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  • Les Démocraties

     

    À l'occasion de diverses manifestations des actions collectives et des choix, donc des procédures de décision qui y ont mené on se doit de poser la question de la démocratie telle qu'elle se manifeste à différents niveaux. 

    Les thèmes sont ceux des élections truquées ou dévoyées, des débats parlementaires truqués ou dévoyés et des votes non décisionnels de manière générale, dont les votes ethniques. 

    Nous avons à l'heure actuelle en France des exemples manifestes de toutes ces situations, qui exemplifient splendidement à la fois le caractère fragile de l'optimalité démocratique, et le danger manifeste qu'il y a à s'y soumettre sans réflexions. 

    On passera sur la simple fraude, la chose pouvant se contrôler policièrement, et permettant trop facilement des consensus. Le dévoiement, c'est autre chose. 

    Quand pour éviter, compte tenu du scrutin employé, des effets de cliquets majoritaires qui compte tenu des expressions électorales manifestées au premier tour de l'élection législative de 2024, amenaient quasi mécaniquement une majorité RN à l'Assemblée, on mena délibérément des politiques d'alliances opportunistes précipitées, qui au prix de certains sacrifices assuraient la défaite de candidatures RN face à des coalitions improbables négociées de manière ad hoc entre des partis politiques par ailleurs adversaires forcenés, on produisit deux choses, en plus de la paralysie de l'adversaire: la paralysie du pays lui-même, mais aussi la paralysie du système électoral lui-même, conçu précisément pour éviter cette situation. 

    Cette situation, c'est le régime dit "des partis", qui réduit la politique à des négociations d'appareil menées par quelques personnes défendant des intérêts propres aux partis eux même, excluant ce qui l'essence de la discussion démocratique, et qui doit porter sur des politiques coordonnées à mener. 

    Il faut comprendre que cette situation pourrait être interprétée comme partant d'une bonne intention. Quand une politique est décidée puis discutée dans un contexte collectif, la prise en compte marginale des soucis ou intérêts d'une opposition permet de fluidifier son application et éviter des effets pervers solidifiant des désaccords irréductibles. Les poids électoraux, plus les habiletés entre personnes permettent cela.

    Quand la totalité de la décision elle-même est négociée dans son essence, le projet politique à discuter disparait complètement. C'est ce qu'on observe à l'Assemblée nationale française en ce moment, quand  un budget, forme quantitative de l'exécution des projets politiques  se trouve discuté sans aucune référence à aucun projet, sinon sous la forme de déclarations d'intentions idéologiques creuses, marques superficielles d'appartenance aux différents camps en présence. 

    On peut donc affirmer que ce contexte d'exercice de la politique de la Nation n'est pas ou plus, au sens strict, démocratique. Nous sommes entrés dans un autre type de régime, à caractériser et à analyser, malgré l'extrême difficulté de la chose, le dévoiement visible et évident se produisant dans un cadre réglementaire pourtant compatible avec une constitution formellement respectée dont le maintien sourcilleux pérennise d'ailleurs le dévoiement dont nous parlons. Comme si la démocratie consistait à attacher les mains du peuple pour qu'il se soumettent mieux au contraire de ce qu'il veut. 

    Il y a d'autres exemples, visibles simultanément du principe du dévoiement du vote. D'abord bien sûr, le principe du vote bloqué, l'opposition collective à l'inéluctable entrainant pour les mêmes raisons que celles évoquées, l'opposition forcenée à une alternative, des coalitions improbables, voire absolument contradictoire. 

    Sans les voix de l'extrême gauche mélanchoniste, Emmanuel Macron n'aurait pas accédé ni maintenu son pouvoir. Ce simple fait est d'une certaine manière accablant: la démocratie construit des faux consensus, à la fois contradictoire et globalement suicidaires, tout en prétendant défendre une démocratie, conçue comme excluant la possibilité de conséquence d'un choix démocratique ainsi refusé. Là encore, on a une aporie de la démocratie qui s'exerce par calcul contre elle-même et ses principes. 

    Il y a plus grave. Les coalitions instinctives entre soutiens "identitaires" de certaines orientations des partis, nous évoquions ici bien sûr tout ce qui se rattache à "la gauche" et plus généralement à ce qui s'oppose à l'"extrême droite", peuvent aussi apparaitre lorsque se manifestent les votes ethniques. 

