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  • Les gens

    A l'occasion du dernier Guilluy, "les gens ordinaires", on élabore sur ces fameuses "classes populaires" toutes comprises, qui constituent la grande majorité de population (salaire médian 1700 euros) et qui commencent, après les élites, à faire sécession(1).

    Les élites

    On commencera par "la révolte des élites" de Christopher Lasch, qui expose un ensemble de phénomènes caractéristiques, dont la mobilité géographique des élites, sa pratique des morales relâchées, d'une culture dite objective relayée par des médias qui refusent tout débat, de la haine de ce qui n'est pas elle même, de l'oubli des traditions. 

    Or, et c'est cela qui est "marrant" c'est que ces caractéristiques étaient précisément celles que l'on attribuait traditionnellement à la masse populaire dévorée par l'alcoolisme, l'inceste, l'internationalisme ouvrier, la haine du bourgeois et des policiers. Tous ces travers étant compensés par le national droitier attaché aux traditions. Et bien le monde s'est renversé. 

    Une raison, avancée vicieusement par Emmanuel Todd est la "libération des femmes". Enfin admises dans l'enseignement supérieur, les femmes éduquées se font épouser et alors que l'homme supérieur était jusqu'il y a peu obligé de trouver femme dans les milieux inférieurs pour avoir la paix, ce qui assurait une communication sociétale et existentielle entre haut et bas de la société, cela est fini: on baise et se reproduit entre soi. C'est cela qui cause la fin de l'ascension sociale, le système éducatif étant tout simplement abandonné ou du moins séparé entre haut et bas, les classes supérieures ayant définitivement abandonné le service public d'éducation au profit de l'enseignement privé, mixité sociale oblige. 

    Une conséquence est la rupture de la conversation démocratique à travers les barrières de classe. L'âge des populismes rend impossible tout débat et toute commuication et la confrontation est devenue intrinsèquement violente. 

    Un exemple parmi tant d'autres est ce qu'on a appelé le "populisme sanitaire" c’est-à-dire en gros l'appel du professeur Raoult à "soigner" plutôt qu'à gérer technocratiquement l'épidémie en pratiquant de la gestion de perceptions systématique et à tout faire reposer sur un vaccin magique. C'est moi qui cite cet exemple, qui a eu pour conséquence ma rupture définitive d'avec le monde élitaire auquel je croyais appartenir, et qui n'est plus pour moi qu'un ramassis de corrompus dont je souhaite la destruction violente. 

    On en est là. D'après Guilluy, la phase violente n'est pas obligatoire, et il voit derrière la brutale visibilité de la sécession en retour, celle du peuple, l'annonce d'un renversement politique, certes, mais pas forcément violent ou destructeur. Car il perçoit le "peuple" comme bienveillant en fait et c'est toute la question. 

    Ma théorie

    Car la chose est débatable. Ma théorie est que tout vient de l'irruption de la gauche et du progressisme dans l'ensemble de la société. Le résultat en fut double: d'abord le principal objectif à détruire, le tranquille réactionnaire responsable un peu coincé et globalement pragmatique sociétalement et économiquement fut abattu. Ensuite son remplaçant, (les élites actuelles) commença par épouser entièrement ce dont il était chargé de protéger la société. Prétextant hypocritement une défense d'un peuple idolâtre (qui n'est pas communiste est un chien) et voulant résoudre la "question sociale", il commença par arroser d'une corruption illimitée les masses populaires, lui faisant croire à l'impossible (l'ascension sociale illimitée et la richesse pour tous comme un droit). Le résultat fut lui même double: d'une part la ruine pour non-rentabilité du système productif, incapable de supporter la ponction qui lui était appliquée, d'autre part la captation par l'élite de ce qui restait et qui bien sur fut re-conçu pour échapper à cette ponction. L'économie financiarisée globalisée, soustraite à l'impôt,  fut ainsi  développée à outrance et fit des merveilles. Distribution de biens achetés peu chers dans les économies émergentes, et destruction systématique en retour des industries occidentales. On substitua la charité envers un chômage énorme (en Europe) et un déclassement infiniment brutal (aux US) à la satisfaction des revendications sociales. L'âge de l'humanitaire généralisé commença, car on eut donc bien sur la cruauté d'ajouter aux victimes la totalité du tiers monde, "classes populaires" désignant désormais le seul qui ait le droit de se plaindre: le black en goguette venu grapiller les miettes de la charité directement sur place, les poubelles des blancs étant garnies. 

