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22/11/2014

Tests de personnalité: Meyer Briggs

Il semblerait que la plupart (ou du moins beaucoup) des tests de personnalité pratiqués en entreprise utilisent d'une manière ou d'une autre le fameux test MBTI ou test Myers Briggs.

Dans le monde anglo saxon, la classification par les 4 lettres de l'indicateur est assez largement considérée. Le type caractériologique de Charles Manson, l'assassin de Sharon Tate, est ainsi "ENFP". 

En même temps, le test lui même est très critiqué. Bref, une belle controverse. Pourquoi pas ne pas tenter de décrire cette belle classification des types humains ? 

Allez, je me lance.

La théorie

Au départ il y a les deux comportements vitaux "actif" et "passif" et les deux comportements mentaux "matériel" et "spirituel". Cela fait donc 4 entités classifiées combinatoirement (un délice). Ce sont les 4 domaines de l'existence humaine : la vitalité, la perception, le jugement et l'action. 

On reconnaitra sans peine que la vitalité, matérielle et passive s'oppose à l'action, matérielle et active,  et que les deux domaines spirituels, la perception et le jugement, sont respectivement passif et actif. 

Que voilà une belle classification, utilisant l'évidence du langage pour comprendre en profondeur la réalité de l'humain. On continue. 

Chaque domaine de l'existence est vécu par chaque individu avec deux inclinations possibles: soit de l'intérieur, soit de l'extérieur. Suivant l'inclination, on en déduira un trait de caractère nommé et représenté par une lettre. 4 domaines, 2 inclinations par domaine. Et voilà, cela fait 16 = 2 ^ 4 caractères possibles en tout. 

La vitalité intériorisée ou extériorisée donne le caractère de l'introversion et de l'extraversion. Ce trait est bien connu et se trouve être attribué de manière évidente, très souvent (celui là, bavard comme il est, il doit être extraverti). I = Introvert, E = Extravert.

Les deux domaines "spirituels" se déclinent de la manière suivante: 

Pour la perception, on peut être intuitif ou sensitif (N = iNtuitive, S=Sensing).

Pour le jugement, on peut être penseur ou compréhensif (T = Thinking, F= Feeling)

Evidemment, les inclinations pour l'intérieur (intuition, pensée) s'opposent aux inclinations vers l'extérieur (sensitivité,compréhension). Mais on verra cela plus tard. 

Le domaine de l'action joue un rôle particulier, particulièrement subtil et intéressant.

D'abord les inclinations du domaine de l'action ont pour noms ceux des domaines spirituels, la perception et le jugement. Et oui, les mêmes mots ("perception", "jugement" ) sont utilisés pour désigner des inclinations (celles de l'action) et des domaines (les domaines spirituels).

Ceci car l'action est déterminée soit par une perception, c'est le cas pour les opportunistes et les procrastinateurs, soit  par un jugement, c'est le cas pour les méthodiques et les obsessionnels de la planification. Les inclinations possible de l'action sont donc la perception et le jugement (P=Perceiving J = Judging). 

Nous avons donc les 4 lettres. Des tests à plusieurs dizaines de questions du genre ("aimez vous prévoir vos vacances longtemps à l'avance?") permettent de se les voir attribuer. On en trouve plein l'internet, certains payants.

Revenons aux domaines spirituels, la perception et le jugement. Bien que leur inclinations soient déjà marquée par une intériorité ou une extériorité, il convient de les hiérarchiser en fonctions dominante et auxiliaire suivant qu'elles s'expriment dans le caractère global,  vers l'extérieur ou vers l'intérieur. 

On aura ainsi une fonction dominante qui aura pour extériorité l'extraversion globale déjà déterminée (intraversion ou extravertion), et une fonction auxiliaire nécessairement complémentaire du point de vue de l'extériorité, intravertie si l'individu est extraverti et vice versa sinon. On a donc deux fonctions, l'une extravertie et l'autre introvertie, l'une dominante et l'autre auxiliaire. 

