Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/04/2016

Le professeur et les élèves

Traité de "professeur" à plusieurs reprises, considéré insupportable, honni par les moralistes naïfs, prêtant le flanc à l'accusation de fanatique du fait de ma révolte contre les plus absurdes conneries considérées modérées ici et là, je me dois de m'expliquer. Et de prendre des exemples. 

Le libéralisme, tel que considéré par certains, est une idéologie. Dans le sens qu'il est complet, cohérent et universel. S'appliquant aux monopoles, il se doit de les interdire et de les rejeter: si la concurrence construit de par les interactions libres un monopole de la production et de la vente, et bien il faut le détruire: la concurrence libre est faussée, et le système en péril. ATT delenda est.

Il existe un deuxième cas où l'interventionnisme paradoxal est nécessaire: celui du travail au noir, mais avec  une incertitude, car on ne sait pas si l'universalité nécessite la suppression des frontières, qui empêchent l'universalisation de la loi sociale la plus avantageuse, ou bien l'interdiction de celles ci, l'appel d'air suscitant partout des voyages injustifiés. Mais cela a pour inconvénient d'instaurer le protectionnisme, ce qui est inadmissible.

Nous voyons donc ici les limites de l'idéologie, ou plutôt son aporie, des principes généraux se trouvant très vite, de fait en contradiction avec le bon sens, la réalité et la nature des choses. Mon exemple du libéralisme était bien entendu intentionnel. Des paradoxes similaires et d'ailleurs exactement semblables, pour ne pas dire identiques (le pléonasme peut accompagner la répétition), s'appliquant à cette question de la loi sociale, considérée partout comme le centre de toute réflexion adulte sur le monde, la pauvreté inadmissible se devant d'être immédiatement réduite, toute réticence à la chose (la compensation sans limites par des impôts qu'il faut augmenter d'urgence), pleurée, que dis je, condamnée. C'est comme cela qu'ils s'en sortent, la question du prof étant évacuée par l'éthique, et le paradoxe poursuivi pour racisme, que dis je exclu de la raison. 

Toute adhésion à ces principes se devrait d'être poussée à la réflexion. Et bien la remarque, insupportable, qualifie le messager d'insupportable donneur de leçons. Et bien la plupart des personnes adultes, exprimant en société des avis politiques apparemment réfléchis se trouvent soumis à cette critique sans donner l'impression d'y avoir été préparés. Aiguillonnés gentiment, ils se livrent en masse au soupir, à la pitié et à la pédagogie d'adultes d'âges comparables, qui se mordent intérieurement les génitoires d'avoir à se retenir d'exploser de colère devant tant de conneries. D'ailleurs parfois ils s'y livrent, à la colère. 

Pour continuer dans l'exaspération pour l'autre sujet qui fâche, allons nous promener sur les rivages du racisme et de la détestation de la grande religion de paix, qui consiste à considérer un ennemi global nommé "islam" (pourquoi pas bébert?) et à l'assimiler (le mot lui même, ce qu'il désigne restant inconnu) à tout ce qu'on peut imaginer de négatif, de violent et j'en passe. On pourrait bien sur tenter de caractériser la religion, sa théologie, ses variantes et exprimer à ce sujet, en plus de la détestation des religions en général certaines vérités bien senties sur les aspects plus que religieux (plus politiques, plus superstitieux) de cette religion là. 

On pourrait voir entendre parler de culture, d'histoire et des cul de sac historiques dues aux colonisations variées, la dénonciation de la colonisation mongole pouvant motiver un authentique tiers mondisme, bref, l'histoire et toutes ses variantes, toutes ses richesses s'offre à nous. L'islam fut historique et en hérite ses aspects.

On pourrait parler des actions historiques du temps présent menées par des puissances politiques et militaires en activité. De leurs exactions et de leur complices, de la résistance concrète qu'on pourrait leur apporter, des actions guerrières ou diplomatiques à mener. On pourrait élaborer sur des guerres idéologiques à poursuivre, des propagandes à dénoncer, des interprétations de l'actualité à repousser. On pourrait nommer les organisations adversaires, leurs supports, leurs alliés, leur journaux et leur ennemis. 

Et bien non, pour la gauche, il n'y a que la misère du monde, unique source du mal, le racisme étant mauvais, marque de la domination du méchant blanc, seul coupable de l'invasion de l'Irak par Bush. Défenseur impie d'Israël, comble de la finance internationale militarisée, il est le mal, la seule solution étant, en plus de la lecture de Céline, de plonger dans la spiritualité soufie qui d'un seul coup résout le  problème du matérialisme occidental et permet de s'unifier la grande religion morale du bouddhisme mondialisé qui s'impose à tous. 

De plus, la droite et sa droite aussi, se roule dans son pétainisme confus. Lecteurs de Céline, tolérants envers l'homosexualité que manifestent des cryptos gaullistes adepte du non aux référendums contre l'Europe, haineux d'un simple mot, ils attendent avec impatience le prochain attentat pour flipper davantage au sujet des centaines de mollenbeck que leur révèle un franc maçon du chnord, ministre socialiste en exercice. 

De questions, point, d'intérêt pour quoique ce soit, aucun, de savoir, pas. La connerie, à perte de vue et tous ces points de vues, qui partagent de manière enchevêtrée les divers tics, manies et légendes urbaines des classes moyennes goinfrées de télévision. 

C'est le destin des profs que de composer plus ou moins avec cette ignorance là. Profs ou martiens issus des rivages inconnus de la solitude qu'on éprouve face à l'étrange, à la convenance, l'insincérité ou la bêtise ? 

Les commentaires sont fermés.