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  • La partita no 1 en Si bémol majeur BWV 825

    La partita est en B flat major , ou B dur. 

    Les partitas sont les suites "allemandes", l'opus 1 du klavierübung. 

    BWV 825 la première d'entre elle est parfaite, ça commençait bien. J'avoue ne pas pouvoir me détacher de l'impression de perfection totale ressentie à entendre jouer ça: rien qui ne soit incroyablement à propos, merveilleux et délicieux. 

    http://www.qobuz.com/fr-fr/album/johann-sebastian-bach-rafal-blechacz/0002894795539

    en est un jeu particulièrement brillant, rapide et percutant, d'une virtuosité incroyable, en tout cas à la hauteur du morceau. 

    Le prélude est une sorte de choral un peu triste, une vieille chanson et hop ça part le rideau de perles en arrière plan qui parle, de plus en plus grave. Imité par la main droite, puis on recommence la tristesse. Le dialogue s'amorce pourtant, la main droite accepte puis refuse. Elle a le dernier mot. 

    L'Allemande est plus vive, joyeuse et chantante et on ornemente. On repart une deuxième fois encore sur la si belle phrase. Une troisième fois un peu en retrait, et tap et tap, on insiste, ornemente, quitte à dissoner un tout petit peu, que c'est virtuose tout ça. La fin est juste un peu étrange. 

    La Courante est la plus fade des danses. Mais bien joué ça balance comme une toile un peu lourde qu'on décore du bout des doigts. 2 phrases, et la 3ème est plus en retrait, mais continue l'exploration et hop ça part par en dessus et en grave en plus, la conclusion se répète. On repart une 4ème fois, le passage par en dessus est moins net mais bien enlevé. 

    La Sarabande est le centre de la partita, incroyablement nonchalente et douce. La main gauche arrive tout doucement sur le travail qui s'est bien développé. Chaque fin de séquence a ce terrible tadada conclusif. On repart alors dans la méditation dansante, il s'agit bien d'un corps qui tourne lentement sur lui même à la recherche d'une montée sans effort et puis dans la troisième séquence la terrible montée de la main gauche qui se replie mais qui en fait parle. La quatrième séquence est profonde et colorée de la main droite. Et puis les perles, qui s'achèvent encore, et encore. Et c'est le dernier tadada. 

    Le premier menuet est une machine magnifique, avec en fait un rythme puissant et doux dans toutes les sonorités qui tournent autour de l'obsédante marche. Court pourtant. Le deuxième menuet est statique, étrange, méditatif. On retrouve le tadada de la sarabande. 

    Et puis la marche folle reprend en sur aigu. On se lance alors avec énergie, et c'est tout.  

    La Gigue est un monument de complexité. Ca part dans tous les sens. Des pointes de partout. La fin de chaque phrase endiablée et un tadada inversé. On se permet même de faire des perles descendantes qui n'en finissent plus, et la main gauche qui rattrape avec agilité. tadada. 

     

    Mei est très bien aussi, en fait avec tout la subtilité de la dame... 

    http://play.qobuz.com/album/3760127221562

     

    Et puis y a une forme simple et directe, Sokolov...


     

  • Les nombres de couches

    Vers 2012, il n'y a pas si longtemps, une méthode d'apprentissage dite "multi couches" ou "profonde" fut enfin considérée, preuves à l'appui, comme très efficace. Toute l'Intelligence artificielle sorti alors de son long hiver (30 ans) et se mit à exulter de joie: l'homme va être remplacé, enfin.

    Entre temps, Marvin Minsky et Seymour Papert avaient en 1969 démontré les limites intrinsèques du perceptron ce qui avait drainé tout l'argent destiné aux neurones vers les approches symboliques, elles même ruinées avec l'effondrement du marché de la LISP machine en 1987. L'hiver de AI commençait. 

