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  • Bach et les impôts

    La vogue de la musique de Bach est incontestable et justifiée, au combien. Pour ce qui concerne les cantates, plusieurs intégrales des 200 merveilleuses pièces furent enregistrées depuis 30 ans. Toutes merveilleuses, subtilement différentes, avec ou sans voix d'enfants, rapides ou lentes, Harnoncourt, Koopman, Suzuki, Gardiner, il faut toutes les avoir. 

    La plus récente d'entre elles, toujours en cours, est celle de la fondation Bach-Stiftung St. Gallen. Elle se donne le temps depuis 2006 pour tout jouer à raison d'une cantate par mois. Ultra moderne,  l'intégrale annonce sur Facebook et Twitter ses concerts joués tous les mois à Saint Gallen (ou Saint Gall), une ville du nord de la Suisse avec des moyens de prise de son et de vidéo tout à fait conséquents. Les CD et DVD édités sont disponibles et une plateforme de streaming offre les cantates en vidéo avec un très bon marché abonnement de un jour à un euro.

    Les interprétations et les videos des concerts sont vraiment extraordinaires. Invitant régulièrement des stars incontestées (Nuria Real, Klaus Mertens, John Holloway) mais surtout avec les mêmes violons (Renate Steinmann), le même violone (Iris Finkbeiner) et les autres que l'on reconnait, fidèles de dimanche en dimanche.

    Tous calmes attentifs, modestes concentrés, porteurs on dirait sans s'en rendre compte des incroyables et jouissives constructions baroques du vieux boche, comment peut il mettre une ambiance pareille avec une musique pareille ? En d'autres termes, comment arrivons nous à ne pas danser,  hurler et pleurer en entendant de telles choses ? Sans doute qu'il faut pour exprimer tout cela, d'abord l'intérioriser avec le calme nécessaire à la virtuosité ou à l'attention requise...

    La messe en Si fut joué ce mois de Mai là à Saint Gallen. Ca a du être gratiné, on verra la vidéo. 

    Bach-Stiftung fut fondé par son chef Rudolf Luz et aussi par un généreux mécène nommé Konrad Hummler. 

    https://www.bachstiftung.com/executive/konrad-hummler.html

    Banquier suisse, Konrad Hummler défraya la chronique à partir de mai 2008, quand il affirma dans un interview que les banques suisses n'avaient pas à vérifier la conformité avec leur fisc des avoirs étrangers présentés. 

    http://www.hebdo.ch/les-blogs/jost-ren%C3%A9-suisse-union-europ%C3%A9enne/le-banquier-hummler-labps-et-la-nzz

    Le scandale fut suffisant pour finalement causer la disparition en 2013 de la banque suisse Wegelin, fondée à Saint Gallen en 1741, (du vivant de Bach). Condamnée à des amendes énormes par la justice US qui lui reprochait d'aider des citoyens américains à frauder le fisc. 

    Considéré comme sulfureux, il signa tout de même des chroniques dont la prodigieuse: 

    http://www.bilan.ch/konrad-hummler/blockchain-une-menace-institutions-traditionnelles

    Re-expression non coupable de la possibilité par la confiance et le secret absolu de l'absence d'intermédiaires de vivre libre à l'écart de la spoliation par les impôts des états. Et cela grâce à une technologie d'avant garde, par ailleurs support de nouvelles monnaies et donc en accord avec les recommandations de Friedrich Von Hayek concernant les monnaies privées.

    L'analogie de la blockchain avec la bible luthérienne transmise de mains en mains à chaque mariage et portant les noms de chaque donateur est particulièrement édifiante et jouissive, du baroque à l'état pur... 

    L'immense mérite de cette histoire est la mise en relation de toutes les techniques, de toutes les époques , de toutes les politiques, de tous les continents avec toutes les cantates de Bach. 

     

  • Les post coloniaux

    L'après colonialisme est un état du monde, qui a l'immense avantage sur le colonialisme de n'avoir ni fins ni terminaisons et donc de justifier les statuts à vie de pacifiques fonctionnaires en lutte. 

    Il faut en fait parler de "post colonialisme".

