitement la machine à écrire, et ce justement dans son cours sur Parménide, dispensé durant l'hiver 42-43, pendant la bataille de Stalingrad. 

    La question de la vérité est ainsi centrale (les arguties sur la notion d'aletheia sont sans fin, tu parles) et nous concernent tous, et pour toujours. Heidegger fut l'un de ceux qui sur ces questions, prirent position. 

    Il fut ainsi un grand contempteur de la technique, de la cybernétique et de la science, au point d'ailleurs que ses projets en furent victimes et c'est l'une des leçons de cette époque là. Alors qu'un deuxième round de ce match est en cours, il convient ainsi de s'en souvenir. 

    Pourtant, l'histoire quoique tragique, n'est pas finie, et nous réserve, forcément, des surprises. En gros, et c'est ce que j'en retiens, le questionnement philosophique reste et doit rester toujours "ouvert", et il se trouve, que oui, cela est sans doute le testament de Heidegger. 

    (pas mal non?) 

  • Les frères

    Il faut se préparer à une évolution des discours publics (mais pas de tous) au sujet de la présence en Europe d'un grand nombre de personnes d'origines Africaines ou moyen orientales, et marqués à divers degrés par la culture musulmane. 

    Cette évolution devrait accompagner, celle récente, d'un certains nombre de pays du monde au sujet d'une composante importante de ce que l'on appelle l'islamisme en général, et qui est la confrérie des "frères musulmans". 

    Ensemble idéologique et politique transnational, à l'origine égyptien, la confrérie, qui n'est pas en elle même dotée d'une organisation centralisée, est connue pour influencer ou plutôt être soutenue par des organisation aussi dissemblables que l'UOIF Française (dont est membre un Imam Français respecté, Tarek Obrou), le Hamas palestinien, et bien sur l'organisation des Frères Musulmans en Egypte, brièvement au pouvoir avant un coup d'état militaire qui prononça la condamnation à mort de centaines de ses membres. On doit également mentionner le président de l''Association internationale des savants musulmans", Youssef Al Qaradawi, citoyen Qatari, prédicateur sur Al Jazeera, personnage clivant bien connu. Qaradawi est par ailleurs actif en Europe, où il préside (d'où?) Le "Conseil européen pour la fatwa et la recherche". 

    Quels sont les rapports entre AlQuaradawi et Tareq Ramadan? La question est intéressante, et il faut bien reconnaitre que Ramadan à  part des allusions et des connivences géographiques n'est pas explicitement rattaché au personnage ni à la confrérie. Il a néanmoins des rapports qui ne sont pas hostiles avec l'éminent religieux Qatari. Ramadan est depuis peu (2012) directeur du "Centre de Recherche Islamique sur la législation et l'éthique", basé à Doha (Qatar). On le qualifie ainsi de "proche" de ce milieu et il parait difficile de soutenir qu'il en est l'adversaire idéologique. Au minimum un compagnon de route, dans le sens classique du terme. 

    Le Qatar, publiquement soutien ces dernières années de la confrérie, est fortement battu en brèche par la défaveur récente de la confrérie dans le monde arabe. La récente classification comme "terroriste" (en Novembre 2014) par les Emirats Arabes Unis des associations liées aux frères (dont d'ailleurs UOIF Française) en est la marque. S'agirait de la résistance des pétro-monarchies à une idéologie, pourtant soutenue par l'une d'entre elles, qui pourrait remettre en cause leur autorité ? Intéressante question.

    Un pan de la nébuleuse "islami(que,iste) se trouve donc identifiée, et les noms de Marwan Mohammed,  Nabil Ennasri, et bien sur Tariq Ramadan y sont associés. 

    Nabil Ennasri est un jeune intervenant fréquemment invité pour parler (et défendre) le Qatar. Il est financé par l'Emirat et exprime des points de vues nuancés, très nuancés avec une grande prudence. 

    Marwan Mohammed, du CNRS, l'un des concepteurs de l'Islamophobie, le sabre laser idéologique d'un mouvement d'opinion dont on peut saisir clairement les contours maintenant. On ne saurait être jamais assez reconnaissant à Caroline Fourest d'avoir identifié la lumière verte et de lui avoir magnifiquement résisté. La condamnation et la manipulation médiatique de la chose ainsi nommée est clairement une habileté, rendre illégale les opinions de son adversaire étant évidemment une stratégie. 

    De quoi s'agit il? Non pas d'un complot, car tout cela est en fait parfaitement public, même si encore un peu obscur, mais d'une cohérente vision du monde, visant à instaurer un communautariste religieux en Europe en prenant le contrôle d'une partie de l'immigration de culture musulmane. 

    Ce qu'il y a d'intéressant dans ce mouvement multiforme, c'est sa similarité avec le bien connu communisme, qui fut finalement mis à bas il y a 30 ans: même entrisme, même hypocrisie, même soin des banlieues et du peuple, même idéologie autoritaire et religieuse. Ce bien connu là devrait permettre à l'Occident de s'en débarrasser. Simplement cela pourrait lui prendre un peu de temps. 

    Pour finir, il est vrai que M. Ramadan a trouvé plus "à droite" que lui, voir http://la-verite-sur-tariq-ramadan.over-blog.com.  On a les adversaires qu'on mérite et ceux là sont particulièrement saignants. Leur présence excuse en partie la prudence du prédicateur qui a sans aucun doute des préoccupations que nous n'avons pas: tous ces gens là sont très loin de nous, c'est assez clair.    

  • Lettre à la république

    Kery James est un rappeur originaire de Gouadeloupe, dont le vrai nom est Alix Mathurin. 

    Il est converti à l'Islam, et semble manifester une identité mixte, influencée par l'Afrique. 

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Kery_James

    Une oeuvre récente, parue en 2013, est la relativement connue "Lettre à la République". 

    http://genius.com/Kery-james-lettre-a-la-republique-lyrics 

    Le propos est intéressant et comme beaucoup d'oeuvres issues du monde du rap, du moins tel que je perçois, particulièrement poivré. 

    Il traduit, en gros, une volonté critique de la société exprimant un point de vue extérieur peu souvent affirmé avec cette force sur les médias Français. 

    A noter le contraste ré-affirmé entre nous et vous manifestant une solidarité incontestable avec la République citée dans le titre. Le vers: Que personne ne s'étonne si demain ça finit par péter exprime sincèrement en apparence une volonté claire de rompre avec le passé. 

     

    Pourtant Kery James, bien que manifestant clairement son adhésion à l'esthétique rap, fut l'auteur de chansons finalement assez tendres, par exemple:

      http://www.rap2france.com/paroles/kery-james-love-music.html

    Je maintiens par contre, pour l'essentiel de l'oeuvre, le poivre.

     

    Bon, pour me détendre, je me passe un disque: 

    http://open.spotify.com/track/5cgfva649kw89xznFpWCFd  (Nouvelle Vague)

    Il s'agit de "too drunk to fuck", un titre adapté des "Dead Kennedys"

    http://www.azlyrics.com/lyrics/deadkennedys/toodrunktofuck.html

     

    On peut aussi écouter avec profit: 

    http://open.spotify.com/track/5mJ5nPfIEOWxKrsCjYS9Kv (Alternative Electro Hits)

    http://open.spotify.com/track/7dQpdB48B0FlPjbmnJ0aIo (Los coronas)

    http://open.spotify.com/track/2IqtZoh1OyAFf1YSSb9iUs  (Arizona Baby)

    https://play.spotify.com/album/70gbLUp3sD17cvwColbAWE/4Z1Py5UCvSLtLgoauEMBng (Dead Kennedys)

     

     

     

     

     

  • La sémiotique de Peirce

    Il s'agit ici de classifier le significatif, en Français, avec des mots. 

    http://www.signosemio.com/peirce/semiotique.asp

    Le théoricien dont on reprend les classifications est américain : Charles Peirce. (prononcez "perce").

    D'abord le monde est trine, c'est à dire ternaire: tout est trois. 

    1) La sémiotique est formée de 3 "fonctions": le signe, l'objet et le signifiant. 

    ici signifiant = representamen (désolé), le signifiant interprète, agit, et se trouve être lui même un signe, qui reproduit la danse éternelle de la semiosis, ad infinitum. 

    2) Chaque signe peut se manifester de 3 manières, comme qualité, évènement, ou convention. 

    Peirce dirait comme qualisigne, sinsigne ou légisigne.

    3) Le signe peut renvoyer à l'objet de plusieurs manières, comme une icône, un index ou un symbole.

    4) Chaque signifiant peut être une variable, une proposition ou un argument. 

    Peirce dirait un rhème, un dicsigne ou un argument. 

    5) A partir de là, toute les expressions significatives se trouvent classifiées. Une signification se trouvant formée d'une sorte de signe, d'une sorte de renvoi à l'objet et d'une sorte de signifiant.

    En vertu de la hiérarchie des ternarités, le troisième se trouvant supérieur au second et lui même au premier, et comme toute signification comme signe, objet et signifiant se trouve ainsi classée, on ne trouvera de signification que comme objet d'arité inférieure à son signe, et de signifiant que d'arité inférieure à son objet.

    Ce qui nous fait seulement 10 significations: 

    1) qualité, icone, variable : un sentiment vague 

    2) évènement, icone, variable : une figurine 

    3) évènement, index, variable : un cri 

    4) évènement, index, proposition : l'orientation d'une girouette  

    5) convention, icone, variable : une onomatopée "cocorico"

    6) convention, index, variable : un désignateur  "ceci"

    7) convention, index, proposition: un feu rouge (il y a une condition)

    8) convention, symbole, variable: un nom commun "pomme"

    9) convention, symbole, proposition : une proposition "il pleut"

    10) convention , symbole, argument : une demande de fermer la fenêtre "il fait froid"

     

    6) Continuons: 

    Il y a les indices, les icônes et les symboles.

    Les indices appartiennent au monde, alors que le icônes lui sont rajoutées.

    Les icônes ont un lien de ressemblance avec l'objet, alors que les symboles selon Pierce expriment une convention sociale, l'exemple type étant la balance qui symbolise la justice. 

    Le symbole: un signe qui renvoie à l’objet qu’il dénote en vertu d’une loi, d’ordinaire une association d’idées générales, qui détermine l’interprétation du symbole par référence à cet objet. 

  • Le Symbolique

    Je sens que je vais me dissiper sur les conceptions du monde. Aujourd'hui le "Symbolique". 

    Bon il s'agit d'un résumé de bricolages intellectuels issu du désordre de mes lectures, mais au moins je dis ce que je pense et puis avant de les comprendre, il convient de savoir que certaines choses existent, tout simplement. 

    On reconnait au symbole le caractère étymologique d'être formé des deux parties d'un objet plat déchiré dont on peut vérifier après leur séparation qu'ils coincident, ce qui est une forme d'authentification. 

    On peut aussi reconnaitre au symbole d'être par définition, un signe particulier dont le caractère est d'être dans un rapport de ressemblance conventionnelle avec son signifié. La balance est ainsi un symbole de la Justice. 

    On appelle "ordre symbolique" le domaine de pensée ou se régissent les certitudes communes à tous, par opposition à l'ordre imaginaire où ne se manifestent que les arbitraires liés à un individu.

    L'ordre symbolique fut théorisé par la psychanalyse de Lacan, et évoque explicitement la nécessaire domination de la paternité mâle, ce qui vexa les féministes; le discours moderne déconsidérant maintenant absolument de telles conceptions. 

