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  • Les théologies

    La Théologie ou science des mythes, d'aprés Platon, est une science exacte dans la mesure où elle nous décrit un réel, Dieu incontournable et raisonnable bien sur tu parles, en nous en faisant un portrait d'abord acceptable, ensuite à révérer par conséquent, et c'était le but.

    Au passage se situe, et particulièrement dans le domaine théologique, la notion de "niveau de discours" ou de "type de signification", bref ce qu'on doit penser ou poser au préalable du type de discours qu'on mène. Car il s'agit après tout de parler de quelquechose qui n'existe pas et on doit faire semblant de faire croire qu'on le considère réel. Ce type de culot devrait s'accompagner de périphrases incessantes et il faut donc pour les éviter se "situer" comme on dit. Bon, le moyen âge reconnaissait 4 types de sens aux écritures (on va droit au but):

    - le sens littéral: ce qui est dit point final. La neige est blanche. Ce qui a lieu.

    - le sens allégorique: ce qu'on croit. L'imagé, l'invisible certain, le rêve.

    - le sens moral ou tropologique: ce qu'on doit faire. Le nécessaire, l'obligatoire.

    - le sens anagogique: ce qu'on peut espérer, le plus subtil, le plus tordu, le plus séduisant.

    C'est de Lubac qui mentionna que l'herméneutique chrétienne est inversée en ce que le christ n'ayant rien écrit, contrairement à Mahomet ou Mani, tous les écrits avant ou après lui à son propos mènent à lui... Pas mal non? Le christ ou l'apothéose grecque du verbe !

    Il faut savoir que Luhter lui même remettait en question cette quadripartition et ne retenait que le littéral et le tropologique.

    C'est bien Urs von Balthazar (ah le beau nom!) qui remit en vigueur avec enthousiasme les 4 sens en théologie: l'historique des écritures, le kérygmatique (la révélation), l'essentiel moral, et l'eschatologique. Toute théologie navigue entre toutes ces approches, et cela fait du théologique le domaine d'expression le plus riche, le plus ambigu et le plus complexe de tous. Quelle poésie peut passer ainsi de l'évocation nécessaire de la fin du monde à ce qui explique le sourire donné à un mendiant ?

    Partie donc passionnante et essentielle du savoir, elle a bien sur de multiples formes et on a lu, souffé (1). On a là une description d'un problème théologique particulier, le caractère sacrificiel de la mort du Christ, sujet hautement intéressant par ailleurs, qui montre la nature de cet art magnifique, tout d'intelligence, de culot et d'indépendance d'esprit. L' auteur de la théorie est un maitre, un monstre, un très habile homme. Ce dont il parle est parfaitement clair, et parfaitement distinct de tout ce qu'on peut lire ou comprendre de la religion chrétienne dans le tout venant. Serait il un martien ? Serait il un dissident ? Oui et non sans doute. En tous cas ce dont il parle apparait à mon catholicisme traditionnel et familial, répudié assez tôt, comme absolument nouveau et constitue une sorte de découverte, même si finalement, le coup soit raté, on verra pourquoi. L'intelligence ne fait pas tout et les mauvaises habitudes se reprennent vite, elles servent de prix à payer pour des lumières qui ne peuvent pas rayonner trop longtemps, c'est sans doute l'explication.

    Le péché

    On commence par une splendide définition du péché, analysé comme distingué entre péché contre Dieu et péché contre les hommes, la seule chose intéressante étant bien sur le péché contre Dieu, l'autre n'étant que tripotage de gamins dans l'ombre des confessionnaux, tripotage spirituel cela va sans dire, sachant que le vrai (dont je ne fus jamais victime, je tiens à le dire) n'est qu'un phénomène de même nature. Cette distinction essentielle est au coeur de ce qui fait aujourd'hui de la belle théologie un art oublié, au même titre que la peinture de patte de poulet: Dieu étant mort pour la modernité, son absence est doublée: non seulement invisible, ce dont les gens s'étaient dans un premier temps assez plaint, le sens même, la signification, la présence de la chose a aujourd'hui en plus disparu et cela de manière complète. Qui se soucie du fait qu'on puisse "offenser" un être qui non seulement n'existe pas, mais n'a en fait jamais existé au point d'être absolument privé de toute espèce de possibilité d'être offensé. Dieu n'existe pas au point qu'on ignore absolument jusqu'à la possibilité même qu'il puisse avoir les affects qu'on accorde aux personnes. Dieu n'est plus humain, du tout.

