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23/12/2017

Les populismes

Débat féroce à gauche, réflexions partout, le mot est super mode et ressemble au poisson pas frais que les gaulois du village d'Astérix se balancent à la figure. 

Au fait, la récente exposition Goscinny au musée du judaïsme fait penser que l'irrédentisme d'Astérix c'est aussi celui des juifs, leurs rois sont sur Notre Dame, et l'auteur du petit gaulois est un malicieux cosmopolite juif, héros d'une expression à destination du peuple... Pas mal la parenthèse, hein?

Revenons aux théories sur le populisme. Il y a plein d'auteurs. Comme tous les intellos (presque) sont de gauche, la question est à gauche et taraude le senestre mais, et c'est ça qui est marrant, dans tous les sens.  

Populisme de gauche

D'abord Jacques Rancière, avec le "Haine de la démocratie". Cette haine est bien sur celle des élites qui ne veulent pas voir le peuple voter contre leur cher référendum de 2005. Parangon du souverainisme de droite la haine du traité de Lisbonne fut bien initiée à gauche, Laurent Fabius, le très bourgeois écologiste du conseil constitutionnel en fut bien le traitre, par haine de Hollande, il se réconcilièrent plus tard... Les bourgeois libéraux détestent donc la démocratie, la vraie, celle du peuple, d'ailleurs le mot est une insulte lancée par l'aristocratie grecque.

Les bourgois de gauche responsables de la très sincère (tu parles) expression populaire n'ont rien à voir avec tout cela, le peuple avait parlé. Déchiré en deux le principal parti d'opposition et donc la gauche de gouvernement ne fut en rien responsable du fameux vote. Quand à la haine de la démocratie, tu parles, les congrès du PS l'ont manifesté depuis longtemps. Au fait, on bourra les urnes lors de l'élection de Martine Aubry...  

Rancière est avec Etienne Balibar un ex althussérien. On ne dira jamais assez comme le pauvre fou assassin de sa femme me fait pitié, mais cette pitié s'étend aux deux penseurs, debout sur les tables contre El Khomeri l'année dernière, et dessous depuis avec leur auditeurs. On imagine qu'ils désapprouvent celui pour qui ils ont voté contre Le Pen... La notion de populisme est particulièrement éclairée par ces deux attitudes. Les peuples sont superficiels.

Nuit debout fut l'occasion d'un populisme néo-toutou dirigé par le spinoziste Lordon, qui expliqua à Macron le concept de "passion triste" que depuis il ressort à tout bout de champ... Les mouches ne s'enculent pas avec du vinaigre. 

On a donc la re-théorisation d'un populisme de gauche. Ses héros en sont bien sur Chantal Mouffe et son mari, Ernesto Laclau, les théoriciens de méluche(1). Adeptes d'un combat entre adversaires, (et pas entre ennemis) mais théoriciens du combat, auquel s'identifie, selon Schmitt le politique, ils veulent radicaliser la social démocratie.

Ils sont tous des "post marxistes". En gros des représentants d'une tentative de grand remplacement du concept de lutte des classes...  

Une grande constance malgré tout: la perception que les expériences sud américaines sont marquantes pour l'histoire de ces beaux concepts: qui peut en vouloir aux "peuples" argentin, boliviens, cubains, vénézuéliens, nicaraguéiens, ramassis d'indiens abrutis de drogues et de tatouages sur leurs faces aplaties, conglomérats informes de crétins congénitaux donc, de vouloir l'égalité absolue dans la misère totale que leur concocte leur dictateurs d'opérette acharnés à imiter pour toujours la vision qu'en avait tintin? Populiste moi? Est ce cela un "peuple" ?

On parlait de Mélanchon, hurlant sa rage de devoir expliquer par un complot d'Obama les pénuries de papier hygiéniques et aussi d'essence qui affligent un pays pétrolier de la zone bolivarienne à laquelle il postule. Et bien il représente une élite française pour qui les demeurés semi esclaves de ces zones barbares marquées par la violence et la passivité les plus extrêmes constituent ce qu'on appelle un peuple. Ah les maracas et la rumba ! Sans parler des putes, à un euro la pipe, merci l'absence d'exploitation de l'homme par l'homme pour tes tarifs sympas. Plus l'effroyable connerie socialo communiste, ah que ça me fait marrer tous ces intellos qui allaient offrir leur femme à Castro en cadeau rituel. Même mitterand: mémère en était dingue du vieux salopard. 