    A partir de là on tout ce qu'il faut pour élaborer des discours variés et en tirer des conclusions tout aussi variées. Allons y.

    Car il s'agit pour moi d'essayer d'y voir clair dans ce que j'appellerais le "symbolique", un mode d'expression qui soutient la parole publique, parole qui se veut à la fois publicitaire et politique, vendeuse et dotée d'autorité. Il se veut aussi amoureux et familial dans l'espace privé et bien sur actif dans l'espace religieux, à la frontière du privé et du public. 

    D'abord ce mode d'expression est particulier. Il ne conduit pas à une parole "normale" en ce qu'il est un discours actif devant produire des effets particuliers lié à la collectivité. Il ne s'agit pas, pas du tout, de dire "passe moi le sel". 

    Reconnaitre l'existence, et l'importance, de ce mode est ainsi absolument important: l'ignorer c'est se mutiler, c'est réfléchir à coté de la vie. Il est une partie du monde, s'y frotter fait partie de toutes le vies (etc, etc).

    Le monde moderne a clairement un problème avec le symbolique. Mieux que ça, son histoire est celle du combat contre toutes ses manifestations. Ce qu'on appelle l'émancipation moderne est le processus de sa destruction systématique. Royauté, Religion, Société, Morale, tout fut mis en oeuvre pour ruiner toutes les paroles de soutien à "l'ordre établi". Le processus, bien que n'ayant pas de fin, a produit des effets négatifs sensibles et et qui peuvent encore s'accentuer, ceci au détriment de la société dans son ensemble et c'est là le problème. 

    D'abord il faut bien voir que le phénomène est peu ou prou à l'origine de ce qu'on appelle la civilisation occidentale, entièrement occupée à se détruire elle même, cela depuis les guerres de religion du XVIème et XVII ème siècle puis par tout le reste de ce qui a constitué la "modernité". Cette destruction fut éminemment positive en ce qu'elle a généré précisément ce que nous sommes, et qui a tout de même bien des avantages sur ses points de départ, ruraux, superstitieux, soumis aux famines et aux guerres destructrices.

    Ensuite qu'il s'est accéléré récemment, pour tout dire après la seconde guerre mondiale en Europe, qui a introduit une étape nouvelle dans l'émancipation heureuse de l'humanité de ses croyances antérieures. Heureuse car elle fut celle du plaisir de vivre pour lui même, et cela comme jamais dans l'histoire et surtout comme jamais avant dans l'histoire de l'abandon des religions traditionnelles catholique et protestante et il faut bien le dire juive, le fameux "retour du religieux" n'étant qu'un dernier prurit de quantité négligeable, malgré tout le bruit qu'on voudrait qu'il fasse. 

    Cette perte et oubli du mode religieux de l'expression a pourtant un coté préoccupant: il conduit à l'ignorance totale par la société du mode d'expression symbolique et ou à sa manipulation désordonnée inconséquente et  dangereuse. 

    Bien sur, il y eut les manipulations fascistes et communistes, successeurs auto proclamés au christianisme du début du siècle. Parfaitement pathologiques, elle furent crues et suscitèrent des fois extraordinaires qui soulevèrent des montagnes et tuèrent des millions d'hommes. Cependant, elles ne furent que des religions et le symbolique qu'elles exprimèrent suscita un tel dégout que pour sur, jamais plus l'humanité ne se livrera à de telles horreurs. Car la religion est la première source de la violence généralisée et jamais la preuve n'en fut administrée à ce point. Les symboliques en général furent ainsi victimes de cette guerre là, difficile de le nier. 

    Ainsi donc, nous en avons trop fait, au point de devenir ignorant en apparence d'une composante importante de l'humanité, et cela malgré tous les savoirs que nous avons accumulé. Bien sur, l'information existe et le prodigieux pouvoir de renouvellement dont nous disposons nous le fera réaliser, mais il faut tout de même s'en mêler, les choses ne se faisant jamais toutes seules. 

    Cet abandon fait souffrir. Le désarroi est fréquent, global, visible, ses symptômes nombreux. Partout des ratés, des couacs, des désespoirs. Un président rejeté par 80% de la population après deux ans de pouvoir, des discours publics méprisables et méprisés, une méfiance, un pessimisme généralisé. Bref, la parole publique est devenue impossible, ou bien n'est qu'une parole de détestation, de dénonciation, de moquerie, de défiance. Le Symbolique manque, il est ce qui manque, précisément. Quel est il ?   

    D'abord le symbolique n'est pas QUE religieux. C'est la première thèse. Toute tentative d'associer à sa défense une volonté de recréation du spirituel, d'invocation de surnaturel ou de redécouverte de traditions immémoriales est possible certes mais ne peut jamais lui être exclusif. Il y a "autre chose" (que le religieux).

    Il faut donc qu'un autre support d'expression le fasse manifester et il est celui précisément que le religieux a abandonné sous nos yeux, à la fois à raison et à tort. Il s'agit du national et du familial, ce qui est à la base de la formation des sociétés. A raison, car le religieux ne peut soutenir l'Etat démocratique sa police et son armée, à tort (pour lui) car le religieux comme contrôle de la formation du social n'a maintenant plus sa place dans nos sociétés. 

    La tentative de l'être suprême de la révolution ayant échoué, l'Etat se doit donc de symboliser hors du religieux. Il le peut, car sa nécessité et le respect qu'on doit lui porter a une évidence que personne ne nie, mais pour que le symbolique fonctionne il doit se débarrasser de toute indirection et donc de tout espèce de religiosité.

    La deuxième thèse sera donc claire: l'Etat moderne doit proscrire dans le symbolique toute relation à ce qu'on appelle les "valeurs" et devenir enfin athée au sens plein, de façon à ne respecter que ce qui est le bien commun nécessaire, laissant le peuple en charge de sa conduite morale libre, comme le veut l'évolution visible de l'humanité. 

    Qu'est ce que la morale ? Elle est ce qui conduit l'humain sur la voie de la pureté personnelle. Or l'Etat n'a que faire de cette pureté là. Il doit régler la prolongation de la vie collective, la propreté des rues et la défaite sanglante des ennemis de la République. L'Etat EST impur et doit se salir avec les avortements, les expulsions du territoire, l'autorisation de la pornographie, du rap et du blasphème et aussi la condamnation à de longues peines de prison.  

    Sous quelles forme cette abandon du "moral" doit elle se faire ? Et bien sous la forme de la loi, mais de la loi bien comprise. Il y a des débats à avoir ici. Par exemple, le voile islamique doit il être proscrit par l'Etat dans le domaine public car il est un symbolique polluant, ou bien autorisé et protégé comme expression de la liberté morale individuelle ? Les deux faces du libéralisme contemporain peuvent se manifester ici.

    Pour ma part, je veux et propose la première solution: l'Etat doit être jaloux et doit refuser d'être mis en concurrence avec des formes dégénérées ou antérieures de l'état social à maintenir entre les hommes. Le spirituel ne peut être que strictement privé et ne peut avoir, hors le festif particuliariste aux frais de ses adeptes, aucune espèce de reconnaissance symbolique publique effective. 

    Cette position est une forme dure de la laïcité, beaucoup plus dure que celle de la laïcité  franc maçonne du début du siècle qui voulait en faire une forme religieuse "avancée". Je souhaite la disparition complète de la référence au religieux sous toutes ses formes. Par religieux j'entends toute croyance à des valeurs variées susceptible d'interprétations divergentes par les êtres libres qui constituent la Nation. 

    Par exemple, la visite en quippa dans une synagogue par un président de la République en exercice, l'enseignement du fait religieux dans les écoles, la prise en charge de l'égalité des sexes par l'école, la répression des opinions par des lois mémorielles, le port du voile dans des lieux financés par l'Etat tels que les universités, l'organisation de la formation des imams, le financement indirect de la construction de lieux de culte. Vous en voulez d'autres ? L'interdiction de fumer dans les lieux publics, le mariage avec réduction d'impôt de personnes évidemment stériles, le droit à l'enfant technique hors de prix au frais de la collectivité, le droit aux soins médicaux et transport gratuits aux étrangers en situation irrégulière, la création d'emplois municipaux pour assurer la paix sociale, le jour de carence des fonctionnaires, la notion de solidarité sans limite qui justifie une imposition désespérante, etc etc. 

    Pour faire court: le socialisme moralisateur est porteur d'une forme dégénérée de religion particulièrement odieuse et pénible, je dirais vomitive: une bigoterie insupportable, celle du sentimentalisme suicidaire, du principe de précaution délirant. Une religion du Pérou: des plumes, et des rites absurdes, qui font lever les yeux au ciel de tout le monde, y compris, c'est un comble, des croyants qui la croient nécessaire ! 

    Et bien cette nouvelle et maintenant nécessaire notion d'obligation d'une forme absolument privée de la religion est, oui, en contradiction avec celui des populations adeptes de l'Islam qui se sont installées en Europe récemment. Et bien ma proposition consiste effectivement, et il faudra en prendre le risque, à les obliger tous à changer de conception quand à l'espace public commun. Car cet espace commun doit être libéré de ce qui fâche pour être mieux consacré à l'exercice des libertés. Libertés qui sont tout sauf les manifestations collectives identitaires d'appartenance à des communautés, assimilées à des manifestations ou à du festif et donc strictement réglementées. 

    Le religieux, par ce que particulier et donc différent du mode de vie de la totalité de la Nation, n'a rien à voir avec la Nation et doit être privatisé, je dirais absolument. C'est la condition nécessaire de l'exercice des libertés par tous. Le monopole de la violence doit rester à l'Etat: celui ci doit maintenir la paix civile et ne pas intervenir dans un quelconque débat de valeurs. 

    En échange de ce qu'il faudra bien appeler une mutilation, et bien la Nation doit elle aussi se transformer: les références morales, substitut honteux du religieux qui polluent l'esprit des malheureux désaxés de gauche, de ceux qui se prétendent "à gauche", devront se taire: ce sera un prix à payer pour certains et nous en serons débarrassés.

    Car le ouf de soulagement qui suivit la mort du dernier catholique sentencieux, obsédé de son salut, des ses travers sexuels, sera redoublé à la mort du dernier socialiste quand disparaitra à jamais la transmission de la conscience du prolétariat exploité et la volonté de guider les hommes dans une mauvaise foi. 

    On parle ici de "sexuel": il y a quelque chose de sexuel dans les représentations publiques de la religion, d'ailleurs maintenant manifestes: qui parle de ses orgasmes ?  Qui parle de ses extases ? De l'impureté de telle ou telle pratique ? Car si ces significations qui s'expriment dans l'art et la culture en général, et qui peuvent à l'occasion se montrer en public à telle ou telle occasion, n'ont pas à intervenir dans la gestion du symbolique par l'Etat: point d'évocation d'actes sexuels pendant les minutes de silence par exemple.

    Car la femme voilée est, à proprement parler, obscène pour certains, et la viande hallal n'est ni plus ni moins qu'un accessoire de bain, possible, mais dont on ne peut parler que de manière gênée. 

    La vérité est que les costumes en général, qu'il soient de tissu ou de moeurs, sont des marqueurs d'unité et ne peuvent se juxtaposer avec d'autres, par définition.

    On peut en considérer la diversité de plusieurs manières: d'abord comme marque de soumission: la présence de chefs tribaux en chèche lors des 14 juillets montre bien la défaite militaire qu'il ont subi dans le passé et il en font ainsi la représentation pour l'édification des contribuables. Ou bien comme marque de respect quand à leur vaillance lors de la fameuse défaite en question. Un pis aller, dirais-je.

