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  • Les hommes et les femmes

     

    La question maintenant brulante de la dénatalité amène à s'interroger: pourquoi ? 

    Au-delà du mystère essentiel de la chose, on se doit d'abord de dire que la chose est ancienne et sans doute liée aux complexes interactions entre la société en évolution et Dieu sait si elle évolue, et la forme et la nature des relations entre hommes et femmes en dehors du simple lien sexuel. Avant le smartphone, la voiture a considérablement étendu le champ des rencontres possibles, et la "révolution" dure depuis pas mal de temps, disons au moins un siècle. 

    D'abord le baby boom de l'après guerre fut exceptionnel, la baisse tendancielle de la natalité en France fut constante, et on était à 1,8 enfant par femme en 1939... La France vient de rentrer dans le rang de toute l'Europe, à 1,6, après avoir fait la maline prolifique pendant toutes les années 2000.

    Quelques réflexions tirées des enquêtes citées par les sociologues. 

    D'abord que les choses ont basculé vers 2010. Comme dirait Todd, le mariage pour tous (2014) fut la date d'entrée de la France (avec ses voisins en Occident) dans un autre régime anthropologique concernant la représentation qu'on a des sexes. La campagne "balance ton porc", contemporaine de "Mee too", symétrise une représentation de l'homme comme toxique et violent, tempéré par la banalisation en rapport de son homosexualité. 

    C'est avec la génération Z (1997-2012) socialisée avec les réseaux sociaux, et qui gère l'arrivée des smartphones (2010) que commence le désastre qui succède à une période ou "cela faillit marcher" en matière de coopération entre les sexes, ce qui permit le baby boom de l'an 2000, vite effacé. Les enquêtes le montrent : cela a alors changé brutalement.

    Les jeunes femmes émancipées et revendicatrices se sont alors mis à s'opposer à des jeunes hommes violents et réciproquement. La romance impossible contre les jeux vidéos. Cela s'appelle la "sexcession" les sexes se sont séparés. 

    L'extrême du désaccord, c'est le "masculinisme", regroupement de loosers passifs perçus côté femme comme des terroristes féminicidistes en puissance. C'est ce soupçon, qui fait l'identité de l'incel percevant lui-même l'accusation comme injuste et justifiée... 

    À l'origine du changement, la notion de l'enfant comme "projet" , la famille étant contractualisée et projetée volontairement. Or, une plante ne choisit pas de croitre. En rendant les choses conscientes et volontaires, on a tué  une envie, et forcé l'égoïsme individualiste, le projet en question n'étant que personnel et individuel. 

    La projection en public, via les réseaux sociaux de cet individualisme-là a bouleversé la donne: les codes communs ont alors disparu, remplacé par les multiples identités en compétition, l'exemple étant le possible (voire admis et envié) polyamour qui évite tout attachement obligé. Pire, la "peur" a envahi la sexualité, au-delà de la peur du sida, il y a la peur de l'homme violent, de la femme castratrice: ça tombe bien, le porno permet de satisfaire bien des pulsions, s'évitant bien ainsi des risques anxiogènes. 

    Les relations hommes femmes sont ainsi devenues en remplacement de la saine exploration et de la bienveillance, pathologisées et aussi politisées. Le féminisme a ainsi exercé ses ravages: la séduction et l'attachement sont devenus à risques. Tout cela n'augure rien de bon. 

    Revenons à la différence homme femme: le monde moderne et cela est ancien, réduit la distance entre les individus en améliorant la situation des sexes de manière asymétrique : accédant aux activités des hommes les femmes peuvent s'identifier à eux de bien des manières alors que l'inverse est à jamais rendu impossible par la permanence de l'accouchement, à jamais incompréhensible pour l'homme dont le symétrique, l'incapacité indulgente ou pas des femmes à comprendre l'angoisse fondamentale des hommes, ne peut être l'équivalent. Cela s'exprime d'ailleurs par le malheur rendu public en forme de déni des transgenres (les M2F en tout cas). 

    Il faut donc un narratif nouveau de la différence sexuelle, au-delà du politique et de la philosophie bébéte de l'infection féministe. La seule chose qui peut nous consoler, c'est que cette nécessité est ancienne et que c'est le rôle des civilisations que de le formuler. 

    On terminera par cette espèce de scarabées australiens en voie de disparition: les mâles s'accouplent avec un type de bouteille de bière qui ressemble en mieux aux femelles.