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Les démocraties

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On a lu (1). Modèle de faux culterie gauchiste, mais réflexion profonde et partagée sans doute par beaucoup. 

Le débat très important est central. Capitalisme et démocratie, le compromis de l'après guerre et la montée des populismes. Le point fondamental est pourtant abordé, mais reste pourtant souterrain dans l'argumentation: l'argument de la nécessité d'un groupe dominant à l'identité forte pour assurer, justement, la démocratie. 

La thèse, en gros celle que je soutiendrais, n'est pas développée mais au contraire est niée au nom de la nécessité, pour plus de démocratie véritable, de faire valoir noirs et femmes, les soit disant victimes du compromis que l'on fait semblant de regretter... 

Or c'est bien cette déstabilisation là qui met le feu au poudre après les "progrès" continus qui a mis les capitalistes européens à genoux. Rendus peu rentables, ou en tout cas moins que ce qu'on peut faire en allant chercher ailleurs ce qu'il faut (dans le "monde"...), les activités des peuples trop exigeants sont donc réduites, à leur détriment. 

Epuisé spirituellement et économiquement, le peuple se tourne alors vers les populismes, qui nient précisément les défenses socialistes et post humanistes à qui la lie de la société post moderne s'était habituée, et dont elle va célébrer la fin en pleurant la "démocratie". 

On pourrait imaginer alors un retour vers un régime d'exploitation plus traditionnel à la fois plus pauvre et plus patriotique mais plus autoritaire et plus centré: un groupe dominant, assurant la transition entre classes dans un flux méritocratique homogène, sachant faire préserver ses intérêts économiques en défendant "ses" riches, ceux qui investissent assez dans les domaines qui les font vivre. C'est la que peut demeurer la démocratie, la seule qui vaille, celle qui fut inventée pour cela: un optimum décisionnel à l'avantage de tous, la nation ainsi constituée utilisant la liberté pour choisir le meilleur, le plus efficace et le plus avantageux pour tous. 

 

Il y a d'autre conceptions de la démocratie. On doit mentionner la communiste, car cela reste le fond de l'affaire. Une croyance millénariste en l'"émancipation" des pauv chtis opprimés de toute nature et à l'avènement après bien sur un millénaire de purgatoire de tyrannie absolue de la société parfaite des abeilles à chacun selon ses besoins est commune (la croyance) à tout ça. Les chtis opprimés sont bien sur les ouvriers d'abord, dont les grosses mains d'étrangleurs ont commencé le boulot, mais il faut y compter aussi bien sur les noirs, les femmes et pour finir les transgenres noirs, la musique rap servant de wagner à l'ensemble. La définition de la démocratie dans ce cadre tient essentiellement à une politique de discrimination positive exclusive en faveur d'iceux, les hommes blancs devant être écartés, car évidemment anti démocratiques, l'ayant inventée (la démocratie) ils ne s'en servent qu'à leur avantage.

Cette généralisation baroque du marxisme joue un rôle très important dans l'affaire: elle préside à la conduite des municipalités des grandes villes bariolées du XXIème siècle et les carnavals tropicaux, les émeutes raciales et les camps de migrants sont l'expression de la complexité du monde libéral à la fois égoïste, humanitaire, terrifié et aussi atrocement cynique. Bref ce qui séduit les lecteurs des romans noirs cul cul ou cul tout court qui font la culture littéraire du post modernisme.

Finalement absolument révoltante, cette ambiance qui conduit à l'élection d'un Saddiq Khan à la mairie de Londres et aussi bien sur ce qui justifie le populisme anglais qui refusa l'Europe, le populisme Italien qui bloque ces ports depuis peu, le populisme allemand qui met l'extrême droite sur la table au pays de l'extermination de masse, et le reste. Tout ça en quelques années, on en a parlé. C'est ma thèse: le caractère absolument insupportable du cynisme "démocratique" provoque un choc en retour qui conduit à la haine de cette même démocratie vue comme dévoyée et que seul un autoritarisme violent et vengeur pourra apaiser... 