    Ou bien comme une marque que la défaite ne fut pas totale, et qu'on leur a laissé du pouvoir. Ils figurent alors comme traitres et collaborateurs , administrateurs suivant leur lois de populations dotés de droits différents. Nous y sommes, cela s'appelle le communautarisme colonial et cela doit être absolument exclu. 

    Ainsi donc, la République ne peut souffrir aucune espèce de marque vestimentaire ou symbolique d'une concurrence quand à la gestion de l'Etat: pas d'examinateur de la pureté d'un abattage, et pour tout dire pas d'abattage rituel institutionnalisé; pas de certificat médical de virginité, pas de diplôme de prêtre. 

    Pour finir, je propose d'en revenir strictement à ce qui est le symbolique possible, respectable et respecté et qui est manifesté aussi par tous les cultes, ce qui en fait malgré tout la dignité, malgré leurs autres prétentions.

    Les questions de la naissance, et de la mort, celle de la souffrance et aussi de la violence nécessaire. Celles du respect silencieux, hors toute interprétation, sacrifice, célébration, ou sermon. L'Etat peut et doit assumer cela, d'une manière respectueuse de la vraie humanité, débarrassée symboliquement des particularismes qui la séparent, et donc véritablement universelle.  

    Cette modernité là est devant nous et reste à faire.  

  • Sir Tariq

    Tariq Ramadan se décode. C'en est même un plaisir. A l'heure où le monde entier bruit du Houellebecque, il convient de demander son avis à l'indigène. C'est fait. 

    http://www.lepoint.fr/societe/tariq-ramadan-houellebecq-est-au-roman-ce-que-zemmour-est-a-l-essai-06-01-2015-1894441_23.php

    Décodons, donc. 

    D'abord il a clairement ici un discours "dominant" qui juge, classifie et démonte ses adversaires. 

    Rien à voir avec le discours humble d'un étranger (il n'est pas citoyen Français, mais Suisse) qui plus est minoritaire culturellement. Au contraire, on juge et déconsidère en une seule phrase deux succès de librairie Français récents. Dont acte, le monsieur est ici chez lui. 

    D'abord une erreur: les musulmans ne sont pas, justement, dans les zones "péri-urbaines" (en fait "sub-urbaines") qui abritent ceux qui ont précisément fui les "banlieues" pour cette raison. 

    Cette conquête, aussi, des zones d'évasion est inquiétante. C'est le but: inquiéter.

    Ensuite, le souhait de prendre garde à la  "stigmatisation car on va s'aliéner une partie de la population" est délicieusement ambigu: stigmatiser qui ? les racistes ou les musulmans ? C'est une figure que de désigner simultanément soi et les autres en position désavantageuse, soi pour se faire plaindre, les autres pour les mépriser.

    Ainsi donc "la soumission" est un "don de soi". Que l'on puisse, car occidental, ne pas souhaiter donner de soi à quoique ce soit, ne doit pas passer par l'esprit, du moins du sien. Surtout qu'immédiatement après, ce "don" devient une "libération", ce qui , à strictement parler le contraire radical de l'acception généralement admise, et qu'il convient, nous sommes entre intellectuels, de déconstruire. 

    Vous remarquerez ainsi la figure dite du "petit pont" qui permet, c'est magique, de passer de la "soumission" à la "libération" en passant par le "don". Une pure merveille, que dis je une escarboucle. Bravo ! 

    Nous terminerons par la crux de la démonstration, le fait que "en occident", les "femmes musulmanes" mieux formées que les hommes (de toutes les obédiances) mettent à mal (pincez moi) le modèle patriarcal (de toute obédiance), du fait du manque d'hommes à leur portée intellectuelle. Une telle revendication de la nécessité de la polygamie, à son seul avantage,  mérite un premier prix: mesdames,  voici Sardanapale ! 

    Au final on fera remarquer un manque patent d'empathie pour ses hôtes, doublement étrangers, doublement méprisés donc. Cela se voit. 

    Ce manque fut similaire à celui remarqué à la télévision (nous sommes le 6 Janvier 2015) quand le brillantissime Ali Badou, ex compagnon de la fille de Mitterand à sa mort, péta les plombs en direct en se déclarant blessé par l'ignoble bouquin du déconnant édenté: son intelligence d'agrégé de philosophie (d'après wikipédia) ne lui permet pas, donc, de percevoir les sentiments communs de ses compatriotes. 

    Que dire alors d'un Suisse! Nous sommes donc dans l'incommunicable... 

    Pour préciser, au sujet des sentiments communs: l'image publique de tout ce qui rattache à l'Islam, sa religion, ses traditions, ses croyances, ses modes de vies, ses pratiques, son identité, ses traditions, est absolument catastrophique. Un désastre absolu et irrémédiable, et pour longtemps. Ne pas le considérer, le comprendre, l'admettre, le prendre en compte est de l'aveuglement, de l'étrangeté, de la bizarrerie, de l'ignorance, voire de la bêtise.

    De la part de représentants éminents d'origine ou de culture musulmane, c'est ne pas pratiquer ni comprendre du tout une vertu toute chrétienne, qui n'est pas la soumission, mais l'humilité.  

    Car quelque soit la bonhommie évidente de commerçants ouverts le soir et de tous les braves gens que nous pouvons côtoyer, nous ne pouvons nous empêcher, nous le peuple, malgré notre culture, malgré notre tolérance, malgré notre christianisme résiduel, de soupirer, de gémir, de maugréer, de ronchonner et pour finir de juger sans parler des décisions à venir. 

    Plus que jamais, l'incompréhension, le manque d'humour, la distance infranchissable, sépare les hommes. Cela est il du à la bêtise de certains ? A l'habileté d'autres ? 

    P.S. Pourquoi "soeur" Tariq ? Parce qu'il n'est pas mon frère ! 

  • Penser avec son C.

    La trêve des confiseurs est commentée par une éminente et influente journaliste, Natacha Polony, dans une chronique de fin d'année qui fait office de synthèse, et qui prépare l'avenir. 

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/12/26/31003-20141226ARTFIG00304-natacha-polony-le-ps-est-desormais-liberal-sans-aucune-ambiguite.php

    Son titre, les points qu'elle aborde, les jugements qu'elle porte et ses conclusions sont en radical désaccord avec le bon sens, l'examen de l'actualité, la nature des choses et de la réalité au point de confiner au surréalisme: comment peut on à ce point se fourvoyer ? D'où mon titre. Quand on pense avec son con, on est une conne. CQFD. 

    Le cadre général est celui posé dans les années 91 puis 2000 par Jean Pierre Chevènement: la dissidence droitière de la gauche en décomposition. Elle en vient, et cela éclaire tous ses choix. 

    Marxiste, c'est le moins qu'on puisse dire, fondateur du CERES, rallié à Mitterand au point pratiquement d'en avoir fait ce qu'il fut finalement, merci encore, il est aujourd'hui la référence réactionnaire du sentiment de gauche à la Française, variante odorante de son pourrissement. 

    Pour ma part, j'ai toujours éprouvé une répulsion physique pour le personnage: ses manières, ses attitudes, ses gestes, sa prononciation m'ont toujours révulsé au sens vomitif du terme. Comment se comporter de la sorte ? Comment supporter des leçons prétentieuses de la part d'un tel reptile, gluant et efféminé ? Comment accepter qu'un tel ministre, démissionnaire en pleine guerre, puisse se prévaloir d'autre chose que de sa trahison, de sa mauvaise foi et de la fausseté de ses jugements ? Un mauvais homme, vous dis je, tout entier dans sa dramatique fausseté, physique et morale. Un lémure, une murène. 

    On y a va donc pour l'article de la jeune mère, prolifique en tout. 

    1) La course folle de l'actualité: serait ce sa jeunesse, son inconséquence ou sa bêtise ? Le sentiment du temps qui passe a donc fini par l'atteindre. Le début de sa déchéance, l'enfant qu'elle eut en 2013 étant son dernier. 

    Merci donc en tout cas pour cette remarque éclairante, ma pensée rêveuse avait besoin de s'orienter...

    2) La destruction de l'agriculture Française avec la ferme des milles vaches. Là encore, l'émotion agricole suscité par un prolifique aussi anormal fait sourire. L'histoire de l'entrepreneur qui voulut contre les conservatismes faire en France ce qui se fait  ailleurs en Europe est pourtant publique: y a t-elle eu accès ? Merci pour l'éclairante comparaison avec les camps de concentration dénoncés aussi, avec raison, par Alain Finkelkraut, cela arrache la conviction, les organes en fonction pour l'occasion étant clairement en dessous de l'oesophage.

    3) Le discours transhumaniste. Caractérisé, selon elle, la sonde Rosetta l'ayant montré, par l'impie volonté de chercher dans le système solaire les ressources que nous n'avons pas su préserver, il est donc condamnable. Qu'au passage, on veuille aller sur Mars, voilà qui est bien sur délirant: on ne nous la fait pas à nous. Bref, aucun rapport ni avec le transhumanisme, ni avec quoique soit d'autre d'ailleurs. Bien que l'influence des nanotechnologies redoutées dans "la transformation, que dis-je, de la négation", de l'humanité soit source d'interrogation, pour le moins, l'informatique et la génétique elles, sont surement de la partie. Ce fut donc un phénomène fondamental de l'année. Le fondement, vous dis je.

    Pardon de cette ironie mais voilà discrédité par un personnage de manga, l'ensemble de l'activité scientifique et technique de pointe qui normalement fait vibrer les personnes éduquées du monde, du moins celles qui ne se contentèrent pas de faire de la poésie après leur bac. Autrement dit les robots. L'aspect biologique du reproche n'en est que plus piquant, on se croirait dans un parc à huitres. 

    4) L'affirmation d'un pole libéral comme évènement de l'année.

    Commencée par l'affirmation d'un "pacte", elle se termine par une "loi", avec une absence totale et absolue de quoique ce soit de libéral dans aucune décision du gouvernement, à moins que l'on considère bien sur que la libéralisation des autocars, qui doit rapporter 10 Milliards d'euros, que sais je moi, ne soit un marqueur libéral.

    Aucune réforme du marché du travail, aucune réduction de la dépense publique, aucun règlement de la question des retraites, aucune économie en matière sociale, sinon l'aggravation des situations dans chacun de ces domaines, pourtant chacun l'objet d'une recommandation particulière concernant l'amélioration (à rebours donc de leur aggravation) de leur situation respective par nos partenaire européens, à qui nous avons eu l'occasion plusieurs fois cette année d'annoncer notre déficit global, chaque fois aggravé, à rebours de nos engagement solennels. 

    Que très lucidement la dame perchlorée y voie, je cite "la convergence idéologique de ceux qui défendent la normalisation libérale de la France et son adaptation aux règles du libre-échangisme mondialisé. Autrement dit, on a le choix entre Coca-Cola et Coca-Cola" reste surprenant et laisse penser que l'évidence ne se trouve plus partagée dans notre monde, voire que certains, dont elle, ne disposent pas des mêmes organes de perception que les autres, d'où le titre. 

    5) Le reproche de la collusion paradoxale, voire contradictoire entre libéralisme économique et lutte pour les valeurs et le refus d'être associée injustement au Front National a un coté délicieusement naïf qui ravit. 

