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06/01/2015

Sir Tariq

Tariq Ramadan se décode. C'en est même un plaisir. A l'heure où le monde entier bruit du Houellebecque, il convient de demander son avis à l'indigène. C'est fait. 

http://www.lepoint.fr/societe/tariq-ramadan-houellebecq-est-au-roman-ce-que-zemmour-est-a-l-essai-06-01-2015-1894441_23.php

Décodons, donc. 

D'abord il a clairement ici un discours "dominant" qui juge, classifie et démonte ses adversaires. 

Rien à voir avec le discours humble d'un étranger (il n'est pas citoyen Français, mais Suisse) qui plus est minoritaire culturellement. Au contraire, on juge et déconsidère en une seule phrase deux succès de librairie Français récents. Dont acte, le monsieur est ici chez lui. 

D'abord une erreur: les musulmans ne sont pas, justement, dans les zones "péri-urbaines" (en fait "sub-urbaines") qui abritent ceux qui ont précisément fui les "banlieues" pour cette raison. 

Cette conquête, aussi, des zones d'évasion est inquiétante. C'est le but: inquiéter.

Ensuite, le souhait de prendre garde à la  "stigmatisation car on va s'aliéner une partie de la population" est délicieusement ambigu: stigmatiser qui ? les racistes ou les musulmans ? C'est une figure que de désigner simultanément soi et les autres en position désavantageuse, soi pour se faire plaindre, les autres pour les mépriser.

Ainsi donc "la soumission" est un "don de soi". Que l'on puisse, car occidental, ne pas souhaiter donner de soi à quoique ce soit, ne doit pas passer par l'esprit, du moins du sien. Surtout qu'immédiatement après, ce "don" devient une "libération", ce qui , à strictement parler le contraire radical de l'acception généralement admise, et qu'il convient, nous sommes entre intellectuels, de déconstruire. 

Vous remarquerez ainsi la figure dite du "petit pont" qui permet, c'est magique, de passer de la "soumission" à la "libération" en passant par le "don". Une pure merveille, que dis je une escarboucle. Bravo ! 

Nous terminerons par la crux de la démonstration, le fait que "en occident", les "femmes musulmanes" mieux formées que les hommes (de toutes les obédiances) mettent à mal (pincez moi) le modèle patriarcal (de toute obédiance), du fait du manque d'hommes à leur portée intellectuelle. Une telle revendication de la nécessité de la polygamie, à son seul avantage,  mérite un premier prix: mesdames,  voici Sardanapale ! 

Au final on fera remarquer un manque patent d'empathie pour ses hôtes, doublement étrangers, doublement méprisés donc. Cela se voit. 

Ce manque fut similaire à celui remarqué à la télévision (nous sommes le 6 Janvier 2015) quand le brillantissime Ali Badou, ex compagnon de la fille de Mitterand à sa mort, péta les plombs en direct en se déclarant blessé par l'ignoble bouquin du déconnant édenté: son intelligence d'agrégé de philosophie (d'après wikipédia) ne lui permet pas, donc, de percevoir les sentiments communs de ses compatriotes. 

Que dire alors d'un Suisse! Nous sommes donc dans l'incommunicable... 

Pour préciser, au sujet des sentiments communs: l'image publique de tout ce qui rattache à l'Islam, sa religion, ses traditions, ses croyances, ses modes de vies, ses pratiques, son identité, ses traditions, est absolument catastrophique. Un désastre absolu et irrémédiable, et pour longtemps. Ne pas le considérer, le comprendre, l'admettre, le prendre en compte est de l'aveuglement, de l'étrangeté, de la bizarrerie, de l'ignorance, voire de la bêtise.

De la part de représentants éminents d'origine ou de culture musulmane, c'est ne pas pratiquer ni comprendre du tout une vertu toute chrétienne, qui n'est pas la soumission, mais l'humilité.  

Car quelque soit la bonhommie évidente de commerçants ouverts le soir et de tous les braves gens que nous pouvons côtoyer, nous ne pouvons nous empêcher, nous le peuple, malgré notre culture, malgré notre tolérance, malgré notre christianisme résiduel, de soupirer, de gémir, de maugréer, de ronchonner et pour finir de juger sans parler des décisions à venir. 