    Evidemment, il s'agit en fait pour l'instant de reconnaître automatiquement les amis d'un utilisateur de facebook qui publie bêtement les photos de ses "soirées", même si cela sert aussi à conduire les voitures de Google. Yann Le Cun, éminent chercheur français, honneur des universités américaines dans lesquelles il a mené toute sa carrière, vient de s'y faire embaucher ciao (chief intelligence artificielle officer, pardon, aucune machine ne pourra jamais faire ça). Il nous explique tout cela depuis le collège de france. 

     https://www.college-de-france.fr/site/yann-lecun/course-2016-02-12-14h30.htm

    D'abord, il s'agit de reconnaitre, tout est là et la reconnaissance des formes, d'abord une théorie de l'analyse des images, est la préoccupation première. Notons que cette reconnaissance, qui porte d'abord sur des champs de bits à 1 et à zéro (plus les couleurs), est aussi celle que l'on cherche à faire dans n'importe quel ensemble de données: les formes sont aussi des regroupements dans des résultats d'élections selon les catégories socio professionnelles par exemple. On distingue ainsi les régressions (sur les nombres) des classifications (sur les objets) mais cela revient au même: on veut reconnaitre et cela plus vite qu'en énumérant les fameuses bases de données de cas déjà résolus constituées par des professeurs humains. 

    On en vient donc à la différence entre apprentissage supervisé et non supervisé.L'apprentissage non supervisé consiste à classifier la base d'entrée en en exploitant les différences présentes tout seul comme un grand. C'est évidemment l'avenir, mais dans un premier temps c'est plutôt difficile et il sembla dans un premier temps que cela ne servait pas à grande chose, l'apprentissage supervisé étant tout à fait suffisant.  

    La supervision consiste ainsi à tenter d'établir une machine, un programme, une boite,  qui résout tout de suite par calcul une collection de cas déjà traités et qui peut AUSSI répondre à des questions portant sur les cas intermédiaires. Comme si dans l'ensemble des cas possibles, on avait trouvé l'équation d'une surface qui séparait exactement les différents regroupements d'objets similaires. Est ce une femme nue ? 

    C'est la grande affirmation de Le Cun: il ne pourra pas y avoir d'intelligence, au moins au niveau d'un animal, sans apprentissage non supervisé. Et il se trouve qu'on en est très loin. Au passage, on considérera aussi l'apprentissage "par renforcement" qui se contente d'utiliser une récompense attribué de temps en temps. La rétro propagation ne fonctionne pas dans ce cas et ce type d'apprentissage est terriblement lent. Par contre, ça marche dans certains cas, en particulier dans les jeux et Deep Mind, qui joue au GO a été entrainé de cette manière. Quand la récompense est un click sur une pub, cela marche aussi et c'est mis en oeuvre dans les régies publicitaires: le nombre de récompenses devenant très grand. 

    Mais revenons au problème. 

    Quelques précisions d'abord. Il n'y a de classification que sur des objets déjà identifiés. La chaine de traitement est donc formée de 2 modules au moins: un extracteur de caractéristiques et un classifieur. Ce principe est totalement général: on n'élabore rien sur du sable, ou de l'eau. Il faut d'abord faire des tas, ou des tasses et après on commence à comparer ou a choisir. Toutes les techniques d'apprentissages ne concernent que les extracteurs, et il importe de comprendre pourquoi. D'abord, une classification ne peut être que linéaire, c'est à dire qu'elle consiste à diviser un espace d'objets en zones distinctes séparées par des plans. De part et d'autre on trouve des zones qui ne contiennent QUE des points identiques du point de vue de la classification, du moins c'est ce qu'on a calculé en "apprenant" à partir d'un nombre fini d'exemples.  Un nouveau point, le "truc" à reconnaitre se positionne dans l'espace au dessus ou au dessus du fameux plan et se trouve donc "reconnu". 

    Quand le problème impose des surfaces de séparations convoluées et non linéaires, on ne peut presque rien faire. Pour obtenir des séparations linéaires, il faut ajouter des dimensions et chercher des projections dans d'autres espaces, plus commodes à découper. 