    Le FN fut en effet muet sur la manif pour tous, et sa collusion avec le FN est ainsi surtout économique, voir le point précédent. Car on ne voit pas bien quelles valeurs le FN défend, étant maintenant un repère d'homosexuels géré par un concubinage notoire multi-divorcé.

    Faut il aussi lui rappeler que les "morts aux juifs" entendus dans les rues de paris ne furent pas le fait de la manif pour tous, mais de militants pro palestiniens ? On a le droit d'être con-fuse, avant et après les bêtises que l'on peut proférer. 

    6) Au sujet de Zemmour. On note le partage qu'elle fait de ses "idées" économiques, toutes issues des fronts de gauche dont la dame ne se départ pas, europe et capitalisme financier étant ainsi décrit et justement dénoncés selon ses convictions. 

    Intéressant de voir qu'elle rejette le concept d'assimilation à la Zemmour, celui d'intégration étant selon elle bien suffisant. Cette nuance n'est pas idiote, au demeurant, pour une fois. A part que l'on parle beaucoup de l'échec de l'intégration, justement. Qu'en pense t-elle ? 

    Par contre, elle applique magnifiquement son sens de l'auto contradiction en affirmant  son désir de débattre alors qu'elle trouve certaines opinions inacceptables. Une manière féminine de parler fermement et subtilement, sans doute. Le titre s'applique.

    7) En conclusion, la France cherche sa souveraineté. Etrange idéologie, qui se décline même dans les manières de manger apparemment, son mari, critique gastronomique jouant sans doute un rôle important dans la formation de ses opinions. Délicate manière personnelle de se positionner en "souverainiste", la belle idéologie de son maitre à penser Chevènement dont elle semble s'être bien émancipée, ce qui la fait penser par elle même, d'où le titre. 

    Quand on pense qu'elle considère désormais Canal+ comme "une terre de mission". Etrange allusion à l'opération chirurgicale dont le maître ressucitat. Quel martyre faut il infliger à cette sainte nitouche pour satisfaire sa passion ?   

    Pour finir il faut donc bien admettre que sa conviction (le PS représente le libéralisme), exactement contraire à la réalité, et aussi toute pleine d'une position que ses talons doivent rendre bien difficile à maintenir, est particulièrement conne, d'où le titre.

     

  • FNPS le parti à (a)battre

    Il est d'évidence en cette sombre période, que la gauche, décrite mourante par son propre premier ministre, et qui bien que disposant encore d'une confortable majorité législative, régionale et départementale (à défaut de municipale, mais on ne peut pas retarder toutes les élections) a besoin d'alliés, pour le moins. 

    On connait la fameuse classification en 4 des politiques suivant les axes des libéralisme culturels et politiques, le libéralisme culturel étant appelé "libertaire". On connait la haine de Zemmour envers le "libéral libertaire", titre revendiqué par Cohn Bendit, ce qui lui valut son exclusion de l'écologie malgré ses succès électoraux, ceci valant cela.

    On réalise moins que le Front National, dont le chef, divorcée deux fois, vivant en concubinage, rejointe récemment par un militant actif de la cause homosexuelle, et dont le principal collaborateur, HEC Enarque, vient de se faire "outer", muette sur le mariage gay, a ainsi toutes les caractéristiques du coté libertaire du libéralisme. Nous avons en effet ici l'attitude typique post soixante huitarde, acceptant tous les comportements possibles, voire luttant pour de nouveaux, hostile à la famille, manifestant par exemple, par un baiser public adultérin, sa volonté de l'humilier.

    Pour ce qui concerne le volet économique du programme, on a par contre un libéralisme qui manifestement, c'est le moins qu'on puisse dire, est teinté de social. Si on met de coté la sortie de l'Euro, on se trouve face à un contrôle strict de la finance dont on pourrait croire qu'elle se trouve désignée comme ennemie, un protectionnisme dont l'intelligence n'a d'égale que la volonté de surtout plus jamais exporter, etc etc. Bref, un communisme primitif, proscrivant le commerce et l'industrie capitaliste, acharné à ré instaurer le moyen âge pour ne pas dire l'âge de pierre. Nous avons donc là la partie "autoritariste" du volet économique de la classification. Les deux aspects considérés classent donc le FN dans la même case que le PS, d'où le titre: FNPS. 

    La collusion n'est pas qu'idéologique. Elle est politique. Pratiquement fondé en fait par le vichyste  partisan de l'Algérie Française Mitterand qui lui donne accès à la télévision et au parlement avec la proportionelle de 1986, le FN fut fondé en droit et en partie par des collaborateurs pétainistes condamnés pour trahison et par des membres de l'OAS, comme on se retrouve. Pendant toute la période, toute la lutte électorale du FN eut pour objectif, via des triangulaires meurtrières, de faire élire contre l'avis exprimé des électeurs, des encartés socialistes. Cela réussit magnifiquement à bien des reprises.

    Les Le Pen ont bien mérité de la gauche, et l'incompréhensible vote de 97, qui nous valut tout de même les trente cinq heures, fut bien récompensé : un Le Pen au second tour, juste ce qu'il voulait, faire brièvement le malin, apparait avec le recul comme un renvoi d'ascenseur. 

    Sans accord officiel mais avec une efficacité d'autant plus redoutable, la collusion FN PS fit sans doute élire Hollande, au moins en partie, la détestation anti Sarkozy ayant mordu "à droite" à un point qu'on imagine pas, sans parler des discours du candidat, anti finance et anti européen (la fameuse re-négociation des traités avec l'Allemagne). 

    Bref, le tableau paraitrait complet s'il ne fallait lui ajouter le fond, voire l'essentiel : l'attitude psychologique, le substrat cognitif, l'origine de tout. Je vous en parle en connaissance de cause, je suis psychologue expert.

    Le chemin de la gauche est celui de la passion triste de la contemplation du malheur des hommes, celui de l'extrême droite la passion triste de la contemplation de leur bonheur passé. A la base des sentiments, d'abord la tristesse, c'est à dire l'impossibilité de la vraie joie, consumée pour toujours par l'horreur irréparable du monde, ensuite la haine, celle de ceux qui sont supposés avoir commis le crime qui ne peut être absous. 

    Car le monde est mauvais, et les hommes qui en sont issus aussi. Rien ne peut l'améliorer, tout ce que l'on peut faire c'est le diriger de manière autoritaire, en fêtant rituellement, régulièrement, qui les fusillés de 17, qui l'Algérie perdue sans parler des multiples autres occasions de se mortifier et de bien faire comprendre l'impossibilité du bien, et l'absolue nécessité du mal éternel, seul moyen et occasion excitant d'accéder à la transcendance.

    Ceci s'étend bien sur à tout, y compris bien sur à l'activité économique, l'argent, maudite fiente, ne pouvant être possédé que par le souverain, en charge de toutes les dépenses et de toutes les prévisions.  

    Il y eut  bien dans le passé quelques projets pour un avenir possible. Il y eut la fusion de tout le social dans le communisme total qui allouerait scientifiquement à chacun suivant ses besoins, il y eut la pensée de la restauration de la royauté bienveillante et sacrée. Mais cela fut abandonné, non sans pleurs, non sans regrets et mains anathèmes dont d'ailleurs certains sont encore murmurés malgré la modernisation nécessaire. Il ne reste aujourd'hui que l'immense misère spirituelle, intellectuelle et morale d'une bande d'abrutis mondains dominés et pilotés par des arrivistes cyniques qui vivent de leur malheur et de leurs économies, puis, in fine, des impôts de tous. 

    Qu'on me comprenne bien: il y a des gens estimables qui vivent cet enfer horrible et désespérant et je ne peux que les plaindre et les supplier de s'en sortir, mais cela ne tient qu'à eux, ils n'ont qu'à lire.

    Pour le reste, les militants, les responsables, les propagandistes, les théoriciens je voudrais leur adresser mon total mépris et ma totale détestation horrifiée. Je les conchie absolument pour toujours et ne serais satisfait que de leur mort avec tout ce qu'ils représentent : le monde peut et doit se passer de tout ça. 

     

     

  • Les 35 heures

    Un récent rapport de l'Assemblée Nationale se félicite de la réforme, qualifiée de "moins coûteuse des politiques en faveur de l'emploi". Et on chiffre. 

    Plutôt que de se livrer à une étude approfondie de la chose, je me permettrais de reprendre les conclusions et chiffres du rapport et d'exprimer tout ce qu'on peut trouver d'étrange à cette littérature, expression de la souveraineté nationale.

    http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-enq/r2436.pdf

     

    L'étrangeté est relevée plusieurs fois dans la presse au point de ne livrer les conclusions du rapport que de manière brute, sans plus de commentaires, comme si l'absurdité du jugement exprimé ne pouvait qu'émaner de sa lecture... Stupéfiée, la presse Française en est ainsi réduite à la sidération médusée (pléonasme).

    Quelques éléments: 

    1) le chômage a fortement baissé entre 97 et 2002 (avec une loi instaurée en 2000). Relevé dans les commentaires, l'affirmation, parfaitement absurde, évoque sans doute les pouvoirs magiques de Lionel Jospin, à l'exclusion bien sur de la méteo, de la croissance mondiale, et de la politique du gouvernement précédent. 

    2) Comme l'a rappelé Jospin lui même, les 35 heures n'avaient pas pour objet, initialement, d'embaucher des fonctionnaires supplémentaires. C'est pourtant ce qui fut fait, le coût de la réforme chiffré par le rapport, concerne la fonction publique pour 12.5 GE et seulement 12GE pour le privé. 

    L'absurdité de la vantardise sur les 350 000 emplois gagnées (en 2 ans, mazette, sur des bases exclusivement analytiques, les décideurs des embauches n'ayant pu hélas être interrogés) apparait donc patente.

    Pour faire court: la démagogie socialiste dispendieuse considérant que le travail est un droit s'est donc livré à l'embauche de 180000 fonctionnaires supplémentaires inutiles pour le plaisir d'accroitre la dette du pays, le secteur privé n'ayant accru l'emploi, le seul qui compte, bien sur, que de 170 000 personnes, d'après le rapport.

    3) Le rapport souligne que le coût de la réforme, considéré comme faible, est équivalent au coût du chômage correspondant. L'absurdité et la stupidité de l'argument, éclairant par ailleurs pour chiffrer la chose, me semble absolument éclatant. Ainsi donc la désorganisation des hôpitaux, et tous les inconvénients que la mise en oeuvre de la réforme, d'après ses plus fervents supporteurs, à entrainé,  se trouve avoir le même coût qu'une simple politique d'accompagnement du chômage comme le font tous les pays raisonnables ? 

    L'éclat de rire qui accompagne une telle conclusion devrait faire trembler le palais Bourbon. Sonnez Vouvouzellas, résonnez tambours, sifflez sifflets, explosez feux d'artifices. 

    Ah le beau spectacle que la tête de la princesse de Lamballe montrée au peuple déchainé ! 

  • Tests de personnalité: Meyer Briggs

    Il semblerait que la plupart (ou du moins beaucoup) des tests de personnalité pratiqués en entreprise utilisent d'une manière ou d'une autre le fameux test MBTI ou test Myers Briggs.

    Dans le monde anglo saxon, la classification par les 4 lettres de l'indicateur est assez largement considérée. Le type caractériologique de Charles Manson, l'assassin de Sharon Tate, est ainsi "ENFP". 

    En même temps, le test lui même est très critiqué. Bref, une belle controverse. Pourquoi pas ne pas tenter de décrire cette belle classification des types humains ? 