    Les thèmes

    Les exemples du désastre, et le bouquin de Guilluy en est plein, sont à citer et sont bien sur vrais, la destruction complète de la confiance en les médias en étant un exemple énorme. 60% des gens ne les consulte pas, et ne croient rien de ce qu'ils disent, jugeant fausses leurs informations ! On se souvient de ce film racontant l'histoire d'un voyageur de l'ouest américain qui gagnait sa vie en lisant le journal du mois dernier à des publics attentifs et émerveillés... Ce temps est passé.

    L'internet a gagné et le système de communication global a changé de mains. Encore dispensateur gratuit des "unes" des journaux traditionnels ce qui dispense complètement de les acheter (c'est mon cas), le net va bientôt s'autonomiser complètement et la rumeur publique aujourd'hui encore construite sur une uniformité de façade, se lézarde : il va se passer quelque chose de brutal. Déjà, certains incendies, certaines émeutes ne sont pas rapportées ou bien déjà par des sites spécialisés qui ne font que compter les morts. Une économie de l'information comparable à celle des pays en guerre se développe. Les rumeurs se croisent, et les fausses nouvelles isolent les camps. 

    Les populations entièrement sous la douche de leurs réseaux sociaux spécialisés ont déjà basculées, heureusement que l'internet permet aussi de fractionner et sans doute un grand nombre de gens font la part des choses en diversifiant, ne serait que de par leurs préférences personnelles, leurs sources, par ailleurs incroyablement variées. Car le peuple n'est pas stupide, et consomme de l'information, cela est indubitable ! 

    Mieux, et c'est Todd qui le mentionne, la partition des peuples ré-introduit ce que l'élite avait cru abolir et qui est le propre de la vie de l'humanité depuis les origines: les pauvres sont intelligents ! Alors que l'éducation de masse avait un temps laissé croire que TOUTE les vraies intelligences seraient normalement appelées à devenir bourgeoises et ainsi sélectionnées pour devenir élites, aspirant la qualité vers le haut, le fractionnement social laisse dans les basses classes, à des salaires minables, des cerveaux et des cultures étendues, parfaitement capables d'organiser et de théoriser la lutte contre les couillons qui les méprisent ! Mieux, ce fractionnement, par sélection des habitudes et des pratiques sociétales plus que des vraies compétences, installe au sommet des hiérarchies  de parfaits crétins, incapable de réfléchir et de juger et qui prennent des décisions stupides qui les desservent eux, leurs proches et bien sur leurs administrés. 

    L'exemple suprême de ce "déclassement des élites", qui est à la fois intellectuel et moral est bien sur Emmanuel Macron lui-même, le prototype du petit trou du cul élu par des médias cyniques et aussi par les grands-mères aspirant au sort de brigitte à la sexualité terminale, léchée par son petit fils. L'ignoble connerie du président actuel est absolument totale, infiniment pire que celle de son prédécesseur, le minable notable de province baiseur  d'ailleurs sodomisé en guise de trahison. 

    Une formidable aspiration à nier et à expulser l'infâme discours issu des ruines du socialisme est-elle en train de se faire jour?  

    Étant personnellement absolument pessimiste, je ne le crois pas, et reste persuadé que le peuple français est définitivement vérolé par la corruption socialiste, qui vient de très loin et dont il ne pourra se défaire. De toute façon, je ne verrais pas vivant la renaissance et donc mon pessimisme est donc sans aucun doute vrai, après moi le reste des temps, c'est vous qui le verrez. 

    Je relativiserais toutefois cette stupidité, et cela contre Guilluy, qui il faut le dire nous affirme simultanément l'autonomisation du peuple et son humiliant roulage dans la farine lors du "grand débat", honteuse et absolument dégueulasse manipulation d'opinion orchestrée par d'efficaces communicants. Cela couta la peau du cul (quoiqu'à coté du covid, c'était pratiquement gratuit) mais avec quelques éborgnements, on en fut quitte pour la peur. Le débat montra l'absurde bêtise d'un peuple de cons bavards et  vieillissants, (les retraités qui votèrent Macron, se firent enculer de leur baisses de pensions, d'une tentative de la généraliser à tous, continuent à jouer le jeu, fantasmes de vieilles oblige) qu'on balada six mois pour rien... 

