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12/01/2016

De Gaulle, Vichy le libéralisme et la liberté.

Voici rassemblés ici un ensemble de commentaires fait à un texte (la monnaie) dont le sujet n'avait rien à voir avec le propos. Le sujet en est tout de même extrèmement intéressant. 

Je me permet de les re-publier ici sans modifications aucune, que son auteur n'y voit nulle offense, juste une commodité.

 

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Bonjour,

Je suis tombé par le plus grand des hasards sur votre blog qui me paraît, sinon à nul autre pareil, en tout cas fort original; à la fois dans la forme (on trouve rarement accolées des démonstrations mathématiques et des considérations philosophiques) et dans le fond (vous vous proclamez libéral mais vénérez le Général et refusez la libre circulation des hommes; réactionnaire mais amoureux de le science; opposé aux Le Pen tout en étant favorables aux identitaires; contre les religions mais admirateur de René Girard).

Bref, vous représentez une forme de chatoiement du monde (excusez ma pédanterie) qui m'intrigue et me laisse penser que j'aurai peut-être beaucoup de choses à apprendre de conversations avec vous (étant entendu que je suis bien moins porté vers l'abstraction que vous ne l'êtes).

Seriez-vous disposez à engager le débat avec moi?

Écrit par : odp | 07/01/2016

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Je vous remercie de votre gentillesse.
Simplement, De Gaulle fut libéral en 58 et présenta lui des budgets en équilibre.
D'autre part, la libre circulation des hommes (celle des autres) s'oppose à la libre détermination de ses frontières (des siennes). L'idéologie dite libérale et qui effectivement inclut le refus des nations n'est qu'une domination par une idéologie justement et aussi par les prédateurs.
Le pragmatisme politique consiste à utiliser le libéralisme pour ce qu'il est: une nature des choses dont la considération convient à l'instauration de sa puissance. C'est une définition du gaullisme.

Réactionnaire certes, mais je m'en explique, l'autonomie du jugement étant nécessaire pour reconnaitre soi même le nouveau ou le vrai (autant qu'il est possible), ce qui est la marque du scientifique.

Favorable aux identitaires ? Franchement je ne crois pas, ou secondairement, car ce qu'on veut appeler "identité" est parfaitement mal défini, l'expression "identité nationale" étant quasiment un oxymore pour moi.
C'est peut être ça le débat: l'identité est par définition multiple, et privée. Elle ne peut se manifester que comme abdication et humiliation devant le sentiment national. Que cette attitude soit considérée comme marquant une identité particulière, je veux bien, mais là on parle d'autre chose.
En tout cas ma détestation de la famille Lepen et de tout ce qu'elle représente est totale, ça c'est vrai. De plus ma détestation pour les communautarismes est à la hauteur: je ne respecte en rien les identités religieuses catholique ou musulmane, et veut les humilier pour les raisons dites. Pour moi, le spirituel et le religieux s'assimilent au sexuel: liberté absolue pour toutes les turpitudes, mais dans l'espace privé, s'il vous plait, cela pourrait gêner ceux qui ont la tête ailleurs momentanément.

René Girard n'est pas un religieux, et vous devriez savoir pourquoi, vu son explication de la chose. Ma haine des religions, en fait un dégout profond pour toute référence à toute espèce de sacré vient de lui.

Bien à vous, et cela n'a rien à voir avec la monnaie.

Écrit par : François Carmignola | 09/01/2016

 

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Bonjour,

Commençons par le plus simple: mon interrogation quant à l'adéquation entre Gaullisme et libéralisme. Sauf erreur de ma part, le libéralisme est fondé sur un postulat dont découle tous les autres: la primauté de l'individu sur la communauté. Or s'il est un homme politique qui a constamment placé la communauté (la France) au dessus des individus, c'est bien de Gaulle, n'hésitant jamais à sacrifier des individus (Darlan, Pucheu, Salan) ou des groupes d'individus (les marins de Mers-El-Kebir, les français d'Algérie, les Harkis) aux besoins de l'Etat. A ce titre, il me semble que le budget en équilibre de 1958 est un épiphénomène qui reflète plutôt le traditionalisme du Général en matière économique qu'un quelconque "libéralisme".

De la même manière, vous vouez aux gémonies le "sacré"; mais là encore, s'il fut un homme politique qui eût le sens du sacré, c'est bien de Gaulle. Sans sens du sacré, il n'y a pas de 18 juin 40 ; et il n'est pas innocent que la Résistance fut peuplée d'homme du sacré (grosso le PCF et l'Action Française) et la collaboration d'agnostiques (libéraux et radical-socialistes).

Écrit par : odp | 10/01/2016

 

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Il est tout à fait certain que De Gaulle ne fut pas un idéologue libéral. Simplement il utilisa le libéralisme économique d'un Rueff pour restaurer pragmatiquement la puissance française.
Votre définition du libéralisme est un peu étroite, je mentionnerais plutôt le primat de la liberté comme source d'efficience sociale, économique et morale. De ce point de vue De Gaulle, tout militaire catholique qu'il fut, ne fut jamais un ennemi de cela. Démocrate convaincu, sauveur de la république contre tous les fascismes, tous les communismes, figure fondatrice de l'Europe, il est pour moi un héros de la liberté, et donc, à mon sens je vous l'accorde, un libéral.

Si je puis me permettre, De Gaulle n'a aucunement "sacrifié" ceux que vous dites.
- Darlan fut assassiné par un activiste gaulliste, mais pas sur l'ordre de De Gaulle.
- la grâce de Pucheu fut refusé par De Gaulle intentionnellement et avec raison: Pucheu était un traitre
- Salan fut un glorieux militaire, puis intenta un coup d'Etat contre la république. Il fut gracié en 68.
- les marins de mers el kebir furent victimes du refus de leurs chefs de participer à la lutte contre
l'Allemagne. Churchill a eu raison de couler leur bateaux; De Gaulle ne fut pas consulté mais approuva la chose.

L'affaire d'Algérie, c'est autre chose. D'abord, il n'était pas prévu que les français d'Algérie quittent aussi vite leur "pays". Et les harkis n'avaient pas vocation non plus à venir tous en France, pour les mêmes raisons. Mais on pourra en reparler si vous voulez.

Au sujet du sacré, je ne vois absolument pas ce que le 18 Juin a de "sacré": un général appelle à la lutte contre l'ennemi, voilà qui est parfaitement laïc.
En 40, l'action française et les communistes n'ont pas vraiment suivi ce chemin et pour des raisons différentes (les uns car Maurras soutenait Pétain, les autres car Staline soutenait Hitler).
A Londres, en 40, il n'y avait personne, à part De Gaulle et "quelques juifs". Ceux qui suivirent De Gaulle le firent pour des raisons personnelles et rien, absolument rien des partis ou des corps constitués français, y compris l'armée et l'église ne le suivit.
Le reste ne fut que la victoire militaire américaine, la sauvegarde inespérée de la souveraineté française grâce à lui, et une immense ingratitude.

