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31/12/2015

La Monnaie

Comprendre les mécanisme monétaires est une gageure, et semble impossible. Partout véhémences et dénonciations, ce qui incompréhensible pour qui voit le monde marcher tout de même. Comment cela se fait?

LES FONDAMENTAUX

Il faut d'abord comprendre les fondamentaux. Ils ne changent pas, et sont toujours les mêmes. C'est cela qui est rassurant. 

On a les particuliers, les entreprises, les banques et la banque centrale (d'émission). 

Les banques et la banque centrale sont imposées par l'Etat: tout vaut mieux que l'usure et les désordres que causent l'exploitation sans limite de la pauvreté, de l'ignorance et de l'alcoolisme. Il faut une monnaie et faire en sorte que des règles s'imposent.

Elles permettent à des entités libres de faire des choix en permettant des calculs cout/avantages suivi d'effets prévisibles, ceux-ci étant mesurés et maintenus dans des limites acceptables. 

Les banques prêtent de l'argent et constituent un secteur économique régulé par des lois spéciales: on le comprend, car il s'agit d'empêcher l'usure on l'a dit, mais aussi de permettre, en le limitant, le crédit,  sur une base qui est au grand scandale de beaucoup, est basé sur du vent: le principe des réserves fractionnaires permet en effet aux banques de prêter à intérêt de l'argent qu'elles n'ont pas et en fait de créer ex nihilo de la monnaie. Et oui.

Car prêter de l'argent c'est d'abord en créer: le phénomène inquiétant et scandaleux, sans doute à l'origine de bien des révoltes contre le funeste liquide n'est toujours pas passé dans les esprits; y ajouter que ce qui est prêté non seulement est crée mais en plus n'existe pas ajoute à la révolte. C'est bien naturel, tout autant que le mécanisme lui même, d'ailleurs, le niveau d'abstraction pour le comprendre étant hors d'atteinte pour la plupart des gens: comment ? La monnaie n'est pas l'argent ? 

La banque centrale, elle, a pour vocation à maintenir en équilibre les échanges bancaires en général, un principe connu depuis plusieurs siècles en occident étant qu'on ne peut influer qu'à "la marge" sur toutes ces décisions prises par un peuple, l'examen de tout achat de bonbons devant des fonctionnaires assermentés étant considéré comme hélas impraticable concrètement. Il faut ainsi un mécanisme INDIRECT d'influence sur les banques. Le contrôle de certains taux de profits le permet. Un nombre à gérer plutôt que des millions, à changer tous les mois plutôt que toutes les secondes, bref, un mécanisme, une habileté. 

Les critères de ces régulations sont fixés par ses statuts, en principe il s'agit de maintenir une inflation basse mais pas trop, un chômage bas, et une économie en bonne santé (...). On passera sur la priorisation de ces objectifs, l'important étant de savoir que la banque centrale était autrefois directement sous le pouvoir de l'Etat. Ce n'est plus le cas, car la banque centrale, en Europe, maintenant européenne depuis la création de l'Euro, est indépendante,  car définie sur le modèle de la très "ordo libérale" banque centrale de la république fédérale d'Allemagne, jugée universellement responsable de la merveilleuse santé allemande depuis la fin de la guerre. 

LE CREDIT

On a donc la politique du crédit à l'intérieur d'une zone monétaire. D'abord, les banques font crédit, c'est leur métier, leur fonction. Ensuite les entreprises se font crédit entre elles, par émission d'effets de commerce de clients à fournisseurs, les fournisseurs pouvant les transformer en bon argent auprès des banques moyennant un taux d'escompte. Les banques peuvent alors envoyer l'effet à la banque des banques, la banque centrale, et se faire prêter de l'argent au taux de réescompte. Bref, ça circule. 

Les banques ont de l'argent, c'est celui des déposants, qu'elles font immédiatement disparaitre en le prêtant, bien sur. Mais elles peuvent en avoir besoin, ne serait ce que pour garnir les distributeurs. Elles doivent aussi compenser les chèques envoyés ou reçus des autres banques, et cela tous les jours (on équilibre ses comptes tous les jours, dans la vie).

Ces compensations en temps réel se font sur le marché inter-bancaire (le lieu du fameux taux "libor", mot employé en Angleterre, et qui fit l'objet d'une fraude retentissante récemment), et les versements de compensation se font dans une monnaie spéciale, dite "monnaie banque centrale" qui n'est faite que des comptes ouverts par les banques auprès de la banque centrale. C'est sur ces comptes que passent les achats de devises, les réserves obligatoires, les réescomptes. Ces comptes doivent être "créditeur" d'un montant minimal, qui est le montant des réserves, montant qui a un minimum pour que la banque puisse exercer, et qui doit être en rapport avec la quantité totale des crédits accordés par la banque. Une banque peut ainsi prêter plus mais doit avoir (tout de même) les réserves en conséquence. Refinancer une banque, c'est lui permettre d'accorder davantage de crédit, et aussi de pouvoir régler les autres banques, soit qu'elles l'exigent soit qu'elles proposent en échange des titres alléchants. 

Les interventions de la banque centrale sur le marché interbancaire s'appellent les opérations d'"open market" ou de "refinancement". Les taux d'intérêts de ces interventions sont les taux "directeurs". Rappelons qu'il y a 3 taux directeurs : le taux de dépôt (celui qui est actuellement négatif), le taux de refinancement (LE taux directeur, celui qui contrôle l'octroi de liquidité aux banques), et le taux d'escompte, le bien connu. 

L'important est le concept de "monnaie banque centrale", mal connu mais fondamental. Il y a donc deux monnaies.

La monnaie normale (dite masse monétaire) est ainsi facteur de la monnaie banque centrale (dite base monétaire), dans la mesure du taux de réserves obligatoire (disons 10%) et de la masse de biftons (monnaie fiduciaire) en circulation. 

La monnaie banque centrale, ou base monétaire, est M0, le premier agrégat monétaire. On qualifie de "fuite" la masse des biftons, dans la mesure ou cela est de la monnaie qui n'est pas crée par du crédit mais par la banque centrale, et qui "fuit" hors du circuit bancaire. 

Mais au fait qu'est ce que la monnaie? 

LA MONNAIE ET L'ETALON OR  

La monnaie est un pouvoir d'acheter, un pouvoir d'achat. Point barre. Maintenant cela dépend où, auprès de qui, et dans quelles conditions. C'est donc un bien. De fait c'est un signe de la possession d'un bien échangeable, les conditions de validité du signe étant évidemment variables. Une condition de validité bien connue est que le signe soit un bloc d'or certifié comme pesant un certain poids (pour éviter de le peser toutes les cinq minutes). Evidemment, on passa vite (en fait il y a très peu de temps, historiquement) à des signes moins directs, dont le fameux bifton. 

