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24/04/2016

Ethique et Politique

Au hasard de mes lectures désordonnées, voici un texte de Paul Ricoeur, concernant l'économique, le politique et l'éthique. On y trouve des réflexions à avoir et tous les grands thèmes sont abordés. 

http://www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_1985_num_5_1_1000

D'abord l'économique se rattache, d'après Aristote à la maison et à la coopération nécessaire à sa bonne marche. Généralisé à plus grand que cela par Hegel, on se doit de le considérer aussi aux deux niveaux différents de la société dans son ensemble et des communautés qui la constituent. 

On en vient alors à l'Etat, qui n'est (ne serait) qu'une communauté historique particulière organisant l'économie dans son intérêt. Doté du monopole de la violence, il se doit de justifier par l'éthique à la fois la résolution des conflits et le partage du pouvoir. Il en reste distinct cependant, car collectif et violent. A la fois soustrait à la réflexion individuelle véritable, et détenteur d'une violence fondamentale. 

C'est le propre de Marx que d'avoir inféodé le Politique à l'économique. Cela créa le totalitarisme, par conséquent, la réflexion sur le politique et l'éthique ayant été interdite... 

En conclusion, une allusion fine à cette volonté de transformer l'éthique en force politique qu'est l'insertion du religieux, mais surtout la plus belle introduction à Weber qui soit: le politique casse l'éthique en deux, car il y a deux morales, celle de la conviction (le souhaitable) et celle de la responsabilité (le possible). 

Adressée à des jeunes pacifistes après la 1ère guerre mondiale, l'injonction est conceptuelle: éthique et politique s'intersectent sans se confondre, et c'est tout le problème. 

On pourrait continuer les superpositions: la conviction individuelle qui généralise ses désirs absolus s'oppose au collectif tandis que la responsabilité impose l'usage de la violence pour se défendre contre la vilainie. Ah Weber ! 

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