De Gaulle n'a rien sacrifié du tout: il a agit dans l'intérêt de son pays en toute occasion, et c'est bien ce qu'on retient de lui.
Bien à vous et au plaisir de la conversation.

 

 

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Je vais commencer par réfuter votre postulat selon lequel la liberté est en toutes circonstances une source d'efficience sociale, économique et morale. Dans ce cas, en effet, pourquoi vouloir restreindre la liberté de circulation des hommes? Et ne me dites pas que la liberté c'est aussi celle d'interdire...

Par la suite, que de Gaulle ait été, après guerre, un défenseur de la démocratie contre le totalitarisme, c'est tout à fait vrai; mais ça ne fait pas de lui, dans l'acception actuelle, un libéral. De fait, à part quelques extrémistes isolés, les anti-libéraux actuels, de droite comme de gauche, sont favorables à la démocratie ; et c'est d'ailleurs parce qu'ils estiment que le libéralisme, tel qu'il se déploie actuellement via la liberté absolue (ou presque) de circulation des capitaux, des marchandises et des hommes, sape la démocratie qu'ils s'y opposent. Vu le merdier que ledit système a créé au cours des 40 dernières années, il est difficile de réfuter leur analyse d'un revers de main.

De fait, ce sur quoi s'affrontent libéraux et anti-libéraux actuellement c'est sur le thème de la frontière, pour les hommes, les capitaux et les marchandises. Et de Gaulle, étant entendu qu'il était d'abord et avant tout un défenseur de la Nation et qu'il n'existe pas de Nation sans frontières, me semble très clairement devoir être rangé, à cette aune, dans le camp des anti-libéraux. Une autre façon de voir les choses, est que les libéraux postulent le primat de l'économie sur le politique tandis que les anti-libéraux postulent l'inverse. Point n'est besoin d'être très versé en exégèse Gaulliste pour estimer que de Gaulle appartient également, sur ce point, au camp anti-libéral.

Écrit par : odp | 11/01/2016

 

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Sinon, quelques précisions historiques et de mon point de vue.

Pour Juin 40, vous avez tronqué la fameuse citation: il n'y avait pas personne à part de Gaulle et "quelques juifs"; mais personne, à part de Gaulle, "des aristocrates (i.e. des membres de l'Action Française) et quelques juifs". L'essentiel de l'Etat-Major Gaulliste en 40 est Action Française; à commencer par le Général Leclerc, le Colonel Passy, le Général de Larminat ou le Colonel de Boislambert.

De Gaulle lui-même a été très longtemps (jusqu'en 40) un admirateur de Maurras qui le lui a très longtemps rendu. On connaît la fameuse citation: "Maurras est devenu fou à force d'avoir raison". Je vous engage à lire la notice wikipédia de Maurras à la section "Maurras et de Gaulle", c'est sans équivoque:https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras#Maurras_et_...

Enfin, sur le terrain (i.e. en France), une très large part des mouvements de la Résistance non-communiste était d'obédience Action Française, à commencer par le plus important d'entre eux, Combat, d'Henri Frenay; mais j'aurai pu également citer Alliance de Loustanau-Lacau, Ceux de La Libération de Ripoche, l'Organisation Civile et Miliaire de Jacques Arthuys ou l'Organisation de Résistance de l'Armée.

Quant aux communistes, ils attendirent certes l'invasion de l'URSS par les nazis pour entrer réellement en résistance, mais il est difficile de contester qu'ils y jouèrent un rôle capital.

Bref, je réitère mon premier point : la Résistance, ce fut d'abord et avant tout l’Action Française et les Communistes, anti-libéraux s’il en fût ; de libéraux on ne vit point, trop occupés qu’ils étaient à « dîner en ville » comme disait de Gaulle parlant de la bourgeoisie. En la matière,

Ce qui m’amène à préciser en quoi j’estime que le 18 juin 40 reposa sur les ressorts du sacré.

Pour partir, comme vous l’avez dit, seul contre tous les corps constitués, institutions et partis, il a fallu à de Gaulle des ressources morales qu’il ne pût trouver que dans le caractère pour lui « sacré » de la France telle qu’il la concevait. De Gaulle avait clairement la religion de la France (bien plus que celle de la liberté). D’autres qui partageaient cette foi firent d’autres choix (je pense notamment aux vichysso-résistants) ; mais il est sûr que seuls ceux qui étaient animé d’un « feu sacré » (national ou communiste) se retrouvèrent dans la résistance. Les agnostiques choisirent soit la collaboration, soit le retrait du monde.

Sur Pucheu, qualifier de traitre un homme qui, après avoir tenté d’administrer la zone libre dans ce qu’il pensait être l’intérêt de la France, décide, après le débarquement allié en Afrique du Nord, de rejoindre Alger pour combattre les allemands est un peu étrange. Pucheu fût « sacrifié » parce que les communistes l’exigeaient (suite à l’affaire des otages Chateaubriant) et que de Gaulle avait besoin d’eux pour unifier la Résistance intérieure. Si Pucheu était un traitre qui méritait d’être passé par les armes alors il aurait fallu faire subir le même sort à Michel Debré, Maurice Couve de Murville ou Maurice Clavel qui tous servirent d’abord l’« Etat français » avant de perdre leurs illusions.

Écrit par : odp | 11/01/2016

 

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Le ton va vite monter, nous ne sommes pas du même bord...
D'abord la citation exacte (de De Gaulle) est "une poignée d'aristocrates, quelques juifs éclairés, et les pêcheurs de l'Ile de Sein". Les aristocrates en question n'étaient certes pas des envoyés de l'Action Française, et si vous le supposez, ou vous laissez vous même le croire et bien vous vous fourvoyez gravement.
Boislambert était plutôt cagoulard à l'origine (la cagoule fut toujours détestée par l'Action française)
Dewavrin (Passy) fut accusé d'être cagoulard, mais ne fut pas action française. Vous confondez avec un autre colonel, Rémy, le gaullo pétainiste des années 50...
De Larminat n'était certainement pas action française. Lisez l"'Esprit des français libres"
http://www.france-libre.net/lesprit-des-francais-libres-par-le-general-de-larminat/
On en vient à la liberté: c'est le maitre mot de l'épopée de ces aristocrates et de ces juifs là, et elle ne doit rien à l'action française, qui s'est ralliée toute entière à la révolution nationale et à la collaboration.

Au fait pour ce que je pense. Selon moi, toute citoyen qui a pendant l'année 1940 pensé qu'il était nécessaire de cesser le combat et de suivre le maréchal Pétain est un traitre, un lâche et un mauvais patriote. Il a perdu le droit d'émettre un avis et en particulier de reprocher quoique ce soit au seul homme qui se soit dressé contre l'ignominie de l'armistice.

J'y inclus naturellement la "résistance de l'intérieur", Frenay, et les autres, qui se permirent d'en remonter à De Gaulle, ce qui est méprisable et désolant.
Sans parler d'un mitterand, ami très cher et très indulgent de René Bousquet, un autre perdant des paris géo-politiques risqués, assis sur ses ordres à la police française de préparer l'assassinat de 13 000 juifs.