Le principe de base de toute conceptualisation de la monnaie est évidemment le principe de l'étalon or, en vigueur de 1879 à la première guerre mondiale puis brièvement entre 27 et 31. En gros, on n'a de monnaie qu'autant qu'on a d'or, l'or étant gardé par les états, et échangé à la demande de toute personne présentant un billet dans la monnaie en question. Naturellement, on peut acheter de l'or, et le marché de l'or ne change rien à l'affaire: ce sont les états qui décident bien sur, d'un prix intangible. 

Passons tout de suite à la balance des paiements, qui s'applique aux états. Elle est bien sur équilibrée, comme toute balance, et ce sont ses sous balances qui ne le sont pas. Le déficit des paiement est ainsi le nom conventionnel de celui de la balance commerciale, les autres balances, financières et excédentaires, faisant compensation pour respecter la contrainte globale du balancement équilibré. 

En régime d'étalon or, un commerce déficitaire nécessite de donner au fournisseur de l'argent que celui ci peut présenter quand il veut à l'échange contre du métal, réduisant donc la quantité d'or disponible, ce qui va "détruire" de la monnaie.

C'est là qu'intervient un mécanisme décrit par David Hume en 1752, et qui va influer "automatiquement" sur la balance des paiements. Défenseur de l'utilisation du papier monnaie, plutôt que du métal directement, Hume réfléchissant sur un thème de l'époque (que la hausse des prix était due à l'afflux d'or venant du nouveau monde) conçut d'abord les effets bénéfiques de cet accroissement sur l'activité humaine, seule vraie expression selon lui de  la richesse. Hume commence donc par lier quantité de monnaie et niveau des prix, en modélisant la transition qui lie le changement de l'un avec celui de l'autre.

Le mécanisme est donc que la quantité de monnaie (qui diminue dans l'exemple) va influer négativement sur les prix et donc favoriser l'offre faite aux étrangers, qui vont donc acheter plus, ce qui va rééquilibrer la situation par apport d'or et recréation de monnaie. 

Tout le bénéfice de l'étalon or est là: une contrainte quasi physique qui va vertueusement maintenir la situation conventionnelle des sociétés dans un ordre immuable et sage, proportionnel aux mérites et bénéfique à la richesse globale des nations. Ce concept de la convention transformée en nature est l'essence des lumières et de la civilisation occidentale ! Il n'y aura ainsi de vraie activité que proportionnelle à la monnaie disponible et en équilibre avec l'activité des autres, ce qui garantit la paix et la prospérité générale.

 

LA FIN DE L ETALON OR

Après la première guerre mondiale, on instaura le gold exchange standard (étalon de change or), qui consistait à n'avoir plus que le dollar de convertible en or, son utilisation étant celle d'une monnaie de "réserve" à la place de l'or. Cela donna un avantage léonin donné aux USA, les "réserves" pouvant être immédiatement investies aux US, ce que ne permettait pas l'or gardé bêtement en coffre. Cela favorisa un déficit commercial US abyssal qui menaça de déséquilibrer tout le système: les avoirs en dollars étaient immenses et il aurait suffi qu'on en demande leur remboursement en or pour que tout explose. Lorsque la convertibilité fut abandonnée (le 17 Mars 1968 pour autres que les états, le 15 Aout 1971 définitivement) Ford Knox avait 20 G$ d'or et il y avait 60 G$ dans la nature... 

L'année 1968 fut terrible: une spéculation effrénée sur l'or eu lieu dans les premiers mois, et on instaura un quasi contrôle des changes aux US avant de geler la convertibilité, les états  "amis" se trouvant sommés de ne pas rogner davantage le stock d'or en voie d'instinction. Mai 68 fut bien sur en plus affreux pour le trésor français, la grande inflation commençant immédiatement. Le 15 Aout 1971, Nixon supprima définitivement la convertibilité de la dernière monnaie de réserve, et supprima donc l'étalon or. 

Depuis, et bien les choses sont devenues ce qu'elles sont: le dollar a gardé son rôle et la virtualisation des économies s'est encore accentuée, avec la quantité de monnaie globale disponible. Les catastrophes prédites par Jacques Rueff ne se sont pas produites, ou bien se sont produites et nous vivons avec sans nous en rendre compte. 

LA BANQUE CENTRALE EUROPEENE 

Depuis la création de l'Euro, la BCE gère la politique d'émission et la politique monétaire. Elle supervise les 130 banques européennes et gère les réserves de change de la zone Euro. De fait avec les banques centrales des pays membres de la zone Euro, elle gère la monnaie unique. Elle est l'organe central de l'Eurosystème et décide des opérations d'open market menées par les banques centrales nationales. Elle dispose des taux directeurs qui lui permettent d'intervenir et de réguler le marché interbancaire et donc le fonctionnement du crédit à l'intérieur de la zone euro. 

LES RELATIONS ENTRE LA BANQUE CENTRALE ET L ETAT

De toute éternité, le souverain bat monnaie. La confusion entre tous ces beaux principes du fait des souverains violents dont nous ne sommes pas complètement débarrassé, est donc possible. Il faut rappeler que l'Etat Islamique bat monnaie.  

Le grand avantage du souverain en matière de monnaie est qu'il peut rogner les pièces qu'il met en circulation pour accroitre son pouvoir d'achat (de prébende et de corruption). Ce qui revient à augmenter la quantité de monnaie, et donc d'augmenter les prix. Cette augmentation des prix, qui diminue la richesse du reste de la nation est en fait un impôt, mais un impôt des plus précieux, car invisible.

Emprunter (prendre)  à la banque centrale, quand on est un Etat, revient strictement au même: la création de monnaie à activité constante, augmente les prix, cette augmentation allant directement dans la poche corruptrice de l'Etat au prix d'une inflation funeste qui appauvrit les pauvres en se faisant passer pour un innocent changement climatique. 

Et bien, la fameuse réforme de 1973 fut précisément l'interdiction définitive de cette vilenie ! Le complot Pompidou Rotschild qui visa à enrichir les juifs (comme son nom l'indique) et que dénoncent avec vigueur tous les complotistes depuis dix ans est de fait un progrès majeur de la civilisation, de fait un droit de l'homme supplémentaire. 

Elle est d'autre part évidemment un préalable à tout action monétaire commune en Europe: comment imaginer laisser un tel pouvoir aux Etats avec une monnaie commune ? Cela signifierait donner à Malte le pouvoir d'imposer davantage les pauvres français. Même Hollande s'y opposerait ! 

Pour finir, emprunter à la banque centrale pour un Etat, c'est de fait se faire financer un déficit budgétaire, ou bien comme on dit, "faire marcher la planche à billets". Cela est maintenant interdit, au nom de la séculaire lutte entre les citoyens libre et l'Etat oppresseur. L'Etat doit prendre ses responsabilités et faire fonctionner la démocratie qui consiste essentiellement à négocier auprès des citoyens le montant de l'impôt: celui ci doit être sa seule source de revenus (à part la dette).