    Et bien cela, qui s'appelle l'incroyance, l'incrédulité, EST le péché et c'est ce qui fonde toute la question de la rédemption, du rachat, du salut, du pardon, fondement du christianisme et de l'énergie qu'il a manifesté au cours des siècles. C'est ce qu'explique le texte en question, et de manière détaillée. Tout cela est ainsi et donc, absolument et complètement hors d'atteinte cognitivement pour la modernité présente.

    La caractéristique de cette ignorance est précisément la distinction entre les deux péchés: exclusivement orienté vers la souffrance des petits chtis mineurs obligés de marner dans leur mines avant même l'âge de raison, le reproche qu'on se fait d'avoir laissé le capitalisme faire cette horreur là suffit à nous remplir d'une angoisse absolument différente de celle qu'on évoquait plus haut.

    La perception de cette différence d'appréciation entre les époques ou entre les états du monde me remplit d'une surprise et d'un émerveillement extraordinaire: le jour et la nuit !

    Ce qu'il en reste

    D'abord pour les chrétiens d'aujourd'hui et y compris l'auteur du texte sans doute, la question de Dieu ne se pose pas, il existe bien sur et tout semble bien se passer. A part que nous sommes à l'époque moderne et que les significations sont les même partout: même pour les croyants d'aujourd'hui, Dieu n'ESTPAS. Qui des chrétiens se reproche son incrédulité, sinon sous la forme d'une faiblesse passagère, semblable à l'oubli de bien trier ses ordures, péché contre la planète ? Hanté par la damnation éternelle ce qui est un état pire que toutes les morts et toutes les maladies, le croyant d'hier se maudissait de ne pas croire et implorait Dieu en pleurant de lui donner la force de vraiment espérer et croire en lui. Le salut était plus que vital: une angoisse, un souci. Du moins chez ceux, et ils étaient encore assez nombreux, qui éprouvaient vraiment cela. Les autres s'en foutaient, bien sur et ils étaient très nombreux. Mais tout le social de leurs époques, toutes les représentations, tous les soucis de l'organisation et du gouvernement des hommes tournaient autour du problème.

    Dégénéré chez les pauvres et les idiots dont la peur était celle des démons, elles se transmutait en peur de bien pire au sommet de la hiérarchies des savoirs et des aspirations: l'incrédule devenait non humain, incapable de vivre et d'aimer et aussi d'être aimé par Dieu, c'est à dire par le monde, par le destin et par les autres humains. Tout l'édifice de ce qui fait tenir les individus, les sociétés et le monde lui même tenait à ces conceptions. Un seul point fixe, une seule réalité symbolique et symbolisée: le divin, vers lequel tout se tournait. L'objet, l'objectif, n'était pas le social, l'humain mais bien Dieu en tant que tel. Tout le reste, le social, l'humain n'était qu'à la traine, secondaire et à plaindre, voire à punir; en tout cas souffrant bien sur, et par sa faute, et voué à la ruine s'il oubliait son devoir. L'exact contraire du grand renversement Nietzschéen dont on ne finit pas de célébrer la victoire...

    Toute description des religions et du religieux qui se situe hors de cette passion, de cette angoisse n'est qu'un anachronisme ou une mécompréhension sinistre. Tout ce qui reste, autour des réflexes, des sentiments sous terrains et inavoués des expressions publiques cachées et  réexprimées de toutes les manières possibles ressort encore de cela et l'objet G est donc bien toujours là en fait, sous la forme formelle de cette chose qui motiva avec les grandes religions du passé bien des créativités. Toujours là? Certes, mais sa présence mise en scène sous la forme de la grande vision chrétienne a totalement disparu.