J'en exclus bien sur Arthuys et Ripoche qui furent des combattants de la première heure et des morts glorieux.

Clavel avait vingt ans quand il échappa à Boutang et fut un résistant valeureux, vous déraillez. Debré et Couve de Murville furent des fonctionnaires, aux ordres. Debré n'était pas sensé réfléchir, quand il le fit, à propos de l'Algérie, ce fut hors de propos.

Pucheu reste un traitre, responsable d'avoir guillotiné des otages, un comble. Condamné par la justice française, il ne fut pas gracié et avec raison.

En résumé, vos "name dropping" sont hasardeux et mal venus, désolé. 

Après avoir traité l'AF, traitons les communistes, les glorieux 75 000 fusillées, disons 2000 plutôt, et qui passèrent les saisons 39/41 à soutenir leur allié Hitler.

AF et Communistes dites vous ? Tous adeptes selon vous du "feu sacré"? Au fait, vos jeux de mots là dessus sont impropres: êtes vous francophone ?

De Gaulle fut le seul dépositaire de la lutte contre un occupant à qui on avait livré le pays.
Il ne fut pas le chef d'une résistance dont le rôle militaire fut à part quelques torturés, bien réduit. Il permit par contre à une armée française dotée d'armes lourdes de participer à la victoire. Ainsi il représenta la France, la seule qui vaille, celle qui se bat vraiment. Ce ne sont pas résistants qui prirent le nid d'aigle, mais des soldats français. Cette chose a une importance capitale: c'est l'armée qui se bat et qui défend le pays, pas les civils indisciplinés qui veulent discuter de leurs idées.

La nation française a-t-elle disparue pendant cette période ? Les anglo-saxons, les russes et les allemands le pensent. Ils se sont battus jusqu'au bout, eux. Il n'y eut que De Gaulle pour le savoir, et ne pas le vouloir. On fit grâce à sa lucidité et à son arrogance, car elles forçaient le respect.

Il n'y a rien de religieux dans cette attitude: elle est celle d'un patriote qui voulait se battre. La France ne le voulut pas, et la douleur n'est pas celle d'un quelconque sacrifice, simplement celle d'un homme d'état qui pleure sur une flotte magnifique qui se saborde et qui retrouve quatre ans après son bureau: aucun crayon n'y avait été taillé dans l'intervalle. Ce drame est un drame historique, et Dieu n'a rien à y voir.

Vous parlez de libéralisme. Je vous concède sa définition "idéologique" qui inclut des principes que je refuse (liberté de circulation des hommes, voir même refus de l'Etat dans ses formes extrêmes).
Mais je maintiens mon appartenance au camp de la liberté tel que je l'ai définie.
Car il n'y a pas de liberté sans liberté ontologique, au sens de Duns Scot (j'en parle sur ce blog): celle-ci inclut celle de Dieu, égale à celle de l'homme et celle du souverain.
Pour la définition du souverain, voyez Rousseau: c'est le peuple rassemblé, et c'est la liberté de l'homme que d'y participer et donc de l'être, souverain.
On ne peut être libre si on se soumet à quoique ce soit, par exemple à un principe qu'on ne choisit pas explicitement. C'est pour cela que -comme idéologie prescriptive- le libéralisme au sens défini plus haut est un esclavage. La liberté absolue est suppression de toute nécessité: j'ai raison parce que je suis libre et réciproquement.

De ce point de vue, vous avez donc raison dans les termes: votre "libéralisme" n'est pas le défenseur de la liberté.

Par exemple la "liberté de circulation des hommes": elle est la justification par des envahisseurs de leurs migrations de masse à motivations économiques. Ce qui revient à une invasion tout court, son but étant de s'approprier ce qu'on ne peut créer ou construire soi même sur sa zone géographique d'origine.

Et bien la liberté de créer des états a précisément pour objet de développer collectivement la puissance qui permet de s'opposer à ce type de phénomène. Etats, migrations, guerres et victoires, voilà qui est somme toute bien connu et bien normal, le conflit faisant partie du réel, l'envie de se battre, nous l'avons vu plus haut, étant célébrée par certains et parfois avec succès.
Car il ne vous pas oublier que la liberté n'a pas de limites idéologiques ou religieuses, elle est volonté pure et ne craint pas d'utiliser la violence quand on nuit à ses intérêts.
Non pas la violence du sacré, celle qui réconcilie, mais la violence des armes, celle des peuples libres qui détruisent la force de leurs ennemis.

De Gaulle est le porteur de ce nationalisme là, qui est liberté des nations, construite sur la liberté des hommes et donc de la liberté tout court.

Au sujet de la liberté économique, que vous opposez à la liberté politique. Dans la mesure ou le peuple le décide, et il est souverain, il peut considérer que l'organisation sociale qui consiste à laisser aux acteurs économiques le libre choix de l'allocation de leur ressources est la meilleure. Et avec raison, c'est ce qu'il faut faire.
Je sais, vous allez me dire que De Gaulle instaura un commissariat au plan et vous avez raison, il fut au moins partiellement autoritaire dans ces matières.

Mais la France ne cessa jamais d'être une économie de marché en tout cas bien plus sous son règne qu'elle ne l'est aujourd'hui: impôts, subventions, budgets en déficit, dette; tous ses attributs de la souveraineté et de la liberté nous ne les avons plus et on peut souhaiter en disposer à nouveau.

Et bien il va nous falloir un gaulliste pour très énergiquement restaurer la grandeur du pays. Et oui cela passera par la restauration de la liberté en matière sociale, économique et morale.

C'est le programme de François Fillon. L'histoire continue, nous aurons cette année à en décider, et je vous la souhaite bonne.

Écrit par : François Carmignola | 12/01/2016

 

 

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Pour enfoncer le clou au sujet de l'Action française et de la thèse ridicule qui fait de De Gaulle son assujetti.
L'AF fut d'abord le creuset intellectuel et littéraire de de la jeunesse de droite du début du siècle,
une passion, un snobisme, la marque de la réaction et cela pendant une vie d'homme, Maurras,
né en 1868, est une personnalité chatoyante, un polygraphe talentueux et séduisant qui
fascina deux générations entières.
Ce fut aussi une personnalité faible et fantasque (voyez ce qu'en dit Rebatet qui le décrit magnifiquement)
et à 70 ans en 38, quand le germanophobe guerrier se fit pacifiste,
il entraina ses fascinés vers l'abime.
De Hautecloque et De Gaulle n'en furent pas, quoique leurs sentiments aient du à cette littérature là.
De Gaulle était républicain, et cela n'est pas maurassien, pas du tout.