Quand on parle de l'Etat, on parle en fait du "Trésor". Il vend des bons "du Trésor" aux banques (et non pas à la banque centrale) pour obtenir de l'argent. Mieux, il peut emprunter sur les marchés mondiaux de capitaux. Ce sont des obligations (des titres remboursables à une échéance). Ils sont payés en monnaie banque centrale, directement depuis le compte dont l'Etat dispose auprès de la banque centrale. C'est le seul moyen légal pour l'Etat d'obtenir de l'argent hors impôts: l'emprunt sur les marchés financiers et non plus la création directe d'argent par manipulation de la monnaie qu'il est chargé de faire respecter. Du moins en principe: il y a contradiction fondamentale entre les deux rôles de l'Etat vis à vis de la monnaie, et l'indépendance de la banque centrale  a pour vocation d'écarter le chat des pots de confiture afin de maintenir les prix stables. 

A ce sujet, il faut savoir que le trésor public est séculairement client de la banque centrale, tout comme les banques. De fait, il se comporte comme une banque, mais qui ne prête jamais, bien au contraire: il perçoit, que dis-je il spolie, de fait il transforme la monnaie perçue en monnaie banque centrale tout en payant ses fournisseurs et prébendiers avec.  

 

LES MARCHES FINANCIERS

Les marchés financiers ne sont pas équivalents. Par exemple, le marché interbancaire, on l'a vu, est radicalement différents du marché du porc breton: il n'est pas, du tout, de même nature. 

On distinguera, c'est important, les marchés primaires et secondaires des titres, le marché secondaire étant un marché de l'occasion, seul le primaire pouvant émettre (créer) des titres. 

Les différentes politiques accommodantes des banques centrales se distinguent suivant qu'elles agissent sur les marchés primaires (c'est le cas de la QE de la banque d'Angleterre) ou secondaires seulement (c'est le cas de la QE de la BCE). 

LA QE

La QE est en vigueur en Europe depuis Mars 2015.

D'abord, le QE (quantitative easing) n'est pas une injection directe d'argent, mais une augmentation des réserves des banques. CE N EST PAS une activation de la planche à billets, donc. Presque pas. 

Cela n'a rien à voir, et ne correspond pas (évidemment) non plus  à un don d'argent à des rapaces aux nez crochus. Car il faut comprendre que ces réserves sont de la monnaie banque centrale, monnaie qui n'a rien à voir avec le vrai argent, et ne se trouve pas comptabilisée dans la vraie monnaie, celle qui permet par exemple d'acheter des bitcoins, en l'occurrence les aggrégats monétaires connus. 

Ces réserves (argent porté aux comptes des banques auprès de la banque centrale) sont augmentées du fait de l'achat par la banque centrale de titres variés émis par les banques. Cela permet à la banque centrale de "créer" de la monnaie banque centrale suivant le mécanisme bien connu commun à toutes les monnaies. Le but est bien de favoriser les banques (et rien qu'elles tu parles, qui d'autre ? ) mais dans un marché monétaire particulier: l'interbancaire.

Bien sur, les titres achetés peuvent être des bons émis par les états et que les banques s'échangent entre elles sur ce même marché. Il peuvent avoir été acheté par les banques aux états, si elles ont confiance naturellement ou si ces mêmes états leur forcent la main. 

Mais les banques vont mal. Elles ont "en banque" beaucoup de titres de valeurs douteuses (pour ne pas dire totalement pourries) qui fait qu'elles se suspectent mutuellement d'une faillite prochaine. Elle ne se font plus confiance et ne se prêtent plus rien. Or elles ont besoin de réserves pour pouvoir avoir le droit de prêter. C'est cela la crise de "liquidité": les banques sont clouées au sol et ne peuvent plus prêter à personne et en particulier à l'économie "réelle". D'où la volonté somme toute louable du "easing". 

En tout cas, la chose est indirecte, c'est l'essentiel. 

EN CONCLUSION

Plutôt que dénoncer à l'aveugle l'argent corrupteur, la méchanceté des riches, ou la rapacité de la finance juive (minoritaire partout, les pauvres, ils est très possible que leur rapacité soit en faite inférieure à celle de la finance non juive, si tant est d'ailleurs que la finance soit rapace plutôt que partie de la réalité du monde, en fait), on peut donc d'abord avoir quelques notions de base de cette réalité. Celui ci n'est pas absurde ou irraisonné, ou soumis à la folie de je ne sais quel démon. Il a ses problèmes, et tente de les régler. 

 

P.S. Pour enfoncer le clou et préciser la chose, un évènement récent en Allemagne est le ré-examen par la cour constitutionnelle allemande de la possibilité pour la banque centrale Européenne de mener la politique dite OMT, qui consiste à racheter des obligations d'Etat, ce qui au moins en principe viole les principes de la loi fondamentale toute "ordolibérale", de l'Allemagne fédérale. Un point intéressant, rappelé à ce propos est cette politique n'a PAS été utilisé par la BCE...

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/16/la-bce-de-nouveau-sur-le-gril-de-la-justice-constitutionnelle-allemande_4865972_3234.html

 

P.S. 21 Juin 2016 A deux jours du Brexit, la cour constitutionnelle Allemande accepte l'OMT, toujours pas appliquée, sachant qu'elle ne peut se faire qu'en échange d'un programme d'ajustement structurel (à base d'éventration de bébés innocents et de viols de femmes enceintes). 

Commentaires

Par ailleurs, même si je suis globalement d'accord avec votre papier et notamment avec votre interprétation de la loi de 1973, le Quantitative Easing ce n'est pas uniquement d'augmenter les réserves de banques, cela passe par le rachat par la Banque Centrale de titres d'Etat et par conséquent par de la création monétaire. La seule différence avec de la planche à billet pure et dure c'est ces rachats s'effectuent sur le marché secondaire et pas le marché primaire. Mais conceptuellement c'est identique.

Écrit par : odp | 25/01/2016

Oui, mais justement, pardon vous oubliez trois choses: d'abord que les réserves des banques sont comptabilisée en "monnaie banque centrale", monnaie qui n'est pas de la monnaie "ordinaire". Ma découverte émerveillée de cette magnifique distinction, inconnue de bien des gens (c'est pour moi un critère de vraie science, qu'on peut vérifier par une simple question) a motivé cette description que je me fis à moi même.

Ensuite que les interventions de la banque centrale européenne faite par assouplissement quantitatif ne créent pas, justement, de monnaie "ordinaire". CENESTPAS de "la planche à billets" à strictement parler.

Pour finir, même si la QE européenne est faite exclusivement sur le marché secondaire, ce n'est pas le cas des QE anglaises américaines qui achètent sur le marché primaire.
La BCE n'est pas la banque d'un Etat, et c'est ce qui fait son originalité.