    Le Cun n'en fait pas mystère: on a des espaces de grande dimensions, et la surface en question est un un espace de dimension inférieure inclus dans le premier. Car il y a autant de dimensions que de variations possibles, par exemple une image de 1 méga pixels donne bien un ensemble de 1 million de dimensions, chacun de ses axes ayant 24 degrés. Un autre exemple, saisissant est celui des ensembles de visages soumis à Facebook: le nombre de dimensions serait le nombre de muscles du visage humain (on oublie les cheveux et les orientations de la tête). Environ 50, avec des variations continues de leur contractions. Reconnaitre c'est isoler les régions qui se ressemblent. Un voile tortillé partage cet espace là, une surface impossible mais calculable. LA surface, si on savait la construire, permettrait de tout faire... 

    Pour parvenir à tout ça, on commence par le perceptron. Inventé en 1957 par Franck Rosenblatt, il est une sorte de rétine artificielle qui répond oui ou non après qu'on ait agencé ses bits de vision répartis sur une surface. Plus exactement la machine fait une somme pondérée des valeurs de ses bits, un jeu de poids particuliers qualifiant un état donné du perceptron. 

    Les systèmes à deux couches sont prouvés, et suffisent à tout modéliser. C'est un théorème, qui prouvant (existentiellement bien sur, et seulement) qu'on a -toujours- une solution se permet de considérer acceptable celles qui sont vraiment compliquées: des centaines voire des centaines de milliards de dimensions et de paramètres à introduire, bref, en général c'est l'horreur. Ces espaces gigantesques furent à l'origine d'un long mépris: le perceptron, comme énumération fastidieuse n'était qu'un immense réseau de "if", inintéressant et stérile et surtout totalement impuissant.

    On passa alors au multicouches, en fait à plusieurs modules en série qui chacun transforment leur entrées avec leurs propres "poids". Chaque niveau a donc sa matrice de coefficients de transformation. Ce sont ces coefficients qu'on sélectionne et qu'on ajuste lors de la comparaison du résultat global avec ce qu'on veut voir deviner. Ce qu'on appelle la "rétropropagation du gradient" consiste à modifier les poids d'un module d'autant plus qu'ils contribuent à l'erreur. L'algorithme est itératif, bien sur, on corrige progressivement, exemple par exemple en supervisant donc l'évolution des différents modules et au bout d'un certain temps, le système se stabilise, le réseau multicouches a "appris". Un point intéressant est que le test du système "global", bien sur capable de reconnaitre les exemples qu'on lui a soumis pendant l'entrainement (c'est bien le moins) doit aussi être capable de reconnaitre des ensembles de tests particulier, mais ceux "nouveaux" pour lui... Pour le reste: inch Allah ! La voiture se débrouillera... 

    Mis au point en 85/86 et en particulier par Le Cun lui même la méthode fonctionne bien, voire même très bien. Elle fut d'autant plus utilisée que vers 2012, on se mit à utiliser les processeurs graphiques des PC "gamers" indispensables aux jeux vidéos, pour accélérer la chose. Les fameux GPU se mirent à calculer autre chose que les lapins crétins: hardware dédiés au calcul parallèle de multiplications entre matrices, ils permirent des facteurs mille d'augmentation des performances. Par contre, un point intéressant: il n'y a pas de résultats mathématiques qui expliquent ou justifient le fait que les systèmes "profonds" soient aussi efficaces. Seul un robot supérieur à l'homme pourra prouver la chose, sans doute, en tout cas bien des gens sont sur sur le coup en ce moment. 

    Mais il y a encore mieux ou plus ! Les réseaux convolutifs. Il s'agit d'une application aux plans de neurones de la technique de convolution, qui consiste à isoler des petites portions d'espace et de leur appliquer un traitement particulier, toujours le même. De proche en proche, on recouvre finalement tout le plan. Tout se passe comme si chaque tuile était un réseau particulier avec son ensemble de poids. Tous les ensembles de poids sont identiques (c'est ça la convolution) et chaque tuile produit un résultat (elle a un neurone associé). Cette technique, inventée par Le Cun s'est trouvé très efficace, par exemple pour lire des chèques (on ne se lassera pourtant jamais de trouver qu'écrire un chèque à la main est particulièrement idiot). La chaine de traitement multicouches de 1987 fut reprise à l'identique vingt cinq ans après, et après améliorations se mit à faire des merveilles. 

    Allez, on en rajoute une ? 

