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14/06/2015

Les libéralismes

En bouquinant on peut être amené à faire finalement de belles et grandioses classifications, qui rendent clair ce qui se superposait avant (du moins dans ma pauvre tête).

La liberté comme principe organisateur des conceptions du monde a donné lieu à des théories très variées, qui se sont succédées dans l'histoire et qui ont données lieu à maintes condamnations et confusions variées. Il faut distinguer la dedans, distinguons. 

Droit Naturel et Utilitarisme

Ainsi, il y a  confrontation entre droit naturel et utilitarisme, et nous avons là la grande et peut être unique polémique. Dans cet enchevêtrement on va trouver tout et son contraire. 

Tout d'abord il faut mettre les Bodin et autres inventeurs du droit naturel, par exemple les espagnols de Salamanque: il existe un droit antérieur à tous les autres et cela peut profiter à tout le monde. Que la considération du sort des indiens d'Amérique ait pu donner lieu à ces réflexions doit être pris en compte. 

Puis il y eut l'utilisation des sentiments moraux pour fonder l'économie: une activité locale, motivée par ce qui suffit à l'interaction, la sympathie, se trouve capable, sans volonté particulière, de fonder et de faire fonctionner des systèmes entier. Smith en est le premier grand exemple. Une économie librement organisée, adossée sur une théorie morale qui promeut des interactions saines entre individus.  

Cette alliance local/global introduira l'utilitarisme, qui s'exprimera ensuite clairement: le bien maximum pour le plus grand nombre. De Bentham au socialisme de Mill, l'affaire fut lancée.

Cependant, cette idée de l'utilitarisme explicite est en fait différente de tout ce qui précédait. Elle constitue, très au delà de Smith, une dangereuse hérésie et d'ailleurs elle devient LE soutien rationnel au socialisme qui commence alors ses ravages obscurantistes.

Car l'homme est mauvais, et il faut qu'il veuille le bien pour que celui ci s'instaure. La lutte fondamentale contre la théorie des droits naturels est instaurée par Bentham. Nous y sommes toujours.  

Avec Walras et la révolution marginaliste, les mathématiciens arrivent avec les néo classiques en économie et une forme mathématisée de l'utilitarisme,l'optimum étant décrit par Arrow-Debreu, quoique seulement possible, toutes les autres formes de courbes l'étant aussi, ce que démontre Sonnenschein-Mantel-Debreu. 

 

Les Autrichiens

On se doit d'en distinguer les Autrichiens, engagés dans la lutte contre les interventionnistes socialistes, nazis et communistes et immigrés aux US pour ces raisons. Ils occupent une position particulière, parlant de philosophie, de sociologie et d'économie.

S'en séparent radicalement les "néo libéraux", en fait les monétaristes c'est à dire l'école dite de Chicago, libérale mais interventionniste et utilitariste, ce sont eux qu'on dénonce actuellement et qui jettent l'argent par pelletées depuis leurs hélicoptères. Ainsi, eux et les marginalistes dirigent le monde.

Pendant ce temps, les ronchonneurs de toutes obédiences, enfermés dans leurs socialismes ne font que ressasser leur médiocrité et l'impasse de tous leurs idéaux. De passage au pouvoir chaque fois ils ruinent leurs pays en attendant la correction d'après. Qu'en est il ? 

Tout d'abord il faut savoir que le courant "utilitariste" (auquel on peut rattacher tous les tenants des optimaux) est extrêmement large et couvre tous les calculateurs depuis les adeptes de la théorie des jeux, en passant par les anticipations rationnelles ( l'utilité non pas du bien, mais de la probabilité du bien).

Cette identification de la description et du calcul en fait, à mon sens inéluctablement, un socialisme c'est à dire une décision calculatrice, acharnés à mijoter son "plan" global pour le bien général. 

Il n'y a pas de bien général calculable. Il n'y a que la volonté humaine libre de se détruire ou de créer, elle en a le droit absolu. 

Et bien il faut en revenir aux Autrichiens. Ils couvrent tout le spectre de la réflexion humaine et sont à l'origine (non pas eux, mais leurs élèves et enfants) des vraies innovations anarchistes de l'absolue liberté, celle sans aucune espèce d'état d'autorité ni de "régulation" organisée.

En cela, l'anarchisme total politique et économique (improprement appelé "capitaliste", d'ailleurs)  reste un sommet incontournable de la pensée humaine. S'en départir est indigne et ne peut être toléré que de manière provisoire.

Vive la Liberté ! 

 

 

 

 

 

06/06/2015

La Gnose

Puisque nous y sommes, une belle classification à l'emporte pièce, comme je les aime et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. 

Les deux voies

Il existe deux sentiments fondamentaux de l'esprit, irréconciliables et clivants, et qui divisent et classifient les intellects: ils se distinguent par leur appréciation de la bonté des êtres. 

Ceux qui croient en gros que l'homme est mauvais sont des gnostiques, héritiers d'une soit disant connaissance du monde, qui ne s'expliquerait que s'il avait été crée par un être inférieur, et qu'il faut connaitre cette réalité pour accéder après macérations à un ineffable et irresponsable état de fusion avec lui.

