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Tests de personnalité: Meyer Briggs

Il semblerait que la plupart (ou du moins beaucoup) des tests de personnalité pratiqués en entreprise utilisent d'une manière ou d'une autre le fameux test MBTI ou test Myers Briggs.

Dans le monde anglo saxon, la classification par les 4 lettres de l'indicateur est assez largement considérée. Le type caractériologique de Charles Manson, l'assassin de Sharon Tate, est ainsi "ENFP". 

En même temps, le test lui même est très critiqué. Bref, une belle controverse. Pourquoi pas ne pas tenter de décrire cette belle classification des types humains ? 

Allez, je me lance.

La théorie

Au départ il y a les deux comportements vitaux "actif" et "passif" et les deux comportements mentaux "matériel" et "spirituel". Cela fait donc 4 entités classifiées combinatoirement (un délice). Ce sont les 4 domaines de l'existence humaine : la vitalité, la perception, le jugement et l'action. 

On reconnaitra sans peine que la vitalité, matérielle et passive s'oppose à l'action, matérielle et active,  et que les deux domaines spirituels, la perception et le jugement, sont respectivement passif et actif. 

Que voilà une belle classification, utilisant l'évidence du langage pour comprendre en profondeur la réalité de l'humain. On continue. 

Chaque domaine de l'existence est vécu par chaque individu avec deux inclinations possibles: soit de l'intérieur, soit de l'extérieur. Suivant l'inclination, on en déduira un trait de caractère nommé et représenté par une lettre. 4 domaines, 2 inclinations par domaine. Et voilà, cela fait 16 = 2 ^ 4 caractères possibles en tout. 

La vitalité intériorisée ou extériorisée donne le caractère de l'introversion et de l'extraversion. Ce trait est bien connu et se trouve être attribué de manière évidente, très souvent (celui là, bavard comme il est, il doit être extraverti). I = Introvert, E = Extravert.

Les deux domaines "spirituels" se déclinent de la manière suivante: 

Pour la perception, on peut être intuitif ou sensitif (N = iNtuitive, S=Sensing).

Pour le jugement, on peut être penseur ou compréhensif (T = Thinking, F= Feeling)

Evidemment, les inclinations pour l'intérieur (intuition, pensée) s'opposent aux inclinations vers l'extérieur (sensitivité,compréhension). Mais on verra cela plus tard. 

Le domaine de l'action joue un rôle particulier, particulièrement subtil et intéressant.

D'abord les inclinations du domaine de l'action ont pour noms ceux des domaines spirituels, la perception et le jugement. Et oui, les mêmes mots ("perception", "jugement" ) sont utilisés pour désigner des inclinations (celles de l'action) et des domaines (les domaines spirituels).

Ceci car l'action est déterminée soit par une perception, c'est le cas pour les opportunistes et les procrastinateurs, soit  par un jugement, c'est le cas pour les méthodiques et les obsessionnels de la planification. Les inclinations possible de l'action sont donc la perception et le jugement (P=Perceiving J = Judging). 

Nous avons donc les 4 lettres. Des tests à plusieurs dizaines de questions du genre ("aimez vous prévoir vos vacances longtemps à l'avance?") permettent de se les voir attribuer. On en trouve plein l'internet, certains payants.

Revenons aux domaines spirituels, la perception et le jugement. Bien que leur inclinations soient déjà marquée par une intériorité ou une extériorité, il convient de les hiérarchiser en fonctions dominante et auxiliaire suivant qu'elles s'expriment dans le caractère global,  vers l'extérieur ou vers l'intérieur. 

On aura ainsi une fonction dominante qui aura pour extériorité l'extraversion globale déjà déterminée (intraversion ou extravertion), et une fonction auxiliaire nécessairement complémentaire du point de vue de l'extériorité, intravertie si l'individu est extraverti et vice versa sinon. On a donc deux fonctions, l'une extravertie et l'autre introvertie, l'une dominante et l'autre auxiliaire. 