Les fonctions ont aussi une inclination spirituelle, également polarisées entre les domaines de la perception et du jugement et que l'on attribue d'une manière complexe, particulièrement retorse, à partir de l'inclination de l'action, qui se trouve indiquer, très précisément ici, le domaine de la fonction extravertie. La fonction introvertie et la fonction dominante s'en trouvent déduites alors, immédiatement. 

Ainsi, considérons ENTP dont l'inclination du domaine de l'action, la perception, indique le domaine de la fonction extravertie, comme spécifié plus haut. L'individu étant extraverti, la fonction dominante sera extravertie, dans le domaine de la perception donc, ici avec comme inclination l'intuition. L'individu est d'abord un intuitif extraverti, ensuite un penseur introverti. 

Prenons INTP. L'inclination du domaine de l'action indique comme précédemment la fonction extravertie. Mais l'individu est introverti, donc sa fonction dominante aura le domaine dual de la perception, soit ici le jugement. 

L'inclination du jugement est ici la pensée, on a donc d'abord iun penseur introverti ensuite un intuitif extraverti. 

Pour résumer: 

domaine = vitalité perception jugement action

extériorité = introversion extraversion

inclination = domaine extériorité

caractère = fonction dominante + fonction auxiliaire

fonction dominante = fonction

fonction auxiliaire = fonction

fonction = extériorité inclination

nom d'inclination = extraverti introverti intuitif sensitif penseur sentimental juge perceptif

 

La hiérarchie

Tout cela est bel et bien et surtout bien satisfaisant, mais il y a tout de même un problème, c'est que ce système est hiérarchisant et se trouve être un facteur discriminant des caractères, certains étant ceux attribués aux dominants, les autres aux inférieurs. Quelle est la hiérarchie ?

D'abord,  l'intériorité des inclinations est décisive : intuition et pensée sont les marques  du meilleur. 

Plus exactement, l'intuition se trouve être la marque des 8 caractères dominants, qui se trouvent respectivement décisionnaires (les stratégiques NT) et conseillers de la décision (les diplomates NF). 

Les autres (les S) se classent en fonction de leur inclinations d'action entre les logisticiens (les SJ) et les exécutants (les SP). 

Cette hiérarchie est gênante à plusieurs titres. 

D'abord elle permet de conseiller à ceux qui ont compris la nature de la classification d'éviter à tout prix d'être classés non intuitifs, puis ensuite d'essayer de valoriser la pensée. Ceci étant dit, delà vient sans doute l'étonnante variété des résultats à ces tests, et avec ça la validité de ceux là, même si les NT restent minoritaires, donc exceptionnels. 

Ensuite parce qu'elle traduit la faiblesse des ignorants: sans la connaissance de ce qu'on peut dire de vous pour des raisons somme toute bizarres, on est facilement déconsidéré, et parqué pour des raisons numériques, les testeurs se devant de vérifier que seule un minorité accède au rang supérieur des NT.

Cela signifie-t-il qu'il faille refuser toute mesure et toute décision ? Après tout, il y a d'autres systèmes comparables et celui là, très répandu, a au moins le mérite du classicisme. Inutile de dire que juste derrière, il y a bien d'autres systèmes et bien d'autres théories de l'humanité. On peut citer ainsi l'énnéagramme, lui aussi très classifiant "dans le langage" mais porteur de spiritualités plus complexes; bref le foutoir absolu suit immédiatement; la graphologie (très pratiquée bien que démontrée absolument déconnnante), ou même les astrologies (le qualificatif de "déconnant" étant là superflu) , étant là, tout près.   

 Le mérite de cette démonstration "dans le langage", bien réjouissante pour ce qui me concerne, est de mettre en avant un principe de liberté bien connu qui est que l'on est le seul à pouvoir se classifier soi même.

D'autre part,  l'information étant aussi libre, la réponse aux questions qui pourraient vous desservir peut être connue à l'avance et cela est aussi un droit de l'homme, droit naturel s'il en est. 

 

 

 

Et puis il y a Soral

L'université est utile ! 