Écrit par : François Carmignola | 25/01/2016

Je pense qu'en vous focalisant sur un détail (i.e. le fait que les réserves des banques soient comptabilisées en "monnaie banque centrale" et pas en "monnaie ordinaire"), vous ratez la perspective générale.

En la matière, en effet, le rôle des réserves bancaires est tout à fait marginal: ce qui compte c'est que les banques centrales émettent de la monnaie (de l'argent ordinaire) pour financer les Etats; soit directement (émissions primaires) soit indirectement (émissions secondaires).

L'argent "ordinaire" que la FED ou la BOE donnent au Trésor US et britanniques en souscrivant aux émissions primaires ou que les banques nationales du système Euro donnent aux Etats membres en achetant leurs titres en secondaire se retrouve bien dans l'économie via le budget des Etats. C'est bien de la planche à billet; "hard core" pour la FED et la BOE; plus soft dans celui de la BCE, mais le résultat est identique: les banques centrales financent la dette publique.

Ceci dit, même s'il s'agit de planche à billet, cette politique n'est pas inflationniste parce qu'elle est couplée à une politique budgétaire, sinon récessive, du moins pas expansive, et que nous souffrons en Occident et même à l'échelle mondiale d'un problème de demande (i.e. d'insuffisance de pouvoir d'achat) et pas d'offre (i.e. d'insuffisance de produits).

Écrit par : odp | 27/01/2016

Sinon, je repartirai de votre conclusion sur l'état du monde: il a ses problèmes et tente de les régler. Mais quels sont-ils et que est le rôle du QE en cette matière?

Écrit par : odp | 27/01/2016

Et non ! Il va nous falloir nous départager par introduction d'un tiers à moins que vous n'admettiez de sérieuses lacunes.
D'abord la distinction primaire/secondaire, un marché primaire étant un marché d'émission (les obligations sont émises) alors qu'un marché secondaire est un marché d'occasion pour les titres.
Ensuite la monnaie banque centrale ne peut être utilisée par les états (quels états en Europe par exemple?) mais bien par les banques à qui on rachète sur leurs comptes à la BCE des obligations qui les libèrent, ce qui devrait (c'est la pétition de principe) les inciter à prêter plus facilement.
Les états s'endettent, il vous faut le savoir et l'admettre, en empruntant sur le marché mondial des capitaux. Dot Barre.
C'est l'un des aspects importants de la création de l'Euro, figurez vous.

Pour ce qui concerne la QE, son effet indirect ne se traduit que par une incitation à la baisse des taux d'intérêt. Or la décision de prêt n'est pas simplement affaire de taux, (surtout quand il est relativement faible) mais bien d'opportunité. Et il se trouve que comme les projets susceptibles d'intéresser les banques ne sont pas si nombreux, et bien la croissance n'est pas vraiment au rendez vous.
On se dit néanmoins qu'en l'absence de ce dopage massif les banques s'effondreraient et que donc la perfusion sert le vivant...
En résumé par contre, rien n'est strictement mécanique dans ces affaires et c'est précisément l'objet de ce billet que de le rappeler, les choses sont INDIRECTES.

Ainsi donc, désolé, CENESTPAS de la planche à billets.

Écrit par : François Carmignola | 27/01/2016

Mon Dieu, ce que pouvez être arrogant et désagréable. "Dot barre"... Vous vous croyez dans un Western? Et pourtant, on ne peut pas dire que le sujet mérite réellement de s'exciter tant que ça.

Cependant, comme il s'avère que, ledit sujet, je le connais un peu et que la propagation de la vérité contribue toujours positivement à l'harmonie du monde, je vais m'atteler à la noble tâche de vous faire comprendre (ce qui devrait être possible) et même admettre (ce qui paraît plus difficile) votre erreur.

En effet, comme vous l'indiquez, depuis la chute du système de Breton Woods, les Banques Centrales dans le monde sont devenues "indépendantes" et, en régime normal, n'interviennent plus directement sur la masse monétaire.

La création monétaire (i.e. la planche à billet) est en effet "déléguée" aux banques commerciales; le rôle de la Banque Centrale étant de stimuler ou au contraire freiner cette dernière par la fixation des taux d'intérêts. Si la banque centrale veut stimuler la masse monétaire (et donc en théorie l'économie), elle baissera donc les taux d'intérêts; si au contraire elle veut faire diminuer les masse monétaire, elle les relèvera.

Dans ce cas, cette action est donc, comme vous l'avez souligné, INDIRECTE, la Banque Centrale contrôlant la création monétaire par le biais son taux directeur.

Cependant, depuis 2008 et la Grande Crise Financière, cet outil "conventionnel" a été jugé insuffisant et presque toutes les Banques Centrales des grands pays développés se sont lancées dans des opérations DIRECTES de création monétaire.

La première à l'avoir fait fut la FED, suivie de la BOE qui décidèrent de créer DIRECTEMENT de la monnaie (i.e. de faire marcher la planche à billets) pour intervenir sur les marchés financiers en rachetant, notamment, des titres d'Etats ou des grandes entreprises.

Dans le cas de la BCE, en raison du maximalisme des allemands, une telle action fut initialement impossible. Elle s'effectua donc en 3 étapes.

- En décembre 2010, la BCE lança le SMP (Securities Market Programme) par lequel elle effectua des achats de titres de dettes d'Etats membres mais qui furent immédiatement "stérilisés" afin de respecter la neutralité de la politique monétaire. Ce fut bien évidemment un coup d'épée dans l'eau.

- En décembre 2011, fut annoncé le LTRO (Long Term Refinancing Operations) qui ne franchissait toujours pas le pas de la création monétaire mais offrait aux banques des conditions de refinancement hors norme afin, comme vous l'avez dit, de stimuler l'offre de crédit. Ce fut nécessaire mais pas suffisant.

- Enfin, en janvier 2015, confrontée à un risque de déflation et à un euro bien trop fort, la BCE décida finalement, 6 ans après la FED et la BOE, de se lancer dans le vrai QE (i.e. la création monétaire, i.e. la planche à billets) et d'intervenir sur les marchés internationaux pour racheter 60 milliards d'euro de dette publique européenne avec l'objectif affiché, par cette accroissement de la masse monétaire, de créer de l'inflation.

Si vous voulez plus de détail lisez ça.

http://www.atlantico.fr/decryptage/ltro-0-qe-1-pourquoi-c-est-quantitative-easing-bce-dont-avons-vraiment-besoin-nicolas-goetzmann-1623424.html

Écrit par : odp | 28/01/2016

Pardon pour le "dot barre" , expression d'informaticien je crois, https://fr.wiktionary.org/wiki/point_barre.
Mais je maintiens l'intention.
L'article que vous citez parle bien de la base monétaire, ou M0, ou "monnaie banque centrale", c'est à dire la monnaie qui n'est pas la monnaie normale comme nous en sommes tombé d'accord.
D'accord avec votre historique sauf pour la fin, la création monétaire restant induite du fait de la nature des titres achetés: ceux ci se payent en monnaie banque centrale la plupart du temps, il me semble.