    La méthode, efficace en diable, fut même appliquée aux écolos revendicateurs du climat ! On fit les non promesses qu'il fallait et l'éolien, c'est le principal, est en développement, il fait sens, et consensus. Pour notre ruine, et notre désespoir. 

    Ainsi de manière globale, je dirais, que malgré tout, la corruption globale (soumis à prébendes, le peuple débande) continue de marcher et le peuple de France, qui vient de passer un an à rien foutre sous subventions et chômage partiel ne fait que continuer à en profiter. Cela s'appelle le traitement social de la pandémie et c'est absolument ignoble. Au passage, on ne taira pas les incroyables débordements générés par le "quoi qu'il en coute": escroqueries à tous les étages, salaires de compensations forfaitaires déments, fraudes multiples et généralisées que le télétravail ne détectera jamais. Le bon peuple s'en met plein les poches, du moins la fraction d'icelui qui n'a pas contre toute attente la "common decency", toute règle ayant ses exceptions. 

    En période de pénurie, on truande, et là je vous garantis que ça y va joyeusement. 

    Peut être est pour cela que Guilluy parle de sécession "culturelle" : comme il est optimiste, il conçoit la "victoire" comme le résultat d'une évolution de temps long, donnant finalement raison à la masse éternelle, celle qui a par définition raison, mais qui essentiellement inconsciente, ne pourra que sortir de la fange qu'à un rythme astronomique (...). De fait, l'évolution vers la véritable haute moralité va être très très lente.

    En attendant, l'anarchie totale et les zones de non droit dues à l'effondrement de l'état et surtout le mépris universel dans lequel on  le tient vont la ralentir. Débrouille, fraudes et passages "de l'autre coté" se généralisent.

    Un exemple, déjà pratiqué par la "haute" (dont moi): la consommation se fait au tiers du prix par l'occase et la truande, via les réseaux. Pour la vidéo, le cinéma et la musique, c'est simple: c'est gratuit, via les réseaux aussi. Une culture entière du bas prix et de l'échange s'est mise en place, et la bouffe, mais là c'est Guilluy qui le dit, va bientôt passer aussi de l'autre coté. Le pain au raisins à 5 euros, ca ne va pas être partout, et pour tout le monde... Cette sécession économique qui avec les caisses automatiques et les ventes en gros va finir d'uberiser complètement la distribution fera ressembler toutes les villes à ces centres commerciaux de cités dans les zones de non droit: des forêts de rideaux baissés. 

    La France deviendra une zone américaine comme une autre. C'est en cours.

     

    L'ultra libéralisme

    Car l'explication vertueuse et optimiste de Guiluy qui voit dans toute cette misère un avenir lumineux est forgé sur l'assimiliation du progressisme honni  au tout aussi honni ultra libéralisme. Assis sur la corruption, l'étatisme, la bureaucratie tatillonne, le doublement des règlementations européenne par une deuxième, bien française et surtout bien plus contraignante sur tous les sujets, et bien sur l'écrasement fiscal dans tous les domaines suceptibles de possibles taxations, la gouvernance française serait donc, ainsi, "ultra libérale". 

    Ce point fort, cette affirmation débile qui me fait hurler de rage est partagée par des gens aussi fins et informés que Todd et Guilluy, voire Zemmour ! Que popolniette, la niaise rouquine maigrerelette, groupie chevènementiste trempée dans l'eau de rose en soit, passe encore, mais tous les autres ! 

    Le marché a disparu, entièrement remplacé par les magouilles multiple de l'assistance et de la débrouille, qui fait qu'une population entière, au chômage et à toutes ses variations possibles, ne fait rien absolument rien que survivre en suçant de la glace à la fraise. Cela est patent, évident et manifeste mais non, le progressisme est "une idéologie au service du marché (et donc des classes dominantes). Le contraire strict de la vérité en fait. La sortie de la société de l'échange marchand "ordinaire" du fait de la stérilisation complète de toute économie profitable est en cours, et c'est ce que je dis. Le contraire exact du libéralisme et de tout libéralisme ultra, qui sont en fait, et plus que jamais la seule solution. Fasse donc le ciel que l'état s'écroule, que l'arnarchie règne, au moins se manifesteront enfin les seules vraies forces libres de l'humanité, les seules capables de générer un ordre vertueux, sans intervention de qui que ce soit. 