Populisme de droite

Trump, l'abominable Trump serait bien sur un populiste. Quoique: en butte à un congrès hostile, il fait face à une opinion partagée, plein d'ennuis du à une justice qui n'est pas aux ordres et à une société civile qui n'est pas du tout d'un seul bloc. En fait, malgré ses discours électoraux, il a surtout gagné par surprise, l'indifférence ou la haine pour son adversaire, la hideuse harpie politiquement correcte, ayant essentiellement fait la différence. Trump est élu par les abstentionnistes noirs et autres, qui n'ont rien compris à Obama et surtout qui ne pouvait pas adhérer à une forme de populisme libéral moderniste qui commence à sortir par les yeux de tout le monde aux US. Malgré les sondages, tout sauf clinconne... 

On doit parler du Front national. Ecroulé par sa stratégie anti europe dont le populisme fut éreinté en public lors d'un débat où la très médiocre grosse blonde, qui sous le doux nom de "marine" a fasciné une génération entière de crétins qui espéraient, a joué son rôle de faire valoir, son score ignoré par la propagande n'ayant eu aucune importance. Ah si! Elle battit de 1,2 point le candidat de la droite au premier tour: ça c'est très fort, les 2,5 % d'un obscur gaulliste à vieilles dames ayant séduit ce qui reste de moralisme dans la partie la plus débile et la plus inconséquente de l'opinion anti européenne. 

Une remarque indispensable: le macronistapsisme est un populisme au sens strict: le leader charismatique, les fascinés qui célèbrent un culte à la grand mère et au chien, les hurlements du chef, sa surhumanité (il ne dort pas), et aussi le garde chiourme à la condamnation infamante prescrite et au double langage permanent. La totale. Au pouvoir en plus: on se croirait chez Peron, avec une évita ridée, voire plus haut. 

Il y a aussi Christophe Guilluy et son "insécurité culturelle" (voir Fassin plus bas, en 5). Les élites ont complètement abandonné le peuple blanc dont elles sont issues, les assimilant à des retraités ou à des racistes, le caractère populaire et folklorique étant exclusivement géré par les africains, c'est vrai c'est eux qui nous ont civilisé il y a un million d'années, il ne font que revenir chercher les fruits de leur patience et les compensations de nos méfaits. Tout ça en musique, la leur est vachement bien d'ailleurs. Les pauvres blancs qui restent, non content de se faire insulter par Obama flippent leur race; on s'en fout, ils sont minoritaires et surtout abstentionnistes. 

Ce peuple (soit disant à droite) que défendent les souverainistes et autres anti libéraux de droite est plus un substrat négatif et inerte qu'autre chose. Abstentionniste on l'a dit, il faut savoir qu'il fut longtemps à gauche et qu'il paye au moins partiellement par sa condition l'effroyable connerie et inconséquence de ses idéaux passés: c'est bien en son nom qu'on a verrouillé la société et suscité le chômage dont il souffre, et l'immigration qu'il refuse d'assumer. Pour ceux qui visionnaires, s'étaient engagé avec Le Pen au début, triple bravo: ils ont aidé leur ennemi avec une efficacité redoutable (voir plus haut). Ce peuple là est malheureux et il est français. Mais ce n'est pas de sa clairvoyance qu'on tirera grand chose... 

Anti populisme de gauche 

Sandra Laugier et les Wittgensteiniens (2): d'abord il y a la question de la signification politique des écrits de Wittgenstein, liés à la notion de l'accord nécessaire à la possibilité du langage, au coeur des considérations philosophique de W. Celui ci continue à susciter des interprétations variées, fondamentales et à évoquer. L'ampleur des problèmes fait qu'il faudra s'y remettre séparément. 

On a donc la critique du concept en (3): le mot (populisme) n'est pas réutilisable "positivement". Bien au contraire, il ne faut pas l'appliquer inopportunément, les "mouvement" étant en fait ce qui manque à la démocratie pour bien fonctionner... On est donc là, un petit peu, dans le populisme, mais non revendiqué, son caractère négatif étant nié.

Car le populisme, et là on devient très fort, est en fait une négation de l'intelligence du peuple car le populiste, parlant au-nom-du peuple lui enlève la capacité de parler lui même... En bref, l'éloge de l'énergie obscure du fameux substrat est en fait un mépris. 

