Les propositions
A l'occasion de l'excellente publication par le Grand Continent des doctrines complètes des affreux fachos ricains (1), il convient de réaliser l'état de la "droite" aujourd'hui, sur fond de désespérance et de dépression face à la ruine et l'apparente inéluctabilité de sa continuation pour encore plus d'abaissement, celui-ci devant devenir à terme complet.
On a donc le clivage essentiel entre conservateurs puis "néo-conservateurs" d'un côté et réactionnaires puis "néo-réactionnaires" de l'autre, le camp NRx (2) étant l'avenir, fasciste ou pas. Le réactionnaire est positif et veut créer un ordre nouveau.
Il faut savoir que l'opposition est réelle et la critique féroce de la part de NRx, le conservatisme ayant vocation à se faire balayer par le progressisme, de par sa faiblesse et son attachement à des formes exploitées par l'ennemi pour le vaincre.
Le Trumpisme au pouvoir est ainsi assimilé à du conservatisme avec la fameuse stratégie gagnante de celui qui va le vaincre, et qui consiste à l'accuser de ce qu'il n'a pas encore fait, et que par faiblesse il accepte de ne pas faire...
Curtis Yarvin appelle donc directement à un parti unique du type chinois, et donc à une suspension complète de la démocratie au sens actuel. On notera une motivation extrémiste du type "politique du pire": si nous perdons l'élection, ils nous chasseront impitoyablement partout où nous serons et donc, nous ne pouvons nous permettre cela. C'est la fameuse métaphore du "rebelle", dans le camp du bien jusqu'à la victoire finale, celle qui m'énervait tant à la fin des "starwars"...
On pourrait dire que la chose, comme les violences de la police anti immigration, est "contre productive", le camp du bien aidé par bien des gens qui se veulent neutres, peut se réveiller pour agir dans le mauvais sens, et toute la réflexion est là: comment prendre le pouvoir en douce ? Comment prendre tout le pouvoir tout court ?
Yarvin décrit ce qui s'appelle la "cathédrale", alliance des universitaires et des médias qui dirige en fait l'État soumis à sa propagande unitaire, ruinant déjà la démocratie rêvée à tort par les naïfs qui croient encore vivre dans une société "ouverte" qui a déjà en fait aboli toute critique.
C'est cette cathédrale-là (la gauchiste) qu'il faut incendier et abattre, non pas pour la remplacer par une plus belle peinte en noir, mais par rien du tout, le parti unique en charge de contrôler la société pouvant tout faire.
Car la démocratie n'existe plus quand elle se réduit à une guerre civile froide, des fractions ennemies de la population qui se haïssent se contentant de tirer un coup de feu avec leur vote.
J'avoue donc à ce point, à ma grande honte de crypto facho, participer à la désunion de la droite, et je voudrais y aller de ma proposition à moi. En gros établir une société vraiment ouverte, mais dotée des moyens d'éviter qu'elle ne se corrompe. Car tout système doit d'abord survivre, et on ne meurt pas de ses ennemis, mais de son incapacité progressive à les vaincre...
Car la puissance gauchiste tient en fait à peu de choses, en fait beaucoup, mais localisées. Car "ils" sont là où règne ce qui pourrait être aboli et qui s'appelle la subvention. Particulièrement présente en France et en Europe, où la charité publique a été nationalisée, la subvention dans tous ses ordres fait vivre notre cathédrale à nous.
Bien plus que l'assistance, par ailleurs décentralisée, la subvention aide les aidants, qui développent alors leurs raisons d'exister, culturelles, informationnelles et surtout morales. Une action de l'Etat "pseudo fasciste" peut alors régler ce problème en supprimant toute cette aide publique, si possible avec une brutalité extrême, condamnant ainsi toute les populations en rapport et les fonctionnaires chargés de les piloter, à la misère et à la prolétarisation de leurs ouailles.
La lutte effective contre la ruineuse charité publique étatisée devrait suffire, l'assumer devant des médias réorganisés par ailleurs étant le combat "démocratique" à assumer.
Car les médias de la cathédrale sont subventionnés. Cesser ces prébendes les feraient taire: audiovisuel public, presse écrite, fact checkers, tout cela peut disparaitre du jour au lendemain par de simples et brutales décisions. Leur non rentabilité effective dans un monde où la pub est captée par plus intéressant les rend de toute façon bien trop chers pour le service rendu.
Et puis il y a l'université. La destruction explicite et volontaire par rupture des financements de toutes les sciences humaines consacrées aux subversions artisitiques, philosophiques et sociologiques ne portera pas tort à la culture, bien au contraire. Réduits aux travaux solitaires amateurs, les théories en rapport pourraient devenir plus concises, incisives et essentielles qu'elles ne le sont actuellement. Les étudiants inutiles de ces matières inutiles pourraient alors être plus utiles. Antifa, sans doute, mais là, c'est autre chose.
Bref, on détruit, mais sans être fasciste et avec l'assentiment électoral d'un peuple à convaincre, avec comme résultat l'obtention d'une vraie liberté d'expression. Car il faut le comprendre, la liberté n'est pas la cathédrale. Celle-ci l'étouffe.
La liberté est expression publique totale non contrôlée et non censurée, sinon pour des raisons d'ordre public (pas d'appel à l'émeute ou la violence). La question des médias addictifs aux mineurs (peut-on vraiment les interdire ?) est un problème distinct, sachant que les adultes sont aussi soumis à ce problème de santé publique.
Bref, le libéralisme extrême, contraire du fascisme directif est aussi nocif à la gauche progressiste, qui ne peut vivre comme distributrice de ce qu'elle n'a pas.
Il faut savoir aussi que tout l'appareil interne de l'État consacré aux programmes d'assistance directs ou indirects est concerné: une partie importante de l'État se consacre à ces choses et doit être non pas réformé, mais supprimé.
Et puis il y a les normes: forme essentielle de l'État en fait déjà fasciste qui nous afflige, l'édiction et la vérification des normes doit être détruite aussi et leurs acteurs renvoyés. Normes et subventions: l'infernal diptyque doit être ruiné, au nom de la liberté, ce qui encore une fois, serait la plus extrême façon de ne pas être fasciste, justement.
(1) Curtis Yarvin: https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/30/curtis-yarvin-le-plan-pour-faire-des-etats-unis-un-etat-parti-fasciste/
(2) Ego Non: le NRx : https://youtu.be/dbrVsUnhD5c