    L'appartenance à des populations partageant des projets vitaux essentiels, par exemple l'installation en France de flux de populations allogènes suppose des coalitions implicites qui mènent aux mêmes comportements de dévoiement de la procédure démocratique. Le vote musulman ou immigré est actuellement homogène et orienté, mais aussi calculé et espéré à terme décisif dans l'arrivée au pouvoir de certains partis. Ce pari est actuellement mené explicitement et conduit au plus suprême dévoiement du principe démocratique lui-même: la sélection et la justification d'un pouvoir ethnique pur, celui de la population majoritaire, se mettant en position d'imposer ses moeurs et ses choix derrière la mesure "démocratique" de l'appartenance ethnique majoritaire. 

    On remarquera que toutes ces luttes, et tous ces dévoiements sont absolument tous dirigés contre la seule entité politique qui a pour projet explicite de supprimer ou de réduire ce dévoiement ultime entretenu par une immigration de masse qui aura bien pour résultat de réduire la France non seulement à la démocratie du tiers monde, mais au tiers monde tout court. 

  • Le virtuel, la vérité et la commission

     

     

     

     

     

     

    À l'occasion des auditions à l'Assemblée nationale de la commission "Neutralité et financement de l’audiovisuel public " (1), viennent à l'esprit bien des considérations sur l'information, le virtuel et la vérité. 

    L'audition de la personne à l'origine du scandale (Thomas Legrand) est absolument passionnante, et toutes les oppositions et les conflits philosophiques sur des questions essentielles sont mises en avant avec éclat. 

    Tout d'abord le virtuel. Nous sommes à l'époque de l'enregistrement, du téléphone portable, des micros partout mais aussi de l'intelligence artificielle, et  une grande partie du débat est là. Car l'IA est en position, et la chose a commencé, de fournir des "enregistrements" du réel entièrement simulés. L'étrange impression de réalité produite par le témoin de retour de voyage, par ses articles de journaux, par ses photos, par ses vidéos, par ses documentaires (là cela s'atténue avec la scénarisation perceptible) aboutit finalement au montage par IA, qui peut représenter absolument n'importe quoi, y compris les plus délirantes mises en cause de personnages publics. 

    Au point que ceux-ci s'émeuvent. Emmanuel Macron, saisi par la frénésie du fake, est allé jusqu'à publier des vidéos artificielles délirantes (et étrangement féminisées) de lui-même, pour illustrer on se demande vraiment quoi. Comme si la prédiction d'Eric Sadin se vérifiait et que l'on se mettait à inclure dans son expression des images vraies d'un faux réel, désormais inclus dans la communication. Que cela soit fait depuis le sommet de l'État est atrocement inquiétant: ça commencerait à déraper sévère, donc. 

    La question serait donc que les rézososios devraient être interdits ou contrôlés, ou labellisés pour ne distribuer que des likes sincères et des informations vraies à des consommateurs à la fois avertis et menacés. Ou pas.

    Car il y aurait une autre possibilité et dont on plaint Thomas Legrand, affreusement torturé virtuellement lors de son audition, de ne pas disposer: du droit de ne pas répondre ou parler au sujet de vidéos vraies ou pas, mais dont les circonstances de la production ne seraient pas légales. Car elles ne le sont pas: un enregistrement pirate d'une conversation privée ne devrait pas avoir de valeur, pas plus qu'une image de soi trafiquée qu'on ne reconnaitrait pas. 

    Alors bien sûr il y aurait les caméras de surveillance, qui elles, pourraient servir le droit. Mais pas les autres... Pourquoi ne pas jouer cette défense-là et établir le statut "fake" des productions audiovisuelles dites de "témoignage" dont la prolifération commence à perturber le monde. Prendre l'habitude de les considérer telles et donc d'en négliger complètement la circulation sinon à des fins de plaisanterie serait le moyen d'assainir bien des débats, et bien des conflits.

    Le journaliste convaincu de complot pourrait nier être coupable de quoi que ce soit, et négliger la preuve de sa vilénie en la renvoyant à son illégalité de création, et donc à son ambiguïté fondamentale concernant la vérité. Car la question se déplace: qu'est-ce que la vérité dans tout procès ou chose similaire ?  La querelle Legrand-Cohen est bien une affaire de détermination de vérité. 

