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Les juges

On persiste à penser qu'il y a un problème avec la justice dans ce pays, et on n'est pas le seul (1).

D'abord, la justice n'est pas soupçonnée ou à peine: à part quelques lazzis, la plupart du temps de droite, point de doute à avoir quant à l'intégrité du juge en tant que tel: protégé tel un marcheur sur la lune par un scaphandre à toutes épreuves, jamais on n'envisagerait de surveiller ses notes de frais ou le métier de son épouse. Ceux qu'il surveille et condamne par contre, en sont à se dégouter de vivre pour justifier à chaque culotte en dentelle si elle est autorisée. 

Ensuite il y a les lois: elles n'existent plus en tant que telles car essentiellement révisables et soumises à toutes les vérifications possibles au point d'en être virtuelles: constitution (2), cour de justice européenne, cour pénale internationale, on ne peut plus rien faire et décider d'une loi c'est décider de rien. D'où sans doute le nombre pharamineux de celles ci, on ne sait jamais dans le nombre, certaines seront acceptées et appliquées. 

On évoquera donc la QPC source d'un travail infini pour la cour con, avec l'incompétence négative (2), argument délicieux. En gros: des principes vagues permettent aux juges de méta-controller les lois et d'y introduire leur subjectivité. 

Et puis, il y a l'Etat, dont on contrôle le pouvoir, enfin dans un certain sens, oubliant la définition de la liberté de Montesquieu: 

« la tranquillité d’esprit du citoyen qui provient de son opinion que le gouvernement non seulement ne l’assujettit pas, mais fait en sorte qu’il ne puisse craindre d’un autre citoyen ».

La balance entre les deux oppressions devrait être un méta principe: est-ce le cas ? 

En parlant de balance, la subjectivité des juges a donc lieu de s'exercer, d'abord à l'encontre des hommes politiques tous pourris et aussi des crimes sociaux, tous explicables et excusables. Et puis bien sur il y a les plaintes sociétales variées, le nombre d'associations et autre lobbies pouvant se porter partie civile étant devenu infini et l'Etat condamné pour inaction climatique n'a toujours rien fait.

Revenons à la QPC, ou contrôle constitutionnel à postériori, qui n'est pas une condition exclusive de l'Etat de droit et dont on abuse. 

Tout cela fait partie de ces réformes "libérales" accumulées par des pourtant tenants de l'autorité (Giscard, Chirac, Sarkozy) qui affaiblirent délibérément l'Etat en le livrant au juridique. A des fins de modernisation on fit exactement comme Louis XVI: en rétablissant les parlements, il se priva de la possibilité de réformer et cela finit mal. 

Faudra-t-il une révolution pour abolir ce fatras juridique d'un trait de plume ? 

 

(1) Eric Schoettl  sur les juges https://www.revuedesdeuxmondes.fr/jean-eric-schoettl-droits-chacun-interets-de-tous/

 

(2) L'incompétence négative analysée: https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/l-incompetence-negative-dans-la-qpc-de-la-double-negation-a-la-double-incomprehension

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