    Allez, je me lance.

    La théorie

    Au départ il y a les deux comportements vitaux "actif" et "passif" et les deux comportements mentaux "matériel" et "spirituel". Cela fait donc 4 entités classifiées combinatoirement (un délice). Ce sont les 4 domaines de l'existence humaine : la vitalité, la perception, le jugement et l'action. 

    On reconnaitra sans peine que la vitalité, matérielle et passive s'oppose à l'action, matérielle et active,  et que les deux domaines spirituels, la perception et le jugement, sont respectivement passif et actif. 

    Que voilà une belle classification, utilisant l'évidence du langage pour comprendre en profondeur la réalité de l'humain. On continue. 

    Chaque domaine de l'existence est vécu par chaque individu avec deux inclinations possibles: soit de l'intérieur, soit de l'extérieur. Suivant l'inclination, on en déduira un trait de caractère nommé et représenté par une lettre. 4 domaines, 2 inclinations par domaine. Et voilà, cela fait 16 = 2 ^ 4 caractères possibles en tout. 

    La vitalité intériorisée ou extériorisée donne le caractère de l'introversion et de l'extraversion. Ce trait est bien connu et se trouve être attribué de manière évidente, très souvent (celui là, bavard comme il est, il doit être extraverti). I = Introvert, E = Extravert.

    Les deux domaines "spirituels" se déclinent de la manière suivante: 

    Pour la perception, on peut être intuitif ou sensitif (N = iNtuitive, S=Sensing).

    Pour le jugement, on peut être penseur ou compréhensif (T = Thinking, F= Feeling)

    Evidemment, les inclinations pour l'intérieur (intuition, pensée) s'opposent aux inclinations vers l'extérieur (sensitivité,compréhension). Mais on verra cela plus tard. 

    Le domaine de l'action joue un rôle particulier, particulièrement subtil et intéressant.

    D'abord les inclinations du domaine de l'action ont pour noms ceux des domaines spirituels, la perception et le jugement. Et oui, les mêmes mots ("perception", "jugement" ) sont utilisés pour désigner des inclinations (celles de l'action) et des domaines (les domaines spirituels).

    Ceci car l'action est déterminée soit par une perception, c'est le cas pour les opportunistes et les procrastinateurs, soit  par un jugement, c'est le cas pour les méthodiques et les obsessionnels de la planification. Les inclinations possible de l'action sont donc la perception et le jugement (P=Perceiving J = Judging). 

    Nous avons donc les 4 lettres. Des tests à plusieurs dizaines de questions du genre ("aimez vous prévoir vos vacances longtemps à l'avance?") permettent de se les voir attribuer. On en trouve plein l'internet, certains payants.

    Revenons aux domaines spirituels, la perception et le jugement. Bien que leur inclinations soient déjà marquée par une intériorité ou une extériorité, il convient de les hiérarchiser en fonctions dominante et auxiliaire suivant qu'elles s'expriment dans le caractère global,  vers l'extérieur ou vers l'intérieur. 

    On aura ainsi une fonction dominante qui aura pour extériorité l'extraversion globale déjà déterminée (intraversion ou extravertion), et une fonction auxiliaire nécessairement complémentaire du point de vue de l'extériorité, intravertie si l'individu est extraverti et vice versa sinon. On a donc deux fonctions, l'une extravertie et l'autre introvertie, l'une dominante et l'autre auxiliaire. 

    Les fonctions ont aussi une inclination spirituelle, également polarisées entre les domaines de la perception et du jugement et que l'on attribue d'une manière complexe, particulièrement retorse, à partir de l'inclination de l'action, qui se trouve indiquer, très précisément ici, le domaine de la fonction extravertie. La fonction introvertie et la fonction dominante s'en trouvent déduites alors, immédiatement. 

    Ainsi, considérons ENTP dont l'inclination du domaine de l'action, la perception, indique le domaine de la fonction extravertie, comme spécifié plus haut. L'individu étant extraverti, la fonction dominante sera extravertie, dans le domaine de la perception donc, ici avec comme inclination l'intuition. L'individu est d'abord un intuitif extraverti, ensuite un penseur introverti. 

    Prenons INTP. L'inclination du domaine de l'action indique comme précédemment la fonction extravertie. Mais l'individu est introverti, donc sa fonction dominante aura le domaine dual de la perception, soit ici le jugement. 

    L'inclination du jugement est ici la pensée, on a donc d'abord iun penseur introverti ensuite un intuitif extraverti. 

    Pour résumer: 

    domaine = vitalité perception jugement action

    extériorité = introversion extraversion

    inclination = domaine extériorité

    caractère = fonction dominante + fonction auxiliaire

    fonction dominante = fonction

    fonction auxiliaire = fonction

    fonction = extériorité inclination

    nom d'inclination = extraverti introverti intuitif sensitif penseur sentimental juge perceptif

     

    La hiérarchie

    Tout cela est bel et bien et surtout bien satisfaisant, mais il y a tout de même un problème, c'est que ce système est hiérarchisant et se trouve être un facteur discriminant des caractères, certains étant ceux attribués aux dominants, les autres aux inférieurs. Quelle est la hiérarchie ?

    D'abord,  l'intériorité des inclinations est décisive : intuition et pensée sont les marques  du meilleur. 

    Plus exactement, l'intuition se trouve être la marque des 8 caractères dominants, qui se trouvent respectivement décisionnaires (les stratégiques NT) et conseillers de la décision (les diplomates NF). 

    Les autres (les S) se classent en fonction de leur inclinations d'action entre les logisticiens (les SJ) et les exécutants (les SP). 

    Cette hiérarchie est gênante à plusieurs titres. 

    D'abord elle permet de conseiller à ceux qui ont compris la nature de la classification d'éviter à tout prix d'être classés non intuitifs, puis ensuite d'essayer de valoriser la pensée. Ceci étant dit, delà vient sans doute l'étonnante variété des résultats à ces tests, et avec ça la validité de ceux là, même si les NT restent minoritaires, donc exceptionnels. 

    Ensuite parce qu'elle traduit la faiblesse des ignorants: sans la connaissance de ce qu'on peut dire de vous pour des raisons somme toute bizarres, on est facilement déconsidéré, et parqué pour des raisons numériques, les testeurs se devant de vérifier que seule un minorité accède au rang supérieur des NT.

    Cela signifie-t-il qu'il faille refuser toute mesure et toute décision ? Après tout, il y a d'autres systèmes comparables et celui là, très répandu, a au moins le mérite du classicisme. Inutile de dire que juste derrière, il y a bien d'autres systèmes et bien d'autres théories de l'humanité. On peut citer ainsi l'énnéagramme, lui aussi très classifiant "dans le langage" mais porteur de spiritualités plus complexes; bref le foutoir absolu suit immédiatement; la graphologie (très pratiquée bien que démontrée absolument déconnnante), ou même les astrologies (le qualificatif de "déconnant" étant là superflu) , étant là, tout près.   

     Le mérite de cette démonstration "dans le langage", bien réjouissante pour ce qui me concerne, est de mettre en avant un principe de liberté bien connu qui est que l'on est le seul à pouvoir se classifier soi même.

    D'autre part,  l'information étant aussi libre, la réponse aux questions qui pourraient vous desservir peut être connue à l'avance et cela est aussi un droit de l'homme, droit naturel s'il en est. 

     

     

     

  • Et puis il y a Soral

    L'université est utile ! 

    Un très intéressant mémoire de recherche: L’idéologie d’Alain Soral 

    http://lirenligne.net/oeuvre-a-decouvrir/LiRUO94XYf8bI/L%27id%C3%A9ologie%20d%27Alain%20Soral.pdf

    Y sont décrites en détail les positions du polémiste vidéocrate soit disant nazi, Alain Soral. 

    Tout d'abord, au sujet des idéologies, en préface du mémoire, la définition de Raymond Boudon, l'immense individu disparu récemment:

    « doctrines plus ou moins cohérentes combinant à dose variable des propositions prescriptives et des propositions descriptives »

    Cette magnifique définition parfaitement descriptive est aussi une admirable prescription et devrait permettre à tous de différencier jugement de valeur et perception descriptive, conceptuellement. Ce qui est précisément l'idéologie de ceux qui savent ce que c'est, qui peuvent les maitriser et donc rester libre. Ah la belle phrase ! 

    Ainsi donc que veut et dit Soral ? 

    Tout d'abord il n'est ni raciste, ni racialiste. De ce point de vue, bien que se revendiquant nationalisme et socialisme, il se trouve comme porteur de projet, radicalement distinct de ce qu'on appelle le nazisme, mais aussi des idéologies type "Nouvelle Droite" (A. de Benoist, D. Venner etc). 

    Cette différence est assez nette, les aspects chrétien, égalitariste, populiste et disons "communiste" étant clairement prévalents sur ceux, aristocratiques, européistes,  païens,  racialistes que l'on associe généralement à l'extrême droite idéologique. 

    Par contre on a un mélange complexe, difficile à cadrer  (c'est l'immense mérite de ce travail d'en démêler la complexité hypnotisante) entre des ingrédiets particulièrement salés qui sont anti libéralisme, complotisme et religiosité syncrétique.

    Il faut mentionner toutefois que l'auteur du mémoire continue de classer Soral à l'extrême droite, ses reprises en quantité des thèmes antisémites classiques en restant la marque. Disons qu'il s'agit d'un créatif en matière de mixage idéologique, mais tout de même, avec un ancrage fort. Cette créativité se manifeste par exemple par la notion de "réconciliation" l'immigration étant porteuse de valeurs anti libérales, on doit s'y allier; l'Islam par exemple pouvant être mis à contribution pour lutter contre l'Empire.

    Son anti libéralisme est celui d'un ex communiste, qui au tout départ, ne peut concevoir la liberté et les relations anonymes entre humains comme produisant  un ordre social. Cette absence quasi totale de la conceptualisation en question le mène ainsi au complotisme, tel que décrit par Taguieff. Là est peut être le début de tout. L'époque relaie abondamment et depuis longtemps ce qui est la remise en cause de la principale avancée des "lumières": le refus qu'il y ait des ordres spontanés, issus de rien, sinon de mécanismes non volontaires, rationnels mais surtout non intentionnels. 

    Il faut pour l'antilibéral comme pour le complotiste qu'il y ait un démon. Un bon, pour réguler l'économie, et un mauvais pour organiser la misère du monde. Ils s'appellent l'Empire, le mauvais qui domine, le bon à venir. 

    Raymon Boudon avait abondamment cité toutes ces manifestations de la rationalité non intentionnelle produites par exemple par des hasards simultanés capables de causer de belles structures dont on ne peut que dire, émerveillé: il faut un créateur ! 

    La physique moderne fait rayonner les trous noirs par le hasard de la création spontanée de paires de particules dont seule l'une d'entre elles est happée par le monstre: quelle plus belle illustration d'un monde cohérent mais fondamentalement libre de toute intention, complot ou nécessité de régulation par l'intelligence ?

    Ainsi donc, alors que d'immenses réflexions, que de gigantesques connaissances sont là, basées et construites sur les plus immenses arrachements qui soient à toute la pensée rationnelle primitive, et bien on trouve toujours en pointe d'un soit-disant "débat démocratique" des expressions influentes qui ne sont de fait que sa pénible et misérable répétition. 