Maurras était une personnage très moderne mais très complexe et fragile, à la française.
Il fut le fasciste français, et Nolte le décrit dans toute sa complexité, qui est celle d'un
déracinement dégénéré qui se pare de l'anachronisme royalisant construit sur le volkich français,
les félibriges et autre danses avec pipeau de son midi natal.
Cela pour mieux cacher son incapacité à vivre le modernité.
Il fut ainsi essentiellement un intellectuel fragile, chéri de ses dames, et spirituellement dégénéré.
Ajoutez à ça le sinistre antisémitisme de l'anti dreyfusard borné, incapable de comprendre
ce qui s'était passé à ce moment.
La France en guerre contre les juifs ! Il faut vraiment être un plouc méridional
pour en rester là. La "revanche de Dreyfus" dit-il à la toute fin pour mieux sceller son indignité,
sanctionnée par la dégradation nationale.

On met au crédit de Maurras d'avoir intellectuellement réussi à fusionner réaction royaliste et nationalisme,
et donc d'avoir modernisé le sentiment français.
On pourrait dire pourtant que ce sentiment était déjà là sous Napoléon, sauf bien sur pour les
traitres allés se battre avec les rois. 
Et puis, on ne voit pas ce que la France de De Gaulle doit vraiment à Maurras:
à part "les 40 rois qui en mille ans firent la France", la belle formule d'un journal longtemps for lu.
Culte provincial, antisémitisme, refus de la démocratie, du libéralisme économique, de la science moderne,
Maurras sera pour toujours associé au retour de la nation à l'état d'avant cette royauté,
quand Paris n'est plus la capitale et que tout l'Etat a disparu, déguisé en bien pire et bien plus
indigne que la royauté de Bourges. De Gaulle fut Jeanne d'Arc. C'est à dire le contraire.

Que des royalistes, qui plus est maurassiens, ne le comprennent pas est leur problème. Voir plus bas.

Car Maurras fut l'un des instigateurs de ce drame absolu dont la France ne s'est sans doute pas vraiment relevée,
et ce malgré De Gaulle... Car la déchéance fut totale, et le dévoiement complet, comme jamais cela n'arriva dans
toute l'histoire.
Les Céline, Pétain et Maurras ne voyaient que les juifs et il n'eurent même pas le courage de se battre en fascistes
car il ne le furent même pas vraiment. Trop français: il est désolant de voir que l'abaissement de ces misérables
donna raison au racisme nazi qui les méprisait pour cela.

Il n'y a de patriotes que de gens prêts à se faire tuer, et ces méprisables lâches en étaient incapables. Qu'ils soient maudits, ils sont notre honte. 

Écrit par : François Carmignola | 12/01/2016

 

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Au plaisir de la suite de la conversation, et j'assume ma détestation absolue de l'Action française. 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Bonjour,

Je suis à l'étranger jusqu'à vendredi ; il m'est donc difficile de vous répondre en détail pendant ce temps. Je vous propose de reprendre cette conversation dans quelques jours.

PS: je suis francophone ; j'imagine que c'est également votre cas.

Écrit par : odp | 13/01/2016

Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Veuillez m'excuser pour le retard que j'ai pris dans ma réponse à vos commentaires mais j'ai n'ai pas réussi à me libérer plus tôt.

Je ferai plusieurs remarques:

1. Tout d'abord, je vous propose que nous ne nous lancions pas mutuellement anathèmes et noms d'oiseaux dans l'hypothèse, funeste, où "nous ne serions pas du même bord"; si tant est que nous puissions déterminer exactement sur quel bord se situe l'autre. Cela grippe inutilement la discussion pour des bénéfices personnels finalement assez douteux.

2. Que Dewawrin ait été Action Française ou Cagoulard, lui (et Dieu?) seul le sait et de toutes façons cela ne change rien à l'affaire (en réalité cela ne fait que renforcer mon argument) puisque la Cagoule était une sorte d'AF au carré. Quant à de Larminat, je tiens l'information de J-L Crémieux-Brilhac; pas la moins fiable des sources, vous en conviendrez.

3. Ceci dit, notez que mon propos n'était nullement de chanter la gloire de l'Action Française et encore moins de faire de Gaulle son agent. Hitler a déshonoré l'antisémitisme (si tant est qu'il eût mérité les honneurs avant) et ses tenants avec. Mon propos était simplement de montrer que la Résistance tant londonienne que de l'intérieure était très clairement "antilibérale" (c'est ce qu'avaient en commun communistes et droite réactionnaire) tandis que les "libéraux", confiants comme d'habitude dans la "main invisible" (en l'occurrence celle d'Hitler), banquetaient tranquillement.

4. Ce qui m'amène à aborder et peut-être clarifier un autre de mes propos. Vous me dites que de Gaulle, c'était Jeanne d'Arc. C'est exactement ce que je pense. Mais qui nierait que Jeanne avaient une dimension "religieuse"; c'est exactement cette dimension transcendantale que je voulais souligner pour le Gaullisme en général et la Résistance en particulier; à l'opposé des eaux glacées du calcul égoïste des libéraux. Vous dîtes qu'il n'y a de patriotes que de gens prêts à se faire tuer ; les libéraux sont en général de l'autre côté du fusil.

Écrit par : odp | 19/01/2016

Répondre à ce commentaire

1et 2: mon ton le montre, l'assimilation du gaullisme et de la France libre à l'Action française me parait bien pire qu'une erreur historique, quelque chose de l'ordre de l'insulte. Antisémites ou royalistes ou lecteurs de l'AF, les français libres ne peuvent en aucun cas être assimilés à ce que fut l'action française à ce moment là: ils en furent le contraire. Ils furent peu nombreux au demeurant, et cela renforce ce que je veux dire, il fallait être "autre chose" pour faire un choix pareil.

Pour préciser: le militantisme de Larminat à l'Action française n'est mentionné nulle part. C'est un militaire pur. Hauteclocque, autre militaire pur, lisait l'Action française mais rompit avec violence avec les traitres.
Prenez Daniel Cordier: camelot du roi (à 17 ans !), il fut le secrétaire corps et âme du radical socialiste Moulin, rien ne le rattacha plus à Maurras, bien sur.

Et tout l'avenant: pour introduire votre histoire de "sacré" vous vous fourvoyez complètement en voulant colorer de catholicisme l'Action française, excommuniée qui plus est en 1926 ! Le faites vous par ignorance ? Par confusion ? Ou pour d'autres raisons ? Et bien c'est à voir.

3 Dont acte pour ne pas dire que De Gaulle était l'agent de l'action française, je me demande bien ce que vous vouliez dire, alors.
Votre citation de Bernanos reste ambigüe: Si Hitler a déshonoré l'antisémitisme, et ses tenants (l'AF), nous y sommes, vous pourriez bien être de ceux qui le regrettent.
Car c'est une thèse connue, figurez vous, et contre toute attente elle est toujours présente. C'était ce que pensait Mitterand, en gros, et elle est celle de toute l'extrême droite, par exemple Zemmour. Votre allusion au communisme est transparente: l'accusation du De Gaulle et du Moulin communiste fut celle de la résistance de l'intérieur, bien sur, et aussi de toute la vieille droite collabo.
Voilà le bord auquel je vous suspecte d'appartenir, et il inclut le centre et une bonne partie de la gauche socialiste. A vous de nier d'en être, sinon je vous mépriserai et vous traiterai de tous les noms d'oiseaux possibles.