Les intellos refusent ainsi le concept. Tout comme Eric Fassin (4, 5), d'ailleurs. Le très subversif dégenré alternatif de la convergence de toutes les luttes veut un foutoir total, mais qui ne sera pas populiste, car celui ci n'est pas l'ennemi principal, non, mais le faux nez du "capitalisme libéral" . Ainsi, il connait ses ennemis et ne peut évidemment croire ni que le peuple déteste les assistés , ni qu'il est en "insécurité culturelle" vis à vis de l'immigration. Scientifique et rationnel en diable, comme toujours. De fait, en refusant le "populisme", on promeut son contraire, les initiatives des "mouvements" intelligents, élitistes et spontanés... Pas mal la figure de style, non ? Le gauchisme trouvera toujours quelqu'un à sa droite... 

Les voilà donc les élites dont le populisme de droite se plaint: les "mouvements". Ils infectent les médias et la communication officielle. Formé à la communication, ils ne font que ça: justifier leur subventions en les revendiquant au nom de futilités variés depuis la célébration de l'esclavage d'il y a deux siècles, jusqu'au changement de sexe en passant par l'autoinjection d'embryons de culture. Détruisant tout sentiment d'appartenance basé sur l'habitude, le bon sens, l'habitude justifiée ou tout simplement l'esthétique, ils ostracisent et jettent à la rue tout ceux qui ne se prosternent pas devant eux. On est très loin des technocrates néo libéraux. Ont ils fait alliance ? 

Et bien c'est la question. Elle traverse la gauche. En gros, qu'est ce qui soutient -objectivement- les fameux traders de tout qui rongent la planète ? Les masses fascistes xénophobes qui ronchonnent dans leurs campagnes abandonnées (les victimes du populisme de droite) ou les ultra libéraux du cul amoureux des migrants, métissés du bulbe, promoteurs de la tolérance à tout (les victimes du populisme de gauche) ? 

On distinguera dans la deuxième catégorie les auto sexués partagés entre gauchistes extrêmes, forcément séduits par le confort macroniste qui consiste à être subventionné pour protester, bref les ultra libéraux qui se foutent de tout pourvu qu'on aie la tune et la dope; ET le populo déclassé drogué à l'assistance sociale qui passe sa vie chez le médecin hospitalier, dernier temple de la consommation à pas cher pourvu qu'on soit marxiste. Ici, le vin rouge se fait concurrencer progressivement par le cannabis. 

J'oubliais le dernier peuple,  le peuple africain, formé de l'ensemble de toutes les ethnies non européennes que l'on a pris l'habitude de qualifier de l'expression "classes populaires". Le populisme ne s'adresse pas à lui directement mais indirectement, de manière positive (il est l'un des supports du gauchisme revendicateur à flatter), ou bien sur négative (l'horizon du grand remplacement menaçant, carburant de l'extrême droite). Ce peuple là, le peuple négatif, n'a absolument aucun avis intéressant. Hors de la "démocratie", il n'est que référence, trou à subventions certes, mais d'une ampleur encore faible. Il est purement fictif, simplement menaçant, et exclusivement présent sous forme de revendication débiles comme le droit à la mosquée pour tous à nos frais, ou pire, le droit de vendre son cannabis frelaté au nom de la mort du petit adama dont on célèbre l'anniversaire de délinquant athlétique (3 fuites éperdues successives avant de mourir d'asphyxie) en protestant contre l'acharnement policier (le reste de la fratrie est au gnouf pour trafic de drogue ou rébellion). Ce peuple là, on va le voir de plus en plus, de plus en plus de visionnaires vont évoquer la nécessité de son départ semi forcé... Il ne s'agira donc plus de changer le peuple, mais de le ramener chez lui.

 Popolisme ? 

Reprenons car on s'y perd. On peut en dénoncer deux celui de droite et celui de gauche, ou bien les deux en même temps, en les identifiant ou non. On peut excuser l'un et condamner l'autre, on peut critiquer le concept lui même pour mieux excuser ou non l'un ou l'autre ou les deux. On peut revendiquer l'un ou l'autre, mais une chose semble structurellement impossible: revendiquer les deux en même temps. Quoique. 

