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10/08/2017

La nature du christ

La question est d'importance, elle fonde les ontologies politiques de l'occident dit chrétien et se trouve formée de l'ensemble des réponses à la question mystérieuse de ce qu'est le christ, fils de Dieu à la fois Dieu et homme. 

Les réponses sont multiples, on sédimenté partout au moyen orient et sont responsables partiellement de l'épouvantable désordre qui a ravagé le monde ex romain, mais c'est une autre histoire... 

D'abord, la notion de "père" mentionnée apparemment par l'homme jésus lors des entretiens rapportés directement ou non par ses compagnons. 

Puis ça part en live. Qu'est il ? Quelle est sa "nature" ? 

1) Divine purement: le Docétisme. (dokein, paraître)

Le christ est peut être chair, mais ne cesse jamais d'être Dieu. ("le verbe s'est fait "chair" (et non pas "homme")).

Une hérésie extrême.

2) Humaine purement: l'adoptatianisme . Un homme devient fils de Dieu après son baptème.

On peut classer là aussi les doctrines ébionites (les nazoréens qui auraient été à l'origine de l'islam). 

3) Le christ est humain, avec un part de divinité: l'Arianisme. 

On a là une version un peu plus "acceptable" du précédent... Ce fut la grande hérésie des premiers siècles, suivie par les vandales et des wisigoths, celle qui fut condamnée à Nicée et qui suscita l'élaboration du dogme trinitaire dans tous ses détails après des efforts démesurés politiques et religieux. Les barbares qui détruisirent l'occident étaient tous ariens, sauf les vikings.

Un aspect important de l'Arianisme est l'aspect temporel: le fils est venu APRES, et n'existait pas à l'origine: "il y eut un temps où il n'était pas".

4) La grande rupture: le christ est "en même temps" homme et dieu. Comment ? 

A) Les deux natures sont séparées. 

La controverse entre Nestorius et Cyrille. Nestor est condamné à Ephèse en 431. Les mongols étaient nestoriens. 

En tout cas, il faut noter Babai le grand, l'école de Nisibe et Barsauma...

On refuse deux choses essentielles: que Marie soit théotokos (mère de Dieu) et que Dieu ait "souffert". C'est le refus de "la communication des idiomes" et donc du théopaschisme. 

 

B) Les deux natures ne sont pas séparées. Oui, mais sont elle distinctes ? 

On arrive alors au monophysisme d'Eutyches. La nature divinie a "absorbé" la nature humaine et il n'y a qu'une seule nature, la divine. 

Les églises dites "des 3 conciles" (Nicée, Constantinople, Ephèse) et qui sont les églises copte, jacobite, éthiopienne, apostolique arménienne, plus d'autres, en sont toujours là. 

 On parle aussi de miaphysisme, "une est la nature". 

 

C) on arrive à la conclusion de Chalcédoine (451) qui est le dyophysisme: 2 natures en une seule personne. 

Eutyches est condamné. 

 

Le mystère reste entier toutefois. On a 3 concepts: nature, hypostase et personne. Une personne , deux natures et une (ou deux) hypostases. Est on vraiment monothéiste ? Les musulmans disent que non, mais ils ont tort: les 3 dieux s'entendent trop bien pour que l'accusation tienne, et puis la substance unique...

Le principal inventeur de la triple chose est le théologien Tertullien, l'inventeur de l'histoire des personnes séparées, cathaginois berbère mort en 220. Auteur du célèbre "on ne nait pas chrétien, on le devient", il fut l'adversaire de l'antisémite Marcion et surtout de Praxéas adversaire de la trinité, dont il dit avec un humour surprenant qu'il avait rendu un double service au diable en chassant le paraclet et crucifié le père.

Tertullien fut un montaniste, défenseur fanatique du paraclet et donc de l'hérésie phrygienne, néanmoins, et bien qu'il décrive une trinité ou il y a encore une subordination de l'esprit et du fils envers le père, il en est bien le fondateur conceptuel, l'histoire de la substance partagée et des personnes différentes en faisant déjà partie.

Tertullien est sans doute (là j'exagère) un des fondateurs du christianisme, avec Paul. Il introduisit le traducianisme, qui fait que l'on touche après la naissance une âme déjà toute corrompue par Adam, bien que la liberté permette de le compenser, ce qui n'est pas tout à fait le cas de toutes les théologies ultérieures, par exemple celles de l'autre berbère, Augustin, bien plus sévère.

 

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