Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les bourgeois

A l'occasion des interprétations diverses émises au sujet des "gilets jaunes", on voit bien qu'on finit par s'en prendre aux "bourgeois", et que le vieux thème romantique qui marqua tant notre histoire dans tous les domaines semble revenir en cour...

Qu'est ce que ce "bourgeois"? C'est d'après un définition un peu abrupte, un être qui a un patrimoine et un discours, le discours étant celui qui protège son patrimoine qui ne peut être acquis et conservé que si on se soumet au système de pensée qui produit le discours... Le noeud formé entre les deux nécessités qui se soutiennent l'une l'autre fait l'objet. Ferait l'objet... 

Bien sur l'adéquation entre discours auto légitimant et situation de richesse dans les sociétés est tellement évidente et universelle qu'on ne voit pas bien comment toute position dans la société pourrait y échapper. Aurait-on là l'argument de l'universel appliqué, consistant à appliquer à la partie qu'on déteste du monde, un jugement universel, donc toujours vrai ? Un ciblage, la direction de la flèche n'étant qu'un choix particulier... Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade.

La définition ne tient donc pas et il faut bien donner une réalité supplémentaire à ce qu'on continue à qualifier de "bourgeois" et qui a, c'est une évidence, une réalité, le tout étant de savoir laquelle.

D'abord, il faut bien décrire ce qu'on a vu "soi". Issu d'un milieu de petits commerçants, je suis marqué par deux choses, le mépris simultané des pauvres et des riches. Le propre des classes moyennes, et ce que je sais des vrais bourgeois, je veux dire des riches, et qu'il est marqué par l'exact même sentiment, le mépris de la haute étant universel, seul le sultan de Bruneil pouvant y échapper, et encore, sa haine de la reine d'Angleterre... Elle même, qui peut elle haïr au dessus d'elle ? Cette question n'est pas bien intéressante en fait, disons qu'on va la reporter à plus tard et établir que la position sociale est toujours -intermédiaire- et que c'est la gestion de cet intermédiaire qui fera les choses à regarder. 

Naturellement cet intermédiaire se massifie, se regroupe et se généralise. La France, marquée par la destruction brutale d'un ordre ancien inventa une sorte de bourgeoisie particulière qui s'appropria ou intériorisa une conception d'être le peuple. Pour se protéger des accusations infamantes dans les moments dangereux, sans doute, mais aussi par reconnaissance identitaire de ses origines. Le bourgeois est dans son bourg, et a quitté le rural, mais il en vient, il s'en souvient et s'en sert, et il en vit: le marché noir de la guerre a joué un rôle là dedans, on fit son jardin, on trafiqua le jarret de cochon. 

Emergé sociologiquement de la destruction de la ruralité dans la deuxième partie du siècle précédent, le bourgeois fut aussi celui qui s'y rattacha nostalgiquement, construisant un merveilleux consensus, qui conserva un art de vivre réel, et envié en bien des endroits. Le bourgeois français se construisit ainsi en liaison avec ses origines rurales et s'encra ainsi dans le peuple, ce qui fit la société cohésive française, ce qui fit ce qu'on appelle la "République", ce qui succéda avec succès à l'époque d'avant, et qui fit entrer la France dans le monde moderne avec les autres. 

Simultanément se créa une classe, justifiant ainsi ce qu'on s'obstine à appeler la "question" sociale, d'ouvriers et d'employés au service de l'industrie. Flux qu'une théorie de la fin du monde voulut faire un nouveau peuple, nouveau monde, nouvel homme: le prolétariat victorieux qui continue d'habiter le fond veule, ignorant et barbare de quelques intellectuels perdus plus ou moins cultivés, plus ou moins psychopathes... 

L'organisation de ce peuple là dura cinquante ans, et rêva très fort à une révolution mondiale, rêve qui fut nourri par des aspirations réelles à un progrès matériel qui paraissait d'autant moins inaccessible qu'il se manifestait effectivement. Mais le rêve s'effondra: le scientisme triomphant passa de l'autre coté, et on compris que la raison à l'oeuvre derrière le grand espoir était bidon, mensongère et ne fonctionnait pas. Le peuple jeta le jouet, exclusivement manipulé depuis par les psychopathes cités. 