    Faite non pas dans une instruction, ni un tribunal, mais dans une commission d'enquête, où à des questions factuelles s'opposent des réponses vérifiables factuellement mais contradictoires c'est-à-dire maintenant des prétentions à des vérités contredites. 

    La phrase "on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi" arrête net la vidéo diffusée. C'est donc un montage hors contexte qu ne veut rien dire etc. A ce point on réalise que la vidéo est acceptée et qu'on essaye de contredire ou d'attaquer la signification qu'on en tire. On accepte donc sa validité comme pièce de débat contradictoire, et on ne refuse pas simplement de la considérer, comme je le conseillais. Et ça démarre. 

    Dans les échanges, surréalistes qui ont lieu ensuite, on s'envoie alors des accusations de mensonges en miroir, un constat d'huissier interprété diversement actant pourtant le non-niable: la vidéo n'est pas montée, n'est pas un fake, les paroles sont bien prononcées etc. A force, on se résout à admettre que la phrase est maladroite et peut être mal interprétée: elle veut dire qu'on va s'en occuper "journalistiquement" et c'est reparti pour des hurlements...

    Daniel Schneidermann en (2) évoque un procès de Moscou, effectivement, mais rate le mal qui l'affecte aussi et qui est commun à tous ces "journalistes" : leur engagement dans un combat moral et politique qui motive et oriente tous leurs avis. C'est là que la notion de "virtuel" et de "fake" au sens moderne apparait en pleine lumière. 

    Car on est là dans la grande révolution passée des années 90, et dont sont "originaires" tous ces gens, finalement des vieux cons dépassés hantés par la grande époque Mitterandienne qui a rongé leurs âmes. Il faut bien en comprendre la complexité et la ... durabilité. Mitterand était un aventurier retors qui issu de l'extrême droite des années 30, puis des années 40, devint résistant, puis d'extrême droite à nouveau, puis charnière pour être ministre et finit socialiste après avoir liquidé le communisme. Ce n'est pas fini, pour les fidèles qui suivirent son ascension finale, il est un traitre à la gauche pour avoir inauguré la social démocratie libérale française. 

    Embrasser tout cela a transformé le journalisme. Initialement purement arriviste mondain, amateur de danseuses à critiquer et de coups à boire pour agrémenter les bouclages chaotiques, le journaliste était autrefois un cynique, gros travailleur et d'abord un producteur et amateur de ragots, cela tous les jours pour le jour même, d'où son nom. 

    Ce cynisme détaché lui donnait une valeur dans un monde ou de multiples valeurs s'affrontent: pas de meilleure neutralité que le cynisme détaché qui trahira tous les idéaux au nom du vraisemblable et qui donc s'approchera finalement le mieux de la vérité, celle qui ne pourra jamais être témoignée par le militant bêlant ou le sinistre et sincère philosophe obsédé par ses découvertes. Car la vérité dans le vrai monde libéral moderne qui émergea après la Révolution était conflictuelle et produite par la liberté et la diversité des opinions. Un pari civilisationnel, mais qui semble avoir été complètement oublié.

    Plongé dans un océan historique encore plus cynique que lui, le journaliste mitterandien, pour rendre compte de ce cynisme supérieur au sien donc, se piqua alors de sincérité, et se mis à dénoncer la gauche au nom de la gauche. Voilà le fond moral de tous ces hommes qui trahirent absolument tout au nom de cet idéal là, la trahison consistant à rester, et à juger des élégances en approuvant ce qui allait dans le bon sens à toute occasion. Mais petit à petit l'essentiel se décala, la gauche plus ou moins gauche avait un ennemi à combattre et là pas d'ambiguité, la sincérité avait de quoi vivre : il s'agissait maintenant de lutter contre la droite et surtout son extrême. 

    Que l'on soit analyste du virtuel comme Schneidermann ou pas, on reste un combattant du bien, donc et ça se voit. Et cela devient affreusement ringard. Ringard au point d'être directement accusé par des députés LFI de "faire le jeu du Front National" crime rituel à gauche, et dont s'accusent les membres qui se défendent en refusant la "culture de l'affrontement" typique. 

    Y aurait-il un nouveau journalisme, un peu grasseyant mais capable de faire la part des choses, et donc de se déterminer sans être le jouet d'un idéal (3) ? 