Et puis bien sur il y a Polanyi. Maitre et mentor d'une critique intellectuelle du "marché" qui alimente considérablement le débat actuel. En gros, le marché et la société de marché qui en découle sont des exceptions historiques. En réalité, le marché est toujours "encastré" (embedded) dans le social et son histoire est celle de sa funeste désembeddisation. L'économique est donc subordonné à la sociologie et la reine des sciences est bien sur ici à la manoeuvre, pour notre édification et notre plaisir. 

Il y a parenté entre Polanyi et Mauss: on a là une critique intellectuelle non marxiste du capitalisme, et il faut donc en parler. 

On se doit d'évoquer l'abandon de la loi sur les pauvres (Poor Laws) datant d'Elizabeth, en 1834 (abolition de la loi de Speenhamland) .  En fait l'abandon de cette sécurité sociale avant la lettre (du moins d'après certains), que Polanyi associe à la naissance du capitalisme industriel, est remplacée par un système étatisé (les work houses) censé être plus incitatif. On citera Nassau Senior (d'origine espagnole et non pas l'ainé de Junior), un économiste entre Mill et Ricardo qui publia "Politic Economy". 

On passera bien sur sur le fait lui certain du double doublement de population en Grande Bretagne entre 1750 et 1900. Parti à 8 Millions en 1750, on passa à 16 en 1820, puis à 40 en 1900. C'est bien l'effrayante croissance démographique Anglaise qui fut le charbon de la révolution industrielle, mais chut. 

L'article cité parle bien sur du grand retour de Polanyi (on vous l'a dit, il est à la mode), mais s'interroge sur un paradoxe incompréhensible (pour l'homme de gauche): pourquoi les excès du marché se traduisent-ils par du racisme envers l'immigration, au lieu d'une pourtant évidente demande de sécurité sociale supplémentaire?  

Car la question sociale est incontournable: les pauvres se moquent de l'immigration, pourvu qu'il aient du travail, c'est bien connu. En fait les "pauvres" subissent tout, pauvreté et insécurité culturelle et cela sans rien dire, bien sur. Ceux qui sont moins pauvres, sans être riches, expriment pourtant leur choix: fuite hors des banlieues, absence de vote ou vote extrême (40% de l'électorat, tout de même). Le parti de l'OAS et de Pétain à tous les second tours. Ca gronde dans le souterrain. 

La thèse de l'article est que le mécontentement porte sur les droits excessifs de propriété accordés aux capitalistes, et que le peuple souhaite voir limiter AVEC tous les autres droits "libéraux" qui lui sont associés. C'est donc l'ensemble des droits acquis contre le féodalisme moyenâgeux qu'on veut remettre en cause, depuis le droit de vote jusqu'au droit de propriété, la démocratie, identifiée en fait à la juste répartition des productions étant donc perdue deux fois, une première fois par les abus des propriétaires, investisseurs mondialisés, et une seconde fois par l'avènement du populisme, nous sommes tous donc réunis à le dénoncer...

Admirable convergence des luttes face à la peur d'une incertitude que l'on dénonce par toutes les raisons opposées que l'on a sous la main ! 

On remarquera l'association faite entre libéralisme et libertarianisme, la critique de gauche et de droite de Mai 68 étant ici en convergence stricte ( la liberté des moeurs générant l'excès exploiteur mondialisé). On dira nous, que les deux libertés n'ont rien à voir et que l'identification du libertinage et du libéralisme est une critique entièrement de droite et entièrement religieuse, les religions du communisme n'étant que du millénarisme de ploucs surnuméraires qui se pensent exploités et qui cherchent des maitres. (Zemmour et Popolniette ne sont pas des grands penseurs).

Ainsi donc le populisme serait lié à l'émergence d'un capitalisme mondialisé plutôt que national mais aussi, donc à une conception de la démocratie comme pluralisme et défense des droits individuels plutôt que comme expression unitaire de la volonté d'égalité réelle plutôt que nominale. Cette opposition est le coeur du débat entre droite et gauche et aussi une source profonde de confusion, qui fait de ma position une niche originale, mais incompréhensible et minoritaire.