    Il y a une célèbre maxime qui permet de comparer toute pratique innovante au "teenage sex": tout le monde en parle, personne ne sait ce que sait, tout le monde croit que tout le monde le fait, et tout le monde prétend en faire.

    On y est en plein, l'excitation généralisée étant à son comble, Facebook (là où travaille Le Cun) ou Google devenant tellement forts que leurs robots pourraient être plus puissant que ceux de l'armée, raison de plus pour nationaliser les GAFA, il fallait y penser. 

    Toutes ces belles techniques sont donc en plein progrès. Une application intéressante de cet apprentissage est la "boterie" ou l'élevage de "bot", un bot étant une machine apte à dialoguer sur des messageries instantanées. Participant aux discussions collectives, capables d'exécuter certaines tâches tout comme tout un chacun, on s'acheminerait donc vers des équipes de travail mixtes comprenant un ou plusieurs robots, dont on ne saurait pas très bien le niveau de conscience, et d'ailleurs c'est déjà le cas avec les humains eux mêmes, tout le monde le sait bien.

    L'important est que le degré de complexité de la conversation serait lissé, les jargons d'adolescent étant particulièrement bien adaptés à la commande de machines: un seul milieu de travail et de commande et pourquoi pas organiser des communautés de production autour de tels processus ? En charge de démarrer sur ordre des chaines de taches plus ou moins formalisées, capable d'en saisir le paramètrage dans des contextes bien connus, les fameux "agents" ont bien une réalité, il suffit que le fameux contexte, bien verrouillé soit en place et surveillé de loin en loin... 

    On se retrouverait là non pas dans l'intelligent, mais dans ce qui a toujours vexé et humilié la vraie intelligence, je veux dire la bureaucratie, fonction exclusive des secrétaires, femmes enceintes récemment revenues de couches et des pré retraités. Ce cadre là est aussi celui des fameux "jobs de merde" dont l'apparition aurait mécaniquement générée l'ambition de leur disparition, vous verrez, les chtis bouseux  se révolteront quand même... 

    Les considérations sur le thèmes sont évidemment multi couches encore, et on pourrait parler des techniques d'apprentissage utilisant des jeux d'exemples erronés pour plus d'efficacité: en présence de bruit, et pour des raisons bien évidemment inconnues, l'apprentissage est meilleur !

    On doit aussi mentionner une théorie expliquant au moins en principe l'efficacité du multicouches: il encoderait une hiérarchie des structures à reconnaitre, le qualificatif de "profondeur" désignant le nombre de niveaux (layer, couche) que possède le problème de reconnaissance à traiter, c'est à dire le nombre de plans indépendants emboités qui constituent le problème. Une telle figuration, d'ailleurs proprement logicielle au sens classique, désignerait ainsi les espaces conceptuels indépendants, quasiment "idéaux" qui constituent -réellement- le réel de ce qu'on veut classifier. Comme si l'approche neuronale, fourmillière, n'était qu'un moyen détourné, salement biologique, d'en revenir aux sphères et dodécaèdres de la grande science, la seule, la vraie. 

     

  • Les notes de musique

    UT queant laxis

    REsonare fibris

    MIra gestorum

    FAmuli tuorum

    SOLve polluti

    LAbii reatum

    Sancte Iohannes.

     

    Les  notes: Do C UT , Ré D  , Mi  E , Fa  F , Sol G , La  A , Si  Anglais: B , Allemand : H  , Si bemol=B 

    C Do , F c'est FAcile, Ré c'est RéD 

    Les demi tons:   dièze, bémol  ; sharp,flat   ; -is , -es

     

    Les modes: majeur, mineur  ; major,minor   ; dur,moll

     

    Donc

    la messe en Si mineur, B minor, H moll

    le concerto en Si bémol majeur, B flat major, H dur   

     

    Le système tonal occidental est construit sur un système harmonique "perturbé". Harmonique veut dire "plaisant" à l'oreille, capable de distinguer des sonorités distinctes et mieux, de "reconnaitre" des "tons", les notes.  

    On a 7 tons distincts, représentés par le motif répétitif du piano. Chaque motif décrivant les tons d'une octave, chaque octave ayant sa première note de fréquence double (deux fois plus aigue) que l'octave qui précède.

