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Les constitutions musulmanes

La constitution de Médine est préchée à Gonesse (1)  à l'époque de l'attentat d'un de ses fidèles à la préfecture de Paris. 4 policiers poignardés dans l'île de la cité, tout de même.

Pour commencer, on notera le caractère non haineux du prêche: nul appel à la haine raciale ou à la violence dans l'exposé, qui se conclue par des exhortations à "être musulman par la douceur" et à considérer négativement le port des vêtements (on n'aborde pas la question du voile) différents de ceux du contexte dans lequel on vit. 

On se contentera donc de noter et de préciser ce qui, sous la forme d'une prêche "progressiste", se trouve en fait assimilable (mais on a l'esprit tordu) à un foutage de gueule torride et sucré dont les fondamentaux restent par ailleurs bien connus. 

La constitution de Médine

Ce pacte entre tribus fut ce qui, violé, justifia l'extermination d'une tribu juive. Ce qui permet à un imam de considérer l'islam à la hauteur des républiques occidentales qui l'accueillent, selon certains, à tort, n'est donc pas du tout une constitution et les garanties de l'exercice du culte sous la domination implacable du  "messager" ne sont rien moins que contraintes, dire le contraire, et le culotté progressiste n'hésite pas à le faire, n'est en fait qu'une insupportable provocation. Foutage de gueule ? Plutôt une admirable transcription en un français juste un peu accentué de mensonges éhontés traduisant le plus patent cynisme. 

Rapportant la saillie d'un autre imam frèriste (ses dénégations chez Bourdin n'y changent rien, on est bien chez les musulmans de France, dirigés par un frère bien connu), le très acidulé Bajrafil, et qui voyait les régimes occidentaux plus respectueux des musulmans que bien des pays arabes, l'homme signe son appartenance: il se plaint, c'est clair des ignobles persécutions contre les frères menées il est vrai par bien des régimes musulmans dont l'Egypte et les émirats, qui les considèrent terroristes. 

Rien n'est plus faux bien sur, et tout cela est injuste, tout comme le lien avec les frères entretenus par les "musulmans de France", pardon de paraître faire l'amalgame, je voudrais le re-préciser, l'ancien UOIF s'est renommé de manière prédatrice, et bien sur absolument cynique. Cela signe l'inacceptable et pourtant acceptée confiscation du terme de "musulman français" par une organisation fasciste porteuse d'initiations secrètes, de signes de la main le pouce plié (le fameux "rabia", explicitement utilisé par le président Turc, par ailleurs en ce moment à l'offensive), et d'investissement systématique de toute la représentation publique de la foi musulmane. 

Pour tout dire, ce qu'on appelle l'islam Français en général ne s'oppose pas à cette prédation linguistique: alors ? On n'est pas français, donc on s'en moque, ou ces gens ne sont pas musulmans ? 

 

Le discours

Bien sur la dénonciation de l'Etat Islamique, dont par ailleurs on assume la nécessité mais dans un autre sens, ceux qui comprennent ce qu'il veut dire ont compris, est véhémente: des "voyous" qui n'ont pas fait un Etat (bien qu'ils s'en prévalent et qu'ils l'aient organisé comme tel). L'Etat islamique n'en est pas un, et le vrai reste souhaitable. On sent une gêne là dedans, comme si les assassins n'étaient pas musulmans et que l'islam, le vrai ne pouvait pas être "ça". La dissonance cognitive, source de tous les dénis est bien sur à l'oeuvre ici: et le fond de l'affaire est bien là. L'imam progressiste, tout à sa manoeuvre, dévoile tous ses avis, toutes ses vraies convictions, toues ses méthodes et elles font horreur... 

On a donc à la fois affirmation d'une innocence historique de l'islam, et un déni de sa violence originaire, même pour l'excuser: il est entièrement juste et sensé et historiquement immune de ce que toute l'histoire connait: massacre, guerre de conquête impitoyable. Il n'y a même pas une recherche de compréhension de la chose, de mise en perspective historique, pouvant assumer la genèse d'une religion et d'une spiritualité à partir de cela; non. Pour "passer" au yeux de on se demande qui, on assène sans hésiter la parfaite actualité de la législation en question. On la prend en exemple, mieux on en fait un sujet de prêche. 