    L'immigration 

    Une grande partie du livre de Guiluy parle de l'immigration. Cela de manière nuancée, plutôt qu'ambigüe, mais néanmoins étrange. On doit rapprocher le jugement de celui de Michelle Tribalat (2). 

    - les populations natives "ordinaires" sont inquiètes et demandent une "régulation des flux migratoires".

    - les migrations sont globalement faibles, la planète vieillit, le monde se sédentarise. 

    - l'arrivée des migrants et leur reproduction est modérée, on ne sera pas à la majorité avant longtemps. 

    En fait, Michelle Tribalat dont le discours est également nuancé dit autre chose. 

    D'abord que la société native multiculturelle, qui du fait de sa gentillesse elle aussi native, (ou d'autre chose, je dirais plutôt sa connerie, sa corruption par l'assistance sociale et le matraquage médiatique) a supporté sans rien dire l'installation de populations africaines sans beaucoup moufter n'est peut être pas capable de résister à des identités marquées, elle aussi menacées, mais agressives et violentes et habitées par des fois primitives, par ailleurs manipulées par des idéologues. On pourrait se convertir à l'islam pour avoir la paix, dans certains cas, et cela pourrait bien advenir. La question est posée et la minorité agissante pourrait bien influencer certaines zones plus qu'on ne le pense. 
    L'attitude des jeunes à ce sujet, incroyablement tolérante pourrait bien être un signe que cela pourrait être le cas. La multiculturalité de l'avenir pourrait surprendre et il faudrait s'y préparer... 

    Ensuite que les chiffres sont profondément influencés par le fait que la société est vieillissante, et que l'immigration est jeune. La majorité pourrait bien être obtenue pour les populations de moins de 40 ans bien avant la basculement ultime. En 2060, par exemple, ce que dirait Tribalat ! Cela n'empêcherait pas les très nombreux petits blancs encore majoritaires mais devenus vieux de ronchonner à raison encore longtemps. Cette conception du chiffrage qui permet à beaucoup de se tranquilliser à bon compte en oubliant la réalité, la vraie réalité, fait tout le charme de la démographe, qui à force d'objectivité, permet en fait de comprendre la complexité du phénomène et peut être aussi son absolue inéluctabilité. 

    En tout cas, la chose est claire: la France pour survivre au passage de ce siècle va devoir faire quelque chose. Réguler les migrations, comme le dit Guilluy. Ou quelque chose comme ça. 

     

    (1) Guilluy interview : https://www.youtube.com/watch?v=OiB-7m5l_qw

    (2) Interview Michelle Tribalat http://www.micheletribalat.fr/442406041#page-comments

  • Les Rwandas

    Un article du monde, le 2 Avril 2021, signé de Patrick de Saint Exupéry commente la remise du rapport Duclert sur le Rwanda, Duclert étant décrit comme un "spécialiste des génocides". Il est en fait spécialiste de l'affaire Dreyfus, et n'a jamais travaillé en Afrique. Ça commence bien. L'article continue et évoque la guerre secrète menée par des militaires français depuis l'Elysée:  

    "Une guerre qui permit la réalisation d’un génocide, le plus fulgurant, le plus brutal jamais vu, «un génocide sous sa forme la plus pure», nota l’historien Raul Hilberg".

    La confusion des affaires, l'inanitié d'une citation du génocide juif qu'on applique immédiatement au Rwandais pour accentuer rhétoriquement la culpabilité française est décisive pour le lecteur attentif: un putain de tutsi de merde membre des services de propagande de Kigali tient la plume. Le reste de l'article est une litanie d'accusations contre le complot français qui a caché la vérité depuis vingt-cinq ans... On peut néanmoins nuancer: la plume fut témoin de l'affaire de Bisesero qu'on décrira plus bas.