D'autre part, il ne s'agit pas de financer les états, ce qui est de par ses statuts impossible à une banque centrale indépendante, mais de stimuler, et c'est toujours l'objet quelque soit l'orthodoxie des moyens, le crédit distribué par les banques. L'expression "planche à billets" reste impropre et dénature complètement ce qu'est le système financier et monétaire actuel.

Cette expression s'applique par contre à la critique de la fameuse loi de 73, reprise en coeur par tout ce qu'on peut trouver de débile, d'inculte ou de salaud au sens sartrien et je me comprends. Je vois que nous sommes d'accord sur ce point: les crétins qui recommandent cette belle politique ont complètement tort et ne méritent que le plus extrême mépris; un état ne doit pas créer de la monnaie pour financer sa mauvaise gestion.

Surtout que la situation actuelle est pratiquement équivalente: cet état impécunieux et corrompu profite à plein des bas taux d'intérêt pour payer les salaires de ses fonctionnaires inutiles, et cela quelque soit le montant énorme de la dette "sale" qu'il accumule sans vergogne et qu'il laisse à ses successeurs et à ses enfants. Simplement cela se voit et se paiera.

Écrit par : François Carmignola | 29/01/2016

Pour en rajouter une couche, euh, pour faire litière d'expressions à l'emporte-pièce qui pourraient traduire une désespérance, voire une confusion quand à la nature exacte du système financier actuel, je vous recommande:
http://www.economie.gouv.fr/facileco/bce-creation-monetaire-dette-publique
La question de la nature "indirecte" des actions des banques centrales y reste posée, pratiquement dans les termes que j'utilisais précédemment.

Par contre, et là vous avez, un peu, raison, et qu'il y a, notamment dans le cas de la FED et de la Banque d'Angleterre, création de monnaie "normale", par achat de titres sur le marché primaire, avec la nuance, je la maintiens, qu'il ne s'agit pas d'une décision étatique de création de monnaie pour des besoins sociaux ou militaires, mais bien d'une stimulation, quoique je vous l'accorde "non conventionnelle", de l'économie.

La complexité de ces mécanismes est évidemment extrême, et la difficulté des décisions prises et à prendre parfaitement avérée, mais et c'est ce que je voulais dire, il n'y a pas de complot ou d'évidences qu'une bonne politique communiste de rognure des écus résoudrait tout cela. C'est, comme on dit, plus compliqué que ça.

Pardon de mon arrogance mais je crois que nous partageons l'essentiel de l'argument.

Écrit par : François Carmignola | 30/01/2016

Bonjour,

Merci pour vos commentaires plus amènes. En ce qui me concerne, je trouve que cela facilite les échanges; surtout que c'est animé des meilleurs intentions du monde que j'ai frappé à votre porte: d'où ma surprise quand, passées les premières amabilités, c'est à coup de jets de purin répétés que vous m'avez accueilli. J'ai entendu parlé d'une étude qui montrait que les gens créatifs avait en général mauvais caractère (c'était exprimé en termes plus scientifique mais c'était l'idée générale); peut être que votre légère misanthropie est-elle la rançon de votre singularité.

Mais revenons à nos moutons.

Comme je vous l'ai dit initialement, outre votre indéniable originalité, ce qui m'intéresse dans votre prose, c'est que vous semblez passionnément Gaulliste et passionnément libéral; deux catégories qui, dans le débat public, sont rarement associées et même fréquemment opposées, soit que les Gaullistes se déclarent anti-libéraux (Zemmour, Couteaux, Garaud, Dupont-Aignan, Pasqua…), soit que les libéraux se déclarent anti-Gaulliste, accusant le Général d'avoir farci la tête des français "d'exceptionalisme" et de rêve de grandeur et par conséquent d'avoir freiné leur adaptation au "monde moderne" (i.e. libéral); c'est un peu ce que Constant reprochait déjà à Napoléon.

Je crois avoir compris ce que vous qualifiiez de "libéral" dans l'homme du 18 juin. C'est la volonté farouche d'être indépendant. C'est une vertu me semble-t-il assez aristocratique, semblable à la liberté des Grands sous l'Ancien Régime, elle même héritée de celle des Grecs.

Dont acte. Mais puisqu'il faut aimer cette liberté et refuser cette aliénation, ne voyez vous pas que le capitalisme financier devient alors le véritable ennemi, aliénant les individus, ruinant l'Etat et dissolvant la Nation. N'est pas contre ce système que la Gaullisme dont vous vous revendiquez devrait sonner la charge?

Écrit par : odp | 31/01/2016

J'avoue être assez d'accord avec votre description de "la liberté des grands", c'est effectivement ce à quoi je pensais. Pour ce qui concerne les gaullistes et les libéraux, vous avez tout de même raté une marche, pardon de vous le dire: le gaullisme politique fut parfaitement "libéral" économiquement au sens moderne du terme, bien plus que Napoléon qui pensait tout pouvoir contrôler et bien plus que Mitterand qui nationalisa tout et détruisit tout pour notre malheur.

Car la volonté de contrôler l'économie et la finance se trouve être caractéristiques de ceux que vous qualifiez de "gaullistes" et qui n'en sont pas, mais alors pas du tout, du moins selon moi.

Zemmour qui regrette le pétrole de l'algérie française de son papa (sans parler du carnet de chèques qu'il refuse toujours à sa maman) n'est absolument pas un gaulliste, mais l'idéologue en chef du front national, d'accord sur tout avec les Lepen, sauf (et encore ce n'est pas sur) la haine des juifs. J'en ai parlé ici en détails. (http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2014/10/23/le-petit-zemmour-5474317.html)

Coutaux est un personnage ambigu, ex militant socialiste (pour moi c'est presque pire que pétainiste) et conseiller de Chevènement. Recruteur du FN, c'est ce qu'on appelle un "demi-sel"; il est tellement tordu qu'il s'est brouillé avec les lepen, c'est dire.

Pasqua fut un jeune résistant, mais un trop souvent mis en cause judiciairement pour moi. Successivement homme de main puis contempteur de Chirac, il fut comme toute sa génération dévoré tout cru par Mitterand (après avoir fait voter pour lui) sans avoir pu rien faire. Le désastre des années 80 qui ruina la France est en partie de la responsabilité de toute cette bande de perdants, Seguin et Garaud compris.

Dupont-Aignan est un niais, propagateur de la fable de 73 (nous en avons parlé) par inculture, et souverainiste par défaitisme tout comme le gluant marxiste Chevènement dont il partage les obsessions.

Qualifier cette camarilla de nationalistes étroits et aveugles de "gaullistes" est parfaitement inapproprié, vous allez me remettre en rogne. C'est le drame du temps qui s'écoule que la réalité hors norme de cet homme puisse être autant oubliée ou trahie.