    C'est bien Arthur de Watrigant qui a révélé la fameuse vidéo (4). Un homme d'un nouveau monde: il décrit et c'est une enquête extraordinaire, toutes les réactions des journalistes "de gauche" à la publication de la vidéo. Un régal de faux culterie et de mensonges au service du bien, avec l'affirmation explicite que voler des vidéos dans un café ne peut être honnêtement que pour dénoncer la droite et la fameuse accusation de "barbouzerie" à la fois réelle et virtuelle... Le camp du bien est une fake news à lui tout seul. 

    Au passage, l'exemple de l'humour France Inter par François Morel ("enculé", "fils de pute") (5). Insultes, engagement délibéré dans la lutte contre l'extrême droite, et les rires derrière veulent dire ce qu'ils veulent dire: un humoriste s'en prend donc en ces termes aux coupables d'avoir diffusé une vidéo volée. La défense par Adèle Vanreth de son humoriste, spécialiste et expert de la langue est particulièrement ahurissante, lente, alambiquée et prétentieuse. Enculée de sa mère, salope, oups, me voilà expert de langue. 

    Au passage, on s'interrogera aussi sur la possibilité de la part du très agressif rapporteur de la commission d'enquête, de demander à tous ces gens s'ils avaient pris en compte, ce que, à leur avis, pouvaient penser de leurs choix éditoriaux et de personnes, les auditeurs "de droite" usagers du service public de l'audiovisuel qu'ils étaient chargé d'animer. Cette capacité de se mettre "à la place de"  pourrait en effet être une faculté nécessaire à la production d'émissions destinées au plus grand nombre dans sa diversité propre. La dame imagine-t-elle ce que peut penser de son explication sur l'expertise linguistique de François Morel une personne dont l'opinion est que le service public est entre les mains de la gauche ? 

     

     

     

     

     

     

    (1) https://videos.assemblee-nationale.fr/video.17971742_6943fffa44853.neutralite-et-financement-de-l-audiovisuel-public--m-patrick-cohen-journaliste--m-thomas-legran-18-decembre-2025$$

    (2) https://www.arretsurimages.net/chroniques/obsessions/legrand-cohen-a-lassemblee-un-proces-a-blanc

    (3) Arthur de Watrigant sur Sarkozy https://youtu.be/8xP97iTcTlM

    (4) Arthur de Watrigant sur sa video https://youtu.be/soSB6RPufaQ

    (5) Francois Morel fils de pute et enculé https://youtu.be/ZtNxmvcraYo

  • La Stratégie Américaine

    Trump publie ces jours-ci un brûlot étonnant (1) rassemblant toute une série de voeux pieux, qui je pense devrait stupéfier en Europe. 

    On peut le résumer brièvement en disant qu'il s'agit de rétablir la situation compromise de l'Amérique dans un certain nombre de domaines, en faisant l'inverse de ce qui était fait précédemment... Et puis un surprenant diagnostic de la situation européenne. 

    Mais d'abord, des constats sévères sont fait, en toute lucidité, quant aux politiques menées depuis trente ans par les USA, soit la stratégie américaine, qu'il convient de changer complètement. Car les élites américaines se sont "gravement trompées" en voulant assumer un état providence massif et une domination militaire mondiale  basée sur un libre échange qui a détruit la classe moyenne et la base industrielle qui faisait la puissance des USA. Elles ont liée la politique étrangère à des institutions internationales ouvertement anti-américaines. En bref, on s'était fixé un objectif irréalisable en sapant la base de sa puissance.

    Immigration, wokisme doivent être arrêtés. 

    Et puis il y a la position vis à vis de l'OTAN, 

    Le diagnostic européen est lui, absolument sinistre: "le continent sera méconnaissable d'ici vingt ans". Sa part du PIB mondial est passée de 25% à 15% en vingt ans, elle subit une immigration incontrôlée, une restriction des libertés politiques, une explosion de réglementations, la perte des identités nationales, et une perte globale de confiance en soi qui se traduit par une attitude conflictuelle problématique avec la Russie considérée comme une menace existentielle. 

    Et puis, le document à ce point précis semble déraper, évoquant des gouvernements européens minoritaires qui répriment leurs oppositions et manifestent des attentes irréalistes concernant la guerre en Ukraine, ceci à rebours de leurs opinions qui souhaitent la paix. Une inquiétude réelle des USA est exprimée ici, évoquant une instabilité européenne, et un enlisement dans une crise politique. 