    D'abord rattaché à Franz Fanon qui fut associé à la lutte pour l'indépendance algérienne (il se déclara algérien mais mourut en 61), mais pas à la martiniquaise, ce courant de pensée s'attache à décrire la persistance des représentations coloniales dans un monde ou le colonialisme au sens strict a disparu. Les noms d'Albert Memmi et bien sur d'Edward Saïd, y sont attachés. 

    D'abord il faut remarquer que Fanon et Memmi vécurent durant la période coloniale de l'Algérie et de la Tunisie et exprimèrent mieux que personne un problème dont on pourrait croire qu'il aurait été résolu par l'indépendance de ces pays.

    Edward Saïd vécut surtout aux Etats-Unis, et son célèbre livre "l'Orientalisme" paru en 1978 reste considéré comme la véritable origine du post colonialisme, car exclusivement consacré aux représentations faite de l'orient par l'occident. 

    Tout d'abord, on doit faire état des polémiques US sur la rigueur historique et intellectuelle du livre (en particulier avec Bernard Lewis), résumées sur wikipédia en disant que sa critique des caricatures occidentales de l'orient était elle même caricaturale.  Ensuite, il faut dire que Saïd, éminent défenseur de la cause palestinienne, reconnut le droit sioniste à un état juif, et qu'il fonda avec Daniel Barenboim l'orchestre divan occidental-oriental. 

    Le reste de l'histoire est maintenant entre les mains du présent, et une nouvelle discipline universitaire, que dis je une nouvelle science se déploie sous nos yeux, instrumentalisée et au combien par les fragiles nouvelles identités d'une mondialisation en crise. 

     

    Venons en directement à l'affaire du jour: la non mixité (raciale) d'un colloque organisé à Paris dans l'enceinte d'une université. Le fameux "paroles non blanches", à ne pas confondre avec "le camp d'été décolonial".

     Un(des) scandales dont se défendent ses organisateurs en révélant (dénonçant) qu'il y a d'autres non mixités qui plus est subventionnées par la mairie de Paris, dont  la maison des femmes de Montreuil et le festival international du Film Lesbien et Féministe, exclusivement réservé aux femmes. Au passage, un appel au "droit à la non mixité" est publié par des féministes, principalement, Eric Fassin en étant signataire, on ne se refait pas.

    Au passage définissons le terme de "racisation", renvoi de personnes à leur appartenance raciale. Les racisés sont ceux qui ont subi la racisation. L'utilisation du mot affirme bien le refus du "déni de la race", considéré comme remplaçant le discours raciste, le "blanc" s'opposant à "racisé".

    C'est alors que se déploie la belle théorie généreuse (et convaincante) de l'asymétrie raciste: le racisme des blancs est domination et fait système; son inversion n'est qu'anecdotique, c'est du racisme "édenté" (Albert Memmi) qui ne fait pas système, lui. D'autre part, la classe ne supprime pas la race: l'affaire Benzema le montre, le millionnaire est racisé aussi.

    Au sujet du mot "blanc", il faut bien comprendre qu'il n'a rien à voir avec la couleur de peau, les roux étant bien sur concernés, mais pas les arabes et les berbères considérés eux comme racisés. Malgré les deux milles années que ceux ci passèrent à d'impitoyables razzias esclavagistes qui détruisirent tous les royaumes noirs d'Afrique, malgré la persistance contemporaine de ces pratiques et l'inconcevable racisme qu'éprouve tout ce qui se rattache à l'arabité envers le reste du monde, on ne discute pas: blanc c'est blanc et la racisation n'est qu'univoque. 

    En lien avec les fameux "indigènes de la république", nos associations sont bien en pointe aussi contre l'islamophobie, mais pas que. Car il y a la délicate question des peuples noirs, bien sur à l'oeuvre et de manière souterraine: cette division entre eux des peuples racisés est bien sur  une arme "blanche" et on s'y oppose, comme on a vu, complètement.

    Au passage on remarquera que cette petite polémique se produit à la fin du phénomène "nuit debout", qui fut, il faut bien le reconnaitre parfaitement blanc, l'expression "nuit blanche debout" n'ayant pas été employée, mais c'est tout comme.  