    Au point que la soufflante et brillantissime tentative d'explication du génial théologien anti sacrificiel tombe à l'eau: en voulant distraire de la vision aujourd'hui générale du péché et qui ne ressort du sort des chtis miséreux, il se met dangereusement (et génialement) à l'écart: en voulant rendre compréhensible ce qui ne l'est pas, ce qui ne peut pas l'être, il se détruit lui même. Un peu ce que je fais, dans mes suicides intellectuels extrémistes: l'incompréhensible est toujours rejeté et d'autant plus violemment qu'il est en plus inacceptable. Un peu ce qui est arrivé au Christ lui même, d'ailleurs, et me voilà parti dans un fantasme bien baroque.

    En plus, le but de tout le texte est d'exprimer et de rendre possible une théologie chrétienne non sacrificielle! Tout ça pour ça ! Autant dire que le pauvre monsieur va se faire déchirer en morceaux et bouffer vivant à la Girard de la meilleure des manières. Alors que tout l'occident n'en finit pas de terminer son christianisme avec l'image de la pauvre victime morte pour nous, ce qui justifie bien sur l'aide aux migrants, lui rappeler tranquillement qu'on en a rien à foutre des pauvres et que notre angoisse religieuse ne peut en rien être apaisée par des actions humanitaires, exact équivalent des pharisaïsmes dénoncés "à l'époque", inutiles et d'ailleurs impossibles solutions à ce qui n'ESTPAS un problème technique (trier ses ordures ou faire du tourisme humanitaire) est un suicide.

    D'où toute la fin du texte, remplie de l'incompréhensible salmigondis pseudo chrétien imbouffable dont l'objet est de noyer un poisson découvert tout de même brièvement, tout palpitant hors de son océan avant ce qui l'attend.

    Revenons au péché: l'incrédulité empêche Dieu d'accomplir son projet historique envers l'humanité (l'être libre crée à son image etc), il est de plus "originel" (une sorte d'allusion est faite à cette théorisation là) et donc interprète la malédiction envers l'humain, dont celui ci doit être sauvé. Le salut c'est ça, merci de la définition...

    A partir de là, la rédemption, le rachat mené par Dieu de son peuple perdu est assez logique en fait. On passera sur l'interprétation du rachat auprès de Satan avec comme prix le fils bien aimé lynché à mort, mais l'idée est là et il faut des prodiges d'habileté oratoire pour s'orienter dans le dédale. Deux mille ans de délires variés, toutes les créations littéraires, tous les rêves fous, tous les illuminés sont à la peine sur le sujet...

    Un point assez fort, qu'il faut noter c'est la trinité: le Christ EST Dieu, et donc c'est bien Dieu qui est sur la croix. Ce simple rappel en fait assez moderne (quoique Luther insistait déjà là dessus) devrait suffire, et le théologien retort nous ressort Nicée: Arius avait tort de séparer avec horreur Dieu et son fils (Dieu ne pouvant pas souffrir, bien sur), cela fait justice du sacrifice. Quel Dieu serait assez crétin pour se sacrifier lui même à lui même ?

    Victime de cette conception absurde qui a soulevé le coeur et la raison de tous les athées depuis des siècles, l'église catholique et le christianisme se devait soit de nous prouver que cela fonctionnait (ils nous ont prouvé le contraire) soit changer de conception, c'est l'effort du théologien, mais hélas c'est TROP TARD.

    On se termine pourtant par une théologie splendide, qui évoque clairement le caractère humain de Jésus: il a lui même la foi, et représente ainsi la foi que devrait avoir l'incroyant qu'il vient sauver: une foi courageuse pour le moins et qui va jusqu'au bout. En cela il est bien plus "fort" qu'Adam lui même et ne trahit pas, lui. De quoi avoir foi en lui, en fait en SA foi. Le noeud coulant de cette réthorique est admirable, je vous l'avais dit, et même tout à fait géniale.