Plus que jamais, l'incompréhension, le manque d'humour, la distance infranchissable, sépare les hommes. Cela est il du à la bêtise de certains ? A l'habileté d'autres ? 

P.S. Pourquoi "soeur" Tariq ? Parce qu'il n'est pas mon frère ! 

Commentaires

Le jour de l'attentat, se commenter soi même, sur ce sujet !

D'abord Cabu a accompagné toute ma vie, depuis le grand duduche et la fille du proviseur, jusqu'au beauf et tout le reste. Je suis vraiment très triste.

Et puis Charlie Hebdo a toujours représenté la bonhommie vulgaire tout azimuts, qui par son outrance montre qu'il est possible de se lâcher, et donc d'être libre. Et bien cela lui est refusé, et à nous aussi.

Qu'une réaction normale quoique sans doute excessive soit l'abandon total et définitif par ses fidèles d'une religion dont le discrédit devient menaçant me semble compréhensible et excusable.

Et je ne peux admettre que l'on dise ou pense qu'"il ne faut pas mettre de l'huile sur le feu".

Écrit par : François Carmignola | 07/01/2015

"Le Prophète a dit : "Celui qui tue un homme, c'est comme s'il tuait toute l'humanité."" Amedy Coulibaly.

Remarqué par:
http://www.lejdd.fr/Societe/Hayat-Boumeddiene-se-cache-en-Syrie-depuis-jeudi-711606

Écrit par : François Carmignola | 11/01/2015

http://www.lepoint.fr/societe/charlie-hebdo-docteur-tariq-et-mister-ramadan-17-01-2015-1897452_23.php

S'il se fait gronder par sa propre patrie, la Suisse, alors c'est qu'il le mérite sans doute. Laissons les états de droit régler leur problèmes avec leur natifs.

Écrit par : François Carmignola | 17/01/2015

Le 24 janvier, à la télévision Française Tariq Ramadan vient se plaindre, avec véhémence, du faux procès décrit dans le commentaire précédent.
Tout en accusant Charlie Hebdo de "lacheté" et "de faire de l'argent" sur le dos du prophète, ce qui peut être considéré comme une excuse (mais non pas une incitation) à la violence contre eux, il faut noter que Ramadan déconseilla de porter plainte contre le journal en 2012, ce qui l'honore.
Par ailleurs, son dédain du "je suis charlie" et son désir de ne pas s'y associer fut légitime. Il dénonça les meurtres mais ne voulu pas faire semblant d'être d'accord avec ce qu'il critique, ce qui est tout aussi légitime.

Bref, il tira parti de l'incroyable maladresse d'un gouvernement Français en panne de symbolique, obligé de confier sa religion à des communicants malhabiles qui vexèrent en même temps les musulmans et les juifs. Je suis fouaré.

Écrit par : François Carmignola | 24/01/2015

http://www.saphirnews.com/Islam-et-christianisme-s-engager-pour-des-principes-universels-partages_a20442.html

est encore une déclaration ambigüe et agressive de Sir Tariq.
Je me suis permis le commmentaire suivant, hélas non publié encore:

Trois principes donc:
1) dénoncer partout sans exclusive,
2) ne pas marchander
3) en Occident ne pas discuter mais éduquer, car on en a la liberté.

Hélas, une interprétation du texte, au moins, fait que l'on comprend que:
- le religieux tyrannique ne peut être critiqué
- les pratiques des tyrannies ne justifient pas qu'on interdisent les leurs
- la liberté occidentale permet l'enseignement de la tyrannie

Comment lever l'ambiguité ? Est ce en mettant à égalité philosophie, spiritualité et religion?

Écrit par : François Carmignola | 21/02/2015

En lutte contre Juppé qui n'aura pas les voix qu'il contrôle, Tariq Ramadan est bien membre de l'IUMS présidé par Youssef Al Qaradawi
http://www.globalmbwatch.com/2016/02/08/featured-tariq-ramadan-youssef-qaradawi-a-relationship-consummated/

Il est dans toute la bonne compagnie possible, sauf bien sur celle de Jésus (là je me marre).
En gros tous les leaders des frères, y compris ceux de Gaza.

Écrit par : François Carmignola | 27/03/2016

Les commentaires sont fermés.