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22/07/2014

L'humour de Hollande

Le président de la République est un adepte de la "blagounette", forme d'humour qu'il a d'une certaine manière standardisé, avec des aspects particulièrement retors et riches de signification variées, nous mettant aux frontières de l'absurde. Absurde qui devient celui de sa propre personne, ou au moins de sa position de responsable, sa position dans les sondages étant ce qu'elle est. 

Evoquant une baisse d'impôts à venir, il la qualifie par un "c'est du sérieux", allusion à la déclaration d'amour publique de son prédécesseur. Creusons. Alors que sa défaveur est due largement  à un terrible imposition qui frappa d'ailleurs son propre camp, il promet non un remboursement mais une diminution de la charge de l'année d'après, promesse d'ailleurs vague et qui semble t il serait surtout le report d'une augmentation supplémentaire.

Le sérieux de la promesse est d'ailleurs renforcé par la réalité de son contraire exact, la plupart des mesures du gouvernement se réduisant à des suppressions de crédits variées, qui sont l'équivalent exact de hausses d'impôts.

Ce sérieux se manifesta aussi par les annonces régulières ces derniers mois, d'une amélioration sensible de la situation économique, hélas non suivies d'effets. 

Le sérieux en question est bien sur aussi une allusion à sa propre vie sentimentale, faite de changements de cap multiples, faits sous la pression médiatique, après cachotteries puis révélation en costume ! Tout ceci d'ailleurs sur fond de rumeurs, qu'il balaye avec humour, d'un mariage futur. 

Il y ainsi la capacité de communiquer sur son action "sérieusement", en mettant en avant ce qui motive, ce qui suscite l'espérance et conforte la Nation.  Le contraire donc de la blagounette vicieuse, évoquant ainsi avec cynisme toutes les formes de mensonge que le monsieur pratique. 

Quelques exemples similaires: 

Au sujet de Cahuzac, dont la démission déséquilibra la parité homme femme dans le gouvernement il plaisanta par un "ce n'était pas le but" assez tordu sensé justifier sans doute les six mois passés à hésiter quand au sort du ministre (du budget quand même, convaincu de mensonge), hésitation faite de concert avec un membre féminin du gouvernement, tenue informée en détail, malgré ses dires, de l'enquête. Bref une pile complexe de dénégations variées et d'allusions sexuelles subtiles et variées. Là encore, une forme de sérieux dans les actions passées et dans leur commentaires, qui évoque une forme de cynisme. 

Au sujet des plaisanteries graveleuses, il convient aussi de parler du président de Michelin, qui l'aurais "pris, mais avec beaucoup d'égard", et aussi d'une voiture présentée par le prince Albert, nommée "volage" et dont il demande si c'est parce que le prince la conduit. Bref, une forme d'esprit assez stressée je trouve, quasi masochiste et sans contrôle. L'ensemble "sent" un peu, comme disent les américains et on se prend à regretter la franchise brutale d'un Sarkozy, finalement rafraichissante, elle. 

Pour conclure, avec cynisme, il convient de préciser que le cynisme, c'est vivre libre sans se soucier de la poursuite des honneurs; cela ne convient certainement pas au monsieur, qui s'est contenté cyniquement, d'en retenir la pratique la masturbation en public. 

 

Un post scriptum, qui n'a rien à voir mais presque. En réponse au "patron des patrons" qui estime la situation économique "catastrophique", Hollande affirme que celui ci a "un problème de langage". Intéressant, pas drôle, mais intéressant. 

Un autre post scriptum, celui ci extraordinaire, au sujet de ce qu'il faut faire après les assassinats et bien "il faut éviter les amalgames, les caricatures". De l'humour brut.