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Les Âmes

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La notion d'âme d'Aristote est complexe et met en oeuvre toute l'"ingéniérie" métaphysique qui fascina le monde. "Premier Maitre" des musulmans et inspirateur du catholicisme, le "Stagirite", le maitre d'Alexandre, est le second des philosophes, après Platon, mais le premier des ... 

Qu'est-ce que l'âme ? L'entéléchie première d’un corps apte à servir d’instrument (ayant la vie en puissance). 

Les disjonctions acte/puissance et forme/matière dans la substance sont là et ordonnent nos pensées. 

D'abord l'entéléchie ou "perfection", en fait aboutissement, but, achèvement, état abouti. 

Ensuite le caractère "premier", qui est l'aboutissement en acte d'un corps dont la vie est passive (en puissance). Le corps est apte à être l'instrument de l'âme. Bien sûr, c'est là que l'on unifie les deux et que cela se raffine: la vue est capacité de voir, et la vision acte de voir, tandis que l'oeil qui "a" la capacité de voir, voit. La vue est première, la vision seconde... La vue substantif est ce qui voit, la vision est l'action de voir. 

La conception d'une chose qui agit c'est ça l'âme, qui n'est pas un corps, mais qui n'est rien sans corps. L'âme est actualisation de la vie, activité de l'être vivant. Il n'y a pas de dualisme, c'est la différence avec Platon: l'âme est le corps abouti, en action d'être lui-même vraiment, c'est-à-dire vivant. L'âme est ainsi "quelque chose du corps". 

On a donc un caractère du vivant, et les huitres ont une âme. Par contre, l'intellect, partie de l'âme, seuls les hommes en ont un, l'intelligence "nous" (qui s'écrit "vou's")...  De plus, alors que la sensibilité utilise le corps, l'intellect non. L'intelligence semble (Aristote dixit) être "un autre genre" d'âme. Elle n'a pas besoin du corps, elle pourrait donc peut-être, être "séparée" du corps. 

Et c'est parti mon kiki, voir les averroistes et tutti quanti. 

Mais avant de passer à l'intellect restons à la forme et à la matière, l'ensemble étant la substance. On est là plus haut dans l'ontologie, la substance étant l'une des catégories de l'être, l'objet de la science métaphysique, elle même science de l'être en tant qu'être. Cette catégorie-là n'est pas prédiquée de la matière, mais permet de faire de matière autre chose que rien et donc de résoudre le vrai problème d'Aristote et des grecs en général: la confrontation à l'impossibilité du non-être, dont il ne peut rien sortir. Car le Grand Père, Parménide, est toujours là. 

On a donc modélisation de la génération: la matière, telle la femelle, désire la forme, comme mâle. Le corps est donc engendré, mais ni la matière ni la forme ne le sont. Cette manipulation de la causation va très loin, en fait au-delà de tout: pour Aristote, l'engendrement est logique, et la cause "réduite à la raison", la création étant action du syllogisme, donc du développement logique, et la forme, fondement de la définition rend ainsi la cause "formelle". 

Ce niveau de compréhension du monde est philosophiquement antérieur à l'introduction de la temporalité dans la structure du monde, qui selon Ricoeur, n'arrive qu'avec Hume et Kant. 

On aborde ensuite la question de l'individualité, peu abordée par Aristote pour qui la hiérarchie des formes sur matière elle même forme d'une autre matière et en descendant pour une meilleure définition n'aboutit jamais vraiment, la vraie définition étant la "dernière différence" segmentant une catégorie. La définition est aini "en compréhension" : on ne  montre jamais l'individu forme dans matière, la forme étant l'ousia première, substance donc. 

C'est cela la différence d'avec Platon (mais l'ai-je vraiment comprise?) : la quiddité immanente contre l'universel transcendant: une substance ne peut pas, en tout cas, être universelle... 

La conjonction être/action (substantif/verbe) s'exprime ici par la relation entre matière et puissance, la puissance étant l'intermédiaire entre le possible et le réel, une capacité à faire, et aussi une aptitude à subir. Elle est par ailleurs fuyante en ce qu'elle est substance c'est-à-dire, il ne faut pas l'ignorer, en fait, relativement, forme elle-même. Cette relativité soulignée par Ricoeur  est répétée par Aristote, qui fait de la forme, en fait, la véritable substance. Le bois est la forme du végétal, et la statue celle du marbre. La forme est ainsi ce qui fait être, c'est la "quiddité", ce qui est vraiment, la substance, quoi... On a ainsi quelque chose de différent de l'idée platonicienne, car bien qu'idéelle, ... instanciée. 

 

 

 

 

 

(1) https://www.academia.edu/38543797/%C3%82me_corps_intellect_dans_le_De_Anima_dAristote

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