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Les délires

Qu'est-ce que le délire ? Je suis bien placé pour le savoir, tenant ici une forme de délire, justement. 

Il s'agit d'un discours, donc une production communicable mue par ce qui semble raisonnable et non contradictoire, MAIS qui apparait en fait comme "fou" ou inadapté. Cette inadaptation, signe vrai de la folie peut être interprétée de diverses manières par exemple, comme une excentricité amusante provisoire, une exagération signifiante (il faut la retenir, celle là),  une exigence de rigueur, ou, et là on part dans le pire, un rappel au bon sens dans un cas grave. Ceci pour décréter qu'il ne s'agit pas d'un délire, en fait, simplement d'une déviation. 

Cette déviation peut être détectée dans deux directions différentes. Car le délire, c'est d'abord cet original qui se met à parler tout seul dans le métro, exprimant tout ce qui peut interprété comme cité plus haut. Amusant ou compréhensible il est réel et cohérent simplement inapproprié et manifestement "délirant". Son auteur, qu'on a peur d'avoir à maitriser physiquement et dont on écarte le regard sera sans doute attrapé pendant le reste de son voyage. Drôle, répétant sans arrêt la même incantation, obscène ou hurlant, il mérite d'être mis à l'abri, il a perdu le "sens commun" (et non pas la raison). 

Mais il y a aussi le monde médiatique actuel. En dix minutes de zap télévisuel, le 31 Mai, l'impression étrange d'être enfermé dans le métro, obligé d'écouter des délires variés de personnes manifestement en pleine crise de folie me saisit, et me glace... 

D'abord les récits hallucinés des supporteurs anglais ou espagnols fuyant les gaz lacrymogènes de la police française dans les couloirs de métro de Saint Denis à 2 heures du matin dimanche, entourés d'arabes hurlants cherchant par tous les moyens à les détrousser et à les frapper, récits rapportés par des journalistes déplorant tous quelque chose de différent entre les mensonges du ministre, le silence du président, l'hypocrisie des anti racistes, l'incapacité policière, les salaires des footballeurs, que sais-je... 

Au même moment, le ministre affirme qu'il n'y a pas eu de morts, que les faux billets étaient 30 000 (il parait qu'il n'y en eu que 3000), et que c'est la faute des anglais en fait. 

Indifférent au football, et déjà convaincu que le département de la Seine Saint Denis, occupé à 50% par l'immigration extra européenne est invivable et doit être cédé, comme la Louisiane ou le département de Constantine, ou récupéré par la force, comme le Donbass, que sais-je, je me permets de ricaner sarcastiquement, riant de me voir pris en plein délire, celui là même que ce même ministre attribue explicitement à l'extrême droite (42% aux dernières élections présidentielles) et qualifie (bien sûr) de "nauséabond".  

Zappant de lassitude je suis immédiatement mis en face de la mort d'un journaliste français dans un convoi humanitaire, déplorée par la frange pro-Ukrainienne des médias français (frange qui en occupe en fait la totalité, sans que cela ne le leur pose aucun problème, au contraire, l'unanimité en matière journalistique faisant maintenant foi de vérité). 

Voulant exprimer sa tristesse navrée un commentateur se lança alors dans une diatribe qui afin d'évoquer la cruauté intentionnelle Russe, évoqua aussi les guerres (sans doute passées plus celles de l'avenir espérons-le) où on savait se tenir, un homme ça s'empêche. Un artilleur Russe prisonnier avait été condamné pour bombardement de civils aujourd'hui même. Mon éclat de rire fut bref, puis j'appuyai sur le bouton et me rua sur mon clavier pour délirer à moi tout seul. 

Au passage j'appris qu'alors que les Pays Bas et bientôt le Danemark se privaient eux même du pétrole Russe, avec le paquet no6 des sanctions européennes âprement négociées cette semaine (pour le gaz on va attendre un peu), les USA voyaient la Russie augmenter considérablement leurs livraisons de pétrole alors même qu'ils étaient sous embargo... 

La soirée avait commencé avec l'évocation du touriste déguisé en vieille dame qui jeta un gâteau à la crème sur la vitre qui protégeait la Joconde, cela au nom du climat. Un commentateur évoqua la tristesse identitaire de la vie moderne qui rend désespéré et anomique. 

Ma thèse est différente. Le délire public est officiel, permanent, absolument déconnant et universel en Occident, qui est devenu complètement fou. Seuls les abrutis goinfrés de médicaments ou ivres de tout ce qu'on peut trouver ne trouvent rien à dire à tout cela. Comment réagir sinon en disant n'importe quoi ou alors en faisant n'importe quoi ? Pourquoi réagir, d'ailleurs ? 

Non, comme dans le métro, baisser les yeux, avoir honte et passer à autre chose. À quoi ? 

 

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