Par contre, le système dit "industriel" lui fonctionnait et avec succès, mesuré par l'accroissement des richesses produites. En perpétuel renouvellement, sans trop de garde fous, il arrivait toujours à trouver mieux et se développa au delà du possible, profitant d'une civilisation universaliséee qui recouvrit tout. Même les examens traditionnels chinois pratiqués depuis des lustres se déguisèrent en MBA... 

Mais par peur des syndicats, peur d'une autre guerre, dans l'intervalle, on donna l'argent. Au point d'en donner trop. Au point de faire système et de compromettre l'enrichissement officiel de ceux qui savaient y faire et qui donc, comme de juste firent sécession et nous y serions: le riche, celui qui a les moyens de continuer à s'enrichir, se mettrait à vouloir quitter le peuple, et ainsi à se satelliser hors des nations pour imposer au monde un capitalisme hors sol impitoyable et individualisé. Notons que cette belle évolution abondamment décrite sous le nom de "capitalisme néo libéral" par les intellectuels français n'est hors sol qu'en Europe. Dans ses manifestations chinoises et américaines, il est strictement patriotique, bizarrement. Comme si on dénonçait des élites ciblées... Il est frappant de voir l'arrière ban d'une gauche intellectuelle qui vota Hollande par peur du fascisme se plaindre en gémissant à la mort de ce qu'incarne effectivement le dauphin du dernier espoir: corruption et fédéralisme hors sol. 

Mais avant, il y eut l'expansion infinie de la caste des fonctionnaires. On peut lui assimiler tout ce qui vit d'assistance depuis les emplois aidés et tout ce que la régionalisation démagogique produisit de fonctionnaires mal payés mais travaillant peu et pour toujours. Les "je suis titulaire" des chevaliers du fiel le montre bien: un réflexe et un mode de vie, au moins aussi cynique que celui des pires des bourgeois. Bien sur, on trouve là dedans toutes les belles motivations qui s'excusent ainsi de leur prélèvement aujourd'hui exagéré et qu'il faudrait réduire à tout prix. Inutile de dire qu'ils n'en sont pas d'accord: ils lutteront jusqu'au bout. 

Il ne faut pas oublier le reste, bien sur. C'est la sociologie des gilets jaunes (1). Aides soignants, routiers, employés temporaires, tous ceux qui rament pour survivre sans qu'on leur donne vraiment rien. Ils jouent le jeu de la vie, sans statut et sans protection particulière, comme des "parasites", c'est à dire dépendant de la prospérité générale, avec la différence, et c'est là tout le problème, qu'ils souffrent les premiers quand la société s'appauvrit, ce qui arrive en ce moment. Ces gens aspirent à la bourgeoisie et ne se passionnent ni pour la culture ni pour les modes de vie sophistiqués ou authentiques: ils font ce qu'ils peuvent. Des petits bourgeois, nationalistes en plus: ils sont besoin d'un pays fort pour les protéger. Des protos fascistes, d'où leur solitude. 

On parlera rapidement de l'immigration, pour l'instant invisible sauf dans les fantasmes des futurs remplacés, un oeil ayant pu s'ouvrir chez les cons et les veaux avec le 20% de prénoms musulmans décernés en 2017. Elle n'a pas ou peu de bourgeoisie, et se constitue en "peuple" pour les bourgeois. Appelées "classes populaires", les populations arrivées récemment d'Afrique n'en finissent pas de se constituer en représentant d'un peuple nouveau qui ne s'assimile bien sur plus du tout, (même pas au sens antillais), ni bien sur ne s'intègre à rien, les usages, modes de vie, cultures et religions étant et restant radicalement différents et diversifiés, l'harmonie entre noirs et maghrébins étant bien sur totale. La petite bourgeoisie immigrée qu'on distingue mal des classes supérieures algériennes ou sub sahariennes qui abandonnent leurs pays trop misérables avec l'aide au développement qu'ils ont prélevé en prédateurs ordinaires, aide à l'éducation comprise bien sur, se manifeste encore peu. Elle ne s'intéresse encore pas du tout à la politique, ne vote ni ne se fait élire. Elle permet juste au hiérarques blancs des départements où elle est presque majoritaire de se déshonorer en leur construisant des mosquées salafistes. 

