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Les tableaux d'une exposition

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Oeuvre géniale et unique dont la fascination qu'elle exerce ne cessera jamais. Le pur moment musical absolu motivé par son contraire, la contemplation de soit disant tableaux qui ne sont en fait que ces extraordinaires moments d'écoute incroyables du piano occidental à son apogée. 

Il se trouve qu'elle fut orchestrée, de manière étrange, de multiples façons. En fait la richesse sonore de l'oeuvre est absolument grandiose et ne peut qu'évoquer et susciter quelque chose de plus grand, de plus immense encore.

  

Картинки с выставки, Kartinki s vystavki

 

10 Morceaux, dix pièces, soit disant inspirés d'aquarelles. En fait, c'est tout ce qu'on peut ressentir, imaginer et se souvenir à l'évocation d'anciennes images perdues qui passe dans la musique. Art suprême ? En voilà la preuve. 

Promenade

LE thème de la promenade globale, et bien sur un jeu de mot dans tous les sens. L'oeuvre musicale EST un voyage, on commence par là. Le thème identifiable, triomphant et un peu enfantin, est martelé bien nettement, comme un enfant qui fait de grand pas dans des flaques d'eau. Ce thème est repris entre chaque tableau et en fait la structure. 

1 Le Gnome, Gnomus. C'est parti, l'enfant est devenu monstrueux et étrange, le piano aussi. La reprise rapide et violente, et puis la lente et douce marche cette fois sur la pointe des pieds, qui s'alternent. Une marche puissante s'impose. 

Une répétition grave et puis cette pluie qui tombe et puis les grosses gouttes. 

Promenade

On reprend la promenade, tendrement et doucement. 

2 Le vieux Chateau

L'étrange mélodie russe avec tout l'aspect oriental lointain de cette âme là, déclinée avec une infinie douceur vivace. Les deux faces de la mélodie sont en alternance avec la menace grave par en dessous. L'énergie menaçante qui en découle est magnifiquement puissante.

La mélodie reprend presque silencieuse avec le rythme étrange derrière. Etrange c'est le mot: nébuleux et pensif.

Promenade, plus grave avec une légère dissonance. Et un très silencieux arrêt.  

3 Jeux d'enfants aux tuileries... Tels que se l'imagine un russe à Saint pète. Des sautillements, bien sur sans rapport avec les enfants, plutôt une impression lointaine, un peu triste, qui se voudrait une image vue de la fenêtre. 

4 Bydlo, le "bétail" : une reprise grave du vieux Chateau, martelée et puissante. Pas la gouvernante, mais la promenade, la grande, disons un ours avec une masse et qui a quelque chose à dire. Et puis qui s'éloigne. 

Les jeux d'enfants encore, sans rapport. Avec une sorte de nostalgie, hésitante, tremblotante. 

Promenade, mais cette foi autrement, aigue  (ils disent en mineur) avec d'autres notes, et complètement décalée. 

5 Le ballet des poussins dans leurs coques. 

En miroir avec les tuileries, mais très sautillants, des poussins, effectivement. 

Un arrêt et un très curieux murmure, qui s'active de manière charmante. 

6 Samuel Goldenberg et Schmuyle : Ah ! l'antisémitisme hors de propos (dénoncé ou imaginé)... 

Une sévérité un peu orientale, la fameuse gamme "hongroise". Et puis le murmure des poussins, ou presque. Un personnage doucereux, contredit par la gravité. Le point final est définitif.

Promenade, presque joyeuse, en tout cas nominale. 

 7 Limoges Le grand marché

Une confusion répétitive, une foule, donc. Mais pourquoi Limoges ? Madame Panta Pantaléon... 

8 La catacombe puis com mortuis in lingua mortua.

De grands coups. Hartmann visite les catacombes de Paris. On rappelle qu'il s'agit des morts du moyen âge déménagés depuis le cimetière des Halles juste avant la révolution française: tous ces squelettes firent le désespoir des parisiens qui en devinrent fous et tuèrent leur roi, puis inventèrent le communisme et donc tuèrent le tsar, mais cela Moussorgsky ne faisait que le prévoir... Funèbre et prémonitoire musique ! 

Comme partout dans les tableaux, une note qu'on reconnait.

9 La cabane sur les pattes de poulets: Baba Yaga !!!

Puis on revient en Russie et dans ses profondeurs, la sorcière de l'est profond. 

Allusion aux poussins, mais c'est autre chose et puis l'arrivée du tonal profond sur un bruit moderniste, avec d'étranges répétitions de notes, angoissantes et heurtées. Cet homme joue avec le feu. 

Et puis la terrifiante marche barbare, qui reprend un bruit d'orchestre déchainé, ce qui fit d'Emerson Lake et Palmer la plus terrifiante et juvénile explosion de rythme. Une pluie. 

10 La grande porte des bohatyrs (de Kiev). 

Là on est en Ukraine.

La grande majesté d'une marche triomphale et puis une rêverie. Et puis les cloches, et la grande majesté. Pour finir la résolution musicale de toutes les marches heurtées et puis encore la rêverie qui alterne avec la marche. Ce contraste qui se mêle encore de pluie nous amène alors vers la promenade avec tous les sons du piano qui se déchainent alors: la promenade vous dis je !!! 

 Ebouriffant ! 

Le reste 

La fascination pour ce truc fut plutôt bien partagée. Par Kandinsky par exemple (3) qui donna un spectacle d'art "total" en 1928. La peinture, abstraite, est fusionnée avec la musique. 

La mise en orchestre me semble (à moi) démodée, comme si la musique géniale pouvait être captée par une forme musicale triomphale que mon oreille baroque juge absurde. Pardon Ravel (il orchestra les tableaux)...

En 1974, Emerson Lake and Palmer ré-orchestra les tableaux et d'une manière vraiment géniale. Je me souviens très bien de cette époque: le mélange des genres était fabuleux. 

 

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tableaux_d%27une_exposition

(2) on compare les versions https://www.francemusique.fr/musique-classique/quelle-est-la-meilleure-version-des-tableaux-d-une-exposition-de-modeste-moussorgski-31395

(3) https://www.veroniquejourdain.com/fr/mikhail-rudy/projets/moussorgski-kandinsky-tableaux-d-une-exposition/

(4) https://www.youtube.com/watch?v=SZK_fFtwKs0

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