    Le mysticisme vient après, mais se trouve secondaire, tant il est une activité pleine et entière très au-delà de la théorie du complot, ou bien plutôt simplement une décoration, une aspiration lointaine. Disons qu'il est une croyance au destin du complot, la présence divine rêvée étant l'image de la force magique qui régit le monde.

    J'en reviens donc au profond retard intellectuel de tous ceux qui restent sensibles au mythe du complot, à la raison derrière le rideau, à la volonté qui organise le mal ou le bien. Malgré les nuances qu'ils apportent aux aspects secondaires de leurs engagements, ils participent tous non pas d'un complot, mais de l'adhésion à priori au principal moteur de toute manipulation. Ce qui fixe les individus à ce stade est multiple, et ne peut être rattaché à la religion, à l'idéal politique ou à l'origine sociale, tant des partis radicalement opposés de ces points de vue y sont représentés.

    Comme si une forme de caractère, une attitude spirituelle, bref, une propriété de la cognition empêchait d'être séduit, fasciné, puis bien sûr convaincu par une belle propriété du monde, celle de sa profonde liberté.

     

     

     

  • Tapez ! Tapez !

    François Fillon, ex premier ministre,  aurait donc exhorté donc le secrétaire général de la Présidence de la République, principal collaborateur de son principal ennemi de "taper" sur l'ex président de la République...  

    Le secrétaire général en question avait d'abord démenti, puis, sous la pression des journalistes qui avaient enregistré, avec son accord, l'entretien, a du confirmer ses propres déclarations. 

    Qu'y a t il de plus vraisemblable ? L'utilisation du verbe "taper" par un ex premier ministre, ou si c'est un montage, par le Président et son secrétaire ?

    Le fait est que l'ex premier ministre dément, avec l'autre témoin, pourtant lui aussi une vieille connaissance du secrétaire; il est en choc frontal, parole contre parole, avec celui qu'il avait rencontré pacifiquement il y a 6 mois. Le démenti est d'ailleurs double: il porte aussi sur l'initiative de l'invitation: celle de la présidence de la République ou non ? 

    Ce démenti est vraisemblable: les deux hommes sont calmes, peu bavards, pondérés, et plutôt respectueux des principes et des lois en général, ceci dans leurs discours et leurs actions. François Fillon fut considéré par ailleurs comme "timoré" et avait été décrit comme "mou" lors de l'élection contestable perdue à la présidence du Parti. On peut considérer comme probable qu'il ne soit pas véhément à ce point, qui plus est face à un personnage public de l'autre camp dont il sait parfaitement qui il est. 

    L'attaque l'est moins: Jean Pierre Jouyet a une réputation d'homme affable, bavard. Les journalistes qui l'ont enregistré le décrivent comme un "gaffeur", avec qui ce serait toujours "bingo".

    Une interprétation est donc ainsi qu'il a "trop" parlé, en révélant, voire en enjolivant sans le vouloir vraiment ses souvenirs d'un déjeuner dont il fut surpris qu'on lui parle. Gêné peut être, il oublia simultanément l'enregistreur et la prudence et voulu se dédouaner auprès des journalistes dont il connaissait sans doute l'axe d'action. Cela expliquerait le premier démenti (qui fait fi de la connaissance de l'enregistrement). 

    Voilà donc la vérité officielle, toute la vilainie étant donc dans l'ex premier ministre, dont on est gêné de révéler la turpitude, bien forcé. Un sms navré, citant sa femme, réclame (voir exige) qu'on l'excuse, la raison d'état sans doute. Le refus de démissionner, clamé par le premier ministre et le groupe socialiste (Jouyet est directement lié à la présidence et n'est pas membre du PS) décore davantage la situation, en tout cas ne peut être de son fait, l'honneur, l'honnêteté, la conscience de soi, la simple politesse ne pouvant s'exprimer ici, vu l'enjeu.

    La promotion de l'ENA de l'année 1980, qui honora Hollande, Royal, Sapin et Jouyet sans parler des autres, dont Villepin aura donc donné à la France la plus sinistre bande de crapules méprisables de son histoire.

    Il reste un espoir que ces monstres se fassent fesser en public: allez le sort donne nous un charter qui se fasse détourner! 

     

      

     

     

  • Le petit Zemmour

    Il y a donc une colère des Français, et qui serait immense. 

    Exprimée par un journaliste doté d'une vison de l'histoire, on se retrouve donc avec une histoire, justement, du genre de celle qu'on se raconte le soir, et qui explique toute la vie, depuis l'étalon or jusqu'au statut du père dans nos sociétés. 

    Non que beaucoup de ses remarques ne soient pas séduisantes et parfois réjouissantes, mais on peut s'interroger sur la synthèse, ou du moins sur l'analyse des morceaux de la critique. Allons y pour voir, sachant qu'à la longue, les indignations univoques, vaguement désespérées finissent par être déprimantes. Un livre, difficile à finir... 

    Tout d'abord la grande contradiction: la critique est portée par un élément du peuple qui lui est allogène et qui sans beaucoup de modestie, assume devant l'histoire des responsabilités un peu grandes pour lui. 

    Par exemple, regretter l'abandon de l'Algérie qui aurait fait de la France un état pétrolier est une manière de se plaindre du père suprême, celui qui déçut sans doute le véritable... 

    "De Gaulle ne se doutait pas que la manne pétrolière puis gazière,
    découverte par les ingénieurs français sauvegarderait une Algérie
    corrompue et mal gouvernée des abîmes de la clochardisation, et aurait
    assuré à la France un destin royal d’émirat pétrolier, comparable à ce
    qu’avait été le charbon pour l’Angleterre au XIXe siècle."

    Et pourtant l'Algérie Française fut un gouffre financier militaire et social. L'argent du pétrole y serait passé en entier... Cela fut très bien vu par les élites Françaises, Gaullistes à l'époque. Ainsi, c'est bien le Gaullisme, il me semble, le problème de Zemmour. 

    Ensuite, l'identification du libéralisme à l'honni anglo saxon fleure bon une mal assimilée identification de la race et de la pratique financière. La France est aussi le pays de Say, de Turgot, de Bastiat et de Rueff. Ses politiques "rationnelles"  et planificatrices ont toutes mal fini depuis Louis XIV jusqu'à Mitterand. Peut on parler de la résurrection Gaulliste, parfaitement libérale et donc merveilleusement efficace, menée par un Rueff  en 58?  

    Ensuite, toujours, et pour en finir avec le libéralisme, le statut de la femme. Car l'anti-gaulliste va plus loin: il dénonce la pilule, le chéquier aux épouses, le divorce. 

    Ceci n'évoque hélas que des considérations pratiquement racistes: le berbère ethnique de religion juive, si merveilleusement intégré qu'il a pour prénom Eric, me semble porteur plutôt des traditions économiques et familiales de la montagne kabyle: une communisme primitif, exclusivement réservé aux gens de l'alpage, dont le patriarcat primitif, acharné à l'humiliation du féminin, fut complètement décrit par Germaine Tillon, puis par Bourdieu. L'amour de la France exprimé par le polygraphe des lumières qu'est Zemmour n'est que celui du monde colonial, paysan et dominateur qui lui semblait pouvoir préserver pour toujours son beau mode de vie.  

    Voilà donc le modèle de Zemmour: pas sur que ce soit une chance pour la France, et ces belles idées, me semblent plutôt devoir être ré-embarquées, elle aussi, ces lignes rajoutées datent de la polémique quand, après une brève hésitation, le monde médiatique Français, ayant réalisé qu'il est de gauche en fait, l'innocenta à la veille de Noël au nom de la liberté d'expression. 

     Mais l'essentiel est ailleurs: la polémique Paxton !

    Passons sur la tentative d'adversaires de faire de Zemmour un Pétainiste. Quoique, sa dérive vers les Lepen rend le respect du maréchal obligatoire, du moins quand on parle au père.

    Citons, plutôt. D'abord De Gaulle via le fils Mauriac :

    « De Gaulle explique à mon père qu’il y avait eu deux sortes de
    Résistance entre lesquelles nulle entente après la Libération n’était
    possible : “la mienne – la vôtre – qui était résistance à l’ennemi –
    et puis la résistance politicienne qui était antinazie, antifasciste, mais en aucune sorte nationale”… »

    C'est le fond de l'affaire: les gaullistes ne pardonneront jamais à ceux qui ont accepté et soutenu l'abaissement (voire la destruction) de la France pour sauver quelques Français que ce soit.

    Zemmour alors démarre un contre sens absolu particulièrement vicieux: au nom de De Gaulle, il innocente ceux qui étaient de la résistance nationale, les pétainistes donc, ceux qui auraient donc défendu la Nation ! 

    Rien sur le terrible crève coeur Gaulliste, qui fit de ces quelques hommes les seuls défenseurs de l'honneur d'un pays bafoué par tous et peut être perdu à jamais, ce fut son désespoir. Car la décadence Française est plus ancienne et eut en fait une apogée que Zemmour n'évoque pas: juin 1940. 

    Ainsi Zemmour va plus loin: il accuse Paxton (et Karlsfled) : 

    "Paxton et Klarsfeld ont repris ce combat entre les deux résistances pour donner une victoire posthume aux adversaires politiciens du Général. Ils l’ont emporté parce qu’ils portaient sans le savoir une approche nouvelle qu’attendait la génération des années 1970 et 1980."

    C'est le contraire strict qui est vrai ! Les adversaires posthumes furent précisément (Mitterand et les autres) ceux que Paxton et Karlsfeld dénoncaient comme excusant le Pétainisme. 

    (...)

    "D’abord, la souveraineté. Paxton considère que la défense farouche par le vaincu de parcelles de sa souveraineté perdue fut néfaste. Il moque et condamne Vichy pour sa volonté d’avoir sa propre politique antijuive ; il dénonce les efforts de Vallat, de Bousquet, de Laval, pour défendre des queues de cerises de souveraineté. Avec Klarsfeld, ils reprennent là aussi le combat des « politiciens antinazis et antifascistes » qui, disait de Gaulle à Claude Mauriac, contestent seulement Pétain, pour ce qu’il a essayé de rétablir l’État. "

    C'est le contraire strict qui est vrai ! Paxton et Karlsfeld donnent raison à De Gaulle et à son refus absolu d'excuser Pétain, ce que fait la gauche, Mitterand et les pacifistes. Il est de plus de notoriété publique que Karlsfeld fut le reproche vivant de l'attitude indigne de Mitterand pendant la période: vichyste patenté, soutien de Bousquet et du cadavre de Pétain !

    Tout se passe donc comme si Zemmour identifiait Pétain et  De Gaulle : un pur scandale, qui ne s'explique que de deux manières: il fut confus, ce qui arrive à certain par bêtise, incompétence, ivresse, inattention, bref, tout ce qui après excuses s'oublie, soit  (et je me prends à le croire, mais ne demande qu'à être détrompé) il s'agit d'une stratégie effective: Phillipot alla à Colombey, et avec la distance du temps et l'oubli de l'histoire qui caractérise un peuple uniquement informé par les journalistes, Pétain = De Gaulle et tout se trouve expliqué. 

    Pour compléter tout cela, il faut bien admettre que les gaullistes ont effectivement "refermé" le couvercle sur la collaboration et ont activement cicatrisé la terrible blessure: on voulait aller de l'avant. Le glaive avait été ramassé, revenir au passé aurait été se salir encore aux yeux du monde. Et puis, il y avait l'Algérie : il fallut 4 ans à De Gaulle pour traiter le problème. Et c'étaient les mêmes ennemis. Au même moment, la guerre froide battait son plein, les communistes étaient à 20%. Une belle époque: le gaullisme encore, garda le pays. Pour finir, il y eut 68 ! 