    Dans le même journal, la révélation d'un général: le général Varret parle d'un risque de génocide qu'il a évoqué en Avril 1993 (un an avant l'affaire)  auprès de sa hiérarchie et qu'on n'a pas entendu, en fait il a été évincé de son poste à la coopération militaire avec l'Etat Rwandais, alors dirigé par Juvénal Habyarimana. Un colonel coopérant lui demanda des armes pour "liquider tous les tutsi", "ils ne sont pas si nombreux". Horreur. Un problème, au nom du "devoir de réserve" et sur injonction, il ne le rapporta pas à Paul Quiles en charge d'enquête en 1998... Il fut au courant, avant de se faire dégager d'actions secrètes (évidentes bien sur) contre le FPR en Ouganda. 

    Alors impliquée contre une guérilla formée de tutsi exilés et venue d'Ouganda, la France s'employait à stabiliser le Rwanda militairement. Tout vient de là: la présence d'une guerilla de conquête menée par une minorité ethnique au Rwanda objet de la part de la majorité d'une haine ethnique séculaire et entretenue. 

    Poussée par des intérêts économiques opposés à la France,  qui justifiait sa politique, par ailleurs attachée à stabiliser aussi le Zaire voisin en pleine explosion (un ambassadeur français tué en 1991, tout de même), certains voulaient les diamants et les anglo-saxons de l'est, silencieux toute la période, aidaient les tutsis. La démocratie exigeait que le hutus gouvernent à condition de traiter convenablement les 20% de tutsis, et aussi de faire la paix avec la guérilla révoltée depuis toujours. La diplomatie française travailla et aboutit juste avant le génocide en 1993, aux accords d'Arusha (Octobre 93) qui lui permirent d'évacuer tous ses militaires. Ouf ! 

    Comme le TPI (Tribunal Pénal International) l'asserta au bout de vingt-cinq ans de ses assises, il n'y a pas de preuves de la préméditation du génocide et les Français n'y furent pas mêlés, et d'ailleurs ils évacuèrent complètement le Rwanda juste avant l'assassinat du président.  

    Assassinat mené clairement (du moins il y a des indices importants en faveur de cette thèse) par le FPR, le parti de Paul Kagamé, chef de la rébellion tutsi et qui reste le principal bénéficiaire de l'histoire, génocide compris. Mené en réaction instinctive et sauvage par tout un peuple, perpétré essentiellement à l'arme blanche par les voisins des victimes, il ne fut pas prémédité, fut absolument inouï et impensable, et continue de surprendre le monde. Les français n'y furent absolument pour rien et furent les seuls à faire quelque chose avec l'intervention militaire qui fut faite à sa toute fin. Perpétré en Avril et Mai, le génocide était achevé quand les français revinrent fin Juin avec l'opération Turquoise, chargée de protéger les populations tout en restant "neutre". 

    Les massacres de Hutus en représailles furent inouïs aussi, mais inférieurs en volume au génocide. Ils se traduisirent par des masses en mouvements de plus de deux millions de personnes réfugiées dans des conditions abominables. Submergé, l'est du Zaire fut la proie à un désordre sans nom et Mobutu en perdit le pouvoir. 

    Les crimes de guerres les plus inhumains eurent donc lieu dans ces régions, et continuent encore... "L'horreur, l'horreur.." C'est le cri de Kurtz dans "au coeur des ténèbres" de Joseph Conrad, repris dans "Apocalypse now". 

    Depuis, le Rwanda pays clairement prédateur des ressources minières de l'est du Zaire échangées par les milices diverses dont des tutsis délurés qui ne gênent en rien, est une dictature autoritaire membre maintenant du Commonwealth, qui n'en finit plus de se "réconcilier" avec la majorité de sa population privée d'expression démocratique pour toujours. Elle fait assassiner à travers le monde tous les opposants à son pouvoir et fait même juger pour terrorisme (2021) un héros national, le directeur de l'hôtel des milles collines Paul Rusesabagina qui sauva des centaines de personnes et dont un film à succès (Hotel Rwanda) raconte l'histoire. 

    Avec l'argent des diamants, on a donc acheté le Monde et aussi Macron qui fit nommer à la tête de la francophonie une rwandaise dont le pays a adopté l'anglais comme langue nationale et pour finir, commandite à un taré tout aussi corrompu un torchon ignoble qui tout en reconnaissant, bien obligé, l'absence totale de preuves, accuse la France, son pays, de complicité de génocide. Une infamie totale. 