Un seul homme politique actuel me semble partager l'attitude nationaliste, pragmatique, et "libérale" (à mon sens) d'un De Gaulle: François Fillon. Tout le sépare des abrutis que vous citez. Dites moi comment vous le qualifiez, lui et son projet.

Le terme de "libéral" se trouve connoté dans l'histoire politique. Il est, comme vous le décrivez, associé à un ensemble d'opinions de caractère plutôt centriste, fédéraliste européen, pro américain. En ce sens, il n' a de commun avec le gaullisme que l'économie de marché et le capitalisme financier. Parlons en.

D'abord le capitalisme n'est pas une idéologie: les inventeurs du mot, Marx et Engels, inaugurèrent par là une longue série d'erreurs qui se termina en Chine par les plus abominables massacres de l'histoire.
Il est une pratique économique, inventée au moyen âge, et fondamentalement associée à la civilisation moderne. En tant que tel il est un élément de la nature et doit être maitrisé et utilisé par les états tout en lui reconnaissant sa liberté intrinsèque, gage de sa capacité à créer la richesse.
Il faut être naïf (ou complètement crétin) pour croire que le méchant égoïsme mercantile peut être aboli, ou penser au contraire que l'idéal de la main invisible fera le bonheur de toute la mondialisation.

Au sujet de la finance, quand elle est nécessaire à nos affaires et à notre puissance, est souhaitable et respectable. La croire mauvaise -essentiellement- est une superstition.
Comment vendre des avions de ligne sans une ingénierie financière au moins aussi savante que l'aéronautique elle même ? Comment vendre des parfums s'il n'y a pas de cocottes ?

Et puis, en quoi somme nous victimes de la finance ? Comme par hasard ceux qui s'en plaignent, je pense aux grecs, mais nous faisons aussi partie du lot, ont beaucoup emprunté et trouvent injuste d'avoir à rembourser alors qu'ils sont si pauvres. Ce sont des faibles et ils seront ruinés, puis mis en esclavage car c'est le sort de ceux qui quémandent sans produire. La liberté se conquiert d'abord par l'autonomie financière et donc par la prospérité que procure la bonne gestion. Le reste n'est qu'illusion et infantile sentimentalisme.

Il est tout à fait surprenant que ces évidences doivent être rappelées à notre monde, partiellement vérolé par un unanimisme et un post communisme bêlant propre à tous les esclavages et toutes les pauvretés.

Car voilà la réponse à la question que vous posez: le gaullisme n'est pas un combat religieux ou idéologique. De fait il n'-est- pas. Il est un attitude commune à bien des gens dans bien des pays et bien des époques: la recherche de son autonomie, de son indépendance, bref de la liberté.

Écrit par : François Carmignola | 31/01/2016

Bonjour,

Avant de préciser ma "pensée" sur le capitalisme financier, je souhaiterais revenir sur nos échanges autour du "libéralisme" économique de de Gaulle. Comme vous l'avez indiqué, de Gaulle n'est clairement pas un idéologue libéral et il me semble d'ailleurs que s'il fallait caractériser sa pensée, elle serait très largement pré-moderne. De Gaulle pense en homme du 17ème siècle: c'est un classique et sa vision de l'économie est à l'avenant: mercantilisme, équilibre budgétaire, grands projets, c'est du Colbert dans le texte.

Aussi, s'il est indéniable que le plan Rueff de 1958 libéralise l'économie française (en supprimant certaines subventions, l'indexation des salaires et en abaissant certains droits de douane), cette libéralisation ne vaut pas brevet de libéralisme et est juste un outil pour une mener une politique mercantile classique que la dévaluation de Décembre vient souligner. L'objet du Plan Rueff n'est aucunement, pour de Gaulle, l'occasion de laisser la main invisible du marché délivrer ses bienfaits, c'est celui de restaurer le prestige de la France par la stabilité de sa monnaie et surtout de mettre l'industrie française en position de force grâce à une dévaluation très sensiblement supérieure à ce qui était strictement nécessaire (cf. Jean-Charles Asselain: https://postjorion.wordpress.com/2011/06/11/186-devaluations/).

De Gaulle pose le primat du politique ; et ce sens il ne peut-être considéré comme un libéral. D'une certaine façon, c'est exactement comme sur le thème de la liberté: de Gaulle défend certes la liberté, mais celle des Anciens, qui assujettit l'individu au groupe, alors que les "libéraux", à commencer par Constant qui fit le fameux discours, défendent celle des Modernes qui cherche au contraire à émanciper celui-ci de celui-là. Bref, dans un cas comme dans l'autre, une liberté mais pas de libéralisme. Rien n'est plus éloigné de de Gaulle que des considérations sur "la jouissance paisible de l'indépendance individuelle privée" (Constant) ou sur l'enfant qui ne naît "sujet d'aucun pays" et qui, devenu adulte, "est dans la liberté de choisir le gouvernement sous lequel il trouve bon de vivre (Locke).

Écrit par : odp | 02/02/2016

Comme souvent vous vous laissez aller à des contre sens: De Gaulle n'est bien sur pas du tout un homme du XVII ème siècle mais bien la quintessence de celui du XXème, maitre des chars, des nations, de la bombe atomique et aussi de la responsabilisation des citoyens!
La rigidité de sa posture est le fait de son caractère pas de sa soumission aux moeurs du passé qu'il a dominé mieux que personne.
Quand au mercantilisme, vous repasserez: c'est bien vous qui êtes anachronique et la Vème république gaulliste fut parfaitement au fait du capitalisme financier pour le bonheur de notre puissance, comme par ailleurs vous l'avez tout de même remarqué. Au fait Rueff fut surtout l'homme de la suppression du contrôle des changes !
Les grands projets furent menés par des entreprises qui ne furent nationalisées que sous Mitterand et pour leur malheur. Bref la France de De Gaulle était bien plus libérale que la notre et les souverainistes qui se plaignent aujourd'hui du capitalisme roi sont des aveugles, des sourds et des débiles: nous sommes aujourd'hui victime d'un étatisme socialisant forcené excessif et qui nous ruine. Nous avons besoin de la liberté des années soixante ! Au fait c'est la position de Fillon que de la rétablir et vous n'avez pas d'avis sur la question on dirait....

Mais pour ce qui concerne notre débat et la relation entre gaullisme, nationalisme et libéralisme,
il y a une limite du libéralisme du à sa définition comme opposé du socialisme. Alors que la nécessité de la prospérité qui implique la liberté économique d'aprés Bastiat, s'oppose tout à fait à la spoliation étatique, l'injonction vis à vis de l'état devient trop forte, et celui ci ne peut s'imposer comme souverain: il se trouve prisonnier d'une loi idéologique tout comme le socialisme de la "solidarité".
Pour résoudre le problème il faut introduire l'exception et être capable de la penser. Vous avez noté que je m'intéressais à Walter Benjamin, et bien c'est précisément pour ces raisons.
Il se trouve que De Gaulle a beaucoup réfléchi ( et agit) sur cette question, comme traitre à l'Etat, comme restaurateur de celui ci, et comme porteur d'une constitution originale, dotée d'une loi d'exception qui plus est.
Parfaitement actuel, ce débat qui est philosophique, voire théologique, est extrêmement important, au coeur des interrogations de l'actualité de notre monde. Ne trouvez vous pas ?