Pour la définition, on pourra se référer aux écrits cités, mais aussi tenter de parler du mystérieux pouvoir qu'aurait implicitement une masse de crétins analphabètes exclusivement consacrés à leur survie et à leur pulsions. Capables des pires atrocités pourvu qu'on les stimule, ils se mangeront entre eux dés qu'ils le pourront. Rien ne peut en sortir de lui même et qualifier avec des larmes dans la voix de "peuple" cet ensemble n'a tout simplement pas de sens hors d'une préférence qui ne peut être que familiale. L'assumer hors du choix national et encore m'a toujours paru suspect.

La référence à ce peuple comme détenant une "vérité" intrinsèque est donc ainsi selon moi absurde, et n'a pour but que d'alimenter le pattern "populo", et donc de graisser le fameux grigri qu'on brandit dés qu'on peut. Le grigri n'a de pouvoir magique qu'à condition d'y croire, ou d'avoir la cynique ambition d'y faire croire, quoiqu'on veuille faire avec. Le célébrer où qu'on soit dans sa chaine alimentaire est profondément dégradant et honteux. 

Car il n'y a de politique non seulement que de conflits, mais de volontés. Et celle ci n'est pas celle d'un peuple, le peuple, ensemble des membres de la nation n'a pas de volontés, mais les pulsions de la foule. Il peut par contre se diriger et exprimer ses souhaits dans des procédures organisées, le droit symbolique à cela étant la seule chose qu'on puisse décemment lui accorder, et d'ailleurs sans exclusive car on ne peut trier dans la médiocrité. La volonté générale est un mythe, et la fameuse bonté originelle n'est que la négation de son contraire, il n'y a pas, je vous le rappelle, de péché originel dans le monde politique qui n'a d'ailleurs pas de notion de l'individu. 

Un petit "a parte" là dessus: les références bibliques et plus généralement les symboliques religieuses ne mentionnent (presque) jamais de responsabilité "collective". On a toujours un seul héros ou personne sensée "représenter" tout un chacun. On pourrait penser que c'est l'"intelligence" de la parole mythique qui fait office d'opérateur et qu'on peut projeter cela sur du collectif: en réalité quand le mythe veut représenter le peuple il le fait, et donc Adam, ou Hercule sont bien des individus. La réflexion sur les individus concerne les individus et un individu, quand il peut être héroïque, n'est absolument pas un peuple. Les symboliques qui lui correspondent (péché originel, héroïsme, droit d'alerte) ne sont qu'individuelles et n'ont rien à voir avec les droits attribués collectivement. Il est dangereux et faux de faire la confusion. 

Le paradoxe démocratique

Il y a aussi dans le peuple sujet de la démocratie des tendances liées à son obscurité de foule. Tendances à l'autodestruction, pulsion de mort collective indéterminée, irrationalisme fondamental.

Car le support du marché doit absolument être idiot, erratique et crétin. Ce n'est que dans des conditions structurelles bien calculées que sa bêtise foncière peut s'écouler et générer de l'optimum par hasard... Cette nécessité est bien sur combattue par tous les tenants de l'organisation centralisée, ceux qui voudrait doter le foutoir ivre de la foule d'une rationalité immanente dont la connaissance des mécanismes permettrait de sélectionner le dictateur, ou l'animateur, c'est selon. 

Nous avons ainsi, à la source du choix "démocratique" une force obscure irrationnelle, un inconscient doté de fantasmes avec des pulsions symboliques variées mélangeant absurde, cruauté et bestiale sentimentalité. Tout le freudisme peut être injecté dans ce trou à rats fondamentalement désordonné. C'est pourtant là que l'on va décider en faisant voter le machin. Il faut bien comprendre, et je l'affirme, qu'il n'y a pas de garantie quand à l'optimalité du choix. Pire, il peut être déraisonnablement mauvais et mieux (ou pire), marquer, suivant les peuples, des tendances coupables à la médiocrité officielle et à l'abaissement symbolique honteux. Il y a des grands peuples, et il y en a qui ne le sont pas toujours, voire jamais.  

L'électorat qui s'est déshonoré à élire un Hollande, sous le prétexte de se débarrasser d'un Sarkozy, ne mérite aucune estime particulière, par exemple. Une génération de cons à sacrifier. Le choix suivant fait il y a peu fait craindre le pire, je le crains.