4- Identifier De Gaulle est Jeanne d'Arc est évidemment quasiment une plaisanterie, même si De Gaulle y pensa, c'est sa fameuse saillie "Je n'imagine pas Jeanne d'Arc mariée, mère de famille et, qui sait, trompée par son mari". Dans les faits, ce n'est évidemment pas à la sainte qu'il faut penser, mais à la restauration de l'Etat. Jeanne d'Arc avait peut être une grande foi, mais surtout elle restaura la souveraineté de la France.

Pour cette raison là, De Gaulle assuma le rôle du connétable, combattant pragmatique, cynique, voire cruel. Ils désespéra ses fidèles, refusa de composer, et méprisa tout le monde. Brossolette, Giraud, Frenay, et tous les petits dindons prétentieux qui pensaient être à sa hauteur.
Rien de sacré ou de religieux là dedans, juste une passion humaine menée jusqu'au bout par delà toute morale, tout respect de quoique ce soit. Mieux, c'est parce qu'il n'était pas religieux et qu'il ne respectait rien qu'il put avec les dix fous furieux qui le suivirent refuser ce qui ne fut refusé que par eux: l'arrêt infamant des combats meurtriers nécessaires à l'honneur dans lesquels ils auraient fait tuer tous les lâches dont les vies conservées inutiles et méprisables, ont fait que la France a failli.

A ce point, deux débats il me semble, sont possibles: d'une part la caractérisation de ce qu'on appelle le "religieux" et ses relations avec le nationalisme et le militaire; d'autre part la définition de ce qu'on appelle le "libéralisme" et ses relations avec la liberté, l'utilitarisme et aussi le religieux. Il y a de quoi faire.

Pour ce qui me concerne je reste "gaulliste" car cet homme (De Gaulle) a su faire la fusion entre tout ces choses qui me sont chères et qui séparées ne sont que des obsession maniaques ridicules et dégradantes: l'autorité, celle de l'Etat et de ses chefs passionnés; la spiritualité, celle de l'histoire réfléchie et aimée ; la liberté, celle du refus de toute obligation qu'on ne reconnait pas.
C'est le contraire de ce que fut l'action française, le communisme et bien sur le socialisme qui fut l'un et l'autre. Et il se trouve que oui, derrière cette fusion qu'on pourrait croire impossible, il y a la certitude que la liberté de jugement éclairée prime tout. On parle bien de liberté d'être, de penser, d'agir contre les traditions, la tyrannie, la défaite, l'inéluctable, les forces de l'histoire, Hitler, Staline, l'Amérique, les partis politiques.
Toutes ses actions visèrent à rendre libre et oui la liberté des changes chère à Rueff en 58 fut une libération économique qui nous profita.

Car c'est bien la liberté qui est la valeur fondamentale, voilà la grande leçon.

J'ai mentionné Duns Scot et je recommence: la liberté ontologique est pour lui commune à Dieu et à l'homme. En cela, le concept de liberté va au delà de celui de liberté "naturelle" qui en ferait une obligation idéologique comme le voudrait ceux qu'on appelle les "libéraux", ou de liberté "consentie par Dieu" qui est celle des catholiques religieux qui refusent leur divinité inéluctable (parlons en si vous voulez).
La liberté c'est quand on fait ce qu'on veut, et ce n'est pas une idéologie ou même Dieu qui y changera quelque chose.
Il y a la question de l'utilitarisme, me direz vous. Vous mentionnez le calcul égoïste des libéraux. Certes, on associe trop souvent libéralisme et utilitarisme mais c'est souvent à tort. Le libéralisme autrichien n'est pas un utilitarisme, par exemple.
L'utilitarisme est d'autre part un calcul. Or le calcul est soumis au théorème de Gödel: il ne peut, c'est démontré, calculer (démontrer) tout ce qu'il encode, grâce à la liberté justement. Ceci ruine tous les autoritarismes, utilitarismes et socialismes. Pour toujours et à jamais.

L'agrégation des comportements individuels libres n'est pas une agrégation de calculs justes mais une agrégation de choix libres sans raisons exprimées: un mélange de hasard, d'amours irraisonnés, de jugements éclairés et aussi bien sur, de calculs plus ou moins faux. Ces hiérarchies infinies de désordres dans lesquels se stabilisent pour longtemps les êtres estimables comme les personnes et les nations, et dans lesquels se manifestent les guerres, les injustices et les joies s'appelle le monde.
Il faut des grands hommes pour en avoir une vision juste et nous la faire connaitre, De Gaulle fut l'un d'eux, Gödel aussi.

Écrit par : François Carmignola | 19/01/2016

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Sur la dimension antisémite des premiers français libres, permettez-moi de préférer les faits aux mythes:

Voici un extrait d'une interview de Crémieux-Brilhac:

L'H. : Politiquement, comment se situent ces Français libres ?
J.-L. C.-B. : La plupart des militaires ralliés sont de droite et d'extrême droite, Action française et Croix-de-Feu. Le colonel de Larminat est violemment antiparlementaire et antisémite. Leclerc est plus discrètement antisémite ; il n'a pas quitté l'AF même après que cette organisation a été condamnée par le Vatican en 1926. Même si tous ne l'expriment pas clairement, ils rejettent largement la France de la IIIe République. Parmi les civils qui rallient Londres, il y a des patriotes et des nationalistes de tendance Croix-de-Feu, une minorité de républicains et de démocrates comme Cassin.

L'H. : Quand avez-vous vu le Général pour la première fois ?
J.-L. C.-B. : Je l'ai vu et entendu le 11 novembre 1941 lors du grand rassemblement des Français de Grande-Bretagne. Il a prononcé le magnifique discours dans lequel il a déclaré que la France Libre se réclamait de deux devises : « Honneur et patrie » et « Liberté, égalité et fraternité », ce qui pour moi était tout naturel. J'ai été gaulliste fervent, je peux même dire fanatique, à partir de ce moment. Je ne savais pas que se réclamer de la devise « Liberté, égalité, fraternité » était une petite révolution dans le milieu des Français libres et que, pour le proclamer, il avait fallu que de Gaulle se sente vraiment très fort.

Si vous voulez plus de précision, je vous engage aussi à lire le fameux bouquin de Simon Epstein: "Un paradoxe français, Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance".

Écrit par : odp | 20/01/2016

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Votre source est sans doute:
http://www.histoire.presse.fr/dossiers/france-1940/la-naissance-de-la-france-libre-01-04-2010-4933
C'est bien ça, Larminat n'est pas action française. Et la "discrétion antisémite" de Leclerc de Hauteclocque fait chaud au coeur. Encore une fois, ce qui caractérise les français libres c'est l'exception et l'envie de se battre. Votre révélation de leur antisémitisme me semble hors de propos.

Au fait, des références c'est toujours mieux que le verbatim. De plus, une référence c'est encore mieux quand c'est un uri.