    Si cette thèse se confirme, le petit Zemmour se trouvera très critiquable. Qu'il le fasse ou non exprès, ses thèses "sentent" comme disent les anglo saxons. Un fumet étrange, et désagréable, celui du soutien à DEUX partis politiques, pour être clair, le PS d'un Mitterand et le FN d'une Lepen à la chasse à De Gaulle. 

    Tout cela se retrouvera dans les campagnes qui vont venir: rien ne vaut l'histoire du passé pour alimenter l'avenir. Le trouble qu'insinue le petit Zemmour est il franc ? Et bien je ne le crois pas.

     

  • Suppositoire

    La cour de cassation 

    http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/avis_cour_15/integralite_avis_classes_annees_239/2014_6164/15011_22_30158.html

    statue aujourd'hui que:

    "Le recours à l’assistance médicale à la procréation, sous la forme d’une insémination artificielle avec donneur anonyme à l’étranger, ne fait pas obstacle au prononcé de l’adoption, par l’épouse de la mère, de l’enfant né de cette procréation, dès lors que les conditions légales de l’adoption sont réunies et qu’elle est conforme à l’intérêt de l’enfant."

    Le principe du "suppositoire à crans" est ainsi pleinement validé et ce de deux manière différentes et simultanées. 

    Tout d'abord, PARCEQUE il y a la loi du mariage non paritaire, la situation des couples adoptants ne génère plus de restrictions sur le mode de conception de l'enfant. 

    Ainsi, du fait qu'un couple non paritaire puisse être pleinement parent sans possibilité physique que l'enfant soit issu de leurs corps physique abolit TOUTE restriction au mode de conception de l'enfant. 

    ENSUITE parce que le fait qu'il y ait des modalités particulières à la pratique légale de la PMA (stérilité du couple) rend la pratique non contradictoire avec le droit Français. 

    Ainsi, le fait qu'une modalité particulière (la nécessité de stérilité etc)  d'un mode de conception soit acceptée par la loi Française fait que TOUTE les autres ne sont DONC pas en contradiction avec elle. 

    Ces deux raisonnements, entérinés par la cour de cassation, introduisent donc à une nouvelle ère du culte de la raison dans ce pays. Bien loin d'être rejetés avec mépris car sophistiques et absurdes, il deviennent l'étalon du droit et du raisonnement, du moins pour ce qui concerne le juridique, les autres domaines étant encore (du moins pour l'instant) intacts. 

    Ainsi donc le raisonnement juridique pratique désormais la généralisation par le factuel et valide le fait que  toute demi loi suppose implicitement sa généralisation a postériori. 

    C'était très exactement la thèse des opposants à la loi Taubira, qui se trouve donc pleinement justifiée. 

    Une autre interprétation de ce principe consiste à considérer qu'il existe des évolutions inéluctables de la culture et de la civilisation, la loi et les débats démocratiques étant chargés de les entériner progressivement, en dissimulant soigneusement les avancées futures encore insupportables par des avancées présentes assorties de précautions prises la main sur le coeur. Tartufferie et hypocrisie sont donc les nécessaires accompagnateurs du progrès, celui-ci ne lésinant jamais sur les moyens. 

    Le pouvoir actuel devant bientôt céder la main, les conséquences de cette constatation devront être tirées: plus jamais ça ! Il faut détruire radicalement et empêcher à tout jamais le retour de ces abominables raisonnements et pratiques. 

    Le seul moyen d'empêcher (en toute logique) l'absolue disparition des notions de filiation, de relation paritaires des humains, de non marchandisation des corps, de non technicisation du vivant etc etc (on se comprend) est DONC de supprimer toutes les lois concernant partiellement ces sujets, dont bien sur le mariage non paritaire, et aussi toutes les techniques de procréation artificielle, bref tout ce qui "pourrait" entériner dans un futur proche ou lointain une justification du genre de celle que nous voyons. 

    Il conviendra ainsi aussi de supprimer les lois sur le divorce, ainsi que l'attribution de la nationalité française à un natif d'une communauté ayant un contentieux avec la République. Sans parler des lois attribuant quoique ce soit comme droits proprement sociaux. Toute limitation de la durée du travail devra être supprimée etc etc.

    Que sais je? Le raisonnement juridique doit maintenant être impitoyablement traqué, bref, il conviendra de faire en sorte qu'il ne puisse plus jamais s'appliquer de cette sorte là. Cette démarche devrait simplifier tous les codes, et l'on pourra peut être enfin vivre dans un état de vraie Anarchie, sans autre loi que celle de la nature et du bon sens. Bien loin de vouloir instaurer une loi autoritaire qui ne serait que liberté donnée à ces êtres malfaisant que sont les juges et les juristes, il convient de la détruire dans ses tréfonds.  

    Mort aux vaches et gare au Gorille ! 

     

     

  • De la gauche

    Le rattachement sentimental, puis politique  à "la Gauche" est le fait de plusieurs types de personnalités. Comme pour toute revendication d'être qui a une connotation morale, voire spirituelle, des phénomènes de "tartufferie" peuvent s'y associer, dans certains cas. 

    Prenons par exemple les motivations profondes du président de la République, telles qu'elles s'expriment dans l'intimité de son couple décrit en détail récemment (dans un livre d'une de ses épouses publié hier): il serait un menteur pathologique, cynique et méprisant les pauvres gens.

    Appelé au pouvoir pour résoudre les graves problèmes de représentation du pays posés par le président précédent, personnage trouble dont la personnalité fut contestée directement, y compris pendant le dernier débat; on peut dire qu'il échoua à fournir une alternative.  

    Considérons le récent rémaniement. Celui d'hier. La démission immédiate d'un contempteur de la finance, membre, ne riez pas de la commission Cahuzac, qui démissionne pour "raisons personnelles", tu parles, il  n'a pas déclaré ses impôts pendant des années... C'est celle de Thomas Thévenoud, un ministre récemment nommé, contraint avant tout scandale de quitter un gouvernement auquel il ne participa que 9 jours, l'avant-dernier gouvernement n'ayant lui vécu que 100+47 jours...

    Triple tromperie: que le choix fut d'un ministre raisonnable, lié à la connaissance profonde de gens dont on a besoin, que la fraude fut caractérisée, poursuivie pendant des activités officielles de nombreuses années, plus un communiqué à la presse niant qu'il y ait un problème quelconque. 

    Le mensonge est ainsi intrinsèque à une manière de voir, à une manière de penser qui s'appelle "la gauche". Le gauchissement des sentiments, du sens commun, du raisonnement moral, politique, et bien sûr économique est l'expression de ce sentiment. Conçu par les grands ancêtres pour émouvoir en faveur des pauvres, il se transforma (par la force de l'hypocrisie) en une vision globale du monde caractérisée par le déni de la réalité. La réalité extérieure (l'existence d'une économie, d'une différence entre les gens, de l'existence de lois économiques) mais aussi la réalité intérieure (le savoir de ces choses, que l'on nie à soi-même).

    Certains (dont moi) considèrent comme infamant et absurde de se référer à cette direction.

    Naturellement, on se met immédiatement à gloser sur les institutions de la Vème république: serait-ce un problème institutionnel ? Nous sommes là dans des spéculations journalistiques, les opinions profondes des membres de la corporation étant ce qu'elles sont.

    Dans ce cas la généralisation au-delà de la gauche, s'impose je dirais "naturellement": que la faille s'applique à soi même ne pouvant être conçu.

    L'impossibilité morale de conduire normalement un pays démocratique s'imposant désormais, le désastre actuel étant lui normal car il caractérise le capitalisme, la chose que l'on dénonce, forcément avec raison.

    Pour ce qui concerne l'intéressé, 

    "Être au service des pauvres est ma raison d'être"

    imparable.

  • Les socialistes et les médias

    3 interventions récentes de responsables de la majorité actuelle me paraissent étonnantes. 

    Tout d'abord le ministre de l'Economie, qui juste avant sa nomination décidée brutalement, alors qu'il est encore en poste à l'Elysée, au contact direct du Président, parle d'une adaptation de la loi des 35 heures. Il est immédiatement "recadré" par (excusez du peu), Harlem Désir (Secrétaire d'Etat, chargé des affaires Européennes), puis par l'"entourage" à Matignon de Manuel Valls, (mais pas par Valls en personne). Plusieurs articles parlent de la chose, avec des réaction positives de la part du patronat et de certains journalistes et des réactions négatives, voire agressives, de plusieurs socialistes.  

    Puis le ministre du Travail qui vante la protection de l'emploi des fonctionnaires, en faisant passer le message qu'en France c'est moins pire qu'ailleurs. Il vante aussi le système d'assurance chômage Français, bien supérieur selon lui aux petits boulots mal payés en Allemagne. Il termine par une vision optimiste du rôles des socialistes dans la gestion de la France, qu'ils ont toujours redressé, selon lui avec une évocation, selon lui hélas peu rappelée, du terrible état de la France lors de leur arrivée en 2012. 

    Il affirme également que le rôle des socialistes est de redresser l'économie (ils l'aurait toujours fait) et s'affirme l'ami des entreprises. Il semble accepter de la part des journalistes l'expression de "virage social-libéral" (expression clairement rejetée par ailleurs par le premier secrétaire du PS). 

    Enfin un membre éminent du PS (Gérard Filoche) confronté à un ex candidat à la présidence du Medef, Thibaud Lanxade, par ailleurs fils d'un Amiral connu. Là les choses sont très différentes: les entreprises en charge de 50% du PIB, les 1000 grandes entreprises, spéculent avec l'argent que l'état leur donne (une réduction d'impôts étant un don) et licencient volontairement, car c'est pour elles une source de profit. Si cela ne tenait qu'à lui, le plan de 50 milliards serait réduit à zéro. Bref, de quoi, effectivement, reléguer le premier ministre actuel à la droite du parti Socialiste... Désarçonné, Lanxade ne put résister à la faconde du vieux syndicaliste. 

    On a donc une synthèse à faire entre ces points de vues. Un spécialiste de la chose, en tout cas au parti Socialiste est précisément le président de la République actuel. Le résultat semble être le suivant: aucun changement de la structure de la dépense publique ne sera réalisé conformément à ce que demandent allusivement la commission Européenne et le gouvernement Allemand. Cette position est conforme à ce qu'on pouvait comprendre de la proposition socialiste globale lors de l'élection de 2012. Malheur à ceux qui l'ont soutenue ! 

     

  • Le Dressement Reproductif

    Il existe un média internet assez vivace, Contrepoints (http://www.contrepoints.org/) qui publie régulièrement des articles féroces sur la politique économique du gouvernement actuel.

    Animés par ce que d'aucuns appelleraient une "idéologie" , et pour une fois, le mot est orienté dans son sens originel, inventé par Marx et Engels eux mêmes, ils rivalisent d'ironie pour ridiculiser et mépriser d'une manière particulièrement impitoyable tout ce qui a trait au discours officiel de nos dirigeants.

    Arnaud Montebourg, porteur fier d'une version du titre de cet article est bien sur une cible privilégiée de ces facondes, et l'évidence de la nécessaire victimisation du personnage reste tout de même surprenante, sachant qu'il est tout de même ministre de l'économie (sans les finances, ce qui est piquant) et aussi en gros de l'industrie. Affublé d'un titre étrange, il se voit manifestement en position d'agir pour le bien de tous, le revendique en public par des paroles fortes tout en présidant, content d'agir, à des résultats qu'il faut bien qualifier de négatifs.