    La même semaine, on ferme les écoles et la Macronie enfermée dans sa folie continue de faire sombrer le pays dans le n'importe quoi. 

    Le Rwanda

    Dernier pays d'Afrique colonisé par les européens (1894), il fit d'abord l'objet d'un coup d'Etat fondateur qui mit au pouvoir le roi Musinga (le Mwami) dont les belges, gagnant le pays sur l'Allemagne, héritèrent après 18. Ce n'est qu'en 61 que le dernier roi (Tutsi bien sur) se fait remplacer par un président Hutu Grégoire Kayibanda, plutôt anti tutsi, et l'exode en Ouganda des royalistes et de l'élite Tutsie eut lieu. Il se fit renverser par Juvénal Habyarimana, au départ plutôt pacifique et partisan de la fameuse "réconciliation" mais combattu par des extrémistes, ceux qu'on accuse de l'avoir assassiné en fait. 

    Tout partit alors de la Baule en 1990, quand selon Lugan, Mitterand lança la désastreuse injonction démocratique qui consacra la domination démographique partout, et en particulier au Rwanda. Déchiré par les désaccords dans le camp Hutu, le Rwanda explosa, accentua un terrorisme anti tutsi qui forgea la résolution tutsie ougandaise. Celle-ci mit alors tout en œuvre pour diviser l'adversaire, qu'elle se charge maintenant de dominer, comme elle l'avait fait pendant des siècles. 

    On notera que c'est à propos du Rwanda que la polémique sur l'"invention" des ethnies par les colonialismes bat le plus son plein. Inventé par les pères blancs qui christianisèrent (mal) les populations au début du XXème siècle, le caractère "nègre blanc" (dixit Wikipedia) des tutsis fut accentué, voire fut créé de toutes pièces, alors que la langue est la même, la cohabitation millénaire, le métissage avéré et les génétiques quasiment similaires (quoique pas tout à fait, en fait)...

    Le fait est que le contentieux était patent lors de la fin de la royauté, et le ressentiment Hutu soumis d'après eux au double colonialisme (tutsi et belge) était constitué. Voilà. On peut dire aussi que l'étape finale de la colonisation/civilisation que fut l'intervention européenne au Rwanda fut l'exigence de démocratisation, qui força le pouvoir Hutu à donner des gages à la rébellion tutsi. Dès lors, la "démocratie" fit exploser ce pouvoir morcelé entre modérés et extrémistes les derniers se livraient à des assassinats caractérisés dés avant le génocide, et cela avec une frénésie particulière. Frénésie qu'on retrouvait au Burundi voisin et sur les mêmes thèmes. 

    La "saison des machettes" de Jean Hazfeld est fatigant à lire et atterrant. Les milices villageoises étaient néanmoins encadrées, et sévèrement, avec des injonctions à tuer caractérisées et des sanctions pour les "lâches", mais pas par des généraux ni par des fonctionnaires, plutôt des milices diverses dont les fameux Interahamwe. Les journées de "travail" étaient parait-il partie prenante d'une coutume de travail collectif héritée du passé. Le phénomène reste mystérieux... On pourrait le situer dans une modernisation du type nazi chez des peuples avec des réflexes disciplinaires hérités des  profondeurs. Jamais la sauvagerie héroïque n'alla si loin chez les "paisibles" africains dont la barbarie sanglante est bien à la hauteur de celle des européens... Voilà. 

    Les questions touchant à la France sont liées aux actions un peu brouillonnes de la France, d'abord formatrice de l'armée Rwandaise du début des années 90, alors en prise à la guérilla Tutsie, puis inspiratrice (moyennant finances) de la "réconciliation" (qui en fait mis le feu aux poudres), puis qui abandonna le chaudron à son sort fin 1993. 3 Mois après BOUM...

    Et puis il y eut "Turquoise" avec l'affaire de Bisesero. L'un des derniers massacres du génocide eut lieu dans la région particulière de Bisesero. Le 27 Juin un groupe de survivants fut identifié et laissé sur place par un détachement français de quelques hommes qui promirent de revenir. Les secours n'arrivèrent que 3 jours après, donnant le temps au massacre de continuer... Le fameux Patrick de Saint Exupéry journaliste du Figaro fut témoin de la scène de l'abandon mais ne chargea pas personnellement les officiers français. La question du délai, à la charge des autorités françaises, complices ou incapables fait toute l'affaire. 