Écrit par : François Carmignola | 02/02/2016

Tout d'abord, je voudrais me lancer des fleurs. Je suis très content d'avoir engagé la conversation avec vous parce que cela m'a permis de clarifier ma compréhension de l'opposition entre la liberté des anciens et celle des modernes. Je pense également que cela a dû vous permettre de mesurer l'abyme qui existe entre la liberté gaulliste et le "libéralisme" mais je laisse ça à votre libre appréciation.

Sur le siècle du Général de Gaulle, je parlais bien entendu de sa vision du monde, de son éthique, de son esthétique (le style c'est l'homme) ; et en la matière je pense qu'il est difficile d'exprimer un franc désaccord sur ce jugement, nonobstant chars, avions et autres centrales nucléaires. Par exemple, je me considère également comme un homme du 17ème siècle (j'adore Racine, même si je ne le lis pas) et pourtant je ne suis pour l'énergie atomique; cela n'est pas antinomique.

Si mon opinion, certes seulement modérément éclairée, ne vous suffit pas, je vous engage à lire ce petit papier fort éclairant sur la bibliothèque du Général (http://www.karimbitar.org/degaulle) et vous verrez que le Grand Siècle y trône en majesté, que les Lumières en sont absentes et que, pour le 19ème, ce sont plutôt les anti-Lumières qui dominent (les romantiques, Barrès). Le 20ème siècle au sens où nous l'entendons nous (Proust, Céline) y est totalement absent.

Quant à la question de savoir si l'économie était plus libérale sous de Gaulle qu'elle ne l'est aujourd'hui c'est une question qui pourrait sembler incongrue mais qui est en réalité assez passionnante en ce sens qu'elle illustre, je pense nos incompréhensions autour du "capitalisme financier" ou du caractère "anti-libéral" de l'organisation économique française actuelle.

Pris par le temps, néanmoins, je vous propose d'aborder ce sujet un peu plus tard.

Écrit par : odp | 03/02/2016

L'intérêt de la conversation n'est pas discutable, et vous pourriez saisir les perches que je vous tends (Fillon, Benjamin)...
Sinon, je préfère un lecteur de Racine qui se projette dans le XXème siècle atomique, spatial et libéral qu'un petit lecteur de pornographies fin de siècle qui nationalise à tour de bras en croyant à l'efficacité des 35 heures. Lequel des deux maitrise son époque, ce qui est la marque d'un homme "de son temps" ? De Gaulle avait les lectures qu'il voulait, et ne fit certes pas la politique de Napoleon ! Mitterand avait des gouts littéraires plus modernes parait il: lui fut véritablement un homme du XIXème, englué dans les misérables et fétides boues du socialisme et de l'action française...

Pour finir, et là vous touchez une corde sensible, vous mettez Proust et Céline côte à côte. J'en ferai un roman de cette ignoble et insupportable association. Sachez que je considère comme méprisable, haïssable et horrible toute marque de respect pour le puant cacographe céline etc etc.
Que l'on puisse comparer céline à Proust m'est odieux. Ce très regrettable lieu commun est pour moi la marque de l'ignorance et du mauvais gout. Avez vous lu Rebatet ? Considéré lui comme un antisémite insupportable et interdit de tout, il est lui un immortel écrivain génial (Les deux étendards) et son brulôt anti sémite soit disant insupportable (les décombres) est un documentaire passionnant très peu dégoutant finalement. Rien à voir en tout cas avec ce qu'a pu vomir son ami céline. Bref, l'autonomie du jugement doit toujours primer, je ne vous surprend pas, j'espère.

Écrit par : François Carmignola | 03/02/2016

Sur les perches que vous me tendez, je crains de ne vous décevoir: je n'ai aucune culture philosophique et doute de jamais en avoir une. Donc Walter Benjamin, je connais de nom, d'autant plus partie de ma famille vient de ce joli coin de France où il a mis fin à ces jours. Mais pas plus que ça.

Quant à Fillon, je dois dire qu'avant que vous ne portiez son existence à ma connaissance je le considérais plutôt comme un zombie qu'autre chose. Le moins que l'on puisse dire, c'est que comme "collaborateur" de Sarkozy il n'a pas vraiment brillé; sinon comme avaleur de couleuvre. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que quand il s'est attaqué à l'horrible clique de voyous à qui Sarkozy avait donné les clés de l'UMP, il a fait preuve d'une détermination et d'un panache intéressant. La création du RUMP, c'était franchement beau. Malheureusement, vu ce qu'est devenu "le peuple de droite", j'imagine mal qu'il puisse trouver sa place entre Juppé et Sarkozy.

Quant à Céline, Dieu ce que vous êtes sectaire... La liste de vos détestation est vraiment impressionnante; presque célinienne si j'ose dire. Heureusement que vous êtes athée... Quant à moi, je pense que Voyage au bout de la nuit est l'un des plus grands livres du 20ème siècle mais ce n'est pas (plus) ma tasse de thé. Trop baroque.

Ce qui nous mène à Rebatet. J'ai à de multiples reprises entendu des louanges sur Les deux étendards (notamment à l'extrême-droite); et il est vrai que le titre est très beau. Cependant, quand j'ai voulu l'acheter, la 4ème de couverture (et le prix) m'ont rebuté. Les histoires d'amour à 3 contrariées, on ne peut pas pas dire que ça me motive plus que ça; mais maintenant que vous attirez à nouveau mon attention sur cet ouvrage, je vais m'y ré-intéresser.

Écrit par : odp | 04/02/2016

Quant à la question (qui pourrait paraître saugrenue) de savoir si l'économie des années 60 était plus ou moins « libérale » que celle dans laquelle nous vivons actuellement, si l'on en juge uniquement par le poids dépenses publiques dans le PIB, ou le nombre de fonctionnaires, on peut conclure qu’en effet le poids de l'Etat dans l'économie est supérieur actuellement à ce qu'il était dans les années 60.

Mais c'est, très largement, un effet d'optique, l’arbre qui cache la forêt ou le doigt de celui qui montre la lune.

Tout d’abord parce que l’essentiel de la croissance des dépenses « publiques » provient de la déformation de démographie du pays : que le poids des retraites ou de la sécu soit supérieur actuellement à ce qu’il était en 1960 n’est pas vraiment surprenant. De la même manière, l’accroissement des dépenses pour l’éducation ne peut pas être considéré comme une bolchevisation de l’économie ; simplement le reflet de l’augmentation du niveau de vie.