    Que penser d'une telle situation? Tout y est : le ridicule, l'inefficacité, le mensonge, et bien sur compte tenu du poste occupé mais pas rempli, la destruction de ce qui aurait du être fait. Qu'est ce qui est le plus grave ? Le ridicule ? Et bien oui, c'est cela, le ridicule... Y a t il eu une période de l'histoire où une fonction de l'Etat de ce niveau ait été occupée par un être aussi risible ?

    Doté d'un accent particulier, que la plupart des gens sont gênés de devoir supporter d'entendre, il affirme, enrage, ordonne, insulte, sans effets. Titre, rôle, action, et accent sont ridicules: jamais l'esprit Français amoureux de politique et de belles paroles ne souffrit autant. Quand donc cela finira t il ?

  • L'humour de Hollande

    Le président de la République est un adepte de la "blagounette", forme d'humour qu'il a d'une certaine manière standardisé, avec des aspects particulièrement retors et riches de signification variées, nous mettant aux frontières de l'absurde. Absurde qui devient celui de sa propre personne, ou au moins de sa position de responsable, sa position dans les sondages étant ce qu'elle est. 

    Evoquant une baisse d'impôts à venir, il la qualifie par un "c'est du sérieux", allusion à la déclaration d'amour publique de son prédécesseur. Creusons. Alors que sa défaveur est due largement  à un terrible imposition qui frappa d'ailleurs son propre camp, il promet non un remboursement mais une diminution de la charge de l'année d'après, promesse d'ailleurs vague et qui semble t il serait surtout le report d'une augmentation supplémentaire.

    Le sérieux de la promesse est d'ailleurs renforcé par la réalité de son contraire exact, la plupart des mesures du gouvernement se réduisant à des suppressions de crédits variées, qui sont l'équivalent exact de hausses d'impôts.

    Ce sérieux se manifesta aussi par les annonces régulières ces derniers mois, d'une amélioration sensible de la situation économique, hélas non suivies d'effets. 

    Le sérieux en question est bien sur aussi une allusion à sa propre vie sentimentale, faite de changements de cap multiples, faits sous la pression médiatique, après cachotteries puis révélation en costume ! Tout ceci d'ailleurs sur fond de rumeurs, qu'il balaye avec humour, d'un mariage futur. 

    Il y ainsi la capacité de communiquer sur son action "sérieusement", en mettant en avant ce qui motive, ce qui suscite l'espérance et conforte la Nation.  Le contraire donc de la blagounette vicieuse, évoquant ainsi avec cynisme toutes les formes de mensonge que le monsieur pratique. 

    Quelques exemples similaires: 

    Au sujet de Cahuzac, dont la démission déséquilibra la parité homme femme dans le gouvernement il plaisanta par un "ce n'était pas le but" assez tordu sensé justifier sans doute les six mois passés à hésiter quand au sort du ministre (du budget quand même, convaincu de mensonge), hésitation faite de concert avec un membre féminin du gouvernement, tenue informée en détail, malgré ses dires, de l'enquête. Bref une pile complexe de dénégations variées et d'allusions sexuelles subtiles et variées. Là encore, une forme de sérieux dans les actions passées et dans leur commentaires, qui évoque une forme de cynisme. 

    Au sujet des plaisanteries graveleuses, il convient aussi de parler du président de Michelin, qui l'aurais "pris, mais avec beaucoup d'égard", et aussi d'une voiture présentée par le prince Albert, nommée "volage" et dont il demande si c'est parce que le prince la conduit. Bref, une forme d'esprit assez stressée je trouve, quasi masochiste et sans contrôle. L'ensemble "sent" un peu, comme disent les américains et on se prend à regretter la franchise brutale d'un Sarkozy, finalement rafraichissante, elle. 

    Pour conclure, avec cynisme, il convient de préciser que le cynisme, c'est vivre libre sans se soucier de la poursuite des honneurs; cela ne convient certainement pas au monsieur, qui s'est contenté cyniquement, d'en retenir la pratique la masturbation en public. 

     

    Un post scriptum, qui n'a rien à voir mais presque. En réponse au "patron des patrons" qui estime la situation économique "catastrophique", Hollande affirme que celui ci a "un problème de langage". Intéressant, pas drôle, mais intéressant. 

    Un autre post scriptum, celui ci extraordinaire, au sujet de ce qu'il faut faire après les assassinats et bien "il faut éviter les amalgames, les caricatures". De l'humour brut. 

  • L'antisémitisme ou l'anti anti moi

    Le contact à l'autre perçu comme différent de soi et lui même conscient de cette différence est un sentiment constituant de sa propre identité. 

    La perception du "juif" est donc un élément important de la formation de soi. 

     

    Cette perception peut être traumatisante ou innocente, rejetée ou supportée tranquillement. On a là l'antisémitisme fondamental, qui trouvera tous les arguments du monde pour se justifier. Quand la perception de l'autre radical affirmé (radical au sens de racine) n'est pas douloureuse, il y a deux cas, suivant que l'on est au second ordre ou non. 

    Qu'est ce que le second ordre ? Il est la situation d'un monde après l'antisémitisme du premier ordre ainsi décrit, quand il y a chasse et diabolisation, non pas du juif, mais de celui qui éprouve le sentiment identitaire décrit, virtuellement et constitutivement antisémite. 

     

    Là encore il peut y avoir ou non traumatisme : la conscience de soi coupable d'un sentiment est analogue à la lutte contre sa sexualité envahissante et il y a forcément des révoltes. L'antisémitisme qui en résulte se trouve dénonciateur d'une bien pensence qui redouble l'antisémitisme du premier ordre: comme si il était constitutif du juif d'imposer une morale insupportable portant sur l'intime... 

     

    Bref, les choses sont bien compliquées et il se trouve que certaines défenses trop énergiques contre des fantômes pourraient avoir pour effet de les invoquer. Faut il vraiment diaboliser le diable ?  

     

  • Le problème avec les partis politiques

    A l'occasion de l'affaire Bygmalion, un homme politique de l'opposition actuelle se trouve lors d'un interview à France culture (18 Juin 2014) pris dans ce qu'il faut bien appeler le "syndrome français" : la généralisation abusive. 

    Bruno Le Maire est un normalien (normale supérieure Ulm, premier à l'agrégation de lettres modernes), IEP, ENA. Difficile d'imaginer plus lettré, plus formé sur ce qu'est la rhétorique et la structure de la langue. Et pourtant, sa description de la situation de l'UMP ne se départit jamais de la description de cas généraux qui concernent TOUS LES partis politiques.

    L'affaire Bygmalion a beau être historiquement datée, être un objet singulier, individuel qui porte sur un parti politique particulier, l'UMP, parti dont Bruno Le Maire est par ailleurs militant et candidat à sa direction, celui ci ergote "en général", parle des conflits d'intérêt "en général," et se propose même de soumettre de nouvelles lois qui s'appliqueraient, naturellement, à tous. 

    Au passage, c'est l'activité actuelle de Jean François Copé, qui sitôt démissionné de son parti, soupçonné d'avoir organisé une double comptabilité pour mieux frauder une élection nationale,  travaille à une proposition de loi sur la transparence de la vie politique (soupir).

    Cette capacité de "sur généralisation" caractérise l'esprit Français (en général) et colore toutes les appréciations des hommes politiques, toute leur rhétorique quelque soit les sujets abordés. 

    On aurait pu ainsi imaginer aussi que sur une affaire qui le concerne aussi directement, il prenne en charge le sujet, donne son propre avis, rentre dans les détails, assume une situation sur laquelle il donnerait des informations, bref soit présent, acteur. Et bien non: des analyses générales, on pourrait dire "synthétiques", des lieux communs, un peu de morale. 

    On pourrait aussi imaginer que Bruno Le Maire fut ici piégé par le journaliste, et entraîné malgré lui dans des généralisations hors de propos qui le desservent.

    Je ne le crois pas: il sert à l'occasion un discours qui lui est habituel, très "langue de bois" avec le rituel "je n'aime pas les donneurs de leçons", et ne se départit jamais d'un point de vue surplombant qui compte tenu de sa situation personnelle dans l'affaire (militant d'un parti accusé, parti prenante de décisions récentes à son sujet, candidat à sa direction) laisse planer un fort sentiment d'étrangeté.  

    Le sommet de l'entretien quand le journaliste se décide: "qu'en pensez vous ?" Le Maire se retranche alors derrière un "je ne sais pas" généraliste, on s'y attendait, il était venu pour cela. 

    Bref, un homme politique très traditionnel, et surtout extrêmement décevant. Sa carrière l'est aussi, directeur de cabinet de Villepin, il décrivit la calamiteuse réforme du cpe dans un livre très sentimental, parfaitement décalé et en tout point semblable à la bande dessinée "Quai d'orsay". Les bons sentiments mélancoliques de droite, encore pire que ceux de la gauche... Pour finir avoir gentiment fait salarier sa femme par l'Assemblée, sans être grave, n'est jamais qu'un micro conflit d'intérêt qui attriste un peu, sans vraiment révolter toutefois, juste de la mélancolie.  

    Juste après, au passage d'une nouvelle, une allusion à une fuite; il y aurait un SMS de Jérome Lavrillieux mentionnant : "JFC en a parlé au PR". Aucune allusion cela ne permet pas de généralité. 

     

     

  • L'europe, l'europe

    Le vote anti Européen (au sens strict, portant sur la conception que l'on a de l'Europe) caractérise le refus exprimé et hystérique d'une crainte diffuse partout en Europe: celle du fédéralisme.

    Naturellement conçu comme évident,  il est l'horizon plus ou moins lointain de beaucoup. 

    Pire, il est présenté comme le socle du consensus démocratique européen, principe par exemple de la propagande infondée qui présenta le parlement comme pouvant décider de la nomination de l'exécutif ! 

    Or l'exécutif Européen, PARCEQUE ce sont les parlements nationaux qui sont souverains, est nommé par les gouvernements et NON par le parlement européen. Croire, faire semblant de croire ou de faire croire le contraire est une erreur profonde, et la qualification de "démocratique" de cette conception est au contraire un déni absolu de la véritable démocratie, exclusivement fondée sur la souveraineté des parlements des différentes nations. 

    Ce discours n'est pas souverainiste il est la réalité actuelle des institutions européennes dont la constitution présente, validée par les parlements d'Europe et donc contre  les plaintes souverainistes, précise clairement que le fédéralisme n'est PAS en vigueur. Mieux, vu que très certainement la constitution européenne ne sera pas changée avant longtemps (vu les difficultés que pourrait soulever), nous sommes fixés. Pas de fédération, souveraineté des états, liberté des gouvernements de discuter et amender au nom des ses intérêts les politiques etc etc. 

    Bref est en place une conception raisonnable et bornée de l'Europe. 

    Ainsi donc, et c'est mon propos,  la délégitimation en cours est double et se fait à tort: 

    - critique des états trop faibles, soupçonnés à tort de se rendre esclave d'une europe empire fantasmée

    - critique de pro européens, soupçonnés à tort de vouloir un fédéralisme fantasmé. 

    Ainsi on a une critique de l'Europe à la fois trop forte (l'empire sioniste) et trop faible (la dissolution sioniste des nations). Tout cela fait l'énergie de cette critique, parfaitement pathologique.