    Pour conclure, il faut dire que la rhétorique antisacrificielle, frappée ici de la modernité, du bon sens et de l'habileté ne peut que susciter l'approbation voire l'enthousiasme, face à, présent dans le même ouvrage, un soutien ouvert et théorisé envers les multiples expressions "positives" du sacrifice qu'on a pu inventer (2) . Le "don" de Mauss en est une forme par exemple, mais Levi Strauss n'est pas en reste: une même structure (...) derrière tout cela: l'échange sacrificiel est constitutif de signification symbolique.

    On notera ici qu'une explication de cet ordre est très technique, et en fait scientiste: un mécanisme (il y a en fait plusieurs, un par auteur) est systématiquement exposé en détails. Quand on parle de la théologie comme d'une mythologie, on peut dire qu'il y en a d'autres... Point d'attachement à ce qu'EST le symbolique, simplement le détail de ses rouages, régi par une immanence d'origine indéterminée, mais qui n'en est pas moins rigoureuse. Quand de plus on vous structuralise les échanges entre un dieu et un homme structuralisés, alors là l'affect humain disparait totalement: la grandiose compréhension toute de science "humaine", quoi. Le ridicule de cette abstraction sans nuances ni précautions de langage est patent.

    Girard avec sa belle théorie avait le mérite d'être grandiose: tout en faisant de ce qu'il décrit l'essence du signifiant (l'invention du sacrifice invente le langage avec le symbolisme) il met en oeuvre les vraies passions humaines, toutes en férocité et au combien. Cela le rend humain (du moins c'est mon point de vue). Au passage, il est frappant de voir les contresens que les gens font de Girard, qui confondent les deux dénonciations: celle de la foule déchainée et celle du remède au déchainement, de natures opposées et complémentaires et qui ne sont identifiées que dans un second temps. Qui a dit que Girard est complexe ?

    En tout cas, une chose est sure, malgré tout: en bon moderne, Girard a oublié Dieu et n'en fait qu'un épiphénomène. A ce titre, et à ce titre là seulement, il peut être considéré insuffisant, ou critiquable. Et puis il y a le Girard vieillissant qui reconnait une utilité au sacrifice, tout comme le monde entier finalement, ou presque. Le mitigé raisonnable d'ailleurs va même jusqu'à tout neutraliser et accepter simultanément au nom du mystère nécessaire la totalité des interprétations au titre de la diversité du monde. La chose s'éloigne dans le temps comme une voile au loin, ne laissant que le vaisseau commun, l'objet G disponible de tous les jours, dont la fadeur est extrême et le mépris à son égard, voir le dégout, voir la haine, grandissant.

    Les théologiens allemands

    La thèse sur Luther examinée récemment (3), for riche, aborde aussi des théologiens modernes, aux souffles conséquents, tous allemands aux jeunesses hitlériennes à la grande époque (comme un pape récent) et il faut le dire doté de visions et de discours tout à fait profonds, et qui font honneur à leur science. Le point important est que ces théologies font partie des élaborations menées quand à la définition du destin et de l'histoire de l'homme: des positions anthropologiques, dérivées des conceptions chrétiennes.

    Tout commença avec l'"humanitas" stoïcien, élaboration autour d'une notion respectable de l'humain. Mais il y avait aussi la "nature commune" aux grecs et aux barbares, reconnue par les sophistes. De toutes part, donc on cherche alors en fait à produire une définition de l'homme, sous Dieu. La science de Dieu devient science de l'homme... 

    L'homme, l'anthropos de l'anthropologie, est défini étymologiquement par Socrate comme celui qui contemple ce qu'il voit: 

    "C’est donc avec raison qu’on a tiré le nom d’homme de cette faculté qui lui appartient exclusivement entre tous les animaux, de savoir contempler ce qu’il voit, ἀναθρῶν ἃ ὅπωπε." (Cratyle).

    A partir de là... 