Car je suis contre l'affirmation des deux motivations. D'abord le capitalisme mondialisé n'est pas un être homogène. La première puissance industrielle du monde est la Chine, qui n'est ni capitaliste (c'est une tyrannie communiste), ni mondialisée (c'est une nation militarisée en quête de revanche historique). C'est bien son arrivée mal contrôlée sur les marchés mondiaux qui est à l'origine des grandes crises de notre monde. Et on veut encore s'en prendre au pauvre homme blanc ! C'est bien l'homme jaune, perfide et comploteur, qui a salopé la planète et mis nos ouvriers au chômage. Tout ça pour mettre au boulot 3 ou 400 millions de ses surnuméraires rescapés des boucheries atroces de son histoire. 

Ensuite que l'internationalisme débridé à la recherche des bas couts fut considérablement stimulé par la croissance de ces même couts dans les environnements locaux. Car la mode des droits individuels, avant ceux des transgenres, fut d'abord celui de tous les chtis moyens, avides et intéressés au delà de tout par la consommation de masse, tout au contraire de son avant garde situationniste, elle peut la remercier, cela lui valut des augmentes miraculeuses pour le prix de la peur en 68. Loin de vouloir partager "équitablement", la mode socialiste spoliatrice qui ravagea tout le monde occidental (ce sont les prêts accordés aux insolvables US qui rendirent nécessaire l'invention des assurances sous primées) fut la cause de la grande crise et aussi de l'exploitation dangereuse et court termiste des tyrannies asiatiques. 

Il ne faut bien sur pas se leurrer: les bas couts chinois furent payés par un protectionnisme léonin qu'un personnage dont on se moque essaye à raison de secouer... Un peu de populisme ne fera pas de mal face à quelque chose doté de techniques modernes qui n'est pas seulement anti démocratique mais tout simplement totalitaire et dirigé par un empereur. 

Il y a aussi le libertinage. Il n'est pas libéral du tout, mais au contraire l'expression de son contraire: au lieu de vouloir le respect de droits symboliques, qui comme ils sont déjà assurés, et depuis longtemps, sont tout simplement ennuyeux à demander encore sans raison (quoiqu'on a vu récemment une ministre demander à ce que l'égalité homme femme soit constitutionnalisée), on veut, donc, les étendre au dessus des autres et les proclamer essentiels, voire obligatoires. Le mot "valeur", par exemple, devient progressivement synonyme de respect pour la fierté homosexuelle, cette pratique minoritaire devenant progressivement l'exclusif représentation de l'oppression éternelle à indemniser, avec l'avantage (délicieusement raciste) de concerner tous les temps et tous les pays.

Nous ne sommes pas ici dans le libéralisme, mais dans la pathologie: il fut un temps au moyen âge ou l'habit de cour nécessitait des chausses aux bouts exagérément pointus. Censé être indispensable à l'accès aux femelles, cette mode finit par disparaitre, comme toutes les pathologies ridicules qui apparaissent inévitablement lorsque les périodes de paix universelles se prolongent trop. Nous ne sommes pas dans le libéralisme mais dans le fascisme: quand déguisés et véhéments des personnages troubles drogués jusqu'au trognon prétendent supprimer toutes les convenances au nom de la liberté et de l'égalité, on n'est pas loin de l'impensable, d'ailleurs sanctifié par le trotskyste Jospin la semaine dernière: au nom de la fraternité, on peut aussi aider les évadés de prison à circuler, ça tombe bien rédouane c'est pas français comme nom. 

Le "libéralisme" ici est l'exploitation démagogique et cynique de ces aspirations, de toutes façons tellement minoritaires qu'on peut les satisfaire pour pas cher, quitte à les enrôler bien sur, à l'occasion, ça c'est vu et il n'y a pas longtemps. Car le populisme, c'est à dire le contraire du politique, le discours qui plait et la posture qui fait jouir est en fait déjà présent partout. Par contre pour l'instant, il est utilisé par un camp exclusivement sans être appelé comme cela. Ce qu'on appelle "populisme", celui de l'autre camp, pour l'instant encore minoritaire, quoique, est encore à venir. Instrumentalisé par la gauche socialiste mourante, la réforme du symbolique est bien entendu entérinée par son successeur au nom du nouveau monde, comme quoi le populisme survit à ses utilisateurs... 