Car le but de la chose est d'illustrer une nécessité du bon comportement, en regard de la législation qui le fonde et qui s'identifie à lui. Car l'islam est "une religion organisée". Jamais un prêche qui se veut "progressiste" et donc "modernisant" n'a pu à mes yeux mettre en lumière aussi crument le caractère totalement "alien" de ce religieux là, entièrement contenu dans les édits législatifs d'une bande de pillards du désert de la fin de l'antiquité. Il identifie bien, c'est d'ailleurs ce que tout le monde se tue à dire, gouvernement des hommes et religion sous une même loi et une même nécessaire direction, tout en se prétendant "intégrable" dans un monde dont la définition même est basée sur la négation de ce point de vue, là même. 

Pour cela, il lui faut mentir et se dire respectueux des autres religions, au point d'identifier l'islam à ce respect là, manière inversée d'imposer le respect envers lui même, méthode de domination typique des caïds menaçants. En même temps, il semble qu'on veut passer un message à destination des extrémistes. Comme si le pauvre imam, seul pacifiste de l'assemblée, s'évertuais à calmer et à tranquilliser des personnes menaçantes égarées on se demande comment dans l'assistance. Il fait donc oeuvre de paix.

Ce type de positionnement réthorique est assez typique de la déradicalisation menée par les frères et dont Tarek Obrou, le fameux imam de Bordeaux, qui avait pratiquement converti Alain Juppé (qu'une infâme propagande prénomma Ali), se prévalait: un discours délicatement agressif s'évertuant à calmer un public présenté comme encore plus agressif. Tariq Ramadan utilisait aussi cette forme de double négation. 

Et puis, bien sur la référence au Coran, qu'il suffit de lire pour se persuader de sa sagesse et aussi qu'il ne faut pas citer hors d'une mise en contexte exclusivement réservée au savants. Toute l'ambiguité du moyen âge là devant vous. 

Nulle contraintes en religion

On passera alors sur bien plus intellectuel et bien plus intéressant. Sur le "nulle contrainte en religion" subtilement analysé en (2) au point d'affirmer:

"le Coran est sans nul doute le seul texte fondateur d’une religion mentionnant explicitement le principe de liberté religieuse."

Ce foutage de gueule là, tout aussi ahurissant, a pour mérite d'y mêler le Coran dont on se permettra de dire qu'il met en avant littéralement, non pas la sauvagerie barbare de la bande de pillards qui fonda la religion en question, mais l'implacable cruauté tout aussi barbare (on pourrait dire barbare en regard) du Dieu même dont on parle sans cesse ici. 

En gros: 

- le "nulle contrainte en religion" verset 2/256 est immédiatement suivi de 2/257 qui promet le feu éternel aux tenants des démons. Voilà donc une définition simultanée de la religion et de ses contraintes qu'elle est bonne et claire. 

Mais il y a mieux ! Car le verset anarchiste troublant, aurait été "abrogé" par le verset dit "du sabre", le plus hallucinant appel au meurtre convertisseur qu'une religion ait pu édicter: 9.5. Tuez etc... 

Cette histoire d'abrogation est intéressante: on aurait même dit qu'en fait 2/256 abrogeait le sabre, au prix d'une validation de l'idée même d'abrogation, problématique tout de même. 

En effet, une partie du Coran aurait été abrogée par le sabre: 

2:83 | 2:139 | 2:191 | 2:192 | 2:217 | 3:20 | 4:63 | 4:80 | 4:81 | 4:84 | 4:90 | 4:91 | 4:140 | 5:2 | 5:99 | 6:66 | 6:68 | 6:91 | 6:104 | 6:106 | 6:107 | 6:108 | 6:112 | 6:137 | 6:159 | 7:183 | 7:199 | 8:61 | 8:72 | 8:73 | 9:2 | 9:7 | 10:41 | 10:99 | 10:108 | 11:12 | 11:121 | 11:122 | 13:40 | 15:3 | 15:85 | 15:88 | 15:89 | 15:94 | 16:82 | 16:125 | 16:127 | 17:54 | 19:39 | 19:75 | 19:84 | 20:130 | 20:135 | 22:68 | 23:54 | 24:54 | 25:63 | 27:92 | 28:55 | 29:50 | 30:60 | 31:23 | 32:30 | 33:48 | 34:25 | 35:23 | 36:76 | 37:174 | 37:175 | 37:178 | 37:179 | 38:70 | 38:88 | 39:3 | 39:14 | 39:15 | 39:36 | 39:39 | 39:40 | 39:41 | 39:46 | 40:12 | 40:55 | 40:77 | 41:34 | 42:6 | 42:15 | 42:48 | 43:83 | 43:89 | 44:59 | 45:14 | 46:35 | 47:4 | 50:39 | 50:45 | 52:31 | 52:45 | 52:48 | 53:29 | 54:6 | 60:11 | 68:44 | 68:48 | 70:5 | 70:42 | 73:11 | 74:11 | 76:8 | 76:24 | 76:29 | 86:17 | 88:21 | 88:22 | 88:23 | 95:8