    Pannenberg

    Pannenberg fait de la christologie une anthropologie et fixe un destin à l'homme. Pas mal. On y parle de la connaissance "naturelle" que l'homme a de Dieu et donc de la théologie "naturelle" qui en découlerait, naturellement bien sur. Le destin humain est de vivre AVEC Dieu et tout découle de cela, dignité, respect et morale. L'éloignement de Dieu, englobant le péché traditionnel est donc la "misère", "aliénation". Nous y voilà de ce qui concerne la modernité, donc. De fait, c'est bien la disparition progressive de la notion de péché originel par refus moderne de se voir imputer une faute non commise personnellement qui est remarquée et théorisée. Par contre, dés l'origine, le péché est bien "éloignement" de Dieu, causé par une puissance à l'intérieur de l'homme ou bien par l'homme lui même en responsabilité.

    Personnellement, cette disparition d'une caractéristique anthropologique fondamentale, de nature mythologique, par ailleurs, me semble ressortir de la disparition du divin, tout simplement: si tout ce que l'homme a à se reprocher, c'est de ne pas être gentil avec ses semblables, et bien c'est qu'il n'a vraiment pas besoin de Dieu. Marque de l'affaiblissement humanitaire, et donc de l'abandon de la défense de sa propre famille ou tribu au profilt d'impératifs religieux dévoyés, cette religion là mérite vraiment d'être abandonnée...

    Moltmann

    Moltmann est l'auteur du "Dieu Crucifié". Théologien écolo et féministe ultra moderne, pasteur Luthérien, il porte l'espérance, et décrit la gloire de Dieu et celle de l'homme en Dieu. Tout un programme. L'Espérance c'est bien sur Ernst Bloch (le principe espérance). Et puis le relationnel dans la lignée de Martin Buber ("Le Je et le Tu").

    La création est arbitraire et gratuite de la part de Dieu et il faut s'en réjouir, et l'homme est sacerdotal, sommet de la création, en fait imago mundi plutôt que imago dei, même s'il doit être le lieutenant de Dieu sur terre. Plus exactement on se retrouve avec les deux degrés de l'identité humaine semblable à Dieu par nature, mais perdant par le péché la fameuse image sous la forme de la similitude seulement. Moltmann reste luthérien strict et considère l'image comme inaltérable, ce qui permet au péché d'être total sans problèmes, compatible avec le maintien de l'image. Par contre, le péché originel étant un mythe, il n'y a de péché que d'action et il y a une victime et un coupable. Il se déclare critique de la culpabilité collective des théologies de la croix.

    Ainsi il faudrait ajouter à la faute première le meurtre d'Abel.

    Rahner

    Karl Rahner est un catholique, il gère un tournant "anthropocentrique" de la théologie en identifiant trinité immanente et trinité révélée (pas mal la synthèse non?). Il pense une connaissance "transcendantale" de Dieu qui se manifeste en silence: une sorte de mysticisme jésuite, donc.

    L'expression "transcendantal" se rapproche d'"essentiel" (une notion hégélienne parait il ), et caractérise ce qui est la possibilité pour l'homme d'approcher Dieu. Le transcendantal détermine l'existence sans en assurer les conditions d'existence, l'humain au delà de la culture et de l'histoire. Le contact de tout homme avec Dieu a lieu, donc, au moins au niveau transcendantal.

    Idée assez "jésuite" (rationnelle et convainquante, mais basée sur un présupposé soigneusement recouvert de fumée), cette capacité réalisatrice et donc réalisante est typique de cette génération de théologiens DEJA convaincu par Dieu et qui pensent qu'une simple présentation convaincra les crétins convaincus du contraire par la génération précédente, sans doute trop "tue l'amour". C'est bien sur hélas trop tard, et l'objet G leur a échappé, à force de vouloir le faire réel. Pardon de la sortie.

    En étant moins sévère, l'idée est tout de même peu ou prou celle d'une base anthropologique au contact religieux intelligible, chose dont on est en fait d'accord sur le principe, et dont les manifestations non conscientes sont légion. Vouloir la récupérer au bénéfice d'une religion construite, bien réfléchie aux grandes époques, quand c'était, pardon de la position, "facile" est de bonne guerre, c'est tout l'enjeu de la "connaissance transcendantale" de Dieu de Rahner.