Je connaissais les thèses de Epstein (je me reporte à Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_paradoxe_fran%C3%A7ais
) qui aborde les choses surtout dans l'autre sens, celui de la collaboration, et qui ne fut pas réduite, c'est sa thèse, à l'Action française. Si vous en déduisez que l'AF fut résistante, vous vous trompez.

Au fait vous n'avez pas répondu sur mon soupçon, la fameuse thèse des deux Frances.
Car il faut bien comprendre que résistant en 43, c'est un brevet de socialisme, et que la résistance de l'intérieur fut d'abord le fait des pétainistes de 40, c'est à dire tout le monde.
Retourner l'argument est aller jusqu'à dire que l'action française était AUSSI à Londres est piquant.
Bon, on parle de quoi maintenant ?

Écrit par : François Carmignola | 20/01/2016

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Je vais préciser à nouveau mon point de vue.

Je sais très bien que l'Action Française comme institution n'a jamais appelé appelé à la résistance; ni à la collaboration d'ailleurs: Maurras a même été arrêté par la Gestapo pour sympathie envers les Juifs et les anglais. Je voulais simplement souligner que la Résistance intérieure tout comme la France libre avait été peuplées de gens d'obédience AF (ou communiste) dont la vision du monde était farouchement anti-libérale et pleine de "sacré". Et je mets sacré entre guillemet pour éviter que vous n'en fassiez une lecture littérale mais y voyiez simplement une logique de transcendance: la religion de la France pour les uns; celles de l'URSS pour les autres.

Sur l'antisémitisme, je vais être sans aucune ambiguité: rien n'est plus éloigné de moi que ce sentiment. Cela ne veut pas dire que j'ai plus d'enthousiasme pour le folklore de ces gens que je n'en ai pour leurs homologues musulmans ni que la dimension biologique de l'affaire ne me paraisse exempte de problèmes; mais d'une manière générale, je ne suis pas très "anti" et quand je le suis c'est uniquement contre une menace directe ; et, si possible, à la hauteur de cette menace. Or, il faut être frappé de démence pour estimer qu'une population de 500 000 personnes puisse tenir en respect un peuple de 66 millions (et la même chose est vraie à l'échelle mondiale). Voilà pour les complotistes et autres cinglés.

Cependant, et c'est probablement ce qui fonde l'essentiel de nos divergences, je suis historien de formation (c'était il y a 25 ans) et par conséquent a) comme disait Marc Bloch, je suis comme l'ogre de la légende, rien de ce qui est humain ne m'est étranger et b) je préfère les faits aux idées générales. Aussi, les jugements moralisant sur des événements s'étant déroulés il y a 70 ans ne me paraissent pas d'un grand intérêt. C'est une des raisons pour lesquelles je suis en parfait désaccord avec votre jugement sur la résistance intérieure.

Mais je développerai ce point dans un autre post.

Écrit par : odp | 21/01/2016

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La "divine surprise" est bien un mot de Maurras, et n'a pas désigné, c'est un fait, quoique ce soit qui ait pu nuire à la collaboration. Je crains que votre détestation des idées générales ne vous conduise à adopter des postures excessivement indulgentes, sans doute pour des raisons morales, envers des personnes dont je ne respecte pas les sépultures, moi.

Je continue de nier et d'ignorer historiquement, factuellement et moralement ce que vous appelez une "logique de transcendance" dans l'aventure gaulliste à laquelle je continue de n'adjoindre en rien ni l'action française, ni les communistes. Je vous le répète: il n'y a ni morale ni sacré dans le fait de vouloir se battre en juin 1940, et Marc Bloch l'a assez dit.

Pour ce qui concerne la résistance intérieure, elle fut militairement impuissante et donc globalement inutile à l'effort de guerre des alliés. La guerre de la France s'est menée à Londres, sous les ordres d'un seul et avoir voulu s'y opposer au nom de quoique ce soit de futile ou d'inutile fut inepte. La deuxième guerre mondiale s'est gagnée dans des chars et des bombardiers, et non pas en postant des lettres en culottes courtes. Cela c'est la réalité de l'histoire et des faits. De Gaulle a réussi à mettre quelques français dans des chars et des bombardiers pour participer à la vraie guerre, et qui était la destruction violente et meurtrière de la puissance allemande.
La "résistance" ne fut qu'anecdotique, même s'il fallut la célébrer, la honte ne pouvant se boire sous les regards de nos alliés. Ceux ci furent bien indulgents, même s'il fallut, et seul De Gaulle sut le faire, leur forcer la main. Ne pas reconnaitre cela est une erreur historique majeure doublée d'ingratitude. Celle ci, de toute façon, ne fut pas supérieure au mépris dont elle fut l'objet.

J'apprécie par contre tout à fait votre argument du nombre au sujet de la perception du peuple juif. Les débuts du XXème siècle connaissaient mal les statistiques et se trouvaient incapables de chiffrer précisément les économies et les puissances. La surestimation de la contamination juive au point de vue quantitatif était générale, et injustifiée, disons conçue en termes exclusivement qualitatifs.

C'est d'ailleurs toujours le cas dans le monde arabo musulman: qu'une telle masse de populations (quasiment 1 milliard et demi d'individus) puissent être obsédés à ce point par 8 millions d'occidentaux installés sur un confetti d'empire m'a toujours paru pathologique. En tout cas tout à fait indigne d'intérêt.

Ce qui n'enlève rien à la réalité de cette obsession, et la politique gaulliste, qui n'a jamais contesté par ailleurs l'existence de l'état israélien, a su en tenir compte dans l'intérêt de la France.

Écrit par : François Carmignola | 21/01/2016

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Au fait, le fait que l'arrestation de Maurras par la Gestapo soit inconnue de l'internet est patent. Il alla se dénoncer lui même pour libérer quelques amis dont Pétain obtint la libération peu après... Le ridicule, l'abject et l'infamant. Je vous rappelle qu'il fut condamné pour haute trahison, et intelligence avec l'ennemi à la réclusion à perpétuité et à l'indignité nationale.
Il fut gracié par le socialiste Auriol, qui inaugura ainsi les indulgences coupables de la gauche envers les racailles.

Écrit par : François Carmignola | 21/01/2016

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Sur le risques que font courir l'excès d'empirisme à la sûreté du jugement, j'en suis conscient et c'est d'ailleurs une des raisons qui me fait m'intéresser à votre prose: je connais mes biais. En revanche, l'inverse est également vrai et souvent plus dévastateur: les cimetières sont en effet remplis des cadavres de ceux qui ont eu le malheur de se retrouver en face d'adorateurs des idées pures (Torquemada, Robespierre, Lénine, Hitler, Pol Pot... et Maurras).

Par ailleurs, c'est une chose que d'essayer d'y voir clair au travers le brouillard du réel en recourant à des principes; c'en est une autre que d'utiliser le bénéfice du recul historique pour porter des jugements à l'emporte-pièce (et parfois éloigné de la réalité historique) sur les acteurs de l'histoire. Il me semble qu'avec 7 milliards d'individus vivants sur terre, vous devriez pouvoir assouvir vos éventuels besoins de détestation: nul besoin de déterrer les morts.