On ne sait pas bien ou situer le bourgeois dans cette belle histoire, le sort de 1% qui ont tout l'argent n'étant pourtant pas le leur. Alors ? Y aurait il des valets de la noblesse qui nous trahiraient pour capter les quelques miettes qui restent ?

Et bien ils sont divers eux aussi, et sont présents comme couches supérieures de tous les modes de vie décrits. Comme bavards et pensants ils produisent bien sur des discours et sans doute des discours de "légitimation" mais dans tous les domaines où ils sont présents, c'est à dire partout. Cela s'appelle l'espace public et la compétition est intense. 

On pourrait parler des passionnés de l'écologie, terme générique que j'associerai à ce qui -explicitement- est décrit comme la dernière source de valeurs positives à consommer dans notre monde sans foi: la sauvegarde de la planète, disons du résultat objectif de l'expansion démographique chinoise et de sa tyrannie productiviste, bien sur hors contrôle, ce sont nos valeurs que de manifester contre sans les accuser directement. Cette stupidité totale doublée d'une absence complète de bon sens ou même de souci des chiffres, des sciences ou de tout ce que la technique moderne peut apporter à la conduite des politiques publiques, conduit à investir dans le ruineux ou l'inutile pour précipiter à une "transition" qui est en fait un suicide organisé délibéré sur fond de haine du progrès et de, vous ne rêvez pas, de la croissance économique elle même, car on déteste sa propre prospérité. 

Mis sur le devant de la scène par un politicien de droite tout content de remercier la gauche d'avoir voté pour lui, le monstre infernal changea la constitution pour  une précaution principielle absurde et stérilisante puis  généralisa la corruption municipale à coup d'éoliennes histoire de défigurer les paysages pour mieux produire de l'énergie couteuse bien plus polluante que le nucléaire qu'on abandonna à son sort. Une bourgeoise écologiste sorti des écoles d'ingénieurs pour déclarer non conforme à la sécurité tout ce qui était nucléaire histoire d'en augmenter le cout et donc la défaveur, bien joué, émergea : le culte de la procédure bureaucratique tatillonne élevée au rang de technique modernisatrice. 

Pendant ce temps, leurs mères se jetèrent sur le bio, certifié en Espagne par l'effrayante corruption qui ruine le pays de la prochaine interdiction de la corrida chaque fois que des socialistes y sont au pouvoir. Bio pour tout même pour les ... (je me reprends). Bref pour rien. De quoi et c'est en cours, ruiner l'agriculture du premier pays agricole d'Europe, dont les paysans se suicident étouffés par impôts, règlement imbéciles et mépris haineux des tenants de la nature sauvage. Que tout ce qui compte pour écologue soit maudit. On est loin des fils de bourgeois en communautés pour partouzer à l'ombre de leur chèvres... 

On pourrait parler de ceux qui suivent les  médias, qui transmettent dans la suite de l'esprit Canal+, une vision harmonieuse de l'actualité branchée, celle qui fit fureur dans les anciennes heureuses années de la "libération" des télévisions. Cette course à l'esprit branché sympa qui séduisit tout le monde par sa légèreté heureuse bat toujours son plein, même si l'esprit en question n'a plus que celui de Cyril Hanouna, exploité pour cela sans vergogne par le politique actuel, c'est à dire détruit définitivement... Bien sur sous contrôle par les socialistes, le fameux esprit canal avait pu se démarquer des discours officiels (consacrés à la gauche triomphante) pour réaliser le discours officieux (celui de la gauche libérale). Il célèbre aujourd'hui l'esprit tout court. Si on peut appeler ça un esprit. 

En tout cas, la légèreté en question reste celle du temps, très française en fait, et on ne s'en défait pas comme ça. On pourrait la qualifier de "bourgeoise" car elle qualifie bien un esprit "friqué" explicitement superficiel, en gros celui de la "connasse" personnage féminin égoïste et branché explicitement agressif et égocentrique mais pourtant drôle car assumant l'artificiel de ses positions et la prédation qui l'accompagne. Une sorte de bourgeois qui ne ferait pas semblant, justement. C'est cela qui rend drôle le personnage de De Funes dans la "folie des grandeurs" : l'honnêteté de l'affirmation de ses travers. 