    Par contre bien sur vouloir passer du transcendantal au transcendant et hop, est évidemment une manip. Au passage, l'identification de l'accés au transcendantal et de l'humanité, de la liberté et de la responsabilité et bien vu auss: l'accés au divin c'est l'accés à l'humanité tout simplement, autre grande thèse. Est ce la justification par la bande de l'objet G ?

    Le débat est d'importance et se trouve piégeux car destructeur de la focalisation et péché suprême (l'incroyance, on se doit de le rappeller). On le résoudra en disant que bien sur toutes ces notions de liberté etc ne peuvent qu'émerger d'une réflexion sur ce qu'il peut bien être laissé d'autonomie au contemplateur effrayé de la nature globale. L'être primordial l'est et le reste, l'humanité n'est qu'une construction.

    Au sujet de la liberté, justement, Rahner l'exprime comme limitée (bien sur, on connait le thème) à la contemplation transcendantale du Dieu infini. Se limiter à l'infini est plaisant, et frappe l'esprit: encore une habileté, en fait.

    Une autre conception saillante est la distinction radicale entre Homme et Dieu, le rapport entre les deux étant d'autonomie et de dépendance. Merveilleuse conception (tu parles !) contradictoire bien sur et typique encore d'un sentiment vécu qu'on veut communiquer, car il n'y a que le personnel, l'intérieur que l'on peut oser livrer comme vrai et faux à la fois. Une sorte de périphrase...

    La distinction radicale entre homme et dieu pose problème toutefois, car après tout, Jésus le fils de Dieu est bien un homme comme quoi la distinction n'est pas si radicale. Que l'on puisse faire fi de la promesse de tous se retrouver dans une communauté divine devenu dieux tous et tous différents me parait un peu saumatre: la nouvelle théologie ne tient pas les promesses de l'ancienne...

    Pour en rajouter une couche, on pense l'inversion de la relation de culpabilité: victime, le monde s'en prend à Dieu; pour conserver la l'homme comme menacé par la faute, Rahner introduit la liberté.

    Il pense aussi un péché "originel" non transmissible et sous une forme "analogique": il est originaire de la liberté et de l'humanité et se présente comme un refus de l'autocommunication de Dieu.

    Bon, tout cela se ressemble et semble un afadissement, causé par une évolution de l'homme perçu comme moderne et en fait devenu indifférent à la menace de la damnation, qui avait donc du bon, du moins de ce point de vue.

    Barth

    Protestant et suisse, Barth introduit après la guerre de 14 une théologie "dialectique" qui réforme la théologie "naturelle" d'Aquin. C'est la théologie de la parole de Dieu, par opposition à l'intellectualisme médiéval trop raisonneur. Barth introduit ainsi un renouveau d'une pensée de Dieu comme absolument tranthéscendant: on en revient donc aux fondamentaux...

    On en vient alors à sa fameuse "interprétation" de l'épitre aux Romains, celle ou saint Paul parle du salut, justement.

    On y trouve le fameux "le chritianisme n'est pas une éthique", bien senti, et qui porte (à mon avis, c'est ma grande découverte) l'essentiel de la prédication luthérienne: le refus des oeuvres va jusqu'au refus de la sanctification du prochain, qu'on peut assimiler à l'éros. Quelle meilleure dénonciation du vatican impie: le pape aimerait donc tous les hommes, les grands comme le petits ? (Celle là aussi, elle est bonne). Le concept de prochain devient alors "tropologiquement" devient alors l'amour dans l'homme de ce qu'il n'est pas en fait: porteur du Christ. Belle inversion, et beau sens, tropologique, justement, à donner aux écritures.

    Il faut mentionner bien sur la querelle "analogia entis" (Pzrywara) contre "analogia fideis" (Barth). En gros, Pzrywara veut associer philosophie et théologie au point de faire de celle-ci une métaphysique, voir LA métaphysique. Barth est très violemment opposé à cela.