    La réaction de Valérie Hayer, députée européenne macroniste ne s'est pas fait attendre: "Ce document est inacceptable et dangereux. L’administration Trump n’a pas à se mêler de nos politiques intérieures ". Tout commentaire est superflu. 

    C'est donc le moment de parler de l'Europe, et un pessimiste terrifiant nous la décrit (2) avec cruauté, en rapport avec ce qui est devenu la stratégie américaine à son égard. 

    D'abord le paradoxe européen. Engagé dans un projet de construction d'une fédération, les hommes et les institutions de l'Union européenne croient y être arrivés ou en passe d'y arriver, alors que tout montre le contraire: la faiblesse globale politique et économique de l'Europe est criante, et les positions qu'elle défend au sujet des négociations en cours entre USA, Russie et Ukraine en font un acteur méprisé, laissé de côté et piétiné régulièrement par les uns et les autres. 

    Simultanément, et là est le paradoxe, jamais les faiblesses en rapport des nations qui composent cette Europe n'ont été aussi apparentes: décidées à sacrifier leur souveraineté en faveur d'une puissance globale qui n'existe pas, elles se noient littéralement dans leurs impuissances respectives, les conciliabules entre les 3 nations qui dominaient le monde il y a un siècle n'ayant jamais été aussi ridicules et vains. Un naufrage global: l'Europe n'est plus rien et justifie entièrement le sombre diagnostic américain.

    Elle devient une zone à prendre, exploitée par l'Amérique et la Chine et narguée par la Russie qui s'agrandit à ses dépens, notamment, on va le voir, en mer Noire. Elle est aussi visée par ce que del Valle appelle l'empire islamiste, le consortium international issu des mondes musulmans qui tente de prendre pied en Europe en utilisant l'immigration musulmane en croissance, et qui pourrait conduire à la constitution en Europe d'enclaves islamisées qui changeraient l'Europe au sens évoqué par le document américain.

    Que peut faire Mario Draghi pour restaurer la confiance ? Que peuvent faire les penseurs de l'européisme pour redresser la barre ? En rendant public le diagnostic de leur échec et de leur impuissance ? Tout se passe comme si la fuite en avant dans une construction de la confrontation avec la Russie, qui pourrait survivre à tout arrêt des combats, était considérée comme la solution à la construction du fédéralisme indispensable qui reste l'horizon historique de nos dirigeants. Cette confrontation, on le voit déjà explicitement (les accusations contre des bloggers connus, Xavier Moreau, Jacque Baud, en étant la preuve ) pourrait servir à durcir les positions vis à vis de l'opinion, qu'on voudrait contrôler par une propagande de guerre. 

    Le récent discours de Friedrich Merz au Bundestag allemand (3) évoque le sursaut allemand. Il n'évoque pas l'immigration, sinon en disant qu'il a fermé les frontières, il n'évoque pas le nucléaire sinon en évoquant vaguement des erreurs, évoque à peine l'imbécile interdiction des moteurs thermiques en train d'être abandonnée, et se concentre furieusement sur la guerre à nos portes, en évoquant service militaire et industrie d'armements. 

    Une seule fermeté: l'Allemagne ne peut remettre en cause son industrie au nom d'un problème de climat qu'elle ne peut résoudre toute seule. Autant le dire: quel courage ! 

    La France n'est pas mentionnée. 

     

    (1) Le document stratégique américain: https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/06/strategie-de-securite-nationale-americaine-le-plan-de-la-maison-blanche-contre-leurope-texte-integral/

    (2) Thinkerview d'Alexandre del Valle https://www.youtube.com/watch?v=v-67JVP42bI

    (3) Discours de Merz: https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/15/friedrich-merz-lallemagne-et-la-fin-de-la-pax-americana-texte-integral/

  • Les plans de paix

    On veut discuter des accords de paix et des discussions en cours avant Noël 2025. 

    D'abord, on assiste à un tour supplémentaire de la spirale du deal Trumpien: décidé à abandonner l'Ukraine, les USA doivent convaincre les Européens de lâcher leur stupide étreinte sentimentale avec la honteuse nation "en devenir". Mais cela n'est pas fait. Alors on continue. 

