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M.P.

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Merleau-Ponty (quel drôle de nom) serait en fait le seul Français vraiment à la mesure de Husserl. On ne parlera pas de H.... 

Inconscient

Que dis, je de Freud lui même, puisqu'il aurait, c'est ma grande découverte avec (2), une interprétation de l'inconscient de Freud, qui ne serait pas, précisément celle qui me fait dire et penser (et depuis longtemps) que cette chimère n'a aucune existence pour une raison logique liée au sens des mots. Voir un grand esprit se joindre à mes évidences me conforte au delà de tout dans ma forfanterie, et vive Merleau Ponty ! 

En gros le concept même d'inconscient, interprété comme le deus ex machina vicieux et masturbatoire posé sur la commode (je pourrais ajouter "comme c'est pratique, cette théorie"), est contradictoire et inutile. Contradictoire car s'il est conscient, il n'est pas inconscient, et inutile car un deuxième loup dans bergerie, en plus de soi, merci bien. 

« L’essentiel du freudisme n’est pas d’avoir montré qu’il y a sous les apparences une réalité tout autre, mais que l’analyse d’une conduite y trouve toujours plusieurs couches de signification, qu’elles ont toutes leur vérité, que la pluralité des interprétations possibles est l’expression discursive d’une vie mixte, où chaque choix a toujours plusieurs sens sans qu’on puisse dire que l’un d’eux est seul vrai »

Phrase d'une profondeur profonde exprimant de plus une intuition qui m'est chère, et qui traduit une compréhension des humains qui est mienne depuis longtemps et qui me paraissait radicalement opposée à tout le fatras psy. Et bien  M.P. a l'élégance et la classe de la rattacher au maitre escroc sous forme d'une interprétation dissidente. Quel art ! 

En gros: oui, la vérité du dit humain est toujours rien moins qu'ambigüe, et même si le discours rationnel est possible sur les choses, la lucidité sur soi est tout autre... Et oui, on peut dire tout et son contraire, si on le pense, le sujet est tout puissant. Qu'est ce que la vérité (de soi)?  D'où la philosophie comme recherche de ce qu'on peut dire de vraiment vrai, si cela est possible. Enfin, cela c'est moi qui le déduit.  A tort, selon M.P., justement. 

PdlP

Car à part cela Maurice est en fait un anti intellectualiste, c'est à dire un anti philosophe, contre Descarte bien sur et aussi Kant, et tous les dualistes. C'est cela l'essence de la Phénoménologie de la Perception (on a lu (3)). 

En gros, il faut mener une "réflexion radicale" distincte du point de vue Cartésien. Il faut être contre la réduction de l'existence à la pensée, d'une part, et aussi de l'objet au sujet de la connaissance... En bref, savoir, penser et exister ne peuvent plus être distingué et fondés séparément par une conscience "surplombante", le "kosmothéros". Celle ci en effet, perd "la conscience de son commencement", oublie son "pré-personnel" et surtout "la donation primordiale du monde par la perception".

On oublie aussi, la "connivence originaire entre le sujet et le monde", bref, la "co - naissance". Beau jeu de mot, à la française: mais comment bon dieu des gens aussi sérieux peuvent-ils se livrer à de pareilles gamineries? 

"gignosco" le grec, vient du "gno" (connaitre) issu du "jna" sanskrit. Le jeu de mot "co-naitre" , théologique, fut  utilisé par Paul Claudel, et "naitre" c'est "nascero"... Car Maurice est né dans le catho, et son "invisible", que certains voudraient H de rien, pourrait bien être spirite. 

Bien sur comme d'habitude, ce type de considération est en fait une volonté d'accroitre la conscience: ne pas "oublier" c'est y penser, donc... On a donc une pensée dédoublée,  à cheval entre deux mondes... 

Par ailleurs, les références explicites à l'Art, "le peintre pense en peinture", en font un penseur de l'autre chose et des multiples niveaux de réalité. Un penseur moderne, quoi. 