Rien que ça d'après (4) 

Revenons à la contrainte, telle qu'expliquée par (2) qui n'hésite pas analyser aussi le fameux verset suivant, en tentant d'en relever les contradictions littérales, tout en admettant au passage l'évidente invraisemblance que l'islam puisse accepter d'autre religions que lui, ce dont on se doutait... L'astuce mise en avant, particulièrement retorse, consiste à dire qu'il n'y a pas de "contrainte" (au sens mécanique) au sujet non pas de la religion, mais de la "foi"; ce qui laisse libre d'être un mécréant, donc d'être susceptible d'encourir le feu de l'enfer. Il n'y a pas de liberté sans responsabilité. 

On a là un foutage de gueule de deuxième niveau, qui se permet de différencier foi et religiosité avec talent, tout en rappelant les fondamentaux historiques (la volonté de domination musulmane fut gênée par le verset, au point de vouloir l'abroger) et les fondamentaux spirituels: l'islam reste implacable avec les mécréants mis au courant de la révélation, ce qui était bien ce qu'on voulait dire. 

Et pourtant

Il y a pourtant dans la personnalité de l'imam une bonne volonté absolue, qui est celle du converti persuadé de voir l'indicible et dont le devoir est de transmettre bien plus que des paroles, une certitude surnaturelle qui n'a pas d'équivalents. Au point que les pires mensonges et les pires dénis peuvent être exprimés "pour la bonne cause". Le problème de cette naïveté étant qu'elle fait le lit de toutes les manipulations de toutes les autorités intéressées. 

Instrumentalisés par de sombres philosophes italiens, les curés de la fin du siècle qui se roulèrent dans la foi suprêmement autoritaire de la fin du XIX ème siècle, avant de présider impuissants à la montée de la gauche et à l'effondrement actuel, dont on se demande d'où il vient, ces pauvres curés avaient bien du mérite pourtant et bien des convictions. Mais pas tous, et ils avaient en face leur égaux, et leurs frères: une société a évolué. 

Que dire à cet imam qui ne m'est rien et dont les références sectaires sont celles d'un tiers monde que mes ancêtres on combattus, puis soumis, et dont toute ma culture ne peut que mépriser et les références et la foi naïve que je considère comme sortie de l'histoire ? Bien sur, il me faut pour connaitre mon époque réaliser en assistant à ses prêches l'incroyable distance qu'il peut y avoir entre les hommes, et qu'à dix kilomètres près, le plus obscur moyen âge a pignon sur rue. Plus que jamais côtoyer en direct ces personnes et leur discours ne peut que fragmenter la société. Il faudrait interdire youtube et l'internet. Ou pas. Qui s'informe comprends. 

Pour finir

On se finira alors par une expression de dégout absolu de tout cela. Défense et défense de deuxième rang, interprétation alambiquée, mensongère ou idéaliste, interprétation littérale finalement encore plus cruelle: tout ici tourne autour de l'agrément que l'on doit obtenir d'une idole moyen orientale à la bouche puante, acharnée à réclamer l'obéissance absolue. Qu'une civilisation entière ait pu tomber dans le fantasme schizophrène d'acquérir la toute puissance mystique par la soumission mystique absolue, en fait celle de ces esclaves devenus maitres, celle de ces eunuques devenus vizir, de ces orphelins captifs devenus guerriers est terrifiant.

Nos ennemis historiques sont dominés et martyrisés par une plaie bigote infâme à dénoncer et à détester absolument.

Et pourtant

Le fouteur de gueule critiqué plus haut (2) est pourtant porteur d'une compréhension du sens littéral du Coran qui nous avait réjoui. Elle est en fait profonde et élaborée et la thèse sur laquelle s'appuie la chose (5) introduit à l'herméneutique moderne, porteuse de l'infinité des interprétations tant destructrice pour notre modernité. Le lascar et son sens littéral directement issu de Dieu n'est il pas un ambitieux intellectuel, et l'objet G directement bavard, protégé par le littéral strict des interprétations islamistes et de tout cet "islam" que nous détestons tant ? 

Bel idéal et coup magnifique en principe, mais soumis sans doute à bien des difficultés (6). 

On dira donc que c'est l'hanbalisme (ce qui ferma l'interprétation) qui bien au contraire, expliqua qu'il n'y a QUE l'interprétation  qui soit possible, le "littéralisme" enfermant le texte dans le carcan des autorités savantes au nom d'une meilleure fidélité. Le "littéral" du monsieur est donc le vrai et il se permet de séparer le Coran de l'islam. Très fort. 