Mais ce cynisme est aussi celui du pouvoir pur. Il peut être sec, et c'est le "venez me chercher" de Macron au début de l'affaire Benalla... Là on ne fait pas semblant, mais on n'est pas drôle pour autant.

On en vient alors aux deux bourgeoisies, celle qui règne et celle qui la soutient. La première est très riche et très financée et joue le contrôle sans vergogne d'un pays perdu qui ne comprends pas ce qui lui arrive. La seconde est la dupe de la première. Encore toute heureuse d'avoir repris le contrôle d'un libéralisme qu'on lui avait ravi à la faveur de l'élection  précédente, elle est d'abord bien pensante, et traumatisée par ce qu'elle ne comprend pas et à quoi elle s'attache à s'adapter à toute force: le monde moderne, sa bêtise, sa cruauté, son inculture. 

Traumatisme: c'est le fond de l'affaire. Assimilé par un gauchisme séduit par le très vicieux mitterand à un pétainisme qu'elle avait abandonné par force, la droite française pourtant  modernisée s'est faite basculer de manière inattendue, quoiqu'on en dise. Ringardisée avec joie et extrême méchanceté (comment se relever de la haine affichée du "peuple" pour Danielle Gilbert?) elle se prit de centrisme et après force défaites sanglantes, assumée pourtant par le traitre qu'elle punit par en dessous, elle se résolut à la non réforme pour ne pas fâcher. Cela conduisit à l'inaction, à une dernière tentative pour faire un peu et la crise aidant (si l'on peut dire) à la défaite absolue, celle qui nomma Macron pour le malheur de tout le monde. Les deux forces se rejoignirent: la bourgeoisie fut réunifiée et donc constituée. 

Pourtant, il y eut brièvement la manifestation d'une force qui bien qu'aujourd'hui disparue de l'affirmation publique, subsiste misérablement dans les trous à rats de la détestation furieuse et de la haine absolue: les 6 millions de gaullistes qui votèrent à une primaire de la droite pour un candidat qui parla de la France pour la dernière fois. Bourgeois de province convaincu par le discours de l'autonomie des entreprises libérés d'impôts qui ne seraient plus nécessaires du fait de la baisse drastique d'une dépense publique devenue folle, bourgeois modernistes conscient de l'infernale afaiblissement d'une société en déclin paralysée par la connerie gauchiste et écologiste, bourgeois racialistes conscient de la folie de la tolérance à l'invasion de l'Europe par une afrique misérable et islamisée. 

Ces bourgeois là sont perdus et haineux. Contents de voir ravagé le Fouquets de ce corrompu de Sarkozy, content de voir Macron chier dans son froc devant les black blocks, content de voir l'armée enfin en scène, prête à intervenir, il suffira de la convaincre quand ça chiera vraiment. Bourgeoisie fasciste, car il n'y a plus que ça, en tout cas, elle n'interviendra pas pour sauver ce qu'elle méprise et déteste autant que les misérables qui s'essayent à défier Macron. Cette bourgeoisie là, elle pourrait bien s'allier aux pauvres, et provoquer vraiment, cela en est la condition nécessaire et suffisante, ce qui fit le titre d'un livre commis par le gamin taré et corrompu qui joue à diriger la France: REVOLUTION ! 

A tous les centristes, socialistes , écologistes et macronistes que je hais pour avoir détruit et continuer de détruire mon pays: allez vous faire foutre ! 

 

 (1) https://www.institutmontaigne.org/blog/les-gilets-jaunes-la-partie-emergee-de-la-crise-sociale-francaise

Commentaires

  • Il y a des choses intéressantes dans ce que vous dites ;

    hélas je ne saisis pas tout.

    Dommage que vous finissiez cette note analytique par "Allez vous faire foutre."

    êtes-vous un féru des mathématiques ? de sciences ? En quoi avez-vous foi ?

  • Qu'est ce que vous n'avez pas saisi ? Je serai ravi de lever toute espèce d'ambiguité...

    Sinon, je suis féru de tout ce que je décris, bien sur. Foi ? Sur quel sujet ?

  • Qu'est ce que vous n'avez pas saisi ? Je serai ravi de lever toute espèce d'ambiguité...

    Sinon, je suis féru de tout ce que je décris, bien sur. Foi ? Sur quel sujet ?

Les commentaires sont fermés.