Les sondages

On en vient aux sondages, et au rôle trouble joué par les très scientifiques sondeurs de l'erratisme collectif, persuadés et presque toujours à juste titre, de faire de bonnes prédictions. Se substituent ils à la volonté populaire, ou l'expriment-ils ? D'abord les questions posées ne sont intéressantes qu'en référence à une action effective, qui ne peut être que le vote, le sondage étant calibré pour être bon sur ce sujet, les constantes de l'irrationalité des choix ne changeant que lentement, et encore... La précision du sondage s'étend à la période qui précède le vote de peu, et encore, il faut un battage médiatique suffisant pour faire réfléchir ceux qui ne vont pas s'abstenir (30 à 40% de l'électorat, tout de même). 

Le reste est évidemment improuvé, improuvable hors de savantes statistiques faites par les commanditaires des sondages portant sur les consommations de produits, et qui ont surtout pour objet de sélectionner parmi tous ceux qui convoitent le poste de directeur du marketing. Ce n'est bien sur pas à coup de sondages qu'on dirige les entreprises industrielles, et accéder au rang de super cadre à la fortune infinie n'est pas donné à tout le monde. 

Il y a aussi les sondages "généraux" sensés classifier les composantes du peuple en type sociaux et consommatoires. Sont ils autre chose qu'un calibrage préalable des sondages commerciaux, business essentiel des instituts en question ? 

On a pu croire que l'activité sur les réseaux dits sociaux mesurée par des sondeurs un peu pirates pouvait se substituer aux "vrais" sondages. L'actualité prouva que non... Les mesures "sociales" ne sont pas orientées hélas, et l'intensité de la pratique d'une activité d'abord addictive ne peut rien prouver de général,  à part les épidémies de grippe, et encore.  

La navigation dans les détroits

Les conceptions du collectif qui fait l'objet de ceci font penser aux attitudes possibles de l'individu membre de la foule. A la fois membre et juge de la fourmilière qui l'entoure, il ne peut avoir que peu d'options.

Se laisser ballotter par les sondages, et en lisant régulièrement les journaux. La bourse des opinions est ouverte, et il faudrait suivre le vent. Acheter et vendre sur le marché, en gérant ses intérêts. C'est bien sur l'attitude sinon majoritaire, du moins axiale et même si on peut s'en écarter, cela ne serait que folie que de ne pas construire sur le principe. 

On peut aussi délirer dans ses fantasmes d'un avenir meilleur et intriguer pour un camp en influençant autant que possible la marche des choix, quitte à tenter d'influer sur les sondages. Sincérité oblige, et prise de parti dans le sens d'une volonté éclairée par la possibilité de choix politiques orientés vers un possible calculé. En citoyen, quoi. Simplement, ce type d'attitude est difficile à distinguer de la folie pure et simple d'un manipulé par des populismes... 

Car la prise de parti suppose l'accord et donc la soumission à ce fameux parti et à sa ligne, elle même inspirée par des intérêts particuliers pas toujours apparents. Le choix calculé en faveur de l'un d'entre eux est toujours risqué... 

Le mélange des deux attitudes est lui aussi possible: n'en penser pas moins, mais toujours insulter les perdants de toute consultation, nécessairement mauvais et indigne de toute confiance. Le citoyen désespéré qui n'est pas de ce monde peut même vivre heureux, persuadé de la toute (im)puissance de son pessimisme, et toujours se réjouir du pire, en permanence forme apparente de la vie...  

On peut aussi, c'est une autre forme du mélange, n'en penser pas moins mais rester courtois, et toujours garder confiance en le peuple, quitte à ne jamais oublier sa faiblesse constitutive et de toujours la conspuer. La courtoisie de l'Egyptien civilisé, malheureusement (ah que l'expression sent son tiers monde désespéré) issu du pire des peuples d'abrutis que la terre ait porté mais gardant lui, seul au milieu des barbares, l'espoir d'un monde débarrassé de la connerie. Je vais m'acheter un tarbouche.

 

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(1) http://www.slate.fr/story/138602/chantal-mouffe

(2) Laugier https://www.cairn.info/revue-cites-2009-2-page-109.htm#re2no2

(3) https://www.nonfiction.fr/articlecomment-9152-le-populisme-est-il-antidemocratique.htm#newcomment

(4) http://www.laviedesidees.fr/Populaire-ou-populiste.html

(5) https://chronik.fr/eric-fassin-gauche-doit-sadresser-priorite-aux-abstentionnistes.html

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