    Ces tons ne sont pas des points mais des "plages", des ensembles de sons apparentés. La largeur de ces plages n'est pas uniforme, et c'est tout le problème. Disons qu'en fait, il y a 12 notes (comme de juste)  et qu'elles sont regroupées et renommées. Cette échelle à 12 tons est la gamme "chromatique", systématique. 

    Ces notes sont en fait des demis tons. Chaque demi ton est le "dièze" de celui qui précède et le "bémol" de celui qui suit. Par exemple, "fa dièze" et égal à "sol bémol". C'est la touche noire du piano qui sépare le demi ton "fa" et le demi ton "sol". Par contre et c'est tout le charme de la chose, le nommage des demi tons n'est pas uniforme: "do bémol" est égal à "si" et "si dièze" est égal à "do" lors d'un changement d'octave, et surtout (pourquoi surtout?) , "mi dièze" est égal à "fa", et "fa bémol" est égal à "mi". 

    C'est le piano, andouille: do, do diéze/ré bémol, ré, ré dièze/mi bémol, mi, fa, fa dièze/sol bémol, sol, sol dièze/la bémol, la, la dièze/si bemol, si. 

    En fait, (je me fie à mon oreille), on dit: do, do dièze, ré, mi bémol, mi , fa, fa dièze, sol , la bémol, la , si bémol, si. 

    Ce sont les 12 vraies "notes" ou "demi tons".   On remarquera les perturbations fondamentales, le grand mystère de la musique: mi et fa sont à un demi ton de différence, tout comme si et do. Toute la complexité de la théorie de la musique est là... On appelle gamme "chromatique" l'ensemble de ces 12 demi tons. Notons bien que le premier d'entre eux, si on double sa fréquence prend le même nom, mais "à l'octave". Les gammes se succèdent ainsi du grave vers l'aigu ou dans l'autre direction si on veut... Mais le do reste le do. 

    Maintenant, reste à expliquer cette histoire de "mode" mineur et majeur....

    En gros, pour chanter il suffit de 7 notes. C'est tout ce que l'on peut (même si moi j'en suis incapable) distinguer mélodiquement. 7 notes distinctes constituent une "tonalité", (on peut dire une "gamme"). Dans une tonalité, comme on a dit, il y a 7 demi tons choisis parmi les 12 possibles.

    Une tonalité est identifiée  par une note de départ, par exemple si bémol, et par une structure de choix des notes qui se suivent et qui recouvrent toute la gamme chromatique. Les 7 notes à utiliser sont trouvées successivement en ajoutant un ou deux demi tons pour trouver la note suivante.

    La gamme de do majeur sera ainsi typiquement formée des touches blanches du piano exclusivement.  

    En partant de "do", on fait (en unités de 1/2 ton) +1 (ré), +1 (mi),+1/2 (fa), +1(sol), +1(la), +1(si), +1/2, (do)

    Ainsi donc le majeur c'est 7 notes parmi douze avec seulement deux "perturbations", après 2 tons et après 3 tons.

    On a douze notes, et donc douzes tonalités "majeures" possibles basée sur cette structure...

    Mieux, un "mode" désigne une structure possible de répartition des 7 notes, incluant les couples maudits de deux notes successives distinctes alors que séparées de seulement un demi ton. 

    Le premier mode, le mode "ionien" est celui qui correspond au mode "majeur" expliqué plus haut. Le terme "ionien" est purement conventionnel et le mot est celui d'une classification faite arbitrairement à la renaissance... 

    On a 7 intervalles entre 7 notes à caractériser.

    Le mode majeur est donc de type 2,3  (2 tons successifs, un demi ton, 3 tons, un demi ton)

    Le mode mineur  sera: 1,2,2. En fait dans le mode mineur "classique", il y a une violation caractérisée de la règle, l'avant dernière note  occupant 3 demi tons ! 