Un très intéressant mémoire de recherche: L’idéologie d’Alain Soral 

http://lirenligne.net/oeuvre-a-decouvrir/LiRUO94XYf8bI/L%27id%C3%A9ologie%20d%27Alain%20Soral.pdf

Y sont décrites en détail les positions du polémiste vidéocrate soit disant nazi, Alain Soral. 

Tout d'abord, au sujet des idéologies, en préface du mémoire, la définition de Raymond Boudon, l'immense individu disparu récemment:

« doctrines plus ou moins cohérentes combinant à dose variable des propositions prescriptives et des propositions descriptives »

Cette magnifique définition parfaitement descriptive est aussi une admirable prescription et devrait permettre à tous de différencier jugement de valeur et perception descriptive, conceptuellement. Ce qui est précisément l'idéologie de ceux qui savent ce que c'est, qui peuvent les maitriser et donc rester libre. Ah la belle phrase ! 

Ainsi donc que veut et dit Soral ? 

Tout d'abord il n'est ni raciste, ni racialiste. De ce point de vue, bien que se revendiquant nationalisme et socialisme, il se trouve comme porteur de projet, radicalement distinct de ce qu'on appelle le nazisme, mais aussi des idéologies type "Nouvelle Droite" (A. de Benoist, D. Venner etc). 

Cette différence est assez nette, les aspects chrétien, égalitariste, populiste et disons "communiste" étant clairement prévalents sur ceux, aristocratiques, européistes,  païens,  racialistes que l'on associe généralement à l'extrême droite idéologique. 

Par contre on a un mélange complexe, difficile à cadrer  (c'est l'immense mérite de ce travail d'en démêler la complexité hypnotisante) entre des ingrédiets particulièrement salés qui sont anti libéralisme, complotisme et religiosité syncrétique.

Il faut mentionner toutefois que l'auteur du mémoire continue de classer Soral à l'extrême droite, ses reprises en quantité des thèmes antisémites classiques en restant la marque. Disons qu'il s'agit d'un créatif en matière de mixage idéologique, mais tout de même, avec un ancrage fort. Cette créativité se manifeste par exemple par la notion de "réconciliation" l'immigration étant porteuse de valeurs anti libérales, on doit s'y allier; l'Islam par exemple pouvant être mis à contribution pour lutter contre l'Empire.

Son anti libéralisme est celui d'un ex communiste, qui au tout départ, ne peut concevoir la liberté et les relations anonymes entre humains comme produisant  un ordre social. Cette absence quasi totale de la conceptualisation en question le mène ainsi au complotisme, tel que décrit par Taguieff. Là est peut être le début de tout. L'époque relaie abondamment et depuis longtemps ce qui est la remise en cause de la principale avancée des "lumières": le refus qu'il y ait des ordres spontanés, issus de rien, sinon de mécanismes non volontaires, rationnels mais surtout non intentionnels. 

Il faut pour l'antilibéral comme pour le complotiste qu'il y ait un démon. Un bon, pour réguler l'économie, et un mauvais pour organiser la misère du monde. Ils s'appellent l'Empire, le mauvais qui domine, le bon à venir. 

Raymon Boudon avait abondamment cité toutes ces manifestations de la rationalité non intentionnelle produites par exemple par des hasards simultanés capables de causer de belles structures dont on ne peut que dire, émerveillé: il faut un créateur ! 

La physique moderne fait rayonner les trous noirs par le hasard de la création spontanée de paires de particules dont seule l'une d'entre elles est happée par le monstre: quelle plus belle illustration d'un monde cohérent mais fondamentalement libre de toute intention, complot ou nécessité de régulation par l'intelligence ?

Ainsi donc, alors que d'immenses réflexions, que de gigantesques connaissances sont là, basées et construites sur les plus immenses arrachements qui soient à toute la pensée rationnelle primitive, et bien on trouve toujours en pointe d'un soit-disant "débat démocratique" des expressions influentes qui ne sont de fait que sa pénible et misérable répétition. 

