Les IAs, les AIs.
Il faut bien en parler tout le monde en parle. Apparue en novembre 2023, elle est efficiente depuis novembre 2025, c'est ce que disent tout ceux qui continuant à l'utiliser pour coder on réalisé qu'un saut qualitatif s'était produit à ce moment là, et mettent en place en ce moment même les systèmes dits "agentiques" qui font merveille sur merveille depuis presque un an...
Car l'IA est d'abord comme beaucoup de choses mal conceptualisées, un "processus" c'est-à-dire un train en marche dont on ne sait pas où il va. Tout le monde met du charbon dans la machine et invente tous les jours une application, un principe, une école ou un système. C'est l'explosion technique et cognitive qui accompagne les grands changements sociaux liés à l'introduction d'une nouvelle technique. C'est en cours, et c'est en ce moment. Juger une chose essentiellement en devenir, et qui se transforme tous les jours, c'est se tromper: il faut évaluer le processus, tenter de comprendre ses structures et ce qu'il peut bien devenir. Certainement pas prétendre savoir ce qu'il en est.
Parmi les discours sur la question, on se doit d'élaborer d'abord ce qui se passe dans le domaine du logiciel, espace d'origine de la chose et surtout lieu où s'élabore les techniques, évidemment logicielles, qui sont à l'origine des progrès qualitatifs de cette technique. Les réseaux de neurones de tailles immenses qui sont entrainés sur des volumes de données de taille encore plus immense (tout l'internet public est évidemment concerné, et une bonne part de l'internet privé, encore plus grand, aussi). Ça bidouille, ça hacke, mais surtout ça invente et consolide, ça transforme, ça aligne, bref, ça programme et évidemment ça ment en jeu la version d'avant du système, lui-même capable de produire du code.
La première chose est donc que l'IA est d'abord, matériellement, un ensemble de programmes coordonnés qui dans son processus de fabrication et d'exploitation, est un système sous contrôle, en expérimentation et test perpétuel. Toutes les interactions sont loggées et surveillées et utilisées en permanence pour "tuner" les "modèles" qui se succèdent.
Qu'est ce qu'un "modèle" ? C'est le bloc de code, composé partiellement de réseaux de neurones en chaines mais aussi d'orchestrateurs variés, qui est exécuté dans un cadre quasi standardisé, en fait par des moteurs d'exécution eux même standards, le plus célèbre d'entre eux étant Ollama, un open source donné par Méta.
On a donc une unification de l'extérieur des modèles, l'api "prompt/réponse" et une extrême diversité des intérieurs de modèles, qui peuvent être structurés en multiples sous modèles spécialisés, alimentés en fonction des requêtes identifiées. Cette structuration pallie les errements des réseaux de neurones, géniaux mais foutraques et dont les résultats au final stupéfiants, ne sont pas vraiment expliqués: des effets d'échelles dans les centaines de milliards d'agrégations variées ?
De quoi en tout cas susciter bien des émois et de deux ordres. Les miens sont clairs, et affirmatifs: ce truc est du logiciel et ne pourra absolument jamais dans cet état des choses là, acquérir la moindre autonomie décisionnelle véritable ou conscience de soi informée, bref, ne pourra jamais être humain. Dot barre. D'autres sont plus évasifs et on l'on va, comme d'habitude de la plus extrême superstition à des agnosticismes élégants et vicelards. On "n'en sait rien". Ben voyons.
En gros, la discussion bat son plein. Mais avant de s'y lancer et on peut y rester, voyons ce qui se passe vraiment.
D'abord l'illusion de l'humanité. Déjà manifeste avec un programme emacs lisp des années 80, l'effet "Eliza" avec ChatGPT, c'est puissance mille comme on dit: face à l'illusion il y a de quoi être sidéré. Pour beaucoup de gens, l'interlocuteur artificiel dans les domaines du sexe, de la sentimentalité neuneu comme de l'amour infini et donc de la religion puis du dialogue avec le prophète voire avec Dieu lui-même, et bien il est absolument "là".
Intelligent comme pas possible et pertinent admirablement, la chose peut fasciner jusqu'aux très non cultivés spécialistes de tout domaine exagérément spécialisé: seul face à l'indicible, on craque.
C'est comme cela qu'on doit interpréter l'abandon des mathématiques par un "médaille fields" spécialiste des olympiades mathématiques (cirques un peu ridicule pour taupins et taupinades maintenant dominé de manière écrasante par l'IA): ce n'était que cela, et l'intelligence n'est pas ce qu'une machine peut faire, par définition et celle-ci évolue avec les machines.