Si nous revenons par exemple sur le sujet de la résistance intérieure et à votre argument voulant que celle-ci fut au mieux anecdotique (les communistes) et au pire méprisable (les vichysso-résistants), la guerre ne se gagnant qu'avec des combattants, je suis désolé de vous dire que tout ceci est non seulement un difficile à avaler quand on pense à tout ceux qui ont fini leurs jours dans les camps ou entre les mains de la Gestapo, mais surtout totalement contrefactuel.

En effet, l'essentiel des troupes françaises qui se sont illustrées sur les champs de batailles de la seconde guerre mondiale appartenait à l'armée d'armistice et n'avait aucun compte à rendre à de Gaulle. Je me permets de vous rappeler qu'en Italie ce furent les troupes du Maréchal Juin, pétainiste convaincu, et en Provence celles de Général de Lattre, autre Pétainiste convaincu qui s'illustrèrent. La colonne Leclerc (400 hommes à Koufra) et la Brigade de Koenig (3700 hommes à Bir Hakeim) furent bonnes pour l'épopée mais furent, pour le coup, totalement anecdotique sur le plan militaire.

Si Darlan n'avait pas été assassiné ou encore mieux si Pétain avait rejoint l'Afrique du Nord après le débarquement allié, le rôle de Gaulle s'en serait trouvé totalement modifié et il est loin d'être évident que la place de la France à la table des vainqueurs (qui doit d'ailleurs plus à Churchill qu'à de Gaulle) eut été sensiblement différent (on peut même arguer qu'au regard de la détestation des américains pour le Général et de leur déférence à l'égard de Pétain, celle-ci aurait pu être meilleure sous une direction Pétain).

Il ne s'agit pas bien évidemment pas de minorer et encore moins de dénigrer le rôle de Gaulle (quoiqu'on puisse il me semble assez sérieusement imaginer qu'en l'absence de la "dissidence" gaulliste, la probabilité d'un ralliement de Pétain aux alliés au moment du débarquement en AFN aurait été bien supérieure et que le poids du ralliement de Vichy eût très sensiblement accru le pouvoir de la France dans le dispositif allié); mais tout simplement de réaliser que les choses sont beaucoup plus complexes que la manière dont vous les présentez.

L'histoire a condamné ces hommes (Pétain, Laval, Darlan); je ne suis pas sûr que les pelletées de terre que vous rajoutez soient vraiment utiles (les cadavres ne sont pas près de remonter) et politiquement il me semble que c'est une erreur.

Mais ça c'est pour une autre fois.

Écrit par : odp | 22/01/2016

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Le problème est que l'absence de détestation pour ces morts ou ces idées est souvent le fait de descendants de personnes qui en furent: comment condamner vraiment son grand père SS quand on est allemand, je vous laisse apprécier le problème français en considérant ce que j'en pense (j'en ai assez dit sur la question).
Je crois mon cher que celui qui prend le plus de liberté avec l'histoire c'est bien vous: vous avez un mauvais souvenir de vos anciennes et sans doute mauvaises lectures, consultez (l'internet, bien sur).

Désolé d'avoir à vous infliger des leçons d'histoire, mais vos uchroniques suppositions d'un Pétain capable d'être à la table des vainqueurs donnent à réfléchir: sur vos propres capacités. Allons y donc.

De Lattre, de l'age de De Gaulle ne fut pas inquiété faute de preuves dans un soit disant complot contre la république aux alentours de Février 34... Membre de l'armée d'armistice, il fut nommé général d'armée par De Gaulle. Pétainiste convaincu ? Difficile à dire: il construisit une armée et la fit se battre. Il libéra la moitié de la France et transforma en soldats des "résistants" dépenaillés et inactifs, pour qu'il participent utilement à la fin de la guerre, tout cela sous les ordres de De Gaulle.

Juin, major de la promotion de De Gaulle à St Cyr, fut effectivement un pétainiste. Après bien des hésitations, il finit par faire se battre des soldats français contre des allemands, et même très bien. De Gaulle l'envoya en Italie ou il se battit très convenablement, et même avec habileté. C'était ce que De Gaulle lui avait ordonné de faire.
Il fut nommé maréchal de France par la 4ème république et voulut mettre les cendres de Pétain à Douaumont. Un vieux con.

Ces deux chefs militaires ne furent pas des résistants et commandèrent au combat des armées françaises pendant la dernière partie de la deuxième guerre mondiale. Cela ne fut possible que par l'action politique de De Gaulle auprès des anglo américains. Minimiser en quoique ce soit cette action est une marque d'ignorance profonde.
Minimiser l'importance politique des actions militaires en Afrique de Leclerc et Koenig (en 41) est aussi une marque d'ignorance. Ces marques d'ignorance ressemblent à de l'irrespect. Le serment de Koufra s'en relèvera mieux que vous.

Le fait que vous vouliez leur donner (à vos ignorances) une signification politique promet.

Ce n'est pas l'histoire qui a condamné les hommes dont vous parlez mais les tribunaux français pour ce qui concerne Pétain et Laval. Pour ce qui concerne Darlan, s'il est dommage que les douze balles dans la peau qu'il reçut ne furent pas émises de manière plus disciplinée, elles étaient tout de même méritées.

En parlant de pelletées de terre à rajouter, je voudrais préciser qu'elles sont rendues nécessaires par la pisse dont certains recouvrent régulièrement les tombes de vos martyrs.

Écrit par : François Carmignola | 23/01/2016

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Franchement, vous me faites bien rigoler: ce besoin apparemment insatiable de se créer des ennemis imaginaires ; doublé bien entendu de cette tendance très religieuse de parer ceux-ci de toutes les tares pour justifier leur statut... Torquemada n'aurait pas fait mieux. Vous êtes comme ça dans la vie de tous les jours ou vous vous défoulez sur votre blog?

Et bien je vais vous décevoir, ma famille est sans tâche: mon arrière grand-père a tâté du camp japonais en Indochine et l'un de mes grand-oncle n'a évité qu'in extremis le poteau et les balles allemandes au moment de la Libération de Paris. Qui plus est, puisque vous cédez au délire généalogique, sachez que, depuis Saint-Louis, ma famille a donné pour la grandeur de la France plus de sang que la vôtre n'en a jamais eu dans les veines.

Enfin, sachez qu'au sommet de mon panthéon personnel se trouvent Churchill, suivi de Clemenceau, Richelieu et de Gaulle (et oui je préfère les vrais vainqueurs aux héros mythologiques) et que si j'avais à me choisir des martyrs (ce qui n'est pas vraiment mon inclinaison) j'irai du côté de Verdun et du Capitaine Driant (par exemple) et bien évidemment pas de celui de Pétain, Laval, ou Darlan. Mais cela ne m'empêche pas d'exercer mon jugement sur les événements du passé ni de trouver les louches de propagande que vous me servez particulièrement indigestes.