Le mysticisme vient après, mais se trouve secondaire, tant il est une activité pleine et entière très au-delà de la théorie du complot, ou bien plutôt simplement une décoration, une aspiration lointaine. Disons qu'il est une croyance au destin du complot, la présence divine rêvée étant l'image de la force magique qui régit le monde.

J'en reviens donc au profond retard intellectuel de tous ceux qui restent sensibles au mythe du complot, à la raison derrière le rideau, à la volonté qui organise le mal ou le bien. Malgré les nuances qu'ils apportent aux aspects secondaires de leurs engagements, ils participent tous non pas d'un complot, mais de l'adhésion à priori au principal moteur de toute manipulation. Ce qui fixe les individus à ce stade est multiple, et ne peut être rattaché à la religion, à l'idéal politique ou à l'origine sociale, tant des partis radicalement opposés de ces points de vue y sont représentés.

Comme si une forme de caractère, une attitude spirituelle, bref, une propriété de la cognition empêchait d'être séduit, fasciné, puis bien sûr convaincu par une belle propriété du monde, celle de sa profonde liberté.

 

 

 

12/11/2014

Tapez ! Tapez !

François Fillon, ex premier ministre,  aurait donc exhorté donc le secrétaire général de la Présidence de la République, principal collaborateur de son principal ennemi de "taper" sur l'ex président de la République...  

Le secrétaire général en question avait d'abord démenti, puis, sous la pression des journalistes qui avaient enregistré, avec son accord, l'entretien, a du confirmer ses propres déclarations. 

Qu'y a t il de plus vraisemblable ? L'utilisation du verbe "taper" par un ex premier ministre, ou si c'est un montage, par le Président et son secrétaire ?

Le fait est que l'ex premier ministre dément, avec l'autre témoin, pourtant lui aussi une vieille connaissance du secrétaire; il est en choc frontal, parole contre parole, avec celui qu'il avait rencontré pacifiquement il y a 6 mois. Le démenti est d'ailleurs double: il porte aussi sur l'initiative de l'invitation: celle de la présidence de la République ou non ? 

Ce démenti est vraisemblable: les deux hommes sont calmes, peu bavards, pondérés, et plutôt respectueux des principes et des lois en général, ceci dans leurs discours et leurs actions. François Fillon fut considéré par ailleurs comme "timoré" et avait été décrit comme "mou" lors de l'élection contestable perdue à la présidence du Parti. On peut considérer comme probable qu'il ne soit pas véhément à ce point, qui plus est face à un personnage public de l'autre camp dont il sait parfaitement qui il est. 

L'attaque l'est moins: Jean Pierre Jouyet a une réputation d'homme affable, bavard. Les journalistes qui l'ont enregistré le décrivent comme un "gaffeur", avec qui ce serait toujours "bingo".

Une interprétation est donc ainsi qu'il a "trop" parlé, en révélant, voire en enjolivant sans le vouloir vraiment ses souvenirs d'un déjeuner dont il fut surpris qu'on lui parle. Gêné peut être, il oublia simultanément l'enregistreur et la prudence et voulu se dédouaner auprès des journalistes dont il connaissait sans doute l'axe d'action. Cela expliquerait le premier démenti (qui fait fi de la connaissance de l'enregistrement). 

Voilà donc la vérité officielle, toute la vilainie étant donc dans l'ex premier ministre, dont on est gêné de révéler la turpitude, bien forcé. Un sms navré, citant sa femme, réclame (voir exige) qu'on l'excuse, la raison d'état sans doute. Le refus de démissionner, clamé par le premier ministre et le groupe socialiste (Jouyet est directement lié à la présidence et n'est pas membre du PS) décore davantage la situation, en tout cas ne peut être de son fait, l'honneur, l'honnêteté, la conscience de soi, la simple politesse ne pouvant s'exprimer ici, vu l'enjeu.

La promotion de l'ENA de l'année 1980, qui honora Hollande, Royal, Sapin et Jouyet sans parler des autres, dont Villepin aura donc donné à la France la plus sinistre bande de crapules méprisables de son histoire.

Il reste un espoir que ces monstres se fassent fesser en public: allez le sort donne nous un charter qui se fasse détourner!