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Les homos occidentalis

 

 

 

 

 

 

 

 

À l'occasion du constat (accablant) de la nouveauté radicale de notre époque fait dans "Homo Occidentalis" de Fourquet et Rabinovitch, on peut et doit réaliser qu'il va falloir faire quelque chose...

D'abord le diagnostic, celui de l'installation définitive dans nos sociétés (tout l'Occident est concerné) d'un nouveau "régime psychique" des individus, radicalement différent de l'ancien "régime". 

Les réflexes, traditions, motivations et comportements "des gens" ne sont plus, absolument plus ancrés dans des traditions qui pourrait rendre opérants les anciens réflexes et considérations sur "les gens" en général. Ce renoncement nécessaire porte sur plusieurs axes et notamment sur celui de la prévision des situations ou comportements, traditionnellement (le mot est bien choisi) ancrée sur une sagesse fataliste: il va jeter sa gourme, il se rangera, elles ne veulent que ça etc.

Les comportements des jeunes, censés être prévisibles de part la nature qui se répète ne le sont plus, il faut s'y résoudre. Le premier d'entre eux, la résolution finale à l'enfantement est actuellement remis en cause, et cela partout dans le monde occidental, qui ne se reproduit plus à l'heure actuelle. Que dis-je,  le monde "occidental". La totalité du monde ayant accompli sa révolution post-industrielle cesse de faire des enfants, et cela inclus l'extrême orient devenu concurrent et semblable de l'Occident à proprement parler. 

A l'origine de la mutation, c'est ce que propose le bouquin, est l'effroyable massacre de la deuxième guerre mondiale, qui aurait dévalorisé et détruit la structure verticale propre à toute société, patriarcat, paternité, autorité. Rendue coupable ou victime, bref inopérante, cette direction psychique nécessaire à l'établissement de la personne a obligé à une réorganisation (ou à un effondrement) de l'installation dans le social de nos psychismes. 

Si on appelle "civilisation" l'ensemble formé par les psychés en interaction pour organiser stabilité et reproduction de la société humaine, LES civilisations du globe, je rajoute volontairement celles de l'extrême orient, dont on ne réalise pas suffisamment à quel point elles furent impliquées dans la catastrophe de la seconde guerre mondiale, sont concernées et au même titre, partant d'une même stabilité et arrivant à la même désorganisation que l'effondrement de la natalité, à mon sens, caractérise presque entièrement. 

On peut à l'occasion généraliser un peu et relativiser des lieux communs anciens encore largement partagés, et qu'il nous faut réviser. La notion de "grande guerre" considérée isolément (14-18) alors qu'elle n'est que le premier épisode d'une guerre de trente ans globale au monde et qu'il va falloir, de gré ou de force considérer comme un seul évènement dans l'histoire de l'humanité. C'est cela qui a nous changé. 

De plus, il faut faire justice de la Shoah, encore considérée comme le seul évènement marquant de l'histoire contemporaine alors qu'elle ne fut que 10% du massacre total du 2ème épisode, 5% du total de la guerre de trente ans globale, augmentée de la grippe espagnole, et des massacres de l'entre deux épisodes. Le génocide juif est un détail de l'histoire du XXème siècle, il faut se résoudre à l'accepter. 

L'ampleur de la catastrophe matérielle subie par toute l'humanité à cette occasion ne peut être relativisée donc, ou limitée à tel ou tel aspect ou mémoire locale: on a bien un trauma global qui concerne tout le monde, au point d'en écraser les différences, et c'est au final compréhensible qu'en sorte un culte de l'égalité revendiquée (1). 

On peut situer ici les rivalités victimaires structurant les revendications identitaires globales, aspects du comportement traumatisé global du monde. 

Se pose alors la question du quoi faire et du narratif global qui au-delà du diagnostic pourrait permettre de récupérer la situation et d'envisager un après. 

On se doit d'envisager l'approche "chrétienne", ultra résiliente, elle a survécu aux persécutions civilisées et aux  invasions barbares qui ont suivi, mais patiente, très patiente : à chaque fois, plusieurs siècles à subir en silence... Elle se manifeste déjà sans doute et personne ne s'en rend compte, mais le recroquevillement propre à la survie à long terme, déjà activée chez les juifs lucides est sans aucun doute à l'oeuvre. 

Mais, peut-on envisager une réaction "romaine" du genre de celles qui ont sauvé et rétabli l'empire plusieurs fois, alors qu'il était déjà menacé par ce qui allait finalement l'abattre ? C'est toute l'affaire.

D'abord, il faut savoir que ce type d'inquiétude, particulièrement marquée chez  les germaniques et autres austro-hongrois, avaient déjà agité l'Europe avant la grande catastrophe, et avaient d'ailleurs contribué à la provoquer. Cette réaction-là avait pris la forme d'une sorte de conservatisme énergique plutôt autoritariste dont il faut reconnaitre qu'il ne réussit que for peu, le Gaullisme et le Franquisme n'en étant quasiment que les seuls exemples, le reste se perdant carrément dans le foutraque et le nuisible, pour le moins. 

Serait-on alors dans la reconstitution ou la réinvention d'une verticalité autoritaire (re)fondatrice d'un ordre sur le modèle des inventions faites à la sortie du néolithique ? C'est le modèle "païen" suivi par certains, et qui a l'inconvénient de ne pas savoir où donner de la tête, entre cunéiforme et hiéroglyphes, au mieux en suivant, après la chute de Troie, la démocratie imbécile qui après quelques brillantes années se fit détruire dans une guerre fratricide. 

Refaire l'Empire romain ? Bof, la dernière tentative en date, l'Union européenne, a tellement échouée qu'il nous faut enterrer encore pour au moins un siècle la pulsion cyclique. 

J'aimerai caresser cette idée d'un monde occidental très peu peuplé sinon par des robots et piloté par des génétiques triés sur le volet par ces même robots (quoiqu'on peut se demander s'il faut leur faire totalement confiance sur ce point). L'élite de l'intelligence pilotant pendant de longues vies l'élite de la connaissance dans un anarchisme libertarien entièrement plongé dans un monde virtuel dont le seul espoir serait d'essaimer dans l'espace. En tout cas, c'est le seul devoir être et devoir faire qui nous reste. 

 

(1) http://francoiscarmignola.hautetfort.com/archive/2026/09/30/les-regimes-psychiques-6610187.html

À ce point, on doit s'interroger sur la nature des réformes à mener, si cela est possible, et 

 

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