    Plutôt que de dénoncer la main mise des frères musulmans sur toute ces affaires, les pauvres,  sont ils vraiment responsable de tout avec ce qui agite l'AKP en ce moment? il nous faut considérer que toutes ces conceptions ont bien pour objet de parler des identités personnelles dans un monde à la fois unitaire, tout le monde vit au même endroit, en l'occurrence en Europe, et segmenté à priori par l'évidente disparité entre les histoires des peuples auxquels il faut bien se rendre compte qu'on appartient.  

    Cette question de l'histoire est centrale, et bien qu'en apparence il n'y ait rien à voir entre nos petites simagrées parisiennes est les thèses de Saïd, il y a bien en commun de l'histoire, celle qu'on peut se raconter, ou pas. 

    C'est là qu'arrive la question de la Nation, et de son maintien, menacé, dans le paysage. Car après tout, le post colonial, après les indépendances, supposerait il que les nations ont disparu et que la mondialisation doive à nouveau se déverser de part et d'autre de la méditerranée ? Franz Fanon se retournerait dans sa tombe et on referait l'empire romain, c'est la thèse de Houellebecq: ah ! Caligula ! 

    Ou bien qu'il existe plusieurs sortes de racisés, les migrants rançonnés au Maroc ne devant être indemnisés qu'après la réussite de leur passage à travers les barbelés européens seuls responsables de leurs malheurs mais aussi épreuve initiatique qui les entraine pour leur futurs Kholantha ?

    Sus aux sans papiers donc, seuls les africains ayant déjà fait souche ayant droit aux subventions de la mairie de Paris, les autres dehors: un somalien reste un national somalien, il lui faut l'assumer, comme marque de sa croissance démographique et de la fierté qu'il revendique. 

    Il nous faudrait parler aussi de la racisation en cours au maroc et en algérie, en première ligne dans l'"accueil" des population migrantes qui traversent le grand désert, et dont la couleur de peau se distingue de la leur, pardon de le rappeler. Inutile de dire que les traitements que les différents niveaux de tiers monde se réservent les uns aux autres n'ont évidemment rien à voir avec ceux dont sont injustement victimes les membres de nos associations parisiennes. 

    La théorie de l'asymétrie racisationaliste pourrait alors alors jouer, mais entre les nations et en plusieurs couches. Simplement, on se trouve alors dans des situations plus dangereuses, ou plus violentes. Il faut faire attention à ce que la communautarisation rendue incompatible avec un libéralisme maintenant nécessaire et qui va subventionner de moins en moins, ne soit plus qu'à l'origine de camps de réfugiés, par définition réductibles, dans toutes les régions du monde où ils se constituent.  Les représentants anciennement installés de ces peuples, si ils rompaient avec leur nation, pourraient alors leur être associés.  

    Quelle envolée messieurs dames ! Nos porteurs de couleurs racisées sont pourtant eux mêmes dans des fantasmes tout aussi sinistres, tout aussi tentants, et tout aussi sombres... 

     

  • Les conseils de l'Europe

    Le pluriel est de mise, je l'ignorais, et doit me le rappeler sans cesse, mais les institutions européennes sont multiples et on s'y perd un peu. En résumé on se repasse le film. 

    D'abord il y a l'Union Européenne ou disons l'Union, formée de 28 états membres, dont pourrait ne plus faire partie la Grande Bretagne dans un avenir proche, mais cela n'est pas sur.

    Rappelons que ces états sont: 

    6 : France, Allemagne,Italie,  Pays Bas,Luxembourg, Belgique 

    1: Grande Bretagne, Irlande

    2: Espagne, Portugal

    3: Suède, Danemark, Finlande

    1: Autriche 

    4: République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne

    4: Slovénie, Croatie, Roumanie, Bulgarie

    3: Estonie, Lettonie, Lituanie (du nord au sud) 

    3: Grèce Malte Chypre

     

    A Le Conseil de l'Europe.