    L'autre affaire est celle de l'exfiltration de génocidaires par le fameux Jacques Hogard l'un des chefs de la légion à Turquoise. Là un autre acteur ; Guillaume Ancel, ancien militaire au Rwanda, accuse l'armée française d'avoir livré des armes aux génocidaires en fuite, ceci sur la foi d'un ordre donné mais sans traces et d'un témoignage de sa part sur des camions qui passaient. Cela est nié par Hogard (les armes auraient été du matériel humanitaire livré en Juillet) et c'est toute l'affaire. Dans les faits, l'obligation de neutralité et la situation des forces ne permettait pas  aux français d'agir sur la migration en cours (le flot de réfugiés Hutus qui fuyaient). Les génocidaires qui passaient purent s'enfuir au Zaire. 

    Le fond de l'affaire est que l'expression "zones d'ombre dans l'action de la France au Rwanda" est transformé par la propagande de Kigali en "participation de la France au génocide", et célébré explicitement comme tel dans toute la région, et bien sur utilisé par le pouvoir Rwandais pour maintenir sa dictature, comme indiqué. 

    Participer à la "recherche de la vérité"  au sens progressiste du mot est donc tout simplement une attitude typique de la modernité française, qu'assume la présidence actuelle, pour notre déshonneur et notre honte. De quoi vexer l'armée. Mais cela peut s'expliquer. La même semaine, Paul Kagame salue le rapport Declert et un cabinet d'avocats américains, mandaté par le gouvernement rwandais conclut à la responsabilité de la France dans un "génocide prévisible".

    Autrefois chasse de la France que l'on voulut garder au centre de l'Afrique, la région des grands lacs, par l'intermédiaire d'un petit pays sous-developpé de 12 millions d'habitants, fait chanter le gouvernement de l'ex puissance coloniale, qui chante. D'une voix aigue.

     

    P.S. Le rapport de Michel Rocard (3), premier ministre en 90/91, et bien sur écarté par Mitterand de tout rôle au Rwanda (...) illustre très bien ce qu'il fut, comme homme d'état, comme homme tout court. Il écrit en tant que président d'une commission du Développement du parlement européen qui visite le Rwanda en 97. 

    On notera le ton, qui est d'abord celui d'un premier ministre dont l'un de ses amis (le ministre de la coopération, Jacques Pelletier) qui ne peut "trahir la confiance" du président ne peut pas non plus rendre compte de ses actions... Rocard n'a donc jamais entendu parler du Rwanda, sachant que le soutien français jusqu'en 94, a préparé le génocide (cela ne peut être autrement, il le dit après)... Déni de responsabilité, et accusation ignoble envers son pays et le président qu'il a servi présenté sous l'angle de l'abscence de responsabilité due à l'ignorance, pas mal. Moi cela me soulève le coeur. 

    On notera la reprise verbatim du discours du pouvoir tutsi lors de la visite, en particulier de thèse de l'ethnicisation artificielle coloniale, oubliant que la royauté était tutsie, et fut abattue par une population majoritaire. Nulle mention de la guerre au Zaire, de l'éviction de Mobutu, ni bien sur de la dictature Rwandaise, elle normale... 

    Plus généralement, le ton illustre parfaitement ce qu'est un homme politique "socialiste" de cette époque, lâche et combinard, incapable d'un discours volontaire au nom de son pays, et exclusivement conduit à confronter des opinions: voilà la conception du "politique" de ces gens. Le coup de pied de l'âne au nom d'une prétention à l'honnêteté qu'on couche par écrit pour se dédouaner et qui ressort après la bataille soulève le coeur. 

     

     

     

    (1) Chrétien contre : https://www.cairn.info/revue-politique-africaine-2009-1-page-121.htm

    (2) le rapport Duclert (pour) : https://www.causeur.fr/genocide-rwanda-le-rapport-duclert-195445

    (3) Le rapport exumé de Rocard sur ses souvenirs: https://www.liberation.fr/international/afrique/rwanda-la-declaration-censuree-de-michel-rocard-sur-le-role-de-la-france-20210526_TJB53RG5EBA2LHFMVEWYVNW6JY/