Humanisme et Terreur

Car il y a "les temps modernes" fondés avec Sartre en 45 (ils rompirent en 53). Et donc les joyeusetés staliniennes de l'après guerre. Dans la noirceur des tickets de rationnements qui survécurent à la victoire, on se gargarisait de communisme... Aron co-fondateur en partit. 

Nous sommes en 47, et on commente en intellectuel le "zéro et l'infini" de Koestler.  Ah! Cet exemplaire de la bibliothèque du lycée que j'avais crayonné rageusement en 73: ma découverte de la crapulerie immonde de la saloperie intersidérale communiste... Et bien là, c'est "Humanisme et Terreur" (4), on pense: Boukharine se reconnait coupable et se trouve donc "en même temps" coupable et innocent. Le voilà donc le mélange des genres et mon enthousiasme du début de ce texte s'en trouve bien douché, à l'écossaise. 

Pourtant le propos de M.P. n'est pas bien sur de faire son pol pot (...) , mais bien d'évoquer le "tragique de l'histoire", raison pour  laquelle maurice se fait d'ailleurs agonir par les "fascistes". Et là ça part en live comme on dit, avec un humanisme qui se doit de choisir entre les formes de violences. Et on se prête au jeu d'appliquer la réflexion radicale. La conception de la vie soviétique est celle des tableaux de Vazarely à la fois dans un sens et dans l'autre: l'ambiguité... Et voilà pourquoi l'histoire est terreur, parce qu'il faut nous avancer dans l'incertain. 

La polémique Corcuff Peillon

Lamentable discussion (1) entre hommes de gauche, dont l'un, le minable ministre judéo maçonnique de la religion du socialisme, défend M.P. contre un archéo communiste qui veut que M.P. continue à dénoncer le capitalisme 50 après sa mort (pas la mort du capitalisme, en tout cas). M.P. est mort en 61.

Alors? 

On sent dans ce terrible désert moral et intellectuel, l'effondrement de la civilisation française suivie de la destruction du pays. Le pays de l'Action Française (qui ne valait guère mieux) livré aux communistes.

Prof au lycée Carnot pendant toute la guerre, M.P. après une bataille de France décorée, écrit dans des journaux clandestins et libère Paris en armes. 

Il publie son premier texte comme une recension de "l'homme du ressentiment" de Max Scheler. Est fiancé à la Zaza de Simone de Beauvoir, qui meurt d'une encéphalite à 22 ans ("j'avais payé ma liberté de sa mort"). En parlant de Beauvoir, une citation immortelle: « La vérité est une : l’erreur, multiple. Ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme. »

Bref il est de la bande des joyeux philosophes diplômés en 29 avec Aron, Mounier, Nizan et Sartre qui étaient de 1905, lui de 1908, comme Beauvoir. 

Et puis?

 II y a dans le gout pour l'Art, (surtout la peinture, les français n'aiment pas la musique), et la pensée du multiple, une conceptualisation à la Lacan (lacaniènne?) d'ailleurs revendiquée par  icelui, avec le "chiasme" les "entrelacs" et le redoublement du sens avec lui même,  bref, toutes les topologies abstraites des non mathématiciens qui s'imaginent le complexe. Cette recherche pour un objet pensable (pas connaissable, on ne fait que du descriptif, ici) qui hanterait ce qui ne peut être vu ni connu est bien sur celle de l'objet G, et le monsieur, tout en se situant dans le moderne voire dans la science fiction, reste un bien daté précurseur. Il n'en demeure pas moins que pour l'inconscient, il n'a pas tout à fait tort... En fait, et pour ne jamais conclure, il s'agit d'un penseur, sans doute vraiment autonome (un vrai philosophe, donc). Et puis le concept de "charnel", le mélange de l'âme et du corps, c'est bien vu aussi.

 

(1) La réponse de Peillon à Corcuff: http://www.preavis.org/breche-numerique/IMG/pdf/reponse-peillonvscorcuff.pdf

(2) Cairn, l'inconscient de Ponty: https://www.cairn.info/revue-philosophique-2008-4-page-443.htm#re4no4

(3) Lecture de PdlP : https://journals.openedition.org/philonsorbonne/144

(4) Humanisme et Terreur: https://philolarge.hypotheses.org/1795

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