    Commençons tout de suite par éliminer le conseil de l'Europe, qui n'a rien à voir avec l'Union, et fut fondée par un traité à Londres, est présidée par (qui l'eu cru?) Thorbjørn Jagland.  Il contrôle la fameuse CEDH (Cours Européenne des Droits de l'Homme ), et donc veut imposer la GPA, plus les langues régionales et aussi la religion musulmane, rendue obligatoire par la présence de la Turquie. 

    Il rassemble 47 pays (28 + 19) dont les pays de l'Union complétés par: 

    4 Liechtenstein, Monaco, Andorre, Saint Marin

    6 Russie, Moldavie, Georgie, Arménie, Azerbaïdjan,Ukraine

    5 Serbie, Albanie, ARYM (Macédoine), Bosnie Herzégovine, Monténégro, 

    2 Islande, Norvège, Suisse 

    1 Turquie

     

    B Les conseils de l'Union. 

    Passons ensuite au "Conseil de l'UE", au "Conseil Européen", et à la "Commission Européenne". 

    Ce sont 3 institutions dont on confond les rôles. 

    Laissons de côté la Commission, exécutif structurellement fédéraliste de l'Union, et présidé par un alcoolique luxembourgeois suspecté dans l'affaire luxleaks.

    On va donc est là c'est le scoop, (qui sait ça?) distinguer avec précision: 

     

    1) Le Conseil de l'Union Européenne, dit aussi "conseil des ministres" ou "le Conseil", et présidé à tour de rôle tous les six mois par un état de l'Union, est formé de conseils par compétences ministérielles dans dix (10) domaines d'action; par exemple ECOFIN réunit les ministres des économies et des finances. 

    A égalité avec le Parlement Européen par une procédure de codécision (il ne peut y avoir de désaccord entre les deux institutions pour adopter un texte), il exerce le pouvoir législatif. 

    Il vote à la majorité qualifiée définie par 55% des voix, d'au moins 15 états membres, et 65% de la population de l'Union. Une minorité de blocage est possible avec 4 membres. 

    Il adopte le budget de l'Union. 

    2) Le "Conseil Européen". Institué par l'Acte unique européen de 1986 (l'acte qui précéda Maastricht), et complété par  le traité Lisbonne en 2009. Il réunit les chefs d'état européens 4 fois par an pour des "sommets européens".

    Il est présidé par Donald Tusk, un polonais prénommé donald. Il intervient en matière de diplomatie et dispose d'un représentant aux affaires étrangères qui gère la PESC (Politique Etrangère et de Sécurité Commune).

    Le point important est qu'IL NEST PAS législateur. Il faut aussi noter que les présidents du conseil européen et de la commission européenne, membres du conseil européen, n'y ont pas le droit de vote !

    Disons qu'il s'agit d'une institution exécutive, représentant des souverainetés des états membres.   

    Les deux conseils sont situés au même endroit, et emploient, parait il, les mêmes fonctionnaires européens non imposés. En résumé, le "conseil" c'est les ministres, le "conseil européen" c'est les présidents.  Rien à voir. 

     

     C La Commission Européenne. 

    Elle veille à l'application des traités, exécute le budget et surtout prépare les lois à soumettre au législateur, c'est à dire au tandem formé par Conseil de l'Union et le Parlement Européen. Elle a le monopole de l'initiative législative. 

    Elle est formée de 28 commissaires nommés pour cinq ans. 

    Le président de la commission est proposé comme candidat par le Conseil Européen (les chefs d'états) statuant à la majorité qualifiée et il est ensuite élu par le parlement européen. Lors de la nomination de Jean Claude Juncker en 2014, il y eut une polémique sur la nécessité, ou non de nommer le chef du parti vainqueur. En fait le Conseil Européen a juste à "tenir compte" de l'élection, mais l'essentiel est que ce n'est pas le parlement qui décide du candidat. 

    Elle représente l'Union à l'extérieur sauf pour la PESC. 

     

    (1) https://www.touteleurope.eu/fonctionnement-de-l-ue/souverainete-nationale-vs-union-europeenne-3-minutes-pour-comprendre/