Les autres, les naïfs, croient en la liberté et se sentent innocents eux et leur Dieu de tout le mal du monde, qui n'est que ce qui permet d'espérer autre chose, à construire et à inventer. Ils aspirent à la divinité absolue et plus que ça sont marqués par un exemple bien connu que comme quoi c'est possible.  

Cette division enjambe bien sur les athéismes variés et alors que l'on peut ranger l'Islam, les bouddhismes, les communismes et autres nazismes, bref la gauche, dans le camp de l'horrible gnose, et bien les libéralismes et leurs variantes ultra, les franciscains, et tous les anarchistes absolus, ceux qui préfèrent l'erreur libre du désordre nécessaire que l'on peut corriger à la vérité indécidable qui ne peut qu'opprimer sont de vrais et pur chrétiens, seuls habilités à échapper aux buchers nécessaires.

La gnose

La gnose est structurée par de multiples principes que l'on retrouve partout.

D'abord, le plérôme. L'ineffable Dieu, bien sur au dessus, est totalement et irrémédiablement transcendant, c'est à dire inaccessible et intouchable, donc, à proprement parler suprêmement existant, c'est à dire à caractériser en permanence comme tel. On trouve là le "alaouakbar" et l'affirmation du communisme final inéluctable que la communauté des crétins n'arrive pas à se sortir de la tête. 

De ce sommet émanent des esprits variés, tous issus successivement par émantation d'une sainte et inévitable hiérarchie. On trouve là les fameux cieux, le septième étant (mal/bien) connu; Mahomet les escalada comme de juste, et la subtile distinction entre staline(méchant) et trotsky (bon), entre montebourg (bon) et macron (méchant) en donne un excellent aperçu. L'un d'entre eux, se trouva pris de l'envie de créer le monde, un autre, le dixième suivant Avicenne et d'autres, devint le fameux intellect agent. 

Cet esprit là resta bien sur seul. On trouve là l'esprit unique des arabes et de toutes les mystiques du monde, celui qui serait commun à tous les hommes et qu'il convient de rejoindre en abolissant la funeste illusion de notre individualité, pur sentiment issu de notre sale sexualité. C'est la théorie du "maudit Averroes" que le moyen âge occidental s'acharna à détruire et avec succès, ce qui nous fit gagner dès cette époque le fameux choc des civilisations.  

Viennent alors les pratiques nécessaires à cette belle conception  du monde. Car il faut donc s'en plaindre, de ce monde malfaisant, et ainsi de le meurtrir et de le vexer. De là les nécessaires soumissions aux polices variées de la pensée supposées corriger l'infirme corps (sans esprit propre) issu de la terre maudite. Partout autorités et contrôles, et processions en l'honneur du mal. 

Depuis les tours de la pierre noire pour lapider le diable, les fronts ensanglantés en souvenir d'Hussein, les défilés en souvenir de l'esclavage, les moulins à prières des lamas, les "je suis charlie" pour fêter des juifs assassinés. Toutes les marches de zombies, tous les rites, toutes les marches blanches, tous "les plus jamais ça" sont gnostiques, et ignobles. 

La liberté

Il faut lui opposer son contraire exact, directement issu des merveilleuses spéculations chrétiennes: la liberté absolue du divin, généreux et libéral au point de prévoir dès le début des temps de faire fusionner avec lui des poussières d'espace issues du hasard, de son propre principe, donc. L'immense communauté de tous ces individus libres s'appelle le monde.

Individus libres ? Oui, car sinon créer le multiple n'aurait rien signifié et Dieu l'éternel aurait perdu son temps ce qui est un comble, ça c'est de l'argument métaphysique.

Pour compléter la chose et passer à l'absence du surnaturel (il n'est pas nécessaire), le principe d'un monde à la fois absolument libre et totalement nécessaire (là par contre il l'est) c'est à dire spirituel, c'est à dire mathématique, celle ci prouvant par a + b le hasard fondamental dont l'espace des possibles est suffisamment grand (il a, et oui, toutes les complexités) pour garantir le libre arbitre le plus étendu qui soit. Bref, le confort. 

Confronté à cette admirable, aimante et optimiste conception du monde, en plus établie et prouvée par une tradition millénaire inventive à l'origine de toutes les sciences dignes de ce nom, on ne peut que se réjouir de l'infini des distractions qu'elle nous procure. 

Vive la Liberté! 

 

Les références:  Jonas

On ne peut que citer Hans Jonas et le "principe responsabilité", dont la thèse (sous Bultman) décrivait la gnose comme je le fais. Il s'opposerait ainsi au dualisme gnostique, la haine du monde étant celle portée par la technique triomphante. Décrivant la liberté comme ontologique (tiens tiens y a du Duns Scot ici), il y a associe (à mon sens de manière contradictoire) la notion de responsabilité qui doit la limiter, la notion de finalité la complèterait. Mieux, la liberté de l'homme est pour lui ambivalente (suivez mon regard).

De fait, les écologistes qu'il inspire se trouveraient ainsi anti gnostiques. Tu parles: c'est le contraire, en fait ils haïssent l'humanité, c'est à dire la part naturelle de l'humanité, soumise aux conséquences de ses actions et donc partie libre de la nature, ce qu'ils ne peuvent tolérer. C'est ains Jonas et ses sbires qui sont gnostiques et dualistes, et qui veulent vaincre les forces du mal qui ont crée le monde méchant.