Les fonctions ont aussi une inclination spirituelle, également polarisées entre les domaines de la perception et du jugement et que l'on attribue d'une manière complexe, particulièrement retorse, à partir de l'inclination de l'action, qui se trouve indiquer, très précisément ici, le domaine de la fonction extravertie. La fonction introvertie et la fonction dominante s'en trouvent déduites alors, immédiatement. 

Ainsi, considérons ENTP dont l'inclination du domaine de l'action, la perception, indique le domaine de la fonction extravertie, comme spécifié plus haut. L'individu étant extraverti, la fonction dominante sera extravertie, dans le domaine de la perception donc, ici avec comme inclination l'intuition. L'individu est d'abord un intuitif extraverti, ensuite un penseur introverti. 

Prenons INTP. L'inclination du domaine de l'action indique comme précédemment la fonction extravertie. Mais l'individu est introverti, donc sa fonction dominante aura le domaine dual de la perception, soit ici le jugement. 

L'inclination du jugement est ici la pensée, on a donc d'abord iun penseur introverti ensuite un intuitif extraverti. 

Pour résumer: 

domaine = vitalité perception jugement action

extériorité = introversion extraversion

inclination = domaine extériorité

caractère = fonction dominante + fonction auxiliaire

fonction dominante = fonction

fonction auxiliaire = fonction

fonction = extériorité inclination

nom d'inclination = extraverti introverti intuitif sensitif penseur sentimental juge perceptif

 

La hiérarchie

Tout cela est bel et bien et surtout bien satisfaisant, mais il y a tout de même un problème, c'est que ce système est hiérarchisant et se trouve être un facteur discriminant des caractères, certains étant ceux attribués aux dominants, les autres aux inférieurs. Quelle est la hiérarchie ?

D'abord,  l'intériorité des inclinations est décisive : intuition et pensée sont les marques  du meilleur. 

Plus exactement, l'intuition se trouve être la marque des 8 caractères dominants, qui se trouvent respectivement décisionnaires (les stratégiques NT) et conseillers de la décision (les diplomates NF). 

Les autres (les S) se classent en fonction de leur inclinations d'action entre les logisticiens (les SJ) et les exécutants (les SP). 

Cette hiérarchie est gênante à plusieurs titres. 

D'abord elle permet de conseiller à ceux qui ont compris la nature de la classification d'éviter à tout prix d'être classés non intuitifs, puis ensuite d'essayer de valoriser la pensée. Ceci étant dit, delà vient sans doute l'étonnante variété des résultats à ces tests, et avec ça la validité de ceux là, même si les NT restent minoritaires, donc exceptionnels. 

Ensuite parce qu'elle traduit la faiblesse des ignorants: sans la connaissance de ce qu'on peut dire de vous pour des raisons somme toute bizarres, on est facilement déconsidéré, et parqué pour des raisons numériques, les testeurs se devant de vérifier que seule un minorité accède au rang supérieur des NT.

Cela signifie-t-il qu'il faille refuser toute mesure et toute décision ? Après tout, il y a d'autres systèmes comparables et celui là, très répandu, a au moins le mérite du classicisme. Inutile de dire que juste derrière, il y a bien d'autres systèmes et bien d'autres théories de l'humanité. On peut citer ainsi l'énnéagramme, lui aussi très classifiant "dans le langage" mais porteur de spiritualités plus complexes; bref le foutoir absolu suit immédiatement; la graphologie (très pratiquée bien que démontrée absolument déconnnante), ou même les astrologies (le qualificatif de "déconnant" étant là superflu) , étant là, tout près.   

 Le mérite de cette démonstration "dans le langage", bien réjouissante pour ce qui me concerne, est de mettre en avant un principe de liberté bien connu qui est que l'on est le seul à pouvoir se classifier soi même.

D'autre part,  l'information étant aussi libre, la réponse aux questions qui pourraient vous desservir peut être connue à l'avance et cela est aussi un droit de l'homme, droit naturel s'il en est. 

 

 

 

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