Mais revenons à nos moutons: en général l'une des qualités des adorateurs des idées pures, c'est une forme de cohérence. Malheureusement, vous semblez en être dépourvu. En effet, pourquoi la Résistance intérieure devrait-elle être jugée exclusivement à l'aune de son efficacité militaire (que par ailleurs vous sous-estimez) tandis que l'action des FFL devrait être jugée selon des critères "politiques".

Par ailleurs, vous me reprochez mon uchronie, mais c'est vous qui expliquez que sans, de Gaulle, la France aurait disparue de la carte. Mais qu'en savez-vous? Qui peut dire ce qui ce serait passé si de Gaulle n'avait pas existé? Qui peut dire ce qu'aurait donné l'entrée de la France (et non de la France "libre") dans la guerre à partir de Novembre 1942 sous l'égide de Darlan? Qui peut mesurer l'effet de la "dissidence gaulliste" sur le raidissement du régime? Qui peut nier l'existence, dans l'armée, d'hommes qui furent à la fois d'authentiques résistants et des soutiens de l'Etat français. Le destin du général Frère fait tout de même méditer. Celui de Georges Valois aussi.

Enfin, vous vantez l'action politique de de Gaulle auprès des anglo-américains ; mais il est de notoriété publique que Roosevelt le détestait et que, passé l'enthousiasme initial, Churchill le considérait comme un fardeau. Encore une fois, il est loin d'être évident que sans l'appel du 18 juin,les choses se seraient mécaniquement mal passées pour la position de la France après le basculement de toute l'AFN dans la guerre.

De fait, il n'y a qu'une certitude c'est que de Gaulle a existé, qu'il a incarné la France résistante, que celle-ci a triomphé grâce aux anglo-américains. C'est beaucoup. Grâce lui soit rendue. Mais le reste ne sont que frénétiques carressages dont je crains que vous ne soyez trop friand.

Écrit par : odp | 25/01/2016

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Et si nous parlions également du présent?

Vous paraissez très doué par décerner, après la bataille, brevets de patriotisme ou d'indignité nationale; mais pour notre époque? Que pensez-vous des "patriotes" qui militent pour la dilution de la Nation dans une Europe néolibérale? J'ai par exemple vu dans votre article du 31 décembre dernier un soutien à l'euro. Pensez-vous que le Général eût été en faveur d'un tel abandon de souveraineté?

Écrit par : odp | 25/01/2016

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Encore un peu de "name dropping", cela fait voyager...

Frère était un militaire pur, comme on dit. Il ne se révolta pas en 40 et présida le tribunal qui condamna De Gaulle. Un résistant anti gaulliste, partisan de Giraud. Quand on sait le mal qu'eut De Gaulle à s'imposer en Algérie, ce qui laissa des traces dans ses souvenirs soyez en sur, on lève les yeux au ciel...

Georges Valois c'est autre chose: le fondateur de "Le Faisceau", le patron du cercle Proudhon, pas du tout fasciste dans l'esprit (je plaisante). Bref, un penseur et un intellectuel. Onfray de nos jours est aussi un sympathisant de Sorel/Proudhon. Et bien moi non, et réaffirme mon mépris et mon absolue détestation pour ce passé qui ne passe pas, et qui est toujours est à l'oeuvre, bien vivant dans l'esprit français. Car l'histoire figurez vous continue de peser et les funestes idéologies continuent d'exercer leurs ravages.

Dont acte pour vos admirations, ce sont très exactement les miennes et pardon de mes soupçons, vous ne vouliez donc qu'être objectif. Mes respects à vos ancêtres, les miens ne furent que de pauvres paysans mal nourris et mal éduqués, mais présents sur ce territoire depuis des lustres (je pense avoir des ascendants néanderthal, comment expliquer mon racisme sinon ?).

Dont acte pour votre certitude au sujet de De Gaulle, c'est la mienne, quoique je sois un tout petit plus pessimiste que vous: je crois en effet que la France a -effectivement- disparu durant cette période, du fait de tous ces lâches que je déteste, et il n'est pas certain que De Gaulle ait -vraiment- rattrapé le coup.
Grâce lui soit rendue, dites vous. Certes, mais l'absolue infamie du lâche armistice continue de tacher notre histoire, l'a t il vraiment lavée de cela ? Alors vos uchronies post 18 Juin...
Parlons plutôt d'un Pétain mort en 18, il n'aurait pas, par ses doctrines pacifistes stupides été l'un des grands responsables du désarmement moral et militaire qui conduisit à l'incroyable et étrange défaite dont il profita.

Pur ce qui concerne l'Euro et le Général, on en revient à son libéralisme, et j'en profite pour réaffirmer que De Gaulle n'était pas et pas du tout, un idéologue. Il a toujours raisonné en exerçant un jugement libre de toute attache a priori, exclusivement motivé par l'intérêt de son pays tel qu'il se le représentait à l'instant où il agissait. Il fit de la politique et gouverna comme un général de talent sur un champ de bataille: pour vaincre. C'est pour cela qu'il est sans doute impossible de savoir "ce qu'il aurait fait" dans telle ou telle circonstances.

On peut l'imaginer, néanmoins. Et bien moi je crois qu'il aurait fait voter non au référendum de Maastricht ( ou ne l'aurait pas proposé, une monnaie de compte stable suffisant largement) et aussi qu'il le soutiendrait, pragmatiquement, aujourd'hui. L'attitude présente d'un François Fillon, typiquement, et avec qui je suis parfaitement d'accord. Aussi simple que cela.

Écrit par : François Carmignola | 25/01/2016

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Plusieurs mois après, en relisant cette conversation.

D'abord, il faut reconnaitre l'inculture historique enkystée du monsieur: lecteur rapide d'une vieille revue d'histoire vendue devant Saint Nicolas du Chardonnet, il prétend avoir pris des notes lors du seul cours d'histoire de 3ème qu'il n'a pas séché alors qu'il ne ressort que la pitoyable suite de confusions, de mensonges purs et simples et d'appréciations tordues sorties des confidences de sa seule grand mère qui ait couché avec des boches. Son name dropping aveugle (je le fesse trois fois pour cela en détails) est véritablement pitoyable: il ne vérifie même pas les mensonges qu'il me sort...

Ensuite son obsession de l'association du mot "libéral" à la doctrine idéologique que décrivent les communistes. Son incapacité à imaginer une utilisation du libéralisme à d'autres fins est patente, et globalement inquiétante, malgré mes efforts répétés: il ne lâche pas le morceau et le capitalisme financier associé au libéralisme est pour lui un dogme. Pourtant marqué à droite (on imagine ce que ça doit être pour ceux qui ne le sont pas) , il est porteur, tel le vérolé, des poncifs communistes les plus faux, les plus honteux, et les plus méprisables.

De fait, il est vieux (sans doute), peu ambitieux intellectuellement et globalement parfaitement con. C'est tout ce que l'internet contient qui me fit la grâce à s'intéresser à mes obsessions. Sigh.

Écrit par : François Carmignola | 21/05/2016

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