Mais il y a mieux, et l'homme (l'A. comme on dit) a d'autres choses à dire. D'abord que le Coran serait indépendant de l'islam et introduit à une réflexion sur la foi originale. Il suggérerait que l'homme dispose d'une foi naturelle, ontologique, qui lui permet de ne pas (notez la négation) ignorer Dieu, et donc (cela serait le sens du "nulle contrainte en religion") d'avoir la liberté de développer une foi personnelle, celle en l'unicité de Dieu, caractère essentiel de la foi -non religieuse-. Cette idée de la séparation foi/religion, évidemment moderne est la thèse du monsieur.

On en vient alors à d'autres versets progressistes du Coran, dont le fameux 5.48, "Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait une seule communauté de croyants etc". La pluralité des religions est dans le Coran, noir sur blanc. 

Pourtant, suivant ma méthode de l'exploration de la contiguité, je remarque que dans 5.49, on parle bien de ce qui arrive à ceux qui refusent le jugement révélé (le feu éternel). Libéral mais ferme, le créateur de l'univers, du moment que cela ne s'applique qu'au spirituel, on peut le comprendre. Car c'est cela l'argument: la description de l'enfer des catholiques (une souffrance liée à la privation, et non pas un châtiment corporel sadique infligé avec cruauté et barbarie) a sans doute bien des parentés avec celle ci, sauf que là on a bien de manière littérale une évocation de la chose, et par Dieu lui même: faut il le mettre en doute pour croire? 

On arrive alors à la communauté de la foi, au delà du religieux proprement dit et on introduit la notion de "voie" (shira) à ne pas confondre avec la loi (sharia). On élabore une notion de salut non exclusif et dans une veine soufi, on établi le Coran au delà des différents monothéismes et en deçà de la religion islam, une simple interprétation possible. Au passage, on considère (furtivement) le soufisme comme l'une d'entre elles.  

Belle synthèse qui fait fi de l'histoire, passée et présente, et qui oublie hélas le caractère non monothéiste d'une des religions du livre, en l'occurence le christianisme qui rompt clairement avec l'unité transcendante du Dieu du Coran en affirmant la divinité qui plus est éternelle d'un homme. Point de synchrétisme avec cet autre Dieu, car il en est un autre, jamais cela ne fut plus clair. On se distinguera d'autre part d'une troisième larron, lui aussi assez différent, car intermédiaire et revendiqué de fait par les deux et aussi attaché surtout à un peuple, et  qui n'est pas celui du messager d'où bien des problèmes. Bref, le coran nous parle d'un lieu unique, lui aussi, hélas il me semble. 

D'autre part, même si ce n'est pas la révérence à l'islam comme religion qui entraine les effroyables châtiments mentionnés par le merveilleux Coran, mais simplement le rejet de la foi originelle, cela ne change en fait strictement rien à l'effroyable cruauté du dieu jaloux dont le Coran est l'expression. Littérale ou interprétée, la barbarie de la menace ne tient pas la rampe face à la gentillesse du dieu chrétien acharné à sauver tous les hommes. Celui ci a même dans sa version calviniste le bon gout de ne pas du tout s'intéresser aux mérites au point de rester une conception qu'on le veuille ou non très supérieure à celle du jaloux miséricordieux, essentiellement acharné à jouer le rôle du diable avec son feu brulant dont il ne se lasse pas d'évoquer les douleurs qu'il cause si on a le culot de lui désobéir. 

Provocateur en chambre et blasphémateur mystique, je me dois de dire les yeux dans les yeux à l'idole musulmane que je la conchie à la hauteur de la connaissance que j'ai d'elle, ce qui me promet un sort malheureux, mais qu'elle vienne me chercher elle même. Je prie tous les objets G du monde pour qu'elle soit oubliée des hommes à qui elle ne sert de rien. En attendant, on l'étudiera pour ce qu'elle est: inutile, cruelle et grandiose. 

 

 

(1) Prêche de l'imam de Gonesse https://www.youtube.com/watch?v=5ywfiPtnTiE

(2) https://www.alajami.fr/index.php/2018/12/13/nulle-contrainte-en-religion/#_ednref12

(3) Le coran http://islam.faq.free.fr/livres/coran/index.htm#toc

(4) le sabre https://www.thisissparta.eu/2017/11/22/apres-que-les-mois-sacres-expirent-tuez-les/

(5) La thèse de Moreno https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01556492/document

(6) Litteral et litteralisme http://www.alajami.fr/index.php/2018/01/21/sens-litteral-et-litteralisme/

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