    Bien sur l'épitre aux Romains, c'est le grand truc de Calvin et de la, parlons en, prédestination. Est elle incrite dans la lettre de Paul?

    On commencera par distinguer tradition "réformée" (Calvin) et tradition luthérienne et donc "prédestination" à "justfication par la foi".

    La prédestination de Calvin est double (à la damnation ET au salut):

    Nous appelons Predestination le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé
    ce qu’il vouloit faire d’un chascun homme. Car il ne les crée pas tous en pareille con-
    dition, mais ordonne les uns à vie éternelle, les autres à éternelle damnation. Ainsi
    selon la fin à laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à mort ou
    à vie. (Calvin 1541 : 62)

    Pour savoir si on est élu, et bien c'est quand on vit l'expérience de l'appel, et Calvin met l'accent sur le salut plus que la damnation...

    C'est 10-13 de Rm 9 qui justifie la doctrine de la prédestination, d'après Calvin. Dieu choisit entre Jacob et Esau sans considérer leurs mérites. Et puis il y a Rm 9, 17 qui parle du pharaon, suscité pour permettre à Dieu de montrer sa gloire.

    L'interprétation de Barth est  géniale: le ET remplace le OU : nous sommes SIMULTANEMENT prédestinés à la damnation et au salut. Ainsi, c'est plutôt le concept d'élection qu'il faut considérer, et avec la mise en présence du Christ. C'est le salut pour tous et pour toutes, en fait !

    Balthazar

    Balthazar est un lascar brillant à la vie compliquée; il remit en vigueur le débat sur l'apocatastase, dont il faut parler. Condamnée avec les anabaptistes par la confession d'Augsburg, la doctrine du retour de tout dans son état d'origine à la fin des temps, dont on déduit un coupable possible salut universel quoiqu'il arrive a continuer à séduire et à être pensée. Tu parles: c'est aujourd'hui l'opinion commune, la notion de culpabilité n'étant appliquée qu'aux homophobes, et encore, il ne sont pas humains. Une pensée moderne donc. Balthazar exprime la question sous la forme de l'évocation d'un enfer qui serait "vide", ce qui un théologoumène bien tentant. On est là, du point de vue théologique, dans une sorte de cul de sac, car prendre position sur la question c'est en quelquesorte se substituer au jugement divin et la connaissance certaine a des limites, Dieu jouant pour la théologie le rôle de la chose en soi chez les Kantiens (qu'est ce qu'on rigole).

    Balthazar est par ailleurs un monstre de productivité polygraphe, par ailleurs musicien.

    La fin de l'église

    Alors que s'achève sous nos yeux, et cela complètement, le pouvoir immense du christianisme instutionnel qui sut résister à toutes les réformes, à toutes les mystiques et à tout le reste, sa mort ne venant que d'un désintérêt patent qui s'accentue au fil des pédophiles, des homosexuels partouzards du vatican et de la volonté de faire venir les africains en europe qui pour faire la messe, il nous faut des prêtres, qui pour violer nos femmes, c'est interdit aux blancs; alors que tout cela s'achève, il faut bien le dire peu après avoir abattu (parait-il) l'impie communisme, et que d'ailleurs le protestantisme n'est pas mieux loti en terme d'intérêt que le catholicisme, malgré tous ses avantages, et bien il nous reste toute cette magnfique culture dont les humbles enfants de coeur, dont votre serviteur, ne peut, sans les comprendre vraiment, médiocrité oblige, que sonner les clochettes.

     

     

    (1) https://books.openedition.org/pusl/9939

    (2) https://books.openedition.org/pusl/9906

    (3) http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2019/08/20/les-lutheriens-6171008.html

    (4) https://www.nrt.be/docs/articles/1986/108-6/349-La+Lettre+aux+Romains+de+K.+Barth+et+les+quatre+sens+de+l%27%C3%89criture.pdf

    (5) la fameuse épitre aux Romains: https://www.aelf.org/bible/Rm/9

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