    Pour être plus précis, on appelle les modes "diatoniques" les modes obtenus en décalant le mode "majeur", chaque mode étant nommé par le nom de la première note. Le mode de "do" sera le mode "majeur", et le mode "mineur" sera le mode de "la". Les autres sont des modes exotiques. En fait les 4 modes diatoniques utilisés aux moyen âge (ceux de mi, fa, sol, et ré) furent abandonnés au XVIIème siècle en faveur des modes "classiques" majeur et mineur. 

     

     

     

     

  • Les concertos pour violon de Vivaldi

    Antonio Vivaldi dit "il prete rosso", rouquin et prêtre donc, a composé comme il respire un nombre indéfini de concertos pour violon qu'il vendait à la pelle pour payer ses dettes. Certains font la fine bouche devant ces munificences, (un seul concerto infiniment long et chiant), d'autres, dont moi collectionnent leurs écoutes comme des papillons. 

    Certains d'entre eux sont à tomber par terre de surprise. On n'en finit pas de se faire prendre, éberlué, par des machins de derrière les fagots qu'on voudrait ne jamais oublier. 

     

    RV 128 en Ré minor: 

    Un Allegro con molto ahurissant: la répétition dans toutes les dissonances d'une langueur folle de tout le violon: une idée extraordinaire déclinée de toutes les manières possibles. On note des divergences étonnantes entre les interprétations: depuis l'ultra dynamique jusqu'au dissonant tordu. Le Largo est menaçant, tout simplement: ta da da da, et très bref. La fin est ultra brillante et ultra rapide, foldingue. 

    RV 267: le premier mouvement est complètement dingue, deux danses obstinées délirantes avec une grande période lente entre les deux; un andante rythmé tout sautillant en virtuosité absolue absolument saisissant qui vous emmène n'importe où, avec un clavecin qui se moque de vous derrière et qui se permet de conclure. Une totale merveille ! Le troisième mouvement, quelconque, recouvre le bijou derrière une étoffe un peu prétentieuse, avec une fin faussement vertuose... 

    RV 134: une entrée étonnée, et puis un martellement complexe doublé, triplé, arrêté, redémarré et le grand air qui revient, tchac, tchac. Quand le virtuose chantant multiplié par deux, devient ultra compliqué... L'andante avec le luth, tout délicat est une merveille absolue. Tchac, Tchac. Et c'est très court. On termine avec énergie, sans y toucher. 

    RV 281: la folie totale, le plus grand de tous, sans doute... Une intro musclée et l'explosion foldingue, tempérée deux fois. Le grand air, et on repart... Le solo est divin extrêmement pointu et puis le jeu du patron (c'est Carmignola qui régale). Le tambour encore et la folie revient. Puis encore Carmignola, le sujet romantique de l'âge baroque totalement libéré qui élabore. Tout se mélange à une hauteur démente, infaisable et la folie encore. Mais pour finir, tempérée et pour en revenir au début, mais cette fois pour conclure. Un point: la prise de son fait pour Carmignola rend particulièrement audible le caractère enchassé des sons de Vivaldi: le soliste est dans une chambre d'échos entouré par sa garde qui l'approuve par un contre souffle, comme un voile qui le recouvrirait. 

    Le Largo martelé, est à la hauteur, dans un souffle puissant, méditatif, de cette grandeur triste d'un Vivaldi qui se permet d'y inventer des nouvelles façons de l'être, triste. Et puis toujours, cette pudeur qui ramène le groupe pour interrompre l'individu ou le ramener de son voyage sur le grand lac. Le troisième est celui du groupe à la hauteur du premier, qui relance Carmignola en un truc quasi miraculeux incroyablement virtuose en écho avec l'orchestre, plusieurs fois. Toujours l'incroyable solitude pointue du soliste, et puis les tambours qui viennent le chercher. Ces fameux tambours sont bien sur des cordes, points de tam tam ici (à part la caisse des violes, mais est cela qui produit l'effet?) le plus extrême des aigus des lames aiguilles tranchantes accompagnant les soupirs profonds... 

     

    P.S. Des commentaires passionnés encore plus riches avec la classification en "opus" des oeuvres de tonio et des exemples:  https://www.musicologie.org/publirem/rusquet_vivaldi.html 

    La Stravaganza c'est l'opus 4, les 4 saisons c'est l'opus 8, la Cetra l'opus 9.