    La question est bien sûr celle des territoires, toujours considérés comme incédables par la conception du "droit international" que se font les Européens: nul ne peut changer les frontières, même les plus absurdes, les plus tyranniquement constituées, les plus absolument représentatives de l'arbitraire et de la violence. C'est-à-dire précisément celles de l'Ukraine, dont la Crimée (donnée lors d'une soirée alcoolisée), le Donbass (donné par un partisan des nations qui créa celle là), le reste (des terres historiquement russes cédées par contrainte). C'est bien toute l'inculture, toute la propagande forcée, toute la fausse conscience historique manipulée qui préside à l'avis autorisé européen. Une honte, une vilénie, une saloperie en fait: derrière, toute la stratégie de conquête séculaire à l'est de l'Allemagne, demeurée inentamée, et surtout toute la volonté expansionniste américaine de régner sur le monde en en contrôlant le coeur, c'est-à-dire l'Ukraine. 

    La Russie, depuis les référendums de 2022 en en fait une question de principe: Donbass plus Novaya Russia (qui inclut bien sûr Odessa, mais chut) sont maintenant russes, et les Ukrainiens doivent en sortir, de gré ou de force. 

    Arc boutés sur la question, les Européens refusent d'accepter cela, et alignent les poncifs (souveraineté, droit international, paix durable, garanties de sécurité) pour continuer à tourner autour du pot, en assurant le dirigeant ukrainien (comme depuis le début, après le rejet des accords d'Istambul) de leur soutien éternel. 

    On assiste alors à un double dévoiement. D'abord celui qui a conduit l'Amérique à réaliser son but de guerre principal: découpler l'Europe de la Russie et rompre toute possibilité d'une Eurasie super puissance, cela avec, c'est le deuxième point, l'accord voire le soutien fanatique de la victime désormais acharnée à sa ruine, son isolement et surtout sa défaite militaire pourtant inéluctable et qu'elle refuse de voir. 

    Mais il y a plus, et le Grand Contient se précipite : l'Europe veut devenir grande et se précipite, voire s'excite à mort. 

    Et d'abord, et là on se marre en tirant le constat qu'effectivement totalement rejetée par la Russie dans les discussions à venir, sa cécité sur la question des territoires en faisant un acteur qui s'enfonce dans une conflictualité permanente avec la Russie, elle commence à se plaindre de l'allié qui l'a plongée dans le conflit.

    Celui-ci s'entendrait avec la Russie sur son dos !!! 

    Réaliser après que ce même allié se soit engagé dans un conflit assumé (par la corruption organisée de l'Ukraine au service de son fils ,et le refus de Biden de négocier globalement au dernier moment), et cela sur son dos, en ruinant pour longtemps sa source d'énergie pas chère, condition sine qua non de prospérité pour toute zone de production de premier plan; réaliser donc que cet allié, maintenant, sans le lui dire, négocie une paix selon ses intérêts propres continués et cela sur son dos, a de quoi inquiéter, dérouter et hystériser davantage. 

    Nous en sommes donc là, l'abominable Russe, qu'on avait raison de croire ennemi, serait en train de "séparer" les USA de l'Europe, c'est la manière de présenter les choses qu'on va maintenant chercher à promouvoir. L'Europe est seule face à son destin, et les hiérarques corrompus nous guident vers notre avenir qu'ils voient radieux, le Grand Contient nous l'explique. Il va falloir larguer les amarres !!! 

    De fait l'Europe se retrouve comme Hitler en 45 entourée des Américains et des Russes réconciliés. Va-t-elle se faire envahir conjointement comme d'habitude ? Cela serait piquant, on va pouvoir recommencer le baby boom et le jazz... 

    En attendant, un florilège de déclarations illustrant l'accablant déni, le désastreux aveuglement, la honteuse prétention, et l'absolue impuissance: 

    de Macron: 

    "Nous devons continuer à faire pression sur la Russie pour la contraindre à la paix."

    "Les Européens seront nécessairement un pilier important de la solution juste et durable que nous sommes en train de bâtir tous ensemble."

    de Kaja Kallas:

    "Imposer des restrictions et des contraintes à l’Ukraine ne nous apportera pas une paix durable."

     

    Avant de se laisser aller à rire, notons le dernier document de stratégie américain qui se fixe pour but la réconciliation avec la Russie et la stabilisation stratégique de la situation. On ne saurait mieux décrire la reconnaissance du démembrement ukrainien et l'accord "sur notre dos". Vae victis. L'Europe encore vaincue ? Caramba !