On avait admiré la définition du "politique" de Latour, comme un phénomène complexe du discours ou ce qui monte est différent de ce qui descend et cela par définition. Il ne s'agit pas de vouloir une rationalité absolue, cela serait populiste, d'ailleurs (...), mais de garder possible une direction des affaires publiques qui ne serait pas exclusivement rationnelle du fait de sa communication et entièrement inactive par ailleurs. 

Cela est il possible d'être inactif ? De fait, les mouvements auxquels on ne s'oppose pas sont bien actifs, eux, et la réaction fasse à leur ampleur devenue excessive peut amener à des actions violentes, ou à l'inaction face à leur développement, bref au foutoir. Organisé par l'Etat, ou laissé à des factions, les désordres qui alimentent encore plus les populismes méchants sont à venir et menacent les sociologues de l'économie, ceux qui ignorent que l'histoire est d'abord faite de la volonté exprimée par les humains et certainement pas par des forces mystérieuses essentialisées qui ne doivent servir que de sujets de conversations. 

L'essence de la démocratie est de permettre aux forces en présence de se contenter d'arbitrages raisonnables pour préserver la paix civile. Cette définition ne peut évidemment se suffire: elle suppose que le contentement soit possible et effectif la plupart du temps, pour cela, il faut qu'assez de respect soit manifesté par la partie adverse pour que les désagréments de l'insuffisance perçue de certaines décisions ne soient pas trop désagréables. 

C'est là que la démagogie et la communication sont nécessaires, il s'agit d'usages humains connus depuis la plus haute antiquité: le symbolique se doit d'être assuré. Le simple fait pour l'ennemi qu'il se plie à une simple simulation d'humilité suffit à atténuer assez l'envie de le frapper au moment où il passe à portée, ou du moins de rendre supportable de suspendre l'assassinat par traitrise qu'on a de toute façons planifié par précaution. 

Lorsque l'inverse est pratiqué systématiquement, humiliations faites exprès à la clé en toutes occasions, et bien l'inverse du souhaitable se  produit et l'essence de la démocratie se défait mécaniquement. On passera sur les déraisonnables excès de la grosse black tressée qui nous servit de ministre du culcul euh de la justice pendant cinq ans, on passera sur le cynisme de l'affirmation insultante de son autorité devant un CEMA tenu dans l'ignorance des économies qu'on voulait lui faire organiser, on passera sur la conduite économique et industrielle de la France  par son ministre pendant sa campagne électorale cachée (un an tout de même). On passe avec difficultés devant l'adolescente à accent en charge de l'absurde féminin: c'est qu'elle vous insulte, et grassement, la grasse et bientôt grosse mémère déconnante.   

Peut on passer sur l'incroyable nombre d'enquêtes pour favoritisme de comparses nommés ministres, dont un escroc aux mutuelles, un escroc au parlement européen et deux violeurs impunis?

Pas vus pas pris, sauf le gras béarnais dont il fallait faire taire le bavardage. Le cynisme du pouvoir affirmé quoiqu'il arrive... Au passage, on réaffirme par force lois la sévérité envers les emplois familiaux à l'assemblée, enfin on fait semblant, car tout le monde se contrefout maintenant des frasques familiales des députés élus pour ça.  

Pour finir, on vous insulte encore en déclarant la constitution raciste et sexiste, sans parler de son application au bénéfice exclusif des collaborateurs de l'invasion qui vous conspuent en profitant d'un prix pour un film subventionné. 

Pire régime la Démocratie ? Un régime fragile hélas et qui pourrait bien perdre sa raison d'être s'il devient vraiment invivable ou si par malheur certains se mettaient à faire qu'on insulte trop leurs adversaires. Car, c'est cela le drame, quand on est dans le camp du vaincu, on n'a plus droit au respect et cela pourrait être entériné, "démocratie oblige" ou du moins selon une certaine conception de celle ci. "Juridiquement tort car minoritaire", "passage de l'ombre à la lumière", "ancien monde", voilà qui fait beaucoup de mal et qui pourrait donner envie d'autre chose. Par exemple les oreilles coupées du Libéria avec lynchage public, en gros ce que Hollande a subi, et dont hélas il ne s'est même pas rendu compte, c'est ça la démocratie. 

 

(1) http://www.laviedesidees.fr/Le-capitalisme-democratique.html#nb8

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