A contrario, tous les autres indicateurs montrent à quel point l’ économie actuelle est incomparablement plus libérale et moins étatique qu’elle ne l’était. Des pans entiers de l’économie étaient alors soit nationalisés (pétrole, gaz, électricité, charbonnages, transports, automobile, banque, armements) soit « contrôlés » par l’Etat via la commande publique (sidérurgie, aéronautique, chantiers navals). De la même manière, le taux d’ouverture de l’économie (somme des imports et des exports rapportés au PIB) a été multiplié par 3 et les droits de douanes divisés par 5 sur la période et le taux de syndicalisation divisé par 4. Enfin, sur le plan social, le taux marginal d’imposition est passé de 60% à 43%, tandis que l’IS passait de 50% à 33%... Conclusion, la part des salaires dans la valeur ajoutée, mesure s’il en est du rapport de force entre capital et travail, est passé de ~70% dans les années 60 à ~60% dans les années 2000.

Bref, l’économie dans laquelle nous vivons est incomparablement plus libérale que celle des années 60. De fait, ce n’est même pas une question de degré, mais de nature : on est passé d’une économie semi-dirigiste destinée à assurer la place de la France sur la scène mondiale à une économie totalement libéralisée dont l’objet est de maximiser la fortune des épargnants (c’est ça le capitalisme financier).

Écrit par : odp | 05/02/2016

Un graphe qui synthétise TOUT (évolution comparée de la productivité et des salaires depuis la fin de la seconde guerre mondiale) et qui me fait en général dire: "comment peut-on être libéral"?

http://www.outsidethebeltway.com/wp-content/uploads/2012/07/wages-productivity-Figure-A.png

Et c'est aux US, temple du libéralisme; pas dans ce pays de bouseux socialistes qu'est, pour les libéraux, la France...

Écrit par : odp | 05/02/2016

Le taux de dépenses publiques dans le PIB est évidemment le critère qui tue: l'étatisation de la France actuelle est monstrueuse, et digne d'un pays communiste des années 60, vous le reconnaissez en préambule, et c'est bien. Le décrire comme un doigt qui montre la forêt ou comme l'arbre qui cache la lune est plaisant, à rebours du bon sens et pitoyable.
Privés de leur jour de carence, de leur ruineuses retraites, de leurs injustifiées prébendes sociales et de leur horaires à mi-temps qui en font la risée du monde entier, les fonctionnaires que vous salariez avec cet argent là n'en ont plus que pour un an. Après...

Vous auriez du vous en tenir là car le reste de votre déni est absolument pitoyable: les pires lieux communs sortis des pires propagandes, issues de tout ce que les partis communistes , le front national et tous les autres crétins qui font la honte de ce pays de débiles peuvent sortir de plus absurde et de plus faux.

Le reste est en effet à la hauteur de la grosse, très grosse dissonance cognitive qui vous affecte et qui vous pousse à décrire comme nationalisées l'automobile, la banque et les armements des années 60; c'est le contraire qui est vrai, on commence par là.

Le "contrôle par la commande publique" parangon de la plainte socialiste qui aboutit après d'ineptes nationalisations à la destruction partielle de ces industries, elle est un jugement absurde, faux et ridicule: des entreprises privées de ce type se doivent évidemment d'être soutenues par la commande publique, il ne manquerait plus que ça !

L'ouverture à l'extérieur n'a évidemment rien de libéral en soi, tout est une question de marché.

Quand au taux de syndicalisation, il est précisément une preuve de libéralisme: quand les syndicats dirigent, ils écrasent leurs contre pouvoirs et il n'y a pas d'économie libre qui ne gère localement les rapports entre salariés et patrons: c'est précisément l'objet du programme de François Fillon que de rétablir le dialogue social, que l'inepte, stupide, et ruineux interventionniste étatique a complètement détruit. Cette considération est ainsi une bêtise caractérisée de votre part, vous devriez avoir honte de l'avoir produite.

L'accroissement des dépenses d'éducation en France est l'un des syndrome du mal français: dépenser autant d'argent pour former autant de crétins analphabètes est la honte d'un pays prétendument civilisé. La masse compacte de fonctionnaires inutiles ou absents de cette délirante administration nous ruine pour rien: en retard dans tous les classements internationaux, elle forme de chômeurs, reproduit les pires inégalités, est incapable d'apprendre à lire, incapable de former des apprentis de par son idéologie absurde, moraliste et stupide qui explose sous yeux !

Le reste de votre jugement culmine avec la ridicule, rebattue et sans intérêt théorie de la part des salaires dans la valeur ajoutée, j'en pleure de rire, il ne manque plus que les horribles inégalités de Piketty !
Nous ne sommes pas du même monde monsieur, et le libéralisme que nous allons vous imposer va vous arracher des sanglots, j'espère pour votre inconscience, votre inculture et votre inconséquence qu'ils seront les plus douloureux possibles. Après cela, vos enfants pourront vivre dans un pays normal et votre bêtise nous remerciera. Pas de quoi, c'est normal, nous en profiterons aussi.

Écrit par : François Carmignola | 05/02/2016

Monsieur,

Vous êtes définitivement et incurablement stupide. Vous m'avez fait rire; vous me faites pitié.

Je vous laisse dans votre fange.

Écrit par : odp | 05/02/2016

Le dernier mot me revient: il semble bien qu'une partie de la connerie française n'est pas au courant de ce qui va lui arriver.

Écrit par : François Carmignola | 06/02/2016

Pour finir, le trop mielleux manipulateur anti capitaliste que j'ai trop longtemps charitablement grondé pour son manque de culture, ses manifestes confusions et autres insuffisances dignes d'un gamin demeuré, s'est senti réduit à tenter de mordre la main qui le nourrissait intellectuellement avant de fuir en ruant tel l'âne enfin débâté. Car il y a des choses que certains ne peuvent supporter: être mis en face du temps qu'ils ont perdu à se faire enfler sans réfléchir de ce qu'il avaient envie d'entendre.

Écrit par : François Carmignola | 07/02/2016

Puisque vous persistez dans l'insulte je vous propose de vider notre querelle à l'ancienne, sur le pré. Vous aimez apparemment aboyer, voyons si vous savez mordre. Je vous retrouverai où vous le souhaitez pour vous mettre la raclée que votre stupidité mérite. Amenez vos gants de boxe.

Écrit par : odp | 07/02/2016

Sur le pré on se tue monsieur l'admirateur de Racine qui ne le lit pas. Des gants de boxe ! Vous viendrez en short, je présume ? C'est à ça que je vous reconnaitrai ?

Écrit par : François Carmignola | 08/02/2016

Pour se reconnaître, les gants de boxe devraient suffire...

Écrit par : odp | 09/02/2016

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