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Les migrants et Derrida

 

À l'occasion d'une profession de foi chrétienne sans Dieu (1), on se doit de reprendre les positions de Jacques Derrida sur les migrants et la déconstruction. 

Tout d'abord les deux justices conditionnelles et inconditionnelle, seule l'inconditionnalité étant juste, bien évidemment. 

C'est alors qu'une apparente violation du principe de contradiction se produit: l'inconditionnalité de l'accueil détruisant en principe l'ordre social, mais comme celui-ci est déjà injuste, cela ne fait qu'avancer les choses... 

Apparait alors la position qui est d'assumer la conditionnalité, mais en la proclamant injuste. Toute l'astuce serait là: de faire du mal au migrant en assumant l'injustice associée comme violation du seul acceptable,l'inconditionnel. 

La déconstruction pense ainsi le possible et l'impossible de la loi simultanément, ce qui revient à ne pas la penser, ou du moins d'une manière particulière. 

On notera l'élaboration du concept de responsabilité, envers le migrant dans la charge inconditionnelle, envers le social c'est-à-dire sa propre famille, dans la charge du conditionnel: elle pousse en fait à assumer la cruauté de nos actes et donc de l'impossible réduction de ceux-ci à la justice. 

On notera les accessoires de la conditionnalité: la souveraineté, la Nation, bref tout ce qui établit des frontières, des clôtures et des limites au partage total: tout cela est par définition, non éthique et injuste et n'est que manifestation de la violence du monde. 

La seule injonction est de travailler à une justice "à venir", en assumant le fait que nous n'y arriverons jamais. 

Ainsi sous la forme de "ce n'est pas":

- non pas accepter la cruauté, mais la reconnaitre dans nos actes

- non pas que tout se vaut, mais que tout est violence et que nous devons agir contre

- non pas exclure mais assumer l'injustice de l'exclusion

 

On pourrait ainsi y voir une théorie de Tartuffe, et s'en emparer, quoique: ne serait pas ce qu'il faut tout simplement ? 

Viva Derrida ! 

Les citations 

"Nous devons agir dans l’injustice, mais en sachant que cette injustice est une trahison de ce que nous devrions faire. C’est cette trahison même qui nous oblige à agir." 

"La justice est à venir, toujours à venir. Elle est ce qui nous oblige à agir, même si nous savons que nous n’y parviendrons jamais." (Force de loi, p. 27)

 

 

(1) https://www.dieumaintenant.com/verbatim.html

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